~ Sentinels ~ The Lost Crystals

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Messagepar Charlie Krystell » Dim 03 Déc 2017 - 14:30   Sujet: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

"15 BBY
Quatre années après la proclamation de l'Empire Galactique, la galaxie est à feux et à sang.

Pour faire face à la tyrannie impériale, des groupes résistants se sont formés et la guerre fait rage. Parmi eux, les Sentinels. Menés par Cassiopea El-Solar, ils parcourent la galaxie pour venir en aide aux peuples martyrisés.

En mission, ils mettent à jour un terrible complot menaçant toute la galaxie. Une course contre la montre commence. En chemin, ils feront des rencontres et découvriront qu'il est impossible de fuir son passé…"


Bonjour tout le monde! :hello:

Après près d'un an de travail, j'ai décidé de me lancer et de poster ma première fanfiction achevée sur internet. J'ai déjà beaucoup écrit mais ce projet est le premier que j'arrive à mener à terme et je compte bien continuer!
L'histoire tourne autour d'une bande de personnages que j'ai moi même inventés mais j'essaye quand même de respecter un maximum le contexte officiel. Le projet est pensé sous la forme de romans qui s'étaleront sur une trilogie. Le premier tome est achevé et j'ai récemment commencé à écrire le deuxième.
Je vous propose donc de découvrir dès à présent le début des aventures des Sentinels avec le prologue du premier tome. Je posterai une ou deux fois par semaine en fonction du rythme que vous préférez.
Bonne lecture!!


Prologue

~19 BBY
Coruscant, Temple Jedi, Salle du Conseil ~

Plongée dans le noir, uniquement illuminée par les phares des vaisseaux circulant dans ses avenues, la capitale de la République Galactique paraissait presque être en paix. Une bien triste illusion.
La guerre ravageait la République depuis des années et les Séparatistes montaient en puissance. Les jours de la démocratie semblaient comptés.
Assis dans la Salle du Conseil Jedi, Maître Yoda méditait. Le vieil homme sentait que la fin était proche et, s'il ignorait encore sous quelle forme elle se présenterait à eux, il savait que les pertes seraient grandes et dévastatrices pour la galaxie. Ainsi, le maître avait pris une décision radicale.

«  Vous avez demandé à me voir, Maître  ?
- Maître Windu, devant la porte, ne reste pas.
- De quoi souhaitiez vous m'entretenir  ? Au beau milieu de la nuit, qui plus est.
- Une vision, la Force m'a donné. De la fin de notre Ordre, nous approchons. »

En silence, Mace Windu s'assit aux côtés du vieux Jedi. Il n'était pas sans connaître les pouvoirs particuliers de Yoda, bien qu'il en ignorait l'étendue exacte. Il avait donc une confiance totale en ses visions, aussi noires puissent-t-elles être.

«  Qu'attendez-vous de moi  ?
- A la fin, nous ne pouvons nous soustraire. Mais le pire, encore éviter, nous pouvons. Nos connaissances, à tout prix, il nous faut protéger.
- Nos connaissances  ? Que voulez-vous dire  ?
- De tous nos savoirs ancestraux, Darth Sidious aura besoin pour parvenir à ses fins. Mettre en sécurité nos Archives, il nous faut donc.
- Vous voulez déplacer les Archives  ? Mais c'est impensable, elles font partie intégrante du Temple et de la Grande Bibliothèque, on ne peut décemment pas nous en séparer. Et puis, nous sommes en guerre Maître, si nous voulons avoir une chance de nous en sortir nous allons avoir besoin des secrets des Archives.
- Plus aucune chance nous n'avons, Mace. Agir vite, il nous faut désormais. Les Archives de la Bibliothèque nous allons séparer et en sécurité, nous les emmènerons.
- Bien Maître. Si c'est là notre seule solution…
- L'espoir, il te faut garder mon ami. La galaxie, nous allons peut-être sauver.
- Et où comptez-vous les emmener  ?
- Cette décision, toi seul tu la prendras. Pour notre sécurité, dans l'ignorance, je dois rester.
- Bien Maître.  »

Tandis que le vaisseau de Maître Windu quittait le ciel de Coruscant emportant son précieux chargement, Maître Yoda se demandait combien de sacrifices la galaxie allait encore devoir accomplir au nom de la paix et de la démocratie…
Modifié en dernier par Charlie Krystell le Dim 03 Déc 2017 - 19:25, modifié 2 fois.
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 03 Déc 2017 - 14:40   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Bienvenue sur SWU ! :hello:

Le synopsis est intéressant, par contre pour les dates il vaut mieux faire attention pour éviter la confusion. :transpire:

J'imagine que tu mets "ABY" pour "Avant la Bataille de Yavin"... Le problème, c'est que ça marche pour "Après la Bataille de Yavin" aussi. :transpire:
Donc généralement sur SWU on utilise "BBY" pour "Before the Battle of Yavin" et "ABY" pour "After the Battle of Yavin". ;)

Bon courage pour rédiger ton histoire ! :jap:
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Messagepar Charlie Krystell » Dim 03 Déc 2017 - 14:57   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci pour la remarque!
J'aurais dû y penser :transpire: mais c'est corrigé!
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Messagepar Zèd-3 Èt » Dim 03 Déc 2017 - 15:41   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

C'est plutôt sympa comme prologue, ça donne envie de lire la suite :jap:

Pour les dates, j'ai plus tendance à écrire "av. BY" ou "ap. BY", mais les deux fonctionnent :wink:

Bon courage et bonne chance pour la suite ^^
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Stormtrooper lambda » Dim 03 Déc 2017 - 16:27   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Ce prologue est assez mystérieux. L'action sera centrée sur les gardiens de ces archives ?
Et quand tu parles de trois romans. C'est des vrais romans avec plus de cents pages ou des "parties" de ton histoires ? Dans le premier cas tu es déterminée !
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Messagepar Darth Eluar » Dim 03 Déc 2017 - 18:18   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Bienvenue sur SWU (N'hésite pas à aller te présenter sur ce topic) et dans la section fan-fiction :hello:

J'ai lu ton texte et ça me parait plutôt encourageant :oui:

J'ai repéré assez peu de fautes :
la galaxie et à feux et à sang. -> est
ne restes pas -> reste

Par curiosité, ton texte prend-il place dans l'univers officiel ou légendes ?

Charlie Krystell a écrit:Je posterai une ou deux fois par semaine en fonction du rythme que vous préférez.

Comme je l'ai déjà dit à d'autres, quand on a beaucoup d'avance dans l'écriture, un rythme hebdomadaire me parait parfait. Publier plus risque de décourager les lecteurs manquant de temps. :wink:
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Messagepar Charlie Krystell » Dim 03 Déc 2017 - 19:29   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci pour ton commentaire :)

Stormtrooper lambda a écrit:Et quand tu parles de trois romans. C'est des vrais romans avec plus de cents pages ou des "parties" de ton histoires ? Dans le premier cas tu es déterminée !


Ce sont effectivement des vrais romans longs de plusieurs centaines de pages. Si tu devais imprimer et relier le premier tome sous forme de livre "classique", il ferait environ 450 pages :wink:
Les deux suivants devraient avoir des longueurs similaires.
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Messagepar Charlie Krystell » Dim 03 Déc 2017 - 19:36   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci :jap:

Darth Eluar a écrit:Par curiosité, ton texte prend-il place dans l'univers officiel ou légendes ?


L'histoire se situe dans l'univers officiel. Quelques éléments de l'univers légendes viendront se glisser par-ci par-là mais plutôt dans les deux tomes suivants.
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Messagepar mat-vador » Dim 03 Déc 2017 - 20:04   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Charlie Krystell a écrit:L'histoire se situe dans l'univers officiel.


Quoi? Argh Hérésie, sacrilège!!!! Vade retro satanas!!

PS: Sinon bon courage pour ta fan fic :transpire: .
place au seigneur des vapodouches, infâmes misérables!

fan fiction: fan-fictions-hdf-f17/jedi-corellien-la-trilogie-post-legacy-t17338.html, Les Origines de Jedi corellienl, Chroniques
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Messagepar L2-D2 » Dim 03 Déc 2017 - 20:30   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Prologue lu !

Et bien aimé. La période qui suit l'avènement de l'Empire est à mes yeux l'une des plus intéressantes de la saga, et l'idée de Yoda qui "anticipe" la chute de l'Ordre est bien trouvée. Il est peut-être un peu trop passif suite à sa vision, en mode "tant pis, c'est foutu", mais comme ce n'est sans doute que le point de départ, ça passe !

Curieux de lire la suite et de voir tes propres personnages, c'est là que ça va devenir intéressant ! :oui:
"Les histoires que nous aimons ne rentrent peut-être pas toutes dans une seule ligne de temps, mais elles compteront toujours à nos yeux." - JJ Miller

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Messagepar Notsil » Dim 03 Déc 2017 - 21:47   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

C'est peu pour le moment, mais ça donne envie ;)
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Messagepar darkCedric » Dim 03 Déc 2017 - 21:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Mais c'est que ça a l'air très bien tout ça :cute:

Bienvenue parmi nous Charlie :hello:
Nous ne nous soumettons pas à la terreur. Nous créons la terreur.

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Messagepar The White Knight » Mar 05 Déc 2017 - 1:33   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Ta présentation a attisé ma curiosité donc je suis venu voir un peu cette fanfic... :sournois:
Hé bien ma foi, j'aime bien ce prologue, l'idée de départ est intéressante. Yoda qui anticipe la défaite des Jedi et tente un dernier truc pour éviter la catastrophe... Très bonne idée. :)

Faire des critiques quand on est simple lecteur et qu'on n'a jamais publié de fanfic, c'est toujours compliqué, parce que même si c'est sous pseudo, on écrit toujours un peu de soi-même je trouve. Donc il faut du courage pour partager son histoire.
En cela, je te félicite. :)

Si tu me le permet, je dirais juste que j'ai trouvé bizarre de dire "vieil homme" concernant Yoda, même si je vois ce que tu veux dire, mais ce n'est que mon ressenti.
Et je pense que Yoda vouvoie Windu non ? Enfin j'en sais rien en fait, ça m'a fait bizarre sur le coup, mais ce n'est pas non plus impossible vu qu'il est bien plus âgé que lui.
Sinon à part ces détails de rien du tout, ce début est très prometteur. :wink:

Nous suivrons votre parcours avec beaucoup d'intérêt jeune padawan. :D
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Messagepar LL-8 » Mar 05 Déc 2017 - 13:56   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Une fic' située dans l'UEO ! Cool :D

J'ai lu ton prologue, j'ai bien aimé, même si c'est court ^^ j'attends de lire plusieurs chapitres pour me faire un avis ;) je serai au rendez-vous pour la suite ^^
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Messagepar Charlie Krystell » Mar 05 Déc 2017 - 17:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci pour tous vos commentaires :)
Comme je sais que le prologue est court, je poste le premier chapitre dès maintenant. Ensuite, j'en posterai un par semaine tous les lundis après-midi :cute:
Bonne lecture!

Cassiopea

~ 15 BBY
Orbite d'Arkania, Cargo des Sentinels ~

«  Ouais, on est à plat…
- Tu veux bien m'expliquer comment tu t'es débrouillé  ? Tu devais nous ravitailler en énergie solaire pour qu'on puisse tenir jusqu'à la base et tu sais qu'il n'y a pas la moindre lumière dans ce foutu système.
- Bah il semblerait que le marchand m'ait roulé…
- T'es grave Sor, ça veut dire quoi  ? Qu'on est coincé ici  ?
- Euh, je n'aurais pas dit coincé mais plutôt momentanément en stand-by.
- Et ben je te souhaite bonne chance  !
- Pourquoi  ?
- Parce que je ne voudrais pas être à ta place quand tu vas aller annoncer à Cassiopea que tu nous as mis en “stand-byˮ.
- J'avais pas pensé à ça… Adieu, Ivan, mon ami, puisse la vie te sourire  !
- T'es vraiment grave.  »

Si quelques années auparavant, quelqu'un avait dit à Sor'Leku qu'il finirait embarqué dans un cargo rebelle, il lui aurait rit au nez. Mais la guerre étant ce qu'elle était, la vie du guerrier Twi'lek avait basculé, prenant un tour bien sombre.
En se dirigeant vers le poste de pilotage, il se demanda encore une fois ce qu'il serait devenu s'il n'avait pas rencontré Cassiopea. En plus de lui avoir sauvé la vie, elle lui avait offert une chance de racheter ses erreurs passées en se mettant au service de la galaxie et il lui en serait éternellement reconnaissant. Il n'empêche, la jeune femme pouvait être terrifiante quand elle était en colère.

«  Euh, boss  ? On a, comment dire, un léger problème. Tu sais, quand j'ai dit que j'allais rapidement régler notre soucis de batterie  ? Quand j'ai dit que c'était sûrement rien et qu'on allait vite pouvoir repartir et quitter l'orbite de cette planète glauque  ? Bah en fait…
- Tu vas me dire qu'on est coincé, c'est ça  ?
- Pas exactement coincé, plutôt en stand-by… Je me suis peut être fait rouler par le marchand de carburant sur Jakku et il se pourrait qu'il ne m'ait pas donné la bonne quantité…  »

Du haut des ses vingt-cinq ans et de son mètre soixante, Cassiopea El-Solar n'avait pas exactement un physique que l'on pouvait qualifier de menaçant. Pourtant, le Twi'lek savait, pour en avoir déjà été témoin, que cette femme pouvait être plus dangereuse encore qu'une armée de guerriers surentrainés. C'est pour cette raison qu'il se sentait plutôt mal, debout devant elle tandis qu'elle le fixait du regard depuis son fauteuil de pilote.

«  Sérieusement, Sor, en “stand-byˮ  ?
- Bah je trouvais que ça sonnait mieux que “coincés dans un coin pourri de la galaxie pour une durée indéterminéeˮ…
- T'es grave.
- Pourquoi est-ce-que vous me dites tous ça  ?
- Au lieu de dire des bêtises, débrouilles-toi pour trouver un moyen de nous sortir de là. On doit retourner à la base, j'ai reçu une comm' de Navo. La mission a été un succès mais il y a eu des pertes, on ne peut pas s'éterniser ici.
- Oui, m'dame, à vos ordres, je m'en occupe  !  »

Soupirant, Cassiopea se laissa lourdement retomber dans son fauteuil. Leur dernière mission était délicate, elle avait mesuré les risques avant d'y envoyer ses meilleurs éléments. Elle savait que les pertes matérielles seraient lourdes, mais elle n'avait pas imaginé qu'il pourrait en être autant des pertes humaines. Plusieurs de ses pilotes avaient perdu la vie tandis que d'autres étaient gravement blessés, de plus, de nombreux civils innocents s'étaient retrouvés pris entre deux feux et en avaient payé le prix.
Les machines se réparent ou se remplacent, mais rien ne peut ramener les amis tombés…

Quatre années s'étaient écoulées depuis l'avènement de l'Empire Galactique par l'ancien Chancelier Suprême Palpatine. Quatre ans que la puissante armée impériale semait la terreur dans la galaxie, soumettant tous ceux qui montraient des signes de résistance et détruisant ceux qui s'obstinaient.
Pour tenter de faire face à cette menace, plusieurs Sénateurs, défenseurs de la République et de la démocratie, avaient quitté le Sénat pour fonder l'Alliance Rebelle, un organisme militaire et politique qui, ils l'espéraient, pourrait un jour faire tomber le tyran. Malheureusement, même si elle existait depuis près de cinq ans, l'Alliance était encore loin d'être assez forte pour espérer pouvoir tenir tête aux troupes et aux vaisseaux impériaux. Elle se contentait donc pour le moment de venir en aide aux populations insurgées en menant parfois des attaques éclair contre des convois militaires.
Si l'Alliance se satisfaisait de ces petites victoires, ce n'était pas le cas tout le monde. Ainsi, ces dernières années avaient vu apparaître de nombreuses milices résistantes indépendantes, constituées pour la plupart de mercenaires, qui ne reculaient devant rien pour arriver à leurs fins. L'Empire se retrouvait donc souvent confronté à des attaques organisées par des commandos lourdement armés capable d'infliger de très gros dégâts.

En observant l'espace s'étendant sous ses yeux, Cassiopea se demandait comment elle en était arrivée là. À l'origine, rien ne la prédestinait à cette vie mais, si elle avait suivi la voie qui était la sienne, elle n'aurait probablement plus été là pour en parler. En quittant son ancienne vie, elle avait tiré une croix sur son passé et pensait sincèrement qu'elle n'aurait plus jamais à se battre pour une cause qui les dépassait tous. Malheureusement, elle se trompait. L'avènement de l'Empire avait amené terreur et désolation dans la galaxie, Palpatine avait détruit en l'espace de quelques jours tout ce en quoi elle croyait et elle ne l'avait tout simplement pas supporté.
Chassez le naturel et il revient au galop, pensa-t-elle amèrement. Même si elle avait tout fait pour oublier, pour se détacher de ce qu'elle était avant, la jeune femme avait été incapable de juste rester là à regarder, à attendre que l'univers finisse par s'écrouler. C'était contre sa nature profonde, contre cette énergie surpuissante qui coulait dans ses veines depuis sa naissance. Alors elle avait pris une décision.
Quittant Felucia, planète où elle avait trouvé refuge et espérait se reconstruire, elle s'était lancée dans la guerre contre l'Empire. Sachant qu'elle n'arriverait à rien seule, elle décida de recruter des soldats pour fonder sa propre milice résistante.
Sor'Leku fut le premier. Le Twi'lek avait tout perdu lorsque les Séparatistes avaient attaqué sa planète durant la Guerre des Clones et on peut dire qu'il avait plutôt mal tourné par la suite. Cherchant constamment les ennuis, il s'était retrouvé mêlé à une sordide affaire de piraterie qui aurait du lui coûter la vie. C'est en prison que Cassiopea l'avait trouvé, à la veille de son exécution. Sa réputation le précédant, elle lui avait proposé un marché. Si elle le sortait de là, il paierait sa dette en se battant à ses côtés contre les forces impériales. Depuis, il était son plus fidèle lieutenant.
C'est Navo qu'ils rencontrèrent par la suite. Cette jeune Miralan était l'esclave d'un riche marchand d'armes ayant pactisé avec l'Empire. Cassiopea et Sor avaient pour objectif de lui braquer sa marchandise et Nora leur avait apporté son aide. À eux trois, ils réussirent à s'emparer d'une bonne partie du butin, leur prise la plus importante étant sans aucun doute le Phoenix-007, le cargo sur lequel ils voyageraient désormais. N'ayant nulle part où aller, aucune famille à retrouver, Navo Hecta décida de rester quelques temps avec eux avant de retrouver une situation stable. Elle n'était jamais repartie.
Enfin, Cassiopea fit la connaissance d'Ivan Kymeri. Contrairement à Sor et Navo, ce n'est pas elle, mais lui qui la trouva. Le trio n'avait à ce moment pas encore conduit de vraies attaques contre les forces ennemies car ils cherchaient tout d'abord à consolider leur propre puissance d'attaque. Pourtant, cet homme savait. Il savait non seulement quels étaient leurs projets mais il savait également qui Cassiopea était réellement. Alors quand il lui proposa ses services, elle n'hésita pas une seconde car quiconque capable de ressentir ce qu'elle avait en elle disposait forcément d'un grand pouvoir. C'est donc à quatre qu'ils avaient embarqué à bord du Phoenix, prêts à se lancer dans une guerre d'aucun n'était certain d'en voir un jour la fin.
Les Sentinels étaient nés.
Par la suite, les nouvelles recrues avaient afflué pour rejoindre leur groupe, habitées par leur haine de l'Empire. Il avait fallu agrandir leur flotte, réévaluer leur armement et leur puissance de feu et ils s'étaient également installés une base fixe, dans la jungle de Kidron. En quatre ans, les Sentinels étaient devenus la plus grande et la plus puissante des milices rebelles. Enchainant les missions commando, ils avaient déjà pu infliger bon nombre de dégâts aux forces impériales et ils s'étaient fait un nom dans le milieu de la résistance.

La dernière mission était périlleuse. Il s'agissait de déloger un bataillon impérial, ancré dans la nébuleuse Coalsack, qui menaçait tout un système planétaire. Plusieurs grands Croiseurs constituaient ce bataillon dont l'un étant armé d'un canon à Ion, une arme destructrice capable d'annihiler toute une armée spatiale. Cassiopea avait mobilisé ses meilleurs pilotes et ses plus puissants vaisseaux, il fallait agir vite et bien pour détruire ce canon avant qu'il n'ait le temps de les frapper. Malheureusement, les choses ne s'étaient pas déroulées comme prévu et ils avaient été repoussés hors de la nébuleuse. Avant de retenter une attaque, il fallait augmenter la puissance de tir de leurs chasseurs afin qu'ils puissent atteindre le canon sans avoir à s'en rapprocher de trop près. Cassiopea, Sor et Ivan étaient donc partis à bord du Phoenix en quête des pièces qui leur manquaient.
Certains surnommaient Jakku le cimetière de la galaxie à cause des nombreuses épaves de vaisseaux qui s'y trouvaient, mais pour les Sentinels cette planète était une vraie mine d'or en matière de pièces détachées. On y trouvait de tout et, si on savait négocier, on pouvait toujours s'en sortir pour un bon prix. Ils y avaient trouvé tout le nécessaire et s'apprêtaient à repartir quand Navo, restée en poste près de la nébuleuse, les avait contactés pour leur apprendre que l'Empire avait lancé une offensive et qu'ils allaient devoir se défendre. Le Phoenix et son chargement avaient donc quitté Jakku en catastrophe.
Comment expliquer alors qu'ils se trouvaient présentement coincés dans l'orbite d'Arkania, planète glacière inhospitalière ? Voyager en vitesse lumière dans l'hyper-espace demandait un fort approvisionnement du cargo en énergie solaire et tomber en rade signifiait rester bloqués. Ce qui était actuellement leur cas, grâce à Sor'Leku qui s'était très visiblement fait arnaquer par un marchand véreux.

«  Alors  ?
- Alors on est visiblement coincés ici, Cass, annonça Ivan en entrant dans le cockpit. Nos batteries sont à plat et je ne vois aucun moyen de les faire repartir sans approvisionnement direct.
- Il faut qu'on reparte Ivan, j'ai eu une comm' de Navo.
- Qu'est-ce qu'elle dit  ?
- Ils ont réussi. Le canon est détruit mais on a perdu tout un escadron dans la manœuvre et beaucoup de pilotes ont été blessés. Le bataillon ennemi s'est replié dans la nébuleuse et on attend de savoir comment les choses vont évoluer.
- Conclusion, on doit rapidement trouver un moyen de recharger nos batteries pour pouvoir rentrer avant que la situation ne dérape.
- Arkania  ?
- Pas grand chose à en tirer d'après nos scans. Beaucoup de glace pour pas beaucoup d'habitants et niveau luminosité c'est loin d'être la fête.
- On a pas le choix, y a rien dans le coin et nos réserves de carburant ne tiendront pas si on doit se déplacer en dehors de l'hyper-espace. On peut toujours aller faire un tour en atmosphère, histoire de voir si -
- Euh, les gars…
- Sor  ? Qu'est-ce qu'il se passe  ?
- Vous devriez venir voir ça…  »

Depuis le cockpit du Phoenix, les trois amis observaient, incrédules, la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Surgissants de l'hyper-espace, de multiples vaisseaux cargo impériaux, escortés par des chasseurs de combat, se dirigeaient droit sur Arkania visiblement décidés à s'y poser.

«  Ivan, coupes les réacteurs il ne faut pas qu'ils nous repèrent. Sor, lances un scan, je veux savoir à quel bataillon ils appartiennent.
- Ce sont des cargos de marchandise Cass. À première vue, d'après les scans, il ne peut pas y avoir beaucoup de troopers à bord. Aucun risque alors, n'est-ce pas Iv'  ?
- Ils sont escortés Sor'. Quel type de marchandise à besoin d'être protégée par un escadron de chasseurs  ?
- Aucune idée. Mais je compte bien le découvrir. Rallume les moteurs Ivan et passes en mode furtif, on les suit à la trace.
- Ça va castagner boss  ?
Un sourire carnassier se dessina alors sur les lèvres de Cassiopea.
- On va s'amuser…  »
Modifié en dernier par Charlie Krystell le Mer 06 Déc 2017 - 10:52, modifié 1 fois.
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Messagepar Pic » Mer 06 Déc 2017 - 8:58   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Excellent premier chapitre. :oui: Certes, il s'agit de poser le décor et de présenter les personnages, donc il ne se passe pas grand-chose, mais la fin montre que l'action va commencer très bientôt. C'est surtout très bien écrit ; j'ai juste vu une méchante faute ("En ce dirigeant" -> se). On sent bien que cette présentation des personnages est très superficielle, on qu'on a encore beaucoup de choses à apprendre sur eux et sur leur passé.

Sur le fond, je ne sais pas si l'Alliance était déjà capable de mener des attaques spatiales si tôt après l'avènement de l'Empire. Mais il existe tant de version différentes de la naissance de la Rébellion...

En tous cas je suivrai ta fic avec plaisir. :)
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Messagepar mat-vador » Mer 06 Déc 2017 - 20:07   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Malgré mon fanatisme primaire pro Legends ultime ( j'en suis très fier :paf: :P ), le premier chapitre est de bonne facture. L'histoire est bien introduite et on sent qu'on ne va pas tarder à entrer dans le feu de l'action 8) .
place au seigneur des vapodouches, infâmes misérables!

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Messagepar L2-D2 » Jeu 07 Déc 2017 - 16:21   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Chapitre 1 lu !

Pas mal de personnages introduits en un seul Chapitre, la lecture est donc assez "exigeante" dans le sens où ils sont déjà, pour certains, caractérisés et dotés d'un passé. Chapitre introductif et explicatif, donc, mais comme c'est bien écrit, cela ne pose finalement pas de problèmes, et je suis curieux de voir ce que contiennent ces cargos Impériaux... :sournois:

Petite question : je ne suis pas sûr qu'à l'époque, Jakku était déjà considéré comme une planète cimetière de vaisseaux, il me semble que c'est la bataille de Jakku en 5 ABY qui lui donne ce statut... :neutre:

Et sinon, pour l'instant, Cassiopea me fait penser à Hera Syndulla de la série Rebels. J'aime bien, on sent l'inspiration des différents médias et des différentes époques, c'est plutôt agréable à suivre pour l'instant ! :)
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Messagepar Stormtrooper lambda » Ven 08 Déc 2017 - 0:57   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

C'était bien sympa ! Le texte est fluide et l’orthographe est soigné.

L2-D2 a déjà soulevé une incohérence entre l'époque de la narration et les épaves de Jakku mais j'en ai trouvé une autre. :diable:
-> 4 ans après la création de l'Empire l'Alliance n'existait pas que ce soit dans l'UEO ou l'UEL. Il y avait bien des groupes anti-impériaux mais pas d'organisation comme l'Alliance.

Sinon, tu as choisi un rythme de publication hebdomadaire ? Les mardis à 17 heures ?
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Messagepar Charlie Krystell » Ven 08 Déc 2017 - 9:03   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Stormtrooper lambda a écrit: 4 ans après la création de l'Empire l'Alliance n'existait pas que ce soit dans l'UEO ou l'UEL. Il y avait bien des groupes anti-impériaux mais pas d'organisation comme l'Alliance.
Sinon, tu as choisi un rythme de publication hebdomadaire ? Les mardis à 17 heures ?


Je publierai tous les lundis à 17 heures :)
Pour ce qui est de l'Alliance, je l'ai appelée comme ça, mais je le vois plus comme une forme de groupe anti-impérial ou alors comme l'embryon de ce qui sera la future Alliance rebelle. C'était juste histoire de donner un nom :cute:
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Messagepar Notsil » Dim 10 Déc 2017 - 22:24   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Ça semble sympathique ;) On commence de suite dans les soucis, bien :p
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 11 Déc 2017 - 18:01   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

*****


Arkania était encore plus inhospitalière vue du sol. Le Phoenix se posa dans le creux d'une falaise enneigée tandis qu'en contrebas, des dizaines de troopers sortaient des cargos impériaux accompagnés de ce qui semblait être une brigade scientifique.

«  Mais qu'est-ce qu'ils fabriquent  ?, depuis leur poste d'observation, les Sentinels regardaient, incrédules, la scène se déroulant sous leurs yeux.
- On dirait qu'ils veulent creuser quelque chose. Qu'est-ce qu'on fait Cass  ?
- On ne les lâche surtout pas, si l'Empire manigance quelque chose on va vite le savoir.  »

Emmitouflés dans des vêtements chauds, les Sentinels suivaient les impériaux depuis une bonne heure déjà quand ils s'arrêtèrent enfin à l'entrée d'un campement. Visiblement, ils n'étaient pas les premiers sbires de l'Empire à visiter cette planète. Des troopers circulaient tout autour du campement accompagnés de droïdes de combat légers qui semblaient monter la garde. Plusieurs scientifiques étaient également présents sur place. Frigorifié, Sor'Leku commençait sérieusement à perdre patience.

«  Sérieux  ?! Mais qu'est-ce qu'ils font ici, ils sont masos ou quoi  ? Il n'y a pas âme qui vive à plusieurs kilomètres à la ronde et il fait au moins -8000  !
- Chut  !, souffla Cassiopea, Tu vas nous faire repérer espèce d'idiot  !
- Regardez, Ivan pointait du doigt plusieurs grands coffres en métal empilés les uns sur les autres. Vous pensez qu'ils planquent quoi là dedans  ?
- Comment tu veux qu'on sache  ?, Sor'Leku claquait à présent des dents, On est pas devins je te rappelle.
- Les garçons, s'il vous plait… j'essaie d'écouter ce qu'ils racontent.  »

D'après ce qu'elle parvenait à percevoir, il semblait être question d'un chargement quelconque à analyser puis à embarquer à bord des cargos. Cependant, ils étaient trop loin et les voix se faisaient emporter par le vent, empêchant les trois amis d'entendre tout ce qu'il se disait. Soudain, un groupe d'impériaux, quelques scientifiques accompagnés d'une bonne trentaine de troopers, commencèrent à s'éloigner du campement, s'enfonçant dans les montagnes. Ils emportaient avec eux pas moins de cinq des fameux coffres en métal. Sans hésiter, les Sentinels décidèrent de les suivre…
Plus ils avançaient, plus ils avaient l'impression de disparaître dans les profondeurs de la montagne. Tout autour d'eux, d'étranges crevasses s'enfonçaient dans la roche. Réprimant un frisson, Cassiopea tenta de repousser l'horrible impression de déjà-vu qui venait de la saisir, en vain. Elle savait très bien ce qu'elle avait devant les yeux.

«  C'est quoi à votre avis  ?, demanda Ivan. La roche s'effondre  ?
- Non, répondit sombrement Cassiopea. Se sont des mines…  »

Inquiets, Sor'Leku et Ivan s'apprêtaient à interroger la jeune femme mais ils n'en eurent pas le temps. À quelques mètres d'eux, les impériaux venaient de s'arrêter devant une énorme crevasse et semblaient se préparer à y descendre. En effet, un énorme chevalement minier était installé à flan de montagne et plusieurs dizaines de troopers s'y affairaient.
Peu importe ce que ces mines contenaient, l'Empire semblait véritablement en avoir besoin. Des snowtroopers faisaient remonter des caisses du fond de la mine. Remplies à ra-bord de pierres noires, elles étaient ensuite transportées pour être vidées dans les coffres sécurisés apportés par l'escadron que les Sentinels avaient suivi jusque là. Avant de fermer les coffres, les scientifiques se penchaient dessus pour analyser leur contenu et, une fois leur accord visiblement donné, les coffres étaient refermés et empilés à l'arrière d'un minuscule vaisseau de transport qui peinait à tenir en équilibre sur la montagne gelée. Ce dernier devait servir de navette pour transporter les coffres jusqu'au cargo impérial qui attendait au campement.

«  Des pierres  ?, Sor'Leku fulminait. Tout ça pour des vieux cailloux, non mais ils se foutent de nous là  !
- Ce ne sont pas de simples pierres Sor.
- Comment ça  ? Cass, qu'est-ce qu'il se passe  ? Tu as l'air vraiment mal tout à coup…
- Je sais ce que c'est, répondit fébrilement la jeune femme. Et je ne sais pas pourquoi l'Empire en veut mais… rien ne bon ne pourra ressortir de ça.
- Cass…
- Peu importe, on ne pourra rien faire ici, la montagne est bien trop escarpée et ça serait carrément du suicide de tenter quoi que ce soit. Ils vont rapatrier les coffres au campement, on va redescendre et les attendre là bas, après on avisera.
- Cassiopea…
- Pas maintenant Sor. Je vous expliquerai mais, si j'ai raison, il faut qu'on découvre ce qu'ils vont faire du chargement.
- Ça marche, on y va, répondit Sor tandis qu'Ivan commençait déjà à rebrousser chemin. Cass, c'est en rapport avec les…
- Oui. Et j'aurais aimé ne plus jamais avoir à faire à ça…  »

De retour à bord du Phoenix, les trois amis s'équipèrent en prévision d'une confrontation avec les impériaux. Cassiopea voulait à tout prix récupérer l'un des coffres pour pouvoir vérifier par elle-même qu'ils contenaient bien ce qu'elle croyait.
Pour le moment, la jeune femme s'était retranchée dans le cockpit essayant de rassembler ses idées. Si elle n'était jamais venue sur Arkania, elle avait exploré une autre planète abritant elle aussi ces mines profondes, bien des années auparavant. Dix ans plutôt, elle avait passé plus de six mois sur Ilum à la recherche de la pierre parfaite, pour créer l'arme parfaite. Crispant ses doigts autour des étranges poignées accrochées à sa ceinture, Cassiopea tenta vainement de contrôler la vague de panique qui la submergeait. Le pouvoir de ces pierres était incommensurable et s'il tombait entre les mains de l'Empereur, elle n'osait pas imaginer les dommages qu'il pourrait causer.

«  Cass  ?, Sor'Leku se tenait dans l'embrasure de la porte. Ça va  ?  »

Le Twi'lek s'inquiétait. Il connaissait Cassiopea depuis plus de trois ans maintenant et il avait appris à lire en elle. Et d'après ce qu'il voyait, elle semblait plus que préoccupée.
S'il ne savait pas tout, loin de là, il n'ignorait pas la vie que menait la jeune femme avant de devenir leader d'une milice rebelle et il savait qu'elle avait tout fait pour tenter de tirer un trait sur cette partie de sa vie. Visiblement, ce qu'ils avaient vu dans les montagnes avait ravivé des souvenirs.

«  Tu veux en parler  ?
- Pas maintenant, soupira la jeune femme. Je peux me tromper, peut être que ça n'a rien à voir. Tu me connais, je suis un peu parano parfois.
- On l'est tous, répondit Sor'Leku en passant une main réconfortante dans le dos de son amie. Mais justement, je te connais et quand tu pressens quelque chose alors on peut être sûrs que ça va se produire. Tes dons t'ont déjà laissée tombée  ?
- J'aurais aimé pouvoir te répondre oui…
- Cass, Ivan venait de les rejoindre dans le cockpit. Ils arrivent.
- Ok, allez les gars au boulot.  »

Tandis que des troopers vidaient le petit transporteur pour que celui-ci puisse repartir vers les mines, les trois Sentinels se glissèrent silencieusement à l'intérieur du campement. Cachés derrière une tente, Ivan tentait de repérer la meilleure façon de s'introduire à bord du cargo pour pouvoir examiner son chargement. Le but pour le moment n'était pas d'attirer l'attention, mais il leur fallait agir vite. En écoutant les conversations autour d'eux, ils comprirent qu'une fois le cargo plein il décollerait immédiatement. Pendant leur absence, les coffres empilés à l'entrée du campement avaient déjà été chargés et il restait juste assez de place pour les derniers arrivés. Utilisant les tentes comme camouflage, les trois espions réussirent à se rapprocher du cargo par le flan arrière et ils profitèrent de l’inattention du trooper de garde pour se glisser à l'intérieur. Une fois à l'intérieur, ils se faufilèrent tout au fond de la cale derrière un empilement de coffres, se cachant ainsi à la vue depuis l'extérieur. Une fois le cadenas brisé à coup de crosse, les garçons soulevèrent péniblement le couvercle du coffre le plus proche. Aux vues du poids, il ne leur était pas difficile de comprendre que ces derniers étaient blindés. À l'intérieur se trouvaient des dizaines de pierres noires plutôt disgracieuses au premier abord.

«  On dirait vraiment des gros caillou, constata Sor'Leku.
- Il ne faut jamais se fier aux apparence, répondit Cassiopea  »
La jeune femme prit alors une pierre dans le coffre et, la jetant au sol, la brisa dans un bruit sourd. Et là, au milieu des débris, gisait à présent un cristal blanc d'une pureté absolue.

«  Bonté divine, mais qu'est-ce que c'est que ça  ?
- Ça, répondit Cassiopea en prenant prudemment le cristal dans ses mains, c'est un cristal Kyber. 
- Un cristal quoi  ?
- Halte là. Intrus repérés. Personne ne bouge.
- Oh non, pas eux…  »

Devant eux, à l'entrée de la cale, se tenait un droïde de surveillance armé d'un lourd blaster. Cassiopea glissa discrètement le cristal dans sa poche et, doucement, les Sentinels se relevèrent tout en levant leurs mains bien en évidence. Escortés par le droïde, ils se retrouvèrent hors du cargo, encerclés par un bataillon entier de snowtroopers armés jusqu'aux dents. Celui qui semblait être le leader du groupe s'approcha d'eux.

«  Qui êtes vous et que faites vous ici  ?
- Euh… on est des touristes  ?, tenta Sor'Leku. Les paysages sont vraiment somptueux et on s'est dit, qu'elle bonne idée de venir se rafraîchir un peu sur -
- Silence  ! Vous vous expliquerez avec l'Amiral Stanford. Embarquez-les  !  »

Tout s'enchaina alors très vite. Les Sentinels laissèrent tomber leurs lourds manteaux d'hiver, révélant les armes qu'ils portaient à leurs ceintures.
Ivan fut le premier à attaquer. Saisissant le bâton sanglé à sa taille, il se précipita sur les troopers les plus proches. Au moment de frapper, l'arme se déploya, révélant une immense hampe de combat. Expert en arts martiaux de tous genres, il eut tôt fait de mettre à terre une belle poignée d'impériaux. Entre temps, les autres avaient commencé à réagir et les blasters impériaux faisaient feu à tout va. S'emparant du blaster sanglé à sa cuisse et se mettant à l'abris derrière un coffre blindé, Cassiopea commença à rendre la pareille aux soldats tandis que Sor s'occupait de les diviser en groupes désorganisés ce qui les rendrait plus faciles à abattre.
Cependant, tandis que la situation commençait à tourner à l'avantage des rebelles, des droïdes de combats surgirent des tentes pour se mêler au combat.

«  Et voilà les tas de ferrailles, cria Sor. On va repartir avec plus de pièces détachées que prévu  ! 
- Au lieu de plaisanter, lui répondit Ivan toujours occupé avec des soldats. Tu devrais peut-être les démolir. Ou est-ce-que tu te balades avec ce canon-blaster pour faire genre  ?! 
- Oh, mais je n'attendais que ça  !  »

Attaché dans le dos de Sor'Leku, se trouvait effectivement un canon-blaster rotatif capable de faire de très gros dégâts. Détachant l'arme, le Twi'lek se mit alors à mitrailler tout ce qui bougeait et qui ressemblait de près ou de loin à de la ferraille en mouvement. Le campement était devenu un véritable champ de bataille et, si les droïdes étaient faciles à détruire, les troopers étaient quant à eux plus résistants et surtout bien plus nombreux. La situation commençait à se dégrader.

«  Ivan, lança Sor entre deux coups de feu, on devrait peut-être envisager une solution de repli  ! Du style, on taille un sprint vers le Phoenix et on se casse d'ici  !
- J'avoue que ça craint, t'as raison on ferait mieux de partir, on a vu ce qu'on voulait voir. Essaies de prévenir Cass.
- Euh j'aimerais bien mais… je ne la vois plus…
- Quoi  ?!  »

Plusieurs mètres plus loin, Cassiopea s'était retrouvée encerclée par une dizaine de snowtroopers. Coincée contre une falaise, elle n'avait pas de moyen de fuir et, du point de vue des impériaux, une jeune femme seule et simplement armée d'un blaster léger n'avait aucune chance de s'en sortir. Pensant leur victoire assurée, les soldats avancèrent, prêts à en finir. Le blaster de Cassiopea tomba au sol…
La seconde d'après, dans un bourdonnement reconnaissable entre mille, la jeune femme braquait sur eux deux lames brillant d'un orange éclatant.
Immédiatement, les soldats impériaux reculèrent tous de plusieurs pas, d'aucun n'ignorant ce qu'ils avaient en réalité devant eux et, s'ils étaient tous loyaux à l'Empire, ils n'étaient pas assez fous pour aller se jeter volontairement sur un sabre laser. Personne ne l'était.
Faisant tournoyer ses sabres, Cassiopea se rapprocha dangereusement des soldats qui, face à la menace, se trouvèrent bien obligés de se défendre. Les tirs fusaient de tous les côtés mais aucun ne parvenait jamais à atteindre sa cible, les lames renvoyant chaque coup en direction de celui qui l'avait tiré. La jeune femme se déplaçait à une vitesse fulgurante et il ne lui fallut quelques minutes tout au plus pour mettre à terre ses adversaires. Bientôt, elle se tenait debout, sabres à la main, au centre d'un cercle de snowtroopers vaincus.

«  Wow  !, s'exclama Sor, Ivan et lui venant d'arriver sur les lieux. T'as pas perdu de temps  !
- Il faut qu'on y aille, répondit la jeune femme en rengainant ses sabres pour raccrocher les poignées à sa ceinture. Ils ont sûrement appelé des renforts et je ne préfère pas être là quand ils arriveront.  »

Eliminant les derniers adversaires sur leur passage, les Sentinels regagnèrent le Phoenix au moment même où deux cargos ennemis, probablement remplis de troopers, entamaient leur descente dans l’atmosphère aknanienne. Ayant chargé plusieurs coffres de cristaux à bord de leur vaisseau, ils s'apprêtaient à décoller quand soudain…

«  STOP  !, cria Ivan. On oublie pas quelque chose là  ?
- Euh, quoi  ?, demanda Sor'Leku.
- Pourquoi est-ce qu'on est là à la base  ?
- Ben parce qu'on s'est retrouvé en rade de… Merde  ! Les batteries  !
- C'est pas vrai, pesta Cassiopea. Il faut faire vite, celles du cargo impériale devraient être compatibles. On a qu'à faire un échange.
- Ça marche, j'y vais, répondit Sor en s'élançant déjà hors du vaisseau.
- Fais vite, ils arrivent  !  »

Après avoir rapidement démonté les batteries du Phoenix, le Twi'lek se dépêcha de rejoindre le cargo ennemi. Une fois dans la soute, il retira les batteries, heureusement pleines, pour les remplacer par celles, complètement hors d'usage, de leur vaisseau. Sans perdre une seconde, il se précipita à nouveau vers le Phoenix où Ivan l'aida à remonter les batteries neuves. L'instant l'après ils quittaient l'atmosphère tandis que les renforts impériaux atterrissaient.

«  Et maintenant  ? Qu'est-ce qu'on fait  ?, demanda Ivan.
- On rentre à la base, répondit Cassiopea. Navo a toujours besoin de nous pour régler ce problème de nébuleuse et il va falloir faire examiner notre nouveau chargement en profondeur.
- Cristaux Kyber, c'est ça. Et c'est dangereux  ?
- Entre de bonnes mains, ils peuvent sauver le monde. Mais entre celles de l'Empereur, ils pourraient bien le détruire.  »

C'est sur ces paroles bien sombres que le Phoenix s'élança, disparaissant dans l'hyper-espace. La guerre ne faisait peut-être que commencer.
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Messagepar Den » Ven 15 Déc 2017 - 8:43   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Levé tôt! Du coup, j'ai pu lire le prologue de ton histoire! :)

J'ai tout d'abord été surpris, je dois dire. La vision de Yoda est une bonne idée même s'il semble abandonner un peu vite à mon goût. Aussi, tu le qualifie de vieil homme, j'avoue que ça me gêne un peu. Mais c'est ta fic, et tu dois l'écrire telle que tu la ressens, je pense.

Sinon, je dois avouer que c'est un prologue plutôt mystérieux que tu nous livres là. Et c'est tant mieux car, ça me donne envie d'en savoir plus et de lire la suite.

Donc, si j'ai bien compris, l'histoire se basera sur la recherche de dites archives de l'Ordre Jedi? Ou sur sa protection? Ah! Toutes les questions qui me titillent déjà le cerveau! :transpire: C'est bon signe, je t'assure.

Allez! J'enchaîne avec la première partie du premier chapitre. Il est intitulé Cassiopea, si je ne m'abuse!

J'ai bien aimé le début, je dois dire. Le premier dialogue du chapitre frappe fort et démontre tes talents d'humoriste. :whistle: Plus sérieusement, j'ai ris à la boutade du dénommé Sor. C'est finement joué, une fois de plus! Donc, Sor'Leku est un Twi'lek. C'est bizarre, avant de découvrir de quelle espèce il était, j'avais déjà deviné qu'il était Twi'lek. Je suis fort, quand même, hein? :D Blague à part, on apprend une chose intéressante à son sujet: il a fait des bêtises dans sa vie et a décidé grâce à Cassiopea de faire quelque chose de bien de sa vie. Ca me permet de mieux situer le personnage, et je dois dire que je l'aime bien!

En tout cas, cette Cassiopea a l'air d'être une sacrée femme! Avec un fichu caractère, qui plus est! Je sens que ses interactions avec Sor'Leku vont être mythique! :D

Sinon, je tiens à te dire que ton histoire est plutôt sympa. On entre directement dans le vif du sujet, ce qui n'est pas forcément un mal. Donc, ce cas précis, c'est même bien. En ce qui concerne les petites incohérences sur l'Alliance Rebelle, je laisse cela aux soins de mes camarades car je ne connais pas grand chose à cette période.

Oui, c'est un bon premier chapitre que tu nous livres-là. Tu distilles les informations sur tes personnages à la perfection, c'est un régal que d'en découvrir un peu plus sur leur passé, sur leurs aspirations. C'est chouette. Il y a de l'humour, on sent qu'on va bientôt partir à l'aventure et qu'il va y avoir de l'action dans la prochaine partie. Ouais, j'ai passé un bon moment, et ce, même si je suis nostalgique de l'UEL en ce moment! :lol:

Franchement, c'est plutôt bien. Je lirai la seconde partie du chapitre 1 très bientôt. Peut-être même cet après-midi, si j'ai le temps.

Voilà, je te souhaite bon courage pour la suite! :) Et te dis à bientôt!
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Messagepar Charlie Krystell » Ven 15 Déc 2017 - 14:48   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci beaucoup pour ton commentaire Den ! :D

Je suis contente que l'histoire te plaise !
De tous les personnages que j'ai crées, Sor est l'un de mes préférés et sûrement le plus comique aussi :cute:
En tout cas, j'espère que tu aimeras aussi la suite et je te souhaite encore une bonne lecture :)
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Messagepar Den » Ven 15 Déc 2017 - 15:08   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Charlie Krystell a écrit:Merci beaucoup pour ton commentaire Den !
Mais de rien! :)

Charlie Krystell a écrit:De tous les personnages que j'ai crées, Sor est l'un de mes préférés et sûrement le plus comique aussi
Ca se voit, en effet^^

Et puis, il est bien cool Sor, il me fait rire donc, c'est que tu as bien fait ton taf avec lui. :lol:

Charlie Krystell a écrit:En tout cas, j'espère que tu aimeras aussi la suite et je te souhaite encore une bonne lecture


Je vais te le dire de ce pas!

Passons donc à la deuxième partie du chapitre 1

Mais, avant de commencer, pourquoi avoir appelé le vaisseau "le Phoenix"? C'est en rapport avec l'emblème de l'Alliance?

J'avais deviné qu'il y avait des cristaux Kyber dans les caisses en métal! :sournois: Mais, j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que tu parles tout de suite de ces cristaux même si je me doutais qu'avec ton prologue, tu allais, au moins, y faire allusion. :sournois:
Par contre, je ne m'attendais pas à la façon de combattre d'Ivan! Il m'a l'air plus costaud que je ne le pensais! MAIS, j'avais compris que Cassiopea n'était pas une rebelle ordinaire! Au vue de ses deux sabres-lasers, je vois que je ne me suis pas trompé. :sournois:

Ah! Je suis surpris de plus en plus intrigué par ton histoire. Elle est sympa, oui! J'ai hâte de lire le prochain chapitre. J'espère qu'il sera à la hauteur de mes espérances! :lol: Et hop! Un coup de pression! :paf:

Bonne continuation!
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Messagepar L2-D2 » Ven 15 Déc 2017 - 17:06   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Diantre, je n'ai pas lu le Chapitre publié ce lundi ! :transpire:

Je le lirai en même temps que le prochain Chapitre ! :jap:
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Messagepar Charlie Krystell » Ven 15 Déc 2017 - 19:42   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Den a écrit:Mais, avant de commencer, pourquoi avoir appelé le vaisseau "le Phoenix"? C'est en rapport avec l'emblème de l'Alliance


Alors non, même si c'est une très bonne théorie. En fait, je n'ai pas d'inspiration particulière pour le nom du vaisseau. Disons que c'est plutôt basé sur les Sentinels eux-mêmes qui voudraient faire renaître la galaxie de ses cendres. :)

Den a écrit:Ah! Je suis surpris de plus en plus intrigué par ton histoire. Elle est sympa, oui! J'ai hâte de lire le prochain chapitre. J'espère qu'il sera à la hauteur de mes espérances! :lol: Et hop! Un coup de pression! :paf:


Ravie que ça te plaise toujours :cute:
Haha, un petit coup de pression ça fait pas de mal :D
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Messagepar Den » Ven 15 Déc 2017 - 19:46   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Charlie Krystell a écrit:Alors non, même si c'est une très bonne théorie. En fait, je n'ai pas d'inspiration particulière pour le nom du vaisseau. Disons que c'est plutôt basé sur les Sentinels eux-mêmes qui voudraient faire renaître la galaxie de ses cendres.


Ah! Zut alors!! Je pensais avoir percé les secrets des tréfonds de ton histoire! :D

Mais j'aime bien l'explication que tu donnes. Elle est plutôt poétique, je trouve.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 18 Déc 2017 - 18:01   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

~ Espace sauvage, Kidron

Base militaire des Sentinels ~

Entièrement recouverte d'une jungle tropicale, Kidron était une planète magnifique bien que considérée comme peu recommandable. En effet, au premier abord, la planète servait principalement de repère et de refuge pour les parias et les hors-la-loi. Cette mauvaise réputation avait plutôt bien servi Cassiopea quand elle s'était mise en quête d'un lieu sûr pour établir la base de sa milice. L'Empire considérant Kidron sans intérêt, aucune patrouille ne passait jamais dans les parages ce qui garantissait depuis trois ans une tranquillité sans faille aux Sentinels.

Le soleil se levait et le Phoenix venait à peine de se poser dans le hangar principal de la base que déjà des miliciens se précipitaient vers le trio avec des dizaines de requêtes. Après avoir promis une grande réunion générale dans l'après-midi, Cassiopea s'éclipsa vers le quartier général tandis que Sor'Leku et Ivan s'occupaient de décharger la précieuse cargaison du vaisseau.

L'effervescence régnait dans le QG quand Cassiopea arriva. Visiblement, la nuit avait été agitée. Postée près du poste de surveillance principal se tenait Navo Hecta. La jeune Miralan, plongée dans ses pensées, n'avait pas entendu Cassiopea arriver.

« Navo ?

- Cass, vous êtes rentrés !, Navo prit son amie dans ses bras. Tout va bien ?

- C'est plutôt à toi que je devrais demander ça. Comment ça s'est passé ?

- Bah, comme d'habitude. Tu avais raison, ils ne peuvent pas se tenir tranquille cinq minutes, mais bon comme on s'y attendait on ne les a pas quittés des yeux et, du coup, on était prêts quand ils ont lancé l'attaque. Après, on ne pensait quand même pas qu'ils iraient jusqu'à utiliser leur canon au beau milieu d'une nébuleuse.

- Combien ?

- Trop malheureusement. On a perdu tout le bataillon du Capitaine Fleet dans le blast du canon à ion qui a aussi causé beaucoup de dommage à la nébuleuse et du coup on s'est mangé une avalanche de météorites.

- Formidable…

- Heureusement, il faut du temps pour recharger ce truc et on en a profité. Tu pourras féliciter Valdez, c'est lui qui a mené les chasseurs restant jusqu'à la destruction du canon. Il est à l'infirmerie.

- J'irais le voir, bilan des blessés ?

- Comme tout le monde à plus ou moins souffert du blast tu risques d'avoir un choc en entrant à l'infirmerie. Ils sont nombreux mais la majorité ne souffre que de blessures légères. On a isolé les blessés grave en confinement.

- Bilan mitigé donc. Et les impériaux ?

- Et bien, grâce à leur propre stupidité, ils sont coincés dans la nébuleuse. Les météorites ont complètement démoli sa structure spatiale et on pourrait presque dire qu'elle s'est effondrée sur eux. Du coup, on a plus rien à faire. Ils vont se faire annihiler par l'espace.

- Ça, par contre, c'est positif.

- Et vous ? On vous a scanné dans l'orbite arkanienne, vous reveniez de Jakku, non ? Qu'est-ce que vous faisiez là bas ?

- Sor s'est fait arnaquer et on s'est retrouvé à plat…

- Tu plaisantes là ?

- Malheureusement, non.

- Il est grave, sérieux…

- On lui a dit. Mais c'était probablement un mal pour un bien. On a trouvé quelque chose et il faut que tu vois ça ».

Cassiopea emmena Navo jusqu'au laboratoire de la base où se trouvaient déjà Sor et Ivan. Ils y avaient transporté les coffres et leur contenu se faisait déjà analyser par le meilleur de leurs scientifiques, mis au courant de la situation. En entrant, Cassiopea remarqua immédiatement l'expression de son visage et compris qu'elle ne s'était pas trompée.

« Alors doc ?

- Alors vous aviez raison boss, c'est bien du Kyber, extrêmement pur en plus.

- Du quoi ?, Navo semblait perdue.

- Tu peux nous expliquer maintenant, Cass ?, faisant les cents pas, Sor s'impatientait.

- Vous pouvez nous laisser, doc ? »

Une fois qu'il fut parti, la jeune femme invita ses amis à s'asseoir. Ce qu'elle allait leur révéler n'était pas facile à entendre et encore moins à comprendre…

« Les cristaux Kyber existent depuis la nuit des temps, personne n'a jamais su comment ni pourquoi ils sont arrivés là. Tout ce qu'on sait, c'est qu'ils concentrent un pouvoir immense, si vous voulez, ils servent de canalisateurs de Force.

- La Force, sérieux ?, les trois Sentinels commençaient vraiment à s'inquiéter.

- Oui. Théoriquement, la Force est intangible, elle circule partout autour de nous on l'a tous en nous et…

- Certains plus que d'autres…

- Pas maintenant, Sor. Bref, c'est une sorte de concept immatériel sauf pour les cristaux Kyber. En gros, si vous voulez toucher la Force, vous n'avez qu'à toucher un cristal Kyber.

- T'es entrain de nous dire que, ces trucs, Navo pointait vers les coffres remplis de cristaux. Sont la Force. Littéralement.

- En gros, oui. Alors de base, ils ne sont pas dangereux, au contraire. Ils sont intrinsèquement liés au Côté Lumineux et donc utilisés pour faire le bien. Sauf que là, c'est l'Empire dont on parle. Et donc Palpatine.

- Mais s'ils sont liés au bien, s'enquit Ivan. Comment est-ce que l'Empire pourrait s'en servir ?

- De la même manière que les Sith le font depuis des millénaires. Il faut soumettre le cristal au Côté Obscur, on dit qu'il faut le faire saigner, et il devient rouge.

- Rouge ? Comme le sabre de Vador ?

- Exactement.

- Donc, demanda Sor qui était peu rassuré par la mention du nom "Vadorˮ. Il y a un de ces trucs dans le sabre laser du robot asthmatique ?

- Arrête de l'appeler comme ça et oui, il y en a un. Comme dans les sabres des Jedi. Quand un Novice commence officiellement sa formation de Padawan, son maître l'envoie en pèlerinage sur Ilum, la toute première planète minière de Kyber, pour qu'il aille y chercher son propre cristal. C'est le cristal qui choisit son maître et qui prend la couleur qu'il estime lui correspondre le plus selon le type de Jedi qu'il le voit devenir plus tard. Une fois que c'est fait, le Padawan doit construire son propre sabre laser puis y placer le cristal pour l'activer.

- Alors, souffla Sor'Leku après un long silence. Pourquoi orange ?

- La couleur des Gardiens, à l'époque des Chevalier de l'Ancienne République. Elle avait plus ou moins disparu depuis…

- Les Gardiens ?

- Les combattants, protecteurs de la galaxie.

- Whaou, siffla Ivan. Tu plaisantes pas, toi. Pas étonnant que les impériaux flippent quand tu dégaines.

- Peu importe, le coupa Cassiopea. C'est pas le sujet. Le problème c'est que l'Empire vide des mines de Kyber pur et qu'on ne sait pas pourquoi.

- Qu'est-ce qu'ils pourraient vouloir en faire, à ton avis ?, questionna Navo.

- Aucune idée, le Kyber est une formidable source d'énergie, les Sith l'utilisent pour leurs armes et c'est un seigneur Sith qui gouverne la galaxie…

- Tu penses qu'ils cherchent à fabriquer une arme ?

- C'est possible, oui. Et vous avez vu le nombre de coffres qu'il y avait sur Arkania en plus, la mine qu'on a vu n'était pas la première à être vidée. Toutes celles qu'on a croisées avaient déjà été vidées. Ils sont entrain d'assécher les réserves.

- Tu as dit que les Jedi allaient sur Ilum, c'est ça. On trouve des mines sur d'autres planètes ?

- Pas sur beaucoup en tout cas, Cassiopea se mit à faire les cent pas. Ilum appartenait officiellement à l'Ordre Jedi depuis des siècles et ce n'était un secret pour personne au Sénat de la République. Si l'Empereur traque les cristaux, on peut être sûrs qu'il a déjà tout raflé là bas. Pour le reste, j'ignorais qu'Arkania avait des mines. Tout ce que je sais c'est qu'on trouve du Kyber sur des planètes isolées et normalement glacières et désertiques. Après, combien il y en a encore et où elles se trouvent, ça c'est un secret gardé par l'Ordre depuis la nuit des temps.

- Donc Palpatine ne le sait pas, s'exclama Sor.

- Non, il savait pour Ilum et ils ont sûrement trouvé Arkania par hasard. Pour le reste, je ne peux rien vous dire de plus.

- Si on résume la situation, commença Ivan. On a une bande de psychopathes qui cherche à se procurer le matériau le plus puissant de la galaxie, potentiellement dans le but de s'en servir pour créer une énorme arme meurtrière.

- Les hommes vont adorer quand on va leur dire…

- On ne va pas leur dire, trancha Cassiopea.

- Tu veux leur mentir, s'étonna Navo. Ça ne te ressemble pas.

- Pas leur mentir, mais je ne vais pas leur annoncer qu'on a probablement une arme dangereuse en construction alors qu'on en sait rien. On va leur dire ce qu'on a trouvé et leur expliquer vaguement de quoi il s'agit, je ne veux pas créer d'émeute ou de crise de panique inutilement.

- On fait quoi alors ?

- Il faut qu'on en sache plus sur les pouvoirs du Kyber, comme ça on aura peut-être une idée plus précise de ce qu'il se trame. Tous les secrets des Jedis, les plus précieux en tout cas, étaient enfermés aux Archives du Temple, ils y sont sûrement toujours.

- Mais l'Empire a investi le Temple, ils les auraient trouvées depuis longtemps.

- Non, parce que Palpatine ignore complètement leur existence. Les Archives n'étaient pas librement accessibles, comme la bibliothèque par exemple. Elles sont cachées quelque part sous le Temple et seuls les Maîtres membres du Conseil connaissaient leur emplacement exact et le moyen d'y accéder.

- Mais alors, avança Sor. Toi non plus tu ne sais pas exactement où elles sont…

- Pas exactement, non. Mais je sais par où commencer à chercher, ce qui nous donne une belle longueur d'avance.

- Et Vador, questionna Ivan. Il ne saurait pas où elles sont ?

- J'en sais rien, répondit Cassiopea. Personne ne sait vraiment qui il est ni d'où il vient. Il est apparu du jour au lendemain avec l'avènement de l'Empire. Je suppose qu'on peut partir du principe qu'il ne sait pas non plus, sinon on en aurait probablement entendu parler. Si les secrets des Jedi étaient tombés entres ses mains, Palpatine s'en serait vanté et il les aurait ouvertement utilisés.

- Pour soumettre les derniers Jedi en fuite ?

- Évidemment. La grande purge est toujours en cours et tant qu'il ne les aura pas tous tués, tous les moyens seront bons pour asseoir un peu plus sa domination.

- Donc, ils cherchent mais ils ne trouvent pas parce qu'il leur manque des éléments, conclut Sor. Non seulement la localisation des mines mais aussi les secrets du pouvoir des Kyber.

- J'espère en tout cas.

- Alors, comment on procède boss ?, interrogea Navo après un long silence ».

Quelques heures plus tard, tous les Sentinels présents dans la base étaient réunis dans le plus spacieux des hangars. Cassiopea leur exposa rapidement la situation en restant le plus vague possible, ils ne disposaient pas d'informations suffisantes pour lancer des opérations et il était donc inutile de provoquer un mouvement de panique dans les rangs. La vie suivrait donc son cours dans les rangs des Sentinels, le plus important étant bien sûr de soigner les blessés et de réparer les dégâts matériels, ce qui prendrait déjà un certain temps. À côté de cela, les opérations commando habituelles pour venir en aide aux planètes oppressées et celles visant directement des bataillons impériaux, continueraient comme prévu au cours des précédentes réunions. Afin de prendre toutes les précautions possibles, des groupes d'éclaireurs partiraient surveiller l'activité sur les planètes Arkania et Ilum dans le cas où ils découvriraient d'autres informations. Enfin, il fut décidé que Cassiopea et ses trois lieutenants embarqueraient à bord du Phoenix en direction de Coruscant dès le lendemain matin. La réunion terminée, tous retournèrent vaquer à leurs occupations.

Dans ses quartiers, Cassiopea, assise en tailleur à même le sol, méditait. Une pratique qui lui avait été enseignée depuis son plus jeune âge et qui l'avait toujours aidée à se recentrer et à retrouver l'équilibre dans les moments difficiles. Elle n'était pas retournée sur Coruscant depuis près de sept ans, depuis le jour où elle avait claqué la porte du Temple derrière elle, et l'idée d'y retourner faisait remonter en elle toutes sortes de souvenirs, pas forcément agréables.

Quoi qu'il en soit, pensa-t-elle, on ne peut pas rester là les bras croisés. Il faut faire quelque chose.

Détendue, elle se décida pour une nuit de sommeil réparateur. Elle allait en avoir besoin.

Le lendemain matin, toute la base était en ébullition. C'était jour de départ pour bon nombre de vaisseaux et d'escadrons de chasseurs et tout le monde s'activait. Ivan supervisait le chargement du Phoenix en munitions et ravitaillement, mettant un point d'honneur à vérifier toutes les batteries qui passaient entre ses mains. Pendant ce temps, Sor'Leku embarquait un chasseur dans la soute du vaisseau. D'une forme peu commune et semblant sortir tout droit d'une autre époque, le starfighter de Cassiopea était le chasseur le plus rapide et le plus meurtrier de la flotte sentinelle. Elle ne partait jamais en mission sans l'emporter. Comme tous les chasseurs, ce dernier était co-piloté par un droïde astromécanicien de classe RD, droïde qui collait présentement aux bottes de sa maîtresse.

« R7, s'il-te-plait, soupira Cassiopea tandis qu'elle tentait de signer des documents importants avant son départ, va attendre près du vaisseau, j'arrive tout de suite.

- BIIP BOP BAP BIIP BLUP !, sembla protester le petit droïde vert et argent.

- Mais non je ne te laisse pas ici, je te l'ai dit ce n'était pas une mission militaire et de toute manière, le fighter était en réparation. Vas-y maintenant, je suis juste derrière toi ».

R7D8 était le droïde de Cassiopea depuis le premier jour où elle avait pris les commandes d'un fighter et il lui était très attaché. Finalement, il se résigna à monter à bord du Phoenix. Une fois les derniers détails réglés, les quatre Sentinels embarquèrent à leur tour et, sous le regard de tous leurs compagnons décollèrent en direction de Coruscant.

Tous étaient alors encore très loin d'imaginer ce qui les attendait, au bout de ce voyage…
Modifié en dernier par Charlie Krystell le Ven 22 Déc 2017 - 12:31, modifié 1 fois.
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Messagepar LL-8 » Mar 19 Déc 2017 - 21:32   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Je n'avais pas pris le temps de lire les derniers chapitres sortis, c'est chose faite à présent ^^

J'ai bien aimé les deux premiers chapitres. Ton personnage principal se révèle plein de surprise, et ce, dès le départ ! J'ai aussi été ravie de voir que tu utilisais la planète Arkania... J'aime beaucoup cette planète :D Le troisième chapitre m'a laissée un peu plus dubitative, je pense que c'est parce qu'il s'y passe moins de choses. Je me demande bien ce qu'il va se passer sur Coruscant.... :sournois:

Concernant le style, c'est fluide ^^ j'avoue que quelques termes comme "t'es grave" ou les jurons trop "terriens" m'ont sortie de l'histoire. Je pense que tu peux trouver des expressions plus "starwarsiennes"...

Ensuite, j'ai quelques doutes sur l'Alliance Rebelle... il me semble que l'Alliance telle que nous la connaissons n'est formée dans l'UEO que dans la période couverte par Rebels et pas avant... A vérifier.

Sur ce, la suite ! :D
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Messagepar L2-D2 » Mer 20 Déc 2017 - 11:24   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Ah, j'ai rattrapé mon retard ! :D

Je ne m'attendais pas à, si tôt, que l'intrigue soit lancée, ni que les cristaux Kyber seraient de la partie ! Pour l'instant, Cassiopea me fait penser à un mélange entre Kanan et Hera de Rebels, mais pourquoi pas. Juste pour m'assurer que j'ai bien compris : les autres membres des Sentinels sont au courant qu'elle était une Jedi ? Si oui, pas de problèmes, sinon, je m'étonne qu'ils ne réagissent pas plus que cela en fait. A la lecture, du coup, je n'ai pas trouvé cela très clair... :neutre:

Sinon, je suis impatient de savoir ce qu'il va se passer sur Coruscant ! J'imagine que la mention de Vador signifie que, tôt ou tard, Cassiopea lui fera face... :sournois:

Niveau style, j'ai relevé à certains endroits quelques fautes d'orthographe, mais rien de problématique. Et je suis d'accord avec ce point de LL-8 :
LL-8 a écrit:Concernant le style, c'est fluide ^^ j'avoue que quelques termes comme "t'es grave" ou les jurons trop "terriens" m'ont sortie de l'histoire. Je pense que tu peux trouver des expressions plus "starwarsiennes"...

Effectivement, les dialogues sont rythmés, mais certaines expressions n'ont pas ce "cachet" Star Wars. :neutre:

La suite ! :cute:
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Messagepar Charlie Krystell » Mer 20 Déc 2017 - 18:44   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Merci pour ton commentaire :cute:

L2-D2 a écrit:Cassiopea me fait penser à un mélange entre Kanan et Hera de Rebels, mais pourquoi pas.


En tout cas ce n'était pas voulu :) Mes personnages sont presque tous basés sur des personnes que je connais, des amis à moi qui ont des caractères bien marqués. Cass est mon personnage principal alors je suppose qu'elle tient beaucoup de moi :wink:

L2-D2 a écrit:Juste pour m'assurer que j'ai bien compris : les autres membres des Sentinels sont au courant qu'elle était une Jedi ? Si oui, pas de problèmes, sinon, je m'étonne qu'ils ne réagissent pas plus que cela en fait. A la lecture, du coup, je n'ai pas trouvé cela très clair... :neutre:


Oui, ils sont au courant. Je ne voulais pas trop m'attarder là dessus au début parce que c'est un sujet sensible qui sera abordé plus tard dans l'histoire :sournois:

La suite lundi :)
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 25 Déc 2017 - 17:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Matylda


~ Bordure extérieure, Tatooine

Bestine, capitale ~

La première chose qu'elle remarqua fut qu'elle avait froid. Elle n'avait jamais froid, elle ne savait même pas ce que cela voulait dire, la chaleur étant toujours écrasante sur Tatooine. Ensuite, elle se rendit compte qu'elle était seule, pas âme qui vive, ni même aucun son, ne paraissait à l'horizon. Ne voulant pas rester sur place, elle se mit à avancer en quête d'un quelconque signe de vie. Elle marcha et marcha encore sans jamais avoir l'impression d'avancer. Alors qu'elle perdait espoir, une lueur apparut au loin. Immédiatement, elle se mit à courir dans sa direction et, quand enfin elle s'en approcha, elle réalisa que cette lueur émanait en réalité des flammes d'un immense bûcher. Tout autour de se bûcher se tenaient des troopers comme elle n'en avait jamais vu, entièrement vêtus d'une armure noire. Et au centre, lui tournant le dos, se dressait une silhouette, menaçante à la lumière des flammes, il portait un lourd manteau noir masquant totalement son apparence. Dans sa main droite, il tenait un sabre laser rouge qu'il braquait devant lui. C'est là qu'elle la vit, la jeune femme allongée à terre, aux pieds de l'inconnu en noir. Celle-ci semblait inconsciente, probablement à cause de la blessure qui barrait son abdomen, et surtout complètement sans défense face à l'inconnu qui avait très clairement l'intention de la tuer.

Elle eu l'impression d'avoir été frappée d'un coup dans le ventre. Elle connaissait cette femme, elle ne voyait pas son visage mais elle l'a connaissait. C'était son amie. Et c'était à cause d'elle si elle en était arrivée là. Tout était de sa faute. Oubliant les nombreux hommes en armes, elle s'avança et tendit la main vers son amie. L'inconnu en noir du la sentir approcher puisqu'il se retourna. Pétrifiée, elle ne voyait que ses yeux dorés brillants dans le noir de sa capuche. Elle devait courir, mais elle en était incapable, trop terrorisée pour faire le moindre mouvement. Alors, l'homme leva son sabre et elle ferma les yeux, attendant l'inévitable impact. Juste avant qu'il ne la frappe, elle entendit une voix féminine hurler :

« MATYLDA ! »

Matylda se réveilla en hurlant. Un cauchemar, encore. La jeune femme n'avait jamais été sujette aux cauchemars, d'aussi loin qu'elle s'en souvenait, ses nuits avaient toujours été calmes et sans rêves. Pourtant, cela faisait quelques mois qu'elle s'était retrouvée assaillie par des rêves terrifiants et elle n'arrivait pas à se l'expliquer. Le plus étrange était qu'ils finissaient tous pas se ressembler. Peu importe la manière dont ils commençaient, elle se retrouvait toujours face à cet inconnu vêtu de noir qui la menaçait de son sabre rouge. Et cette fille. Elle ne parvenait jamais à voir son visage mais elle la connaissait. Pourtant, Matylda avait beau se creuser l'esprit, elle ne parvenait pas à deviner de qui il pourrait bien s'agir et, à chaque fois qu'elle essayait de s'approcher d'elle dans ses rêves, elle se réveillait en sursaut. Comme si quelqu'un quelque part ne voulait pas qu'elle sache.

Je suis ridicule, pensa la jeune femme, c'est juste un cauchemar, ça ne veut rien dire du tout.

Se forçant à se lever, Matylda alla ouvrir les volets de sa chambre, inondant cette dernière de la chaleur étouffante de Tatooine. Soupirant à la pensée d'une nouvelle journée sur cette horrible planète, la jeune femme entreprit de se préparer, oubliant les rêves étranges qui peuplaient ses nuits.

Matylda n'avait jamais rien connu d'autre que Tatooine, ni même que son quartier de Bestine d'ailleurs. Elle y était née et ne l'avait jamais quitté, pas même pour visiter d'autres villes de la planète. Le danger était partout sur Tatooine. Considérée comme un repère de criminels en tous genres, la planète était probablement l'une des moins sûres de toute la galaxie. Sa position dans la Bordure extérieure n'était pas non plus à son avantage. Rares étaient ceux qui s'aventuraient par ici à moins de vouloir fuir quelque chose, ou quelqu'un. La planète toute entière était sous le joug des Hutt et de leur leader du moment, Jabba. Cette horrible créature faisait régner la terreur dans toute la Bordure et avait établi son fief sur Tatooine près de Mos Eisley.

La capitale, de par sa situation géographique éloignée de Mos Eisley, était probablement l'endroit le plus sûr de toute la planète et le quartier où vivait Matylda encore plus que les autres. Ayant eu la chance de naître au sein d'une famille aisée, la jeune femme vivait dans une belle et grande maison loin des intrigues des Hutt. Son père avait fait fortune dans sa jeunesse grâce à un commerce de carburant très fructueux. Depuis, il possédait plusieurs mines et exportait dans une très grande partie de la galaxie. Matylda n'avait donc jamais manqué de rien sauf peut être d'une chose, dont elle rêvait depuis son plus jeune âge, vivre des aventures. Car si la vie de fille de riche marchand avait certes des avantages, elle avait également de nombreux inconvénients. Planète dangereuse obligeant, Matylda ne pouvait même pas quitter le domicile familial sans être escortée par un serviteur et, son père ayant toujours refusé de pactiser avec les Hutt provoquant ainsi une certaine discorde entre eux, il était hors de question qu'elle pense à quitter la ville qui échappait encore à la tyrannie de Jabba. Voulant assurer sa sécurité au maximum, ses parents lui avaient fait donner des cours d'auto-défense depuis son enfance et elle se pensait aujourd'hui capable d'affronter toutes sortes de situations périlleuses. Voilà pourquoi elle ne comprenait pas pourquoi on lui refusait ne serait-ce que la moindre petite excursion hors de la ville.

Matylda rêvait de voyager. Depuis toute petite, elle se passionnait pour les aventures qu'elle lisait dans ses romans, des histoires de guerre entre le Bien et le Mal, de chevaliers aux sabres lumineux. Les Jedi l'avaient toujours fascinée et elle aurait tout donné pour en rencontrer un, on disait dans les rues qu'ils avaient disparu mais elle n'y croyait pas. Des guerriers aussi puissants et un Ordre vieux de plusieurs millénaires, ne pouvaient pas juste disparaître comme ça du jour au lendemain.

Penser aux Jedi la ramena soudain au rêve de la nuit passée. Elle avait lu tellement de choses sur eux, mais jamais encore elle n'avait entendu parler de sabres laser rouges. Pourtant, l'homme de son rêve en tenait un à la main. Encore une preuve qu'il s'agit vraiment d'un simple rêve, se dit-elle en achevant de relever sa chevelure blonde, mon esprit invente des choses qui n'existent pas.

Descendant prendre son petit déjeuner, Matylda s'arrêta devant le grand holocran du salon qui diffusait les dernières informations. Apparement, une division impériale venait de se stationner sur Balmorra et d'en prendre le contrôle. D'après le représentant des forces armées, il s'agissait d'une opération de pacification dans le but de faire de cette planète sauvage un lieu civilisé fidèle à l'Empire. S'asseyant, seule, à la grande table dinatoire, la jeune femme se mit à penser. Quand elle était née, vingt-cinq ans plus tôt, la galaxie était gouvernée par une République, représentée par le Sénat. Son objectif était de maintenir la paix et la démocratie et c'était là le rôle des Chevaliers Jedi, les pacificateurs de la galaxie. Un jour, cette paix s'était retrouvée menacée par un groupe d'extrémistes, les Séparatistes, qui militaient pour un changement de régime et de répartition des pouvoirs. La guerre avait éclaté dans toute la galaxie et elle était même arrivée jusqu'à Tatooine. Les gens annonçaient la fin du monde tel qu'ils l'avaient connu. Et puis, alors que la situation devenait véritablement critique, le Chancelier Suprême Palpatine, leader du Sénat galactique, avait proclamé l'Empire. Dénonçant l'inefficacité d'une République corrompue qui aurait alimenté la guerre au lieu de la faire cesser, il avait accusé l'Ordre Jedi de traîtrise disant qu'ils souhaitaient renverser le Sénat et régner sur la galaxie toute entière. Depuis l'or, plus personne n'avait entendu parler d'eux ce qui avait conduit à faire naître toutes sortes de rumeurs à leur sujet. Quatre ans donc que l'Empire galactique s'était imposé en maître et que Palpatine occupait le trône, ayant ramené paix et harmonie dans la galaxie. En tous les cas, c'est ce que disaient les médias.

Si elle voulait être honnête avec elle-même, Matylda ne pouvait pas dire qu'elle savait ce qu'il se passait vraiment dans la galaxie. La position géographique éloignée de Tatooine en avait fait une planète oubliée et personne ne s'y intéressait vraiment, pas plus l'Empire aujourd'hui que la République autrefois. Tout ce qu'elle savait, et elle avait conscience qu'elle n'en savait pas énormément, elle l'avait vu et entendu sur des holocrans. Même son père qui voyageait pourtant beaucoup pour son travail, ne parlait jamais de ce qu'il se passait au delà des frontières de la bordure extérieure. Elle en était arrivée à se dire que, si personne ne disait le contraire, cela voulait probablement dire que les informations données par l'holonet étaient exactes.

« Bien dormi, ma chérie ?, lui demanda sa mère en entrant dans la pièce.

- Pas vraiment, répondit Matylda.

- Encore un cauchemar ? Tu devrais arrêter de lire aussi tard le soir, ce sont ces histoires qui te donnent des cauchemars.

- Ce ne sont pas des histoires c'est…

- Il est vraiment temps que tu commences à t'intéresser au commerce et à la finance si tu veux un jour reprendre les affaires de ton père. Il y tient beaucoup tu sais, et moi aussi d'ailleurs.

- Maman, je vous ai déjà dit que je n'ai aucune envie de…

- Enfin, tu t'y mettras bien assez tôt. J'ai reçu une comm' de ton père, il sera de retour dans moins d'une heure alors termines vite de manger pour qu'on puisse aller l'attendre au terminal ! »

A peine arrivée, aussitôt partie. Contrairement à elle, sa mère semblait s'accoutumer parfaitement de leur petite vie sur Tatooine. Soupirant et pestant intérieurement contre ses parents qui ne l'écoutaient jamais, Matylda fit néanmoins ce qu'on attendait d'elle et, une fois son déjeuner avalé, se hâta de rejoindre sa mère qui l'attendait déjà dans un speeder. Tandis que celui-ci fonçait en direction du terminal aérospatial de Bestine, la jeune femme se demandait si sa vie toute entière allait véritablement finir par se résumer à ça.

Comme tous les ports aérospatiaux, celui de Bestine grouillait de monde et était donc l'endroit le moins sûr de la capital car, s'il y arrivait des marchandises et des voyageurs honnêtes, nombreux était les criminels qui choisissaient de venir s'y poser. C'est donc escortés que Matylda et sa mère se rendirent sur le pont surplombant la piste sur laquelle devait atterrir le vaisseau de son père. Ignorant sa mère qui lui parlait encore et toujours de son brillant avenir de commerçante, Matylda se mit à observer les vas et viens dans le terminal. Pour chaque vaisseau, elle tentait d'imaginer la cargaison qu'il transportait et où il allait l'emmener. Elle se demandait si, un jour, c'est elle que l'un de ces vaisseaux emporterait au loin. Même si l'idée de quitter définitivement Tatooine, laissant derrière elle sa famille et tous ses amis, lui faisait un peu peur, elle ne pouvait pas, et surtout ne voulait pas, se résigner à cette vie que lui destinaient ses parents. Elle en était là de ses réflexions quand l'arrivée du cargo de son père fut annoncée par les contrôleurs. Quelques instants plus tard, ce dernier descendait de la passerelle.

Tellement occupé qu'il était à ses affaires, il n'accorda pas la moindre attention à sa famille et parti immédiatement régler les derniers détails concernant la cargaison avec son contact au sol. Sa mère lui ayant emboîté le pas, Matylda se retrouva seule à errer dans les hangars. Passant par hasard devant des membres de l'équipage, elle entendit une conversation bien intéressante.

« Moi qui pensait avoir enfin droit à un peu de vacances après tous les transports qu'on a effectués ces trois derniers mois, mais non on doit déjà repartir !

- Ne te plaints pas, je te rappelle que sans ce job on pourrait pas nourrir nos familles. Et tu devrais même te réjouir, pour une fois qu'on va quitter la Bordure Extérieure. »

S'arrêtant net, Matylda braqua instantanément son attention sur les deux contre-maîtres. Le business de son père était florissant mais le fait qu'il refuse de s'associer, que ce soit aux Hutts ou même à l'Empire, l'empêchait d'exporter au-delà de la Bordure. Sa neutralité était certes toute à son honneur mais il ne s'aventurait donc jamais plus loin pour ses affaires. Alors en entendant que cette habitude allait peut-être bientôt changer, Matylda ne put s'empêcher de vouloir en savoir plus.

« Excusez-moi ?, demanda-t-elle en s'approchant des contre-maîtres.

- Ah, bonjour Mademoiselle Sunssand, qu'est-ce-qu'on peut faire pour vous ?

- Eh bien, je vous ai entendu parler de votre prochaine livraison et vous avez dit qu'elle se fera au-delà de la Bordure ?

- Ah oui, c'est pas vraiment une livraison en fait, lui expliqua l'un des hommes. Votre père a rencontré un nouveau partenaire de commerce potentiel il y a quelques jours et il pense que cette association pourrait rapporter gros. Donc, comme il ne veut pas laisser filer l'occasion, il a décidé qu'on repartirait déjà d'ici quelques jours pour aller rendre visite au type en question, en espérant pouvoir conclure une bonne affaire avec lui.

- C'est une belle occasion en effet. Et, il vit sur quelle planète, ce client ?

- Sur Nubia. On a jamais été aussi loin, ça va être une sacrée aventure !

- Je suppose, oui… merci messieurs. »

Matylda n'osait y croire. Nubia ? Cette planète se situait dans la zone des Colonies, proche du Noyau, autant dire au bout du monde pour elle. Si son père devait s'y rendre pour des négociations, il allait probablement y rester un bon bout de temps et la planète était réputée pour sa grande beauté. Sans vraiment s'en rendre compte, la jeune femme élaborait un plan qui allait peut-être enfin lui permettre de quitter Tatooine.

Ses parents étaient toujours en grande discussion quand elle les rejoignit dans la salle de contrôle et, apparement, il était question du voyage vers Nubia. Sa mère ne semblait pas complètement d'accord d'ailleurs, à cause de la distance et de la durée de ce périple. Son père en revanche était décidé et avait même déjà fixé la date de son départ. Dans deux jours, ils embarqueraient, lui et son équipage, pour Nubia et l'expédition durerait près d'un mois. Ayant prise sa décision, Matylda se lança.

« Papa ?

- Matylda. Il y a un problème ?

- J'ai appris que tu partais sur Nubia pour entreprendre des négociations avec un nouveau partenaire et je voudrait venir avec toi.

- Quoi ?!, hurla sa mère. Mais tu n'es pas sérieuse enfin ! Arrêtes de dire des sottises !

- Je suis très sérieuse, maman. Vous me répétez sans cesse papa et toi que je devrais commencer à m'intéresser à nos affaires pour pouvoir un jour prendre la succession et une occasion comme celle-là ne va pas se représenter de sitôt. Donc je pense que c'est le bon moment pour me lancer.

- C'est n'importe quoi, répliqua sa mère sur le ton de la colère. Tu n'as jamais quitté Bestine, comment veux-tu qu'on accepte de te laisser partir à l'autre bout de la galaxie ? Dis-lui que c'est insensé !

- Après tout, pourquoi pas, répondit son père après un long silence. C'est un nouveau contact, il faut construire toutes les bases de notre collaboration. Ça te donnerait une idée précise de mon travail et, étant donné que tu vas bien évidemment me succéder dans nos affaires, je pense qu'il est grandement temps que tu t'y intéresses. Je suis agréablement surpris par ton initiative, ma fille.

- Tu n'y penses pas sérieusement j'espère…

- Bien sûr que si chérie, notre fille n'est plus une enfant et je ne vais plus continuer à ce rythme éternellement. Il est temps qu'elle prenne part à mes activités pour pouvoir amorcer en douceur la succession.

- Mais…, tenta de protester son épouse.

- C'est décidé. Matylda viendra avec nous. Nous partons dans deux jours et j'ai encore beaucoup de choses à faire. Tu devrais aussi te préparer ma fille, c'est un voyage inédit que nous allons entreprendre. »

De retour dans le secret de sa chambre, Matylda jubilait. Enfin, elle allait pouvoir quitter sa prison dorée pour aller découvrir la galaxie. Elle n'avait toujours aucunement l'intention de prendre la succession de son père, quand bien même elle savait que cela lui ferait beaucoup de peine, mais elle espérait vraiment que cette expédition lui donnerait l'opportunité de commencer une nouvelle vie. La jeune femme n'avait aucune idée de ce qui l'attendait et elle ignorait même si une telle chance se présenterait mais elle était sûre d'une chose, elle n'avait pas l'intention de revenir sur Tatooine. Elle tenait là sa porte de sortie. Étouffant une exclamation de joie dans son oreiller, Matylda réalisa que le temps de sa grande aventure était enfin arrivé
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 01 Jan 2018 - 17:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« Il faudra qu'on s'arrête quelque part pour nous ravitailler avant Coruscant, conclut Ivan après avoir passé un long moment à étudier leurs chartes de routes. On peut y arriver mais ça sera juste pour le retour et, je sais pas vous, mais je nous vois mal nous pointer dans une station impériale de la capitale en mode "coucou c'est nous on veut de carburant !ˮ

- C'est clair que ça serait pas très judicieux, répondit Navo. On s'arrêterait où ? »

Le Phoenix parcourait l'espace depuis plus d'une semaine déjà. Ils auraient pu traverser la galaxie et se rendre sur Coruscant en quelques heures en empruntant l'hyper-espace, mais Cassiopea avait décidé, pour une raison inconnue de son équipage, de limiter les déplacements en vitesse lumière à de courtes distances pour parcourir le reste dans l'espace commun. S'ils auraient largement préféré régler cette affaire au plus vite, aucun des trois lieutenants ne s'était plaint de cette décision. Ils savaient tous que Cassiopea ne prenait jamais de décisions au hasard, surtout quand elles étaient aussi illogiques. D'ailleurs, ils étaient même sûrs que quelque chose n'allait pas. Deux jours déjà que la jeune femme s'était enfermée dans sa cabine et avait demandé à ce qu'on ne la dérange pas. Les trois amis commençaient à s'inquiéter, quelle catastrophe allait bien pouvoir croiser leur route cette fois ?

Allongée sur sa couchette, Cassiopea tentait, par le biais de la méditation, de se remémorer les images des rêves ayant peuplé ses dernières nuits. Les visions étaient le lot de tout ceux qui, comme elle, étaient sensibles à la Force. Ces dernières ne se manifestaient pas de la même manière en fonction des personnes. Là où certains ressentiraient juste de légères impressions, d'autres pouvaient véritablement voir l'avenir, même si ces derniers n'étaient que de très rares privilégiés. Le don de Cassiopea se situait un peu entre ces deux extrêmes. Elle ne pouvait pas distinguer l'avenir dans le sens ou jamais aucune de ses visions ne lui avait montré en détail un événement à venir, mais elle était en revanche sujette à de très fortes prémonitions. C'était justement à cause de l'une de ces prémonitions qu'elle avait totalement modifié leurs chartes de routes, s'interdisant l'hyper-espace et perdant ainsi beaucoup de temps. Elle savait que, aux vues de la situation, le temps leur était précieux. Cependant, cette prémonition la préoccupait et elle savait par expérience que l'ignorer serait une grave erreur.

Rien à faire, je n'y arrive pas. Soupirant, la jeune femme se releva. Ses prémonitions arrivaient sans prévenir et le plus fréquemment dans son sommeil. Elle savait qu'il n'y avait aucun moyen de les provoquer mais, bornée comme elle l'était, elle ne pouvait pas s'empêcher d'essayer. Elle se mit à faire les cent pas, ce qui l'aidait toujours à réfléchir, et se concentra sur ce qu'elle savait. Plusieurs éléments ressortaient dans ses dernières visions et tous étaient liés à une seule et même planète. D'un pas décidé, elle traversa le Phoenix jusqu'au cockpit.

« Ivan, que disent nos réserves de carburant ?

- Ah, boss !, s'exclama l'intéressé. Je viens d'y jeter un œil et, comme je leur ai dit, on va être très juste si on continue à ce rythme. On va devoir s'arrêter pour faire le plein avant d'arriver à Coruscant.

- Parfait, Cassiopea s'installa dans son fauteuil de capitaine.

- C'est quoi le problème ?, demanda Navo.

- Prémonition, lui répondit Cassiopea. Tant que je ne suis pas sûre, on ne change pas de plan.

- Ça marche, répliqua Sor'Leku. Mais on va quand même devoir faire une escale.

- C'est ce qu'on va faire et ensuite on repartira en vitesse lumière vers Coruscant.

- Et on va s'arrêter où ?

- On met le cap sur Nubia. »

*****


« Ne restes pas là ! Sauves-toi ! ». Malgré tout, elle restait figée sur place, les yeux rivés sur l'homme encapuchonné. Au delà de ses yeux dorés, elle parvenait désormais à deviner les contours de son visage à la lumière des flammes. Horrifiée, elle réalisa que sa peau était rouge. Plus rouge encore que du sang ou que la lame du sabre qu'il brandissait devant lui. Alors il esquissa un sourire carnassier et elle hurla.

Encore. Matylda n'était pas du genre à se soucier de quelque chose d'aussi insignifiant que des rêves, mais elle devait bien avouer qu'elle commençait un peu à s'inquiéter. Au départ, quand ils avaient commencé, ses songes étaient relativement flous, elle n'y distinguait pas grand chose, et surtout ils étaient peu fréquents. Cependant, cela faisait maintenant quelques semaines qu'ils peuplaient toutes ses nuits sans exception et qu'ils étaient devenus très réalistes. Tellement qu'elle en arrivait parfois à se demander si ces choses pouvaient réellement lui arriver.

Mais les visages restent flous. J'étais pourtant certaine d'avoir vu celui de cet homme mais je suis incapable de m'en souvenir. C'est comme s'il s'était effacé de mon esprit avec mon réveil…

Perdue dans ses pensées, la jeune femme réalisa soudainement que le grand jour était arrivé. Dans quelques heures, elle allait monter à bord du cargo de son père et s'envoler pour Nubia. Décidant de remettre ses interrogations sur ses cauchemars à plus tard, Matylda se précipita hors de son lit. Il était encore trop tôt mais elle avait plusieurs choses à préparer. Elle avait décidé de ne plus revenir sur Tatooine et, même si elle n'avait jamais voyagé, elle savait qu'elle devait prévoir bien plus que le nécessaire requis pour une expédition de quelques semaines. Elle avait donc prévu d'emporter le plus de choses possibles en espérant, bien évidemment, ne pas se faire prendre par ses parents. Elle n'avait aucunement l'intention de leur parler de son projet de changement de vie. Elle avait procédé par étapes, emmenant ses sacs un par un dans la soute du cargo jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'un sac de taille moyenne, correspondant parfaitement à un voyage d'une durée de quelques semaines. Emballant ses dernières affaires, Matylda jeta un dernier regard à sa chambre, cette chambre où elle avait passé toute sa vie, avant de fermer la porte.

Malgré les multiples discussions des deux derniers jours, sa mère n'avait toujours pas accepté l'idée de la voir partir. Même si elle voulait que Matylda succède à son père, elle n'imaginait pas une seconde qu'elle puisse le faire seule. Ainsi, elle estimait qu'il était plus que temps de trouver un bon parti pour sa fille qui pourrait continuer de faire tourner l'entreprise. Autant dire qu'elle considérait cette escapade inappropriée pour une jeune femme qui devrait plutôt, selon elle, se focaliser sur son avenir marital. C'est donc tout naturellement que sa mère ne la salua même pas en la voyant descendre les escaliers ce qui blessa profondément Matylda. Elle n'avait nullement l'intention de revenir et ce n'était pas de cette façon qu'elle avait envisagé leur séparation. Mais, d'un autre côté, cette réaction la motivait encore plus à poursuivre son rêve. Elle n'avait jamais eu les mêmes ambitions que ses parents et savait que, si elle restait, elle finirait par se retrouver prise au piège. C'est donc sans un mot que la jeune femme monta à bord du speeder venu l'attendre pour l'emmener au port aérospatial, laissant définitivement derrière elle la ville et la maison qui l'avaient vue grandir.

Une fois arrivée au port, tout s'enchaina très vite. L'équipage débordé remplissait la soute du cargo et son père criait des ordres de tous les côtés, un véritable capharnaüm régnait sur le tarmac. Se sentant oppressée, Matylda préféra monter directement à bord pour se familiariser avec son nouvel environnement et s'installer dans les quartiers qui lui avaient été réservés. Alors qu'elle déambulait dans le vaisseau, la jeune femme réfléchissait à la manière dont elle pourrait se soustraire discrètement à la surveillance de son père et de ses hommes qui serait, elle n'en doutait pas une seconde, très rapprochée. Si tout se passait comme prévu, le voyage jusqu'à Nubia durerait tout au plus une semaine ce qui lui laissait le temps d'élaborer un plan. Une fois arrivée, elle aviserait en fonction du programme qui lui serait imposé.

Les derniers détails réglés, tout le monde embarqua et, après quelques manœuvres, le vaisseau décolla. Depuis l'observatoire où elle s'était installée pour observer le décollage, Matylda regarda, le cœur serré, le sol de Bestine s'éloigner de plus en plus. Au bout de quelque minutes, c'est la planète toute entière qui diminuait au loin. La jeune femme fit alors ses adieux à son ancienne vie, laissant quelques larmes silencieuses couler le long de ses joues.

Si Matylda pensait qu'elle aurait tout le temps de réfléchir à un plan pendant le voyage, elle s'était bien trompée. Son père avait entrepris de lui présenter en détail le projet de collaboration qu'il avait élaboré pour ce nouveau client et il ne la lâchait donc pas d'une semelle. Elle passait ses journées à l'écouter parler des lieux les plus propices au forage sur Nubia et des diverses clauses qu'il contait inclure au futur contrat. Et le soir, quand elle s'écroulait épuisée dans sa cabine en espérant pouvoir enfin se reposer un peu, ses cauchemars revenaient plus violents et terrifiants que jamais. En réalité, plus ils s'approchaient de leur destination, plus ses rêves lui paraissaient réels, à tel point qu'elle en était arrivée à avoir peur de s'endormir. Elle aurait voulu en parler à quelqu'un, chercher un peu de réconfort, mais son père ne s'intéressait qu'à son projet et, de toute façon, elle savait déjà ce qu'il lui dirait. Ce ne sont que des cauchemars Matylda et tu en ferais sûrement moins si tu arrêtais de lire ces idioties. Ses parents n'avaient vraiment jamais compris sa fascination pour les histoires de Jedi qu'elle adorait lire depuis toute petite. Personne ne la comprenait d'ailleurs, à tel point qu'elle se demandait parfois si elle n'était pas une étrangère dans sa propre vie. Elle espérait vraiment que tous ses problèmes cesseraient quand elle pourrait enfin commencer une nouvelle vie. Que ces cauchemars disparaîtraient et qu'elle rencontrerait enfin des gens qui la comprendraient.

Après une semaine qui lui sembla durer une éternité, c'est émerveillée que Matylda regardait à travers les vitres du cargo, la planète Nubia qui se dessinait enfin à l'horizon. D'après ce qu'elle voyait, la planète était aussi belle qu'on la disait. La jeune femme était émerveillée. Elle n'avait jamais vu autant de vert concentré en un seul endroit, Tatooine n'étant rien d'autre qu'un immense désert, et elle n'arrivait pas encore à imaginer ce à quoi ressemblerait Nubia vue du sol.

Quelques heures plus tard, après avoir réglé les taxes de frontière et manoeuvré pour atteindre le port aérospatial de Nubia City, l'équipage mettait enfin pied à terre. Matylda était sous le charme. Le port grouillait de monde, des vaisseaux décollaient et atterrissaient de toutes parts et des personnes de diverses espèces se précipitaient d'un bout à l'autre des tarmacs dans une joyeuse effervescence. Rien à voir avec la station de Bestine qui, malgré la sécurité relative de la ville, accueillait chaque jour son lot de fugitifs et autres criminels en tous genres. Nubia prospérait grâce à divers commerces très fructueux et l'entreprise Star Drives Incorporates, pour laquelle travaillait le contact de son père, grande manufacture de vaisseaux civils vendus dans toute la galaxie, participait en grande partie à cette prospérité. Partout où elle regardait, la jeune femme faisait une nouvelle découverte, là un conteneur rempli de tissus brillants, ici, débarquant d'un grand vaisseau amiral, une délégation étrangère représentant une espèce qu'elle n'avait encore jamais vue. Elle aurait tout donné pour se perdre quelques instants dans ce capharnaüm mais les affaires de son père l'appelant, elle du embarquer avec lui à bord d'une navette devant les conduire dans la demeure de son client.

« Papa ?, demanda Matylda sans quitter le paysage du regard. Tu crois qu'on aura le temps de visiter un peu ?

- C'est prévu, oui. Mon client m'a promis une visite guidée de la ville, en passant bien sûr par les quartiers généraux de Star Drives, pour que je puisse m'imprégner de l'atmosphère qui règne ici. Je pense qu'il ne verra aucun inconvénient à ce que tu nous accompagnes.

- Vraiment ? C'est formidable. Dis moi, où vit-il exactement ?

- Tu vois ces grandes collines, son père pointait du doigt des montagnes verdoyantes. C'est là que vit pratiquement toute la haute société nubienne, il a une villa là bas.

- Alors c'est un homme fortuné ? Tu m'as dit qu'il travaillait pour Star Drives…

- C'est le cas. Il gère toutes les opérations financières de l'entreprise et donc les nouveaux contrats, c'est un emploi très lucratif.

- J'imagine… »

Le terme villa était un euphémisme. La demeure de Devin Warray ressemblait en réalité plus à un immense palais digne des plus grands rois. Matylda n'avait jamais rien vu de tel. La façade blanche semblait briller de l'éclat d'un millier de diamants et les tours de marbre était si hautes que la jeune femme du lever les yeux au ciel pour tenter d'en apercevoir le sommet. À peine sortis de la navette, les deux visiteurs furent conduits par pas moins de dix serviteurs à l'intérieur de la demeure de Lord Warray et, encore une fois, Matylda s'émerveilla devant l'opulence du lieu. Tout semblait avoir été fait de sorte à ce que les visiteurs de passage prennent bien la mesure de l'extraordinaire richesse de leur hôte. Les appartements qui leur avaient été attribués étaient au moins deux fois plus spacieux que leur maison de Bestine qui était pourtant d'une taille plus que respectable. En se jetant sur le grand lit à baldaquin de sa chambre, Matylda se dit qu'elle pourrait bien s'accoutumer d'une vie ici, au moins pour quelques temps.

On leur laissa le temps de s'installer mais, très vite, une jeune gouvernante vint leur annoncer que le maître des lieux souhaitait les recevoir. On les conduisit donc jusqu'à une immense terrasse surplombant tout le domaine qui, en plus du palais, abritait de nombreux jardins fleuris. Assis sous une pergola, Lord Warray les attendait. La première chose que Matylda remarqua fut son âge, il lui paraissait en effet bien jeune pour quelqu'un d'aussi important, elle lui donnait tout au plus trente ans. Ensuite, elle fut frappée par son regard. Ayant grandi sur une planète de criminels, elle avait appris à reconnaître instantanément le danger et, quelque chose dans les yeux de cet homme fit courir un frisson d'angoisse le long de son dos. Son père quant à lui, était conquis par le paysage devant ses yeux et ne semblait pas avoir ressenti la même chose qu'elle.

« Monsieur Sunssand, quel plaisir de vous revoir ! Et je suppose que cette ravissante jeune femme est votre fille, Mademoiselle…, Lord Warray se pencha pour embrasser le dos de sa main.

- Matylda, répondit-elle en retirant précipitamment sa main de celle de leur hôte. Enchantée.

- Mais tout le plaisir est pour moi. Je suis si heureux que vous ayez pu faire le déplacement si rapidement cher ami, je me languis d'avance de faire affaire avec vous.

- Moi de même Lord Warray, votre demeure est tout simplement splendide.

- Je vous en prie, nous serrons bientôt partenaires d'affaire, appelez-moi Devin. Mais, ne parlons pas des choses qui fâchent. Vous serez des nôtres pour encore plusieurs semaines et nous aurons tout le temps de parler business alors, je vous en prie prenez place nous allons fêter votre arrivée et demain je vous guiderai pour un petit tour de notre belle cité ! »

Ils prirent donc place autour de la grande table sous la pergola et on leur servit des mets exotiques accompagnés des vins les plus chers de la galaxie. Jamais encore Matylda n'avait vu autant d'opulence rassemblée en un seul endroit et pourtant, malgré tout ce luxe éblouissant, la jeune femme n'arrivait pas à se défaire de l'affreux sentiment qui l'avait saisie en voyant leur hôte. De plus, ce dernier étant assis juste en face d'elle, il ne cessait de la dévisager d'un air étrange ce qui ne faisait que rajouter à son malaise. C'est donc soulagée qu'elle regagna ses appartements pour la nuit et, oubliant un peu ses inquiétudes, elle se coucha enthousiaste à l'idée de découvrir Nubia City le lendemain.
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Messagepar Pic » Ven 05 Jan 2018 - 0:17   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

C'est bien, tu continues sur ta lancée et ton histoire est agréable à lire. Ton nouveau personnage (Matylda) est sympathique. Peut-être a-t-elle un lien avec la Force, qu'elle ne connaît pas encore...
Continue comme ça :oui:
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 08 Jan 2018 - 18:16   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

La ville était encore plus belle qu'elle ne l'avait imaginée. Après un petit déjeuner copieux, Lord Warray les avait entraînés, son père et elle, à bord de son speeder particulier pour faire un tour des plus beaux endroits de la cité. Partout où elle regardait, Matylda avait l'impression de rêver. Tout était tellement lumineux et coloré, tout le contraire du monde monochrome qu'elle avait connu jusque là. Warray les emmena parcourir les allées du marché qui grouillaient de monde et de produits en tous genres que la jeune femme n'avait encore jamais vus. Suite à un déjeuner en ville, ils partirent explorer les sommets d'une des plus belles montagnes encerclant la ville. De là haut, la vue sur Nubia City et ses environs était imprenable. Tout était vert et paraissait presque irradier le bonheur. En regagnant la demeure de leur hôte, la jeune femme avait totalement oublié ses appréhensions et était finalement décidée à rester sur cette planète. Ne lui restait plus qu'à trouver une solution pour échapper à la vigilance de son père et à s'enfuir avant qu'il ne décrète leur retour sur Tatooine.

Les jours suivants furent un peu moins réjouissants. Les deux hommes s'étaient finalement décidés à parler affaires et, suite à un tour complet des quartiers de Star Drives, plus rien d'autre ne semblait les intéresser. Matylda aurait bien aimé profiter de ces moments pour explorer d'avantage la planète mais, son père l'ayant emmenée pour la former à prendre sa succession, il ne la lâchait pas d'une semelle et elle devait assister à toutes leurs discussions. Discussions auxquelles elle ne comprenait bien évidemment pas un mot. Pourtant, même si elle était loin d'être une experte en la matière, elle avait déjà souvent entendu son père parler affaire depuis son enfance et, si elle n'arrivait pas véritablement à définir quoi, quelque chose la dérangeait. À force de passer du temps en sa compagnie, la jeune femme s'était remise à s'inquiéter du comportement de Lord Warray. Même si les deux hommes parlaient affaires depuis des jours, elle avait la désagréable impression que leur hôte ne s'y intéressait pas vraiment. Un peu comme s'il avait déjà tout planifié à l'avance et que les détails, pourtant cruciaux, qu'évoquait son père, n'avaient aucune importance pour lui. En plus de cela, le malaise qui l'avait assaillie lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois ne la quittait plus. Elle avait l'impression que quelqu'un, ou quelque chose, essayait de lui faire passer un message qu'elle ne parvenait pas à décrypter. Plusieurs fois, la jeune femme eu envie d'en parler à son père, qui lui était complètement sous le charme de Warray, mais quelque chose au fond d'elle l'en empêchait. Peut-être la peur de se voir à nouveau traiter comme une petite fille puérile à l'imagination trop fertile. Alors elle restait silencieuse et écoutait sagement les élucubrations budgétaires de son père en espérant que ces discussions s'achèvent le plus rapidement possible pour qu'elle puisse quitter cette demeure trop parfaite et commencer sa nouvelle vie dans un coin tranquille de la planète.

C'est seulement quelques jours plus tard que Matylda regretta sa décision de se taire. Elle venait de rejoindre son père à la table du petit-déjeuner quand leur hôte surgit pour leur faire une proposition inattendue.

« Dites-moi cher ami, avez-vous déjà entendu parler du Palais Nubien ?

- Malheureusement non, lui répondit son père. De quoi s'agit-il ?

- Il va falloir remédier à cela mon cher, le Palais est une station en orbite de City, on y accède via les bus des nuages. C'est un endroit formidable ! Toute l'élite de la société nubienne s'y retrouve pour jouer dans les nombreux casinos ou pour dîner dans les plus grands des restaurants. C'est une étape indispensable pour tout bon voyageur qui se respecte et je pensais justement aller y passer la soirée de ce soir. Qu'en dites-vous ? Bien évidemment, votre fille nous accompagnera. Je pense que vous apprécierez le raffinement des lieux très chère.

- Je n'en doute pas, répondit Matylda avec un sourire crispé.

- Eh bien Devin, je trouve que c'est une excellente idée. Une soirée de repos ne nous fera pas de mal avant de mieux reprendre nos négociations demain.

- Formidable ! Bien évidemment, je me doute que vous n'avez pas prévu de tenues adaptées pour l'occasion, je vais vous faire monter des effets dans vos chambres. Nous partirons vers 19h30, irons dîner dans les Jardins Solaires avant d'aller jouer dans le casino des Rois, le meilleur à mon avis. Ah mes amis, je sens que nous allons passer une excellente soirée ! »

Toute la journée, Matylda tenta de trouver une excuse pour se soustraire à cette soirée qui l'inquiétait profondément. Néanmoins, son père ne voulait rien entendre et lui soutenait que les relations sociales étaient primordiales dans la conclusion de nouveaux contrats et qu'il fallait tout faire pour se mettre dans les bonnes grâces de ses partenaires commerciaux, surtout lorsqu'ils étaient aussi influents que celui-ci. C'est ainsi que la jeune femme se retrouva bien malgré elle engoncée dans une robe extravagante dans un bus des nuages, privatisé par Lord Warray, qui les emmena tous trois au Palais Nubien.

À peine arrivée, elle su qu'elle allait détester cet endroit. Des nobles en tenues fantasques se pavanaient de toutes parts, exhibants leur richesse sans aucune gêne. Comme prévu, Warray les emmena dîner dans un restaurant luxueux où il leur commanda les meilleurs plats. Matylda n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle mangeait. Son père en revanche, semblait parfaitement à son aise, elle trouva même qu'il ne lésinait pas sur le vin présenté en abondance à leur table. À la fin du repas, lorsque le moment fut venu d'aller au casino, Matylda tenta une nouvelle fois de s'excuser, prétextant un mal de tête persistant. Malheureusement, une fois encore, on ne lui accorda pas le droit de rentrer. C'est donc contrainte et forcée qu'elle suivit les deux hommes, alors qu'un sentiment d'inquiétude grandissant la saisissait.

La jeune femme n'avait jamais mis les pieds dans un casino et elle n'était pas prête de renouveler l'expérience. Tout dans cet endroit était trop. Trop lumineux, trop bruyant, trop fréquenté, trop indécent pas vraiment le genre d'aventure qu'elle avait espéré vivre. Rapidement, les deux hommes s'installèrent autour d'une table où quelques messieurs étaient déjà engagés dans une partie de cartes. Warray les présenta comme ses associés chez Star Drives et ils reprirent une partie tous ensembles. Matylda préféra se tenir un peu à l'écart et s'installa dans un canapé où elle entreprit de se morfondre sur cette soirée. La fête battait son plein au casino des Rois, la nuit était déjà bien avancée et la jeune femme était prête à s'endormir sur le canapé. Estimant qu'il était plus que temps de quitter cet endroit qui lui donnait la chair de poule, elle se dirigea vers la table de jeu, décidée et trainer son père hors du Palais Nubien. Ils n'étaient plus là. Ni son père, ni Warray, ni ses associés. La table avait été désertée. Matylda tenta de rester calme, après tout, ils avaient probablement juste changé de table de jeu pendant qu'elle somnolait, elle les retrouverait facilement.

La jeune femme fit le tour du casino. Elle fit le tour du Palais tout entier. En vain. Son père et les autres restaient introuvables. Désespérée, elle se rendit à la station d'accueil espérant trouver quelqu'un qui pourrait l'aider. Une jeune hôtesse Twi'lek tenait une permanence.

« Excusez-moi…

- Bonsoir mademoiselle, lui répondit l'hôtesse avec un grand sourire. Que puis-je faire pour vous ?

- Et bien, je suis venue avec mon père et son client, un habitué apparement, mais je n'arrive pas à les retrouver.

- Ne vous en faites pas, ce client dont vous parlez avait-il une carte de membre ?

- Oui, il l'a donnée à l'ouvreur à l'entrée du casino.

- Alors nous allons rapidement les retrouver, notre système nous permet de les localiser dans tout le palais, au cas où il devrait y avoir un problème quelconque. Son nom ?

- Warray, Devin Warray.

- Hum…, la Twi'lek pianota sur son holocran. Je ne vois personne de ce nom ici, vous êtes sûre ?

- Oui, oui je suis absolument certaine, Matylda commençait véritablement à paniquer.

- Je suis navrée mademoiselle, mais aucune carte à ce nom n'a été activée. Alors, soit il utilise une fausse carte, soit cet homme vous a menti sur son identité.

- Je vois… merci »

Je le savais, pensa la jeune femme, depuis le début je savais que quelque chose n'allait pas chez ce type. Ravalant sa colère et son inquiétude, Matylda rassembla son courage et repartit dans le casino des Rois. Elle allait retrouver son père et le libérer des griffes de ce charlatan. Elle procéda de manière plus ordonnée cette fois. S'arrêtant à chaque table de jeu, elle interrogeait les croupiers en leur décrivant son père et Warray, quelqu'un les avait forcément vus. Et effectivement, après plus d'une heure de recherche, une serveuse pu lui affirmer avoir vu les deux hommes, ainsi que ceux que Matylda supposait à présent être les hommes de main de Warray, se diriger vers une porte dérobée à l'arrière du casino. Suivant les directions données par la serveuse, la jeune femme trouva rapidement la porte en question qui s'ouvrait sur un long couloir sombre. Ne flanche pas maintenant ma grande, tu voulais de l'aventure alors fonces. Matylda se glissa derrière la porte. Après avoir marché pendant ce qui lui sembla être des heures et maudissant sa robe inconfortable, elle ouvrit une autre porte et fut frappée au visage par une violente bourrasque de vent. Elle se tenait sur une sorte de tarmac depuis lequel elle avait une vue magnifique sur Nubia en contrebas. Elle fut rapidement tirée de sa contemplation par des éclats de voix provenant d'un entrepôt situé à l'extrémité de la plateforme. Silencieusement elle s'approcha. La porte de l'entrepôt était entrouverte et ce qu'elle vit à l'intérieur la glaça d'effroi. Son père était attaché à une chaise au centre de la petite pièce. Tout autour de lui se trouvaient des hommes de multiples espèces armés jusqu'aux dents. Warray, ou peu importe son véritable nom, se tenait devant lui, menaçant.

« Je trouve que j'ai été suffisamment patient et je détesterais vraiment devoir m'énerver alors tu vas être bien gentil et me donner tous les codes d'accès de ta société pour que je puisse tranquillement te plumer, me refaire une santé, et enfin me barrer de cette foutue planète où je commence à ne plus être le bienvenu.

- Vous êtes complètement malade, répondit son père, furieux. Qui êtes-vous d'abord ? Clairement pas Devin Warray.

- Ah, ce pauvre Lord Warray ! Il était vieux et n'avait plus toute sa tête. Ça a été un vrai jeu d'enfant de le manipuler et de le pousser à me placer sur son testament en tant que seul héritier légitime de sa fortune et de sa place de choix chez Star Drives. Restait plus qu'à attendre sagement qu'il casse sa pipe, ça n'aura pas été bien long d'ailleurs. Officiellement, je suis donc bien Lord Warray, puisque j'ai hérité du titre, mais je pense qu'on me connait mieux sous le nom de Marcus Pryde.

- Pryde… le célèbre arnaqueur ?

- Lui-même ! Ravi d'apprendre que tu as entendu parler de moi et navré que ça soit tombé sur toi l'ami mais j'ai vraiment besoin de renflouer mes caisses et tu es arrivé pile au bon moment. Le prends pas pour toi, ça aurait pu être n'importe qui.

- Espèce de petit…

- Allons allons, restons poli. Je pense qu'on a assez bavardé, alors aboules les infos parce que j'ai pas toute la nuit !

- Jamais je ne te donnerai quoi que ce soit, sale voleur !

- Bon, écoutes, j'avais pas vraiment l'intention de te faire de mal mais si tu ne me laisses pas le choix… »

Matylda savait qu'elle aurait immédiatement du aller chercher de l'aide mais, lorsqu'elle vit Warray, ou Pryde peu importe, braquer un blaster sur la tempe de son père, elle ne put s'empêcher de réagir et elle poussa brusquement la porte.

« Arrêtez !

- Tiens, tiens, tiens, Mademoiselle Sunssand. Comme vous me plaisez beaucoup j'avais décidé de vous laisser en dehors de tout ça mais, puisque vous êtes là, peut être que votre père se montrera un peu plus coopératif. Attrapez-la ! »

Matylda savait se défendre. On lui avait enseigné diverses techniques martiales et la maîtrise de plusieurs types d'armes dès son plus jeune âge, Tatooine étant une planète dangereuse ses parents n'avaient voulu prendre aucun risque. Cependant, on ne lui avait jamais appris à affronter d'une douzaine d'hommes armés jusqu'aux dents en étant vêtue d'une robe pesant le double de son poids. C'est pour cela que, après quelques minutes de lutte désespérée, elle se retrouva maintenue par un Muttani haut de plus de deux mètres qui s'empressa de la trainer devant un Pryde jubilant.

« Comme c'est dommage, j'aurais pu vous proposer de me rejoindre. Je suis persuadé que vous auriez fait une excellente arnaqueuse.

- Va au diable espèce de pourriture !, la jeune femme tentait toujours de se dégager de l'emprise douloureuse du Muttani. Tu peux toujours rêver si tu espères obtenir quoi que ce soit de nous.

- Quel caractère ! J'adore ça chez les femmes ! Mais fais attention, si tu continues à me parler sur ce ton, je risque de me fâcher. Allez, attachez-là comme son père.

- NON ! Lâchez-moi sale brute ou !, Matylda se tut instantanément, Pryde venant de pointer un blaster sur sa tempe.

- Tut tut tut ma jolie, je ne suis pas très content. Alors maintenant tu vas sagement t'asseoir et peut être que je pourrais décider d'être gentil avec toi, qu'est-ce-que tu en penses ?…

- Lâches-là, Pryde. »

C'était une voix de femme qui venait de résonner à l'entrée de l'entrepôt. Matylda se contorsionna pour tenter de l'apercevoir. Lorsqu'elle la vit, elle fut frappée d'un étrange sentiment de familiarité alors qu'elle était pourtant certaine de ne l'avoir jamais rencontrée auparavant. Elle était jeune. Pas plus âgée qu'elle. Des boucles acajou encadraient son beau visage parsemé de tâches de rousseur et ses yeux chocolat lançaient des éclairs. Elle n'était pas très grande, mais les deux blasters sanglés à ses cuisses et les couteaux dépassant de ses bottes en disaient long sur elle.

« Cassy, chérie ! Ça fait tellement longtemps, tu m'as manqué mon trésor !, étrangement, Pryde ne semblait pas vraiment rassuré.

- Primo, tu ne m'appelles pas Cassy. Deuzio, je ne suis ni ta chérie, ni ton trésor. Tertio, relâches les tout de suite ou je me fâche. Et on sait tout les deux que tu n'as pas vraiment envie que ça arrive, n'est-ce-pas…

- Ah oui oui, je sais que tu peux être dangereuse. Tu vois, c'est pour ça que je t'ai…

- Si tu finis cette phrase, Pryde, je t'émascule. Les gars ? »

Ils étaient trois. Un Twi'lek à la peau bleue, un humain au visage caché derrière une capuche et une Miralan. Matylda sut en les voyant qu'ils n'étaient pas le genre de personnes à se laisser faire. En regardant mieux, la jeune femme aperçut derrière eux, sur le tarmac, un vaisseau de type cargo. Étant donné que la plateforme était vide quand elle l'avait traversée, elle en déduit qu'ils venaient probablement d'atterrir et que personne ne les avait entendus à cause du chaos qui régnait dans l'entrepôt.

« Ahhh…, cette fois Matylda en était sûre, Pryde était terrifié. Tu es venue avec la cavalerie on dirait. Sor'Leku, quel plaisir !

- La ferme fils de Chutta, tu aggraves ton cas, lui répliqua le Twi'lek. Maintenant, toi et tes potes vous allez gentiment quitter cette planète et vous faire oublier pour les, disons, cinquante prochaines années. Kapish ?

- Allons, allons. Vous me connaissez, je ne suis pas dangereux, je cherche juste à renflouer mon business.

- Ouais bah ton "business ˮ, tu peux te le garder. Tu nous as déjà causé assez d'ennuis comme ça sur Solem avec tes magouilles et, franchement, le simple fait de voir ta sale tronche me donne envie de te frapper.

- Voyons, Pryde recula de plusieurs pas. Pas la peine d'en venir aux mains, Sor'leku. Je ne veux pas d'ennuis avec les Sentinels. On peut négocier…

- Oh, mais c'est une excellente idée ça. T'en penses quoi boss ?

- Je suis tout à fait d'accord avec toi Sor, répondit la jeune femme qui était visiblement le chef de la bande. Après tout, on est spécialisé dans les négociations, disons, agressives. »

Matylda n'avait jamais vu de véritable combat. À peine ces mots prononcés, les quatre inconnus se mirent en mouvement pour attaquer les hommes de mains de Pryde qui ne tardèrent pas à riposter. Les coups et les tirs de blaster fusaient de toutes parts et Matylda tenta encore une fois de se libérer de l'emprise de son geôlier. Pourtant, celui-ci ne relâchait pas sa prise et était même plutôt décider à l'entrainer vers ce qui lui sembla être une porte dérobée à l'arrière de l'entrepôt. Elle comprit immédiatement qu'ils avaient un vaisseau de secours stationné à l'arrière. Pryde aussi prenait la direction de l'issue de secours, bien décidé à laisser ses hommes se débrouiller et, de ce qu'elle parvenait à voir, la situation n'était pas vraiment à leur avantage.

« Tiens la bien, murmura Pryde au Muttani. On l'embarque. C'est toujours plus simple avec un otage.

- Non mais et puis quoi encore ?!, s'insurgea Matylda en se débattant de plus belle. Je ne vais nulle part avec vous espèce de vieux Hutt baveux !

- Mais tu vas la fermer ! Oh non… »

Visiblement, le petit esclandre qu'elle venait de pousser avait attiré l'attention et, l'instant d'après le Muttani se prenait un coup bien placé lancé par leur mystérieuse sauveuse. Dans un cri qualifiable d'agonisant, il lâcha Matylda qui tomba à terre et s'affaissa au sol en craignant probablement pour sa descendance.

« S'en prendre aux femmes. T'es vraiment une ordure Pryde.

- Ecoute Cassy, on peut…

- Ne m'appelles pas, Cassy ! Et si tu tiens à ta vie je te conseilles de courir vite.

- Quoi ? Tu… tu me laisses partir ?

- Il se trouve que j'ai une mission importante à remplir et je n'ai vraiment mais alors vraiment pas le temps de m'occuper de la vermine de ton espèce. Alors, tu prends tes sbires et tu dégages… MAINTENANT !

- Oui madame ! Venez les gars, on se tire ! »

L'instant d'après, l'arnaqueur et ses acolytes s'enfuyaient la queue entre les jambes, probablement décidés à ne plus jamais reposer le pied sur Nubia.

Du coin de l'oeil, Matylda vit la jeune Miralan détacher son père et l'aider à se remettre des émotions.

« Tout va bien ?, la jeune femme qui venait probablement de lui sauver la vie lui tendait la main pour l'aider à se relever.

- Oui, merci beaucoup, répondit Matylda en prenant la main tendue.

- Je suppose que vous ne saviez pas vraiment sur qui vous étiez tombés.

- Non, on vient de Tatooine. Mon père est commerçant et je l'accompagnait pour un voyage d'affaire, on pensait que ce type, ce Pryde, était son client. Apparement, il nous a roulé.

- Oui, c'est sa méthode préférée. Mais bon le plus important, c'est que vous alliez bien.

- C'est grâce à vous. Vous êtes arrivés pile au bon moment, je pense que ça aurait vraiment mal tourné sinon. Alors encore merci.

- C'est normal, je connais l'énergumène et franchement, je ne souhaite à personne d'avoir à faire à lui.

- Euh, je m'appelle Matylda Sunssand. Je crois que je ne l'ai même pas dit, souffla Matylda un peu gênée.

- Ah non, en effet !, ria la jeune femme. Enchantée Matylda. Je suis Cassiopea, Cassiopea El-Solar. »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 15 Jan 2018 - 17:59   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« Tout ira bien pour vous maintenant, il ne vous causera plus de problèmes, affirma Cassiopea.

- Je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous avez fait. Je n'arrive pas à croire que je me soit fait avoir par un arnaqueur.

- Ça arrive même aux meilleurs Monsieur Sunssand, lui répondit la jeune femme. L'important c'est qu'il ne vous soit rien arrivé de grave à vous et votre fille. »

Après l'affaire Pryde, Cassiopea et ses amis leur avaient proposé de les déposer là où ils le désiraient. Ils avaient donc embarqué à bord de leur cargo qui les avait ramenés à la villa, désormais vide, de feu le vrai Lord Warray. Ils avaient appris que les quatre amis étaient venus sur Nubia pour ravitailler leur vaisseau avant de poursuivre leur route.

« En tous cas, cette mascarade a assez duré, s'insurgea le père de Matylda. J'ai déjà perdu assez de temps comme ça, nous repartons dès demain sur Tatooine.

- Quoi ?!

- Évidemment, enfin Matylda on ne va quand même pas rester ici ! Alors, prépares tes affaires, reposes-toi un peu et on décolle dès que possible. Fin de la discussion. Merci encore à vous, dit-il en s'adressant cette fois à Cassiopea. Je suppose que vous pouvez rester ici pour le reste de la nuit, ce n'est pas comme si le propriétaire allait revenir. Sur ce, veuillez m'excuser. »

A peine ces mots prononcés, Matylda regarda son père s'éclipser. Elle était furieuse. Ça ne devait pas se passer comme ça et maintenant, à cause de ce maudit Pryde, elle ne voyait plus comment faire pour échapper à son père et enfin partir vivre sa vie. Plus que furieuse, la jeune femme était anéantie et elle se laissa tomber sur un fauteuil de l'immense terrasse.

« Quelque chose ne va pas ?, lui demanda doucement Cassiopea.

- Oh, non. C'est juste… je croyais que j'aurais peut-être enfin l'occasion de changer de vie.

- Comment ça, lui demanda la jeune femme en s'asseyant en face d'elle.

- Je ne devrais même pas me plaindre. Mon père est riche, j'ai toujours eu tout ce que je désirais, je vis dans une belle maison, j'ai de bonnes amies mais…

- Mais tu as l'impression d'être une étrangère dans ta propre vie.

- Comment, comment vous avez… ?

- J'ai ressenti la même chose, il y a longtemps maintenant. Alors, si je peux te donner un conseil, changes. Ne restes pas enfermée dans une vie qui ne te convient pas, tu le regretteras toute ta vie.

- Qui êtes-vous ? Je ne suis pas stupide, je me doute bien que vous n'êtes pas de simple marchands, vous vous battez tous comme des guerriers. Et… Pryde a dit quelque chose, à propos de sentinelles ?

- Tu m'as dit que vous veniez de Tatooine ?

- Oui, mais où est le rapport ?

- C'est juste que ça explique mieux pourquoi tu n'as pas compris, on ne vous dit pas la moitié des choses sur ces foutus holocrans. Qu'est-ce que tu sais de l'Empire et de la rébellion contre lui ?

- Une rébellion ? Quelle rébellion ?

- Je m'en doutais. Je ne vais pas te dire que tout ce qu'on t'as raconté est faux, parce que ça serait mentir mais, disons juste que les impériaux ne sont pas aussi gentils qu'ils voudraient le faire croire.

- Ils tuent des gens c'est ça ? Ils disent que ce sont des ennemis de l'Empire mais en fait, ils les tuent parce qu'ils refusent de se soumettre ?

- Oui, entre autres choses.

- Et… il y a une rébellion contre eux ?

- Plutôt un début de rébellion. Quand l'Empire a été proclamé, certains Sénateurs qui croyaient en la République ont fui Coruscant et le Sénat et ils se sont alliés pour former l'Alliance Rebelle. L'idée est bonne mais, disons qu'ils ne sont pas vraiment opérationnels pour le moment. Alors, comme on est pas tous motivés à attendre, il y a des gens, comme mes amis et moi, qui ont décidé d'agir et…

- Vous faites partie d'une sorte de milice guerrière ?

- Les Sentinels sont une milice rebelle, oui.

- Et on vous a envoyé en mission contre l'Empire ? Votre chef doit être un sacré personnage !

- En fait, cette fois Cassiopea éclata de rire. Le chef c'est moi.

- Quoi ?…

- J'ai fondé et je dirige les Sentinels et, je suppose que si tu leur demande, ils te diront tous que j'ai un sacré caractère.

- Mais, pourquoi ?

- Disons que ce n'est pas quelque chose dont je parle facilement…

- Oh ! Oui, bien sûr, pardon.

- Ce n'est pas grave. Mais ton père a raison, vous devez repartir. Nubia n'en a pas l'air comme ça, mais c'est un vrai repère de trafiquants et d'ailleurs, le Palais Nubien appartient à l'un d'entre eux. Pas vraiment un endroit idéal pour changer de vie si tu veux mon avis.

- Je ne veux pas retourner sur Tatooine. Tu, tu ne pourrais pas m'aider ?

- Écoutes, la jeune femme semblait réfléchir sérieusement. La soirée a été rude alors tu devrais vraiment te reposer un peu. De toute manière, vous ne pouvez pas repartir sans avoir vu les autorités nubiennes. Il faut leur parler de l'affaire Pryde, même si les trois quarts sont corrompus, on ne peut pas juste partir sans les informer. On ne pourra pas partir avant demain après-midi, je vais discuter avec mes amis et on va voir si on peut faire quelque chose.

- Vraiment ?

- Je ne veux rien te promettre mais…, Cassiopea lui adressa un drôle de regard. Je vais voir. Va dormir un peu maintenant. »

Une fois de retour dans sa chambre, Matylda s'effondra sur son lit. Après tout ce qu'il venait de se passer et tout ce qu'elle venait d'apprendre, la jeune femme doutait de pouvoir s'endormir. Elle s'était toujours douté de quelque chose, elle avait juste choisi de ne pas chercher plus loin, comme tout le monde dans la Bordure extérieure. Comme personne ne venait leur causer de problèmes, ils avaient juste décidé tacitement qu'il n'y en avait pas. Pourtant, plus elle grandissait, plus Matylda se disait qu'il devait y avoir autre chose. Ces centaines de personnes arrêtées pour crimes contre l'Empire ne pouvaient pas toutes être des criminels. Mais de là à se douter que des gens se battaient contre eux ? Jamais la jeune femme n'aurait pu s'imaginer des choses pareilles. Elle voulait tout savoir, il fallait qu'elle sache. Et si des gens mourraient pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis, alors elle refusait de rester là à regarder.

Sentant le sommeil la gagner malgré tout, la jeune femme pensa encore à Cassiopea. Elle aurait tout donné pour être comme elle, forte, courageuse et indépendante. Qui sait, peut être qu'elle pourrait lui apprendre…

*****


« C'est en rapport avec la fille, c'est ça ?, affirma Ivan.

- On peut dire ça, soupira Cassiopea.

- Mademoiselle Sunssand ?, Navo semblait perplexe. Elle a l'air très gentille, mais qu'est-ce-qu'elle a à voir avec notre présence ici ?

- Vous vous souvenez de cette prémonition dont je vous parlais ?

- Le truc chelou qui te faisait un peu flipper ?, s'enquit Sor'Leku.

- Oui, celle-là. En fait, avant d'avoir cette prémonition, j'ai eu un drôle de sentiment pendant plusieurs jours, quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis plusieurs années. Ça fait tellement longtemps que j'ai même cru que j'hallucinais, alors c'est dire. Mais, comme je suis parfois un peu parano - arrêtes de me regarder comme ça Sor -, j'ai préféré qu'on ralentisse histoire de voir. C'est là que j'ai eu cette prémonition. C'était flou, comme d'habitude, mais ça m'a confirmé que je n'hallucinais pas.

- J'ai peur de comprendre où tu veux en venir, murmura Ivan.

- Ah ben expliques-nous, parce que je suis largué là… ,renchérit Sor.

- J'ai ressenti la présence d'un être sensible à la Force, assena Cassiopea. Et ma prémonition m'a orientée vers Nubia.

- Sensible… Une minute, vous pouvez vous sentir mutuellement ?

- C'est un peu plus compliqué mais en gros oui. Si tu veux, quand tu es sensible, tu dégages une signature énergétique particulière. Tu l'as depuis la naissance, que tu ais exploité tes dons ou non, et elle agit comme une sorte de radar pour tous les autres sensibles à proximité.

- Donc, tu as senti quelqu'un ?, demanda Navo

- Et tu penses que c'est Mademoiselle Sunssand, compléta Ivan.

- Non, dit Cassiopea. Maintenant, j'en suis sûre. Tout comme je suis sûre qu'elle n'en a aucune idée. Elle était sûrement déjà née quand Maître Jinn s'est rendu sur Tatooine, vu qu'elle doit avoir mon âge, mais il n'aurait jamais pu repérer une deuxième signature de Force par dessus celle de…, la jeune femme interrompit là ses réflexions. Peu importe, le fait est que personne ne l'a jamais trouvée et qu'elle a grandit sans savoir ce dont elle est réellement capable.

- Et qu'est-ce-qu'on doit faire ?, s'enquit Sor. Tu vas lui dire ?

- Ça reviendrait à la condamner. La Purge est toujours en cours et une fois qu'elle saura sa signature deviendra beaucoup plus forte et elle sera vulnérable face à l'Empire.

- Mais tu ne veux pas non plus la laisser repartir sur Tatooine, n'est-ce-pas, dit Ivan.

- Elle n'a aucune envie d'y retourner et… je ne sais pas, je me sens un peu responsable maintenant. Je ne veux pas qu'il lui arrive malheur à cause de ça alors que je pourrais la protéger. Et je ne veux pas non plus lui mentir, elle a le droit de savoir.

- Donc on est coincé en fait.

- On pourrait la mettre en sécurité à la base, suggéra Navo.

- C'est aussi ce que je pensais, renchérit Ivan. Mais là on ne rentre pas et c'est trop dangereux de l'emmener avec nous sur Coruscant alors qu'on ne sait pas nous même ce qu'on va affronter.

- Je répètes, dis Sor'Leku, on est coincé. Elle ne peut pas juste renter chez elle ? Personne ne l'a trouvée jusqu'à maintenant.

- Tu ne m'as pas écoutée, lui dit Cassiopea, elle ne veut pas rentrer. Elle est décidée, quoi qu'il arrive elle ne remettra pas les pieds sur Tatooine et si on ne fait rien elle va se retrouver toute seule dans un monde auquel elle ne connait rien. Elle se fera tuer en une semaine.

- Ok, donc faut l'emmener mais étant donné qu'on va probablement tous crever sur Coruscant…

- Sor, soupirèrent les trois amis d'une même voix.

- Ça va, ça va, je plaisante. Bon, Cass c'est toi qui décides.

- Il faut que je réfléchisse. Occupez-vous du ravitaillement pour qu'on puisse repartir le plus tôt possible, je gère. »

*****


Le jour était levé depuis quelques heures et Matylda avait pris sa décision. En observant son père qui, une fois les autorités locales averties et sur place, avait rassemblé toutes leurs affaires et avait d'ores et déjà contacté le spatio-port pour qu'ils préparent son vaisseau au décollage, elle avait décidé qu'elle ne montrait pas à bord de ce vaisseau. Si rester sur Nubia n'était clairement plus une option, le vaisseau des Sentinels lui apparaissait comme étant la plus belle chance de sa vie. Peu lui importait si elle ne savait pas grand chose du monde qui l'entourait ou si elle n'avait aucune formation militaire, elle voulait faire partie de ce groupe. Peu être que c'était un caprice, ou peut être que sa décision était due au cauchemar qui était à nouveau venu hanté son sommeil et dans lequel elle cru cette fois reconnaître la jeune femme qui lui criait de s'enfuir, mais elle partirait avec eux. La question était maintenant de savoir comment elle allait s'y prendre, détail qui avait son importance.

La veille au soir, après qu'elle ait quitté Cassiopea, les Sentinels avaient décollé du toit de la villa pour se rendre au spatio-port où ils pourraient ravitailler leur vaisseau dans la journée. Son père étant décidé à repartir dans les heures à venir, la jeune femme allait donc devoir se rendre elle aussi sur le tarmac nubien. C'était risqué, peut être même stupide, mais elle ne savait pas si elle aurait la chance de revoir Cassiopea avant d'être trainée de force à bord du vaisseau de son père ni même si elle serait finalement en mesure de l'aider. Matylda allait donc s'introduire dans leur vaisseau. Il lui faudrait échapper à la surveillance de son père mais, comme il allait probablement être très occupé avec l'équipage et le vaisseau, elle ne doutait pas d'y arriver. Monter à bord du cargo Sentinel serait sans doute bien plus ardu. Matylda se doutait bien qu'une milice rebelle, probablement traquée par l'Empire, n'allait pas laisser son vaisseau sans surveillance. Elle allait donc devoir improviser sur place.

« MATYLDA !, hurla son père depuis l'extérieur de la villa. Qu'est-ce-que tu fabriques encore, on y va maintenant ! »

De toute façon, ce n'est pas comme si elle avait le choix. Ce plan était son seul espoir, sa seule porte de sortie, et elle allait tout faire pour le mener à bien.

Le spatio-port était bondé. Dans un sens, c'était plutôt une bonne chose. Matylda s'était habillée de façon à passer inaperçue et cela serait d'autant plus facile avec une foule dense dans laquelle se dissimuler. Comme elle l'avait anticipé, à peine étaient-ils arrivés sur place, que son père s'était déjà rué vers le capitaine de son équipage pour lui expliquer la situation et lui demander de régler les procédures de décollage le plus rapidement possible. L'instant d'après, la jeune femme se retrouvait seule au milieu du tarmac son père pensant probablement qu'elle se rendrait immédiatement et sans faire de détour à bord de leur vaisseau. Au lieu de cela, elle se mit en quête du vaisseau des Sentinels. Il y avait un nombre incalculable de vaisseaux et trouver le bon ne fut pas simple mais Matylda réussi finalement à le localiser. Comme elle s'en doutait, ils cherchaient à rester discrets et ils avaient donc amarré leur vaisseau dans un coin reculé du spatio-port. À première vue, personne ne semblait le surveiller et la trappe était ouverte. Matylda s'approcha discrètement et, une fois au pied de l'appareil, elle regarda une dernière fois derrière elle avant de monter à bord sans plus d'hésitation.

Le bâtiment était grand. Pas étonnant qu'ils soient quatre, pensa la jeune femme, il faut un véritable équipage pour manoeuvrer un vaisseau aussi grand. Entendant des voix et ne voulant pas se faire repérer avant le décollage au risque de se voir expulsée par les Sentinels, Matylda avisa ce qui lui sembla être un renfoncement dans la paroi et s'y engouffra. En réalité, une échelle menait dans les cales. Arrivée en bas, la jeune femme décida qu'elle serait probablement bien cachée au milieu des caisses de provisions et, très probablement, de munitions. S'enfonçant un peu plus profondément, elle se trouva bientôt face à quelque chose qu'elle n'avait encore jamais vu. Elle savait que c'était un fighter, ces petits vaisseaux individuels extrêmement rapides et puissants, mais le modèle qui se trouvait devant elle ne ressemblait en rien aux sombres TIE-fighter impériaux qu'elle voyait parfois passer sur les holocrans. Celui-ci semblait plutôt sortir tout droit de l'une de ses histoires préférées, elle aurait voulu s'en approcher mais un bruit l'arrêta net. Alors qu'elle était persuadée de voir apparaître un Sentinel, un petit droïde s'approcha d'elle. C'était une unité astromécanicienne de classe RD, elle en avait déjà vu sur Tatooine. Il était vert et argent, les mêmes couleurs que le fighter, et avait l'air de vouloir lui dire quelque chose.

« Je suis désolée, mais je ne comprends vraiment pas ce que tu me dis.

- BIIIP BOOOOOP BAAAA

- Chut! Ne fais pas tellement de bruit, j'essaye de passer inaperçue. »

Semblant comprendre ce qu'elle voulait lui dire, le petit robot la guida vers un recoin de la cale avant de disparaître à toute vitesse sous le regard interloqué de la jeune femme. Elle voulu d'abord partir à sa recherche, ne serait-ce que pour ne pas rester seule dans les entrailles froides du vaisseau mais, à ce moment précis, elle entendit la trappe remonter puis se fermer dans un claquement sourd. Quelques secondes plus tard, les moteurs se mettaient en marche dans un vrombissement puissants. Et, alors que le vaisseau entamait son décollage, Matylda s'asseyait au fond de la cale espérant vraiment avoir fait le bon choix.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 22 Jan 2018 - 18:00   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

~ Coruscant, Palais Impérial ~

Il jubilait. Depuis la mort de son ancien maître, Darth Tyranus, il rongeait son frein en attendant de pouvoir faire ses preuves et, enfin, la chance lui souriait. Le grand Maître, l'Empereur lui même, connu parmi les Sith en tant que Darth Sidious, l'avait fait demandé dans ses appartements privés. Nul doute qu'il allait lui confier une mission de la plus haute importance. Reprenant contenance devant l'imposante porte en acier, il frappa avant de pénétrer dans l'antre du souverain. Ce dernier était assis dans un immense trône faisant face à la capitale qui s'étendait sous leurs pieds. L'Empereur lui tournait le dos. Sans attendre, il s'agenouilla.

« Vous m'avez fait demander, Mon Seigneur ?

- Ah. Darth Hell, je t'attendais, lui répondit la voix sirupeuse de l'Empereur. Relèves-toi et approches.

- Bien maître, Darth Hell vint se tenir aux côtés du maître.

- Tu n'es pas sans savoir que nous travaillons actuellement à la réalisation de notre Grand Oeuvre. Malheureusement, nous rencontrons des difficultés qui nous retardent, ce qui me déplait fortement.

- Et, y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous aider à remédier à ce contre-temps ? De quelque nature qu'il soit bien évidemment.

- C'est là la raison de ta présence. J'ai besoin d'un homme de confiance pour effectuer une mission de la plus haute importance.

- Je vous suis tout dévoué, Mon Seigneur, Hell choisi d'en rajouter et de s'écraser plus bas que terre. Et je ne reculerai devant rien pour accomplir vos demandes.

- Bien, c'est tout ce que je voulais entendre. J'ai donc une mission à te confier. Afin de pouvoir finaliser notre projet, j'ai besoin de localiser et de récupérer quelque chose, quelque chose qui appartenait autre fois aux Jedi.

- Dites-moi quelle est cette chose, Darth Hell fulminait, la simple mention des Jedi le mettait en rage.

- Il se trouve que ces petits cachotiers avaient en leur possession des documents extrêmement importants cachés au sein de ce qu'ils appelaient les Archives. Elles étaient localisées ici même pendant leur règne mais j'ai bien peur qu'ils ne les aient déplacées avant l'avènement de l'Empire. Je n'ai moi même appris leur existence que très récemment et Vador n'est malheureusement pas en mesure de m'en dire plus. C'est pourtant dans ces mêmes Archives que se trouve l'information capitale qu'il nous manque, j'ai donc besoin de toi pour les retrouver.

- Je ferai tout ce que vous me demanderez, Mon Seigneur.

- Trouve les Archives. Une fois que ça sera fait, cherches tout ce qui se rapporte de près ou de loin aux cristaux Kyber et ramène moi ce que tu auras trouvé. Cette mission est capitale pour le bon déroulement de nos plans et je compte sur toi pour la mener à bien.

- Je ne vous décevrai pas.

- Va à présent, il n'y a pas de temps à perdre. »

Hell était né sur Korriban, terre natale de la très ancienne race des Sith. Si aujourd'hui, l'Ordre des Sith accueillait en son sein toute personne souhaitant prêter allégeance au côté obscur de la Force et ce qu'elle que soit sa race, autrefois seuls les natifs de Korriban pouvaient prétendre à ce titre. Malheureusement, les siècles passant et, au gré des multiples guerres successives qui la frappèrent, la planète se dépeupla peu à peu. Hell était l'un des rares représentants actuels de la race des Sith de sang pur, ses yeux d'or et sa peau rouge en témoignant. Si ses semblables préféraient désormais vivre en ermites sur leur planète afin de préserver la race, lui avait été repéré jeune par Darth Sidious lui même. Sa signature de Force était alors si puissante, qu'il avait envoyé son ancien apprenti de l'époque, Darth Tyranus, le chercher et l'avait ensuite chargé de sa formation. Depuis, Tyranus était mort, tué par le Chevalier Jedi Anakin Skywalker et Hell, malgré son jeune âge, était devenu Seigneur Sith à son tour. Cependant, entre la chute de la République, l'avènement de l'Empire et l'extermination des Jedi, Hell ne s'était encore jamais vu confier de mission personnelle, ce qui l'énervait fortement. Enfin, Sidious semblait se rappeler de son existence et lui faisait suffisamment confiance pour le laisser accomplir une mission aussi importante.

Sidious. Si Hell devait être complètement honnête, il n'appréciait que moyennement le Seigneur Noir des Sith. Certes, il lui avait prêté une allégeance éternelle, mais le fait qu'un simple humain gouverne l'Ordre, alors que ce privilège aurait dû revenir à un Sang-Pur, lui déplaisait fortement. Certes, l'Ordre des Sith était au bord de l'extinction et il avait réussi à le reconstituer mais Hell ne pouvait s'empêcher de penser que cet homme occupait une place qui n'était pas la sienne.

« Maître ? Vous êtes de retour ? »

Darth Hell fut tiré de ses pensées par la voix de son apprentie, Ténébris. Si l'Ordre des Siths n'était plus au bord de la ruine, il était encore loin d'avoir la puissance de l'Ancien Ordre Jedi. C'est pourquoi il était primordial de former de nouveaux éléments et c'est ainsi que Hell s'était retrouvé, à vingt-cinq ans, au lendemain de la mort de son Maître, projeté au rang de Seigneur avec une apprentie dont il se serait bien passé. Ténébris n'avait alors que quatorze ans et il était persuadé qu'il ne parviendrait jamais à rien avec elle. Pourtant, quatre ans plus tard, elle était toujours avec lui et avait progressé de façon fulgurante. La jeune fille ferait un excellent Maître un jour et, pour l'heure, elle lui était entièrement dévouée.

« Qu'a dit le Seigneur Sidious ?

- Prépare tes affaires, Ténébris. Il m'a confié une mission de la plus haute importance et je t'emmène avec moi.

- Vraiment ? Et où allons nous Maître ?

- Toute la question est là, justement. Nous devons retrouver quelque chose qui a été perdu. On en discutera en route, je vais faire préparer le vaisseau, on décolle dans une heure.

- Bien, Maître. »

Ténébris avait mis plusieurs mois à se faire accepter par Maître Hell. Elle n'était pas idiote, elle savait bien qu'elle n'était pas désirée et qu'il aurait tout fait pour éviter d'avoir à former une apprentie. C'est pour cela qu'elle avait redoublé d'efforts. La jeune fille était humaine et peu d'humains avaient l'honneur d'être choisis pour rejoindre l'Ordre des Sith alors qu'ils n'étaient encore que de jeunes enfants. Elle était l'un d'entre eux. Dès les premières années de sa formation avec les autres jeunes novices, elle avait rêvé et espéré devenir un jour l'apprentie de Hell. Depuis la mort de Darth Maul, il était le dernier Sith de sang pur de l'Ordre et la puissance de sa signature était connue de tous. Elle l'avait toujours admiré de loin, ses techniques de combats exemplaires, sa maîtrise parfaite de la Force et son allégeance sans faille au côté obscur la fascinaient. Alors quand il fut sacré Seigneur Sith, toutes les novices en âge, et elle la première, auraient voulu devenir son apprentie, il était jeune et terriblement beau. C'est elle que Sidious lui attribua. Depuis, elle redoublait d'efforts pour lui plaire et l'impressionner et enfin, elle avait la chance de partir en mission seule avec lui.

Quelques heures plus tard, alors qu'ils naviguaient dans l'hyper-espace sans objectif précis en vue, Hell fut soudain pris d'une étrange sensation. Elle se dissipa si vite qu'il ne pouvait dire ce qu'elle présageait. Pourtant, quelque part au fond de lui, il avait l'impression qu'il s'en allait vers quelque chose qui changerait sa vie pour toujours.


~ Phoenix-007, cargo des Sentinels

Hyper-espace ~


« Qu'est-ce-qu'il y a R7 ? J'ai du travail je n'ai vraiment pas le temps de jouer maintenant.

- BIIP BOP BOBAPBIIIIP !

- Il n'y a rien ici, on est dans les cales.

- BOOOOOOOOOOOP !

- Mais, enfin qu'est-ce-qu'il t'arrive ? Tu veux me montrer quelque chose ? »

Depuis le fond de la cale où elle s'était réfugiée, Matylda tentait de se faire toute petite. Son plan lui paraissait soudain nettement moins brillant. Elle n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'elle dirait aux Sentinels quand ils l'a découvriraient à bord de leur vaisseau mais elle pensait qu'elle n'aurait pas à affronter cette situation avant leur prochaine escale. Or, la trappe menant aux cales venait de s'ouvrir et le petit droïde qu'elle avait rencontré quelques heures auparavant semblait fermement décidé à mener Cassiopea droit vers elle. La jeune femme aurait voulu disparaître et se fondre dans la paroi.

« R7, ça suffit maintenant, revient ici on remonte.

- BIIIIIIIP !

- Quoi ?! »

Cassiopea était désespérée. Elle n'avait aucune idée de ce que lui voulait son droïde. Ils avaient quitté Nubia depuis à peine quelques heures et, depuis, il n'avait cessé de venir la déranger. À bout de nerfs, elle avait fini par le suivre, ne serait-ce que pour le faire taire. Maintenant qu'elle était dans la cale, elle était persuadée qu'il lui faisait perdre son temps ce qui n'arrangeait en rien son agacement.

La nuit lui ayant porté conseil, la jeune femme avait finalement décidé d'emmener Matylda à bord du Phoenix. Ils auraient fait demi-tour et seraient retournés la déposer à la base afin de la mettre en sécurité, avant de repartir le plus rapidement possible vers Coruscant. Ils auraient perdu du temps, mais la situation en valait la peine. Cassiopea avait donc attendu au spatio-port en guettant l'arrivée des Sunssand. Si elle n'avait pas vu Matylda, elle avait rapidement repéré son père en pleine discussion avec un contrôleur. La jeune femme était donc allée le voir pour lui demander où trouver sa fille, prétextant vouloir la saluer avant leur départ. Il lui avait alors répondu que Matylda était déjà à bord de leur vaisseau et qu'ils allaient justement décoller d'une minute à l'autre. Que Matylda ait changé d'avis ou que son père l'ait trainée de force et enfermée à bord n'avait pas d'importance. Quelques minutes plus tard, le vaisseau décollait sous le regard désemparé de Cassiopea.

R7 insistait. Il insistait vraiment, comme si quelque chose avait réellement retenu son attention dans cette cale. Cassiopea, qui avait abandonné et qui était presque sortie, s'arrêta brutalement. Le signal était faible, comme si on tentait de le masquer et c'est probablement pour ça qu'elle ne l'avait pas senti en entrant dans les cales. Pourtant, maintenant qu'elle se concentrait sur la sensation, la jeune femme n'avait presque plus de doute.

« R7, est-ce-qu'il y a quelqu'un ici ? »

C'était impossible. Cassiopea ne pouvait pas l'avoir repérée, elle ne s'était même pas approchée de sa cachette et elle lui tournait même le dos. Comment alors avait-elle pu deviner que quelqu'un se cachait là ? Matylda retint sa respiration et ferma les yeux. Peut-être qu'elle allait finalement repartir, qu'elle se dirait qu'elle avait rêvé, la jeune femme était terrifiée à l'idée de peut-être se faire expulser du vaisseau parce qu'elle serait trop gênante pour son équipage.

Cassiopea souriait. Comment avait-elle fait pour monter à bord sans se faire repérer ? Ivan était extrêmement scrupuleux à ce sujet et ne laissait jamais le Phoenix sans surveillance, Sor avait même tendance à dire qu'il était pire qu'une mère poule couvant ses petits. Pourtant, Matylda avait réussi à s'embarquer clandestinement ce qui allait probablement fortement déplaire à ses amis mais qui la rassurait, elle.

« Tu sais, je sais que tu es là, dit Cassiopea en s'adossant contre la paroi. Ivan va être furieux quand il va apprendre que tu as échappé à sa surveillance, il n'est pas très aimable avec les étrangers mais il n'est pas méchant. J'ai croisé ton père sur le tarmac, il m'a dit que tu avais déjà embarqué alors j'ai pensé que tu avais changé d'avis. Je voulais te dire que tu pouvais venir avec nous, on serait allé te déposer en sécurité jusqu'à ce que tu décides quoi faire. Apparement, tu as été plus rapide que moi. Tu peux sortir de ta cachette, tu sais. »

Timidement, Matylda s'extirpa de son refuge. Contrairement à ce qu'elle craignait, Cassiopea n'avait pas l'air d'être en colère, elle l'a regardait même d'un air amusé.

« Tu aurais du venir me voir, au lieu de t'embarquer comme ça.

- Je voulais le faire, mais j'avais peur que tu dises non, répondit Matylda en soupirant. Je me suis dit que j'allais être un fardeau pour vous, alors je pensais rester cachée là et descendre au prochain arrêt.

- Tu ne sais même pas où on va, et jamais on aurait refusé de t'emmener. Déjà parce que j'avais de toute façon décidé de le faire et ensuite parce qu'on accueille tout le monde depuis un moment maintenant. Enfin, je suppose que ton père ignore complètement que tu es là ?

- Oui, j'avais de toute façon prévu de profiter de ce voyage pour partir et j'avais l'intention de lui dire mais, comme les choses ne se sont pas tout à fait passées comme je l'imaginais, j'ai légèrement du improviser. Je lui ai glissé un message dans ses affaires, sans lui dire où j'allais évidemment. Il ne le trouvera sûrement même pas avant Tatooine, il est tellement en colère à cause de Pryde qu'il ne s'intéressera probablement pas à moi avant l'atterrissage.

- Tu crois que tes parents comprendront ?

- Non. Bien sûr que non. Ils sont trop contents de leur petite vie rangée, loin de la menace impériale, tout ce qu'ils voulaient c'est que je trouve à bon parti à épouser pour pouvoir prendre ensuite la succession de mon père. Jamais ils n'auraient envisagé un autre futur pour moi.

- Et tu ne leur a jamais dit que tu rêvais d'autre chose ?

- J'ai essayé, souvent, mais ils ont toujours dit que c'était des rêves ridicules et que ça me passerait. Ils ont dit quoi tes parents quand tu es partie ?

- Ah. En fait, je n'avais que deux ans quand je les ai quittés, donc je ne me souviens même pas d'eux.

- Oh, désolée.

- C'est rien. On a qu'à dire que j'ai eu une éducation un peu particulière. L'important c'est que tu leur a quand même laissé quelque chose pour leur expliquer. Par contre, on a un autre problème maintenant. Si tu étais venue nous voir on aurait pu s'organiser, là on est déjà en hyper-espace et, étant donné qu'on va arriver dans, disons, moins de quatre heures, on ne va plus faire demi-tour.

- Désolée, je ne voulais pas causer de problèmes.

- Ne t'inquiètes pas, allez viens, on va rejoindre les autres. Ça caille dans ces cales. R7 ? Réveilles-toi, ce n'est pas le moment de te mettre en veille, on remonte. »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 29 Jan 2018 - 18:02   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Comme l'avait dit Cassiopea, Ivan ne semblait pas véritablement emballé par sa présence à bord. Ses yeux turquoise la dévisageaient et Matylda tentait de sa cacher derrière Cassiopea pour échapper à ce regard inquisiteur.

« La situation est loin d'être idéale Cass, tu réalises qu'elle va nous poser des problèmes ?

- Ohhh ne soit pas rabat-joie Ivan ! Ne l'écoutes pas tu es la bienvenue ici, je m'appelle Navo, enchantée.

- Euh, moi aussi, répondit Matylda en prenant timidement la main que lui tendait la jeune Miralan. Je ne veux pas déranger, vraiment. Alors vous pouvez me déposer où vous voulez et je me débrouillerai.

- Ne soit pas ridicule, répliqua Cassiopea. Je ne vais pas te laisser toute seule, tu viens avec nous. Il faut juste qu'on discute de la logistique.

- Il reste trois heures grand max, les informa le Twi'lek assis au poste de pilotage. On ne peut plus faire demi-tour, ça serait complètement stupide. Mais Iv n'a pas tord, l'emmener n'est pas une bonne idée. On ne sait même pas exactement vers quoi on va et ça pourrait être dangereux.

- Je pourrais juste rester à bord du vaisseau, tenta Matylda. Je ne dérangerai pas. Vous allez où d'ailleurs, si je peux demander ?

- Coruscant, répondit Cassiopea. Hors de question que je te laisse toute seule dans la capitale impériale.

- Cassiopea, insista Ivan. On ne sait même pas nous mêmes dans quoi on se lance et tu veux l'entrainer là dedans ? Je sais bien qu'elle… enfin tu vois, mais…

- Que je quoi ?, demanda Matylda. Qu'est-ce-qu'il y a ?

- On en parlera plus tard d'accord, lui répondit Cassiopea. Pour l'instant il faut qu'on trouve une solution à notre problème.

- Je crois qu'on va aussi devoir remettre ça à plus tard, intervint soudain Sor'Leku. Je veux pas vous faire flipper, mais les radars détectent une présence qui se rapproche dangereusement de nous.

- Quel genre de présence ?, Cassiopea était déjà penchée sur les tableaux de contrôle.

- Impériale, y a aucun doute là dessus. Je reconnais la signature des Croiseurs de chasse.

- Quittes l'hyper-espace, maintenant ! »

L'instant suivant, le Phoenix naviguait au ralentit. Sor'leku avait coupé tous leurs systèmes de localisation et ils tentaient de se rendre invisibles. Cassiopea savait que cette mission serait périlleuse, mais elle n'imaginait tout de même pas avoir à affronter les Impériaux avant même d'avoir atteint Coruscant. Le silence régnait à bord, personne n'osait prononcer un mot, tous espérant que le vaisseau ennemi n'avait pas eu le temps de les repérer. Malheureusement, une distorsion de l'espace et l'apparition d'un Croiseur impérial mit fin à tous leurs espoirs.

« On a un gros problème, murmura Cassiopea. ils nous ont repéré et, je ne sais pas combien ils sont là dedans mais je suis prête à parier qu'on est inférieurs en nombre.

- Qu'est-ce-qu'on fait alors, demanda Navo.

- À mon avis, renchérit Sor. Ils ne nous voient pas. J'ai été rapide, ils savent qu'il y a quelqu'un et maintenant ils nous cherchent. Conclusion, on doit se planquer. Vite.

- Sous le vaisseau, dit soudain Matylda.

- Quoi ?, demanda Sor incrédule.

- Sous le vaisseau. C'est une technique courante chez les gens peu recommandables qui veulent passer inaperçus et atterrir en toute discrétion. On voit ça tout le temps sur Tatooine. Ils cachent leurs vaisseaux sous des bâtiments de marchandises plus gros qui atterrissent légalement.

- Bonne idée, ils ne penseront pas à ça. Passes dans la chaîne de météorites à bâbord, Sor et ensuite aborde les par en-dessous. Ils vont fouiller les environs et ils repasseront en hyper-espace dès qu'ils verront qu'il n'y a rien, là on pourra les décrocher et repartir dans une autre boucle de vitesse lumière vers Coruscant. Mais on ne peut pas prendre de risques, ils peuvent nous tomber dessus alors on se tient près à réagir.

- Cass a raison, renchérit Sor. Je gère les commandes, descendez aux cales pour préparer l'armement, et ramenez moi mon canon-blaster. Matylda, tu peux rester ici avec moi. »

Tandis que Matylda s'installait dans le siège du co-pilote, les trois Sentinels descendaient dans les cales. Laissant Navo partir devant, Ivan retint Cassiopea.

« Cassiopea… ça ne va pas, qu'est-ce-qu'il se passe ? J'ai cru sentir quelque chose mais…

- C'est rien, tout va bien ne t'inquiètes pas.

- Cass, tu trembles. Alors ne me dis pas que ça va.

- C'est juste… j'ai ressenti quelque chose quand ce Croiseur est apparu, un truc que je n'avais encore jamais senti avant.

- Je l'ai perçu aussi. C'était un peu comme la première fois que je t'ai rencontrée, mais avec une signature différente. Après je ne peux pas juger, je n'ai que des prédispositions à la Force, c'est toi qui la maîtrise.

- Je ne sais pas, je n'avais jamais rencontré de signature comme celle-là. Et elle m'a frappée tellement fort… qui est-ce-qui est à bord de ce vaisseau ?

- Aucune idée, mais il va falloir redoubler de prudence. Si tu l'a senti il y a de fortes chances que ça ait marché aussi dans l'autre sens. Tu peux masquer ta signature pour qu'on ne te remarque pas mais pas Matylda. Elle ignore complètement de quoi elle est capable.

- Je m'occupe d'elle. Je peux nous rendre invisibles toutes les deux, pas très longtemps mais ça devrait suffire.

- Sois prudente quand même.

- Ne t'inquiètes pas pour moi, viens Navo nous attends. »

*****


« Maître ? Vous vous sentez bien ? »

Darth Hell était comme figé devant l'observatoire du vaisseau, son regard rivé vers l'horizon. Étant né sur une planète peuplée d'êtres sensibles à la Force et ayant grandi au sein de l'Ordre des Sith, il avait eu l'habitude de ressentir, avec plus ou moins d'intensité, les signatures de ses semblables. Pourtant, à cet instant, il avait l'impression d'avoir été traversé par la foudre. Il n'avait encore jamais rencontré de signature comme celle-là, si forte et en même temps si singulière qu'il avait été incapable de définir si elle appartenait à l'un des siens ou, au contraire, à un ennemi. En plus, elle avait disparu presque immédiatement, à tel point que le jeune homme se demandait s'il n'avait pas rêvé.

« Tu n'as rien senti ?, demanda-t-il à Ténébris.

- Non, pourquoi ?

- C'est rien, oublies. On a repéré quelque chose, un vaisseau ?

- Nos scanners sont en action mais pour l'instant ça ne donne rien. Peut-être que le signalement provenait d'une autre boucle de vitesse lumière. Il n'y a sûrement rien ici, on ferait mieux de repartir pour accomplir notre mission.

- Non. Continuez de scanner, je suis sûr qu'il y a quelqu'un ici.

- Mais, Maître…

- C'est un ordre ! »

Claquant la porte de l'observatoire derrière lui, Hell se rendit d'un pas décidé en salle de contrôle où plusieurs techniciens s'affairaient autour des scanners. D'un seul regard de sa part, tous s'empressèrent de quitter la pièce, terrorisés. S'asseyant devant les panneaux de contrôle, le jeune Sith actionna tous les détecteurs présents sur le vaisseau, persuadé de trouver quelque chose contrairement à ce que tous semblaient penser. S'il fermait les yeux, il arrivait encore à percevoir la sensation qui l'avait assailli quelques instants plus tôt et il était déterminé à en trouver la provenance.

« Seigneur Hell ?, un technicien venait d'entrer.

- Quoi ?

- Pardonnez-moi, mais mes hommes ont détecté une anomalie sur le flan droit de la coque du vaisseau, du côté des cales. Probablement une simple avarie mais je voulais tout de même vous prévenir.

- Dites à vos hommes de revenir ici et de surveiller les panneaux de contrôle, si vous percevez le moindre signal, prévenez-moi immédiatement.

- À vos ordre, mon Seigneur. Où allez-vous ?

- Je vais voir ce qu'il se passe dans les cales, tenez-vous prêt à agir en cas de problème.

- Bien mon Seigneur. »

Quittant la salle de contrôle, Hell se dirigea d'un pas décidé vers le lieu indiqué par le technicien. Saisi à nouveau d'un étrange pressentiment et ne voulant prendre aucun risque, il masqua sa signature de Force. Alors qu'il s'apprêtait à pousser les portes des cales, son comlink sonna.

« Qu'est-ce-qu'il y a Ténébris ?

- Les techniciens ont identifié l'anomalie sur la coque, maître. Vous aviez raison, il y a bien quelque chose et il semblerait que la chose en question nous ait abordé.

- Un vaisseau ?

- On dirait bien oui, probablement le signal que nous avions perçu. Ils sont malins, ils pensaient pouvoir nous échapper mais rien n'échappe au système de surveillance d'un Croiseur impérial. J'envoie des clones et…

- Non. Ne fais rien. Je veux d'abord aller voir moi-même à quoi nous avons à faire. Envoies-moi les coordonnées exactes de ces passagers clandestins.

- Mais, Maître, ils peuvent être nombreux.

- Je te préviens pour les clones mais je veux vérifier quelque chose et j'ai besoin de le faire seul.

- Bien Maître. »

Coupant la communication, le Seigneur Sith entra dans les cales. Suivant les informations envoyées par Ténébris, il trouva rapidement le point d'encrage utilisé par leurs passagers clandestins. L'idée était bonne, excellente même, et elle aurait probablement fonctionné sur n'importe quel autre vaisseau. Malheureusement pour eux, l'Interceptor faisait partie de la toute dernière génération de Croiseurs impériaux et son sytème de défense et ses scanners étaient ultra-performants. Les intrus n'avaient aucune chance de passer inaperçus.

Le jeune homme repéra rapidement le sas auquel le vaisseau étranger s'était amarré et il s'en approcha silencieusement. Bien évidemment, il n'y avait aucun moyen de pénétrer à l'intérieur du bâtiment, le pilote ayant pris le soin de s'amarrer en sens inverse bloquant l'accès à toutes les issues de l'appareil. Hell contacta le centre de contrôle et, quelques instants plus tard, suite à une manœuvre complexe mais furtive, le vaisseau intrus se trouvait à l'intérieur des cales du Croiseur et Hell se tenait prêt à intervenir.

« On a bougé, affirma Sor'leku.

- C'est impossible, dit Navo. On est amarré et tu n'as pas touché les commandes.

- Pourtant je peux t'assurer qu'on a bougé.

- Sor a raison, répondit Cassiopea. Il y a quelque chose qui cloche. Restez ici et tenez-vous prêts à agir.

- Qu'est-ce-que tu fais ?, s'inquiéta Matylda.

- Je vais voir ce qu'il se passe, je vous préviens s'il y a un problème.

- Fais gaffe, on sait jamais sur quoi on peut tomber avec les impériaux, renchérit Sor. »

Comme il l'avait prévu, Hell n'eut à attendre que quelques instants avant que le sas du vaisseau ne s'ouvre. L'appareil étant d'une taille respectable, le jeune homme s'attendait à voir apparaître un bataillon de mercenaires armés. Au lieu de ça, c'est une jeune femme qui sortit. À la seconde où il la vit, Hell sut que la signature qu'il avait ressentie était la sienne. Il ne l'avait jamais rencontrée, il s'en souviendrait, impossible d'oublier une signature pareille, ou sa jolie propriétaire. Intrigué, Hell s'enfonça un peu plus dans la pénombre et observa.

La jeune femme fit le tour de son vaisseau, tentant probablement de comprendre comment il s'était retrouvé à l'intérieur du Croiseur, avant de s'aventurer dans les cales. Après un rapide tour d'horizon, elle retourna à l'intérieur du cargo. Quelques instants plus tard, elle en ressorti accompagnée cette fois d'un Twi'lek à la peau bleue tenant un énorme canon blaster sur son épaule. Ils furent rapidement rejoints par une jeune Miralan et un humain à la peau sombre. La curiosité de Darth Hell s'envola en un instant, remplacée immédiatement par une colère sourde. Il s'avait qui étaient ces intrus, il le comprit en voyant le symbole gravé sur l'épaule du Twi'lek. Les Sentinels. Cette bande de rebelles semait la zizanie dans les rangs impériaux depuis des mois déjà. Au début, Hell ne les avait pas considérés comme étant particulièrement gênants mais, plus le temps passait et plus la milice devenait puissante allant jusqu'à provoquer de véritables dégâts. Actionnant son comlink, le Sith envoya une alerte aux clones, ces Sentinels n'étaient peut-être que des éclaireurs sans importance mais il ne fallait prendre aucun risque.

« J'hallucine, marmonna Sor'Leku. Comment est-ce qu'on s'est retrouvés là dedans ?

- Aucune idée, répondit Ivan. Et je n'ai jamais vu de vaisseau pareil. La forme est complètement différente de celles des Croiseurs habituels.

- Un de mes indics m'avait dit que les impériaux travaillaient sur une nouvelle génération de vaisseaux, plus rapides et plus performants. Je pense qu'on vient de rencontrer le premier né, remarqua Navo.

- En tout cas, reprit Cassiopea, je doute fort que l'Empire confierait un vaisseau de ce genre à n'importe qui. Il transporte sûrement quelqu'un d'important.

- Conclusion, il faut qu'on se tire vite fait avant de se faire choper et de finir en pâté impérial.

- Superbe image Sor, soupira Navo. Je vais essayer de hacker le système de défense du vaisseau. On pourra rouvrir le sas et sortir directement par là. Par contre, je ne sais pas du tout comment fonctionne le codage, je n'ai jamais eu à travailler sur un vaisseau de ce genre et ça risque de prendre du temps.

- Combien de temps ?, demanda Cassiopea.

- J'en sais rien, quelques heures, pourquoi ?

- Parce que tu vas devoir faire très vite. On ne va pas tarder à avoir de la compagnie, Cassiopea n'avait pas terminé sa phrase que déjà le bruit des pas des clones se faisait entendre.

- C'est pas vrai, pesta Sor. Mais ils sont combien ?

- Nombreux apparement, Cass ?

- Navo, occupes-toi de nous trouver une porte de sortie et veilles sur Matylda, je ne veux pas qu'elle sorte du vaisseau. Les gars, on va s'occuper de leur cas. »

A peine Navo était-elle retournée à l'intérieur du Phoenix que déjà les portes des cales s'ouvraient laissant entrer des dizaines de clones. Il ne s'agissait pas de clones basiques, mais de deathtroopers. Ces clones entièrement vêtus de noir et lourdement armés n'avaient rien de simples soldats mais tenaient plutôt des mercenaires et étaient réputés pour travailler sous les ordres directs de Darth Vador, le bras droit de l'Empereur.

« Je rêve, hurla Sor. Mais qu'est-ce-qu'ils foutent là ceux-là ?! C'est pas le vaisseau de Vador !

- Non, répondit Cassiopea. Mais s'ils sont là c'est pas pour rien, ils ne travaillent que pour les meilleurs. Tenez vous prêts, ils sont coriaces. »

Les clones s'élancèrent instantanément sur les Sentinels et, sous le regard de Darth Hell, le combat commença. Les deathtroopers étaient des soldats d'élite et Hell en avait réquisitionné plusieurs bataillons pour sa mission. Ils auraient du ne faire qu'une bouchée de ces trois rebelles et pourtant, ils ne semblaient pas pouvoir les atteindre. La réputation des Sentinels n'était pas surfaite, ils étaient brillants. Leurs mouvements étaient rapides et précis et ils semblaient éviter tous les coups qui leurs étaient destinés. De plus, il était évident que ces trois là avaient l'habitude de combattre côte à côte, ils se complétaient à merveille.

Furieux, Hell observait ses troupes. Comment des mercenaires pouvaient-ils se faire massacrer par de stupides rebelles ? Rapidement, il ne put plus supporter la situation. Le Sith empoigna le sabre laser sanglé à sa taille et, l'allumant, il s'élança dans le combat. Il avait rapidement pris l'humain pour cible et se dirigeait droit sur lui. Seulement, au moment de lui porter le coup fatal, sa lame rouge se heurta violemment contre deux autres, d'un orange éclatant.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 05 Fév 2018 - 19:06   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Cassiopea le senti avant de le voir. Subitement, la signature de Force qu'elle avait ressentie précédemment, et qui avait complètement disparu, l'avait à nouveau frappée de plein fouet. C'est en se tournant brusquement qu'elle le vit. La jeune femme n'avait encore jamais vu de vrai Sith, bien sûr elle avait croisé plusieurs membres de cet Ordre malsain mais la plupart étaient des Jedi noirs, jamais encore elle n'avait rencontré de véritable maître du côté obscur. Sans surprise, sa peau était rouge et ses yeux dorés mais, contrairement à ce qu'elle avait toujours imaginé, il n'avait rien d'un monstre répugnant, il était étonnamment jeune et plutôt séduisant. Et il se dirigeait droit sur Ivan, sabre laser au poing. Cassiopea n'hésita pas une seconde. Décrochant ses propres sabres de sa ceinture, elle eut juste le temps de les allumer et de les croiser devant Ivan, bloquant de ce fait le coup fatal qui l'attendait.

Les Sith naissaient dotés d'une maîtrise parfaite de leurs sentiments, ce qui faisait d'eux des guerriers redoutables. Hell pouvait, et avait, massacré des dizaines de personnes sans ressentir le moindre remord. D'ailleurs, ce n'était même pas comme s'il avait souhaité la mort de ces gens, ses sentiments étaient si profondément enfouis en lui que même la haine et le désir de tuer étaient des inconnues pour lui. Mais, à cet instant et pour la première fois depuis bien longtemps, en plongeant dans le regard haineux de la jeune femme qui lui faisait face, il ressenti quelque chose. Quoi ? Il était bien incapable de le décrire mais il était cependant certain d'une chose. Il détestait ce sentiment.

« Jedi, rugit-il

- Plus maintenant, répondit Cassiopea tout aussi férocement ».

Ils attaquèrent au même moment. Hell était physiquement plus fort mais Cassiopea était rapide et agile. Les coups fusaient avec une vitesse affolante et les sabres s'entrechoquaient avec tellement de force que les murs du vaisseau s'étaient mis à trembler. Autour d'eux, les combats avaient cessé et tous observaient le duel qui se déroulait sous leurs yeux. Bientôt, les coups de sabres furent accompagnés de distorsions dans la Force, Hell tentant de blesser Cassiopea par sa seule pensée et la jeune femme bloquant tous ses essais en lui propulsant dessus tout ce qui se trouvait dans la pièce et qui était suffisamment maniable pour être manipulé avec la Force. Le combat semblait sans fin et son issue était incertaine, les deux adversaires étant aussi fort l'un que l'autre.

Depuis sa cachette à l'entrée du Phoenix, Matylda observait, médusée, la scène qui se déroulait sous ses yeux. Au cours de sa vie, la jeune femme avait lu de nombreuses histoires sur les Jedi et leurs ennemis les Sith et, même si elle savait que tout était réel, elle n'avait jamais imaginé qu'elle pourrait un jour rencontrer de véritables chevaliers. Après tout, l'Ordre Jedi avait disparu lorsque la République Galactique était tombée et que l'Empire avait été crée et tout portait à croire que tous les membres n'étaient plus de ce monde. Alors comment expliquer ce qu'elle voyait ? L'homme à la peau rouge était clairement un Sith, c'est comme ça qu'ils étaient décrits dans ses livres, et il maniait un sabre rouge. Matylda eu une drôle d'impression de déjà-vu en le regardant mais celle-ci fut rapidement dissipée quand ses yeux se posèrent sur Cassiopea. En la rencontrant, la jeune femme avait compris qu'elle cachait quelque chose, probablement en rapport avec ce passé qu'elle avait décidé de fuir. Maintenant elle comprenait. Cassiopea était, ou avait été étant donné que l'Ordre n'existait plus, une Jedi. Les deux sabres orange qu'elle maniait en était la preuve.

Fascinée, Matylda ne la quittait pas des yeux. Ses romans racontaient que les techniques de combats des Jedi ressemblaient à des mouvements de danse et, en observant Cassiopea et sa manière de bouger, c'est exactement l'impression qu'elle eut. Son adversaire avait une technique similaire et, si la volonté qu'ils avaient de tuer l'autre n'avait pas été aussi évidente, on aurait pu croire que l'on assistait à une sorte de pas de deux.

Un coup plus fort que les autres de la part du Sith sortit Matylda de sa contemplation. Rapidement, elle se rendit compte de la gravité de la situation. Les troopers qui avaient cessé le combat au début du duel avaient repris du poil de la bête et acculaient à présent Sor et Ivan qui commençaient à avoir du mal à riposter. Sans Cassiopea, il manquait le troisième maillon de leur trio et ils n'avaient pas l'habitude de se retrouver dans cette situation. Quant à la jeune femme, elle avait emboité ses deux sabres bout à bout pour n'en former qu'un à double lame et le faisait tournoyer autour d'elle pour se protéger des assauts répétés de son adversaire qui lui envoyait des projectiles toujours plus volumineux. Sans doute à l'aide de la Force se dit Matylda.

Reprenant ses esprits, elle rentra rapidement à l'intérieur du Phoenix et alla trouver Navo qui cherchait toujours un moyen de les sortir de là.

« Navo, cria-t-elle. Tu en as encore pour longtemps ?

- J'y suis presque, lui répondit la jeune Miralan les yeux rivés sur ses holocrans. Un problème ?

- La situation dégénère, je ne pense pas qu'ils puissent les battre. Il faut vite qu'on parte d'ici.

- Je t'avais demandé de rester à l'intérieur.

- Je ne suis pas sortie, je suis juste allée jeter un œil dehors pour voir où ils en étaient. Personne ne m'a vue.

- Bon. Je vais faire vite.

- Au fait, Matylda hésita.

- Quoi ?

- Pourquoi personne ne m'a dit que Cassiopea était une Jedi ?

- Ah. Tu as vu, Navo ne semblait pas enchantée. Écoutes, c'est un sujet délicat et je pense que tu ferais mieux de lui en parler directement quand on sera sortis d'ici.

- Oh, d'accord. Est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ?

- Tu sais piloter ?

- Oui, mon père m'a appris quand j'étais plus jeune.

- Alors installes-toi aux commandes. J'ai réussi à pénétrer le système et j'aurait bientôt craqué la sécurité du vaisseau. Une fois que le sas sera ouvert, il faudra faire très vite pour sortir. J'irais les prévenir et tu pourras immédiatement démarré les moteurs. Sor reprendra les commandes dès qu'il sera à bord pour nous distancer du vaisseau et nous passer en vitesse lumière mais il faut d'abord qu'on sorte de là. Tu penses que tu peux y arriver ?

- Je vais faire de mon mieux, dit sérieusement Matylda.

- Vas aux commandes et prépares-toi, je te donnerais le signal. »

Cassiopea avait affronté de nombreux adversaires au cours de sa vie, après tout, elle avait fait la Guerre des Clones. Pourtant, elle n'avait encore jamais rencontré quelqu'un comme le Sith qui lui faisait face. Il était extrêmement puissant et rien ne semblait pouvoir l'atteindre, probablement à cause de cette capacité qu'avait les natifs de Korriban à ne rien ressentir. Il paraît tous les coups qu'elle lui adressait et évitait toutes ses attaques de Force, mais elle en faisait de même. Si l'un des deux semblait prendre le dessus, l'autre revenait en force l'instant d'après dans une boucle qui ne semblait pas vouloir s'achever. La jeune femme, épuisée par tous les efforts qu'elle fournissait, en était arrivée à se demander si ce combat s'arrêterait un jour. Elle s'inquiétait d'autant plus qu'elle voyait du coin de l'oeil que Sor et Ivan étaient en difficulté face aux deathtroopers, si Navo ne les sortait pas rapidement de cette situation délicate, les choses risquaient de mal tourner.

Personne n'avait jamais résisté à Hell. Tous ceux qui avaient osé croiser son sabre étaient tombés face à ses coups mortels, ses duels n'étaient jamais bien longs. Pourtant, il ne pouvait pas l'atteindre. Il avait beau essayer, il ne parvenait pas à dominer ce combat qui restait irrémédiablement neutre. Elle non plus ne parvenait pas à prendre le dessus, ils semblaient de forces égales. La fatigue commençait à le gagner et la puissance de ses attaques diminuait. La rage et l'envie de meurtre, sentiment jusqu'alors inconnu mais qu'il avait identifié comme tel, qu'il avait ressenti en croisant pour la première fois son sabre avec ceux de la Jedi s'était peu à peu estompée pour laisser place à de la curiosité. Personne ne lui avait tenu tête, personne sauf elle. Il ne voulait plus la tuer, il était bien trop intrigué. Voyant que ses soldats allaient très bientôt mettre un terme à la vie des deux autres Sentinels, Hell commença à élaborer une stratégie. Malheureusement, ses pensées furent coupées net quand un vrombissement de moteur se fit entendre. Déconcentré, il ne vit pas le blast que lui lançait son adversaire et il fut propulsé contre un mur.

À l'instant où les moteurs du Phoenix se mirent à rugir, Cassiopea agit. C'était le signal de Navo. Profitant de la surprise du Sith, elle rassembla toute la Force qu'elle put pour l'envoyer s'écraser contre un mur des cales et se se dépêcha de rejoindre Sor et Ivan. Arrivant dans le dos des troopers, elle put rapidement les anéantir et ainsi sortir ses amis de danger. Débarrassés de leurs derniers ennemis, les trois Sentinels se précipitèrent vers leur vaisseau et, à l'instant où les portes se refermèrent sur eux, le Phoenix s'envola par le sas, quittant sa prison impériale.

« Ils nous tirent dessus ces cons !, hurla Sor en se ruant vers le cockpit.

- Langage !, le réprimanda Navo. Vous allez bien ?, demanda-t-elle en s'adressant cette fois à Cassiopea.

- Ça va, lui répondit cette dernière. Plus de peur que de mal heureusement, c'est Matylda qui pilote ?

- Oui, elle s'en sort vraiment bien je n'aurais pas réussi à nous sortir de là sans son aide. Par contre, je te préviens, elle vous a vu combattre et elle va te poser des questions.

- C'est pas grave, il faut que je lui parle de toute façon. Le plus tôt elle saura, le mieux ça sera.

- Par contre les filles, intervint Ivan. Sor a raison, ils nous tirent dessus et si on ne passe pas très vite en vitesse lumière, on va se faire descendre.

- Il faut qu'on prenne de la vitesse pour faire le saut, dit Cassiopea tout en se dirigeant vers le cockpit. Sor ?

- On est mal Cass, on est mal. Matylda nous a fait un super décollage mais leurs missiles sont puissants, nouvelle génération je suppose et… Non, mais je rêve !, hurla le Twi'lek.

- Quoi ?, s'inquiéta Matylda qui regardait par-dessus son épaule.

- Ils nous envoient des têtes chercheuses ces espèces de sales pauvres petits…

- Sor'Leku, gronda Cassiopea.

- Pardon madame.

- Occupe-toi plutôt de nous sortir de là, il faut rapidement passer en vitesse lumière il n'y a que comme ça qu'on peut les perdre.

- Ça marche, Matylda ?

- Oui ?

- Je suis un peu occupé avec ces, bordel ! Est-ce-que tu peux rentrer Coruscant dans les données des propulseurs ? Tu sais comment faire ?

- Oui oui, répondit-elle en s'affairant déjà.

- On est pas assez loin, s'inquiéta Cassiopea. Il faut qu'on prenne de la distance sinon on va les emmener avec nous dans la distorsion et si on ne part pas assez vite ils vont nous envoyer des TIE.

- Je m'en occupe, asseyez-vous et attachez-vous, ça va secouer. »

Comme Cassiopea l'avait prévu, le Croiseur ne tarda pas à envoyer des chasseurs TIE à leur poursuite. Sor'Leku était un excellent pilote mais entre les têtes chercheuses et les TIE il allait avoir bien du mal à tout affronter et il se concentra donc sur la distance à mettre entre le Phoenix et ses assaillants. Matylda terminait juste de rentrer les coordonnées de la capitale quand le premier chasseur arriva à leur niveau. Le trooper arma son canon mitrailleur et, au même moment où il appuyait sur la détente, Sor'Leku propulsa le vaisseau dans l'hyper-espace, hors de portée.

« Maître, cria Ténébris alors que Hell rejoignait le pont principal du Croiseur. Ils viennent de passer en hyper-espace, on les a perdu. »

Darth Hell ne répondit rien, se contentant de fixer l'horizon et le point de distorsion, encore visible, dans lequel avait disparu le vaisseau des Sentinels. Tout était allé trop vite et ses hommes n'avaient pas eu le temps de déterminer les coordonnées choisies par les rebelles, ils les avaient donc bien perdus.

« Vous là, dit-il brusquement en s'adressant à un technicien de contrôle. Sortez-moi toutes nos informations sur les Sentinels, je veux tout voir y compris les avis de recherche de ceux qu'on a déjà identifié.

- Ou…oui Mon Seigneur, bafouilla le technicien en se mettant immédiatement au travail.

- Les Sentinels ?, s'enquit Ténébris. Pourquoi vous vous intéressez à eux Maître ?

- Parce que nos invités surprise étaient des Sentinels, leur symbole était partout.

- Mais ils nous ont échappé et on a aucun moyen de les retrouver. Et puis, l'Empereur nous a confié une mission de la plus haute importance alors on devrait peut-être…

- C'est moi qui décide ce que l'on devrait ou ne devrait pas faire, Ténébris !

- Oui, Maître, pardonnez-moi.

- Seigneur Hell, interrompit le technicien d'une petite voix. J'ai toute la documentation que vous demandiez.

- Montrez-moi. »

S'installant au poste de contrôle, Hell se mit à parcourir les fichiers concernant les Sentinels. Il survola les documents concernant leurs activités et leur armement, s'intéressant rapidement aux coordonnées correspondant à une base potentielle. Il ne recherchait qu'une chose.

Enfin, il arriva au dossier des avis de recherche. Le Twi'lek s'appelait Sor'Leku et il avait un sacré pedigree. Hell l'avait effectivement trouvé plutôt agressif. En revanche, la fiche consacrée à l'humain, Ivan Kymeri, manquait cruellement d'informations. Même les données concernant son âge et sa planète d'origine étaient incomplètes, ce qui intrigua fortement Hell. Cependant, une chose était sûre, contrairement à ce que le Seigneur Sith avait pu penser, il ne s'agissait pas d'une simple escouade de reconnaissance. Ces deux-là étaient très haut placés dans la hiérarchie des Sentinels et travaillaient apparement sous les ordres directs du leader du groupe. Ayant lu cette information, Hell savait déjà ce qu'il allait découvrir sur le prochain avis de recherche.

Cassiopea El-Solar. Quand les forces impériales avaient appris que cette nouvelle milice rebelle était dirigée par une femme, les officiels avaient bien ris. Comment une femme, aussi jeune de surcroît, pouvait-elle espérer faire le moindre dégât ? Six mois plus tard, sept planètes libérées et cinq Croiseurs impériaux perdus dans les méandres de l'espace, ces pauvres idiots avaient été forcés de réviser leur jugement. La fiche de la jeune femme était plutôt complète, comparée à celle de Kymeri, et, comme Hell le pensait, elle avait bien appartenu à l'Ordre Jedi et donc participé à la Guerre des Clones. Cependant, sa trace avait été perdue avant le déclenchement de l'Ordre 66 et elle n'était réapparu que lors de la première attaque des Sentinels. Un mystère de plus à élucider.

« Qui est-ce ?, demanda Ténébris une pointe de jalousie dans la voix.

- C'est la leader des Sentinels, répondit Hell. Elle était ici.

- Oh, et bien elle nous a échappé donc maintenant on devrait vraiment se concentrer sur la mission.

- Dites, demanda Hell au technicien ignorant de ce fait Ténébris. Nous avons bien un accès aux anciens fichiers holo de l'Ordre Jedi ?

- Euh oui, Mon Seigneur. J'ai les codes d'accès mais il me faut une autorisation express du gouvernement pour avoir le droit de les utiliser.

- Laissez tomber l'autorisation, allez-y. Je prendrais la responsabilité en cas de problème.

- À vos ordre Mon Seigneur, cependant, le processus d'accès est long et sécurisé je vais en avoir pour quelques heures.

- Faites au plus vite dans ce cas et prévenez-moi dès que vous avez réussi. Pendant ce temps, on poursuit notre route initiale. Je déciderai de la marche à suivre une fois que j'aurais pu consulter ces fichiers.

- Mais, Maître, je ne vois pas en quoi…

- Maintenant ça suffit, Ténébris ! Je ne veux plus entendre un mot !

- Bien, Maître. »

Tournant le dos à son apprentie, le jeune Seigneur Sith alla se poster devant l'immensité sidérale qui s'étendait devant eux. Il avait été tellement fier d'apprendre que l'Empereur lui faisait suffisamment confiance pour lui confier une mission aussi importante que celle-ci mais à présent, les cristaux Kyber étaient le cadet de ses soucis. Il mènerait sa mission à bien, sa place au sein de l'Ordre des Sith et même sa vie en dépendaient, mais il fallait qu'il retrouve cette femme. Pourquoi et comment était-elle encore en vie ? Par quel miracle arrivait-elle à lui tenir tête ? Que signifiait sa signature et d'où provenait l'étrange connexion qu'il avait ressenti en la percevant ? Et surtout, comment cette jeune femme était-elle parvenue à réveiller en lui des choses qui n'auraient jamais du être là ? Trop de questions sans réponses.

Hell su à cet instant qu'il ferait tout pour comprendre. Même si cela signifiait mettre sa mission en péril, il aurait ses réponses. Et pour cela, il n'y avait qu'une seule solution.

Il lui fallait Cassiopea El-Solar. Et il l'aurait.

« On est hors de danger ?, demanda Matylda.

- Oui, répondit Cassiopea. Ils ne peuvent pas nous poursuivre en hyper-espace, à moins de savoir où on va bien sûr. Ce qui n'est pas le cas. »

Cassiopea s'était isolée hors du cockpit pour étudier les plans de la cité de Coruscant. Pour espérer retrouver les Archives, ils allaient devoir s'introduire dans l'ancien Temple Jedi devenu une forteresse depuis l'avènement de l'Empire. Palpatine aurait très bien pu abattre le bâtiment mais, pour une raison obscure, il avait décidé de le conserver. Peu importe, se dit la jeune femme, y entrer relève quasiment de l'impossible.

Matylda, quant à elle, ne savait pas trop sur quel pied danser. Elle était partie à la recherche de Cassiopea dans le but de lui poser des questions sur ce qu'elle avait vu mais, alors qu'elle se retrouvait face à la jeune femme, elle ne savait plus par où commencer. Elle se tordait les mains et avait l'air très mal à l'aise. Soupirant, Cassiopea releva la tête de ses plans.

« Assieds-toi, je sais que tu veux me demander quelque chose.

- C'est Navo qui te l'a dit ?, demanda Matylda en s'asseyant près de Cassiopea.

- Oui, mais je t'en aurais parlé de toute façon.

- Ah bon ?

- Je ne sais pas ce que tu sais sur les Jedi…

- Oh, j'ai lu énormément de livres sur l'histoire de l'Ordre mais entre la vérité et les histoires…

- On raconte beaucoup de choses, ria Cassiopea. Mais il ne faut pas croire tout et n'importe quoi. Par exemple, est-ce-que tu sais pourquoi il n'y en a plus ?

- Alors, là j'ai peur de ne savoir que ce que l'Empire a raconté. Que les Chevaliers ont trahi la République, qu'ils voulaient prendre le contrôle de la galaxie et que l'Empire, le grand sauveur, a maté la rébellion. Et depuis, ils ont disparu.

- Il n'y a eu aucune rébellion. Les Jedi ont été massacrés.

- Quoi ?!, hurla Matylda.

- Palpatine voulait gouverner seul, alors il a monté la République et les Séparatistes les uns contre les autres. Ils voulait que les deux camps s'entre-tuent et il tirait les ficelles dans l'ombre. D'un côté, en tant que Chancelier Suprême, il commandait aux armées de la République et de l'autre côté, en tant que Darth Sidious, il dirigeait toutes les actions des Séparatistes.

- Alors… il n'y a jamais vraiment eu de guerre ?

- Pas dans le sens où on l'entend, non. Les deux camps auraient très bien pu trouver un terrain d'entente mais alors il n'aurait jamais eu les pleins pouvoirs qu'il a maintenant. Il serait redevenu simple Chancelier et il aurait perdu tous ses avantages.

- Tous ces gens sont morts pour rien. Ou alors pour servir les ambitions d'un fou furieux, ce qui équivaut à dire pour rien. Et les Jedi dans tout ça ?

- On a fait la guerre. La Guerre des Clones. On s'est battus pour sauver une République qu'on avait déjà perdue sans le savoir et, quand le Conseil des Jedi a commencé à comprendre que quelque chose clochait, Palpatine a crié à la rébellion et a fait massacrer les chevaliers.

- Mais, comment ?

- L'Ordre 66. Il faut que tu saches que ce que je te racontes là est sûrement le secret le mieux gardé de la galaxie. Personne ne sait ce qu'il s'est réellement passé ce jour là et ceux qui le savait ne sont plus là pour le raconté.

- Mais, et toi ?

- J'y viens. Les troopers impériaux ont été crées sur Kamino dans l'objectif de venir renforcer les armées républicaines et ils combattaient sous les ordres des Jedi. On les appelait des clones.

- Ah ! D'où la Guerre des Clones !

- Exactement. Ils nous ont aidés à combattre et à éliminer les armées séparatistes. Certains sont même devenus nos amis.

- Tu as fait la guerre…

- Oui. Seulement, les clones ont été programmés lors de leur création et devine qui a ordonné leur mise en service.

- L'Empereur.

- Évidemment. Il leur a mis quelque chose dans la tête, une sorte de puce qui contenait un programme, un ordre si tu préfères. C'est Palpatine qui détenait la commande d'activation de cet ordre et, quand les Jedi sont devenus trop gênants, il l'a lancé. L'Ordre 66.

- Qui faisait quoi ?

- Les clones sont rentrés en transe. Une fois l'ordre activé, ils ont retourné leurs armes contre les Jedi et ils les ont abattus.

- Oh mon dieu, Matylda était horrifiée.

- Où qu'ils soient dans la galaxie, les chevaliers se sont fait assassiner par leurs propres hommes. Et pendant que ceux qui étaient en mission mourraient, une armée entière de clones a marché sur le Temple. Ils sont entrés et ils ont massacré tout ceux qui s'y trouvaient. Y compris les Novices et les tout jeunes Padawans.

- Des enfants, quel horreur.

- Bien sûr les clones n'avaient absolument pas conscience de ce qu'ils faisaient, ce sont des victimes eux aussi.

- Et… ils sont tous morts ?

- Pas tous, ceux qui étaient en mission solo, et qui n'avaient donc pas d'escorte, ont survécu et c'est pour ça que l'Empire nouvellement consacré à lancé la purge.

- La…purge ?

- Il y a une unité spéciale de l'armée impériale chargée de traquer les derniers survivants et de les éliminer jusqu'au dernier.

- Tu es recherchée alors.

- En fait, Cassiopea sembla hésiter. Mon cas est un peu particulier. J'étais encore Padawan quand la Guerre des Clones a éclaté, j'avais dix-sept ans. Mais j'ai combattu, avec mon Maître on est passé de planètes en planètes et on a vu des centaines et des centaines d'hommes mourir autant au sein de nos rangs que dans les rangs ennemis. Parfois sous nos propres coups. Et puis, certaines choses se sont passées, des choses que je n'ai pas appréciées, et je suis partie.

- Partie ?

- J'ai quitté l'Ordre, le jour de mon ordination. J'avais réussi tous les tests avec brio et la cérémonie m'auraient sacrée chevalier Jedi. J'avais dix-neuf ans.

- Alors… tu n'étais plus là le jour de l'Ordre 66. Mais, pourquoi ?

- Ça, c'est une histoire que je ne suis pas encore prête à te raconter. Disons seulement que j'ai toujours eu un sérieux problème avec l'autorité et avec le Code des Jedi.

- Bizarrement, ça ne me surprend pas.

- Matylda, encore une fois Cassiopea ne semblait pas sûre d'elle. Qu'est-ce-que tu sais sur les pouvoirs des Jedi ?

- Sur la Force, tu veux dire ? Pas grand chose, seulement que c'est un don que seuls certains élus possèdent.

- Tout le monde possède le don de la Force mais rares sont ceux qui peuvent l'utiliser. La Force est partout autour de nous et on ne sait pas vraiment comment elle fonctionne. Mais on sait pour les midi-chloriens.

- Les quoi ?

- Les midi-chloriens. Ce sont des sortes de particules qu'on peut retrouver dans toutes les formes de vie et ces particules sont en quelques sortes en communion avec la Force. En gros, une certaine quantité de midi-chloriens à l'intérieur d'un être vivant peut le rendre sensible à la Force. On a tous une partie de la Force en nous, mais seuls ceux qui naissent avec une concentration suffisante de midi-chloriens peuvent la maîtriser.

- Les Jedi.

- Pas seulement. Les Jedi ont une quantité colossale de midi-chloriens en eux mais il y a différents degrés de maîtrise de la Force. Ivan par exemple, il n'est pas un Jedi mais il a une connexion toute particulière à la Force parce que ses midi-chloriens sont assez élevés.

- Mais alors, comment on différencie ces gens des Jedi ?

- La signature. Les Jedi, ou plutôt ceux qui ont le potentiel pour le devenir, dégagent, en plus de la quantité faramineuse de midi-chloriens qu'ils ont dans le sang, une sorte de signalement. Un peu comme si tu avais une aura lumineuse autour de toi et cette aura est unique, tu n'en trouveras pas deux identiques. C'est comme ça que les chevaliers trouvaient les enfants sensibles à la Force.

- Ça fait beaucoup d'informations.

- Je sais, désolée. Mais c'est très important, sinon tu ne comprendra pas ce que je vais te dire.

- Comment ça ?

- Tu sais pourquoi on a atterri sur Nubia ?

- Vous vouliez vous ravitailler ?

- Oui, mais on aurait pu le faire ailleurs, sur une planète moins fréquentée. J'ai choisi Nubia.

- Pourquoi ?, Matylda semblait soudainement inquiète.

- Parce que j'ai senti la présence d'une signature de Force, une signature que je n'avais encore jamais rencontrée auparavant.

- Tu… tu n'es quand même pas entrain de parler de moi, là ?

- Si. Si, c'est exactement ce que je fais.

- Mais, qu'est-ce-que ça veut dire ?

- Ça veut dire que tu es sensible à la Force, Matylda. Comme moi, et comme tous les autres Jedi. »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 12 Fév 2018 - 17:57   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Sélène


~ Noyau de la galaxie, Corulag

Curamelle, capitale, demeure du Général Vénusii-Arcadia ~

« Cette transaction est primordiale pour le bon développement de notre programme militaire, mon Général. L'académie aussi doit s'adapter aux nouvelles technologies et aux nouveaux armements dont s'est doté l'Empire récemment et pour cela, il nous faut précipiter la transaction des matières premières avec Balmorra ».

Concentré sur les holocrans disposés dans son bureau, le Général Hector Vénusii-Arcadia écoutait son colonel avec attention. Ces derniers mois avaient été plutôt intenses question activités militaires et de nombreuses améliorations avaient vu le jour dans l'armement impérial. Corulag disposait de la plus grande académie militaire impériale de toute la galaxie et il était donc primordial d'être au point au niveau des équipements afin de permettre une formation optimale des nouveaux soldats.

Hector Vénusii-Arcadia avait toujours été militaire. Tout jeune, il avait fait ses classes et était entré dans l'armée de la République. En grandissant et en gravissant les échelons, il était devenu ambitieux, trop ambitieux pour les anciens sages républicains. Alors quand la guerre avec les Séparatistes avait éclaté, il avait choisi son camp. Corulag était alliée du Chancelier Palpatine depuis son arrivée au Sénat et le Général, alors simple Lieutenant-Colonel, faisait partie des rares privilégiés à avoir eu très tôt connaissance de ses plans de création de l'Empire Galactique. Hector avait alors manoeuvré, tandis que Corulag devenait l'alliée des Séparatistes, faisant de son mieux pour aider le futur Empereur à accomplir ses desseins. Son aide ainsi que celle de la planète toute entière ayant été très appréciée, l'Empereur avait fait de Corulag la deuxième planète de la galaxie juste derrière Coruscant, y avait placé son académie militaire et en avait donné le commandement au nouvellement promu Général Vénusii-Arcadia. Quatre ans après l'avènement de l'Empire, les Vénusii-Arcadia étaient devenus la famille la plus influente de toute la galaxie.

Gloire et pouvoir ne faisant pas tout, il arrivait encore que le Général se retrouve face à de sérieuses problématiques comme celle que venait de lui exposer son second. Balmorra était le plus gros centre de production de droïdes et de véhicules de guerre de la galaxie et l'académie attendait une livraison très importante en provenance de ce centre depuis près d'un mois. Livraison qui commençait à prendre un retard très handicapant, la dernière promotion de l'académie n'allait pas tarder à être diplômée et le Général ne pouvait pas concevoir de laisser ces nouvelles recrues rejoindre les rangs de l'armée sans avoir correctement achevé leur formation. Ce retard était dû à un vote du Sénat qui se faisait attendre et une transaction aussi importante ne pouvant pas être organisée sans l'accord à la majorité absolue des Sénateurs, le Général était bloqué. Les derniers mois avaient été durs pour les soldats impériaux, les milices rebelles devenaient de plus en plus entreprenantes et causaient de nombreux dégâts. Le Sénat avait donc été très occupé et avait relégué sa demande au second plan. Seulement, s'ils ne se dépêchaient pas, leurs nouveaux soldats allaient sortir de l'école avec de sérieuses lacunes ce qui n'allait clairement pas arranger les affaires impériales mais faire le lot de celles des rebelles et surtout des Sentinels qui commençaient à être vraiment gênants.

« Dites-moi, reprit le Général après un long moment de réflexion. Quand aura lieu la prochaine session plénière du Sénat ?

- Dans une semaine, mon Général. Normalement, ils devraient enfin se prononcer sur notre affaire et donc débloquer notre situation.

- Normalement, oui. Mais je dois m'assurer que la décision se prenne vraiment cette fois, on ne peut plus assumer ce retard. Je vais me rendre sur Coruscant, il faut que j'en discute avec Sélène.

- La Sénatrice pourrait effectivement s'assurer de la bonne exécution du vote, quand partez-vous ?

- Dès ce soir, le plus tôt cette affaire sera réglée et le plus vite on pourra terminer la formation de nos hommes. Je vais faire affréter mon vaisseau, Colonel, je vous confie l'académie pendant mon absence.

- À vos ordres mon Général. »

Sélène Vénusii-Arcadia était frustrée. Cela faisait plusieurs sessions déjà que le Sénat aurait du s'occuper de la livraison de marchandises en provenance de Balmorra vers l'académie de Corulag mais ses confrères ne semblaient pas pressés de procéder au vote. Tous étaient beaucoup trop préoccupés par la perte de l'un des plus gros Croiseur de la flotte impériale, l'un des seuls à être armé d'un redoutable canon à ion. Ce dernier était parti en mission dans la nébuleuse de Coalsack et devait s'occuper de débarrasser l'Empire de quelques nuisibles. Malheureusement, il avait croisé la route des Sentinels et avait fini annihilé, broyé sous l'effondrement de la nébuleuse. La perte du bâtiment et de tous les hommes et équipements qu'il transportait mettait un nouveau coup à l'armée impériale et toutes les actions du Sénat étaient désormais centrées sur la réparation de ce préjudice.

Sélène n'aimait pas les Sentinels, ou plutôt elle ne les comprenait pas. L'Empire avait rendu à la galaxie la grandeur et la stabilité dont la République l'avait privée et la jeune femme ne concevait pas que certaines personnes puissent vouloir se rebeller contre ça.

Quand Sélène était née sur Corulag, vingt-cinq ans auparavant, la République était au sommet de sa gloire. Personne encore ne se plaignait de rien, la paix régnait. Son père étant militaire, la jeune femme s'était vue très tôt initiée aux arts de la guerre et de la politique, ses parents nourrissant de grandes ambitions à son égard. En tant qu'héritière de la grande famille des Vénusii-Arcadia, un brillant avenir lui était réservé. Elle n'avait que dix-sept ans, et commençait à peine sa formation universitaire, quand la Guerre des Clones éclata. Toute sa vie, Sélène avait entendu son père et ses amis parler des défauts de la République et surtout de leur désapprobation faces aux pouvoirs que détenait l'Ordre Jedi alors elle comprit pourquoi Corulag ne tarda pas à s'allier aux Séparatistes. Cette République en apparence parfaite n'était en réalité qu'un tissu de mensonges, le Sénat servant de couverture tandis que ces Chevaliers Jedi gouvernaient en réalité la galaxie. L'Empereur avait eu raison de mater leur rébellion, il fallait quelqu'un de puissant et d'intelligent pour remettre la galaxie dans le droit chemin et la débarrasser définitivement des traîtres voulant la contrôler. Elle n'avait aucune idée de ce qui était arrivé aux Jedi mais, dans tous les cas, ils ne pourraient plus tenter de prendre le contrôle à présent.

La guerre dura longtemps et les Vénusii-Arcadia apportèrent un soutien sans faille aux armées Séparatistes puis au jeune Empire tout juste crée. Son père s'en sorti avec les honneurs et la position la plus en vue de toute la galaxie et Sélène quitta son université corulagienne pour achever sa formation dans la meilleure école de Coruscant. Là-bas, elle apprit tous les rouages du nouvel Empire et devint une experte en politique extérieure. À sa sortie de l'école, pour la récompenser de son excellent parcours et sans doute aussi pour remercier son père, l'Empereur offrit à la jeune femme le poste de Sénatrice de Corulag. À vingt-deux ans, elle était alors la plus jeune de l'assemblée et elle en tirait une immense fierté.

Trois années plus tard, sa position au Sénat était assurée. Alors qu'au départ ses collègues la considéraient comme une fille à papa n'ayant aucun mérite, ils avaient tous appris à la connaître et à apprécier ses qualités de négociatrice et de politicienne. Elle avait acquis une influence certaine. Influence dont elle comptait bien user. Quelques heures auparavant, la jeune femme avait reçu une comm de son père. Ce dernier venait de quitter Corulag et comptait venir plaider sa cause au Sénat lors de la prochaine session plénière et il comptait sur sa fille pour l'aider à préparer le terrain. Sélène avait donc décidé de rendre une petite visite surprise au Sénateur Fenlon, le directeur des débats. Elle contait le convaincre de mettre le sujet de la transaction de matériel au programme de la prochaine session ce qui lui permettrait de défendre les intérêts de sa planète et même d'amener son père à faire une déclaration au sein même du Sénat. Le Général Vénusii-Arcadia était un homme éminemment respecté et Sélène ne doutait pas de l'impact de sa présence sur le résultat du vote.

Le Sénateur Fenlon faisait partie du cercle très privé des conseillers de l'Empereur et il était de ce fait difficile d'obtenir une audience avec lui. De plus, aux vues de la situation actuelle, Sélène savait qu'elle n'avait aucune chance de le rencontrer avant la session si elle s'y prenait de façon traditionnelle. La jeune femme avait donc décidé d'aller imposer sa présence au vieux Sénateur.

« Maîtresse Sélène ?, un droïde protocolaire venait d'entrer dans le bureau de la jeune Sénatrice. Vous allez quelque part ?

- Ah, C4, je vais rendre visite au Sénateur Fenlon. Je dois lui parler de quelque chose d'important.

- Mais, Maîtresse, il n'est pas correct de vous imposer de la sorte sans le consulter au préalable.

- Je sais C4, mais c'est un cas d'extrême urgence et je dois le voir avant la prochaine session. Tu voulais quelque chose avant que je parte ?

- Oui Maîtresse, la délégation d'Agamar est arrivée et vous devez vous entretenir avec eux le plus rapidement possible.

- Déjà ? On ne les attendait pas avant la semaine prochaine.

- C'est que, Maîtresse, ils sont pressés d'obtenir leur dû.

- Je n'arrive encore pas à comprendre pourquoi on accepte de s'allier avec ces gens. Après tout, ils organisaient des actions de résistance contre nous il y a encore tout juste six mois.

- Ils sont revenus à la raison. Et puis, les avantages promis par notre vénéré Empereur en échange de leur allégeance ne sont pas des moindres.

- Tout de même. Ils étaient en affaires avec les Sentinels.

- C'est de l'histoire ancienne Maîtresse.

- Dis à la délégation que je la recevrais dans la soirée. Et j'en profiterais pour tenter de leur soutirer des informations au sujet des Sentinels. Qui sait, peut être qu'en leur proposant encore plus de ces « avantages », ils accepteront de parler.

- Entendu, Maîtresse. Je vais les faire patienter mais, soyez correcte avec le Sénateur Fenlon. Il n'aime pas qu'on lui manque de respect.

- Je suis bien élevée, C4. Ne t'en fais pas. »

Après avoir passé ses plus belles robes de gala, Sélène embarqua dans son speeder personnel en direction du bureau de Fenlon. Le vieil homme avait installé ses quartiers dans l'une des plus hautes tours de Coruscant à proximité du Palais Impérial et du Sénat. Il y recevait toutes sortes de visiteurs et, si la plupart étaient des officiels, la jeune femme n'ignorait pas que des affaires bien plus sombres se concluaient aussi dans le secret de cette tour. Le directeur des débats était un proche de l'Empereur et ce depuis bien des décennies, certains disaient même qu'ils avaient grandi et étudié ensemble sur Naboo. Que les rumeurs soient vraies ou fausses avait peu d'importance pour Sélène, tout ce qu'elle avait besoin de savoir était que Fenlon était probablement le plus proche conseiller de l'Empereur et qu'il ne fallait pas le sous-estimer. La jeune Sénatrice allait devoir abattre subtilement ses cartes si elle souhaitait obtenir satisfaction.

Au moment d'aborder à l'embarcadère de la tour, Sélène remarqua qu'un autre vaisseau était déjà stationné. Fenlon avait donc de la visite.

« Halte là, l'arrêta un droïde de combat qui gardait l'entrée. Déclinez votre identité et vos motivations je vous prie.

- Bonjour, je suis la Sénatrice Vénusii-Arcadia. Je souhaiterais m'entretenir avec Lord Fenlon et…

- Rendez-vous. Il vous faut un rendez-vous. Mon système ne vous localise pas sur le planning. Vous devez repartir.

- C'est que, il s'agit d'une affaire très délicate et le Sénateur m'a fait venir dans le plus grand secret c'est donc normal qu'aucun rendez-vous officiel n'ait été pris.

- Rendez-vous. Il vous faut un…

- J'ai bien compris, le coupa Sélène irritée. Vous ne trouverez aucun rendez-vous à mon nom mais, si vous ne me laissez pas rentrer, Lord Fenlon sera très mécontent à votre égard. Il m'attend impatiemment voyez-vous.

- Rendez-vous… mécontent… erreur… ouverture… »

Profitant du bug système dont souffrait visiblement le droïde qui l'avait conduit à déverrouiller la porte qu'il gardait, Sélène se glissa dans la tour. Elle était déjà venue. Lorsque sa place au Sénat lui avait été officiellement attribuée, le Sénateur Fenlon avait souhaité la recevoir sous prétexte de lui souhaiter la bienvenue. En réalité, ce dernier l'avait soumise à un interrogatoire plutôt musclé et était même allé jusqu'à la menacer. Le fait était que Fenlon et son père ne s'entendaient pas du tout. Le vieux Sénateur considérait le Général comme un opportuniste qui avait su manier les bons pions pour en arriver là où il en était aujourd'hui. Forcément, Sélène n'était à ses yeux qu'un autre des fameux pions de son père et Fenlon lui avait bien fait comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue au Sénat, ou ailleurs sur Coruscant. Seulement, le temps avait passé et la jeune femme s'était depuis fait des alliés dans la capitale. Fenlon ne lui faisait plus peur.

Alors pourquoi est-ce-que je rase les murs, se demanda la jeune femme. Parce qu'elle avait beau se sentir confiante, elle savait très bien que si les hommes de Fenlon la trouvaient entrain de roder, ils la mettraient dehors sans aucune hésitation. Pour éviter toute rencontre embarrassante, la jeune femme arpentait donc des couloirs qu'elle n'avait encore jamais exploré. Lors de sa précédente visite, elle avait été directement conduite au bureau du maître des lieux sans passer par le reste de ses quartiers alors cette fois elle avait bien l'intention de fouiner un peu. Si elle parvenait à trouver quoi que ce soit qui lui permettrait d'avoir un avantage sur Fenlon lors des négociations qu'elle allait devoir mener avec lui, elle pourrait plus facilement le faire céder.

La vie du Sénateur n'avait pas l'air d'être bien palpitante. Sélène avait déjà exploré plusieurs couloirs et elle n'avait encore rien rencontré qui aurait pu avoir un quelconque intérêt. Soupirant, la jeune femme se résolut à se diriger vers le bureau de Fenlon en espérant que son visiteur précédent aurait déjà quitté les lieux et que l'effet de surprise jouerait en sa faveur. Fenlon pouvait tout aussi bien la faire escorter de force hors de sa tour. Le bureau du Sénateur se situait au sommet de la tour et, quand Sélène arriva devant la porte, elle fut surprise de le trouver vide. Tout l'étage semblait vide en réalité. Durant son exploration, la Sénatrice avait vu passer plusieurs serviteurs et droïdes de surveillance et, s'il y avait bien une pièce qui méritait d'être activement surveillée, c'était le bureau du maître des lieux. Nul doute que ce bureau renfermait bon nombre de secrets. Prudemment, la jeune femme entra dans la pièce prenant bien le soin de refermer la porte derrière elle. Alors qu'elle faisait le tour du bureau, inspectant quelques tiroirs au passage, elle entendit soudain des éclats de voix parmi lesquels elle reconnut celle de Fenlon. Se redressant brusquement, elle s'attendait à voir le Sénateur faire irruption dans son bureau et elle était certaine qu'il n'apprécierait pas de la trouver là. Pourtant, les minutes s'écoulèrent et, si les voix lui parvenaient toujours, Sélène ne vit personne arriver. Se détendant un peu, elle ouvrit précautionneusement la porte du bureau et jeta un coup d'oeil rapide dans le couloir. Personne. Je ne suis pourtant pas folle, s'étonna la jeune femme. D'où viennent ces voix ?

« Que dites-vous là ?! »

Sélène sursauta violemment, encore la voix du Sénateur Fenlon. Cette fois plus de doute. Une discussion animée avait lieu tout près de là où elle se trouvait, ne lui restait plus qu'à localiser les protagonistes. Suivant les éclats de voix, Sélène trouva rapidement une porte dérobée qu'elle s'empressa de franchir. Cette dernière menait à une sorte d'antichambre directement attenante au bureau de Fenlon. Dans cette pièce se trouvaient le Sénateur et un autre homme qu'elle n'avait encore jamais vu auparavant. Probablement le propriétaire du vaisseau stationné à l'embarcadère. Ce dernier portait un uniforme, elle en déduit donc qu'il était militaire mais, étant la fille d'un Général, Sélène s'y connaissait en insignes officielles et elle pouvait affirmer qu'elle n'avait jamais rencontré personne portant les blasons qu'arborait cet inconnu. Même son uniforme était étrange. Entièrement noir à l'exception des insignes rouges sur ses épaules. Sûrement le représentant d'un corps d'élite impérial, se dit la jeune femme. Se faisant toute petite, Sélène se glissa dans un coin de la pièce et tendit l'oreille.

« Cette affaire a déjà trop trainé Amiral Stanford, le Sénateur Fenlon faisait les cent pas. Il nous faut agir au plus vite si nous ne voulons pas risquer la colère de l'Empereur.

- J'en suis bien conscient, Sénateur. Néanmoins, les données dont nous disposons pour le moment ne nous permettent pas d'aller plus vite. Il nous faut d'abord enquêter avant de pouvoir agir, l'Amiral semblait bien plus posé que le Sénateur.

- Et quelles sont ces données dont nous disposons ? Ont-elles au moins le moindre intérêt ?

- Bien évidemment, Sénateur. Elles nous en permis de lancer toute l'opération. Tout d'abord, il nous faut retrouver les Archives…

- Je vous arrête tout de suite. Je croyais que nous cherchions un matériaux suffisamment puissant pour contenir l'énergie du réacteur.

- En effet, mais sans les Archives nous n'en trouverons jamais assez pour accomplir notre œuvre. Il nous faut donc d'abord les localiser, ce que l'Empereur n'est pas sans ignorer.

- Et où sont-elles ces Archives ? Je suppose que vous en avez au moins une idée !

- Malheureusement non et c'est bien là toute la difficulté de cette opération. Il se trouve qu'elles étaient ici, sur Coruscant, avant l'avènement de l'Empire. Mais elles ont été déplacées.

- Maudits Jedi. Je suppose que c'est encore l'une de leurs œuvres.

- En effet, notre vénéré Empereur a pu en obtenir la preuve irréfutable. Une video dans les fichiers de l'Ordre. C'est le Jedi Mace Windu, très respecté à l'époque qui s'est chargé de remplir cette mission. Je suppose qu'ils voulaient protéger leurs secrets à la veille de leur chute. Quoi qu'il en soit, ils ont couvert leurs traces et nous n'avons ici aucun moyen d'en savoir plus.

- Bon, bon, bougonna le Sénateur. Je suppose que nous allons donc devoir prendre notre mal en patience et ralentir la réalisation de notre Grand Oeuvre.

- L'Empereur est confiant, opina l'Amiral. Il estime que nous sommes déjà suffisamment avancés et que nous pouvons nous permettre de prendre notre temps pour réaliser cette enquête. Rien ne sert de nous précipiter, nous avons encore d'autres soucis à régler avant de pouvoir achever notre grand projet.

- Tout de même, nous n'avançons pas !

- Au contraire, Sénateur. Je viens de recevoir un compte-rendu de notre agent sur le terrain, il a décidé d'une marche à suivre qui pourrait bien être concluante.

- Et bien, dites m'en plus !

- Le Seigneur Hell a eu accès aux fichiers holographiques de l'Ordre qui avaient été archivés par le Sénat avant sa dissolution et, apparement, il y a trouvé des informations qui le conduisent à penser qu'il nous faut chercher dans l'histoire des Jedi.

- L'histoire ? Qu'est-ce-que cela signifie ?

- Les Archives de l'Ordre Jedi sont aussi vieilles que lui et tous les plus grands secrets des chevaliers y ont été stockés depuis la nuit des temps. Le Seigneur Hell pense donc que les Jedi auraient pu vouloir les dissimuler dans un lieu lié à leur histoire. Peut-être même quelque part où elles auraient déjà été localisées par le passé.

- C'est assez sensé effectivement.

- Il va donc creuser cette piste. Bien entendu, il n'est sûr de rien mais il nous tiendra au courant dès qu'il aura plus d'informations.

- Vous avez l'air un peu soucieux Amiral. Je ne connais pas vraiment le Seigneur Hell mais je sais qu'il a toute la confiance de l'Empereur. Et puis, les gens… de son espèce, sont supposés être fiables.

- Oh, il est très fiable. Seulement, je l'ai trouvé un peu étrange. Il avait l'air plutôt préoccupé.

- C'est une mission d'importance, je suppose que c'est tout naturel. Enfin, nous attendons tous ses résultats avec grande impatience, il en va de nos projets.

- Bien entendu Sénateur, je vous tiendrai au courant de toutes les évolutions de la mission. »

La discussion semblait close. Alors que les deux hommes échangeaient une dernière poignée de main, Sélène se glissa discrètement hors de la pièce. Elle ne pouvait pas rester là. Si le Sénateur la trouvait dans son bureau en quittant l'antichambre, il saurait qu'elle avait assisté à toute la conversation qu'il venait d'avoir avec cet Amiral et il était assez évident qu'il s'agissait d'un entretien très secret. Renonçant à s'entretenir avec Fenlon, la jeune femme remonta rapidement le couloir et s'empressa de disparaître avant de se faire surprendre.

Le droïde qui gardait l'entrée de l'embarcadère sembla très surpris de la voir ressortir. Sans demander son reste, la Sénatrice remonta dans son speeder et quitta la tour du Sénateur Fenlon, des interrogations plein la tête.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 19 Fév 2018 - 17:41   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« Et vous maniez des sabres laser tout petits alors ? »

Cassiopea et Matylda étaient assises dans les quartiers de l'équipage du Phoenix. Depuis que Cassiopea lui avait parlé des Jedi et de leur histoire, Matylda voulait tout savoir et apprendre qu'elle possédait peut-être elle aussi des dons l'avait rendue encore plus curieuse.

« Non, répondit Cassiopea en riant. On commence à apprendre les techniques de combat vers nos dix ans et on utilise des sabres d'entrainement qui ne peuvent pas nous blesser. C'est seulement quand on devient Padawan qu'on combat avec de vrais sabres laser.

- Padawan ?

- Oui, quand on arrive au Temple on nous appelle les Novices. Pendant plusieurs années, tous les Novices reçoivent un enseignement plutôt théorique dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin à la Force et au rôle qu'ils devront assumer plus tard en tant que Jedi. Ensuite on grandit, on apprend le maniement des armes et de la Force de façon concrète et quand le Conseil nous estime près, on devient Padawan. Concrètement, chaque étudiant est assigné à un seul Maître Jedi qui va compléter et achever sa formation. C'est là qu'on obtient notre sabre laser et qu'on part pour la première fois en mission, entre autres choses.

- Waouh… et là vous avez quel âge ?

- Ça dépend, nous ne sommes pas tous prêts au même moment. Moi j'avais quatorze ans, ce qui peut être considéré comme jeune par certains, mais généralement tous les Novices ont aux alentours des seize ans quand ils passent Padawan.

- Tu étais précoce ?

- Plus ou moins. On va dire que j'apprends vite.

- Et moi ? Tu m'as dit que les enfants sensibles à la Force étaient repérés par les Jedi en mission et amenés au Temple. Pourquoi on ne m'a pas trouvée moi ?

- Tatooine. Ce trou est tellement perdu que personne ne va jamais là bas et on ne peut pas non plus sentir une signature depuis l'autre bout de la galaxie.

- Oh. »

Cassiopea se sentait un peu mal. Elle n'aimait pas mentir et encore moins sur un sujet aussi important que celui-ci. Si Tatooine était véritablement un trou perdu, il n'était pas vrai qu'aucun Jedi n'y était jamais allé. La jeune femme se souvenait très bien du jour où Maître Jinn était revenu de cette planète désertique accompagné d'un jeune garçon doté d'une sensibilité démesurée à la Force. Elle avait alors 8ans, tout comme Matylda. Matylda que Maître Jinn n'avait pas repérée lors de son atterrissage forcé sur Tatooine.

« Et, reprit Matylda en interrompant les pensées de Cassiopea. Je pourrais apprendre ?

- Apprendre, comment ça ?

- Je veux dire, est-ce-qu'il est trop tard pour que j'apprenne à, comment dire, utiliser la Force ? Ou quelque chose du genre ?

- Normalement, je devrais répondre oui. Du moins, presque tous les Maîtres Jedi que je connais auraient répondu oui. Selon eux, lorsqu'une personne a connu la vie hors du cadre de l'Ordre, il est trop tard pour lui inculquer les valeurs des Jedi. C'est pour ça qu'on nous amenait très jeunes à l'Ordre, pour qu'on puisse avoir une éducation « appropriée ».

- Les valeurs des Jedi ? Ça veut dire quoi ?

- C'est très compliqué à expliquer mais, en gros, les Jedi suivent un Code qui leur indique la façon dont ils doivent vivre et se comporter pour pouvoir servir au mieux le côté lumineux de la Force et, selon eux, si on ne respecte pas le Code on risque de tomber vers le côté obscur. Donc, un enfant qui aurait grandi au sein d'une famille et entouré de gens qui ne sont pas sensibles à la Force présente un énorme risque de chuter.

- Mais, pourquoi ? Je ne comprends pas en quoi la vie de famille pose problème.

- Ce n'est pas la vie de famille en tant que telle, quand on vit au Temple avec les autres Novices on est comme une grande famille. C'est plutôt la manière dont est organisée cette famille. Concrètement, l'enseignement le plus important de l'Ordre Jedi se résume à ça : résistes à la colère et ne te laisses jamais aller à la colère sous peine de sombrer dans le Côté Obscur de la Force et toute forme d'attachement, tel que le mariage, l'amour ou la famille est prohibée.

- Quoi…

- Ça ne veut pas dire que les Jedi n'ont pas le droit d'éprouver de la compassion ou d'estimer que chaque vie est précieuse mais…

- Mais c'est horrible.

- Je sais, du point de vue de quelqu'un qui a grandi et vécu une vie normale, ça peut paraître inconcevable. Mais c'est comme ça.

- Et… tu le vivais bien ?

- Au début, oui. Je n'ai jamais rien connu d'autre, j'avais tout juste 2ans quand je suis arrivée au Temple. J'ai été élevée comme ça et tous mes amis Novices aussi. Pour être honnête, on ne savait même pas qu'il existait autre chose en dehors du Temple. Et puis j'ai grandi…

- Et qu'est-ce-qui a changé ?

- Quand on est enfant, on a tendance à croire que tout ce que nous racontent les adultes est vrai et puis, en grandissant, on commence à se faire notre propre opinion. En ce qui me concerne j'ai fait des expériences et rencontré différentes personnes qui m'ont aidée à devenir la femme que je suis aujourd'hui.

- C'est pour ça que tu es partie alors, parce que la façon de vivre des Jedi ne te convenait plus ?

- Dans les grandes lignes, c'est ça.

- Je ne sais pas si j'aurais pu avoir une vie comme ça.

- Beaucoup y arrive mais ce n'est pas fait pour tout le monde. Je t'ai complètement démotivée là, non ?

- Oh non, je veux toujours apprendre. Je n'ai pas besoin de vivre complètement comme un Jedi, de toute façon je n'y arriverait pas, mais j'aimerais savoir comment utiliser la Force. Si déjà j'en ai le pouvoir.

- Si tu veux vraiment te lancer dans un enseignement Jedi, il faut que tu saches que c'est un chemin long et fastidieux. Même si tu enlèves le Code et ce qu'il contient, la Force reste un art de vivre à part entière et il faut être sûre de toi parce que tu ne pourras plus jamais revenir en arrière.

- J'ai toujours rêvé d'autre chose, de vivre une autre vie que la mienne et maintenant j'apprends que j'aurais pu être Jedi… bon, après ça veut aussi dire que j'aurais pu mourir pendant l'Ordre 66 mais si on oublie ce léger détail, c'est tout ce que j'ai toujours voulu. Et puis, maintenant que je sais que l'Empire nous ment et que j'ai vu ce qu'il fabrique vraiment, je ne pense pas que je pourrais retourner à une vie normale. Je veux vous aider, faire quelque chose pour la galaxie et pour ça il faut que je m'entraine.

- D'accord. Mais je te préviens…

- Quoi ?

- Je n'ai jamais enseigné quoi que ce soit et il est fort probable que je sois le pire professeur de la galaxie !

- Oh non !, s'esclaffa Matylda. Ça m'étonnerais, tu es super douée !

- Peut-être mais je n'ai jamais eu de Padawan, en même temps j'avais dix-neuf ans et je suis partie avant mon ordination officielle donc bon. Je ne peux rien te promettre.

- Je suis sûre que tu aurais fait un Maître Jedi exceptionnel et puis, qui sait, je pourrais très bien être la pire élève de la galaxie !

- Bon d'accord, tu as gagné. Je vais t'apprendre ce que je pense être les bases de l'éducation Jedi. Ça ne sera sûrement pas très conventionnel et j'imagine que Maître Windu ferait une crise cardiaque s'il me voyait faire mais peu importe. On ne me changera plus maintenant.

- Génial ! On commence quand ?

- Euh, peut être pas tout de suite. Je voudrais d'abord régler cette affaire de Coruscant et rentrer à la base. Après on verra mais ça dépendra de ce qu'on va trouver.

- Je viens de réaliser. Je ne sais même pas pourquoi on va vers la capitale.

- C'est vrai, on ne te l'a pas dit. Mais maintenant qu'on sait que tu vas rester avec nous pour un bon moment je suppose que je peux t'en parler. Viens avec moi. »

Cassiopea emmena Matylda dans les cales du Phoenix. D'un coffre situé dans la paroi du vaisseau, la jeune femme sortit une boîte fermée par un cadenas à double sécurité. Après avoir entré le code de déverrouillage, Cassiopea utilisa une clé qu'elle portait à son cou pour finalement ouvrir le petit coffret. À l'intérieur, Matylda observait, ébahie, une pierre lisse et blanche brillant de milles feux.

« Qu'est-ce-que c'est ?, demanda-t-elle en se penchant sur la boîte.

- C'est un cristal Kyber, lui répondit Cassiopea.

- J'ai déjà entendu ce nom quelque part.

- Si tu lisais des légendes Jedi ce n'est pas surprenant, je suppose qu'on en parle forcément.

- Ah oui !, réalisa Matylda. C'est la pierre précieuse qui fait fonctionner vos sabres laser.

- Exactement. On les trouve dans des mines dont les emplacements sont tenus secrets depuis des siècles, seulement il semblerait que l'Empire veuille mettre la main dessus.

- Mais, pourquoi ?

- Excellente question, dit Cassiopea tout en refermant le petit coffret. C'est justement ce qu'on cherche à savoir. C'est pour ça qu'on va vers Coruscant, il faut que je jette un œil dans les Archives.

- Les Archives ?

- Oui, l'Ordre tenait une grande bibliothèque accessible à tous qui a été entièrement réquisitionnée par l'Empire après la guerre. On y trouvait toutes sortes d'informations mais les plus importantes et les plus secrètes étaient mises à l'abri dans les Archives. Une sorte de bibliothèque cachée si tu veux. Seuls les Jedi connaissaient leur existence et il n'y a que les membres du Conseil qui savaient où elles se trouvaient et comment y accéder. Donc il y a de fortes chances pour qu'elles soient toujours là.

- Et tu veux aller y chercher des informations ?

- Sur le Kyber, je veux comprendre ce que manigance l'Empire et pour ça il faut d'abord comprendre qu'est-ce-qui dans les multiples pouvoirs des cristaux pourraient bien intéresser ces fous furieux.

- D'accord. Mais, tu sais où elles sont toi ?

- Officiellement non, mais j'ai une petite idée sur la question.

- Si on trouve ce qu'ils trafiquent on pourra peut être les arrêter à temps.

- C'est l'idée, oui. Une fois qu'on sera un peu plus avancés on pourra commencer ton entrainement.

- Oh je peux attendre tu sais, je ne suis plus à quelques jours près. L'important c'est d'abord de remplir cette mission. Je veux vraiment vous aider tu sais, hors de question que je reste encore une fois dans le vaisseau pendant que vous vous battez ou un autre truc cool dans le genre.

- Ça va probablement être très dangereux tu sais.

- Je viens de Tatooine. Le danger, j'ai l'habitude c'est presque mon deuxième prénom.

- On croirait entendre Sor quand je l'ai rencontré, dit Cassiopea en riant.

- Alors ?, demanda impatiemment Matylda.

- Si tu signes avec nous ce n'est pas juste pour une mission, Matylda. C'est pour un bon moment.

- Je sais et j'ai vraiment envie de signer. Et n'oublies pas que tu dois m'apprendre tous les secrets des Jedi ! Je n'irais nulle part avant de maîtriser tous les trucs dingues que je t'ai vu faire contre ce Sith !

- Ah oui, il y a lui aussi. Je me demande bien qui c'était, encore un truc qu'il va falloir que je creuse. Tu es vraiment sûre de toi ?

- Complètement !

- Dans ce cas, bienvenue chez les Sentinels. »
*****

Sa concentration était à son maximum. Les yeux clos, debout au milieu d'une pièce plongée dans le noir, Darth Hell tentait de canaliser et de recentrer la Force autour de lui. Il avait pris le soin de faire vider la pièce avant de s'y installer, ce genre d'exercice pouvant facilement entrainer des dommages collatéraux. Silencieusement et sans esquisser le moindre mouvement, le Seigneur Sith exerça une légère pression dans l'air. Alors, tout l'espace l'entourant sembla se distendre jusqu'à prendre une toute autre apparence. Quelques instants plus tard, quiconque serait passé par là n'aurait plus vu une banale pièce vide dans un Croiseur impérial mais un désert de sable blanc s'étendant à perte de vue. Inspirant à pleins poumons l'air désormais froid qui l'entourait, Hell relâcha sa concentration ainsi que la pression qu'il exerçait sur la Force, immédiatement l'illusion prit fin et, dans une déflagration qui fit presque trembler tout le vaisseau, la pièce vide reprit sa forme initiale. Les murs vibraient encore sous le choc quand le Seigneur Sith rouvrit les yeux.

Soupirant, Hell quitta la pièce pour rejoindre ses quartiers, il avait besoin d'une bonne douche. Une fois sous le jet d'eau brûlant, la tête rejetée en arrière, il s'autorisa enfin à faire le point sur la situation. Son entretien avec l'Amiral Stanford avait été plutôt stressant et il avait du faire preuve d'un self-control impressionnant pour ne pas l'étrangler à distance. Hell détestait ce type, cet arriviste qui se croyait tout permis depuis qu'il avait été promu au rang d'Amiral et que l'Empereur lui avait fait l'honneur de l'intégrer au cercle très privé de ceux qui connaissaient tous les secrets de l'Empire. Pourtant, Stanford n'avait rien de particulier, si ce n'est un ego surdimensionné et des goûts vestimentaires plus que douteux, railla Hell en coupant l'eau. Non vraiment, cet homme ne méritait pas le quart des honneurs qui lui étaient désormais dus mais cela ne l'empêchait pas de se comporter comme s'il était l'homme le plus important de l'Empire derrière l'Empereur lui même.

Franchement, se demanda Hell en séchant ses cheveux blancs, est-ce-ce que ce type sait que je pourrais le réduire en miette juste par la force de ma pensée ? Honnêtement, il en doutait et à en juger par la manière dont Stanford s'était adressé à lui quelques heures plus tôt, il devait sûrement s'imaginer que la Force n'était rien d'autre qu'un mythe. De cette conversation plutôt désagréable, le jeune Sith pouvait tout de même retenir l'état d'esprit général qui semblait régner dans les hauts cercles de l'Empire. Apparement, sa mission n'allait pas assez vite et les résultats se faisaient attendre. Dis plutôt que tu veux aller pavaner devant l'Empereur avec mes infos, lèche-bottes. Pourtant, ils avaient bien avancé et ils se dirigeaient en ce moment même sur les traces d'une piste qui lui semblait assez fiable. Ossus était la première planète à avoir abrité l'Ordre Jedi alors que celui-ci venait tout juste d'être fondé. Ils y avaient bâti leur premier Temple et créé la première bibliothèque. Nul doute que les Archives existaient déjà à cette époque et Hell espérait bien trouver quelque chose qui pourrait les intéresser sur cette planète. C'est donc dans cette direction que le vaisseau se dirigeait. Il n'empêche que le Seigneur Sith était préoccupé, si l'Empereur venait véritablement à s'impatienter il courrait le risque de se voir désaisir de la mission et de se retrouver stationné de force sur Coruscant pour une durée indéterminée ce qui l'empêcherait de partir à la poursuite des Sentinels.

Pratiquer la méditation active avait toujours aidé le Seigneur Sith à se recentrer sur ses priorités et les déserts blancs de Korriban étaient son lieu de prédilection. Il était très jeune quand il avait quitté sa planète natale et il en avait peu de souvenirs mais ces paysages faisaient partie des rares images qu'il avait gardé en mémoire. Réussir à modifier un environnement complet pour le faire coïncider avec une image visuelle demandait une maîtrise parfaite de la Force et un contrôle surhumain. À tout moment, le paysage mental risquait de s'imprimer de façon permanente dans la réalité. Son petit passage sur Korriban lui avait été bénéfique et il se sentait apaisé et beaucoup plus à même de réfléchir sur la situation.

Sauf que maintenant je suis crevé, souffla le jeune homme en se laissant tomber sur son lit. Il allait faire ce qu'on attendait de lui. Avec un peu de chance, il trouverait de quoi calmer les ardeurs des dignitaires impériaux et il leur donnerait à réfléchir suffisamment longtemps pour qu'il puisse partir à la recherche des Sentinels sans trop attirer l'attention. Il n'avait aucune idée de la direction qu'avait pris le vaisseau des rebelles et il n'arrivait plus à capter la signature de Cassiopea depuis un moment. Ils devaient être loin maintenant. Soupirant, Hell ramassa sa tablette holographique et ouvrit le dossier qu'il avait déjà parcouru des dizaines de fois au cours de dernières heures. Sans succès. Cassiopea El-Solar restait un véritable mystère. Il n'était sûr que d'une chose, il allait la retrouver et il résoudrait le mystère qu'elle représentait avant d'en finir avec elle. Il se débarrasserait à la fois de cette obsession qui commençait à le gagner et de la menace qu'elle représentait.

Maudit Jedi. Hell sourit, la chasse promettait d'être haletante.
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Messagepar Notsil » Jeu 22 Fév 2018 - 22:02   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Je n'étais pas repassée depuis un moment par manque de temps, mais cette histoire continue d'être bien chouette :)

J'ai de suite pensé à Cassiopea lors des visions de Mathylda, du coup j'ai pensé qu'elle allait y rester contre ce petit Sith ^^ Mais a priori, ce sera peut-être pour une confrontation plus lointaine :)

En tout cas on a pas mal de trucs qui se mettent en place, ça augure du bon !
Modifié en dernier par Notsil le Mer 07 Mar 2018 - 22:38, modifié 1 fois.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 26 Fév 2018 - 17:58   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Sélène était assise à son bureau. Elle était supposée rédiger le discours qu'elle tiendrait le soir même pendant la session plénière du Sénat mais elle ne parvenait pas à se concentrer. Son père devait arriver dans l'après-midi et il allait sans doute lui demander comment s'était déroulé son entretien avec Fenlon. Il voudrait savoir quelles étaient ses chances de faire passer la motion sans encombre. Le problème était que la jeune femme n'était pas retournée voir le vieux Sénateur. Depuis sa mésaventure quelques jours auparavant et la discussion qu'elle avait surprise, elle ne cessait de ruminer les propos qu'elle avaient entendus. Visiblement, il se passait quelque chose d'important. Quelque chose dont elle n'avait pas connaissance et, si Fenlon estimait nécessaire de se cacher dans une antichambre pour en parler, elle doutait fort que l'affaire en question soit de notoriété publique. Cette histoire la tracassait et elle savait que, si elle venait à se retrouver seule devant Fenlon, elle ne pourrait pas lui cacher ses interrogations. Elle n'avait donc pas fait de deuxième tentative pour le confronter à propos de l'affaire de son père. Elle trouverait bien une histoire à lui raconter et puis elle était sûre que sa seule présence lors de la séance du soir suffirait à convaincre les sénateurs de voter enfin cette maudite motion.

Comprenant qu'elle n'arriverait jamais à écrire la moindre phrase, Sélène quitta son bureau et alla se pencher sur son balcon. La vue y était à couper le souffle. Corulag était une belle planète mais Coruscant dégageait quelque chose que la jeune femme n'avait vu nulle part ailleurs. La cité ne dormait jamais, et les immeubles montaient si haut qu'on ne parvenait parfois même plus à voir le ciel. Ici, elle pouvait réfléchir. Depuis sa mésaventure chez Fenlon, elle avait fait des recherches. Il s'avérait que l'Amiral qui lui avait rendu visite était un nouveau venu dans la flotte impérial. Il s'appelait Stanford, il était issu d'une famille modeste qui n'avait aucun lien avec l'univers militaire et il n'avait jamais fait aucune étude pour en faire partie. Sélène n'avait jamais entendu parler de cet homme auparavant et elle se demandait comment il avait fait pour arriver là où il en était aujourd'hui. Peut-être que son père pourrait la renseigner.

« Maîtresse Sélène ?

- Qu'est-ce-qu'il y a C4 ?, demanda la jeune femme en se tournant vers son droïde.

- Votre père est arrivé Maîtresse. Il vous attend dans le salon.

- Très bien, dis-lui que j'arrive. »

Le Général Vénusii-Arcadia faisait les cent pas dans le salon de sa fille. Comme il s'y attendait, à peine avait-il quitté Corulag et l'Académie que les ennuis avaient commencé. Frustré, il savait qu'il allait devoir repartir au plus vite et il espérait vraiment résoudre rapidement cette affaire de livraison.

« Père, l'interpella Sélène en entrant dans la pièce. Vous avez fait bon voyage ?

- Ah, bonjour ma fille. Je me serais vraiment passé de ce voyage, d'autant plus que nous avons eu quelques problèmes à l'Académie pendant mon absence.

- Rien de grave j'espère.

- Rien qui ne puisse être résolu par mes soins mais pour cela je dois repartir au plus vite. Je n'attendrais sans doute pas demain, je pense me remettre en route dès la fin de la session de ce soir. J'espère que le résultat sera concluant.

- Je n'en doute pas, votre présence sera décisive et j'ai préparé un discours qui achèvera de convaincre les plus réticents. La formation de nouvelles générations de soldats doit pouvoir s'effectuer dans les meilleures circonstances possibles et tout le monde sait que nous avons besoin de personnes capables de manier tous les atouts de l'Empire. Je n'ai aucun doute sur l'issue de cette session, il est plus que temps de faire passer cette motion. Nous avons assez procrastiné.

- Et le Sénateur Fenlon ?

- Oh et bien, Sélène se décida pour un demi-mensonge. Vous savez comment il est, toujours impartial. Mais je suis persuadée qu'il appuiera votre demande.

- Tant mieux. Bien, je vais te laisser je dois reprendre contact avec mon Colonel pour voir ce qu'on peut faire concernant l'incident à l'Académie. Je te verrai donc ce soir au Sénat et nous devrons être convaincants. »

Une fois le Général parti, Sélène se laissa tomber dans le canapé. Il lui restait moins de trois heures avant de devoir se mettre en route pour le Sénat qui se trouvait de l'autre côté de la ville et son père avait raison, il fallait absolument être convaincant.
Bon, j'ai un discours à écrire.

*****


« On arrive Capitaine !

- Ne m'appelles pas Capitaine, Sor. Dis-moi, comment ça se présente ?

- Écoute, beaucoup mieux que ce que je m'imaginais. On vient de rentrer dans l'atmosphère de Coruscant et on ne s'est pas encore fait descendre !

- Sor !, Navo le regardait d'un air menaçant depuis son fauteuil de copilote.

- Faites comme si je n'avais rien dit ! Bon, Cass, on est pas si mal parti pour l'instant mais je ne pense pas que ça soit une bonne idée de commencer notre descente en vue d'un atterrissage maintenant. Je serais assez d'avis d'attendre la tombée de la nuit.

- Je ne sais pas, répondit Cassiopea songeuse. J'ai peur qu'on risque effectivement de se faire remarquer puis descendre si on stagne ici trop longtemps. Mais en même temps, atterrir de nuit serait aussi plus sûr.

- On pourrait se cacher en attendant, proposa Matylda. Ou partir refaire un tour en hyper-espace.

- Je ne suis pas d'accord, intervint Ivan. Je pense qu'il ne faut pas attendre et qu'on doit y aller maintenant. On a déjà perdu assez de temps comme ça et on saura bien se débrouiller pour passer inaperçus.

- Alors, lança Navo. Je viens de jeter un œil sur l'holonet impérial et je pense qu'on n'a pas besoin de discuter d'avantage. Le Sénat va se réunir en session plénière dans moins de deux heures.

- Ça, c'est bon pour nous, se réjouit Sor.

- Comment ça ?, s'enquit Matylda.

- La session plénière du Sénat n'arrive qu'une fois tous les trois mois, expliqua Cassiopea. C'est le seul moment où tous les Sénateurs doivent être présents en chair et en os, aucun holo n'est toléré. Ils discutent des affaires les plus importantes et les plus urgentes de l'Empire et ils votent officiellement les lois et les décrets qui leur sont soumis. Les débats sont dirigés par le Sénateur Fenlon et l'Empereur lui-même fait normalement une apparition à la fin de la session.

- En gros, résuma Sor'Leku. C'est la réunion des types les plus importants de la galaxie dans un seul et même endroit. Ce qui veut dire…

- Ce qui veut dire que toute la sécurité de la ville sera concentrée au Sénat, comprit Matylda.

- Exactement. Donc, je suis désolée Ivan, mais il va nous falloir patienter un peu avant de nous poser. Généralement, tout le monde est déjà réuni au Sénat une heure avant l'ouverture de la session ce qui nous laisse une heure à tuer.

- Je propose qu'on fasse un tour, dit Sor. Histoire de trouver le meilleur endroit pour atterrir. Comprendre, celui où il y aura le moins de clones en patrouille.

- Navo ?

- Oui patronne ?

- Est-ce que tu peux me trouver le spatio-port le plus éloigné du Sénat ? De préférence un privé, ce sera plus discret. Oh et vérifie les patrouilles aussi, peut être qu'ils ont déjà été délocalisés au Sénat et qu'on aura moins de temps à tuer.

- C'est comme si c'était fait. »

Finalement, la cité avait presque entièrement été désertée par ses gardes. Navo avait réussi à pirater les holo de sécurité du Sénat et avait constaté que toutes les troupes de clones stationnées en temps normal dans la capitale était à présent en poste devant l'assemblée. Nul doute que l'Empereur allait gratifier les Sénateurs de sa présence. Profitant de cette opportunité inespérée, les Sentinels n'eurent pas besoin de chercher longtemps avant de trouver un spatio-port privé situé au sommet d'une villa un peu excentrée. Après s'être assuré que personne ne se trouvait dans les parages, ils y firent atterrir le Phoenix.

« Par contre, reprit soudain Navo peu de temps après leur atterrissage. On va devoir être encore plus prudents que ce qu'on imaginait.

- Pourquoi ?, demanda Cassiopea en se penchant sur l'holocran de son amie.

- Parce que, en plus des troopers classiques, on a toute une armada de deathtroppers qui entoure le Sénat.

- Oh non, s'exclama Sor. Pas encore ceux-là !

- Des deathtroopers, demanda Matylda. Les mêmes que ceux dans le vaisseau du Sith ?

- En personne, mais ce n'est pas lui.

- T'es sûre, il pourrait très bien être là.

- Au Sénat, non, affirma Cassiopea. Non, ils sont là pour Vador. L'Empereur ne vient pas seul à ce genre d'évènement.

- Génial, maugréa Sor'Leku. La boîte de conserve…

- Sor, le réprimanda Ivan. Si Vador est là, on va vraiment devoir être discrets. S'il nous capte on est plus que mal barré.

- Darth Vador, frissonna Matylda. Je me suis toujours dit que je n'aimerais vraiment pas le rencontrer.

- Si on se débrouille bien, on ne devrait pas le croiser, la rassura Cassiopea. La session va durer plusieurs heures et grâce au talent de Navo on saura exactement quand elle finira et on pourra filer. Il faut qu'on soit efficaces, le temps presse.

- Bon, ben on va tâcher de ne pas lui tomber dessus parce que franchement, Sor réprima un frisson. Il me fait flipper l'asthmatique.

- Et vers où on se dirige ?, demanda Ivan en donnant une tape sur l'arrière du crâne de Sor.

- Vers le Temple. Il y a juste un problème, minime, mais un problème quand même.

- Cass…

- Quoi ?

- Quand tu dis "minime" généralement ça veut dire "grave craignos".

- N'importe quoi !

- Ah si si, on a pas la même notion du danger. Donc, c'est quoi le problème ?

- Le problème, répondit Cassiopea vexée, c'est que le Temple se trouve juste à côté du Sénat.

- Du Sénat ? Tu veux dire à côté du lieu où sont réunis tous les soldats de la capitale et le psychopathe en conserve ?

- Oui…

- T'as raison, c'est vraiment minime.

- Bon, tu as fini Sor ?! Ce n'est pas si dramatique que ça, il faut juste prévoir un plan d'attaque.

- Je suppose qu'il y a plusieurs entrées, suggéra Ivan en s'intéressant aux plans que Navo venait de trouver. On devrait pouvoir passer par derrière et donc éviter les patrouilles qui circulent devant le Sénat.

- On ne pourra pas passer par les entrées de derrière, quand l'armée s'est emparée du Temple une partie a été détruite et elles ont toutes été bouchées.

- Ah. Autre option ?

- Évidemment, mais ça va demander un peu de préparation et c'est quand même assez risqué.

- Traduction ?

- On va devoir passer par en-dessous. Il y a un passage souterrain qui permet d'accéder au Temple, on l'utilisait pour les missions secrètes.

- Ça a l'air plutôt simple, en quoi c'est risqué ?

- Parce que le passage relie le Temple au Sénat. Et que, mis à part ces deux endroits, on ne peut pas y accéder autrement.

- C'est une blague ? Il faut qu'on rentre au Sénat ?!

- Je n'ai pas l'intention de mettre les pieds là dedans, Sor. Mais il faut qu'on s'en approche pour ouvrir une brèche dans le passage.

- Tu veux faire sauter le truc, c'est ça, demanda Ivan.

- Exactement. Donc, on va attendre le début de la session et ensuite on pourra agir. Et comme on est à l'autre bout de la cité il va déjà nous falloir pas mal de temps pour y aller.

- Je suppose qu'on va laisser le Phoenix ici ?, demanda Matylda.

- Le vaisseau est répertorié dans les fichiers de l'Empire alors si les caméras le repèrent on est mal. On va le planquer dans un de ces hangars et espérer que le proprio ne décide pas de faire un inventaire dans la soirée.

- Et comment on va se rendre de l'autre côté de la ville alors ?, Sor n'était pas vraiment motivé à l'idée de laisser son vaisseau adoré seul et sans surveillance.

- Ça ne va pas te plaire…

- Ah non ! Pas les transports en commun ! Je déteste les transports en commun ! C'est toujours bondé, ça sent mauvais et les chauffeurs ont eu leur permis dans des pochettes surprise !

- T'as fini de te plaindre ?, soupira Navo exaspérée. Je repère le meilleur itinéraire Cass, il faut qu'on prévoit un équipement particulier ?

- Un bon armement évidemment, pas qu'on croise quand même une patrouille, et surtout de quoi nous ouvrir un passage dans le… Sor, c'est quoi cette tête ?

- Des explosifs, Sor avait le sourire jusqu'à derrière les oreilles. Je vais enfin pouvoir utiliser les munitions dernier cri qu'on a chouré à l'Empire le mois dernier ! On va tout faire péter!, hurla-t-il en se ruant vers les cales.

- Qu'est-ce-qu'il lui arrive ?, s'interrogea Matylda.

- Sor a une légère passion pour tout ce qui fait boum, lui expliqua Navo. C'est du à son passé de pirate.

- Je vois, il a l'air enthousiaste.

- Va falloir le garder à l'oeil, dit Cassiopea. Quand il tient des explosifs, il a une fâcheuse tendance à vouloir faire sauter tout ce qui se trouve sur son passage.

- Il est grave, conclut Ivan.

- Ça ne devrait même plus me surprendre maintenant. Tu as trouvé Navo ?

- Oui, j'ai plusieurs combinaisons de transports possibles, au cas où on ferait une mauvaise rencontre.

- Parfait. Allez les gars au boulot. »

Sor'Leku était surexcité, on aurait dit un enfant devant une vitrine de jouets. Le Twi'lek courrait dans tous les sens quand ses amis le rejoignirent dans les cales, il s'emparait de toutes sortes d'armes et munitions et les jetait dans un grand sac. Cassiopea souriait tout en choisissant les armes qu'elle allait emporter. Sor était toujours terriblement enthousiaste à l'idée d'aller combattre et il avait toujours tendance à en faire trop. La jeune femme avait la ferme intention de tout faire pour éviter les combats rapprochés. Les Sentinels étaient pratiquement devenus les ennemis publiques numéro un de l'Empire depuis quelques mois et ils étaient donc loin d'être en sécurité dans la capitale. S'ils se faisaient repérer, il y avait de fortes chances qu'on leur envoie l'armée toute entière. De plus, Vador et l'Empereur étaient sur place. Si Cassiopea ne savait pas grand chose du Seigneur Sith en armure noire, elle connaissait bien l'Empereur, ou plutôt elle avait bien connu le Chancelier Palpatine. Elle avait effectué de nombreuses missions en son nom avec son Maître quand elle faisait encore partie de l'Ordre et ils s'étaient donc entretenus plus d'une fois. Nul doute que son destin serait scellé si elle venait à lui tomber entre les mains. Il voulait la mort de tous les Jedi et, à ses yeux, c'est tout ce qu'elle serait.

Un autre élément qui la conduisait à vouloir être particulièrement discrète était l'objet même de leur mission. Il ne fallait surtout pas que l'Empereur apprenne que les Sentinels menaient une enquête sur ses agissements douteux et il devait encore moins apprendre l'existence des Archives. De toute façon, se dit la jeune femme, tel que je le connais il doit déjà savoir qu'elles existent. J'ai du mal à imaginer qu'il n'en ait jamais entendu parler. La seule chose dont elle était sûre, c'était que même s'il en connaissait l'existence, il n'avait aucune idée de où et comment les trouver ce qui était un point plus que positif. Sauf que toi non plus t'en sais rien, ma vieille. Cassiopea n'avait pas voulu alarmer ses amis et elle leur avait donc dit qu'elle avait déjà une idée du lieu où pouvaient se trouver les Archives, mais en réalité elle n'était sûre de rien. Elle n'avait jamais atteint le rang de Maître Jedi et n'avait donc pas été mise dans la confidence quant à l'emplacement secret des Archives. Son Maître, qui faisait lui partie du Conseil et était au courant de tout, ne lui avait jamais parlé non plus. En revanche, elle connaissait le Temple comme sa poche. Elle y avait grandi et l'avait parcouru de long en large avec ses amis pendant son enfance. Elle connaissait chaque porte, chaque passage et chaque escalier. Cassiopea savait qu'elle trouverait ces Archives.

« Et on peut y aller comme ça ?, demanda soudain Matylda en fixant Sor et tout son attirail militaire.

- Euh, peut-être pas non, confirma Ivan.

- Bah quoi ? On m'a dit de bien m'équiper alors je m'équipe, se défendit le Twi'lek.

- Je suis assez d'accord, pouffa Cassiopea. Tu en as peut-être fait un peu trop.

- N'importe quoi. Je suis parfait.

- Parfait, le railla Navo. Sor, tu te trimballes avec deux énormes sacs remplis d'armes, de munitions et d'explosifs et avec un énorme canon-blaster sanglé dans le dos. C'est loin d'être parfait si tu veux mon avis. La première personne qu'on va croiser va crier à l'aide, tu ressembles à un terroriste en mission.

- De toute façon on ne peut pas juste y aller comme ça, ajouta Cassiopea en ignorant les marmonnements de Sor. À part Matylda, on est tous fiché maintenant. Je suis sûre qu'on risque de croiser des avis de recherche avec nos noms et nos têtes dessus, donc il faut s'arranger pour passer inaperçus.

- Ah oui, maugréa Sor'Leku. J'avais oublié ce détail. Tout ça à cause de ce léger malentendu sur Solem…

- Il faut qu'on se déguise un peu, se réjouit Navo. Ça va être marrant.

- On n'a pas la même définition de marrant.

- Tu vas arrêter d'être aussi rabat-joie Sor ? Surtout que de nous trois, c'est toi le plus voyant avec ta peau bleue.

- Je vais quand même pas me teindre en vert juste pour te faire plaisir !

- Je ne t'ai jamais demandé de…

- Hum, si ça ne vous dérange pas, on pourrait peut-être se bouger un peu. Sor, tu passes une cape et tu me dégages tout les trucs inutiles que tu as mis dans ces sacs pour pouvoir y mettre ton canon-blaster.

- Oui boss, s'inclina le Twi'lek.

- Et nous on se change, on met des fringues passe-partout et on planque tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une arme. Toi aussi Matylda, si on devait avoir un problème je ne veux pas que tu te retrouves fichée. On ne prend que le nécessaire et on évite ce qui est trop voyant et qui pourrait nous trahir, Cassiopea avait déjà remonté l'échelle des cales. Et on se dépêche ! »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 05 Mar 2018 - 18:24   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Quelques minutes plus tard, les Sentinels étaient parés pour leur mission. Après avoir manoeuvré pour dissimuler le Phoenix au fond d'un hangar, ils se mirent en route. Comme ils l'avaient prédit, les rues habituellement sous surveillance avait été désertées de toute présence militaire. Ils n'eurent aucun mal à entrer dans la première station de bus volant qu'ils croisèrent. Après avoir trainé Sor par ses lekku pour le forcer à monter dans le bus, la petite troupe pris enfin la direction du Sénat.

Matylda n'en croyait pas ses yeux. Jamais encore elle n'avait vu de cité comme Coruscant. On n'y voyait ni le ciel ni la terre, la planète toute entière était recouverte d'une immense cité aux mille et uns grattes-ciel et on y circulait exclusivement en vaisseau spatial. La jeune femme avait les yeux rivés à travers les vitres du bus quand soudain Cassiopea lui saisit brutalement le bras.

« Ne bouges pas, lui murmura-t-elle. Une patrouille vient de monter. Non, ne te retournes pas. On va avancer pour rejoindre le wagon suivant et on sortira au prochain arrêt. Navo et les garçons sont partis de l'autre côté.

- Ils sont nombreux ?, demanda Matylda.

- Une dizaine, c'est une patrouille de reconnaissance. Les autorités veulent sûrement s'assurer que personne ne viendra troubler la réunion des Parlementaires. Restes le plus naturelle possible, il ne faut pas attirer leur attention. C'est le pire endroit pour déclencher une bataille.

- Le bus est bondé et il y a des enfants, ils n'oseraient quand même pas nous tirer dessus.

- En temps normal non, ils nous maintiendraient en joug jusqu'à ce qu'ils aient fait évacuer le bus, c'est la procédure. Mais s'ils me reconnaissent, ils doivent oublier la procédure.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

- Parce que je suis classifiée Jedi sur mon avis de recherche et que dans ce cas là ils ont ordre de tirer à vue.

- Oh mon dieu.

- Surtout reste calme, tout va bien se passer. On y va, ne me lâches pas. »

Lentement, les deux jeunes femmes se glissèrent au milieu des passagers. La patrouille s'était divisée et les soldats avaient commencé un contrôle d'identité. Cassiopea entraina Matylda jusqu'à la porte reliant les wagons du bus. Là, un trooper montait la garde.

« Vous ne pouvez pas quitter le wagon, Mesdemoiselles. Montrez-moi vos papiers d'identité je vous prie.

- Oh, je suis bête, lui répondit Cassiopea avec un joli sourire. Je crois que je les ai oubliés dans mon speeder.

- Euh… je dois voir vos papiers, c'est la procédure, le soldat semblait soudain moins sûr de lui.

- Je sais, Cassiopea posa sa main sur le biceps du soldat. Mais nous sommes vraiment pressées et je ne peux quand même pas retourner à l'autre bout de la ville pour les chercher. Je vais arriver en retard à un rendez-vous important et ça sera de votre faute, lui asséna-t-elle avec une moue boudeuse.

- Je suppose que si je vois avec mon supérieur on pourra peut-être…

- Votre supérieur ? J'étais persuadée que vous aviez l'autorité nécessaire pour prendre toutes sortes de décisions importantes.

- Oh je ne suis pas si haut gradé, je…

- Mais si, je suis sûre qu'il n'y aura aucun problème. Vous allez nous laisser passer et faire comme si de rien n'était.

- Je vais vous laisser passer et…

- Et vous ferez comme si vous ne nous aviez jamais rencontrées.

- Et je ferais comme si je ne vous avais jamais rencontrées, répéta le trooper comme s'il était en transe. »

Suite à quoi, il s'écarta de son poste devant la porte et laissa passer les deux jeunes femmes. Ne perdant pas une seconde, Cassiopea entraina Matylda encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer et elles se glissèrent au milieu des passagers de l'autre wagon. Là, aucun soldat. Ils termineraient d'abord leurs contrôles à côté. Jetant un œil à l'holocran, Cassiopea calcula qu'il leur restait encore trois minutes de trajet avant de pouvoir descendre au prochain arrêt. Elle espérait que ses amis avaient eux aussi réussi à se mettre à l'abri des troopers.

« C'était quoi ça ?!, Matylda semblait vraiment perturbée.

- Quoi donc ?, lui demanda distraitement Cassiopea, trop occupée qu'elle était à surveiller les portes du wagon.

- Ça ! Ce soldat nous a laissées passer sans chercher plus loin !

- Ah ça. C'est de la persuasion, un truc de Jedi.

- Un truc ?

- Oui, on nous apprend à manipuler les esprits grâce à la Force. On peut les amener à faire presque tout ce qu'on pourrait leur demander, si on se débrouille bien. Évidemment, c'est à utiliser uniquement en cas d'urgence, quand on a aucune autre solution. C'est dangereux comme pouvoir.

- À ce stade je n'appelle plus ça dangereux. C'est carrément de la manipulation !

- Et c'est pour ça qu'on ne l'utilise que rarement. Contrairement aux Sith qui s'amuse à manipuler tout et n'importe quoi quand bon leur chante.

- Je vois. Franchement, j'ai d'abord cru que tu draguais le type.

- C'est un peu l'idée, répondit Cassiopea en étouffant un rire. La persuasion fonctionne différemment pour chacun, tu comprendras ça quand tu la maîtrisera mais…

- Parce que tu comptes m'apprendre ça ?

- Bien sûr, si tu veux apprendre autant tout apprendre. La méthode change, mais le résultat reste le même.

- Tu dragues tes victimes ?

- C'est plus discret que de faire des gesticulations vaudoues devant eux.

- Euh quoi ?

- Je connaissais quelqu'un qui faisait comme ça.

- J'ai un peu du mal à visualiser.

- N'essaies pas, c'était perturbant. Attention, dit subitement Cassiopea. On arrive à la station, il va falloir faire vite pour descendre. Les troopers vont arriver pour s'assurer que personne ne quitte le bus sans avoir été contrôlé. »

Comme elle l'avait imaginé, les troopers commencèrent à investir le wagon à la seconde où le bus commençait à ralentir. Profitant de l'agitation causée par leur présence, les deux jeunes femmes se dirigèrent lentement vers les portes de sortie du véhicule.

« Personne ne quitte ce wagon!, hurla alors le capitaine de patrouille, reconnaissable au liserai rouge sur son casque. Je veux contrôler tout le monde ! »

Les passagers ne semblaient guère ravis de la situation et l'agitation redoubla au moment où le bus entra en gare. Alors que le capitaine renouvelait son ordre, les portes s'ouvrirent et Cassiopea poussa Matylda à l'extérieur avant de sortir à son tour. Immédiatement, elle entendit une voix les appeler et des pas se précipiter dans leur direction. Se retournant, après s'être assurée que Matylda continuait bien de courir loin du bus, Cassiopea força les portes du wagon à se refermer en plein dans la figure des soldats qui tentèrent vainement de les ouvrir à nouveau. Adressant un salut et un joli sourire au capitaine, Cassiopea parti à la suite de Matylda.

« Matylda ?, l'appela-t-elle une fois à l'intérieur de la gare.

- Par ici, lui répondit-elle depuis un coin isolé.

- Mais qu'est-ce-que tu fais ?, ria Cassiopea.

- Je me cache.

- Je vois ça mais je pense qu'il faut que tu sortes de là parce que les gens commencent à nous regarder bizarrement. »

Effectivement, la gare était peuplée de voyageurs qui s'arrêtaient fréquemment à leur hauteur pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. S'extirpant de sa cachette, Matylda s'épousseta dignement et décida de faire comme si de rien n'était.

« Ils sont partis ?

- Le bus est reparti, on est tranquilles maintenant. Par contre, on ne va pas s'éterniser ici. Le capitaine de patrouille a bien vu mon visage avant que le bus ne reparte et il ne va sûrement pas tarder à donner l'alerte.

- On va où ?

- On va trouver un autre moyen de transport. Plus discret cette fois. Il faut vite qu'on rejoigne le Temple, la session a du commencer au Sénat ce qui veut dire qu'il ne nous reste que quelques heures pour boucler cette mission.

- Et les autres ?

- Pour le coup, vu que j'ai clairement été repérée, il vaut mieux qu'on reste un peu séparés. Navo a les coordonnées du Temple et on va se retrouver là bas.

- D'accord mais on y va comment ?

- Disons, qu'on va réquisitionner un speeder dans le parking.

- Réquisitionner ? Tu veux dire voler.

- Emprunter. On va emprunter un speeder. »

Les deux jeunes femmes se déplaçaient rapidement et elles eurent tôt fait de rejoindre le parking, bondé, de la gare. Tous les voyageurs laissaient ici leurs véhicules personnels avant d'emprunter les transports en commun pour les trajets quotidiens. La journée touchait à sa fin et le parking n'allait donc pas tarder à se vider, il fallait donc agir vite. Rapidement, Cassiopea repéra un speeder qui pourrait correspondre à ce qu'elle cherchait. Modèle standard, quatre places, couleur passe-partout, le modèle familial typique. Elle était presque sûre que ce modèle n'avait pas d'arme intégrée mais peut-être que le propriétaire en avait fait rajouter en option. Sinon, elles allaient devoir se débrouiller sans et éviter les problèmes. Cassiopea demanda à Matylda de l'attendre sur le côté et se dirigea tranquillement vers le véhicule. Il fallait agir le plus naturellement possible.

S'arrêtant à la hauteur de la portière conducteur, la jeune femme fit mine de rechercher les clés dans son sac, lâcha une petite exclamation joyeuse laissant croire qu'elle les avait trouvées et s'approcha pour saisir la poignée de la portière. Là, elle déverrouilla la porte d'un simple mouvement de la main. Prenant place derrière les commandes, elle démarra le moteur de la même manière. Après avoir fait monter Matylda à bord, les deux jeunes femmes quittèrent le parking, les portes de sécurité s'ouvrant d'elles-mêmes sur leur passage.

« Comment tu as fait pour nous faire sortir de là ?, demanda Matylda.

- La Force est très utile en cas d'absence de clé, lui répondit Cassiopea avec un clin d'oeil. Maintenant, en route. On n'a plus beaucoup de temps.

- Tu sais piloter des vaisseaux individuels ?

- Quand tu t'es planquée dans les cales l'autre jour, tu as forcément vu mon vaisseau.

- Quoi, le vaisseau vert et argent ? Je n'avais encore jamais vu quelque chose comme ça.

- C'est un starfighter, les vaisseaux des Jedi. On apprend tous à piloter quand on devient Padawan et les plus doués deviennent star-pilotes. Ce sont des vaisseaux de combats fabriqués sur mesure pour les Jedi et R7, mon droïde, est co-pilote du mien.

- C'est comme les X-wing fighter alors ? Il faut un astromécano pour les piloter ?

- Oui, mais c'est la seule chose qu'ils ont en commun. Tous le système est différent. Je suis partie avec quand j'ai quitté l'Ordre et depuis je l'emmène partout.

- J'ai aussi appris à piloter des speeder mais ça n'a rien à voir avec ça, tu dois être douée.

- Je m'en sors plutôt bien, oui. Si tu veux vraiment t'intégrer aux Sentinels tu vas devoir prendre des leçons de vol. Tous mes hommes sont formés à piloter des fighter, généralement des L-wing, mais on a toute une armada.

- J'ai hâte d'apprendre.

- Ne te réjouis pas trop vite, lui conseilla Cassiopea avec un sourire espiègle. C'est Sor le prof de pilotage…

- Pourquoi est-ce-que j'ai un doute sur ses talents de pédagogue ? »

*****


« ATCHOUM !

- C'est pas vrai, tu peux pas être un peu plus discret non ?!

- Désolé, Sor'Leku s'essuyait le nez. Je ne sais pas d'où c'est venu.

- Dites donc vous deux, s'énerva Navo. Au lieu de bavarder vous pourriez peut-être avancer ! On crève de chaud là dedans ! »

Les trois amis étaient présentement entrain de ramper dans les tuyaux d'aération du réseau de transports en communs. Une idée de Sor'Leku qui avait estimé qu'ils tenaient là leur meilleure chance d'échapper aux patrouilles de troopers. Autant dire que Navo et Ivan étaient ravis de la situation surtout qu'ils n'avaient pas croisé la moindre possibilité de sortie depuis le début de leur parcours.

« Je te jure que plus jamais je ne te suis dans un de tes plan foireux, Ivan fulminait. C'est quoi cette idée ?

- Ecoute, l'idée de base me paraissait plutôt géniale figures-toi. Comment tu voulais que je sache qu'il n'y avait pas de bouches de sorties ?

- J'en sais rien, mais tu aurais pu y penser avant et arrêtes d'agiter ton derrière dans ma figure !

- Les garçons…

- Quoi ? Je suis pas du tout à l'aise dans ce pantalon. Je savais que j'aurais du garder ma combinaison parce que là c'est vraiment trop serré à…

- LES GARÇONS ! Si vous voulez bien arrêter vos conneries on pourrait peut-être avancer et trouver une sortie. Parce que si on continue à ce rythme on n'arrivera jamais au Temple et Cassiopea va nous allumer.

- Oui madame, maugréèrent-ils d'une même voix.

- Maintenant, si vous pouviez avoir une idée lumineuse pour nous sortir de là, je suis preneuse.

- Sor, commence par avancer on va pas rester là indéfiniment.

- J'y vais, j'y vais. »

Les trois Sentinels se remirent à ramper en silence. Le tunnel ne semblait jamais s'arrêter et à aucun moment ils n'entrevirent quelque chose pouvant s'apparenter à une porte de sortie. Après de longues minutes ils se trouvèrent devant une sorte de croisement.

« Et maintenant, demanda Ivan agacé. On fait quoi ?

- Visiblement, on va devoir faire un choix, répondit Navo.

- Je propose qu'on tire à pile ou face.

- Sor…

- Ou alors tu peux regarder si on capte ici et nous dire lequel des deux chemins a le plus de chances de nous sortir de là.

- Mouais, je préfère ça, dit Navo. Malheureusement, il n'y a pas grand chose à tirer des données. Je dirais que les deux tunnels conduisent à la centrale d'épuration mais après…

- Alors quoi ? On continue de ramper ?

- Je pense qu'on n'a pas le choix, on trouvera peut-être une autre issue en cours de route mais pour l'instant c'est notre meilleure chance.

- Formidable… »

Après quelques protestations de la part de Sor, les trois amis se remirent en mouvement. Malheureusement pour eux, aucune issue ne les attendait le long du chemin et ils durent se résoudre à aller jusqu'au bout.

« Euh c'est un cul-de-sac, asséna Sor. Faut faire demi-tour.

- Mais non, soupira Ivan. Tu dramatises. Bouge tes fesses, que je puisse voir.

- Tu fais une fixation sur mes fesses ma parole, sourit Sor. Pourquoi tu me regardes comme si tu voulais m'assassiner ?

- Bouge.

- Oui. »

Ivan passa devant et il ne lui fallut que quelques instants pour trouver une échelle encastrée dans le plafond et le trappe située juste en-dessous. Ignorant Sor'Leku qui affirmait qu'il avait bien évidemment vu l'échelle, Ivan descendit.

Bientôt il se retrouvèrent tous les trois dans une pièce plongée dans le noir dégageant une odeur nauséabonde.

« Ouais, dit Sor en se bouchant le nez. Je pense qu'on a atteint la centrale, ça sent le vieux Hutt mort.

- Normal, c'est l'épuration c'est pas fait pour sentir bon. Par contre on a un soucis…

- Quoi ?

- On est à des kilomètres du Temple, souffla Navo en observant sa tablette. Et je ne vois pas comment on va faire pour y arriver à temps, vu que les transports en commun c'est mort.

- De toute façon je ne remettrai pas les pieds dans un bus, Sor se bouchait toujours le nez. On va trouver une solution.

- Tu veux bien arrêter de parler comme ça ? Tu as l'air ridicule.

- Ça pue trop, désolé. Je propose qu'on commence par sortir de là et qu'on regarde ce qu'il y a aux alentours. On pourra toujours chourer un vaisseau. »

Une fois hors de la centrale d'épuration, ils purent constater que celle-ci se trouvait au centre d'une immense zone industrielle complètement excentrée. L'option du vaisseau volé semblait être la seule possibilité s'offrant à eux.

Il leur fallu hacker les systèmes de déverrouillage de plusieurs portes et assommer quelques gardes mais ils finirent par trouver un hangar abritant de nombreux vaisseaux cargo. Ils choisirent de réquisitionner le plus petit et le plus maniable, malgré les protestations de Sor qui aurait largement préférer s'approprier le plus gros modèle du parc. Finalement, il s'installa aux commandes.

« Franchement, on aurait au moins pu prendre un nouveau modèle. Quitte à voler un truc, autant que ça soit un truc classe. On aurait pu le ramener à la base et le rajouter à notre collection.

- Sauf que tu oublies qu'on doit se promener en ville avec. Le Temple est en plein centre de Coruscant et si on se promène avec un monstre on ne risque pas de passer inaperçu.

- Certes. Bon, allez on y va, Sor actionna les propulseurs. On est à la bourre et j'aime pas quand Cass est en colère. »

Finalement, même si le cargo était de taille respectable, tous les passants se retournèrent sur leur passage. Et le fait que Sor'Leku conduisait comme un pilote de course n'arrangeait pas vraiment la situation. Ils eurent rapidement rejoint le centre et Navo les guidait en direction du Temple.

Une grande avenue menait à l'ancien quartier général des Jedi et au Sénat qui se trouvait juste à côté. Décidant d'ignorer les priorités à droite jalonnant toute l'avenue, Sor lança le vaisseau à pleine vitesse et manqua de percuter un speeder sortant de l'une des rues perpendiculaires. Le choc frontal aurait pu être fatal si les deux pilotes n'avaient pas été aussi bons l'un que l'autre. Reprenant le contrôle du cargo qu'il avait éjecté sur le côté, Sor commença à s'énerver, ignorant volontairement le fait qu'il était fautif.

« Bordel ! Il est sérieux lui, il peut pas faire gaffe cet espèce de… »

Il s'interrompit brutalement et fixa son regard à travers le pare-brise. En face, au volant du speeder qu'il avait manqué de percuter se trouvait Cassiopea. Et à en juger par l'expression menaçante qu'elle arborait, elle n'avait pas du apprécier.

« Oups. »
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Messagepar Notsil » Mer 07 Mar 2018 - 22:46   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Tes personnages ont un bon caractère :)

Bon, pour l'instant tout se passe pas trop mal pour eux, mais les difficultés approchent, on dirait ^^
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 12 Mar 2018 - 18:00   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« Je te jure, Cassiopea ne s'était pas encore calmée. Je vais t'obliger à repasser ton permis un de ces quatre. Et dire que c'est toi le prof ! T'as de la chance que je sois douée, sinon ça aurait mal fini.

- Désolé, murmura Sor.

- Je vais te forcer à aller assister aux leçons de code des apprentis pilotes.

- Oh non ! Tout mais pas ça, pitié ! Je déteste ça et en plus le prof est méga soporifique ! Je te promets que je vais faire attention, j'ai juste pas l'habitude de piloter en ville je préfère largement l'espace et l'hyper-espace. Mais je vais faire attention ! Juste, pas de leçon de code. C'est la mort.

- On verra ça plus tard, maintenant il faut vraiment qu'on se dépêche. »

Après l'incident, les deux vaisseaux avaient terminé leur route et, une fois stationnés dans une allée isolée et un peu éloignée du Sénat, les Sentinels s'étaient retrouvés pour faire le point. La session avait débuté il y avait de ça une heure et le Sénat était donc sous haute surveillance. Des dizaines de patrouilles circulaient tout autour que ce soit à pied ou en vaisseau et il paraissait impossible de s'en approcher sans se faire repérer. Heureusement, Cassiopea insistait sur le fait qu'ils n'emprunteraient pas le tunnel depuis le Sénat mais qu'ils se creuseraient un passage un peu plus loin. Navo avait aligné de multiples plans du quartier devant elle et Cassiopea les étudiait pour trouver l'endroit idéal. Trop se rapprocher du Temple n'était pas non plus une bonne idée. Depuis l'avènement de l'Empire il était sous surveillance constante et ils auraient aussitôt fait de se faire repérer.

Pendant que les Sentinels étudiaient leurs possibilités, Matylda avait quant à elle les yeux rivés sur le bâtiment majestueux qui lui faisait face. Le Sénat était somptueux, elle en avait déjà vu des images sur les holocrans, mais le Temple Jedi l'était encore plus. On aurait dit un véritable palais avec ses tours et son immense dôme. Fronçant les sourcils, elle remarqua soudain le trou béant situé sur le flan droit du Temple, probablement un vestige de la guerre. La jeune femme tenta de s'imaginer à quoi pouvait bien ressembler le Temple à l'époque de la République, durant l'âge d'or des Jedi. Elle se dit que, dans une autre vie, elle aurait peut-être pu faire partie de cet univers.

Finalement, il fut décidé qu'ils utiliseraient le réseau sous-terrain pour ne pas avoir à s'approcher du Sénat. Une fois sous le Temple, ils trouveraient un moyen d'y entrer. Tandis que tous se préparaient à partir Ivan retint Cassiopea.

« Cass, tu es sûre que ça va aller ?

- Bien sûr, on va retrouver ces Archives et on pourra repartir. Il ne devrait pas y avoir de problème.

- Ce n'est pas de ça que je parle. Tu n'as pas remis les pieds ici depuis des années et je pense que ça n'a plus rien à voir avec le Temple dans lequel tu as grandi.

- C'est du passé Ivan, lui répondit gentiment Cassiopea. Le monde entier n'a plus rien à voir avec celui dans lequel j'ai grandi. Je ne suis plus une Jedi et je ne le redeviendrai jamais.

- Peut-être mais je m'inquiète quand même.

- Ça c'est parce que tu es trop empathique, ria-t-elle. Ne t'en fais pas pour moi. »

Suite à quoi, Cassiopea rejoins rapidement les autres et ils se mirent en route. Une fois dans les sous-terrains de la cité, Navo entreprit de les guider vers les soubassements du Temple. Ce n'était probablement pas le chemin le plus agréable, compte tenu des odeurs et des rongeurs habitant les lieux, mais au moins ils étaient sûrs de ne croiser aucune patrouille de reconnaissance. Après quelques mètres, comme ils n'y voyaient plus rien, Cassiopea alluma l'un de ses sabres laser pour les éclairer. Ils progressèrent lentement et en silence pendant de longues minutes jusqu'à ce que Navo les arrête.

« D'après mes plans, on est juste en-dessous du Temple. Après, il faut que tu regardes Cass, je ne suis pas une experte des lieux.

- Fais voir, Cassiopea s'empara de la tablette. Il faut qu'on continue un peu sur la droite, là on est en-dessous de la salle du Conseil et la bibliothèque est un plus loin.

- Tu veux qu'on rentre par la bibliothèque ?, demanda Ivan.

- Il y a de fortes chances pour que les Archives se trouvent dans le coin et je veux éviter de traverser tout le Temple. Je pense que l'Empire continue de surveiller les lieux et on va se faire prendre.

- Et il n'y a pas d'holo-caméra dans la bibliothèque ?

- Si mais on pourra les désactiver avant d'entrer. Il faut y aller, le temps presse. »

Finalement, ils atteignirent l'emplacement choisi par Cassiopea. Bien évidemment, aucune trappe ni porte ne leur permettait d'entrer et c'est donc avec un plaisir non dissimulé que Sor'Leku se mit à préparer un cocktail d'explosifs qui leur ouvrirait la voie. Pendant ce temps, Navo procédait de s'introduire dans le système de surveillance afin de désactiver les caméras.

Il ne leur fallut pas plus de quelques minutes pour terminer toutes les préparations et, les caméras désactivées et tout le monde à l'abri derrière un mur, Sor actionna le détonateur. Aussitôt, un trou béant s'ouvrit dans le plafond dans un bruit assourdissant. S'approchant prudemment avec les autres, Matylda leva des yeux ébahis sur l'immense pièce qu'ils venaient de découvrir. Les murs étaient entièrement recouverts d'étagères abritant des centaines de documents classés selon un savant code de couleur. Parmi eux, des fichiers holo évidemment, mais aussi des manuscrits qui semblaient venir d'une autre époque.

Sans bruit, ils pénétrèrent dans la pièce et Cassiopea se dirigea vers une étagère. Elle leva le bras et un manuscrit se trouvant au sommet vint atterrir entre ses mains, elle se mit à le parcourir avec intérêt tandis que les trois autres Sentinels entreprirent un tour des lieux. Matylda s'approcha.

« Tu sais ce que tu cherches ?, demanda-t-elle en se penchant sur le livre. Il était écrit dans un langage qu'elle ne connaissait pas.

- Pour être honnête, lui répondit Cassiopea. Je ne suis pas sûre. Je ne sais pas où sont les Archives et je joue un peu aux devinettes.

- Alors pourquoi la bibliothèque ?

- Mon Maître m'a dit quelque chose à propos de ça, un jour. Je l'ai harcelé pour qu'il me révèle l'emplacement des Archives et il a fini par craquer en disant qu'il se pourrait que le secret repose dans la bibliothèque. " Je dis ça, je dis rien ", rajouta-t-elle en prenant une voix masculine blasée.

- Mais ça peut vouloir dire plein de choses ça !

- Je sais, il m'a enfumée l'animal. Mais j'ai une petite idée de ce qu'il voulait dire par là.

- Ah bon ? Parce que franchement je ne vois pas.

- Tu as vu que le réseau souterrain courrait sous le Temple, et bien il se trouve que les Archives aussi sont en-dessous.

- Mais, ils ont quand même pas mis ça dans les égouts. C'est un peu dégueu.

- Exactement, sourit Cassiopea. Donc j'ai étudié le réseau et j'ai remarqué qu'une partie du Temple n'y était plus reliée.

- Mais il y a quand même quelque chose en-dessous c'est ça ? Plus d'égouts mais un sous-sol quand même.

- Un sous-sol qui pourrait abriter les Archives. Et il se pourrait bien que l'entrée soit quelque part ici.

- Mais on est arrivé par les égouts.

- Oui, mais cette pièce est immense. Tu as vu qu'on était montés à un moment entre la salle du Conseil et ici. En fait, on a changé d'étage et la bibliothèque prend la totalité du premier.

- Tu veux dire, toute la largeur du Temple ? Mais c'est gigantesque, comment on va trouver l'entrée ?

- Je pense, Cassiopea agita le manuscrit qu'elle tenait toujours. Que la réponse est là dedans.

- Qu'est-ce-que c'est ? Je ne comprends rien.

- C'est la langue des Anciens, les premiers Jedi ont inventé un langage qui leur était propre et les documents officiels qui ne sortent pas d'ici sont toujours rédigés comme ça. On l'apprend à l'école quand on est Novice. Ce texte est en fait un plan.

- Le plan du Temple ?

- Oui, quand le Temple a été déplacé ici depuis Ossus tout a été répertorié. Donc il y a un plan au sens premier du terme mais aussi un inventaire de tout ce qu'on trouve ici.

- Mais tout le monde avait accès à ce livre, donc ils n'ont pas clairement mentionné les Archives dedans.

- Non, ça c'est sûr. Mais s'il y a une anomalie, par exemple une porte dérobée ou quelque chose comme ça ici, ça doit figurer là dedans. Le problème c'est que j'ai déjà parcourut ce truc des dizaines de fois et que je n'ai rien trouvé.

- Ça c'est un problème.

- Pas forcément, je pense que j'ai mal cherché. Les Archives constituent le plus grand secret des Jedi et les infos ne doivent donc pas être faciles à trouver. " Le secret repose dans la bibliothèque ", ça fait des jours que je retourne cette phrase dans ma tête et je crois que j'ai peut-être enfin compris ce qu'il voulait me dire. »

Cassiopea se dirigea alors de pied ferme vers le centre de la bibliothèque, Matylda sur ses talons. La pièce était circulaire et tous les rayonnages convergeaient vers le centre où se trouvaient des tables de travail ainsi qu'une étrange table ronde.

« Qu'est-ce-que c'est ?, demanda Ivan alors que tous rejoignirent Cassiopea.

- C'est un lecteur, répondit la jeune femme en actionnant diverses commandes. On s'en sert pour étudier les documents sous forme numérique.

- Et tu veux en faire quoi ?

- Je veux essayer un truc, elle tendit le bras les yeux toujours rivés sur les commandes et une tablette vint voler dans sa direction depuis le fond de la bibliothèque.

- Oh bordel, s'exclama Sor quand la tablette passa près de lui. Ça me fait flipper à chaque fois ce truc.

- Donc, Cassiopea brancha la tablette sur le lecteur. Voyons ça. »

Le lecteur s'alluma et projeta un immense hologramme dans la pièce. Claquant des doigts, Cassiopea éteignit les lumières et se concentra sur l'hologramme. C'était une maquette du Temple, on y voyait tous les détails. La jeune femme utilisa les commandes pour zoomer sur la bibliothèque puis elle fit pivoter l'hologramme dans tous les sens. Elle semblait chercher quelque chose. S'emparant à nouveau du manuscrit, elle tourna les pages jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait. Après avoir parcourut la page à plusieurs reprises, elle semblait satisfaite. J'espère que ça va marcher.

Alors, elle posa le manuscrit sur la tablette et enfonça une dernière commande. Et là, sous le regard ébahis de ses amis, la maquette de la bibliothèque se dédoubla. L'image de dessus représentait toujours la pièce dans laquelle ils se trouvaient mais celle du dessous montrait une pièce encore plus spacieuse et plus complexe que la bibliothèque.

« Bingo, souffla Cassiopea.

- Est-ce-que c'est ça ?, demanda Navo.

- Je crois bien que oui, Cassiopea suivit du doigt le passage qui reliait les deux pièces. Je n'y avais jamais pensé avant mais c'était évident.

- Euh je ne suis pas sûr de comprendre ce qui est évident là, intervint Sor. Tu viens de poser du papier sur un lecteur holographique. Comment est-ce-que c'est seulement possible que ça ait marché ?

- Ça n'a pas d'importance, tout ce qui compte c'est qu'on ait trouvé. Et on va pouvoir descendre.

- Ils avaient séparé le plan en deux parties, analysa Ivan. Personne n'aurait jamais pensé à lire du papier comme de l'holo et je suis sûr que ça ne marche qu'avec la maquette. C'est très ingénieux.

- Comment on descend ?, demanda Matylda.

- Par là, Cassiopea pointait un recoin de la bibliothèque. On devrait trouver une porte dérobée. »

Ils se dirigèrent vers le fond de la bibliothèque et se retrouvèrent face à une étagère massive qui, après plusieurs tentatives désespérées de la part des garçons, ne semblait pas vouloir bouger. Navo tenta de bouger quelques documents dans l'espoir de déclencher un système d'ouverture mais ce fut un autre échec.

« Peut-être, suggéra Matylda. Peut-être qu'on s'y prend mal.

- Tu penses à quoi ?, demanda Ivan.

- Il n'y a que quelques privilégiés qui savaient où trouver ces Archives et comment y accéder et ils étaient tous des Maîtres Jedi. Je pense qu'il faut aborder le problème comme eux l'auraient fait.

- Je te suis pas, dit Sor.

- Moi, si, comprit Cassiopea. »

Sans un mot, elle s'adossa contre l'étagère et ferma les yeux. Je dis ça je dis rien, franchement Maître vous auriez pu être un peu plus précis. Quelques secondes plus tard, l'étagère commença à s'enfoncer dans le mur jusqu'à disparaître complètement, laissant place à un grand escalier en colimaçon.

« C'est quoi votre problème ?, s'énerva Sor. Vous ne pouviez pas mettre un ascenseur comme tout le monde ?

- Les Jedi ont toujours eu une préférence pour tout ce qui est ancien, dit Cassiopea en entamant la descente des marches.

- Plus personne n'utilise d'escaliers, bougonna le Twi'lek en la suivant.

- Vois le bon côté des choses, le railla Navo. C'est un bon exercice pour muscler les fesses.

- Mais c'est quoi votre problème avec mes fesses ?!

- Il y a quelque chose que je devrais savoir ?, demanda Cassiopea en riant.

- J'avoue que c'est ambigu, confirma Matylda. »

Sor protesta tout le long de la descente. L'escalier semblait ne pas avoir de fin et plus ils s'enfonçaient dans les entrailles de Temple, moins ils y voyaient. Cassiopea alluma une nouvelle fois son sabre mais, arrivé en bas, il faisait tellement noir qu'ils ne discernaient rien. Éteignant son sabre, la jeune femme frappa dans ses mains. La lumière s'alluma.

Personne n'osa prononcer le moindre mot. Peut-être avaient-ils trouvé le bon endroit mais, devant eux, se trouvait une immense pièce vide.

« Non, souffla Cassiopea.

- Pourquoi est-ce-qu'il n'y a rien ?, s'inquiéta Matylda.

- On n'est peut-être pas au bon endroit, tenta Navo.

- Si. Si on est au bon endroit, Cassiopea s'avança dans la pièce. Peut-être… »

La jeune femme se concentra et propulsa toute son énergie dans la Force. La pièce sembla se distendre un instant puis tout revint à la normale. Aucun changement, la pièce restait irrémédiablement vide.

« Qu'est-ce-que c'était ?, demanda Sor.

- J'ai pensé qu'ils les avaient peut-être masquées derrière une distorsion mais visiblement, il n'y a rien ici. Et d'après ce que je sens, il n'y a rien eu depuis un moment.

- Alors elles ne sont plus là ?, demanda Matylda. L'Empire les a trouvées ?

- Je suis sûre que non, affirma Cassiopea. Je ne sens aucune énergie négative, que des bribes de signatures de gens que j'ai connus il y a longtemps. L'Empire n'a jamais mis les pieds ici.

- Qu'est-ce-qu'on fait alors ?, demanda Ivan. On continue à chercher ? Elles sont peut-être dans un autre sous-sol, on ne sait jamais.

- Je suppose qu'on peut continuer, soupira Cassiopea. Après tout, je ne sais pas à quoi elles sont supposées ressembler. Des milliers de documents comme dans la bibliothèque ou juste quelques fichiers dématérialisés. Peut-être que…

- Cassiopea, coupa Navo. On a un problème.

- Quoi ?

- La session est finie et on dirait bien qu'une énorme patrouille se dirige droit vers nous.

- C'est pas vrai, pesta Sor. Je croyais qu'on avait désactivé les caméras !

- On a désactivé les caméras, celles qu'on a pu repérer sur nos radars, répondit Ivan. Et n'oublies pas le bus, cette patrouille a du donner l'alarme.

- Comment et pourquoi ça n'a pas d'importance, Cassiopea coupa à nouveau l'électricité. Il faut partir d'ici et vite.

- Heureusement que j'ai chouré un cargo assez grand pour nous ramener au Phoenix.

- Il faut déjà qu'on arrive à ce fameux cargo.

- On repasse par les souterrains ?, demanda Matylda tandis qu'ils remontaient déjà les escaliers.

- Non, lui répondit Cassiopea. On va perdre un temps fou et de toute manière ils savent déjà qu'on est là alors autant faire une sortie remarquée. »

Une fois de retour dans la bibliothèque, Cassiopea s'empressa de refermer l'entrée du sous-sol puis ils se précipitèrent vers l'entrée du Temple. Ils parcoururent de nombreux couloirs, passèrent devant des salles aux décors mystiques mais ils n'avaient pas le temps de s'attarder pour contempler. Cassiopea espérait vraiment qu'ils arriveraient à leur cargo volé avant d'être rattrapés par les soldats, mais elle savait que cet espoir était vain.

Malheureusement, une fois arrivés sur le perron du Temple, ils se trouvèrent cernés par une véritable armada de troopers venant de différents bataillons. Ils allaient devoir se battre pour pouvoir quitter cette planète vivants.
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 19 Mar 2018 - 18:15   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

« L'Assemblée a délibéré, la voix du Sénateur Fenlon résonnait dans son amplificateur. La décision n'a pas été facile à prendre mais en définitive… »

C'est pas vrai, mais il ne peut pas abréger un peu. Sélène était désespérée. Jamais une session n'avait duré aussi longtemps. À la seconde où Fenlon avait aperçu le Général Vénusii-Arcadia il s'était renfrogné et avait tout fait pour faire trainer la réunion en longueur. Ayant eu connaissance des ennuis de l'Académie, il espérait sans doute que le Général s'impatiente et quitte la session avant la fin. Il voulait éviter d'avoir à parler de la livraison de matériel qui posait problème. Malheureusement, Sélène connaissait son père et elle savait qu'il ne céderait pas. Il était donc resté jusqu'au bout et Fenlon avait bien été obligé d'aborder le sujet. Comme elle l'avait prévu, les Sénateurs avaient été touchés par la présence du Général et ils s'étaient rapidement intéressés au problème. De plus, le discours qu'elle avait préparé à la va-vite avait semblé les convaincre.

Quand tous les sujets avaient enfin été abordés, l'Assemblée avait entamé les délibérations et, encore une fois, Fenlon avait tout fait pour ralentir le processus. Enfin, il s'apprêtait à rendre son verdict.

« En ce qui concerne les attaques sur… »

Mais je rêve là, il va nous repasser tous les sujets du jour avant de répondre enfin à notre question ? Il se moque de moi ce type. Soupirant, la jeune femme décida de passer le temps en questionnant son père. Elle pourrait peut-être en apprendre un peu plus sur ce fameux Amiral Stanford et, en même temps, elle distrairait son père qui commençait clairement à perdre patience.

« Père, je peux vous poser une question ?

- Vas-y, soupira-t-il. De toute façon je pense qu'on va être ici encore un moment.

- Il se trouve que j'ai entendu une conversation dans les couloirs du Sénat il y a quelques jours. Le Sénateur Fenlon discutait avec un Amiral, un certain Stanford. Je n'avais jamais entendu parler de cet homme auparavant.

- Stanford est nouveau venu dans la flotte impériale. Il n'a aucun passé militaire et pour être honnête je ne sais pas comment il a fait pour en arriver là aujourd'hui. C'est un proche de l'Empereur, je suis d'ailleurs étonné de ne pas l'avoir vu ce soir.

- C'est vrai qu'il n'était pas dans la cour impériale, Sélène posa son regard sur l'estrade déjà déserté par l'Empereur et sa suite, la session s'éternisant ils n'avaient pas pu rester.

- Et, son père semblait intéressé par son histoire. Tu sais de quoi il parlait ?

- Oh, je ne faisait que passer, hors de question de dire à son père qu'elle les avait espionnés. Mais je les ai entendus mentionner un certain Seigneur Hell.

- Ah, le Général se referma brusquement. Alors ce n'est pas une affaire qui te concerne. Tu n'as pas à t'y intéresser.

- Mais, je suis Sénatrice. Je devrais être au courant de toutes les affaires de l'Empire.

- Il y a certaines choses qui ne concernent que l'Empereur et sa cour. Les Sénateurs n'ont pas besoin de tout savoir. Maintenant, tais-toi, je pense que Fenlon va enfin mentionner votre affaire. »

Sélène ne comprenait pas. Il se passait clairement quelque chose d'important et il était évident que son père avait au moins ne serait-ce qu'une vague idée de quoi il retournait. Alors pourquoi refusait-il de lui en parler ? Son rôle en tant que Sénatrice était de veiller aux intérêts de la galaxie et il lui était impossible de plaider des causes si elle ignorait avec quelles armes elle se battait. La jeune femme se promit d'enquêter sur le sujet dès que son père serait parti et que cette maudite transaction serait enfin effectuée.

« En ce qui concerne notre affaire Général, annonça enfin Fenlon. L'Assemblée a délibéré en votre faveur. Votre fille pourra donc s'occuper du contrat et des négociations dès demain et la transaction pourra avoir lieu avant la fin du mois.

- Je vous remercie Sénateur, remercia le Général soulagé.

- Sur ce, la séance est levée »

L'hémicycle se vida rapidement, tout le monde voulant quitter cette réunion interminable au plus vite. Une fois dans le hall, Sélène et son père durent encore s'entretenir de longues minutes avec le Sénateur de Balmorra afin de finaliser les détails du nouveau contrat qu'ils allaient devoir conclure et ceux de la livraison. La jeune femme était absorbée par la discussion et, si elle entendit les alarmes du Sénat se déclencher, elle n'y prêta pas une attention particulière. Après tout, les alarmes sonnaient tout le temps sur Coruscant.

« Je te raccompagne, dit le Général alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie. Vu l'heure, je ne pense pas repartir avant demain matin. On pourra dîner ensemble, ta mère veut tout savoir.

- D'accord, il faudrait qu'elle vienne me voir. Elle qui rêve de faire les boutiques dans la capitale.

Je crois qu'elle organise ça pour le mois prochain mais qu'est-ce-qu'il se passe ici ? »

Ils se trouvaient sur le perron du Sénat et il y régnait un véritable chaos. Des patrouilles avaient formé un barrage autour du bâtiment, barrage qui s'étendait sur plusieurs kilomètres aux alentours. Les soldats poussaient les Sénateurs déboussolés, les forçant à revenir sur leurs pars et à retourner à l'intérieur du bâtiment. Autour du barrage, des passants se pressaient pour observer la scène. Sélène était perdue, les soldats hurlaient des ordres qu'elle ne comprenait pas et elle entendait son père lui demander de faire demi-tour et de rentrer avec lui. Alors qu'elle s'apprêtait à le rejoindre, une vague de Sénateurs terrifiés se mirent à courir dans sa direction et elle se trouva prise au piège dans une véritable marée humaine. En quelques instants, elle avait atteint le bas du perron du Sénat. Elle aurait voulu remonter mais les gens continuaient de courir dans tous les sens et l'immense toge qu'elle portait ne facilitait pas ses mouvements. La jeune femme commençait à paniquer. Partout où elle regardait, elle ne voyait que hommes et des femmes courant dans tous les sens. Elle tenta d'interpeler plusieurs personnes, espérant comprendre ce qu'il se passait mais tout le monde l'ignorait et préférait la bousculer pour aller se mettre à l'abri. Mais de quoi ? De plus en plus inquiète, elle essayait de repérer son père dans la cohue mais peine perdue, elle n'y voyait rien. Désespérée, elle voulu s'approcher d'un soldat qui faisait barrage mais celui-ci lui hurla de retourner à l'intérieur. Tout le monde criait, elle entendait des coups de feu et n'y voyait plus rien. Complètement paniquée, Sélène plaqua ses mains sur ses oreilles et se mit à reculer pour tenter d'échapper à cette folie. Distraitement, elle cru entendre le même soldat lui hurler quelque chose mais elle n'y prêta pas attention. Stop, faites que ça s'arrête. Elle avait vaguement conscience de l'illogique de ses actions, après tout aller dans la direction que tous semblaient fuir n'était probablement pas la meilleure des solutions, mais elle avait tellement peur qu'elle n'était pas en état de réfléchir.

Il était trop tard quand elle reprit ses esprits. Une fois qu'elle s'était un peu éloignée de la marée humaine qui l'avait entrainée, Sélène retira ses mains de ses oreilles et voulut trouver un moyen de rejoindre son père à l'intérieur du Sénat. C'est là qu'elle entendit distinctement les cris du soldats. Il l'appelait. L'air horrifié, il lui demandait de s'enfuir. Derrière moi ? Quoi derrière moi ?

Sélène voulut se retourner mais elle en fut incapable. Une main se saisit de ses poignets et les maintint fermement dans son dos tandis qu'un bras passa devant son cou, bras qui tenait très probablement une arme. Du coin de l'oeil, elle cru apercevoir quelque chose d'orange et de brillant.

Aussitôt, tous les soldats se mirent en position d'attaque et braquèrent leurs armes vers elle. Tout semblait s'être figé autour d'elle. Les gens avaient cessé de courir et on n'entendait plus aucun bruit. Le seul son qui parvint à ses oreilles fut celui des crans de sécurité. Les soldats venaient d'armer leurs armes. La réalité de la situation frappa Sélène de plein fouet. Elle venait d'être prise en otage et les soldats avaient la ferme intention de tuer son ravisseur. À ce moment, la jeune femme entendit quelqu'un crier. C'était son père, qui dévalait les marches du perron et ordonnait aux soldats de ne pas tirer. Les soldats s'immobilisèrent.

« Ne bougez pas, lui murmura une fois féminine. Je n'ai pas l'intention de vous faire du mal, je veux juste pouvoir partir tranquillement.

- Sélène, hurla son père. Relâchez-là immédiatement !

- Navrée Général mais si je fais ça, vos hommes vont nous tirer dessus et vous aurez beau me faire toutes les promesses du monde, je ne vous croirais pas.

- Vous n'avez aucune chance de vous en sortir, Sélène n'avait jamais vu son père aussi désespéré. Toutes les troupes de la ville sont à vos trousses, vous ne quitterez jamais Coruscant.

- C'est mal connaître les Sentinels, Général, Sélène fut obligée de reculer pour suivre le mouvement de son, ou sa, ravisseur. On s'en sort toujours.

- Ma fille n'a rien à voir là dedans, Mademoiselle El-Solar alors laissez la partir. Mes hommes ne tireront pas et nous vous offrirons un procès équitable.

- Je suis vraiment désolée Général mais c'est une offre que je vais devoir refuser. Voyez-vous, la promesse d'un impérial n'a aucune valeur à mes yeux. »

Elles avaient reculé de plusieurs pas pendant la tentative de négociation de son père et Sélène pouvait à présent voir plusieurs autres personnes qui semblaient faire partie du même groupe. Deux humains, homme et femme, une Miralan et un Twi'lek. Mis à part la jeune femme blonde qu'elle ne connaissait pas, Sélène avait déjà vu les visages des trois autres. Ils faisaient partis des Sentinels et étaient probablement les personnes les plus recherchées dans la galaxie à l'heure actuelle. Leur avis de recherche étaient placardés dans toute la capitale. El-Solar, mon dieu. Elle venait d'être prise en otage par les personnes les plus dangereuses du monde, les pires ennemis de l'Empire.

Plus ils s'éloignaient, plus les soldats semblaient vouloir tirer. Malgré tout, son père continuait de leur ordonner de ne rien faire. Personne n'osait bouger et, quand le Twi'lek força un groupe de trooper à s'éloigner de leur vaisseau en les menaçant avec son énorme canon-blaster, Sélène comprit qu'elle n'avait plus aucune chance. Ils allaient l'emmener et son père ne pouvait rien faire.

En quelques secondes, elle fut poussée à l'intérieur du vaisseau volé et on l'attacha à un siège. Alors que les Sentinels embarquaient et que les propulseurs se mettaient en mouvement, elle entendit Cassiopea El-Solar s'adresser une dernière fois à son père.

« Je ne ferai aucun mal à votre fille, Général. Mais j'ai besoin d'une garantie pour quitter cette planète. Vous ne me suivrez pas, vous ne lancerez aucune patrouille à mes trousses, vous attendrez mes instructions. Si vous vous en tenez à ça, votre fille vous reviendra saine et sauve en un rien de temps. Sur ce messieurs, je vous salue. »

Elle entra dans le vaisseau, la trappe se referma et l'engin décolla. Sélène ferma les yeux et tenta de retenir ses larmes.

« J'arrive pas à y croire, Sor était furieux. On ne prend pas d'otage, jamais. Qu'est-ce-qu'on va faire maintenant ? »

Depuis leur arrivée remarquée au Sénat et le vol du vaisseau impérial, les Sentinels avaient pu traverser la ville et aller récupérer le Phoenix. En quelques minutes, ils avaient quitté l'orbite de Coruscant et personne n'avait tenté de les suivre.

Cassiopea était assise dans les cales, le dos contre son fighter et elle s'occupait à reprogrammer son droïde. Elle avait besoin de calme et de silence pour réfléchir à la situation. Comme ils s'y attendaient, l'Empire leur avait envoyé une belle équipe d'accueil à leur sortie du Temple. En temps normal, ils ne faisaient qu'une bouchée des troopers classiques mais cette fois, ils s'étaient retrouvés face à des soldats bien plus entrainés et surtout, beaucoup trop nombreux. Comme ils avaient voulu se faire le plus discrets possibles, ils n'étaient pas suffisamment armés et à eux trois, Matylda n'étant pas encore entrainée, ils n'avaient pas fait le poids. Après de longues minutes durant lesquelles ils ne purent que se défendre et non attaquer, ils n'avaient plus eu qu'une seule option. La fuite. Malheureusement, à pied, le choix des chemins possibles était fortement limité et leur solution avait été de suivre le pont reliant le Temple au Sénat. Ils n'avaient pas imaginé que leur arrivée devant le bâtiment coïnciderait avec la sortie de la session. Le perron était bondé et l'armée ayant été prévenue de leur tentative de fuite, les troupes les attendaient de pied ferme.

Faisant tourner R7 sur lui même, ce qu'il adorait, Cassiopea se remémora encore une fois la scène. Il régnait un véritable chaos devant le Sénat et elle avait espéré pouvoir passer parmi la foule et échapper à l'armée mais, tous les Sénateurs ayant été avertis du danger, ils avaient tous rebroussé chemin pour aller se mettre à l'abri dans le bâtiment. Ils s'étaient retrouvés seuls face à des dizaines de soldats braquant leurs armes sur eux.

Cassiopea s'était vue obligée de faire un choix entre deux des plus importants enseignements des Jedi. Ne jamais faire de mal aux innocents et toujours veiller sur ses troupes. Elle savait à ce moment que si elle ne faisait rien, ils allaient mourir. Alors elle n'avait pas vraiment hésité. Cette jeune femme était seule et sans défense et la toge de Sénatrice qu'elle portait attestait de sa position importante. De toute sa vie elle n'avait jamais pris qui que ce soit en otage, maintenant que c'était fait, elle pouvait affirmer qu'elle détestait ça. Et une Vénusii-Arcadia en plus, son père ne va plus nous lâcher maintenant. Le Général était réputé dans la galaxie et la jeune femme savait donc que c'était un homme d'honneur, malgré son dévouement sans failles à l'Empire. Il les laisserait tranquilles jusqu'à ce qu'il ait retrouvé sa fille saine et sauve.

Cassiopea se releva et se dirigea vers le cockpit, il fallait maintenant qu'ils changent complètement de plan.

« Cassiopea, demanda Ivan quand elle les rejoignit dans le cockpit. Qu'est-ce-qu'on fait ?

- Où est la fille ?, demanda-t-elle en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil de Sor.

- Je l'ai mise dans une chambre vide, lui répondit ce dernier. Elle n'a pas essayé de se débattre, elle n'a même rien dit d'ailleurs. Alors je ne l'ai pas attachée, j'ai juste fermé la porte à clé.

- D'accord, j'irais la voir après. Il faut qu'elle comprenne qu'on ne va pas lui faire de mal. Le séjour ne va pas être agréable pour elle mais il ne lui arrivera rien.

- Il faudra la ramener à son père, dit Matylda. Il avait l'air à la fois inquiet et furieux.

- Mais on ne peut pas juste la lui ramener comme ça, ajouta Navo. Il va nous faire descendre, aucun doute là dessus.

- On va organiser ça mais avant, Cassiopea soupira. Il faut voir ce qu'on va faire à propos de ces Archives.

- Il n'y avait clairement rien, Ivan réfléchissait. Tu en penses quoi Cass ?

- On a trouvé le bon endroit, je n'ai aucun doute là dessus. Je ne pense pas qu'elles aient été déplacées ailleurs dans le Temple, tout le reste est cartographié et l'Empire aurait mis la main dessus en moins de deux.

- Donc, soit ils les ont trouvées mais tu dis que non et je suis assez d'accord parce que s'ils avaient eu accès à un truc aussi énorme on en aurait entendu parlé d'une manière ou d'une autre ; soit…

- Soit elles ont été déplacées avant. Le Conseil a très bien pu les changer de place avant l'avènement de l'Empire. D'après ce qu'on nous a appris sur le sujet, c'est-à-dire pas grand chose, c'est le rôle du Conseil de s'assurer de la sécurité des Archives et elles ont déjà été déplacées par le passé. Le truc c'est que tout l'Ordre doit normalement être mis au courant du déplacement, on ne leur dit pas où elles ont été emmenées mais au moins on les prévient qu'elles ne sont plus là.

- Mais toi tu ne sais rien donc si elles ont été déplacées c'est forcément après que tu ais quitté l'Ordre, conclut Ivan.

- J'avoue que je ne sais plus trop quoi penser. En tout cas, je pense qu'il faut continuer à chercher, l'Empire prépare quelque chose et il faut à tout prix qu'on découvre ce que c'est.

- Question, interrompit Sor. On fait quoi de la Sénatrice ?

- Il a raison, approuva Navo. On en peut pas la garder avec nous. C'est la fille de Vénusii-Arcadia, autant dire le pire des collabo, et si elle apprend d'une manière ou d'une autre ce qu'on trafique ça va mal finir.

- Ça va de toute façon mal finir !, cria Sor. Son paternel va nous faire descendre !

- Calmez-vous, les résonna Cassiopea. Bien sûr qu'on ne peut pas la garder mais je ne veux pas non plus la rendre tout de suite à son père.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

- Parce que, comme on n'a pas trouvé les Archives, on a perdu la longueur d'avance que je pensais avoir sur les impériaux. Alors, le temps qu'on trouve une solution on la garde bien au chaud chez nous. Je connais son père, il ne ferait jamais rien qui mettrait sa fille en danger. On est donc à l'abri d'une attaque tant qu'elle est avec nous.

- Surtout qu'elle pourra nous être utile, ajouta distraitement Matylda.

- Comment ça ?, demanda Sor.

- C'est bien la fille d'un Général, non ? Et une Sénatrice par dessus le marché. Alors elle a peut-être des infos sur notre affaire. Elle sait peut-être ce que fabrique l'Empire. Ou même qui était le Sith de l'autre fois.

- Pas faux, tu apprends vite dis donc. Il faut qu'on l'interroge, je peux m'en occuper tout de suite.

- Non, l'arrêta Cassiopea. Je le ferais moi même mais pas ici. On ne peut rien faire tant qu'on dérive comme ça. On va rentrer, je pourrais avoir accès à pas mal de dossiers grâce à notre base de données et à toutes celles qu'on a piratées à l'Empire et ça nous permettra de bien nous recentrer sur notre affaire. On ne peut plus se tromper, une fois qu'on aura relâcher la Sénatrice on aura toute la flotte à nos trousses. On n'a plus beaucoup de temps et on ne pourra pas la garder éternellement.

- Alors on retourne à la base, dit Sor en entrant les coordonnées de Kidron dans le navigateur. Et on espère qu'on ne va pas rencontrer de problèmes en route.

- De toute façon, conclut Matylda. Je ne vois pas comment ça pourrait être pire. »
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Messagepar Charlie Krystell » Lun 26 Mar 2018 - 17:00   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Emiliana


~ Noyau de la galaxie, Caamas ~

Le ciel était toujours gris, comme si l'emprunte des fumées avait fini par s'imprimer dans les nuages. Passant un linge humide sur ses jumelles, Emiliana se demanda encore une fois ce qu'elle avait fait pour mériter ça.

L'horizon était désert et le calme semblait régner sur Caamas. Depuis son poste d'observation, la jeune femme scanna encore une fois les environs. Depuis les attaques, elle ne croyait plus à la tranquillité, une menace planait toujours dans l'ombre. Ce jour là cependant, rien ne semblait se préparer et elle était déjà là depuis plusieurs heures à scruter vainement l'étendue déserte devant elle quand la relève arriva. Laissant les jumelles et tout son équipement au veilleur suivant, elle descendit de l'observatoire et se mit en route vers le camp.

Tout sur son passage n'était que désolation et destruction. Caamas avait pourtant été une si belle planète. Emiliana se revoyait encore courir avec son frère et sa sœur dans les herbes hautes et grimper aux larges troncs des arbres pour tenter d'apercevoir les vaisseaux de la Guilde qui décollaient des spatio-ports répartis sur toute la planète. Il ne restait plus rien de tout ça. Les arbres avaient été rasés, les spatio-ports détruits et plus aucun enfant ne courrait dans les champs.

Emiliana se souviendrait toute sa vie du jour où les impériaux étaient arrivés. Caamas faisait partie de la Guilde du commerce et disposait de nombreuses infrastructures agricoles qui faisaient sa renommée et permettaient à ses habitants d'avoir une vie confortable. Son père travaillait comme contre-maître pour une grande centrale de production céréalière et sa mère était hôtesse de terre au spatio-port de la capitale, elle y supervisait le départ de nombreux cargos de marchandises. Ensemble, ils avaient eu trois enfants dont elle était l'ainée. Ils avaient une belle vie, dans une petite ville tranquille non loin de la capitale. Ils n'étaient pas immensément riches mais n'avaient jamais manqué de rien et ses parents auraient tout fait pour eux. Ils étaient heureux.

Et puis la guerre avait éclaté. La République avait du affronter les redoutables Séparatistes prêts à tout pour prendre le contrôle de la galaxie. Alors que de nombreuses planètes membres de la Guilde du commerce avaient choisi le camp de ces derniers, Caamas était quant à elle restée fidèle à la République. Leurs vaisseaux acheminaient du ravitaillement aux troupes républicaines stationnées aux quatre coins de la galaxie et toute la planète avait été mise à contribution. Emiliana faisait alors des études de commerce à la capitale et elle s'investissait autant qu'elle le pouvait. Personne ne s'imaginait que tout s'arrêterait.

Si on lui demandait comment s'était arrivé, elle ne saurait probablement pas quoi répondre. En réalité, personne ne savait ce qu'il s'était réellement passé. Un jour, la guerre faisait rage entre la République et les Séparatistes et le lendemain, l'Empire asseyait sa domination sur toute la galaxie. Emiliana se demandait parfois s'ils auraient pu éviter le drame qui les avait touchés.

Les Croiseurs étaient arrivés de nuit, ils étaient des dizaines. Depuis leur positionnement en orbite, ils avaient bombardé la planète. Des centaines de chasseurs TIE sortis des soutes des Croiseurs étaient descendus pour achever le travail. En quelques heures, il ne restait plus rien. L'Empire était venu faire de Caamas un exemple afin de faire comprendre à tous les autres ce qu'il arrivait aux anciens alliés de la République.

Caamas n'était pas une planète guerrière et, mis à part le matériel de sécurité de base, les habitants n'avaient aucun moyen de se défendre. Les premières cibles avaient été les infrastructures agricoles et les spatio-ports, couper la planète du reste du monde était leur premier objectif. Et puis le reste. Les villes, les villages, tout avait été bombardé. Des centaines de milliers de personnes étaient mortes.

Emiliana ne savait pas comment elle avait survécu. Elle dormait dans sa chambre d'étudiante quand les premières bombes avaient touché terre. Il fallut quelques minutes, et d'autres bombardements, pour que les gens comprennent ce qu'il se passait. Très vite, ce fut le chaos. Comme beaucoup d'autres étudiants de la résidence, Emiliana avait cherché à se mettre à l'abri mais, là où les autres étaient sortis pour chercher du secours, elle avait opté pour les sous-sols du bâtiment. Avec quelques autres, dont sa meilleure amie Diane, ils étaient restés terrés des heures durant sous les bruits assourdissants des bombes jusqu'à ce que leur succède un silence de mort. Quand enfin ils sortirent de leur cachette, ils trouvèrent une ville dévastée, jonchée de débris et de cadavres. Bientôt, les survivants de la capitale apprirent que la même tragédie avait touché le reste de la planète. Terrifiée, Emiliana s'étaient précipitée vers la maison de ses parents. Il n'y avait plus aucun moyen de transport et elle dut donc s'y rendre à pied. Elle eut l'impression de courir pendant une éternité et, quand elle arriva, elle trouva une ville fantôme. Tout avait été détruit, plus aucun bâtiment n'était debout et il ne restait aucun survivant. Elle chercha pendant des heures, espérant que d'une manière ou d'une autre, ses parents et ses frères et sœurs avaient trouvé un moyen de s'en sortir. C'est dévastée qu'elle dut se rendre à l'évidence.

La jeune femme erra pendant des jours dans les ruines de son ancienne vie et elle y serait probablement morte si on ne l'avait pas trouvée. Finalement, un convoi de survivants passant par là l'avait finalement arrachée à sa torpeur. Elle avait retrouvé Diane, et avec les autres, ils avaient entamé un tour de la planète à la recherche des rescapés. Ils étaient si peu nombreux, mais ils décidèrent de s'installer ensemble dans un coin reculé de la planète, au milieu d'une jungle en apparence inhospitalière.

Ce fut l'affaire de longs mois de deuil et de labeur mais les survivants réussirent à fonder une sorte de micro-société dans la jungle. Il y avait des ingénieurs et des bâtisseurs dans le groupe et, avec le peu de moyens dont ils disposaient, ils purent retrouver un semblant de vie normale.

Maintenant, quatre ans après le drame, leur groupe avait grandi et gagné en puissance. Grâce à leurs liens avec la Guilde du commerce, ils avaient reçu de l'aide d'autres planètes alliées, notamment de la part d'Alderaan. Ils avaient pu reconstruire un petit spatio-port et avaient fait repartir certaines de leurs cultures. Emiliana se considérait comme une résistante. Dès qu'ils le pouvaient, ils faisaient parvenir des denrées à l'Alliance rebelle. Ils avaient eu connaissance de ce groupe en formation grâce à Bail Organa, prince consort d'Alderaan, qui restait régulièrement en contact avec eux.

Emiliana avait tout perdu, son avenir, sa famille mais jamais l'espoir. Elle était sûre qu'un jour l'Empire finirait par payer pour ses crimes et jusque là, elle ferait tout son possible pour venir en aide à ceux qui souhaitaient se battre contre le tyran.

« Je pense qu'il va falloir qu'on organise une expédition dans les caves, lui dit Diane quand elle arriva à la base. On ne va pas tarder à manquer d'eau potable et avec les patrouilles qui nous passent dessus non-stop depuis deux semaines, on n'a pas eu le temps d'aller au ravitaillement. »

Emiliana prit la tablette que lui tendait son amie. Effectivement, ils étaient limite. Les survivants s'étaient organisés en société depuis ces quatre dernières années et la jeune femme était rapidement montée en grade, comme Diane aimait le formuler. Sa détermination et son sens des affaires était très apprécié. Au moins, ses quatre années d'études de commerce lui avaient finalement été bénéfiques. La jeune femme fronça les sourcils en regardant les données sur l'écran, depuis quelques temps, l'Empire avait recommencé à patrouiller dans l'orbite de Caamas. Au début, dans les quelques mois qui avaient suivis les bombardements, ils n'avaient pas cessé de circuler mais au bout d'un certain temps ils avaient lâché l'affaire.

Ils étaient prudents, hors de question de risquer une nouvelle catastrophe. Mais apparement, ils étaient à nouveau surveillés.

« J'ai passé des heures au poste B, rien à signaler pour le moment.

- Ils ont peut-être lâché l'affaire, proposa Diane.

- Ça m'étonnerait, se sont des coriaces. Ils attendent sûrement le bon moment pour nous tomber dessus.

- Et bien on les attendra de pied ferme les cocos !

- Sinon, des nouvelles du centre médical ?

- Apparement, le vaccin est au point, on devrait le recevoir d'ici à deux jours.

- Tant mieux, il y a beaucoup d'enfants malades ici et on risque une contagion massive. »

Depuis l'attaque, les protections immunitaires qu'offrait l'écosystème autrefois favorable de Caamas avaient pratiquement été réduites à néant. Dans les mois qui suivirent les bombardements, de nombreuses personnes succombèrent des suites de maladies effroyables dont ils n'avaient jamais entendu parlé. Entre temps, ils avaient réussi à réintroduire un semblant de système médical mais ils faisaient encore souvent face à des épidémies longues et difficiles à éradiquer. La dernière vague touchait particulièrement les enfants et déclenchait chez eux des douleurs insupportables et de fortes fièvres. Emiliana s'était déplacée en personne au centre médical, au fin fond de la seule jungle restée intacte, pour s'assurer de la mise au point rapide d'un vaccin efficace. Enfin, ils allaient recevoir le produit.

« Tu devrais prendre un peu de vacances tu sais, Diane tentait vainement de la suivre dans le camp. Tu vas faire un burnout si tu continue comme ça.

- Je ne peux pas, Emiliana signa un document qu'on lui tendait. J'ai trop de travail.

- Justement, tu en fais trop. D'accord tu as beaucoup de responsabilités mais là tu fais au moins le triple de ce qu'on te demande. Tu fais le boulot des autres!

- Au moins je suis sûre que c'est bien fait et ça ne me dérange pas, j'aime rendre service.

- À ce stade ce n'est plus "rendre service", tu fais carrément de l'assistance sociale !

- Peut-être mais j'aime ça.

- Je persiste à dire que tu as besoin de repos. Si j'étais toi, je quitterais carrément la planète pour quelques semaines. Va te reposer dans une station balnéaire de la bordure médiane, prend un peu le soleil là où les gens n'ont pas quarante problèmes à la minute. Tu trouverais peut-être même un mec…

- Diane, Emiliana la regardait d'un air désapprobateur.

- Bah quoi, tu te fais vieille et je veux être marraine !

- J'ai 25 ans ! Je ne suis pas vieille et puis j'ai d'autres soucis bien plus importants.

- Burnout, lui répondit Diane.

- Je prendrai quelques jours quand les impériaux auront fini de nous tourner autour, soupira Emiliana excédée. Mais pas question de quitter la planète. Ni même le camp d'ailleurs.

- Mouais, ça ira pour cette fois. Tu devrais quand même en profiter pour aller voir Niram. Ça fait des mois qu'il t'invite à sortir.

- Sûrement pas. Déjà, il me fait flipper avec son regard lubrique et ensuite il a une vision médiévale de la femme.

- Quoi, fais la popote et élèves les gosses ?

- Exactement.

- Beurk, fais comme si j'avais rien dit. On sortira un peu toutes les deux, histoire d'élargir ton champ des possibles.

- Tu lâcheras jamais l'affaire, hein.

- Non ! Je te laisse, il faut que j'aille contrôler l'arrivée de la dernière livraison de fournitures pour l'école, mais je n'abandonnerai pas ! »

Diane avait toujours été comme ça. Les deux jeunes femmes se connaissaient depuis leur plus jeune âge. Leurs parents étaient voisins et elles avaient passé leur enfance à courir ensemble dans leurs jardins et puis elles étaient parties ensemble faire leurs études à la capitale. Emiliana savait qu'elle était quelqu'un d'optimiste et de joyeux mais, comparée à Diane, elle faisait pâle figure. Son amie était pleine de vie, elle irradiait littéralement et tout le monde l'aimait. Après la catastrophe, dans laquelle elle aussi avait perdu toute sa famille, Emiliana avait eu peur que Diane perde sa joie de vivre mais malgré sa douleur, elle n'avait jamais cessé de donner de l'espoir et du courage aux autres. C'est pourquoi Emiliana n'avait pas été surprise quand elle avait décidé de devenir institutrice. Les enfants l'adoraient et elle savait comment leur transmettre les valeurs les plus importantes de ce monde en guerre.

Malheureusement, Diane étant restée Diane, Emiliana devait subir quotidiennement ses railleries au sujet de sa vie sentimentale. Ou plutôt du néant de ma vie sentimentale. Évidemment, ce n'était pas Diane, en couple depuis presque dix ans et récemment mariée, qui avait à se plaindre sur la question. Si elle était honnête, Emiliana aurait bien aimé rencontrer quelqu'un et fonder une famille, enfant, elle rêvait d'une belle histoire d'amour comme celle de ses parents. Mais elle avait grandi, elle avait vu les horreurs de la guerre et elle ne se voyait pas élever des enfants dans un monde qui risquait de s'écrouler d'un moment à l'autre. Elle avait déjà tout perdu une fois, elle ne prendrait pas le risque de revivre un tel cauchemar. En plus, même si la situation s'était très nettement améliorée ces trois dernières années, Caamas restait une planète dangereuse, sous surveillance quasi constante de l'Empire, vraiment loin d'être un lieu idéal pour fonder une famille. La jeune femme se disait qu'à la fin de la guerre, et elle restait convaincue qu'elle cesserait un jour, elle pourrait peut-être offrir un foyer et une nouvelle famille à des orphelins qui, comme elle, avaient un jour tout perdu.

Mais en attendant, je vais devoir supporter Diane et ses tentatives désespérées. Je vais lui suggérer d'ouvrir une agence matrimoniale, elle pourra s'occuper des autres et me laisser un peu tranquille.

« Bonjour Miss Bin Orro, la salua un vieil homme quand elle entra dans les locaux du centre de contrôle. Belle journée aujourd'hui ?

- Bonjour Monsieur Fortia, vous avez pu faire quelque chose pour le chauffage ?

- Ah ces vieux engins me donnent du fil à retordre, mais ne vous en faites pas, je saurai les mater, lui répondit le bricoleur en brandissant une clé à molette.

- Pour ça, je vous fais confiance, Emiliana s'installa à son bureau. Vous avez vu passer du courrier pour moi ?

- Je crois qu'on vous a déposé quelque chose en provenance de l'exploitation sud.

- Oh non pas eux, ils me relancent depuis des semaines pare qu'ils sont en manque de carburant. Sauf que les impériaux font un sitting au-dessus de nous depuis trois semaines et que les cargaisons ne peuvent pas atterrir. Alderaan ne peut pas prendre le risque de nous envoyer quoi que ce soit dans ces conditions.

- Vous leur avez dit aux ingénieurs ?

- Évidemment, mais visiblement ils n'en ont rien à faire, Emiliana jeta le courrier dans le broyeur. Ils vont bien finir par comprendre.

- C'est vous le patron après tout ! »

Emiliana aimait bien le vieux Monsieur Fortia. Il avait été gravement blessé dans le bombardement de sa maison mais il n'avait jamais abandonné. Une fois remis, il avait voulu s'investir dans la reconstruction et il avait repassé ses gants de mécanicien alors qu'il aurait dû profiter d'une retraite bien méritée. Depuis, il réparait tout ce qu'il trouvait.

La jeune femme rassembla ses dossiers en cours et se mit au travail. La journée passa à une vitesse affolante et il fut bientôt temps pour elle de quitter son bureau. Après un rapide passage chez elle pour se doucher et se changer, Emiliana se rendit chez Diane et Hélios, son mari. Elle dînait avec eux presque tous les soirs.

Comme Diane, Hélios était un véritable bout en train, Emiliana le connaissait depuis le lycée et elle l'aimait beaucoup. Passer du temps avec le couple lui permettait de se débarrasser du stress accumulé durant la journée. Ils étaient attablés depuis peu de temps quand l'alarme du camp se mit à retentir. Emiliana savait qu'ils n'avaient pas prévu d'exercice et que la menace était donc sérieuse. Les habitants étaient rodés, ils avaient pris l'habitude de réagir rapidement dans ce genre de situation. Plusieurs bunkers armés contre tous types de chocs avaient été construits et répartis tout le long du camp et les gens s'y dirigèrent rapidement mais dans le calme.

Emiliana et ses amis se rendirent au bunker principal où devaient se retrouver les dirigeants de leur société. En arrivant, ils trouvèrent les techniciens déjà à l'oeuvre derrière leurs écrans. Aux vues de la discussion animée qui était en cours, la situation devait être sérieuse.

« Qu'est-ce-qu'il se passe, demanda Emiliana en se dirigeant vers le poste central. On nous attaque ?

- Pas encore, lui répondit l'ingénieur en chef. Mais on vient de capter une nouvelle fréquence. Ils nous surveillent depuis ces trois dernières semaines, mais jusqu'à aujourd'hui ils n'avaient envoyé que des patrouilles légères, avec des petits Croiseurs légèrement armés. Mais là, on vient de capter le signal d'un Destroyer Stellaire.

- Un Destroyer ?, Emiliana s'inquiéta immédiatement. C'est le plus gros vaisseau de la flotte, un armement ultra lourd et des centaines de TIE fighter en soute.

- Voilà, alors comme on n'est jamais assez prudents on a lancé l'alarme mais peut-être qu'ils ne font que passer.

- Si on capte leur signalement avec précision c'est qu'ils vont passer près de nous, je doute que ce soit une visite de courtoisie. Il faut s'attendre au pire.

- On est d'accord. On va activer tous les protocoles de sécurité.

- Et qu'est-ce-qu'on va faire s'ils prévoient d'attaquer ?, demanda Hélios. Aux dernières nouvelles, on n'est pas équipés pour faire face à un truc aussi énorme.

- Vous avez lancé un scanner ?, demanda Emiliana.

- C'est en cours, pour l'instant on n'a rien mais on va persister. »

Inquiète, la jeune femme s'installa derrière un ordinateur et scruta le scanner. Leurs ingénieurs informatiques l'avaient mis au point il y a quelques mois. Avant, ils utilisaient un système de localisation classique avec le risque qu'il présentait, à savoir celui de se faire repérer par les radars impériaux. Maintenant, grâce à ce nouveau système, ils émettaient sur une fréquence que l'armée impériale ne parvenait pas à capter. De cette façon, ils tentaient de joindre des vaisseaux de passage susceptibles de leur venir en aide en cas de problème. La menace d'un Destroyer impérial était plus que sérieuse et ils auraient besoin d'aide s'il se décidait à faire quelque chose.

« Merde !, lâcha l'ingénieur en chef. Ils se rapprochent et j'ai peur qu'ils se mettent en position.

- C'est pas vrai, s'énerva Emiliana. Verrouillez tous les abris et armez notre système de défense. On va lever les boucliers déflecteurs et les panneaux d'invisibilité. Ils ne nous ont sûrement pas localisés avec précision. Il nous faut de l'aide, s'ils attaquent on ne pourra pas tenir très longtemps.

- Chef, lança un ingénieur depuis le fond de la salle. On a un signal.

- Un vaisseau ?

- Oui, mais je n'arrive pas à capter son signalement. Il n'est pas impérial, ça c'est sûr, mais je ne peut pas en dire plus. Assez imposant je dirais, ce qui est positif.

- Alors on a peut-être de la chance…

- Vous pensez à quelque chose en particulier, Miss Bin Orro ?

- Ils ne veulent pas être reconnus, donc ils ne doivent pas être appréciés par l'Empire.

- Compris, on lance une fréquence secrète d'appel à l'aide, espérons qu'ils nous entendent… »
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Messagepar Notsil » Mar 27 Mar 2018 - 21:21   Sujet: Re: ~ Sentinels ~ The Lost Crystals

Oh, je me demande si les Sentinels n'arrivent pas sur Caamas ;) Mais un destroyer entier, ça va être un sacré adversaire, et je ne sais pas si leur otage va leur servir !

A moins que le papa ne le commande ? Mais comment aurait-il su où aller ?

A suivre ^^
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