[Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

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Messagepar yahiko » Sam 28 Nov 2015 - 14:28   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Lu !

Texte travaillé. Ça fait plaisir. On sent une réelle implication et un véritable effort de stylistique.
J'aurai bien relevé deux trois choses à revoir, mais dans l'ensemble c'est du bon boulot.

L'ambiance oppressante est bien retranscrite. La cécité du personnage principal est une bonne trouvaille pour plonger le lecteur dans une douce angoisse.

Voilà, que dire de plus à part que j'ai bien aimé et que je te souhaite une bonne continuation ;)
Fan-fiction : Les Cendres du Phénix
Rogue One : Inspirations | Analyse
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 02 Déc 2015 - 15:21   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Plus que deux semaines pour participer ! :jap:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 02 Déc 2015 - 18:24   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

yahiko a écrit:J'aurai bien relevé deux trois choses à revoir, mais dans l'ensemble c'est du bon boulot.

Ah oui ? Quoi ?
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Minos » Ven 04 Déc 2015 - 18:08   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Hop, voici ma contribution (mieux vaut tard que jamais, même si j'ai une réputation à préserver^^) au recueil.

Y'a un peu de sang et d'égorgement avec les dents, pour info.


Les uns… et l’Autre


Les uns…


– Navette de reconnaissance FG-125z à Executor, vous me recevez ?
Fort et clair, FG-125z.
– Rapport de situation : notre objectif, la comète HY-124568, est à portée de nos senseurs. Nous entamons la procédure d’atterrissage.
Bien reçu.
Illyria Matander, enseigne de vaisseau et pilote de la navette, coupe la communication et en ouvre une autre, interne, cette fois-ci.
– Stalminn, tu es prêt ?
– Affirmatif, Matander. Mon scaphandre est scellé et je suis harnaché. Paré à l’atterrissage.
Illyria reporte dès lors son attention vers la comète.
Concentre-toi, ma vieille. Pas question de se louper. Ta carrière, peut-être même ta vie en dépendent.
Illyria n’a beau être qu’une enseigne parmi des millions d’autres au sein de la Marine Impériale, son affectation peut éventuellement la placer sur le fil du rasoir, là où la différence entre la survie et la mort est très ténue…
Être affectée à l’Executor dès sa sortie de l’Académie Impériale a été un grand motif de fierté pour elle. Le superdestroyer impérial est le fer de lance de la Flotte, et dirigé par rien moins que le bras droit de l’Empereur, le Seigneur Vador en personne.
Elle a ensuite quelque peu déchantée en apprenant qu’il était aussi facile de monter en grade à bord que de tomber en disgrâce. Si ce n’est que ce dernier cas ne se présente que sous forme de mort par strangulation à distance, perpétrée par les mystérieux pouvoirs du Seigneur Vador.
Et le Seigneur Vador est parfois considéré comme étant relativement instable dans ces rapports avec ses subordonnés…
Les camarades de bord avec qui elle a sympathisé lui ont expliqué la manière de bien remplir son rôle sous les ordres de Vador : avant tout, il faut être irréprochable. De là, soit il décide de lui-même de votre promotion, soit il écarte – définitivement – un de vos supérieurs directs, ce qui a pour conséquence de vous faire monter dans la hiérarchie… jusqu’à vous retrouver à votre tour le cas échéant en première ligne, avec tout le danger que cela comporte.

Très concentrée, suivant à la lettre les protocoles impériaux, attentive aux informations délivrées par la batterie de senseurs dont est bardée son poste de pilotage, elle réalise un atterrissage qu’elle-même, pourtant toujours prompte à se remettre en cause à la moindre occasion, juge parfait.
C’est à peine si elle ressent le moindre choc quand le train d’atterrissage entre en contact avec le sol de la comète.
En proie au stress, son cœur bat fort mais elle se force à adopter une voix calme quand elle rouvre le canal de communication à destination de son coéquipier :
– Nous sommes en position. À toi de jouer, Stalminn.
– Reçu. Je sors.
Et tandis qu’Illyria adresse son rapport à l’Executor, Stalminn exécute ses propres ordres : sortir de la soute au volant de sa foreuse et prélever un échantillon de sol dans la comète afin de vérifier si celles-ci dispose de ressources minières intéressantes pour l’Empire.
Travail rébarbatif s’il en est mais Stalminn y met toute son application : si quelque chose se passe mal par sa faute et que le Seigneur Vador en est informé… ce serait la dernière erreur de toute sa vie.
Il arrime au sol la foreuse à l’aide des pitons et des grappins magnétiques intégrés à l’engin et met en action la pointe de la foreuse.
C’est parti pour le carottage !

– Bon sang, Stalminn, qu’est-ce que tu fous ? Réponds-moi, c’est un ordre !
Le champ de vision de Stalminn s’est soudain transformé en un kaléidoscope délirant, avec en toile de fond la voix presque hystérique d’Illyria qui lui crie dessus.
– Mais… Que… ? fait-il, le cœur au bord des lèvres.
– Stabilise cette foutue foreuse, tu fais n’importe quoi, là !
– Hein ?
Stalminn ferme les yeux et sent sa raison revenir peu à peu. Dans cette position, il sent clairement qu’il est balloté en tous sens, comme s’il se trouvait dans une centrifugeuse.
À l’attention d’Illyria, qui crie toujours sans qu’il n’arrive à y comprendre goutte, Il articule péniblement :
– Que… Que s’est-il passé ?
– À toi de me le dire, bougre d’imbécile, répond-elle dans un mélange de soulagement ou de colère. Pourquoi est-ce que tu as décroché tes crampons d’arrimage ?
– Je… Je n’ai pas fait ça, voyons. Quelle idée !
– Je sais encore ce que je vois, ajoute Illyria d’un ton sec. Reprends le contrôle de la foreuse, fais-la atterrir à nouveau et procède au carottage. Et attends-toi à recevoir un rapport gratiné de ma part à notre retour sur l’Executor.
Stalminn préfère ne pas insister. Il est clair qu’il a eu une absence, qu’elle qu’en soit la nature. Mais pour le bien de sa carrière, il se doit de retourner au travail le plus vite possible et s’en acquitter au mieux. Il espère juste ne pas être trop pénalisé par cet événement et prie pour qu’il ne se reproduise pas.
Il reprend le contrôle de la foreuse, se sert des moteurs latéraux pour la stabiliser, et réamorce la séquence d’arrimage. Il est soulagé quand il touche le sol, et encore plus quand les patins s’ancrent à nouveau à la surface de la comète.
Bon. Tout a l’air d’aller pour le mieux. Stalminn remet la foreuse en route, prêt à percer le sol pour en extraire du minerai.

– STALMINN ! À QUOI TU JOUES ?
Allons bon, voilà qu’il a encore perdu le contrôle, encore eu une absence. Il flotte librement dans l’espace, quelques mètres au-dessus de la comète. Apparemment, il s’est déharnaché de la foreuse. Ça devient franchement inquiétant.
– Je… Je suis là, Matander. Mais… je crois que j’ai un problème.
– Ça, tu peux être sûr que tu vas en avoir, en effet !
– Je crois que le souci est… médical. Il vaut mieux que je rentre.
Silence. Puis Illyria acquiesce :
– Ne bouge pas, je viens te chercher. Ensuite, je récupérerai la foreuse et retour à l’Executor. Tu dois te faire examiner.
Là, Stalminn commence à s’inquiéter. Même s’il n’en conserve aucun souvenir, il a fait n’importe quoi. D’ici à ce qu’il est un grave souci pouvant signifier la fin de sa carrière… Le pire serait de ne rien découvrir d’anormal chez lui. Auquel cas ce serait la cour martiale assurée… et le renvoi de la Marine.

Dans le cockpit du vaisseau, Illyria rend son rapport à ses supérieurs :
Executor, ici navette de reconnaissance FG-125z. Annulation de la mission en cours, je répète : annulation de la mission en cours. Mon coéquipier, le première classe Ingter Stalminn, rencontre des soucis qui semblent requérir un examen médical ou au moins psychologique. Dès qu’il est rentré à bord, nous revenons.
Reçu, navette de reconnaissance FG-125z. J’avise le lieutenant de l’échec de votre mission.
Ce dernier commentaire tombe comme un couperet aux oreilles d’Illirya. Pourvu qu’elle ne subisse pas les conséquences des problèmes rencontrés par son coéquipier…

Penaud et inquiet, Stalminn rentre la foreuse dans la soute sans incident. Dès que l’atmosphère reprend ses droits, il ôte son scaphandre et, au bord de la déprime, rejoint Illirya dans le cockpit.
– Je suis désolé, lui dit-il quand il lui fait face, sans oser croiser son regard accusateur. Mais ce n’est pas ma faute : ce qui m’arrive est indépendant de ma volonté. C’est forcément médical.
– Nous verrons cela une fois rentrés au bercail. Mais je t’assure que si je suis moi aussi sanctionnée à cause de ton comportement erratique, je vais te pourrir la vie pendant longtemps !
Il soupire mais s’abstient de répondre. Il comprend sa position et à sa place, aurait probablement adopté la même attitude. Lors des prochains jours voire semaines, il va lui falloir faire profil bas. En espérant ne pas être tenu responsable pour son comportement.
Soudain, la main droite de Stalminn jaillit et enserre le cou gracile d’Illirya. L’horreur qui se lit dans les yeux d’Illyria se reflète dans ceux de Stalminn. Sa main a agi indépendamment de sa volonté !
– Que… mais… lâche… moi, articule péniblement Illirya.
Elle se débat mais n’a pas la force de lutter contre la poigne de fer de Stalminn.
De son côté, lui pense devenir fou : il n’arrive pas à reprendre le contrôle de son bras. D’ailleurs, il n’arrive ni à bouger ni même à parler. Il est prisonnier de son propre corps et assiste à la scène en spectateur impuissant.
Le visage d’Illyria bleuit, l’étau se resserre autour de son cou. Elle tend la main en arrière et trouve à tâtons le bouton du signal de détresse. Elle appuie dessus tout en se rendant compte de l’inutilité de son geste. Rien ne la sauvera. Elle sombre dans l’inconscience. Définitive.

Dès que le corps d’Illyria n’est plus qu’une coquille vide, le bras de Stalminn l’accompagne pour la poser sur le sol de la navette. Des larmes s’écoulent des yeux du première classe impuissant. Même hurler sa rage et son désespoir lui est interdit. Il est emmuré vivant dans un corps qui ne lui répond plus, et voilà que ce dernier se met en branle. Direction la soute.
Pressentant ce qui va suivre, Stalminn lutte en vain pour reprendre son contrôle. Il voudrait se taper la tête contre les murs, faire n’importe quoi pour se libérer. Il ne peut que continuer à hurler sans qu’aucun son ne franchisse ses lèvres.
Son corps marche jusqu’à la porte de la soute. Tend sa main vers le bouton d’ouverture. L’air contenu dans la navette est aussitôt expulsé dans l’espace. Ainsi que Stalminn. Sans scaphandre.

*
**

– Lieutenant Ecbet, nous venons de recevoir un signal de détresse d’une de nos navettes de reconnaissance.
L’officier interpelé quitta sa console sur la passerelle de l’Executor et gagna celle de son opérateur communications.
– Au rapport, enseigne.
– Navette FG-125z, égrène l’officier comm en lisant ses données, partie faire une estimation des ressources minières de la comète HY-124568. Équipage, deux membres : enseigne Illyria Matander et première classe Ingter Stalminn. Matander a envoyé un rapport il y a cinq à dix minutes pour annoncer l’annulation de la mission à cause du comportement erratique de son coéquipier. Et voilà qu’un signal de détresse vient de nous parvenir de leur navette, sans autre forme de communication. Impossible de les joindre depuis.
– Que ce soit un problème technique, une défaillance humaine ou n’importe quel autre événement, pas question de prendre le moindre risque. Envoyez… disons l’escouade Oméga-27. Exécution immédiate.
– À vos ordres, lieutenant.
Ecbet tourna les talons, vaguement inquiet. Il détestait l’imprévu, et perdre une navette ne pouvait que lui faire du tort. Quand il rédigerait son rapport au capitaine de l’Executor, il lui faudrait tous les justificatifs possibles et imaginables pour se dédouaner de l’incident. En tout premier lieu, incriminer ses deux imbéciles de subordonnés. Et bien entendu et quoi qu’il arrive, il ne fallait surtout pas que le Seigneur Vador ait vent de la situation. À l’évocation du Seigneur Sith, son œil gauche se mit à tressauter.
Courage, Ecbet, tout va bien se passer, tenta-t-il en vain de se rassurer en songeant à tous les officiers ayant déçu le Seigneur Vador, et aussitôt exécutés à distance sous ses yeux…

*
**


– On arrive dans deux minutes, lieutenant, annonça le pilote de la barge d’assaut.
– OK, escouade Oméga-27 ! Tous en position, bande de tapettes ! Flingues au poing, prêts à tirer sur tout ce qui bouge.
– Chef, oui, chef, répondent à l’unisson les cinq hommes de l’escouade.
Le lieutenant Calist se redressa et fit jouer ses muscles puissants en s’étirant. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu droit à un bon vieux carnage, aussi espéra-t-il que la situation allait vite dégénérer.
Il lissa sa moustache aux bouts recourbés et arbora un sourire carnassier, avant de caresser langoureusement la fine lame de sa dague. Il soupira, triste pour son arme : il était presque certain que se gorger de sang lui manquait, à cette bonne vieille lame, compagne indéfectible depuis tant d’années.
Il la remit au fourreau, enfila son casque de stormtrooper et prit son blaster-mitrailleur T21 – son bébé, trois cents tirs à la minute –, qu’il brancha à son pack dorsal histoire de ne pas dépendre d’un seul chargeur. Grâce au pack, il pouvait au besoin tirer des heures, et n’attendait que cela.
Il inspira profondément, s’imaginant déjà sentir la bonne odeur du sang qu’il allait répandre.

Calist fut extrêmement déçu quand ils arrivèrent à la navette. Ils investirent les lieux comme à l’exercice, mais n’eurent à affronter aucune résistance. Pas la moindre. Même pas la trace du moindre agresseur qui serait entretemps reparti.
Mission de merde, bougonna Calist en débranchant son blaster-mitrailleur de l’unité d’alimentation dans son dos et en enlevant son casque.
Frustré de ne pas avoir pu verser le sang, exploser quelqu’un voire le torturer un peu, comme ça, pour le plaisir, il se mit à gueuler sur ses hommes dès qu’il eut l’occasion. Et quand rien ne le justifiait, il inventa des prétextes pour pouvoir se défouler.
Le corps de l’enseigne Matander fut retrouvé dans le cockpit de la navette et ramené à bord de la frégate de l’escouade oméga-27. Les senseurs de la frégate retrouvèrent également trace du corps du première classe Stalminn, non loin dans l’espace, et il fut rapatrié par rayon tracteur.
Les corps furent allongés dans la minuscule infirmerie de la frégate et Calist vint entendre le rapport du médecin de bord. Encore une foutue perte de temps. Et en plus il va falloir rédiger un rapport là-dessus.
– Alors, doc, ça donne quoi ? demanda-t-il en jetant un coup d’œil furieux aux deux corps allongés côte à côte.
Ils lui auraient bien fait perdre son temps, ces deux-là. Heureusement pour eux qu’ils étaient morts, sinon il leur aurait pourri la vie bien comme fallait…
– Ben… Stalminn a étranglé Matander, puis s’est suicidé en sortant dans l’espace sans scaphandre.
– C’est ce que dit l’autopsie ?
– Non, je n’en ai pas pratiqué. Mais les caméras de surveillance de la navette ne laissent aucun doute sur la manière dont se sont passées les événements. La conclusion est donc simple : Stalminn est devenu dingue, a étranglé sa chef et s’est tué ensuite. Fin de l’histoire.
– Passionnant, cracha Calist.
– Par contre, il faut qu’on garde les corps pour une future autopsie à bord de l’Executor. Je pense que le médecin en chef voudra procéder à des vérifications.
Calist grogna ce qui pouvait passer pour un assentiment.

C’est alors que se produisit l’inimaginable : le cadavre de Stalminn s’assit sur la table d’examen sur laquelle il reposait. Calist resta sans réaction en voyant l’homme mort aux yeux laiteux émettre un grognement et se mettre sur pied d’un pas lourd et maladroit.
En sus de Calist et du docteur, deux autres stormtroopers se trouvaient sur les lieux, sans leur casque, en mode repos. Le seul d’entre eux qui fut armé tira à bout portant sur le cadavre animé : le trou de l’impact, de la grosseur du poing, n’eut aucune autre incidence sur le cadavre que de le voir se tourner vers son agresseur et s’en approcher, bras en avant comme pour le saisir, et mâchoire mordant dans le vide.
En proie à la panique la plus totale, le stormtrooper continua à tirer tant et tant, mais rien n’y fit. Le cadavre se jeta sur lui et lui déchira la gorge avec les dents.
L’autre stormtrooper, désarmé, lui, avait pâli et reculé pendant ce temps, jusqu’à se retrouver bloqué par la deuxième table d’examen. Il ne vit pas le corps de l’enseigne Matander se redresser, au contraire du docteur, qui tourna les talons et quitta l’infirmerie en hurlant. Lui aussi subit le même sort que son camarade.
Ce n’est qu’à ce moment, alors que le cadavre du première classe Stalminn se tournait vers lui, que le lieutenant Calist retrouva ses esprits. Lui, dur à cuire parmi les durs à cuire, s’était écroulé mentalement face à l’impossible et en était devenu léthargique.
Mais finalement, son instinct de survie conjugué à son entraînement de guerrier d’élite prirent le dessus sur sa peur. Il dégaina sa dague et se mit en position de combat. Conditionné par des années d’exercices et de combats à l’arme blanche, il était persuadé que son vis-à-vis allait lui aussi se mettre en position défensive pour chercher une éventuelle faille dans sa garde. Sauf que le cadavre de Stalminn ne réagit absolument pas comme un être intelligent l’aurait fait. Il s’empala de lui-même sur la dague de Calist et lui attrapa la tête pour l’attirer à sa bouche.
Calist cogna le cadavre avec l’énergie du désespoir, mais ses coups – qui auraient assommé aussi sec une personne normale – furent aussi inefficaces sur Stalminn qu’une brise printanière.
Calist hurla de désespoir quand il sentit les dents de Stalminn lui déchirer les chairs. Il eut soudain un regain d’espoir quand il vit deux de ses hommes à l’entrée de l’infirmerie, chacun avec son blaster-mitrailleur. Mais cet espoir mourut quand ils ouvrirent le feu sans se préoccuper de qui ils atteignaient. Et lui-même mourut à ce moment.

Les deux stormtroopers ne se préoccupèrent en effet pas de viser. Un seul objectif : atteindre les cibles et cesser le tir seulement quand tout le monde serait à terre, mort. Sauf que… Sauf que les morts, qui par nature l’étaient déjà, refusaient de mourir une deuxième fois. Stalminn avançait vers eux, lentement, de même que Matander, et bientôt furent rejoints par Calist et les deux stormtroopers morts, car ils finirent par se relever à leur tour.

Dans le cockpit, le jeune pilote céda à la panique. Entendant les cris d’horreur dans son dos et les tirs de blaster qui ne cessaient, il décida vite de verrouiller la porte du cockpit. Puis il ferma son esprit. Jusqu’à ce que les tirs se taisent. Jusqu’à ce que les cris des hommes qui le suppliaient de leur ouvrir la porte se taisent à leur tour.
Les mains tremblantes, il réussit à programmer le saut hyperspatial qui allait les ramener à l’Executor. Là, il serait sauvé. Cadavres animés ou non, rien ni personne ne pouvait résister à la puissance de l’Empire, surtout quand celle-ci était représentée par le vaisseau-amiral de la flotte, et commandé par un homme sinistre aux pouvoirs et à la puissance défiant l’imagination.

*
**


L’agitation qui perturbait un coin de la passerelle de l’Executor avait beau se faire d’une manière feutrée, elle n’échappa pas au Seigneur Sith Dark Vador. Il glissa silencieusement vers le problème – toute agitation qu’on ne lui signalait pas était un problème –, satisfait de sentir les officiers de la passerelle exsuder de peur sur son passage : c’était le gage qu’ils restaient sur le qui-vive, qu’ils seraient efficaces dans leur tâche.
– Quelque chose ne va pas, lieutenant Ecbet ?
Le ton sec de la voix sourde et profonde laissait suindre une menace à peine voilée, et Ecbet sentit un frisson de peur lui hérisser l’échine.
– Monseigneur, fit-il en s’inclinant, sans oser croiser le regard du Sith. Nous avons perdu l’équipage d’une navette, et la frégate partie enquêter a également rencontré des problèmes.
– La Rébellion ?
– Non, monsieur. Ni pirates, ni contrebandiers. Aucun autre vaisseau ne les a pris à partie, aussi je ne comprends pas. Le pilote a mis le cap vers nous, la frégate va quitter l’hyperespace d’ici quelques secondes. Il a été… incohérent dans ses rapports, où perce surtout de la panique.
– Amenez-le moi à son arrivée, je lui ferai connaître le véritable sens du mot « panique ».
– À vos ordres, monseigneur.
Vador tourna les talons et commença à s’éloigner, quand il sentit… il ne savait quoi, à vrai dire. Quelque chose de dangereux, de puissant. Très puissant. Trop puissant. Il fit volte-face, juste à temps pour voir la frégate émerger de l’hyperespace.
Il fit jaillir ses sens surnaturels dans sa direction et ce qu’il sentit le fit hésiter. Pire, sans même s’en rendre compte, il recula d’un pas. Lui, Dark Vador, Seigneur Sith, l’un des hommes les plus puissants de la galaxie, ressentit un sentiment qu’il avait cru oublié, perdu à jamais en lui : la peur.
Il vit la mort se jeter sur eux, éradiquer l’Empire tout entier, peut-être même toute vie intelligente dans la galaxie.
Il hurla :
– Tous les canons en position ! Détruisez cette navette ! Maintenant !
Le lieutenant Ecbet se leva et dit :
– Mais monseign…
Sa tête se tordit brutalement sur le côté, avec un bruit de brindille qui casse sous le pied, et son corps retomba sur la passerelle, inerte.
– Feu à volonté ! reprit Vador comme s’il n’avait pas été interrompu.
Un déluge de feu s’abattit sur la frégate, qui fut détruite en quelques secondes à peine. Le feu nourri qui l’avait cueillie ralentit considérablement mais Vador insista :
– Détruisez le moindre débris que vous pourrez trouver, et préparez un saut en hyperespace. Contactez l’État-Major de la Flotte : je décrète ce système interdit à toute circulation.
Si personne ne comprit pourquoi de tels ordres étaient donnés, chacun eut le bon sens d’obéir aveuglément sans poser de question.
J’espère que cela suffira, se dit Vador. J’espère que cela suffira…
Il s’étonna d’entendre une série de petits claquements, et l’imputa à une défaillance de son système respiratoire. Avant de se rendre compte qu’il s’agissait de ses dents qui s’entrechoquaient de peur.
– Hyperespace, ordonna-t-il d’une voix furieuse, furieuse contre sa propre faiblesse. Amenez-nous n’importe où ailleurs qu’ici.
Il espéra que cela suffirait. Que la puissance de la créature, quelle qu’elle soit, quelle que soit sa forme, ne s’étendrait pas jusqu’à les rejoindre. Car dans ce cas, Vador n’avait aucun doute : ils seraient tous balayés comme des fétus de paille.

… et l’Autre


Franchement, les mecs, vous êtes super relous, à mettre toutes vos forces à essayer de me détruire. D’autant que un, vous êtes pathétiques, barbares et primitifs au possible, bref vous vous mettez le doigt dans l’œil bien profond si vous pensez pouvoir m’éradiquer. Et deux, fallait pas venir m’emmerder.

Non mais c’est vrai, quoi : moi j’ai rien demandé à personne. J’étais peinard dans mon petit trou dans les entrailles de la comète, à bouloter tranquilou quelques cailloux quand j’avais faim, et à sucer un peu de glace pour m’humecter, le tout en étudiant les circonvolutions de la comète afin d’en tirer un modèle théorique potable qui puisse faire fonctionner la physique, qu’elle soit giga grande ou méga petite.

Et voilà que l’autre tocard de bipède débarque là, me pollue mon atmosphère ténue en atterrissant avec son machin archaïque qui vole entre les étoiles. Pour lui, ça s’appelait vaisseau spatial et c’était une perle de la technologie. C’est super, mon gars. Sauf qu’à mes yeux, ton truc c’est un kart à pédales à peine amélioré.

Je vous raconte même pas quand ce cuistre a mis en route sa foreuse et a commencé à faire des trous dans ma comète. Ça va, garçon, tu t’amuses bien ? Prends tes aises, ne te gêne pas. Ne vérifie surtout pas que le coin est habité avant de faire des trous partout, hein ? Après tout, qu’est-ce qu’on s’en fiche de quelques formes de vie protozoaires, ou de briques fondamentales qui donneront des espèces intelligentes d’ici quelques centaines de millions d’années ?

Et si moi j’entrai chez toi, comme ça, juste pour utiliser tes toilettes, avant de faire des trous partout, tu serais content, peut-être ? Bah non. Tu te battrais pour défendre ce que tu as ? Bah oui. Tu chercherais à détruire le parasite que je serais ? Bah oui encore. Sauf qu’en l’occurrence, t’as pas tout compris : c’est toi qui es venu m’envahir, c’est toi le parasite. Et les parasites, ça mérite un bon coup de pied au cul.

Prendre le contrôle de l’esprit du premier pékin a été d’un facile… C’est déconcertant, à la limite. Gentil, je lui ai fait décrocher sa foreuse de mon astéroïde, mais il était un peu borné, il est revenu. Alors je l’ai fait quitter son marteau-piqueur sur roues, et là, bam ! Voilà qu’ils sont deux.
En tous cas, ces semi-animaux, ces singes savants sont faciles à manipuler, c’est déjà ça : étranglement de l’un par l’autre, petit tour dans l’espace sans scaphandre pour le sauvage à la foreuse et hop, tranquille Émile !

Tu parles. J’aurais dû me douter que d’autres viendraient. Bornés, je vous dis. En tout cas ils m’ont bien fait rire, à se faire bouffer par les corps inertes que je manipulais à distance, et à s’entretuer avec leurs propres blasters rudimentaires mais néanmoins efficaces.

Après ça, des êtres intelligents auraient compris que c’était pas la peine d’insister, mais eux, non ! Pires que des clébards qui veulent bouffer des pare-chocs de bagnoles ! Et v’là-t-y pas qu’ils débarquent avec un monstrueux vaisseau, fruit de l’imagination d’un ingénieur qui a forcément des problèmes de surcompensation.
Vous êtes contents avec votre superjoujou de dix-neuf kilomètres de long ? C’est jour de fête ? Vous êtes sûrs que ça suffira pour vous battre contre moi tout seul ? Nan, répondez pas, c’est pas la peine. Déjà, vous n’êtes même pas foutus de me percevoir, et évidemment la réponse est non : jamais vous ne pourrez me tuer. Je laisse ce genre d’accident de parcours aux races sous-évoluées comme la vôtre. Moi je fais partie des cadors ; vous, vous êtes des larves d’amibes. Au mieux.

Y’en a qu’un d’intéressant parmi vous. Frustre et le pire des bourrins de votre joyeuse bande d’empêcheurs de bouloter de la silice en paix, mais il a un truc, pas de doute là-dessus. Il a presque réussi à me percevoir. En tout cas, il a compris qu’il était une petite crotte à côté de moi. C’est juste dommage que sa seule réaction ait été de tirer dans le tas. Oui, je le répète, un gros bourrin que voilà.
Mais derrière sa carapace de cafetière sur pattes, son respirateur artificiel et sa jolie cape noire trop la classe, j’ai senti le potentiel. Un petit tour dans son esprit tordu m’a fait me rendre compte que cette pseudo-civilisation minable – et qui ne vaut par ailleurs pas grand-chose, de ce que j’en ai vu – utilise depuis 25 000 ans à peine ce qu’ils appellent la Force. Et il connaît un concept qu’il appelle « midi-chloriens ». Vous êtes loin du compte en ce qui concerne vos midimachins, mais on va dire que c’est un début de commencement d’ersatz d’explication.
Et surtout, que ça vous donne un potentiel pour la suite. Maintenant, le chemin va être long pour arriver à une forme de vie supérieure comme la mienne, genre quelques millions d’années, sans doute. Il faut juste que la casserole sur pied ait plein de descendants et qu’ils soient plus équilibrés que lui, ce qui ne devrait pas être trop difficile quand on regarde. Et va falloir bosser un max sur vos bidules chloriens. Quand vous vous rendrez compte que le concept que vous avez mis sur pied c’est de la crotte, y’a peut-être une chance que vous vous approchiez de la vérité. En tout cas accrochez-vous, les mecs, et vous prendrez peut-être la bonne voie !
Quand vous aurez enfin évolué, repassez dans le coin, on pourra se tailler une bavette entre gens civilisés. Parce que là, y’a du taf.

Bon, c’est pas le tout mais j’ai un petit creux. Où est-ce qu’elle est, la prochaine comète la plus proche ? Je boufferai bien un peu de silice, moi…
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
Blaise Pascal.
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Messagepar Zèd-3 Èt » Ven 04 Déc 2015 - 23:58   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Excellent ! Quelques erreurs de-ci de-là, mais de grave (sauf un "il est" au lieu de "il ait"... impardonnable).
L'histoire est... phénoménale. En lisant la première partie, je me suis dit : C'est parti pour une nouvelle d'au moins vingt pages, riche en rebondissements... Que nenni ! La deuxième partie casse toutes mes idées. Je m'étais imaginé pas moins de sept scénarios qui pourraient avoir lieu, mais j'avais oublié que je lisais Minos ! Le grand Minos ! (Le Minos toujours en retard !) L'auteur des Tribulations zintergalactiques (faut pas oublier le Z) de Cirederf Nomis ! L'Autre... Quel esprit dérangé il fallait avoir pour l'imaginer. Par contre, je n'ai pas bien compris ce qu'il était : un bidule bizarre de forme plus ou moins éthérée ou une sorte de mini-limace de l'espace télépathe ?
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Messagepar Minos » Sam 05 Déc 2015 - 7:26   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Zèd-3 Èt a écrit:Excellent ! Quelques erreurs de-ci de-là, mais de grave (sauf un "il est" au lieu de "il ait"... impardonnable).

Il est rare que je relise mes premiers jets :D
Zèd-3 Èt a écrit:L'histoire est... phénoménale. En lisant la première partie, je me suis dit : C'est parti pour une nouvelle d'au moins vingt pages, riche en rebondissements... Que nenni ! La deuxième partie casse toutes mes idées. Je m'étais imaginé pas moins de sept scénarios qui pourraient avoir lieu, mais j'avais oublié que je lisais Minos ! Le grand Minos ! (Le Minos toujours en retard !) L'auteur des Tribulations zintergalactiques (faut pas oublier le Z) de Cirederf Nomis ! L'Autre... Quel esprit dérangé il fallait avoir pour l'imaginer.

:jap:

Rien n'est moins marrant qu'une histoire prévisible. Tant que je peux amener le lecteur dans une direction qu'il ne soupçonne pas, ça me va^^
Zèd-3 Èt a écrit:Par contre, je n'ai pas bien compris ce qu'il était : un bidule bizarre de forme plus ou moins éthérée ou une sorte de mini-limace de l'espace télépathe ?

Aucune idée, et je suis finalement resté volontairement dans le flou car au fond, on s'en fiche : on voit à peu près le concept, comme le montrent tes deux hypothèses qui peuvent toutes les deux coller.
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Messagepar Titi77 » Sam 05 Déc 2015 - 11:40   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

J'avoue que j'ai été surpris par la "chute" de cette histoire... Quelque part ça casse un peu l'ambiance mais d'un autre côté ça détend l'atmosphère. En tout cas j'approuve ta manière de conclure l'histoire à partir du moment où on repart sur une invasion zombie "classique". C'était très agréable à lire.
Dernière chose : une foreuse se commande-t-elle par un volant ? Ça m'a fait tiquer quand je l'ai lu :
sortir de la soute au volant de sa foreuse
.

(Et bravo pour avoir écrit un texte avant la fin du recueil :) )
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Messagepar Minos » Lun 07 Déc 2015 - 9:03   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Rien de tel qu'une bonne vieille nouvelle à chute, et qui plus est qui casse tous les codes développés dans la première partie de l'histoire^^

Pour ce qui est du volant, j'avais plus en tête l'image d'une espèce de manette, en fait, mais j'avoue que je suis allé au plus simple.
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Messagepar Dark Tazor » Mar 08 Déc 2015 - 0:12   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

bon voici ma version "définitive. j'ai essayé de tenir compte des remarques qui m'avait été faites il y a plus d'un mois maintenant. Et ça me fait bizarre de voir certains trucs que j'avais écris dans le roman "étoiles perdues".... promis mes idées étaient couchées sur le papier avant cette lecture ! j'espère que ma nouvelle plaira un peu, c'est la 1ere fois que je me lance dans l'écriture..... bonne lecture. :(

CAN'T ESCAPE TO DESTINY.....
by Dark Tazor

Tina Kogl était née sur la belle Alderaan, 18 ans plus tôt. Fille unique d'ami de la famille princière, elle avait grandi dans un milieu aisé et à l'ombre du célèbre Bail Organa dont elle s'était promis de devenir un jour la pilote officielle. Ou mieux encore, celle de son amie Leia avec laquelle elle avait si souvent joué pendant que leurs pères respectifs travaillaient ensemble.
Malheureusement, avec l'avènement de l'empire, cela voulait dire aujourd'hui passer par l'académie impériale et voilà pourquoi elle était sur Carida, au milieu de milliers d'aspirant pilotes.
L'empire étant ce qu'il est, la promotion de Tina était exclusivement humaine, et on ne comptait que très peu de femmes. Cela était pour celles-ci bien plus difficile de faire leurs preuves que pour les garçons mais Tina pouvait se targuer de figurer dans les meilleurs pilotes de la promotion, ce qui lui permit de choisir sa spécialisation et d'apprendre à piloter les gros navires.

Liv Percy était le fils d'un mineur de Kessel. Sa mère décédée trop tôt, il fut élevé à la dure par son père avant que celui-ci ne disparaisse au fond des mines, victimes des dangereuses araignées énergétiques. Le jeune Liv avait 15 ans quand il dut affronter seul la dure vie sur Kessel. Pour échapper à cet enfer quotidien, il nourrissait le rêve de devenir pilote de chasse…..
Doué de très bons réflexes, il excellait d'ailleurs dans le pilotage et la mécanique des engins locaux et quand sa demande d'entrée à l'académie impériale de Carida fut acceptée, le jeune homme de 18 ans crut enfin en son destin.
Son tempérament de feu et de dur à cuire couplé à ses réflexes en firent assez vite en as aux commandes des chasseurs Tie. Avec uns solide réputation de casse coup et de pilote imprévisible.

Une fois les enseignes brevetés, ils reçurent leurs affectations.

Le lieutenant Liv Percy, 10e de sa promotion, fut affecté provisoirement à l'escadrille planétaire, en attendant que sa demande au fameux 181e escadron de chasse soit examinée.

Tina Kogl, reçu l'ordre de rejoindre le destroyer stellaire « tempête de feu » avec le grade de second lieutenant.
Elle fut chargée d'y convoyer une navette de classe lambda et ce fut pour la jeune femme l'occasion qu'elle attendait pour mettre son plan à exécution : déserter cet empire qu'elle détestait et rejoindre l'alliance rebelle et Bail Organa. Revoir aussi son amie d'enfance, désormais sénatrice de sa planète : Leia.

La chance fut avec elle, la navette ne comportait qu'un équipage réduit à trois au lieu des six membres d'équipage habituels. Elle y vit l'occasion de mettre son plan en œuvre. Le moment de passer à l'action arriva, et elle assomma son copilote mais elle n’eut pas le temps de neutraliser le 3e membre de l'équipage avant que celui-ci ne déclenche l'alerte.
Se retrouver seule aux commandes d'une navette de classe lambda ne lui posait pas de problème majeur, mais avec trois Tie aux basques cela serait une autre histoire…

La patrouille Bravo allait terminer sa ronde quand le contrôle spatial de Carida les informa du détournement d'une navette lambda. Les 3 Tie changèrent donc de cap et fondirent sur le vaisseau volé. Les deux premiers étaient de front et Liv les suivait de près. Le leader demanda les données sur le déserteur et le statut de la navette.
« Percy, vous avez les données sur ce félon ? »
« Elles arrivent Capitaine, équipage de trois personnes, commandant de bord : lieutenant Kogl ... »
Le jeune lieutenant sentit son cœur s'emballer. Kogl, c'était le nom de cette jolie brune sur laquelle il avait flashé et qu'il s'était juré de rencontrer, en attendant mieux...

Alors que son leader sommait le déserteur de stopper sa fuite, Percy dut prendre la décision la plus difficile de sa vie : embrasser pour de bon sa carrière de pilote de chasse ou sauver cette fille qui hantait ses rêves…
Un choix qui aurait du être simplissime pour lui qui avait toujours rêvé de cette vie de pilote. Mais qui au final le torturait beaucoup plus que ça ne l'aurait du.

Il vérifia les fréquences radios ouvertes et contre toute attente, il ouvrit une fréquence comm' privée avec la navette et hurla « Tina, tires-toi de là, la voie est libre ! » en accélérant à fond, envoyant son chasseur heurter les deux Tie devant lui, anéantissant toute chance de la patrouille de stopper la fugitive.

Surprise par cet appel venu d'un des chasseurs, Tina vit sur ses caméras arrière ses trois poursuivants se heurter, détruisant leur voiles latérales des Tie et envoyant les cockpit voler. La voie était libre et elle en profita pour plonger en vitesse lumière, sans savoir pourquoi diable l'un des pilotes de Tie l'avait sauvée.
Un autre sympathisant de l'alliance ? Non il semblait la connaître puisqu'il l'avait appelée par son prénom et elle n'avait confié à personne ses idéaux de liberté et de rébellion. Mais elle ne voyait vraiment pas de qui il pouvait bien s'agir. Elle se promit d'en avoir le cœur net une fois arrivée, elle pourrait peut-être faire quelque chose pour ce pilote, s'il s'en sortait vivant.
La suite du vol se passa comme espéré et elle arriva sur la base secrète rebelle dont son père lui avait fourni les coordonnées. Elle livra son vaisseau et s'engagea immédiatement dans la flotte rebelle, avec le titre de capitaine.
Elle ne sut que plus tard le nom du pilote impérial qui avait permis sa désertion : Liv Percy.
Ce nom ne lui était pas étranger, elle avait entendu parler de ce pilote, n'était-ce pas cette tête brûlée qui avait fini dans le top dix des pilotes de chasse ?

Liv Percy fut récupéré ainsi que les deux autres pilotes de Tie, et fut immédiatement mis aux arrêts. Devant la cour martiale, il admis avoir commis une erreur en voulant passer devant son leader pour abattre le fugitif. En calculant mal sa trajectoire il avait heurté ses deux ailiers et anéanti la mission.
Personne n’avait capté la transmission entre son chasseur et la navette volée et son histoire fut donc prise comme véridique. Échappant ainsi au peloton d’exécution, il eut le choix entre la révocation et le transfert dans les troupes d’infanterie. Pour lui qui avait rêvé de piloter, la seule possibilité était de quitter la marine.

Quelque temps après son exclusion, il reçut un message de son oncle, et le rejoignit sur une lointaine planète…
« Liv, je suis au courant de ce qui s'est passé. Je suis heureux de te voir sortir des rangs de l'empire, saches que si tu veux rejoindre l'alliance rebelle, la porte t'est grande ouverte, on recherche de bons pilotes et toi, tu es un futur as. »
« Comment peuvent-ils savoir ce qui m'arrive, et toi pourquoi m’as-tu laissé aller à Carida si tu travailles avec les rebelles ? »
« Fils, tu ne serais pas le premier à rejoindre l'alliance après avoir fait l'académie impériale, l'alliance recrute justement tous les déçus de l'empire ayant une expérience et un savoir impérial. Si tu savais le nombre de nos pilotes qui sortent de Carida ou de l'académie navale de Prefsbelt ! »
« Mon oncle, tu es sûr que je pourrais de nouveau piloter un chasseur ? Et que je serais accepté et pas traité comme un traître ou un espion impérial ? »
« Je me porte garant de toi, sois tranquille. Et oui tu pourras rejoindre la chasse si tu le veux, les tests ne devraient pas te poser de problème. Et puis il y a un autre officier qui te recommande, une certaine Kogl qui dit avoir été sauvée lors de son évasion par un pilote de Tie. Elle a cherché à savoir si tu t'en était tiré et se portera garant pour toi aussi »
« Tina ? Elle a réussi et elle a rejoint l'alliance ? Oncle Mark, j'ai un service à te demander »


Quelques mois plus tard …

Le « cold timer », corvette CR-70 de l'alliance rebelle, s’apprêtait à décoller de la base de Dantooine. Chargé d'évacuer la base rebelle compromise, ce sister-ship de célèbre Tantive IV emportait à son bord du matériel médical, des unités de chauffage et un lot de droïdes astromécanos de type R2 et R4.

Son équipage, se réduisait au plus strict nécessaire pour cette évacuation, à savoir son capitaine, Tina Kogl, son second Liv Percy et de 2 frères Alec et Kal Yuron.
C'était leur première affectation commune, et nul à bord ne se doute à ce moment que ce décollage sera leur dernier avant bien longtemps…
« Capitaine, tous les systèmes sont parés, nous pouvons décoller »
« Très bien lieutenant Percy, transmettez au contrôle de vol »

Quelques minutes plus tard, la corvette s'élevait dans le ciel de la planète et gagnait l'espace.
« Coordonnées entrées dans le navordinateur, saut hyper-spatial programmé Capitaine »
« Allons-y, ne faisons pas attendre nos camarades là-bas sur Hoth, ils doivent attendre notre cargaison avec impatience.... »

Les étoiles s'allongèrent et la corvette fonça dans son voyage sub-spatial.
À bord, cet équipage composé à la dernière minute fit connaissance mais assez vite les frères Yuron disparurent dans les profondeurs du navire, laissant les 2 officiers seuls dans le poste de commande.

« Je suis très fier de servir avec vous capitaine, votre réputation vous précède et j'espère beaucoup apprendre à vos cotés pour pouvoir moi aussi un jour commander mon propre vaisseau »
« Trêve de blabla Liv, je sais parfaitement pourquoi vous êtes là et tout ce que vous avez tout fait pour avoir ce poste. Votre oncle général a fait ce qu'il fallait pour vous mettre ici. Mais ça ne me dérange pas, vous êtes un bon élément. Tant que vous suivez les ordres. »
« Vous savez quoi au juste ? »
« Bon, on va mettre bas les masques et oublier le protocole ! Je sais tout liv, ou quasiment.
Je sais parfaitement pourquoi tu as été muté sur le « cold timer ». je sais que tu me suis depuis l'académie. Je ne t'ai jamais remercié pour m'avoir épargnée ce jour- là, mais quand j'ai su qui tu étais et que ton oncle était un des nôtres, je l'ai contacté pour qu'il sache ce que tu avais fais. À l'époque je ne savais pas ce qui avait bien pu te passer par la tête et puis quand on m'a communiqué la liste de mon équipage pour cette mission, j'ai recontacté ton oncle pour savoir pourquoi un chasseur avait été nommé second sur une frégate. Il m'a alors tout dit sur toi et tes motivations depuis le début.
Tu avais une réputation d'enfer sur Carida, tu étais parmi les meilleurs pilotes de chasse, tu as tout gâché pour moi et j'espère un jour pouvoir rembourser cette dette. Je connais tes sentiments mais ne t'attend pas à ce que ça soit réciproque. Enfin pas comme tu le voudrais.
Bon sang tu es cinglé, tu aurais pu te tuer, tu as ruiné tes rêves de pilote de chasse pour une fille que tu ne connaissais même pas, on ne s'était jamais parlé ! »
« On m’a toujours traité de fou, mon père me disait que je finirais par me tuer à cause de mes coups de folie, celui-là n’était pas le pire et puis je suis là aujourd’hui, second de mon officier préféré »
« J'ai hérité d'un dingue ! On en reparlera après la mission, mais là nous sommes en service et il n'y a qu'un capitaine de vaisseau et son second, sors de ces limites et je te jure que même tonton général ne t’empêchera pas de ne plus jamais me croiser de près ou de loin.
Bon, Je vais dans mes quartiers, tu prends le premier quart et je te relève dans 6 heures. Et jette un œil aux frangins, qu'ils soient près au cas où. »

Quatre heures plus tard, le vaisseau fut secoué, comme s'il avait heurté un mur invisible.
Arraché à l'hyperespace, le « cold timer » se retrouva au milieu de nulle part face à un groupe de vaisseaux impériaux regroupés autour d'un interdictor….

« Nom d'un bantha Liv que se passe t-il ? »hurla le capitaine Kogl en se précipitant hors de ses quartiers.
« Un interdictor Capitaine, et toute une ligne impériale à priori, nous sommes encerclés »
« Alec, Kal, aux turbo lasers ! Liv, levez les boucliers, cherchez la planète la plus proche et cap dessus »

les premiers Tie firent un passage en arrosant la corvette de rayons rouges. Les boucliers encaissèrent les coups et les artilleurs rebelles répondirent aux tirs impériaux sans toucher aucune cible.
« Capitaine, il y a une lune là-bas mais pas d'atmosphère. La seule issue que je vois est de la contourner et de tenter un saut en hyper espace une fois la lune entre l'interdictor et nous.... »
« C'est exactement ce que je compte faire Liv, prépare un saut si nous arrivons à atteindre ce planétoïde »

Sous le feu des chasseurs Tie, la corvette mis le cap sur la lune. Ses boucliers pilonnés mais tenant le coup, le vaisseau rebelle réussi à abattre plusieurs tie avant d'arriver au-dessus de la lune.

Alors qu'il prenait de la vitesse en contournant l'astre, il émergea de l'autre coté paré pour tenter un saut….

« Capitaine, nous sommes hors de portée de l'interdictor, saut dans 5, 4, ….. Damned, mais qu'est-ce que...... ! »
« Un destroyer stellaire ! Ce n'est pas une ligne que nous avons en face, c'est une escadre de bataille. Nous sommes piégés Liv ! »

Ils n'urent pas le temps de dire autre chose, une bordée de tirs de turbo lasers frappa la corvette de plein fouet, surchargeant ses boucliers et perforant la coque à de multiples endroits.
Mais miraculeusement, le navire passa en vitesse lumière au même moment.

Les hurlements des alarmes réveilla le lieutenant Percy. Affalé sur sa console de copilote, il toussa, suffoquant sous les effets des fumées. Il enclencha les mesures d'urgence, et tourna la tête vers sa supérieure, inconsciente.
« Capitaine, capitaine, … »
Une plaie au cuir chevelu laissait couler un filet de sang.
« Oh non Tina, pas toi, ne me laisses pas seul » lâcha le jeune officier en cherchant la trousse de secours pour panser la tête de son capitaine.

Puis il vérifia les communications, hors services tout comme l'intercom' interne du vaisseau.
Un rapide coup d’œil à sa console lui indiqua que les systèmes vitaux étaient encore en état de marche et il lança un rapport d'avaries pour estimer les dégâts.

Il profita du temps de l'opération pour tenter de voir si les frangins Yuron avaient survécu.
Les 2 tourelles d'artillerie se trouvaient de part et d'autre du navire, sur la partie centrale.
Mais en arrivant dans le couloir principal, le jeune lieutenant eu sa première vision d'horreur : l'emplacement où aurait du se trouver la tourelle tribord n'était plus qu'un amas de duracier ouvert sur l'espace. La tourelle et son artilleur avait été arrachée et pulvérisée dans l'espace.

Le sas intérieur avait fonctionné et isolé le reste de vaisseau d'une décompression mortelle mais au-delà de cette porte, il n'y avait plus que le vide spatial. Se retournant vers le sas bâbord, il vit par le hublot que la tourelle était toujours là, son siège tourné dos à la porte.

Percy appuya sur la commande d'ouverture mais rien ne se passa. Le sas était bloqué, scellé.
Ce n'est qu'en regardant plus attentivement le panneau de commande qu'il vit le voyant rouge indiquant que le sas était scellé, car soumis au vide sidéral.
En relevant les yeux à travers le hublot il eu le choc de voir le visage de Kal, les yeux exorbités par la décompression subie….
La coque avait été percée et le pauvre Yuron avait connu une mort des plus atroces en étant asphyxié ! C'était la première fois qu'il voyait une victime ayant succombé à ce type de mort, il savait comment ça se passait mais en voir le résultat en vrai était autrement plus horrible.

Titubant devant la vision d'horreur qu'il venait de subir, le lieutenant retourna au poste de commande, le cœur et les boyaux retournés et sonné par la gravité de la situation.
Arrivé sur place, il retourna auprès du capitaine Kogl,
Toujours inconsciente, elle respirait régulièrement et sa plaie était maîtrisée et ne saignait plus abondamment.

« Me voilà seul  ! » lâcha Percy. « Dans un vaisseau qui tombe en morceaux si j'en crois le rapport d'avaries »

La situation était en effet catastrophique. Seule la partie avant de la corvette était désormais accessible et pourvue de systèmes de survie en état de marche. Les deux frères Yuron avaient péri et le capitaine semblait dans le coma. La seule bonne nouvelle était que les moteurs et en particulier le subluminique tenaient le coup. La corvette poursuivait son voyage dans l'hyperespace.
Il décida de s'accorder un peu de repos, et ferma les yeux. Il sombra instantanément, inconscient.

Une douleur stridente le tira de cet état quelques heures plus tard.
Désorienté, sa vue retrouva sa netteté sur le visage souriant de Tina Kogl.
« Du calme Liv, tu as une vilaine blessure au crane. Et puisqu'il semble que tu ai réparé le mien, laisses moi m'occuper du tien ! »
« Capitaine, vous êtes vivante……. Alec, Kal, ils sont …. »
« Oui je sais, ils sont morts. Et nous sommes nous aussi en très mauvaise posture. J'ai lu les rapports que tu as commandé. Tu as fait du bon boulot, si on s'en sort je te recommanderais pour une promotion….. et cesse le protocole, tu m'as appelée Tina tout à l'heure alors continue... »
« Et la tirade sur les limites entre un capitaine et son second ? »
« Ca va Liv, ça va ! Maintenant il n'y a plus de grade on est dans la même galère, on est deux amis qui doivent essayer de se sortir de là »
« D'abord capitaine, maintenant amis, j'aime de plus en plus la tournure que tout ceci ... »

Soudain, le « cold timer » subit une nouvelle secousse violente, arraché une nouvelle fois hors de l'hyperespace.
« Oh non, pas encore » lâche Percy.
« Les moteurs ont lâché, tous ! » soupira Tina Kogl et consultant l'ordinateur. « Nous voici au milieu de nulle part, sans moteur, sans communication et enfermés dans la partie avant sans pouvoir aller à l'arrière et espérer réparer la propulsion. »
« Et bien on dirait qu'on va avoir un peu de temps pour nous »
« Bon sang Liv, tu n'es donc jamais sérieux ? Essaye donc de savoir où nous sommes, lance un scan pour cartographier les étoiles et voir si l'ordinateur reconnaît dans quel secteur nous avons échoué »
« Chef oui chef ! »
Sa supérieure le fusilla d'un regard noir
« Pardon, je m'en occupe Tina »
Quelques secondes plus tard, la console bipait, annonçant un résultat :
« Ben ça alors, voilà que le scanner indique qu'il n'y a pas d'étoiles visibles derrière nous ! Comment est-ce possible ? »
« Bizarre en effet, le vaisseau tourne très lentement sur lui-même, attendons d'avoir un visuel »
Après quelques secondes, la verrière du cockpit leur permis de voir ce dont il s'agissait :
« Tina regardes, il n'y a rien, que du noir, et ce … truc là au fond, on dirait ... »
« Trou noir ! » lâcha Kogl horrifiée. « et nous sommes irrémédiablement attirés vers lui »

Les 2 rebelles se regardèrent, terrifiés, comprenant en même temps ce qui allait se passer et la fin inéluctable qui les attendait, cette fois, le voyage touchait à sa fin !

« Liv, tu te souviens des cours à l'académie de Carida ? Tu te souviens de ce qui nous a été enseigné sur ces phénomènes ? »
« Euh, oui, vaguement, mais je n'avais pas vraiment compris ce dont il s'agissait. Et puis moi ce qui ne me sert pas à piloter un chasseur, je n'ai pas vraiment écouté non plus »
«  Et bien en gros, tout est attiré par la singularité : la lumière, le son, le temps... ce dernier va ralentir de plus en plus jusqu'à ce que tout soit figé. Une seconde ici correspondra à des années en dehors du trou noir. Mais après, impossible de savoir ce qui nous attend. Le vaisseau va t-il imploser, exploser ? Va t-on mourir asphyxiés, de faim, de soif ? »
« Moi qui croyais que Kessel était le pire endroit de la galaxie. et il n'y a rien à faire tu es sure ? »
« Sans moteur, non il n'y a rien à faire. Rien d'autre qu'attendre l'inexorable. Ou alors te mettre une décharge de blaster dans le crane.... si tu veux le faire, je t'en prie. »
« Et toi tu veux le faire ? Moi non, j'ai voulu être avec toi depuis que je t'ai vu à Carida, alors je veux profiter de ces derniers moments, si tu le veux bien »
« Comme si j'avais le choix ! on ne peut plus rien faire ici, allons dans nos quartiers »

Luttant contre les effets de l'attraction du terrible phénomène céleste, les 2 jeunes rebelles rejoignirent la cabine du capitaine Kogl et s'allongèrent sur sa couchette.
Le temps ralenti encore plus à mesure que le « cold timer » s'approchait de trou noir, jusqu'à sembler stopper totalement.

Dans le navire, Tina et Liv, conscients mais incapables désormais de bouger ou parler, leur regard fixé dans celui de l'autre, unis pour l'éternité dans un moment de pure terreur : vivants, aux cotés de l'être aimé, mais prisonniers de leurs corps, attendant la mort sans savoir quand et comment elle viendrait ! Si elle venait un jour… car après tout, jamais personne n'était revenu d'un trou noir pour raconter comment ça finissait, ça ne finirait peut-être jamais ...

Mais la fin n'arrivait pas ...

Incapable de savoir à quelle vitesse le temps s'écoulait, chaque respiration semblait durer indéfiniment. Leurs corps finiraient par s'éteindre, faute d'eau et de nourriture à moins que le vaisseau n'implose avant.

Après ce qui paru à Liv Percy une éternité, dans la faible lumière qui subsistait dans la cabine, il perçut un mouvement derrière Tina. Il crut d'abord avoir une hallucination, tout mouvement semblant impossible du fait des forces gravitationnelles émises par le trou noir …

Mais non, aussi impensable que cela puisse paraître, il perçu un nouveau mouvement. Puis un autre, et il vit alors une créature escalader le corps inerte de Tina.
« Non, ce n'est pas possible ! » se dit-il  « pas ça, pas ici ! »

La créature qui trônait désormais sur l'épaule de sa chère capitaine était bien une araignée, et pas n'importe laquelle : une araignée énergétique, une version miniature de celles vivant sur son monde natal, Kessel. Une version réduite, mais reconnaissable entre mille pour un fils de Kessel, de ces araignées monstrueuses qui hantaient les galeries d'épices de sa planète. Une de celles qui avait emporté son père un jour pas si lointain …

Comment diable cette horreur avait pu se retrouver ici, et comment pouvait-elle échapper aux contraintes exercées par le trou noir ? Il devait rêver, ça ne pouvait pas être réel ...

Et pourtant, il vit une seconde créature, puis une troisième, puis une dizaine et il perdit le compte. Elles tissèrent autour du corps de Tina leur cocon, et il ne pouvait qu'assister impuissant à ce spectacle, regarder dans les yeux de sa bien-aimée toute la peur qu'elle ressentait, le regard le suppliant de faire quelque chose, de la sortir de là ...

Mais il ne pouvait rien, rien qu'assister à la mise à mort de sa compagne, maintenant entièrement recouverte du cocon, il ne voit plus que ses yeux suppliants, ivres de douleur alors que les araignées énergétiques dévoraient ses fluides vitaux. Il voyait la vie échapper peu à peu du corps du capitaine Kogl, la lueur de vie dans ses yeux s'éteindre doucement en attendant que les insectes tueurs se retournent contre lui, ce qui ne tarda pas à se produire.

Il sentit tout d'abord les petites pattes courir sur ses flancs, de plus en plus nombreuses. Puis ce fut la phase de tissage du cocon, qui le fit paniquer quand son visage fut peu à peu recouvert. Puis ce fut l'enfer, un enfer de douleur alors que les araignées le dévoraient vivant sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit pour arrêter le supplice ou au moins abréger ses souffrances. Ils auraient peut-être du se suicider ensemble quand ils en avaient eu l'occasion, tout comptes fait !

La douleur se fit de plus en plus atroce jusqu'à devenir insupportable. Il eut une pensée ironique : il avait réussi à échapper à Kessel et à réaliser son rêve et il mourait dévoré par des araignées de son monde natal … au final, son père avait eu raison : sa folie (au cas particulier celle visant à tout plaquer pour être avec la belle Tina) avait causé sa perte.

Ce fut sa dernière pensée, il sombra dans les ténèbres, à tout jamais.
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 08 Déc 2015 - 7:32   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

C'est mieux, mais je trouve que ce n'est toujours pas un récit d'horreur.
Et le temps est relatif : en approchant du trou noir, les deux zamoureux devraient continuer à bouger à bouger normalement (comme les araignées, en fait).
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Dark Tazor » Mar 08 Déc 2015 - 22:48   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

j'ai pensé à un truc du genre, leur petite taille les rends moins vulnérables que les corps humains... pour le coté horreur, je constate que tu n'es pas arachnophobe. bon, j'aurais essayé, merci d'avoir pris le temps de lire jusqu'au bout. je dois effacer ?
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mar 08 Déc 2015 - 23:05   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Ben... Je n'en sais rien, moi. Faut voir avec Jagou. Je trouve que ce récit est (très) sympathique, mais qu'il n'a pas grand chose à voir avec de l'horreur. En fait, j'ai plutôt l'impression que les passages censés contenir de l'horreur ont été rajoutés, histoire que le récit corresponde au sujet.
Et j'insiste ((un peu (trop ?)) lourdement) : je crois que tu n'as pas bien compris le principe du temps qui ralentit près d'un trou noir. Je prends un exemple qui devrait convenir si tu as lu DBZ : la salle de l'esprit et du temps. Un an passé à l'intérieur correspond à un jour pour le monde extérieur. Donc l'espace proche du trou noir, c'est la salle et le reste du monde, bah... c'est le reste du monde.
Modifié en dernier par Zèd-3 Èt le Mer 09 Déc 2015 - 22:47, modifié 1 fois.
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Messagepar Dark Tazor » Mer 09 Déc 2015 - 21:35   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

non, tu as raison d'insister, dans mon texte c'est l'inverse qui se passe donc grosse erreur de ma part. pour le reste, il faut croire que je suis pas fait pour les récits d'horreur, il faudra que je vois sur un autre sujet. tu es l'air de penser que le reste n'est pas totalement mauvais, il y a peut-être de l'espoir sur d'autres sujets..... :neutre:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 09 Déc 2015 - 21:48   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Zèd-3 Èt a écrit:Ben... Je n'en sais rien, moi. Faut voir avec Jagou. Je trouve que ce récit est (très) sympathique, mais qu'il n'a pas grand chose à voir avec de l'horreur. En fait, j'ai plutôt l'impression que les passages censés contenir de l'horreur ont été rajoutés, histoire que le récit corresponde au sujet.


Je vais le lire, promis, comme tous les autres textes... Mais après la clôture du recueil. On verra à ce moment-là si l'histoire convient ou pas, tout en sachant qu'un peu de légèreté ne fera pas de mal. ^^

De ce que j'ai rapidement parcouru, pour une première histoire, ça m'a l'air plutôt bien !
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 09 Déc 2015 - 22:29   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Jagen Eripsa a écrit:De ce que j'ai rapidement parcouru, pour une première histoire, ça m'a l'air plutôt bien !

Très bien, même. Mais je ne pense pas que ça convienne pour un récit d'épouvante. D'horreur, certainement (même si l'histoire d'amour atténue ce sentiment (enfin, tu te feras ton avis toi-même en le lisant)), mais pas d'épouvante.
Pour moi, la distinction entre les deux est la suivante : l'horreur, c'est tout ce est gore, alors que l'épouvante, c'est tout ce "fout les boules", l'un n'excluant bien sûr pas l'autre. Mais là...

Zèd-3 Èt a écrit:Et j'insiste ((un peu (trop ?)) lourdement) : je crois que tu n'as pas bien compris le principe du temps qui ralentit près d'un trou noir. Je prends un exemple qui devrait convenir si tu as lu DBZ : la salle de l'esprit et du temps. Un an passé à l'intérieur correspond à un jour pour le monde extérieur. Donc l'espace prôche du trou noir, c'est la salle et le reste du monde, bah... c'est le reste du monde.

Dark Tazor a écrit:non, tu as raison d'insister, dans mon texte c'est l'inverse qui se passe donc grosse erreur de ma part. pour le reste, il faut croire que je suis pas fait pour les récits d'horreur, il faudra que je vois sur un autre sujet. tu es l'air de penser que le reste n'est pas totalement mauvais, il y a peut-être de l'espoir sur d'autres sujets..... :neutre:

D'ailleurs, j'insiste tellement que je viens de dire une belle c*******... En fait, j'ai dis exactement l'inverse de ce que je voulais dire. Oublions cet exemple, il était stupide.
Si tu passes trois heures près d'un trou noir et que tu t'en éloigne, le reste de l'univers aura vieilli de... mettons trois mois (j'en sais rien, c'est qu'à titre d'exemple). Quoi qu'il en soit, ce que tu dis dans ta fic ne fonctionne pas : on a l'impression que les héros sont pris dans de la glue, alors qu'ils ne devraient pas sentir les effets du trou noir. Comme les araignées, quoi.
Modifié en dernier par Zèd-3 Èt le Mer 09 Déc 2015 - 22:40, modifié 1 fois.
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 09 Déc 2015 - 22:35   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Les deux peuvent entrer dans le cadre du recueil. ^^

Je n'ai pas l'intention de lancer un "Star Wars et l'horreur" après celui-ci, parce que l'horreur, dans ce cas-là, ce serait pour moi. :paf:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Mer 09 Déc 2015 - 22:43   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

OK, très bien. Dans ce cas, rien à dire, sauf l'histoire d'amour, qui fait quand même un peu "happy end". Je met des guillemets, parce que quand même, c'est pas rose... mais ça pourrait être pire. Difficile à expliquer sans re-raconter l'histoire (ce qui ne servirait sans doute pas à grand chose puisque tu vas bientôt la lire).
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 10 Déc 2015 - 0:17   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

La clôture est dans moins d'une semaine à présent. ^^

Bref, il était temps que j'apporte mon texte, inspiré de l'ébauche livrée il y a un ou deux ans mais suivant un angle bien différent.

Bonne lecture !

La Force Sombre

Journal de Marl Haddeq, entrée 967, 3/7/954 RR.

Cela fait longtemps que je n’avais pas eu le temps de laisser un mot ici ! Depuis deux semaines que je suis à bord du Katana¸ je croule sous le travail et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pu trouver quelques moments. La flotte vient de passer en vitesse-lumière, ce qui m’offre un petit moment de pause.
Ce poste de technicien de maintenance moteur sur le vaisseau amiral de la Force Sombre est tout ce dont je pouvais rêver. Comment décrire ce mastodonte ? Six cents mètres de long, plus d’une centaine de large et de haut… De loin, on pourrait le prendre pour un de ces bons vieux cuirassés dont raffolent les forces de sécurité des quatre coins de la Galaxie. C’est d’ailleurs ce qu’il est, à la base ; mais les Rendiliens ont installé des circuits asservis un peu partout pour limiter l’équipage. Grâce à ça, nous ne sommes que deux mille à bord au lieu de seize sur les modèles standards. Enfin, « grâce »… Dans certains cas, c’est bien pratique d’avoir de la place en plus, mais je regrette souvent de n’avoir que ces fichus droïdes pour m’aider ! Le Sénat n’a pas investi dans les modèles les plus performants et ils accumulent les bourdes…
J’ai aperçu l’amiral, l’autre jour, au détour d’un couloir. Il parlait avec le capitaine des aménagements à réaliser pour accueillir leurs premiers invités. Ce que j’en ai entendu m’a donné la nausée ; il paraît qu’ils prévoient de redécorer les cabines à chaque voyage selon les goûts de leurs occupants ! Comme si le décor actuel bleu et or des suites de luxe ne suffisait pas ! À croire que le Katana est un yacht et non un croiseur de combat…
J’ai aussi aperçu les autres navires avant que nous partions. Il m’a été impossible de tous les repérer tant ils étaient nombreux… Faut croire qu’il y en a bien deux cents, finalement. Le chiffre me paraissait exagéré, mais maintenant, je ne sais plus quoi croire. C’est un sacré changement pour la République, et j’ignore ce qu’il signifie.
Si ce nombre est exact, cela signifie qu’il y a plus de quatre cent mille hommes au service de cette flotte. Je comprends mieux que ma candidature ait été acceptée ! Pour les planètes où nous nous arrêterons ensemble, ça fera un sacré remue-ménage. Je comprends mieux pourquoi les permissions au sol sont limitées. Dommage, j’attendrai la prochaine escale.


Entrée 968, 6/7/954 RR.

Notre première escale vient de s’achever et nous sommes partis pour le point de rendez-vous, dans l’espace profond, où nous pourrons poursuivre les essais des armes et des défenses.
C’est assez impressionnant de voir ces immenses cuirassés se déplacer en parfaite coordination. La précision est bluffante, la rapidité de communication aussi… Ils fonctionnent si bien ensemble que je me demande s’ils ne resteront pas immobiles une fois séparés du vaisseau amiral. J’imagine que nous verrons ça après cette tournée inaugurale.
Gannel et Kenth se sont plaints de maux de tête aujourd’hui. Ils ont l’air un peu pâles depuis leur retour à bord, mais ça arrive de temps à autre sur certaines planètes. Ils auraient pu avoir la roséole de Ratchuk, ils ont un moment de faiblesse… Pas de quoi se plaindre, au moins, ça ne les démange pas.
Je vais quand même les envoyer à l’infirmerie. Dans leur état actuel, ils ne me servent à rien et mieux vaut qu’ils se reposent pour reprendre le service plus vite.


Entrée 969, 7/7/954 RR.

Lakken, Ulda et Der-Svan souffrent des mêmes symptômes que Gannel et Kenth. L’état de ces derniers s’est vite dégradé pendant les dernières heures… Ils sont pris d’une fièvre violente et de spasmes fréquents. Les médecins ne savent pas quoi faire pour les soulager ; les médicaments classiques sont impuissants et surtout ils sont débordés par l’afflux de malades venant des autres sections du vaisseau. Ils ont demandé à l’amiral de sortir la flotte de l’hyperespace et de rejoindre le secteur le plus proche, mais il a refusé. J’espère qu’il se rend compte qu’en cas de pépin, nous risquons d’être submergés…
Je repense sans arrêt à ma discussion avec Sana, avant de partir. Son « mauvais pressentiment » m’avait donné envie de rire, mais à présent je ne sais pas si c’est une si bonne idée de plaisanter au sujet des intuitions d’une Jedi, même venant du Corps Agricole…


Entrée 970, 8/7/954 RR.

L’amiral a remis le commandement au capitaine avant de se retirer dans ses quartiers. L’infirmier Marwell m’a affirmé qu’il souffre des mêmes symptômes que les autres. Il m’a aussi dit que les trois quarts des médecins commençaient à ressentir ces maux de tête… Ça nous laisse un quart de personnes immunisées ou plus résistantes. Je croise les doigts pour en faire partie… Et pour que tous les cas n’évoluent pas comme pour Gannel et Kenth. Leurs hurlements font froid dans le dos. Il a fallu les attacher pour éviter qu’ils ne se blessent.
Le capitaine Galawan est un homme simple et compétent. Il a sorti la flotte de l’hyperespace et prit contact avec les autres commandants. Apparemment, trente-sept vaisseaux sont touchés par cette épidémie. L’Holonet ne passe pas dans cette région, mais Galawan a envoyé des sondes vers Rendili, Anaxes et Coruscant pour expliquer la situation. Il compte appareiller dès le rétablissement de l’amiral. Je prie pour qu’il survienne vite…
Une fois qu’on sera rentrés au bercail, je démissionnerai et je retournerai sur Bandomeer. L’espace, c’est beau, mais c’est aussi vide et les vivants y sont incroyablement vulnérables. Je rejoindrai Sana et je la convaincrai de s’enfuir avec moi. On pourrait tenir une ferme dans la Bordure… Elle s’occupant des plantes comme elle le fait déjà, moi entretenant les droïdes…


Entrée 971, 9/7/954 RR.

Gannel est mort cette nuit. Apparemment, Kenth est parvenu à défaire ses sangles et s’est jeté sur lui pour l’étrangler. Les médecins l’ont trouvé en train de s’acharnant sur le cadavre à coups de poings jusqu’à s’en faire saigner lui-même. Il l’accusait de je-ne-sais-quoi. Il a été placé sous sédatif.
Les cris sont devenus insupportables. Tout le vaisseau résonne de ces hurlements stridents. Marwell et Galawan sont venus me trouver pour avoir mon avis sur les mesures de confinement qu’ils veulent mettre en place. Vu la proportion des membres atteints, c’est plutôt nous qu’il va falloir mettre en sécurité…
Les armes ont été confisquées et stockées dans la remise arrière, près des véhicules de combat. Je ne sais plus quoi faire… Marwell et Galawan ont eux aussi le visage sombre et les traits tirés. Le pauvre capitaine n’imaginait pas que son commandement se déroulerait ainsi…
Nous allons sans doute enfermer les hommes atteints dans leurs cabines et les alimenter par le circuit d’aération. Le verrouillage sera contrôlé par Galawan depuis le pont avec ce qu’il reste d’hommes valides.
Le capitaine a interdit le décollage des navettes et autres vaisseaux de soutien jusqu’à nouvel ordre. Il ne faut pas que cette épidémie se répande… Même si on ne comprend pas trop comment elle fonctionne.
Pas besoin d’être sensible à la Force pour être inquiet en ce moment.


Entrée 972, 10/7/954 RR.

Kenth a lui aussi succombé cette nuit. Marwell l’a examiné avec les appareils du bloc et pense qu’il a subi une rupture d’anévrisme ou quelque chose comme ça. Un filet de sang coulait de sa bouche. Pauvre gars… Je ne le connaissais pas depuis très longtemps, comme Gannel, mais ils n’ont sans doute pas mérité ce qui leur est arrivé.
Je prie la Force pour que les autres ne succombent pas à leur tour, mais j’ai peu d’espoir. La maladie semble suivre les mêmes stades pour tous. Bon point, il n’y a pas eu de nouveaux malades depuis hier…
Je m’en veux vraiment d’avoir mis les pieds dans cette galère. Les compagnies civiles payaient mal, mais elles ne naviguaient qu’entre des mondes sûrs. Je suis quasi-certain que notre première escale est à l’origine de tous ces maux…

Entrée 973, 11/7/954 RR.

Atroce. Épouvantable. Je ne sais plus comment qualifier le drame qui vient de se produire…
Marwell est mort. Il rechignait à traiter l’amiral comme les autres passagers, alors il a voulu lui donner directement son repas. Le vieil homme a pris l’assiette chaude et lui a lancé au visage. Pendant que Marwell se débattait contre la désorientation, l’amiral s’est jeté sur lui et lui a brisé le cou, d’une main. Des gardes sains sont intervenus et l’ont abattu.
Pauvre Marwell… Galawan ne sait plus quoi faire, et je suis bien en peine pour l’aider. Nous avons placé les corps de ceux qui ont succombé pendant la nuit dans des caisses vidées de leur contenu. L’odeur risque de devenir insupportable, mais je ne vois pas comment faire autrement… L’espace, peut-être ? Mais il faut que le sort de ces gars ne soit pas oublié. Je ne sais pas ce qui se passe, mais quelqu’un doit l’étudier pour éviter que ça se reproduise.
La maladie semble être moins virulente chez quelques-uns. Mais je pense que d’ici quelques jours, ces pauvres types auront tous rendu l’âme.
Galawan s’est barricadé sur le pont avec ses hommes et veut que je le rejoigne, mais je préfère rentrer dans mes quartiers pour la nuit. Malgré les hurlements autour et la solitude, c’est mieux que de contempler sans arrêt des visages découragés…
Je ne sais pas si le sommeil m’aidera à oublier.


Entrée 974, 12/7/954 RR.

Depuis cette nuit, les bruits de blaster n’arrêtent pas de résonner dans le vaisseau. J’ai même entendu quelques échos d’un canon lourd. Je ne sais pas ce qui se passe. Je demeure caché sous mon lit en espérant qu’ils ne me trouveront pas.
Sana, pourquoi ne suis-je pas resté auprès de toi ?


Entrée 975, 14/7/954 RR.

Ça ne fait que quelques heures que les bruits se sont calmés, mais je devais prendre le risque de sortir. Je n’avais plus rien à boire ni à manger, et je ne parle même pas du reste…
En allant vérifier les réserves, je suis tombé nez-à-nez avec un TP-TT. L’engin a l’air d’avoir défoncé une paroi pour sortir de la soute, mais il est resté coincé malgré tout. Les blasters enfermés avec ont disparu.
Partout, des corps. La plupart portent d’horribles traces de blessures, mais quelques-uns ont l’air d’avoir succombé à la maladie. Dire qu’il y a une semaine, tous ces gars étaient bien portants…
Le cadavre de Galawan était allongé au milieu du pont. Démembré. J’espère qu’il a eu une mort rapide.
J’ignore ce qui s’est passé précisément, mais le vaisseau est retourné dans l’hyperespace et je ne sais pas vers où, ni pour combien de temps.
Je ne sais plus quoi faire…

Entrée 976, 13/8/954 RR.

Mes calculs sont formels : le vaisseau en a encore pour un an d’autonomie. Malgré les vivres, le recyclage d’air et toutes les commodités, je m’imagine mal tenir jusque-là. Je vais tenter dans les prochaines heures une manœuvre de sortie de l’hyperespace, on verra ce que ça donne.
L’atmosphère à bord est irréelle. Je ne me suis rendu compte de rien les premiers jours, parce que j’étais occupé à me morfondre dans ma cabine, mais les corps ont peu à peu disparu. D’un côté, j’en suis content, de l’autre, ça m’inquiète. Même ceux dans les caisses sont introuvables. Seuls ceux de Galawan et Marwell sont préservés, mais c’est parce que je les ai placés dans un coffre réfrigéré. L’amiral y est aussi. Je soupçonne les droïdes d’entretien d’être derrière tout ça…


Entrée 977, 14/8/954 RR.

J’ai réussi et échoué.
Shunter l’hyperdrive m’a permis de quitter la vitesse lumière, mais ça a provoqué des dommages importants à tous les autres systèmes, à commencer par les communications. Et c’est là que je découvre que les autres cuirassés nous ont accompagnés dans cette expédition folle…
Je ne peux pas diriger le Katana vers un système habité. Je ne peux pas entrer en contact avec eux. Je ne peux pas couper les circuits asservis ni ouvrir les portes du hangar. Je suis coincé dans cet immense cercueil de métal, seul, infiniment seul.
Puisse la Force me venir en aide.

Entrée 978, 29/8/954 RR.

À l’attention de Sana Rigor-Xio.
Sana, je regrette de ne pas avoir sur te dire à quel point je suis tombé sous ton charme dès que je t’ai vue. Ta fraîcheur de vivre , ton rire ensoleillé… Tu avais tous les atouts nécessaires pour me charmer quand tu as débarqué sur Bandomeer, il y a si longtemps déjà.
Malgré les bons moments que nous avons passé ensemble, je n’ai jamais eu le courage d’avouer la passion que j’éprouve encore pour toi. D’un côté, j’espère que ces sentiments sont réciproques, tandis que de l’autre… J’espère que tu pourras te construire une belle vie malgré mon absence. Définitive.
J’ai échoué. J’ai tout tenté sans que rien ne marche. J’ignore ce qui ne va pas… J’ignore si le problème vient de mes compétences ou si la panne est juste irréparable, et je pense que je ne veux plus le savoir. Je me sens seul, dans ce grand vaisseau… S’il n’y avait pas quelques traces de blasters sur le mur, on le croirait neuf. Et c’est sinistre, un vaisseau neuf, sans âme… Plus encore quand je revois les cadavres de mes infortunés camarades sur le sol.
Je vais aller les rejoindre. Je n’ai plus la volonté de vivre. Je vais aller dans le coffre réfrigéré, le fermer derrière moi et m’allonger au-dessus de mes compagnons de douleur. Je sortirai le blaster à crosse nacrée de l’amiral, ce bel objet trouvé dans ses affaires, et je le pointerai sur ma tempe en priant pour ne pas me louper. J’ai une envie de vivre incroyable mais aussi très sélective : je veux profiter du temps qui passe avec toi, et non rester ici impuissant, à compter les heures.
J’espère que quelqu’un retrouvera la flotte avant que tu ne quittes ce monde pour que tu saches enfin que je n’ai jamais cessé de penser à toi. J’espère que tu pardonneras cette ambition destructrice qui m’a empêché de voir le bonheur que j’avais sous les yeux et qui m’a lancé vers ma perte.
Nous avons souvent discuté de ta fameuse Force, de cette idée que les âmes s’y fondent pour cesser d’exister… Si c’est vrai, alors nous ne ferons plus qu’un ensemble un jour, et cette idée me console alors que je m’apprête à entamer ce dernier voyage.
Je t’aime.
Marl.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 10 Déc 2015 - 10:11   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Lu La Force Sombre !

Déjà, on sent bien la fascination de l'auteur pour la flotte Katana ! :lol:

J'ai plutôt bien aimé, en fait, même si je m'attendais à "plus". "Plus" de quoi, je ne sais pas exactement, peut-être à ce que les dernières entrées montrent le narratuer terrifié à l'idée que les maladess hantent le vaisseau, je n'imaginais pas qu'il allait se retrouver dans un bâtiment désert... Du coup, le côté horreur, qui montait bien en puissance, m'a donné l'impression de redescendre vers la fin. :neutre:

Pour la forme, j'aime bien l'idée du journal intime, compte-rendu des différents jours. E ça m'a beaucoup fait penser aux documents et notes dénichés par les personnages des premiers jeux Resident Evil - une bonne chose pour moi ! J'aurai d'ailleurs aimé avoir cette idée ! :transpire:
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 10 Déc 2015 - 11:25   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Merci pour la lecture. :cute:

L2-D2 a écrit:Déjà, on sent bien la fascination de l'auteur pour la flotte Katana ! :lol:


Toujours ! C'est une histoire proche de celle du Titanic, avec tout ce qu'elle a de tragique : les immenses pertes, le côté matériel flambant neuf mais faille "exploitée" pour le mener à sa perte...

L2-D2 a écrit:J'ai plutôt bien aimé, en fait, même si je m'attendais à "plus". "Plus" de quoi, je ne sais pas exactement, peut-être à ce que les dernières entrées montrent le narratuer terrifié à l'idée que les maladess hantent le vaisseau, je n'imaginais pas qu'il allait se retrouver dans un bâtiment désert... Du coup, le côté horreur, qui montait bien en puissance, m'a donné l'impression de redescendre vers la fin. :neutre:


Je me suis fixé quelques contraintes, notamment le suivi de l'histoire originale de la flotte : l'équipage est attaqué par un virus mortel, mais qui rend fou ceux qui en sont atteints.

Mon but n'était pas de faire une redite de Deathtroopers, mais au contraire de jouer sur l'aspect soudain de la maladie, sa progression inexorable et son résultat final : Marl se retrouve seul sur un vaisseau à la dérive, dans l'impossibilité de communiquer avec quiconque, perdant un peu plus chaque jour l'espoir de s'en sortir. Il s'écoule presque deux mois sur l'ensemble du récit... C'est àmha une forme d'horreur, celle de la résignation. Pas besoin de morts-vivants ou de monstres quand son pire ennemi, c'est soi-même.

L2-D2 a écrit:Pour la forme, j'aime bien l'idée du journal intime, compte-rendu des différents jours. E ça m'a beaucoup fait penser aux documents et notes dénichés par les personnages des premiers jeux Resident Evil - une bonne chose pour moi ! J'aurai d'ailleurs aimé avoir cette idée ! :transpire:


Pour être honnête, comme je déteste le genre horrifique - Ouais, c'est pas moi qui ai choisi le thème du recueil :D - je peux t'affirmer que ces jeux ne m'ont pas servi de source d'inspiration. :paf:
L'idée m'est venue, comme ça... Peut-être inspirée par les entrées codex de Dragon Age : Inquisition, c'est vrai. Mais c'est pas vraiment conscient, je cherchais surtout un moyen d'écrire une nouvelle sur le sujet sans retomber sur mon début de récit. :transpire:
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Messagepar Hiivsha » Ven 19 Fév 2016 - 15:03   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Je suis en train de lire "Illusions" de Barau-Leevr et j'ai une petite remarque à lui faire s'il est dans le coin :

Au début de la nouvelle tu écris :
"Le Conseil Noir n'avait pourtant pas approuvé cette mesure : tous les combattants possibles, y compris les plus médiocres, devaient être des chances en plus pour biffer un peu plus cette République décousue."

Indépendamment de la répétition peu heureuse du mot "plus", le lecteur que je suis n'est pas d'accord dans le sens où il me semble bien qu'à Korriban la formation était très dure et que les plus médiocres n'y survivaient pas sans que cela gêne le moins du monde les enseignants. Je pense même que le but recherché par l'Académie était de ne conserver que les meilleurs.

Sauf si j'ai faux... les plus chevronnés en histoire de SW pourront me dire si mon analyse est fausse ou pas pour que ça puisse me servir.
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Messagepar Zèd-3 Èt » Ven 19 Fév 2016 - 19:23   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Non non, c'est ça. Les Sith poussent presque les étudiants à s'entretuer.
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