[Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

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Messagepar LL-8 » Mar 07 Aoû 2018 - 21:10   Sujet: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Hello tout le monde ! :hello:

Entre deux posts pour Toujours en mouvement est l'avenir (en collab avec Eluar, que vous pouvez retrouver ici ), j'ai participé au recueil Naissance d'une Rébellion (nouvelle que vous pouvez retrouver ici ).

La nouvelle met en scène Hajoo, une jeune femme impliquée dans la Rébellion. Et j'ai tellement aimé donner vie à ce personnage, que j'ai décidé de développer un peu son background.

Je vous propose donc ici 6 nouvelles qui retraceront son parcours et qui mèneront à la nouvelle du recueil (que je posterai ici aussi ne temps et en heure). Rassurez-vous, ces nouvelles sont globalement indépendantes de ma participation au recueil, vous n'avez donc pas besoin de lire la nouvelle originale pour lire celles que je vous propose ici (mais pour les curieux, le lien est plus haut). Je les posterai au fur et à mesure qu'elles seront écrites, en essayant de garder un rythme régulier.

Voici donc la première nouvelle de ces Chroniques de Hajoo Nexu : La Fuite.
Bonne lecture !

Hajoo Nexu
Chroniques d’une Rebelle


Partie I – La fuite
9 av. BY


La corde lui glissa une nouvelle fois entre les doigts. Fébrilement, la jeune fille la reprit dans ses mains et la passa à nouveau dans le crochet qu’elle venait d’installer au sol. Si tout se passait comme elle l’avait prévu, son piège fonctionnerait à merveille. Elle devait juste accélérer le rythme.

Elle repoussa une mèche de ses cheveux bouclés par dessus son épaule et entreprit de tirer la corde vers elle. Tout le piège s’éleva, et bientôt, le pot qu’elle avait positionné en équilibre disparut de son champ de vision. Satisfaite, la jeune fille commença à entrecroiser la corde. Elle était si concentrée qu’elle n’entendit pas les pas précipités derrière elle. Une voix masculine lui fit tourner la tête.
- Hajoo ! Dépêche-toi, il arrive !

Hajoo plissa les yeux, furieuse de s’être presque fait surprendre. Son frère, son aîné de trois ans, la fixait d’un air insistant. Ses cheveux drus étaient tressés tout contre son crâne. Ses yeux, d’un brun foncé, se noyaient dans son visage plus clair. Sa tunique – confectionnée dans un tissu noble – avait été remontée au-dessus de sa ceinture de manière à lui permettre de courir plus vite.
- Si tu veux que ça aille plus vite, fais-le toi-même Kamen, répliqua Hajoo.

Vexé, le jeune homme ne répondit pas et se contenta de surveiller le couloir où ils se trouvaient. A part l’angle mort derrière une statue imposante que les deux frères et sœurs avaient repérée en arrivant, il n’y avait nulle art où se cacher dans ce hall. Leur cible les repérerait instantanément s’ils ne se dépêchaient pas.

Avec un petit gémissement de satisfaction, Hajoo termina son nœud. Elle en vérifia la souplesse puis se tourna vers Kamen :
- Terminé !

Le jeune homme sourit, découvrant une belle rangée de dents blanches, puis saisit la main de sa sœur et l’entraîna derrière la statue. L’objet, haut de trois ou quatre mètres, avait été sculpté à l’effigie d’un des pères fondateurs de Haruun Kal. L’homme n’était qu’un mythe de plus dans les légendes de la planète. Avec l’arrivée de l’Empire, l’importance accordée à la culture locale avait peu à peu déclinée, et cette statue s’était retrouvée confinée dans un couloir de service du palais ministériel.

Adossée à l’ouvrage, Hajoo fixait l’extrémité du hall avec attention. Ils avaient préparé ce coup depuis des mois. Tout avait été soigneusement réfléchi. Et ils s’apprêtaient à voir le résultat de leurs efforts. Elle porta ses ongles à sa bouche, frémissant d’excitation.
- Fais moins de bruit, tu vas nous faire repérer, lui chuchota Kamen.

Pour toute réponse, Hajoo se contenta de lui envoyer son coude dans l’abdomen. Le jeune homme étouffa un gémissement. Un bruit de pas les retint de rire tous les deux. La jeune fille se pencha lentement sur le côté. Leur cible arrivait.

C’était un homme d’une cinquantaine d’années, plutôt grand, au crâne dégarni. Sa façon de marcher rappelait celle d’un bâton et son visage, fermé, lui donnait un air coincé. Ses vêtements, tous accordés dans des teintes brunes, portaient les armoiries de la famille Deretzer. C’était un serviteur mais, d’après les insignes sur ses épaules, c’était aussi un conseiller très apprécié du premier ministre.

Hajoo le regarda s’approcher de son piège sans se douter de rien. Un dernier coup d’œil à la corde qu’elle avait installée la conforta dans le fait que le spectacle allait être intéressant. Toute l’opération reposait sur un seul fil, transparent, que Kamen avait dégotté un mois auparavant. Tendu au maximum, il se révélait invisible. Et Hajoo l’avait positionné en plein travers du couloir. Si on le tendait un peu trop, le fil, relié aux autres cordes, déclenchait le piège.

L’homme finit par passer son pied dans le fil. Avant qu’il ne réalise son erreur, il était déjà trop tard. Le piège tout entier se déclencha et le pot qui reposait en équilibre sur une toile de cordes tomba à la renverse sur le conseiller. Une gelée verdâtre le recouvrit, gouttant le long de ses vêtements. L’odeur – un délicieux mélange entre du billfish et des déjections de Bantha – envahit tout le couloir. Hajoo vit la confusion s’installer dans les yeux du conseiller. Son expression, ajoutée au rire étouffé de Kamen, lui arracha un petit rire. Aussitôt, le regard de l’homme changea.
- Hada Joobal Deretzer ! hurla-t-il.

Derrière la statue, Hajoo se figea. On ne l’appelait que très rarement par son nom complet. Elle allait passer un mauvais quart d’heure.

***


- Le spectacle en valait la peine, je te jure !

Assise dans la salle d’attente du bureau des ministres, Hajoo jouait avec une mèche de ses cheveux bruns. A ses côtés, Kamen, debout, rejouait la scène de leur piège.
- Tu aurais dû voir sa tête ! insista-t-il avant de piquer un fou rire.

Sa bonne humeur, contagieuse, ne semblait pas affecter Ooraï. Le jeune homme, assis en face des deux jeunes gens, gardait les bras croisés depuis quinze bonnes minutes. Son regard, d’un gris argenté, était fermé et concentré.
- Tu réalises que tu vas déranger notre père au beau milieu d’une réunion des plus importantes ?

Sa voix, sans appel, stoppa Kamen dans son élan. Le jeune homme se rassit en baissant la tête. Ooraï était le plus âgé des trois, et l’aîné de la fratrie. Portant le même nom que leur père, il avait également la même carrure imposante. Sa peau foncée était parsemé de tatouages racontant ses faits d’armes au sein de l’armée de l’Empire. Mais, tout comme Hajoo, il avait hérité du regard clair de sa mère.

Ooraï prenait son rôle de fils de premier ministre très au sérieux. Leur famille était déjà atypique aux yeux de l’Empire – Al’dya, leur mère, une sans-espère mi-Arkanienne, mi-humaine, n’était pas bien vue de tout le monde – et il tenait à ne pas en rajouter. Dès qu’il avait eu l’âge requis, il s’était engagé dans la marine impériale. Sa rigueur et son courage l’avait amené à gravir les échelons rapidement et à obtenir le grade de capitaine. Et passer ses jours de permission à garder des enfants n’était probablement pas ce dont il rêvait.
- A bientôt dix-sept ans, tu devrais te responsabiliser un peu plus, Kamen, reprit-il d’une voix autoritaire. Tu portes l’honneur de notre famille dans ton nom, ne l’oublies pas.

Hajoo vit son frère baisser les yeux et hocher lentement la tête. Elle leva les yeux au ciel. Ooraï prenait tout cela bien trop au sérieux. Elle n’était pas naïve. Le nom de leur famille ne valait plus rien. Seul comptait l’Empire. Leur père n’était qu’un émissaire de plus. Alors pourquoi s’embêter à rester si sérieux ?

Pendant qu’Ooraï poursuivait sa leçon, Hajoo laissa son esprit divaguer. Son frère ne s’intéressait qu’à Kamen de toute façon. Il avait abandonné l’idée de redresser la jeune fille dans la voie du protocole gouvernemental. Tendant l’oreille, Hajoo essaya de saisir ce qui se disait dans le bureau de son père. Elle savait qu’écouter aux portes était déplacé. Mais cela ne l’empêchait pas de le faire.

Elle n’entendit tout d’abord que des bribes de voix. Rien de plus. Malgré sa concentration, les murs restaient épais, et Hajoo abandonna bientôt l’idée d’entendre quoi que ce soit. Elle étira ses bras et se décida à se lever.
- Je reviens, informa-t-elle.

Elle venait de franchir le seuil de la salle lorsque des éclats de voix se firent entendre depuis le bureau de son père. Soudain, les portes de la pièce s’ouvrirent à la volée et une demi-douzaine de stormtroopers sortirent du bureau du premier ministre. Par réflexe, la jeune fille se cacha derrière l’un des murs, de manière à ne pas être vue des soldats impériaux.

Ses yeux s’agrandirent lorsqu’elle vit son père menotté et tenu par deux stormtroopers.
- Ooraï Deretzer, par ordre de notre Empereur, je vous arrête et vous destitue de votre titre de premier ministre.

L’homme qui venait de parler était un officier en uniforme noir. Petit et rond, les yeux hautains, il embrassait la salle du regard comme s’il était empereur lui-même. Toujours prostrée derrière son mur, Hajoo observait la scène avec horreur. Pourquoi arrêtait-on son père ? Il avait toujours été loyal envers l’Empire ! Il avait toujours insisté sur le fait que leur famille devait montrer l’exemple. Que lui reprochait-on ?
- Alors quoi, maugréa son père en lançant un regard assassin à l’officier, Vador avait trop peur de revenir sur Haruun Kal ?

L’impérial s’approcha doucement du premier ministre, un air on ne peut plus sérieux sur le visage :
- Le Seigneur Vador n’a pas fait le déplacement car vous ne valiez pas la peine de lui faire perdre du temps, rebelle.

Le dernier mot fit tiquer Hajoo. Rebelle ?
- Très bien, vous avez gagné, soupira son père d’un air las. Prenez-moi. Mais laissez ma famille en dehors de tout cela.

L’officier lui répondit par un rire hautain.
- Oh, enfin, Ooraï, vous ne pensiez quand même pas que l’on ignorait votre petite rébellion familiale ? Vous allez tous être jugés.

Tous ?
- Menteur ! Je connais vos méthodes ! Il n’y aura pas de procès ! s’insurgea son père.
- C’est vous qui l’avez cherché, répondit l’officier sans le regarder.

Il pivota sous le regard de Kamen et Ooraï Junior – au grand étonnement de Hajoo, ses frères ne semblaient pas avoir peur. Puis l’officier fit un geste nonchalant de la main :
- Emmenez-les tous. La mère et la fille aussi, ajouta-t-il en se dirigeant vers le hall.

Sans attendre qu’il ne la découvre, Hajoo se précipita dans le large couloir des bureaux ministériels du palais. Ses pas résonnait sur le sol poli des pièces. Le cœur battant, elle courait à perdre haleine dans les dédales du palais à la recherche d’un endroit sûr. Les pensées se bousculaient dans son esprit : pourquoi l’Empire s’en prenait-il à sa famille ? Pourquoi l’officier avait-il parlé de rébellion ? Où les emmenaient-ils ?

Au bout de quelques minutes, Hajoo arriva dans la suite parentale. Les cheveux ébouriffés, elle s’arrêta, reprit son souffle tout en observant les pièces à la recherche de sa mère. Elle finit par la repérer dans sa chambre. La pièce, une immense salle aux boiseries dorées, semblait sortir d’une autre époque. Les plantes qui prenaient racines dans les décors aux murs amenaient une ambiance chaleureuse. Les rayons du soleil jouaient avec les feuilles d’un vert luxuriant et renvoyaient leur reflet sur les meubles.

Hajoo se précipita dans la chambre. Sa mère était en train de préparer un petit sac. La jeune fille l’interrompit :
- Maman, il se passe quelque chose de grave.
- Je sais, lui répondit la voix calme de sa mère.

Jamais Hajoo ne l’avait vu perdre son sang froid. D’origine Arkanienne, sa mère avait passé une bonne partie de sa vie en fuite avant de trouver un foyer sur Haruun Kal. Son expérience en avait fait une des personnes les plus sages qu’Hajoo connaisse. Elle observa sa mère se tourner vers elle. Sa robe, d’un blanc presque transparent, flottait autour d’elle tel un voile de brume. Ses cheveux pâles et ses yeux, blancs eux aussi, lui formaient une aura de lumière autour de son visage. D’ordinaire, cela suffisait à apaiser Hajoo. Mais ce jour-là, rien ne conforta la jeune fille.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-elle sur un ton urgent. Que veut l’Empire ?

Sa mère ne répondit pas. Elle posa deux mains fermes sur ses épaules et planta ses yeux yeux sans pupilles dans les siens.
- Écoute-moi bien, Hajoo. Tu vas prendre ce sac et partir sans te retourner, tu m’entends ? Ne te retourne surtout pas. Prend le chasseur de Kamen, tu sais t’en servir. Je veux que tu trouves Timi Rotramel. Explique lui la situation…
- Rotramel ? l’interrompit Hajoo. Mais pourquoi ?
- Il a des contacts un peu plus hauts placés au sein de l’Alliance. Il te mettra en lieu sûr.

Et soudain, tout se mit en place dans l’esprit de Hajoo. L’officier, l’arrestation, Rotramel. Son père était un rebelle. Son père avait trahi l’Empire. Comment avait-il pu penser qu’il s’en sortirait ?
- Pourquoi ? bégaya-t-elle. Notre peuple est en paix, il est libre...

Sa mère comprit immédiatement de quoi elle parlait.
- Il s’agit de bien plus que la liberté de notre seul peuple, lui répondit-elle. Ton père se bat pour la liberté de la galaxie.
- Et sa famille ? Y-a-t-il seulement pensé ?

La voix d’Hajoo était amère. Kamen, Ooraï Junior… Ils étaient sûrement impliqués aussi. Comment leur père avait-il pu leur fait courir un tel risque ? Avait-il seulement pensé aux conséquences de ses actes ?

Une volée de pas précipités l’interrompit dans sa réflexion. Le regard affolé de sa mère fit monter son adrénaline. Elle lui fourra le sac dans les bras.
- Cours !

Hajoo ne se le fit pas dire deux fois. Le sac passé dans son dos, elle quitta la pièce par la fenêtre et atterrit dans les jardins suspendus du palais. Pas le temps de s’attarder sur la beauté des arbres, des fleurs, de la faune… Elle traversa en trombe la propriété et disparut dans les plantes.

***


La place publique de la capitale se trouvait juste en face du palais. Circulaire, elle était bordée de bâtiments plutôt bas, construits dans un style qui, à ce qu’on disait, rappelait celui des villes de Naboo. Lorsque le temps était clément, le soleil se reflétait sur les pavés de pierre, et on pouvait imaginer marcher sur un sol de verre. Ce jour-là, le soleil était haut dans le ciel, et les pavés luisaient. Mais aux yeux d’Hajoo, ils ressemblaient à des lames qu’on aurait placées là pour blesser ceux qui oseraient s’approcher d’un peu trop près.

La jeune fille était d’une humeur massacrante. Elle avait trouvé le chasseur de Kamen. C’était un vieux Delta-7 à peine en état de marche. Les ailes avaient probablement dues être peintes en bleu à une certaine époque. Désormais, elles n’étaient que rouille et poussière. L’habitacle était petit et son sac la gênait pour accéder aux commandes. Ses cheveux étaient poisseux et sa tunique n’était absolument pas adaptée au pilotage de vaisseau.

Hajoo avait eu l’occasion de quitter la planète. Si elle l’avait voulue, elle aurait pu être sur Coruscant à l’heure qu’il était. Mais elle n’en avait pas eu le courage. Son père n’avait peut-être pas hésité à sacrifier sa famille pour ses idéaux, mais elle n’arrivait pas à la sacrifier pour sa survie.

Les choses n’avaient pas traîné. Comme l’avait prédit son père, il n’y avait pas eu de procès. Ses parents et ses frères avaient été jugés coupables immédiatement et condamnés à mort. Deux jours avaient passés, et l’exécution était déjà là.

Du haut du bâtiment où elle était installée, Hajoo pouvait observer toute la place. Une estrade avait été mise en place. D’immenses drapeaux à l’effigie de l’Empire avaient été placés autour. Et, formant un périmètre autour de l’estrade, des dizaines de stormtroopers en armure blanche gardaient l’endroit. La foule s’amassait déjà. Le sol de verre se vit bientôt recouvert de badauds.

Elle vit bientôt arriver sa famille, en ligne, telle des animaux qu’on menait à l’abattoir. On les avait dépouillés de leurs vêtements officiels et donnés de vieux uniformes gris. Hajoo sentit la colère monter en elle. Elle bouillonnait et menaçait d’exploser. Elle posa les yeux sur son père. Elle ne pouvait pas distinguer les traits de son visage, mais elle imaginait les cernes sous ses yeux et la barbe de deux jours sur ses joues. Elle lui en voulait. Terriblement. Comment avait-il pu laisser cela arriver à leur famille ?

Ses parents et ses frère furent bientôt alignés en face de la foule. Un soldat les fit se mettre à genoux un par un. Puis l’officier petit et rond qu’Hajoo avait déjà pu croiser se lança dans un discours interminable. La jeune fille n’écouta pas un traître mot de ce qu’il dit. Elle posa les yeux sur Ooraï. Comme à son habitude, le jeune homme avait le dos droit et le regard rivé devant lui. A ses côtés, Kamen l’imitait, impassible. Ils ne flancheraient pas. Hajoo sentit une larme couler le long de sa joue. Elle observa ensuite sa mère. Ses cheveux, si blancs, n’avaient rien perdu de leur éclat. Ils auréolaient toujours autant son visage. Elle était une source de lumière sur cette place si enténébrée. Elle lui manquerait tellement.

L’officier termina enfin son discours pathétique sur le loyauté que chacun devait à l’Empire. Hajoo le vit se reculer de quelque pas et tirer son blaster de son étui. Il devait mourir d’envie d’exécuter le traître lui-même. Hajoo passa en revue toutes les options possibles dans sa tête. Mais dans aucune d’elles elle ne parvenait à sauver sa famille.

Son père fut le premier à tomber sans se relever. L’officier rangea son blaster encore fumant dans son étui, sans un regard pour le corps désormais sans vie de l’ex-premier ministre. Sans un mot pour les autres, il leva le poing. Aussitôt, une rangée de stormtroopers mit la famille en joue. Tel un éclair, le poing s’abattit. Ooraï tomba. Kamen tomba. Sa mère tomba. La foule qui assistait ne murmura pas un mot. Un à un, les badauds se dissipèrent sans rien dire. Le visage baigné de larmes, Hajoo sentit son cœur se tordre jusqu’à ne plus battre. La douleur dans se poitrine se répandit dans ses veines et dans son corps. Elle aurait voulu hurler, elle aurait voulu tomber elle aussi. Mais une petite voix dans sa tête – une voix auréolée de lumière – lui murmura de se relever.

Sans se retourner, Hajoo quitta son observatoire et se précipita vers son vaisseau, plus en contrebas dans un petit spatioport privé. Il lui fallut peu de temps pour démarrer l’engin. Elle décolla puis calibra le pilote automatique. Et, alors que le vaisseau démarrait son voyage – elle s’enfonça dans son siège, le cœur en morceaux et le futur incertain.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 09 Aoû 2018 - 9:56   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Lu !

J'adore ce principe : on crée un personnage, on se prend d'affection pour lui et on décide de le développer. :jap:

Et ici, c'est superbement fait ! Tu développes considérablement ce qui n'était que vaguement résumé dans la nouvelle du recueil, pour en faire un récit touchant et à la conclusion dramatique. Le fait de démarrer avec un piège monté par Hajoo ne fait que mettre en avant le changement qu'elle va connaître entre le début et la fin de ton récit. C'est finement joué, bravo ! :oui:

Je serai là pour la prochaine nouvelle ! :)
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Messagepar LL-8 » Ven 10 Aoû 2018 - 10:59   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Merci L2 pour ton commentaire ! Ça me fait plaisir de voir que tu accroches à l'histoire !
Je compte bien développer encore ce personnage ;)
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Messagepar LL-8 » Dim 23 Sep 2018 - 17:48   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Bonjour !

Me revoilà avec la deuxième nouvelle retraçant l'histoire de Hajoo Nexu :)

J'avais promis de poster les nouvelles à un rythme régulier... Je pense essayer d'en sortir une par mois ^^ et je vous donne donc rendez-vous en octobre pour la partie 3 ^^

Si vous avez lu la nouvelle, que vous avez aimé - ou pas d'ailleurs ^^ - n'hésitez pas à laisser un petit commentaire :)

Bonne lecture !

Hajoo Nexu
Chroniques d’une Rebelle

Partie II – Errance

8 av. BY


- Petite, petite… Pourquoi est-ce que tu te caches, enfin ?

Plaquée contre le train d’atterrissage de son Delta-7, Hajoo retint son souffle, terrifiée. Elle sentit une goutte de sueur perler à son front et glisser le long de sa tempe jusque dans son cou. Une fine brise passa dans le spatioport et se faufila jusque sous le vaisseau, laissant son empreinte glacée sur le visage de la jeune fille.

Serrant les dents, elle suivit des yeux les bottes d’un blanc passé depuis longtemps qui tournait autour de l’appareil. Penserait-il à regarder sous l’engin ? Hajoo espérait que non. Ou bien ce serait terminé pour elle.
- Allons… On a tous besoin d’un peu de compagnie… Tu dois te sentir bien seule sur un astéroïde aussi grand, non ?

La voix grave et mielleuse de l’homme résonna dans l’espace à moitié vide du spatioport. Quelle idée avait-elle eu de poser son vaisseau dans l’un des plus petits ports de Kafrene ! Ici, personne ne l’entendrait crier… parce que personne ne venait jamais.

Expirant le plus lentement possible, Hajoo vit les bottes de l’homme s’arrêter au niveau du train d’atterrissage. Elle le sentit fouiller dans le cockpit. Il ne trouverait rien. L’argent avait disparu depuis longtemps. Elle imagina l’homme marquer un temps d’arrêt. Il allait regarder sous le vaisseau. Tel un parasite, la peur s’enroula autour de sa colonne vertébrale et paralysa son corps tout entier. Les yeux rivés sur les bottes imposantes, Hajoo sentit les battements de son cœur s’accélérer. Aurait-elle seulement la force de crier ?
- Dell’or, qu’est-ce que tu fabriques ? Ramène-toi, on est en retard !

Elle vit les pieds de l’homme hésiter. Un soupir, le bruit de quelque chose qu’on jette, et les bottes blanchâtres s’éloignaient sans autre réponse. Les larmes de soulagement de la jeune fille brouillèrent sa vue tandis qu’elle le voyait quitter le spatioport. Elle resta un instant collée contre le train d’atterrissage, à savourer chaque seconde de liberté retrouvée.

Sept mois. Sept longs mois passés sur l’Anneau de Kafrene, sans possibilité de quitter l’astéroïde. Si seulement elle avait eu les moyens de recharger le vaisseau en carburant, elle aurait pu décoller et atteindre Takodana comme elle l’avait prévu au départ. A cette heure-ci, elle aurait été tranquillement installée dans la Bordure Extérieure, loin de l’Empire, loin de l’Alliance, loin de tout l’héritage empoisonné que sa famille avait pu lui laisser. Au lieu de cela, elle en était réduite à parcourir les rues encombrées de Kafrene, à essayer de récupérer – pour ne pas dire voler – un peu de nourriture ici et là. Ses chaussures s’étaient usées, ses vêtements étaient troués, ses cheveux ne ressemblaient plus qu’à un pelage de Wookie.

Elle avait essayé de vendre le vaisseau. Mais personne ne voulait d’un engin sorti tout droit d’une République qui n’existait plus. Elle avait essayé de travailler. Mais personne ne voulait d’une gamine de quinze ans qui sortait nulle part. En tout cas, pas les gens avec un minimum d’honnêteté. Et aujourd’hui, il n’avait fallu qu’une mauvaise rencontre pour que sa vie ne devienne un cauchemar encore pire.

Une odeur âcre mit fin à réflexion. Levant légèrement la tête, Hajoo huma l’air. Il faisait chaud, tout à coup. Très chaud. Trop chaud. Bon sang ! D’un bond, la jeune fille se jeta sur le sol et roula de manière à se sortir de l’ombre du Delta-7. Sans prendre le temps de contempler son vaisseau, elle se précipita de l’autre côté du spatioport aussi vite que lui permettaient ses jambes flageolantes. Elle avait à peine atteint l’extrémité de la plate-forme que l’engin disparaissait dans une vague de flammes. Le souffle brûlant de l’explosion heurta la jeune fille avec une violence qu’elle n’avait encore jamais connue. Rassemblant le peu de forces qui lui restait, Hajoo quitta la plate-forme, sans un regard pour la carcasse de métal en feu.

***


Il avait mis le feu à son vaisseau. Le dernier souvenir qu’elle avait de Kamen – de toute sa famille – venait de partir en flammes, littéralement. Désormais, tout espoir de quitter cet astéroïde à la régulière était anéanti. Un Chagrien passa à côté de la jeune fille, bousculant son épaule au passage. Hajoo hésita entre hurler de douleur ou hurler de colère. Elle n’en fit rien. Elle ne ferait qu’attirer l’attention sur elle, au milieu d’une foule qui ne l’aiderait pas.

Le bas de la partie gauche de son cou avait été brûlé. Elle ne l’avait pas vérifié, mais la douleur persistante qui la lançait et l’odeur de roussi émanant de ses cheveux lui donnait une confirmation suffisante. Elle ne savait pas si d’autres parties de son corps avaient été touchées. Ce n’était pas la priorité. Elle devait se trouver un autre refuge. Le Delta-7 ne volait peut-être plus, mais il avait servi de lit et d’abri contre le froid pendant sept mois. Hajoo n’avait pas grand-chose, mais elle se retrouvait désormais sans rien.

Les larmes montèrent et elle s’empressa de les refouler. Sa famille n’était plus là, son foyer n’était plus là, son vaisseau n’était plus là. Si elle voulait s’en sortir, elle ne devait pas s’apitoyer sur elle-même – peu importe combien la tentation était forte. Si elle s’arrêtait ne serait-ce qu’une seconde pour se reposer, elle ne se relèverait peut-être jamais.

Des dizaines d’odeurs appétissantes vinrent retourner son estomac encore sous le choc. Une soudaine nausée lui monta au cœur. Se frayant un chemin dans la foule compacte des rues de Kafrene, Hajoo s’éloigna. Elle devait gagner un autre spatioport. Il y avait toujours un coin où se cacher dans ces endroits là. Cette fois, elle devrait en trouver un plus grand. Le simple souvenir de l’homme la faisait trembler. Elle ne devait jamais retomber sur lui. Jamais.

Après ce qui lui sembla durer des heures, Hajoo finit par arriver à un spatioport. Elle n’avait aucune idée de son nom ou des gens qui le fréquentaient, mais elle y voyait des cargos et des vaisseaux de transports plutôt gros, ce qui signifiaient que l’endroit était assez grand pour les accueillir. Elle évita un couple d’Aqualish en train de se disputer et pénétra sur les quais.

Le port était divisé en de multiples sections. Plusieurs panneaux annonçaient des départs et des arrivées en provenance de nombreuses planètes de la galaxie. Aucun n’était directement lié aux mondes du Noyau, mais Hajoo devina que ceci ne concernait que les transports humains. Elle repéra un groupe de migrants Twi’leks qui sortait d’un des quais. De l’autre côté, un officier de l’Empire supervisait ce qui semblait être un convoi de marchandises.

Concentrant son regard vers les côtés du port, Hajoo remarqua une petite coursive, légèrement en hauteur, que personne ne semblait emprunter. Elle y serait bien là-haut. Il ne ferait pas trop froid. Personne ne la verrait. Et c’était un endroit sec. Elle pourrait y rester quelques jours, peut-être même quelques semaines. Et, avec un peu de chance, elle y trouverait peut-être même son ticket de sortie. Elle devait trouver comment y accéder.
- Hé là ! Montre-moi ta carte d’identité !

Hajoo se figea. Puis pivota lentement sur elle-même pour découvrir une petite patrouille de cinq stormtroopers. Elle souffla. Elle s’était déjà fait contrôler. Il suffisait de prétendre qu’elle était perdue. Que ses parents étaient quelque part parmi tous ses vaisseaux. De les semer dans le dédale des quais. Elle se débrouillerait. Elle afficha un sourire naïf et cacha sa brûlure sous ses cheveux drus.
- J’ai perdu mes parents.

Le premier soldat s’approcha d’elle, fusil en main. Instinctivement, Hajoo recula d’un pas. Bang. Le souvenir de sa mère qui tombait à terre lui traversa l’esprit. Elle se força à rester dans son rôle de petite fille perdue. Qui sait, les soldats lui donneraient peut-être même un repas chaud.

Un deuxième homme apparut de derrière son coéquipier. Il baissa son blaster et croisa les bras dans un bruit de plastoïde de mauvaise qualité. Hajoo crut l’entendre sourire.
- Comme on se retrouve…

Hajoo se figea de nouveau. Cette fois-ci, tel un serpent-dragon, la peur s’enroula autour de ses vertèbres, un à un. La voix de l’homme était déformée par son vocodeur, mais elle l’aurait reconnue entre mille. Elle fixa le casque inexpressif du soldat et replaça les traits de l’homme sur ce visage de marbre. Elle pouvait chaque détail de son corps, ce maillot noir qui cachait un corps trop peu entretenu, ces cheveux gras, les botte blanches… La jeunes fille s’arrêta sur les bottes. Elles étaient toujours aussi sales. C’était un stormtrooper ! Il avait remis son armure, mais c’était bien lui. Et il avait brûlé son vaisseau.

L’homme s’approcha sans ménagement :
- Tu m’as bien eu, tout à l’heure… Viens là…

Hajoo ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Sans réfléchir, elle pivota et prit ses jambes à son cou. Elle pouvait discerner les voix des soldats qui se lançaient à sa poursuite. Elle ne pouvait pas le laisser la rattraper. Elle se glissa entre les différents cargos aussi vite qu’elle le pouvait. Ses pieds lui faisaient mal, et sa brûlure semblait se réveiller à chaque caresse de l’air. Les pas derrière elle se faisaient plus pressants, plus proches à chaque seconde qui passait. Le cœur cognant dans sa poitrine, Hajoo passa sur un autre quai, où des commerçants humains se mêlaient à de la main d’œuvre Togruta pour décharger des droïdes et d’autres tas de ferraille.

Hajoo passa entre eux, renversant volontairement une unité R4 sur son passage. Cela ralentirait les soldats. Ou pas. La voix de l’homme retentit à ses oreilles :
- Ne la laissez pas s’échapper !

Elle devait se cacher. Disparaître. Le regard fou, elle avisa un cargo de transport un peu plus gros que la moyenne. Elle se glisserait dessous. Il ne penserait pas à regarder là. Pas au début. Cela lui laisserait le temps de s’échapper. En tout cas, elle l’espérait.

Sans penser à autre chose qu’à se cacher sous l’engin, Hajoo se précipita vers le vaisseau. Elle était à découvert. La voix de l’homme glaça son sang une nouvelle fois.
- Là !

Elle tourna la tête. Il était là, si près. Quelques pas, et il reposerait sa main sur elle. Elle imaginait déjà son souffle imbibé d’alcool, son odeur de chair à Bantha beaucoup trop grillée. Elle aurait voulu bouger, s’enfuir, crier, mais la peur la paralysait. Ses membres étaient tétanisés. Sa vision se brouilla et le soldat devint flou l’espace d’une seconde.
- Ah, je te cherchais ! Dépêche-toi, le vaisseau décolle !

La poigne sur son épaule lui fit l’effet d’une décharge électrique. Elle leva les yeux pour découvrir un Dévaronien à la peau rouge et aux cornes effilées qui la regardait comme s’il la connaissait depuis des années. Elle ne l’avait jamais vu de sa vie. Hajoo hésita un instant, mais le regard insistant de l’alien la fit abandonner toute résistance. Au pas de course, le Dévaronien l’entraîna à bord de l’énorme cargo sous lequel la jeune fille voulait se cacher. A peine avait-elle gagné la passerelle que les portes se refermèrent, effaçant les casques blancs des soldats de l’Empire.

Le soulagement qui s’empara de son corps la priva de toute énergie et Hajoo se laissa glisser contre une paroi tandis que le transport décollait doucement.
- A bord de ce vaisseau, tu ne risques rien.

La voix rauque de l’alien attira l’attention de la jeune fille. Elle examina enfin son sauveur un peu plus en détail. Le Dévaronien n’était pas très grand. Avec sa peau rouge, ses cornes effilées et abîmées, ses dents pointues et ses yeux jaunes, on aurait pu croire qu’il sortait tout droit d’un cauchemar. Il portait de lourdes bottes en cuir sur un pantalon large. Un long manteau en cuir descendait jusqu’à ses genoux, cachant ce que Hajoo devina être plusieurs blasters. Elle aurait dû être ravie ou terrifiée, soulagée ou excitée. Mais la seule chose qui lui vint à l’esprit fut une question :
- Où est-ce qu’on va ?

***


Le Dévaronien se nommait Zoar et la planète sur laquelle il avait emmené Hajoo s’appelait Nar Shaddaa. La jeune fille n’avait jamais entendu parler de ce monde que Zoar décrivait comme le royaume de la liberté pour les êtres comme lui. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle débarqua dans des rues plus sales encore que celles de Kafrene, où l’air semblait en permanence véhiculer des tonnes et des tonnes de poussières. Pour une raison qu’elle ne pouvait expliquer, elle ne se sentait pas en sécurité.

A bord du cargo, Zoar lui avait fourni des vêtements qui, s’ils n’étaient ni propres ni neufs, n’étaient pas troués et permettaient de déambuler dans la foule sans trop se faire remarquer. Hajoo se retrouvait désormais affublée d’une tunique beige trop grande pour elle et d’un short trop court pour la saison. Le Dévaronien avait également traité sa plaie. D’après lui, si elle poursuivait les soins, il ne devrait pas rester de cicatrice – en tout cas, pas visible.

Dès que le vaisseau se posa, Zoar entraîna la jeune fille à travers les rues de la ville qu’il appelait New Vertica. Hajoo ne le connaissait que depuis peu, mais elle ne pouvait s’empêcher de rester le plus près possible de lui. Il lui semblait être arrivée dans un endroit encore pire que Kafrene, et seule la présence de Zoar l’empêchait de trop s’inquiéter.

Ils arrivèrent bientôt devant un énorme bâtiment de pierre. Hajoo n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. La lourde porte en métal en face d’elle faisait au moins trois fois sa hauteur et semblait avoir été conçue pour permettre à un Rancor de passer. Que se passait-il derrière cette porte ? Elle n’en avait aucune idée.
- Bon, voilà, c’est ici qu’on se sépare.

Hajoo leva un regard apeuré vers Zoar. Comment ça, sépare ? Pourquoi l’avait-il emmenée ici, si c’était seulement pour lui dire de se débrouiller ensuite ?
- Je t’ai tirée d’affaire, maintenant, vis ta vie, lui lança-t-il d’un air désabusé. Nar Shaddaa est à toi.

Il se tourna vers la porte et s’apprêtait à l’ouvrir lorsque la jeune fille se décida à sortir du silence.
- Ne me laisse pas ! S’il-te-plaît !

Le Dévaronien se retourna, un léger sourire sur le visage, comme s’il s’attendait à ce qu’elle le supplie de ne pas la laisser. Hajoo poursuivit :
- Je n’ai personne. Je ne connais pas la planète.

Et je n’ai rien pour soigner ma brûlure. Mais elle se garda de le dire à voix haute. Zoar poussa un soupir théâtral et s’accroupit, de manière à se mettre plus ou moins à la hauteur de la jeune fille.
- Je ne peux pas te garder. L’endroit où je travaille…. Ce n’est pas vraiment un endroit pour les enfants. Enfin, certains enfants y travaillent. Peut-être que...

Il laissa volontairement sa phrase en suspens et Hajoo ne put se retenir de lever les yeux au ciel. On aurait dit les ministres qui travaillaient avec son père.
- Peut-être que quoi ?

Le Dévaronien sourit devant son air exaspéré.
- Peut-être que e peux t’engager. Tu travailleras avec moi. Parfois pour moi. Ça dépend. Mais tu auras un toit, à manger et je pourrai m’occuper de cette vilaine blessure.

Le ton cajoleur du Dévaronien fit hésiter la jeune fille. Devait-elle le croire sur parole ? Elle ne connaissait pas. Il avait été bon avec elle, mais tout cela semblait trop calculé pour être sincère. Et pourtant, quelque chose chez lui la rassurait, et la mettait en confiance. Qu’avait-elle à perdre ? Son père ne viendrait pas la chercher. Et puis, sa blessure lui faisait mal. Zoar avait promis de s’en occuper.
- Tu resteras avec moi, hein ?

Zoar afficha de nouveau ce sourire réconfortant, presque paternel, qu’il arborait depuis qu’il l’avait sauvée des griffes des stormtroopers.
- Tu peux compter sur moi.
- C’est d’accord, alors, dit-elle d’une voix plus enfantine qu’elle ne l’aurait voulu.

Le Dévaronien sourit de nouveau, marqua un pause puisse décida à hocher lentement la tête.
- Bien.

Il se releva puis prit la main de la jeune fille dans la sienne et l’entraîna le long du mur de pierre jusqu’à une porte en métal taillée pour des êtres humanoïdes qu’elle n’avait pas remarquée. Insérant une carte dans le scanner, Zoar ouvrit la porte et tira Hajoo à l’intérieur. La jeune fille fut aussitôt saisie de l’atmosphère qui régnait. Elle se trouvait devant un comptoir poussiéreux. L’endroit sentait l’urine et le renfermé, mélangé à des odeurs d’huiles plus raffinées. Sans personne pour l’animer, la pièce semblait austère et triste.

Au fond de la pièce, Hajoo aperçut de larges grille en métal, probablement parcourue d’électricité, comme les grilles de l’aile ouest du palais où elle habitait. A travers, elle pouvait discerner une large arène de sable clair et fin. A droite et à gauche des grilles, des escaliers menaient aux gradins qui entouraient l’arène. Un peu plus en retrait, une trappe semblait mener dans un sous-sol invisible aux spectateurs. L’accès y était interdit, et Hajoo devina que ce n’était pas le seule entrée – ni la principale – pour accéder au sous-sol.

Les gradins de l’arène étaient vides. Mais cela n’empêchait pas des individus de s’exercer au centre de l’arène. Un Dug maniait une vibrolame face un Vurk mal en point. Un humain affrontait une Zabrak enragée. Hajoo inspira largement. Son esprit s’embrouilla.
- Signe là, lui fit Zoar en lui tendant un datapad.

Plus par réflexe que par réelle envie, Hajoo appliqua son pouce sur le datapad et signa le document de ses empreintes. Quel document ? Dans quoi s’embarquait-elle ?
- Il va me falloir un nom.

Hajoo leva un regard interloqué vers Zoar. Le Dévaronien lui sourit, sans se départir de cette chaleur qu’il avait manifesté depuis le départ.
- Je ne connais pas ton nom, jeune fille.

C’était vrai. Il lui avait donné le sien, mais Hajoo avait été tellement perturbée par sa rencontre avec le stromtrooper qu’elle en avait oublié de donner le sien.
- Hada Joobal Deretzer.
- Je vois, soupira Zoar. Trop long, et trop connoté. Famille noble, hein ? murmura-t-il si bas que la jeune fille put à peine l’entendre.
- Mes frères m’appelaient Hajoo.

Zoar acquiesça.
- Ça fera l’affaire. Manque plus que le nom. Qu’est-ce que tu dis de…Aryx ?

Hajoo haussa les épaules. Elle observa les murs de la petite entrée de l’arène. Des affiches holographiques vantaient les exploits d’un guerrier Besalik ou encore l’arrivée prochaine d’un nouveau Rancor, encore plus gros que celui que l’arène possédait déjà.
- C’est un oiseau avec un certain potentiel, poursuivit Zoar, bien décidé à lui trouver un nouveau nom de famille. Ou bien Churi ? Je connais une Churi, elle est la meilleure dans son domaine, fit-il avec un sourire rêveur.

Mais Hajoo ne l’écoutait pas. Elle désigna un hologramme d’une bête d’aspect félin, aux dents acérées et aux yeux malins.
- Vous en avez un ?
- Un nexu ? Plusieurs, oui. Ce sont les bébêtes favorites du patron.

La jeune fille se prit à rêver. Elle avait déjà vu un nexu, lorsqu’elle était enfant. Un cirque itinérant était passé sur Haruun Kal et possédait une de ces formidables bêtes. Le contact qu’elle avait cru ressentir en plongeant son regard dans les yeux de l’animal avait nourri ses rêves d’aventures pendant des mois.
- J’ai trouvé mon nom de famille.

Zoar marqua un temps d’arrêt.
- Nexu ?

Hajoo leva un sourcil.
- Comme tu voudras. Mais avec un nom pareil, tu vas devoir bosser dur pour assurer et assumer.

Le Dévaronien termina de remplir le document puis rangea le datapad. Il se tourna vers Hajoo et la jeune fille crut lire de la peine dans ses yeux.
- Bienvenue dans l’arène.
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Nouvelles : Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle
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Messagepar LL-8 » Ven 30 Nov 2018 - 13:52   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Après quelques semaines chargées, voici la suite :)
N'hésitez pas à laisser un commentaire, ça permet de voir si l'histoire plaît ou non :D
Bonne lecture!

Hajoo Nexu
Chroniques d’une Rebelle

Partie III - L’arène

4 av. BY


La puissance du coup l’envoya tête la première dans le sable. Hajoo serra les dents. Elle pouvait sentir chaque grain érafler la peau de son visage et de ses bras. Grognant sous la douleur, la jeune fille se releva et fit face à son adversaire, genoux tremblants. Elle avait perdu sa vibrolame depuis longtemps. Ses poings étaient abîmés et le sang coulait le long de ses avant-bras.

Saari, l’humain en face d’elle, était imposant. Sa carrure d’épaules faisait au moins deux fois celle de la jeune fille, son torse musclé n’était protégé d’aucune armure et son visage carré, entouré d’une chevelure argentée presque parfaite, arborait une vilaine cicatrice sous le menton, témoin respectueuse d’un combat probablement mortel. Mais ce qui impressionnait le plus, c’était tous les tatouages couvrant sa peau blanche, cet entremêlement de lignes noires gravées à même l’épiderme. La légende était connu de tous dans l’arène : chaque ligne représentait un combat. Une longue ligne pour une victoire, une courte pour une défaite. Hajoo observa l’œuvre d’art qu’elle affrontait. Elle avait du mal à trouver des petites lignes.

La jeune femme cracha à terre, espérant éjecter quelques grains de sable dans sa bouche, sans grand succès. L’autre en face écarta les bras :
- Alors, Nexu ? Tu abandonnes déjà ?

Déjà ? Hajoo grinça. Elle jeta un coup d’œil vers les grilles de l’arène, où les autres combattants permanents l’observaient. Elle imagina le regard fatigué de Zoar couler sur elle. Elle était fatiguée des combats. Mais elle devait à Zoar de remporter celui-ci encore.
- On me vante tes exploits à l’autre bout de la planète, poursuivit son adversaire, et tu abandonnes déjà ?

Hajoo fit craquer sa nuque avant de se planter ses jambes dans le sable. Ce Saari parlait trop.
- Techniquement, répondit la jeune femme, c’est mon maître qui a vanté mes exploits à ton maître. Toi, sur l’échelle de grandeur, tu n’es rien, ajouta-t-elle dans un sourire.

L’assurance de l’humain aux cheveux argentés se transforma en une colère sourde. Aucun combattant n’aimait qu’on lui rappelle que la liberté inscrite sur son contrat n’était qu’illusion. Saari appartenait à Irtyho le Falleen et Hajoo appartenait à Buurg le Hutt. Sur Nar Shaddaa, personne n’était vraiment libre.

Saari ne mit pas longtemps à attaquer. Il se précipita poings en avant sur Hajoo dans le but d’atteindre son visage mais la jeune fille esquiva. L’humain sortit alors une petite vibrolame acérée et la plongea en avant. Hajoo multiplia les sauts de droite à gauche, avant de plaquer sa main sur le poignet de l’homme. La vibrolame tomba au sol et se retrouva enfouie sous une multitude de grains de sable. Hajoo releva la tête. Parfait. Avec ses armes, Saari la dominait. Mais le corps à corps, c’était son domaine.

Les encouragements de la foule augmentèrent lorsqu’elle s’élança sur Saari. L’humain se prépara à l’impact, planté sur ses deux jambes. Alors Hajoo plongea au sol, emportant la jambe droite de Saari avec elle. Il se retrouva à terre mais ne tarda pas à reprendre ses esprits. La jeune femme ne perdit pas de temps. Ne se relevant qu’à moitié, elle envoya une giclée de sable dans la tête de Saari puis lui asséna trois coups rapides au niveau de la clavicule. L’humain gémit, sans pour autant vaciller. Alors Hajoo mit en pratique tout ce qu’on lui avait enseigné depuis quatre ans. Sa prise sur Saari fut rapide, efficace. Avec le calme d’un assassin, Hajoo lui brisa le bras droit, lui fit plier le genou. Un pied sur le dos tordu de l’homme, Hajoo se retint au moment de lui briser la colonne vertébrale.
- Abandonne, ordonna-t-elle calmement.

L’autre gémit, avant de siffler entre ses dents :
- Le meilleur combattant de Nar Shaddaa, c’est moi.

Hajoo haussa les épaules ;
- Comme tu veux.

Elle ne sentit qu’un craquement sec sous son pied. Elle n’entendit ni le hurlement de Saari qui tombait au sol, ni les applaudissements de la foule, ni la voix du commentateur qui la déclarait une fois encore vainqueur de l’arène de Buurg le Hutt. Elle fit le vide en elle et garda les yeux rivés vers les grilles. Là-bas, Zoar était fier d’elle, elle le savait.

***


- Tu aurais dû attaquer le bras gauche dès le début, c’était son point faible, lâcha Vina. Une ancienne blessure probablement.

Hajoo hocha machinalement la tête. La Zabrak et elle marchaient dans les sous-terrains de l’arène aménagés en appartements plus ou moins spacieux pour les combattants et leurs mentors. Les couloirs étaient d’aspect pierreux, d’une couleur terre morne et sans teint. La lumière ne semblait pas passer dans ces endroits interdits au public. Un fine couche de poussière recouvrait le sol, les murs, semblait dégouliner du plafond, s’inflitrait dans les vêtements, dans la nourriture.
- Il faut que tu travailles plus tes appuis. Et ta vibrolame doit devenir une extension de ton bras, elle doit faire partie de toi.

Hajoo soupira, sans répondre aux derniers conseils de la Zabrak. Vina l’avait prise sous son aile dès son arrivée dans l’arène, à la demande de Zoar. Elle ne l’avait pas quittée depuis. Quatre ans d’entraînements intensifs, de nuits passées sur le sable grossier de l’arène, à manier des armes venues des quatre coins de la galaxie. Le résultat avait dépassé les attentes de Vina et Zoar. Au cours de la dernière année, Hajoo était devenue l’une des combattants les plus côtés de l’arène. Sa réputation commençait à s’étendre sur la lune des contrebandiers et les paris s’envolaient lors de ses combats. A seulement dix-neuf ans, la jeune femme se révélait une adversaire redoutable pour qui voulait l’affronter.

Hajoo était reconnaissante envers Zoar et Vina. Sans eux, elle n’aurait pas tenu plus d’un mois dans l’arène. Ils avaient transformé la petite fille apeurée et craintive qu’elle était en une jeune femme pleine d’assurance qui pouvait désormais se débrouiller seule face à quatre hommes armés. Enfin, plutôt trois hommes armés – les armes, ce n’était pas trop son truc. Bang. L’image des corps de sa famille qui tombaient un à un au sol lui revenait en mémoire à le vue du moindre blaster, de la moindre vibrolame. Un frisson lui parcourut l’échine.
- J’ai aussi entendu dire que Buurg voulait se mesurer à Torga. Je crois que c’est son cousin, ou quelque chose comme ça… Il paraît que son champion est un Wookie, tu imagines ? Donc il va falloir te préparer, parce que…
- Est-ce que Zoar est venu voir le combat ?

Hajoo fixa Vina. Elle n’avait pas écouté un traître mot de ce que la Zabrak lui racontait. Elle se fichait pas mal de Torga le Hutt et de son champion. Elle n’avait encore jamais vu de Wookie, et ça lui allait très bien comme ça. Non, ce qui l’intéressait vraiment, c’était de savoir si Zoar avait assisté à sa victoire ou non. Elle avait brisé en deux Saari, celui que la foule adulait, elle avait renversé les paris et défié les pronostics. Elle espérait qu’il avait au moins vu cela. L’expression du visage de Vina démolit ses espoirs.
- Il a dû resté allongé aujourd’hui, répondit-elle sur un ton plus calme. Il lui faut du repos, tu sais.

Hajoo passa une main dans ses cheveux drus. Zoar avait besoin de beaucoup de repos ces derniers temps. Elle avait bien peur qu’un jour il ne se réveille pas. Sans un mot pour la Zabrak, la jeune femme tourna les talons et descendit le couloir, sans prêter la moindre attention à ses camarades d’infortune. Elle se dirigea droit vers le compartiment de Zoar, l’un des plus riches de l’arène.

Elle en avait passé, des heures, dans cet appartement. Elle se souvint de la façon dont le Dévaronien avait soigné sa blessure. Il ne lui restait désormais plus qu’une légère cicatrice à la base du cou, trop légère pour que quiconque puisse la remarquer. Et puis les nuits où elle ne trouvait pas le sommeil, elle se faufilait sans bruits et venait jouer au sabacc avec Zoar. Il lui avait enseigné les subtilités de ce jeu, mais pas assez pour pouvoir le vaincre. Elle se souvint des nombreuses défaites qu’elle avait accumulé. Une manière de compenser tes victoires sur le terrain, lui avait-il lâché un jour. Elle sourit pensivement. Zoar l’avait bien eu, en lui faisant signer ce contrat. Mais ils avaient noué un lien unique, et Hajoo n’était pas encore prête à le perdre. Elle appréciait Vina, mais la Zabrak n’était pas Zoar. Et Zoar était en train de mourir sans qu’Hajoo ne puisse faire quoi que ce soit.

La jeune femme arriva finalement au compartiment du Dévaronien. La porte sombre de l’appartement était gardé par deux Gamorréens en armure gracieusement mis à disposition par Buurg le Hutt. Zoar était quelqu’un d’important et ces deux gardes suffisaient pour le rappeler aux combattants.

Ils s’écartèrent lorsqu’Hajoo se présenta et la jeune femme poussa la lourde porte. Elle arriva dans un salon richement décoré dans des teintes pourpres et orange. Des voiles fins habillaient plafond et murs, donnant le sentiment d’arriver dans un havre de luxe et de richesse. Hajoo repéra le long sofa en tissu brun brodé à la main que Zoar avait fait venir d’Alderaan. Elle se revit, à seize ans, sur ce même sofa, apprenant à manipuler le petit blaster de poche que le Dévaronien lui avait donné. Un cadeau qui pouvait la sauver, mais qui semblait la brûler à chaque fois qu’elle la prenait en main.

Hajoo secoua la tête. Elle devait arrêter de se repasser sa vie en tête. Zoar était loin d’être mort. Elle s’avança dans la large pièce jusqu’à un coin moins éclairé, où les voiles se faisaient d’ordinaires plus sensuels, où les couleurs se faisaient plus chaudes, où les draps respiraient la passion. Ce jour-là, en revanche, les couleurs semblaient mornes, les voiles n’avaient plus aucun relief.

Zoar était là, allongé sur le lit, entre deux draps d’un blanc tâché par la maladie. Son teint était pâle, et sa peau, d’ordinaire d’un rouge éclatant, semblait coloré d’un orange passé. Son visage brillait sous la sueur. Il fut trop faible pour la saluer et se contenta d’un sourire incertain. A ses côtés, une Twi’lek en petite tenue à la peau bleutée essuyait ses larmes. Elle baissa les yeux lorsqu’Hajoo s’approcha du lit.
- Tu peux nous laisser, Churi, dit-elle d’un ton cassant.

La Twi’lek se leva aussitôt et disparut en petites foulées légères.
- Il faudra bien que tu t’y fasses un jour, fit la voix fatiguée de Zoar. Churi fait partie de la famille.

Hajoo grimaça en s’asseyant sur le lit, prenant soin de ne pas se mettre là où la Twi’lek se tenait.
- C’est une professionnelle, Zoar, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Tu la payes pour t’aimer et te pleurer, mais rien de tout cela n’est réel. Elle fait la même chose avec les Moffs de passage.

La mention des pions de l’Empire déclencha une forte toux chez le Dévaronien. Il se courba en deux, et Hajoo lui passa une main dans le dos pour le soutenir. Lorsqu’il eut finit, elle le déposa délicatement sur les draps.
- Vina est réelle, elle, ajouta Hajoo, un sourire en coin.
- Vina va me voir mourir, répliqua Zoar d’un ton bourru. Ça ne ferait qu’empirer les choses.

Hajoo frémit. Non, Zoar ne mourrait pas. Ils trouveraient ce qu’il avait, et ils le guériraient. Même si elle devait supplier Buurg pour cela.
- Je sais à quoi tu penses, Hada, murmura Zoar.

La jeune femme tiqua en entendant son prénom. Il ne l’employait que rarement.
- Mais personne ne me guérira. C’est trop tard maintenant.

Hajoo soupira.
- Tu es trop pessimiste, dit-elle d’un ton qu’elle voulait léger. On est sur Nar Shaddaa, pas sur Ach-To.

Le Dévaronien ne la laissa pas poursuivre. Il grinça des dents et posa difficilement sa main sur celle de la jeune femme. Sans réfléchir, elle s’accrocha à ses doigts rougeâtres avant qu’elle ne glisse sur le lit.
- Je veux que tu me promettes une chose, commença-t-il.
- J’ai déjà gagné contre Saari, annonça-t-elle sans lui laisser le temps de finir. Mission accomplie, ajouta-t-elle en riant – un rire forcé, faux, qui traduisait toute la peur qu’elle ne voulait pas montrer.

Zoar soupira et enfonça sa tête dans son oreiller, les yeux fermés. Il laissa passer trente secondes de silence avant de les rouvrir, et de plonger son regard dans celui de Hajoo.
- Je veux que tu dégages d’ici.

Sa remarque laissa la jeune femme bouche bée.
- Pardon ?
- Je veux que tu partes. J’ai déjà fait le nécessaire, ajouta-t-il. Buurg te laisse partir, j’y ai veillé. Mais tu dois le faire maintenant. N’attends pas que je meure, il serait capable de te refuser ton droit.

Hajoo ne répondit pas immédiatement. Une cascade d’émotions contradictoires se déversèrent dans son cœur, sans qu’elle sache sur laquelle s’arrêter. La colère finit par prendre le dessus. Elle se leva brusquement du lit de Zoar.
- Tu me vires c’est ça ?

Le Dévaronien n’eut aucune réaction, ce qui acheva ses nerfs.
- Tu m’arnaques alors que je suis une gamine, tu fais de moi ton pion, tu m’utilises pour te faire une réputation et maintenant que tu es hors jeu, tu me vires ? Et qu’est-ce que tu veux que je fasse, une fois partie ? Rejoindre les copines Twi’leks de Churi ?

Ses poings tremblaient sous l’émotion. Il ne pouvait pas lui faire ça. Elle ne partirait pas.
- Je t’ai préparé un vaisseau, répondit Zoar calmement. Il est au spatioport sud-ouest de New Vertica, hangar 38-11B. J’y ai mis le nécessaire.
- Et où veux-tu que j’aille ? l’interrompit Hajoo.
- Tu n’as qu’à signer la rupture de contrat. Tout est sur le datapad. Et Buurg a reçu une compensation en avance, il respectera ta démission si tu te dépêches de la prendre, expliqua le Dévaronien en occultant la question de la jeune femme.

Hajoo se passa une main sur son visage fatigué. Il avait peur. Zoar avait peur. C’était une réalité plus terrifiante encore que l’éventualité de sa mort. Elle s’installa doucement sur le lit, cette fois à bonne distance de son mentor.
- Tu m’as bien arnaquée, tu le sais ça, non ?

Elle chercha des yeux le regard fuyant de Zoar. Il ne répondit pas, maintenant un masque neutre sur son visage.
- Tu aurais pu me déposer sur n’importe quelle planète perdue de la galaxie. J’aurais pu y faire ma vie, sans avoir peur de tout. Mais non, il a fallu que tu m’embarques avec toi. J’avais quinze ans, Zoar. Pourquoi… ? Pourquoi a-t-il fallu que tu m’amènes ici ?

Aucune réponse. Hajoo ne sut comment interpréter ce silence. Lorsque Zoar serait sur pied, elle lui ferait savoir ce qu’elle pensait de lui. Mais pour le moment, il avait besoin de repos.
- Je n’ai nulle part où aller, conclut-elle. Tu y as veillé.

Elle prit une longue inspiration et observa le datapad posé sur l’une des nombreuses petites commodes en bois de Kashyyyk que Zoar collectionnait. Elle soupira.
- Tu peux garder ton datapad. Je ne le signerai pas.

***


Les rayons du soleil percèrent enfin dans la petite chambre de Hajoo. Assise à même le sol froid et pierreux, contre la couchette rembourrée qui lui servait de lit, elle leva les yeux vers le mur en face d’elle, témoin de sa longue nuit blanche. La pierre brunâtre était striée de coups de vibrolame, une œuvre de violence sans logique, une folie passagère qui s’était déversée en un amas de plaies de terre plus profondes les que les autres. Empilées au sol, une dizaine de vibrolames de basse qualité gisaient, brisées.

Hajoo soupira. Sa discussion avec Zoar l’avait tourmentée. Elle craignait les répercussions. Certes, Zoar avait été un mentor et un ami pour elle. Mais le Dévaronien savait se mettre en colère, et ces moments-là étaient pires qu’une tempête de sable. Laisserait-il passer l’insolence de sa protégée ? Au final, elle n’était qu’une employée. Rien ne lui garantissait que le Dévaronien ne se retourne pas contre elle.

Des bruits de conversation tira Hajoo de sa rêverie. On parlait fort dans les couloirs. La jeune femme fronça les sourcils. Y avait-il un combat de prévu ? Elle n’était pas au courant. Elle prit appui au sol et se leva, avant d’enfiler une tunique d’un beige passé sur la pantalon de contrebandier que Vina lui avait donné. Bottes aux pieds, elle se décida à sortir de sa chambre, qui donnait directement sur le couloir menant chez Zoar. Il y avait foule. Hajoo reconnu des combattants, des techniciens, des gardes et des entraîneurs – tous travaillant dans l’arène pur Buurg. La jeune femme se fraya un passage entre deux Twi’leks en prenant garde à ne pas enlever le peu de vêtements qu’elles portaient par la même occasion. Elle repéra finalement Vina. La Zabrak à la peau grise semblait éreintée. Elle accueillit Hajoo avec un sourire triste.
- Il se passe quoi ?
- Zoar est mort, Hajoo, lui répondit la Zabrak.

La jeune femme encaissa la nouvelle tel un coup de poing dans l’estomac. Il n’avait pas le droit. Comment avait-il pu partir comme ça, sans prévenir ? Il ne lui avait même pas dit au revoir. Elle non plus. Elle resta silencieuse. Elle pouvait sentir le torrent de larmes monter à ses yeux, mais elle ne l’autorisa pas à se déverser. Pas en public. Pas devant Vina.
- Il n’a pas souffert, ajouta la Zabrak. Il dormait.

Hajoo fusilla Vina du regard. Elle ne faisait que remuer le couteau dans la plaie. Mais cette dernière ne s’arrêta pas pour autant. Saisissant le bras de Hajoo, elle se rapprocha d’elle et baissa la voix, comme si elle s’apprêtait à dévoiler un secret d’envergure galactique. Elle plongea son regard dans celui de la jeune femme.
- Buurg a trouvé le datapad.

Hajoo se dégagea sans ménagement. Elle haussa les épaules. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Zoar était mort. Il l’avait abandonnée dans cette arène. De toute manière, elle n’avait rien signé. Que le Hutt trouve le datapad ou non…
- Il sait que Zoar t’en a parlé, poursuivit Vina sur un ton légèrement plus inquiet. La rumeur court qu’il veut faire de toi son champion personnel.

Hajoo déglutit. Si elle devenait le champion personnel de Buurg, elle n’aurait aucune chance de quitter un jour Nar Shaddaa. Le Hutt en ferait son esclave, elle le savait. Il bavait devant elle depuis bien trop longtemps pour qu’elle ignore ses avances visqueuses

Une nouvelle fois, Vina l’attira à elle. Hajoo sentit qu’elle lui glissait un mini holoprojecteur dans la main droite.
- Ce sont les coordonnées du vaisseau, murmura-t-elle. Il n’est pas très loin. Ce n’est pas un modèle très performant, mais ça suffira à te faire sortir d’ici. Tu dois te dépêcher, Hajoo. Buurg va envoyer des gardes pour toi, très rapidement. On ne peut pas garder contact, ajouta-t-elle, ce serait trop dangereux.

La jeune femme s’empressa de ranger l’appareil dans l’une des poches larges de son pantalon. Une question résonnait dans sa tête.
- Pourquoi ?

Ce simple mot arrêta Vina dans son élan. La Zabrak la regarda d’un air perplexe.
- Pourquoi il a fait ça pour moi ?

Le regard de Vina s’adoucit, à en devenir presque tendre.
- Tu étais comme sa fille, Hajoo. N’oublie jamais ça.

***


Les Gamorréens passèrent sans s’arrêter devant le petit chasseur Rapière noir. Le vaisseau avait été enregistré au nom de Joobal Deretzer, un nom trop peu connu pour attirer l’attention de Buurg le Hutt. Enfoncée dans le siège du pilote, Hajoo redressa légèrement la tête, attendant que les gardes disparaissent de son champ de vision. Lorsqu’il n’y eut plus aucune trace d’eux, elle se décida à s’installer aux commandes.

Elle n’avait nulle part où aller. Pendant quatre ans, l’arène avait été son foyer. Vina et Zoar avaient constitué sa seule famille, aussi bancale soit-elle. Et une fois de plus, tous ses repères disparaissaient. Elle repensa au jour où elle avait dû fuir sa maison, lorsque l’Empire avait débarqué pour arrêter son père. Que ce serait-il passé si elle avait décidé de suivre les recommandations de sa mère ? Rejoindre le sénateur Rotramel, demander sa protection ? Aurait-elle eu une situation stable ? Ou bien aurait-elle été condamnée à fuir en permanence ? Zoar était loin d’être moral, mais il lui avait offert un endroit où dormir pendant quatre ans. Elle lui en serait reconnaissante.

Inspirant largement, la jeune femme démarra le petit chasseur. Elle n’avait nulle par où aller, mais pour le moment, une chose était sûre : elle devait quitter Nar Shaddaa.
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Messagepar L2-D2 » Ven 30 Nov 2018 - 13:56   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Zut, j'avais loupé la partie II ! :transpire:

je lirai ça dès que possible, promis !
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Messagepar Mandoad » Mar 04 Déc 2018 - 16:47   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Allez, maintenant que j'ai tout lu, on évite le double post en supprimant l'ancien et on en fait un nouveau! :D

Premièrement, le sentiment général est que j'ai vraiment beaucoup aimé. On en apprend plus sur ton personnage avant qu'elle ne devienne une Rebelle et c'est toujours intéressant de voir le voyage qui a pu l'amener à celle que l'on découvre dans le recueil.
Plus précisément, je vais donné mon avis sur les trois nouvelles séparément:

Partie I:
Très bien écrite. On se retrouve avec une Hajoo encore naïve avec un certain goût pour les plaisanteries au début de l'histoire qui devient jeune fille anéantie en toute fin. La diversité des sentiments pas lesquels elle passe en fonction des événements est bien décrite et on peut sans trop de peine comprendre les sentiments de la pauvre gamine.
Je pensais qu'on avait là une explication unique de sa haine de l'Empire, puis j'ai lu la partie II...

Partie II:
On retrouve notre héroïne qui essaie de s'en sortir tant bien que mal et est menacée par un personnage totalement antipathique. Après avoir échappé à l'Empire voilà que de nouveaux ennuis la guettent. Et là, retournement de situation que j'ai juste surkiffé, le sale type est un stormtrooper! En fin de compte, tu m'étonnes que Hajoo déteste l'Empire. :transpire:
C'est bien trouvé de faire un lien entre un ennui anodin dans le monde de la pègre avec les Impériaux.
On continue ensuite sur le parcours standard du héros. Après la perte et les premières épreuves, voilà l'arrivée du mentor. J'avoue que Zoar m'a pas mal fait pensé à l'Oncle Villie des comics avec Quinlan Vos. On ne sait jamais vraiment s'il veut protéger ou entourlouper la pauvre fille. Très bien joué.
Et en bouquet final, Hajoo Nexu naît enfin!
Petit bémol toutefois, j'avais de la peine à donner quatorze-quinze ans à l'héroïne et il a fallu que la partie III me le rappelle. Peut-être que ses réactions sonnaient un peu jeunes pour son âge ou que je me suis auto-bloqué sur une gamine d'une dizaine d'années. Faudra que je relise ça pour voir.

Partie III:
Un autre partie et un autre fragment de la vie de Hajoo. Alors là, on y est. Finie la gamine terrorisée. On retrouve le personnage du recueil, quoique toujours un peu perdu dans ses buts. J'aime vraiment la façon dont est écrit ce personnage et son évolution est tout à fait crédible et suffisamment attachante pour qu'on... ben s'attache à elle justement. :D
On atteint un nouveau jalon du voyage du héros: La mort du mentor. Il me tarde de voir ce qui se passera par la suite!

Voilà donc un petit résumé des mon avis sur ces trois parties. J'aurais simplement pu dire que j'ai adoré et que je trouve dommage que ce ne soit prévu que comme un recueil de six nouvelles. Tu prouves que tu t'en sors aussi bien (si ce n'est mieux, de mon point de vue personnel) sur une histoire originale avec tes propres personnages qu'en collaboration et sur des héros pré-existants (Toujours en mouvement est l'avenir). Chapeau! :jap:

Ah et pendant que j'y suis: Très sympa l'utilisation de Torga le Hutt. J'avoue que j'ai été surpris. Puis-je supposer que la mention de ce personnage sorti des tréfonds de l'UEL et de Wookiepedia est un clin d'oeil à une autre fan-fic' ? :wink:
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Messagepar LL-8 » Jeu 06 Déc 2018 - 9:24   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

Merci pour ton retour Mandoad!
Et ravie de voir que tu as apprécié ces trois parties pour le moment :D

Dans la partie 2, oui Hajoo est encore un peu gamine dans sa tête, malgré son âge. C'est voulu: elle sort d'un palais où elle n'a jamais connu la misère, et son passage sur Kafrene elle le vit recluse dans son vaisseau qui lui sert de foyer. Elle n'a eu personne pour l'introduire à la dureté de la réalité. Jusqu'à Zoar :sournois:

L'utilisation de Torga est effectivement un clin d'oeil assumé en direction de ta fic' que je trouve juste géniale. Je m'amuse dans mes textes à toujours glisser des références, que ce soit aux films, à l'univers étendu ou aux autres fic's qui m'ont marquées :D

Si tu veux lire autre chose d'original, j'ai écrit (instant auto-pub) une grosse nouvelle basé sur des personnages de mon cru:
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Messagepar Mandoad » Jeu 06 Déc 2018 - 14:26   Sujet: Re: [Nouvelles] Hajoo Nexu - Chroniques d'une Rebelle

LL-8 a écrit:L'utilisation de Torga est effectivement un clin d'oeil assumé en direction de ta fic' que je trouve juste géniale. Je m'amuse dans mes textes à toujours glisser des références, que ce soit aux films, à l'univers étendu ou aux autres fic's qui m'ont marquées

En plus, ça fait toujours plaisir à l'auteur originel :cute:

LL-8 a écrit:Si tu veux lire autre chose d'original, j'ai écrit (instant auto-pub) une grosse nouvelle basé sur des personnages de mon cru:
La Traque

Tiens tiens... Il faudra que j'aille voir ça dès que j'aurai un peu de temps. En lisant le prologue, c'est déjà sur une période que j'aime bien, donc ça ne peut être qu'intéressant à lire. :)
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