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Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

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Messagepar mat-vador » Dim 07 Juin 2020 - 17:33   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Et encore... t'as pas encore vu le pire :diable: .
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Messagepar L2-D2 » Dim 07 Juin 2020 - 18:21   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Clairement, cette lecture m'a fait froid dans le dos ! Dire que cette secte sévit et est autorisée dans les plus hautes sphères de la République, et que le Chancelier Suprême en est son Sage Suprême... je m'attendais d'ailleurs presque à ce qu'à un moment, on est droit à un extrait de discours de sa part, en mode "Loués soient les Oris"... euh, non, ça c'est dans Stargate ! "Louée soit la Déesse", c'est mieux ! :lol:

Et au milieu de tout ça, un peu d'humanité avec la relation maternelle qui s'est développée entre Mithi et Malk. Ça fait chaud au cœur. :cute:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Lun 08 Juin 2020 - 13:03   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Clairement, cette lecture m'a fait froid dans le dos ! Dire que cette secte sévit et est autorisée dans les plus hautes sphères de la République, et que le Chancelier Suprême en est son Sage Suprême...


Une vraie colonie de vacances, je te dis :x !

L2-D2 a écrit: "Louée soit la Déesse", c'est mieux ! :lol:


Oui, montre la force de ta Foi :diable: !

L2-D2 a écrit:Et au milieu de tout ça, un peu d'humanité avec la relation maternelle qui s'est développée entre Mithi et Malk. Ça fait chaud au cœur. :cute:


Un peu de lumière et de bonté dans une marée d'obscurantisme :roll: !

Allez à la prochaine :hello: ! On va retrouver les joutes au Sénat et un certain monsieur C... :sournois: :diable: !
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Messagepar JediLord » Lun 08 Juin 2020 - 13:16   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

mat-vador a écrit:
Allez à la prochaine :hello: ! On va retrouver les joutes au Sénat et un certain monsieur C... :sournois: :diable: !


Monsieur Claude? :paf: Un certain constipé? :paf: :paf: :x
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Messagepar mat-vador » Lun 08 Juin 2020 - 17:41   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Indice : il porte un nom de médicament :whistle: .
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Messagepar JediLord » Lun 08 Juin 2020 - 17:42   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Macrogol? :whistle: Et m**** ça commence même pas par C... :paf:
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Messagepar mat-vador » Sam 13 Juin 2020 - 22:12   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite !

Retour au Sénat et du Chancelier constipé :diable: ! La politique, mes chers amis... la politique !!!!

Allez zou !!



Sénat Galactique, le lendemain

Tali Organa ignora pendant quelques instants les discussions animées qui flottaient dans l’assemblée. La majorité de ses collègues était d’ores et déjà réunie sur les gradins, de part et d’autre de la chaire du Chancelier Suprême.
Ce n’était pas ce qui intéressait le plus la dignitaire alderaanienne. Non, elle guettait le retour de son ami commenorien dont l’absence prolongée commençait à l’intriguer. Elle espérait que tout irait bien.
Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé, priait-elle intérieurement.
Éprise d’une angoisse croissante, elle songea à ce qui était arrivé à la sénatrice selkath Lonleth B’lsak, le jour où l’Honorable Fraternité avait vainement tenté de destituer Contispex. Même un sénateur ne pouvait être durablement en sécurité au cœur de la Cité Galactique.
Elle remarqua alors que le sénateur Kalad était assis à sa place tout comme la majorité des représentants de l’Axe, les systèmes stellaires alliés d’Alsakan. Elle ne fut pas vraiment surprise lorsque la selkath, assise à ses cotés, entamait une discussion avec lui.
Discussion qui était visiblement animée, à en juger par les traits crispés de l’alsakani et les gestes saccadés du poignet de la non humaine.
Discussion si animée, qu’elle parvint à en saisir quelques brides, malgré les cinq rangées de gradins qui l’en séparaient et le brouhaha ambiant.
- Ils ne nous font pas confiance, insistait-elle.
Organa s’interrogea sur le ils. De qui pouvait-il s’agir ?
- Je les convaincrai, promit-il en retour.
- Je le souhaite de tout cœur car ils pensent qu’ils ne seront que des pions dans notre jeu d’échec. Ils auront beaucoup à perdre, sans avoir la certitude qu’ils pourront en tirer le moindre fruit.
- La fin de l’oppression devrait leur suffire.
- Il leur faut plus que cela, vous ne pouvez pas leur demander de s’engager aveuglément pour notre cause.
- C’est aussi la leur, rappela-t-il.
Les appendices de la sénatrice de Manaan s’agacèrent sous le coup d’une irritation contenue difficilement.
- Ils ont le sentiment d’avoir été abandonnés pendant trop longtemps, ils ne s’engageront pas avec de vaines promesses.
- Je les persuaderai de me faire confiance, comme tous nos alliés.
- Vous demandez à nos alliés de vous faire confiance mais il serait peut-être temps de rendre la politesse, Hassan.
Conscient d’avoir été quelque peu maladroit, l’alsakani voulut se reprendre :
- Lonleth, nous vivons une époque dangereuse. Je ne peux pas me permettre de dévoiler nos secrets sans nous trahir.
- Parce que vous croyez être le seul à prendre tous les risques mais ce n’est pas le cas. N’oubliez pas que tous ceux qui nous suivent, risquent au moins autant que nous. Si vous voulez unifier tout le monde, vous devez accepter des compromis.
Elle posa sa main sur la sienne avant de se lever pour reprendre sa place de l’autre coté des gradins. Tali la vit passer devant elle et songea à l’interpeller. Elle ne franchit guère le pas, ce n’était sans doute pas le bon moment.
À cet instant, Enler Mansur fit son entrée à pas vif. Il subit les regards haineux d’une bonne partie des Défenseurs de la Vertu avant de s’asseoir juste devant sa collègue alderaanienne, qui avait étudié son expression soucieuse.
Il l’avait à peine saluée, ce qui n’était pas ordinaire de sa part.
- Sénateur, tout va bien ?
Il lança prudemment par-dessus son épaule.
- Ce n’est pas le bon moment pour en parler.
Elle avait compris à sa voix raide qu’une nouvelle récente semblait l’avoir sérieusement ébranlé. Elle crut bon d’insister.
- Les débats n’ont pas encore commencé.
Enler s’autorisa finalement à croiser son regard.
- Ils ont arrêté le frère du Consul de Commenor, avoua-t-il.
Le Consul de Commenor n’était autre que l’allié du sénateur, celui-ci lui devant en effet son poste actuel au Sénat, après son soutien lors des élections locales. L’arrestation d’un de ses proches était loin d’être anodine.
La manœuvre visait clairement à déstabiliser son allié pour l’affaiblir, par ricochet.
- Je suis désolée de l’apprendre. Où le détiennent-ils ?
- Sur Coruscant même, au Temple de la Grande Déesse. J’ai entendu dire que les Disciples de Hapos l’avaient placé en isolement.
La vieille dignitaire baissa la tête, les rides creusant un plus profondément.
- Ils veulent le briser.
- Contispex m’envoie un message. S’il peut atteindre le Consul, il peut m’atteindre aussi, fit-il observer. Ils pourraient s’en prendre à vous.
Cette fois, Tali ne put se retenir de sourire.
- S’en prendre à quelqu’un d’aussi âgé que moi ? Ce serait très courageux de leur part, persifla-t-elle.
Enler se détendit un peu, tout en conservant une mine sombre.
- Qu’avez-vous l’intention de faire ? Demanda-t-elle.
- Je… je ne sais pas.
Il était désemparé même s’il n’en laissait rien paraître. Tali Organa devinait le dilemme qui le rongeait. Si le frère du Consul avait été emprisonné et non éliminé, c’est parce que ses ennemis avaient l’intention de s’en servir comme moyen de pression.
L’Honorable Fraternité n’avait pas besoin que son représentant le plus illustre lui fasse défaut à un moment si critique.
- Courage, l’exhorta-t-elle.
Il hocha seulement la tête. Bientôt le silence tomba lorsque le Chancelier Suprême entra dans l’arène pour s’installer à la chaire qui lui était réservée. Julius Contispex échangea quelques mots avec le chambellan qui s’avança au milieu de l’assemblée pour claironner.
- Frères et Sœurs, dignes délégués des systèmes membres de la République. Son excellence, le Chancelier Suprême et premier messager des paroles de la Déesse, vous demande de souhaiter la bienvenue au nouveau sénateur d’Anaxès. Accueillez notre nouveau frère, le sénateur Elesc !
Un homme fin et jeune, à la démarche pas très assurée, au crâne chauve, fit son apparition, sous les applaudissements des Défenseurs de la Vertu.
- Bienvenue, frère ! Bienvenue !
Le nouveau délégué, adepte du culte, rejoignit bien évidemment leurs rangs, sous les huées des gradins d’en face.
- Allons, silence ! Réclama le chambellan.
Les Défenseurs de la Vertu se rassirent pour laisser s’exprimer le Chef d’État.
- Sénateurs de la République, les débats d’aujourd’hui porteront sur les réclamations des kadijics Hutt suite aux récents incidents ayant éclaté le long de la frontière. Que la lumière de la Déesse nous éclaire de sa Sagesse.


Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Les débats vont donc commencer à propos des Hutt :sournois: !! Héhéhé...

Allez à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 14 Juin 2020 - 11:35   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu!

Mais à qui peut bien faire référence ce "ils"? Aux Jedi? Probable, mais te connaissant, tu vas peut être nous sortir une autre faction de derrière les fagots!

Et j'adore l'introduction du nouveau Sénateur. Une République laïque? Pas vraiment! :shock:

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Lun 15 Juin 2020 - 14:10   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :sournois: !

L2-D2 a écrit:Mais à qui peut bien faire référence ce "ils"? Aux Jedi? Probable, mais te connaissant, tu vas peut être nous sortir une autre faction de derrière les fagots!


Eh bien, ce n'est pas aux Jedi que je faisais référence :transpire: ... oups j'ai spoilé :whistle: !

L2-D2 a écrit:Une République laïque? Pas vraiment! :shock:


La laïcité, ils doivent pas connaître, je pense :paf: ... convertissez-vous!!!! :x


Allez à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar JediLord » Lun 15 Juin 2020 - 14:51   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

PAS TOUCHE AUX HUTTS!!

Donc pas de Jedi pour le moment... :sournois: J'ai hâte de savoir comment va se dérouler le débat en attendant...
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Messagepar mat-vador » Mar 16 Juin 2020 - 21:59   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

JediLord a écrit:PAS TOUCHE AUX HUTTS!!


Promesse non tenue dans le tome 3, j'en ai peur :whistle: !

JediLord a écrit:. :sournois: J'ai hâte de savoir comment va se dérouler le débat en attendant...


Ca va être tendu :roll: !
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Messagepar JediLord » Mar 16 Juin 2020 - 23:36   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

INTERDIT DE FAIRE DU MAL À L'ESPÈCE LA PLUS GRANDE DE LA GALAXIE!!! :paf: :x :evil:

Eux c'est pas des impurs! :x Regardez comme ils traitent bien leur personel... :paf:
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Messagepar mat-vador » Mer 17 Juin 2020 - 21:50   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

JediLord a écrit:Eux c'est pas des impurs! :x Regardez comme ils traitent bien leur personel... :paf:


Ce sont des managers exemplaires :siffle:
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Messagepar mat-vador » Sam 20 Juin 2020 - 21:53   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir, c'est l'heure de la suite!

Dans cet extrait, les Hutt vont cristalliser les tensions au plus haut sommet de la République ! Place au Sénat et aux débats, chers lecteurs et lectrices :sournois: !

Et convertissez-vous :x :x :x ! Pius Dea !!!!


Les Défenseurs de la Vertu acclamèrent à tout rompre avant que le chambellan ne disparut par la grande porte pour réapparaître quelques instants après devant les pairs du Sénat.
- Son excellence, l’ambassadeur Gaarba Hestilic Uruth, représentant des kadijics de Nal Hutta, demande une audience pour présenter ses doléances.
Gaarba le Hutt se présenta au milieu du Sénat, en rampant avec vivacité et escorté de son droïde interprète. Une garde personnelle de dizaines de klatooiniens et de weequays armés de vibrolances et de blasters, l’entourait pour assurer sa sécurité. Un mal nécessaire dans une capitale sapée par un sentiment humanocentriste.
Gaarba grogna quelques mots dans son dialecte guttural et peu élégant, traduits aussitôt par son interprète.
- Son Énormité, l’ambassadeur, souhaite adresser aux honorables délégués du Congrès Galactique, de respectueuses salutations…
Le reste des hommages devint inaudible sous les railleries des Défenseurs de la Vertu qui huèrent et sifflèrent leur hôte si peu désirable.
- Qu’est-ce donc que cette horreur ? S’écria une femme.
- C’est ça, un Hutt ? Renchérit un second.
- Vous êtes sûr que ce n’est pas le monstre qui a mangé le Hutt ? S’amusa un troisième. On croirait qu’il vient de nos égouts !
- Peut-être même que leur monde est un égout ! Ajouta un quatrième.
Ces fines remarques les firent se gausser, sous la gêne des sénateurs installés face à eux. Ceux-ci devaient penser que les partisans du Chancelier Suprême donnaient à l’ambassadeur une bien piètre image de la République.
Julius Contispex lui-même paraissait le penser car il n’hésita pas longtemps à se lever de sa chaire pour lancer :
- Allons, silence ! Laissez la parole à l’ambassadeur !
Le calme revint rapidement et le Hutt, un instant déconcerté par le mépris hautain des dignitaires, reprit contenance.
Le droïde rendit plus audible sa longue litanie, détaillant ses réclamations.
- Son Énormité est venue rapporter le courroux du Mogul Suprême et des kadijics, de constater que la République n’a pas respecté ses exigences. Des exigences auxquelles le Chancelier Suprême avait accepté de se soumettre pour sauvegarder une paix durable entre nos peuples. Après avoir envoyé des renforts pour aider la Quatrième Flotte à pacifier les frontières de l’Espace Bothan, la Cinquième Flotte devait être rappelée du Système d’Ubrikkia, avant le versement des indemnités et la libération des deux pilotes.
Gaarba leva alors ses petits bras courtauds pour exprimer une impatience mal contenue.
- Or, il semblerait d’après des éclaireurs et les aveux des voyageurs itinérants faisant escale sur nos stations frontalières, que la Cinquième Flotte soit toujours présente dans ledit système, bien qu’ayant cessé ses activités provocatrices. Le Mogul Suprême se demande si la parole du Chancelier est un drap de vérité honorable, ou seulement un lit de mensonges approfondis qui ne vaut guère la moindre confiance de qui que ce soit.
Les murmures des Défenseurs de la Vertu s’élevèrent tout à coup.
- Ces limaces répugnantes se prennent pour nos égaux !
- Renvoyons-les dans leur fichu égout !
De nouveau, leurs ardeurs furent apaisées par le chambellan. Le Chancelier Suprême prit alors la parole.
- Devons-nous comprendre, ambassadeur Gaarba, que les kadijics n’ont pas l’intention de respecter le nouvel accord ?
Le droïde retranscrit la question au Hutt, qui répliqua en braillant plus fort. Celui-ci se permit de pointer du doigt, le Chef d’État.
- Son Énormité retourne la question à son excellence et aux sénateurs. Il est évident que la République ne conçoit pas le moindre effort en faveur d’une paix durable et que le bien être des deux pilotes capturés ne représente la moindre valeur pour elle.
Ces mots provoquèrent une levée de boucliers, des Défenseurs de la Vertu se dressèrent des gradins les plus élevés pour invectiver et injurier copieusement le Hutt et son escorte, qui se resserra autour de lui, gagnée par la tension ambiante.
- Expulsez-les hors d’ici ! Cria une sénatrice.
- Chassons-les de la capitale ! La soutint un collègue.
Certains jetèrent même des stylus sur les gardes les plus proches, les forçant à brandir leurs armes de jet. La situation pouvait potentiellement dégénérer. Julius Contispex fut convaincu qu’il n’était pas dans son intérêt de laisser cela se produire.
Quant à ses opposants, ils demeurèrent impassibles, murés dans un profond et étonnant mutisme. Ils paraissaient hésiter à s’engager en faveur de l’ambassadeur Hutt. Une attitude prudente néanmoins compréhensible quand on songeait à la réputation sulfureuse des Hutts remontant avant l’apogée glorieuse de leur Empire, sur fonds de conquête, d’asservissement de divers peuples, et de trafics ignobles d’êtres vivants considérés comme inférieurs à cette noble engeance de seigneurs du crime.
Une réputation qui n’encourageait personne à prendre leur parti contre bien pire qu’eux, y compris parmi les non humains.
Enler Mansur ne se départissait pas de son air soucieux alors que Tali Organa, mue par son instinct, se tourna vers le sénateur Kalad qui avait appelé auprès de lui, d’un geste discret du poignet, la sénatrice selkath.
Une nouvelle et brève discussion s’ensuivit et cette fois la dignitaire originaire d’Alderaan ne put en saisir les termes exacts. Lonleth B’lsak reprit sa place avec célérité alors que le chambellan tenta de ramener le calme.
- Allons, allons, chers collègues !
De nouvelles exclamations furent néanmoins lancées.
- Ces immondes impurs souillent l’honneur de la République par leur impiété, leur mauvaise foi et leurs mensonges !
C’était la sénatrice de Kuat qui s’exprimait ainsi.
- Oui ! Approuvèrent ses camarades.
- Ce sont des criminels qui n’ont pas leur place parmi nous. Ils ne méritent même pas de faire partie de cette galaxie ! Nous devons les en purger !
- Oui ! Oui !
- Nous devrions les faire expier sur la Place du Pardon ! Et nous devrions commencer par eux, car c’est la Volonté de la Déesse !
- La Déesse le veut ! Proclamèrent les autres.
Cette hystérie poussa leurs opposants à se lancer dans de brefs échanges. L’Honorable Fraternité et leurs soutiens non humains devaient décider quelle était la conduite à tenir.
- Lançons la croisade ! Lança un autre sénateur.
Ce cri fut repris et scandé en chœur.
- Lançons la croisade ! La Déesse le veut !
Tali Organa sentit l’indignation lui donner la force de parler. Elle se leva du gradin, à la surprise des autres membres installés autour d’elle. Y compris d’Enler Mansur, qui se retournait vers elle.
- Tali ? S’étonna-t-il.
Elle s’empressa de le rassurer avec un sourire maternel.
- Cela ira.
Le commenorien ne protesta pas davantage. De sa voix fluette mais ferme et distincte, elle réclama la parole. Elle s’y reprit à plusieurs reprises, parvenant peu à peu à dominer la mêlée verbale confuse et indisciplinée.
Le chambellan la remarqua finalement.
- La parole est à la sénatrice Organa, d’Alderaan !
Les cris s’estompèrent et la vieille dame sentit la haine des Défenseurs de la Vertu tenter de l’écraser pour l’intimider et la museler. Mais cela faisait bien trop longtemps qu’elle fréquentait cette arène pour se laisser impressionner.
- Comme l’a rappelé son Excellence, le Chancelier Contispex, cette audience a pour but d’arrêter la position définitive de la République concernant la question de ses relations avec les Hutt. Il va de soi que nous sommes préoccupés par la gravité de la situation suite aux récents incidents ayant opposé nos forces stationnées dans le système d’Ubrikkia aux unités militaires des kadijics. L’Honorable Fraternité pense qu’il est dans l’intérêt de continuer à privilégier le dialogue et à ne pas se laisser aller à des excès regrettables.
- La paix avec ces criminels esclavagistes ? C’est de la trahison ! L’interrompit un Défenseur de la Vertu.
- Comment vous osez traiter avec ceux qui n’hésitent pas à envoyer leurs gangs jusque dans les Mondes du Noyau pour kidnapper nos enfants et les envoyer sur leurs immondes marchés aux esclaves ? Renchérit un autre.
Suite à cette envolée, l’ambassadeur Hutt ne put se retenir de réagir.
- Son Énormité proteste contre ces ignobles accusations et rappelle qu’il n’est pas venu pour faire l’objet d’opprobre mais pour proposer des conditions de paix…
- Pas de paix avec ces impurs !
- Déclarons-leur la guerre, pour les forcer à reconnaître la véracité de nos accusations !
Des sénateurs de l’Honorable Fraternité et des dignitaires non humains montrèrent leur opposition.
- La guerre ? S’étrangla un Herglic. Vous avez perdu la raison !
- Cela ne peut pas être décidé ainsi ! Protesta un partisan de l’Honorable Fraternité. Une commission d’enquête doit établir si les accusations contre les Hutt sont fondées.
- Tout le monde connaît la réputation des Hutt ! Riposta un Défenseur de la Vertu. Avons-nous besoin d’une commission d’enquête pour attester de cela ?
Le Sénat devint alors une cacophonie désolante où de part et d’autre des gradins, les dignitaires des systèmes membres se hurlaient dessus sans pouvoir s’entendre et se comprendre. La République semblait irrémédiablement déchirée entre plusieurs courants de pensée.
Julius Contispex dominait cette tempête de cris et d’insultes en basic et en d’autres dialectes, toisant l’ambassadeur Gaarba qui protestait dans le vide, de ses bonnes intentions. Les traductions de son interprète furent bien plus inaudibles encore.
Le Chancelier Suprême observa avec intérêt le sénateur Kalad en train de se concerter avec la selkath Lonleth B’lsak. Il se demandait quels étaient leurs projets. Le représentant d’Alsakan commençait sérieusement à l’inquiéter. Il avait échoué à le faire destituer par son allié, le Premier Régent Melok.
Et ce sénateur n’était pas facilement impressionnable. Il lui paraissait, en y réfléchissant, bien plus redoutable que l’ensemble de l’Honorable Fraternité. Et il ne pouvait pas évidemment l’atteindre aussi facilement.
Jusqu’ici, il était discret mais il était capable d’avoir une influence tout aussi importante que le sénateur Mansur qui baissait la tête, soucieux après avoir sans doute appris la nouvelle de l’arrestation du frère du Consul de Commenor.
Bien, en voilà un qu’il avait réussi à déstabiliser. Sauf si Hassan Kalad prenait les choses en main et remobilisait ses opposants contre lui.
Il fallait le devancer, en gardant la main.
- Faites silence ! Intima-t-il d’une voix assurée.

Voilà, j'espère que cela vous a plu ! Et encore désolé pour le cliffhanger :whistle: ... je sais plus combien de fois je répète ça :transpire: !

Ouiii !!! Convertissez-vous !!! Pius Dea !!!! :x :x :x :x

Allez à la prochaine :hello: :transpire: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 21 Juin 2020 - 19:46   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

J'aurai presque de la pitié pour les Hutts ! :lol: Ce sont des anges par rapport au Pius Dea et à Contispex !

Mais j'ai hâte de savoir ce que le Sénateur Kalad a en tête... :sournois:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar JediLord » Dim 21 Juin 2020 - 20:01   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Lu.

Honnêtement les défenseurs dela Vertu qui traite les Hutts d'impurs et d'esclavagistes... Les deux camps se valent bien... :o :transpire: :x
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Messagepar mat-vador » Lun 22 Juin 2020 - 21:41   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour vos retours !

L2-D2 a écrit:J'aurai presque de la pitié pour les Hutts ! :lol: Ce sont des anges par rapport au Pius Dea et à Contispex !


JediLord a écrit:Lu.

Honnêtement les défenseurs dela Vertu qui traite les Hutts d'impurs et d'esclavagistes... Les deux camps se valent bien... :o :transpire: :x


Maintenant leur sort est entre les mains de la République, là :whistle: ! Reste à savoir comment vont réagir les défenseurs de la démocratie :sournois: ...

Suspense jusqu'à samedi :P !
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Messagepar mat-vador » Sam 27 Juin 2020 - 22:53   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, comment ça va ?

Allez on continue sur la politique, le Sénat où le sort des Hutt va être décidé :sournois: !

Savourez-moi ça !!!


Le chambellan répéta l’ordre qu’il avait transmis et le maître de la République imposa son autorité à tous. Il se sentait dans son élément, en exerçant le pouvoir qui lui avait été accordé bon gré mal gré. Pouvoir qui n’était pas encore tout à fait absolu.
- La sénatrice Organa nous fait part de ses inquiétudes concernant l’éventualité d’une guerre ouverte avec les kadijics Hutt. Mais la sénatrice est-elle consciente que l’enjeu ne se résume pas à sauvegarder la paix ?
La sénatrice de Bothawui, Naite’fya, l’interpella alors :
- Alors éclairez cette assemblée sur ce point, Chancelier Suprême.
Tous les regards convergeaient vers lui. Il ne redoutait pas cet instant, au contraire. Il le savourait, se réjouissant d’être le centre de toute chose. Car il demeurerait toujours le premier serviteur de la Déesse.
- Nous savons tous dans cette assemblée, dans l’espace de la République, en quoi consistent les négoces des Hutt. Nous savons tous à quel point cela contrevient à notre éthique et aux lois qui ont été votées et promulguées au cours des siècles qui ont suivi la création de notre République.
- Cela justifie une guerre ! Proclama un de ses partisans.
- Nous ne pouvons pas envoyer nos flottes attaquer sciemment des mondes sous prétexte qu’ils ne respecteraient pas les lois du Sénat ! Argumenta la sénatrice Lonleth B’lsak. C’est contraire aux valeurs démocratiques que nous sommes censés représenter !
- Nous représentons les citoyens et ces citoyens comptent sur nous car ils aspirent à la Vertu et à la Justice !
La selkath soutint le regard hargneux de l’humain chauve qui la prenait à partie et que ses camarades applaudissaient.
- Oui ! Bravo !
- Vous n’incarnez pas la justice mais une croyance que vous cherchez à imposer tous ceux que vous n’estimez pas dignes de vous et de votre Déesse !
La non humaine suscita une violente réaction.
- Cette impure soutient les criminels Hutt !
- Expulsez-la, expulsez-la !
Le Chancelier n’eut qu’à lever la main droite pour apaiser ses soutiens les plus hardis.
- Nous sommes tous conscients du problème des kadijics et de leur influence peu flatteuse qu’ils peuvent exercer sur des systèmes membres de la République.
- Ils corrompent nos valeurs ! Lança un Défenseur de la Vertu.
N’appréciant d’avoir été interrompu, Julius le réduit au silence d’un simple regard.
- Il ne nous reste plus, honorables sénateurs, qu’à décider de la meilleure façon dont il convient de résoudre ce problème.
- La guerre ! Criaient les Défenseurs de la Vertu.
- La diplomatie ! Rétorquaient des membres de l’Honorable Fraternité et des non humains.
- C’est pourquoi je propose de mettre aux voix, une première motion imposant de déclarer la guerre aux Hutt si ceux-ci ne font pas le moindre effort pour coopérer.
L’ambassadeur se mit à beugler d’une voix rauque.
- Son Énormité estime que c’est un outrage d’oser proposer une telle motion.
De part et d’autre des gradins, personne ne tint compte des protestations du délégué des kadijics de Nal Hutta. Tout le monde fut unanime pour réclamer un vote immédiat. Le chambellan ramena le calme et interrogea :
- Qui soutient la déclaration de guerre aux Hutt ?
Sans surprise, les Défenseurs de la Vertu l’approuvèrent en masse.
- Qui vote contre ?
Tous les sénateurs d’en face, bien que divisés, s’unirent pour remporter cette première manche haut la main, ce qui provoqua des sifflets haineux.
- Traîtres ! La Déesse vous châtiera !
Leurs opposants respirèrent mieux, étant certains d’avoir échappé au pire. La perspective d’une guerre ouverte les inquiétait. Cela serait-il suffisant pour leur permettre de continuer à s’opposer au tyran en puissance ?
Tali Organa et Enler Mansur n’en étaient pas sûrs. Les Hutt ne bénéficiaient d’aucune sympathie au sein de la République, ils étaient détestés et méprisés, y compris par ceux qui auraient pu s’interposer devant l’audace du Chancelier Suprême.
- Son Énormité est reconnaissante que cette digne assemblée soit encore pourvue de raison, pour privilégier une approche pragmatique.
Il allait sans dire que Gaarba était soulagé. Mais Julius Contispex n’avait pas dit son dernier mot. Il réclama d’ailleurs la parole, encore une fois.
- Je m’incline devant le rejet de la motion par les délégués de cette assemblée. Mais vous vous doutez bien que cela ne règle pas le problème de l’influence néfaste des Hutt dans les systèmes avoisinants.
Un défenseur de la Vertu leva alors la main. Le chambellan croisa le regard du Chef d’État avant d’opiner du chef en direction de l’intervenant.
- La parole est accordée au sénateur Daresh de Denon.
Il fut applaudi et encouragé par ses camarades.
- Sage Suprême, puisque la guerre a été jugée comme une option non viable par certains de nos collègues, nous devrions envisager une approche moins frontale.
Organa et Mansur frissonnèrent devant l’imperceptible sourire triomphant de Contispex.
- Que proposez-vous, frère Daresh ?
Son expression radieuse laissait à penser qu’il avait calculé cette intervention.
- La guerre étant une perspective effrayante aux conséquences imprévisibles et aux causes controversées, un embargo sur les échanges plus ou moins libres entre l’Espace Hutt et les systèmes les proches appartenant à la République me semble être la meilleure réponse pour montrer à ces cartels criminels, la puissance de notre détermination.
Le droïde interprète traduisit la déclaration de Daresh à son propriétaire Hutt. La grande limace agita ses bras dans un mouvement de colère.
- Son Énormité constate que la fourberie de la République ne connaît décidément aucun limite. Les kadijics sauront répondre avec fermeté à cette atteinte à leur liberté d’entreprendre, si le Sénat commet l’erreur de l’approuver.
Ce ne fut pas l’avis des Défenseurs de la Vertu qui ne cachaient pas leur enthousiasme à cette initiative intéressante. Un flottement se produisit même parmi leurs opposants, certains n’étant pas réticents à l’idée que les Hutt avaient sans doute besoin d’une leçon. Des murmures animés traversaient leurs rangs.
Le sénateur Daresh qui avait achevé son intervention, se tassa de nouveau.
- S’il plaît à cette assemblée, reprit Contispex, je propose la mise aux voix de la motion suivante : un embargo total sur les exportations de marchandises et d’armes en direction de l’Espace Hutt. Un embargo auquel il sera mis un terme définitif si les kadijics de Nal Hutta font le premier pas vers une obéissance absolue aux exigences que nous ne cessons de formuler en faveur de la paix.
- Attendez ! Tenta Organa. Ce n’est pas comme cela…
- Silence ! Place au vote ! L’interrompirent ses ennemis.
Gaarba demeura silencieux tandis que le chambellan interrogea peu après d’une voix distincte.
- Qui soutient l’instauration de l’embargo ?
Les Défenseurs de la Vertu affichèrent un soutien indéfectible et prévisible. Tali Organa se pencha vers son ami commenorien.
- Nous devons nous y opposer, Enler.
- Nous devrions, oui.
Son ton raide trahissait son manque de conviction. Et cela interpella l’alderaanienne qui se demandait si elle pouvait compter sur lui.
- Qui s’oppose à l’embargo ?
Tali Organa dressa sa frêle main avant de tourner la tête dans toutes les directions. Pour remarquer avec amertume que bien trop peu l’avaient imitée. Une dizaine, tout au plus. Enler Mansur n’en faisait pas partie, à son grand désarroi.
- Enler ? Appela-t-elle.
Elle espéra un instant qu’il revint à la raison. En vain.
- Je suis désolé, Tali, répondit-il finalement par-dessus son épaule. Mais une vie est en jeu et les Hutt ne valent pas un tel sacrifice.
Elle comprit qu’il faisait allusion au frère du Consul, emprisonné par les fanatiques du culte sur Coruscant même. Elle le comprenait tout en étant désappointée. Elle ne pouvait pas croire que lui, le chef de file de l’Honorable Fraternité puisse oublier, l’espace de l’instant, que l’enjeu de la survie d’une démocratie vaille moins qu’une vie.
Un tel enjeu ne valait pas la peine d’être sacrifié ainsi.
Et malheureusement, beaucoup d’autre sénateurs le pensaient aussi. Elle pivota le torse vers Kalad, impassible, qui n’esquissait pas le moindre geste. Son expression était fermée, le signe d’un bouillonnement intérieur, l’attitude de celui qui répugnait à laisser l’avantage à un adversaire si impitoyable.
Un antagoniste qui ne manqua pas de savourer cet avantage d’un simple sourire narquois, tout comme ses partisans qui fêtèrent bruyamment leur triomphe quand le chambellan annonça en claironnant :
- La motion est acceptée.
- La Déesse le veut ! Acclamèrent les Défenseurs de la Vertu.
Gaarba tonna qu’il s’agissait d’un outrage inadmissible pour les orgueilleux kadijics qu’ils représentaient. Il fut hué, moqué et sifflé par ses détracteurs dont l’un lui lança même sans la moindre gêne :
- Retourne dans ton égout, grosse limace vaseuse !
Craignant d’être pris à partie physiquement, le Hutt aboya un ordre à l’un de ses gardes klatooiniens. L’escorte se resserra autour de lui et ils quittèrent la Grande Salle au moment où le chambellan signifia que les débats étaient clos pour aujourd’hui.
Toujours aussi provocateurs envers leurs ennemis déconfits, les Défenseurs de la Vertu partirent en grande pompe, le Chancelier à la suite. La Grande Salle était plongée dans un silence lourd, occupée seulement par des opposants défaits et sans illusion.
Ceux-ci abandonnèrent peu à peu les gradins qu’ils occupaient. Tali Organa remarqua que certains d’entre eux furent retenus par la sénatrice B’lsak qui s’entretint vivement avec eux, la voix filtrée par le brouilleur qu’elle avait activé.
Hassan Kalad avait été rejoint par la sénatrice Naite’fya de Bothawui et le sénateur Iyulk de Lannik. Là aussi, elle ne put saisir la teneur de leur conversation.
Un frôlement de tissu lui indiqua que Enler s’apprêtait à prendre congé sans échanger un mot avec elle.
- Enler, attendez ! Le supplia-t-elle.
Le commenorien se montra sensible à son appel même s’il hésita à lui faire face, ce qu’il accepta finalement de faire.
- Quelle piètre opinion vous devez avoir de moi, Tali, souffla-t-il avec lassitude.
- Enler, vous êtes meilleur que votre père. Vous devez continuer à croire qu’il est possible de se relever après une chute.
- Les Hutt vont subir un embargo qui va les ruiner et les affaiblir. Ils vont servir d’exemple à toute la galaxie, à tous ceux qui refuseront de se convertir à ce culte. Tout ça parce que je n’ai pas eu assez de courage.
- Vous ne manquez pas de courage, mais pourquoi pensiez-vous que cela aiderait le frère du Consul ?
Cette fois, il parvint à soutenir son regard interrogateur.
- Avez-vous une idée du nombre d’ennemis qui guettent le bon moment pour me poignarder dans le dos sur mon monde natal ? Une idée de l’influence de ces fanatiques qui appellent à mon meurtre dans chacun de leurs prêches publics ?
- Vous pensez que votre faiblesse momentanée les apaisera ? Au contraire, vous ne faites que les pousser à vous nuire davantage.
- Je crains mes ennemis. Et vous devriez le faire aussi avec les vôtres, Tali.
- Je sais qui sont mes ennemis, Enler. Et la Maison Organa ne leur cédera rien. Maintenant, la question est de savoir ce que nous allons faire.
Il acquiesça en croisant les bras.
- Vous devriez me remplacer à la tête de l’Honorable Fraternité. Après ce qui vient de se passer, je doute qu’ils acceptent de me suivre.
- Ne parlez pas ainsi, Enler ! Vous valez mieux que ça !
La voix du sénateur Kalad s’éleva au-dessus d’eux.
- Je suis d’accord avec la sénatrice, sénateur Mansur. Vous valez mieux que ça.
Le commenorien dévisagea l’alsakani avec sévérité.
- J’avais une excuse pour m’abstenir lors du vote sur l’embargo, quelle est la vôtre ?
Kalad décroisa les bras, soutenant son regard.
- Je vous l’avais dit lors de notre dernier entretien, sénateur Mansur. Pour ne pas se faire mordre par l’aigle à deux têtes, il faut endormir sa méfiance. C’est ce qui vient d’être fait.
- Dans quel intérêt, intervint Organa, à part pour consolider sa position, son influence et sa popularité ?
L’alsakani garda le silence pendant quelques instants, surveillant les discussions des sénateurs encore présents.
- Contispex croit vous avoir brisé après l’arrestation du frère du Consul de Commenor, votre allié. C’est pourquoi il ne se méfiera plus de vous. Nous pourrons tourner cela à notre avantage.
- Il ne baissera pas la garde aussi facilement, prévint l’alderaanienne.
- Après vingt ans de pouvoir, il doit penser qu’il n’a plus d’adversaires à sa hauteur, insista Kalad.
- Si c’est à une destitution que vous songez, il y a peu de chances que cela fonctionne. Vous avez vu ce qui s’est passé aujourd’hui, fit observer Mansur. Ceux qui prétendent nous soutenir ne sont pas déterminés à le renverser.
- Il existe d’autres voies que le Sénat.
Mansur et Organa échangèrent un coup d’œil suspicieux. De concert avec Kalad, ils activèrent leurs brouilleurs.
- Sommes-nous en train de parler de complot ? Interrogea-t-elle.
L’alsakani se contenta d’abord d’un sourire entendu.
- Je préférerais parler d’alternative.
- Ne jouons pas sur les mots, le reprit sèchement son homologue de Commenor. Sommes-nous à ce point désespérés pour nous abaisser à ces extrémités ?
- Il s’agit seulement d’une destitution par d’autres moyens, sans qu’il ne soit question d’écarter ou de négliger le rôle du Sénat.
Enler Mansur ne cacha pas une expression contrariée tandis que Organa fit part de son appréhension.
- Cela pourrait entraîner une guerre civile.
- Seulement si nous échouons, sénatrice. Quoi qu’il en soit, il est préférable que nous poursuivions cette discussion dans un endroit plus approprié.
- Où et quand ? S’enquit Mansur.
Hassan Kalad dissimula sa satisfaction d’avoir éveillé leur intérêt bien que le sénateur Mansur se montrait très réticent.
- Dans trois jours, mon peuple célébrera la Danse du Vautour Multak. À cette occasion, mon ambassade organisera un bal costumé. Je serais ravi et honoré que vous y participiez. Si vous êtes d’accord, bien entendu.
Tali Organa signifia son approbation d’une inclinaison du menton.
- Ce sera un plaisir de découvrir les coutumes de votre peuple, sénateur Kalad.
- Je vous en sais gré, sénatrice. Sénateur ?
Le commenorien semblait rongé par l’hésitation.
- J’ai besoin d’y réfléchir.
- Fort bien. Si vous changez d’avis, il vous suffira de contacter la sénatrice B’lsak.
Les traits toujours crispés par l’indécision, Mansur signifia son assentiment, lui promettant ainsi tacitement de le contacter par cette voie.
- Y aura-t-il beaucoup d’invités ? Demanda la sénatrice.
- Je ferais tout pour que ce soit le cas, lui promit-il. À bientôt, mes amis.
- Bonne journée, sénateur Kalad.
Les deux amis regardèrent l’alsakani s’éloigner sans un mot de plus.
- C’est une opportunité que nous devrions saisir. Nous n’en aurons pas d’autres, déclara-t-elle.
- Si vous le dites, Tali. mais j’ai besoin d’un peu de temps pour mesurer les conséquences de notre implication.
Mansur s’attendait à ce que l’alderaanienne insiste encore pour le ranger dans son camp mais elle se contenta seulement de lui serrer le coude avec chaleur.
- Je vous soutiendrai toujours, Enler. Quelle que soit la décision que vous prendrez.
- Je vous tiendrais au courant.
Il prit congé et descendit les gradins. Le large corridor qui menait à la sortie et à la sinistre Place du Pardon, était occupé par des groupes de Défenseurs de la Vertu, qui se réjouissaient de l’issue du vote sur l’embargo de l’Espace Hutt.
Enler les rasa sans prêter attention à leur mimiques provocantes. Il fut intercepté par une vieille connaissance, Julius Contispex. Celui-ci affichait une expression ravie, témoignage de son triomphe politique frais sur l’épineuse question Hutt.
- Ah, sénateur Mansur, j’espérais pouvoir m’entretenir avec vous.
Le commenorien fronça les sourcils, irrité.
- Je n’ai que très peu de temps devant moi, Excellence.
- Parce que vous souhaitez voir le frère du Consul de Commenor.
Il ne se laissa pas démonter.
- C’est exact. Si vous voulez bien m’excuser.
Il tenta de le contourner mais Contispex se décala pour le bloquer. Avec un sourire allongé.
- Vous devez savoir que vous ne pouvez entrer dans le Temple de la Grande Déesse sans la permission du Grand Prêtre Imesais.
- C’est dans cette intention que je souhaite le rencontrer, répondit le commenorien avec le plus grand calme.
Après s’être défiés du regard, Contispex s’écarta finalement.
- Dans ce cas, permettez-moi de vous accompagner, proposa ce dernier.
Ils se dirigèrent vers la sortie d’un pas vif alors que le Chancelier Suprême poursuivit, tout en saluant de la main ses partisans.
- Je vous suis reconnaissant de ne pas vous être opposé à l’embargo.
- Je ne l’ai pas fait pour vous, corrigea le commenorien.
- Je sais mais je souhaite tout de même vous être agréable.
- Je ne souhaite rien vous devoir d’aucune façon que ce soit, trancha-t-il plus sèchement.
- Considérez cela comme une simple courtoisie de ma part.

Voilà, j'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à me faire de vos impressions :oui: :cute: !

Vous aurez noté que ce tome 2 est au moins aussi politique que le tome 1... mais vous n'avez encore rien vu :diable: ! Héhéhé...

Allez à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Lun 29 Juin 2020 - 13:02   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu!

Passionnant, de la première à la dernière ligne! :love:

Et Kalad commence à montrer les crocs... je sens que le bal masqué qui s'annonce risque d'être riche en rebondissements! :sournois:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Lun 29 Juin 2020 - 19:53   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Passionnant, de la première à la dernière ligne! :love:


:jap: :cute:

L2-D2 a écrit:Et Kalad commence à montrer les crocs...


Il va devenir le chef d'orchestre :sournois: .

L2-D2 a écrit: je sens que le bal masqué qui s'annonce risque d'être riche en rebondissements! :sournois:


Tu vas pas être déçu :diable: ... il va y en avoir du monde à la fiesta :whistle: ! Mais les Contispex seront-ils dupes ?

à suivre :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 04 Juil 2020 - 21:56   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, :x !

Hum, toute réflexion faite, je mets l'extrait suivant en balise spoiler :transpire: ! Parce que bon, la crucifixion..., mieux vaut épargner ça aux âmes sensibles :paf: !



Spoiler: Afficher
Sur ces mots, la Place du Pardon s’offrit à leur vue depuis le haut de l’escalier qui marquait l’entrée du Sénat. Comme Mansur le craignait, la présence de centaine de Disciples de Hapos et d’une foule apeurée, rassemblée contre son gré, marquait le déroulement d’une nouvelle cérémonie d’Expiation.
Sur l’échafaud, était amené de force un devaronnien seulement vêtu d’un simple pantalon déchiré et les mains enchaînées. Son torse nu portait les traces de sévères châtiments corporel et il ne cessait de se débattre alors que Deux Disciples de Hapos l’approchaient d’une grande croix allongée par terre.
- Non, non ! Criait-il de terreur.
D’autres Disciples de Hapos intervinrent pour le plaquer sur le dos, sur la croix. Une femme chauve s’avança, munie d’un marteau et de clous, l’air impavide.
La foule cessa de respirer, comprenant ce qui allait lui arriver. À coté se tenait le Prêtre Imesais qui faisait face à la foule, tenant par les cheveux, une jeune humaine blonde en robe de pénitente. Ses yeux étaient embués de larmes.
- Frères et Sœurs, cette pécheresse a confessé ses fautes devant la lumière de la Grande Déesse ! Elle a avoué le crime le plus infâme qui puisse être pour une Enfant de la Déesse, une humaine ! Elle a cédé aux tentations d’Amaleth en s’abandonnant à l’étreinte de cet impur, ce devaronnien qui lui a fait oublier ses devoirs d’épouse et de mère de famille !
Au pied de l’échafaud, au premier rang, se tenait le mari floué et leurs deux enfants qui se serraient contre leur père. L’humain foudroyait sa femme de colère, ne lui pardonnant visiblement pas cet adultère.
Le devaronnien s’agita pour tenter de rassurer sa maîtresse.
- Tout se passera bien, Yitine.
Il fut plaqué plus fermement encore, incapable de bouger. Yitine tenta de se redresser.
- S’il vous plaît, Grand Prêtre. Je suis la seule responsable…
Imesais la dédaigna, se contentant de crier à la foule :
- Quelle est votre sentence, frères et sœurs ?
- Crucifiez cet impur ! Que l‘apostate expie !
L’extraterrestre parvint à se faire entendre.
- Non, ne lui faites pas de mal ! C’est moi le coupable !
Sur un ordre du prêtre, l’humaine fut relevée de force par deux Disciples de Hapos tandis que des Gardiens de la Pureté beuglèrent, les traits tordus par la haine.
- Cette traîtresse à la race humaine mérite de mourir ! Catin !
La dénommée Yitine fut entraînée sous le gibet et ses poignets furent hissés au-dessus de sa tête par des chaînes. Les adeptes inflexibles l’obligèrent à faire face à la foule puis déchirèrent le haut de sa robe pour laisser son dos exposé.
- Que la purification lui permette l’absolution de la Déesse ! Proclama le prêtre.
- Qu’elle soit absoute de ses péchés ! S’écrièrent les adeptes.
Le devaronnien protesta :
- Ne la touchez pas !
Imesais se tourna dans sa direction et la femme du culte qui tenait le marteau et les clous, se pencha pour accomplir son office. Elle leva le marteau et l’abattit d’un coup sec pour enfoncer le morceau de duracier dans la paume gauche du condamné.
Le devaronnien laissa échapper un hurlement aigu tandis qu’elle clouait consciencieusement sa main droite puis ses deux chevilles ensemble. Cela fait, les cinq Disciples de Hapos soulevèrent la croix et l’extraterrestre qui gémissait à moitié inconscient. Ils descendirent l’échafaud et la foule se fendit, choquée par ce sort funeste.
Tous savaient que les fanatiques l’emmenaient pour l’exposer à la vue de tous sur l’Allée de la Foi, où son agonie ne ferait que commencer sous l’effet de la soif et de la faim. Histoire d’appesantir un peu plus sur la population un zeste de terreur.
L’humaine le regarda disparaître, en sanglotant. Avant que le martinet électrique ne déchira sa peau.
- Invoque la pardon de la Déesse et de ceux que tu as lésés, apostate ! Lui réclama Imesais. Et tu pourras te racheter en rejoignant les Servantes de Kasili !
Elle le fit, la voix hachée, à son mari et à ses deux enfants en bas âge :
- Pardon… pardon.
Ni sa progéniture, ni son époux trompé, ne daignèrent la regarder. Il se détournèrent finalement pour la laisser seule.
Enler Mansur avait été secoué par cette scène, n’arrivant pas à croire que ce cauchemar continuait, en plein cœur de la République. Julius Contispex l’avait laissé pour se diriger vers l’échafaud et s’entretenir avec le Grand Prêtre.
Le commenorien les vit se pencher l’un vers l’autre et cela l’aida d’une certaine façon à ignorer les souffrances de la femme. Son ennemi politique revint rapidement pour lui lancer :
- Tout est arrangé, annonça-t-il d’un ton péremptoire. Il ne vous reste plus qu’à attendre que la cérémonie d’Expiation se termine. Profitez du spectacle et j’espère que votre visite au Temple de la Grande Déesse vous sera tout aussi instructif.
Mansur serra les dents.
- Si vous le dites.



Voilà, j'espère que cela vous a plu... enfin intéressé :whistle: !

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Messagepar L2-D2 » Dim 05 Juil 2020 - 20:04   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

C'est effectivement une bonne idée de l'avoir mis en spoiler ! :jap: Même si du coup, je m'attendais "presque" à pire, en fait. "Presque" parce que ça reste quand même horrible ! Et donc ce genre d'acte a lieu pile devant le Sénat, mais c'est horrible ! :shock:

Enfin, je ne doute pas que Contispex ait pu organiser tout cela pour intimider davantage le Sénateur Mansur. Allez oser comploter contre lui quand on voit ce qu'il peut vous faire ensuite ! :shock:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Lun 06 Juil 2020 - 13:12   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour, L2 :wink: !

L2-D2 a écrit:C'est effectivement une bonne idée de l'avoir mis en spoiler ! :jap: Même si du coup, je m'attendais "presque" à pire, en fait. "Presque" parce que ça reste quand même horrible ! Et donc ce genre d'acte a lieu pile devant le Sénat, mais c'est horrible ! :shock:


Je voulais rappeler à quels individus ils ont affaire :whistle: !

L2-D2 a écrit:Enfin, je ne doute pas que Contispex ait pu organiser tout cela pour intimider davantage le Sénateur Mansur. Allez oser comploter contre lui quand on voit ce qu'il peut vous faire ensuite ! :shock:


Et oui, il fait pas les choses à moitié, l'ami Contispex :sournois: !

Allez, à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 11 Juil 2020 - 22:34   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous :P !

Allez, c'est l'heure de la suite et on retrouve notre sénateur de Commenor, qui ne sait s'il doit résister ou non au Chancelier Suprême :sournois: ! Réponse à la fin de cet extrait :diable: !

Je vous laisse savourer ça :wink: !


Le trajet vers le Temple de la Grande Déesse se déroula dans le mutisme le plus total. Le sénateur assis sur la banquette arrière, conduit dans un landspeeder par deux Disciples de Hapos, ne cessait de guetter du coin de l’œil les réactions de la femme qui avait été condamnée à demeurer chez les adeptes du Pius Dea à vie.
Yitine était prostrée le visage entre ses cuisses, le sang coulant de ses entailles dans le dos. Elle n’avait pas échangé un mot avec lui.
Le véhicule s’arrêta finalement devant les larges portes en bois, qui marquaient l’entrée de l’édifice religieux, un grand pentagone trop familier pour lui. Il avait foulé bien trop de fois cet endroit lorsqu’il appartenait jadis aux Savants d’Acalas.
Il descendit à terre, offrant son soutien à la malheureuse voûtée qui fut étroitement encadrée par les deux cerbères impassibles. Les portes furent écartées dans un grincement à la force des bras par une dizaine d’adeptes, laissant apparaître le Grand Prêtre Imesais qui avait précédé de peu son arrivée, accompagné de deux Servantes de Kasili.
Celles-ci s’approchèrent de Yitine pour la prendre en charge. Ils l’amenèrent dans l’aile qui leur était réservée tandis que les deux Disciples de Hapos autorisèrent le dignitaire à faire face au maître des lieux.
- Bienvenue de nouveau dans la demeure de la Déesse, frère Mansur.
Le commenorien sentit la pression discrète qui n’avait pour but que de l’intimider. Il avait l’impression de sentir l’haleine des fanatiques qui se tenaient dans son dos.
- Prêtre Imesais, fit-il sobrement.
Ce dernier l’encouragea à lui emboîter le pas, d’un vague sourire. Ils traversèrent le corridor qui menait à la cour principale sur laquelle trônait une statue représentant la Déesse, sous la forme d’une femme aux traits épanouis, couronnée d’un cercle de marbre doré, ouvrant ses bras comme une mère accueillant ses enfants.
Aux pieds de la statue, étaient entreposées divers présents comme des piles de vêtements, des ustensiles de cuisine, des objets de décoration prestigieux ou des bourses de crédits consistantes.
- Vous vous demandez si les offrandes qu’offrent les croyants sont importantes, commença Imesais qui avait suivi le regard de Mansur.
Le commenorien surprit des pénitents non humains, un chagrien et une togruta, s’approcher pour saisir les dons et les entreposer ailleurs.
- Je me pose la question, reconnut le sénateur.
- Tous les jours, beaucoup viennent prier la Déesse, souhaitant qu’elle les écoute. Certains ont une conscience qui leur pèse tellement qu’ils déposent quelque chose en retour, d’autres nous rejoignent pour grossir nos rangs.
- Et que deviennent ces dons généreux ?
Imesais le fixa, lui donnant l’impression qu’il posait une question puérile.
- Nous les conférons à ceux qui en ont le plus besoin évidemment.
- Vous faites preuve de charité envers les plus miséreux et terrorisez les autres. La contradiction est intéressante.
Le Prêtre demeura impavide.
- Ceux qui ont besoin de notre charité n’ont rien à perdre à invoquer notre Mère. Mais il est évident que des privilégiés, aveugles face à la misère et au désespoir, ont raison de craindre d’avoir beaucoup à perdre s’ils ne se repentent pas.
- Ceux qui vous craignent, donnent pour ne pas avoir de problèmes. Cela ne ressemble pas à du désintéressement.
- La Déesse voit en chacun de nous, sénateur. Elle sait qui mérite d’être récompensé et qui mérite d’être châtié. En fait, quelle que soit l’importance de l’offrande, la Déesse juge la valeur de notre sincérité.
Imesais montra la statue de la main.
- Vous avez partagé cette croyance avant de la renier, mais il n’est pas trop tard pour ouvrir les yeux sur votre erreur.
- Je vous ai expliqué pourquoi je ne suis plus ce chemin et je ne suis pas venu pour vous confesser mes fautes, affirma-t-il le sénateur avec fermeté. Gagnons du temps, voulez-vous ?
Imesais lâcha un rictus au coin des lèvres avant d’incliner la tête en direction des deux Disciples de Hapos. Ceux-ci s’écartèrent pour se diriger vers l’aile du Temple qui leur était réservée. Deux minutes après, ils revinrent avec diligence, poussant devant eux, un humain amaigri.
Le frère du Consul de Commenor était penché, vêtu d’une simple chemise ouverte décolorée et d’un pantalon usé et sombre. Il s’effondra à genoux, devant le dignitaire pétrifié, qui s’accroupit alors à sa hauteur pour le soutenir par les épaules.
- Melun ? Appela-t-il. C’est moi, Enler.
Melun Tamik tenta de se débattre.
- Non, non ! Je dois retourner confesser mes péchés ! Je dois implorer le pardon de la Déesse !
Sa chevelure moyenne était en bataille, une barbe naissante et mal rasée entourait sa figure alors qu’il tentait de repousser le sénateur, déconcerté par son regard hagard. Mansur ignorait ce qu’il avait subi mais savait ce qu’il avait face à lui.
Un homme brisé.
- Melun, c’est Himsek qui m’envoie ! Votre frère !
À ce nom, le prisonnier se calma subitement. Une lueur étincela dans son regard, une braise emplie d’espoir.
- Enler, c’est bien vous ? Balbutia-t-il.
Son visiteur hocha la tête en guise d’affirmation.
- Je suis désolé… désolé.
- Ce n’est rien, le rassura le dignitaire.
Le détenu agrippa ses poignets avec ferveur.
- Himsek est ici ? Demanda-t-il.
- Ses devoirs de Consul le retiennent sur Commenor mais il pense à vous. Il ne vous abandonnera pas, Melun. Personne ne vous abandonnera.
Le malheureux se mit à trembler d’abattement.
- Ma femme… mon fils.
- Vous les reverrez, soyez sans crainte. Vous ne resterez pas ici, indéfiniment.
Mansur était atterré de le voir dans un état pareil. Il avait connu autrefois un homme jovial, insouciant, pour ne pas dire insolent. Cet homme qui se tenait devant lui à genoux, ne pouvait être le même.
Pâle et amaigri.
Il ne devait être interné ici que depuis deux jours à peine, mais les privations imposées par la secte avaient commencé leur œuvre en profondeur, preuve de leur efficacité. Des interrogatoires aléatoires mêlés à des privations de sommeil régulières.
Il n’en fallait pas plus pour le réduire à l’état d’automate.
- S’il vous plaît, Enler… dites-leur que je les aime.
- Ils le savent déjà mais je le leur transmettrai. Et bientôt vous pourrez le leur dire de vive voix.
Le visage de Melun se tordit en une grimace indéchiffrable.
- Non… non, je ne mérite pas de les revoir ! Je suis un ignoble pécheur ! J’ai… j’ai participé à des orgies où j’ai succombé aux plus viles intentions ! Au plaisir de la chair avec… des impures ! Je me croyais être un homme bon mais la Déesse a vu clair en moi ! Je dois la prier pour ressentir sa miséricorde pour un pauvre misérable comme moi ! Je dois l’aimer !
Cet aveu laissa Enler sans voix. Cette détresse provoqua son incrédulité au point qu’il releva la tête pour fusiller du regard le Grand Prêtre Imesais qui les observait avec un imperceptible sourire.
- Comme vous le voyez, Frère Melun commence à entrevoir la vérité. Une vérité que bientôt, tous reconnaîtront.
Mansur serra Tamik dans ses bras en lui promettant :
- Je reviendrai bientôt. Courage. Pensez à ceux qui vous aiment et qui souffrent autant que vous.
Le détenu du culte sanglota avant d’être de nouveau emmené par les deux Disciples de Hapos. Le Grand Prêtre s’approcha pour lui proposer :
- Je peux vous faire raccompagner.
- Non, coupa le commenorien. Je trouverai mon chemin seul.
- Comme vous voudrez, Frère Mansur. Nos portes vous seront toujours ouvertes. Que la Déesse vous absout de vos péchés et vous guide sur la Voie de la Pureté.
Le sénateur l’ignora royalement et se dirigea vers la sortie. Il respira mieux lorsque les lourdes portes en bois se refermèrent dans son dos. Il jeta un dernier regard vers l’édifice religieux avant d’appeler un taxi.
Il monta dedans avant de saisir un comlink.
- Sénatrice B’lsak ?
- J’espérais votre appel, Enler.
Il respira profondément, de nouveau résolu à faire face à l’adversité. Ce qu’il avait vu sur la Place du Pardon, ce qu’il venait de voir dans le Temple de la Grande Déesse, il n’était pas près de l’oublier de sitôt.
- Informez notre ami commun que j’accepte son invitation.

Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Dans le prochain extrait, nous retrouverons la famille Contispex :diable: :diable: ! Héhéhé... ça vous avait manqué, hein ?

Ciao :hello: :hello:

PS : N'hésitez pas à dire ce que vous pensez du tome 2 par rapport au tome 1 :sournois: !
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Messagepar JediLord » Dim 12 Juil 2020 - 22:46   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

C'est lu.

Vivement qu'on puisse les revoir ces chers Macrogol... :diable: :paf:
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Messagepar L2-D2 » Lun 13 Juil 2020 - 12:26   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu!

Pas sur au final que Contispex ait atteint son objectif : il pensait dissuader le Sénateur Mansur de se rebeller? La visite qu'il vient de faire l'a convaincu du contraire! :paf:

Vivement la suite et la convergence des intrigues chez le Sénateur Kalad! :sournois:
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Messagepar mat-vador » Lun 13 Juil 2020 - 22:29   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour vos retours :jap: !

L2-D2 a écrit:Pas sur au final que Contispex ait atteint son objectif : il pensait dissuader le Sénateur Mansur de se rebeller? La visite qu'il vient de faire l'a convaincu du contraire! :paf:


:sournois: , ca peut se comprendre qu'il ait envie de s'opposer !

L2-D2 a écrit:Vivement la suite et la convergence des intrigues chez le Sénateur Kalad! :sournois:


oui, convergence il y aura :diable: !
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Messagepar mat-vador » Sam 18 Juil 2020 - 22:12   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir, c'est l'heure de la suite :wink: !

Il est temps de retrouver les Contispex :diable: ! Roulement de tambour :D !


Résidence des Contispex

Linza accueillit chaleureusement sa tendre moitié lorsque son mari apparut enfin vers la fin de l’après-midi dans le salon familial. Elle ordonna à une domestique chagrienne de le débarrasser de sa cape encombrée de poussière, puis invita son homme à prendre place à ses cotés sur le divan.
- La journée s’est bien passée ?
- Au-delà de mes attentes, répondit-il avec un sourire spontané.
Il se laissa aller, complètement détendu et se permit de remplir un verre du meilleur brandy corellien qu’il avait pu se procurer.
- Les Hutt ont eu ce qu’ils méritaient, se félicita-t-il. Les sénateurs viennent de voter l’embargo et je ne doute pas que les amiraux Hisku et Amukos ne tarderont pas à bloquer les principales voies commerciales qui relient l’Espace Hutt aux systèmes frontaliers. Ces criminels seront bientôt isolés du reste de la galaxie.
- Et comment a réagi l’Honorable Fraternité ?
- Ils sont restés globalement passifs. Quelques uns comme la sénatrice Organa ont tenté de s’y opposer, évidemment, mais ils ont sans doute estimé que les Hutt ne valaient pas la peine d’être soutenus ouvertement.
- Tu as veillé à ce que la guerre soit soumise au vote ?
- Et comme prévu, cette motion a été rejetée, afin de laisser à nos opposants politiques l’illusion d’une victoire politique et obtenir ce que nous voulions vraiment.
Linza se servit un verre à son tour avant de le faire tinter contre celui de son mari. Ils se prirent par la main pour profiter de cet instant de doux triomphe.
- Je suppose que Mansur n’a pas bien pris la nouvelle de l’arrestation du frère du Consul de Commenor, souligna-t-elle.
- La nouvelle l’a ébranlé et il s’est abstenu lors du vote de l’embargo. Sans doute pour s’assurer qu’aucun acte de représailles ne sera exercé contre la famille de son allié.
- Il a souhaité lui rendre visite.
- J’ai donc arrangé la rencontre avec le Grand Prêtre Imesais. Il m’a assuré que la discussion a été productive. Le sénateur Mansur est apparu lors de son départ du Temple de la Grande Déesse, beaucoup plus déterminé.
- Nous avons donc fait de lui notre ennemi pour de bon.
- Pour mieux nous en débarrasser ensuite.
Ils tintèrent leurs verres avec un sourire plus large encore. Julius regretta d’y mettre fin lorsqu’il remit sur la table, un sujet plus personnel.
- Je suppose qu’Ethan et Leli sont en train de s’amuser.
- Comme d’habitude, soupira-t-elle.
- Il est temps d’y remédier, affirma son mari d’un ton plus impitoyable.
Elle l’approuvait en silence lorsqu’un jeune couple qui riait aux éclats, entra dans le salon, traînant derrière eux une malheureuse mirialan nue, menottée par devant et tirée par une laisse contre son gré.
Ethan et Leli qui se tenaient par le coude, freinèrent soudainement devant la présence impromptue des parents qui les fixaient froidement.
- Oups, fit la jeune rousse avec un ton badin, moi qui pensais qu’il n’y aurait personne.
- Allons dans ma chambre, alors, proposa son ami.
- Un instant, les rappela Linza alors qu’ils se détournaient.
Julius se leva du divan, le masque impassible.
- Il est temps que nous abordions le sujet de vos turpitudes.
Ethan cessa de ricaner, comprenant que son père était sérieux.
- C’est quoi le problème, papa ? Tu m’avais pourtant dit que l’on pouvait faire des aliens ce que bon nous sem…
- Silence ! Tonna le patriarche.
Les jeunes gens cessèrent de ricaner, censurés par l’apostrophe du chef de famille qui les foudroyait du regard.
- Libérez-la, ordonna sa femme à propos de la mirialan.
Leli enleva les menottes à leur souffre douleur du jour, qu’ils laissèrent partir. Personne ne s’aperçut qu’elle serrait avec sa main le collier lui ceignant le cou, tandis qu’elle se couvrait de l’autre paume comme elle pouvait.
Ethan n’en menait pas large devant le courroux de son père, son front s’humidifiant de transpiration sous l’effet de la gêne.
- Ethan, ta mère et moi t’aimons beaucoup. Malgré tes défauts.
Julius recouvrait peu à peu une maîtrise reptilienne.
- Mais nous allons devoir te demander de mettre fin à tes parties de plaisir, appuya sa compagne.
- Pourquoi maintenant ? S’insurgea le fils revêche. Qu’est-ce qui a changé ?
- Tu n’en a peut-être jamais pris conscience, réellement, mais depuis que je dirige la République, nos ennemis ne cessent de vouloir ma chute, notre chute à tous. Ce qui a changé, c’est qu’ils s’enhardissent de plus en plus.
- Nous allons traverser des moments délicats, ajouta Linza qui se leva pour se ranger à sa hauteur. Nous ne pouvons pas les laisser profiter de la moindre de nos faiblesses. Ce que tu fais entre quatre murs, peut être utilisé contre nous.
- Contre moi.
- Nous avons beaucoup trop sacrifié pour tout perdre maintenant. Désormais, le moindre égarement peut nous être fatal.
Ethan les écouta puis son visage bouffi s’illumina d’une arrogance qu’il tenait de son paternel.
- Contrairement à toi, je ne crains pas mes ennemis. Qu’ils osent nous défier et nous les écraserons !
- Tu as parfaitement raison, mon chéri, roucoula la jeune rouquine.
Elle entoura ses épaules de ses bras avec un sourire railleur qui déplut profondément aux parents Contispex.
- Si vous ne vous sentez pas capable d’inspirer la crainte, Ethan peut parfaitement vous remplacer, affirma la jeune humaine.
Leli colla ses lèvres sur celles de son compagnon avant que celui-ci ne clama.
- Je suis prêt à assumer les responsabilités qui sont les tiennes. Si tu ne t’en sens plus capable.
Les époux échangèrent un regard de connivence, résigné.
- Très bien, si vous refusez d’entendre raison, soupira la mère.
Le Chancelier Suprême fit un pas en avant, une canne de jonc apparut dans sa main droite. Ethan eut seulement le temps de paraître désappointé avant que son père ne leva le bras.
- Attends, papa ! Qu’est-ce que…
La canne fouetta l’air et s’abattit sur sa tête avec une violence inaccoutumée. Pris au dépourvu, Ethan voulut reculer mais trébucha sur le pied de sa petite amie qui le vit s’étaler de façon ridicule alors que son père s’acharna sur lui.
Il tenta de se protéger la figure avec les bras alors que Leli voulut s’interposer.
- Arrêtez de faire du mal à mon chou !
Une main attrapa sa chevelure rouquine pour la forcer à s’écarter. La poigne ferme de Linza Contispex la fit s’agenouiller alors qu’elle entendit :
- À ton tour, petite peste !
Leli tenta de s’arracher à cet étau mais une cravache apparut dans son champ de vision. La jeune femme ne put se retenir de joindre ses hurlements à ceux de Ethan. Ils furent ainsi maltraités sans pouvoir résister, criant et suppliant.
Sans aucun effet sur leurs bourreaux.



La jeune mirialan qui était sortie du salon, tomba peu après dans le couloir sur Naha qui la retint fermement par le coude, la faisant sursauter. La twi lek Lethan lui demanda à mi-voix :
- Tu l’as ?
La mirialan hocha la tête avec fièvre, toujours sur ses gardes. Puis elle glissa la main pour en retirer une minuscule puce qu’elle laissa tomber dans la paume de sa complice qui tourna la tête dans toutes les directions.
- Rentre chez toi, lui intima Naha.
- Je ne peux pas, protesta l’autre non humaine. Maître Ethan ne serait pas content si je quittais mon service avant qu’il ne me l’ai permise.
- Je prendrai ta place.
La mirialan la fixa, éberluée par cette proposition inattendue.
- Pourquoi ?
- Parce que tout ce qu’il compte te faire subir, lui et sa shutta, je peux l’endurer mieux que toi, répondit Naha avec conviction.
La domestique nue secoua finalement la tête.
- Je… merci Naha. Et bonne chance.
- Allez, rentre chez toi.
La twi lek laissa la mirialan la contourner pour s’éclipser, presque honteuse. Elle enfouit la puce sous son collier, contre sa gorge, certaine qu’elle n’était pas épiée. Elle respira plus profondément, se préparant à subir un moment difficile entre les mains de son tourmenteur habituel et de sa Némésis tout aussi sadique que lui.
D’un pas hâtif, elle s’éloigna à son tour, sans s’être aperçue un seul instant qu’une Disciple de Hapos l’avait discrètement espionnée derrière l’angle d’un mur. L’adepte du culte se ménagea quelques secondes après le départ de la jeune twi lek, pour sortir de sa cachette et se diriger vers l’entrée du salon.
Lorsqu’elle franchit le seuil, elle fut étonnée face à l’étrange spectacle qui s’offrait à elle. Un jeune couple était au tapis, aux pieds des époux Contispex qui les fixaient avec une froideur inhumaine. L’adepte fut cependant suffisamment disciplinée pour ne rien laisser paraître de sa stupéfaction et se garder de tout commentaire.
Elle se rangea discrètement dans un coin de la pièce, attendant le moment adéquat.
Ethan se redressa sur les coudes, tentant de se remettre des douloureux coups de canne que lui avait asséné son propre père.
- Pour… pourquoi ?
Leli était retenue par les cheveux, par la poigne inflexible de Linza. La jeune rouquine portait les traces de coups de cravache sur ses joues et avait perdu par conséquent de sa superbe.
- Nous avons toléré vos déprédations pendant longtemps, peut-être trop longtemps. Mais nous ne laisserons plus vos péchés ternir et discréditer ma carrière politique. Il en va de la pureté de la galaxie toute entière.
- Ton père et moi pensons qu’un séjour dans le Temple de la Grande Déesse vous fera le plus grand bien.
Ethan écarquilla les yeux et croisa le regard effrayé de Leli.
- Non, vous ne pouvez pas faire ça ! S’indigna-t-il.
Linza sortit un comlink et murmura quelques mots dedans. Deux battements de cils plus tard, la porte du salon s’écarta à l’intention de quatre Disciples de Hapos, bien bâtis et à l’air farouche. Julius leur adressa un signe de tête et ils s’emparèrent sans hésiter des deux jeunes gens qui tentèrent vainement de se débattre.
Ethan cria :
- Vous n’avez pas le droit de faire ça ! Je suis votre fils !
- C’est vrai, tu es notre fils et nous le faisons pour votre bien à tous les deux. Le Grand Prêtre Imesais a été prévenu et saura vous remettre sur le droit chemin.
- Que la Déesse vous permette d’arpenter le Chemin de la Pureté, ajouta Linza d’une voix cassée par l’émotion.
Ils furent emmenés hors du salon, malgré leurs protestations. Pendant quelques minutes, les deux époux restèrent plongés dans le mutisme.
- J’espère que nous avons pris la bonne décision, dit-elle enfin.
- J’en suis persuadé, nous n’avions plus vraiment le choix. Je pense qu’il serait peut-être nécessaire de les faire expier sur la Place du Pardon…
Linza bondit vers lui pour l’enlacer énergiquement par les épaules.
- Nous ne pouvons pas faire ça à notre propre fils ! Je ne l’accepterai pas !
Indécis, Julius éprouva un sérieux conflit interne. Il ne put éviter le regard accusateur de sa femme, devant laquelle il s’inclina finalement.
- Tu as raison, ce serait une humiliation que nous infligerions à nous-mêmes.
Elle le remercia en l’embrassant.
- Il n’y a plus qu’à espérer que cela sera suffisant, conclut-il.
Puis tous deux remarquèrent la présence de la femme chauve en toge sombre. Celle-ci s’était décalée pour attirer leur attention.
- Pardonnez-moi, Sage Suprême, mais je devais vous faire parvenir une information toute fraîche, fit-elle en s’inclinant les paumes jointes.
- Nous vous écoutons, sœur, l’autorisa l’épouse du Chef d’État de la République.
Elle leur résuma ce qu’elle avait vu, leur arrachant une expression maussade. Ils l’autorisèrent finalement à se retirer.
- Il ne manquait plus que ça, fulmina Julius.
- Nous devons leur mettre la main dessus immédiatement avant qu’elles n’aient quitté l’immeuble. Rien ne doit filtrer d’ici.
Il saisit son comlink pour avertir les Forces de Sécurité et leur demander de boucler le quartier, histoire que ces ennuis soient réglés le plus discrètement possible.

Voilà, j'espère que cela vous a plu !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar JediLord » Dim 19 Juil 2020 - 11:03   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Lu.

Aïe... Saleté d'adepte! :paf:

Comme quoi ça rigole pas les punitions chez les Contispex... :transpire: :sournois: :shock:

Vivement la suite. :jap:
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Messagepar mat-vador » Dim 19 Juil 2020 - 11:59   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

JediLord a écrit:Comme quoi ça rigole pas les punitions chez les Contispex... :transpire: :sournois: :shock:


On appelle ça une mise au point :transpire:
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Messagepar L2-D2 » Lun 20 Juil 2020 - 18:19   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu !

Contispex qui passe pour un bon père de famille débordé par les vices de sa progéniture... c'est qu'on aurait presque de la peine pour lui ! :transpire: Et j'ai bien peur qu'à terme, Contispex Junior prenne le relais de son papa, de quoi faire passer Senior pour un ange ! Et je ne suis pas sûr qu'un séjour au Temple du Pardon lui mette du plomb dans la tête...

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mar 21 Juil 2020 - 12:45   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :jap: !

L2-D2 a écrit:Contispex qui passe pour un bon père de famille débordé par les vices de sa progéniture...


C'est pas évident d'être papa :roll: !

L2-D2 a écrit:Et j'ai bien peur qu'à terme, Contispex Junior prenne le relais de son papa, de quoi faire passer Senior pour un ange !


Il sera Contispex II :diable: !

L2-D2 a écrit: Et je ne suis pas sûr qu'un séjour au Temple du Pardon lui mette du plomb dans la tête...


Allons, pourquoi tant de pessimisme :whistle: ? On peut compter sur les Disciples de Hapos pour remettre sur le droit chemin ce couple de sadiques :sournois: ! Bon, ceci dit, tu connais le proverbe sur " le naturel qui revient au galop après qu'on l'ai chassé "... :transpire:

Allez, à samedi :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar mat-vador » Sam 25 Juil 2020 - 22:01   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite !

Une jeune twi'lek a piqué des infos aux Contispex et doit se barrer :shock: !

Savourez ça!


Lorsqu’elle entendit des cris dans le couloir, Naha sut que quelque chose d’incongru se déroulait. Elle se dirigea dans la direction des hurlements et surgit dans le vestibule qui donnait accès à un turbo ascenseur.
Là, se déroulait une scène ahurissante à ses yeux. Le fils Contispex et sa maîtresse emmenés de force par quatre rugueux Disciples de Hapos. Ils protestaient en leur promettant mille malheurs. Le regard de Leli croisa celui de la jeune twi lek.
La rouquine lui lança avec rage :
- Toi ou une autre, vous paierez pour cela !
La non humaine resta impavide, bien que frissonnant d’une terreur instinctive. Ils disparurent dans la cage du turbo ascenseur et elle respira mieux. Mais elle n’avait pas à rester ici plus longtemps que nécessaire.
Elle saisit son comlink et composa une fréquence cryptée.
- J’ai trouvé l’oasis, déclara-t-elle seulement comme phrase codée sans attendre de réponse.
Elle retourna sur ses pas pour chercher ses affaires et se changer dans le vestiaire. Moins d’une minute après, elle en ressortit d’un pas décidé, son sac se balançant contre son flanc, attaché en bandoulière.
Elle se retrouva peu après, en bas de l’immeuble, et traversa l’allée en un coup de vent. Elle évita comme d’habitude, les regards haineux des Disciples de Hapos qui gardaient la résidence. Dans la rue qui s’offrait à elle, elle se mit à courir, pressée de livrer l’information à Wils, au ghetto.
Elle se persuada que ce serait sans doute plus pratique en taxi et peut-être plus sûr pour elle. Même si cela lui faisait mal au cœur de dépenser ainsi des crédits durement gagnés. Il lui fallait accomplir sa mission au mieux.
Elle continua de marcher d’un rythme empressé, le capuchon rabattu sur sa tête pour cacher ses lekkus enroulés autour de son cou.
Un taxi apparut sur sa droite et elle n’hésita pas à fouler la chaussée pour le forcer à s’arrêter. Le véhicule décapotable freina dans un rugissement de moteurs ioniques et son chauffeur humain la klaxonna.
- Eh, ça va pas ? Lui cria-t-il par dessus le pare-brise.
Elle bondit sur la banquette arrière.
- Emmenez-moi jusqu’à l’entrée de la Zone de Sécurité Prioritaire numéro 3.
- Quoi, un ghetto ? S’étrangla le conducteur.
Il l’étudia à travers le rétroviseur puis se tourna vers son siège, soupçonneux. Naha rabattit son capuchon… en vain.
- Holà, une minute ! Je transporte pas d’aliens, moi ! Je veux pas perdre ma licence et avoir des problèmes avec ces fichus fanatiques sectaires et les Gardiens de la Pureté !
- Je vous laisserai un pourboire généreux.
Elle ouvrit les cordons de sa bourse pour lui montrer les crédits. Il hocha finalement la tête.
- Y a intérêt à ce que le pourboire soit généreux. C’est parti pour la Zone de Sécurité Prioritaire numéro 3.
Elle fut soulagée lorsqu’il démarra. Elle se tassa un peu plus sur la banquette arrière et resserra davantage son capuchon. Histoire de tromper son angoisse persistante, elle fouilla dans son sac pour étudier la minuscule puce.
Elle espérait que cette petite chose provoquerait les bouleversements salvateurs dont la République avait besoin. Elle priait pour que des gens importants sachent quoi en faire, qu’elle n’ait pas sacrifié sa dignité et sa sécurité pour rien.
Pendant quelques minutes, le trajet se déroula sans histoire alors que son taxi traversait des places huppées, encombrées de Disciples de Hapos ou de Gardiens de la Pureté qui ne leur accordaient aucune attention.
Elle s’autorisait à se détendre lorsque le véhicule ralentit subitement. Elle se pencha en avant, lorsque le conducteur se rangea derrière un landspeeder au point mort. Ils étaient bloqués dans un embouteillage.
- Que se passe-t-il ? S’enquit-elle.
Le conducteur humain grogna :
- Bougez pas, je vais aller voir.
Il descendit de son taxi coté chaussée et elle le vit faire quelques pas avant de revenir, l’air mécontent.
- Un barrage des Forces de Sécurité, se borna-t-il à lâcher. Ils sont en train de contrôler les conducteurs et les passagers.
- Vous pouvez le contourner ? J’ai un rendez-vous à ne pas manquer, expliqua-t-elle.
Il éclata de rire.
- À mon avis, ils ont prévu le coup.
Naha aperçut les drones qui lévitaient plusieurs mètres au-dessus de leur tête et éructa un juron dans son dialecte natal.
- Pour votre rendez-vous, vous risquez d’être en retard, madame. J’espère pour vous que vous êtes en règle, ce barrage n’a pas été placé là pour le plaisir.
À l’instant où il prononça ces mots tout à fait innocemment, la twi lek se figea, pétrifiée par le doute puis par la nervosité.
Se pouvait-il que ce barrage soit à son intention ? Non, ce n’était pas possible. Elle s’était assurée que personne n’avait épié sa transaction de tout à l’heure, concernant la puce. Elle n’en était plus aussi certaine maintenant.
Cependant, elle n’avait aucun doute quant aux sérieux ennuis qui allaient lui tomber dessus incessamment si elle restait là. Même s’ils ne la recherchaient pas, les agents de police n’allaient pas se contenter de vérifier son permis de travail. Il était hors de question de les laisser la fouiller au risque que cette puce tombe en leur possession.
Sa décision était prise.
Elle rangea la puce.
- Eh, qu’est-ce que vous faites ? S’écria l’autre humain lorsqu’elle mit pied à terre hors du taxi.
- Je vous l’ai dit, j’ai un rendez-vous important. Combien, la course ?
Il consulta son compteur.
- Vingt quatre crédits, répondit-il peu après.
- Trente, si vous oubliez que vous m’avez vu.
Il ne put se retenir de sourire devant cette bonne affaire.
- Marché conclu.
Elle lui glissa les crédits dans la paume avant de s’écarter pour étudier sa situation. Derrière elle à quarante mètres, une ruelle proche lui offrait une solution sur la droite. Sans hésiter, elle s’y dirigea. Elle déboucha sur une nouvelle avenue, encombrée de landspeeders bloqués là aussi par un barrage policier.
Naha commença à comprendre que c’était sans doute tout le quartier qui était bouclé. Et peut-être aussi tous les quartiers avoisinants. Elle se sentait prise au piège, elle devait rejoindre le ghetto sans se faire prendre.
La panique la gagna, grignotant son calme inexorablement. Non, les Forces de Sécurité n’auraient pas déployé autant de moyens pour elle, c’était trop exagéré. Sauf si quelqu’un de haut placé savait qu’elle avait en sa possession quelque chose d’important.
Et dans ce cas, les Forces de Sécurité savaient qui ils devaient interpeller.
Mauvais signe.
Elle tenta de paraître impassible, s’appuyant sur un nano réverbère pour réfléchir à une solution. Puisqu’elle était compromise, il lui fallait protéger sa source d’information. Soit en la cachant, soit en la ramenant au bon destinataire ou bien en la copiant, tout en la préservant dans une cachette qu’elle saurait retrouver.
Ce fut cette solution qui lui semblait la plus adéquate. Elle s’écarta du nano réverbère pour traverser la chaussée.
À peine foulait-elle le trottoir opposé qu’elle entendit glapir dans son dos :
- Là-bas ! C’est elle !
E’chutta ! Jura-t-elle intérieurement.
Elle contorsionna la tête par-dessus son épaule et aperçut le conducteur de taxi qui surgissait depuis la ruelle qu’elle avait emprunté, accompagné deux agents des Forces de Sécurité. Il la leur montrait d’un index pressé.
Visiblement, le pourboire n’avait pas été assez généreux. Pas suffisant pour acheter le silence et étouffer les scrupules d’un simple humain.
L’un des agents empoigna son blaster et colla son autre main près de ses lèvres pour amplifier sa voix.
- Toi, la twi lek ! Pas un geste !
Aucun doute, elle était bien recherchée. Sans hésiter, elle sprinta pour remonter l’avenue, loin des barrages de police. Elle avait appris à se cacher comme une souris dystic de Ryloth, dans les méandres de son ghetto où elle avait grandi.
- Eh ! J’ai dit, pas un geste !
Elle se jeta dans un passage entre deux pâtés de maison, espérant que cette expérience lui servirait dans ce moment fatidique, à sauver sa peau et à protéger les informations de cette puce. Elle était seule en territoire ennemi.


Tali Organa laissa vagabonder ses pensées, au-delà de ce trafic interminable dans lequel était plongé son landspeeder et son escorte de gardes alderaaniens qui appartenaient à sa Maison et assuraient sa sécurité dans la Cité Galactique.
La vieille sénatrice regrettait décidément le calme de son palais familial d’Alderaan, là où résidait le reste de sa nombreuse famille dans la banlieue d’Aldera. Bien que souffrant de ne pas les avoir revus depuis un laps de temps, elle était tout de même rassurée de les savoir loin de cette agitation de ruche interminable et inépuisable.
Au moins étaient-ils relativement ignorants de la poudrière qui menaçait d’éclater ici même, au cœur d’une République déchirée par des passions opposées.
Assise à l’arrière, elle se détacha de la vitre droite sur laquelle elle était appuyée pour demander à son chauffeur :
- Serons-nous bientôt arrivés à l’ambassade ?
Elle ne vit pas la moue que son compatriote.
- L’état de la circulation ne le permet pas vraiment, sénatrice. Mais je peux tenter de retrouver un raccourci.
- Faites au mieux mais n’enfreignez pas la loi pour autant.
- Je serai prudent, madame.
- Merci, Selun.
Le garde du corps à coté du chauffeur exhiba un datapad pour afficher le reste du trajet. Une application qui l’informait de la densité du trafic à la nano seconde près. Ce fut à cet instant que la dignitaire reçut cet appel imprévu sur son comlink.
Elle le porta à ses lèvres.
- Tali Organa, se présenta-t-elle.
- Ici la sénatrice B’lsak, répondit la voix de la représentante de Manaan. Nous avons un problème que vous seule êtes en mesure de résoudre.
La selkath se montrait directe, ce qui trahissait une certaine urgence.
- En quoi puis-je vous être utile ?
- Un de nos agents vient d’être compromis, celui qui se tient près de la source.
À mots couverts, la non humaine lui confirma qu’elle évoquait l’espion qui était infiltré dans l’entourage du Chancelier Suprême.
- Et vous souhaitez que je le récupère, sain et sauf.
La selkath fit part de son soulagement.
- Tout à fait, il s’agit d’une importance vitale. Grâce à un contact bien placé dans les Forces de Sécurité, nous savons qu’elle est activement recherchée. Elle se trouve quelque part dans le quartier dans lequel réside le Chancelier Suprême, le quartier Efel. Et nous savons que vous n’êtes qu’à dix pâtés de maisons de sa position présumée.
Organa fronça les sourcils et se mit à observer les alentours à la recherche d’un quelconque mouchard.
- Par les étoiles ! S’exclama-t-elle. Vous me filez ?
- Le sénateur Kalad se préoccupe de votre sécurité, en des temps aussi incertains.
L’alderaanienne n’apprécia guère cette délicate attention mais le moment était mal choisi pour s’en offusquer.
- Comment va-t-on procéder pour cette récupération ?
- Un autre de nos agents va vous retrouver pour vous expliquer la démarche.
- Comment le reconnaîtrai-je ?
- Vous lui demanderez : pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ? Elle devra vous répondre : parce que l’orbe noircit.
Organa soupira.
- Je vous tiens au courant, Lonleth.
- Nous vous en savons gré, Tali.
- Néanmoins, j’ai l’intention de faire savoir au sénateur Kalad qu’il a une manière offensante de placer sa confiance en ses alliés, lors de cette fameuse fête à l’ambassade.
- Il sera enchanté de vous l’expliquer en personne. B’lsak, terminé.
La conversation en resta là et elle se pencha vers son chauffeur.
- Allez au quartier Efel.
Celui-ci obtempéra sans discuter. La sénatrice espérait que la circulation serait plus fluide, un espoir bien vite douché.
Le chef de la sécurité contacta ses hommes installés dans le landspeeder décapotable, derrière eux. Il leur demanda de redoubler de vigilance, suite à l’apparition de quelques groupes de Gardiens de la Pureté.
Elle sursauta lorsque quelqu’un toqua à sa hauteur, coté droit. Immédiatement, l’officier alderaanien réagit promptement, ouvrit la portière pour descendre du véhicule et menaça le nouveau venu de son blaster.
- Restez où vous êtes !
À travers le transparacier, Tali Organa vit l’étranger encapuchonné et portant une longue cape de voyage, lever les bras docilement. Les autres gardes du corps étaient descendus eux aussi, pour le tenir en respect.
Elle abaissa la tête et lui lança :
- Pourquoi les pèlerins rentrent chez eux ?
À cette question, l’étranger se tourna et découvrit son visage. Celui d’une humaine au visage farouche, cheveux roux coupés courts. Sa posture martiale témoignait qu’elle avait suivi une carrière militaire.
Senya Torred soutint son regard et affirma :
- Parce que l’orbe noircit.
La sénatrice se détendit.
- Montez, l’autorisa-t-elle.
Les autres alderaaniens baissèrent leur arme avant de reprendre leur place. L’ancienne pilote de la Marine Républicaine s’installa, claquant la portière et s’empressa de mettre les pieds dans le plat.
- Vous savez pourquoi je suis là ?
- La sénatrice B’lsak me l’a expliqué.
- Bien, trancha Torred. J’irai droit au but. Je sais exactement où se trouve l’agent compromis. Une personnalité telle que vous, attirerait trop l’attention si elle m’accompagnait. Je vous demande de m’attendre ici, cela ne prendra pas longtemps.
Tali Organa comprit alors son véritable rôle. Celui de couvrir les deux agents de son immunité diplomatique.
- Et si cela se passe mal ? Tempéra-t-elle, prise d’un doute. Non pas que je doute de vos capacités.
- Tout se passera bien, vous n’avez pas besoin d’en savoir plus que nécessaire. Dans le cas contraire, vous n’aurez pas à mentir si vous êtes interrogée.
- Ça se défend, reconnut la dignitaire.
Senya brandit un blaster de sous sa cape, vérifia son état de fonctionnement et l’arma. Ses gestes étaient minutés à la perfection et ses traits étaient empreints d’une détermination sereine.
- Nous nous reverrons bientôt sénatrice, promit-elle.
Elle bondit souplement du landspeeder puis le contourna par l’arrière. Tali Organa l’observa en train de traverser la rue avant de se fondre dans la foule.
Pourvu que tout se passe bien.

Voilà, j'espère que cela vous a plu :cute: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Mar 28 Juil 2020 - 12:42   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu!

Stressant! Voilà le mot qui résume cet extrait! Et je n'imaginais pas que le réseau de résistance auquel appartenait Naha remontait aussi loin dans la République, ni qu'il allait aussi soudainement impliquer Kalad Senior ou la sénatrice Organa! :shock:

Espérons pour tout ce petit monde que la twi'lek s'en sortira en vie...

Vivement la suite! :oui:
Mauvais, perfide, fourbe ! Nous devrions lui tordre son sale petit cou ! Gollum, Le Seigneur des Anneaux - Les deux tours

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Messagepar mat-vador » Mar 28 Juil 2020 - 22:25   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour :wink: !

L2-D2 a écrit:Stressant! Voilà le mot qui résume cet extrait!


J'aime mettre de la tensionnnn :x !!

L2-D2 a écrit:Et je n'imaginais pas que le réseau de résistance auquel appartenait Naha remontait aussi loin dans la République, ni qu'il allait aussi soudainement impliquer Kalad Senior ou la sénatrice Organa! :shock:


Leurs destins sont liés :sournois: !

L2-D2 a écrit:Espérons pour tout ce petit monde que la twi'lek s'en sortira en vie...


Espérons-le aussi et surtout pour elle :transpire: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 01 Aoû 2020 - 22:19   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous 8) !

Dans cet extrait, une jeune twi lek en possession d'informations cruciales va-t-elle pouvoir s'en sortir ? Il est temps que vous connaissiez la réponse :sournois: !

Savourez-moi ça :diable: !



Naha se plaqua contre le coin du mur, pour reprendre son souffle. Elle réprima les tremblements de ses mains, provoqués par ses excès d’adrénaline. Elle se doutait que son répit serait bref, tandis qu’elle tentait de déterminer où elle se trouvait.
Malgré elle, elle s’était perdue dans ce fichu dédale de ruelles et d’impasses étroites, aux forts relents de décomposition de déchets en tous genres. Il en faudrait plus pour dissuader les Forces de Sécurité de vouloir la traquer.
Derrière l’angle du mur, elle entendit des voix brailler.
- Où est-elle passée ?
- Par là, je crois !
Elle serra les dents pour atteindre le prochain embranchement. Sans hésiter, elle bondit à gauche pour s’éloigner de ses poursuivants.
Des débris de permabéton et de duracier encombraient le chemin, vestiges d’immeubles vétustes et inhabités. Sur les tas de débris, étaient juchés quelques mendiants tous humains. Même parmi les représentants des Enfants de la Déesse, il y avait des laissés pour compte. Elle resserra son capuchon, s’enfonça au milieu des ruines puis s’accroupit dans un coin, hors de portée des regards. Elle ramena son sac devant elle puis en sortit un datapad. Elle y inséra la datapuce pour copier les données.
L’opération lui prit deux minutes, un temps excessivement long qui lui donnait des sueurs froides. Elle respira mieux après, rangeant son datapad. Elle se demanda ce qu’elle devait faire de la datapuce.
Elle songea d’abord à la détruire avant de se raviser. Deux sources intactes d’une même information valaient mieux qu’une. Par chance, le champs de ruines lui offrait de multiples possibilités. Et même trop de possibilités.
Des ronronnements mécaniques grandirent lorsque des drones survolèrent les environs. Elle se rejeta en arrière sous le plafonds à moitié effondré et ses yeux fouillèrent vivement le sol. Une brèche creusée par l’érosion attira son attention près du coin nord.
Elle y enterra la datapuce avant de la dissimuler sous un reste de permabéton suffisamment consistant.
Elle devait pas s’attarder plus que nécessaire. Elle revint dans l’allée, pour poursuivre sa progression, évitant les mendiants humains qui la regardaient défiler de façon avide. L’ un d’eux s’enhardit tout à coup et lui bloqua le passage.
- L’aumône, madame. Z’auriez quelques crédits pour dépanner ?
Elle s’écarta pour l’esquiver, répondant :
- Désolée.
Il la prit de court en tirant sur son capuchon, libérant ses lekkus qui se balançaient derrière sa nuque.
- Tu vas pas t’en tirer comme ça, la donzelle !
Il agrandit les yeux de stupéfaction lorsqu’il réalisa sa nature.
- Eh c’est quoi, ça ?
Il la tenait toujours d’une étreinte féroce. Elle le repoussa et parvint à se dégager.
- Une twi lek ! C’est une alien ! Il y a une alien, ici !
Ses clameurs inquiétèrent Naha qui tenta vainement de le raisonner.
- Mais taisez-vous !
Il la montrait de l’index et la posture des autres sans abris devint plus hostile.
- Une alien ! Une alien ! S’écriaient-ils en chœur.
Il allait rameuter les policiers sur ses traces. Leur désespoir était tel qu’ils étaient prêts à vendre n’importe qui pour des restes de repas. Elle se remit à courir, éperdument. Elle ne devait pas s’arrêter.
Surtout, ne pas s’arrêter.
À gauche, à droite et encore à gauche. Jusqu’à ce que les cris deviennent inaudibles, étouffés par la distance qu’elle avait creusé entre eux et elle. Elle reprit un pas plus posé mais toujours aussi pressé. Elle jeta un regard par-dessus son épaule pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie… et tomba dans les bras de deux agents qui venaient de surgir d’une intersection.
- C’est elle ! Entendit-elle avant d’être saisie par les coudes.
Prise de panique, elle se débattit tant et si bien qu’elle parvint à lancer son pied dans les parties intimes de l’humain sur sa droite. Il la gifla en retour, avant d’être maîtrisée lorsqu’ils croisèrent ses bras dans son dos.
- Ici matricule A7-DC, dit l’autre agent dans le comlink intégré dans son casque. J’ai appréhendé la suspecte avec B5-TL.
Naha tenta pour se dégager, d’écraser des orteils avec son talon aiguille. La douleur dans ses épaules s’accentua lorsque les deux agents lui tordirent davantage les poignets.
- Reste tranquille, Tête de Ver ! Beugla celui qui se faisait A7-DC. Fouille-la, ajouta-t-il à son compère.
Ce dernier ricana.
- Avec plaisir, en voilà une qui est bien roulée.
Naha frissonna de répulsion lorsque les mains la palpèrent à travers ses couches de vêtements. Cela lui rappelait ces instants fatidiques où elle s’était retrouvée impuissante entre les mains de Ethan Contispex, quand il faisait d’elle ce qu’il en voulait.
Il l’obligea à pivoter après l’avoir menotté.
- Son sac, fit ensuite A7-DC qui semblait être le sous officier à juger par les épaulettes qui brillaient sur ses clavicules.
B5-TL qui était plus massif physiquement, s’attela à la tâche, vidant les affaires de Naha sur le permabéton avant de se pencher pour ramasser le datapad.
- T’as quoi là-dedans, fillette ? Grogna-t-il en l’agitant devant lui.
- Rien d’important, c’est personnel, répondit-elle.
- Vu que t’es mignonne, je parie qu’il doit y avoir des détails croustillants.
Il riait d’un ton graveleux avant d’être rappelé à l’ordre par son supérieur.
- La ferme, Gumak.
- Eh on peut rigoler un peu, Narn !
- C’est sergent. Et on est là pour faire notre boulot, pas pour rigoler.
Le sergent se plaça face à Naha et releva sa visière mauve en effleurant son casque. Des yeux bruns couleur ambre la dévisagèrent attentivement. La jeune twi lek y décela une certaine sensibilité. Cet homme était sans doute un fonctionnaire très consciencieux mais ce n’était pas un salaud, elle en était persuadée.
Elle avait peut-être une chance, qui sait.
- Tu sais pourquoi on t’a arrêtée ?
Elle commença par nier, histoire de gagner du temps.
- Pas la moindre idée.
- Dans ce cas, pourquoi t’es-tu enfuie quand on t’a demandé de rester où tu es ?
- Ouais, tu nous as fait courir et tourner en rond, renchérit l’autre.
Elle l’ignora royalement, ne sourcillant pas devant le sergent.
- Vous avez déjà mis les pieds dans un ghetto comme le mien, sergent ?
- Pas depuis un certain temps, concéda-t-il.
Elle le sentait sur la défensive.
- Nous y sommes allés plein de fois avec le sergent, se gargarisa l’autre, et c’est tellement marrant de vous voir égailler comme des rats womps ! Et quand on vous contrôle dans vos blocs miteux, on croirait entendre vos genoux claquer, tellement vous avez la pétoche !
- Je t’ai pas dit de la fermer ? Réagit le sergent par-dessus son épaule.
Il tourna de nouveau vers elle, son attention.
- J’ai vu que c’était pas la joie, poursuivit-il.
Sa voix laissait suinter de la lassitude.
- C’est bien le problème, vous n’avez fait que voir. Mais n’allez pas croire que vous pouvez comprendre ou imaginer le désespoir et la peur dans lequel nous vivons. Nous vivons au jour le jour, dans l’incertitude, sous l’emprise des gangs qui ont pris le contrôle de ces bidonvilles dans lequel vous nous avez parqués. Beaucoup vivent dans la misère la plus absolue, réduits à mendier, ne parvenant pas à se procurer ce dont ils ont besoin au marché noir, à cause des prix prohibitifs fixés par les criminels. Les plus chanceux et les plus débrouillards peuvent travailler en dehors du ghetto pour permettre à leur famille de vivre dignement, mais ils se comptent sur les doigts de la main.
Elle récitait cela d’un ton désinvolte.
- Nous sommes entassés les uns sur les autres mais cela ne vous suffit pas, à vous les humains. Chaque mois, vous appliquez de nouveaux décrets qui nous mettent un peu plus la vibrolame sous la gorge, vous nous retirez peu à peu les droits qui font de nous êtres pensants. Les restrictions sur les permis de travail sont telles que ceux qui en bénéficient sont de moins en moins nombreux et vivent dans la peur de le perdre, à la suite d’un nouveau vote du Sénat. Ou à la suite d’un contrôle, d’une rafle arbitraire et abusive. Et je ne parle pas des agressions, du mépris que nous subissons quotidiennement dans vos quartiers.
Le discours fit vaciller les yeux d’amande du sous officier. Ce fut le bon moment pour enfoncer le clou.
- Maintenant que vous savez tout ça, vous osez me demander pourquoi je me suis enfuie quand je vous ai vu ?
Le sergent fit un effort pour ne pas baisser les yeux.
- Je sais que tu travailles pour la famille du grand chef, reprit-il finalement sans laisser paraître qu’il avait été ébranlé par ses arguments. Et tu lui as pris quelque chose auquel il tenait beaucoup.
- Ouais, bien essayé d’avoir voulu donner le change, lâcha un Gumak narquois. Mais ça ne prend pas avec nous, désolé.
Elle se pinça la lèvre inférieure avec les dents, de dépit.
- Si tu ne l’as pas avec toi, fit remarquer le sous-officier, c’est que tu l’as certainement caché quelque part. Pas loin d’ici, je dirais.
- J’ignore de quoi vous parlez, sergent.
Elle l’entendit soupirer de lassitude à travers le casque. Il se pencha vers elle, baissant la voix jusqu’à ce qu’elle devienne un simple souffle.
- Écoute. Si tu ne me dis pas ce que nous voulons savoir, tu auras affaire à eux. Ce ne sera pas un moment agréable, tu peux me croire.
Par eux, elle n’ignorait pas qu’il faisait allusion aux Gardiens de la Pureté. Voire les Disciples de Hapos, ce qui serait pire encore. Elle déglutit et cela ne lui échappa pas.
- Allez, dis-le-moi. Et je te protégerai d’eux.
Elle ne retint pas un rire nerveux.
- Comme c’est adorable, je ne suis même pas sûre que vous puissiez protéger vous-mêmes d’eux.
- Alors, dans ce cas, je te laisserai partir.
Elle agrandit les yeux de stupeur.
- Vous êtes fou de vouloir prendre un risque pareil, le prévint-elle. En admettant que vous soyez sérieux.
- Je le suis, appuya-t-il.
- Très bien, répondez à cette simple question : qu’est-ce qui vous fait penser qu’ils vous laisseraient faire ? Seriez-vous prêt à y laisser votre carrière ?
Il était cette fois à court de mots et il fut averti par son collègue.
- Sergent, je crois qu’il est trop tard pour négocier le tuyau.
Deux silhouettes venaient de surgir sur la gauche de la twi lek, qui frissonna d’une terreur instinctive lorsqu’elle fixa leur uniforme paramilitaire gris terne, reconnaissant leur coupe de cheveux coupés très courts et leur expression haineuse.
Des Gardiens de la Pureté, exactement ce qu’elle redoutait. Les deux policiers leur firent face alors que les suprémacistes les saluèrent en claquant des talons et en tendant le bras droit en avant.
- Salut à toi, Contispex ! Clamèrent-ils distinctement.
Naha eut le temps de lâcher à l’oreille du sous-officier :
- Si vous êtes un homme de parole, c’est le moment de le prouver. Je vous dirai peut-être ce que vous voulez savoir.
- Je ne promets rien, lui accorda-t-il avant qu’ils ne surprennent leur échange.
Les agents échangèrent un regard tendu avant que les Gardiens de la Pureté ne s’approchèrent, brandissant leur matraque avec nonchalance.
- Bon travail, messieurs, les félicita une femme brune au visage de cire.
Son acolyte blond arborait un sourire cruel en direction de Naha.
- Maintenant, nous allons prendre la suite, si vous le permettez.
Il s’avança pour pour saisir la prisonnière mais le sergent s’interposa physiquement, l’empêchant de le contourner.
- Un instant, c’est nous qui l’avons attrapé.
- Et nous vous en savons gré, intervint la femme avec un sourire faux. Soyez coopératifs et laissez-nous nous en occuper.
- Désolé, je crois que nous nous sommes mal compris.
Gumak qui avait gardé sa visière rabattue, s’approcha de son supérieur. Naha devina qu’il n’était pas très à l’aise à l’idée de tenir tête aux suprémacistes.
- Sergent, z’êtes sûr que c’est une bonne idée ?
- Nous avons une procédure à respecter, nous devons faire les choses correctement, affirma le sergent qui n’en était pas près d’en démordre.
La femme reprit avec un sourire superficiel plus large :
- Nous sommes prêts à vous dédommager pour votre peine, les Gardiens de la Pureté savent se rappeler de leurs amis.
- Je mentionnerai dans mon rapport que vous avez tenté de m’acheter, répliqua effrontément le sous-officier. Je l’emmène au poste, à vous de voir si vous voulez suivre.
Naha ne masqua pas un rictus narquois. Elle admirait sa pugnacité. Le sourire de la suprémaciste disparut tandis que son camarade blond gronda.
- Vous n’avez pas compris à qui vous avez affaire, vous nous le paierez.
- Si vous le dites. Bon assez perdu de temps, fit l’agent en prenant le bras de Naha. Gumak ?
- Oui, sergent.
Le subalterne lui prenait à peine l’autre bras que Naha entendit dans son dos :
- Restez où vous êtes !
La voix cassante provenait d’une femme encapuchonnée qui avait fait irruption, blaster à la main. Les Gardiens de la Pureté eurent à peine le temps de lever la matraque qu’ils s’écroulèrent, frappés de rayons paralysants.
Ce fut aussi le sort de Gumak alors que le sergent Narn voulut ôter le blaster de son holster. Il s’immobilisa lorsque l’inconnue le braqua sans hésiter.
- Laisse tes mains là où je veux les voir.
Il croisa les poignets derrière la nuque et elle s’approcha de Naha pour lui enlever ses menottes. La twi lek se massa les mains, soulagée.
- C’est la deuxième fois que tu me sauves, Senya.
- Il faudra que tu me verses un salaire. Allez on doit bouger d’ici.
Le sergent s’exclama :
- Senya ? Senya Torred ?
L’ancienne pilote se figea et répondit :
- Narn, c’est toi ?
- Je me demandais ce que tu devenais depuis que tu as démissionné des Nimbus.
Senya écarta son capuchon.
- Je te croyais encore dans un Typhon.
- Viré lors d’un passage en revue sur Kuat. Je n’ai pas su me taire devant un Gardien de la Pureté. Ce boulot est tout ce que j’ai pu trouver de mieux, de moins dégradant.
Il baissa les bras et elle rangea son blaster sous son manteau.
- Tu aurais pu t’engager dans un mouvement comme le mien, lui fit-elle remarquer.
- Tout le monde n’a pas le luxe de l’indépendance, j’ai des responsabilités plus personnelles, maintenant.
- Quel âge ?
- Cinq ans. Et le second est en route.
Senya lui accorda un sourire.
- Mes félicitations, Narn. Mais on va devoir écourter la conversation.
Elle le menaça de nouveau de son blaster.
- Tu es un type bien mais il y a beaucoup en jeu. Tu ne pourras pas rester en dehors de ça, tu devras choisir un camp. En attendant, tu vivras un autre jour.
Elle pressa la détente et il s’affaissa sous les yeux de Naha, qui finit par demander :
- Tu ne les as pas tués ?
- J’ai reçu des ordres, nous devons éviter des représailles sanglantes contre les ghettos.
- Qui te donne les ordres ?
- Quelqu’un d’important, de très important.
Elle la prit par l’épaule pour l’emmener avec elle.
- Ramasse tes affaires et filons, fit Senya. Nous sommes attendus.


Tali Organa fut finalement soulagée de revoir Senya Torred. La sénatrice et ses gardes attiraient en effet bien trop l’attention, à rester stationnés sur ce coté de la chaussée, encombrant la circulation. Cela ne manquerait pas de donner du grain à moudre aux partisans de Contispex, qui y trouveraient à redire sur les privilèges des sénateurs méprisant le bas peuple.
Les citoyens les contournaient en lui jetant des regards curieux, teintés de dédain et d’hostilité. Leur présence se faisait remarquer.
Cela remonterait jusqu’au Chancelier Suprême.
La dignitaire d’Alderaan observa la militante qui traînait quelqu’un par les épaules sous une bure rapiécée. Elle s’empressa d’ouvrir la portière de son landspeeder pour laisser monter l’agent exfiltré par Senya.
Celle-ci lui lança :
- Ramenez-la à la Zone de Sécurité Prioritaire Numéro Trois. Et ne permettez à quiconque de l’emmener, elle détient des informations importantes.
Tali crut voir des appendices crâniens dépasser de sous la bure. L’agent ramené par Senya était donc non humain.
- Et vous ? Lui répliqua-t-elle.
- Je me débrouillerai, lui affirma l’ancienne pilote des Nimbus. Que la Force soit avec vous, sénatrice Organa.
Elle rabattit la portière et fila sans demander son reste. Tali donna l’ordre à ses gardes de remonter en selle. Elle indiqua à son chauffeur de prendre la direction du ghetto et d’opacifier les vitres, pour plus d’intimité.
- Comment vous appelez-vous ?
La visiteuse ôta sa bure déchirée qui lui couvrait toute la tête, laissant s’échapper deux lekkus d’une twi lek à la peau rouge.
- Naha, se présenta-t-elle.
- Je suis la sénatrice Organa. Vous êtes en sécurité, maintenant.
La jeune femme se sentit rassurée en présence de cette dame dignement vêtue, qui respirait la bonté et la sérénité de l’expérience.
- En sécurité ? J’espère que vous dites vrai.
Le convoi fut arrêté peu de temps après, à un barrage des Forces de Sécurité. Quatre agents se présentèrent avec leurs fusils blaster à hauteur de la dignitaire, pour lui demander d’abaisser la vitre.
- Veuillez présenter vos identicartes, intima le caporal aux deux femmes.
- Certainement, monsieur. Je ne doute pas que vous trouverez tout en ordre, ajouta l’alderaanienne avec une expression joviale.
Elle lui conféra son identicarte et ses papiers diplomatiques qu’il s’empressa d’examiner.
- Vous êtes la sénatrice Organa ?
- Tout à fait, mon brave. Vous n’êtes pas sans savoir que je bénéficie donc de l’immunité diplomatique.
L’agent les lui rendit avec un soupir agacé avant de dévisager la passagère. La twi lek regarda droit devant elle, sentant peser son regard suspicieux.
- Et elle, qui est-ce ?
- C’est ma secrétaire.
- J’ai besoin de voir ses papiers, sénatrice.
Naha cligna des yeux, serrant ses mains nerveusement.
- Je vous assure que c’est tout à fait inutile. Mon immunité diplomatique s’étend à tout mon personnel.
- Madame, je me dois d’insister. Nous recherchons une criminelle twi’lek Lethan et nous avons reçu des ordres.
- Vous demanderez à vos supérieurs s’ils veulent risquer un incident diplomatique avec un monde membre de la République. Si vous persistez, cela ferait tâche sur votre dossier, vous ne croyez pas ?
Ils se défièrent silencieusement du regard avant qu’il ne jeta l’éponge, en jurant dans sa barbe :
- Shutta de politicarde.
- Que fait-on, caporal ? Demanda un de ses hommes.
- Laissez-les passer.
Le convoi démarra et dépassa le barrage au grand soulagement de Naha à qui la sénatrice avoua :
- Nous allons d’abord passer par mon ambassade, cela me semble plus sûr.
- Ce n’est pas moi qui vous contredirai, assura la twi lek.


Voilà, j'espère que cela vous a plu :whistle: ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :wink: !

Allez, à la prochaine :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 02 Aoû 2020 - 19:23   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Extrait lu!

Bien joué les anciens membres des Nimbus du tome 1! :jap: Voilà qui explique l'étonnante bienveillance d'un "simple" policier qui, ouf, nous pousse à croire encore un peu à l'espèce humaine dans ton récit!

Et dans la foulée, Naha est sauvée! Elle ne sen sort pas si mal, mais j'ai peur que ce soit la Sénatrice Organa qui paye les mots cassés...

Vivement la suite! :oui:
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Messagepar mat-vador » Lun 03 Aoû 2020 - 18:39   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Merci pour le retour, fidèle L2 :oui: :oui: !

L2-D2 a écrit:Bien joué les anciens membres des Nimbus du tome 1!


:wink: des gens sympas avec des principes :roll: !

L2-D2 a écrit: :jap: Voilà qui explique l'étonnante bienveillance d'un "simple" policier qui, ouf, nous pousse à croire encore un peu à l'espèce humaine dans ton récit!


Heureusement tous les humains ne sont pas des salauds, certains sont même des "brava gente" :wink: ! Faudrait juste qu'ils soient un peu plus courageux à s'opposer au régime :whistle: ...

L2-D2 a écrit:Et dans la foulée, Naha est sauvée! Elle ne sen sort pas si mal, mais j'ai peur que ce soit la Sénatrice Organa qui paye les mots cassés...


Résister a toujours un prix, même pour un sénateur :diable: !

Le prochain extrait sera sur maman Contispex et tu verras que c'est quelqu'un qui ne plaisante pas :diable: :diable: ! Héhéhé...

Allez, ciao :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 08 Aoû 2020 - 21:55   Sujet: Re: Pius Dea: L'ère des Tyrans (2ème Partie)

Bonsoir à tous, c'est l'heure de la suite :wink: !

Dans cet extrait, il est temps de retrouver les Contispex et en particulier, la mamam :sournois: ! C'est une personne très charmante, je vous assure :transpire: :diable: !



Temple de la Grande Déesse

La mirialan hurla lorsque le martinet électrique cingla la peau de son dos, du bas de la nuque jusqu’en haut des hanches, laissant de sombres marques légèrement fumantes. Pour la énième fois, elle perdit connaissance au cinquième coup.
Les chaînes qui lui tenaient les poignets, l’empêchaient de s’écrouler. Le Disciple de Hapos qui remplissait le rôle de bourreau, lui tira les cheveux pour vérifier qu’elle ne feignait pas l’inconscience. Cela fait, il se pencha pour ramasser l’un des seaux d’eau à ses pieds et lui balancer le contenu sur la tête.
Linza Contispex la vit haleter, se redressant et tremblant. La matrone s’était dévouée auprès de son cher époux pour extorquer les aveux à la félonne. Dans ce cachot sombre et humide éclairé par une torche vivace, elle ne craignait aucune indiscrétion. Le Grand Prêtre Imesais s’était montré absolument ravi de se mettre au service de la femme du Sage Suprême.
Cela faisait plus d’une heure que la mirialan était torturée, sans qu’aucune question ne lui fut posée. Linza souhaitait la briser psychologiquement, lui insuffler un tel désespoir qu’elle lui obéirait au mot près.
D’un geste de la main, elle ordonna au Disciple de Hapos de s’écarter. Elle se plaça ensuite dans le champ de vision de sa victime.
- Shyrem, c’est bien ça ?
La voix doucereuse de Linza trompait facilement quiconque n’était pas familiarisé à sa personne. En ces circonstances, cela se révélait bien plus terrible pour celle qui se trouvait à sa merci. La mirialan pleura, la tête baissée.
Linza prit son mutisme pour une affirmation.
- Tu as de la famille, je suppose ? Ils habitent dans la Zone de Sécurité Prioritaire numéro 1 ?
- O… oui.
- Tiens-tu beaucoup à eux ?
La mirialan hocha la tête.
- Alors nous avons un point commun. Il se trouve que je suis moi aussi très attachée à ma famille. Mon mari et mon fils comptent tant pour moi. Tu sais ce que cela signifie ?
Avec force, elle agrippa le menton de la non humaine, pour l’obliger à la fixer.
- Que je ferai tous les sacrifices pour eux. Que je protégerai tous les secrets qui pourraient nous nuire, nous faire chuter et perdre tout ce que nous avons si durement acquis, au nom de la Déesse. Que je suis prête à rendre la pareille à tous mes ennemis, qu’ils soient des sénateurs de l’Honorable Fraternité, des Jedi ou des moins que rien comme toi.
Ses yeux s’emplirent d’une dureté inflexible.
- Si cela signifie que je dois t’arracher chaque grain de ta peau verte pour connaître la vérité, c’est un prix que j’accepte volontiers.
Elle lui relâcha la figure.
- Maintenant, parle. Je veux savoir quelles données tu as dérobées dans le bureau de mon mari. Que t’a promis la twi lek en échange de ton forfait ?
- Elle m’a promis qu’elle… m’aiderait.
Shyrem versa des larmes.
- Je vois, épela Linza avec lenteur. Elle a visiblement manqué à sa parole, tu ne crois pas ? Tu n’as jamais sans doute compté beaucoup pour elle. Cela ne m’étonne pas de la part d’une impure.
La mirialan cessa de pleurer.
- Parle et je me montrerai magnanime. Je pourrais te permettre de rester dans notre Temple, temporairement, pour tu puisses expier tes péchés.
- C’est… votre fils qui m’a permis d’avoir accès à ces informations.
Elle arqua un sourcil, étonnée.
- Vraiment ? Que t’a-t-il demandée en échange ?
- De… de le satisfaire pleinement.
Linza s’écarta pour réfléchir un instant avant de revenir sur ses pas.
- Je connais assez bien mon fils pour savoir qu’il ne te les donnerait pas ainsi.
- Je l’ai fait… à son insu.
L’épouse lui attrapa de nouveau les cheveux.
- Futée. De quoi s’agissait-il ?
- Il y avait les plans des principales Zones de Sécurité Prioritaire. La numéro quatre, la numéro six et… la numéro trois.
- Mais encore ?
La mirialan garda le silence, serrant la mâchoire.
- À ta guise, siffla la matrone.
D’une inclinaison du menton, elle autorisa le bourreau à poursuivre sa tâche. Après deux évanouissements consécutifs, la prisonnière craqua à nouveau.
- Il… il y avait des lieux de rassemblements indiqués. Et des noms… des cibles.
Cette fois, Linza esquissa un sourire. Elle n’eut pas besoin d’en savoir plus.
- Merci de ta coopération, impure. Hélas, je regrette de ne pouvoir t’épargner, tu en sais beaucoup trop.
La panique brilla sur les traits de la victime.
- Pitié ! Vous m’aviez promis…
- J’ai menti.
Le Disciple de Hapos fourra une boule de tissus dans la bouche, pour étouffer ses supplications. Linza ne daigna pas lui accorder la moindre attention, un instant de plus.
- Quand ce sera fini, exposez son corps devant l’entrée de la Zone de Sécurité Prioritaire numéro trois. Il est temps de faire passer un message.
Elle sortit du cachot, ignorant les cris étranglés de la mirialan et les claquements du martinet électrique. Elle remonta l’escalier pour croiser sur son chemin, le Grand Prêtre Imesais qui l’attendait dans le couloir.
- Soeur Linza, le Colonel Hosan vous attend dans la cour.
- Merci, Grand Prêtre. Je ne manquerai pas de vanter votre diligence auprès du Chancelier Suprême.
- Tout l’honneur est pour moi.
- Comment vont mon fils et son amie ?
- Leur repentance a commencé et ils se montrent prometteurs dans leur dévotion nouvelle, indiqua-t-il en s’inclinant. Si vous souhaitez alléger leur fardeau, je peux…
- Non, l’arrêta-t-elle. Épargnez-leur seulement le supplice de la chair.
- Comme il vous plaira. Que la Déesse vous absout de vos péchés et vous guide sur le Chemin de la Pureté.
Elle le contourna pour quitter l’aile des Disciples de Hapos. La cour centrale était emplie de centaines de fidèles humains qui venaient déposer leurs offrandes devant la statue de la Déesse, prodiguant moult prières destinées à attirer ses faveurs pour leur le salut de leur âme.
Le Colonel Hosan se tenait à l’écart, lui tournant le dos pour observer ce manège. La silhouette maigre et sèche, le chef des Gardiens de la Pureté arborait fièrement l’uniforme de sa milice, la chemise encombrée de médailles militaires, signe des services passés dans l’Armée Républicaine. Bien qu’ayant atteint la soixantaine, il paraissait aussi dégourdi qu’une jeune recrue.
Le visage impavide, rasé de près, masquait le profond dédain qu’il manifestait envers ceux qu’il estimait inférieurs à lui.
- Colonel Hosan, l’appela-t-elle.
Vif comme un serpent en chasse, il pivota vers elle puis la salua en claquant des talons et en tendant le bras droit vers elle à hauteur du menton.
Elle répondit seulement d’un sourire courtois.
- Madame Contispex, fit-il de sa voix rauque.
Elle alla droit au but.
- J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles.
La gêne tordit la sérénité du Colonel.
- J’ai bien peur que non. La twi lek nous a échappé.
- Racontez-moi ce qui s’est passé, lui intima-t-elle.
- Deux agents de Sécurité avaient réussi à l’attraper et deux de nos membres dévoués les avaient rejoints pour la prendre en charge. Mais un imprévu est survenu.
- Un imprévu ?
- Une traîtresse a surgi pour l’aider.
Par traîtresse, le Colonel voulait signifier humaine.
- Elle les a neutralisé tous les quatre puis l’a emmenée.
- Vous savez au moins où ? Trancha-t-elle à bout de patience. J’ose espérer que vous n’êtes pas si incompétents que cela.
Si la semonce l’avait mouché, il n’en montra rien.
- Un sous-officier des Forces de Sécurité a signalé dans son rapport de patrouille, la présence d’une twi lek Lethan ressemblant à notre suspecte, qu’il aurait arrêté à un barrage.
- Mais elle n’a pas été appréhendée, je me trompe ?
- C’est juste, car elle accompagnait la sénatrice Organa.
Les yeux de Linza paraissaient lancer des éclairs à l’évocation de ce nom.
- Et ?
- Ils sont partis vers l’ambassade d’Alderaan. J’ai pris la précaution d’envoyer certains de mes hommes surveiller les entrées et sorties. Au dernières nouvelles, la twi lek serait toujours à l’intérieur.
La matrone hocha la tête.
- Et les Jedi ?
Hosan laissa un rictus méprisant flotter sur ses lèvres.
- Rien à signaler. Ils ne sortent pas beaucoup, si ce n’est pour faire les courses.
- Merci, Colonel. Ce sera tout.
Elle le congédia et le regarda disparaître dans le flot des fidèles qui venaient puis repartaient. Les disciples de Hapos qui l’avaient escorté jusqu’au Temple de la Grande Déesse, l’encadrèrent à nouveau lorsqu’elle se présenta à la sortie.
Elle monta dans le landspeeder avant de décrocher son comlink. Aussitôt la voix de son mari fit entendre son impatience.
- Tu as des nouvelles ?
- La twi lek s’est échappée et s’est réfugiée à l’ambassade d’Alderaan, lui apprit-elle.
Il jura et elle s’empressa de lui raconter succinctement ce que le Colonel Hosan lui avait rapporté.
- Nous ne pourrons pas l’atteindre, là-bas.
- Cela reste à voir, contra-t-elle.
- Tu as une idée ?
- Nous devons convaincre les alderaaniens de nous la livrer.
Le grognement de Julius témoignait de son incrédulité.
- Et comment s’y prend-on ?
- Avec un moyen de pression, mon chéri, tout simplement, expliqua-t-elle. Quelle est la principale ressource financière d’Alderaan ?
- Leur vin.
Elle surprit sa respiration coupée, preuve qu’il avait compris où elle voulait en venir.
- Je pourrais taxer leurs exportations à moins que…
- À moins qu’ils ne se montrent compréhensifs, souffla-t-elle.
Le rire de son mari se répercuta dans son oreille.
- Excellent, ma chérie. Tu te sens prête à leur rendre visite ?
- J’allais le proposer.
Elle s’apprêtait à rompre la communication lorsqu’il lui demanda :
- Comment va Ethan ?
- Le Prêtre Imesais m’a assuré que sa repentance se passait bien.
Il inspira profondément.
- J’espère que nous pourrons le récupérer rapidement.
- Son sort est entre les mains de notre Mère, Julius. Comme notre sort à tous.
- Va à l’ambassade d’Alderaan et tiens-moi au courant. Je t’aime, ma chérie.
- Je t’aime aussi. Que la Déesse nous bénisse.
Elle rangea son comlink et donna l’ordre au chauffeur de la conduire à l’ambassade d’Alderaan. Il était temps d’entrer dans le bastion d’un de leurs plus grands ennemis.
Il était temps d’affronter la sénatrice Tali Organa.

Voilà, j'espère que cela vous a plu :cute: :cute: ! Heureux de retrouver cette adorable Linza :diable: ?

Allez, à la prochaine :hello: !
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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