Entrainement

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Messagepar Code 44 » Dim 24 Mar 2013 - 22:10   Sujet: Entrainement

Et hop, voilà le texte bi-annuel de Code ;)







Plaçant mes mains en coupe au dessus de l’eau chaude, je pressais la tête de la bombe de mousse à raser d’une simple poussée de Force. Elle jaillit au creux de ma paume, plus blanche que les neiges d’Illum. Je me surpris à apprécier son contact, à la réchauffer par ma propre chaleur intérieure.
J’étalais lentement la mousse sur mon visage, commençant par le dessus de ma lèvre supérieure, avant de gagner les joues puis de redescendre au menton et à la gorge. En quelques secondes, une barbe de mousse à raser me mangeait la moitié du visage.
C’était toujours un peu comique quand on y pensait : on se fabriquait une fausse barbe avant de raser la vraie.

D’un geste calme et précis, je pris le rasoir dans ma main droite. Il n’était pas en duracier comme l’appréciaient la plupart des hommes de la galaxie, ou même en transparacier comme l’aimaient certains excentriques. Non, mon rasoir était bien plus chaud, plus vivant, plus organique.
C’était un rasoir d’os.

Plus précisément, fabriqué à partir d’un os. La phalange d’un seigneur noir des Sith, découverte avec le corps momifié de son propriétaire dans son tombeau de Korriban. La crypte était déserte du reste. Aucun trésor, aucun artefact. Les apprentis qui avaient passé des semaines à désamorcer les pièges de la tombe les uns après les autres avaient tempêté, tapé du pied contre le sol. Ils n’y avaient rien affirmaient-ils, rien d’autre que des os et de la poussière.
Les imbéciles. Si seulement ils s’étaient servi de la Force pour voir plutôt que se fier à leurs yeux...le côté obscur embaumait l’endroit. Il en saturait l’air, comme des particules en suspension. Un pollen maléfique, cocktail de colère et d’arts obscurs.
Peu importait que la crypte soit vide. Le vrai trésor, c’était le côté obscur en lui-même. La preuve par nature que le temps ne pouvait rien contre la Force, ne pouvait effacer ce qui avait été.
C’était pour cela que j’avais brisé la phalange du seigneur noir, la prenant avec moi pour la transformer en objet du quotidien.
J’avais dû passer pour fou auprès des apprentis. Mais ils n’avaient osé rien dire, à peine formuler cette pensée dans leurs crânes de peur que je m’en rende compte et les punisse.
Ils avaient beau être de jeunes étudiants de l’académie, et leurs connaissances sur les Sith encore limités, ils se doutaient bien qu’insulter un maître du côté obscur était une erreur à ne pas faire, même une seule fois.
A fortiori quand ce maître se nommait Dark Malak.

L’os passait au ras de ma peau. Je sentais mon épiderme crisser sous son contact. Un geste maladroit et je m’entaillais la joue.
Mais bien sûr, cela n’arriva pas. Un seigneur Sith ne se coupait pas en se rasant.

Quoique...lorsque j’étais encore au Temple en simple padawan, bien avant que maître Revan et le côté obscur ne me dessillent les yeux, j’avais assisté à une scène particulièrement marquante. Un élève avait été mis au défi par ses camarades de se raser en utilisant son sabre laser. Il n’y avait eu aucun enjeu. C’était le défi typique des têtes brûlées que nous étions, le “t’es même pas capable de...”. Le padawan avait relevé le gant. Et s’était atrocement brûlé le visage en faisant un faux mouvement.
Le sabre laser avait été réglé au minimum et les secours n’avaient pas été longs à intervenir. Mais malgré les soins et l’aide de la Force, une vilaine trace noirâtre lui barrait désormais la joue droite. Il l’avait gardée jusqu’à sa mort. Mort récente, puisque je l’avais moi-même tué dans le corps à corps qui avait suivi sa capture sur Axxila. Pauvre Loty : décidément, le sabre laser avait toujours été son ennemi. Il aurait mieux fait de plier bagage pour le Corps Agricole. Quoique qu’il aurait sans doute trouvé moyen de s’ouvrir le crâne avec une binette, maladroit comme il était.

Le rasoir d’os passa sur mon cou, sur la carotide. Le moment le plus délicat du rasage. Effilé comme il était, je n’avais qu’à déraper pour ouvrir l’artère et me vider comme un vulgaire poisson vendu au marché de Nar Shaddaa.

J’aurais pu choisir un moyen moins contraignant pour me raser. Un gel dépilatoire comme faisaient la plupart des soldats. Ou même me servir de la Force, comme quelques rares adeptes.
Mais ça aurait ôté tout son plaisir au rasage. Celui de sentir la mort se promener sur son cou, frôler ses artères, aller presque jusqu’à sarcler sa peau. Sentir tout ceci et la tenir fermement loin des pulsations de vie qui battaient dans nos veines.
Le contrôle, le contrôle total. Voilà ce qu’était se raser avec cet os incroyablement tranchant était pour moi.

Je terminais mon rasage par la pointe du menton avant de déposer l’objet sur le rebord du lavabo. Je m’aspergeais violemment d’eau chaude, presque brûlante pour qu’elle emporte avec elle jusqu’à la dernière trace de mousse. Puis après m’être essuyé avec une serviette, je me renvoyais un regard dans le miroir. Crâne rasé à blanc, quatre tatouages bleu gris sur le haut de celui-ci, des yeux couleur de glace et depuis quelques secondes, des joues aussi lisses que le jour de ma naissance.
Je me sentais en forme. Ca allait être une bonne journée aujourd’hui.

Je tournai les talons pour regagner ma chambre. Dans le grand lit qui en occupait l’essentiel, une jeune femme aux cheveux blonds comme les blés dormait encore profondément, les draps dissimulant à peine ses formes généreuses.
Je ne me souvenais même pas de son nom. Juste que c’était une des innombrables élèves de l’académie de Korriban qui s’était dit pouvoir bénéficier de privilèges en approchant ma couche. Elle n’avait pas été la première à avoir eu cette idée et ne serait certainement pas la dernière.
Elles se mettaient toutes le sabre laser dans l’oeil jusqu’au coude mais je me gardais bien de les détromper.
Toutes si naïves. Ce n’était pas parce que nous les Sith, nous savions que la passion ne devait pas être réfrénée que nous placions le sexe au centre de tout. Ce n’était au bout du compte qu’un besoin mécanique, fort agréable à combler mais un besoin. Ce n’était pas différent de la faim ou de la soif.

Je me détournais de ces pensées en m’habillant rapidement. Ma tunique en cuir de rancor teinte de rouge était plutôt simple. En un sens, elle rappelait un peu le dépouillement des bures jedi. Certains Sith s’étaient fait les spécialistes de se surcharger de bijoux et des parures, comme s’ils souhaitaient exprimer la marque de leur rang par l’ornementation de leurs tenues. Mais ce n’était rien d’autre que de la vanité.
En tant qu’utilisateur du côté obscur, je comprenais l’orgueil. Je savais quelle puissance ce sentiment pouvait déchaîner. Mais en tant qu’élève de maître Revan, j’avais appris à ne pas me laisser aller à la vanité. Le vaniteux était faible en fin de compte. Enchainé à sa propre image. Et comme le récitait notre code, la Force devait nous libérer de ces chaînes.
Je m’accordais toutefois une touche distinctive avec ma tenue. Un symbole, pour qu’on sache dès que l’on pose les yeux sur moi qui j’étais.
Maître Revan avait son masque mandalorien, moi, j’avais ma pelisse noire. Ou ma demi-cape comme la surnommaient les imbéciles qui ignoraient le terme approprié.

Je pris bien soin de l’attacher à mon épaule droite. Si elle glissait ou si je me prenais les pieds dedans, j’aurais perdu beaucoup de mon image.

J’étais prêt. Enfin presque.
Je tendis le bras devant moi et attirais mon sabre laser qui reposait sur la table de nuit. L’arme familière vint se lover au creux de ma paume, comme l’aurait fait un enfant contre le sein de sa mère.

Cette fois-ci, j’étais fin prêt.

Je franchis la porte coulissante de ma chambre et dépassais les deux acolytes qui en gardaient l’entrée. Très droits dans leurs robes noires, ces derniers se mirent au garde à vous quand je passais devant eux.
Un sourire léger éclaira mon visage. Se calquer sur la discipline militaire était quelque chose qui s’était fait naturellement à l’intérieur de l’Ordre Sith. Déjà parce que l’essentiel de notre armée était l’héritage des troupes républicaines qui avaient combattu les mandaloriens. Et simplement parce que c’était un bon moyen de mettre au pas les fortes têtes et de créer un esprit de corps.

Je déambulais depuis quelques minutes dans les coursives du vaisseau quand un apprenti Sith humain me rejoignit. C’était un de nos meilleurs éléments. Il manquait encore de technique mais l’ardeur qu’il mettait dans son utilisation du côté de la Force était notable. Il y avait du potentiel chez ce jeune garçon. J’envisageais d’ailleurs de le prendre en main personnellement.

_Seigneur Malak, me dit-il en saluant rapidement.

_Bandon, lui répondis-je. Maître Revan est-il rentré de Lehon ?

_Oui mon seigneur, répondit-il. Le Jörmungand est sorti de vitesse lumière il y a une heure, maintenant.

_Une heure ? répétais-je en levant un sourcil. Et je ne suis prévenu que maintenant ?

_C’étaient les ordres du seigneur Revan, monsieur, se défendit l’apprenti.

Je plissais les lèvres. Je n’aimais pas être mis à l’écart pour ce genre de chose. J’étais l’élève de maître Revan, son bras droit le plus fidèle. Me court circuiter ainsi, c’était presque une insulte.

_En revanche monsieur...sembla hésiter Bandon.

Je lui fis signe de parler.

_D’après les relevés de l’ordinateur de bord, le Jörmungand a quitté Lehon voici trois jours. Il a fait un crochet par la planète Esseles avant de revenir ici.

Je sifflai entre mes dents. Qu’était-il allé faire là bas ? Ses projets étaient simples pourtant : aller surveiller la Forge Stellaire, inspecter nos troupes et revenir. Et comme je connaissais Dark Revan, il n’était pas homme à prendre trois jours de vacances en pleine guerre.
Pas homme à prendre de vacances du tout en fait.

_Le seigneur Revan nous a demandé de vous dire qu’il vous attendrait dans la salle d’entraînement après votre réveil.

Et maintenant, il passait par les acolytes pour me faire chercher moi ? Moi, sa main de l’ombre, sa volonté ?
Il était peut-être temps de rappeler à maître Revan que je ne portais pas le titre de Dark pour rien.

_Entendu, finis-je par dire à Bandon. Va te mettre à la disposition du capitaine Karath. Le seigneur Revan et moi-même viendrons vous briefer après notre entraînement.

L’humain hocha la tête et tourna les talons en direction du pont. Moi au contraire, je continuais sur ma lancée, m’enfonçant dans le ventre du Léviathan.
J’aimais profondément ce navire. A cause de son histoire, tout d’abord. Le vaisseau avait longtemps été le fer de lance de la flotte républicaine, responsable de la destruction de nombreux bâtiments de guerre mandaloriens.

Et depuis que le capitaine Karath nous avait suivis après Malachor V, le Léviathan servait la cause Sith.

Le vaisseau et sa formidable puissance de feu, le vaisseau et ses redoutables puits de gravité qui empêchaient l’ennemi de passer en hyperespace ou de tirer de la vitesse lumière ceux qui y étaient déjà.
Le Léviathan n’était ni plus, ni moins que le plus puissant de nos navires de guerre. Et maître Revan m’en avait donné le commandement.
Techniquement, c’était au capitaine Saul Karath que revenait la barre du Léviathan, mais ça ne changeait rien au fait que le bâtiment était mon navire amiral.
Je n’avais jamais compris pourquoi Revan avait préféré prendre ses quartiers sur le Jörmungand, un vaisseau bien moins capable que le Léviathan.
En tant que Seigneur Sith, il aurait dû...mais enfin. On me mettait entre les mains un des navires les plus puissants de la galaxie. Je n’allais pas me plaindre.

Je fis coulisser la salle de la porte d’entraînement d’une simple pensée. Elle était plutôt complète : il suffisait de quelques réglages sur la console pour la programmer à sa guise. On pouvait la transformer en salle de sport en gravité trois G ou révéler des lignes d’eau, idéales pour faire quelques longueurs.
Mais je savais qu’avec mon maître, je trouverais la salle vide de tout objet. Elle était blanche et virginale, comme si quelqu’un s’était amusé à tout effacer à l’intérieur.
Il n’y avait que la grande vitre de transparacier, donnant sur l’infini de l’espace. Vitre devant laquelle mon maître patientait, sa cape noire l’entourant comme les ailes d’un chauve-faucon.
Je ne comprenais jamais comment il faisait ça. Cette capacité à tourner le dos quand quelqu’un entrait dans la pièce, comme s’il voulait sembler perdu dans ses pensées.

_L’inspection sur Lehon s’est bien passée, maître ? demandais-je en marchant lentement jusqu’à lui.

_Plutôt, répondit-il. La nouvelle flotte sera bientôt prête. Nous allons pouvoir pousser notre avancée vers le centre de la galaxie.

Je hochais la tête. Une bonne nouvelle. Même dans un espace aussi immense que la galaxie, la chute de quelques grandes planètes, à commencer par Coruscant, le monde capitale, porterait un coup au moral de nos ennemis. Peut-être même nous assurer la victoire, si la Force le voulait.

_Je te sens troublé, murmura Revan. Un problème ?

_Une question. Pourquoi avoir visité Esseles avant de revenir ici ?

Revan se retourna lentement vers moi. Avec son masque mandalorien, il était impossible de deviner l’expression qu’il arborait mais son ton était des plus clairs :

_J’ignorais qu’un Seigneur Noir des Sith devait faire rapport du moindre de ses gestes à son apprenti, susurra t-il.

Je sentis une petite voix résonner dans ma tête, me dire que j’avais gaffé en questionnant de front maître Revan. Mais je ne lâcherais pas le morceau aussi facilement.

_Je suis votre bras droit, objectais-je. S’il vous arrive quelque chose, ça sera à moi d’assurer le commandement de l’Ordre. En conséquence, je me dois de...

_”Quand”.

_Pardon ?

Revan leva l’index à hauteur du visage.

_”Quand”, pas “si”. Aussi puissant que je sois, je finirais un jour par décliner en force - sans mauvais jeu de mot -. Et ce jour là, tu devras être prêt à me surpasser pour devenir un véritable maître du côté obscur.

Le Sith abaissa son doigt et se remit dos à moi.

_Tout finit par mourir, Malak. Tout. Un equine, un droïde, une étoile. Les Sith ne font pas exception à la règle. Il n’y a que les fous comme Andeddu pour penser que l’on peut vaincre la mort.

_La Force peut mourir ?

_Je ne sais pas, répondit Revan après un moment de silence. C’est une question dont j’ai souvent débattu avec maître Kreia. Et je n’ai jamais eu de réponse satisfaisante.

_J’aimerais moi, avoir ma réponse concernant Esseles.

J’entendis Revan rire sous son masque.

_Tu ne perds pas le fil des idées, hein Malak ? J’aime ça.

J’accordai un sourire à mon maître. Rester concentré, c’était la clé de bien des choses. Surtout dans un univers de manipulation comme l’était le monde Sith.

_Je revenais de Lehon quand j’ai reçu un message de Pollard Seario.

_Le PDG de la Czerka Corporation ?

Revan hocha la tête.

_Voilà plusieurs mois que nous cherchions à nous rencontrer à l’abri des regards. Et Seario a justement eu une opportunité. Nous nous sommes rencontrés dans sa villa d’Esseles.

_Pourquoi ? Qu’est-ce qu’on a à gagner en frayant avec des hommes d’affaires ?

_Il n’a pas dû t’échapper que Seario est corrompu. Il se vend à tous comme une prostituée twi’lek du Corridor Ecarlate pour quelques décicrédits.

Je hochais la tête.

_Et bien dis toi que cette twi’lek vient de trouver un protecteur en la personne de l’Ordre Sith. A compter d’aujourd’hui, la Czerka Corporation est officiellement la fournisseuse de l’Ordre en armes de poing. Et nous leur accordons les droits de douane exclusifs à chaque planète tombée. Ils vont installer le nouveau siège de leur société sur Korriban. Nous signerons les accords définitifs là bas.

Je manquais d’émettre un sifflement d’admiration. La Czerka était une des plus grandes compagnies d’armement de la galaxie, ses troupes de sécurité tenaient plus de la milice privée que de la force d’autodéfense.
Cela voulait dire que nous aurions des fusils fonctionnels pour chaque soldat Sith, et même des troupes supplémentaires.

_Je suppose qu’en retour, nous devrons faire les gros bras pour Seario ?

_Inévitable, non ? demanda Revan en haussant les épaules. Mais d’après ce que m’a confié son directeur général, la Czerka à la situation bien en main sur l’essentiel de ses marchés. Il n’y que la planète Kashyy - pardon, Edean - qui leur pose quelques problèmes, avec les wookies. Nous enverrons quelques Sith les épauler là bas.

Les wookies. Les spécistes les plus ardus de la galaxie les prenaient pour une race de sauvages et foncièrement, ils n’avaient pas tout à fait tort. On évitait simplement de leur dire en face. A moins qu’on ait assez d’argent pour souscrire une assurance qui couvrait les démembrements.
Cela dit, une fois dressés, les wookies se révélaient parmi les meilleurs travailleurs de force de la galaxie. Aider la Czerka à asseoir son pouvoir sur Edean serait au final profitable à l’Ordre Sith.
Après tout, avions nous déjà fait quelque chose par altruisme ?

_Bien, murmura Revan en se retournant, tout en plongeant la main dans sa ceinture pour y saisir son sabre laser. Si nous passions aux choses sérieuses ?

_J’allais justement vous le proposer, maître, rétorquais-je en faisant de même et en activant mon arme.

Un feu rouge jaillit de ma main droite. Un sabre laser était tellement plus qu’une arme.
C’était l’extension même de la volonté de son porteur. Un étendard aux couleurs de la Force. Le symbole de notre religion.

Dans la paume de mon maître, le même feu écarlate avait trouvé refuge. Dans quelques secondes, les deux feux s’embrasseraient dans un déluge d’énergie, se mêlant, s’affrontant, fusionnant, pour accoucher d’une myriade d’étincelles.
Il y avait de la beauté dans un duel au sabre. De la beauté qu’aucun autre affrontement ne pouvait espérer égaler.

Nous levâmes respectivement nos sabres à hauteur du visage, pointés en direction du plafond, nos visages à quelques centimètres des lames bourdonnantes. Le salut traditionnel du combat au sabrolaser.
Cela aurait pu passer pour maniéré de se plier à ces anciennes lois dans la mesure où nous, les Sith, nous efforcions de briser les préceptes vétustes qui entravaient l’Ordre Jedi. Mais c’était tout le contraire. Le passé avait un pouvoir. C’était en plongeant ses racines dans ce dernier que l’arbre du présent pouvait s’épanouir et donner naissance aux bourgeons du futur.

La formulation était de maître Revan en personne.

Je portai la première estocade en abaissant vivement le poignet. Revan leva simplement son sabre à l’horizontale pour arrêter mon attaque. Je profitai de l’occasion pour lui décocher un coup de pied dans le ventre.

Maître Revan encaissa le coup en silence, reculant de quelques pas. La plaque d’armure qu’il portait sous sa robe le protégeait de la plupart des attaques mais était aussi une faiblesse. Elle le ralentissait. Physiquement tout d’abord, puisque il devait en supporter le poids mais aussi moralement. Quand on s’appuyait sur une protection corporelle, on avait tendance à se relâcher, à lui accorder une trop grande confiance. On faisait des erreurs.
Les guerres mandaloriennes nous avaient appris à quel point les armures pouvaient être une faille.

J’enchaînai sans attendre, me projetant en l’air avec l’aide de la Force. Sabre dressé haut au dessus de mon crâne, j’essayais de frapper maître Revan en touchant le sol. Ma lame ne rencontra que du vide.
Du coin de l’oeil, je vis la pointe rouge du sabre de mon maître fondre sur mon cou. Un pas de côté et l’attaque du seigneur Sith se solda elle aussi par un échec.
J’avais maintenant une ouverture sur le flanc de Revan. Je frappai violemment, pour voir mon coup brusquement arrêté, comme si j’avais frappé dans un bloc de beskar pur.
La paume ouverte du maître de l’Ordre ne laissait guère de doute.

_Je vous oblige à vous servir de la Force en combat de plus en plus tôt, mon maître, souris-je, relâchant mon attaque et faisant quelques pas en arrière, me remettant en garde.

_C’est vrai, tu as attaqué de façon plus agressive que d’habitude. A moins qu’utiliser la Force n’ait été mon intention dès le début pour te mettre en confiance.

Mon sourire s’effaça lentement. Je détestais quand maître Revan faisait ça. Le dun möch, cette technique qui consistait à se servir de la parole pour jeter le trouble dans l’esprit de l’adversaire.
Il n’y avait pas plus Sith comme méthode.
Maître Revan était un des plus grands pratiquants de dun möch que je n’ai jamais rencontré. Il était capable de renverser l’issue d’un combat défavorable juste en se servant de sa bouche.
Un instructeur Jedi aurait conseillé de laisser glisser, de ne pas garder prise. Que si on ignorait, le dun möch devenait totalement inefficace.
Mais je n’étais plus Jedi. J’étais Sith. Et j’avais ma propre technique pour contrer le dun möch. J’ouvris mon coeur aux ténèbres et me laissai envahir par le côté obscur de la Force.

Mon attaque fut brutale. Je chargeai sans prévenir maître Revan, avec si peu de subtilité que je le surpris.
Mon épaule le percuta avec force et l’envoya bouler à l’autre bout de la salle d’entraînement. Il se réceptionnait à peine que j’attaquais à nouveau.
Coup de taille, coup d’estoc. J’étais partout à la fois. J’acculais maître Revan sur la défensive. Et le plus étrange...c’était que ça me semblait facile.
Le côté obscur guidait mes coups comme le meilleur des professeurs. Je voyais les failles dans la défense de maître Revan, j’y portai mes attaques, l’obligeant à parer à grand peine.
J’étais dans mon élément. J’étais bien. Et le côté obscur me rendait plus fort encore, me chuchotant qu’il serait naturel que j’aie le dessus une fois pour toutes. Après tout, j’étais son apprenti depuis assez longtemps. L’Ordre me respectait déjà. Et j’étais meilleur bretteur que lui, j’en apportai la preuve en ce moment même.
Alors pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Pourquoi ne pas prendre sa vie ici et maintenant ?
Je resterais le seul maître de la Forge Stellaire. La galaxie plierait devant moi.

J’augmentais la cadence de mes coups. Revan allait craquer. J’étais plus fort que lui. Plus jeune. Meilleur.
Et c’était la loi de la jungle. Les gros poissons dévoraient les petits. Maître Revan m’avait énormément appris. Et il était temps que l’élève dépasse le maître.

Je manquai de crier de joie quand mon sabre laboura la cuisse du seigneur noir. Revan trébucha et tomba sur les coudes. J’avais l’extrémité de mon sabre pointé sur sa gorge. Un pas en avant et c’était terminé.
Pourtant, il ne semblait pas inquiet, aucunement nerveux. La Force m’apprenait même qu’il souriait derrière son masque.
N’avait-il pas encore compris que j’allais le tuer dans un instant ?

_Bien joué Malak, me félicita t-il. Tu m’as battu aujourd’hui. Je pense que tu seras à la hauteur pour la mission que je compte mettre sur pied à Arkania.

_Arkania ? répétais-je par réflexe, levant un sourcil.

_Plusieurs grandes compagnies souhaiteraient nous rencontrer. Elles seraient prêtes à lier les forces de sécurité d’Arkania à l’Ordre Sith si nous leur rendions un petit service.

Il marqua une courte pause, comme s’il cherchait ses mots.

_L’extermination totale de la race scion.

_Jarael ?

L’image de la belle arkanienne à la peau blanche s’imposa à mon esprit, chassant tout le reste pendant quelques microsecondes. Microsecondes que Revan mit à son profit.

Je reçus un coup au menton. Comme si j’avais reçu une gifle d’une puissance phénoménale. J’étais sonné et hébété.
Mécaniquement, je portai ma main à mon visage pour me rendre compte des dégâts. Mes doigts se refermèrent sur eux mêmes.
Non, c’était impossible. Je ne pouvais pas ne rien toucher. Ou alors cela voulait dire que... mes yeux accrochèrent un objet circulaire noirci qui fumait à mes pieds. Je le poussais machinalement du bout de ma botte.

C’était ma mâchoire.

Dès que je compris cela, la douleur transperça mon visage tout entier. Je voulus hurler mais je ne produisis qu’un long son désarticulé.
Mes cordes vocales étaient à vif, du même qu’une bonne partie de mon anatomie. J’étais purement et simplement défiguré.

Hébété, je ne pus rien faire quand maître Revan me frappa de la poignée de son sabre entre les deux yeux.
Je basculai en arrière et dans l’inconscience.






Dark Revan resta quelques instants à contempler son disciple étendu devant lui, des fumerolles s’échappant encore de sa blessure. Le Seigneur Noir aurait eu honte de l’avouer mais pour une fois, il avait eu chaud.
S’il n’avait pas troublé Malak à la dernière seconde en manipulant son esprit pour qu’il pense à son ancienne amie, il aurait sans doute gagné. Et Revan aurait fini empalé au bout de son sabre.

Ca lui servirait de leçon. Ne pas sous estimer les désirs de pouvoir de Malak. Revan serait plus prudent à l’avenir.
Revan marcha jusqu’à l’entrée de la salle, prévenir les gardes de porter son disciple au bloc opératoire et de sauver ce qui pouvait encore l’être sur sa mâchoire.
Et peut-être aussi de vider la chambre de Malak. Il n’aurait plus besoin de quelques affaires. Revan pensait entre autres à un rasoir d’os qui ferait le bonheur de quelques autres Siths de l’Ordre. Le Seigneur Noir lui-même n’en avait pas besoin : l'avantage de passer ses journées derrière un masque, c’était qu’on pouvait sauter le rasage du matin.
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Messagepar Notsil » Lun 25 Mar 2013 - 18:26   Sujet: Re: Entrainement

Très mignon ce petit texte ^^

Je me demandais où tu voulais nous emmener avec ton intro rasage :) Bon, me semblait bien que Malak n'était pas homme à se raser (j'ai jamais joué à KoTOR mais j'ai des notions), m'enfin ça aurait pu être sa jeunesse :p

La conclusion est sympathique, même si j'aurais peut-être davantage pensé à un réveil de Malak devant son lavabo une fois ses blessures guéries :p Ce qui aurait trop rallongé donc ce n'est pas plus mal que ça se finisse sur les pensées de Revan.

mais l’ardeur qu’il mettait dans son utilisation du côté de la Force était notable.

-> Manque un petit "obscur" ?

Et maintenant, il passait par les acolytes pour me faire chercher moi ? Moi, sa main de l’ombre, sa volonté ?

-> j'aurais supprimé le premier "moi" pour augmenter l'intensité du second.

Voilou, à la prochaine donc :p
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Novembre approche...
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 25 Mar 2013 - 20:16   Sujet: Re: Entrainement

Cooode ! :love:

Bah dis-donc, effectivement, ça faisait longtemps XD Bon, sur le fond, bah, voilà, l'incident auquel on pouvait s'attendre, quoi^^ Pas grand chose à dire. La forme en revanche, narration très soignée, un peu dialoguée, ça m'a plu et ça fait même tout l'intérêt du texte :) Juste le combat au sabre-laser, c'est toujours un peu "WTF ?!" à l'écrit, et celui-ci ne fait pas exception :transpire:

Elle jaillit au creux de ma paume, plus blanche que les neiges d’Illum. Je me surpris à apprécier son contact, à la réchauffer par ma propre chaleur intérieure.


Je dirais plutôt "interne", parce que les deux "eur" à la fin sont assez moches.

C’était toujours un peu comique quand on y pensait : on se fabriquait une fausse barbe avant de raser la vraie.


Bien vu XD

Ils n’y avaient rien affirmaient-ils, rien d’autre que des os et de la poussière.


Pourquoi mettre au pluriel "Il n'y avait" ? :?

Déjà parce que l’essentiel


Mouais, je ne trouve pas ce "Déjà" très français... Un simple "D'abord" serait plus clair, ou un "En premier lieu" pour faire plus écrit.

J’envisageais d’ailleurs de le prendre en main personnellement.


J'ai toujours su que la relation entre Revan et Malak était ambigüe :o

Le Jörmungand


C'est un nom déjà posé par KoTOR ou c'est de toi ? :love:

je trouverais la salle vide de tout objet.


Trouverai, non ?

Mais je ne lâcherais pas le morceau aussi facilement.


Lâcherai ?

- sans mauvais jeu de mot -.


Pourquoi remettre un tiret avant le point ?

Je resterais le seul maître de la Forge Stellaire.


Resterai ?

l'avantage de passer ses journées derrière un masque, c’était qu’on pouvait sauter le rasage du matin.


N'en veux un !
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Messagepar Red Monkey » Sam 19 Oct 2013 - 15:00   Sujet: Re: Entrainement

Sympa comme tout.
L'intro rasage !! Je me demandais à ce moment quand il avait eu sa machoire d'acier en fait :lol: :diable:
Sinon, c'est sympa le maitre qui laisse l'apprenti dans l'ignorance.
Et surtout : Revan :love: :love: :love:
Par contre, Revan ne peut pas perdre :o :D
Sinon, j'ai adoré la fin bien sur, avec l'attaque in extremis de Revan, même si j'aurais préféré que ce soit un coup de semonce que d'ultime défense :P
Cool de voir ça sinon.
Maintenant, la question : Ou est passé Code ? :paf:
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