[Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 03 Fév 2014 - 19:40   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Welcome back Titi ! :)

Je viens de découvrir ton texte, et ça m'a bien plus, en particulier l'explication rationnelle de la folie.

L'ambiance est bien tendue mais pas totalement horrifique, et c'est une bonne chose. :jap:
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Messagepar Minos » Lun 03 Fév 2014 - 21:05   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Titi77 a écrit:Voici donc en exclusivité mondiale

Menteur ! :P

Bon, je te redonne mon avis sur le texte afin que tout le monde puisse en profiter : j'ai bien aimé la nouvelle, notamment pour son côté ambigu entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle, cette fin qui n'est pas tranchée, à la Mulder et Scully.

Je compte lire tous les autres textes... mais seulement après que j'aurais pondu le mien, histoire de ne pas être influencé.
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Messagepar barau-leevr » Lun 03 Fév 2014 - 21:12   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Ça bouge ici, tiens !
Je ferai peut-être un dernier texte prochainement, afin de "trilogier". :D
Etre méchant, ce n'est pas bien.
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Messagepar Titi77 » Lun 03 Fév 2014 - 21:39   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Merci pour vos encouragements :)
Revan : ne compte quand-même pas trop sur un come-back de ma part en FF. Je ne manque pas forcément d'idées mais un peu de motivation pour les coucher sur papier. De l'eau a coulé sous les ponts depuis ma "période faste". Cela dit, de petits textes comme celui-là, pourquoi pas ;)
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Messagepar Minos » Lun 03 Fév 2014 - 21:54   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Fatale erreur : je ne te le répèterai jamais assez : tu écris BIEN.

Bisou.
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Messagepar Yorkman » Lun 03 Fév 2014 - 21:57   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bon je me suis rendu compte qu'après tout le texte que je concoctais pourrait être intéressant pour ce recueil (puisque visiblement il n'est pas impératif de faire peur; et si toute fois mon texte est accepté par la Sainte Charte)...

Alors concrètement, il me reste combien de temps ?
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 04 Fév 2014 - 19:08   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Tant que tu veux, pour l'heure. :D
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Messagepar Red Monkey » Mer 05 Fév 2014 - 20:09   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bon, on va annuler ce petit, je prévois un autre mieux.
Celui-ci est trop bas pour le recueil :sournois:

Spoiler: Afficher
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Modifié en dernier par Red Monkey le Mer 25 Juin 2014 - 0:08, modifié 5 fois.
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Messagepar Minos » Mer 05 Fév 2014 - 20:29   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Revan Bane a écrit:En plus j'ai pas le temps...

Le genre d'excuse qui ne prend absolument pas avec moi. Quand on n'a pas le temps, on prend son temps ! :o
Revan Bane a écrit:La Sith est une vraie bombe

Tu as osé garder ce truc qui n'a rien à faire dans une telle nouvelle ? Pfeuh... :pfff:


Bon, je ne vois pas les changements par rapport à la première mouture, donc je réitère ma critique originelle : manque de peps, d'émotivité, de plongée dans l'ambiance. Na !
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Messagepar Red Monkey » Mer 05 Fév 2014 - 20:31   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Minos a écrit:>Le genre d'excuse qui ne prend absolument pas avec moi. Quand on n'a pas le temps, on prend son temps ! :o

>Tu as osé garder ce truc qui n'a rien à faire dans une telle nouvelle ? Pfeuh... :pfff:

> je réitère ma critique originelle


>Tu sais ce que c'est toi ^^ Tout le monde n'est pas toi :P

>Bah, fallait bien un truc sympa au moins :paf:

>Et je la comprend bien. Mais pour le moment, j'ai pas mieux. Mais je retiens !

(en fait, je crois que la seule chose que j'aimais bien là dedans, c'était ma super phrase philosophique :transpire: )
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Messagepar Minos » Mer 05 Fév 2014 - 20:37   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

En fin de compte, je crois que je copierais-collerais bien ta dernière phrase. :D
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Messagepar Red Monkey » Mer 05 Fév 2014 - 20:38   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Copyright ! :o
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Messagepar Yorkman » Mer 05 Fév 2014 - 21:52   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Salaud ! Je t'avais pourtant dit de m'envoyer le texte avant de le publier, traître ! :evil:

Revan Bane a écrit:La vie est une maladie dont la mort est le seul remède, et je suis la pour la dispenser.


Au final tu n'as suivi aucun de nos conseils...
Et puis tu as fait la faute impossible à faire pour un individu normalement constitué qui parle français : c'est "là" et pas "la" :wink:
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Messagepar Red Monkey » Jeu 06 Fév 2014 - 7:33   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Une faute :shock:

Sinon, oui vos conseils... J'ai pas réussi à appliquer parce que en fait je savais déjà mais j'arrivais déjà pas.
Autant IRL l'introspection ça y va, mais transcrire ça...
Quant à l'émotivité et toussa... Pas du tout moi ^^
J'apprendrais :jap:
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Messagepar deathstar7777 » Jeu 06 Fév 2014 - 12:34   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Je vais pas faire long mais je vais pas être sympa :paf:

Je pensais venir la fin.

Manque un mot

rien ne peut survivre à une hécatombe pareille

Désolé mais là, j'ai tellement rit :paf:
Reformule autrement

La Sith est une vraie bombe

Ouille :paf:
Que tu le mettes en pensée oui, pourquoi pas (bien que je sois pas fan), mais là, en récit, non, définitivement non

Dommage que ton texte manque cruellement de profondeur. Le personnage ressent des petites choses (et encore, il assiste a une quinzaine de meurtres, il voit sa mort arriver sur lui, donc vu la situation, il a peu d'émotions) mais nous, on ressent rien

Le texte est trop court et donc trop superficiel
Rallonge le, ajoute des choses qui peuvent rendre le personnage narrateur attachant et peut-être qu'on pourra éprouver un peu de tristesse
Le potentiel est la. Maintenant faut l'utiliser correctement et je pense que tu as le niveau pour
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Messagepar Laayla » Jeu 06 Fév 2014 - 14:57   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bizarre, moi j'ai bien ressentis les émotions du personnage, sa peur, son désaroi face à cette tueuse. :neutre:
Un bon petit texte, dont j'ai eu envie de savoir la fin (ce qui arrive pas souvent, faut que ce soir souligné)
Par contre "bombe" ça m'a aussi fait bizarre...peut-être dire que c'est une magnifique femme au coeur de glace, un truc dans le genre.
Après je ne suis qu'une lectrice lambda, ça peut aussi jouer face à de tels vautours...heu connaisseurs :chut:
Mais j'ai bien aimé, na !
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Messagepar Red Monkey » Jeu 06 Fév 2014 - 15:18   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Mercii laayla !! J't'adore ! :D
Mais ils ont raison ça se veut simple quand meme.

Ds:
> je pense pas qu'il manque un mot.
> pourquoi tu ris nameo ? Dis ce qui t gêne que j sache ce qu'il pourrait y avoir à reformuler.
>ouais j'ai hesité à laisser la bombe... C'est qu'un délire parmi d'autres au pire ^^
>c'est un essai. Je suis tout sauf ce style émotionnel là ^^
Et je sais ce qui va pas !!! Je veux justement améliorer ça alors soyez efficaces au lieu de repéter. Pourquoi j'aurais testé un nouveau style sinon ?
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Messagepar Laayla » Jeu 06 Fév 2014 - 16:51   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Revan Bane a écrit:Mais ils ont raison ça se veut simple quand meme.


J'ai pas dis le contraire ^^, mais parfois vaut mieux du simple qu'on comprend, que du compliqué qu'on comprend pas...m'enfin c'est un avis perso :neutre:
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Messagepar deathstar7777 » Jeu 06 Fév 2014 - 18:55   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Revan Bane a écrit:
Ds:
> je pense pas qu'il manque un mot.
> pourquoi tu ris nameo ? Dis ce qui t gêne que j sache ce qu'il pourrait y avoir à reformuler.
>ouais j'ai hesité à laisser la bombe... C'est qu'un délire parmi d'autres au pire ^^
>c'est un essai. Je suis tout sauf ce style émotionnel là ^^
Et je sais ce qui va pas !!! Je veux justement améliorer ça alors soyez efficaces au lieu de repéter. Pourquoi j'aurais testé un nouveau style sinon ?

>je croyais que tu voulais dire "je pensais voir venir la fin"
Mais visiblement tu voulais dire "je sentais venir la fin"
>c'est hécatombe qui me gêne. "C'était une véritable hécatombe" ou "personne n'était censé survivre a un tel massacre" ça passerait mieux vu qu'hécatombe implique déjà la notion de morts a grandes échelles et chances de survie limitée ou nulle.
>ouais mais enlève quand même
>ah écrire a la première personne c'est assez différent d'écrire a la troisième. Ça se ressemble beaucoup sauf qu'il faut beaucoup explorer ce que ressent le personnage
Si tu veux un conseil, fait en sorte qu'on aime ton perso pour être triste ou effrayer par sa mort, pour qu'on partage ses émotions
Dans un texte comme celui-ci, la chose la plus importante, celle que tu dois le plus travailler, c'est ton perso

Autre chose: je suis assez cassant avec toi parce que tu nous as habitué a du bien meilleur niveau alors évidemment, je suis un peu frustré
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Messagepar Red Monkey » Jeu 06 Fév 2014 - 18:58   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

deathstar7777 a écrit:Mais visiblement tu voulais dire "je sentais venir la fin"
>c'est hécatombe qui me gêne.
>ouais mais enlève quand même
celle que tu dois le plus travailler, c'est ton perso


Possible...
Ouais, mais ça sonne bien ce mot :D
Peut-être ^^
Et c'est là le but, je dis :p J'ai remarqué que j'avais toujours du mal avec ça. Quoi de mieux que de tenter les premières personnes. Maintenant faut trouver comment améliorer. Pas le tout de le dire et de dire qu'il faut faire aimer le perso et faire rentrer dans sa tête, faut pas être idiot pour comprendre ça, c'est comment le formuler...
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Messagepar deathstar7777 » Jeu 06 Fév 2014 - 19:27   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Le seule conseil que je peux te donner c'est de nous parler de ton perso
Son histoire, sa vie, sa famille s'il en a une (ce qui est généralement cliché mais globalement apprécié), ses passions, son caractère...
T'es pas obligé de développé tout ces points mais quelques uns ou d'autre
On doit aussi sentir que tu aimes ton perso et ce que tu ressens en écrivant (si toutefois tu ressens des choses :paf: )
Voilà les conseils que je pourrait te donner. Après je suis meilleur a la critique qu'à l'écriture donc bon ^^´
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Messagepar Red Monkey » Jeu 06 Fév 2014 - 19:29   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Le souci c'est que je préfère la tueuse que le type victime :paf:
Nan, mais je pige :D Ce sera déjà pas mal...

Edit Minos ; j'ai bien saisi que c'est la victime le héros :paf: quand même, vas pas trop loin hein.
Modifié en dernier par Red Monkey le Jeu 06 Fév 2014 - 19:45, modifié 1 fois.
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Messagepar Minos » Jeu 06 Fév 2014 - 19:42   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Revan Bane a écrit:Le souci c'est que je préfère la tueuse que le type victime :paf:

Mettre en avant les émotions de la victime met aussi ta tueuse en avant, vu que l'un ne va pas sans l'autre. D'autant que tu as beau préférer la tueuse, elle n'est qu'une figurante dans ton histoire : c'est la victime le héros, ce que tu as sans doute oublié, voire pas bien saisi.^^
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Messagepar Notsil » Jeu 06 Fév 2014 - 22:15   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Les émotions ça peut ne pas être évident à exprimer.

Car le personnage a beau être un personnage issu de ton imagination, c'est avec tes tripes à toi que tu le fais vivre. Faut pas hésiter à se livrer entièrement. Si jamais, tente une nouvelle totalement mélo, tu pourras ensuite faire la part des choses ;) Ou écris sur quelque chose qui te tient vraiment à coeur (une passion quelconque, un être cher...) et tu verras si tu es arrivé à transmettre la flamme.

(j'ai pas lu le texte car je préfère écrire d'abord pour ne pas m'inspirer des écrits précédents ^^).

Par contre quand tu dis :

Et je sais ce qui va pas !!! Je veux justement améliorer ça alors soyez efficaces au lieu de repéter. Pourquoi j'aurais testé un nouveau style sinon ?

-> si tu sais ce qui ne va pas pourquoi ne pas le changer ? ^^ Malheureusement y'a pas de miracle, faut reformuler, casser les phrases, effacer, recommencer, recombiner les morceaux... Ça viendra, ne t'inquiète pas ;) Au boulot, avec la fougue de la jeunesse !! :diable:
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Messagepar barau-leevr » Ven 08 Aoû 2014 - 10:55   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Pour dix vies de Hutt
(Inspiré de l’UE Legends)

Vestral, 10 années avant la Bataille de Yavin
L’homme avançait, impassible aux regards des autres passants. Une marche droite et fluide, parfois coupé par une pause et quelques mouvements de respiration l’approchait peu à peu du point de rendez-vous. Les autochtones, principalement Twi’leks, étaient surpris d’une telle vivacité, et tout autant par la main portée sur son ventre, d’où un liquide rouge s’écoulait. Le sang twi’lek étant vert, cette couleur écarlate était certainement un argument pour le compte de leur surprise. Mais un autre, et non des moindres, s’ajoutait à ce premier. Vestral, à défaut d’être Alderaan, était toutefois loin d’être une planète réputée pour sa violence, encore moins de manière aussi… brute. Sa position de planète mineure, au sein de la partie la plus négligée par l’ensemble de la galaxie, n’attirait pas l’attention de gangs criminels, et sa population n’était pas assez nombreuse pour envisager un mouvement terroriste local. La planète vivait de marchandises importées d’autres mondes plus importants de la Bordure Extérieure, principalement grâce à l'Empire qui, grâce à sa politique plus ou moins d’ampleur galactique, a pallié au service de contrebandiers.

« Une demi-heure d’avance, pensa-t-il », il pouvait se permettre un pas moins tendu, peut-être même une pause. Parfait, la douleur s’en fera d’autant moins sentir. Adossé contre un mur craquelé par endroits et marqué d’une peinture ayant certainement connu des jours meilleurs, il commença à ressasser les événements récents. Lentement, il se laissa aller à une position plus confortable en glissant latéralement sur la façade, mais comprit vite qu’il ne pouvait être qu’assis s’il comptait préserver son abdomen saignant depuis peu de temps.
Un coup de gourdin, asséné violemment par… une ombre. Un instant. Une fraction de seconde. Son vaisseau, posé près de lui dans un espace dégagé dans la jungle. Explosions. Sa femme, ses enfants, décédés. Tout était passé très vite, bien trop. Ce qui était censé être un voyage d’affaire doublé d’un séjour touristique en famille a été détruit, de la pire des façons. Ce n’est que par professionnalisme qu’il s’était forcé à continuer ses affaires, fuyant l’horreur personnelle à laquelle il a été confronté. Cette dernière lui a donné inconsciemment un pas plus rapide. Une chance que son –ou seraient-ce « ses » ?- agresseurs n’aient pas vérifié ses signes vitaux. Et c’est non sans moult sanglots qu’il était arrivé ici, à quelques dizaines de kilomètres du lieu du drame. Mais il y était. Dans ce village isolé, sur une planète isolée. Et blessé ou non, sans famille ou au complet, l’avenir de la puissance impériale allait se jouer ici.

Maula Lisoru se tenait fermement sur ses pieds, malgré la mousse flasque jonchant en de nombreux endroits le sol. Les débris de l’ex-vaisseau officiel étaient éparpillés ici et là. Des tissus humains calcinés restaient parfois présents sur les trois squelettes fractionnés présents presque côte à côte. L’explosion était en effet due à un nouveau système de bombe, inspiré de prototypes volés aux fournisseurs d’armes séparatistes durant la Guerre des Clones. Elle aurait permis de garder les corps et les chairs identifiables, de façon, premièrement à vérifier si des Jedi étaient présents à bord, secondement à vérifier les suspicions avec des tests de présence midichlorelle. Le système consistait, pour faire simple, à choisir dans quels endroits du vaisseau l’explosion aurait lieu en laissant une ou plusieurs pièces libres du carnage, le souffle suffisant à tuer les personnes présentes sans les désintégrer. Pour ce faire, il fallait équiper chaque pièce d’une mini-bombe à faible portée. Le tout se faisait via un datapad où était chargés les plans du vaisseau piégé. Les cadavres étaient par chance encore reconnaissables à l’œil nu. Rori, Ashka et Ubosic Avesta. Respectivement femme et enfants de l’architecte naval Modra Avesta. On racontait que sa lointaine ascendance avait joué un rôle prépondérant sur Makeb plus de trois millénaires auparavant. Une éternité, autrement dit. Les trois corps présentaient des traces de brûlure évidentes, les yeux de l’épouse étaient encore ouverts, seule la sclère, partie blanche des yeux humains, était visible. La bouche était entrouverte, comme si elle avait poussé un dernier juron avant de mourir. A partir de la poitrine, tout n’était que squelette. Les deux petits corps, plus petits, ayant appartenu à des enfants de cinq et huit ans, étaient quant à eux dans un état bien moins enviable –si le mot était approprié-, Eux n’avaient que lambeaux de chair sur le thorax et les jambes, visage toujours présent. Maula se réjouissait de cette vision, il adorait le perfide délice de voir la preuve que ses concurrents souffrent, sa version améliorée de l’arme séparatiste était une réussite, il lui tardait de la ré-expérimenter. Mais une chose à la fois, Modra d’abord. Il chercha aux alentours des trois cadavres, ses techniciens légèrement sur le côté ne disait mot. Il parcouru l’herbe souillée jusqu’à l’endroit supposé du poste de commande, la seule pièce où la mini-bombe n’avait avait pas explosée, hormis le séjour. Les commandes étaient dans un état presque impeccable, on aurait juré que rien n’y était arrivé. La stupéfaction de ce constat passée, Maula revint vers le sol de la pièce. Impeccable. Pas la moindre trace de sang. Il sentit sa fureur monter, son visage s’empourpra. Mais avant de se laisser aller à une réaction excessive, il se tourna vers l’un de ses techniciens, un Bothan.
– Où est-il ?, hurla Maula non sans faire sursauter au moins deux de ses hommes. – Il… il est sorti du vaisseau juste avant l’explosion et votre arrivée, j’ai cru l’avoir tué d’un bon coup en plein corps. J’ai relâché mon attention avec la détonation, il en a profité pour s’enfuir environ dix minutes après, dit-il d’une voix timide. – Tu ne m’en as pas averti ?!, lâcha Maula au bord de l’hystérie, Incapables ! Non sans plus de mots, il saisit sa vibrolame fabriquée par ses soins et la brandit dans une ultime furie sur ses propres alliés. Il découpa, trancha des membres de diverses espèces, retombèrent instantanément sur le sol. Des cris, du sang, des boyaux et autres organes, certains lui étant même inconnus, formèrent en quelques instants une épaisse et infâme bouillie organique, qu’il s’empressait de découper d'en encore plus petits morceaux. Il n'avait plus possession de ses moyens. Ces sombres imbéciles, tous autant qu’ils sont, Rodiens, Bothans, Togrutas et même Wookies, venaient de perdre certainement plus de dix vies hutt de crédits. Tous ces poils et ces chairs déchiquetés, il se faisait un plaisir de les écrabouiller, afin que ces crétins finissent avec le pire des cadavres. Il jura silencieusement : Je te retrouverai, Avesta, et ton sort sera bien pire encore !

- Ainsi dîtes-vous que ce modèle conviendra parfaitement au Seigneur Vador ?
Les Impériaux avaient fini par arriver, avec un certain retard. Modra, émanant des industries de Kuat, n’avait pas encore fait le deuil de sa famille. Ses yeux étaient encore rouges et larmoyants. Il devait faire meilleure impression possible pour paraître correct, tâche déjà compliquée par sa plaie. Sa voix restait incontrôlablement très émotive. Il voulait connaître les raisons de ce drame. Et tout compte fait, il n’avait peut-être même pas envie de la somme faramineuse qu’était prête à offrir l’Empire pour son modèle, tant sa vie était dévastée. Il regrettait d’avoir choisi une planète comme Vestral pour faire les transactions sans risques, au moins sur Coruscant on aurait remarqué ce désastre. –Oui, répondit-il finalement, en essayant de se calmer, l’Executor est complètement apte à accueillir des milliers d’Impériaux de part sa taille inédite sur le marché. Sa grande puissance de feu est équivalente à 9600 TIE avancés. Tous les plans sont sur la carte de données ici présente.
Il posa l’appareil sur la table du général. Celui-ci la prit, l’enfonça dans son lecteur et consulta les données sur le datapad associé. Apparemment satisfait, il se laissa afficher un sourire.
–Belle bête, les plans seront transmis au Seigneur Vador dans les plus brefs délais. Vous n’allez pas très bien, puis-je vous proposer quelque chose ?
Un bip sonore accusa la réception du message et des plans de l’Executor par le Comité impérial. –L’asile, si tel est possible. Après quelques secondes de réflexion, et ayant remarqué la plaie, le général comprit. –Quelqu’un… vous traque ? - J’en ai bien peur. Le général appuya sur un bouton dissimulé et envoya un message à ses officiers posés à l'entrée de la bâtisse. – Code jaune, je veux une escouade guettant les environs. L’individu recherché peut-être n’importe qui, prenez garde ! »

Les Bothans étaient de bons informateurs et parfois même de bons soldats. Dans une société construite tant dans l'artillerie que la conception de vaisseaux spacieux, c'était parfois nécessaire. Tout de noir vêtu, il se sentait une certaine puissance, moindre comparée à celle de son employeur, Maula Lisoru. Un homme froid et impulsif, très coléreux. Même ses proches n'étaient pas sûrs de la connaître vraiment tant il était nébuleux. Il tenait son travail très à cœur, s'en était parfois maladif.
Maula se sentait, d’une certaine façon, apaisé. Il était arrivé, après de pénibles heures à suivre des traces, rebrousser chemin, tuer sauvagement quelque bête sauvage se dressant sur son chemin. Il arrivait en ville, où la présence d’Impériaux avec par endroits des citoyens lui permit de savoir qu’il était arrivé. Sans crainte quelconque, il fonça vers les Impériaux. Peu réactifs. Ils étaient au nombre de six. Il se délecta à tuer un premier d’un coup de blaster, puis voyant les autochtone fuir, il en attrapa un et l’assassina sauvagement en le coupant en deux au niveau de la ceinture. Voyant leur congénère, peut-être même père et époux, se faire abattre de sang-froid, les nombreux Twi’Leks se trouvèrent zélés et accentuèrent leur course, à la limite du niveau humain atteignable, et les pleurs hystériques accompagnaient logiquement ce flot sanglant. Maula n’était pas satisfait. Il égorgea à main nues un autre impérial, lança des flammes sur le troisième qu’il laissa se consumer sans abréger ses souffrances. Une mort lente, une mort rapide. Encore trois stromtroopers. Il fit une démonstration de son arsenal que l’on aurait dit aussi fourni que celui d’une armure mandalorienne en ciselant d’un vif mouvement le thorax d’un quatrième, que l’armure de qualité toute relative ne put contrer. Un long et épais sang rouge coula sur le blanc immaculé caractéristique de leur faction, un hurlement strident, tel une alarme, accompagna sa chute pour retrouver les trois autres cadavres.
Plus que deux ! Un coup de pied d’une rare violence s’abattit sur l’un d’eux. Surpris, il tomba à terre. Maula n’avait plus qu’à l’achever, rapidement, afin de rendre le dernier apte à le renseigner sans qu'il ne s’enfuie. Un coup de poignard porté dans la tempe suffit à finir celui-là proprement.
Un franc sourire affiché aux lèvres, et une respiration restée presque normale. Le visage maculé de sangs divers, d’organes en tous genres, et encore beaucoup d’armes à sortir de sous sa manche. Celui ou celle qui ne trouvait pas la vision de cet homme insupportable ne pouvait que mentir. Maula se laissa à imaginer le visage du soldat sous son casque produit par millions d’exemplaires. Il s’approcha de lui, retira son masque. Tétanisé, l’homme de l’Empire ne sut trouver la force de l’empêcher. Un clone. Ces créatures guerrières, produites par séries, de la simple chair à canon au service des Jedi durant la Guerre des Clones, étaient à elle-seules le contre-exemple de l’humanité et des droits galactiques. Et une de ces choses se tenait à présent là, sous la bannière de l’Empire, parmi d’autres ex-soldats républicains et de nouvelles recrues civiles. Maula aurait préféré avoir à faire avec l’une de ces dernières, mais qu’importe. Sans poser la moindre question dans un premier temps, il sortit une sorte de scalpel de sa poche, et commença à le taillader au visage d’un plaisir plus visible que jamais. Il commença par la partie inférieure de l’orbite gauche. Il décrivit le contour du trou, travail à peine perturbé par la sueur coulant sur toute la tête du stromtrooper. Sa capacité de self-control était assez inédite. La manœuvre avait duré une dizaine de secondes, secondes pendant lesquelles il avait étouffé tous les cris qu’il aurait pu lâcher. Insatisfait, Maula effectua le même geste circulaire autour de l’autre œil. Les battements de cœur de l’homme se faisaient nettement plus sentir ce coup-là. Une veine de son front tremblait tambour battant, veine que Maula taillada aussi, un déluge sanguin recouvrant aussitôt le visage. Le soldat émit de bas gémissements, qui augmentèrent en volume à mesure qu’il perdait son liquide vital. Il se força à serrer les dents. Impressionnant. Maula décrivit quelques gestes saccadés autour de l’une des joues. Très vite, il apparut que les mouvements triangulaires étaient les plus douloureux. Il en fit une dizaine avant de s’attaquer de la même façon à l’autre joue. Le visage du clone de Jango Fett n’avait plus grand-chose de reconnaissable. Il était plein de sang, de sueur voire même de salive. Il n’avait lâché aucune information. Maula pouvait donc continuer à jouer avec lui, quand il eût fini de mutiler des joues, où les plaies étaient désormais profondes de plus d’un centimètre. Il sectionna le bas du menton, et le soldat lâcha, il se mit à pousser le hurlement que Maula attendait. Et ce dernier sut que sa délectation allait bientôt s’achever. Il creva un œil, l’autre, et le laissa pousser un autre hurlement. Il fallait qu’il soit en mesure de parler s’il voulait qui le soldat lui fournisse l’information dont il avait besoin. Trente secondes à tout compter avant que le stormtrooper s'arrête de crier, après avoir frôlé les 110 décibels. Résigné, il demanda : -Que… que voulez-vous ? » - Où est ton chef ? » - Au fond du village, troisième rue à droite. Laissez-moi, je vous en supplie. Laissez-moi ! Je n’ai rien à voir avec vous ! » Sourd à la dernière requête du soldat blanc, Maula passa son scalpel sous la gorge du blessé, et tira d’un geste vif.

Ambassade impériale
Le général impérial n’avait de toute évidence aucune idée de l’ampleur du danger représenté par Maula. Cette insouciance se ressentait même dans la façon dont il s’adressait à lui.
– Ainsi vous avez passé mes forces. Fichtre, vu leur niveau, pas étonnant que vous les ayez vaincu facilement, Maula Lisoru. »
Maula sursauta légèrement à la mention de son nom. Comment cet impérial de troisième zone connaissait-il son nom ? Le général reprit :
- Vous étiez également envisagé pour pouvoir fournir un vaisseau personnel à Dark Vador, mais vous avez été écarté à la dernière minute, au seul profit du concepteur Avesta. Votre jalousie envers lui fait de vous un principal suspect au meurtre de sa famille. Nous suspectons aussi que vous comptiez lui voler les plans de l’Executor. Vermine ! Il ne m’étonne pas que vous avez été relégué, vu le soin tout particulier que vous portez au armes en dépit des autres paramètres. Les plans de l’Executor ont été envoyés et ont été approuvés par le Seigneur Vador. Vous avez perdu ! » - Pas tout à fait. » Maula dégaina sa vibrolame, pareillement à l’impérial. Il était rare de voir un gradé plus politique que militaire porter les armes. Mais en ce coin perdu de la galaxie, rien n’était impossible. L’impérial attaqua le premier par un coup bas porté au niveau du genou. Maula para et contre-attaqua avec la même attaque. L’autre n’avait pas été assez rapide, les deux jambes furent sectionnées.
Trop facile ! Maula se baissa pour voir son ennemi à terre. Il râpa son corps sur toute la longueur avec la vibrolame. La peau resta collée aux vêtements calcinés là où elle n’était pas changée en morceaux écarlate. Le général se retint de tout cri. Quand Maula arriva au niveau du visage, il s’arrêta, laissa passer quelques secondes, et d’un coup sec trancha la tête de son adversaire. Les boyaux étaient déjà en train de sortir du reste du corps, la capacité de cautérisation de cette arme étant bien moindre à celle d’un sabre laser. Maula remarqua un bruit dans la pièce annexe. Avesta ! Ne pouvant se retenir un sourire, il fit durer la terreur du concepteur de l’Executor pour avancer lentement, très lentement. Quand il vit la pauvre loque larmoyante qu’était devenu Avesta, en haillon et avec un trou au milieu du ventre, lui-même ne put s’empêcher un haut-le-cœur. Misérable, même pas bon à tuer. Il l’assomma.
Quand Avesta se réveilla, il se trouvait au milieu de la jungle, attaché à un arbre, à quelques pas de son vaisseau détruit. Maula avait perché en haut d’un autre arbre les restes en décomposition de sa famille. Un nexu arrivait, il ferma les yeux.
Modifié en dernier par barau-leevr le Ven 08 Aoû 2014 - 13:59, modifié 2 fois.
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Messagepar Titi77 » Ven 08 Aoû 2014 - 13:17   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bonjour bonjour,je viens de lire ton texte, barau. Je te livres donc mon avis. :D

Déjà, c'est sanglant. Trop peut-être : à aucun moment, je n'ai vraiment ressenti ce qui aurait fait un texte d'épouvante (qui fait peur quoi). On découpe de l'impérial et du civil, mais on connait la menace, il n'y a pas de vraie tension. Après oui, l'action passe plutôt bien.
Malgré cela, j'ai trouvé le style parfois assez lourd (même si je peux être mal placé pour ça ^^). Ce qui manque surtout à mes yeux ce sont des descriptions d'Avesta et surtout de Maula. Étant donné que ce dernier est la Némésis de l'histoire, il faut soigner sa présentation. J'en ai déduit que c'était un chasseur de primes avec un arsenal à faire pâlir les Expendables et la santé mentale du tueur de "Massacre à la tronçonneuse" mais c'est assez mince car on ne l'a déduit que par ses actions. Tu pourrais l'introduire dans la scène du vaisseau crashé comme si un de ses acolytes le détaillait pendant qu'il observait les résultats de l'attentat.

Sur la forme, il doit y avoir eu des problèmes de copier/coller quand tu as envoyé ton texte sur le forum car les dialogues ne vont pas à la ligne et certains noms de vaisseaux ne sont pas en italique.
En parlant de dialogues, si tu comptes utiliser des guillemets, sache qu'ils s'ouvrent en début de dialogue (donc pas de tiret pour la première réplique) et ne se ferment qu'après la dernière réplique du dialogue. Tu peux aussi éviter toutes ces règles en n'utilisant que des tirets.
Enfin, un petit florilège des coquilles que j'ai pu relever (attention, des fois je suis cash en les commentant) :
Une marche droite et fluide l’approchait peu à peu du point de rendez-vous, soudainement devenu presque inatteignable
-> si il marche aussi bien, pourquoi c’est inatteignable ? Tu devrais montrer que sa blessure le fait tituber, reprendre sa respiration tous les 3 pas etc. En fait, le tout est assez bancal puisqu'il a l'air assez gravement touché mais pas assez pour parcourir quelques kilomètres à pied et négocier avec ses contacts comme si de rien n'était. De plus, le général impérial ne voit pas immédiatement qu'il est blessé ? Dernière incohérence : si c'est un général, pourquoi seulement six stormtroopers en patrouille, pourquoi il n'y en a pas dans le bureau / bâtiment où a lieu la rencontre ?
et non des moindres, s’ajoutais
-> s'ajoutait
n’attirait pas l’attention de gangs criminels, et la population
-> sa population
n’était pas assez nombreuse pour envisager un mouvement local
-> la présence d'un mouvement local ?
les événements récent
-> récents
mais comprit vite qu’il ne pouvait être qu’assit
-> qu'assis
saignant depuis tout fraichement
-> la fin n’a pas de sens. Enfin si je comprends mais la phrase ne veut rien dire : préserver son abdomen saignant depuis peu ? Et d'ailleurs, comment un coup de gourdin a pu lui ouvrir le ventre ?
Explosion.
-> Une ?
Tout était passé
-> Tout s'était
ou serait-ce « ses » ?-
-> seraient
Et blessé ou non, sans famille ou au complet
-> je trouve que quelque chose cloche dans ta formulation mais je n'arrive pas à le définir.
Les débris de l’ex-corvette
-> un civil qui voyage sur un vaisseau militaire ? Où est son escorte dans ce cas ? Surtout si c’est un officiel des chantiers Kuat.
Des tissus calcinés humains
-> des tissus humains calcinés
des tissus calcinés humains restaient parfois présents sur les trois squelettes humains fractionnés présents
-> répétition * 2
secondement
-> deuxièmement
à vérifier les suscitions
-> tu dois parler de suspicion, non ?
avec des tests de présence midichlorelle
-> de présence de midichloriens ?
les conséquences de l’acte
-> le souffle ?
il fallait équiper chaque pièce
-> si chaque pièce est minée, comment ils en laissent de libres ?
Le tout se faisait via un datapad où étaient chargés

les plans du vaisseau sujet
-> du vaisseau piégé
Eux n’avaient que lambeaux de...
-> et comment on reconnait que ce sont les bons enfants alors ?
le perfide délice à voir
-> de voir
sa version améliorée de l’arme séparatiste avait était
-> supprime "avait"
ses techniciens légèrement sur le côté taisant mot
-> ne disant mot / se taisant, tu as le choix :)
où la mini-bombe n’avait avait pas explosée
-> explosé
trancha des membres de diverses espèces, retombant
-> je suppose que tu parles des membres, donc je dirai «qui retombèrent…»
certains lui étant lui-même inconnus
-> lui étant même
qu’il s’empressait de découper encore en
-> découper en d'encore
Il était en pleine dépossession
-> il agissait comme un possédé, n’avait plus possession de, n'avait plus la pleine possession de... etc
émanant des industries de Kuat, n’avait compréhensiblement
-> c’est marrant, Word me dit que ça n’existe pas et j’ai tendance à le croire pour une fois ;), tu n’as qu’à ne pas mettre de qualificatif, on se doute que ça prend un peu de temps pour faire le deuil de sa famille.
tâche déjà compliquée par sa plaie
-> et aller chez un médecin, à l’hôpital, il n’en est pas capable ? Si c'est un obstiné, il faut montrer qu'il fait ça pour l'Empire, son âme, l'argent, que sais-je.
Sa voix restait incontrôlablement
-> Soit tu dis que sa voix paraît très émotive, soit qu’il a du mal à contrôler l’émotion dans sa voix
il n’avait peut-être pas envie de la somme faramineuse qu’était prête à offrir l’Empire pour son modèle
-> ah ? et il n’a pas besoin de soins, d’une aide quelconque pour l’enquête, de mercenaires ou autres pour faire payer les auteurs de l’attaque /défendre sa personne ?
Il arrivait en ville, à
-> en ville, où
la présence d’Impériaux en compagnie de citoyens
-> tournure pas top. On croirait qu'ils sont main dans la main.
Peu réactifs. Ils étaient
-> Peu réactifs, ils étaient...
puis voyant les autochtones fuir, il en attrapa un et l’assassinat
-> l'assassina
afin de rendre le dernier exploitable
-> pas sûr de comprendre ce que tu veux dire. On ne rend pas un type qu'on va tuer "exploitable".
une simple chair à canon
-> de la simple chair à canon
qu’il perdait son liquide de vie
-> son liquide vital
les mouvements triangulaires étaient les plus efficaces

Il n’avait lâché aucune information
-> pourquoi en lâcherait-il, ce n'est pas comme si Maula lui avait posé une question hein... Fais plutôt ressortir qu'il résiste à la douleur.
avant que le stormtrooper arrêtait
-> s'arrête
Ton général impérial aime répéter "il ne m'étonne pas que..." :)
que vous portez aux armes en dépit

premier par un coup bas porté au niveau de genou
-> du genou
Il rappa son corps
-> il a appelé Joye Starr ? Horrible ! Ou alors il a « râpé » héhéhé :ange:
Mula avait perché en haut d’un autre
-> Maula

En résumé : il faudrait plus de tension et quelques descriptions de personnages, pour planter un peu plus le décor. Continues comme ça :)

J'ai aussi une suggestion pour le staff : vu le niveau des textes que nous produisons pour ce recueil, il faudra sortir un avertissement aux âmes sensibles parce qu'en fait on est assez méchants avec nos héros :) Surtout, on montre bien plus de choses que dans du Star Wars "normal".
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Red Man » Ven 08 Aoû 2014 - 14:03   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Pour tout te dire c'est très bien malgré quelques fautes.
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Messagepar tutur811 » Ven 08 Aoû 2014 - 18:16   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Pas mal malgré le fautes... #Bisounours
C'est formidable le cinéma. On voit des filles avec des robes. Le cinéma arrive, on voir leur c**.
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Messagepar barau-leevr » Ven 08 Aoû 2014 - 18:19   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

N'empêche, les fautes sont corrigées.
Elles viennent surtout du fait que j'ai horreur de me relire. Je sais bien que c'est peu recommandé, mais j'ai un tel sens d'auto-critique qu’instinctivement, je me dis que tout ce que j'écris n'est même pas potable. :transpire:
Que voulez-vous, je suis comme ça... :neutre:
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Messagepar Yorkman » Mer 24 Sep 2014 - 23:01   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Oyez oyez !

Comme pour le Recueil précédent, j'ai décidé d'apporter ma modeste contribution à ce Star Wars et l'épouvante.
Mais d'abord, quelques mots : lorsque j'ai lu "Star Wars et l'épouvante", je me suis dit 2 choses:
- on va voir des batailles sanglantes avec plein de criminels et de Jedi;
- à tous les coups, quelqu'un va nous sortir un truc avec de la magie Sith et des créatures Sith pas nets.
C'est pourquoi j'ai décidé de ne rien faire de tout cela, pensant qu'on peut trouver autre chose dans le terme "épouvante" que le gore et les manipulations peu orthodoxes de la Force, tout comme on peut traiter "Star Wars" différemment qu'avec des histoires dans l'espace (qui n'a pas pensé à Alien ?) et des criminels.
Aussi ai-je décidé de proposer une nouvelle totalement différente de ce qui a été proposé jusqu'à maintenant ; je tiens à préciser que j'ai ma propre définition du terme "épouvante", car je crois que cela n'implique pas nécessairement d'effrayer le lecteur mais de mettre en scène des personnages et des choses qui inspirent la peur autour d'eux, dans un contexte précis.
Mon histoire n'est donc pas particulièrement effrayante (quoique vous pourriez être effrayé par mon état mental lorsque je l'ai écrite), mais j'ose espérer qu'elle vous perturbera un tant soit peu. Autant vous le dire : je me suis senti coupable à chaque ligne !
À la base, je ne devais même pas la publier dans le recueil mais la proposer sur le forum avec un mot d'avertissement.

Pour mieux comprendre mon choix, posez-vous la question que je me suis posée : Comment ne pas devenir complètement fou lorsqu'on habite sur la planète la plus peuplée de la Galaxie, cerné par la technologie, coupé de la Nature et où l'on ne croise jamais le même visage ?

Cette nouvelle est inspirée du roman de Bret Easton Ellis American Psycho (1991) et de son adaptation cinématographique sortie en 2001 dans laquelle Christian Bale incarne le golden boy psychotique Patrick Bateman.

Attention: certaines expressions et langages ne sont pas adaptés à un lectorat mineur.




Acromanie



Je m'appelle Datak Nak'tar, j'ai vingt-sept ans. Je vis sur Coruscant, dans un somptueux penthouse de West Egg Grand Center que j'ai acheté principalement pour sa vue sur le quartier du Sénat, devant lequel j'aime siroter un cocktail tuti kuati le soir, déguster des langoustes Mon Cal et égorger une jeune femme. Je les aime particulièrement fraîches et onctueuses, pour les éventrer avec les mains et les déguster avec un plaisir semblable à celui de gagner de l'argent pour en faire perdre aux autres, savourer lentement ce moment de jouissance durant lequel on se sent puissant, intouchable.

Les choses simples, insignifiantes me rebutent car elles nous forcent à nous tapir dans un conformisme mimétique qui nous rappelle cette coexistence insupportable avec les êtres inférieurs que nous inflige ce monde. Les regards, l'attention, la peur, l'incompréhension, c'est ce qui me fait vivre.

Vous croyez me voir, m'entendre et me parler, peut-être que vous croyez que je vous écoute et que je vous ai chaleureusement serré la main en entrant, vous aviez alors la sensation de sentir l'étreinte d'une chair. Et alors il arrive ce moment où ce regard froid, fixe, terne, m'échappe et vienne transpercer votre expression. Alors vous avez la sensation d'avoir percé à jour l'être qui se dissimule sous cette carapace de chair, vous vous levez avec la sensation de connaître la vérité.
Lorsque vous me parlez je ne suis tout simplement pas là. Je n'existe pas.

Je possède tous les attributs d'un être humain – la peau, le sang, les cheveux –, mais ma dépersonnalisation est si profonde, est menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion a été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je ne suis qu'une imitation, la grossière contre-façon d'un être humain.

***


Je sors du bureau vers 11h15, j'avais rendez-vous avec Zemo et Kirst à l'Aquilean vers treize heure pour le déjeuner, ce qui me laissait tout le temps pour passer à mon appartement. Je récupère mon speeder garé dans le parking de la Ace Bank et après avoir payé la caissière dans son bocal ridicule je lance le bolide dans la voie périphérique qui passe entre le siège de la IRDG Holding et celui des comlinks tactiles SurfING. Mais le périphérique est bouché à cause des travaux dans l'immeuble de la Tribune Impériale, ce qui m'oblige à me rabattre vers la sortie et la voie du grand carrefour. Je déteste cette voie, on ne peut pas libérer son moteur sans craindre de rencontrer un lourdeau peu attentif. Et puis il y a les aliens qui volent à côté de moi, sans se soucier ni de moi ni de leur infériorité maladive.

Comme je le craignais le trafic est bouché par un accident et la police est déjà sur place, bloquant le tunnel qui mène à mon appartement. Je ne peux pas attendre, pas une insignifiante petite seconde alors je gare mon speeder au premier parking qui se présente sans prendre la peine d'essayer de me souvenir où il se trouve, et je pars à la chasse au taxi. Affolé, crispé, aucun ne s'arrête, et je présente mon doigt à tous ceux dont le temps plus précieux que le mien obligent à m'ignorer, un doigt qui soulage soutenu par un bras vif et impérieux. Oui, ce geste grossier lancé par sa catapulte de chair, il me soulageait.

Un vrai taudis avec une carcasse jaune grouinaillante, fumante, et une allure pathétique presque putassière s'arrête à mes pieds. L'intérieur est gras et est envahi par une odeur de tabac bon marché mais généreux et qui rappelle ces chères années où les death sticks couraient encore les marchés légaux, mais qui me donne une envie irrépressible de brûler ce qui reste de cette épave qui s'envole tant bien que mal.

« ABANDONNE TOUT ESPOIR TOI QUI PÉNÈTRES ICI » peut-on lire, barbouillé en lettres de sang sur la flanc de la Ace Bank, perdue entre les grattes-ciels de la Sienar et du BSI, en caractères assez grands pour être visibles du fond du taxi qui se faufile dans la circulation pour sortir du carrefour, et à l'instant où je remarque l'inscription un bus s'arrête et l'affiche des Bithz Boyz collée à son flanc me bouche la vue mais cela ne me contrarie pas, car je promets cinq crédits au chauffeur s'il monte le son de la radio qui passe Come'ower heer sur WYNN, et le chauffeur, un Dug, obtempère.

***


Mon appartement sent le fruit pourri, mais en réalité c'est l'odeur de ce que j'ai retiré de la tête de Janiss pour le verser dans une coupe, dans l'entrée. La tête elle-même est restée sous le piano, dans un coin du salon, couverte de bouillie de cerveau. J'ai l'intention de l'utiliser comme citrouille pour le Jour des Moissons.

Le reste du cadavre gît sur le divan, empeste la putréfaction et l'alcool, mêlé à du parfum Leechi balmorrien et aux résidus de bâtons de la mort dans ses narines. Le sang coagulé avait traversé l'épaisse couche de flimsiplast disposé par terre, autour du canapé et sous la table basse où traînait un reste de cigare écrasé et des verres brisés, la débauche monstrueusement psychotique dans toute sa splendeur, caractéristique des soirées entre yuppies défoncés et catins de la haute, dévergondées, facilement amadouables avec des chemises haute couture et le scintillement factice d'une carte Core Express Credit qui m'a bien servie à gratter sous sa manucure faussement esthétique des restes de rideaux en toiles de shaak teintés d'hémoglobine.

J'enfile une blouse de chirurgien qui pendait dans la salle de bain, pour ne pas salir mon costume aldérandien, et j'en profite pour prendre un cachet que j'engloutis avec un verre de brandy qui traînait à côté. Je pars à la recherche des morceaux de Janiss que j'ai éparpillés autour du divan. Il y en a un peu partout : un œil sur la table, des dents dispersées dans le séjour ; il faut que je nettoies vite parce que les taches pourraient s'incruster dans le sol et ce serait la fin de mon marbre hors de prix, et soudain cette idée me file une angoisse que j'évacue avec un fond de soda tiède dans un gobelet que je ne me souviens pas avoir commandé. Et là les morceaux de lekkus que je retrouve flottant dans le bac à poissons me rappellent comment j'ai terminé cette nuit-là, ou celle d'avant encore, avec une hache et séparant la tête de son corps de prostituée. Cette catin qui a ruiné ma parure de divan en cuir de nerf que j'ai acheté dans une galerie à Aldera, en même temps que quelques costumes de villes, des mocassins tressés en phalone, et un pied de lampe incrusté de diamants avec lequel j'ai fracassé le crâne d'un clochard en sortant de la boutique et que je croyais bien avoir laissé là-bas.

Sa carcasse éventrée pue tellement que je suis obligé de gaspiller mon déodorant au corail de terre de Rugosa pour me désimprégner de cette odeur insoutenable qui me rappelle celle d'un petit-déjeuner infect déjà assez horrible à regarder, et le dîner de la veille, rien qu'en pensant au repas que j'allais partager à l'Aquilean avec deux collègues tout aussi repoussants.

Je glisse le cadavre dans une housse avec tous ses restes sans faire attention à mes mains couvertes de sang, pensant probablement que j'avais déjà enfilé des gants qui à l'heure actuelle embellissent chez le teinturier. Je traîne la masse vers la sortie et dans le couloir sur les quelques mètres qui séparent ma porte de l'ascenseur. Il y a un sas de maintenance sur lequel est inscrit « ACCÈS RÉSERVÉ AU PERSONNEL » et je m'engouffre dans un escalier de service vers la baie de chargement où je trouve une benne à moitié vide et où je dépose le sac. Je pousse la benne de toutes les forces de mon corps sculptés vers la porte du hangar, et elle s'envole, se précipitant violemment dans le vide vers les bas-fonds où personne ne se souciera du corps de cette catin s'écrasant au sol, au milieu des clochards et des camés.

***


Aujourd'hui la conversation tourne autour du dernier holo de Raz Luhman, que je n'ai pas vu ; de certaines critiques gastronomiques, que j'ai lues ; de l'holographe Coruscanti dont les œuvres me rebutent mais que tout le monde sur la Place du Sénat s'arrache, et moi-même j'en possède quelques exemplaires ; de ce nouveau restau jawanais au carrefour des grandes avenues ; du mérite comparé des potins de la Tribune et du News. Il s'avère que Zemo et moi avons une relation commune, une serveuse de Rokrul sur Nelvaan que j'ai violée avec une bombe de laque quand j'y suis allé skier aux dernières fêtes des Lumières. L'Aquilean est bondé, le bruit assourdissant, l'acoustique pourrie à cause de la hauteur du plafond et si je ne m'abuse le vacarme est soutenu par Black Banthas version new age, déversé à pleins tubes par les baffles fixées en l'air à chaque coin de la salle, ce qui m'oblige à penser au dîner de ce soir et à la personne avec qui je vais le partager.

Ma tête est déjà au bureau et au postérieur de la secrétaire, et je suis assis sur mon divan dans le bureau, comme si je n'avais jamais pris ce déjeuner affreux avec deux collègues dont je me suis efforcé d'oublier rapidement les noms. Derrière le rideau j'aperçois l'ombre de la secrétaire qui fait des photocopies, et derrière moi le soleil transperce la baie vitrée, la lumière atteint ma montre qui la renvoie ensuite dans la face de Palpatine, cloué sur le mur, que l'administration nous oblige à afficher. « Enfoiré de donneur de leçon » pensais-je, mon cou brûlant à cause du soleil et la sueur coulant le long de ma nuque, et je ne sais toujours pas où je vais dîner ce soir. J'attrape un pager pour y feuilleter des adresses dont la plupart me font tirer la langue et cracher par terre, puis mon doigt glisse doucement sans que je ne le contrôle sur une icône en haut de l'écran, et je bascule sur une liste de contacts dans laquelle je cherche machinalement une victime ou deux.

Je me lève et je me rassois, et je me lève, je ruisselle, je titube et je ne sais pas pourquoi, parce que cette journée ne se passe pas comme les autres ou parce que j'ai avalé quelque chose de pas frais, ce qui ne m'étonne pas au début, puis je me souviens que je n'avais rien pris en voyant le menu, « mais avec qui ? ». Je me rassois et je me lève, cherchant Pati ou Nelly ou Gabbi, la secrétaire, du regard, et elle se tient derrière moi, me tendant un relevé d'honoraires dont je me fiche mais qui paraît important, au moins pour acheter un nouveau speeder car je ne sais plus où j'ai garé l'ancien. Et sans réfléchir je la regarde hausser les épaules et je dis « Voulez-vous dîner avec moi ce soir ? ».

Je ne prends pas le temps d'entendre sa réponse parce que j'étais trop occupé à me rasseoir et à chercher une adresse dans l'annuaire. « Où voulez-vous aller dîner ? », elle ne répond pas, elle regarde au plafond, balançant ses hanches de gauche à droite, les mains derrière le dos et elle hausse les épaules, ce qui m'énerve ; « Où vous voulez » dit-elle, ce qui m'énerve encore plus et, exaspéré, j'attrape un comlink avec un début de numéro en tête. Il fait si sombre, alors je réalise que j'avais mis mes lunettes de soleil sur le nez à cause de la lumière qui m'insupporte et qui devient de plus en plus persistante à mesure que je perds patience. « Une idée, vite ! » fais-je tout bas, et soudain la secrétaire debout en face de moi a une idée : « Au Ruuso ». Elle le dit avec fébrilité et envie, une lueur brillant dans ses yeux bleus, parce qu'elle sait à quel point c'est difficile d'avoir une table au Ruuso le soir, même en réservant un an à l'avance. Et parce que je n'ai jamais réussi à avoir une table, même en réservant un an à l'avance.

« Ah, au Ruuso, vous ne connaissez pas le Ruuso » lui dis-je, et elle me répond avec un sourire naïf en haussant les épaules. J'essaye de ma calmer en croisant les jambes et je lui lance mon plus beau sourire en réponse et fébrilement je compose le numéro du Ruuso. Un type qui dit s'appeler Leny me répond et j'imagine déjà sa pointe d'amusement en formulant ma requête, et le gars, au bout du fil, me rit au nez.

Je range le comlink dans une poche de mon pantalon tandis que Pati ou Nelly ou Gabbi n'avait pas bougé même en voyant une moue sauvage apparaître sur mon visage. « À huit heures », elle ne comprend pas et moi sans réfléchir je lui dis que tout est arrangé, que nous avons une table au Ruuso là où il est impossible d'avoir une table. Puis la lueur dans ses yeux disparut, laissant place à l'incompréhension.

***


Et au milieu de l'après-midi, je me retrouve dans une cabine incomm à un coin de rue, quelque part dans les bas-fonds du Centre, je ne sais pas où, en sueur, avec une migraine lancinante qui bat sourdement dans ma tête, saisi d'une crise d'angoisse de première catégorie, fouillant mes poches à la recherche d'un Cupcs, d'un Xorox, d'un Alxion qui traînerait là, ou de n'importe quelle pilule, ne trouvant que trois Nuprin éventés dans une boîte Cacroix, trois Nuprin que je me fourre dans la bouche et que je fais glisser avec un Diet Kola, et dont, ma vie en dépendait-elle, je ne pourrais dire ce qu'ils font là, ni d'où ils viennent. Oublié avec qui j'ai déjeuné et, plus grave encore, où. Avec Smaugh Eskolar, au Joy Star ? Avec Rupp Cosios, au Sofistel le nouveau bistrot de Dommistros Khanick à Tribeca ? Ou bien avec Danzy Moral, à l'Urshaada ? Ou encore avec Gamblin LaChance, au Contra à HoNo ? Ai-je commandé le sandwich de brioche aux perdreaux avec des tomates séchées, ou une grande assiette de blattes à la sauce blanche ? « Mon Dieu, je ne me souviens pas. » Je gémis.

Je sors précipitamment de la cabine, le walkman autour de mon cou m'étrangle soudain, comme un boulet attaché à ma gorge et la musique qui en sort, du Dizzy Gillespee dans les années moins quarante qui me vrille les nerfs et je le jette dans la première poubelle qui se met dans mes jambes, et reste là, accroché au bord de la poubelle, respirant lourdement, la mauvaise veste nouée autour de ma taille, contemplant le walkman qui marche toujours, tandis que le soleil fait fondre la mousse sur mes cheveux, qu'elle se mélange à la sueur qui ruisselle sur mon visage, et je sens le goût de la mousse en passant ma langue dans mes lèvres : elle est bonne, la mousse, et me voilà soudain la proie d'un appétit dévorant, et je passe ma main dans mes cheveux et me mets à lécher ma paume avec avidité tout en remontant l'avenue qui porte un numéro indéchiffrable, sans voir les vieilles qui distribuent les tracts, ni les magasins de jeans, d'où la musique braille et s'échappe et se déverse dans la rue, tandis que les gens accordent les gestes au rythme de la chanson, un tube de Mando'a, Mando'a qui crie Laisse-moi festoyer avant d'aller me faire descendre..., que les coursiers à speedbike filent comme des flèches et, immobile à un coin de rue, je leur jette des regards furieux, mais les gens passent sans rien voir, ils ne font pas attention, ils ne font même pas semblant de ne pas faire attention, ce qui me calme un tant soit peu, assez pour me diriger vers la quincaillerie la plus proche afin d'acheter une théière, et à l'instant même où je crois être revenu à mon état normal, avoir retrouvé mes moyens, mon ventre se tord, et me voilà pris de crampes si violentes que je titube jusqu'à la première entrée d'immeuble où je me dissimule, plié en deux, les bras serrés autour de la taille, mais la douleur disparaît soudain, aussi vite qu'elle était apparue, et, me redressant, je me précipite dans la première quincaillerie venue, où j'achète un assortiment de couteaux de boucher, une hache, une bouteille d'acide chlorhydrique, avant d'entrer dans une animalerie un peu plus bas, où je fais l'acquisition d'un goret et de deux womps blancs que je projette de torturer avec les couteaux et l'acide mais, à un moment, plus tard dans l'après-midi, j'ai oublié le sac avec les womps dedans, tandis que j'achetais des bougies, à moins que je n'aie finalement acheté une théière.

À présent je remonte la 1138ème et des poussières à grands pas, en sueur, gémissant tout bas, repoussant les gens qui se mettent sur mon chemin, l'écume aux lèvres, le ventre tordu par des crampes abdominales qui sont peut-être dues aux amphés, mais cela m'étonnerait ; puis, un peu calmé, j'entre dans une échoppe et parcours les rayons en tout sens, volant au passage une boîte de jambon en conserve et un paquet de clopes à filtres longue durée que je dissimulent sous ma veste avant de sortir très calmement pour aller me cacher plus bas dans la rue, dans le hall du Sienar Building, où je force la boîte à l'aide de ma carte sans accorder la moindre attention au gardien qui semble tout d'abord me reconnaître puis, me voyant commencer à manger le jambon à pleines mains, me fourrant dans la bouche des poignées de viande rose et tiède, qui reste collée sous mes ongles, menace d'appeler la sécurité. Je file, me voilà dehors, en train de vomir tout le jambon, appuyé contre une affiche placardée sur un arrêt de bus, et j'embrasse l'affiche, le joli visage dessiné, ses lèvres, barbouillant de traînées de bile sombre son minois ravissant, d'une grâce toute simple, ainsi que le mot « GOUINE » gribouillé au-dessous.

Je défais mes bretelles, ignorant les clochards qui m'ignorent, et remonte l'avenue, titubant, mais des gens, des endroits, des magasins se mettent sans cesse sur mon chemin, et quand dans la je-ne-sais-combientième rue un dealer me propose du crack, je sors machinalement une barre de cinquante et l'agite sous son nez, et le type fait « Oh la vache ! », éperdu de reconnaissance, et me serre la main, me glissant dans la paume cinq ampoules que j'entreprends d'avaler toutes sous le regard faussement amusé du dealer qui tente de dissimuler sa profonde angoisse, et que j'attrape par le cou, coassant « Le meilleur moteur c'est celui du Fyord SBM 750 iL ! », puis je me dirige vers une cabine et me mets à raconter n'importe quoi à l'opératrice avant de me décider à éjecter ma carte, me retrouvant soudain en ligne avec la réception de Xclusive, annulant un rendez-vous pour un massage que je n'ai jamais pris. Je parviens à retrouver mon calme en contemplant mes pieds, chassant les rats à coups de mocassins et, sans y prendre garde, j'entre dans un restaurant minable perdu dans 1313ème et, toujours aussi secoué, ahuri, en sueur, me dirige vers une petite grosse, une vieille aussi, et atrocement habillée. Elle me conduit à une table abominable, au fond, près des toilettes et, lui arrachant le menu des mains, je m'installe précipitamment dans un box, sur le devant. Sentant une serveuse près de moi, je passe ma commande, sans lever les yeux : « Un cheeseburger. Je voudrais un cheeseburger, pas trop cuit ». « Désolé, Monsieur, pas de fromage. » Je ne vois pas du tout ce qu'elle veut dire. « Très bien. Donnez-moi un cheeseburger sans fromage avec du fromage balmorrien, par exemple, et... Ô bon Dieu... ». Je sens les crampes qui reviennent. « Pas de fromage, Monsieur, dit-elle. Mauvais... ».

« Mais bon Dieu, c'est un cauchemar ou quoi, espèce de gouine ? fais-je à voix basse. Du fromage blanc, vous en avez, du fromage blanc ? Apportez-en. ». « Je vais chercher le patron », dit-elle. « Bon, comme vous voudrez, mais en attendant, apportez-moi quelque chose à boire » fais-je d'une voix sifflante. « Oui ? », demanda-t-elle. « Un... un lait bleu. Un lait bleu à la vanille. » « Pas de lait bleu, dit-elle. Je vais chercher le patron. ». « Non, attendez. ». « Je vais chercher le patron, Monsieur. ». « Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » fais-je, écumant ma platine déjà posée sur la table graisseuse. « Pas de lait bleu. Périmé. » dit-elle, lippue, une des ces milliards de créatures ayant défilées sur cette planète. Je hurle, éclaboussant de salive le menu ouvert devant moi. Elle me regarde sans réagir. Elle s'éloigne pour aller chercher le patron, et quand je le vois arriver, copie conforme de la serveuse, en chauve, je me lève et hurle : « Allez vous faire foutre, bande d'enfoirés ! », et sors en courant du restaurant.

Mon estomac continue de hurler de douleur, me suppliant de le remplir avec quelque chose, quand l'envie de fumer me vient tout à coup, sûrement à cause du crack que ce dealer m'avait refilé, et quand je presse la capsule dans le filtre, une odeur nauséabonde se répand dans ma gorge puis mon estomac, et je tousse et recrache tout à chaque bouffée, m'empressant de jeter la clope dans le caniveau et le paquet avec.

C'est alors que je me rappelle des animaux que je voulais égorger avec des couteaux de cuisine et que j'avais oublié je ne sais où, mais, autour de moi, je ne pouvais voir aucune animalerie, seulement des panneaux indiquant la direction d'un zoo, où je me précipite sans réfléchir, titubant, mon estomac grondant toujours plus fort, et repensant, je ne sais pourquoi, au type du Ruuso qui m'avait rit au nez.

***


Cette sensation désagréable disparaît lorsque j'arrive en face de la grille du zoo, où le gardien me laisse entrer voyant que la somme que je laisse au comptoir est beaucoup trop importante, et, instinctivement, je me dirige vers l'enclos des volatiles. Un autre gardien leur jette des poissons morts, et un attroupement se forme autour du bassin, essentiellement des adultes, certains accompagnés d'enfants. Sur le grillage, un panneau rappelle : « L'ARGENT PEUT TUER. LES PIÈCES, BARRES OU PUCES DE CRÉDITS AVALÉS PEUVENT SE LOGER DANS L'ESTOMAC DE L'ANIMAL ET PROVOQUER DES ULCÈRES, DES INFECTIONS, ET LA MORT. NE PAS JETER DE CRÉDITS DANS LE BASSIN. » Je jette une petite poignée de crédits dans le bassin, pendant que les gardiens ont le dos tourné. Je n'ai rien contre les kwazel maw, c'est la joie du public devant eux qui me dérange. La chouette blanche a exactement les mêmes yeux que moi, surtout quand elle les écarquille. Et comme je demeure là, immobile, la fixant du regard derrière mes lunettes de soleil baissées, un message tacite passe entre moi et l'oiseau – et je ressens une sensation bizarre, une sorte d'urgence très étrange qui génère ce qui va suivre, et qui débute, a lieu et finit très rapidement. L'ombre fraîche de la maison des aiwhas – « Au bord de la banquise », annonce le zoo, non sans prétention – contraste nettement avec la moiteur du dehors. Les aiwhas se laissent glisser languissamment dans l'eau, derrière les parois de verre contre lesquelles s'agglutinent les spectateurs. Ceux qui restent sur le rocher, sans nager, paraissent abrutis, harassés, morts d'ennui ; ils se contentent de bâiller, s'étirent parfois. La sono diffuse de faux bruits d'aiwhas, des cassettes probablement, et on a augmenté le volume, car la salle est bondée. Ils sont mignons, les aiwhas. J'en vois un qui ressemble à Palpatine.

Un enfant, cinq ans à peine. Il est en train de finir une friandise. Sa mère lui dit de jeter l'emballage, puis reprend sa conversation avec une autre femme, accompagnée d'un enfant à peu près du même âge. Tous trois plongent leur regard dans le bleu sale du bassin des aiwhas. L'enfant se dirige vers la poubelle située dans un coin sombre, au fond de la salle, et derrière laquelle je suis à présent tapi. Il se dresse sur la pointe des pieds, et jette soigneusement le papier dans la poubelle. Je chuchote quelque chose. L'enfant m'aperçoit et demeure ainsi, immobile, à l'écart de la foule, légèrement effrayé, mais fasciné, et muet de stupeur. Je le fixe aussi. « Veux-tu... un biscuit ? » fais-je, plongeant la main dans la poche. Il hoche sa petite tête, lentement, en haut, en bas, mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, une immense vague de fureur balaie ma conscience et, tirant le couteau de ma poche, je le poignarde prestement au cou. Ahuri, il recule dans la poubelle, gargouillant comme un nouveau-né, sans pouvoir crier ni pleurer, à cause du sang qui commence à gicler de sa blessure. Certes, j'aimerais bien voir mourir cet enfant, mais je le pousse à terre derrière la poubelle, avant de me mêler à la foule, l'air de rien, et touche l'épaule d'une jolie fille, lui désignant en souriant un aiwha qui se prépare à plonger. Dans mon dos, un regard attentif verrait les pieds de l'enfant qui s'agitent derrière la poubelle. Je surveille d'un œil la mère qui, au bout d'un moment, s'apercevant de l'absence de son fils, commence à scruter la foule autour d'elle. De nouveau, je pose ma main sur l'épaule de la fille qui sourit et hausse les épaules d'un air d'excuse, je ne sais pas pourquoi. Lorsque sa mère l'aperçoit enfin, elle ne crie pas car, ne voyant que ses pieds, elle s'imagine qu'il se cache pour jouer. Elle paraît tout d'abord soulagée de l'avoir retrouvé, et se dirige vers la poubelle en disant : « Tu joues à cache-cache, mon chéri ? » d'une voix attendrie. Mais de là où je me tiens, derrière la jolie fille, dont je viens de m'apercevoir que c'est une étrangère, une touriste, je vois le moment exact où la mère change de visage, effrayée soudain et, balançant son sac à main derrière son épaule, elle écarte la poubelle, découvrant son fils, le visage complètement recouvert de sang, ce pourquoi l'enfant a du mal à cligner des paupières, tandis qu'il se tient la gorge à deux mains, agitant les jambes, mais plus faiblement à présent. La mère émet un son – que je ne pourrais pas décrire –, un truc aigu, qui finit par un cri.

Quelques personnes se retournent tandis qu'elle se jette à terre à côté de son fils, et je m'entends crier, d'une voix bouleversée : « Je suis médecin, je suis médecin ! » et, m'agenouillant aux côtés de la mère, sous les regards intéressés d'un cercle de curieux, je la force à lâcher l'enfant qui gît à présent sur le dos, cherchant en vain à reprendre son souffle, le sang jaillissant régulièrement de son cou, formant un arc rouge, faible, qui vient détremper sa chemise. Tout en tenant la tête de l'enfant avec vénération, prenant garde à ne pas me tacher, je me rends vaguement compte que si quelqu'un demande du secours, et qu'un vrai docteur est dans le coin, l'enfant a de bonnes chances d'être sauvé. Mais rien ne se passe. Je continue de lui tenir la tête, imbécilement, tandis que sa mère – plutôt moche, le genre tatouinienne, grosse, faisant des efforts pathétiques pour être chic, avec un pantalon griffé et un vilain pull-over de laine noire à motif de feuilles – crie « faites quelque chose, faites quelque chose, faites quelque chose ! », tous deux inconscients de la pagaille, des gens qui commencent à crier dans tous les sens, reportant toute notre attention sur l'enfant agonisant. Tout d'abord assez content de moi, je me sens soudain secoué par une violente décharge de tristesse, d'accablement, en me rendant compte à quel point il est gratuit, et affreusement douloureux de prendre la vie d'un enfant. Cette chose devant moi, cette petite chose qui se tortille et qui saigne, n'a pas de vraie histoire, pas de passé digne de ce nom, rien n'est vraiment gâché. Il est tellement pire et plus satisfaisant de prendre la vie d'un être qui a atteint ses belles années, qui est déjà riche des prémisses d'un destin, avec une épouse, un cercle d'amis, une carrière, quelqu'un dont la mort affectera beaucoup plus de gens que ne le fera la mort d'un enfant, ruinera peut-être beaucoup plus de vies que la mort dérisoire, minable, de ce petit garçon. Dans l'instant, je ressens le désir presque incontrôlable de poignarder également la mère, qui est en pleine crise d'hystérie, mais je ne peux rien faire...

Un homme s'assit à son tour autour de l'enfant, trop mal habillé pour être un médecin, vêtu d'une blouse blanche et d'un badge disant « Vétérinaire du zoo » ; lui pouvait sauver l'enfant, et je ressentais alors le désir irrépressible de le voir finalement mourir sous les yeux de sa mère et d'un homme qui aurait pu lui sauver la vie. Il me regarde bizarrement, tout en essayant de réduire l’hémorragie avec ses mains gantées, voyant que je ne tentais rien pour le sauver. Il me demande si je suis médecin, et, ne pouvant lui répondre, je ne songe plus qu'à courir, à toute vitesse, m'enfuir et oublier cette mauvaise journée. « Vous êtes médecin ? » insista-t-il, mais je ne pouvais pas m'en aller, alors je sors la première carte qui se présente sous mes doigts et je l'agite rapidement devant lui, en espérant qu'il soit trop occupé par le gamin mourant pour gober le stratagème, et je pars, prétextant que je vais chercher de l'aide, et il me suit du regard, m'agrippant au col alors que j'essayais de me lever ; « Vous n'êtes pas médecin ! » dit-il, et je ne comprenais pas, je ne comprenais plus rien, ni ça ni les regards dans la foule qui se jetaient sur moi, je veux juste m'en aller. Et la sécurité du zoo arrive, alors le médecin s'empresse de me signaler en me traitant arbitrairement de meurtrier, et je cours, là où mon instinct me dit d'aller, vers une cabane au milieu du zoo. Il fait sombre, terriblement sombre, et j'aperçois finalement une lueur au-dessus de ce qui semble être une porte, me voyant déjà en dehors du zoo, rentrant chez moi et oubliant cette mauvaise journée, enfin.

Et au-dessus de la porte, masquée par des tentures de velours rouges, il y a un panneau, et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit : « SANS ISSUE ».
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Messagepar Titi77 » Dim 05 Oct 2014 - 22:30   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Mieux vaut tard que jamais, j'ai fini par lire cette dernière nouvelle.
Déjà je confirme l'avertissement : ce n'est pas pour les âmes sensibles, même dans un recueil traitant d'épouvante.

Et bien... je ne sais trop que dire. D'un côté, on se fait plutôt bien à la narration à la première personne, ça se lit bien, tu exposes bien la psyché (ou son absence ?) de ton protagoniste et les nombreux clins d’œils à notre culture musico-médiatique contemporaine sont bien sympathiques.
De l'autre, le personnage m'inspire un profond dégoût (ouf ^^) et... c'est tout. Je me suis rendu vite compte qu'il était complètement cinglé et en permanence dans cet état, du coup il ne peut vraiment y avoir de suspense / angoisse du lecteur. Je suppose que tu te serai trop éloigné de ta source mais si le protagoniste avait, disons, un genre de double personnalité, le suspense aurait été bien présent.
Reste la scène la plus réussie où il invite sa secrétaire à dîner. Là, tu atteins ton objectif je pense.

Edit : 2 petites coquilles :
J'essaye de ma calmer en croisant les jambes
=> la calmer ?
un paquet de clopes à filtres longue durée que je dissimulent sous ma veste
=> dissimule
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Messagepar Yorkman » Dim 05 Oct 2014 - 23:40   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Ah enfin un lecteur ! :oops:

Merci pour ta lecture et le comm', je sais à quel point c'est difficile de lire sur un écran un texte aussi long et peu avenant. :jap:

Titi77 a écrit:De l'autre, le personnage m'inspire un profond dégoût (ouf ^^) et... c'est tout. Je me suis rendu vite compte qu'il était complètement cinglé et en permanence dans cet état, du coup il ne peut vraiment y avoir de suspense / angoisse du lecteur. Je suppose que tu te serai trop éloigné de ta source mais si le protagoniste avait, disons, un genre de double personnalité, le suspense aurait été bien présent.


Je vois ce que tu veux dire, et probablement que l'idée de départ a connu une gestation rapide et pas assez approfondie. Du reste je me suis appliqué à retranscrire la psyché dérangée du personnage, illustrée par les morceaux de cadavre dans son appartement et ses délires maniaques sur la nourriture et la musique, et ainsi amener le lecteur à imaginer avec angoisse quand et comment Datak finirait par exploser et/ou imploser. Ce texte est donc profondément irrationnel dans le sens où l'on ne sait ni vraiment qui il est, ni d'où il tient ce comportement.
Certes je conçois que la lecture aurait pu être plus prenante et angoissante en donnant à mon personnage une double personnalité, mais je ne voulais pas trahir mon personnage, qui est simplement fou (ou terriblement lucide).
Cette nouvelle parle des masques que l'on porte en société et de ce qui arrive lorsque ces masques tombent ; bien sûr je n'imagine pas que tout le monde cache un comportement psychotique sur Coruscant, mais c'est l'infinité de la civilisation qui en devient animale (et c'est là le but de cette avalanche de marques et de noms de restaurants, qui illustrent à mon sens cette zombification de la société moderne--c'est à qui aura le plus gros carnet d'adresses!).

Titi77 a écrit:Reste la scène la plus réussie où il invite sa secrétaire à dîner. Là, tu atteins ton objectif je pense.


C'est justement le point charnière du texte; Datak est tellement perturbée qu'il s'en attaque à la structure même de son existence. (Ici c'est la secrétaire qui met de l'ordre dans sa vie professionnelle --mais cela aurait pu être sa mère, un policier, etc...Tout ce qui est un vecteur d'équilibre.)
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Messagepar Talleyrand » Ven 13 Mar 2015 - 20:56   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Six mois plus tard...

Les gonds de la massive porte à double battants grincent dans un fracas épouvantable. Une silhouette qui, ailleurs, aurait été imposante mais semble lilliputienne dans le voisinage de l'huis gothique se dresse. Sa question, prononcée d'une voix rendue rauque par l’atmosphère renfermée des lieux, résonne longtemps dans l'air après que l'inconnu se soit tu :

"Le recueil est encore ouvert ?"

:D
-Vous avez été cinéaste, réalisateur, conteur, écrivain, innovateur technique,… Quelle est la chose la plus importante ?
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Messagepar Minos » Mer 18 Mar 2015 - 21:47   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

J'ai bien envie de poser la même question : j'avais dit que je pondrais un texte... :D
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
Blaise Pascal.
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 18 Mar 2015 - 22:07   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Désolé, j'ai oublié de répondre vendredi. :transpire:

Bien sûr que c'est ouvert ! Tous vos textes sont bienvenus. :jap:
“La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” - Confucius
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Messagepar Minos » Mer 18 Mar 2015 - 22:15   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Parfait, je le pondrai donc dans six mois, le topic devrait être encore ouvert :paf:
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
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Messagepar Talleyrand » Jeu 19 Mar 2015 - 20:05   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Dans ce cas, je posterai sans doute la première partie de mon texte en fin de semaine prochaine :jap: ! #teasingdefou :D
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-Georges Lucas : J’ai été un bon père... Du moins, j'ai essayé de l'être !
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Messagepar Talleyrand » Dim 05 Avr 2015 - 20:30   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Moralité : ne jamais promettre de délai quand on n'est pas sûr de le tenir. Voici la première partie du texte, qui fait environ 1500 mots. A priori, les chapitres à venir seront plus longs.
Je ne tiens pas vraiment compte de l'UE dans cette fic - et les films ne devraient pas avoir d'incidence sur le récit - mais j'ai très fort pensé aux comics la légende des Jedi, ainsi qu'à l’œuvre d'un certain J.R.R. T. en écrivant.
Je ne me suis pas encore décidé pour le titre final et je préfère ne pas mettre de titre de travail, si ça ne dérange pas.
A deux ou trois expressions passages près, je suis assez content du résultat mais n'hésitez pas à me donner un avis contraire :) .
Enjoy, comme disent les sales jeunes...


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« Nul ne s’aventurait sans raison dans les espaces stellaires en ces temps-là ! Leur géographie était encore mal connue, des créatures dont les noms et les images sont depuis longtemps oubliés – et c’est heureux car si ce n’était le cas aucun de vous ne pourrait dormir sans angoisse comme vous le faites aujourd’hui – circulaient alors en toute liberté, suivant des courants dont nous ignorons tout, animés par une volonté dont la logique nous échappe. Les monstres qui peuplaient l’Espace dans les premiers temps, nos lointains – oh, si lointains - ancêtres durent les combattre. Le récit que je raconte se déroule aux temps immémoriaux de la guerre entre les fils de la Vie et du Vide. »
La voix qui parlait était envoutante. Chaque syllabe était détachée avec le plus grand soin, comme si celui qui les prononçait craignait que le sens ne se perdît par une trop hâtive communication des sons. Le chaland, en entendant ce phrasé lent et mélodieux ralentissait le pas, désireux, malgré ses activités, de s’attarder pour écouter l’orateur ; très vite, le passant pressé devenait un auditeur attentif et peu nombreux étaient ceux qui trouvaient en eux la volonté de s’arracher à l’enchantement pour retourner se mêler à la cohue de la circulation Coruscantéene au début de l'époque impériale.
Aussi, en quelques minutes, celui qui avait commencé à parler seul fut-il entouré d’une foule disparate, composée des espèces les plus diverses de la Galaxie. Mais personne au sein du public ne l’égalait en étrangeté. Son visage était si bien dissimulé par une barbe abondante, dont les teintes oscillaient entre le roux le plus sauvage et le blanc le plus éclatant, qu’il était impossible de déterminer quelle texture il pouvait avoir en dessous – cuir, plume, écaille ou poil. L’identification de l’individu – ou de l’espèce de l’individu – n’était pas non plus réalisable par l’analyse de ses membres car ceux-ci étaient cachés sous une ample bure, de telle sorte qu’il aurait pu être de toutes les espèces de la Galaxie - ou, et plus d’un passant sentit un frisson passer dans son dos lorsque cette pensée lui vint à l’esprit, n’en être d’aucune.
« Soyons honnêtes : nous fûmes ceux qui déclenchèrent les hostilités. Les êtres vivants quittèrent leur territoire, colonisèrent l’espace. En cent et mille point de la galaxie, simultanément - c’est-à-dire à quelques siècles d’écart mais le temps n’était pas la même à l’époque car des décennies pouvaient séparer deux échanges interplanétaires et les fils du Vide persistent, je ne puis user du mot "vivre", éternellement à moins qu’on ne les tue– des espèces se mirent à regarder le ciel comme un pays lointain et merveilleux, plein de promesses et non plus comme un autre univers, celui des chimères et des légendes. Je ne vous raconterai pas les débuts de la Navigation Spatiale, c’est une histoire bien trop longue, si longue que ceux capables de la raconter convenablement ne le font pas de peur de mourir avant de l’achever ; retenez simplement qu’une fédération spatiale, la première d’une bien trop longue série, se mit en place. Sa tâche était de permettre aux différentes planètes qui en faisaient partie de communiquer. Nous étions alors bien loin de l’idée qui allait naitre des éternités plus tard d’une république – ou d’un empire – contrôlant la Galaxie.
« Cette fédération avait déjà fort à faire : vous avez déjà vu des Mynocks, accrochés aux vaisseaux qui reviennent de la Bordure, vous avez vu des holophotos d’Exogorth. Oubliez ces images. Ces créatures répugnantes ne sont que des reflets qui, depuis des éternités, n’ont cessé de décroitre jusqu’à perdre le souvenir de leur propre grandeur.
« Aux temps glorieux dont je vous parle, des Mynocks, grands comme des astéroïdes, infiniment plus intelligent que ceux d’aujourd’hui – qui ne sont, au fond, que des animaux – erraient entre les systèmes stellaires ; parfois, ils rencontraient des nuages de gaz, de la taille d’un soleil en fin de vie, mais pourtant doué d’une volonté dont l’intensité fait aujourd’hui frémir et qui, tout entière tendait vers un but unique : grossir jusqu’à englober la Galaxie entière. Alors, il arriva, non pas une mais d’innombrables fois que ces deux formes de néant s’associent pour guerroyer ensemble, chacun prévoyant de trahir l’autre une fois le combat terminé. Des choses, enfin, qui n’appartenaient pas au monde physique et qui pourtant agissaient sur lui se rencontraient souvent. Mon savoir ne me permet pas de définir ces êtres. Sachez seulement que du temps de la jeunesse du premier Jedi, on murmurait que la Force elle-même n’était qu’une survivante de ces temps-là. Et pas la plus illustre. Je passe sur les serpents de Force, les Dragons stellaires, et cent autres dangers : l'inventaire complet prendrait l'année.
« Comment nos ancêtres vainquirent-ils de tels ennemis ? Ils ne les vainquirent pas. Ou du moins est-ce le ressenti qu’ils eurent. Chaque décennie, chaque année et chaque mois entrainait son lot de destructions ; d’innombrables mondes furent détruits, leur localisation oubliée – notamment celui des humains. Mais nous avions une force : quand l’un de nous mourrait, quand dix de nous mouraient, quand une espèce disparaissait, d’innombrables autres se levaient pour lui succéder. C’est ainsi que lentement, en plusieurs millénaires – d’aucuns disent dizaines de millénaires, nous vainquîmes les Monstres Primitifs. Sont-ils incapables de se reproduire, leur genèse prend-elle une éternité, a-t-elle lieu en un point si distant de l’espace qu’il faille pour qu’ils arrivent à nous un temps qui nous semble infini ? Voilà une autre chose qui nous restera – et c’est heureux - à jamais inconnue.
« J’ignore par quels héroïques combats nos ancêtres détruisaient de tels ennemis mais le fait est certain : au cours de la longue série de défaites, il arrivait, épisodiquement qu'ils vainquissent un ennemi, et celui-ci n'était jamais remplacé. Aussi quoique leurs victoires fussent innombrables, les nôtres exceptionnelles, leur nombre décrût.
« La fédération joua un rôle essentiel dans la Guerre : ce fut elle qui poussa les planètes à s’allier, à se lancer lorsqu’un monstre arrivait à proximité de tel ou tel monde habité dans des batailles qui paressaient sans espoir. Sans elle, sans les innombrables héros dont les noms sont à jamais perdus qui grandirent en son sein, chaque planète se serait replié sur elle-même et elles auraient été vaincues les unes après les autres.
«Vers la fin de la guerre, la planète Ximbar n’avait plus connu la visite d’aucun Monstre depuis plusieurs siècles et ses rapports avec la fédération étaient devenus tellement épisodiques que certains, parmi la jeune génération, pensaient la guerre finie. Parmi eux, Vidad. Vidad qu’on a surnommé le fort, le sage, le beau, le grand et qui méritait tous ces surnoms et mille autres - pas tous aussi flatteurs. Quoi qu’issu d’une famille profondément modeste et que Ximbar vécut selon un système de caste plutôt fermé, sa grande intelligence lui avait permis d’être placé à la tête du « programme spatial de Ximbar ». Ce nom, qui nous surprend aujourd’hui, désignait un ministère, hybride entre celui de la guerre et des affaires étrangères.
« L’isolation de Ximbar avait pour cause le peu d’importance accordée au programme spatiale – sans programme spatial, pas de soutien à l’effort de guerre et donc pas de raisons pour la fédération de s’intéresser à eux – qui, devenu inutile, périclitait de plus en plus ; de telle sorte que la cause et la conséquence de la situation se confondaient : personne, sur Ximbar, ne se souciait de savoir de quoi le ciel était peuplé.
«Personne sauf Vidad. Il avait des rêves pleins la tête, des rêves d’expansion, de domination ; il se voyait le chef craint et respecté d’un peuple qu’il aurait guidé à travers les étoiles, dominant ou s’alliant avec les autres espèces jusqu’à devenir le souverain le plus puissant de la Galaxie.
«Aussi Vidad usa-t-il de toutes ses ressources et de toute son intelligence pour armer une trentaine de vaisseaux, ayant chacun à son bord deux cent membres d’équipages, tous issus de la jeune génération. L’expédition des six milles pouvait commencer, croyant dur comme fer que la route des étoiles était ouverte.»
Le narrateur s’interrompit, son attention sembla se fixer en un point distant et ce fut d’un ton moins convaincu mais plus réfléchi qu’il ajouta :
« En d’autres temps, sur d’autres planètes, une forme d’art nommé « tragédie » était à la mode. L’essence de la tragédie, c’est le malheur des héros. Ils sont condamnés, indépendamment de leurs actions – qu’elles soient bonnes ou mauvaises - : les actes qu’ils posent n’ont aucune incidence face aux contraintes supérieures qu’ils ont à affronter – guerre, dieux, amour,…
« Il va de soi » et là, la voix se fit amère et ce fut comme si elle crachait les mots qui suivirent mais toujours avec le même soin de prononciation « que les héros ignorent que leurs actes sont vains, sinon ils agiraient autrement. »
La voix reprit son ton habituel, avec une nuance d’apaisement supplémentaire qui rassura ceux qui avaient été les plus choqués par le ton venimeux employé plus tôt. L’orateur était un ami.
« L’expédition des six mille a tout d’une tragédie, une parmi les millions qui eurent lieu en ce temps-là, sans doute : imaginez-les ces quelques vaisseaux, les premiers que Ximbar envoie de mémoire de Ximbarois, aussi sont-ils moins maniables que les vaisseaux les moins maniables d’aujourd’hui, aussi ont-ils à peine la puissance de feu d’un TIE. Et ils croient partir à la conquête de la Galaxie quand ils se jettent dans la gueule de monstres infiniment pire qu’un rancor….
-Vous avez été cinéaste, réalisateur, conteur, écrivain, innovateur technique,… Quelle est la chose la plus importante ?
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Messagepar Zèd-3 Èt » Ven 21 Aoû 2015 - 17:59   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Si on peut toujours poster ici, j'aurais un petit texte à proposer. Je ne pense pas qu'il soit du même niveau que certains autres, je ne suis même pas sûr qu'il convienne vraiment, mais bon, vous me direz ce que vous en avez pensé.

Les Démons de l'esprit


K’alina courait. Le soleil de plomb de Tatooine lui donnait envie de s’arrêter pour dormir à l’ombre d’un rocher, mais cela ne lui était pas possible. Pas si elle voulait rester en vie.

Elle était dans un état lamentable. Son lekku droit avait été tranché par une bande de Tuskens qu’elle avait croisé durant sa fuite, et ses montrals étaient écorchés après qu’elle se soient glissée dans un étroit passage pour Le semer. Quant à son dos, il était en sang suite à ses mésaventures dans le buisson de ronces où elle avait plongé pour Lui échapper. Ses mains n’étaient plus que deux morceaux de chair sanguinolente qui refusaient de lui obéir, elle s’était tordue la cheville en tombant et elle n’avait pas pris le temps de désinfecter la plaie qu’elle avait au genou, souvenir de sa rencontre éclair avec un anooba.
Depuis un peu moins de 70 heures, K’alina courait. Elle tentait désespérément de Le fuir. Seule la Force lui avait permis de courir ainsi sous le soleil brûlant et les lunes glaciales de la planète, sans se reposer plus de dix minutes. Si elle fuyait ainsi, c’était parce qu’elle était poursuivie par… non, elle ne voulait pas y penser. Elle le revoyait, grand, beau, rassurant… Mais ce n’était qu’une illusion.

Une semaine plus tôt

Lorsqu’elle avait perdu l’usage de ses yeux après qu'elle ait tenté d’arrêter un trafiquant d’épice, se soit pris un coup de blaster en pleine tête qui avait bien failli la tuer et passé quatre jours en convalescence, elle s’était rendu compte qu’elle continuait à voir. Plus comme avant, simplement grâce à ses yeux ; non, elle voyait désormais avec la Force. Elle pouvait ainsi contempler la véritable nature des gens. C’est là qu’elle L’avait vu tel qu’Il était.
K’alina L’avait toujours connu, Il était une présence rassurante et familière qui l’accompagnait depuis leur arrivée au Temple Jedi. Après tout, seul une grande amitié aurait pu Le pousser à réclamer à corps et à cris une affectation sur l’inhospitalière Tatooine pour la suivre, alors qu’Il disait ne rêver que de combattre l’empire Sith de Dark Ruin. C’est Lui qui l’avait sauvée des trafiquants qui lui avaient brûlé les yeux. Mais tout avait changé lorsqu’elle avait repris conscience, dotée de son nouveau don.
Elle avait vu Son âme. Son âme. Noire comme la poix. Un gouffre sans fond empli des plus noirs desseins. Sa cruauté, qu’Il dissimulait habilement depuis sa naissance. La manière dont Il imaginait la manière la plus cruelle et la plus lente de tuer chacun de ses interlocuteurs. Son allégeance sans faille à Son maître et père, Dark Eradicus, l’un des hommes de confiance de Dark Ruin. Et elle. K’alina s’était vue dans Son esprit. Il était obsédé par elle. Mais contrairement à ce qu’elle croyait, Il ne l’aimait pas, elle n’était qu’un objet de désir pour Lui.
Elle avait fui. À l’aveuglette, car elle ne savait pas encore utiliser son don, mais avec obstination. Il n’avait d’abord pas compris, Il se croyait toujours à l’abri. Il l’avait rattrapée et, d’une voix pleine de sanglots, lui avait raconté ce qu’elle voyait, dans l’espoir qu’Il démente ces affirmations. Mais Il avait fermé Son visage et avait dégainé Son sabre-laser.
Pour la tuer.
Elle.
Alors qu’elle lui aurait confié sa vie.

Instinctivement, elle avait fait appel à la Force pour augmenter sa vitesse et éviter les coups qu’Il tentait de lui porter. K’alina lui avait lancé un objet à la figure - elle ne savait pas quoi - et s’était remise à courir, portée par une terreur folle et bien consciente que l’escampette était sa seule chance d’en sortir vivante.
La traque avait commencé.

Aujourd'hui

Désormais, c’était fini. K’alina n’arrivait plus à mettre un pied devant l’autre. Elle s’effondra sur le sol et se mit à ramper. Elle n’était plus habitée que par une seule idée : s’enfuir si loin qu’Il ne la retrouverait jamais. Quitte à en mourir.
Elle rampa ainsi cinq heures durant, perdant progressivement l’avance qu’elle avait pris ces trois derniers jours. Et à un moment, ce qui devait arriver arriva. Il la rattrapa. Lorsqu’elle L’entendit, elle tenta de s’enfouir sous le sable, dans l’espoir bien vain qu’Il ne la voit pas. Elle entendit alors Sa voix, chaude et douce, qui donnait aux gens envie de Lui faire confiance.
- Eh bien, K’al, on peut dire que tu m’auras fait courir !
K’alina aurait voulu Lui répondre, Lui dire à quel point elle lui répugnait, mais son gosier desséché ne put émettre qu’un borborygme indistinct, semblable à un râle d’agonie.
- Tu as soif, peut-être ? Ne t’en fais pas, ma chérie, je ne te laisserai pas mourir.
Il la retourna et elle le vit à nouveau. Elle avait bien conscience de ne pas voir sa véritable apparence ; en fait elle ne savait pas exactement ce qu’elle voyait. Elle se souvenait vaguement avoir lu quelque chose au Temple sur ce qu’on appelait la vision céleste, une utilisation de la Force qui permettait de donner une représentation physique de l’âme des gens, et se demandais si ce n’était pas cela.
De nouveau, cette vision l’emplit d’une terreur folle, au point qu’elle tenta encore de s’enfuir, alors qu’elle pouvait à peine bouger et que contracter le moindre muscle lui causait des douleurs à la rendre folle.
Des mains griffues, une peau écailleuse noire ébène, une gueule pleine de crocs, voilà comment K’alina le voyait. Mais tout cela n’était rien comparé à se yeux. Rouge comme des braises, ils dégageaient une lueur sinistre et semblaient avoir soif de sang. Toute Sa malfaisance transparaissait dedans.
Se rendant bien compte du dégoût qu’Il lui inspirait, Il lui murmura :
- Ne t’en fais pas, mon aimée. Bientôt, tu n’aura plus ses sentiments-là envers moi.
Au même instant, Il posa sa douce main sur la joue de K’alina et, aussitôt, elle sentit son esprit se faire projeter hors de son corps. Elle observa alors à distance sa transformation.
Il utilisait une ancienne technique Sith, si ancienne que nul ne la maîtrisait plus, et que seules quelques personnes connaissaient encore son existence - et il la maîtrisait d’instinct ! Elle Le vit remodeler lentement son esprit, pour en faire une créature qui lui serait dévouée, sans âme, prête à tout pour servir son maître ; ce qui convenait bien à celui-ci, puisqu’Il pourrait enfin satisfaire Son désir, et que c'était tout ce qui lui importait.
Elle assista, impuissante, au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Son corps astral, jusque-là d'une blancheur éclatante, changeait. Elle vit des écailles aux reflets obscurs la recouvrir partiellement, sa peau noircir, ses yeux s'assombrir. Et, comble de l'horreur, elle aperçut une chose informe, de la couleur du charbon, entrer dans son cerveau et le contaminer de sa noirceur. Désespérée, elle comprit que c'était ce qui lui servirait désormais d'âme.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Titi77 » Ven 21 Aoû 2015 - 20:39   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Hello Zèd et merci pour ce récit plutôt "sympathique". L'idée, encore inutilisée par ici ?, plaît beaucoup à mon esprit tourmenté ^^
Si je peux me permettre, j'ai quand même deux / trois remarques :
- dès la première ligne, tu parle du
soleil de plomb de Tatooine
. Heu... Il y a deux soleils là-bas (les fameux Soleils Jumeaux) :D
- il me semble improbable que dans l'état où Kalina se trouve elle ait pu garder un décompte précis du temps, autrement qu'en jours si tu veux.
- la phrase où on apprend comment l'héroïne a perdu la vue est trop longue (et les phrases longues, ça me connaît ! :p)
- la scène finale semble "étrange" dans le sens où Kalina fait une observation plus que détachée de ce qui lui arrive alors que ce qui est décrit mérite (au moins pour la première partie où il y a encore interaction entre son esprit et son corps) d'être décrit comme douloureux.
Enfin, c'est très court tout de même. Intense certes, mais je pense que tu peux sans problème rallonger les parties où elle est traquée pour augmenter le suspense. Ou alors utiliser la partie "1 semaine avant" comme série de flash-backs qui contribueraient à faire monter la tension... Il y a plein de possibilités si tu le décides. Mais c'est déjà pas mal comme ça :)

Question à une datarie à tous les lecteurs du topic : si le sujet est "SW et l'épouvante", pourquoi sommes-nous si nombreux à avoir écrit des récits se terminant mal ? Je dis ça parce que je me rends compte que le sujet n'impose en rien une "victoire" des "méchants".
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Zèd-3 Èt » Ven 21 Aoû 2015 - 23:15   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Merci pour ton commentaire, je vais essayer d'améliorer mon texte.
Quand à ta question, c'est tellement plus simple de faire gagner les méchants dans un récit d'épouvante. Néanmoins, tu m'as donné une idée... On verra si elle aboutit.
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 16 Oct 2015 - 14:32   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bon, et si on clôturait ?

Plus que deux mois pour ceux qui veulent encore poster leurs textes ! ;)
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Messagepar Zèd-3 Èt » Ven 16 Oct 2015 - 15:22   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Il va falloir que je me repenche sur mon texte, alors... :oops:
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Dark Tazor » Sam 17 Oct 2015 - 1:35   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

bon allez je me lance...... c'est la 1ere fois que je tente d'écrire quelque chose.....
"Amour éternel

Le « cold timer », corvette CR-70 de l'alliance rebelle, s’apprêtait à décoller de la base de Dantooine. Chargé d'évacuer la base rebelle compromise, ce sister-ship de célèbre Tantive IV emportait à son bord du matériel médical, des unités de chauffage et un lot de droïdes astromécanos de type R2 et R4.

Son équipage, se réduisait au plus strict nécessaire pour cette évacuation, à savoir son capitaine, nommée Tina Kogl, son second Liv Clemy et de 2 frères Alec et Kal Yuron.
C'était leur premier vol ensemble, et nul à bord ne se doute à ce moment que ce décollage sera leur dernier avant bien longtemps......
«  Capitaine, tous les systèmes sont parés, nous pouvons décoller »
« Très bien lieutenant Clemy, transmettez au contrôle de vol »

Quelques minutes plus tard, la corvette s'élevait dans le ciel de la planète et gagnait l'espace.
«  coordonnées entrées dans le navordinateur, saut hyper-spatial programmé capitaine»
« allons-y, ne faisons pas attendre nos camarades là-bas sur Hoth, ils doivent attendre notre cargaison avec impatience.... »

Les étoiles s'allongèrent et la corvette fonça dans dans son voyage sub-spatial.
A bord, cet équipage composé à la dernière minute fit connaissance mais assez vite les frères Yuron disparurent dans les profondeurs du navire, laissant les 2 officiers seuls dans le poste de commande.

« je suis très fier de servir avec vous capitaine, votre réputation vous précède et j'espère beaucoup apprendre à vos cotés pour pouvoir moi aussi un jour commander mon propre vaisseau »
« trêve de bla-bla Liv, je sais parfaitement pourquoi vous êtes là et tout ce que vous avez tout fait pour avoir ce poste. Votre oncle général a fait ce qu'il fallait pour vous mettre ici. Mais ça ne me dérange pas, vous êtes un bon élément. Bon, Je vais me reposer, je vous relève dans 6 heures »

Quatre heures plus tard, le vaisseau fut secoué, comme s'il avait heurté un mur invisible.
Arraché à l'hyperespace, le « cold timer » se retrouva au milieu de nulle part face à une patrouille impériale regroupé autour d'un interdicteur...

« nom d'un bantha Liv que se passe t'il ? »hurla le capitaine Kogl en se précipitant hors de ses quartiers.
« un interdicteur impérial Capitaine, et toute une patrouille, nous sommes encerclés »
« Alec, Kal, aux turbo lasers ! Liv, levez les boucliers, cherchez la planète la plus proche et cap dessus »

les premiers tie firent un passage en arrosant la corvette de rayons rouges. Les boucliers encaissèrent les coups et les artilleurs rebelles répondirent aux tirs impériaux sans toucher aucune cible.
« capitaine, il y a une lune là-bas mais pas d'atmosphère. La seule issue que je vois est de la contourner et de tenter un saut en hyper espace une fois la lune entre l'interdicteur et nous.... »
« c'est exactement ce que je compte faire Liv, préparez un saut si nous arrivons à atteindre ce planétoïde »

Sous le feu des chasseurs tie, la corvette mis le cap sur la lune. Ses boucliers pilonnés mais tenant le coup, le vaisseau rebelle réussi à abattre plusieurs tie avant d'arriver au dessus de la lune.

Alors qu'il prenait de la vitesse en contournant l'astre, il émergea de l'autre coté paré au tenter un saut...

« capitaine, nous sommes hors de portée de l'interdicteur, saut dans 5, 4, ….. Damned, mais qu'est-ce que...... ! »
« un destroyer stellaire ! Nous sommes piégés Liv ! »

Ils n'ûrent pas le temps de dire autre chose, une bordée de tirs de turbo lasers frappa la corvette de plein fouet, surchargeant ses boucliers et perforant la coque à de multiples endroits.
Mais miraculeusement, le navire passa en vitesse lumière au même moment.......

Les hurlements des alarmes réveilla le lieutenant Clemy. Affalé sur sa console de copilote, il toussa, suffoquant sous les effets des fumées. Il enclencha les mesures d'urgence, et tourna la tête vers sa supérieure, inconsciente.
« capitaine, capitaine, …. »
Une plaie au cuir chevelu laissait couler un filet de sang.
« oh non Tina, pas toi, ne me laisses pas seul » lâcha le jeune officier en faisant un pansement de fortune sur le tête de son capitaine.

Puis il vérifia les communications, hors services tout comme l'intercom' interne du vaisseau.
Un rapide coup d’œil à sa console lui indiqua que les systèmes vitaux étaient encore en état de marche et il lança un rapport d'avaries pour estimer les dégâts.

Il profita du temps de l'opération pour tenter de voir si les frangins Yuron avaient survécu.
Les 2 tourelles d'artillerie se trouvaient de part et d'autre du navire, sur la partie centrale.
Mais en arrivant dans le couloir central, le jeune lieutenant eu sa première vision d'horreur : l'emplacement où aurait du se trouver la tourelle tribord n'était plus qu'un amas de duracier ouvert sur l'espace. La tourelle et son artilleur avait été arrachée et pulvérisée dans l'espace.

Le sas intérieur avait fonctionné et isolé le reste de vaisseau d'une décompression mortelle mais au delà de cette porte, il n'y avait plus que le vide spatial. Se retournant vers le sas bâbord, il vit par le hublot que la tourelle était toujours là, son siège tourné dos à la porte.

Kogl appuya sur la commande d'ouverture mais rien ne se passa. Le sas était bloqué, scellé.
Ce n'est qu'en regardant plus attentivement le panneau de commande qu'il vit le voyant rouge indiquant que le sas était scellé car soumis au vide sidéral.
En redressant les yeux à travers le hublot il eu le choc de voir le visage de Kal, les yeux exorbités par la décompression subie...
La coque avait été percée et le pauvre Yuron avait connu une mort des plus atroces en étant asphyxié !

Titubant devant la vision d'horreur qu'il venait de subir, le lieutenant retourna au poste de commande, le cœur et les boyaux retournés et sonné par la gravité de la situation.
Arrivé sur place, il retourna auprès du capitaine Kogl,
Toujours inconsciente, elle respirait régulièrement et sa plaie était maîtrisée et ne saignait plus abondamment.

« Me voilà seul  ! » lâcha Clemy. « Dans un vaisseau qui tombe en morceaux si j'en crois le rapport d'avaries »

La situation était en effet catastrophique. Seule la partie avant de la corvette était désormais accessible et pourvue de systèmes de survie en état de marche. Les deux frères Yuron avaient péri et le capitaine semblait dans le coma. La seule bonne nouvelle était que les moteurs et en particulier le subluminique tenaient le coup.

Il décida de s'accorder un peu de repos, et ferma les yeux. Il sombra instantanément, inconscient.

Une douleur stridente le tira de cet état quelques heures plus tard.
Désorienté, sa vue retrouva sa netteté sur le visage souriant de Tina Kogl.
« du calme Liv, tu as une vilaine blessure au crane. Et puisque tu as réparé le mien, laisse moi retaper le tien! »
« capitaine, vous êtes vivante..... Alec, Kal, ils sont …. »
« oui je sais, ils sont morts. Et nous sommes nous aussi en très mauvaise posture. J'ai lu les rapports que tu as commandé. Tu as fait du bon boulot, si on s'en sort je te recommanderais pour une promotion.... et cesse le protocole, tu m'as appelée Tina tout à l'heure alors continue... »
« pardonnez moi, j'étais désorienté, je ne voulais pas vous manquer..... »
« ça va Liv, ça va ! Maintenant il n'y a plus de grade on est dans la même galère, on se tutoies et on essayes de se sortir de là »

Soudain, le « cold timer » subit une nouvelle secousse violente, arraché une nouvelle fois hors de l'hyperespace.
« oh non, pas encore » lâche Clemy.
« les moteurs ont lâché, tous ! » soupira Tina Kogl et consultant l'ordinateur. « nous voici au milieu de nulle part, sans moteur, sans communication et enfermés dans la partie avant sans pouvoir aller à l'arrière et espérer réparer la propulsion. »
« capitaine..... Tina...... regardes ça …. ! dis moi que ce n'est pas un …. »
« trou noir ! » lâcha Kogl horrifiée. «  et nous sommes irrémédiablement attirés vers lui »

Les 2 rebelles se regardèrent, terrifiés, comprenant en même temps ce qui allait se passer et la fin inéluctable qui les attendait, cette fois, le voyage touchait à sa fin !

« Liv, tu te souviens des cours à l'académie de Carida ? Tu te souviens de ce qui nous a été enseigné sur ces phénomènes? »
« euh, oui, vaguement, mais comment sais tu que j'étais à Carida ? »
«  je te l'ai au décollage, je sais parfaitement pourquoi tu as été muté sur le « cold timer ». je sais que tu me suis depuis l'académie. Désormais ça n'a plus d'importance, mais je connais tes sentiments. L'ironie c'est que maintenant que nous sommes tous les deux seuls, c'est pour mourir ! »
« Tina, que se passe t'il j'ai l'impression d'être lent, que tout ralenti.... »
« le trou noir, il aspire tout. La lumière, l'énergie, ….et le temps ! Plus on va s'approcher, et plus le temps va ralentir pour nous jusqu'à ce que.... viens ne restons pas là »

Luttant contre les effets de l'attraction du terrible phénomène céleste, les 2 jeunes rebelles rejoignirent la cabine du capitaine Kogl et s'allongèrent sur sa couchette, enlacés.
Le temps ralenti encore plus à mesure que le « cold timer » s'approchait de trou noir, jusqu'à sembler stopper totalement.

Dans le navire, Tina et Liv, conscients mais incapables désormais de bouger ou parler, étaient enlacés, leur regard fixé dans celui de l'autre, unis pour l'éternité dans un moment de pure terreur : vivants, dans les bras de l'être aimé, mais prisonniers de leurs corps, attendant la mort sans savoir quand et comment elle viendrait ! Si elle venait un jour........... car après tout, jamais personne n'était revenu d'un trou noir pour raconter comment ça finissait, ça ne finirait peut-être jamais......."
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Messagepar Hiivsha » Sam 17 Oct 2015 - 11:58   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Je viens de lire... c'est pas mal. Bien entendu, y'aura des fautes à corriger. Pour moi, c'est un petit peu rapide comme narration dans le sens où - évidemment on veut des histoires courtes - la narration est succincte et l'action rapide à tel point qu'on a pas vraiment le temps d'être immergé par l'histoire, ni de développer une quelconque empathie pour les personnages.

Ensuite, et c'est là où à mon humble avis, on touche à la grande difficulté du thème retenu par certains pour ce recueil, je ne vois pas trop où est l'épouvante dans le récit. Deux corps morts : scène de guerre classique. Deux corps enlacés pour l'éternité, un homme une femme ayant des sentiments l'un pour l'autre, y'a plus horrible comme fin... à la limite, moi je signe pour ma femme et moi :wink:

Entendons-nous bien, il n'est pas suffisant de glisser des "il vit avec horreur" dans un texte pour en faire un texte d'épouvante. L'épouvante est un "art", un "genre" à lui tout seul qu'il est à mon sens très difficile pour nous ici de maîtriser d'où peut-être l'apparente désaffection pour ce thème qui masque peut-être un sentiment de "je ne sais pas faire" décourageant pour les auteurs amateurs que nous sommes. :sournois:

En tout cas, tu as au moins essayé, :jap: et cette petite histoire tient bien la route bien que, encore une fois, un tout petit peu trop concise à mon goût pour que s'installe un quelconque sentiment de suspense, a fortiori d'épouvante. :neutre:

(Je l'ai dit en intro, faudra la corriger.)
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Messagepar L2-D2 » Jeu 22 Oct 2015 - 12:38   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Lu également cette nouvelle intitulée Amour éternel.

Tu le dis avant ton récit, c'est la première fois que tu écris quelque chose. Alors bien sur, il y a des faiblesses, un style hésitant notamment dans les premiers paragraphes, des dialogues un peu rapides, une situation posée rapidement... mais dans l'ensemble, cela se tient plutôt pas mal. :)

Au niveau de la mise en forme, toutefois, je te conseille d'éviter les guillemets pour chaque ligne de dialogue au profit du tiret caractéristique français. Le nom du vaisseau gagnerait à apparaître en italique. Également, le réveil après le saut catastrophique en hyperespace mériterait d'être davantage explicité, j'ai mis quelques lignes à comprendre ce qu'il se passait du coup. Sauter davantage de lignes, mettre des pointillés, du style :

texte

-----------------------------------------------------------------


texte


aurait permis de mieux comprendre que du temps avait passé. :)

Au niveau du fond, comme Hiivsha, j'ai du mal à voir où se situe l'horreur dans ce texte. Bien sûr, la situation est horrible, le navire est perdu corps et âme avec ses passagers... mais comme tu nous révèles à la fin que les deux survivants s'aiment, finalement, ils ont au moins la chance de finir ensemble (d'ailleurs, à ce sujet, peut-être aurait-il été judicieux de nous glisser quelques sous-entendus sur ce lien entre eux qui, à la fin, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe).

En dépit de toutes ces remarques, j'ai plutôt apprécié ce texte. Comme tu l'as dit, tu as tenté, et au final le récit en lui-même est plutôt sympathique. N'hésite pas à reprendre ta plume (ou ton clavier ! :lol: ) et à nous proposer d'autres écrits ! :wink:
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Messagepar Zèd-3 Èt » Jeu 22 Oct 2015 - 13:27   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Je rejoins les avis d'Hiivsha et de L2-D2 : c'est un bon texte, surtout pour un premier écrit, mais ce n'est pas vraiment un texte d'horreur. Je pense qu'il mériterait d'être retravaillé.
Quand un ouvrier a travaillé dix-huit heures, quand un peuple a travaillé dix-huit siècles et qu'ils ont, l'un et l'autre, reçu leur paiement, allez donc essayer d'arracher à cet ouvrier son salaire et à ce peuple sa République !
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Messagepar Zèd-3 Èt » Jeu 19 Nov 2015 - 20:19   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Bon bon bon... Voilà ma seconde version des Démons de l'esprit (ouh, j'ai peur).

K’alina courait. Les soleils de plomb de Tatooine lui donnait envie de s’arrêter pour dormir à l’ombre d’un rocher, mais cela ne lui était pas possible. Pas si elle voulait rester en vie.

Elle était dans un état lamentable : plusieurs plaies béantes la vidaient de son sang, des écorchures parcouraient tout son corps et elle avait perdu son lekku droit.
Depuis un peu moins de trois jours, K’alina courait. Elle tentait désespérément de Le fuir. Seule la Force lui avait permis de courir ainsi sous les soleils brûlants et les lunes glaciales de la planète, sans se reposer plus de dix minutes. Si elle fuyait ainsi, c’était parce qu’elle était poursuivie par… non, elle ne voulait pas y penser. Elle Le revoyait, grand, beau, rassurant… Mais ce n’était qu’une illusion.

Une semaine plus tôt

Quand un petit trafiquant d'épice reçoit la visite d'un Jedi, la logique voudrait qu'il se rende immédiatement et sans opposer de résistance. Visiblement, le Gran que K'alina devait arrêter n'avait pas été mis au courant de cet état de fait.

- Les Hutts ont demandé la protection des Jedi, c'est pourquoi le Conseil t'envoie sur Tatooine. Ne t'en fais pas, il n'y a aucun danger, lui avait dit son ancien Maître.
Aucun danger ? Question de point de vue. Depuis leur arrivée sur la planète de sable, K'alina et les quatre Jedi qui l'accompagnaient n'avaient pas cessé de courir. Entre les réceptions organisées au palais des Hutts, les contacts à établir avec la population, les arrestations auxquelles ils devaient procéder, K'alina trouvait qu'elle se trouvait beaucoup trop souvent en danger. Les Hutts pouvaient l'abattre sur place si elle leur déplaisait, le peuple tatooinien se méfiait de l'Ordre et certains criminels travaillaient pour les Sith.
C'était pour ça qu'elle avait demandé à s'occuper du Gran, pour prendre une mission facile et reposante. Qui n'était pas censée être potentiellement mortelle. Le plan était simple : elle dégainait son sabre-laser, entrait dans l'entrepôt où le criminel se cachait et l'arrêtait. Simple. Sauf que le Gran, probablement prévenu par un quidam, l'attendait.
Il était caché derrière la porte, un blaster à la main. Elle aurait dû sentir sa présence, mais son potentiel dans la Force était bas et elle manquait d'expérience. Elle pénétra dans le bâtiment, et le Gran tira. Une soudaine intuition la fit se jeter en arrière, mais elle ne fut pas assez rapide pour éviter la décharge et elle s'effondra. Deux jours plus tard, elle se réveilla à l'hôpital et se rendit compte qu'elle avait perdu l'usage de ses yeux.
Pour autant, K'alina n'était pas vraiment aveugle : si elle ne voyait plus par ses yeux, elle percevait toujours le monde - bien que différemment - grâce à la Force. C'est là qu'elle L'avait vu tel qu'Il était réellement.

K’alina L’avait toujours connu, Il était une présence rassurante et familière qui l’accompagnait depuis leur arrivée au Temple Jedi. Après tout, seul une grande amitié aurait pu Le pousser à réclamer à corps et à cris une affectation sur l’inhospitalière Tatooine pour la suivre, alors qu’Il disait ne rêver que de combattre l’empire Sith de Dark Ruin. C’est Lui qui l’avait sauvée des trafiquants qui lui avaient brûlé les yeux. Mais tout avait changé lorsqu’elle avait repris conscience, dotée de son nouveau don.
Elle avait vu Son âme. Son âme. Noire comme la poix. Un gouffre sans fond empli des plus noirs desseins. Sa cruauté, qu’Il dissimulait habilement depuis sa naissance. La façon dont Il imaginait la manière la plus cruelle et la plus lente de tuer chacun de ses interlocuteurs. Son allégeance secrète et sans faille à Son maître et père, Dark Eradicus, l’un des hommes de confiance de Dark Ruin. Et elle. K’alina s’était vue dans Son esprit. Il était obsédé par elle. Mais contrairement à ce qu’elle croyait, Il ne l’aimait pas, elle n’était qu’un objet de désir pour Lui.
Elle avait fui. À l’aveuglette, car elle ne savait pas encore bien utiliser son don, mais avec obstination. Il n’avait d’abord pas compris, Il se croyait toujours à l’abri. Il l’avait rattrapée et, d’une voix pleine de sanglots, lui avait raconté ce qu’elle voyait, dans l’espoir qu’Il démente ces affirmations. Mais Il avait fermé Son visage et avait dégainé Son sabre-laser.
Pour la tuer.
Elle.
Alors qu’elle lui aurait confié sa vie.

Instinctivement, elle avait fait appel à la Force pour augmenter sa vitesse et éviter les coups qu’Il tentait de lui porter. K’alina lui avait lancé un objet à la figure - elle ne savait pas quoi - et s’était remise à courir, portée par une terreur folle et bien consciente que la débandade était sa seule chance d’en sortir vivante.
La traque avait commencé.

Elle avait quitté Anachore en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. En à peine quelques minutes, elle était dans le désert et continuait à courir. Elle avait une courte avance, mais elle Le sentait qui n'était pas loin derrière. Il la suivait, mais sans se presser, convaincu qu'elle s'effondrerait bientôt de fatigue.
Mais elle n'avait rien lâché. Malgré la douleur lancinante qui parcourait ses jambes et qui lui donnait envie de s'arrêter, malgré la certitude que son combat était perdu d'avance, K'alina avait couru, mue par une terreur sans bornes.
C'est ainsi qu'elle était entrée sur le territoire des Tuskens.

Alors qu'elle passait devant un tas de rochers, K'alina se fit attaquer par une bande d'hommes des sables. Ceux-ci semblaient occupés à chasser et ils prenaient visiblement l'intrusion de la Togruta sur leur territoire comme une invasion. Ils lui sautèrent dessus tous en même temps et l'immobilisèrent ; celui qui paraissait être le chef s'avança alors, son gaderffii à la main. Alors qu'il levait son bâton pour mettre fin à ses jours, elle L'aperçut qui les rejoignait. Un rictus de haine pure déformant Ses traits, Il se jeta sur les Tuskens et commença à les massacrer. K'alina se releva et, ne désirant pas s'attarder pour voir la fin du combat, elle se remit à courir. Mais Il lui sauta dessus et la plaqua au sol, tout en continuant à tuer. Soudain, un Tusken Le bouscula, Sa main glissa et son sabre laser trancha un lekku de K'alina. La douleur fut comme un électrochoc pour la jeune femme, et son instinct de survie reprit le dessus. D'une Vague de Force, elle le déséquilibra, se releva, et reprit sa course effrénée tandis qu'Il hurlait Sa rage de la voir Lui échapper, pendant qu'Il était retenu par les hommes des sables qu'Il pourfendait à tour de bras.
K'alina avait repris sa fuite éperdue, Le laissant loin derrière. Elle ignorait où elle allait. Elle courait, vers la liberté ou la mort, elle ne savait. Peut-être que les deux ne faisaient qu'un.
Durant des heures, elle continua sa cavalcade. Sans s'arrêter, sans se reposer. Pas une seconde. La Force était avec elle, et elle accomplissait des exploits dont elle ne se serait jamais cru capable. Mais elle savait qu'Il était un guerrier, formé au combat, et qu'Il était probablement plus endurant qu'elle.
Néanmoins, elle ne parvenait pas à s'ôter de la tête qu'elle avait une chance - certes infime - de Lui échapper. Mais sa détermination allait encore être mise à l'épreuve.

Alors qu'elle arrivait à l'une de ces formations rocheuses que l'on trouvait parfois dans le désert de Jundland, elle Le sentit qui la rattrapait. Se retournant, elle vit à l'horizon l'aura d'obscurité qui L'entourait se rapprocher rapidement.
Sans hésiter, elle s'engouffra dans le canyon qui lui faisait face.

Depuis toujours, elle avait une grande affinité avec la Force Vivante,ce qui lui permit de repérer une fissure dans la parois dissimulée derrière un buisson de ronces. Elle plongea au travers, se lacérant le dos. Le passage, étroit, menait visiblement hors du labyrinthe de roches. Le temps qu'Il y arrive par le chemin "classique", elle aurait pu reprendre un peu d'avance.
Une fois sortie de la fissure, K'alina reprit sa course sans se soucier de la douleur lancinante émanant de ses montrals, qui étaient écorchés.
Elle errait à travers le désert depuis près de dix heures, et la nuit était tombée depuis déjà une demi-heure. Soudain, elle trébucha, s'étala dans le sable, et y resta endormie.
K'alina se réveilla en sursaut quarante minutes plus tard, après avoir fait un cauchemar dans lequel Il la rattrapait et faisait d'elle sa chose. La netteté du rêve lui fit se demander s'il ne s'agissait pas d'une vision...
Cette perspective lui donna une poussée d'adrénaline et elle repartit au pas de course, déterminée à ne plus s'arrêter.
Et durant une demi-journée, elle tint parole. Elle ne s'arrêta pas, ne ralentit pas et ne se reposa pas. Mais à la fin de la journée, elle s'effondra, terrassée par la fatigue, la terreur et le stress.
C'est alors qu'une meute d'anoobas visiblement affamés la trouva, à moitié morte. Décidant de passer à table avant que la viande ne refroidisse, celui qui semblait être l'Alpha mordit la cuisse de la Togruta. Réveillée en sursaut, K'alina bondit sur ses pieds et repris sa course effrénée, désormais poursuivie non-seulement par un Sith se faisant passer pour un Jedi, mais aussi par une meute de chasseurs du désert apparemment décidés à faire d'elle leur prochain repas.
Durant des heures, elle courut à perdre haleine, sans arriver à distancer les anoobas. Ceux-ci étaient encore frais et n'avaient pas été épuisés par deux jours de fuite endiablée, et K'alina n'arrivait pas à les semer. À un moment, elle aperçut une falaise dans le lointain. Elle se dirigea rapidement vers ce mur de pierre et, lorsqu'elle y arriva, entreprit de l'escalader.
Voyant que les carnassiers ne la suivaient pas, la Togruta souffla un moment, puis leur jeta des pierres jusqu'à ce qu'ils s'en aillent.
Pendant qu'elle redescendait la falaise, elle perçut dans la Force le trouble caractéristique de Ses apparitions. La terreur qui avait commencé à la quitter la reprit soudainement. Elle sauta du mur, atterrissant trois mètres plus bas. C'était une erreur : elle se tordit la cheville. Gémissante de douleur, elle voulut se remettre à courir, mais elle ne le pouvait. C'est donc en boitillant qu'elle continua sa tentative - bien vaine désormais - de fuite.

Aujourd'hui

Désormais, c’était fini. K’alina n’arrivait plus à mettre un pied devant l’autre. Elle s’effondra sur le sol et se mit à ramper. Elle n’était plus habitée que par une seule idée : s’enfuir si loin qu’Il ne la retrouverait jamais. Quitte à en mourir.
Elle rampa ainsi cinq heures durant, perdant progressivement l’avance qu’elle avait pris ces trois derniers jours. Et à un moment, ce qui devait arriver arriva. Il la rattrapa. Lorsqu’elle L’entendit, elle tenta de s’enfouir sous le sable, dans l’espoir bien vain qu’Il ne la voit pas. Elle entendit alors Sa voix, chaude et douce, qui donnait aux gens envie de Lui faire confiance.
- Eh bien, K’al, on peut dire que tu m’auras fait courir !
K’alina aurait voulu Lui répondre, Lui dire à quel point Il lui répugnait, mais son gosier desséché ne put émettre qu’un borborygme indistinct, semblable à un râle d’agonie.
- Tu as soif, peut-être ? Ne t’en fais pas, ma chérie, je ne te laisserai pas mourir.
Il la retourna et elle Le vit à nouveau. Elle avait bien conscience de ne pas voir sa véritable apparence ; en fait elle ne savait pas exactement ce qu’elle voyait. Elle se souvenait vaguement avoir lu quelque chose au Temple sur ce qu’on appelait la vision céleste, une utilisation de la Force qui permettait de donner une représentation physique de l’âme des gens, et se demandais si ce n’était pas cela.
De nouveau, cette vision l’emplit d’une terreur folle, au point qu’elle tenta encore de s’enfuir, alors qu’elle pouvait à peine bouger et que contracter le moindre muscle lui causait des douleurs à la rendre folle.
Des mains griffues, une peau écailleuse noire ébène, une gueule pleine de crocs, voilà comment K’alina Le voyait. Mais tout cela n’était rien comparé à Ses yeux. Rouges comme des braises, ils dégageaient une lueur sinistre et avaient soif de sang. Toute Sa malfaisance y transparaissait.
Se rendant bien compte du dégoût qu’Il lui inspirait, Il lui murmura :
- Ne t’en fais pas, mon aimée. Bientôt, tu n’aura plus ces sentiments-là envers moi.
Au même instant, Il posa Sa douce main sur la joue de K’alina et, aussitôt, elle sentit son esprit se faire projeter hors de son corps. Elle observa alors à distance sa transformation.
Il utilisait une ancienne technique Sith, si ancienne que nul ne la connaissait plus, et qu'il semblait maîtriser d'instinct. Assistant à la scène comme si elle se trouvait à distance, elle Le vit remodeler lentement sa conscience, pour en faire une créature qui Lui serait dévouée, sans esprit, prête à tout pour servir son maître ; ce qui convenait bien à celui-ci, puisqu’Il pourrait enfin satisfaire Son désir, et que c'était tout ce qui Lui importait.
Elle assista, impuissante, au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Son corps astral, jusque-là d'une blancheur éclatante, changeait. Elle vit des écailles aux reflets obscurs la recouvrir partiellement, sa peau noircir, ses yeux s'assombrir. Et, comble de l'horreur, elle aperçut une chose informe, de la couleur du charbon, entrer dans son cerveau et le contaminer de sa noirceur. Désespérée, elle comprit que c'était ce qui lui servirait désormais d'âme.

Voilà ! Qu'en pensez-vous ?
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Messagepar L2-D2 » Ven 20 Nov 2015 - 19:09   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

J'en pense que j'ai trouvé ça bien plus abouti que la première version que tu as publié il y a quelques mois (et qu'à l'époque je n'avais pas lu, honte sur moi ! :transpire: )

Pour ma part, j'ai trouvé ça plutôt sympathique. Il faut dire qu'avec un antagoniste référencé comme avec une majuscule à chaque fois qu'un déterminant le concerne (comme Lui, Son...), c'est le genre de chose dont je suis client à l'écrit. :) C'est une traque haletante que tu nous narres là, et l'horreur vient de la chute, certes, mais aussi (et peut-être surtout) du côté survival de l'héroïne, obligée de fuir, sans relâche, à travers les sables de Tatooine vers une mort certaine.

Histoire de renforcer l'aspect horrifique de la chose, tu aurais peut-être pu rajouter quelques hallucinations de la Togruta sous le coup de la déshydratation/le stress (mais un aveugle peut-il avoir des hallucinations ?) ou bien des tentatives de contact mental de la part de son ennemi (comme Sauron dans Le Seigneur des Anneaux, en mode "Je te vois")... Ce ne sont là que des idées, bien sûr ! :wink:

C'est en lisant les textes de ce recueil qu'on se rend vraiment compte qu'en dépit du talent de tous les auteurs présents ici, il n'est pas évident de faire un vrai récit d'horreur... encore plus dans du Star Wars. Mais pour moi, je trouve ta nouvelle pas mal, et la fin fait en effet froid dans le dos ! :(
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Messagepar Zèd-3 Èt » Sam 21 Nov 2015 - 0:18   Sujet: Re: [Recueil SWU #6] Star Wars et l'épouvante

Merci bien, ton comm' est très encourageant ! Je suis heureux (et un peu fier, aussi) d'avoir pu communiquer au lecteur tout ce que je voulais, dans un style jusqu'alors inconnu pour moi.
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