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Star Wars - Band of strangers

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Messagepar Angedabe » Jeu 24 Oct 2019 - 13:33   Sujet: Star Wars - Band of strangers

Bonjour à tous camarades !

Je reviens dans cette section fan-fiction après des années d'absence. :jap:

Cette fois-ci, inspiré par une campagne de jeu de rôle dont je suis maître de jeu, j'ai décidé de retranscrire les aventures de mes camarades joueurs, au nombre de 6, en une rocambolesque fan-fiction !
La tâche est assez compliquée car il me faut remplir les critères de narration et les mêler aux différents objectifs des personnages ! Ces derniers sont issus de l'imagination des joueurs, et l'histoire de la mienne.

Les personnages vous seront introduits un par un avant que leur périple ne les lie entre eux et les mène dans un récit faisant réapparaître une antique menace apparue des millénaires avant leur ère et dépassant les croyances de la Force... :?

Après Les Vestiges d'Anknåar et Les Contes de Caeli, voici Band of strangers.
:)

Je vous partage les identités des personnages principaux afin d'alimenter votre curiosité :lol: :
Spoiler: Afficher
- Tul'Soa le rakata ingénieur.
- Panaore le duros pilote.
- Krogan le klatooinien tireur d'élite.
- Navo Takka le rodien chasseur de prime.
- Karel Blaner le mandalorien et second chasseur de prime.
- Huar le duros explorateur et pilote de pod.



Ce 1er chapitre fait office de prologue, puis arriveront les chapitres qui mettront en place le récit. :wink:




Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...


STAR WARS
BAND OF STRANGERS



Chapitre I
L'Inconnue


Un immense nuage opaque recouvrait la galaxie et ses abords. Une ombre se nourrissait chaque jour, chaque heure et chaque minute, de la peur de milliers de peuples. Maintenues par une poigne de fer, les planètes ne vivaient plus, elles subissaient, survivaient, s’écroulaient…
La menace de l’Obscurité s’épaississait aussi vite que progressait cet Empire apparut d’une faille au sein d’un système instable, corrompu et dépassé. Tous le savaient. Chaque âme consciente se devait d’être méfiante, constamment sur ses gardes, car personne ne savait d’où viendrait ce danger planant au-dessus de chacun.
Désormais en proie à un climat de terreur continuel, Coruscant mourrait, perdait toute l’essence de ce qui en faisait le centre de la galaxie auparavant. Le dynamisme et la constante atmosphère fourmillante de vie avaient laissé place à un monde terne, maussade, où personne ne se sentait à sa place.
Ancien monument reflétant la décadence de l’ancienne République, le Temple Jedi ne conservait plus que de vagues souvenirs, liens étroits avec un monde encore libre à l’époque. Les versions variaient selon les besoins, se transformant petit à petit en légendes, mythes noirs, mais jamais ne mentionnant les Jedi comme des héros ayant longtemps défendu les valeurs de la liberté.
Constamment sous surveillance, cet édifice cachait en ses murs de nombreux secrets, aussi bons que désastreux. L’Empire le conservait afin d’appuyer sa puissance, sa détermination inébranlable et sa soif d’asservir les gens par la peur.
Seules des archives et reliques Jedi y étaient enfermées. Certaines avaient été déplacées ailleurs, par sécurité, pour que les plus curieux des explorateurs et aventuriers ne prennent pas connaissance du savoir renfermé dans cette époque révolue.
L’avènement de l’Empire avait eu lieu quatre ans auparavant, lors de la purge Jedi et de la tentative d’assassinat sur le chancelier suprême. Les temps avaient changé, car maintenant, beaucoup comprenaient et avaient conscience des conséquences, et surtout, qu’ils avaient certainement tous été dupés.
L’Empire grandissait et ne cessait de s’implanter dans tous les systèmes et sur toutes les planètes de la galaxie. Certains tentèrent de résister, comme l’insurrection des kamonians, qui résistèrent un temps, après avoir comploté dans l’ombre, mais tombèrent sous l’assaut des Stormtroopers, dirigés par un enfant de Kamino… D’autres sombrèrent, dominées par l’esclavage, la famine et l’éternelle crainte de finir entre les mains du Seigneur Vador.

Depuis la haute tour de l’ancien Grand Conseil Jedi, au sommet du Temple de Coruscant, une âme sentait pour la première fois depuis des lustres, une ombre autre que la sienne cherchant à surgir. Rien n’était visible, hormis un vide sans fin, mais parsemé par-ci par-là d’une poussière indescriptible et fine, formant des vagues venant frôler son Empire.
La salle du Grand Conseil Jedi ne contenait plus rien hormis un large trône, orienté vers les vastes étendues urbaines de la planète. Personne ne pouvait y pénétrer, ou du moins, personne n’avait tenté de le faire…
Cherchant à localiser et identifier ce fantôme tapis dans l’ombre, l’Empereur Palpatine affichait un visage crispé. Sous ses profondes rides et sa capuche masquant ses traits, il inspirait et soufflait longuement. Il se souvint de la dernière menace l’ayant ébranlé à ce point, la seule fois où il fut envahit par la peur, la nuit où il assassinat son maître, Dark Plagueis. Mais lorsqu’il électrocuta son mentor, ce fut une peur de ne pas réussir, de ne pas atteindre son but d’être le seul ayant une ambition si démesurée… Contrairement à cet instant, au sommet du Temple, où la peur de perdre son pouvoir, submergé par un autre tout aussi puissant, prenait le dessus.
Son souffle rauque résonnait entre les baies vitrées composant ce lieu lui servant à méditer, et ses yeux, fermés, tournaient dans tous les sens, à la recherche d’un indice, d’une trace, d’une piste…
La nuit dominait Coruscant à présent. L’obscurité affichait le vrai visage de l’Empire, faux, menteur, traitre… Peu de personnes osaient s’aventurer à l’extérieur, car le couvre feu instauré et imposé par l’Empereur menaçait constamment ceux qui vivaient la nuit. La sentence était radicale : une exécution ou un envoi imminent vers Carida, afin d’y servir de cobaye ou esclaves pour les troupes de Stormtroopers encore en formation.
Transperçant le voile sombre affiché sur la baie vitrée de la tour, les yeux jaunes vifs de Dark Sidious s’ouvrirent lentement, de manière théâtrale. Il scruta l’horizon un moment, réfléchissant à la meilleure solution à ses doutes.
Quelqu’un approchait et allait briser ce calme apparent.

Cela contraria le Seigneur Sith. Il chercha à masquer son visage tendu afin que personne ne décèle une quelconque faiblesse sur lui.
Dans son dos s’ouvrit l’ascenseur, générant un couloir de lumière l’atteignant timidement. Immédiatement, il se déplaça et en sortit, retournant à l’obscurité.
« N’avez-vous rien de plus important qu’un minuscule groupe de dissidents hostiles pour oser venir me déranger ? dit l’Empereur d’une voix rauque, les sourcils froncés et les yeux rivés vers l’extérieur. »
Le nouveau venu, vêtu d’une bure fine rouge, les cheveux noirs plaqués sur le côté et l’air peu confiant, fit un pas en avant dans la pièce, les mains tremblantes et les jambes fébriles. Il avala sa salive et observa les gestes de l’Empereur, en espérant ne pas passer par la baie vitrée d’un coup violent comme son prédécesseur.
Inspirant profondément, il voulut justifier sa présence, mais fut couper dans son élan :
« Toute rébellion visant à me nuire est vaine, et comme vous le savez, il m’importe peu de prendre connaissance de ces futiles nouvelles… »
L’individu fit un pas en avant, puis déclara :
« Mon Seigneur, je ne suis pas venu ici dans le but de vous informer de cela… »
Un autre doute vint interpeller le Sith. Sa perception dans la Force avait-elle été tellement perturbée ?
« Aucune rébellion n’a eu lieu Mon Seigneur… »
Qu’avait-il donc aperçu ? Était-ce une erreur, une inattention au sein de la Force ? Il l’ignorait, mais cette ombre devait en être responsable.
« Quelle est la raison de votre venue, capitaine Tik ?
- Hum… C’est vous qui m’avez fait requérir Mon Seigneur… »
L’Empereur se retourna alors, l’air agacé par tant d’appréhension et de questions… Il dévisagea le capitaine, grand chef de la sécurité de Coruscant. Ce dernier recula d’un pas, suant à grandes gouttes.
« Vous… Vous m’avez demandé de vous apporter une cartographie actuelle de l’Empire Mon Seigneur, expliqua Tik suant à grosses gouttes. »
Laissant échapper un soupire glacial, Palpatine s’avança d’un pas, puis d’un autre.
« Avez-vous ceci ? demanda-t-il en tendant un bras.
- Bien entendu Mon Seigneur, répondit la capitaine en sortant une sphère d’une poche intérieure. »
Il lui tendit l’objet en s’inclinant légèrement.
Il s’agissait d’une boussole des étoiles, un objet précieux pour tout individu cherchant les plus grands secrets de la galaxie.
Dark Sidious fit léviter l’objet jusqu’à lui et ses mains rachitiques. Puis, après l’avoir examiné un instant, il le plaça au centre de la pièce. De nombreux points bleus vinrent envahir l’ancienne chambre du Grand Conseil, projetant la galaxie actuelle, sous occupation impériale. Le capitaine Tik remarqua que l’Empereur ne savait pas où regarder, ses yeux balayaient en long et en large cette carte. Sa respiration devint très vite aussi dérangeante que celle du Seigneur Vador.
« Capitaine…
- Oui Mon Seigneur ? demanda Tik en se redressant d’un coup.
- Vous qui m’avez été de bons conseils depuis mon accession sur le trône impérial, déclara Sidious, pouvez-vous m’orienter une nouvelle fois ?
- C’est-à-dire que… Oui… Je le peux… Néanmoins je ne pense pas que… mes compétences ne puissent égaler les vôtres…
- Je ne puis être axé sur un élément invisible et flou alors que mon Empire grandit encore, le coupa l’Empereur.
- Ne pensez-vous pas que le Seigneur Vador serait plus habilité pour… ? »
La carte disparut. Plongeant à nouveau la pièce dans une obscurité morbide. L’Empereur se tourna vers le capitaine et s’approcha de lui d’un pas lent et lancinant.
« Le Seigneur Vador traque nos derniers opposants et traitres… Et je ne puis attendre. »
Tik sentit alors un souffle malodorant et chaud sur son visage. Il dit de manière hésitante :
« J’ignore si mes conseils vous seront bénéfiques, néanmoins, l’Empire est en pleine expansion, il serait malavisé de s’engager dans une quête infondée…
- Faites-vous allusion à une quelconque faiblesse en moi ? murmura l’Empereur en serrant les dents.
- Je ne fais que vous donner mon avis Mon Seigneur, comme vous me l’avez dem… »
Soudainement en manque d’air, Tik ne put continuer, plaçant ses mains à la gorge afin de se défaire de cette étreinte. Il vit les yeux jaunes du Seigneur Sith s’intensifier et presque virer au rouge.
« Je ne suis pas aveugle, grogna-t-il, rien n’est infondé ! Je suis la puissance absolue ! SI quelque chose arrive, je le ressens, si quelque chose se trame contre moi, je le ressens également ! »
Tik acquiesça de la tête mais resta prisonnier du pouvoir de l’Empereur.
« Rien ne peut me surpasser ni me surprendre ! »
Il propulsa le capitaine au fond de l’ascenseur.
Défiguré par la peur, Tik se laissa tomber au sol, fixant d’un regard apeuré le Seigneur Sith, qui s’avançait de nouveau vers lui.
« Mon Seigneur… »
Dark Sidious, qui affichait encore un air sinistre et bestial, tendit un bras et ses doigts vers lui.
« Mon Seigneur ! Non ! »
À moins de deux mètres du malheureux, le Sith s’arrêta et lui dit d’un ton menaçant :
« Trouvez-le ! Trouvez-la ! Il me faut des réponses, je dois en être sûr !
- Mais que dois-je trouver ? demanda Tik, les yeux exorbités.
- Trouvez cette ombre, peu m’importe la manière. Ne me décevez pas. »
Pétrifié, l’individu chargé de cette mission ignorait complètement quoi chercher, où le chercher et comment le faire…
« Que mes troupes non affectées fouillent les endroits les plus isolés, les plus reclus, les moins fréquentés de la galaxie ! Commencez par les temples Jedi ou les anciens temples Sith ! Trouvez cette puissance qui ose me défier… Et que personne ne sache ! Gardez cette mission secrète… Mais trouvez-moi cette énigme inconnue… »
L’Empereur tourna les talons et retourna s’installer à sa place initiale, face à la baie vitrée. Il devait être fort pour maintenir son Empire en équilibre, et quitte à faire fi de ce lointain fantôme. Il connaissait l’étendue de ses pouvoirs et rien ne pouvait le surpasser. Son ancien Maître l’avait initié à ne jamais douter de lui-même et constamment augmenter sa force, à charge instant. Dark Sidious se devait d’être impitoyable et bien au-dessus de chaque être vivant de cette galaxie !
Tremblant et s’étant uriné dessus, Tik se redressa lentement et demanda :
« Mais que doit-on chercher Mon Seigneur ? »
Un long silence accompagna la porte de l’ascenseur qui se referma sous le nez du capitaine.
Il n’entendit qu’une phrase, dite avec un ton mélancolique :
« Cette énigme… Cette inconnue… Ce pouvoir invisible mais bien présent… »
La porte se referma et l’ascenseur redescendit, laissant le capitaine Tik paralysé, car ces indications ne donnaient aucun indice ni aucune destination… Il craignait d’ores et déjà leur prochaine rencontre
Modifié en dernier par Angedabe le Mer 22 Jan 2020 - 20:42, modifié 8 fois.
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Messagepar L2-D2 » Sam 26 Oct 2019 - 10:59   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Angedabe de retour!!! :love:

Je n'ai pas encore lu ce premier Chapitre, mais le titre me plait déjà, il me fait penser à la série "Band of Brothers"!

À bientôt!
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Messagepar Angedabe » Dim 27 Oct 2019 - 20:23   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

L2-D2 a écrit:Angedabe de retour!!! :love:

:jap:

L2-D2 a écrit:Je n'ai pas encore lu ce premier Chapitre, mais le titre me plait déjà, il me fait penser à la série "Band of Brothers"!

C'est un clin d'œil. :wink:
J'avoue ne pas avoir vu la série, mais lorsque je suis tombé sur cette idée, elle m'a plu. :)
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Messagepar Dark GaGa » Lun 28 Oct 2019 - 14:40   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Je me pose ici :)

Novelliser une partie de JDR étant un exercice ardu, ça ne peut qu'attirer mon attention, surtout avec une telle intro.

Dis-donc, il s'est levé du mauvais pied, le Palpou. C'est assez rare de le voir péter un câble. je suis curieuse de voir ce qui pourrait à ce point troubler sa sensation de toute puissance.
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Messagepar Angedabe » Mar 29 Oct 2019 - 19:12   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Dark GaGa a écrit:Novelliser une partie de JDR étant un exercice ardu, ça ne peut qu'attirer mon attention, surtout avec une telle intro.

C'est à la fois (très) difficile et amusant, surtout quand je me remémore les choix et actions de mes camarades. Choix parfois stupides ou rocambolesques. :transpire: :lol:
En tout cas bienvenu, ça fait plaisir. :jap:

Bonne lecture à tous et à toutes !



Chapitre II
Mandalore mon amour


Au fond, tout le monde cherche sa place dans ce vaste univers. Certains savent où ils doivent être, mais ce but peut se montrer soit inaccessible, soit voué à l’échec. Les rêves ne se réalisent pas systématiquement, voyant grandir des déceptions toujours plus nombreuses.
Dans ce coin de l’espace, un rêveur ambitieux se ressassait avec insistance un objectif simple : faire partie intégrante du clan dans lequel il était né. Repoussé et ayant baissé les bras à plusieurs reprises, il se perdait, s’isolait…
Après un bref mais musclé passage sur Dathomir où il fit preuve de ses talents et sauva un groupe de résistants face aux impériaux lors d’un de leurs assauts réputés impitoyables, Karel Blaner venait de stopper son vieux chasseur, un modèle Kipspray - plus petit qu’un Firespray -, aux abords de ce monde qu’il souhaitait tant rejoindre.
Mandalore était en vue. Magnifique, illuminée par une lueur naturelle féérique à ses yeux. Il se laissa dériver un moment, à l’observer sous toutes ses coutures, dans toute sa splendeur, l’esprit vagabondant à travers des pensées utopiques.
Sa volonté de refaire parti du clan des mandaloriens, comme son père, un humain à l’influence importante, l’animait chaque jour, chaque heure, chaque seconde.
Longtemps son modèle l’avait entraîné à devenir un guerrier solide et sans faille, mais les troubles liés à son enfance et son autre origine vinrent bousculer ses ambitions. Suite à une décision houleuse de sa part selon les membres du Grand Conseil de Mandalore, il ne méritait plus cette distinction et avait été exclu…
Karel possédait du sang zeltron, car sa mère faisait partie de ce peuple, des êtres à la beauté qui les caractérisaient comme de grands séducteurs et personnages à la présence hors du commun. Elle transmit sa couleur de peau rose à son fils, qui hérita d’un corps un brin plus rougeâtre, moins nuancé, mais tout aussi attractif.
Athlétique et déterminé, Karel menait désormais une vie de nomade, exécutant des boulots par-ci par-là qui payaient bien, afin d’un jour s’élever et prouver sa réelle valeur.

Avant de rejoindre Mandalore à ses quatorze ans, il avait grandi sur Concord Dawn avec ses parents, Ereld Blaner, un ancien fermier, et Linel Krsa, une ex-politicienne, bercé par les contes et légendes de la galaxie, fasciné par les Mando’ades et leur incroyable peuple. Karel savait exactement à quelle cause vouer son existence.
Sachant se battre et maitrisant le corps-à-corps avec une agilité impressionnante, ce zeltron mandalorien cachait aussi en lui une bombe à retardement, qui s’explicita plus tard durant sa jeunesse.
Il parvint à passer les épreuves pour devenir Mando’ade à ses 13 ans, ce qui honora son père et fit de sa mère, l’être la plus fière parmi les étoiles.
Dès lors, il lui suffisait de suivre une certaine ligne de conduite et de s’y tenir afin de faire partie intégrante du corps des mandaloriens : être irréprochable et respectueux jusqu’à sa majorité.
Mais l’histoire de Karel s’avéra plus… mouvementée que prévue.
Les embuches qu’il croisait régulièrement l’avaient bâti pour devenir impitoyable, mais psychologiquement fragile par moment, se laissant aller à la colère, assombrissant sa couleur de peau, basculant vers un rouge plus foncé, presque noir dans l’obscurité.
Cherchant un endroit où se poser quelques heures, et après avoir longuement admiré le monde mandalorien qu’il lorgnait, Karel fit finalement route vers Berchest, dans le but de retrouver le calme avant d’entreprendre une énième mission sans âme.

Sur les hauteurs de Berchest, le zeltron arrangeait les paramètres de son casque. Son armure mandalorienne, vétuste et incomplète, était posée sur le côté, contre un tronc d’arbre. Sa couleur violette à bandes bleues restait dans les mémoires de certains guerriers mandaloriens, car, jadis, elle fut impitoyable envers ses ennemis, sur les champs de bataille, lorsqu’Ereld Blaner la portait fièrement.
Assis sur un tronc fraichement coupé, couché à l’horizontal, Karel pensait à son passé, à ce qui l’avait amené à être si isolé et perdu.
Au-dessus de lui, les étoiles disparaissaient petit à petit, balayées par les premières lueurs du jour, faisant passer l’atmosphère bleutée et froide de la planète à un teint plus orangé et chaleureux.
Une autre journée se profilait, mais Karel ignorait comment l’aborder ni même comment la remplir et la rendre utile. Il faisait preuve d’une mentalité solide, même s’il pouvait devenir instable et se laisser aller aux plaisirs de la chair et ceux de boissons pouvant pervertir n’importe quel individu dans cet univers. Une faiblesse cachée dans le corps d’un être en perdition.
Enfant, déjà, il devait se montrer fort, car son apparence était sujette à d’interminables moqueries et provocations. Sa mère lui avait enseigné l’art de rester clame et de faire fi du regard malsain des autres. Quant à son père, il lui avait insufflé la manière dont il devait se tenir, se comporter, afin d’être doté d’une prestance qui ferait de lui un être à part.
Camarades, adultes, voyous, tous le méprisaient car sa beauté attirait les regards et la convoitise. Ils se moquaient de lui et le chargeaient chaque jour, le martelant psychologiquement jusqu’à ce que ses yeux en deviennent humide de chagrin, ou de colère. Mais jamais il n’eut de mauvaises pensées envers ses détracteurs, car de grandes valeurs lui avaient été transmises par ses parents.
Néanmoins, ce soir-là, avant le coucher du soleil, tandis que Karel se tenait adossé à un mur, face à une plaine verdoyante de Mandalore, traversée par un large fleuve reflétant les derniers rayons de soleil, il finit par perdre ses moyens, et déclencha, sans le savoir, son infernale décadence.
Il avait quinze ans.

Un jeune arkanien, plus âgé que lui, vint obstruer cette vue splendide dont il profitait de son visage lisse. Il le provoqua, prétextant que sa couleur de peau le rendait différent, plus faible et moins apte à ses ambitions. Que dans toute la galaxie et les autres au-delàs, les zeltrons n’étaient que de la chair, des morceaux de viande ne servant qu’à assouvir les idées perverses de personnes sadiques et à réaliser leurs fantasmes.
Karel le dévisageait, pensant qu’il valait mieux que ça, et qu’une réponse émotionnelle pourrait lui porter préjudice, car il savait que Djarta Beth ne valait rien de plus qu’un postérieur de bormu.
Pendant de longues minutes, il encaissa. D’autres vinrent se joindre à ce défouloir verbal, un jeune zabrak et deux humains fils de mandaloriens. À quatre, ils proposèrent une chorale des plus cocasses au zeltron. Ce dernier afficha un sourire neutre, leur exposant son indifférence.
Il décida de rentrer chez lui.
S’éloignant petit à petit, il fut rattrapé par des paroles sensibles et déplacées, visant son père.
Pour la première fois, une colère noire monta en lui. Les quatre individus, amusés de voir qu’enfin il réagissait, s’avancèrent vers lui, en insistant. Karel tentait de garder son calme, mais sa nature Mando’ade prit le dessus.
Lentement, il se tourna et leur fit face. Les défiant tous les quatre du regard, sa beauté le désavantageait et ne mettait pas en avant la rage qui grandissait crescendo. Souhaitant voir disparaître ces sourires narquois et moqueurs, ainsi que de faire taire ces insultes visant un point extrêmement sensible, il arma son poing droit en affichant une rage incontrôlée.
Karel Blaner, dont la mentalité dépassait en général ce genre de situation, décocha une droite si puissante sur la joue de l’arkanien, qu’il lui brisa la mâchoire d’un seul geste.
Un long silence succéda cette agression physique. Seul le lourd son du corps de son rival tombant au sol résonna dans les airs accompagné d’un gémissement puéril.
S’apprêtant à infliger le même traitement aux trois autres énergumènes présents, aux expressions livides, Karel prit du recul avec son poing afin de s’en prendre au suivant, mais tous se carapatèrent en laissant échapper de légers cris étouffés, sous le regard ténébreux du zeltron, sortit vainqueur par KO.
Bien qu’il venait uniquement de rendre ce que cet abruti avait cherché durant des années, Karel ne réalisa pas l’importance de son geste.
Très vite, une procédure fut ouverte à son encontre par Diot Beth, le père de l’arkanien, important membre du groupe très fermé des Ministres de Mandalore. Linel, sa mère, ne put rien face aux vagues de déferlement qui heurtèrent son fils, abattu, rabaissé, ridiculisé et finalement, expulsé…
Karel Blaner fut exclu par des arguments à caractères raciaux inqualifiables et inacceptables. Sa mère tenta le tout pour le tout, mais en l’absence de son mari, elle n’avait plus aucune crédibilité et son avis ne valait presque plus rien.
Karel retourna quelques mois sur Concord Dawn, afin de rapidement se réorienter dans une voie plus propice aux zeltrons. Mais rien ne lui vint en tête. Il n’avait qu’un objectif, prouver sa valeur aux mandaloriens ! Prouver qu’il méritait d’être reconnu et accepté parmi eux !
Ce ne fut que des années plus tard qu’il put enfin retenter sa chance. Entrainé dans l’ombre par Maître Sifx, un guerrier formateur ami de son père, il se focalisa sur son seul objectif.
Avec le temps, il parvint à surmonter et réussir chaque épreuve traversant sa vie. Le jeune Karel devenait un individu respectable, dont l’imposante carrure et armure faisaient douter ses adversaires, notamment Djarta Beth, cette sombre merde
Le combat en corps-à-corps final, durant l’épreuve du Dojat, face à son éternel rival, tourna à la correction, car Karel ne lui laissa aucune chance et ne fut même pas touché une seule fois. Il l’envoya au tapis, inconscient, tout en foudroyant du regard son imbécile de père qui l’avait fait chuter des années auparavant.
Après tant d’efforts, Karel Blaner atteignit son but et fut couvert de la décoration qu’il attendait depuis si longtemps.
Même si les membres du Grand Conseil ne s’étaient pas exprimés, prouvant leur mépris envers lui, ce jeune mandalorien pensait déjà batailles et victoires auprès des siens !

Enfin, la chaleur du soleil réchauffait son corps meurtri par des années d’errance, affaibli par une solitude assez pénible. Le zeltron pensait, réfléchissait, anticipait, envisageait, il faisait tout pour revenir vers les siens afin qu’ils finissent par l’accepter.
Cet épisode avec l’arkanien ne fut pas le seul, certes, il s’agissait du premier, mais d’autres suivirent… Il se forgea une réputation qui lui valut d’être repoussé et rejeté de bien des ordres et groupes. Encore.
Exclu une seconde fois, Karel s’était tout simplement égaré, perturbé par un triste événement, l’ayant affecté et l’affectant toujours.
Un son de frottement vint l’interpeller, laissant les réparations de son casque de côté, il vit un jeune gotal examiner son armure et saisir son jetpack.
« Hey ! fit-il d’un ton autoritaire. »
Le jeune visiteur sursauta et recula d’un pas, intimidé.
« Ne touche pas à ça ! Si ce jetpack explose, il réduira cet endroit en cendre ! expliqua-t-il. C’est dangereux !»
Laissant échapper quelques larmes, l’enfant fila derrière une haie proprement taillée. Il courut si vite que le zeltron fut incapable de dire quelle direction il avait pris.
« Attends ! fit-il. Je ne voulais pas te faire peur ! »
Il chercha ses mots, navré de l’avoir mis en fuite.
« Oui bon… Hum… Va plutôt jouer au sabacc ! Ou un truc de ton âge ! »
Karel se rendit compte qu’il manquait de tact avec les plus jeunes que lui.
Il refit face à ce paysage magnifique, avec de hautes montagnes en fond, derrière de plus petites collines à la végétation luxuriante, ainsi que des rayons du soleil faisant de ce lieu, un paradis.
« C’est vrai que le sabacc est plus adapté qu’un jetpack pour un enfant de six ans, fit une voix féminine dans son dos. »
Karel se retourna, laissant accidentellement tomber son casque dans l’herbe.
Il vit approcher une femme vêtue d’une fine robe de chambre orange et brune, le fixant avec deux yeux bleus envoutant. Son teint de peau rose faisait de cette personne quelqu’un de très attirant.
« Mère, dit Karel en inclinant la tête. »
Linel Krsa s’approcha davantage et demanda :
« Karel… Que fais-tu ici ? »
Elle n’eut aucune réponse.
« Tu sais que si Destro te voit, il ne va pas apprécier.
- Qu’il vienne me faire face, puis on en reparlera, lança Karel, les yeux plissés fixant l’horizon. »
Sa mère souffla longuement, puis vint s’assoir à côté de lui. Elle examina son fils d’un œil attentif. Outre son apparence imposante, elle remarqua un doute dans ses yeux et vit des traits tirés sur un visage fatigué.
« Tu sais que je n’avais pas d’autre choix pour survivre… J’aurais été emmenée dans les endroits les plus malfamés à cause de ma beauté et…
- Arrête de te justifier, la coupa son fils. Ça n’a rien à voir. Tu as fait ce qu’il fallait. Mais je constate que cela ne te rend pas heureuse.
- Comment peux-tu l’affirmer ?
- Tu te lèves tôt, afin de profiter du calme matinal. Tu es tellement pressé que tu sors en tenue de nuit. Tes yeux voilés indiquent que tu dors mal, ou pas du tout. »
Karel tourna la tête face à sa mère et lui dit :
« Alors ne masque pas tes émotions, ne me dis pas que tu es bien avec lui. Certes il te protège, certes ta vie est des plus confortables, mais lorsque je repense à notre passé, lorsque père était encore… »
Comprenant la raison de sa venue, elle afficha un regard navré et compatissant.
Posant une main sur son épaule afin de le réconforter, elle dit :
« Tu es bien trop obnubilé par ce que tu dois être. Tu as vécu des choses, dramatiques comme extraordinaires, tu as été un des meilleurs, un espoir pour le clan mandalorien. Ne te rattache pas éternellement au passé. Avance, progresse, évolue, deviens autre chose dans ce cas ! Deviens celui que tu es destiné à devenir !
- Pas besoin de belles phrases… »
Sa voix tremblante indiquait un profond mal être.
« Mais qui veux-tu que je devienne ?! lança-t-il. Je n’ai plus rien ni personne à qui me rattacher hormis toi. Mes pensées utopiques me hantent, je ne peux faire marche arrière et encore moins dévier de mon objectif. »
Derrière eux, sortant de la pénombre de la nuit, apparut une immense bâtisse luxueuse, en pierres claires, avec un long jardin vert et bleu, dans lequel courraient de jeunes gotals en train de jouer ensemble.
Après la mort de son époux et l’éviction de son fils, Linel Krsa fut rejetée par les Mando’ades, qui disaient que son espèce n’avait rien à faire ici. Elle dut rapidement trouver une solution car les clans hutts et le Soleil noir la visaient, connaissant sa popularité et son immense beauté.
Ce fut sur Dantooine qu’elle croisa la route de Destro, un humain aux richesses incommensurables, œuvrant en tant que marchand d’art. Elle vit alors une possibilité de retraite bien méritée après tant de souffrance endurées. Et même si Destro était loin d’être le parfait mari, elle pouvait encore profiter de sa vie sans être constamment en danger.
« Alors atteins cet objectif, lui murmura-t-elle en se rapprochant de lui. »
Elle se baissa et ramassa son casque, se remémorant l’époque où son mari le portait. Elle le posa sur les genoux de Karel, profondément touché par ses émotions.
« Deviens celui que tu es destiné à être. Ce n’est pas une citation de fortune cookie, cela est réel et compte pour tout le monde. Tu trouveras un moyen de te racheter et de montrer qui tu es vraiment. »
Karel baissa ses yeux, les posa sur son casque, rayé, abimé, mais preuve d’un passé héroïque et représentant tellement pour lui.
« Comment veux-tu que je fasse cela ? demanda-t-il.
- Trouve d’autres voies, d’autres possibilités. Fais-toi des amis, rencontre du monde. Au final, tu parviendras à devenir comme ton père, tu parviendras à t’élever au-dessus de ceux qui t’ont rejeté. »
Ces paroles firent frissonner le zeltron, qui prit conscience que stagner ne servait à rien. Il devait évoluer, grandir davantage, du haut de ses vingt ans. Une partie immature en lui le retenait à ses souvenirs, l’empêchant d’aller de l’avant, vers un horizon inconnu, l’autre le poussait de l’avant.
« Tu peux devenir plus fort que ton père, ajouta sa mère. »
Ces mots firent monter les larmes du zeltron.
« J’étais fière de lui, je suis fière de toi et je le serai toujours. Maintenant, il ne tient qu’à toi d’explorer ce que tu ignores, là où tu n’as pas encore mis les pieds. Forge-toi une personnalité inébranlable. Tu dois encore te découvrir toi-même, sans les chimères qui te traquent. »
Karel venait de comprendre. Il se devait de gagner en maturité et faire sortir sa vraie personnalité. Il observa son armure, adossée contre ce tronc, lui chuchotant presque de partir au plus vite, afin de voir son univers s’agrandir.
« Un jour, dit Linel en posant sa main sur le casque, tu deviendras meilleur que ton père et moi. Tu reviendras conquérir la place qui est la tienne. Si tu en rêves, alors prends-là ! »
Les rayons du soleil caressant son visage et dévoilant sa couleur rouge intense, Karel sentit monter en lui une soif d’aventures, une immense envie d’élargir ses connaissances et de s’affirmer !
Il adressa un regard à la fois excité et déterminé à sa mère, prêt à lui prouver sa valeur et devenir celui dont il rêvait d’être.

Durant une année entière, Karel œuvra pour de nombreuses personnes, pour diverses causes, avec des centaines d’objectifs à atteindre. Il avait compris et se battait uniquement pour lui, œuvrant afin de faire parler de ce jeune mandalorien, que les gens se montrent respectueux lorsqu’ils le voyaient venir.
Il exécuta des contrats lui rapportant de l’argent afin de pouvoir toujours améliorer son armure et son équipement. Il parvint même à se payer un chasseur Kipsray digne de ce nom, le Mand’Ereld. Arborant toujours l’armure violette de son père, sa démarche forçait les plus faibles à baisser les yeux lorsqu’il passait.
Il se découvrit une personnalité très expressive, presque dévergondée. Prenant part à des fêtes, à des expéditions dans des régions sauvages, il prenait goût à la vie, parfois un peu trop…
Très vite il profita de tout et comprit les bienfaits que procurait l’alcool, en en abusant à maintes reprises. Malgré l’aspect intraitable de son efficacité au combat et dans ses quêtes, ces vices l’empêchaient de renouer avec le clan mandalorien, auprès duquel il revint régulièrement.
Mis à l’épreuve à chaque retour, les hauts placés Mando’ades prirent conscience qu’il était difficile à commander, car constamment perturbé et souvent alcoolisé. Cet effet lui faisait un bien fou, car il lui permettait entre autre, d’oublier ses déboires passés et se focaliser sur l’instant présent, mais le bloquant et l’empêchant de réellement avancer.
Karel ne put atteindre son objectif, car il avait fait le choix d’oublier plutôt que de progresser efficacement. Les membres du Grand Conseil mandalorien le rejetèrent à chaque fois, n’oubliant pas la raison qui les avait poussés à le renvoyer.
Devenu nomade, il remplissait contrat sur contrat. Prenant conscience qu’il faudrait un miracle pour renouer avec le clan, il retomba dans ses travers, oubliant même les conseils de sa mère.
Repoussé successivement, malgré ses qualités, il perdit pied… Prenant également goût aux plaisirs de la chair, faisant continuellement tomber ses nombreuses conquêtes sous son charme de zeltron, sa vie devint malsaine.
Il s’égarait lentement, ne prenant pas conscience qu’il déviait de son but. Selon lui, il ne faisait que profiter de la vie et finirait de toute façon par rentrer chez lui un jour.
Ce ne fut que sur Malastare, lors d’une banale mission, qu’il revint à lui et ouvrit les yeux sur sa situation et sa déviance…


À suivre...
Modifié en dernier par Angedabe le Mer 22 Jan 2020 - 16:48, modifié 1 fois.
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Messagepar Mandoad » Ven 01 Nov 2019 - 9:46   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Hello ! Comme promis, me voilà donc sur ton topic. J'ai donc lu l'intro et je dois dire que l'histoire m'intrigue beaucoup. Rien que les personnages que tu as décrit semblent assez inhabituels pour éveiller mon intérêt.

Le premier chapitre sur Palpatine rend très bien et on visualise parfaitement la scène. On n'a pas encore fait connaissance avec les héros, mais c'est une jolie amorce. Donc apparemment, on part sur de l'UEL.

Ensuite tu nous introduit Karel, mi-zeltron, mi-humain, beau, séduisant, attirant, sexy, torturé, ex-héros, alcoolo et en perdition (eh ben... ça en fait des trucs à gérer pour ce pauvre gars :D ). On sent l'influence JDR, car c'est très présenté sous forme de feuille de personnage, ce qui fait qu'il y a beaucoup de détails à encaisser d'un coup. Pas que ce soit une critique, mais j'aurais peut-être dû lire ce chapitre en étant plus réveillé^^.
J'ai aussi eu un petit peu de peine à me mettre la temporalité en tête sur ce qui était le passé, le passé avant le passé et le présent mais, fort heureusement, tu recadres tout ça en fin de chapitre. Donc on est sur Malastare actuellement.

Bonne continuation pour la suite ! Je repasserai, car je sens qu'il y a moyen d'avoir une belle histoire avec une équipe pas commune. J'attends de découvrir les autres. :wink:
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Messagepar Angedabe » Lun 04 Nov 2019 - 13:03   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Mandoad a écrit:Hello ! Comme promis, me voilà donc sur ton topic.
:love: :hello:

Mandoad a écrit:Le premier chapitre sur Palpatine rend très bien et on visualise parfaitement la scène. On n'a pas encore fait connaissance avec les héros, mais c'est une jolie amorce.

Ce prologue fait office de lancement en effet. Ensuite je vais présenter les personnages car ils méritent tous qu'on conte leurs histoires. :transpire:

Mandoad a écrit:On sent l'influence JDR, car c'est très présenté sous forme de feuille de personnage, ce qui fait qu'il y a beaucoup de détails à encaisser d'un coup. Pas que ce soit une critique, mais j'aurais peut-être dû lire ce chapitre en étant plus réveillé^^.
J'ai aussi eu un petit peu de peine à me mettre la temporalité en tête sur ce qui était le passé, le passé avant le passé et le présent mais, fort heureusement, tu recadres tout ça en fin de chapitre. Donc on est sur Malastare actuellement.

Les chapitres centrés sur les personnages sont issus de mon imagination. Les joueurs m'ont donné des grandes lignes, ambitions et leurs passés, puis avec leur accord, j'ai mis en scène leurs introductions.
Il n'y a que le 3ème chapitre que j'ai fait jouer à deux joueurs, autrement, les chapitres "personnages" sont hors-JDR.

En relisant, effectivement, j'ai mal structuré ce début de chapitre avec les souvenirs et instants présents.. :cry:
Je vais travailler cela pour la suite même si le reste du récit ne navigue pas autant entre passé et présent.

Et oui, la suite du récit sera sur Malastare. Mais pas que... :siffle:

Mandoad a écrit:Bonne continuation pour la suite ! Je repasserai, car je sens qu'il y a moyen d'avoir une belle histoire avec une équipe pas commune. J'attends de découvrir les autres. :wink:

Les autres personnages sont tout aussi uniques. :lol:
Ils me font rire à chaque partie (car oui, la campagne n'est pas terminée). ^^


--------------



Suite et fin du Chapitre 2.


Engagé en qualité de garde du corps pour une célébrité locale, Karel avait un temps œuvré sur Malastare. Il en connaissait tous les secrets, du moins, concernant les courses de modules. Saison après saison, il assistait, désintéressé, à cet univers où la concurrence et les paris en arrivaient à le dégoûter. Heureusement, il gardait son charme pour se détendre et la boisson pour s’exprimer librement.
Fausse richesse, intérêts flous et mauvaise foi envahissaient les arènes et cités, laissant Karel de marbre mais surtout décadent, perdant toute envie de se hisser vers le haut, vers son objectif, voué à l’échec car le Grand Conseil le haïssait.
Un soir, alors qu’il venait de quitter sans autorisation la section de sécurité de sa cliente, une iktotchi fortunée mais terriblement ennuyante et fourbe, il se faufila à l’intérieur d’un bar aux écrans multiples diffusant courses et émissions sportives. Sa cliente lui donnait envie de la balancer par-dessus les rambardes des arènes dès qu’elle prononçait un mot tellement sa voix stridente irritait son ouïe.
Ce soir là, Karel en avait eu assez.

Affalé à un bar, dans ce débit de boisson attirant les spectateurs en tout genre, le zeltron faisait pâle figure, arborant son armure usée, son casque posé à côté lui. Il affichait un air délabré et complètement abusé. Réfléchissant à ses ambitions, revues à la baisse ces derniers temps, puis à son père, parti trop tôt, le laissant naviguer seul dans cette galaxie malsaine. Il ne voyait pas l’issue de son existence.
Pourquoi insister ? se demanda-t-il, les yeux plongés au fond de son verre vide. Pourquoi se donner tant de mal pour un objectif voué à l’échec ?
Il fit signe au falleen borgne derrière le comptoir de lui remplir son verre de liqueur de beuzy, un bovidé des plaines désertiques de Jakku. Une fois son verre plein, il le vida en un éclair, avant même que le barman ne puisse refermer le capuchon de la bouteille.
De nouveau, il le servit.
« Qui ici en aurait à foutre d’un type rosâtre comme moi ? lança Karel en levant son verre et en en renversant la moitié sur le dos d’un feeorin ivre mort sur le comptoir à sa droite. »
Un groupe de dowutins se retourna vers lui, rapidement irrités par cette attitude.
« Pourquoi s’intéresser à un zeltron mandalorien égaré et complètement ivre ?! »
Il revint face au comptoir et s’adressa à un toydarien barbu à sa gauche, qui cherchait la tranquillité et grimaça en sentant son haleine alcoolisée sur son visage.
« Courir après des chimères est une erreur ! reprit Karel. Il faut se contenter de ce que l’on a ! Sinon l’Empire vous le prendra de toute façon ! »
D’un coup de coude involontaire, il réveilla le feeorin, qui secoua la tête, déboussolé. Les yeux ballottant de bas en haut, il bascula en arrière, se fracassant lourdement au sol, inconscient.
« Regarde-moi par exemple. Je suis un individu parfaitement équilibré. Avec une armure de dingue… D’autres mandaloriens avaient déjà fait les frais de leurs défaillances, car leurs armures n’étaient pas au point. Moi, j’ai bétonné la mienne, avec un jetpack infaillible, incassable, surpuissant. Mais je n’ai pas l’occasion de le faire, car personne ne croit en moi… Et aussi parce que je choisis des missions peu… dangereuses… L’envie n’est plus là… »
Il colla son front sur le comptoir.
« Pourquoi ne pas se contenter de boire et… des femmes ! Ou femelles ! Ça dépend. »
L’attitude du zeltron commençait à agacer les parieurs venus ici regarder la course de Pods Straight Fall 14, la finale annuelle. Tous le dévisageaient. Certains fronçaient les sourcils et serraient les dents.
« Et encore ! Pas toutes ! Parce que certaines sont juste… vomitives… »
Éclatant de rire, il faillit tomber à la renverse.
« Comme les femelles chagriennes ! Non mais sérieux ! On dirait des banthas malades rasés ! C’est juste une abomination, un scandale ! »
Affichant un large sourire, il éclata de rire et pivota la tête. Face à lui, sur la chaise après celle du feeorin ivre mort, l’observait un chagrien, quelque peu en désaccord avec ses propos. Ce dernier se leva et fit un pas vers l’ivrogne qui caressait son casque à présent.
« T’as vu la tête de celui-là ? fit-il au toydarien à voix basse, il doit avoir aussi un bantha rasé chez lui… »
Les veines de son crâne grossissaient, prêtes à exploser tellement il se retenait de rire.
Dans son dos, trois dowutins se levèrent d’une large table isolée et se dirigèrent vers le comptoir, se massant les poings et s’échauffant les muscles de leurs larges nuques.
« Et encore, le pire dans ce monde, ajouta Karel en bavant le reste de son verre, ce sont les dugs. Mais quelle horreur ! »
Des sifflets et insultes montèrent en puissance, rendant l’atmosphère tendue, prête à s’enflammer au moindre nouveau mot non approprié.
« Ils puent, ils sont moches, fit-il en comptant à chaque fois avec ses doigts, et le pire, c’est qu’ils… »
Pivotant sur sa chaise haute, il tomba nez-à-nez avec deux dugs, venus le saluer. Ils se tenaient debout, plus bas que lui vu leur taille, les yeux rouges de colère.
« C’est qu’ils ? demanda l’un d’eux.
- Termine ta phrase, maugréa le second. »
Les yeux chavirant de gauche à droite, ne parvenant pas à se stabiliser, Karel souffla longuement, l’esprit chamboulé et embrumé. Il leva les yeux et vit l’agitation qui grandissait dans le bar. Plus personne ne regardait la course, tous le fixaient intensément.
Il haussa les sourcils, et releva le menton.
« Qu’est-ce que je disais, dit-il en pointant les dugs du doigt et en laissant échapper un rire nerveux, ça sent le cul de dowutin ! »
En un éclair, les deux petits mais musclés personnages le saisirent et le plaquèrent violemment au sol. Le trouble fête ne sentit rien, grâce à son armure et l’alcool qui anesthésiait tout.
Il reçut un coup de poing de chacun.
« Tu te crois où gamin ? lança le plus chétif. Tu crois faire la loi ici du haut de tes… 18 ans ?!
- J’en ai 21 ! »
Il encaissa un autre coup.
« Ici tu n’es pas chez toi ! D’ailleurs, tu vas regretter d’avoir mis les pieds ici !
- Les gens de ton espèce ne sont pas les bienvenus, grogna le plus large. Personne ne veut d’ennuis ici ! »
Karel grommela, face contre le sol.
« Vous allez me faire pleurer, chuchota-t-il, allez les enfants, laissez-moi. »
Une rafale de coups vint le secouer juste avant qu’il ne soit soulevé par deux dowutins visiblement vexés.
« Espèce de microbe ! Tu ne sais rien de la vie et tu oses l’ouvrir de la sorte ? Mon frère de Coruscant m’avait prévenu que les mandaloriens n’étaient que des menteurs, avides de crédits, adorant les batailles, cherchant à se battre pour tout et rien. »
Le dowutin serra Karel à la gorge et le souleva d’une main jusqu’à ce que sa tête touche le plafond métallique froid.
« Tu vas te faire mal, gémit Karel, le visage gonflé et les yeux à moitié fermés. »
Son armure commençait à encaisser beaucoup de coups virulents. Les dowutins s’en donnaient à cœur joie. Mais lorsque l’un d’entre eux voulut saisir le blaster de son père, Karel eut une réaction des plus… inattendues.
D’un geste vif, il envoya au sol deux des trois mastodontes en leur collant deux coups de pieds dans la gorge. Le troisième surpris, ne put éviter un tir de blaster entre les deux yeux.
Retombant au sol, un bruit lourd dû à son armure fit taire toutes les discussions. Il mit en garde chaque être vivant ici, car tenter de lui prendre son blaster fut une grave erreur.
Le falleen rangea ses verres et bouteilles derrière son comptoir puis se baissa.
Le zeltron saisit son casque, l’enfila, ajusta ses gants et dit :
« Monumentale erreur ! »
Les dugs lui sautèrent dessus et une dizaine d’espèces diverses dans la pièce se saisirent de leurs armes, souhaitant faire taire cet ivrogne une bonne fois pour toute. Une bruyante fusillade s’amorça, sous les yeux aussi surpris que terrifiés des occupants neutres, simplement venus ici afin de se détendre.
Les murs et écrans encaissèrent de longues salves.
Karel effectua un autre salto arrière, assisté par son jetpack. Se réfugiant derrière le bar, il tua au passage quatre ennemis en autant de tirs, la tête en bas.
En se relevant légèrement, il regarda par-dessus le comptoir. Deux zabraks armés de détonateurs thermiques se préparaient à les lui lancer.
En restant à couvert, il passa le blaster de son père entre deux gros tonneaux de bières et les tua en deux tirs. Les détonateurs, non enclenchés n’explosèrent pas, heureusement pour les occupants du bar qui n’osaient même pas sortir tellement la fusillade était intense. Ils restaient cachés et allongés au sol.
Karel profita de la surchauffe des armes ennemies afin de surgir et d’abattre les derniers opposants avec des tirs chirurgicaux. Cette efficacité surprenait les mandaloriens du Grands Conseil, mais là n’était pas le souci avec lui, ce qu’ils n’appréciaient guère était sa nonchalance et sa psychologie non adaptée à leurs idéaux.
Plus personne ne bougeait dans le bar. Une épaisse fumée s’échappait par les trous dans les murs et par la porte, grande ouverte.
Karel soufflait longuement et restait aux aguets, toujours sous l’effet incontrôlé de l’alcool.
Sa respiration haletante et son blaster pointé vers le moindre mouvement, ce jeune zeltron rejeté par les siens venait de se surprendre lui-même, ayant fait usage de capacités inédites et d’une précision rare.
Il se glissa agilement au-dessus du comptoir et retomba de l’autre côté, faisant frémir toutes les personnes présentes ici. Quelques froussards prirent la fuite en poussant les autres restés sur place.
Suant à grandes gouttes et balançant de droite à gauche, car l’alcool prenait de nouveau le dessus, il avança vers la sortie. Mais à peine avait-il fait quelques pas, qu’il vit une vingtaine d’individus : dowutins, dugs, feeorins, hassks, dévanoriens et humains, pénétrer dans le bar dévasté, ne contenant que quelques survivants.
Tous armés et déterminés à en finir avec ce mandalorien, les nouveaux arrivants voulurent eux aussi animer la fête, dévoilant bombes et autres fusils blaster, de quoi faire regretter ses paroles et actes à cette ordure !
Oups, pensa Karel en reculant d’un pas.
Ses assaillants fonçèrent droit sur lui en hurlant. Faisant volte-face, il courut vers le comptoir et y sauta pied en avant afin de se donner une impulsion en l’air. D’un geste vif, il percuta le bouton sur l’avant de son armure et activa son jetpack. Dans une trainé de fumée et un bruit sourd, il passa au-dessus de la charge pour atterrir sur le pas de la porte, dans une position imposant le respect.
Tous stupéfaits, ils se retournèrent vers lui, dépités, et devinèrent un sourire arrogant derrière ce casque.
Karel n’était qu’à deux pas de la liberté.
Assez fier de lui-même et de cet exploit, il se mit à marcher à reculons, restant sur ses gardes puis finit par ranger son arme en s’exclamant :
« Que ce jour reste dans vos mémoires, comme le jour où vous avez failli… »
Heurtant une masse aussi imposante que molle, il sentit un obstacle dans son dos, le séparant de la sortie.
Celui l’empêchant de fuir, costaud et vraisemblablement déterminé à lui mettre la raclée de sa vie, lui donna un violent coup de poing derrière le casque sans qu’il ne puisse l’anticiper.
Karel perdit immédiatement connaissance et bascula vers l’avant, heurtant le sol de face. Malencontreusement - ou heureusement -, le bouton du jetpack fut de nouveau enfoncé, ce qui eut pour effet de l’activer. Néanmoins, le propulseur, allumé à pleine puissance, le détacha inexplicablement du reste de l’armure, ne laissant derrière lui qu’une trainée d’étincelles. L’engin fonça droit dans le miroir au fond du bar et provoqua une impressionnante explosion au moment de l’impact.
Dans un souffle titanesque et d’intenses flammes, le bar fut balayé. Les deux détonateurs thermiques tombés au sol ajoutèrent du tonus à cette impressionnante déflagration.
Certains passants furent secoués, d’autres tués par le souffle. Les bâtiments aux alentours subirent de lourds dégâts.
Dans cette explosion, le zeltron fut propulsé en arrière, sauvé par son armure. Son dernier et vague souvenir fut l’intérieur d’un dowutin bien gras, qu’il traversa au niveau du ventre avant d’aller faire quelques tonneaux sur le sol métallique de la rue et de finir sa course plus loin, au fond d’une ruelle obscure.
Il termina sous un amas de déchets d’un restaurant chic tenu par des hutts. Des denrées alimentaires vinrent lui dégouliner dessus, des débris de l’explosion le recouvrèrent également. Une forte et étouffante chaleur se fit ressentir dans un rayon de plus de cent mètres autour du bar maintenant disparu.
Profondément meurtri par les blessures causées par les dowutins à travers son armure, déformée et encore plus abimée, Karel perdit connaissance, secoué par cet événement.
Tout devint noir. Il sombra dans un sommeil mouvementé.

Les cris résonnaient et les membres du conseil hurlaient au scandale. Abasourdi par ces mots le visant, Karel gardait les yeux rivés sur la haute statue de Mandalore l’Ultime, trônant au fond de ce lieu mythique. Il y voyait ce qu’il voulait faire de sa vie, ce qu’il comptait accomplir. N’ayant rien d’un rebelle ou d’un individu têtu, le zeltron attisait une haine envers sa famille car son comportement dérangeait et son addiction perturbait.
Durant une mission périlleuse sur Mygeeto, Karel avait montré des faiblesses flagrantes, des trous dans sa personnalité et une inquiétude grandissante vis-à-vis de son avenir. Le jeune mandalorien n’hésitait plus à donner un avis clair sur les agissements des siens, il en avait assez de se taire.
S’il les soutenait tous, s’il voulait voir grandir en plus son peuple, les massacres et conflits de territoire ne rendaient pas honneur à leurs ancêtres. Et cela, seul Karel semblait le voir.
« Jamais nous n’avions vu pareil comportement lors d’une bataille ! cria le Grand Mando’ade. Faire face aux siens alors que la victoire est si proche, c’est inadmissible !
- Si je puis me permettre, déclara Maître Sifx, Karel a eu le bon sens de faire cesser des atrocités visant des innocents. »
Le maître d’arme de Karel, ayant succédé à son père, Ereld, s’engagea à défendre son protégé :
« Si ses propos son exacts, alors nous devrions nous inquiéter du comportement de certains…
- Cela n’est en rien fondé ! s’exclama Salira Sall, une haute mandalorienne, il a trahi les siens !
- Au profit de ce qui est juste.
- Au profit d’une frustration interne ! cria Flek Art, lui aussi haut mandalorien.
- Et d’une addiction bien trop présente ! ajouta le Grand Mando’ade. Il a déjà fait preuve de sa brutalité avec le fils de Diot Beth ! Nous lui avons donné une seconde chance, et voilà comment il ose se comporter ! »
N’écoutant qu’à moitié, obnubilé par le gigantisme de cette statue, Karel garderait ses principes, quoi qu’il arrive, quoi qu’il soit décidé.
« Il fait honte à sa famille ! À Ereld Blaner ! Ainsi qu’à notre communauté !
- Il s’agit d’un conflit interne, et non externe, dit Linel Krsa, sa mère. Alors pourquoi tant en vouloir à mon fils ?
- Car il salit tout ce qu’il touche de ses doigts d’ivrognes ! Il est jeune et déjà corrompu !
- Sans parler de la débauche remuant sa vie !
- Il a le droit d’en faire ce qu’il veut ! Tant qu’il ne rentre pas en contradiction avec le code mandalorien ! cria sa mère en frappant la table du poing. »
Ce geste offusqua bon nombre des membres du haut conseil.
« Vous osez hausser le ton de la sorte face à nous ? demanda le Grand Mando’ade.
- Et je le referai si nécessaire…
- Vous semblez oublier les enseignements passés, très chère. Votre famille ne sera plus parmi les nôtres, si votre ingrat de fils ne change pas.
- Il est très bien comme il est. Orientez donc vos regards vers ceux qui salissent réellement votre ordre dans votre dos… Ceux qui génèrent des conflits sans aucune raison, uniquement pour se défier eux-mêmes. »
Une nouvelle fois, les cris firent trembler les murs de cette salle antique, détruite lors de la grande guerre contre la République, puis reconstruite et remodelée à maintes reprises.
« Oh mais vous pouvez crier, fit Linel Krsa, vous pouvez me haïr de la sorte, mais jamais vous ne comprendrez les nouvelles mécaniques de la galaxie en restant installés là, à part, dans votre suffisance et votre arrogance.
- Prenez garde aux prochains mots qui vont sortir de votre bouche, femme d’Ereld Blaner, vous êtes à la limite de l’outrage, fit le Grand Mando’ade.
- Je choisis mes mots avec minutie, Maître, dit la zeltrone, néanmoins, ouvrez les yeux vers l’avenir et pointez du doigt les vrais dangers pour l’ordre et la communauté. »
Enregistrant chacun de ces mots, le Grand Mando’ade, doté de son armure dorée et blanche, mais sans en porter le casque, adressa un regard des plus sévères à la mère de celui à l’origine de cette cession exceptionnelle.
« Et qu’a à nous dire le concerné ? demanda Flek Art en constatant le désintéressement de Karel. »
Sa mère se tourna vers lui, inspirant profondément. Elle savait que les prochaines minutes allaient être décisives pour l’avenir de leur famille.
Le zeltron, au visage rose virant au rouge à cause de ce brouhaha, les yeux se fermant un instant, réfléchit à ce qu’il souhaitait vraiment.
Il serra son casque contre sa poitrine et déclara :
« Hauts membres du Grand Conseil mandalorien. Nous sommes tous héritiers. Nous sommes tous unis par la même histoire. Je suis autant concerné par les anciennes guerres que le fut Mandalore l’Ultime. C’est un patrimoine, une tradition, des mémoires… »
Il soupira avant de reprendre :
« Je suis là aujourd’hui, face à ces têtes pensantes se disant les dirigeants de notre peuple, sans même savoir pourquoi…
- Pour des faits de trahison ! cria Salira Sall.
- Mais de quelle trahison parlons-nous ? Celle d’avoir opposé une résistance physique à un des miens, ou celle d’avoir permis la paix entre deux peuples ?
- Ne jouez pas sur les mots !
- Et pourtant je le fais ! haussa le jeune concerné en posant violemment son casque sur le pupitre devant lui. N’êtes-vous pas satisfaits ? N’êtes-vous pas heureux de voir notre peuple vivant une accalmie ?!
- Jeune Blaner, vous… !
- Je quoi ?! s’exclama Karel en agressant le Grand Mando’ade. Qu’est-ce qu’il y a ?! Je suis ici pour me défendre non ?! Alors pourquoi me couper à chacune de mes phrases ?! Parce que la vérité vous énerve peut-être ?!! »
Le zeltron, frappa des deux poings sur le pupitre de pierre, le brisant légèrement en son centre.
« Je suis là, grogna-t-il, car vous n’êtes que des arrogants sans raison ! Ne souhaitant vivre que dans un passé révolu ! Les mandaloriens ne sont pas bien vu à travers la galaxie ? À qui la faute ?!!! »
Salira Sall se leva de son siège, outrée.
« J’ai empêché une énième guerre en sauvant un souverain ennemi, oui ! Je l’admets ! Et oui je confesse avoir combattu un des miens et l’avoir précipité dans un gouffre de Mygeeto ! Oui ! »
Ces confessions calmèrent l’assemblée, mais les tensions présentes faisaient trembler les jurés.
« Où est le mal de vouloir une paix durable ?! Où est le mal de vouloir une vie meilleure à mon peuple ?! Sans conflits partout dans la galaxie, sans mauvaises pensées à notre égard. Le sang zeltron coulant dans mes veines voit l’autre face de la galaxie, celle sans cette nécessité de combats et de guerres. »
Le crépuscule laissa place à une ombre hostile, masquant le soleil, transperçant les colonnes de ce lieu antique et s’engouffrant tel un démon.
« J’ai commis une erreur visiblement, bien que je ne vois pas en quoi. J’ai tué un camarade, bien, punissez-moi en conséquence. Sachant que par la suite, ce conflit a été éteint, je pense mériter autre chose que la peine de mort.
- Vous méritez bien pire, lança Flek Art.
- Dit un individu aimant baigner dans le sang de ses victimes. Vous n’êtes que des sauvages.
- Comment ?!!!!
- Les mandaloriens ont évolué par la guerre. Nous avons grandi ainsi, sans jamais nous remettre en question. Notre société doit être repensée un minimum, car nous stagnons dans un passé révolu. Maintenant je vous le demande, chers camarades, est-ce que vous vous sentirez capables de tenir autant de séances ici quand d’autres auront compris ?... »
Ce que voulait Karel, c’est que les méthodes de son peuple changent, vis-à-vis des conflits et problèmes externes. Certes ils étaient tous de grands guerriers, certes il s’agissait d’une manière de prouver leur valeur, mais les souffrances encourues cicatrisaient mal…
« Je n’ai qu’un souhait, dit Karel en regardant sa mère, devenir un grand mandalorien comme mon père. Ma couleur de peau a toujours été un handicap… Ma personnalité aussi… Mais tous ici, vous savez ce dont je suis capable avec la motivation nécessaire pour nous porter tous vers l’avant.
- Votre motivation n’est en rien un souci, dit le Grand Mando’ade. Il s’agit de vos méthodes et de vos pensées déplacées.
- Notre institution a évolué de la sorte pendant des millénaires, déclara Flek Art, et cela ne changera pas.
- Gardez votre air fier pour vous, lança Salira Sall en s’asseyant de nouveau. »
Après un long silence, le Grand Mando’ade, ne sachant quoi ajouter en terme d’arguments, déclara :
« Que les jurés prennent en considérations ce qui a été dit. Et qu’ils délibèrent avant de donner une décision à la hauteur de cette trahison envers Mandalore et son peuple. »
Baigné dans la crainte, Karel s’attendait à la pire des sentences, il le savait, et malgré son plaidoyer, il ne pourrait y échapper…
Sans vraiment se concerter, confirmant ses craintes, les jurés décidèrent de le reconnaître coupable de haute trahison envers Mandalore et son peuple.
Dans de lourdes acclamations visant à le déstabiliser, les personnes présentes firent presque regretter à Karel d’être né ici.
La sanction fut terrible, déshonorante et cruelle pour lui.
Le zeltron fut condamné à ne plus poser les pieds sur Mandalore ou les systèmes environnants, et à ne jamais effectuer quoique ce soit en se revendiquant mandalorien. Il ne pourrait revenir en arrière qu’en prouvant sa valeur et se soumettant aux difficiles épreuves du Kra’ko’char, afin de retrouver son statut.
Il était né mandalorien, mais n’en avait plus le titre officiel. Il n’était plus Mando’ade…
Sans attendre, sa mère lui prépara un vaisseau afin qu’il quitte ce lieu perfide. Elle aussi venait de s’exposer et allait finir bannie. Sans Ereld pour la défendre, elle ne pourrait rester sur ce sol.
Errant devant le temple de Mandalore l’Ultime, le jeune adulte s’ouvrit une bouteille de whisky sous le nez des hauts membres du conseil, afin de les narguer, de les provoquer.
Un jour, il changerait les choses et rendrait à Mandalore sa gloire !
Une des dernières choses dont il se souvenait lors de son départ précipité, était la vision de son monde natal, s’éloignant et d’une bouteille de whisky se vidant rapidement…
Victime de la réputation de son père et de ses pensées paisibles de zeltron, Karel Blaner venait de tout perdre, dans une avalanche de haine et de mépris…

L’explosion du bar avait généré un tel vent de panique que les forces de l’ordre ne parvenaient pas à canaliser ces vagues de personnes courant dans tous les sens, parlant en même temps lors des témoignages et criant au complot.
Cet événement venait de souffler un morceau de quartier très populaire dans les parages, et la détonation avait été telle, que personne n’avait vu le zeltron en armure traverser la rue parmi les débris et aller s’immobiliser sous les décombres encore fumant au fond de la ruelle perpendiculaire au bar.
Ce fut dans un chahut sans nom, avec une agitation désagréable et anarchiste, que Karel finit par reprendre connaissance. Il respirait faiblement, ses yeux, lourds de fatigue, ne voyaient rien à cause de l’amas de déchets le recouvrant.
Avec des gestes maladroits et symptomatiques des effets de l’alcool, il parvint à renverser une fine plaque de métal sur le côté, ainsi que les déchets écœurants de son armure souillée.
Il se redressa, s’assit dans la douleur et recula en s’aidant de ses bras afin de s’adosser à un mur métallique rouillé.
Son esprit lui jouait des tours, tentant en vain de lui donner raison et de lui faire comprendre l’étendue de son erreur. Il naviguait entre accablement et dégoût de lui-même.
Sentant de vives douleurs au ventre, dus aux coups encaissés, il ne put se relever et resta affalé contre ce mur, seul soutien qu’il pouvait espérer en ces temps mouvementés.
Il retira péniblement son casque et le laissa tomber au sol, dans une flaque de carburant. Ses yeux cherchaient une aide quelconque car la douleur devenait insupportable. Sa tête vrombissait tel un module de course sur la ligne de départ. Mais personne ne le voyait, car un speeder de la police locale obstruait l’entrée de la ruelle. Il devina aussi à leurs voix la présence de Stormtroopers dans les parages.
Se sentant responsable, Karel baissa les yeux et soupira, subissant l’agitation, les gens pleurer, d’autres promettant de trouver le ou les coupable(s). Tout était bruyant et indistinct tellement la situation était catastrophique.
De nouveau au fond du trou, le zeltron ne trouva aucune motivation à se redresser.
Heureusement, dans cette galaxie, beaucoup de secondes chances étaient données aux personnes nécessiteuses.
Lorsqu’il éleva les yeux, il vit un message gravé dans le mur face à lui :
« L’espoir n’est permis qu’à ceux qui le comprennent et en feront un usage permettant de se hisser vers les sommets. »
Des paroles de hipsters agaçantes pour Karel au premier abord, mais qui prirent un tout autre sens lorsqu’il vit une affiche juste au dessous de cette citation.
Sur cette affiche était dessiné le symbole des mandaloriens… Hasard ou destinée ? Le zeltron eut du mal à choisir. Mais ce signe lui rappela ses ambitions et le martela jusqu’à ce qu’il comprenne.
Même si le souvenir de ce bannissement le hantait, il gardait au fond de lui la fervente envie d’un jour s’élever encore plus haut que son père !
À sa mort, il avait hérité de son armure, celle-là même qui avait accompagné le célèbre Jango Fett à la bataille de Galidraan, dont les Jedi en sortirent vainqueur, mais où Ereld devint un guerrier majeur aux yeux des siens.
Son père était initialement fermier, puis avait prouvé sa valeur à maintes reprises, faisant de lui un mandalorien respecté parmi son peuple. Karel pouvait le faire, il le savait, et au fond, c’est ce qu’il voulait le plus au monde !
"Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or et au côté obscur, le monde et la galaxie seraient plus remplis de joie." J.R.R. Tolkien & Angedabe.
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Messagepar L2-D2 » Lun 04 Nov 2019 - 13:14   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Quoi? Déjà 3 Chapitres?

"En retard! En retard!" :lol:
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Messagepar Angedabe » Mer 13 Nov 2019 - 18:34   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

L2-D2 a écrit:Quoi? Déjà 3 Chapitres?

"En retard! En retard!" :lol:

En fait comme mentionné précédemment, mes chapitres sont assez importants, donc je préfère les diviser en deux ou trois afin que ce ne soit pas trop d'un coup sur le forum. :)

Bonne lecture. :ange:


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CHAPITRE III
Péripéties urbaines


L’humidité ambiante et cette odeur de renfermé envahissaient cette pièce totalement fermée, excepté un trou étroit dans le plafond par lequel passaient de fins filets d’air lourd. Au vu de la faible lueur bleutée apparente, la nuit enveloppait ce côté de Coruscant de son voile.
Au centre de cette pièce circulaire dansait une flaque d’eau, constamment secouée par des gouttes d’eaux y formant de petites vaguelettes.
Des grognements et exclamations provenaient de l’autre côté d’une porte métallique rouillée. Martelée de coups de poings et de griffes, la résonnance qu’elle provoquait sifflait longtemps.
Ne pouvant plus sommeiller en paix à cause de ce raffut, un duros assez mince à la peau verte foncée ouvrit lentement les yeux. Embrouillé et désorienté, il ne parvenait pas à faire le point et les raisons de sa présence en ce lieu manifestement peu accueillant.
Qu’est-ce que j’ai encore fait ? se demanda-t-il en frottant son crâne lisse des deux mains.
Une autre ribambelle de coups sur la porte lui fit pivoter la tête. À sa grande surprise, il remarqua la présence d’un second individu, allongé sur le dos, dormant paisiblement.
Qu’est-ce qu’on a fait ? se corrigea-t-il.
Malgré l’obscurité, il parvint à voir les formes de ce corps sereinement posé, mais il ne sut pas identifier son espèce… Il n’en avait jamais vu auparavant. Un être assez grand, imposant, avec deux yeux au bout de deux excroissances horizontales placées des deux côtés de son crâne allongé jaunâtre gris. Il remarqua également un objet fixé à son poignet, comme incrusté dans sa peau.
De nombreuses voix s’approchaient, avec des grognements grandissant en intensité.
Le duros décida de se relever afin d’aller s’enquérir auprès des personnes situées de l’autre côté de ces murs.
Comme si de rien n’était, il frappa à la porte et demanda :
« Vous n’auriez pas une verre d’eau ? »
Avant même qu’il ne puisse rajouter autre chose, il fut verbalement agressé :
« Silence vermine ! grogna un être à la voix aigu.
- Oh ! On se calme ! Déjà dites-moi ce que je fais là avec un type louche dans un lieu louche.
- Ferme-là où je te coupe les mains ! Saleté de merde de bantha !
- Non mais je rêve ! Hé gamin ! Tu vas te montrer plus poli où je sors botter ton postérieur de puceau ! »
Excédé par ces paroles, le duros recula en grommelant et alla vers son compagnon de cellule.
« Quel manque d’éducation ! lança-t-il. »
Examinant quand même cette espèce de grand… truc, il le secoua en espérant ne pas se faire dévorer. Voyant qu’il ne réagissait pas, il lui colla une légère claque en disant :
« Hey ! Debout Monsieur ! Ou Madame j’en sais rien. C’est le moment de se réveiller ! »
Il vit alors deux yeux jaunes orangés le fixer intensément. Mais avant qu’il ne puisse se présenter ou dire quoi que ce soit, il reçut un poing de poing dans le visage, le faisant basculer en arrière et rouler sur le dos.
« Aouch ! Doucement camarade ! »
L’individu se dressa sur ses jambes, dévoilant sa taille imposante et son apparence globale inédite.
« Où est-ce que je suis ? demanda-t-il.
- Où est-ce que nous sommes plutôt ? répondit le duros. Je me suis posé la même question.
- Pourquoi sommes-nous là ?
- Visiblement il n’a pas les idées en place, murmura le duros en se relevant. »
Une voix grave lointaine ordonna d’ouvrir la porte.
« Vois-tu, ajouta l’être au teint vert foncé, nous sommes vraisemblablement prisonniers. Pourquoi je l’ignore, mais nous y sommes. Alors le mieux serait de se donner mutuellement un coup de main non ? »
L’autre individu le dévisagea, inquiet.
« Mon expérience te conseille d’accepter, c’est mieux. »
Le personnage aux yeux à l’horizontale sembla chercher sur lui ses affaires. Il fut rassurer en voyant que l’objet à son poignet était encore intact.
« Qui est de l’autre côté ? demanda-t-il.
- Très bonne question. Je dirais une petite merde qui va se manger une baffe dès qu’on nous ouvrira. »
Un lourd son métallique les fit se tourner vers la porte. Dans un grincement strident, elle s’ouvrit, dévoilant une horde d’abyssins et de kyuzos pénétrant agressivement dans la pièce.
« Alors ? demanda le duros, qui est la raclure à qui je dois botter le cul ?
- C’est moi, répondit un chistori devant baisser la tête afin de ne pas toucher le plafond.
- Ah… Tu sais quoi, réfléchit le duros, oublie ce que j’ai dit. »
Il le tira par le col et le propulsa hors de la pièce. L’autre individu fut aussi emmené par les autres geôliers. Des barghests leur grognaient dessus, manquant de peu de leur arracher les membres à chaque pas.

Ils furent trainés à travers des couloirs malodorants et étroits, bondés de plusieurs espèces soit en train de hurler soit en transe.
Rapidement, ils entrèrent dans une pièce circulaire, munie d’un bassin d’eau croupie en son centre. En guise de plafond étaient étendus d’épais filets, traversés par des lianes et de la moisissure verdâtre. Les rares vaisseaux passant au-dessus d’eux leur indiquaient qu’ils devaient se trouver au plus bas de Coruscant, presque à la surface de la planète. Des bâtiments délabrés étaient également visibles. Un vrai paradis.
Manquant de peu de chuter dans le bassin, les deux prisonniers furent lancés au pied d’un trône construit à partir de vieilles armes et de munitions, sur lequel était affalé un gros dowutin au teint pâle. Plusieurs prostituées twi’leks et arkaniennes l’entouraient. Mal en point, anorexiques ou balafrés, aucune ne donnaient envie…
« Voilà enfin les deux déchets responsables des derniers tracas de mon organisation ! dit le dowutin en crachant des glaires juste devant les prisonniers. Vous avez osé vous en prendre à Ringold ! Chef des bas-fonds de Coruscant ! Êtes-vous prêts à en subir les conséquences ? »
Le duros et son camarade se redressèrent, sous la menace d’armes blanches et de blasters.
« Vous n’êtes que des voleurs, grogna Ringold.
- Permettez-moi de me présenter, lança le duros, je me nomme Panaore, je viens de loin afin de faire fortune. Et visiblement, ici, il n’y a rien à voler hormis moisissure et crachats. De ce fait, je ne vois pas pourquoi je… hum… nous serions venus vous voler. »
Le dowutin avança son énorme tête en menaçant du regard son interlocuteur.
« Et ma réserve de coaxium ?! Ça ne vous dit rien ?!
- En effet, je retire ce que je viens de dire, répondit Panaore, il y a des choses à voler… Mais cela n’empêche que nous n’y sommes pour rien, enfin, moi en tout cas… Pour ce qui est de lui, je n’en sais rien. Je ne savais même pas que vous aviez du coaxium, et encore moins que vous existiez. »
Agacés de ces inepties, Ringold se mit sur ses jambes. Étant extrêmement lourd et gras, il trébucha et se rattrapa à deux prostituées, la troisième, initialement allongée au sol devant le trône, eut moins de chance, en voyant son bras broyé sous le poids du chef des bas-fonds.
Elle laissa échapper un hurlement strident avant d’être frapper puis étouffée par deux abyssins.
« Comment ça vous ne savez rien ?!
- De quoi ?
- Vous dites que vous ne savez pas pour lui ! lança Ringold en pointant du doigt l’autre individu.
- Ah oui, juré craché. »
Ringold les examina avec une perversité sans égale.
« Pourtant on m’a informé qu’un duros et un individu aux yeux globuleux avaient volé dans ma réserve de coaxium ! Mon frère a déjà été tué sur Malastare récemment, alors c’est trop ! »
Mais avant que Panaore ne puisse parler, le dowutin se tourna vers l’autre, qu’il renifla avant de recracher des glaires au sol.
« Et toi ! Qui es-tu ? Je ne connais pas ton espèce ! »
Ringold croisa alors le regard déterminé d’un être inconnu pour lui. Le voyant se relever, il fit signe à ses hommes de le remettre à genoux, mais lorsqu’ils tentèrent de l’y forcé, il serra le poing droit, ce qui activa une loupiote à l’objet fixé à son poignet. Les kyuzos et abyssins approchant de trop furent violemment repoussés.
« Qu’est-ce donc que cela ?! s’exclama Ringold en reculant. »
L’autre lui faisait face, il était un peu plus grand que lui et le fixait intensément.
« Je me nomme Tul’Soa, je suis un rakata. Appartenant à l’Empire infini ! Et j’atteste moi aussi ne pas connaître cet individu. J’ignore tout de ce monde, j’ignore qui vous êtes. »
Le doigt pointé vers Panaore, impressionné et perplexe, il ajouta d’un ton grave :
« Que vous nous menaciez est une chose, mais encore faut-il qu’il y ait une raison à cela.
- Vous dites que vous n’y êtes pour rien ? s’énerva le dowutin.
- Ce que j’évoque, expliqua Tul’Soa, c’est que vous accusez des innocents sans avoir de preuves… »
Les hommes de Ringold se regardèrent avec des airs plus stupides les uns que les autres.
« Où nous avez-vous trouvé ? demanda le rakata.
- Côté sud, près des égouts menant au nord, répondit un rodien, isolé dans son coin.
- Tous les deux ? Au même endroit ? rajouta Tul’Soa. »
Ringold retourna s’assoir, fatigué d’avoir autant marché.
« Non, dit un abyssin, vous étiez dans les égouts, et votre ami au-dessus, dans les rues tordues.
- Une fois de plus, nous ne nous connaissons pas. Et n’avez-vous pas pensé au hasard ? Que nous avions pu nous trouver au mauvais endroit au mauvais moment ?
- Quoi ? demanda d’un air abruti l’abyssin. »
Le rakata soupira et s’adressa de nouveau à Ringold.
« Vous, grand chef des bas-fonds, je puis vous assurer que nous ne sous connaissons pas, je n’ai jamais vu cet individu de ma longue vie.
- Mais qu’êtes-vous ? redemanda Ringold.
- Mon espèce est ancienne, disparue pour ainsi dire. J’ai dormi longtemps avant de ressurgir en cette galaxie. Je constate qu’elle a grandement évolué, mais pas forcément tous ses occupants… J’ignore également tout sur cette planète, hormis qu’elle soit votre capitale vraisemblablement. »
Panaore trouvait ce rakata intéressant, il se demandait de quelle manière il comptait les faire sortir.
« Lorsque vous nous avez fouillé, avez-vous trouvé votre coaxium ?
- Non, dit un kyuzo.
- Mais vous avez bien pu le cacher, ajouta le rodien en s’approchant. »
Ce dernier semblait moins stupide que les autres, il se pavanait avec son armure lourde de chasseur de prime.
« Nous avons trouvé ceci sur vous, fit-il en exposant deux cartes. Vos identités que vous nous avez confirmées. Ceci est un bon point.
- Mais ? relança Panaore.
- Mais ce qui m’inquiète, déclare le rodien en s’approchant d’un pas presque dansant, c’est que celui-ci est marqué du sceau impérial. D’un sceau authentique. »
Le duros tourna la tête vers Tul’Soa, stupéfait par cette révélation.
« Les impériaux ne sont pas les bienvenus ici ! lança Ringold en raclant sa gorge. »
Le rakata semblait cependant serein, cherchant les bons mots pour s’expliquer.
« Vous êtes alors de mèche avec ce monstre ?! cria le dowutin à Panaore.
- Pas du tout ! Il y a erreur ! répondit l’intéressé. J’ignore de qui il s’agit, comme vous, je découvre cela en ce moment même. »
Visiblement effrayé et subitement paniqué, Ringold saisit un fusil blaster fixé sur le côté de son trône, il les visa en insistant :
« N’essayez pas de me mentir ! Répondez ! Ou sinon ! »
Il dévia le bout de son arme et tira en plein cœur d’un humain squelettique se trouvant là, le tuant sur le coup. Le tir calma l’agitation qui commençait à être bruyante.
« Sinon vous tuez un de vos hommes ? ironisa le duros en faisant mine de ne pas avoir compris.
- Sinon je vous tue !
- Soyez plus précis dans vos menaces, cela vous décrédibilise beaucoup. »
Laissant échapper un râle de colère, le dowutin s’avança pour être encore plus près du duros, mais glissa sur un de ses nombreux crachats et tira une seconde munition en l’air, ce qui traversa le filet de camouflage au-dessus.
« Amateur, ricana Panaore avec un air supérieur. »
Le corps sans vie d’un abyssin tomba du ciel et traversa le filet pour finir dans le bassin d’eau croupie. Tout le monde fut surpris par cette arrivée aussi inattendue que spectaculaire.
« Vous montrez beaucoup de haine envers vos sbires, lança Panaore. »
Ringold, excédé, colla presque son arme sur le large front du duros, mais fut interrompu par une phrase beaucoup plus inquiétante.
« Ne perdez pas votre temps avec lui, dit Tul’Soa, car il n’est en rien une menace vis-à-vis de ce qui approche. »
Laissant échapper un grognement interrogatif plutôt amusant, Ringold se tourna vers le rakata.
« Comment ça ? Vous pensez pouvoir me menacer ici, chez moi ?
- Disons que pour répondre aux questions de votre ami ci-présent, déclara-t-il en pointant de la main le rodien, j’ai bel et bien été en contact avec l’Empire, peu de temps, mais assez pour me lier d’amitié avec Alen Corsch. »
Autour de lui, l’ensemble des êtres présents l’écoutaient comme des enfants qui se feraient bercer par un récit de leurs mères.
« Si ce nom ne vous dit rien, dites-vous uniquement qu’il s’agit d’un personnage très influent sur Lucazec et parmi l’Empire. Il est reconnu comme droit, incorruptible et très malin.
- En quoi cela nous concerne ? demanda le rodien, lassé.
- Vous voyez cet objet ? fit-il en montrant explicitement le gadget à son poignet. Il s’agit d’un bouclier, si vous tentez quoi que ce soit contre moi, je vous pulvérise. De plus, il possède un émetteur, avec lequel les impériaux peuvent me retrouver n’importe où dans la galaxie et ses abords. »
Une certaine agitation recommença à monter, créant un sentiment de panique chez les sbires du dowutin.
« Je ne suis pas impressionné, rigola le chef des bas-fonds, vu que vous nous menacez ouvertement, nous allons vous tuer et vous faire disparaître, ainsi, l’Empire n’en saura rien ! »
Panaore suivait cet échange avec attention.
« Ce serait une erreur de votre part, si vous me le permettez, ajouta Tul’Soa. Car l’Empire peut tracer tout mon itinéraire depuis mon départ de Lucazec, ce qui les mènerait ici, droit dans votre antre. »
Les kyuzos et abyssins perdaient patience, certains quittaient les lieux par des égouts.
« Et sachez qu’avec les services que j’ai rendu aux impériaux et à Alen Corsch, soyez certains qu’ils viendront avec l’artillerie lourde. Si vous me tuer, cela vous condamne. Si vous me laissez partir, je pourrais oublier cet incident et ne rien ébruiter à quiconque. À vous de choisir. »
Ce marché laissa Ringold sans voix, l’air crétin. Le rodien n’était plus aussi serein, son assurance s’évaporait au profit d’un piétinement nerveux.
« Et mon coaxium ?! hurla Ringold.
- Je n’en que faire de votre coaxium ! s’exclama le rakata d’un ton grave. Ma quête n’a rien à voir avec cela, je ne cherche pas la puissance ni la richesse ! Je ne soutiens pas l’Empire, mais je profite de lui, je lui rends service, il me le rend en retour. Si j’avais voulu du coaxium, cela fait longtemps que j’aurais pu en acquérir une caisse entière ! »
Silencieux, Panaore écoutait, il cherchait à démêler le vrai du faux.
« Éviter de perdre du temps, car il est compté. Cela doit faire plus d’une journée que je suis dans ces abysses, ils ne tarderont pas à me retrouver. »
C’était la stupéfaction la plus totale. Plus personne n’osait bouger ni même respirer. Le dowutin savait que cela pouvait être un mensonge, mais si cela s’avérer vrai, il était en grand danger.
Arracher ce gadget fixé à son poignet était risqué. Mais il pensa :
« Votre bouclier n’a pas fonctionné lorsque nous vous avons attrapé !
- Vous êtes venus par surprise, évidemment que je n’ai rien pu contrer. Maintenant je suis attentif, et j’ai d’autres surprises en réserve… »
Voyant que cela ne menait nulle part, Ringold laissa échapper un hurlement de colère.
« Alors quittez ce lieu ! Vous êtes un poison pour la galaxie ! Vous… vous… Rhaaaaa !
- Je ne fais que profiter de ses bienfaits.
- Votre ami reste ici par contre. Je n’en ai pas encore terminé avec lui.
- Faites ce que vous voulez, ce n’est pas mon ami, conclue Tul’Soa. »
Le duros, mécontent de cette réaction primaire, s’adressa à l’ensemble de la bande :
« Peut-être ment-il sur sa condition.
- N’essayez pas de jouer à cela avec moi, dit le dowutin, je vois clair dans votre jeu, vous voulez aussi nous faire faux bond ! »
Voyant le rodien s’approcher du rakata pour lui indiquer la sortie, Panaore accéléra :
« Vous dites l’avoir trouvé dans les égouts et moi au-dessus, alors bon, j’ignore ce qu’il faisait dans les égouts, mais moi, est-ce que je faisais des choses bizarres ? Car ça m’arrive parfois, quand je suis fatigué ou… peu importe.
- Vous titubiez, dit le rodien, une capsule de sauvetage s’était crachée non loin. Vous avez alerté les autorités, mais ils ne s’aventurent pas aussi bas sur Coruscant.
- Mais je ne faisais rien de bizarre ? Car j’avoue ne pas me souvenir… »

« Journal de bord de la capsule de sauvetage YT2103 en date de l’an… Je ne me souviens plus.
« Quelle journée calamiteuse… Je pensais réussir, mais quelle débâcle. Ce sont tous des moins que rien qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, sans ambition. Dans le fond, que faire avec des gens comme ça ?… Mais bon, ça ne sert à rien de ressasser tout ça, je suis dans la merde là, je ne sais pas où je suis, ni où je vais. Je vous laisse mes mémoires, au cas où je n’y survivrais pas…
« Je suis né à Jyvus, une station spatiale en orbite autour de ma planète, Duro. Je suis issu d’une famille tout à fait normale et banale. Et comme tout bon duros qui se respecte, j’ai voulu devenir commerçant à la fin de mes études. Mais bon, quand vous êtes insouciant, jeune, cupide et fainéant, trouver du travail n’est pas chose aisée. J’ai alors fréquenté pas mal de petites frappes sur Jyvus. Je faisais des petits boulots pour des personnes peu recommandables. Parmi ces besognes, l’une d’elle marqua mon existence à tout jamais, je savais qu’après ça, je voulais devenir contrebandier. Argent facile, comme disait l’autre…
« J’ai servi de guide pour une bande de pirates désireux de mettre la main sur des objets précieux dans la vallée de Ranadaast, directement à la surface de Duro. Ce n’est pas facile de rester longtemps vivant sur cette planète, encore moins quand vous ne la connaissez pas. En dépit des scarabées géants fefze, il y a aussi cette atmosphère puante, répugnante et corrosive qui, même avec les meilleures combinaisons, ne vous laisse que deux à trois heures d’autonomie sur la planète avant d’être attaquée par ses vapeurs toxiques. Concernant ces scarabées, cela serait plus facile s’ils avaient la taille d’un insecte. Mais pas ceux-là… Eux font la taille d’un speeder et dévorent tout ce qui est organique. Ils me font froid dans le dos…
« Bref, quand j’ai entendu que ces pirates cherchaient un guide pour leur safari en terre durosienne, j’ai dit : « Je suis le meilleur guide sur Duro, personne ne connaît aussi bien la vallée de Ranadaast que moi ». En plus de cela, voler à la surface de la planète, au travers de ces brouillards corrosifs, n’est pas facile si vous n’en connaissez pas les pièges. Et vous savez quoi, heureusement qu’ils sont tombés sur moi ces pirates. « Je pilote comme personne, les yeux bandés je vous guide n’importe où » que je leur ai dit.
« Le jour du départ pour Duro, on s’est donné rendez vous à la cantina Esmeralda, sur la station spatiale Jyvus. J’étais accoudé au bar, en train de siroter un délicieux Duros Cola, je me suis retourné et j’ai aperçu la milice locale. Apparemment ils n’avaient toujours pas digéré la fois où je leur ai piqué un landspeeder pour rêvasser avec Tahaa, une petite twi’lek venue avec ses parents sur Jyvus pour affaire. Ralala, qu’elle était bien foutue cette princesse, en plus on avait la même couleur de peau. Quel gâchis, j’ai même pas pu finir mon Duros Cola que j’avais ces cons à mes trousses. Je suis sorti en courant du bar, les gardes à mes basques. Et là, qui je croise en sortant ? Les pirates pour notre rendez-vous. Je leur ai fait un signe de la main, et affichant un grand sourire. En courant, je leur ai dit : « Prenez un verre, j’arrive ! » Je me suis faufilé à travers les étales de la petite voie commerçante, renversant des caisses sur mon passage pour ralentir mes poursuivants. Quelle bande de gros nigauds, ils se cassent la figure trop facilement, c’est même plus marrant. J’ai grimpé ensuite contre la paroi d’un bâtiment, j’ai trouvé l’accès à un balcon, et en prenant de la vitesse, je sautais de balcon en balcon. Puis j’ai fini par chuter dans l’aquarium du poissonnier du coin, le vieux Tableron, un zabrak unijambiste. Et bin je peux vous dire que ça pince fort les homards cuirassés de Kamino. Le principal, c’est que je m’en sois sorti, encore et toujours. Je suis rentré dans le bar, trempé, pour ne pas trop faire attendre mes employeurs. J’ai été accueilli par quelques applaudissements venant d’eux avec un : « Bravo pour cette course folle, effectivement tu n’es pas maladroit du tout. Viens avec nous à l’astroport avant que les gardes ne reviennent avec des renforts. Nous verrons pour te trouver une place ». On est sorti du bar en courant et je leur ai dit : « On ne va pas y aller à pied quand même ». J’ai sauté alors dans le speeder des gardes. Le pirate m’a demandé s’il m’appartenait, je leur ai répondu qu’on se prêtait souvent nos véhicules. Puis nous sommes partis.
« Et voilà comment je me suis retrouvé à bord du Fortuna Major, le vaisseau spatial d’une bande de pirates. Mon rencard a certainement parlé de moi à leur capitaine, car il est venu en personne me parler et aussi me féliciter pour ma poursuite et mon audace. Il s’appelle Xythos. Il faut se méfier de lui, car un homme cruel sans foi ni loi se cache sous son air tranquille. Ne lui tournez jamais le dos, surtout si vous n’êtes pas en odeur de sainteté avec lui.
« Et c’était parti pour Duro. Je ne vous cache pas qu’en fait ma connaissance des lieux était un peu limitée, mais j’aurais fait n’importe quoi pour quitter la station de Jyvus. Je pense que je ne m’en suis pas trop mal tiré. Et puis j’avais ce facteur chance qui me suivait partout, donc voilà. Je les ai guidé à travers les pièges mortels de Duro.
« Au fin fond de la vallée, je n’ai pas pu entrer avec eux dans les ruines. Je ne sais pas ce qu’ils cherchaient, mais cela devait être très ancien. Ça devait valoir un sacré paquet de crédits à voir leurs têtes réjouies. Une fois sur le Fortuna Major, Xythos s’est adressé à moi et m’a demandé où je voulais être déposé. Devant ma mine peu enjouée, il me proposa alors de m’enrôler au vu de mes compétences de pilote et de mon audace. Qu’est-ce que j’étais enthousiaste… C’est comme ça que je suis devenu un pirate, sur le Fortuna Major, un des nombreux vaisseaux de la confrérie des Maraudeurs. Ça ne me disait toujours pas ce qu’ils étaient venus chercher sur Duro. Mais ils l’ont vendu à un collectionneur. Je ne me souviens plus du nom, mais je devrais pouvoir trouver ça dans les archives de Xythos.
« Après plusieurs années auprès d’eux, je trouvais que Xythos était de plus en plus vicieux, et surtout de plus en plus stupide et gâteux. Je me suis dit qu’il était temps pour moi de prendre sa place. Ma tentative de mutinerie n’a pas du tout eu le résultat escompté. J’avais une grande influence sur l’équipage, je me disais que ça allait être facile. Au contraire… Ils ont tellement peur de lui qu’ils m’ont fait faux bond. Je n’ai pas eu d’autre choix que de fuir à bord de cette misérable capsule de sauvetage après avoir saboté leurs commandes de direction et de tir.
« De ce que je sais, c’est que je suis aux abords de Coruscant. Pfffff, je les entends encore : « Traître ! On te retrouvera ! On va mettre ta tête à prix chez tous les hors-la-loi du système et blablabla. »
« J’espère que ma chance m’a suivi et n’est pas restée sur leur épave. J’aperçois enfin l’atmosphère d’une planète. Serait-ce Coruscant ? Mais oui ! Heureusement que je suis le meilleur pilote de toute la galaxie. Je vais me refaire, c’est sûr. J’ai quelques crédits en poche… Une partie de sabbacc, une twi’lek bien roulée, un Duros Cola et c’est reparti. Oups, de crois que les commandes ne fonctionnent pas dans ce morceau de métal… Le sol se rapproche très vite…
« Fin de transmission, c’était Panaore, le duros, en approche rapide… »


Face aux hommes de Ringold, tous le dévisageant, Panaore sourit :
« Ah oui, je me souviens ! »
Un abyssin tenait dans ses mains un morceau du tableau de bord de la capsule. Ils l’avaient récupéré car ce genre d’objet valait beaucoup de crédits dans les parages.
Il coupa l’enregistrement, replongeant la pièce dans un silence gênant.
« Je cherchais un endroit où boire un coup, je me souviens, lança Panaore en regardant Tul’Soa, dont l’expression de pitié résumait bien son appréhension vis-à-vis du duros. »
Le rakata s’impatientait, il relança :
« L’heure tourne Messieurs…
- Silence ! cria le rodien en le visant de son fusil blaster, terriblement agacé. »
Souriant car il avait désormais lui aussi les cartes en main, Panaore dit :
« Vu votre réaction à cet enregistrement, les Maraudeurs ne doivent rien vous dire.
- Je ne traite pas avec les pirates ! rétorqua Ringold.
- Certainement, et vous faites bien, car il est impossible d’anticiper le moment où ils feront quelque chose de stupide.
- Je n’ai de contact avec aucune organisation extérieure, hormis les Fils de la Médiane, qui restent les meilleurs acheteurs de coaxium bon marché.
- De vrais raclures d’ailleurs, déclara le duros, mais sachez que les Maraudeurs me cherchent, vivant, sinon leur prime n’aurait plus aucun intérêt.
- Dans ce cas, ricana le rodien, nous allons te livrer, cela compensera le départ de ton ami rataka.
- Rakata, le corrigea Tul’Soa avant d’être de nouveau menacé par le fusil.
- Ce qui serait idiot de votre part, car vous avez devant vous, le meilleur pilote de la galaxie, ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’enregistrement. Alors pourquoi vous priver de moi, pour quelques crédits ? Et encore faut-il que les pirates vous payent, car de mon vivant et après plusieurs années passées avec eux, jamais nous n’avons offert de prime, au contraire, nous en profitions pour tuer ou piller ceux qui nous rendaient service. »
Le rodien comprit qu’ils étaient tous les deux malins et avaient dû tout préparer à l’avance.
Quant au rakata, il trouva soudainement un certain intérêt pour le duros.
« Tuez-moi et l’espérance de la prime s’envole… Gardez-moi en vie et je divulguerai à mes anciens camarades que vous possédez un gros stock de coaxium… Et là, je ne répondrai d’aucun de leurs actes. »
Comme avec le rakata quelques minutes auparavant, Ringold fut face à l’impossibilité d’abimer ce duros.
« Et si je vous tue et que je vous donne à manger à mes bêtes ? sourit-il. Personne ne se souviendra de vous et personne ne vous cherchera ici. »
Autour d’eux, les sbires du dowutin ne savaient plus quoi penser, car des impériaux et pirates pourraient être bientôt là.
« Ma capsule a atterri non loin de votre repère, sinon je ne serai sûrement pas ici, ne croyez-vous pas qu’ils vont vouloir me pister ? Leurs animaux dressés pour cela finiront pas les mener ici, et comme pour les impériaux, il n’y aura plus nulle part où cracher… »
Terriblement contrarié, au bord d’une rage bestiale, Ringold tenta de garder son calme, afin de ne pas perturber davantage ses hommes.
Il toussa avec insistance avant de prononcer :
« Rien n’indique que vous vouliez voler mon coaxium en effet.
- Merci… Hum… Votre Excellence, dit Panaore. »
Néanmoins, Ringold afficha un petit sourire en coin, il venait sûrement d’avoir une idée...


À suivre...
"Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or et au côté obscur, le monde et la galaxie seraient plus remplis de joie." J.R.R. Tolkien & Angedabe.
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Messagepar Angedabe » Ven 22 Nov 2019 - 17:53   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Suite du Chapitre 3 :

--------------


« Vous pourrez partir ! fit Ringold, à la surprise générale. »
Cette nouvelle afficha un sourire réjoui sur le visage du duros.
Le dowutin fit signe au rodien en lui adressant quelques mots dans une langue étrangère, que ni le rakata ni le duros ne parvinrent à comprendre.
« Sbiro, raccompagne-les jusqu’aux rues tordues, que je ne les vois plus ici, ordonna-t-il au rodien. »
Ce dernier hocha de la tête et fit signe aux deux prisonniers sur le point d’être libérés, de le suivre vers un couloir humide. Il n’avait guère l’air heureux ni en accord avec son boss, mais obéissait aux ordres.
Panaore et Tul’Soa prirent la direction de ce couloir et y pénétrèrent avant que l’immonde Ringold ne change d’avis. Les abyssins et kyuzos les dévisageaient, grognaient, les insultaient, tous déçus de ne pas avoir assisté aujourd’hui à une exécution et un bon repas.
Prenant de plus en plus de distance avec cette hideuse salle du trône, les trois individus avançaient assez rapidement.

Sbiro, bien armé et équipé, ouvrait la marche.
« Vous êtes d’odieux veinards. Je ne serai pas tombé dans le panneau, je pense que tout ce que vous nous dites est faux… Chanceux… Vous avez de la chance de ne pas être tombé sur le clan de Taupes, plus au sud, eux, ils vous auraient laissé mourir dans leur cellule.
- Heureusement en effet, dit Tul’Soa.
- Outre nos divergences, je voulais savoir, pourquoi travaillez-vous pour ce dowutin ? demanda Panaore. Vous semblez loin du niveau de débilitée de lui et ses hommes. »
Le rodien ne dit rien, se contentant de continuer son avancée jusqu’à une porte d’ascenseur rouillée. Celle-ci s’ouvrit après avoir pressé un bouton.
Tous les trois y pénétrèrent.
Lorsque la porte se referma et que leur cage s’éleva en grinçant et saccadant, le rodien déclara :
« Je me sers dans sa réserve de coaxium. »
Cette déclaration étonna le rakata et le duros qui s’échangèrent des regards perplexes.
« Ringold est puissant, il a plusieurs milliers d’hommes qui travaillent pour lui.
- Mais pourquoi travaillent-ils pour lui ? demanda Tul’Soa. Il ne semble pas riche, ni même influençant.
- Je vais vous le dire pourquoi. »
L’ascenseur s’arrêta net, manquant presque de chuter tellement sa mécanique était vétuste. La porte s’ouvrit et enfin un air frais et revigorant enchanta les deux ex-prisonniers.
« Je pense qu’aucun ne sait pourquoi il travaille sous les ordres de ce dowutin. Vous l’avez remarqué, ça manque de matière grise là en bas. Personnellement, je m’en fiche, je la joue double jeu, comme ça je m’enrichie sous son nez. Comme vous, je sais manipuler les gens.
- C’est vous qui avait volé ce coaxium alors ? l’interrogea Panaore.
- Non. Il y avait bien deux individus. Les gars ont formellement identifié un duros et un second personnage avec des yeux globuleux, c’est ce qu’ils disaient. Je le fais une fois tout le monde endormi, quand il n’y a que quelques gardes qui veillent.
- Vous cherchez aussi la fortune alors ?
- Sans parler de fortune, je cherche plutôt à nourrir ma famille et faire en sorte qu’elle perdure longtemps après ma mort. »
Ils s’avancèrent hors de l’ascenseur.

Ils se trouvaient sur une longue passerelle dont le côté droit était ouvert et donnait sur un vieux parc laissé à l’abandon.
« Et vous, que faisiez-vous dans les égouts ? demanda Sbiro à Tul’Soa. Vous pouvez me dire la vérité, pas besoin de mentir.
- Je cherchais à m’éloigner du Temple Jedi.
- Vous y êtes entrés ? Je veux dire, vous y êtes parvenus ?
- Lorsqu’on utilise sa tête, ça donne un petit plus. »
Plus loin se tenait debout deux plaques de métal servant de barricade, gardées par trois twi’leks lourdement armés.
« Vous semblez déçus de votre escapade au temple.
- Disons qu’en dehors d’avoir perdu mon temps, j’ai au moins appris que les archives que je vise se trouvent ailleurs, sur une autre planète éloignée.
- J’imagine que ce n’est pas la porte à côté, dit Sbiro, il vous faudra un vaisseau pour cela, et ce n’est pas simple de quitter cette planète.
- Voilà pourquoi mon attitude ne peut afficher une quelconque joie. Je suis pour l’instant coincé… Il me faudrait les moyens d’acheter un de vos vaisseaux primitifs. »
Ils passèrent la barricade. Sbiro adressa un hochement de tête aux twi’leks qui lui rendirent son salut.
« Vous êtes dans le monde où tout est possible, vous pouvez vous faire de l’argent en un rien de temps si vous savez où frapper. Prenez exemple sur moi, mentez, trichez et utilisez une tierce personne pour vous enrichir.
- Plus facile qu’à faire, dit le rakata, d’autant plus que personne n’a jamais vu quelqu’un comme moi. Il me sera difficile de me montrer crédible… »
Au bout de cette passerelle se trouvait un autre ascenseur, visuellement en meilleur état que le précédent.
« Je pourrais bien vous aider, dit Panaore, mais je n’ai pas de vaisseau.
- M’aidez ?
- Je suis pilote, comme vous avez pu l’entendre dans mon journal de bord. Mon expérience dans cette galaxie pourrait aussi vous être utile. Croyez-moi, je suis le meilleur dans mon domaine.
- Effectivement, cela pourrait m’aider.
- J’ai moi aussi besoin de partir loin de Coruscant… Mes anciens amis me cherchent activement… »
Une fois arrivés à l’ascenseur, ils constatèrent que la passerelle continuait à gauche et à droite, menant d’un côté à un escalier, et l’autre vers une porte.
Sbiro laissa passer Tul’Soa et Panaore devant lui. Il en profita pour glisser discrètement un petit émetteur dans les vêtements du duros.
« Prenez cet ascenseur, dit-il, il vous mènera aux rues tordues, non loin des rives du fleuve artificiel Écarlate. Faites-vous oublier un moment avant de vous engager dans votre mission. »
Tout était très calme autour d’eux, les speeders et vaisseaux se faisant encore rares à ce niveau.
« Tenez, fit Sbiro en leur tendant deux pistolets blaster, histoire que vous ne soyez pas largués dans ce vaste monde. »
Le rodien leur rendit aussi quelques affaires à eux, mais pas toutes car les sbires de Ringold en avaient gardé… Puis il tourna les talons et repartit vers les bas-fonds.
« Et si les crédits vous manquent pour acheter un vaisseau, cherchez le Passeur, au spatioport du quartier des commerces, il saura vous aider.
- À quoi il ressemble votre Passeur ? demanda Panaore.
- Personne ne le sait vraiment, car ceux qui quittent ce monde ne reviennent jamais. »
Voyant le rodien s’éloigner, ce dernier lança :
« Et remerciez la stupidité qui contamine les bas-fonds. Car avec moi, vous seriez déjà morts. »
Tul’Soa trouva le bouton permettant de faire descendre l’ascenseur. Il le pressa, puis se retourna aux côtés de Panaore.

Le rodien s’éloignait, exhibant fièrement son armure.
« Un rakata alors ? fit Panaore, impressionné.
- Oui. Plus vieux que n’importe qui dans cette galaxie.
- C’est vrai votre histoire de gadget émetteur ?
- Pas du tout, il s’agit d’une technologie rakata, elle ne sert que de bouclier.
- Intelligent.
- Et vous ? Vous êtes vraiment recherchés vivant ?
- Recherché oui, mais pas forcément vivant… »
Chacun comprit le petit jeu de l’autre.
« Vous êtes vraiment ami avec les impériaux ? demanda Panaore en fixant Sbiro.
- Ami non, seulement avec Alen Corsch, celui qui m’a permis de me repérer dans votre monde, qui m’a permis d’avancer au lieu d’errer de planète en planète.
- On trouve toujours des amis dans les endroits les plus improbables… »
Repensant à un détail pouvant leur nuire, Panaore relança :
« Si je ne me trompe, le gros Ringold a parlé au rodien avec un langage m’étant inconnu.
- Je ne l’ai pas compris non plus.
- J’imagine que cela ne nous était pas directement adressé… Cela pourrait même nous porter préjudice… Si vous suivez ma pensée. »
Sentant approcher un piège, Tul’Soa saisit son blaster et le chargea.
« Voyant que vous maniez cela avec aisance, je pense que votre expérience passée vous a permis d’être adroit ?
- S’il me reste quelques réflexes.
- Et ajoutons à cela que son armure pourrait valoir très gros paquet de crédits. »
Il balança sa tête vers le rakata, qui afficha enfin un sourire complice.
« Je dis ça comme ça. Mon vécu parmi les fourbes m’a permis d’être intraitable. Je connais bien le système et je crois qu’on pourrait s’entendre vous et moi. »
L’individu de deux mètres sourit et acquiesça.
« Appelons ça : financement avec les moyens du bord, dit-il en visant le rodien, insouciant. »
Alors que Sbiro approchait de la barricade, il fut touché dans le dos et la nuque par deux tirs blasters précis, ou presque.
« Visez la tête, n’abimez pas l’armure ! cria Panaore.
- J’ai dormi pendant plus de 30.000 années ! »
Le corps du rodien tomba face contre le sol. Alertant les twi’leks qui s’armèrent immédiatement et ripostèrent avec une force de frappe démesurée.
Le duros et le rakata durent se mettre à couvert sur les côtés afin de ne pas être touchés par cette puissance abusive pour trois pauvres gardes.
L’ascenseur n’était toujours pas là.
Alors que deux twi’leks les canardaient avec des blasters lourds à répétition, le troisième se saisit d’un détonateur thermique et s’avança entre les deux rangées de tirs intenses, sachant que leurs adversaire ne pouvaient riposter.
Ne se doutant de rien et restant à couvert, Panaore et Tul’Soa se savaient vraiment pas comment s’en sortir.
« En y repensant, quelle idée stupide ! cria Tul’Soa.
- Mais qui est le plus stupide ? Le gars stupide ou celui qui valide ses idées stupides ? lança Panaore en tentant de tirer. »
Mais les éclats de pierre de la passerelle devenaient trop importants.
Aucun d’entre eux ne se doutait qu’une grenade n’allait pas tarder à les faire partir en poussière.
Au moment de lancer son détonateur, le twi’lek fut déstabilisé par une explosion loin derrière lui, au niveau de l’autre ascenseur délabré.
Panaore retenta sa chance car les tirs avaient baissé en intensité depuis cette explosion. Il tira une dizaine de fois dans leur direction.
Par chance, il toucha le twi’lek avancé qui lâcha le détonateur. Lorsque l’objet heurta le sol devant lui, une explosion balaya un gros morceau de la passerelle.
« L’ascenseur ! cria Tul’Soa en s’y précipitant. »
Le duros sortit sa tête, constata les dégâts et se demanda comment il avait pu faire cela. Mais avant même qu’il ne comprenne, des tirs plus nombreux fusaient autour de lui. Il fut tiré par le rakata et jeté dans l’ascenseur.
Les portes se refermèrent, et au dernier moment, Tul’Soa vit des soldats en armures blanches attaquer les deux twi’leks restant. L’échange semblait intense.

Des tirs heurtaient les portes, mais qu’importe, ils montaient vers la liberté, loin de ces tarés des bas-fonds.
« Je n’ai pas tout compris là, dit Panaore, assis contre une paroi.
- Des Stormtroopers les ont attaqués, ils nous ont littéralement sauvés.
- Stormtroopers ? Mais vous disiez qu’il ne s’agissait pas d’un émetteur !
- Ça n’a rien à voir avec moi. Je miserais plus sur le hasard pour ce coup. »
Même s’ils avaient réussi à s’en sortir, un sentiment les gênait.
« Pourquoi avions-nous fait cela déjà ? demanda Panaore.
- Afin d’éviter toute menace, mais aussi pour récupérer l’armure du faux homme de main de Ringold et la revendre.
- Ah oui c’est ça… »
Essoufflés et cherchant à se rassurer, les deux individus ne purent se retenir de rire face à cette situation totalement absurde et démesurée. Un duros et un rakata venaient de vivre une péripétie des plus cocasses.
« Tul’Soa, lui dit Panaore en lui tendant la main, c’est un plaisir de te connaître. »
Le rakata ne comprit pas son geste, mais lorsque le duros lui attrapa la main et la secoua de bas en haut, il en déduisit qu’il devait s’agir d’une coutume amicale.
« Plaisir partagé, lui dit-il en inclinant la tête. »

Après une ascension relativement longue, les deux personnages réunis par le destin arrivèrent à un niveau moins sordide et plus coloré.
Les portes s’ouvrirent en grinçant, laissant de délicieuses odeurs de nourritures chatouiller les narines de deux affamés.
Étudiant tout d’abord l’environnement, ils virent qu’une vaste cour d’un bâtiment fissuré de partout se présentait face à eux. Ils devaient la traverser afin d’atteindre les premiers signes de vie plus ou moins civilisés.
Ils s’échangèrent des regards encore un peu hésitants, mais se dirigèrent à vive allure vers ces lueurs violettes et bleues avant que l’ascenseur ne se referme et les renvoie d’où ils venaient.
Une fois la cour traversée, ils débouchèrent dans une rue animée, bondée de monde, de nombreuses espèces provenant des quatre coins de la galaxie. D’innombrables bars, restaurants, fast-foods, commerçants occupaient la longueur indécise de cette rue. Néanmoins, tout n’était qu’illusion car les individus peu recommandables les observaient avec insistance, certains semblaient déjà comploter pour les dépouiller.
Un groupe de quatre gamorréens se montraient volontairement hostile et passant leurs langues sur leurs dents et leurs défenses. En guise de réponse, Tul’Soa en fit de même tout en serrant les poings et Panaore leur dévoila son blaster fixé à son ceinturon.
« Si vous voulez qu’on règle ça les affreux, fit Panaore, c’est ici et maintenant. »
Mais leurs quatre fans disparurent à l’intérieur d’un bar où ils entrevirent quelques plaisirs charnels lorsque la porte s’entrouvrit.
« Porcelets, ricana le duros en dissimulant son arme. »
Ils prirent la direction la moins sombre, vers une longue rangée de marchands ambulants, vendant de tout, nourriture, boisson, femelles dugs, fœtus de hutt ou encore sextoys fabriqué à partir d’ossements humains.
Tul’Soa pensait halluciner, mais toutes ces horreurs étaient bel et bien réelles…

« Je te propose, lui dit Panaore, tu permets que je te tutoie ? »
Le rakata lui fit signe que oui de la tête, tout en examinant une tête de wookiee empalée.
« Donc je te propose de manger un morceau, du moins, quelque chose de normal, évitant de nous tuer avant même que nous l’ayons porté à notre bouche, avant de prendre une décision sur la suite des opérations.
- Cela me semble une idée convenable. »
Ils continuèrent sur environ un kilomètre, avant de tomber sur un comptoir dirigé par un graan. Il proposait des parts de tartes de toutes sortes pour un prix raisonnable.
« Je pense que nous pouvons nous y installer sans risquer de ne jamais en partir, dit Panaore en tirant une des chaises hautes longeant le comptoir. »
Le rakata s’installa à côté de lui, encore perdu par rapport à au monde d’où il venait et ses traditions et coutumes.
« Quelle époque à la fois fascinante qu’inquiétante, fit-il en levant les yeux vers le ciel et les nombreux véhicule y circulant sans cesse. Je crains que mon adaptation me prenne beaucoup de mon temps et de mon énergie. »
Mais son binôme n’y prêta pas attention, plongé dans les choix de menus et boissons.
« Les esclaves sont-ils encore courant dans la galaxie ? demanda le rakata à voix haute. »
Il fit se questionner et grimacer bon nombre de passants derrière lui, ainsi que le graan. Ce dernier s’approcha et demanda :
« Je vous sers quoi ?
- Un Duros Cola pour ma part, répondit Panaore, et pour mon camarade… Une Yavin DustBier ! Ça va lui réveiller le palais !
- On ne sert pas de ça ici, dit le graan d’un ton méprisant. »
Le duros le dévisagea.
« Et j’imagine que dans les parages, personne n’a de boisson digne de ce nom ?
- Ça dépend ce que vous appeler digne de ce nom… »
Secouant la tête afin de montrer ouvertement son désarroi, Panaore lança :
« Vous avez au moins des sodas au gaz ?
- Non. »
Soupirant et vraiment dépité, il annonça :
« Alors donnez-moi deux verres, je pisserai dedans, ce sera le moins risqué… Vous avez au moins quelque chose de normal à manger ?
- Des parts de tartes.
- Par tout hasard, de la Jaune du désert ?
- Oui.
- Ah bah voilà ! Là on peut s’entendre. Mettez-en deux. »
Panaore remarqua que le rakata tripotait le bouclier incrusté dans son poignet.
« Puis-je aussi en avoir un ? Ou est-ce que je peux m’en procurer un exemplaire ?
- Il s’agit d’une haute technologie rakata. Je pense qu’actuellement, il me sera difficile d’en réaliser un second. Et j’ai de la chance qu’il soit encore opérationnel.
- Dommage… »
Ce grand énergumène était vraiment mystérieux, et Panaore voulait absolument connaître son histoire. Mais au moment de lui poser une première question, les deux parts de tarte Jaune du désert leur fient servies.
« J’ai une faim de loup de Loth ! dit-il joyeusement en se frottant les mains. Bon appétit camarade ! »
Panaore sauta sur son repas sans attendre. Tul’Soa venait de finir d’ajuster quelques réglages sur son bouclier et soupira, laissant place à une certaine nostalgie. Il était à la fois loin dans l’espace et dans le temps de son monde, ce n’était pas si simple. Il voulait absolument tout savoir sur la disparition des rakatas et de l’Empire infini qu’ils avaient bâti…
« Et si nous ne tardions pas ? fit-il à Panaore, en pleine dégustation. »
Ce dernier faillit s’étouffer tellement il ne s’attendait pas à ça.
« Rmmfff quoi ?! demanda-t-il la bouche pleine, on vient à peine de se poser…
- J’ai dormi trop longtemps, il me faut des réponses.
- D’accord d’accord Cendrillon, mais d’abord, on va manger histoire de reprendre des forces ok ? »
Cela ne rassura pas le rakata et ne sembla pas fonctionner.
« Bon… Monsieur le serveur ?
- Quoi ? demanda désagréablement le graan en se retournant.
- Déjà votre tarte est un délice, et deuxièmement, quel est le chemin le plus rapide pour rejoindre un spatioport ? »
Le graan vit d’un côté un duros vert foncé affichant un sourire forcé couvert de miettes et de l’autre une espèce qu’il n’avait jamais vu le fixer avec un air neutre mais intimidant.
« Par là, fit-il en montrant la direction avec sa spatule. Vous marchez trois kilomètres puis vous tourner à gauche vers l’aérotrain, il vous mènera directement au centre commercial et plus loin au spatioport.
- Merci bien cher ami, lui dit Panaore en retournant à son repas. »
Alors que le jour commençait à montrer le bout de son nez, le rakata se décida à manger, car il avait besoin de forces avant d’entreprendre un voyage aussi important, d’autant plus que cette tarte était gustativement correcte.



À suivre...
Modifié en dernier par Angedabe le Mer 22 Jan 2020 - 16:51, modifié 1 fois.
"Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or et au côté obscur, le monde et la galaxie seraient plus remplis de joie." J.R.R. Tolkien & Angedabe.
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Messagepar Mandoad » Ven 22 Nov 2019 - 19:36   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Chapitre 2 lu ! Oui, j'ai du retard, mais j'ai des semaines intenses et je préfère ne pas rusher ma lecture vu que tes extraits sont relativement longs.

Eh bien, c'est le genre de type à se faire des amis dans chaque bar ce Karel à ce que je vois. Toujours bien porté sur la boisson d'ailleurs, c'est à se demander comment il fait pour s'en sortir à chaque fois. Je lui trouvais peut-être un petit aire de... et là j'ai lu la réplique lorsqu'il est à deux doigts de s'échapper et je me suis bien marré. Assez heureux de voir qu'il y a donc bel et bien une petite référence Jack Sparrow.

J'attends maintenant de voir comment vont se dérouler ses aventures et qui seront les autres protagonistes et comment notre Mandalorien alcoolo, déshonoré, mais extrêmement chanceux interagira avec.

J'essaierai de lire le chapitre 3 avant les fêtes de Noël, promis. :wink:
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Messagepar Angedabe » Dim 01 Déc 2019 - 18:34   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Mandoad a écrit:Chapitre 2 lu ! Oui, j'ai du retard, mais j'ai des semaines intenses et je préfère ne pas rusher ma lecture vu que tes extraits sont relativement longs.

Et je peux te comprendre. C'est vrai que c'est long, mais pour moi, dans cette histoire notamment, le développement des personnages est primordial.
J'espère néanmoins que cela ne portera pas préjudice à mon récit. :cry: :transpire:

Mandoad a écrit:Eh bien, c'est le genre de type à se faire des amis dans chaque bar ce Karel à ce que je vois.

Oh ce n'est pas le seul cas de l'histoire. :transpire:
Tous les personnages auront une personnalité bien à eux avec une histoire et un passé bien spécifiques.

Mandoad a écrit:J'essaierai de lire le chapitre 3 avant les fêtes de Noël, promis. :wink:

:jap: :ange:


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Suite et fin du Chapitre 3. :)


Énormément de patrouilles impériales circulaient, autant à pied qu’en speeders lourds, et la population était tendue, cela se sentait.
La sortie de la partie est des rues tordues, car le reste de ces petits axes étaient aussi malfamés que les bas-fonds, fut quelque peu stressante, surtout pour Panaore qui avait du mal à rester calme. Tul’Soa n’en avait que faire de l’Empire et de ses chiens de garde.
Ils furent tout simplement heureux de ne pas être contrôlés avant leur montée dans l’aérotrain. Beaucoup de sièges étaient disponibles, mais le binôme préféra jouer la carte de la sûreté et resta debout, afin de pouvoir observer tous les faits et gestes autour d’eux.
Le rakata examinait scrupuleusement le moindre bâtiment important, le moindre édifice pouvant l’aider à se cultiver.

« Là-bas c’est le Temple Jedi, dit le duros en indiquant l’ancienne demeure des Jedi avant la Purge. Mais tu le sais déjà, vu que tu y es entré.
- Ce ne fut pas chose aisée, répondit Tul’Soa, mais je l’ai fait.
- Comment d’ailleurs ? Comment as-tu pu pénétrer dans un des bâtiments les plus sécurisé de la galaxie.
- Premièrement, j’ai une intelligence accrue, je suis plus malin que n’importe qui, sans vouloir me vanter. Et deuxièmement, ce genre de bâtisse se devait de posséder des passages secrets, et en examinant suffisamment les lieux, plusieurs indices évidents se sont révélés à moi.
- Pourquoi je demande moi… »
Ce rakata avait des allures presque arrogantes, mais il restait tout de même sympathique aux yeux du duros.
« J’ai également pu passer aux abords du Sénat galactique, lui aussi sécurisé, mais beaucoup moins que le temple. C’est immense comme structure.
- Tout à fait oui, très corrompue aussi. Et en parlant d’immense structure, est-ce qu’on file directement au spatioport ou est-ce qu’on traverse le centre commercial pour y parvenir ? »
Tout en gardant les yeux rivés au dehors, le rakata dit :
« Y-a-t-il des éléments plus importants que notre envie et devoir de quitter cette planète fourmillant d’ennemis ?
- Très bien, on va au spatioport, fit Panaore en roulant des yeux. »
Le duros cherchait absolument à échapper à ses anciens compères, il scrutait régulièrement le ciel en espérant ne pas voir arriver le Fortuna Major.
Partir loin, c’était son but, afin de relancer sa carrière.
Repensant à toutes ces années de dur labeur afin de gagner sa croûte, il sentait qu’au fond, il n’avait peut-être pas choisi la meilleure façon de vivre sa vie. Il pensait à faire une activité plus honnête, mais il ignorait comment prendre son envol.

« Tu ne m’as pas répondu, le sortit Tul’Soa de ses pensées, est-ce que vous avez encore usage des esclaves dans la galaxie.
- Non mais c’est quoi ton problème ? Tu te dis évolué et tu voudrais utiliser des esclaves ?? »
Étonné par sa réaction, le rakata hocha de la tête et dit :
« Oui.
- Écoute mon grand, tu es dans un monde radicalement différent du tiens, tu en es conscient.
- Parfaitement.
- Donc oublie tes méthodes de ton Empire de l’infinité…
- Infini.
- Oui enfin bref ! Non, il n’y a plus d’esclaves, beaucoup se sont battus corps et âme pour ça. Bon… L’Empire est en train de revoir les textes de lois mais là n’est pas la question !
- Je pense qu’il va me falloir du temps pour comprendre votre façon d’agir étrange. »
Croyant rêver, Panaore se tourna face au rakata et lui lança :
« Nous sommes étranges ? Et ça vient d’un type dont le peuple était cannibale ? Non mais où va la galaxie, je vous le demande… Il va te falloir une grosse mise à jour bonhomme, sinon tu risques de rapidement te retrouver avec toutes les personnes malveillantes de cet univers aux fesses !
- Peu d’entre nous étaient cannibales, c’était une population minime.
- Peu importe mec, c’est glauque. »
Le Duros finit par s’assoir tellement il devait encaisser de phrases selon lui, stupides et illogiques.
« Je suis content que tu m’en ais dit un peu sur ta culture quand on mangeait, mais quand même, cesse d’être dans un passé révolu, maintenant, l’avenir, c’est la peur et l’Empire. Il faut s’y faire. À moins qu’une bande de courageux individus se mettent en tête de combattre et détruire l’Empire, mais cela mon grand, ça n’est pas prêt d’arriver ! »

En parlant d’Empire, Tul’Soa vit une patrouille pénétrer dans l’aérotrain.
Quatre Stormtroopers avançaient dans leur direction, en examinant et contrôlant chaque personne présente dans ce transport.
« Panaore, fit le rakata, nous avons un problème… »
Le duros fronça les sourcils et se releva. Il se redressa si vite qu’il attira le regard d’un des impériaux.
« Il ne manquait plus de ça… Parle-leur de cannibalisme et d’esclaves, je suis sûr qu’ils vont apprécier l’idée.
- Comment allons-nous procéder ?
- Laisse-moi parler, car si tu l’ouvres, il y a un risque élevé que nous nous retrouvions sur Kessel ou dans un autre monde désolé. »
Tul’Soa acquiesça de la tête et se mit en retrait, laissant le duros se placer dans l’axe du couloir central.
Après quelques secondes de réflexion, les soldats arrivèrent à leur hauteur.
« Papiers d’identité et destination, fit celui en tête de file. »
Panaore positionna ses bras en croix et annonça de vive voix :
« Messieurs ! Je vous souhaite la bienvenue à bord !
- Êtes-vous le chef de ce transport ? le questionna un des soldats.
- Pas du tout, mais je pourrais bien le devenir un jour. Car je suis pilote, le meilleur que vous trouverez dans les parages. »
Alors que l’aérotrain contournait l’immense centre commercial nommé Redrum 3, les impériaux commençaient déjà à perdre patience car ils voyaient constamment des énergumènes comme lui.
« Papiers et destination. »
Le duros retira son sourire exagéré de son visage et leur tendit sa carte d’identité, périmée, mais authentique.
« Il faudra renouveler votre carte, lui dit le chef.
- Messieurs de la milice locale, fit irruption le rakata.
- Stormtroopers, lui dit Panaore à voix basse. Sois poli.
- Pardon, Messieurs les Stormtroopers. Ne pouvons-nous pas trouver un moyen d’entente ? Nous ne sommes que d’humbles citoyens cherchant à gagner suffisamment de crédits pour s’acheter une ferme sur Mustafar. »
Le Stormtrooper examinant de bas en haut cette espèce inconnue, demanda :
« Vous avez vos papiers ?
- Bien entendu, dit Tul’Soa en tendant sa carte avec le sceau impérial. »
Constatant ce détail, le Stormtrooper trouva cela étrange.
« Une ferme vous dites ? demanda-t-il.
- Exactement, voilà pourquoi nous prenons la direction du spatioport.
- Une ferme ? Sur Mustafar ?
- Oui… Quel est le problème ? Mustafar est une planète verdoyante, pleine de vie, avec une histoire. »
Panaore secoua la tête et soupira…
« Tul’Soa mon ami venu de loin et qui n’a pas encore été informé de certains événements, fit-il en repoussant l’imposant individu en arrière, laisse-moi donc traiter avec ces messieurs. »
Il revint face aux impériaux qui lui rendirent sa carte.
« Merci. En fait mon ami fait partie d’une espèce, comment dire, éteinte, il en est le seul survivant.
- Depuis quand vous connaissez-vous ?
- De ? Oulala… Ça doit faire… Quatre ans au moins… »
Il commençait à suer, d’autant plus que le prochain arrêt était celui du spatioport.
« Ce que je vous propose, car nous n’avons pas beaucoup de temps, tout comme vous j’imagine, vous devez être surchargé à cause de ses fuyards qui tentent de quitter frauduleusement le système, c’est que nous allions au poste avancée des douanes afin de vérifier son identité dans les registres de la Bordure extérieure. Ou alors comme nous sommes en règle, nous pouvons aussi nous en aller non ?
- Je ne pense pas que ça ira comme ça, rétorqua d’un ton hautain le Stormtrooper, pourquoi parle-t-il de Mustafar ? Que comptez-vous faire là-bas ?
- Non mais… De quoi ? Mustafar ? Il a mal prononcé, c’est sur Muunilinst en réalité, pour rénover une ancienne ferme arboricole.
- Je ne vous crois pas une seule seconde. »
Faisant signe aux trois autres impériaux dans son dos, il déclara :
« Nous allons vous garder avec nous un moment, jusqu’à ce que vos motivations soient vérifiées, ainsi que l’identité de cet individu étrange. Ce document me parait bizarre.
- Attendez Messieurs, il y a moyen de s’arranger non ?
- Vous allez nous suivre au prochain arrêt, sans discussion ! »
Panaore vit alors l’approche d’un tunnel d’une trentaine de mètre. Il fit signe à Tul’Soa de le rejoindre et lui chuchota :
« Tu prends à gauche et moi à droite.
- Comment ça ?... »
Le rakata baissa les yeux et vit les poings serrés du duros, il comprit ses intentions et ne put que se préparer, car ils devaient vraiment quitter Coruscant.
L’aérotrain passa dans le bref tunnel. Seules de faibles lumières éclairaient l’intérieur du wagon. Les gens ne virent que des mouvements rapides et indistincts.

Lorsque le jour perça de nouveau les vitres de l’aérotrain, les quatre Stormtroopers étaient allongés au sol, assommés.
Sous les yeux des passagers, incrédules, les deux individus sortirent par une des portes qui s’ouvrit en deux lorsque le transport s’arrêta à la station spatioport. Les occupants restés à l’intérieur commencèrent à spéculer et à vouloir alerter les autorités, mais juste avant que la porte ne se referme, Tul’Soa y passa la tête et laissa échapper un grognement bestial, ce qui pétrifia les quelques occupants.
L’aérotrain repartit, comme si de rien n’était.
« Toujours trop méfiants, dit Panaore, ils cherchent constamment à embêter les honnêtes citoyens. »
Les deux personnages descendirent par un ascenseur et arrivèrent enfin face au gigantesque spatioport du quartier des commerces, le quatrième en termes de taille sur la planète.
En sortant de l’ascenseur, ils virent la présence de nombreux Destroyers impériaux dans le ciel. Ils comptèrent environ une centaine de Stormtroopers les séparant de l’entrée du spatioport, ainsi que des blindés, des checkpoints tous les cinquante mètres et des sentinelles placées en hauteur sur des tourelles.
« Des gars plus pétochards que nous seraient repartis en arrière et auraient tout fait pour retourner chercher l’armure de Sbiro dans les décombres de la passerelle, mais nous, on va montrer aux impériaux que même si ce tableau est risqué, on ne va pas fléchir. »
Ils avancèrent de quelques pas, afin de ne pas trop s’exposer pour le moment.
« Je pense que nous avons peu de temps avant que les autres Stormtroopers ici présents apprennent ce que nous venons de faire, dit Tul’Soa.
- Raison de plus de ne pas trainer. Je n’ai pas forcément envie de servir de poupée aux détenus des geôles de Coruscant. »
Grâce à sa grande taille, le rakata observait la foule sur la large place face à eux.
« Que fais-tu ? demanda le duros.
- Je cherche une personne pouvant correspondre au Passeur, expliqua Tul’Soa.
- Mais nous n’avions aucune description. Comment veux-tu faire ?
- Ce personnage doit organiser des départs clandestins, ou des départs avec de faux documents, il doit donc se faire discret. De plus, tout le monde ici possède une destination à atteindre, un transport, l’entrée, un hôtel, un endroit où se restaurer, donc je scrute ceux qui semblent plutôt à la recherche de personnes ayant besoin de leurs services.
- Mais oui Sherlock, comme si c’était poss…
- Trouvé ! fit Tul’Soa d’un ton victorieux. »
Le duros crut d’abord à une blague, mais lorsqu’il vit les yeux plissés du rakata dirigés vers un point précis, il grimpa sur une caisse posée là et regarda dans la même direction.
« Regarde, dit Tul’Soa, j’en vois deux. L’un se trouve là, et le second de l’autre côté de ce checkpoint.
- Mmmmh en effet, constata Panaore. Mais lequel viser ?
- Disons que dans un premier temps, nous pourrions allez voir ce qui me semble être une espèce aquatique avec ses tentacules.
- Un nautolan.
- D’accord. Donc allons vers ce nautolan, inutile de risquer de passer ce checkpoint pour le moment. »

Prenant une profonde inspiration, ils se lancèrent en direction du nautolan habillé d’une épaisse veste verte et tournant sur lui-même.
Passant au travers d’une foule assez dense, tantôt pressée, tantôt plus calme, le binôme passa la première patrouille, leurs cœurs battant la chamade.
Panaore tira Tul’Soa par le bras, obnubilé par les différentes espèces qu’ils croisaient.
« Fais-toi discret, on ne doit pas attirer l’attention. »
Le duros savait pertinemment que si son compère se faisait remarquer, ils allaient finir par devoir s’expliquer de son comportement insistant et presque malsain auprès des impériaux.
Les méthodes de tortures impériales vinrent se chambouler dans l’esprit du duros, voulant absolument éviter cette case. Il voulait progresser, avancer vers un air moins suffoquant.
Une seconde patrouille les frôla, puis une troisième, suivie d’une quatrième et d’une cinquième. Le souffle haletant, se faufilant parmi les gros amas de voyageurs, ils approchaient de leur cible.
Panaore fit stopper le rakata et lui dit de se baisser au milieu d’un groupe de touristes togrutas. Une large embarcation contenant une dizaine de Stormtroopers circulait à faible allure non loin d’eux.
Une fois la menace passée, il poussa Tul’Soa vers leur destination, se rapprochant de plus en plus.
Le nautolan n’était plus qu’à une vingtaine de mètres.
Plus qu’une ligne droite et ils l’atteindraient, avec l’espoir de quitter cette planète.
Affichant un sourire de succès qu’il ne put retenir ni masquer, Panaore fit un signe discret au nautolan. Mais ce dernier ne réagit pas. Il insista, aidé par la rakata.
Mais lorsqu’ils le virent ouvrir sa veste, dévoilant des explosifs, ils stoppèrent leur avancée.
« Mort à l’Empire ! Chiens tusken d’impériaux ! hurla le nautolan en saisissant un boitier. »
Sans attendre, les Stormtroopers lui sautèrent dessus en le menaçant et essayant de lui retirer ce boitier.
Tul’Soa et Panaore changèrent subitement de direction à 90 degrés et partirent vers le second individu. Le duros grimaça, s’attendant à la détonation. Ils accélérèrent le pas.
« Mauvaise pioche, dit-il.
- Affirmatif. »
Une puissante explosion vint secouer les deux compères et fit trembler le sol. Des morceaux d’armures de Stormtroopers volèrent dans tous les sens et une pluie de sang et restes humains retomba sur les voyageurs trop proches.
« Ce n’est pas passé loin…
- Profitons de cette débandade pour passer le checkpoint et aller vers le second individu, dit Panaore, toujours à l’affût des ennemis en blanc. »
Sans perdre de temps, passant au milieu de troupes impériales se précipitant vers le lieu de l’explosion, ils foncèrent à travers les lignes adverses.
Le checkpoint n’était plus garder que par deux Stormtroopers, qui ne parvenaient pas à contenir la panique générale. Ils en profitèrent et se faufilèrent à travers l’épaisse foule extrêmement bruyante.
Ils faillirent se perdre de vue tellement les gens se ruaient dans tous les sens.
Lorsque des patrouilles aériennes commençaient à survoler la place et le spatioport, Panaore tomba nez-à-nez avec un zabrak au teint orangé. Ils s’observèrent un moment, l’être cornu examina les deux individus et lorsqu’il vit le hochement de tête du duros, il leur fit signe de le suivre.

Plus loin se trouvait un escalier menant aux nombreux sous-sols de maintenance. Ils s’y dirigèrent, y descendirent et y entrèrent, échappant de peu à un speeder impérial qui passa juste après eux.
« J’aime quand les plans se déroulent sans accroc, lança Panaore. »
Le zabrak leur fit signe de les suivre, car du monde se trouvait en ces lieux.
« Venez, je vais vous mener au Passeur.
- Vous êtes finalement facile à trouver, dit Tul’Soa, baissé afin de ne pas heurter la tuyauterie au plafond. »
Ils longèrent de longs tuyaux de gaz et carburant, tournèrent à gauche, puis à droite, avant de terminer derrière une porte au fond d’un cul-de-sac.
Une fois la porte fermée, le zabrak leur fit face, méfiant.
« Qui êtes-vous ? Pourquoi vouloir me trouver ? Qu’avez-vous à m’offrir ?
- Alors c’est vous le fameux Passeur ? dit Panaore.
- Répondez simplement à mes questions !
- Des voyageurs. Pour quitter Coruscant. Rien. »
Le zabrak s’adressa au duros, le mettant en garde :
« Je risque ma vie face aux impériaux, mon acolyte a déjà été fait prisonnier. Mon travail est juste, mais juste pour ceux qui fuient ce monde hostile, pas pour l’Empire. Et vous me dites que n’avez rien à m’offrir ?
- Je dis surtout que nous souhaitons quitter ce monde afin de répandre la justice dans la galaxie ! lança Panaore. Vous avez vu ce dont nous sommes capables ! Ce n’est qu’un avant-goût.
- Comment ça ?
- Notre ami nautolan était certain que son geste allait avoir des répercutions dans le cœur des opposants à l’Empire ! Nous devons lui rendre hommage et continuer notre quête vers la liberté ! »
Stupéfait par autant d’assurance et une prestance presque intimidante, Tul’Soa secoua la tête se manière impressionnée.
« On va détruire l’Empire, le ronger de l’intérieur, ajouta le duros. »
Ces mots eurent pour effet d’intriguer le zabrak.
« Nous sommes trop peu à nous battre… Nous devons nous rallier à d’autres, voilà pourquoi nous voulons partir pour le système Hosnian, afin d’y apporter notre aide !
- Un cargo va partir pour le Hosnian Prime, vous avez de la chance. Sinon il vous faudra vous contentez de Mygeeto ou Naboo. »
Le Passeur passa son regard sur les deux individus face à lui avant de dire :
« Votre quête est étrange, quoique spectaculaire. Je suis navré pour votre ami, ce devait être quelqu’un de déterminé.
- Hum… Oui tout à fait, très juste. Il aimait nager, ajouta maladroitement Tul’Soa. »
Face à ce blanc laisser en suspend, Panaore reprit :
« Vous êtes le Passeur, vous pouvez donc nous aider.
- Je peux en effet.
- Mais quel est votre prix ? »
Le Passeur sembla réfléchir, il n’avait pas encore rencontré d’opposants d’une telle envergure…
« Disons qu’en temps normal, c’est 5000 crédits le pass.
- Ce qui est énorme et totalement hors de nos moyens, fit Panaore en écarquillant les yeux.
- Mais je dois dire que votre quête est juste… Je dois gagner ma croûte pour ma famille, expliqua le zabrak, alors je ne peux pas vous offrir ce service. Il vous en coûtera, disons, 2000 crédits chacun. C’est un bon prix.
- Ce qui reste monumental, marmonna le duros en grimaçant. »
Face à cette offre, les deux compères semblaient bloqués. Mais le rakata, conscient de leur situation, sortit un objet de ses vêtements tout en soupirant.
Il dévoila un médaillon doré.
« Voilà ce que je peux vous offrir, dit-il d’un ton profond et grave, il s’agit d’un pendentif sacré pour mon peuple, une relique preuve de notre existence. »
Le zabrak saisit l’objet, perplexe.
« Il s’agit d’un objet de valeur, comptant pour moi, me rappelant mon peuple. Prenez-en soin. Vous n’imaginez pas ce que je vous lègue… »
Loin d’être convaincu, le Passeur l’interrogea :
« Qu’est-ce qui me dit qu’il ne s’agit pas d’une simple babiole ?
- Vous semblez avoir un passé, vous devez voir la valeur des objets. »
Le zabrak examina de près ce bijou et en estima un bon prix à la revente. Il hocha de la tête, approuvant l’échange.
Le rakata inclina sa tête afin de lui montrer un certain respect, voyant son médaillon disparaître dans une poche intérieure des vêtements du Passeur, finalement satisfait de cette acquisition.
« Bien, dit-il, je vais vous donner ce que vous êtes venus chercher. »
Il se baissa, souleva un de ses pieds, et sortit deux pass de l’intérieur de la semelle de ses bottes.
« Vous ne m’avez jamais vu et vous ignorez que j’existe, dit-il avant de leur tendre.
- Vous pouvez compter sur nous, dit Panaore.
- Merci encore, ajouta Tul’Soa en s’inclinant de nouveau. »
Ils prirent leurs tickets de sortie de ce monde.
« Je n’ai pas des clients ordinaires aujourd’hui… C’est un jour spécial.
- Comment ça ?
- J’ai déjà dû faire partir d’ici un duros et un gungan, qui cherchaient hâtivement à quitter la planète. Ils semblaient pressés, et étaient vulgaires.
- Duros et gungan hein, sourit l’ex-Maraudeur.
- C’est pour ça que lorsque vous m’avez trouvé à l’extérieur, j’ai réfléchi avant de vous guider jusque là. Ils ont voulu m’offrir du coaxium pour payer leurs billets, mais sachant que si l’on m’attrapait en possession de cela, je ne reverrais plus jamais ma famille, je leur ai dit d’aller chercher leurs pass ailleurs. Nous avons eu un échange musclé, mais je reste impitoyable lorsqu’on me cherche. Je suis un zabrak.
- Nous le saurons si nous nous recroisons un jour, ricana Tul’Soa. »
Le zabrak les invita à sortir de cette pièce et à rejoindre le couloir.
« Quelle direction prendre ? demanda le duros.
- Vous pouvez remonter et passer les checkpoints sans soucis. Ces pass sont les meilleures contrefaçons qui existent en ce moment, enfin, concernant les transports.
- Ce que je veux dire, où sont partis ces deux individus louches ? précisa Panaore. »
Loin d’être stupide et comprenant leurs intentions, le Passeur leur indiqua le chemin. Le duros et le gungan avaient emprunté les couloirs de maintenance en direction des pistes de décollage.

Ils se séparèrent, l’un pensant avoir aidé une noble cause, les autres en ayant réussi une fois de plus à duper quelqu’un avec leur baratin.

Panaore et Tul’Soa marchèrent un long moment, suivant des indications sur des pancartes fixées aux murs, en direction des pistes du spatioport.
« Jamais je n’aurais imaginé croiser un être aussi drôle que toi Tul’Soa, dit Panaore en lui donnant une tape sur l’épaule, tu es vraiment incroyable, allant jusqu’à offrir un objet ayant une grande valeur sentimentale.
- Sentimentale oui, mais comme il s’agit de retrouver mon peuple, ce bijou n’est rien comparé à mon ambition.
- Ton objectif est donc de retrouver les vestiges de ton peuple ?
- S’en est un, de mes plans, oui.
- Un ?
- Oui, je vais aussi récupérer toute documentation sur mon monde d’origine, sur la Forge stellaire et les kwas. Sans cela, je ne pourrais pas entreprendre de ramener mon peuple à la vie, nous serions bien trop exposés et vulnérables face aux sombres pensées de l’Empire.
- Ramener les tiens ?
- Bien sûr. Je suis sorti de stase par accident. Ma présence indique qu’il y a de fortes probabilités que d’autres de mon espèce dorment ailleurs dans cette galaxie. Je me dois de les retrouver.
- Cela semble impensable et presque inaccessible, mais aussi enivrant.
- Tu n’as pas idée Panaore… Je compte retrouver notre monde tel qu’il était lorsqu’on m’a emprisonné… »
Sur ces mots, Panaore ne sut quoi répondre, et au fond, il ne voulait pas savoir, car il s’était fait un ami qui pour l’instant, lui avait évité bien des ennuis.
« Donc ta destination est le système Hosnian ? fit-il.
- Exact. Je dois fouiller les archives Jedi qui ont été transportés là-bas il y a peu de temps. »
Le duros ne vit pas vraiment d’intérêt à partir dans ce système, car la surveillance devait y être tout aussi infernale qu’ici… Il cherchait davantage à atteindre une planète plus isolée, moins peuplée et urbaine pour revoir sa stratégie de reconstruction.
Mais au fond, ce rakata était prometteur, il pourrait être un allier important dans les jours à venir. Pourquoi ne pas s’engager dans son périple, tout en gardant un certain détachement et un but à part ?
Se séparer d’un compère à ce stade de leur avancée serait du suicide, car seul, il n’aurait aucune chance face à ses anciens camarades. Il les connaissait par cœur et savait qu’ils ne tarderaient pas à retrouver sa trace, avec les milliers d’informateurs qui travaillaient pour eux dans presque tous les systèmes connus…
Afin de prendre un nouveau départ, son instinct lui fredonnait presque de partir avec Tul’Soa, car en unissant leurs capacités et qualités, ils pourraient être amené à s’entraider l’un l’autre. Mais fallait-il encore que le rakata soit intéressé par autre chose que son objectif, ce dont il doutait fortement.
Dans un premier temps, Panaore allait monter dans ce transport, il verrait pour la suite et choisirait sa meilleure option une fois loin de Coruscant.
« Direction le système Hosnian alors.
- Tout à fait, fit le rakata en maintenant une allure hâtive.
- Nous verrons bien ce que l’avenir proche nous réserve. Nous sommes tout deux ambitieux, à la recherche d’une vie bien spécifique et... »
Panaore se tut et stoppa l’avancée du rakata en plaçant son bras devant lui. Il tendit son oreille et entendit des voix assez proches.
Deux voix différentes et bien distinctes étaient audibles.
Discrètement, ils passèrent leurs imposantes têtes à l’angle du mur et aperçurent leurs deux cibles. Le duros et le gungan se trouvaient pile en dessous d’un accès aux pistes. Ils semblaient hésiter à monter.
« Que faisons-nous sans pass ? demanda le duros au teint vert clair.
- Missa vais vendre coaxium pour que noussa partir loin d’ici. Pas d’autre choix.
- Tu ne préfères pas tuer quelqu’un et lui voler son pass ?
- Noussa déjà essayé et noussa devons être discrets, expliqua le gungan. »
Voyant qu’ils ne les avaient pas repéré, le binôme décida de la chose la plus juste à faire afin d’obtenir le coaxium. Ils pourraient échanger les pass contre le coaxium, dont la valeur était importante, et ainsi quitter Coruscant avec leur propre vaisseau acheté chez un marchand d’occasions. Mais ils choisirent une toute autre option.
Lorsqu’un vaisseau passa au-dessus d’eux, provoquant un bruit insupportable, et avant même que le gungan ne s’en rendre compte, il fut abattu d’un tir en pleine tête. Le duros, pris de court, fut touché à environ dix reprises avant de s’effondrer au sol.
« Il n’y a pas de petit profit, lança Panaore.
- Cela ne te fait rien de tuer un individu de ton espèce ?
- Venant du gars qui bouffait son propre peuple, ça fait bizarre.
- Je n’ai jamais mangé un des miens ! »
Arrivés aux deux corps fumant, ils les fouillèrent et y trouvèrent du coaxium raffiné. Le duros s’en frotta les mains, pressé de partir avec ce début de fortune.
Avec Tul’Soa, ils se tapèrent les poings entre eux, comme s’ils se connaissaient depuis longtemps.
« Ne perdons pas de temps, dit le rakata en grimpant à l’échelle située là. »
Tout deux sortirent aux abords d’un checkpoint. Ils attendirent que la voie soit libre puis se hissèrent au-dehors. Ils se rendirent ensuite vers les impériaux, en présentant leurs pass et prétextant qu’ils s’étaient perdus après le contrôle d’identité des douanes.
Après vérification de la validité de leurs tickets de sortie, ils furent invités à rapidement rejoindre la piste 4.9H, car le cargo GR75 à destination de Hosnian Prime allait partir.
Restant discret et filant avec des mines réjouies, Panaore le duros et Tul’Soa le rakata grimpèrent à bord d’un large transport, en direction de la liberté !
Modifié en dernier par Angedabe le Mer 22 Jan 2020 - 16:54, modifié 1 fois.
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Messagepar Angedabe » Ven 27 Déc 2019 - 18:40   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Chapitre IV
La Chasse


Aussi sale et souillée qu’était cette planète, Nar Shaddaa possédait néanmoins une qualité indéniable : des richesses aux multiples origines et provenances !
Monde connu comme étant un des plus grands repaires de hors-la-loi de la galaxie, cette sphère à l’aspect presque mécanique vu de l’espace, était la plus grande lune de Nal Hutta, capitale de l’espace hutt. Autant le dire : un coin de rêve dans cette partie de l’univers.
Mais critiquer Nar Shaddaa et ses vices n’était pas l’ordre du jour pour un individu encapuchonné en quête d’une proie.
Traversant rues et bordels à une allure mesurée, dans un quartier remuant, afin de ne pas attirer l’attention, il suivait un groupe d’humains, tous jeunes et éméchés. La fraicheur de la nuit incitait les gens à ne pas rester dehors, car les personnes isolées risquaient gros une fois le soleil disparu.
Le groupe stoppa son avancée pour se pencher au-dessus d’une rambarde, dans le but d’observer l’arrivée de deux navettes impériales dans le hangar situé à plusieurs centaines de mètres de la plateforme d’activité sur laquelle ils se tenaient. Le célèbre Nébulus, un train tenu par un puissant hutt, passa au loin à vive allure, dans son voyage autour de la planète.
L’un des jeunes faillit basculer tellement l’alcool le désorientait.
Leur suiveur, discret, fit mine de s’arrêter en s’accoudant au comptoir d’un bar extérieur.
« J’aime bien les impériaux moi ! lança une fille. Ils nous protègent si on ne fait pas de bêtises !
- Mais comme tu en fais très souvent, lui rétorqua un homme en la saisissant par la taille, tu n’es pas en sécurité ! »
Ils s’embrassèrent langoureusement, sous les yeux des trois jeunes hommes visiblement jaloux et gênés.
« Allez on continue, fit le plus jeune, sinon je vais me faire disputer en rentrant…
- Tu vas de toute façon te faire disputer, vu que tu es parti en douce à un moment crucial…
- Ne m’en parle pas.
- Allez viens Tansni, lança un de ses amis en l’attrapant par l’épaule, on te ramène ! Et si jamais cette réunion se passe mal chez tes parents, on t’aidera à expliquer les raisons notoires expérimentales des raisons de notre franche et irréversible cavalcade !
- Ce que tu dis n’a aucun sens… »
Ils pouffèrent de rire avant de reprendre leur route.
Un doux sentiment de fierté envahit l’être encapuchonné, car ce Tansni se trouvait être sa proie. Enfin, pas directement, mais il allait l’aider à atteindre son objectif, dans très peu de temps…
Il quitta son accoudoir et continua sa filature.
Le groupe de jeunes descendit un long escalier menant vers un quartier moins malfamé, vers les domiciles de grands noms de la galaxie, les individus cherchant à se cacher aux yeux de ceux qui leur en voulaient ou envers qui ils avaient des dettes colossales.
Le quartier du Nardi contenait beaucoup d’habitations gigantesques, sans les vagabonds et voleurs dans les parages, cet endroit pourrait être comparé à Holl’navi’Wood, les seules hauteurs de Coruscant occupée par les plus riches individus de la galaxie. Mais ici, c’était Nar Shaddaa, alors valait-il mieux ne pas être trop fortuné, ou alors bien armé, pour y vivre sereinement et garder ses biens en sécurité.
Les jeunes laissaient derrière eux une des cités les plus imposantes de la lune, ils venaient d’en sortir et continuaient à descendre ce long escalier. Des abyssins, arconas, nuxans ou encore narquois dormaient le longs des marches, ivres morts. Une nauséabonde odeur d’urine et de vomi envahissait ce lieu.
Pour ce traqueur encapuchonné, chasser était normal, c’était dans son sang, dans ses origines. Ce groupe de jeunes n’étaient pas difficile à suivre, d’autant plus qu’avec leur état, ils ne faisaient nullement attention aux personnages alentours.
Il avait quitté son monde natal afin de partir en quête de proies dignes de lui, et après avoir un temps œuvré pour l’Empire et avoir traqué des opposants et même un Jedi, il finit par s’enrôler pour plusieurs syndicats du crime dans plusieurs systèmes.
Dans son domaine, il était bon, voire très bon. Ses capacités faisaient de lui un individu peu recommandable, impossible à cerner et comprendre. Rapide, vif et inébranlable, il trainait sa propre ombre derrière lui.
Depuis quelques temps, il avait proposé ses services à un gang de Nal Hutta, en guerre face à un clan naissant nommé les Fils de la Médiane. Le gang basé dans la capitale de Nal Hutta avait pris pour cible les têtes pensantes de leurs ennemis, car sans eux, les autres, de simples moutons, n’auraient pas su réagir et se seraient bêtement exposés, sans penser aux conséquences.
Cette mission se présentait comme simple, banale, et le résultat se devait d’être radical.
Enfin, une haute arche de métal se profila plus bas, à la fin des escaliers. Mais au lieu de descendre le reste des marches et rattraper les jeunes qui s’étaient adonnés à une course jusqu’aux premières demeures du quartier, il prit son élan et sauta par-dessus la rambarde de l’escalier pour s’agripper à une étroite piste suspendue initialement prévue pour les droïdes livreurs et auparavant, les drones de sécurité et surveillance.
Cette piste, pas plus large qu’une poutre basique, longeait tous le quartier à une vingtaine de mètres de haut. La nuit le camouflait. Il suivit tranquillement les jeunes sans trop s’exposer, passant par-dessus de splendides habitations renfermant sûrement de noirs secrets.
Avec sa démarche sereine et son apparence peu rassurante, personne n’aurait osé l’interpeller. Un droïde de livraison de Pizza Hutt s’approcha à vive allure. D’un bond assuré, il l’évita. Néanmoins, lorsqu’il retomba sur la poutre, un bruit métallique résonna dans ce quartier. Les jeunes en furent intrigués et cherchèrent sa provenance, mais ne virent rien, hormis des maisons et panneaux tournoyants autour d’eux.
La longue rue assez large que composait le quartier du Nardi, se voyait remplie de multiples maisons bien alignées.
Côté Vue, l’arrière des habitations donnait sur un panorama spatial, puisque qu’au bout des propriétés, il n’y avait rien hormis un haut vide donnant sur une des rares plaines de Nar Shaddaa. Les maisons y possédaient des jardins assez luxuriants, il s’agissait des propriétés des plus riches. Certains possédaient des bassins, d’autres des pistes d’atterrissage, ou encore des arènes pour combat d’animaux.
Côté Cité, il s’agissait souvent de terrains vagues ou de simples lieux de rencontre, il n’y avait rien de particulier autour de ces maisons.
Personne ne s’y aventurait seul, et si quelqu’un s’y risquait, rien n’assurait son retour en vie…
Au bout d’une dizaine de minutes de marche, sa cible dévia du groupe en les saluant maladroitement. Tansni tituba jusqu’à l’entrée d’une immense propriété. Il se cacha derrière un buisson, puis contourna hâtivement le bâtiment blanc, aux hautes colonnes et à la végétation touffue.
Le jeune homme disparu sous un arbre au feuillage épais. Trois individus larges d’épaules effectuaient des rondes dans la propriété et le manquèrent de peu. Il s’agissait de trois yevethas aux airs peu commodes.
N’importe qui aurait pu deviner qu’il se tramait quelque chose derrière ces murs. L’individu encapuchonné s’accroupit et observa, cherchant à déduire le nombre de personnes à l’intérieur, car il voyait du mouvement derrière les vitres et hublots.
Son flair lui indiqua que sa mission s’annonçait être plus compliquée que prévue…

Cherchant à ne pas faire de bruit et ne pas se faire remarquer, Tansni usait d’une concentration mouvementée et peu lucide pour y parvenir. Il s’appuyait tellement fort sur les murs que n’importe qui aurait entendu ces bruits en temps normal, mais la réunion ayant lieu dans sa maison masquait son arrivée.
Après avoir traversé une partie de la végétation organisée en labyrinthe pour plus de sécurité, il passa entre quelques invités non intéressés par ce qui se disait à l’intérieur, préférant profiter de ce jardin magnifique, entretenu par la mère de Tansni.
Le jeune homme fit mine d’être fatigué puis passa la porte arrière en guettant le moindre mouvement.
Son père, Jafac Sic, un humain originaire de Corellia, ayant fait fortune dans le trafic d’esclaves, lui avait interdit de sortir ce soir là, car cette réunion pouvait fortement intéresser leurs ennemis. Les rumeurs planaient sur Nar Shaddaa vis-à-vis de cette rencontre entre membres du clan des Fils de la Médiane, mais personne ne savait où se déroulerait ce sommet.
Sous l’effet de l’alcool, Tansni ne prenait pas conscience des risques de sa sortie nocturne. Il parvint néanmoins à se hisser jusqu’à l’escalier montant vers sa chambre. Durant son ascension peu discrète, il entendit la voix rauque de son père :
« Mettez-vous en tête que nous sommes tous les cibles de ces saletés de hutts. Nous leur avons fait mal, très mal, maintenant, il va falloir nous exiler un moment… Nous nous retrouverons loin d’ici, sur Bespin. En attendant, faites profil bas et surtout, ne vous exposez pas inutilement. »
Les acolytes de Jafac Sic acquiescèrent, même si certains voulaient davantage affaiblir les hutts.
Tansni comprit alors qu’il ne resterait pas ici. Une fois de plus, il allait devoir tout quitter… Il s’était fait des amis, de vrais amis qui comptaient pour lui… Scindé entre tristesse et ivresse, il monta dans sa chambre, laissant derrière lui une énième partie de sa vie se briser en mille morceaux.
Lorsqu’il referma la porte de sa chambre, Jafac Sic apparut au bas de l’escalier. Il embrassa sa femme, resplendissante avec son diadème en or, avant qu’elle ne rejoigne leurs convives. Puis Jafac jeta un œil vers l’étage supérieur, navré de le forcer encore une fois de le suivre, mais aussi déterminé à lui garantir sa sécurité. Il passa ensuite la porte arrière et se retrouva sous le grand Nalvidier, un arbre fruitier aux larges feuilles. La brise de la nuit lui permit de penser momentanément à autre chose qu’à sa situation et ses tracas grandissant de manière exponentielle.
Je dois mettre ma famille en sécurité, pensa-t-il, ils ne doivent pas payer pour les erreurs que j’ai commises.
Il s’alluma un cigare klatooinien, les meilleurs qui existent, et inhala une grosse quantité de fumée, avant de la faire sortir par ses narines.
Grees Yoti, un de ses gardes du corps yevetha, arriva face à lui.
« Personne aux alentours Monsieur, fit-il.
- Aucun mouvement suspect ?
- Non, aucun, hormis un groupe de jeunes ivres plus loin, rien. »
Cela rassura Jafac qui hocha de la tête.
« Faites en sorte que mon transport soit prêt d’ici deux heures, nous partons, Grees, nous quittons ce lieu pour un avenir moins obstrué par la graisse hutt. Je dois mettre ma famille à l’abri.
- Bien Monsieur. »
Au moment où le yevetha s’éloigna pour prendre la direction du hangar souterrain, son comlink s’activa, une voix déformée lui annonça :
« On a du mouvement devant. »
Jetant un œil vers son patron, et voyant son regard devenant nerveux, il se précipita vers l’avant de la maison.
Jafac jeta nerveusement son cigare au sol et retourna à l’intérieur.


À suivre...
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Messagepar Angedabe » Dim 19 Jan 2020 - 18:34   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Je vous fais un rapide topo.
L'intrigue partira vraiment le chapitre suivant.
Les chapitres centrés sur les personnages au début étaient un parti pris, je vais un peu retravailler ça dans la version finale. Un ami et joueur m'a dit que je risquais que cette fan-fiction ne soit pas prenante dès le départ. J'espère au moins que la trame principale captivera davantage. ^^
Ma foi, je verrai bien. :transpire:
Je vais instaurer de petits résumés tiens !


Bonne lecture camarades. :jap:

--------------


Résumé de la partie précédente :
Sur Nar Shaddaa, un individu encapuchonné a suivi un groupe de jeunes, dont l'un d'eux a pénétré dans une maison anormalement surveillée par trois yevethas armés. Le jeune en question est en fait retourné à son domicile, où se déroule une réunion des plus étranges au sein d'un clan de bandits dont fait parti son père…


Suite du chapitre 4 ! :D

--------------


Grees Yoti le yevetha, arme à la main, arriva à l’avant de l’édifice. Il demanda à ses collègues :
« Alors qu’est-ce que c’est ? »
L’un d’eux lui indiqua une forme indistincte dans l’obscurité de la nuit, marchant de maison en maison de l’autre côté de la rue.
« Il est là depuis quelques secondes, expliqua le troisième, j’ai l’impression qu’il distribue des tracts ou un truc du genre. »
Grees s’avança jusqu’au bord de la route, examinant l’intrus.
« Qui est là ?! lança-t-il avec une voix qui résonna longuement. »
Il fit sursauter l’individu qui leva immédiatement les mains et s’immobilisa de peur.
« Montrez-vous ! Vous êtes dans un lieu privé ! Personne ne s’aventure dans ce quartier !
- Excu… excusez-moi… Je… Hum… Je cherche en fait à localiser un membre de ma famille.
- Quoi ?
- Je cherche un membre de ma famille, dit l’étranger en s’approchant lentement, je sais qu’il est sur Nar Shaddaa, alors je fais le tour des maisons…
- Vous perdez votre temps ! Nar Shaddaa est immense ! Partez !
- Oui oui oui tout de suite, mais laissez-moi au moins vous montrez à quoi il ressemble… »
Les yevethas virent alors un rodien, recourbé sur lui-même, tremblant de tous ses membres.
« Comme je l’ai dit, Nar Shaddaa est immense, expliqua Grees en rangeant son arme. »
Les autres en firent de même, car aucune menace ne semblait imminente.
« Justement, vous pourriez m’aider, ajouta le rodien, portant une bure assez fine.
- Éloignez-vous ! Sinon nous serons obligés de vous abattre. »
Le rodien stoppa son avancée, les yeux écarquillés.
« Allez chercher votre ami ailleurs. Ici, je n’ai jamais vu de rodien. On bosse là tous les trois depuis plus d’un an, et un gars de votre espèce ne nous dit rien. »
Le rodien se redressa légèrement et demanda :
« Vous n’êtes que trois ici ?
- Pour sûr, lança fièrement le yevetha, pas besoin de plus, on est les meilleurs. »
Affichant désormais un air moins apeuré et plus assuré, le rodien hocha de la tête et sourit.
« Que demander de plus ? fit-il en laissant tomber sa bure au sol. »
Il dévoila une combinaison brune assez fine et un veston orange pâle délavé, ainsi que deux pistolets blasters fixés à un ceinturon de cuir.
Vif et précis, l’individu à la peau verte et aux doigts en ventouses tua les trois yevethas avant même qu’ils ne puissent réagir.
« Je tire toujours en premier, ricana le rodien en progressant vers le chemin emprunté précédemment par Tansni. »
Le son des tirs mit en alerte tous les invités présents au rez-de-chaussée. Mais avant qu’ils ne puissent sortir et riposter, le visiteur saisit un détonateur thermique de son ceinturon et l’enclencha.
« C’est le moment où jamais ma belle, dit-il à la petite boule en l’embrassant. »
Se mettant à couvert derrière un large tronc d’un arbre blanc, il expédia le détonateur par une fenêtre. Des cris d’hommes et de femmes, de diverses espèces, précédèrent une terrible explosion, qui détruisit tout à ce niveau.
Faisant preuve d’habileté, le rodien abattit deux Molosses corelliens dotés de deux grosses chaines autour de leur cou. Les bêtes tombèrent au sol, dans une mare de sang mélangée aux débris de l’explosion.
Le rodien continua sa progression, éliminant quelques rivaux supplémentaires sur son passage à travers la végétation. Un autre Molosse corellien lui sauta dessus à travers les feuillages, il ne put éviter le choc et tomba sur une épaisse mousse au sol. D’une main, il retint la large mâchoire de l’animal, et de l’autre, il lui tira plusieurs rafales dans le ventre.
Le Molosse cessa de bouger, mais servit encore de bouclier à l’individu verdâtre lorsqu’un tognath lui envoya deux lourds tirs de fusil blaster. Un feu trop puissant ne permettant pas de survivre bien longtemps. Le rodien roula au sol et passa sous d’épaisses lianes.
Le tognath continua de tirer à l’aveugle dans les lianes et le reste de la végétation.
Un gémissement vint l’informer qu’il venait de toucher sa cible. Laissant échapper un dernier soupir, une rattataki alliée tomba à travers les lianes, le ventre percé.
Durant ce moment de latence, le tognath ne sentit pas partir le tir de blaster derrière sa tête. Celle-ci partie en éclat et ajouta une touche écarlate plus chaleureuse à ce décor verdoyant.
Se plaquant contre un des murs de la maison, le rodien écouta, canalisant sa respiration afin d’entendre un éventuel son indiquant d’autres membres du gang encore vivant.
Mais rien. Il n’y avait plus aucun bruit.
Prudent et sur ses gardes, il pénétra dans la maison.
Les flammes s’étendaient de plus en plus, de nombreux cadavres carbonisés et explosés gisaient au sol. Il constata la présence de toutes ses cibles, sauf une…
Quelqu’un bougea parmi les décombres. Une main remua sous un gros chagrien brûlé. Le rodien s’approcha et vit le visage à moitié enseveli d’une femme au visage noir de suie, et portant un diadème doré. Il pouvait lire « aidez-moi » sur ses lèvres, mais il n’en avait rien à faire, ce n’était pas sa mission. Il la laissa souffrir sur un sol bouillant et sous ce lourd cadavre.
Il découvrit alors l’escalier monter à l’étage et y constata des traces de semelles fraîches. Il y passa un doigt et analysa l’odeur. Métal et alcool. Tansni… Ou peut-être sa cible prioritaire…
Restant à l’affut du moindre son, le rodien grimpa les quelques marches menant à une large impasse circulaire composée de quatre portes.
L’une après l’autre, il les ouvrit à grand coups de pied. Il les scruta toutes de manière sommaire, sans y apercevoir quiconque.
Il lui resta une porte, même pas fermée, mais entrouverte.
Lentement et avec méfiance, il la poussa et l’ouvrit. Face à lui se trouvait le jeune Tansni, assis sur son lit, contre le mur, les yeux exorbités.
Mais aucune trace de sa cible principale.
Voyant l’état de terreur dans lequel était le jeune homme, il profita de cela pour l’interroger :
« Où est ton père ?!! »
Il n’eut qu’un hurlement strident aux innombrables larmes en guise de réponse.
Malheureusement, le rodien n’avait pas remarqué la mezzanine située au-dessus de la porte, et par ce fait, n’avait pas anticipé l’attaque furtive de Jafac Sic, armé d’une vibrolame.
Touché à l’épaule, le rodien hurla avant de se retourner vers son assaillant, descendu face à lui, l’air déchaîné et bestial.
« Tu as détruit ma vie ! Tu as tué ma femme ! Tu as tué mes amis ! Saleté d’animal !
- Ça n’a rien de personnel, sourit le rodien en se passant la main sur sa blessure.
- Pourquoi ne pas se contenter de moi ?!
- Pourquoi ne pas en profiter lorsque toute la bande est rassemblée ? »
Dans un cri sauvage et inhumain, Jafac se jeta sur le rodien, affaibli par le coup de vibrolame. Le visiteur évita l’attaque, roula vers la porte de la chambre et toucha Jafac à deux reprises au torse avec son blaster.
Dans un souffle étouffé, le parrain du gang des Fils de la Médiane tomba à la renverse sur le lit de son fils, sur les genoux de ce dernier.
Son bourreau se redressa et leur fit face.
« Mais qui es-tu ? demanda Jafac, sur le point de fermer définitivement les yeux. »
L’individu au veston orange pâle fit tournoyer son blaster avant de le ranger dans son étui. Il répondit :
« Takka. Navo Takka. Pour vous servir. »
Les flammes commençaient à grandir et bientôt, plus personne ne pourrait sortir vivant de cette fournaise. Jafac adressa un dernier sourire à son fils avant de mourir.
Navo Takka jeta quant à lui un regard assassin à Tansni, pleurant la mort de son père.
« Change de voie petit. Ce n’est pas fait pour toi, conclue-t-il en sortant de la chambre. »
Entendant un puissant hurlement émanant de la bouche encore pâteuse du jeune homme, le rodien sauta par une fenêtre à mi-hauteur des escaliers et atterrit dans un buisson.
Sans même voir que le jeune homme l’observait s’éloigner dans la rue par la fenêtre de sa chambre, Navo quitta hâtivement les lieux en entendant approcher les sirènes des véhicules de pompiers. Il disparut entre deux maisons plongées dans le noir.


À suivre...
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Messagepar Angedabe » Mar 11 Fév 2020 - 12:19   Sujet: Re: Star Wars - Band of strangers

Résumé de la partie précédente :
Sur Nar Shaddaa, un individu encapuchonné a suivi un groupe de jeunes, dont l'un d'eux a pénétré dans une maison anormalement surveillée par trois yevethas armés. Le jeune en question est en fait retourné à son domicile, où se déroule une réunion des plus étranges au sein d'un clan de bandits dont fait parti son père…
Le chasseur de prime rodien s'en est pris à une organisation nommée les Fils de la Médiane, des criminels cherchant à faire vaciller l'ordre dans les systèmes civilisés. Dans ce massacre funeste, il n'épargna qu'un jeune homme...


---------------


À bord d’un transport hutt en direction d’une destination moins repoussante, Navo Takka venait de réceptionner sa récompense, tout en occultant l’ombre qui planait au-dessus de lui à présent, car il avait commis une erreur...
Il fut remercié en personne par un dénommé Tunga le hutt et son épouse, Takina, aussi laide que baveuse. On lui proposa de l’emmener dans le système de son choix suite à ce succès critique.
Il reçut également, et surtout, comme consigne de ne plus jamais entrer en contact avec le cartel hutt, sous peine de devenir lui-même un contrat. Ses désormais, ancien employeurs ne souhaitaient pas être liés à ce genre de tragédie, même s’ils s’en vantaient intérieurement.
Les hutts l’invitèrent donc à quitter l’espace hutt le plus rapidement possible.

Progressant alors dans un couloir, en direction de la salle de contrôle, Navo sentit une odeur particulière, d’une connaissance familière…
Dégainant un de ses blasters, il visa un point d’ombre, dans un renfoncement. Une respiration rauque y provenait, suivi d’un rictus rocailleux.

« Nous nous retrouvons enfin, fit une voix.
- À mon grand regret, répondit Navo en serrant les dents. »

Un bout de canon d’un fusil long à répétition sortit de l’ombre et menaça Navo, l’air plus grave que jamais.

« Tu n’apprendras jamais…
- Je n’apprends que de mes erreurs, pas de mes succès, fit-il fermement.
- De quel succès tu parles ? »

Un trandoshan sortit sa tête reptilienne dans la lumière, les dents volontairement montrées en avant.

« Je gagne toujours Bossk, déclara le rodien. Je te devance trop souvent, ce qui fait de moi un chasseur bien plus efficace.
- Toujours aussi arrogant quand il s’agit de te mettre en avant sur le métier, siffla le trandoshan.
- Toujours. C’est nécessaire dans mon métier. »

Navo rangea son blaster et continua d’avancer. Le trandoshan en fit de même et lui emboita le pas.

« Tu ne pourras pas me fuir éternellement.
- Je ne fuis personne, dit Navo, et encore moins toi et ta troupe.
- Travailler seul peut s’avérer difficile et…
- Difficile mais très lucratif, le corrigea le rodien. »

Il pénétra dans une pièce pleine de consoles et moniteurs. Au fond se trouvait du matériel médical. Navo s’installa sur une banquette, retira sa veste légère et son gilet, dévoilant des hématomes suite aux événements de Nar Shaada.

« Ne pas solitaire te permettrait d’éviter ça aussi.
- Écoute Bossk ! lui fit Navo. Je ne suis toujours pas intéressé pour rejoindre votre équipe. Cesse d’insister dès qu’on se croise. »

Apposant une crème réparatrice sur ces bosses, le rodien montra qu’il savait parfaitement se débrouiller seul.

« Et puis vous n’êtes pas une équipe, ajouta-t-il, vous œuvrez juste pour la même bannière. Je vous connais bien, vous préférez tous bosser seuls avec vos propres méthodes.
- Peu importe. Tu aurais un endroit où te poser de temps en temps, Navo.
- J’ai déjà ce qu’il me faut, merci. »

Bossk voulait recruter le rodien, qu’il qualifiait d’excellent chasseur de prime, mais ce dernier refusait toutes ses offres.

« Sinon, dit le trandoshan en faisant mine de frotter son fusil, tu n’as pas eu vent de rumeurs par hasard ?
- Par rapport à quoi ?
- À ce conflit entre Fils de la Médiane et hutts, notamment.
- Je ne prends parti pour aucun clan. Je fais mon job, puis je me fais payer, voilà tout.
- Pourtant, tu risques un jour de te retrouver face à ce conflit, et tu n’auras d’autre choix que de rentrer dans un rang.
- Foutaises. Jamais je ne laisserai mon passé me rattraper.
- Oh… Tu risques d’être surpris… »

Après avoir appliqué cette crème, Navo sutura une plaie à son avant-bras droit.

« Je sais aussi faire la part des choses, expliqua Bossk, ne pas prendre parti.
- Pourtant tu traques les wookiees depuis des lustres, alors ne parle pas de neutralité s’il-te-plaît.
- C’est une vieille guerre, comme il y en partout. Les hutts parlent sans cesse, mais ils ont aussi un lourd passé avec les klatooiniens. Tout le monde possède un ennemi naturel.
- Naturel ? ricana Navo.
- Oui, car la nature nous a opposé afin de nous mettre à l’épreuve. Nous devons nous montrer impitoyables avec ces défis.
- Tu es venu pour quoi ? demanda Navo. Me faire la morale, tenter de me recruter ou me pondre une leçon d’histoire ? Sois précis. »

Sentant un agacement certain, le trandoshan observa l’attitude de son homologue chasseur de prime, se disant qu’il pourrait ajouter de la valeur à son clan.

« Tu sais très bien pourquoi je te parle, expliqua-t-il, sinon, je ne m’en prendrais pas la peine. Réfléchis juste à notre proposition, elle tient toujours. Boba ne le dit pas, mais il compte un peu sur toi. Mais nous ne laisserons pas nos portes ouvertes éternellement. »

Le trandoshan recula, puis s’en alla par la porte.

« Réfléchis bien ! »

Occupé à se soigner de ces infimes blessures, Navo reconsidéra l’offre que lui avait fait le clan de ce chasseur de prime, mais il préférait la liberté et n’avoir de compte à rendre à personne.
Cela faisait plus d’un an que dès qu’ils se croisaient, il avait le droit au même discours. Au bout d’un moment, il se dit qu’il valait mieux oublier cette option, afin de rester focaliser sur ses propres objectifs.
Sa liberté comptait beaucoup pour lui, tout comme la chasse. Ce rodien ne se voyait pas du tout faire parti d’un groupe.
Après avoir terminé de panser sa plaie, il décida alors de consulter les contrats disponibles sur l’holonet noir, un réseau caché difficilement piratable. Il prit connaissance une mission des plus intéressantes, juteuse et à sa portée. Éliminer un dénommé K, ennemi des hutts. L’information de sa position fut donnée depuis Bespin, par un contact du cartel.
Il décida de prendre le risque d’accomplir cette mission, car peut-être s’il leur rendait service, il pourrait certainement refaire affaire avec eux. Leurs récompenses étaient vraiment élevées et pourraient vite l’aider à se payer un vaisseau neuf.
Coruscant était donc sa prochaine destination.

Lors du trajet, il fut allongé dans un bain de bacta, histoire que sa blessure soit au maximum soignée à son arrivée dans le noyau. Le trajet se fit dans une ambiance désagréable, entre odeur de transpiration hutt et cris de personnes torturées. Être chasseur de prime n’était pas de tout repos.



Face à sa maison, entièrement consumée par le feu avant même que quelqu’un ne puisse agir, le jeune humain Tansni évacuait l’ivresse de son corps, la remplaçant par une profonde colère et un puissant sentiment de trahison.
Entouré de voisins, pompiers, curieux, rivaux détestant sa famille et se réjouissant de ce drame, il n’avait de pensée que pour Navo Takka, ce sale rodien, vermine, assassin, fourbe…
Il jura au nom de ses parents, que ce criminel finirait au bout d’une vibrolame. Jamais il ne cessera de le traquer.
Avant de s’extraire difficilement de la maison, il avait activé le signal de détresse des siens. Un membre éloigné ou proche des Fils de la Médiane ne tarderait pas à le rejoindre et l’emmener loin, sur les traces de ce rodien omniprésent dans son esprit.
Son souhait fut presque exaucé. Tansni l’ignorait, mais le dénommé Navo Takka avait bien failli être écrabouillé sous les coups d’un ennemi inconnu…



Approchant de Coruscant, dans le Noyau, le rodien observait cette ville planétaire avec une certaine appréhension, car il n’y était venu qu’une seule fois, lors d’une mission risquée où il avait dû saboter les engins de tout un bataillon de clones, quand la guerre faisait rage.
Si sa mission avait été un succès, il s’était trop exposé car un milieu urbain comme celui-là peut cacher d’innombrables pièges et traitres.
Il voyait beaucoup de vaisseaux de transport quitter ce monde, ainsi que de nombreux Destroyers stellaires stagnant, émanant une peur constante afin de rappeler que quitter ce monde sans autorisation était… mortellement puni.
Justement, une navette tenta de forcer le passage en filant à vive allure, mais fut détruire en trois tirs. L’Empire gardait une poigne de fer sur les gens en proie à la peur.

Après s’être penché sur son sujet et avoir enregistré d’autres informations concernant K. Les hutts le déposèrent sur un petit aérodrome, aux abords d’un complexe sportif et un centre de tir.
Navo s’en alla alors vers l’endroit indiqué par ces informations. K devait se trouvait dans un restaurant nommé le Beck percheur. Ce lieu, fréquenté par la haute société, ne ressemblait pas aux endroits où il chassait ses cibles habituellement. Généralement, elles se cachaient dans des bordels, des lieux malfamés, des régions isolées etc. Mais jamais dans un restaurant de luxe.
Installé avec une bière de Yavin à la main sur la terrasse d’un bar en face du Beck percheur, Navo restait focalisé sur son objectif, mais ne parvenait pas à rassembler tous les morceaux, perplexe et pensif.

Alors qu’il traquait ce fameux K, le rodien s’était en fait rendu compte qu’il chassait la mauvaise cible. En effet, sa cible, un sénateur soutenant les hutts, n’était pas K. Cela n’avait aucun sens. Pourquoi les hutts mettraient à prix la tête d’un type défendant leur intégration à la société galactique ?
D’après lui, les hutts visaient quelqu’un d’autre. Mais qui ?
Le sénateur Wes H. Kairo, un humain assez maigre, n’avait en rien d’un contrat, au contraire, il défendait ardemment les hutts, leurs droits ainsi que leur avenir.
Peu importe l’origine de ce contrat, Navo chercha dans un premier temps à dénicher celui qui allait lui rapporter un gros pactole. Il trouva une piste au sein même de cette place, jusque là où il suivit le sénateur. Ce dernier y donnait un discours en présence d’une foule assez importante.

La place des Anciens, dans un quartier chic, à une dizaine de kilomètres du Beck percheur, accueillait donc un défendeur des hutts, qui s’exclamait, défendait les hutts et proposait aux gens venus l’écouter de les intégrer dans les affaires de la galaxie. Son but était de rallier bon nombre de partisans avant de se rendre au Sénat galactique et de faire le forcing face aux nombreux systèmes présents.

Qui voudrait des hutts comme chefs ? se demanda Navo.

Si ce contrat avait été si vite mis en place et que la prime y été si importante, ce devait être pour une bonne raison. Navo pensa alors que les hutts voulaient tuer un de leurs ennemis directs. Il n’y voyait aucune autre explication. Wes H. Kairo n’était pas sa cible, donc, son objectif devait être lié à lui.
Si ce K n’était pas la cible. Alors la vraie cible devrait être également présente.
Navo usa de son expérience, de son passé, de ses précédents contrats, pour résoudre cette équation. Faisant appel à son bon sens et à sa logique, connaissant un minimum les hutts, il en déduit que le sénateur devait être la cible de K, cela expliquerait le montant de la récompense et la rapidité avec laquelle les hutts avaient obtenu des informations.
Malheureusement, avant qu’il ne puisse pleinement en prendre conscience et commencer à chercher son objectif, le drame arriva…
Sans même que le rodien ne puisse prendre connaissance de la provenance du tir, la tête de Wes. H. Kairo explosa, projetant des morceaux de crâne et des tissus humains sur les personnages politique et militaire autour de lui.
Avec une explosion plus lointaine au même instant, propulsant de nombreux débris sur les passants, ce fut rapidement un chao total. Les gens se bousculaient, cherchant à s’éloigner le plus vite possible de cette place.
Dans ce vacarme indescriptible, Navo se hissa au sommet d’une statue afin d’avoir une vue dégagée. Il chercha en hauteur le moindre mouvement suspect. Dans les immeubles, sur les toits, partout.

Il constata alors la présence d’un individu, haut perché au loin, sous un voile, au sommet d’une tour d’astronomie. Il ne put déterminer sa position exacte, et décida donc se rejoindre cette tour. Il repéra un petit quartier résidentiel un peu plus loin, elle devait s’y trouver.
Très vite, grâce à ses talents de pisteurs, le rodien retrouva l’emplacement exact où était monté le tireur isolé. Son dernier passage était récent. Il examina le bas de l’échelle par laquelle il était monté, et senti une forte odeur de transpiration.
Plus loin, aux bords d’une flaque d’eau, à l’entrée d’une rue faisant le tour d’un pâté d’habitations, il remarqua deux traces de pas. Il en vit d’autres plus loin qui tournaient dans un cul-de-sac, aux abords d’une vieille usine désaffectée.

Où est-ce que tu te caches ?

Saisissant son blaster, il progressa longtemps dans un endroit de moins en moins accueillant, puis arriva devant une grille à moitié éventrée. Une personne passée par là y avait déchiré ses vêtements, du tissu y était accroché. Il sentit et comprit vite qu’il s’agissait de la même présente avant, au pied de l’échelle.
Ne voulant faire aucun bruit, il sauta par-dessus le grillage à moitié ouvert, et retomba furtivement sur un sol très glissant. Une puissante odeur de carburant vint lui chatouiller les narines.
Plus loin, les mêmes traces de pas tournaient dans un bâtiment désaffecté. Ce devait être une réserve de nourriture autrefois, car des restes de boite et carton trainaient par-ci par-là.

Prudent et sur ses gardes, Navo pénétra dans le bâtiment, obscur et humide. Il ne voyait rien à plus de deux mètres. Plus il s’enfonçait, plus la luminosité baissait.
Régulant sa respiration, il finit par être dans le noir total. Mais allumer une lampe n’était pas une bonne idée, il devait s’orienter dans le noir, en tâtant les murs et en ne faisant aucun bruit. La résonnance était importe, il pouvait l’entendre avec des gouttes d’eau qui tombaient dans des flaques.
Perturbé par une odeur indistincte au fond d’un couloir, Navo ne prit pas garde et heurta une caisse de métal qui alla frapper le sol sans qu’il ne puisse la rattraper. L’écho fut lourd et long, faisant augmenter la vitesse des battements de son cœur.
Ses antennes percevaient pas mal de vibrations, mais aléatoires et impossible à localiser avec précision.
De nouveau plongé dans un silence inquiétant, Navo reprit son avancée jusqu’à arrivée devant un encadrement de porte. Les vibrations augmentaient, l’obligeant à armer son arme, prêt à riposter en cas d’attaque.

Des bruits de pas l’alertèrent. Il baissa son arme, sentant que son ennemi était plus petit que lui. Deux yeux jaunes apparurent et disparurent tout aussi rapidement suite à un tir de blaster. Au moment de tirer, Navo avait remarqué qu’il s’agissait d’un gros rat des bas fonds.
À la fois rassuré et se sentant stupide, il ne sentit pas le réel danger arriver dans son dos.

Un coup de pied puissant vint le projeter dans la salle face à lui, le faisant tomber dans des petits ossements et excréments de rats. Il sentit ensuite une imposante masse lui retirer son arme et la lancer dans le noir au loin.
Puis un coup de poing vint le sonner et lui faire perdre toute notion d’orientation. Il fut agressé de plusieurs coups de poings au torse et au visage. Le son des coups résonnait et indiquait à ses antennes l’emplacement et la corpulence de son assaillant. Il savait maintenant qu’il chargeait vers lui et qu’il était costaud.
Dun geste, il roula au sol, faisant un croche-pied à son adversaire qui grogna et heurta à son tour le mur. En revenant sur ses jambes, Navo fit alors face au corps massif qui lui voulait du mal.

« Qui êtes-vous ? demanda Navo, essoufflé. »

Bougeant afin de ne pas être surpris, son adversaire ne bougea pas.

« Pourquoi avoir tué ce sénateur ?
- Pour mon peuple ! s’exclama sa cible. Pour le venger ! Vous ne m’aurez pas ! »

Sa respiration rauque indiquait sa position au rodien, mais il ne pouvait pas lui faire face physiquement, il ne faisait pas le poids.

« Pourquoi vouloir me tuer ?
- Pourquoi me traquer ? Pour m’avoir suivi jusqu’ici ? C’est vous qui voulez me tuer ! hurla l’individu avec une voix déformée. »

Un silence percé par des gouttes d’eau lointaine s’installa, les deux s’observaient à l’aveugle.

« Jamais je ne redeviendrai esclave ! Les hutts ont détruit mon peuple et ma culture ! Je me dois de détruire à mon tour tous ceux liés à ses monstres ! »

Le rodien recula d’un pas et sentit qu’il venait de heurter son blaster. Ce son vint aussi aux oreilles de l’autre qui laissa échapper un léger grognement de surprise avant de partir en courant.
Navo utilisa son blaster en tirant à plusieurs reprises en l’air afin d’éclairer momentanément les lieux. Il ne vit qu’un individu courir vers la porte de sortie et disparaitre à nouveau dans le noir.
Au loin, les pas s’éloignaient rapidement, puis finirent par se taire.
Le corps douloureux car les coups reçus l’avaient pas mal endommagé physiquement, Navo retourna par l’endroit où il était entré.
S’installant un moment pour souffler et faire le point sur ses blessures, il s’adossa contre le mur à côté de l’entrée.
Il gémissait et grimaçait.

Dans sa vie, il en avait pris des raclées, mais celle-ci était tout particulièrement douloureuse…
Un rat sortit du bâtiment et le fixa un instant avant de partir dans un égout.

« Désolé l’ami, fit Navo en gémissant, mauvaise cible… »

Ne sachant pas vraiment comment œuvrer pour la suite, s’il devait poursuivre cet individu ou simplement disparaître avant qu’il ne soit mêlé à cette histoire d’assassinat et que les hutts le prennent en chasse.
Il souffla longuement, roulant des yeux et secouant sa tête, n’acceptant pas d’avoir eu pareille correction d’un vulgaire tireur d’élite.
Préférant tout de même vivre et se faire oublier un moment dans un système lointain pour ne pas finir entre les mains des hutts, il faillit prendre la décision de partir au plus vite. Mais ses origines de chasseur et son obstination le forcèrent presque à continuer à la traquer. Il voulait un second round avec ce type…

Très vite, il décida de le suivre, quitte à prendre le risque de se fritter aux hutts.
Ce personnage devait fuir et quitter la planète dans les plus brefs délais, sinon, il ne donnait pas cher de sa peau. Il y avait la possibilité de disparaître dans les bas-fonds de Coruscant, de s’isoler dans un bordel immense au sud, ou bien s’embarquer dans un cargo pour s’en aller.
Navo savait que trop de possibilités ne le mèneraient nulle part. Il devait tout rassembler afin d’en tirer l’option la plus plausible.
Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?
Il s’était caché dans une vieille usine délabrée, ce qui pourrait dire qu’il ne craint pas l’obscurité ni les endroits malpropres, néanmoins, un tireur de ce genre se ferait vite repérer dans les quartiers pauvres.

S’il s’agissait d’un chasseur de prime comme lui, alors il s’était trompé de cible et devait donc être puni pour cela, puis radié.
Dans un premier temps, Navo ne vit d’autre option que de le suivre de manière générale. Il venait de partir vers l’ouest, alors il fit de même.

En débouchant dans une ruelle bondée de monde, possédant beaucoup de lieux de restauration, le rodien entendit un brouhaha devant un marchand ambulant.
Il s’en approcha par curiosité.

« Mais que s’est-il passé ? demanda un anzati en quittant son stand pour celui de son voisin violenté.
- Un salaud a tenté de me voler à manger ! s’exclama son voisin falleen. Puis il m’a menacé en me tirant par le col ! J’ai cru qu’il allait me tuer avec son fusil longue portée !
- Et tu vas bien ?
- Moi ça va mais regarde mon étale, il a tout renversé !
- Par où est-il parti ? demanda Navo au milieu de la foule.
- Par là ! cria le falleen en pointant du doigt un carrefour plus loin. »

Le rodien se précipita vers ce carrefour indiqué, offrant cinq possibilités de chemins empruntés par le fuyard. Il examina le sol, mais les traces de pas ne pouvaient être décelées parmi toutes celles présentes. Avec son agilité, il prit de l’élan et se hissa en haut d’un lampadaire penchant dangereusement sous son poids.
Le chasseur de prime scrutait la foule remuant dans les cinq chemins.
Alors mon ami ? Par où tu es parti ?
Plus loin, dans le deuxième chemin en partant de la gauche, il vit un individu avancer rapidement, puis se mettre à courir. Avec sa vue, Navo remarqua son fusil fixé dans son dos.
Sans attendre, il sprinta vers sa position.

« Quelle brute ! lança une vieille gabdorin, maintenue par un besalisk. Il a bien failli me faire chuter.
- Ces assassins n’hésitent pas à exhiber leurs armes… Ce doit être lui qui a tué le pauvre sénateur sur la place des Anciens, déclara le besalisk. Les gens ne parlent que de ça !
- Heureusement, il vient de démonter son arme, dit un rodien passant là, ce qui veut dire qu’il ne fera plus de mal à personne. »

Un élément compliquant la tache de Navo. Il demanda :

« De quelle espèce s’agit-il ?
- Je ne sais pas, il avait un drap bleu sur la tête, expliqua le rodien, ça se voit qu’il ne voulait pas être reconnu. Mais il était massif, très costaud. »

Un drap bleu servant de capuche.
Navo avait maintenant une piste. Il se mit à courir, se faufilant comme le pouvait entre les nombreux passants.
La tête levée afin d’espérer apercevoir un drap bleu sur la tête de quelqu’un, le rodien devait lui aussi faire attention afin de ne pas attirer les regards sur lui.
Contournant un groupe de muuns, il faillit heurter un Stormtrooper, posté là.
Son arrêt soudain, le fit se tourner, lui et ses trois camarades.

« Un souci monsieur ? demanda l’impérial.
- Vous semblez pressés ? insista un second.
- C’est peut-être le tireur, chuchota le troisième au quatrième. »

Légèrement essoufflé et perlant de sueur, Navo avala sa salive, bloqué par l’Empire lui-même…

« Alors ? Pourquoi courir ? redemanda le Stormtrooper.
- Je vous cherchez justement ! exagéra Navo avec une gesticule théâtrale… »

Il fit mine de reprendre son souffle en s’appuyant sur ses genoux.

« Je viens de voir passer un individu avec un fusil sniper fixé au dos !
- Quoi ?!
- Oui là-bas ! Au carrefour en face !
- Vous êtes sûrs ?! s’exclama l’impérial.
- Mon père était au discours du sénateur Kairo… (Navo reprend son souffle)… Il m’a dit que quelqu’un l’a tué ! Alors quand j’ai vu ce type bizarre, je suis venu vous chercher ! »

Prenant en considération ses paroles, le Stormtrooper mit un temps avant de faire signe à ses coéquipiers de le suivre. Trois autres, procédant à un contrôle d’identité plus loin furent aussi appelés.
Les soldats s’éloignèrent en forçant la population à s’écarter à leur passage.
Reprenant sa course, Navo tomba sur un mirador de contrôle impérial. Ralentissant, il n’y vit que deux Stormtroopers, installés devant des écrans de vidéosurveillance.
Y voyant là un moyen de remonter la piste jusqu’à sa proie, Navo s’échauffa les poignets.

Il grimpa les marches menant à la porte, suspendue à environ sept mètres, puis saisit sa dernière grenade aveuglante. Il toqua, puis lança la grenade en contrebas, provoquant un flash qui empêcha momentanément quiconque de voir quoique ce soit dans le mirador. Un léger vent de panique s’éleva.
Lorsque la porte s’ouvrit, Navo donna un coup de pied au Stormtrooper au niveau du tibia, puis lui envoya un coup de genou dans le casque, l’assommant. Il saisit ensuite le fusil blaster du soldat KO et le programma en tir paralysant avant de faire s’évanouir le second soldat. Il referma la porte et allongea les deux impériaux ensembles.
Face à de nombreux écrans montrant quasiment toutes les rues de ce quartier, Navo inspecta le chemin où il se trouvait jusqu’à enfin apercevoir le tireur au drap bleu. Il avançait droit vers le quartier commercial et le spatioport ! Il avait vu juste, ce type comptait quitter Coruscant.
Ne devant pas perdre de temps, il mémorisa l’itinéraire pour le suivre, capturant dans son esprit l’image de la rue coupant le long du grand centre commercial, droit vers le spatioport.

« Messieurs, fit-il en ouvrant la porte, merci pour votre coopération. »

Il sauta en contrebas des escaliers, sur une caisse, puis retourna au sol, courant à vive allure vers sa cible.
Croisant plusieurs patrouilles impériales occupées à contrôler les espèces qu’elles n’appréciaient pas, Navo Takka longea enfin le centre commercial Redrum 3. Au-dessus de lui passait un aérotrain.

Les coups reçus lors de cet échange musclé avec cet individu commençaient à lui faire mal. Il se massait le corps et la joue. Voulant absolument un second face-à-face avec lui, il n’allait pas le lâcher ! Quitte à le suivre à l’autre bout de la galaxie !
Une explosion lointaine, provenant du spatioport, lui fit oublier sa douleur. Il accéléra le pas.
Des gens couraient dans la direction opposée, le bousculant et l’empêchant d’aller vite.
Après une lutte acharnée pour ne pas finir écrabouiller par la population affolée, Navo arriva en vue du spatioport. Il s’avança jusqu’à la place où un léger fil de fumée s’élevait vers le ciel.
Il entendit :

« C’est un terroriste !
- Il n’avait pas le choix ! Il faut faire face à l’Empereur !
- À mort l’Empire !
- Mais où va la galaxie ? Je vous le demande.
- Il s’est fait exploser ! »

Progressant en passant discrètement quelques checkpoints, ensevelis sous des tonnes de voyageurs arrivant ou partant, le rodien cherchait du regard un drap bleu, mais n’en voyait pas.
Il craignait avoir définitivement perdu sa piste. Pestant contre lui-même car ce n’était pas digne de lui.
L’affolement général et les secours qui affluaient de partout n’arrangeaient rien.
En cherchant à l’aveugle, à travers la foule, il progressait tout en tachant de ne pas être repéré. Heureusement, l’événement ayant provoqué cette agitation lui permit d’arriver à l’intérieur du terminal du spatioport.

Ayant maintenant le temps de trouver sa cible, sans la pression impériale, occupée à gérer les sauvages derrière lui, Navo inspecta les destinations dans un premier temps.
Constatant qu’il pouvait être partout et pouvait vouloir allez n’importe où, il réfléchit au meilleur moyen de monter à bord sans avoir passé au moins un checkpoint de validation impériale à l’extérieur.
Croisant les regards de nombreuses espèces, il faisait le vide en lui afin de rapidement avoir une idée.
La lumière vint d’un miracle.

Tombant du sommet de ce terminal, au milieu des ascenseurs et escaliers, un petit drap bleu virevoltait, comme faisant signe à ce chasseur de prime que sa cible n’était pas loin.
Il s’avança jusqu’à se trouver au milieu de cette colonne et vit en son sommet, les chariots électromagnétiques transportant les bagages, prenant la direction des différents vaisseaux, éparpillés sur les pistes dehors.
Bingo.

Il observa les écrans d’informations et y vit trois départs imminents : Naboo, Alderande et Hosnian Prime. Le chargement actuel, en train de filer vers un cargo GR75, sur la piste 4.9H, correspondait à la troisième destination.
Navo afficha un sourire de victoire. Il s’empara de ce foulard bleu marine, alla s’acheter un billet de dernière minute, et cela, peu importe le prix, car il voulait retrouver son rival…
"Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or et au côté obscur, le monde et la galaxie seraient plus remplis de joie." J.R.R. Tolkien & Angedabe.
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