Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

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Messagepar mat-vador » Sam 29 Déc 2018 - 22:51   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Merci pour le retour Den :wink: !

Den a écrit:Et... Wahou! Tu as un vrai talent pour raconter ce genre de scène qui nous montre la folie humaine. Certes, tu sais écrire plein de choses, mais je trouve que ces scènes de folie meurtrière et de massacres te vont bien! :diable:


Ce doit être à force de prendre des vapodouches :whistle: !

Bref voilà la suite!

Dans cet extrait, vous allez retrouver de nouveau un certain bothan :sournois: !

Pers'lya ne parvenait pas à trouver le sommeil. Cette nuit n'était pas une nuit comme les autres, il veillait nerveusement dans son bureau chez lui, une résidence secondaire camouflé dans l'un des quartiers les plus huppés de la ville. Ses gardes du corps quadrillaient le jardin sans relâche, pour éviter que l'on attente à sa vie. Mais ce n'était pas cette sombre éventualité qui le tenait éveillé.
Non, il attendait seulement l'appel de Sœur Malen qui devait lui confirmer que Contispex avait été excommunié de sa confrérie.
Pour combler son impatience, il se leva de son siège et se mit à faire les cent pas. Malgré lui, il ne put se retenir de songer à cette séance houleuse du Sénat qui avait signé son arrêt de mort politique, et même manqué de signer son arrêt de mort, tout court.
Il n'avait pas oublié les harangues agressives de son adversaire politique implacable, le dépôt de la motion de censure à son encontre et le mutisme des sénateurs censés le soutenir mais qui ne s'étaient pas opposés à sa destitution.
Il n'oublierait jamais ces visages haineux dans la foule infiltrée par le Pius Dea, ces regards mortels qui l'avaient fusillé avant que l'émeute n'ait éclaté et que maître Terka et son padawan ne lui aient sauvé la vie.
Il n'oublierait pas qu'il était devenu moins que rien par la faute d'un seul homme et de son ambition. Julius Contispex. Cet homme avait porté le coup de grâce à sa carrière politique et à sa réputation, grâce à de savantes manigances.
Le bothan qui était encore Chancelier en fonction jusqu'aux prochaines élections, attarda son regard sur un buste à l'effigie de son oncle, ramené de Bothawui. Le buste trônait au sommet d'une armoire en bois wroshyyr. Bien que plongé dans la pénombre, le regard de la statue semblait le juger sévèrement.
Tu n'as pas fait tout ce qu'il fallait, semblait lui dire son oncle depuis l'au-delà.
-C'est vrai, mon oncle, murmura Pers'lya.
Il se souvint de ses années d'insouciance sur son monde natal, où la politique lui était un univers étranger. Il se souvint lorsqu'il y entra de plein pied, sur les encouragements de son oncle, un dignitaire parmi les plus respectés.
Il avait appris à sourire en serrant des poignées de mains, à noyer sous des formules plates et hypocrites les sujets les plus importants pour masquer ses véritables pensées, aussi insaisissables que le vent qui soufflait. Il avait appris à jauger ses interlocuteurs, à étudier la moindre crispation de leurs traits, le moindre hérissement de leur pelage.
Il avait appris à mentir, à tromper.
Son oncle l'avait formé à bonne école... il était devenu un politicien roublard. Et pour quel résultat, finalement?
La République était sur le point de tomber sous la coupe d'une secte obscure, la démocratie était au bord du précipice. Il s'était empêtré si profondément dans la politique qu'il n'avait pas remarqué le mécontentement et la lassitude des peuples qui composaient le Sénat. Il avait ignoré l'hostilité et le mépris des citoyens ordinaires tant humains que non humains envers les institutions, le Sénat, ceux qui étaient censés les représenter et les servir.
Voilà comment le Pius Dea avait prospéré en quelques décennies, en surfant sur la corruption qui gangrenait le régime et sapait ses fondations. Voilà comment Julius Contispex avait été élu sénateur de Coruscant en faisant miroiter un programme de redistribution des richesses envers les plus humbles, sur fonds de populisme teinté d'un vague discours religieux.
C'est de ma faute, avait réalisé Pers'lya après son agression devant le Sénat. Ces adeptes du Pius Dea, à l'origine des individus standard embrigadés par un discours prosélyte contre le vice et prônant la vertu, n'éprouvaient plus à son égard qu'une envie de meurtre.
Il aurait pu inverser la tendance pendant ses deux mandats de Chancelier mais il n'en avait rien fait. C'était depuis peu qu'il avait ouvert les yeux.
Il se demandait comment il avait pu laisser les choses déraper à ce point. Lorsqu'il avait accédé au poste de chef d'Etat, la situation était critique, certes. Mais elle avait empiré depuis, jusqu'au point de non retour.
Tu n'as pas fait ce qu'il fallait, semblait l'accuser le buste de son oncle d'un nouveau regard lointain.
Pers'lya détourna les yeux de la statue de son mentor, de plus en plus agité. Etait-il trop tard pour sauver la République?
Il espérait que non.
Un bip attira subitement son attention et il contourna de nouveau sa table pour ouvrir un canal sécurisé.
-Oui?
-Excellence, lui répondit un autre bothan. Nous avons intercepté un signal codé, un message plus précisément.
-Pouvez-vous le décrypter puis me l'envoyer?
-Veuillez patienter, cela prendra un peu de temps.
Le Chancelier déchu éprouva une impatience insoutenable, une seule personne pouvait lui envoyer un message à une heure si tardive. Les responsables avaient sans doute pris une décision cruciale à propos de Contispex.
Mes erreurs vont être rattrapées, finalement.
-Excellence? L’appela de nouveau son congénère. Nous avons terminé le décryptage.
-Merci.
Des parasites emplirent la pièce d'un son monocorde avant qu'une voix cristalline enrouée ne commença:
-Pers'lya...
Il se figea en entendant la voix de Soeur Malen. Elle paraissait mal en point lorsqu'elle épela son nom et il comprit tout de suite que quelque chose ne s'était pas passé comme prévu. Ses griffes s'enfonçèrent dans sa paume lorsqu'il serra le poing, sous le poids de la tension qui le tenaillait.
-Si vous recevez ce... message... C'est que nous avons... échoué...
Elle s'exprimait comme une personne qui avait mis les deux pieds dans la tombe. Le sang du bothan se glaça en réalisant ce que cela impliquait.
Le Pius Dea n'avait pas réussi à neutraliser lui-même Contispex. Si le Conseil des Sages n'avait pas été capable de le faire, comment lui le pourrait-il?
Il était sans doute trop tard pour sauver la République.
-À présent, continuait Malen,... c'est à vous qu'il appartient... d'en finir.
Il s'appuya sur sa table, déprimé par les paroles ultimes de son alliée.
-La vérité... cachée dans l'antre du démon... doit être révélée.
Les oreilles équines du bothan se levèrent immédiatement lorsqu'il perçut que ses mots masquaient un sens caché. Son instinct aiguisé de politicien lui hurlait qu'il s'agissait peut-être d'un code. Ce n'était pas un appel au secours mais un indice qu'elle lui délivrait.
Le moyen de contrer Contispex.
Il saisit son comlink personnel pour appeler le chef de sa sécurité.
-Capitaine Gre'lku, venez me voir dans mon bureau, immédiatement.
-Bien, Excellence.
Quelques instants plus tard, un officier bothan en uniforme mauve et au pelage sombre nuit, pénétra dans la pièce. Pers'lya lui expliqua succinctement de quoi il en retournait.
-Pouvez-vous retracer l'origine du signal? Lui demanda le dignitaire.
-Oui, cela prendra quelques minutes.
-Tenez-moi informé.
Pers'lya le congédia et se tourna vers la fenêtre pour laisser son regard se perdre dans l'horizon étoilé. Il croisa les bras derrière le dos pour maîtriser l'impatience qui galopait en lui. Il espérait que Contispex aurait commis une erreur, quoiqu'il ait pu réussir cette nuit. Personne n'était infaillible, heureusement.
L'officier revint le trouver au bout de deux minutes.
-Le message que vous avez reçu a été émis depuis le parc Zohen.
Pers'lya se figea en entendant ce nom. Il s'agissait d'un endroit de détente, un espace de verdure prisé par de nombreuses familles... avant que le Pius Dea n'en fasse le lieu de ses rassemblements clandestins. Le parc Zohen était situé non loin du siège du Sénat.
-Nous partons tout de suite, là-bas. Rassemblez autant d'hommes que vous pourrez.
Il ouvrit un tiroir à la volée pour en extraire un blaster mais le capitaine de sa garde l'arrêta. Pers'lya croisa son regard et surprit ses poils faciaux se hérisser à cause de l'angoisse.
-Excellence, les rues ne sont peut-être pas sûres. Je dois d'abord m'assurer que la voie est libre.
-Très bien.
Encore une attente insoutenable. Le dignitaire bothan déchu fit de nouveau les cent pas après avoir posé son blaster sur la table. Chaque minute qu'il perdait ici, renforçait un peu plus l'emprise de Contispex.
Cependant il comprenait les inquiétudes du capitaine Gre'lku. Le Pius Dea, du moins les partisans de Contispex, l'avaient pris pour cible devant le siège du Sénat et ils pouvaient recommencer. L'officier bothan revint le trouver, la mine plus sombre que jamais.
-Que se passe-t-il? Une comète vient de s'écraser? S'enquit le dignitaire alarmé, qui ne se put se retenir de laisser transparaître un brin d'ironie.
-On peut dire ça, monsieur, répondit l'intéressé avec un ton sérieux. Vous devriez consulter les médias locaux.
-À quoi bon? Les médias de Coruscant ont tous été rachetés par les Guildes Marchandes.
Les deux non humains n'ignoraient pas que certains membres haut placés des Guildes Marchandes appartenaient à la secte Pius Dea.
-Pas tous les médias, insista le capitaine.

Voilà j'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :cute: !

à la prochaine :hello: !
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Messagepar Dark GaGa » Mer 02 Jan 2019 - 17:10   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

tu teases, mat, tu teases...

Bonne utilisation du suspense et de la tension. Le message a été délivré, est-ce que le bothan aura le temps d'en faire usage alors que Contispex semble gangrener les forces de la République.
La situation est sur un fil, chacun joue ses pions, mais on sent que le mat ( :D ) approche et que la victoire sera à quitte ou double...
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Messagepar L2-D2 » Mer 02 Jan 2019 - 17:12   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Extrait (enfin) lu !

Et ça se termine à suivre en plus ! :sournois:

Belle analyse de Pers'lya, de son passé, ses motivations, son origine... avec même une forme de mea culpa presque touchante ! Mais très vite, l'intrigue reprend ses droits !

Vivement la suite pour savoir ce que les médias vont révéler... et si l'ex-Chancelier va pouvoir espérer contrer Contispex ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Mer 02 Jan 2019 - 18:58   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Dark GaGa a écrit:Bonne utilisation du suspense et de la tension. Le message a été délivré, est-ce que le bothan aura le temps d'en faire usage alors que Contispex semble gangrener les forces de la République.


L2-D2 a écrit:Vivement la suite pour savoir ce que les médias vont révéler... et si l'ex-Chancelier va pouvoir espérer contrer Contispex ! :oui:


Vous le sentez la confrontation qui s'engage entre les deux :diable: ..

Dark GaGa a écrit:chacun joue ses pions, mais on sent que le mat ( :D ) approche


Oh non! Elle a osé :paf: :paf: ...

L2-D2 a écrit:Belle analyse de Pers'lya, de son passé, ses motivations, son origine... avec même une forme de mea culpa presque touchante ! Mais très vite, l'intrigue reprend ses droits !


Je tenais à toucher à approfondir ce personnage, un Valorum avant l'heure :D !

Merci pour vos retours en tous cas :cute: !
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Messagepar Den » Ven 04 Jan 2019 - 14:24   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

A y est! C'est lu! :paf:

Un moment plus calme mais toujours passionnant! J'ai retrouver, avec plaisir, un Pers'lya vraiment profond. C'est fou comme j'aime ce pauvre bothan! Tu nous permets de mieux connaître le personnage, d'en apprendre plus sur ses motivations, sur son passé, ses aspirations,... et puis, tu nous balances un "à suivre" des plus frustrants! :grrr: MAIS avec la promesse d'un prochain extrait tout aussi passionnant! :sournois:

Ton style est plus posé, ici, mais n'en demeure pas moins bon! C'est un plaisir de te lire semaine après semaine et de sentir l'évolution stylistique de ton récit.

Bref, je suis passionné par cette histoire et j'ai hâte d'en découvrir l'acte final qui arrivera dans quelques chapitres, je suppose? :transpire:

Allez! Courage pour la suite! Nous, nous serons au rendez-vous! :wink:
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Messagepar mat-vador » Ven 04 Jan 2019 - 22:00   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Den a écrit:J'ai retrouver, avec plaisir, un Pers'lya vraiment profond. C'est fou comme j'aime ce pauvre bothan! Tu nous permets de mieux connaître le personnage, d'en apprendre plus sur ses motivations, sur son passé, ses aspirations,...


y en a qui sont fous des bothans ici :paf: !

Den a écrit:et puis, tu nous balances un "à suivre" des plus frustrants! :grrr:


Après Sauvez Willy, voici le film Sauvez Mat de la fureur du Den :transpire: !

Den a écrit:MAIS avec la promesse d'un prochain extrait tout aussi passionnant! :sournois:

Ton style est plus posé, ici, mais n'en demeure pas moins bon! C'est un plaisir de te lire semaine après semaine et de sentir l'évolution stylistique de ton récit.


:jap: :jap:

Den a écrit:j'ai hâte d'en découvrir l'acte final qui arrivera dans quelques chapitres, je suppose? :transpire:


Je confirme qu'il faudra patienter encore un peu :sournois: !

Merci pour le retour et tes encouragements et à très bientôt pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 05 Jan 2019 - 21:42   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Bonsoir, voilà la suite de cette fan fic!

Dans cet extrait, un Chancelier bothan destitué découvre la nuit d'horreur perpétré par le Pius Dea! Et cela ne va pas le laisser sans réaction :sournois: ...

Bonne lecture!

Il se posta derrière le chef d'Etat encore en fonction qui s'était assis devant son ordinateur personnel. Il ne leur fallut que peu de temps pour se connecter sur la fréquence d'un holojournal modeste mais indépendant.
Sur l'écran, le visage d'une journaliste nautolan apparut, ses nombreux tentacules crâniens autour de sa tête d'amphibien. Par dessus son épaule, alors qu'elle se penchait sur son micro, les deux bothans distinguaient ce qui semblait être les prémices du chaos. Des citoyens anonymes sortant dans les rues, les gestes fébriles et les traits livides.
Les appendices crâniens de la journaliste paraissaient secoués d'une vive nervosité.
-Bonsoir, nous sommes en direct du quartier Zerek, commença-t-elle. Des habitants nous ont appelés pour nous avertir d'évènements graves qui viennent de se dérouler. Comme vous pouvez le constater avec moi...
L'holocam qui la filmait, se tourna vers une devaronnienne aux traits tirés et à la chevelure défaite, vêtue d'un peignoir. La journaliste entra de nouveau dans le champ de l'holoprojecteur, dans l'intention évidente de l'interroger.
-..., plusieurs personnes sont sorties de leur habitations. Madame, pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé?
La devaronnienne tenait par la main une petite fille de la même espèce qu'elle, qui se blottit contre sa mère, apeurée.
-Eh bien, ma fille est venue me réveiller car elle entendait des cris dans la rue. Je me suis levée pour regarder par la fenêtre et j'ai vu...
La devaronnienne fut secouée d'un haut le cœur, comme prise d'une envie de vomir. Avant de sangloter, serrant plus fort la main de sa fille.
-Qu'avez-vous vu? Insista la nautolan après un silence gêné.
-J'ai vu un homme... un humain traîné dans la rue puis poignardé à mort sans pouvoir se défendre.
-Sous les yeux de votre fille?
La mère de famille désemparée pleura de nouveau, sous l'effet du traumatisme. L'holocam pivota de nouveau vers une forme inerte recouverte d'un drap, cachant hâtivement le corps d'une victime au milieu de la chaussée.
-S'agissait-il de cet homme? Demanda la journaliste en la montrant de l'index.
La devaronnienne glissa un regard hésitant par dessus son épaule et acquiesça d'une inclinaison du menton.
-Le connaissiez-vous?
-Non, c'était plutôt quelqu'un de discret.
-Avez-vous reconnu le ou les assassins?
-C'étaient des humains au crâne rasé et en toge rouge.
-Madame, ce que vous êtes en train de nous dire, est sans aucun doute très important pour nos holospectateurs. Pouvez-vous nous certifier avec exactitude que ces humains étaient des croyants de la secte Pius Dea?
Les bothan surprirent un frémissement dans l'expression de la devaronnienne.
-Oui, je peux le certifier, finit-elle par répondre.
La nautolan s'écarta d'elle après l'avoir remercié puis fit face à l'holocaméra, toujours le micro aux lèvres.
-D'après cette témoin, le Pius Dea serait donc impliqué. Si les évènements sont aussi graves qu'on peut le craindre, l'absence des Forces de Sécurité ou de la moindre autorité peut laisser songeur. Nous allons tenter d'en savoir plus.
Sans hésiter, la non humaine contourna les deux devaronniennes pour aller à la rencontre d'un couple de chagriens.
-Bonsoir, leur fit-elle. Avez-vous assisté à la scène?
-Pas du tout, nous avons seulement découvert ce qui s'est passé et ma femme est allée chercher un drap pour recouvrir le corps, expliqua le non humain. J'en ai profité pour appeler les Forces de Sécurité.
-Ils ne sont pas arrivés encore, fit remarquer la journaliste.
-En fait, ils ne viendront pas, martela le chagrien avec amertume. En tout cas, pas avant l'aube. Ils nous ont demandé de nous barricader chez nous et d'attendre que ça passe.
-Ils sont censés nous protéger, c'est incompréhensible! S'écria sa femme, indignée.
La journaliste inclina le menton, l'expression assombrie. Elle se tourna vers l'holocaméra, cherchant de nouveau atteindre l'esprit et le cœur de ceux qui l'écoutaient à une heure aussi tardive. Les deux bothans échangèrent un regard empli de malaise.
Pers'lya se sentit encore plus abattu qu'il ne l'était.
Tout est de ma faute.
-Des gens sont tués en pleine rue et les Forces de Sécurité n'interviennent pas, déclara la nautolan d'un ton maîtrisé malgré la tragédie. Voilà qui en dit long sur l'état de notre société, de notre République. Les institutions continueront-elles à laisser ce genre de crimes se reproduire?
Le dignitaire bothan ne put soutenir longtemps le regard de la journaliste qui semblait le fusiller à bout portant à travers l'holocam.
Il préféra fixer l'arrière plan, la rue bondée de résidents qui semblaient indécis sur la conduite à tenir.
La nautolan reprit:
-Nous allons tenter de discuter avec des habitants humains du quartier.
Avec résolution, elle se dirigea vers un jeune homme qui se tenait en retrait, deux mètres derrière elle.
-Bonsoir, monsieur. Ici le Quotidien Galactique, pouvons-nous vous poser quelques questions sur les récents évènements?
L'homme eut tout à coup un mouvement de recul, la crainte se lisant dans ses yeux.
-Non! Cria-t-il. Je ne peux pas parler aux journalistes!
-Pourquoi? Insista la nautolan.
-Je ne veux pas d'ennuis!
À travers l'holocam, les bothans l'aperçurent en train de faire volte face, comme pour fuir la peste. Gre'lku marmonna à demi-voix.
-De quoi a-t-il peur?
-Des représailles tout simplement, lui répondit Pers'lya. Certains humains pensent qu'ils se feront attaquer si le Pius Dea les surprend en train de nous parler.
Les oreilles équines de Gre'lku couchèrent sur le coup de la perplexité.
-Et la liberté d'expression?
-Vous ne connaissez pas bien Coruscant, n'es-ce pas, capitaine? Répondit son congénère avec un sourire mince.
-Je n'ai pas eu le loisir de la visiter.
Ils concentrèrent de nouveau leur attention sur la journaliste qui continuait d'arpenter la rue en ébullition. L'holocam qui la suivait continuait de retransmettre des visages exprimant de l'attente, de la curiosité et … de la peur.
La peur d'un avenir incertain les tenaillait tous.
Tout à coup, un cri lointain capté par le micro se mit à enfler en quelques secondes.
-Ils reviennent! Ils reviennent!
La journaliste freina brusquement et l'holocam pivota avec frénésie, capturant une scène figée de citoyens surpris et immobiles. Un silence lourd succéda aux exclamations d'un humain âgé barbu qui traversa la foule en courant, tout en ne cessant de hurler: ils reviennent.
Ils reviennent.
Des cris de panique furent renvoyés en écho d'un bout à l'autre de la rue et les gens se bousculèrent, cherchant à s'échapper pour rentrer chez eux. L'holocam capta les images d'une ruche gagnée par une terreur digne d'un troupeau de Nerfs affolés par la présence pas encore visible de prédateurs impitoyables.
Derrière la nautolan, les bothan revirent pendant une fraction de seconde, la mère de famille devaronnienne portant sa fille sur ses épaules et battre en retraite précipitamment, comme tous les gens sensés et tenant à leur peau.
Bientôt la rue se vida en quelques instants, les portes et les fenêtres claquèrent lors de leur fermeture. Derrière la nautolan, quelqu'un lui lança:
-Ne restez pas là! Ils vous tueront s'ils vous trouvent!
L'holocam filmait maintenant une rue déserte et la nautolan reprit avec une fièvre passionnée:
-Chers holospectateurs, si vous nous rejoignez seulement maintenant, sachez que la rue que vous découvrez en cet instant, vient de se vider suite à une rumeur annonçant l'arrivée de fanatiques du Pius Dea.
L'holocam s'attarda suite aux instructions de la nautolan, sur le corps abandonné au milieu de la rue, dans un silence sépulcral seulement rompu par ses déclarations.
-Si cette rumeur se confirme, quelles seront les intentions de ces adeptes? Perpétuer de nouveaux crimes ou bien effacer les preuves? Je ne doute pas que nous serons fixés d'un moment à l'autre.
Les bothan n'eurent pas longtemps à attendre. La nautolan vérifiait que ses écouteurs demeuraient en place sur ses appendices auditifs alors que l'holocam visionna tout à coup un groupe d'humains chauves ayant revêtu un long vêtement ample couleur sang sombre. Leurs traits impassibles trahissaient une inhumanité effrayante.
La haine brillait dans leurs regards.
-Les voilà, fit à mi voix la nautolan qui s'était derrière un nano réverbère. Ils ne m'ont pas vue, je vais essayer de m'approcher. Ils sont quatre... non attendez, cinq.
Si elle sut faire preuve de discrétion, ce ne fut pas le cas de l'holocaméra. Son objectif braqué sur les croyants finit par alerter l'un d'eux qui tendit un index hostile. Le son de sa voix fut capté clairement:
-Là-bas! Une impure!
-Ferglutz! Jura la nautolan.
Elle passa précipitamment devant l'instrument qui filma l'approche des fanatiques, dont l'un d'eux exhiba tout à coup un blaster.
-Chers holospectateurs, nous devons rendre l'antenne immédiatement! La diffusion de notre média reprendra le plus vite possible lorsque la situation se sera hum calmée.
L'holocam trembla lorsqu'elle l'attrapa, alors que des détonations claquèrent, brisant le silence de la nuit.
Un écran noir emplissait maintenant le champ de vision des bothans pétrifiés.
-C'est donc ce qu'est devenue la République, Excellence? Demanda Gre'lku.
-Cela en prend le chemin, capitaine. Visiblement, les rues ne sont pas sûres comme vous le craigniez mais nous devons tout de même agir.
-Si le Pius Dea se répand dans les quartiers de la Cité Galactique, je ne pourrais pas assurer votre sécurité même en réquisitionnant tous les hommes.
-Je sais, capitaine.
Le Chancelier encore en exercice repoussa son siège et se remit à faire les cent pas. Il évita soigneusement le regard vide du buste de son oncle qui le dominait de son piédestal. Il sentait ce regard peser comme s'il était encore de ce monde.
Finalement Pers'lya leva la tête vers le buste.
Ne te jette pas dans la gueule du rancor de façon inconsidérée. Assure-toi que les risques s'avèreront utiles et proportionnés aux objectifs que tu t'es fixé.
Il revint alors vers le capitaine, en attente de ses instructions.
-Nous partirons au parc Zohen aux premières lueurs de l'aube.
Gre'lku marqua un soulagement discret.
-Bien, Excellence. Mais ce serait mieux encore si vous faisiez appel aux Jedi.
-Les Jedi ne feront rien, les Forces de Sécurité pas davantage. Personne d'autre ne s'élèvera contre le Pius Dea.
Les traits de Pers'lya étaient empreints d'une profonde amertume.
-Nous sommes seuls, capitaine Grel'ku.
Pers'lya fixa de nouveau le buste de son oncle défunt. Il était temps d'agir.
Je suis le seul qui puisse arrêter Contispex avant qu'il ne soit trop tard.


[… Je me souviens de cette nuit où je fus réveillé par une perturbation de la Force. Cette nuit, nous avons été nombreux à le sentir. Alors que j'arrive au crépuscule de ma vie, j'ai pris conscience de ce qui avait pu se passer.
Je me souviens cette nuit, d'avoir bondi de mon lit et de errer dans les couloirs du Temple de Coruscant, au milieu de d'autres condisciples dont mon amie Zeri. J'ai croisé son regard et celui de beaucoup d'autres, perdu au milieu des murmures et des questions que cet événement insolite avait soulevées.
J'ai lu l'incertitude dans leurs yeux, et dans ceux de mon maître Ri'ila Terka. Nous avons entendu résonner dans les flux de la Force, des cris. Des hurlements de gens précipités en enfer en une fraction de seconde, en un battement de cils imperceptible.
Ce fut tellement soudain que la Force elle-même perdit de sa substance. Certains d'entre nous parmi les plus réceptifs à son énergie, eurent des visions de ce qui s'était véritablement passé. Je fus de ceux-là.
La Force m'a montré des visages flous tordus par la terreur et l'agonie de victimes s'écroulant sur elles-mêmes. Tendant les bras vers moi comme pour tenter de s'accrocher désespérément à la vie. J'ai aperçu d'autres visages aux traits grimaçant de haine, dépourvus de compassion, de bourreaux les frappant à mort avec des armes blanches.
Quelque part dans Coruscant, il s'était produit un événement terrible. À ma grande honte, je reconnais que le Haut Conseil ne prit pas au sérieux mes visions, au contraire de maître Terka qui avait pris le risque de défier ses pairs. Elle m'avait cependant prié de ne pas faire davantage de vagues car mon adoubement devait avoir bientôt lieu.
Je lui ai obéi.
La seule décision que prit le Haut Conseil fut d'envoyer des groupes de Jedi expérimentés patrouiller aux alentours du Temple, dans les quartiers avoisinants. Des faits troublants furent alors rapportés, comme ces quelques cadavres retrouvés dans les rues. Des témoins qui refusèrent de s'exprimer pour la plupart, hormis quelques téméraires qui mentionnèrent l'implication du Pius Dea.
Les Forces de Sécurité brillèrent par leur absence, nul doute qu'un homme redoutable à l'influence tentaculaire les avait muselés. Le pouvoir central plongé dans la confusion suite à la destitution de Pers'lya et malmené par les pressions des alsakanis, se fit remarquer par sa discrétion. La plupart des médias ne mentionnèrent même pas ces évènements. Aucune enquête ne fut lancée.
Le silence était le maître de la République à cet instant. Jusqu'à ce qu'un autre maître, bien plus redoutable encore, n'émerge.
La Force nous avait envoyé un signe, mais nous n'avons pas su l'interpréter. Ou plutôt, nous n'avons pas voulu l'interpréter.
Combien d'innocents ont payé le prix de notre égarement, combien d'autres le paieront?
... ]

Extrait de l'holocron de Bekan Kalad, Maître Jedi et membre du Haut Conseil




Voilà, j'espère que cet extrait vous a plu et en particulier la confession d'un chevalier Jedi qui raconte sa vie dans un holocron!

Une course contre la montre va donc s'engager entre Pers'lya et Contispex!

à la prochaine pour la suite de cette première partie qui je l'espère continue de susciter votre intérêt :hello: !
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Messagepar L2-D2 » Dim 06 Jan 2019 - 18:47   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Extrait lu !

Très originale cette conclusion ! J'approuve ! :oui:

Je m'interroge tout de même : pourquoi les Jedi sont-ils demeurés à ce point inactifs ? Y-a-t-il une raison "historique"... à moins que le Pius Dea n'y ait aussi des adeptes, qui sait ?

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar mat-vador » Dim 06 Jan 2019 - 23:03   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

L2-D2 a écrit:Très originale cette conclusion ! J'approuve ! :oui:


:wink: merci! :jap:

L2-D2 a écrit:Je m'interroge tout de même : pourquoi les Jedi sont-ils demeurés à ce point inactifs ? Y-a-t-il une raison "historique"... à moins que le Pius Dea n'y ait aussi des adeptes, qui sait ?


A cette époque, la corruption est tellement prégnante dans la classe politique que les Jedi pensent que cela ne vaut pas la peine de s'y impliquer. Je crois qu'ils ont sous estimé le danger que représentait le Pius Dea ou plutôt leur influence. N'oublions pas qu'à cette époque, les citoyens sont lassés des politiques au point qu'ils sont prêt à laisser le diable s'installer.

Les Jedi hésitent à intervenir car ils estiment qu'à cause de la crise avec Alsakan, ils ont bien assez de problèmes à gérer. Ils se bornent donc à protéger les citoyens des menaces extérieures comme les alsakanis (qui je le rappelle, sont manipulés à leur insu par Contispex :sournois: ).

Donc en résumé, personne ou presque n'aura le courage de s'opposer au Pius Dea. Cela ne viendra que plus tard, que beaucoup plus tard :diable: ( à partir de la sixième guerre Alsakan).

Bref à la prochaine pour la suite!
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Messagepar Den » Jeu 10 Jan 2019 - 19:49   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Encore un magnifique extrait! Décidément, tu nous gâtes trop! :wink:

Pers'lya découvre les horreurs commises par les adeptes de Contispex. C'est étonnant qu'il n'en perde pas la raison. Au contraire, il sait rester digne!

Quant à l'extrait de l'holocron de Bekan, je l'ai adoré! C'est une conclusion qui amène bien des questions! Mais qui nous apprend aussi des choses!! :sournois:

En tout cas, j'ai très peur pour Pers'lya!! C'est que je me suis attaché à lui! Et puis, j'aime bien les bothans!^^

Peu de choses à dire mais c'est parce que c'était excellent! Vivement la suite!

Bonne continuation, l'ami!
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Messagepar mat-vador » Ven 11 Jan 2019 - 21:42   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Den a écrit:Encore un magnifique extrait! Décidément, tu nous gâtes trop! :wink:


On va dire que c'est la galette des rois :D !

Den a écrit:Pers'lya découvre les horreurs commises par les adeptes de Contispex. C'est étonnant qu'il n'en perde pas la raison. Au contraire, il sait rester digne!


Disons qu'il n'est pas vraiment surpris! :sournois:

Den a écrit:Quant à l'extrait de l'holocron de Bekan, je l'ai adoré! C'est une conclusion qui amène bien des questions! Mais qui nous apprend aussi des choses!! :sournois:


Il le fallait bien! Tout le monde l'adore ce petit Bekan :sournois: !

Den a écrit:En tout cas, j'ai très peur pour Pers'lya!! C'est que je me suis attaché à lui! Et puis, j'aime bien les bothans!^^


Vu comment Borsk Fel'lya a fini contre les Vong, je te plussoie :oui: :transpire: !

à très bientôt pour la suite :hello: !
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Messagepar mat-vador » Sam 12 Jan 2019 - 21:52   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Bonsoir, c'est l'heure de publier la suite de la première partie :sournois: !

Dans cet extrait, nous retrouvons un bothan que vous adorez!

Bonne lecture!

Le lendemain, au Parc Zohen, non loin du siège du Sénat

-Excellence, nous devons sécuriser la zone.
Pers'lya rabattit son capuchon sur son crâne, croisant le regard de Grel'ku, tandis que d'autres gardes bothans commençaient à se déployer autour de l'enceinte pour installer un périmètre de sécurité. Le dignitaire déchu et son second se tenaient devant l'entrée du parc Zohen, plongé dans un silence étonnant.
Certes, depuis l'émergence du Pius Dea, les badauds se faisaient rares mais tout de même... le non humain était intrigué. Pas d'âme qui vive.
Bon au moins, ils ne seraient pas dérangés.
Gre'lku brandissait un scanner et et ses yeux de félinoide méfiant fixaient l'allée déserte encadrée par des haies parfaitement entretenues.
-Le signal provient de l'intérieur du parc, souligna-t-il.
-Alors, allons-y.
Gre'lku aboya des instructions et aussitôt une trentaine de congénères armés de blasters et de vibro épées bien en évidence se répartirent en deux files indiennes. Leur commandant et Pers'lya s'intercalèrent et tout ce beau monde pénétra dans le sanctuaire du Pius Dea.
Gre'lku tourna la tête dans toutes les directions, tentant de repérer l'ombre d'une menace derrière le moindre tronc d'arbre, la moindre fougère. Le silence n'était troublé que par quelques cris d'oiseaux innocents.
L'absence de menace résonnait pourtant comme une menace potentielle et bientôt la nervosité gagna lentement les rangs des non humains. Plusieurs d'entre eux brandirent et activèrent des scanners thermiques portatifs, mais cela ne suffit pas à rétablir une certaine sérénité.
Les premiers d'entre eux avaient atteint une arche lorsqu'un cri parvint jusqu'aux oreilles équines de Pers'lya:
-Là, regardez!
Un nouvel ordre de Gre'lku fut lançé et bientôt les protecteurs de Pers'lya manoeuvrèrent pour former trois lignes curvilignes autour du dignitaire venu rejoindre son congénère qui avait arrêté l'escorte.
Ce dernier montrait de l'index un silon sombre qui défigurait le chemin. Gre'lku se pencha et en effleura la surface. Il sentit un contact poisseux.
-Qu'es que c'est? S'enquit Pers'lya.
-Du sang séché, répondit l'autre.
Le capitaine bothan étudia l'épaisseur du silon et la direction dans laquelle il disparaissait. Sa trace se perdait visiblement au milieu de la végétation sur leur droite.
-Quelqu'un a été tué ici même, votre excellence.
-Et son corps a été traîné à l'abri des regards, déduisit Pers'lya.
Le dignitaire empoigna la poignée de son blaster sous son épais manteau à capuchon.
-Souhaitez-vous envoyer des hommes suivre cet indice, Excellence? Cela nous permettrait d'en savoir plus sur ce qui s'est passé.
-Non, capitaine. Nous ne sommes pas là pour enquèter, évitons de nous disperser sur un territoire qui appartient au Pius Dea.
Le capitaine opina du chef, ravi de partager le même avis. En terrain hostile, il était judicieux de ne pas diviser ses forces. D'un geste de la main, il ordonna de continuer. Le reste du chemin se déroula sans incident majeur, mais personne ne pouvait se départir de ce sentiment de malaise qui les maintenait tous sur le qui vive.
Pers'lya se demanda s'il ne pouvait pas interrompre les recherches et demander l'envoi de renforts depuis son clan de Bothawui. Mais il se persuada qu'il ne pouvait pas renoncer maintenant, il devait aller jusqu'au bout. Il n'aurait pas d'autre occasion.
Il devait retrouver Soeur Malen, du moins ce qu'elle avait pu lui lèguer. Il n'espérait pas la trouver vivante, Contispex était un homme impitoyable.
Vous l'avez sous estimé, Malen. Comment avez-vous pu commettre une telle erreur? Vous auriez du vous douter qu'une simple excommunication n'aurait pas suffi à le faire renoncer.
Ils parvinrent devant l'entrée d'une caverne et plusieurs gardes allumèrent des bâtons lumineux pour explorer les parois d'un tunnel qui semblait s'enfoncer sous terre. Ils ne progressèrent pas plus loin cependant, répugnant instinctivement à s'aventurer davantage. Pers'lya ne leur en tenait pas rigueur.
Il se rappela des dernières paroles de Malen.
La vérité cachée dans l'antre du démon doit être révélée.
Elle avait donc dissimulée des preuves compromettantes, en tentant de s'enfuir. Peut-être même juste avant de mourir. Dans ce cas, elle n'avait pas eu beaucoup de temps. Il était raisonnable de penser que ses preuves étaient cachées non loin d'elle. Enfin de son cadavre...
Il se tourna vers Gre'lku.
-L'origine du signal?
-À l'Est de notre position actuelle, cinq cent mètres standard.
Pers'lya regarda l'écran et sentit la tension croître en lui. Il ne pouvait s'éterniser plus que nécessaire mais il devait tout faire pour empêcher Contispex d’accéder au pouvoir suprême. Le Parc Zohen devait être ratissé le plus rapidement et le plus efficacement possible.
Il n'avait plus vraiment le choix, il lui fallait prendre des risques.
Je dois sauver ce qui reste de la République, de la démocratie.
-Capitaine, des équipes doivent explorer ces souterrains.
Le pelage facial de Gre'lku se hérissa sous le coup d'une appréhension croissante. Mais il ne protesta pas.
-Bien, Excellence.
Bientôt il ne tarda pas à désigner une quinzaine de congénères pour cette tâche. Les autres resteraient affectés à la protection du Chef d'Etat déchu et au quadrillage des environs de la zone à fouiller à l'Est du parc. Gre'lku rappela certaines consignes qu'il jugeait essentielles.
-Gardez votre comlink ouvert et faites un rapport de situation toutes les cinq minutes. En cas de problème, repliez-vous et regroupez-vous autour de son Excellence. Inutile d'essuyer des pertes dans un combat que nous ne pourrons peut-être gagner.
Il laissa ensuite les quinze non humains disparaître dans les passages souterrains, la main posée sur la crosse de leur blaster.
Puis Pers'lya et ses compagnons se dirigèrent vers l'origine du signal. Une angoisse s'insinua peu à peu dans leurs tripes alors qu'ils progressaient lentement vers leur objectif. Aucun bothan n'osa respirer fort, de peur d'éveiller un prédateur tapi quelque part.
Même absent, le Pius Dea inspirait la crainte. Une preuve flagrante du pouvoir et de l'influence qu'ls avaient acquis et consolidé. Leur aura maléfique, celle de Contispex, imprégnait la moindre feuille, la moindre branche.
Le moindre talus, le moindre brin d'herbe semblait leur hurler qu'ils n'étaient pas les bienvenus, qu'ils n'étaient que de vils profanateurs.
Un bip fit sursauter tout le monde. Certains gardes bothans dégainèrent même leur blaster hors de leur holster, un symbole de la nervosité ambiante qui régnait dans le groupe. Gre'lku fit mine de ne s'apercevoir de rien avant de porter à ses lèvres le comlink responsable du bruit.
-J'écoute.
-Capitaine, nous avons passé les souterrains au peigne fin. Rien à signaler à part des...
L'officier insista devant l'hésitation de son congénère.
-Vous disiez?
-Des traces de lutte, monsieur et beaucoup de sang.
-Continuez les fouilles, retournez chaque pierre s'il le faut.
-Bien, capitaine.
Pers'lya croisa son regard puis se pencha sur l'écran de Gre'lku qui lui affirma:
-Nous sommes à moins de cent mètres de l'objectif.
Il se tourna et appela ses subalternes à proximité.
-Déployez-vous par trinômes, intervalle de sécurité quinze mètres. Gardez vos comlink ouverts et faites un rapport toutes les cinq minutes. Tirez à vue sur tout ce qui vous paraît suspect, pas de sommations.
Les bothan s'étirèrent latéralement, les blasters et vibrolames prêtes à l'emploi. Leurs traits de félinoïdes trahissaient à la fois de la crainte mais aussi de la résolution. Dans les derniers mètres, ils abordèrent un terrain plus délicat. La végétation s'épaissit rapidement, les branches épineuses s'abaissèrent à leur niveau, griffant leur combinaison et leur pelage facial. Les mouvements de Pers'lya se trouvèrent gênés, son large manteau accroché tous les centimètres.
L'origine du signal émis par la balise de Malen se trouvait à la limite du parc. Et ils trouvèrent enfin son corps. Pers'lya, au mépris des règles de prudence, se précipita pour s'enquérir de son état. En pure perte.
Il n'était pas un spécialiste de l'anatomie humaine, mais il savait reconnaître un cadavre quand il en voyait un. Elle était étendue sur le dos, les yeux écarquillés, fixant les cieux illuminés par le soleil levant. Sa toge blanche était tachée de sang, une immense flaque sombre ayant coagulé à ses pieds. Ses iris vitreux n'exprimaient plus rien et ses traits lisses marquaient une résignation. Une coupure béante déformait sa gorge, sans doute causée par un coup fatal de vibrolame. Pers'lya ramassa la balise tombée dans l'herbe et la montra à son second.
Gre'lku secoua seulement la tête pour lui confirmer que le signal avait bien été émis de cet appareil.
-Que devons-nous chercher, Excellence?
Le dignitaire rangea la balise de Malen sous son manteau alors que les autres gardes bothan s'étaient regroupés autour de lui, attendant ses instructions.
-C'est ici qu'elle est morte. Ce qu'elle a du laissé à notre intention ne doit pas être loin.
Des bothans sortirent de nouveau des scanners pour détecter des sources de chaleur émis par des objets mécaniques.
Certains se séparèrent pour suivre les traces de sang laissées dans le sillage de Malen. Les autres longèrent le mur d'enceinte, fouillant chaque brin d'herbe, chaque buisson, chaque souche. Retournant chaque pierre.
S'éloignant graduellement du cadavre, tout en ne trouvant rien. Cela agaça Pers'lya qui était persuadé que cela ne pouvait pas être si compliqué. Malen n'avait pas eu le temps de chercher une cachette durable, elle agonisait lorsqu'elle était parvenue jusqu'à l'enceinte.
Il se souvint de la dernière partie de son testament.
La vérité cachée dans l'antre du démon, doit être révélée.
Il étudia la distance qui séparait le mur du corps de Malen. À peine trente centimètres.
La vérité cachée dans l'antre du démon, doit être révélée.
Pris d'une inspiration subite, il promena subitement son regard sur les minuscules interstices entre les briques qui avaient subi la lente érosion du temps. Il identifia les plus proches de Malen et introduisit ses doigts à l'intérieur de celles-ci.
Au bout de quelques secondes, il sentit un objet en plastacier à travers l'humidité qui collait ses phalanges qu'il retira prestement.
Avec un rictus de triomphe, il exhiba devant ses yeux, la datapuce de Malen.
Ceci serait peut-être la clé pour le salut de la République. Il appela Gre'lku et celui-ci le rejoignit quelques instants après, scrutant la datapuce.
-C'est ce que vous cherchiez?
-Oui, répondit Pers'lya. Inutile de s'attarder plus longtemps que nécessaire.
-Je rappelle tous nos hommes.
Gre'lku saisit son comlink et aboya à ses subalternes d'abandonner les fouilles et de se regrouper sous l'arche. Le soulagement se lisait dans son regard mais il demeurait tendu, s'attendant toujours à un imprévu désagréable.
Pers'lya ne lâchait pas la crosse de son blaster jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'arche. Eux et les autres bothans attendirent sous son ombre, le retour de leurs camarades partis explorer les souterrains. Ceux-ci réapparurent, sans qu'aucun ne manque à l'appel.
Un sergent résuma à Gre'lku tout ce qu'ils avaient pu y dénicher. Tous devinèrent que quelque chose de terrible s'y était produit mais aucun cadavre, sans parler de celui de Malen, n'était là pour l'attester. Comme si les responsables avaient tenté d'effacer les traces de leurs crimes.
Gre'lku donna finalement le signal du départ et le dignitaire respira plus librement, sa tension évaporée lorsqu'ils rallièrent leurs congénères à l'entrée du parc.
-Rien à signaler? S'enquit le capitaine.
Un bothan se contenta de lui montrer alors de l'index, un individu encapuchonné qui les observait à une vingtaine de mètres d'eux. Pers'lya frissonna lorsqu'il dévisagea le masque mortuaire intimidant qui recouvrait sa figure.
Le doute ne fut plus permis lorsqu'il reconnut sur son torse le cercle doré entourant un poignard oblique, peignant sa tunique sombre.
-Excellence? Finit par demander son second lorsqu'il suivit son regard.
-Un Assassin Malkite, souffla le non humain d'une voix enrouée.
-Contispex l'a envoyé.
Le politicien reprit son sang froid, bien qu'il demeurait choqué par cette apparition de mauvais augure.
-Ce ne peut être que le hasard, Contispex ne pouvait pas savoir que nous allions venir, fit-il remarquer.
-Nous pouvons toujours le lui demander.
Des bothans dégainèrent leur blaster et Gre'lku donna l'ordre de régler leurs armes sur le mode paralysant. Mais avant même qu'ils puissent faire un pas dans sa direction, l'Assassin disparut tout à coup derrière l'angle du mur, s'éclipsant dans la ruelle.
-Par les étoiles! Jura l'officier bothan. Rattrapez-le, vite!
Les gardes s’élancèrent vers leur cible pour l'appréhender. Pers'lya espérait qu'ils réussiraient sans dommage pour eux, même s'il craignait la réputation qui entourait le mystère opaque de cette confrérie redoutée dont Contispex se serait attaché les services. La moitié de sa garde rapprochée demeura avec lui tandis que Gre'lku gardait son comlink allumé dans l'attente des rapports.
Bientôt, il entendit:
-Nous l'avons perdu, capitaine. Il a réussi à nous semer.
-Tant pis, revenez.
Il fallut quelques minutes pour que tout le monde se regroupe à nouveau. Pers'lya entendit ses congénères grommeler sur l'échec de la poursuite.
-Contispex saura que nous sommes venus, regretta Gre'lku.
Le dignitaire déchu tourna une dernière fois son regard vers l'allée qui s'enfonçait au cœur du parc Zohen. Là où s'était produit un carnage dans le sanctuaire même du Pius Dea. Là où reposait désormais Sœur Malen.
Elle et lui avaient eu tellement peu en commun, mais les circonstances les avaient réunies pour unir leurs forces contre le pire fléau qu'ait engendré la République. Les volatiles gazouillèrent en chœur, baignés par le soleil qui les éclairait de sa chaleur.
Une paix illusoire en ces temps sombres.
-Il doit le savoir déjà, capitaine, soupira-t-il finalement. Mais ça n'a pas d'importance, nous avons ce qu'il nous faut.
Votre sacrifice ne sera pas oublié, Malen.
-Rentrons.

Voilà, j'espère que cela vous a plu!

Pers'lya a donc trouvé des preuves laissées par Malen! Comment va réagir notre cher Contispex?

Vous le saurez plus tard!

à la prochaine pour la suite :hello:
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Messagepar L2-D2 » Lun 14 Jan 2019 - 9:24   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Extrait lu !

La tension monte tout au long de cet extrait riche en découvertes pour l'ex-Chancelier et sa petite armée privée qui l'accompagne ! L'ensemble est vraiment très bien écrit, j'ai moi-même senti la tension qui montait au fur et à mesure que le bothan se rapproche du cadavre de Sœur Malen... Bien joué !

Et l'assassin qui contemple le groupe au loin, c'est une très bonne trouvaille bien mise en scène. J'ai eu l'impression d'être comme dans un thriller, à voir un mec au loin qui disparaît très vite ! Tout cela n'augure pas que du bon pour Pers'lya ! :(

Vivement la suite !
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Messagepar Dark GaGa » Lun 14 Jan 2019 - 16:14   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Attaque, contre-attaque, attaque...

Le bothan se bat bien, mais nous savons depuis le pitch qu'il ne pourra empêcher l'ineluctable. Et pourtant, on y croit...
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Messagepar mat-vador » Lun 14 Jan 2019 - 18:06   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Salute et merci pour vos retours :wink: !

L2-D2 a écrit:La tension monte tout au long de cet extrait riche en découvertes pour l'ex-Chancelier et sa petite armée privée qui l'accompagne ! L'ensemble est vraiment très bien écrit, j'ai moi-même senti la tension qui montait au fur et à mesure que le bothan se rapproche du cadavre de Sœur Malen... Bien joué !


Oui, c'est quelque chose que je tenais vraiment à soigner :oui: ! à en juger par ton appréciation, je pense que je m'en suis bien sorti :transpire: !

L2-D2 a écrit:Et l'assassin qui contemple le groupe au loin, c'est une très bonne trouvaille bien mise en scène. J'ai eu l'impression d'être comme dans un thriller, à voir un mec au loin qui disparaît très vite !


Je voulais installer une petite atmosphère Game of Thrones à l'italienne (Je pense notamment aux Borgia à la sulfureuse réputation :diable: ) faite de secrets, de complots et d'espionnage... au coeur même de la République Galactique :sournois: . Je tiens par moments à rendre cette atmosphère vraiment pesante.

Une chape de plomb pèse donc sur la République, en tout cas c'est l'impression que vous en avez, j'espère :siffle: ..

L2-D2 a écrit:Tout cela n'augure pas que du bon pour Pers'lya ! :(


Dark GaGa a écrit:Le bothan se bat bien, mais nous savons depuis le pitch qu'il ne pourra empêcher l'ineluctable.


Malheureusement, notre bothan semble être tombé sur plus roublard que lui. Un comble, alors qu'il est issu d'un peuple réputé pour ses manigances politiques :sournois: !

à la prochaine pour la suite :hello: !
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Messagepar Dark GaGa » Mer 16 Jan 2019 - 13:38   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Spoiler: Afficher
(12:58:07) mat-vador: faut que je laisse de coté le Pius Dea deux sec:cry::cry:!


Heu... non... Pius Dea d'abord!
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Messagepar mat-vador » Mer 16 Jan 2019 - 18:34   Sujet: Re: Pius Dea: les Chroniques des Tyrans (1ère partie)

Mat se penche sur son clavier:

Euh oui, maîtresse! C'était ce que j'étais en train de faire :transpire: !
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