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[Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Messagepar Red Monkey » Ven 07 Fév 2014 - 21:58   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Lu !
Hahaa ! Tu nous surprends en beauté là !!
Une intrigue alléchante qui se met en place !
Un Jedi, quel Jedi ?! :diable:
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Messagepar Hiivsha » Sam 08 Fév 2014 - 12:12   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Merci à vous deux. :jap:

Bien vu Notsil pour le "regard" à répétition et le reste. C'est corrigé ! :jap:
Hiivsha
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Messagepar Hiivsha » Jeu 13 Fév 2014 - 13:14   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Comme le précédent, ce chapitre a été coupé en 3, une partie aujourd’hui, une autre lundi et la dernière dans une semaine. ;)
Bonne lecture.
___________________________________________________________________

Calameo, PDF et EPUB mis à jour évidemment, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 1 - Accusée levez-vous (Début)
Vers : Chapitre 1 - Accusée levez-vous ! (fin - 3/3)




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2 - Un drôle d'oiseau


Un mois plus tard.

Les mille deux cents mètres de l’imposante masse triangulaire du Centurion glissèrent majestueusement entre deux bras de l’immense dock spatial au sommet duquel trônaient les trois initiales des Chantiers Navals de Kuat. Très lentement, le formidable vaisseau de guerre s’immobilisa sous le regard des ouvriers ainsi que des visiteurs du complexe spatial qui défilaient inlassablement jours après jours pour contempler la grandeur des CNK. Il n’était pas habituel qu’un tel vaisseau de guerre accostât dans l’un des chantiers navals en orbite autour de Kuat car ceux-ci produisaient majoritairement des vaisseaux destinés au marché civil, et principalement des vaisseaux de première classe. Bien qu’avec la guerre, sa production ne se fût diversifiée. Qu’un croiseur de bataille de classe Centurion se glissât ainsi comme un pachyderme parmi de modestes bâtiments, était un évènement exceptionnel.
De fait, il avait fallu aménager un dock particulier pour que le Defiance puisse ainsi se ranger précautionneusement dans le chantier naval.
— Vitesse nulle, amiral, tous moteurs stoppés, annonça l’officier de pont.
— Bien, répondit Valin Narcassan en se levant de son confortable fauteuil. Quelques jours de détente sur Kuat seront bénéfiques à l’équipage.

Il ajouta en se tournant vers le lieutenant Liam Bump qui vérifiait non loin de là des détails de l’accostage.
— N’est-ce pas, Bump ?

Le lieutenant se retourna et sourit en lissant sa moustache noire d’un revers de la main.
— Absolument, amiral… du moins pour ceux qui auront la chance de poser le pied en dehors du Defiance.

Narcassan souleva un sourcil.
— C’est bien vous qui souhaitez rester avec notre officier-mécanicien pour superviser l’installation des nouveaux générateurs de boucliers ? En tant qu’officier de la cellule soutien de la CPM, vous n’êtes plus obligé de vous mêler de tout ce qui touche le vaisseau.
— Serait-ce un reproche amiral ?

Narcassan sourit.
— Certes non… je conçois qu’il vous soit difficile de passer le relais, surtout après avoir bichonné ce gros bébé durant tant d’années. Aussi, si vous préférez les odeurs de graisse mélangées à celles des soudures au laser, plutôt que le délicieux fumet de steak de nerf grillé au feu de bois arrosé d’une bonne bière corellienne de douze ans d’âge… libre à vous.
— La torture mentale est interdite, amiral, s’exclama Bump en se mettant à rire. Si vous allez à Kuat City chez Drom’Ga, n’hésitez pas à m’en ramener une portion !

L’amiral s’apprêtait à quitter la passerelle lorsqu’il se retourna vers l’officier de quart.
— Je veux toutefois que chacun reste joignable et en état de rejoindre le Defiance dans l’heure en cas d’alerte. La situation se tend irrémédiablement avec l’Empire et plus vite les améliorations à apporter au bâtiment seront achevées, plus vite nous repartirons d’ici. Je ne tiens pas à devoir combattre en dock s’il devait y avoir une attaque.
— Oui, amiral, acquiesça l’officier.
— Bump, vous feriez mieux de nous retrouver en bas ce soir ! lança le « pacha » en disparaissant dans les coursives, peut-être n’aurez-vous pas l’occasion de vous régaler d’ici longtemps !
*
* *

La petite navette accosta lentement et un seul homme en sortit un peu enraidi dans son uniforme. Visiblement perdu dans l’immensité des docks, le soldat attrapa un ouvrier par sa combinaison et l’attira à lui.
— Salut… je cherche le RSS Defiance… un gros vaisseau d’après ce qu’on m’a dit, genre que personne ne peut rater… à part moi…

L’ouvrier le regarda d’un air méfiant mais, par égard à la poigne de fer du militaire qui lui demandait ce renseignement, n’osa pas se défiler.
— Facile, y’en a qu’un sur ce dock… vous suivez cette galerie sur cinq cents mètres environ, puis vous prenez celle de droite et là, vous regardez par les baies vitrées… vous ne pouvez pas ne pas le voir !

Le soldat relâcha l’ouvrier et porta rapidement deux doigts à sa tempe précocement grise.
— Merci l’ami.

Déjà le travailleur en combinaison était loin. Le soldat soupira et souleva le gros sac marin qui contenait à peu près toute sa vie, pour le jeter sur son épaule. Par la baie en transparacier, il observa quelques secondes repartir la navette qui venait de l’amener depuis Balmorra, avant de se mettre en marche, tout en tâtant machinalement la poche intérieure de sa veste pour s’assurer qu’il n’avait pas perdu son ordre de mission.
Parvenu à l’endroit indiqué, il s’arrêta et frotta ses cheveux courts, coupés en brosse, légèrement grisonnants.
— En effet, grommela-t-il en apercevant le Defiance entouré d’un tas d’engins qui allaient et venaient autour de sa coque, pouvais pas le rater celui-là !

Quelques minutes plus tard, il se présentait à la passerelle du bâtiment, avisant un jeune officier qui paraissait de permanence à l’accueil.
— Sergent Argail Vif-Argent, annonça-t-il en saluant avant de tendre les différents documents administratifs dont il était pourvu.

Le jeune sous-lieutenant récemment sorti d’école selon Argail, inspecta méthodiquement le nouveau venu avant de s’avancer vers une console sur laquelle il tapota quelques touches et dans laquelle il glissa la carte d’affectation qui venait de lui être présentée. Le portrait du sergent s’afficha sur l’écran accompagné d’un certain nombre d’informations classifiées. En bas du texte, clignotait en vert la mention « confirmé ».
L’officier récupéra les documents et appela quelqu’un sur son comlink avant de revenir vers le soldat.
— Tout est en ordre, sergent, dit-il, soyez le bienvenu à bord du RSS Defiance. Un quartier-maître va venir vous prendre en charge pour vous emmener jusqu’à vos quartiers, où vous pourrez attendre d’être reçu par l’amiral… il tient en effet à recevoir chaque membre affecté à la… — il hésita une fraction de seconde en regardant discrètement les documents toujours dans ses mains — heu… CPM, en personne.
— Parfait, répondit sobrement Argail en reprenant ses papiers.
— Mais… heu… l’amiral est à terre et ne pourra sans doute vous recevoir que demain.
— Super… ça me laisse tout le temps pour prendre ma douche, répliqua le sergent avec le plus grand sérieux cependant qu’un quartier-maître arrivait au pas de gymnastique et s’arrêtait en saluant.
— Quartier-maître Porter, à vos ordres, lieutenant !
— Ah, quartier-maître ! Vous allez prendre en charge le sergent Argail qui vient d’être affecté à la CPM. Je vais prévenir l’Amiral. En attendant, installez-le dans ses quartiers et faites-lui visiter le bâtiment !

Le quartier-maître salua de nouveau.
— À vos ordres, lieutenant !

L’officier se tourna vers le nouvel arrivant et esquissa un sourire.
— Bien, sergent, je vous laisse entre les mains de Porter. La plupart du personnel est en bordée à Kuat City… vous risquez vous sentir un peu seul dans l’immédiat, mais ne vous inquiétez pas, les effectifs devraient revenir progressivement à la normale dans les prochains jours.

Puis il retourna à ses affaires en interpellant d’une voix aigue un jeune matelot maladroit qui venait de laisser choir une grosse clé au pied d’un ouvrier occupé à amarrer des caisses.
Le jeune quartier-maître se retrouva seul avec Argail et parut intimidé par son apparence. Il s’attarda sans le vouloir sur ses yeux vairons avant de se racler la gorge gauchement.
— Hum… je… bienvenue sergent… heu… Argail… je vais m’occuper de vous. Si vous voulez bien me suivre. Suivez-moi, c’est par ici !

Il s’engagea dans d’interminables coursives, prit plusieurs ascenseurs en commentant comme l’aurait fait un guide dans un musée.
— Par là, les tourelles turbolasers… il faut utiliser les intersas pour s’y rendre, le bâtiment est si grand… ah oui, les intersas… ce sont comme des ascenseurs horizontaux qui glissent dans des tunnels pour se déplacer rapidement sur la longueur et la largeur du bâtiment.
— Je connais, marmonna le sous-officier qui dépassait le matelot d’une bonne tête, j’ai déjà fréquenté de gros bâtiments.

Un peu plus loin, il montrait du doigt les lignes de couleurs qui couraient sur le sol et les murs.
— Le Defiance est sectorisé en zones pour que l’équipage s’y retrouve au mieux. Pour faire simple, les hangars sont en zone blanche, les magasins en zone verte, bleu pour les zones vie, jaune pour la technique, rouge pour les zones sensibles et noire pour celles du commandement. Évidemment, nous nous rendons dans une des zones bleues. Les membres de la CPM sont installés au pont sept par dérogation de l’amiral… en secteur echo… Les autres secteurs du pont sont réservés aux officiers et aux pilotes.

Il tournait à droite, à gauche, interminablement. Encore un ascenseur.
— Il y a plusieurs colonnes d’ascenseurs rapides qui desservent la quasi-totalité des ponts, répartis de façon optimale… Il y a treize ponts plus la passerelle sur le pont supérieur. Chaque pont est divisé en secteurs. Chaque secteur en sections. L’organisation des ponts est valable de la poupe à la proue du Defiance. Bien entendu les distances sont telles que les hommes des secteurs avant ne rencontrent pour ainsi dire jamais ceux des secteurs arrière… il en va de même de bâbord à tribord ! Vous trouverez dans votre cabine un databloc contenant le plan détaillé du bâtiment… je vous conseille de l’apprendre par cœur, sergent. Mais le plus important…

Il se tourna vers Argail et se permit un clin d’œil timide.
— … c’est le pont onze… c’est là que se trouvent les cuisines et les salles à manger !
— Le centre névralgique du bâtiment en quelque sorte ? renchérit le soldat en rendant son clin d’œil au matelot tout heureux de cette apparente complicité.

Ce dernier sourit plus franchement.
— Et il y a aussi la cantina du pont quatre, souffla-t-il de façon confidentielle… si vous êtes bien avec les mécanos du bord.

Il tourna à gauche dans une nouvelle coursive déserte qui décrivait un arc de cercle.
— Nous arrivons en secteur echo du pont sept… les quartiers des membres de la CPM.

Il stoppa devant une porte.
— Voici votre cabine, sergent. Chaque secteur du pont sept comporte un point central de rassemblement où vous trouverez un espace de détente et de réunion à partager avec les autres occupants de la zone. Il se trouve au centre du secteur… par là, un peu plus loin.

Il montra du doigt la coursive qui s’incurvait vers la droite.
— Vous risquez de ne pas rencontrer grand monde pour le moment…

Ouvrant la porte de la cabine, Porter entra et prit un appareil sur une étagère, qu’il tendit au sous-officier.
— Voici votre communicateur de bord. Je repasse dans un moment et je vous ferai faire la visite du bâtiment. Il y en a pour plusieurs heures. Si vous avez des questions, je tâcherai d’y répondre.

Dès qu’il fut parti, Argail referma la porte de sa cabine et en fit le tour des yeux tout en balançant son sac sur une table.
— Pas mal… le luxe, comparé à certains palaces boueux perdus au fond d’une jungle hostile, marmonna-t-il en ouvrant les différentes armoires des lieux. Toilettes, lavabo… manque que la douche. Parie qu’elles sont collectives… ah l’armée !

Il se laissa choir lourdement sur le lit qui ne grinça même pas et ferma les yeux. Aussitôt des pensées l’assaillirent. Des tirs dans les marais, des hommes qui courent et crient sous un déluge de feu. Ils tombent, se relèvent. Des ordres fusent. Là un homme hurle car son bras vient d’être arraché par une explosion. Argail tire de longues rafales et traine par une manche un jeune soldat blanc de peur. Il lui crie de se relever et de courir. Il sent l’odeur du sang et de la mort qui envahit tout.
— Ah !

Le sergent se redressa brutalement sur son séant, les mains devant ses yeux qu’il se mit à frotter vigoureusement.
— Bordel, j’ai soif !

Il se releva et sortit dans la coursive en tournant à droite.
Les cabines des secteurs du pont sept étaient réparties de façon circulaire autour d’un centre faisant office de « carré » et composé d’une petite cafétéria derrière le comptoir de laquelle œuvrait un droïde serveur qui semblait s’ennuyait — si tant est qu’un droïde pouvait s’ennuyer —, d'un salon ouvert équipé de fauteuils confortables et de divans plutôt accueillants, d'un espace détente avec quelques jeux, d’une cabine holonet et d’une salle de réunion dans laquelle trônait un grand écran qui diffusait les informations des chaînes galactiques.
Assise dans un divan, un verre de liquide fumant entre ses mains, une jeune femme aux longs cheveux blonds semblait perdue dans ses pensées. Elle était vêtue d’une tunique blanche à manches courtes, croisée sur le devant et maintenue par une ceinture à laquelle pendait un sabre laser. Argail regarda distraitement ses longues jambes fines croisées haut qui exhibaient une paire de bottes montantes en cuir, avant de répondre au droïde serveur qui venait de le solliciter.
— Deux boissons comme la demoiselle là-bas, commanda-t-il.

Il n’en n’était plus à se laisser impressionner par la vue d’un Jedi, mais la vue du sabre laser lui fit caresser du bout des doigts une cicatrice en partie masquée par sa barbe naissante et qu’il s’était faite à dix-huit ans lorsqu’un Jedi de ses amis avait accepté de le laisser manipuler quelques secondes son arme. Ce souvenir lui attira un sourire amer.
S’emparant des consommations, il se dirigea vers la jeune femme et posa l’un des verres devant elle avant de s’asseoir sur un fauteuil voisin en raclant sa gorge pour la sortir de sa rêverie.
— Hum, hum, permettez-moi de vous tirer de vos songes, je me nomme Argail, et suis nouvelle recrue à bord du Defiance. Je sais que la mission du vaisseau est spéciale, mais vous voir là, seule, m'inquiète d'autant plus... Tout les Jedi que j'ai rencontrés se déplaçaient par paire, le Maitre et le ... Padawan. Vous voir seule signifie selon moi, soit que vous avez été assignée ici sans Padawan, ce qui me donnerait un indice valable sur la dangerosité de la mission que nous nous apprêtons à entamer ; soit que votre Padawan est quelque part affairé sur le vaisseau, mais je n'y crois guère car je ne sens pas la présence d'une personne vous accompagnant, ajouta-t-il en se tapotant le nez.



(à suivre…)

Vers : Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (suite - 2/3)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Dim 20 Avr 2014 - 13:18, modifié 2 fois.
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Messagepar Notsil » Jeu 13 Fév 2014 - 14:35   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Marrant ce petit nouveau :) Frustrant d'en rester là pour le coup ^^
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
Notsil
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Messagepar Red Monkey » Jeu 13 Fév 2014 - 17:59   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Intriguant... :sournois:
Mais qui est-il ? Ses propos sont étranges... :sournois:
Ami ou ennemi ? :diable:
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Messagepar Hiivsha » Lun 17 Fév 2014 - 14:00   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (début - 1/3)

CHAPITRE 2 - Un drôle d'oiseau (suite - 2/3)


La jeune femme sortit de sa rêverie en levant lentement ses grands yeux bleus sur le nouveau venu, accompagnant son regard d’un sourire instinctif et naturel. Durant quelques secondes, elle se tint coite et détailla le visage puis la silhouette de l’homme. Son sourire s’accentua au fur et à mesure que le nommé Argail débitait sa tirade d’hypothèses successives qui semblèrent l’amuser.
— Les possibilités que j'exclus d'office sont que vous venez juste de devenir Maître, car l'odeur du combat vous accompagne, et votre sabre laser semble... avoir déjà vu bien des batailles... et votre silhouette semble être habituée au combat… donc…

Argail poussa un soupir et but une gorgée de sa boisson chaude.
— Donc, nous allons en suer plus que sur Xénaga Prime... Oh, mille pardons, je monopolise et dois vous assommer... Quel est votre nom, Maître Jedi ?

À peine avait-il achevé son long monologue extravagant, qu’Isil éclatait spontanément de rire, ce qui fit se renfrogner son étrange interlocuteur.
— Vous êtes épatant… sergent, ajouta-t-elle après avoir jeté un œil sur l’insigne qui disait son grade militaire. Vos déductions sont impressionnantes et dignes d’un brillant détective. On dirait presque l’incarnation du héros de romans holonet… Cher’Lokolm.

Argail avala sa salive devant l’hilarité de l’inconnue, ne sachant pas trop si ce qu’elle disait était du lard ou du cochon.
— Vraiment ? hasarda-t-il en étirant d’un doigt le devant du col de son uniforme.

Le rire de la jeune femme retomba et il ne subsista sur son visage qu’un léger sourire. Il n’était même pas moqueur, juste amusé, teinté de souvenirs nostalgiques.
— Non, sergent, pardonnez-moi, mais j’ai bien peur que vous ayez tout faux ou presque dans vos déductions.
— Ah ? laissa choir Argail en appelant le droïde serveur à qui il lança : finalement, je prendrais une bière ambrée.

Isil continua posément.
— Le Maître et l’Apprenti… c’est un cliché trop commun sur les Jedi. Nombre de Chevaliers Jedi ne sont pas des Maîtres et n’ont donc pas de Padawan en formation auprès d’eux. Et pour ma part, je n’en suis pas à former quelqu’un car je viens juste d’être élevée au rang de Chevalier…. c’est à cette occasion qu’on ma remis ce sabre… il appartenait à mon défunt Maître… mais je vous accorde que compte-tenu de son âge, des batailles il a dû en voir… mais pas avec moi.

Se rencognant dans son fauteuil, elle baissa la tête et laissa passer un voile de mélancolie sur son visage.
— Et je m’appelle Isil, ajouta-t-elle du bout des lèvres.
— Bon… pas Maître mais Chevalier… peut-être finalement que la mission ne sera pas si terrible que ça, après tout… à moins que vous ne soyez LE Jedi d’une obscure prophétie sur lequel reposent tous les espoirs de l’univers…

Il se retourna vers le droïde qui lui apportait sa bière.
— Qu’en penses-tu boite de conserve ?

Bien que le serveur ne possédât ni poumons ni joues, on le sentit soupirer avec un zeste de mépris en haussant ce qui lui servait d’épaules tout en retournant à son comptoir.
— C’est ce que je pensais, reprit Argail un sourire en coin. Par contre je vous vois bien amère au souvenir de votre ancien Maître. Je ne sais ce qu'il s'est passé, ni si vous souhaitez en parler, mais de ce que j'ai vécu.... la seule chose que vous devez conserver des défaites sont les cicatrices sur le corps. Quant à tourner et retourner encore les pertes…

Argail laissa ses pensés courir l'espace d'un instant, le long de la frise chronologique de sa vie, puis d'un geste de la main balaya le tout.
— Vivez comme l'auraient voulu ceux que vous avez perdus et ne vous laissez pas embourber dans les tristes marais de la mélancolie. Ceux qui s'y perdent n'en ressortent jamais. D'ailleurs, n'y a-t-il pas quelque chose dans le genre, dans le code des Jedi ?

Isil releva fièrement la tête.
— Et oui, le Code nous enseigne à ne pas regarder en arrière. Mais il ne supprime pas les sentiments même s’il nous impose de ne pas en tenir compte… un Jedi n’est pas une machine, il reste un être humain, même s’il considère que c’est dans la Force qu’il doit vivre… ce qui nous vaut sans doute ce regard un peu particulier que les races de la galaxie portent sur les membres de l’Ordre, je suppose ?

De nouveau ses yeux se plongèrent au fond de son verre.
- Pourtant… il y a des Jedi qui sont presque des machines, soupira-t-elle d’une voix presque inaudible.

Elle secoua sa tête ce qui fit voleter sa fine chevelure dorée.
- En tout cas sergent, rassurez-vous, je n’ai aucunement l’intention de sauver l’univers à moi toute seule. Si j’étais LE Chevalier, comme vous le dites, je suppose qu’on ne m’aurait pas intégrée à une équipe… ne croyez-vous pas ?
— Oh, alors là, ne vous y fiez pas trop ! Dans les batailles, j'ai vu des équipes rassemblant des êtres plus qu'improbables ! Hum, de mémoire, j'ai vu un Ewok accompagner des commandos armés jusqu’aux dents, un droïde de protocole au côté d'une force de frappe majeure, et un Wookie...

Il regarda la demoiselle, affichant un sourire taquin.
— ... chanteur de cabaret. Les formations sont toujours en rapport avec la situation plus qu'avec le protocole, le code de morale ou d'honneur. Ce qui fait le vrai tacticien, ça n'est pas de suivre les codes de conduite mais de connaitre ceux de l'ennemi. La plupart du temps, en calculant froidement, sans tenir compte des mots du cœur.... un peu comme ce Jedi que j'ai rencontré autrefois... son nom c'était...

Argail fronça les sourcils, formant des mots avec ses lèvres, recherchant le nom à coucher dehors par une nuit d'orage sur Hutt.
— Pang Ni Landrum, s’exclama-t-il, enfin… je crois... j'avoue, certains noms sont plus faciles à oublier qu'à éternuer. On voyageait, et la seule chose qui faisait de lui un Jedi était son sabre laser, le reste du temps, c'était un... comique, un plaisantin, toujours le mot pour rire. Je commençais à croire qu'il n'était pas quelqu'un de fiable. D'ailleurs, nous étions nombreux à ne pas vraiment le croire digne de son titre de « Grand Maître des batailles »...

Le sergent perdu dans son récit, passa ses bras derrière la nuque et se renversa sur son fauteuil.
— Quand on est passé en hyperespace, il s'est retiré dans sa cabine. Deux jours plus tard, juste avant de nous poser, il est ressorti de sa chambre tellement... glaciale, qu'on peinait à le reconnaître : il était tout bleu, presque gelé. Pour nous c’était clair : il lui manquait une case ! Quand il a débarqué et qu’il a commencé à donner ses ordres, on a tous cru à une blague, tant son premier ordre était… stupide !

Un sourire s’incrusta sur les lèvres du militaire et il ferma un instant les yeux, sans doute pour revivre cette scène.
— Il nous a ordonné de pousser un gros rocher dans un coin, entre des broussailles. Alors bon, on l'a fait… je dois dire qu’on s'attendait tous à le revoir faire l'andouille. Mais non. Deux heures plus tard, l'ennemi se précipitait sous le feu vers un couvert qu'ils avaient dû reconnaitre depuis longtemps... Devinez quoi ? Leur landspeeder s’est précipité dans les broussailles et a percuté notre gros rocher… et nous avons capturé le général des forces ennemis. Sans qu'il y ait un seul mort, juste un blessé… et un landspeeder foutu... un chouette modèle en plus...

Argail sourit à la jeune femme en laissant son regard dériver vers l’échancrure de sa tunique.
— Ne préjugez jamais de la compagnie qu’on vous assigne, même un Gungan pourrait vous accompagner et vous sauver la mise... Et je suppose qu'atteindre l'excellence dans un domaine ou garder son sang froid en toutes circonstances, peut vous faire assimiler à une machine... Mais vous savez, il y a de bonnes machines.

Argail haussa les épaules et s’en alla chercher une nouvelle boisson chaude pour une Isil dubitative. Profitant de ce que le militaire avait le dos tourné, la jeune femme gonfla ses joues et laissa échapper l’air de ses poumons entre ses lèvres arrondies en écarquillant les yeux d’un air comique.
Je me demande si Maître Beno n’était pas plus facile à comprendre, pensa-t-elle en souriant malgré elle tout en se grattant le cuir chevelu. J’avoue que j’ai du mal à suivre le cheminement de ses réflexions.
— Vous avez l’air d’avoir pas mal baroudé ? lança-t-elle à haute voix tandis qu’elle se demandait quel âge le sergent pouvait bien avoir.

Machinalement, elle resserra l’échancrure de son vêtement qui baillait et ferma les yeux. Au final, elle se sentait bien sur le Defiance après tout ce qui s’était passé. Elle s’y sentait en sécurité et l’étroitesse des lieux – nonobstant la taille phénoménale du vaisseau – lui permettait de retrouver une paix qu’elle avait un peu perdue dans le tourbillon des derniers mois. Malgré l’enseignement de Beno Mahr, elle avait du mal à débarrasser son esprit de certaines pensées et notamment de celles engendrées par le départ d’Hiivsha.
Le sergent revenait. Ce n’était pas le moment de se plonger dans la Force pour y trouver la paix et la sérénité qu’elle y puisait sans retenue quand elle le pouvait. Elle lui sourit de nouveau amicalement. Après tout, il était censé rejoindre l’équipe et ils étaient donc appelés à travailler ensemble.
Argail déposa un nouveau verre devant celle qu’il appelait intérieurement « la demoiselle ».
— J’ai baroudé plus que nécessaire… même plus que la plupart des amiraux de la République. J'aurais pu commander moi aussi, le cul planté dans un fauteuil moelleux… tout ça, mais... ça n’aurait pas été moi. Je ne me sens pas à l'aise en arrière ligne. J'ai participé à pas mal de campagnes, franchement, j'ai eu de la chance pas mal de fois.... vu que je suis toujours là ! Je ne vais pas dire que je suis le meilleur sur le terrain, j'en ai vus de bien plus doués et plus efficaces... Mais je suis l’un des rares à être encore vivant... peut-être même le seul...

Sa main se crispa sur l'accoudoir le temps de rejeter certain souvenirs récents, puis il continua de parler normalement comme si de rien n'était. Pour finir, il but une grande gorgée de bière avec délectation.
— Le nombre de mondes qui ont servi de lieux à mes missions est bien trop élevé pour que je puisse en faire un décompte exact, quant aux missions... deux ou trois fois plus... Croyez-le ou pas, de toute ma carrière, les personnes placées sous mes ordres sont pratiquement toujours rentrées de mission en vie.... Bien sûr, certaines sont tombées ou n'ont pas de chance. Petit conseil de vétéran, même sur une planète primitive, ne sous-estimez jamais les mécanismes des pièges que certains peuvent monter et placer sur votre route.
— Je ne vous voyais pas si… vieux, osa Isil. Un vétéran… déjà ?

Argail modifia sa position sur son fauteuil.
— J’ai trente-cinq ans, et je mourrai sûrement sur le champ de bataille... Mais bon, et vous ? Je monopolise le crachoir, en plus, je dois vous faire penser au plus ennuyeux des formateurs de Padawan dans votre ancienne académie Jedi, non ?

Argail rit légèrement embarrassé et se remit à siroter sa bière en la dévisageant par-dessus son verre.
Isil songea qu’elle lui aurait donné plus que l’âge qu’il avançait. Peut-être essayait-il de se rajeunir à ses yeux ? Son visage était marqué, sans doute le résultat des nombreuses campagnes qu’il avait faites. Des traces que les caissons de bacta et la Force avaient effacées sur son propre corps après les blessures des combats et les sévices qui lui avaient été infligés sur Korka. Elle voulut l’interroger sur l’étrangeté de ses yeux, mais n’osa pas risquer d’être indiscrète. Après tout, ils venaient tout juste de faire connaissance.
— J’espère que votre chance déteindra sur notre équipe, dit-elle comme on porte un toast, en levant le verre devant le visage. Ne vous inquiétez pas, un Jedi a l’habitude d’écouter tous les conseils sensés, de quelque personne qu’ils viennent…

À ce moment, le quartier-maître Porter apparut.
— Ah, sergent, l’amiral Narcassan vient de monter à bord et a demandé à vous voir séance tenante. Si vous voulez bien me suivre.

Argail s’appliqua à vider posément son verre et essuya quelques traces de mousse d’un revers de la main tout en se levant. Il adressa un clin d’œil à Isil.
— Le devoir m’appelle, charmante demoiselle, j’espère que j’aurais bientôt l’occasion de vous revoir.

Il disparut dans la coursive et Isil soupira bruyamment.
Quel drôle d’oiseau que ce coco-là ! se dit-elle in petto. Bizarre… mais attachant !


Le quartier-maître se dirigea vers l’un des ascenseurs qui s’éleva rapidement vers les ponts supérieurs. Il s’arrêta au dernier pont accessible, le pont treize. Les coursives, larges et feutrées, dénotaient qu’il s’agissait bien là des quartiers du haut-commandement. Ils croisèrent une charmante aspirante Twi’lek que le quartier-maître salua en évitant de se retourner sur son passage, puis ils arrivèrent dans un hall de réception circulaire sur lequel donnaient plusieurs portes fermées et au centre duquel trônait un comptoir également circulaire. Derrière ce comptoir deux hôtesses en uniforme, l’une Twi’lek, l’autre humaine, les regardèrent arriver. Porter annonça.
— Le sergent Vif-Argent pour l’amiral.

La Twi’lek afficha un sourire tout en consultant une console.
— Oui, je vais demander au sergent de bien vouloir patienter un peu, l’amiral est en réunion pour le moment, mais il ne devrait pas en avoir pour très longtemps.

Argail leva une main.
— Oh, pas de problème… attendre, je sais faire… alors ici ou derrière un arbre…

Il adressa un clin d’œil à la Twi’lek et alla s’installer dans l’un des fauteuils visiteurs de la rotonde tout en examinant les grandes plantes grimpantes qui donnaient presque à ce lieu un petit air de jardin, aux antipodes d’une ambiance de vaisseau de guerre. Le quartier-maître Porter prit congé et repartit.


(à suivre... )


Vers : Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (fin - 3/3)
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Messagepar Red Monkey » Lun 17 Fév 2014 - 16:22   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Isil :D

Encore un passage intéressant. Un autre petit plein d'infos sympa. Le genre de passage que je ne penserais pas à mettre dans mes écrits au premier abord mais qui se révèle l'un des plus essentiels parfois.
Très bien écrit toujours.

Hâte de voir où tu nous emmènes. La suite !
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Messagepar Notsil » Lun 17 Fév 2014 - 17:59   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'ai l'impression que tu continues de nous introduire tes personnages, en tout cas cet Argail semble attachant ! Beaucoup d'expérience apparemment, hâte de voir s'il va être aussi détendu et loquace avec l'amiral.

J'ai vu deux petites erreurs :

même un Gungan pourrait vous accompagner et vous sauvez la mise...

-> sauver

Argail rit légèrement embarrassé et se remit a siroter sa bière en la dévisageant par-dessus son verre.

-> à

Voilou, vivement la suite !
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
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Messagepar Hiivsha » Ven 21 Fév 2014 - 22:11   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (début - 1/3)
Vers: Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (suite - 2/3)

CHAPITRE 2 - Un drôle d'oiseau (fin - 3/3)


Dans le vaste bureau à la moquette pourpre, deux hommes et une femme se tenaient près d’une baie en transparacier qui dominait les docks spatiaux. L’extérieur ressemblait à une grande fourmilière avec une noria de petites navettes qui allaient et venaient. Des ouvriers en scaphandres et des mécadroïdes s’activaient sur les coques des bâtiments amarrés aux immenses quais, derrière les vitres desquels on apercevait des gens qui marchaient tous plus occupés les uns que les autres. Le centre de la pièce était occupé par un grand bureau en bois laqué foncé et son confortable fauteuil, derrière lequel se croisaient des bannières militaires sous un grand logo de la République Galactique peint sur le mur. Sur la droite, une vitrine contenant une superbe maquette du Defiance était surmontée d’un portrait du Chancelier Suprême. Sur la gauche, une bibliothèque numérique rassemblait des milliers de cases documentaires. Quelques plantes de grande taille donnaient un peu de vie à cet ensemble rigide qui s’ouvrait sur un salon de réception faiblement éclairé.
L’amiral était un homme de grande taille et portait beau la cinquantaine avec des cheveux gris, courts et coiffés en arrière, qui dégageaient une première impression de douceur. Sa bouche était ornée d’une moustache et d’une mouche également grises, mais ses sourcils noir de jais assortis à des yeux d’un brun foncé, trahissaient une évidente force de caractère hors du commun. Il s’adressait à deux officiers dont l’un était le lieutenant Bump.
— Vous m’impressionnez, finir les travaux avec un jour d’avance… devrais-je vous soupçonner de gonfler les délais prévisionnels pour passer ensuite pour des fabricants de miracles.
— L’union fait la force, s’exclama Liam Bump en cachant sa gêne derrière son sourire habituel. Le lieutenant Artel a pris toute sa part dans l’affaire.

L’amiral se tourna vers une femme d’âge mûr qui le regardait de ses yeux noirs.
— Je n’en attendais pas moins de mon officier-mécanicien en chef… j’espère que le lieutenant Bump ne s’est pas montré trop envahissant.

La femme passa la main dans ses cheveux bruns coupés courts en brosse et répondit d’un ton pince-sans-rire.
— S’il s’y était avisé, je l’aurais jeté dans le réacteur, amiral.

Le commandant du Defiance connaissait bien la façon dont le lieutenant Adrea Artel maniait l’humour et laissa échapper un sourire.
— Je lui avais bien rappelé que sa place était à la CPM et pas dans les machineries du Defiance.
— Je n’ai fait que conseiller les ingénieurs de Kuat pour accélérer les choses, protesta Liam Bump.
— C’est exact, continua Adrea en souriant à son tour, il a encore de bonnes connaissances du vaisseau et s’est montré très utile… pour un homme.

Valin Narcassan leva ses deux mains comme pour bien montrer qu’il ne voulait pas engager sur le sujet un combat oral avec la femme, au demeurant plutôt mignonnette avec ses taches de rousseurs sur les joues et son nez légèrement retroussé.
— Restons-en là, voulez-vous, je vous laisserai continuer la conversation sur ce terrain entre vous devant un verre que vous prendrez à ma santé. Pour l’instant tout ce qui m’intéresse est de savoir si le Defiance peut reprendre le large.
— Bien entendu, amiral, s’empressa de répondre Artel avant que Bump n’ait pu ouvrir la bouche. Les tests des nouveaux générateurs se sont montrés concluants… nous pourrons les pousser au maximum dès que nous serons dans l’espace.
— Et où avez-vous pu installer ces merveilles ?
— Afin d’éviter toute interférence avec les générateurs actuels et étant donné leur potentiel de puissance ainsi que leur toute nouvelle technologie mésoionique, ils ont été placés au plus loin des sources habituelles d’énergie. Concrètement, au centre du pont deux dans une zone où, à part des gaines techniques et des compartiments de maintenance, il n’y a pas grand-chose.

Bump qui venait cette fois de répondre le premier adressa un bref coup d’œil vainqueur à sa collègue qui lui jeta un regard noir en retour.
— Parfait, conclut Narcassan, nous testerons l’effet de ces nouveaux générateurs sur les boucliers dans les prochains jours. Bon travail vous deux. À présent, je dois faire du recrutement pour la CPM.
— Un nouveau, amiral ? demanda Bump en ajoutant aussitôt plein d’espoir, ou une nouvelle ?
— Au risque de décevoir le joli cœur que vous êtes, Bump, c’est un homme, un militaire… et d’après son dossier, un vrai baroudeur.

Liam lissa fièrement sa moustache noire d’un revers de main.
— Un homme de terrain, parfait, amiral, c’est ce qui nous fallait.

Les deux lieutenants sortirent du bureau.
— Bar officier ? demanda Bump une fois dehors.
— Vous plaisantez, Liam, protesta Adrea, la seule vraie bonne bière qu’on peut boire à bord de ce rafiot, c’est à la cantina des mécanos du pont quatre qu’on la trouve.
— Et leur pâtisserie maison vaut également le détour…

Artel se tripota les hanches.
— Hum, ça par contre, ce n’est pas bon pour mes kilos en trop.

Son collègue se pencha en arrière pour l’examiner du regard. Il est vrai que quelques kilos superflus lui donnaient certaines rondeurs additionnelles, mais leur répartition ne la rendait que plus appétissante aux yeux du lieutenant de la CPM.
— Ne dites pas de bêtises, Adrea, vous êtes parfaite comme ça !


Dans son bureau, l’amiral s’assit et activa un bouton sur une console de commande incorporée à sa table de travail.
— Officier de quart ?

Une voix répondit.
— Oui, amiral ?
— Les permissions sont terminées. Rappelez le personnel au sol. Que tout le monde ait rejoint le bord d’ici six heures pour un départ à vingt trois zéro zéro.
— Bien amiral, je sonne le rappel des troupes.

Narcassan appuya sur un autre bouton. Ce fut une voix féminine qui acquiesça.
— Oui, amiral ?
— Envoyez-moi le sergent Vif-Argent.
— Bien, amiral.


Argail se leva de son confortable fauteuil à regret. Il commençait à somnoler et s’y trouvait très bien. Machinalement, il tendit les pans de sa veste d’uniforme pour la défroisser. Il s’avançait vers la porte du « pacha » lorsqu’un officier déboula d’une coursive en direction de la même porte que lui.
Ah non, il ne va pas passer devant moi celui-là ! pensa-t-il en accélérant son pas.
Ce qui fit qu’ils atteignirent la porte en même temps. L’officier suspendit sa main comme celle d’Argail cognait fortement au battant.
— Entrez ! invita une voix ferme.

Argail toisa l’officier en souriant.
— Je crois qu’on m’attend, capitaine, articula-t-il en tirant sur ses maxillaires avant de pousser la porte pour passer sous le nez de l’officier qui le dévisagea de ses yeux sombres.

Sans aucune manière, Il claqua la porte derrière lui à la barbe du supérieur et s’avança dans la pièce, se mit au garde-à-vous et salua.
— Sergent Argail Vif-Argent, à vos ordres, amiral !

Argail entendit plutôt qu’il ne la vit, s’ouvrir la porte derrière lui et des pas s’avancer dans son dos.
— Ah, Prak, vous tombez à pic, s’exclama Narcassan en regardant par-dessus l’épaule d’Argail, venez que je vous présente le sergent Argail Vif-Argent, qui rejoint la CPM et qui sera sous vos ordres à la cellule opérations.

Du coin de l’œil, le sergent vit passer un homme qui le contourna lentement. C’était le capitaine qu’il venait de plaquer dans le couloir.
Ça commence mal, pensa-t-il, [i] je viens de claquer la porte au nez de mon futur chef.
Ce dernier dévisagea froidement son subalterne et laissa échapper un sourire carnassier qui dévoila ses dents blanches et pointues. Il était plus petit qu’Argail, mais aussi plus râblé. Il portait un uniforme de capitaine des troupes d’élite républicaines. S’il paraissait un peu plus jeune que l’amiral, il était trahi par sa calvitie qui ne lui laissait qu’une ombre grise à l’arrière d’un crâne régulier et luisant. Son visage dénonçait le caractère bien trempé du baroudeur qu’il devait ou avait dû être : des traits marqués, des lèvres fines et dures, des yeux noirs en amandes, des sourcils froncés relevés aux extrémités, et un menton volontaire surmonté d’une ride horizontale qui cachait une discrète cicatrice... L’image même du meneur de troupes.
Narcassan dévisagea à son tour le sous-officier et tapota quelques touches sur la console de son bureau. Une fiche s’afficha aussitôt sur un écran transparent, presque invisible et la photo d’Argail parut s’élever dans les airs encadrée de différentes mentions.
— Repos, sergent, finit par dire l’amiral qui parcourut rapidement le texte, imité par le capitaine Prak qui lisait par-dessus son épaule.

Au bout de quelques secondes, Valin Narcassan reprit.
— Excellents états de service, sergent… il est même étonnant que vous ne soyez pas monté en grade…

Argail eut une moue.
— Peut-être un désintérêt pour tout ce qui éloigne du terrain ?

De nouveau Narcassan marqua une pause durant laquelle il s’efforça de lire sur le visage du sous-officier.
— Vous allez être affecté à la section opérations de la Cellule de Prospection Minière embarquée sur le Defiance. Officiellement un organisme d’exploration… officieusement…

Il fit un petit geste de la main en balayant l’air devant lui.
— … officieusement et de vous à moi, ce nom ne veut rien dire. Vous allez rejoindre une équipe destinée à être engagée rapidement et discrètement dans des opérations diverses. Là où l’armée planifie, étudie, réfléchit avant d’agir lourdement, empêtrée dans des considérations politico-diplomatiques, le RSS Defiance agit immédiatement et dans l’urgence quoiqu’avec efficacité. C’est à cela qu’est destinée la CPM. Le tout, sous contrôle d’un commandement conjoint, et restreint, de représentants du Sénat, de l’Armée et de l’Ordre Jedi.

Il arrêta sa tirade et se tourna vers le capitaine Prak qui se permit d’intervenir.
— En quoi le sergent est-il indispensable à la CPM ?

L’amiral sourit et ses yeux se portèrent de nouveau sur Argail.
— Une réponse pour votre supérieur, sergent ?

Les mâchoires du sous-officier saillirent, puis il se racla la gorge.
Essaye de ne pas te vautrer !
Argail observa la salle d'un seul regard, notant divers détails avant de commencer.
— Je pourrais vous parler de ce que vous avez lu dans ce dossier. Mais ce serait une perte de temps. Vous voulez savoir pourquoi je vous suis indispensable ? Moi je dis que c’est une connerie, sauf votre respect, capitaine. Personne n’est indispensable. Mais chacun a son rôle à jouer à l’endroit et au moment qu’il faut. Un indispensable, c’est quelqu’un qui joue solo. Moi, j’en ai vu crever par dizaines de ces mecs-là. De ceux qui ne savent pas compter sur les autres et pour qui les autres ne comptent pas. Généralement, ils ne font pas de vieux os sur le terrain. Moi, je ne suis que l’élément d’un rouage et quand j’ai une équipe sous mes ordres, je fais en sorte que mon équipe fonctionne comme une mécanique bien huilée. Je tâche qu’il n’y ait aucun indispensable mais juste des hommes et des femmes complémentaires qui œuvrent tous dans le même but avec la même foi. Alors, quoi ajouter d’autre ? Quel chef n'écoute pas son radio pour les infos sur le combat en cours ; quel chef ignore son expert en explosif lorsque vient le moment de faire exploser un pont ; quel chef reste sourd à son artificier pour ce qui est de la destruction d'un char ennemi ? Pas moi. Peut-être est-ce pour cela que j'ai pu si longtemps mener la 39ème escouade d'assaut... Vous savez aussi que je ne fonce pas aveuglément dans un combat sans avoir fait le point sur la situation, évalué le danger et passé mes consignes. Vous savez que je sais sortir d'affaire les équipes que je commande… Vous savez aussi que j'ai du « flair » et que je sais m'en servir… Vous savez que mes hauts faits sont nombreux, mes passages sur les champs de bataille rarement restés sans victoire mineure, moyenne ou même majeure…

Argail haussa les épaules.
— Maintenant, vous savez déjà tout cela... Alors que pourrais-je ajouter d’autre ? .... J'aime bien la décoration de votre bureau !

Puis il se mit à sourit toutes dents sorties.
— Et puis, il parait qu'une personne aux yeux vairons, porte chance au vaisseau qui l'embarque.

Les deux officiers se mirent à rire. Narcassan reprit.
— Votre franc-parler me plaît, sergent. Et vous avez raison : j’ai besoin, non pas des meilleurs individuellement, mais des meilleurs collectivement. La CPM doit être une équipe autonome, soudée, efficace, discrète. Pas de hiérarchie dans l’équipe. Le responsable de chaque mission sera choisi en fonction de la nature de cette mission. Vous comprendrez pourquoi je veux des gens capables de s’intégrer aux autres, d’agir de concert sans rivalité d’aucune sorte. Chacun doit être apte à commander et à obéir à ses camarades, soldat, Jedi ou civil. Sur le terrain, seul l’intérêt de la mission et du groupe compte !

L’amiral s’avança vers Argail et lui tendit la main.
— Bienvenu à bord du Defiance, sergent !

Ils échangèrent une cordiale poignée de mains. Valin reprit et désigna l’officier qui se tenait à ses côtés.
— Vous serez, en tant que militaire, sous les ordres directs du capitaine Devan Prak, responsable opérations. Mais l’ensemble de la CPM est commandé par le colonel Cregg Vellaryn, actuellement sur le sol de Kuat. Vous avez l’organigramme et les fiches des membres de la cellule dans ce databloc, ajouta l’amiral après avoir saisi une tablette dans un tiroir de son bureau et l’avoir tendue à Argail. Toutes les questions que vous pouvez vous poser y trouveront réponse. Quand il vous manquera une réponse, c’est que vous ne pouvez pas vous poser la question.

Argail sourit au sous-entendu.
— Je comprends, amiral.
— Bienvenu à la CPM, sergent Vif-Argent, fit à son tour le capitaine Prak en serrant la main de son subordonné.
— Je n’ai pas l’habitude qu’on m’appelle par mon nom… en fait, je crois bien que toute la galaxie me connaît sous le nom de « sergent Argail ».

Devan Prak hocha la tête.
— Ça me convient tout à fait, sergent Argail. Je vous laisse faire la connaissance des membres de votre cellule… ils ne devraient pas tarder à rentrer comme tout l’équipage du bâtiment.

Le sous-officier rompit et quitta le bureau.
— Deux nouvelles recrue en peu de temps… commenta pensivement l’amiral, le sergent Sanders et aujourd’hui, cet Argail Vif-Argent. Voila qui va compenser les deux départs que nous avons eus récemment.
— Ne nous en plaignons pas, répondit Prak, plus on est de fous…



(à suivre... )


Vers : Chapitre 3 - Un étrange signal (début - 1/2)
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Messagepar Notsil » Ven 21 Fév 2014 - 23:19   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Ah je l'aime bien cet Argail, il parait sympathique ^^ (j'espère que ce n'est pas un futur méchant :p).

Un chapitre sympa où tu introduis ton personnage et où tu donnes des détails sur la personnalité des membres de l'équipage, intéressant.

Bientôt le départ en mission du coup ? J'imagine qu'il va falloir attendre la suite pour le savoir ^^
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Messagepar Red Monkey » Dim 23 Fév 2014 - 11:05   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'aime beaucoup ce chapitre. Tu nous introduis encore des persos qui se retrouveront sur le Défiance.
Ca devient intéressant tout ça ! Plein de bonnes choses en perspectives.

Vivement que ta géante introduction s'arrête pour nous plonger dans l'action du "Mort au Défiance" :diable:
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Messagepar Hiivsha » Dim 02 Mar 2014 - 14:14   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Oups... trop occupé à jouer à Skyrim, j'ai totalement zappé le postage du vendredi... et me voilà comme Minos : en retard ! :diable:

Voilà donc la suite des aventures d'Isil. Un chapitre présentant dans sa première partie des personnages... la seconde partie, vendredi prochain, creusera un peu l'action et entrera dans le mystère du roman. :wink:
___________________________________________________________________

Calameo, PDF et EPUB sont mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (début - 1/3)
Vers : Chapitre 2 - Un drôle d'oiseau (fin - 3/3)




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3 - Un étrange signal


Majestueusement, le croiseur de bataille de classe Centurion quitta son dock sous le regard de milliers d’ouvriers, avant de disparaître progressivement à la vue de la planète Kuat et de ses immenses chantiers navals.
— Vitesse subliminique, puissance maximum, ordonna l’amiral avant de se lever de son fauteuil de Commandant. Alors, Shalo, ajouta-t-il en se tournant vers un général Jedi qui se tenait debout à ses côtés, si nous allions dans mon bureau pour que vous me racontiez votre entrevue avec la famille Kuat, et que vous m’exposiez ses craintes concernant l’Empire ?
— Avec plaisir, Valin, répondit Maître Torve. Et les tests des nouveaux générateurs d’énergie, où en sont-ils ?
— Ils devraient avoir lieu demain matin, si tout va bien.
*
* *

Lillaia Sanders se présenta au bureau du commandant Keraviss Sayyham dans les dix minutes qui suivirent sa convocation matinale.
Ses bottes posées sur le bureau, affalée dans son fauteuil de cuir dans une tenue moulant à manches courtes, la Loordienne tirait nonchalamment sur un cigare à l'odeur âcre.
— Entrez, sergent, entrez.

Plusieurs mini-écrans étaient allumés devant elle et visiblement le contenu de ce qui y est affiché peinait à la distraire d'un ennui mortel. Elle ramena l’un de ses bras souples, musclés et tatoués, derrière sa nuque, faisant involontairement… ou pas… saillir sa poitrine ferme et orgueilleuse sous son gilet de cuir.
Elle désigna un siège d'un geste paresseux de la main, siège sur lequel elle avait précédemment jeté sa veste de pilote. Lillaia prit le vêtement et feignit l’embarras tout en se retenant de le lui envoyer à la figure, avant d’opter pour le dossier d’un divan qui formait coin salon un peu plus loin dans la pièce. Les mains libres, elle revint s’asseoir en face de la Loordienne.
Sayyham souffla sans vergogne la fumée dans la direction du sous-officier en la déshabillant du regard.
— Beau brin de fille, je dois bien en convenir, et athlétique avec ça… je comprends pourquoi le colonel Mazkliavek s’est laissé avoir.

Lillaia se raidit sur sa chaise.
— Je ne comprends pas, commandant... protesta-t-elle.

Keraviss éventa l’air de la main pour balayer la fumée qui stagnait devant elle… ou pour signifier autre chose à l’intention de son interlocutrice.
— On s’en fout, Sanders. Je ne crois pas une seconde à ce que vous avez raconté à ces abrutis du tribunal militaire, mais comme je viens de le dire, on s’en balance. Une mission, ça s’exécute en silence, le reste on s’en…

Elle s’interrompit et se leva lestement d’un bond pour se diriger vers une desserte afin de se servir un verre d'un liquide puissamment odorant.
— Vous en voulez un, Sanders ?

La sergente hésita et ouvrit de grands yeux ronds.
— À six heures du matin, commandant ? J’aurais plutôt envisagé une tasse de thé…
— Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé de boire au lever du lit ?

Lillaia se dit qu’avec la Loordienne, il ne servait à rien de n’être pas soi-même.
— Volontiers, répondit-elle avec un léger air de défi.

Keraviss cala son cigare dans le recoin de sa bouche pulpeuse avec un sourire carnassier et servit un deuxième verre qu’elle revint poser sur le bord du bureau, avant de s’affaler de nouveau lourdement dans son fauteuil.
— Buvons aux services spéciaux de la… enfin, ils sont si spéciaux qu’on se demande parfois qui ils servent.

Elle se tut pour siroter sa boisson en ne quittant pas Lillaia de ses yeux noirs.
— Vous avez demandé à me voir, commandant ? osa la sergente au bout de plusieurs longues minutes.

Le regard de Sayyham étincela.
— Vous êtes paraît-il une spécialiste des transmissions ?

Son interlocutrice se mit à sourire.
— Il paraît.
— Vous l’êtes, oui ou non ? reprit sèchement Keraviss.

De nouveau Sanders se raidit.
— Je le suis, commandant, je suis même une experte dans le domaine. J’ai aussi écrit un traité sur l’art d’intercepter les communications en temps de conflit… traité qui a de suite été classé « très secret galactique », ajouta-t-elle avec une moue.

Keraviss ricana plusieurs fois puis subitement, vida d’un seul trait ce qui restait dans son verre.
— Alors, j’ai un boulot pour vous !
— Je vous écoute, commandant.
— Il y a de cela huit mois, une de nos escadrilles d’Aurek sous le commandement d’Isil Valdarra, à l’époque Padawan, a été interceptée par une flotte impériale conséquente en bordure de la planète K-2 du système D-315. Un système apparemment sans vie et qui s’est révélé après inspection de notre part sans rien de particulier. Nous en avons déduit que l’Empire connaissait la mission d’Isil et savait où la trouver pour s’emparer d’elle.
— Mais ils n’ont pas réussi… n’est-ce pas commandant ?
— En effet. Les pilotes survivants sont rentrés au Defiance et Isil est rentrée plus de deux mois plus tard après un détour involontaire par une autre planète… mais c’est là une autre histoire . Depuis j’ai cherché une taupe à l’intérieur de ce bâtiment, sans succès. En tout cas, si quelqu’un renseigne l’Empire ou toute autre organisation depuis notre croiseur, je n’ai pas trouvé comment. Or, je suis persuadée que nos communications sont… je ne sais pas, piratées ou détournées…
— Et vous avez besoin d’un expert pour le découvrir.
— Cela fait un mois que vous êtes à bord, il est temps pour vous de gagner ma confiance et de me montrer ce que vous êtes capable de faire.
— Je me mets au travail immédiatement ! s’exclama Lillaia qui avala le contenu de son verre et se mit à tousser en ajoutant : vous pouvez vraiment avaler ça sans broncher, commandant ?

Keraviss était aux anges.
— Vous vous y habituerez avec le temps… un verre chaque fois que vous viendrez me voir ! Allez-y, Sanders, au boulot… épatez-moi !

Lillaia se leva, posa le verre, salua, effectua un demi-tour réglementaire tout en souplesse et sortit en balançant ses hanches quelque peu convexes.
*
* *

Six heures du matin, heure artificielle à bord d’un vaisseau perdu dans l’espace galactique, heure standard de Coruscant, le moment où sur la ville-planète, les miroirs réfléchissants en orbite commençaient à fléchir et à se réorienter pour distiller la lumière de l’étoile Coruscant Prime vers la capitale de la République Galactique. Pendant ce long moment, une aube feutrée se levait sur le monde en projetant des halos colorés de toute beauté que seuls ceux qui habitaient dans les hauteurs des immeubles démesurés pouvaient apprécier.
Dans les spatioports orbitaux, dans les bâtiments sillonnant l’espace, rien n’indiquait qu’un nouveau jour avait commencé sinon les afficheurs répartis un peu partout, qui égrenaient le temps universel inexorablement.

Dans sa cabine, c’est son comlink qui réveilla Isil, profondément endormie, par une série de bips répétés.
La jeune femme se retourna sur le dos et écarta ses membres qu’elle étira à l’image d’un félin, avant de repousser les draps sur le côté et de se mettre debout comme à regret. Le miroir de la penderie lui renvoya le reflet de son corps qu’elle observa pensivement un instant, avant d’enfiler une tenue de sport. La porte de la cabine coulissa silencieusement. La coursive était déserte.
Elle passa une heure dans l’une des salles de gymnastique réparties sur les ponts neuf et dix. Une partie de l’équipage qui n’était pas à la tâche, s’entraînait également. Il y avait toujours du monde, officiers, sous-officiers, hommes de troupe, qui utilisaient les haltères, les appareils d’endurance, les tapis d’entraînement au corps à corps… Elle rendit chaque sourire qui lui était adressé avec une grande simplicité. Ici, on parlait de tout et de rien même si une certaine réserve à son encontre se faisait sentir, comme si le fait d’appartenir à la CPM et d’être Jedi ne lui donnait pas le plein statut de membre d’équipage. Ou était-ce une idée ?
L’entraînement avec un moniteur attira l’attention de quelques soldats hommes et femmes. Isil ne se servit aucunement de la Force mais elle était souple et endurante et l’entraînement physique ne lui faisait pas défaut. Pourtant le moniteur l’envoya au tapis avec une prise qu’elle ne connaissait pas. Elle se releva en riant et demanda humblement à son vainqueur de lui expliquer ce qu’il venait de faire. Le maître en arts martiaux expliqua et décortiqua son mouvement sous l’œil intéressé de ceux qui observaient le combat. Isil s’inclina et remercia le professeur avant de gagner la salle de méditation réservée aux Jedi sur le pont douze.

À huit heures, elle retourna à ses quartiers et croisa le lieutenant Vannick Payn, grand spécialiste des poisons et membre de la CPM, qui sortait des douches, torse nu et une serviette autour du cou. Il lui adressa son plus beau sourire avec toute l’assurance de ses trente-deux ans.
Le temps de passer dans sa cabine, Isil ressortit en peignoir de bain pour rejoindre à son tour la salle des douches réservée à la cellule.
Une intense vapeur flottait dans l’air humide. La Jedi lança un cordial « bonjour » à la cantonade en posant ses affaires à côté d’un lavabo avant de se défaire de son peignoir et de gagner une place libre dans la salle d’eau commune.
Le civil Krig Landala, tireur d’élite et ancien mercenaire, répondit à son bonjour du haut de son mètre quatre-vingt dix, tout en frictionnant vigoureusement son torse recouvert d’une toison rousse abondante. À quarante-deux ans, le colosse chantonnait toujours systématiquement en prenant sa douche, d’une voix de baryton fort agréable à écouter qui faisait toujours sourire ceux qui ne le connaissaient pas.

Dans un angle de la pièce carrelée, Argail, penché en avant, les deux mains à plat contre le mur, semblait perdu dans ses pensées, immobile sous le jet fumant qui lui fouettait le dos. Il avait peu dormi. La soirée de la veille, alors que le bâtiment prenait le large de Kuat, avait été des plus intéressantes. Portant la tenue de simple soldat histoire de rester le plus discret possible, il s'était « intégré » à l'équipage avec trois artefacts légendaires : une bouteille d'alcool fort, des cigares et un paquet de cartes. Il avait rapidement atterri au pont quatre, réputé pour ses soirées mouvementées, chez les purs et durs des mécanos et de la troupe, milieu dans lequel il se sentait parfaitement à l’aise. Bien vite la conversation avait tourné autour des femmes : celles qui brisaient les cœurs, celles qui attendaient à l’astroport de telle ou telle planète, sans compter les légitimes qui devaient se consoler dans les bras de leurs amants. Argail ne put retenir un sourire en constatant qu'à bord de chaque vaisseau, il y avait toujours « l’homme d'une seule femme » qu'il devait épouser en revenant au bercail « pour de bon ». On parla aussi des « nénettes Jedi » du pont sept, chacune ayant visiblement son fan-club. La Twi’lek, inévitablement, faisait par sa race fantasmer les plus paillards, mais sa froideur et la distance qu’elle conservait à l’encontre de l’équipage, empêchaient les ardeurs de s’exprimer à son sujet. Quant à la « blondinette », qualifiée de « bombe sexuelle » à l’unanimité de la tablée et au bout de la cinquième tournée, elle avait très nettement la préférence du plus grand nombre. Mais son évidente retenue la rendait timide pour certains, lointaine pour d’autres. Lorsque la conversation la concernant dérapa, au moment où chacun commençait à exprimer ce qu’il « souhaiterait faire avec elle », Argail détourna habilement la discussion pour savoir ce que l’équipage pensait de cette fameuse « cellule de prospection minière » dont les membres étaient toujours en mission par-ci, par-là. Le sujet passa alors sur le lieutenant qui en faisait partie, et que certains, parmi les plus avancés en boisson, envisageaient de « bizuter » une fois qu'ils l'auraient trouvé pour lui montrer qu'il n’était pas supérieur à eux. Argail partit alors dans un grand éclat de rire apaisant et leur expliqua simplement que « l’ami Payn » — qu’il venait juste de rencontrer — ne se sentait absolument pas supérieur à quiconque. Cette prise de position — totalement péremptoire sur quelqu’un qu’il connaissait à peine — poussa les plus avinés à montrer une certaine hostilité « de circonstance » au sergent qui, pour éviter que la soirée ne dégénère, sortit immédiatement son arme secrète : une seconde bouteille d'alcool ! La soirée reprit alors son cours normal jusqu’à une heure avancée de la nuit, heure à laquelle Argail ressortit de la cantina des mécanos, « copain comme cochon » avec tout le monde. Sa seule erreur fut d’avoir retiré prématurément les bouchons filtrants enfoncés dans ses narines. Il faillit s'étouffer sous l'odeur du tabac, des haleines avinées et des relents de graisse et de sueur mélangés. C’était sa particularité : un odorat anormalement développé et malheureusement hyper-sensible. Il battit donc en retraite pour réintégrer au plus vite sa cabine dans laquelle il dessina, jusqu’à quatre heures du matin, noircissant des feuilles de flimplast de croquis représentant les membres de la CPM qu’il avait déjà rencontrés.

D’une pression sur un bouton, Isil déclencha sa douche en se demandant pourquoi le contact de l’eau sur la peau semblait toujours si agréable. Était-ce la mémoire reptilienne de l’environnement placentaire qui communiquait ce plaisir au corps ? Inconsciemment, elle examina le dos athlétique du sergent perdu dans ses pensées et les nombreuses cicatrices qui émaillaient son corps. La plus impressionnante étant sans doute la marque d’un sabre laser au niveau de la hanche gauche. Elle sourit en songeant que son dos donnait l’impression de lui avoir servi de gilet pare-balles. Son corps à elle avait été intégralement guéri par un séjour en caisson de bacta et ne portait aucun stigmate de ses anciens traumatismes. Son sourire s’accentua lorsque son regard se porta malgré elle sur le souvenir visible d’une morsure, qui décorait l’une des fesses musclées d’Argail. La jeune fille s’interrogea sur la créature qui avait pu lui laisser une pareille marque. Elle étouffa un petit rire entre ses mains, avant de frictionner son corps avec un liquide parfumé. Le contact satiné du gel lui procura une nouvelle sensation de bien-être.
— L’armée n’utilise pas de bacta pour soigner ses hommes ? demanda-t-elle nonchalamment à brûle-pourpoint. À moins que les cicatrices ne fassent partie de l’apanage du guerrier masculin ?

Argail, perdu dans ses pensées, avait senti malgré lui un parfum agréable envahir l'espace proche mais la voix de la Jedi ne lui laissa pas le temps d’en traquer l'origine. Il sursauta, s'échappant brutalement de ses souvenirs et se tourna vers la personne qui venait de lui parler. Dans les vapeurs d'eau chaude, il perçut le corps svelte tout en douces courbes de la jeune Jedi, que ses cheveux mouillés venaient décorer d'arabesques blondes. Argail qui se souvint soudain que sa dernière étreinte féminine remontait à de trop longs mois, ne put s'empêcher d'admirer la beauté de sa compagne de douche puis discrètement tourna le mélangeur pour refroidir ses impressions.
— Les blessures ne réagissent pas bien chez moi lorsqu’on les soigne avec certains produits miracles… une des particularités de mon organisme. Ce cadeau fait par un Sith — il désigna sa hanche gauche — n’a donc pas pu avoir recours à ce genre de procédé. Je me soigne... à l'ancienne. Mais ce n'est pas si mal. On n’a pas toujours la possibilité de se soigner comme on veut sur le terrain... Et puis, j'avoue, ca impressionne toujours les cadets.
— Et les femmes, ajouta joyeusement Krig Landala.

Argail rit joyeusement et continua de se laver sans précipitation. Le colosse roux quant à lui, ferma son robinet et se dirigea vers ses serviettes. N’y tenant plus, Isil risqua.
- Pardonnez ma curiosité, Argail, mais je n’ai pas pu m’empêcher de noter une drôle de cicatrice sur vos… votre bas de dos. Je sais que chacune a son histoire… Vous vous êtes fait mordre par un chien ?

Elle ne tourna pas la tête vers lui de peur qu’il ne note une légère coloration rosée sur ses joues et leva le visage vers le pommeau de douche en fermant les yeux. Argail sursauta de nouveau, pris au dépourvu.
— Un chien ? Hum… non... un ravageur des roches, plutôt… que des trafiquants utilisaient comme chien de garde sur un astéroïde perdu. On devait trouver le vaisseau, on est tombé sur un camp militaire... On a battu en retraite, je me suis retourné pour tirer mais une de ces sales bestioles a essayé de bouffer ma gourde… Celle-ci est restée coincée au fond de sa gueule tétanisée et refermée sur mes fesses. Un ami a dû prendre un grand couteau pour... couic. Je suis revenu au vaisseau avec une grosse tête de chat immonde accroché à mon cul. On a utilisé un droïde de chantier pour lui desserrer les mâchoires afin de m’enlever ce paquet cadeau sans m’arracher la viande. Du coup, j'ai toujours mes fesses... mais bon, vous l'aviez remarqué, ça.

Il ajouta en fermant à son tour le robinet d’eau.
— Notez que ça ne me gène pas plus que ça qu'une jolie fille me détaille le bas du dos du regard… et dans le cas présent, ca fait un partout.

La voix du colosse roux se fit entendre depuis les lavabos.
— Une chance que le ravageur des roches ait tenté une approche sournoise plutôt qu'une attaque frontale, monsieur le sergent !

S’ensuivit un gros rire bien gras. Isil masqua son sourire hilare et s’appliqua à rincer ses longs cheveux.
— Oh, oh, on dirait qu’on s’amuse bien par ici, s’exclama une nouvelle voix d’un registre plutôt suave.

Du coin de l’œil, Isil regarda entrer une Zeltrone en peignoir de bain rose qui salua le trio avec un charmant sourire.
— J’espère que je ne dérange pas ? Tiens, un nouveau venu, ajouta-t-elle en regardant Argail qui enfilait un pantalon de survêtement.
— Sergent Argail, pour vous servir… mademoiselle ?
— Behla Barton, médecin-biologiste spécialiste des virus et des antibiotiques… si vous voulez me servir, j’ai besoin de cobaye.

Elle éclata de rire. Argail qui avait déjà lu sa fiche sur son datapad la dévisagea rapidement. Évidemment, sa peau rose et ses cheveux bleus tombant en longues mèches ondulées sur ses épaules était ce qu’on remarquait de prime abord. Elle avait sans doute l’âge du sergent, à deux ou trois ans près, et sans doute aussi, la même taille, environ un mètre quatre-vingt.
Intéressant cocktail de races au final dans cette cellule, songea-t-il en se remémorant les fiches qu’il avait lues tout en perdant son regard dans les yeux bleu sombre de la nouvelle venue.

Il connaissait déjà outre Isil, l’autre Jedi Twi’lek, Nulee’Na ainsi que le sergent Sanders qu’il avait rapidement aperçue la veille en compagnie de Krig Landala le colosse rouquin et de Vannick Payn le jeune lieutenant spécialiste des poisons. Voilà qui était fait pour la Zeltrone Behla Barton, restait à faire la connaissance du Rodien Loodo, quarante ans, civil et informaticien de génie et de quatre autres membres de la CPM actuellement en mission avec Maître Koyi Me. Argail qui avait une excellente mémoire visuelle, passa en revue leurs fiches mentalement. Il manquait donc un Trandoshan de quarante-cinq ans nommé Crossk, ancien mercenaire et spécialiste en explosifs ; dans le même genre qu’Argail, un Zabrak, homme de terrain d’une quarantaine d’années appelé Drak Koth ; la sergent-chef Nadia Krull, une Sarkhai de trente ans experte en armement et un jeune Rattataki de vingt-quatre ans du nom de Assin San, une ombre furtive capable d’éliminer n’importe quelle cible dans le plus grand silence à l’arme blanche.
S’il savait compter, cela faisait un effectif de douze personnes pour le personnel « action » de la CPM et un drôle de cocktail de race ! Chaque cellule de la CPM comptait en outre du personnel appartenant au Defiance mais ne partant pas sur le terrain et donc ne logeant pas au secteur echo du pont sept. Ils étaient là pour superviser les opérations de chaque cellule sous le commandement des officiers de la CPM.

Toute cette réflexion n’ayant duré que quelques secondes, Argail répondit machinalement en s’arrachant avec effort du regard magnétique de la Zeltrone qui venait d’ôter son peignoir.
— Pour le cobaye, je ne dis pas non… mais vous comprendrez bien que ça dépendra pourquoi.

Landala rigola.
— Pas fou notre sergent commando !
— Ce n’est pas parce qu’on va sur le terrain qu’on l’est, objecta Argail qui connaissait en outre la particularité de la race zeltrone. Enfin, ce n’est pas tout ça, mais j’ai la dalle… qui vient déjeuner ?
— Déjà pris, se défaussa le colosse.

Argail se tourna vers la jeune Jedi.
— Isil ? Je vous invite ?



(à suivre…)

Vers : Chapitre 3 - Un étrange signal (fin - 2/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Dim 20 Avr 2014 - 13:19, modifié 4 fois.
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Messagepar Red Monkey » Dim 02 Mar 2014 - 21:20   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Bien, lu !

Un bon chapitre que voilà ! Un petit passage très intéressant sur l'équipe. Et Isil ! :love:
Je me rend compte de la force de ton écrit, je vois ce qu'il y a en plus des informations essentielles pour le rendre très bon. Les petits détails...
Très sympa. La suite !! Et sans retard ! :diable:
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Messagepar Joysstar » Dim 02 Mar 2014 - 22:55   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'aime toujours autant. ;)
Rien de tel qu'une bouffée d'air frais, un cahier et un stylo à côté, un livre à portée de main, et de la musique... pour un moment de paix.
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Messagepar Hiivsha » Ven 07 Mar 2014 - 22:47   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 3 - Un étrange signal (début - 1/2)

CHAPITRE 3 - Un étrange signal (fin - 2/2)


Un instant plus tard, ils étaient assis face à face dans le coin d’une des salles à manger réservées aux officiers, devant un copieux petit-déjeuner.
— Je ne vous sens pas à l’aise, Argail, observa Isil en mordant à pleines dents dans un chor-cake bien moelleux.
— Je suis un sous-officier, rappela le soldat, je suis donc par principe bourré de préjugés sur les officiers et leur monde… et oui, j’avoue me sentir plus chez moi dans la cantina du pont quatre, qu’ici.
— Il fallait le dire… la prochaine fois, c’est vous qui déciderez.

Les yeux du sergent brillèrent de plaisir.
— Alors ce soir, je vous invite à manger du filet de dewback à la sauce aux câpres comme on en sert à la Cour des Fontaines sur Mos Eisley.
— Vous connaissez déjà la carte de la cantina des mécanos du bord ? Félicitation. Vous vous faites vite des amis.
— Ils sont plus représentatifs de mon milieu, avoua Argail en se servant du café bien noir. Et puis, ça vous donnera l’occasion de rencontrer du monde… je veux dire autre qu’à la CPM. Vous n’êtes pas sauvage, j’espère ?

Les sourcils de la jeune femme se soulevèrent, marquant son étonnement.
— Je le parais ?
— Vous faites réservée… un peu… pas trop…

Isil sourit en regardant le militaire par-dessus son bol de thé qu’elle sirota un instant en silence.
— Vous êtes marié ? demanda-t-elle subitement.
— Pas eu le temps… ni le désir, répondit Argail en tapotant la table avec le bout d’un couteau à beurre. Quand on fait comme moi la guerre depuis tout petit, on se contente d’aventures de passage… c’est moins risqué.
— Pour qui ?
— Pour tous les deux sans doute… ça laisse l’esprit libre quand il le faut. Je suppose que vous non plus ?
— Je suis une Jedi.
— Oui, ben, ça s’est déjà vu, même si ça ne court pas les rues.

Les paupières d’Isil se fermèrent et un visage se forma devant ses yeux dans le secret de la pénombre. Cela faisait six mois qu’Hiivsha était parti et elle ne savait toujours pas s’il lui manquait ou pas… ou du moins, elle refusait de le savoir en ne s’interrogeant pas à ce sujet.
Ses yeux se rouvrirent. Argail nota une petite teinte de gris dans ses pupilles d’ordinaire si azur.
— Vous pourriez avoir un petit copain… un homme que vous verriez régulièrement en cachette des autres Jedi ? insinua Argail plus pour s’amuser que par conviction.

Le regard d’Isil se refroidit un peu plus. Il sut qu’il avait dû toucher sans le savoir une corde sensible.
— Il n’y en a plus, finit-elle par murmurer du fond de ses pensées, depuis six mois… je suis comme il l’a si bien dit, une femme libre.

Elle releva la tête et regarda le militaire d’un regard de défi.
— Comme vous… des aventures de passage, c’est permis.

Malgré lui, Argail songea que si elle en avait eu autant que lui sur les six derniers mois, ils étaient tous les deux sur les chemins de l’abstinence.
— Vous en avez de la chance, marmonna-t-il à son tour… de mon côté c’est plutôt le calme plat depuis un bout de temps.

Puis sur un ton plus jovial, il lança.
— Si vous cherchez un partenaire en désintoxication de chasteté, je suis votre homme !

Ils se mirent à rire doucement pour ne pas déranger le brouhaha feutré du mess.
*
* *

L’amiral avait tenu à être présent sur la passerelle du Defiance pour les essais des nouveaux générateurs prototypes, et sur l’écran géant s’affichait l’une des salles des machines « en direct live » comme ils se plaisaient à le dire sur l’Holonet. Une jeune enseigne approcha de l’officier général une tasse posée sur une soucoupe.
— Votre café, amiral… avec deux sucres.

Narcassan sourit aimablement à sa subordonnée et prit le récipient tout chaud.
— Merci, Ulma, vous êtes une mère pour moi.

Il s’amusa tout seul de ce qu’il venait de dire compte tenu du rapport d’âge inversé qu’ils avaient tous les deux, en observant discrètement le déhanchement de la stagiaire qui s’éloignait gracieusement à petits pas.
Ne me juge pas, Elyse, pensa-t-il en songeant à sa défunte épouse, je ne fais que regarder.
— Alors, mes deux plus brillants officiers mécaniciens sont-ils au point en cette belle et radieuse matinée d’été ? lâcha-t-il d’une voix claire et forte pour être bien entendu par l’intercom du bord.

Sur l’écran, Liam et Adrea se retournèrent machinalement vers la caméra des lieux. Le premier répliqua.
— Comment savez-vous que nous sommes en été, amiral ?
— Il y a toujours un été quelque part dans a galaxie, répondit Narcassan amusé. Alors, tout est prêt ?
— Absolument, amiral, fit Adrea, tout est paré pour l’essai.
— Bien, finissons-en, proposa « le pacha », puissance maximum sur boucliers.

Avec le système automatique centralisé géré par le superordinateur estampillé Vanjervallis Systems, tout ou presque sur le Defiance pouvait être commandé, piloté, actionné, depuis la passerelle ce qui permettait de réduire comme peau de chagrin le volume d’équipage nécessaire à sa conduite en temps normal. De fait, pour la mission qui lui était échue, le bâtiment n’hébergeait guère que quinze à vingt pour cent de l’effectif maximum qu’il pouvait emporter au combat, ce qui rendait les ponts et les coursives du mastodonte de l’espace quelque peu déserts. Par ailleurs, il n’y avait en tant que troupes embarquées qu’un régiment de chasse aérienne et une unité opérationnelle intégrée.
Mais ce matin-là, il appartenait au chef-mécanicien de superviser directement les tests des nouveaux générateurs d’énergie mésoionique.
Les deux lieutenants s’activèrent sur leur console de commande et Adrea se mit à pousser différents curseurs digitaux du bout des doigts sur un écran translucide surchargé d’informations et de schémas. Quelque part au cœur du vaisseau, les puissants générateurs se mirent en route en émettant une sorte de gémissement qui alla croissant au fur et à mesure que le lieutenant Artel les sollicitait.
Sur la passerelle, le responsable de la console des boucliers annonçait les paliers de dix.
— Boucliers à cinquante, amiral, augmentation de puissance plus rapide de deux cent pour cent que sur générateur central, soixante, soixante-dix, quatre-vingt…
— Vous n’allez pas tout faire exploser ? railla Narcassan à l’adresse de ses officiers-mécaniciens comme Maître Torve entrait sur la passerelle en lançant un coup d’œil circulaire et curieux.
— Ne vous en faites pas, amiral, lança Bump tandis que le cap des cent pour cent venait d’être franchi, il n’y a aucune surcharge d’aucune sorte et les générateurs tiennent parfaitement la route. J’avoue que c’est une belle surprise.
— Parfait, reprit l’amiral qui vida sa tasse de café avant de la poser sur le bras de son fauteuil.
— Cent-vingt pour cent, annonça l’opérateur d’une voix qui trahissait une certaine anxiété.

Dans la salle des générateurs, perdue au milieu du pont deux, le gémissement continu s’était fait sifflement puissant, mais tous les indicateurs demeuraient au vert. Depuis la salle des machines dans laquelle se trouvaient Bump et Artel, on n’entendait rien de plus que le ronronnement ordinaire de la machinerie du bord. Deux paires d’yeux suivaient attentivement les courbes qui oscillaient, les chiffres qui défilaient et la couleur des voyants qui clignotaient sur l’écran. Quelques mécanos attirés par la curiosité, suivaient également par-dessus les épaules de leurs supérieurs, l’évolution des choses.
— Cent quarante pour cent, amiral, s’enthousiasma l’opérateur, jamais nous n’avons atteint une telle puissance aux boucliers… cent cinquan…

Un grondement sourd monta soudain des entrailles du croiseur, un son grave à peine audible à la limite de l’infrason qui alla en s’amplifiant, puis un léger tremblement se fit ressentir de la poupe à la proue.
— Que se passe-t-il, Bump ? demanda spontanément l’amiral cependant que la tasse vide tremblotait en tintant sur sa soucoupe à côté de lui.

Le visage tendu du lieutenant se tourna vers la caméra.
— Je ne sais pas, amiral, tous les signaux sont au vert, les générateurs fonctionnent parfaitement, ils n’ont pas encore atteint la puissance maxim…

Soudain les lumières hésitèrent, vacillèrent, puis subitement s’éteignirent, plongeant l’espace d’une seconde le croiseur dans le noir le plus complet, le temps que l’éclairage de secours prenne le relais. Il y eut un choc violent, comme si le bâtiment tout entier venait de heurter une énorme masse. En une seconde, le Defiance fut propulsé à bâbord puis à tribord de plusieurs mètres, projetant à terre ou contre les cloisons toute personne qui n’était pas en état de se retenir à quelque chose. La tasse tomba et roula sur le sol, tandis que la plupart des membres de l’équipage présents sur la passerelle et qui n’étaient pas assis dans un fauteuil, en faisaient autant. Valin Narcassan se cramponna aux bras de son siège de commandeur cependant que Maître Torve, stoïque, faisait appel à la Force pour rester debout. Sur l’écran de contrôle, on vit disparaître Liam Bump et Adrea Artel qui sortirent du champ de la caméra.
Un peu partout sur la passerelle de commandement, des alarmes se mirent à retentir et des voyants à clignoter en rouge. Un bruit étrange, surréaliste et démesuré, emplit soudain l’atmosphère du bâtiment. Une onde sonore multifréquences qui commença comme celle qu’aurait pu produire un gong gigantesque frappé à toute force par un marteau géant, pour monter dans les aigus puis dans les ultrasons à un tel niveau que chacun enserra quand il le put ses oreilles et ses tempes à l’aide des mains pour en atténuer la douleur. Le son avait une telle ampleur que les personnes les plus sensibles se mirent à crier de douleur en sentant leur cerveau comme transpercé par des milliers d’aiguilles.
Puis d’un seul coup, tout s’arrêta.
Ça et là, des gémissements indiquèrent rapidement qu’un certain nombre de membres d’équipage avaient été blessés dans leur chute ou commotionnés par l’onde sonore.
Les lumières se remirent à clignoter avant de se rallumer pour de bon.
L’amiral regardait l’écran vide.
— Bump ! cria-t-il, par tous les dieux, que s’est-il passé ? Où en sont les générateurs ?

Le visage de l’officier réapparut depuis le bas de l’écran. Il avait une coupure au front, de laquelle s’échappait un filet de sang. Sur la passerelle, l’opérateur des boucliers qui avait pu lui aussi se cramponner à son fauteuil, annonça.
— Boucliers à cent soixante pour cent, amiral, toujours en progression.
— Coupez tout ! ordonna Narcassan. Bump, au rapport !

Quelques secondes plus tard, l’officier-mécanicien répondait, perplexe.
— Les générateurs fonctionnent correctement, amiral, je ne sais pas ce qui s’est passé… mais je suis certain que cela ne vient pas d’eux, ajouta le lieutenant en exécutant l’ordre reçu.

La puissance aux boucliers décrut rapidement pour revenir à zéro.
Le visage d’Artel revint à son tour dans le champ de la caméra. Elle parcourut des yeux l’ensemble des données affichées avant de conclure.
— Je confirme le fonctionnement nominal des générateurs mesoioniques, amiral. Il ne semble pas y avoir eu de problème à leur niveau… du moins, je ne le pense pas.
— Assurez-vous en et tenez-m’en informé !

Narcassan appuya sur un autre bouton.
— Ici l’amiral sur la passerelle à tous les secteurs, au rapport immédiatement ! Signalez les blessés aux équipes médicales ou dirigez-les vers les infirmeries. Rapport d’avaries dès que possible.

Il se tourna vers le Jedi toujours immobile.
— Mais bon sang, Shalo, que s’est-il passé ?

Torve paraissait lui aussi perplexe.
— J’ai ressenti une perturbation dans la Force, comme une onde qui l’aurait balayée… mais c’est la première fois que je ressens une chose pareille.


Au même instant, Isil disait la même chose à Argail qui se relevait douloureusement de sa chute sous une table.
— On a heurté une météorite ? grommela-t-il un brin inquiet.
— Je ne dirais pas qu’on a heurté quelque chose, répondit la jeune femme. J’ai plutôt l’impression qu’une onde puissante nous a balayés par le travers. Ça va aller, Argail ?

Elle l’aida à s’extirper de là où il avait roulé. Le choc avait eu lieu au moment où il se levait de table.
— Vous n’avez pas bougé de votre siège, constata-t-il.
— La Force aide à résister à plein de choses, avoua Isil avec un sourire gêné, mais je n’ai pas eu le temps de prévenir votre chute.
— Pas grave, j’en ai vu d’autres.
— Vous avez une entaille derrière l’oreille, observa-t-elle en voyant un peu de sang s’écouler sur sa nuque, venez dans ma cabine, je vais vous soigner… à moins que vous ne préfériez l’infirmerie du bord ?

Argail secoua la tête.
— Votre cabine sera parfaite… et je vous imagine bien en infirmière !

Comme ils rentraient dans leurs quartiers, il croisèrent Lillaia Sanders et le lieutenant Payn qui soutenaient, chacun par un bras, une Behla Barton qui s’était visiblement à moitié assommée au moment du choc.
— Couchez-la sur son lit, leur dit Isil, je vais passer la voir dès que j’en aurai fini avec Argail.
— Non, allez-y d’abord miss, je peux attendre, protesta le sergent, allez vous assurer que notre charmante toubib n’a aucun traumatisme grave.
— Comme vous voudrez… ne mettez pas le désordre chez moi, ajouta-t-elle en souriant après lui avoir ouvert sa porte.


Au pas de course, Bump et Artel, accompagnés par trois autres mécanos, foncèrent dans les galeries techniques du pont deux jusqu’à parvenir à l’intérieur de la salle des générateurs prototypes. Ceux-ci étaient à l’arrêt et tout semblait normal.
— Prenez les enregistreurs de log , ordonna Bump à l’un des mécanos, pour qu’on puisse les étudier.

Puis, se penchant vers l’un des pupitres de commandes, il se lança dans une série de tests, secondé par Adrea. Au bout de deux minutes il diagnostiqua.
— Rien de mon côté, tout semble normal, je ne vois absolument rien…

La voix féminine lui répondit depuis l’autre côté des générateurs.
— Pareil pour moi, Liam, ce qui vient de se passer ne peut provenir de ces générateurs… ou alors, je ne comprends plus rien à rien.


Sur la passerelle, un calme relatif était rapidement revenu après que les blessés eurent été évacués vers l’hôpital du bord ou soignés sur place par un infirmier pour les moins touchés.
— Bon, tout le monde à son poste, décréta l’amiral d’une voix posée destinée à rassurer tous les présents. Que chacun fasse les vérifications d’usage et signale tout fait qui lui parait anormal ! Qu’on me trouve la nature du phénomène que nous venons de subir !

Les officiers de la CPM, y compris le colonel Vellaryn qui s’entretenait à voix basse avec Maître Torve et hormis Bump, étaient arrivés sur la passerelle avec d’autres officiers du Defiance. Leur chef se tourna vers eux.
— Nous ne pouvons pas encore expliquer ce qui vient de se passer. Il n’y a pas eu collision et selon les premières estimations de nos officiers mécanos, les nouveaux générateurs seraient hors de cause… à confirmer. Aussi, je vous demande à tous de passer dans vos secteurs une inspection approfondie pour déceler tout ce qui pourrait nous donner un début d’explication à ce phénomène. Briefing pour tous les officiers à treize zéro zéro en salle de conférence.

La passerelle se vida un peu et le calme feutré qui y régnait habituellement, reprit son droit, au grand plaisir de l’amiral. Ce dernier se leva et arpenta la longueur de la salle jusqu’à la baie de transparacier qui les séparaient du vide sidéral. Il n’y avait rien à perte de vue que des milliards d’étoiles. À l’extérieur du bâtiment régnaient une paix et une sérénité au goût d’éternité, bien trompeuses. Un opérateur Rodien lui fit détourner la tête de sa contemplation matinale.
— Amiral, amiral ! J’ai peut-être trouvé quelque chose ! s’exclama-t-il avec un accent inimitable tout en agitant son long museau.

Si elles avaient pu, toutes les personnes présentes se seraient précipitées vers la console du jeune enseigne chargé des communications, mais elles durent se contenter de dresser l’oreille tout en continuant de faire distraitement leur travail.
Valin Narcassan revint à pas lent vers l’officier en proie à une certaine excitation.
— Qu’y a-t-il, Dreebo ?
— Regardez, amiral, je suis remonté au moment du choc sur les enregistreurs… voyez cette courbe sur l’écran… elle indique une onde électromagnétique d’une puissance phénoménale !
— Vous voulez dire que le Defiance a été heurté par une onde électromagnétique ?

Le rodien secoua la tête.
— Non, amiral, pas heurté… ce que montrent ces graphiques c’est que le centre d’émission de l’onde est le bâtiment lui-même ! Cette onde… c’est nous qui l’avons envoyée !

Un brouhaha d’incompréhension monta des membres de l’équipage présents. Narcassan reprit.
— Vous voulez me dire que quelque chose sur le Defiance a engendré un pareil flux d’énergie ?
— C’est ça, amiral.

Le Maître Jedi s’était lui-aussi rapproché de la console pour examiner les courbes qui s’agitaient sur l’écran. Narcassan se tourna vers lui.
— Bon sang, Shalo, qu’est-ce que cela signifie ?

La perplexité du Jedi équivalait à ce moment précis à celle du commandant du croiseur qui revint vers Dreebo.
— Peut-on déterminer l’endroit précis d’où est partie cette impulsion ?

Le rodien fit glisser habilement ses ventouses sur l’écran tactile qu’il fixait de ses gros yeux globuleux. Il oscilla sa tête de droite et de gauche.
— J’ai bien peur que non, amiral… cette onde était tellement puissante qu’elle semble émaner de partout à la fois… manifestement, elle n’est pas partie du centre des communications, ni des antennes mais vraiment du cœur du vaisseau… de son ventre pourrait-on dire.
— Puissante comment ?
— Très puissante, amiral… elle pourra sans doute traverser toute la galaxie même en s’affaiblissant à la rencontre des corps astraux.

Valin Narcassan regarda Shalo Torve.
— En quelque sorte, le Defiance a émis… un signal… comme une vulgaire balise ?
— Quelque chose comme ça, en effet, répondit le Jedi toujours perplexe. Il faudrait trouver ce qui a émis cette onde. Je vais essayer de sonder la Force pour nous aider à le faire.
— Faites donc cela, Shalo et tenez-moi au courant. Je vais de mon côté commander une inspection minutieuse de tout le bâtiment. Dieu sait à quoi est destiné ce signal…
— Ou à qui, Valin.

L’amiral approuva et ajouta.
— J’ai un sombre pressentiment.



(à suivre... )


Vers : Chapitre 4 - Flammes dans l'espace (début - 1/2)
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Messagepar Hiivsha » Ven 14 Mar 2014 - 11:39   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Voilà, c'est vendredi, voici donc le début d'un nouveau chapitre des Aventures d'une Jeune Jedi.
On entre avec ce chapitre dans le vif du sujet si on peut dire.
J'espère que tous les lecteurs ne sont pas en grève ! :wink:

___________________________________________________________________

Calameo, PDF et EPUB sont mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 3 - Un étrange signal (début - 1/2)
Vers : Chapitre 3 - Un étrange signal (fin - 2/2)




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4 - Flammes dans l'espace


Cinq jours plus tard, quelque part dans l’espace Sith.

— Je reçois pour manger ce soir les commandants de nos trois destroyers d’escorte. J’espère que vous vous surpasserez, chef… comme d’habitude.

Le maitre-queue afficha sa dentition presqu’entièrement métallique et essuya machinalement ses mains sur le devant de son tablier.
— Tout sera comme vous le désirez, amiral, répondit-il. Je vous ferai ma spécialité : le ragoût de shaak de lait accompagné d’un vieux Brandy de Doth de cinquante ans d’âge.

L’amiral Kal Dauhtkil regarda son chef d’un air satisfait.
— Parfait, murmura-t-il, parfait.

Quelques minutes plus tard, il pénétrait sur la passerelle de commandement de l’Imperator, cuirassé Sith de classe Harrower.
— L’Amiral sur la passerelle ! clama l’enseigne de pont.

L’amiral s’avança jusqu’à l’officier de quart, un capitaine raide dans son uniforme.
— Tout va bien, Tyrel ?
— Oui, amiral, nous sommes dans le secteur Thule. Rien à signaler.
— Fort bien, qui est de quart ce soir ?
— Le capitaine Greed, amiral.
— Dans ce cas, joignez-vous à moi, Tyrel. Je reçois les commandants du Moribus, du Vulcano et du Splendeur. Repas à vingt zéro zéro.
— C’est un honneur, amiral, et ce sera avec grand plaisir.

Dauhtkil hocha plusieurs fois la tête d’un air satisfait et prolongea sa marche jusque devant la baie vitrée qui surplombait les huit cents mètres triangulaires de son croiseur de bataille qu’il contempla en exhalant un soupir d’aise. Quel beau bâtiment que l’Harrower, avec sa proue en forme d’étau qui lui donnait l’air de posséder deux mandibules de métal redoutables ! Comment ne pouvait-il pas se sentir ivre de puissance aux commandes d’un tel mastodonte lourdement armé, disposant de batteries de turbolasers, de canons laser quadritubes et de canons ioniques, sans compter les capacités de destruction liées à son arsenal de torpilles et de missiles ? Il embarquait en outre quatre-vingt-quinze chasseurs, dont des Mark VI de classe Supremacy, et trente-deux bombardiers pour les batailles spatiales. Ceci sans oublier sa petite armée de sept mille trois cents soldats ainsi que des droïdes de guerre pouvant envahir une planète.
Aucune puissance au monde ne pouvait égaler ce géant de l’espace et surtout pas les vieux Interdictor encore en service pour certains après plus de trois cents ans d’existence !
L’homme dont les cheveux gris dénonçaient l’âge, se retourna, les mains dans le dos. Il était court sur pattes, et légèrement ventripotent. Ses yeux ronds et sombres se promenèrent sur les membres d’équipage tirés à quatre épingles comme il le souhaitait. Il n’avait jamais aimé les tenues incorrectes et en avait sanctionné plus d’un pour un pli maladroit ou un pan de chemise sorti du pantalon. Sous son regard inquisiteur, chaque opérateur s’efforçait de rester concentré sur sa console de travail.
Lorsqu’il quitta les lieux, chacun se remit à respirer un peu plus librement.


— … de la « Bouche » de l’Empereur lui-même, parfaitement ! s’exclama haut et fort Kal Dauhtkil en vidant son troisième verre de Brandy. Inutile d’ajouter que j’étais fier d’être félicité ainsi !

Les convives acquiescèrent du chef en riant, le teint bien coloré par l’alcool de Doth. Le repas avait été un véritable délice et l’amiral aimait que ses réceptions se déroulent sans accroc.
— C’est ainsi que j’ai décroché mes étoiles de contre-amiral. Comme quoi, un peu d’audace est toujours payant…

Un serviteur apporta une boite de cigares ainsi que des petits fours au nougat qui attisèrent des exclamations de gourmandise autour de la table.


Un peu plus haut, sur la passerelle, le capitaine Greed s’ennuyait ferme en rongeant son frein de n’avoir pas été invité au dîner de l’amiral, donné à l’intention des commandants de ces fichus destroyers qui trainaillaient à l’arrière du majestueux cuirassé.
Effectuant le tour des consoles, il ne pouvait que constater combien l’espace était calme et désert. Seuls, perdus dans l’immense univers, rien ne semblait devoir troubler ce soir-là cette monotone quiétude.
En soufflant de désespoir, il se laissa choir dans le siège de l’amiral avant de se relever comme piqué par une épingle, en regardant derrière lui. Ce n’était pas une bonne idée : Kal Dauhtkil avait horreur que quelqu’un se serve de « son » fauteuil ! Au moment où il allait récidiver mais cette fois sur son propre siège, l’opérateur des senseurs cria :
— Capitaine, il y a une anomalie à deux point cinq derrière nous.

Greed souleva ses sourcils et expira en pensant : quoi encore !
— Soyez plus précis, soldat, combien de fois faudra-t-il vous le dire. Bref, précis et concis… là vous êtes juste bref !
— Explosion à l’arrière, cria de nouveau l’opérateur avec un brin d’affolement dans la voix.

Greed se leva comme mû par un ressort. Au même moment une onde de choc secoua légèrement le cuirassé.
— Caméras arrière sur écran !

L’un des grands écrans de contrôle afficha la vue postérieure du bâtiment et une série d’exclamations émailla la passerelle. Greed lui-même n’en croyait pas ses yeux : le Splendeur venait d’exploser !
Le destroyer n’était plus qu’une multitude de débris incandescents qui s’éparpillaient comme une fusée de feu d’artifice.
— Mais que s’est-il…

Au même moment, derrière les deux destroyers restant, l’univers se mit à danser, les étoiles à se déformer en vagues transparentes puis une forme se matérialisa. Une énorme forme.
— C’est… c’est impossible… qu’est-ce que… bégaya le capitaine médusé.

Deux secondes plus tard, un immense vaisseau faisait feu avec tout son armement, lâchant en surplus une volée de torpilles et de missiles en direction des deux destroyers qui s’enflammèrent immédiatement. Greed comprit au même instant : leurs boucliers n’étaient pas levés ! Et pourquoi l’auraient-ils été ? Il n’y avait personne dans tout le secteur. Ils étaient seuls. Seuls. Ils auraient dû être seuls !
L’instant d’après, l’incroyable vision disparaissait de nouveau comme évaporée dans le vide intersidéral.
Greed se mit à hurler comme un fou :
— Aux postes de combat, alerte maximum ! Levez les boucliers !

Alors que toutes les alarmes du cuirassé se mettaient à résonner, des explosions se succédèrent à bord du Moribus et du Vulcano, lâchant dans l’espace d’effroyables gerbes de feu qui de loin, paraissaient d’inoffensives étincelles, mais qui à bord arrachaient par plaques entières la coque des bâtiments sur lesquels l’affolement le plus complet s’était abattu. Chacun essayait de rallier les capsules de secours pour évacuer le vaisseau avant qu’il n’imite le Splendeur.
Las, sous les yeux horrifiés des spectateurs de ce sinistre drame, le Moribus fut secoué par trois explosions plus fortes que toutes les autres et explosa à son tour avant qu’une seule capsule n’ait pu s’échapper du piège mortel, tandis que le Vulcano continuait à brûler de partout.
— Quelqu’un a vu ce que c’était ? criait Greed comme un fou, courant de console en console complètement affolé.

La porte de la passerelle s’ouvrit et plusieurs hommes entrèrent précipitamment, l’amiral Dauhtkil en tête. Le capitaine Greed le regarda comme un dément.
— C’est le diable… en personne ! hurlait-il, il… il était là… et puis plus rien… évaporé…

L’amiral le saisit par les épaules avant de lui assener une gifle magistrale.
— Allons, capitaine, reprenez vos esprits ! Que s’est-il passé ?

Les autres commandants contemplaient avec incrédulité le spectacle qui se déroulait à l’arrière du cuirassé, sans pouvoir articuler une parole.
Greed parut reprendre ses esprits. Il lissa machinalement ses cheveux bruns coupés en brosse et inspira trois fois avant de parler.
— Je n’y comprends rien, amiral. Le Splendeur a d’abord explosé, puis un… un vaisseau est apparu de nulle part et il a tiré sur le Moribus et le Vulcano qui se sont embrasés à leur tour. Il… il avait une puissance de feu phénoménale, amiral…
— Mais quel vaisseau ? Il n’y a rien dans le secteur !
— Il… il a disparu juste après… après avoir tiré…
— Impossible ! cria l’amiral désemparé par le compte-rendu de son officier. Il doit y avoir une autre explication !

Soudain une voix cria depuis la console des senseurs :
— L’anomalie revient, capitaine… amiral… c’est comme un énorme vaisseau.

Tous les regards convergèrent vers les écrans mais ils ne virent que le Vulcano transformé en torchère, duquel quelques capsules s’échappaient sporadiquement.
— Il n’y a rien…
— À tribord, amiral, à tribord… on dirait un Interdictor… cria un officier posté devant la baie vitrée.

L’amiral flanqué des autres commandants accourut.
— C’est impossible ! s’écria Dauhtkil, un tel vaisseau n’existe pas ! Il est trois fois plus grand qu’un Interdictor.
— Pourtant, il en a la forme exacte, observa le commandant du Splendeur. Mais vous avez raison, amiral, un tel vaisseau n’existe pas !

Au même moment l’étrange géant de l’espace fit feu avec l’ensemble de ses pièces. L’Imperator trembla de toute son armature et gémit de tous ses boulons.
— Feu, feu ! ordonna l’amiral, toutes les pièces, feu !

Un échange redoutable d’énergie s’établit entre les deux bâtiments. Malgré ses huit-cents mètres, le cuirassé paraissait petit et faible à côté du vaisseau cauchemardesque.
Puis, au bout de longues minutes d’échange, la sentence tomba.
— Amiral, nous perdons les boucliers rapidement ! cria un enseigne affolé.
— Préparez-vous à passer en hyperespace en catastrophe ! ordonna Dauhtkil.

Plusieurs missiles quittèrent l’incroyable Interdictor et décrivirent une gracieuse parabole entre lui et l’Harrower qui accusa le choc en tremblant de nouveau de toute sa carcasse de duracier.
— Amiral, nos boucliers viennent de céder. La puissance de feu de ce vaisseau et proprement sidérante ! annonça l’enseigne.
— Hyperespace dès que possible, hurla l’amiral qui commençait à sentir la panique le gagner.

Plusieurs nouvelles explosions retentirent à la poupe du bâtiment. Une voix annonça.
— Nous venons de perdre les propulseurs principaux. Impossible de passer en hyperespace.
— Rapport sur les avaries !

Greed répondit, les yeux rivés à sa console de supervision :
— Nombreux incendies à bord, les hangars des chasseurs ont été détruits, impossible de les faire décoller. La moitié des batteries de turbolasers ne fonctionnent plus, les canons à ions sont inopérants, les lasers quadritubes sont à vingt pour cent de leur efficacité. Nous n’avons aucune chance contre lui, ses boucliers sont encore opérationnels !

Une autre voix se fit entendre, celle d’un jeune lieutenant responsable de la console des communications.
— Amiral, le commandant du vaisseau, il veut vous parler !
— Branchez l’holocommunicateur.

Au centre de la passerelle, une forme bleutée apparut bientôt sur la plateforme circulaire de l’appareil de communication. Une haute silhouette dissimulée dans un manteau sombre et dont le visage disparaissait dans la profondeur d’une capuche se dressa devant leurs yeux. Sur l’Imperator chacun retenait son souffle.
— Vous ne pouvez échapper à votre destruction, aussi je vous demande de vous rendre.

La voix était grave, rocailleuse, comme sortie des entrailles de la terre. Dauhtkil fit un pas en avant.
— Je suis l’amiral Dauhtkil, commandant de l’Imperator… Qui êtes-vous ? Que signifie cette attaque contre l’Empire Sith ?

La silhouette se mit à rire plusieurs fois, d’un rire sonore et puissant. Ses mains s’élevèrent pour saisir le bord de la capuche et la rabattirent en arrière. Une tête cornue apparue, de couleur sombre, dépourvue de pilosité et surchargée de tatouages.
— Je suis Dark Remus, commandant du Ragnarok, reprit le Zabrak, Seigneur Sith, revenu des morts pour me venger.
— Dark Remus ? répéta Dauhtkil en reculant instinctivement d’un pas, ce nom ne me dit rien… mais si vous êtes un Seigneur Sith, pourquoi nous avoir attaqués ?

L’amiral transpirait à grosses gouttes et passa plusieurs fois le doigt dans l’encolure de son uniforme pour la desserrer.
— Je vais monter à bord de votre vaisseau, si vous tentez de résister, vous serez anéantis jusqu’au dernier !

Les officiers autour de l’HoloNet se concertèrent du regard. La peur se lisait dans leurs yeux, cette peur que humait le Sith avec délectation depuis son vaisseau.
— Mais… comme vous voudrez, Seigneur Remus, nous vous attendons !


Vingt minutes plus tard, une navette se posait tant bien que mal dans un coin de hangar encore intact, parmi les épaves de nombreux appareils calcinés. Un détachement d’une vingtaine d’hommes en sortit. Ils étaient tous vêtus d’une armure noire, casque sur le crâne, et encadraient une haute silhouette encapuchonnée qui les surpassait tous d’une bonne tête. Le personnel de bord les regarda passer d’un air médusé, sans un geste pour les intercepter. Les ordres étaient formels : aucune provocation, aucune menace à leur encontre.
Quelques minutes plus tard, retardés par de nombreuses coursives impraticables et quelques ascenseurs hors service, le détachement prit pied sur la passerelle du cuirassé. L’amiral Dauhtkil se porta en avant de son visiteur imprévu.
— Seigneur Remus, fit-il en s’inclinant, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à bord de…

Il s’interrompit en avalant de travers au moment même où le Sith leva sa main gauche.
— Trêve de billevesée ! Je ne suis pas ici en visite protocolaire, amiral, vous êtes vaincus. J’ai besoin des codes d’accès aux banques de données de la flotte Impériale.

Il s’était avancé jusqu’à une console permettant d’interroger l’ordinateur central, lui-même relié à celui du quartier-général de la flotte Sith sur Dromund Kaas, puis se retourna.
— Les codes, amiral, répéta-t-il d’une voix sans intonation en découvrant sa tête.

Sa peau était rouge profond et ses yeux de sang brillaient sur le fond jaune de ses globes oculaires. Ses tatouages noirs, lui donnaient un air menaçant, inquiétant. Engoncé dans sa cape noire, ouverte sur le devant, il portait en dessous une armure, des gants et des bottes de même couleur.
Dauhtkil hésitait visiblement à obtempérer.
— Mais enfin, Seigneur Remus, vous qui êtes un Sith, vous devriez avoir ces…

De puissants arcs électriques jaillirent du bout des doigts du Zabrak que ce dernier venait de tendre vers l’amiral. Ce dernier fut projeté au sol en hurlant et en se tortillant sous l’impact des éclairs de Force.
Fort heureusement, cela ne dura qu’un bref instant puis tout s’arrêta. L’un des commandants de destroyer l’aida à se remettre d’aplomb tant bien que mal. L’air était rempli d’une odeur âcre de roussi et de corne brûlée.
— Les codes, amiral, réitéra le Sith d’une voix égale. Je crains que les miens ne soient quelque peu… obsolètes.

L’amiral hocha la tête en guise de soumission et se rendit à la console près de laquelle Dark Remus se tenait pour en retirer un bloc de données.
— Voilà, Seigneur Remus, les codes actuels.
— Fort bien, amiral. Vous m’avez bien servi. Mais, ce petit détail… les codes… doit rester entre nous, sinon l’état-major les changerait et j’ai besoin de m’informer pour rattraper le temps perdu.
— Si… si vous voulez, nous garderons le secret, Seigneur Remus.

Le Sith se remit en route en se dirigeant vers l’accès à la passerelle.
— Je sais, fit-il en étendant une main, le pouce et l’index en opposition.

On entendit un gargouillis tandis que l’amiral se contorsionnait en flottant à dix centimètres du sol, les doigts crispés sur sa gorge, les traits du visage déformés par une douleur intense, la bouche ouverte, incapable d’avaler un centimètre cube d’air. Lorsqu’il atteignit la porte qui s’ouvrit, le Sith laissa son bras retomber le long de son corps, et l’amiral Dauhtkil retomba inerte sur le sol, les yeux exorbités, un filet de bave coulant à la commissure de ses lèvres.
Aussitôt, le détachement d’hommes en noir, qui était jusque-là resté de marbre, se mit à tirer à travers la passerelle sur tout le personnel présent. Les membres de l’équipage de l’Imperator, ainsi que les commandants des destroyers, tombèrent les uns après les autres, comme des mouches. Leur travail accompli avec célérité, les soldats emboitèrent le pas de Dark Remus jusqu’à ce qu’ils regagnent sans encombre la navette qui repartit vers le Ragnarok.
À bord de l’Imperator, la plus grande confusion régnait. Les principaux officiers ayant été tués sur la passerelle, on essayait de trouver l’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé pour se tourner vers lui comme vers une bouée de sauvetage. Personne ne songeait à rouvrir le feu sur l’ennemi de peur de déclencher une catastrophe. Les tentatives de communication avec le reste de la flotte restèrent sans succès, les transmissions étant visiblement fortement brouillées par le puissant vaisseau.
Le temps resta ainsi suspendu durant une vingtaine de minutes puis tout à coup, les pièces du Ragnarok se remirent à cracher le feu. Plusieurs missiles s’engouffrèrent dans les hangars et les réacteurs de l’Harrower que les incendies commencèrent à dévorer de la poupe à la proue. Ses quelques pièces encore valides ripostèrent individuellement de façon totalement inefficace. Puis une forte explosion coupa le navire en deux, déchirant ses nombreux ponts en une profonde entaille d’où s’échappèrent d’immenses flammes dévorant tout sur leur passage. Des capsules jaillirent de la coque martyrisée du cuirassé. Les batteries lasers auxiliaires de leur agresseur les prirent alors pour cible, effectuant un carnage parmi les survivants de ce cauchemar. Une déflagration plus puissante que toutes les précédentes, éventra la partie arrière du cuirassé et pulvérisa les ponts supérieurs parmi lesquels se trouvait la passerelle de commandement.
Quelques minutes encore, et le brasier se généralisait à tous les débris de l’Imperator jusqu’à ce que les explosions ne cessent. Puis le silence froid du vide sidéral reprit son droit.
L’énorme vaisseau reprit sa route, sans même chercher utiliser à son dispositif d’occultation, jusqu’à disparaître à la vue des rares survivants abandonnés au milieu du cimetière de débris flottants dans leur capsule de survie.



(à suivre…)

Vers : Chapitre 4 - Flammes dans l'espace (fin - 2/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Dim 20 Avr 2014 - 13:20, modifié 2 fois.
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Messagepar Hiivsha » Sam 22 Mar 2014 - 17:23   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 4 - Flammes dans l'espace (début - 1/2)

CHAPITRE 4 - Flammes dans l'espace (fin - 2/2)


*
* *

Dark Remus s’installa confortablement sur son fauteuil de Commandeur après avoir tendu sa cape à une jeune Zabrak à peau claire, légèrement jaune.
— Nembro ! appela le Sith.

Un officier d’une soixantaine d’années s’avança jusqu’à lui avec déférence.
— Oui, Seigneur.

Remus tendit le bloc de données que l’amiral Dauhtkil lui avait cédé.
— Commandant, entrez ces codes dans l’ordinateur et connectez-vous à la base de données de la flotte impériale. Je veux savoir où se trouvent le Terreur Noire et le Scarificateur s’ils sont toujours en service après tant d’années.

L’officier se rendit à une console pour tendre à son tour la tablette à un opérateur en répétant les ordres. Remus considéra un instant les cheveux blancs de Nembro, songeant qu’il y avait seulement trois jours, ceux-ci étaient encore bien noirs.
La jeune Zabrak était revenue en silence dans son dos.
— Vous pensez pouvoir les retrouver, Maître ? demanda-t-elle les bras croisés.

Sans se retourner, Remus répondit :
— Il y a si longtemps, Suri… je ne sais même pas comment nous sommes revenus ici. Mais s’ils sont quelque part, je les retrouverai.
— Peut-être ne sont-ils plus à leur bord ?
— Je sais, apprentie, mais il faut bien commencer notre quête quelque part.
— Et pour le Vindicator ?
— Cela fait deux jours que j’y pense… depuis que Nembro s’est rendu en reconnaissance sur Dromund Kass avec son détachement… depuis leur vieillissement accéléré. Si nous ne pouvons plus quitter le bord, il nous faudra employer quelqu’un d’autre pour le retrouver.
— Maître ?
— Oui, Suri ?
— Sommes-nous maudits ?

Le Zabrak perdit son regard dans l’infini de l’espace qui se dévoilait devant eux.
— Je ne sais pas… sans doute…

La voix du commandant Nembro se fit entendre à travers la passerelle.
— Seigneur Remus ?
— Je vous entends, commandant, répondit le Sith en abandonnant sa contemplation.
— Je crois que nous trouvé la position du Scarificateur.
— Je vous écoute…
— Il est effectivement toujours en service, et sert de bâtiment école aux cadets de la flotte.
— Une proie facile donc…
— C’est probable, Seigneur. Il croise en ce moment dans le système de Begeren, en plein cœur de l’Empire… un endroit risqué sur lequel la flotte peut intervenir de plusieurs points et rapidement.
— Mais nous avons en plus de notre camouflage spatial, la suprématie de l’armement… et pour le Terreur Noire ?
— On cherche encore, Seigneur. Pour l’instant, pas plus de traces de lui que je n’ai pu en trouver sur Dromund Kaas. Il n’y a rien sur lui. Soit il n’existe plus, soit il ne fait plus partie de la flotte…
— Alors, faites rechercher dans l’historique de la flotte… il faut en avoir le cœur net… et faite route vers Begeren.
— À vos ordres, Seigneur !

Sur ce, Remus se leva et fit volte-face pour se retrouver nez à nez avec son apprentie dont il prit le menton dans la main.
— Suri… murmura-t-il en découvrant ses dents de prédateur.

La jeune Zabrak lui rendit son sourire.
— Je suis à vous, Maître.

Elle le suivit tandis qu’il quittait la passerelle. Il ne faudrait pas longtemps pour rallier Begeren en hyperespace, mais Remus savait faire vite.
*
* *

Tous les cadets étaient alignés en rangs impeccables sur le tarmac du principal hangar du vieux Centurion, leur uniforme rouge éclatant dans la lumière des projecteurs. Ils étaient jeunes. Certains n’avaient que quinze ans mais tous se tenaient raides et immobiles avec la plus grande rigueur.
Le colonel Markam Daulin, de l’école des cadets de Dromun Kaas, observé par le commandant Vil Qualii, commandant du bâtiment, repassa une énième revue de ses troupes afin de s’assurer que tout était parfait. Ce baptême de l’espace sur un navire de guerre était l’occasion pour les élèves de prêter leur premier serment de fidélité à l’Empereur. Rien ne devait altérer la solennité de la cérémonie.
Dans les haut-parleurs du hangar une voix monocorde se fit entendre.
La navette amirale vient de sortir de l’hyperespace. En approche. Appontage dans H moins cinq minutes.

Plusieurs escadrilles d’honneur qui virevoltaient autour du vaisseau, vinrent s’aligner soigneusement de chaque côté et derrière l’appareil, pour former une escorte toute protocolaire dans un secteur exempt de toute menace.
— La voici ! s’exclama l’officier de quart en pointant l’espace du doigt derrière l’immense baie en transparacier de la passerelle de commandement.

Depuis l’intérieur de la navette, l’amiral Lambert Vaccus observait avec une pointe de nostalgie le vieux croiseur de bataille de classe Centurion qui paraissait presqu’aussi fatigué que lui. Il n’en restait guère dans la flotte Sith. La plupart des bâtiments de cette classe avait été détruits lors des précédentes guerres ou capturés par la République qui les avait initialement fabriqués, avant qu’ils ne soient dupliqués à la chaine par la Forge Stellaire. La classe Harrower récemment apparue dans la flotte avait par ailleurs sonné le glas du mastodonte de l’espace.
Mon dernier commandement, songea Vaccus avec amertume en regardant le Scarificateur immobile. Il le connaissait sur le bout des doigts après dix années passées à son bord en tant que commandant. Un magnifique bâtiment et un vieillard de plus de trois siècles !
Le colonel Daulin se rangea en tête de ses troupes comme la navette venait de se rendre visible à l’entrée de la bouche béante du hangar.
Appontage de la navette amirale, annoncèrent les haut-parleurs.

L’escorte quitta cette dernière alors qu’elle entrait lentement, avant de se rassembler pour offrir un défilé aérien au moment précis où l’amiral descendait la rampe de son transport en provenance de Dromund Kass. Puis les chasseurs réintégrèrent le bâtiment.
Vaccus se sentait vieux, usé par les ans. Il n’aspirait plus qu’à une retraite bien méritée aux côtés de celle qui partageait sa vie depuis plus de quarante ans et dont il était toujours amoureux. Au moment du Traité de Coruscant, il avait eu l’espoir d’une paix durable, comme beaucoup de personnes dans la galaxie. Mais il savait à présent qu’à la guerre froide de plus de dix ans qui avait suivi, allait succéder un nouveau conflit total dans lequel les deux forces allaient s’autodétruire.
Se redressant pour essayer de paraitre plus grand que les jeunes gaillards qui attendaient au garde-à-vous en rangs d’oignons, il s’avança, suivi de quelques officiers supérieurs. Il était là en tant que représentant du Commandeur de la Flotte Impériale trop occupé pour se déplacer en personne afin d’honorer ces enfants de sa présence. Lui, on l’avait tiré de son bureau, son « placard » comme il aimait à le dire, et on l’avait chargé de cette représentation, sans doute la dernière puisqu’il ne lui restait qu’un mois avant d’être retiré du service actif. Il sourit à cette idée-là, songeant qu’Enny, son épouse, avait déjà préparé les bagages pour un long voyage en amoureux à travers la galaxie, à bord d’un paquebot de luxe. Visiter l’espace en tant que touriste : voilà qui allait le changer !
L’amiral passa martialement devant les cadets, lentement, en se disant combien ils paraissaient jeunes, et regretta amèrement que son unique fils soit mort au combat avant d’avoir pu lui donner des petits-enfants.
Il était parvenu au bout de l’alignement et gagna la tribune qui faisait face aux élèves. Son discours n’était pas bien long, mais il le délivra posément, avec son cœur, comme un message adressé aux générations futures. À la fin de son allocution, il proclama le texte du serment imposé par l’empire aux élèves officiers.
— … et vous vous engagez solennellement à servir loyalement, avec fidélité, courage et abnégation, l’Empire Sith pour le défendre sur votre vie et jurez une obéissance absolue à notre Maître, l’Empereur de tous les Sith.

Sur la passerelle de commandement, un silence religieux régnait. Tout le personnel s’était rassemblé autour d’un grand écran qui retransmettait, comme partout dans le vaisseau, la si touchante cérémonie. Derrière le groupe, attentif aux mots du vieil amiral que certains avaient connu et apprécié en tant que commandant de bord, un spot se mit à clignoter sur l’écran d’une console. Puis un triangle rouge se forma autour du point, précédé d’une flèche de même couleur pointant vers le centre de la zone, vers le Scarificateur, lui-même symbolisé par un triangle vert. L’opérateur qui aurait dû détecter l’intrus avait, comme tout le monde, les yeux rivés sur l’écran de retransmission.


Dark Remus regarda sa proie, sans rien manifester sur son visage terrifiant. Aucune couverture aérienne, aucun bouclier, un bâtiment immobile… cela procédait plus du carnage que du combat. Ses écrans avaient capté le signal parasité de la retransmission de la cérémonie et Suri s’était exclamée :
— Ce sont des enfants !

Mais son Maître n’avait fait aucun commentaire. Dans quelques secondes, la peur, l’effroi, envahirait l’équipage du Centurion et il s’en régalait à l’avance. Il s’en délecterait à travers le côté obscur qui recueillerait bientôt toutes ces émotions paniquées, cette souffrance, cette mort qui allait faucher sans compter, par centaines, par milliers, par dizaine de milliers, car le mastodonte de l’espace pouvait embarquer jusqu’à plus de trente mille hommes d’équipage sans compter les éventuelles troupes embarquées. Une véritable ville qui s’apprêtait à disparaître !
Ses ordres étaient clairs : viser les générateurs de boucliers en priorité et les barrières de protection des hangars dans lesquels on enverrait aussitôt après des missiles pénétrants afin d’interdire à un maximum de chasseurs de prendre l’air. Pour contrer d’éventuels survivants, une centaine d’intercepteurs Sith s’envoleraient dès que le signal de l’hallali serait donné. Puis ce serait le tour des propulseurs, pour pallier toute tentative de fuite de la proie. Ensuite, destruction méthodique de toutes les batteries de turbolasers et de canon à ion. Une fois tout cela accompli, le reste de l’armement du Centurion serait dérisoire pour les boucliers du Ragnarok.
— Paré à désocculter ! commanda-t-il.

L’ordre fut réglementairement répété par l’officier de quart.
Le silence était à son comble et la tension palpable.


L’enfer se déchaîna au moment où les élèves récitaient le serment à l’Empereur. Tout alla très vite. Les générateurs de la barrière protectrice du hangar sautèrent les premiers. Aussitôt le confinement disparu, l’air s’échappa par la bouche béante comme une tornade géante. Les sections les plus proches de la sortie furent aspirées irrésistiblement tandis que de partout, le bruit infernal des alarmes emplissait le bâtiment. Puis deux missiles pénétrèrent dans les lieux et explosèrent, semant la mort et le chaos dans les rangs restant, ainsi que parmi les centaines de personnels venues assister à la cérémonie.
L’amiral Vaccus fut le premier à être évacué. Projeté à terre par l’ouragan de la dépressurisation, il fut traîné vers une sortie, les yeux exorbités, rivés à l’effroyable spectacle qui consumait l’espace. Des hurlements de terreur se mêlèrent aux cris de douleur et aux pleurs des plus jeunes. Des torches humaines se convulsaient sur le sol ou couraient partout à l’aveuglette, pareilles à des démons de feu atteints de folie.
Au moment où les portes étanches se fermaient, on sentit le vaisseau se mettre à trembler comme le sol sous une charge de rancors. Des exclamations fusèrent :
— On nous attaque ! Que se passe-t-il ? Appelez la passerelle !

Au sommet de la tour qui se dressait fièrement à l’arrière du bâtiment, c’était la panique. On perdit de précieuses secondes à comprendre ce qui se passait, à tenter de saisir l’insaisissable. Quand enfin l’ordre de relever les boucliers tomba, c’était trop tard !
Une à une, les tourelles du croiseur de bataille se mirent à cracher à leur tour le feu en direction de l’ennemi. L’opérateur des communications lança les appels au secours réglementaires, en poussa de lui-même la puissance des émetteurs pour passer outre le brouillage qu’il venait de déceler. Lorsque le vaisseau voulut se mettre en mouvement, on s’aperçut que les propulseurs étaient détruits. De partout dans les ponts, éclataient des incendies meurtriers. Les écoutilles pare-feu se fermaient successivement pour isoler les secteurs touchés, interdisant tout déplacement aux membres de l’équipage.
Un groupe d’officiers transportant l’amiral Vaccus déboula sur la passerelle. Le commandant Qualii en faisait partie. L’amiral blessé fut installé dans le fauteuil de commandement tandis qu’on s’efforçait de trouver un médecin. Vil Qualii se rua vers les baies vitrées pour contempler le désastre. De la poupe à la proue, ce n’était que des explosions qui transperçaient la partie supérieure du bâtiment et sans aucun doute, l’autre côté de la coque. Les quelques chasseurs qui avaient réussi à prendre leur envol, s’étaient retrouvés en sous-nombre, cueillis à froid par un ennemi bien préparé au combat.
En quelques mots, l’officier en second brossa le sinistre tableau de la situation. Le Scarificateur était pratiquement sans défense hormis des batteries secondaires qui tiraient en manuel sur les chasseurs qui voletaient autour du croiseur comme un essaim de guêpes.
— Il faut évacuer ! précisa l’adjoint, il n’y a pas d’autre choix.
Accablé, le commandant Qualii opina du chef, ce que voyant, le second se rua sur une console, et déverrouilla un bouton rouge qu’il écrasa de son poing. Aussitôt, une voix retentit par tous les haut-parleurs du croiseur.
Attention, attention, évacuation immédiate du bâtiment. Rejoignez les capsules de secours les plus proches… Attention, attention…
Le message se répéta ainsi plusieurs fois ajoutant la panique au désordre qui régnait. Les explosions se succédaient à un rythme effréné arrachant ça et là des pans entier de la coque du Centurion. Des centaines d’hommes et de femmes étaient tout à coup aspirées dans le vide au milieu de débris d’acier incandescents. Pour eux la mort fut rapide. Dans les entrailles du croiseur, c’était l’enfer. Des dizaines de milliers de membres d’équipage se retrouvèrent emprisonnées dans les soutes, les magasins, les zones isolées, en proie à une dépressurisation parfois lente, ou au milieu d’incendies dévorant tout sur leur passage. Les coups portés par les batteries de turbolasers de l’attaquant résonnaient pareils à des coups de boutoir, à travers toute la superstructure du navire et se répétaient sans fin jusqu’à rendre fous ceux qui avaient encore toute leur tête.
De chaque côté du vaisseau, des capsules de sauvetage commencèrent à être éjectées pour la plus grande joie des intercepteurs qui les prirent en chasse sans pitié, comme des cibles à un stand de tir de foire foraine. Le commandant se pencha vers l’amiral Vaccus.
— Amiral, il vous faut évacuer tant qu’il est encore temps.

Le vieil homme secoua la tête.
— Non, souffla-t-il, c’est un bon jour pour mourir… ma pauvre Enny… finalement, je ne prendrai pas ma retraite… et il est juste que je disparaisse avec mon vaisseau…

Il y eut un moment de flottement. Les officiers se regardèrent entre eux. Puis le commandant Qualii trancha d’une voix brisée par l’émotion :
— Allez-y, laissez-le… je reste avec lui. Sauvez-vous, évacuez la passerelle. Abandonnez le bâtiment !

Quelques-uns hésitèrent, puis comme d’autres se précipitaient vers la porte de sortie, ils se décidèrent à les imiter. Le sauve-qui-peut devint alors général !


Remus se délectait en observant le spectacle qui s’offrait à ses yeux. À ses côtés, Suri demanda d’une voix grave :
— Allez-vous explorer l’épave, Maître ?

Le Sith répondit rauquement.
— Inutile, il n’est pas à bord.
— En êtes-vous certain ?
— Je l’aurais senti… et lui aussi l’aurait senti. Mais il ne détecte rien. Il n’était pas à bord du Scarificateur.
— Que faisons-nous des survivants ? demanda le commandant Nembro qui s’était approché d’eux.
— Détruisez le croiseur, et partons avant que d’autres bâtiments ne surgissent.


Le Centurion résista encore une demi-heure avant qu’une explosion fatale ne le coupe en trois morceaux, ce qui déclencha une réaction en chaîne, sans doute aggravée par les munitions et la destruction des réacteurs. Plusieurs fortes déflagrations mirent fin à son agonie et brisèrent les restes du mastodonte de l’espace en millions de débris incandescents qui brillèrent comme de petites étoiles avant de s’éteindre pour toujours dans le vide glacial.
— Et maintenant ? demanda Suri.

Le Sith se tourna vers l’intérieur de la passerelle et héla un jeune officier perdu dans sa console.
— Avez-vous trouvé quelque chose sur le Terreur Noire ?

L’enseigne leva les yeux sur lui et se mit à sourire.
— Je crois que oui, Seigneur Remus, mais nous allons avoir du mal à le localiser !


(à suivre... )


Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (début - 1/3)
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Messagepar Notsil » Dim 23 Mar 2014 - 21:44   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'ai eu beaucoup de lecture entretemps, mais je ne t'oublie pas ^^

Ce dernier chapitre avec le Sith est intriguant, ça c'est du méchant vraiment méchant !
A priori ça concernerait donc des affaires "entre Sith", alors est-ce que des Sith iront demander de l'aide à des Jedi, ça serait intéressant !

Par contre si le Défiance se trouve pris dans une guéguerre entre Sith, ils risquent de prendre cher ^^
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
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Messagepar Notsil » Lun 24 Mar 2014 - 21:08   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Ah bah ça promet du bon ^^ (sauf pour nos héros :) ).
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Messagepar Hiivsha » Ven 28 Mar 2014 - 12:37   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Bon, même si je n'ai plus qu'une lectrice, je persiste à poster et il se trouve que c'est aujourd'hui vendredi... donc voici la suite avec le premier tiers d'un nouveau chapitre qui va poser de nouvelles zones d'ombre sur l'histoire ! :wink:

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Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 4 - Flammes dans l'espace (début - 1/2)
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5 - La cantina du pont quatre


(Début : 1/3)


Le jour où l’onde avait été émise depuis le Defiance, l’amiral Narcassan avait organisé un briefing qui ne lui avait apporté aucune réponse quant à la véritable nature de l’événement.
Il y avait eu plusieurs centaines de blessés dus au choc soudain, mais la plupart souffraient de blessures légères, entailles et contusions, qui avaient pu être prises en charge sur place par les secouristes du bord. L’hôpital signala lors de la réunion, par la bouche de son médecin-chef, le colonel Hubert Bartigo, quelques fractures ou traumatismes crâniens plus sévères et cinq personnes gravement touchées : deux avaient été victimes de la chute d’objets lourds dont une caisse de ravitaillement, un cuistot avait été ébouillanté par une marmite d’eau frémissante qui s’était déversée sur lui, un mécano avait chuté d’une passerelle et la dernière dont le pronostic vital était engagé, était tombée dans un escalier et s’était fracturé les cervicales.
Sur le plan matériel, il n’y avait rien de sérieux. Le désordre engendré par le choc dans certains secteurs comme les cuisines, l’infirmerie, les magasins, etc. avait été promptement effacé par le personnel. Aucune avarie n’était à signaler. Le fonctionnement même du vaisseau n’avait pas été altéré par l’incident.

Restait la question du pourquoi.

Toute la journée, les trois Jedi du bord, Nulee’Na, Isil et Maître Torve, s’enfermèrent dans leur salle de méditation pour sonder le croiseur à la recherche d’une anomalie mais sans succès. La seule sensation qu’Isil éprouva, fut une altération de l’apparence du Defiance dans les lignes de la Force, quelque chose d’imperceptible que ni Maître Torve, ni le Chevalier Nulee’Na ne purent corroborer. Ils en restèrent donc là de leur côté.
Quant aux inspections, elles n’avaient rien données, rien d’anormal n’ayant pu être mis en évidence malgré la mobilisation de tous les officiers du bord.
Si l’accident fut vite oublié les jours suivants par la grande majorité de l’équipage, étant donné qu’au final tous les blessés graves s’en étaient sortis, ce ne fut pas le cas de l’amiral Narcassan qui restait tracassé par ce qui avait eu lieu. Pour lui, un phénomène d’une telle ampleur ne pouvait, à court ou moyen terme, qu’avoir des conséquences graves.


Cinq jours plus tard, en fin de journée, la prévôté du bord signala au commandement du Defiance qu’un armurier avait été arrêté pour une tentative de meurtre sur un quartier-maître.
Il arrivait que des bagarres éclatent sur un bâtiment de cette importance, mais ce dernier fonctionnant avec environ quinze pour cent de son personne, cela ne laissait qu’à peu près cinq mille hommes d’équipage et trois mille militaires embarqués : pilotes, mécaniciens et soldats. Les incidents en étaient réduits d’autant. Le commandant Sparr, un Cathar, prévôt du bord, indiqua dans son rapport que l’armurier avait été pris d’une crise passagère de folie furieuse et que le médecin-chef avait diagnostiqué chez lui un état mental confus inexpliqué. Le motif d’accusation relevant du tribunal militaire, le prévenu avait été mis en cellule jusqu’à ce que le bâtiment rejoigne une planète d’où il pourrait être rapatrié sur Coruscant.

On frappa à la porte. Valin Narcassan lança un « entrez » fort et clair, et plusieurs personnes pénétrèrent dans son bureau. D’un geste, le « pacha » invita les arrivants à prendre un siège et à s’asseoir autour de sa table de travail.
— Si je vous ai convoqués, commença l’amiral, c’est que depuis quelques jours des rapports s’entassent sur mon bureau concernant des violences à bord… un peu trop de rapports à mon goût, ajouta-t-il en portant ses yeux sur le prévôt.

Le Cathar soutint le regard de son supérieur et grogna.
— Rien qui ne soit gérable par la prévôté, amiral… on sait bien que dès lors que des milliers d’hommes et de femmes sont confinés sur un bâtiment comme le nôtre, des incidents surviennent régulièrement.

À entendre le commandant Sparr, la messe était dite.
L’amiral posa ses deux mains à plat sur les dossiers se trouvant devant lui que ses doigts se mirent à tapoter.
— Tenez-vous des statistiques sur les incidents impliquant la discipline à bord, prévôt ?
— Je ne suis pas un Cathar de chiffres, amiral, mais si vous souhaitez des statistiques…
— Inutile, commandant, j’ai déjà demandé à ce qu’on les établisse. J’ai fait regrouper les incidents signalés à tous les échelons de la hiérarchie pour manquement divers à la discipline, incivilité, désobéissance, comportement agressif, insultes, coups, et cetera, sur les six derniers mois. Savez-vous qu’en principe, la courbe de ces… faits divers est plutôt linéaire et plate avec des variations infimes au fil du temps ?
— Sans doute, amiral, marmonna le Cathar qui ne voyait pas où le Commandant voulait en venir.
— Eh bien, dans les cinq derniers jours, cette courbe a grimpé de façon exponentielle et atteint actuellement cinq fois ce qui devrait être sa valeur normale.

Il y eut un « oh » général de surprise autour du bureau.
— Évidemment, continua l’amiral, tous les faits recensés n’ont pas la gravité de celui que vous m’avez communiqué tantôt, mais mis bout à bout, ils posent un sérieux problème auquel je n’entrevois pour l’instant aucune réponse. L’un d’entre vous peut-il m’apporter un éclairage ?

Un léger brouhaha embarrassé fit le tour des présents, puis le médecin-chef se racla la gorge afin de s’éclaircir la voix.
— Bien que personnellement, je n’ai pas eu à traiter ce genre de cas, mes subordonnés m’ont fait effectivement remonter un accroissement de consultations pour des blessures bénignes portées lors de bagarres sans conséquence… ainsi qu’une augmentation de prescriptions de… calmants, principalement des anxiolytiques ces derniers jours… pour des états nerveux, voire colériques ou stressés… je dois dire que je n’y avais pas spécialement prêté attention, mais au vu des chiffres que vous évoquez… peut-être y’a-t-il une symptomatologie globale que nous devrions étudier de plus près ?
— Vous pensez à une sorte… d’épidémie ? demanda le docteur Barton remise de sa mésaventure dans les coursives de la CPM.
— Je ne sais pas, avoua l’amiral, c’est pour en discuter que je vous ai fait venir. Vous êtes spécialiste des virus et des bactéries non ?

La Zeltrone opina du chef.
— En effet et si vous voulez, je peux procéder à des prélèvements sur les sujets concernés pour voir si je trouve… un point commun ?
— Faites donc cela… le médecin-colonel Bartigo vous aidera de son mieux.
— Évidemment, acquiesça ce dernier.
— D’autres idées ? Maître Torve ?

Le Jedi réfléchissait, immobile sur son fauteuil, le menton dans une main.
— Je propose qu’on confie tous ces dossiers, même les plus minimes à la CPM… pour les étudier, voir si quelque chose nous a échappé, un rapport liant les événements, le personnel en cause… tout ce qui pourrait sembler anodin sans l’être. Je suggère d’envoyer les membres de la cellule enquêter sur chacun de ces faits divers, sur place… faire parler les gens…
— Prendre la température du bâtiment en quelque sorte ? intervint le colonel Vellaryn. Pourquoi pas, j’allais vous le proposer.
— Entendu, conclut l’amiral, faites-donc comme ça. Nous ferons le point dans quarante-huit heures.


Une heure plus tard, le personnel de la CPM présent à bord était rassemblé dans sa propre salle de réunion pour un briefing. Les dossiers furent répartis entre eux pour approfondissement des faits et gestes du personnel de bord ayant abouti à chaque incident relaté.
— Eh bien, ça va nous faire promener dans tout le vaisseau, remarqua joyeusement Argail. Rien de tel pour apprendre à le connaître.
— Je ne m’attendais pas à devoir jouer au détective privé en ralliant cette unité, décréta le rodien Loodo, mais après tout, ça peut être fun !
— Une enquête policière ? J’aime ! s’exclama le lieutenant Payn. Comme dans les holofilms !
— Pourquoi ne sommes-nous que six ? s’étonna subitement Krig Landala.
— Behla effectue des recherches épidémiologiques, si j’ai bien compris, répondit Nulee’Na et Lillaia me paraît très occupée ces derniers jours… il me semble l’avoir vue fréquemment avec Keraviss Sayyham.
— Je me demande ce qu’elles complotent, avança Loodo.
— Bah, quand une espionne rencontre une autre espionne, qu’est-ce qu’elles se racontent ?

Chacun rit à la boutade et sortit de la salle pour enfiler son costume de détective.


À peu près au même moment, l’objet de leur discussion s’infiltrait discrètement dans un local technique du centre des communications, son badge de la CPM lui permettant d’avoir accès à toutes les zones du bâtiment. Seule dans l’étroite pièce, elle écouta un instant quasi religieusement les murmures des appareils électroniques. Son regard erra un long moment sur les armoires techniques et les voyants qui illuminaient la zone et dont le clignotement d’un certain nombre donnait presque un aspect festif aux alentours. La jeune femme était vêtue d’un blouson — dont la fermeture était négligemment baissée sur le torse laissant apercevoir un maillot de corps échancré — et d’un pantalon, blancs aux motifs orange de l’infanterie mobile. L’uniforme était décoré des insignes de son ancienne unité. Précautionneusement, elle dévissa plusieurs boulons à l’aide d’un outil qu’elle venait d’extirper d’une poche de son vêtement, et ouvrit les deux battants d’un meuble technique dans lequel semblaient vivre quelques appareils des plus sophistiqués. Après avoir manipulé deux ou trois interrupteurs, elle sortit successivement de leur logement un certain nombre de cartes électroniques qu’elle examina soigneusement avant de les remettre à leur place.
C’est à ce moment-là que l’homme entra furtivement dans la pièce. Il s’avança dans le dos de la sergente qui paraissait ne se douter de rien puis s’arrêta à un mètre d’elle, toujours sans émettre le moindre bruit. Lillaia, plongée dans l’examen de la dernière carte, soupira à haute voix.
— C’est vraiment du beau travail que vous avez fait, Herio, le Cercle vous a bien choisi.

L’homme esquissa un sourire.
— Difficile de vous surprendre, sergent.

Toujours sans se retourner, Sanders continua.
— J’ai l’ouïe aussi fine et l’instinct aussi affûté que ceux d’un gundark, caporal, si vous vous étiez approché avec de mauvaises intentions, nous n’aurions pas présentement cette conversation, car vous seriez déjà mort.

Le jeune homme en uniforme du Defiance frissonna.
— Heureux que vous ne soyez pas là pour ça, alors. J’ai eu votre message. Que me voulez-vous ?

Lillaia se retourna en souriant. Le caporal Herio la trouva très séduisante dans son uniforme. Il déglutit bruyamment en soutenant tant bien que mal son regard émeraude avant de baisser les yeux, intimidé par l’assurance qui se dégageait de la jeune femme.
— Je viens d’examiner votre dispositif… du grand art. Un sous-système crypté dans le système de communication du Defiance, l’espion invisible parfait. Enfin presque. Il ne m’a fallu que cinq jours pour le débusquer… un autre expert en aurait fait de même. Le Cercle pense avec raison qu’il est temps de changer de technique.
— Ah ? s’étonna le caporal en grattant sa tignasse de ses ongles rongés. Dans ce cas, je vais démonter la puce pour effacer les traces.
— Inutile, souffla Lillaia en s’approchant de lui, on va en faire cadeau à cette chère Sayyham.
— Cadeau ? Je ne comprends pas, vous voulez lui dire que…

Lillaia posa un doigt sur les lèvres du jeune homme un peu perdu dans ses réflexions. Le contact sensuel du geste fit augmenter son rythme cardiaque. Il bafouilla.
— Comme… vous voulez, madem… je veux dire… sergent…

Lillaia avait à présent son visage si près du sien qu’il pouvait humer son haleine fraîche. De nouveau il avala bruyamment sa salive, la bouche entrouverte, ne trouvant rien à dire tant la situation semblait le dépasser. La sergente posa ses lèvres sur les siennes. Elles étaient tièdes et humides, tendres et sucrées. Il ferma un instant les yeux en se demandant où la jeune femme voulait en venir.
— Je suis désolée, chuchota Lillaia à l’oreille du caporal.

Brutalement, elle se recula d’un pas et planta d’une main ferme le tournevis dans l’œil gauche du jeune homme tout en plaquant son autre main sur sa bouche pour étouffer son cri d’effroi et de douleur. Il eut trois spasmes violents avant de s’écrouler sur le sol. Lillaia sortit alors de dessous son blouson un pistolet blaster qu’elle tourna vers elle à bout de bras. Elle tira sans hésitation une décharge sur le bord de sa hanche gauche tout en serrant les dents pour éviter de laisser échapper un cri. Le tir laissa une trace noirâtre sur son uniforme et une plaie sanguinolente dans sa chair. Puis, s’agenouillant lentement à côté de sa victime, elle mit l’arme dans sa main, serrant ses doigts autour de la crosse et positionnant méticuleusement son index sur le bouton de mise à feu.
Lillaia passa une main sur sa blessure sanglante et la retira, la paume rouge de son propre sang. Elle se laissa glisser sur le sol, assise contre un meuble technique et prit son communicateur. Une voix répondit.
— Sayyham, j’écoute…


Quelques minutes plus tard, la Loordienne déboulait dans le local accompagnée d’un médecin et d’une escouade de sécurité. Un seul coup d’œil lui permit d’évaluer la situation. Lillaia se releva malgré les protestations du docteur et s’approcha de l’armoire pour en retirer une carte.
— C’est ce circuit, précisa-t-elle en montrant du doigt un ensemble de puces. Un sous-circuit crypté qui passe dans les flux émis par le Defiance sur une contre fréquence qui le rend indétectable… à moins de savoir précisément ce qu’on cherche.
— Et lui ? fit Keraviss en montrant du pouce le cadavre qu’on évacuait.
— Je voulais modifier son circuit pour l’obliger à venir voir ce qui se passait… je comptais l’attendre ici pour le confondre. Mais le hasard a voulu qu’il entre dans le local alors que je tenais cette carte en main. Il a sorti une arme et m’a obligée à remettre l’élément en place. Je l’ai fait parler. Il a admis à quoi servait son circuit tellement il était certain de me tuer. Quand il a tiré, j’ai fait un écart et je me suis précipitée vers lui avec mon tournevis… C’est tout. Je regrette de l’avoir tué, on aurait pu le faire parler.
— J’allais vous le dire, marmonna le commandant. Mais vous avez fait ce que vous avez pu, je suppose ?

La Loordienne fixa Lillaia dans les yeux. La sergente soutint le regard sans faillir.
— Oui, commandant.

Sayyham ne laissa pas entrevoir ses arrière-pensées, si jamais elle en avait et s’écarta pour que le médecin examine la plaie. L’homme déclara.
— Rien de bien grave… je vous emmène à l’hôpital pour soigner tout ça… vous avez eu de la chance, le tir n’a touché aucun organe.

Comme ils passaient le seuil du local, la Loordienne éleva la voix.
— Sanders ?

Lillaia tourna la tête.
— Commandant ?
— Beau travail quand même. On a eu notre taupe !
— Oui, commandant.

La sergente partit pliée en avant, en se tenant ostensiblement le flanc, aidée par l’un des membres de l’escouade de sécurité et suivie par le médecin. L’ombre d’un sourire se mit à flotter sur ses lèvres.


— Il va falloir redoubler de prudence, conclut l’amiral lorsque le commandant Sayyham eut achevé son rapport devant les autres officiers de la CPM. Savoir que quelqu’un s’intéresse de près au Defiance ne me plaît guère… surtout quand je ne sais ni qui, ni pourquoi.
— Il y a l’Empire, proposa le capitaine Prak.

L’amiral secoua la tête.
— Je n’y crois guère… si l’Empire devait placer un espion sur chacun des vaisseaux de la République, il finirait par être à court de main-d’œuvre.

Un petit rire parcourut les présents.
— D’autant que nous pouvons légitiment penser que cette… surveillance, a un lien avec la présence de la Jedi Isil à bord, précisa le colonel Vellaryn. N’oublions pas ce qui est arrivé il y a huit mois dans le secteur D-315. C’est visiblement elle que les vaisseaux ennemis, quels qu’ils fussent, attendaient.
— Dans ce cas, il peut s’agit de l’organisation connue sous le nom de « Cercle Sombre » à laquelle le Chevalier Kal’Andil et Maître Obi Melvar ont déjà porté un rude coup l’an passé, supposa Maître Torve le visage toujours impassible.
— Vous voulez parler d’une vengeance personnelle contre Isil ? s’exclama le lieutenant Bump. Mais ce n’est pas justement pour qu’elle échappe à ce genre de chose que le Conseil Jedi l’a affectée à bord du Defiance ?
— Vous avez raison, Bump, reprit Narcassan. Il ne s’en est fallu que d’une taupe infiltrée à bord. Ceci étant, je demeure persuadé qu’Isil est plus en sécurité sur ce croiseur que n’importe où dans la galaxie, à part peut-être Tython.
— Évidemment… murmura Bump en lissant ses moustaches.
— En tout cas, cet agent infiltré est mort et son système d’espionnage a été démonté, grâce au sergent Sanders, rappela Keraviss Sayyham.
— Une bonne recrue, visiblement, commenta Greg Vellaryn… une protégée de notre ami le Sénateur Dal Set’Harrak, si j’ai bien compris ?

L’amiral fit oui de la tête pensivement. Il se remémorait certaines réserves que le Grand Maître de l’Ordre, Satele Shan, avait émises concernant l’affrontement qu’Isil avait eu contre l’ancien Conseiller du Chancelier Suprême, Jaster Darillian, et la fuite de ce dernier, un an auparavant. Il se demandait si tout cela était lié, et si oui, de quelle façon.
*
* *



(à suivre…)

Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (suite - 2/3)
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Messagepar Red Monkey » Ven 28 Mar 2014 - 17:37   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Je sais j'ai pris du retard :transpire:
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Messagepar Hiivsha » Sam 05 Avr 2014 - 20:25   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (début - 1/3)

CHAPITRE 5 - La cantina du pont quatre (suite - 2/3)


— Vous n’allez tout de même pas venir dans cette tenue ? s’exclama Argail en entrant dans les quartiers d’Isil, une main dans le dos.

Cette dernière jeta un coup d’œil dans son miroir.
— Qu’est-ce qu’elle a ma tenue ?
— C’est une tenue de Jedi, observa le sergent.
— Vous aurait-il échappé que je suis une Jedi, Argail ? protesta la jeune femme en haussant les épaules tout en écartant les mains devant elle.
— Justement, c’est bien là que le bât blesse. Vous êtes une Jedi et vous vous affichez comme telle. Comment est-ce que je peux vous emmener chez mes amis les mécanos du pont quatre ? Dès qu’ils vont vous voir ainsi accoutrée, soit ils vont prendre la fuite, soit plus personne ne va oser bouger un cil… dans tous les cas, vous n’allez pas passer inaperçue. Or, j’avais envie d’un dîner incognito, tranquille, cool, festif… vous voyez ? Pas d’un repas officiel !

Il arborait un visage amusé mais Isil savait qu’au fond de lui il était sérieux.
— C’est que je n’ai pas grand-chose à me mettre… j’ai une armure de combat mais je suppose que ça ne va pas non plus le faire ?

Argail fit non de la tête puis sortit la main de son dos. Elle tenait un paquet de vêtements qu’il jeta sur le lit.
— Tenez, mettez ces fringues, ça doit être votre taille… j’ai été visiter la garde robe de la CPM. Vous devriez y aller, il y a de tout, déguisements en tout genre, armures spéciales ou non… c’est en face de notre armurerie qui soit dit en passant, est un véritable paradis pour le soldat que je suis.

Isil compulsa les habits en les soulevant du bout des doigts : un débardeur noir croisé dans le dos, à encolure en V bordée de dentelles…
— Joli… murmura-t-elle.

… un pantalon de toile, noir également…
— Le noir est à la mode dans les ponts inférieurs ?

… et un blouson en cuir commun aux ouvriers en repos sur le bâtiment.
Esquissant un sourire, la jeune femme ôta sa bure qu’elle suspendit à un cintre, puis délia la ceinture pour enlever sa tunique croisée pendant qu’Argail se retournait.
— Suis-je donc si différente que sous la douche, sergent ? ne put-elle s’empêcher de dire devant le geste pudique de son camarade.

Argail sentit ses joues s’empourprer.
— Je suppose que non… c’est juste que… le contexte… l’intimité des lieux n’est pas tout à fait la même…

La Jedi marmonna puis laissa glisser un sourire malicieux sur ses lèvres.
— Moui, vous avez quelque part raison… dans ce cas, éloignez-vous aussi du miroir.

Elle sifflota légèrement pour ponctuer sa remarque exprimée sur un ton légèrement sarcastique, avant d’enfiler le débardeur. Il moulait parfaitement ses formes. Isil laissa échapper une grimace. Peut-être un peu trop ? Debout devant la glace, elle essaya vainement de réduire le profond décolleté pour tenter de dissimuler la naissance de ses seins mais elle dut renoncer.
— N’avez-vous pas été un peu optimiste pour la taille, sergent… ou pessimiste, selon de quel côté du bout de la lorgnette on regarde ?

Le visage d’Argail s’empourpra un peu plus.
— Pourquoi ? Aurais-je sous-estimé la… heu… générosité de votre… de vos…

Isil se retourna vers lui, les mains sur les hanches.
— Vous en pensez quoi, sergent ?

Argail frotta vigoureusement la brosse de ses cheveux déjà grisonnants et pinça les lèvres.
— Je vous trouve… superbe… même sans pantalon…

La jeune femme retint un petit rire et balançant plusieurs fois la tête de gauche à droite.
— En même temps, je me demande pourquoi je vous pose la question… soupira-t-elle en enfilant le bas de sa tenue de loisir.

Puis elle ajouta.
— Même remarque pour les pantalons… j’espère que rien ne va craquer.

Le visage d’Argail prit une moue dépité.
— Vous voulez que je retourne voir si je trouve plus grand ?
— Laissez tomber, sergent, je plaisante… Je m’efforcerai juste d’éviter de respirer.

Ponctuant sa phrase d’un sourire, elle enfila le blouson et déploya ses longs cheveux sur ses épaules.
— La coiffure… ça va ?
— Si vous permettez…

Argail passa dans son dos et confectionna avec une habileté surprenante une longue tresse au bout de laquelle il glissa un ruban élastique. Puis il sortit d’une de ses poches une casquette qu’il posa sur la tête de la Jedi après y avoir camouflé l’essentiel de la natte.
— Vous êtes connue pour votre longue crinière blonde, ajouta-t-il en prenant du recul comme pour jauger son œuvre. La tresse ainsi raccourcie vous rendra plus… moins…
— Et si on y allait ? À moins qu’il n’y ait autre chose qui n‘aille pas chez moi ? ironisa-t-elle en lâchant un éclat de rire.
— Non, non, vous faites un parfait membre d'équipage au repos. Si on vous demande, vous venez du pont trois. Ils se croisent peu entre les ponts… donc l'illusion sera parfaite. Prête pour votre première mission, matelot ?

Argail salua Isil à la façon des mécanos. La jeune femme en fit maladroitement de même en se disant que cela faisait un moment qu’elle n’avait pas rit ainsi de bon cœur et cela lui faisait du bien. C’était évidemment différent que de méditer dans la Force ! Elle songea également que les Maîtres Jedi n’étaient pas portés pour la grande majorité d’entre eux, sur l’amusement. Mais Beno Mahr, son ancien Maître, ne manquait pas d’humour et ne perdait pas une occasion de le montrer lorsque le moment s’y prêtait.
Isil passa la porte de la cabine la première puis attendit Argail dans la coursive.
— Je suis à vous sergent ! lança-t-elle d’une grosse voix avec un accent qu’elle avait déjà entendu dans les bas quartiers de Coruscant.

Le sergent fit à son tour une grimace.
— Pas besoin de forcer sur l’accent, de toute façon les gars ne connaissent de vous que vos… votre… enfin, vos atours et pas votre voix, du coup, restez naturelle, on n’est pas non plus partis pour infiltrer une bande de malfrats. Voûtez juste un peu le dos histoire de passer pour un travailleur fatigué et ce sera parfaitement dans le ton.

Ils s’éloignèrent en direction des plus proches ascenseurs. Durant la descente, Argail sortit d’une poche deux boules de matière synthétique qu’il enfonça dans ses narines. Avec un geste d’excuse, il expliqua.
— J’ai une forme d’hypersensibilité olfactive… je sens tout… trop… pratique pour suivre une piste mais quand on s’approche des lieux enfumés ou des parfumeries, c’est une véritable torture.

La cantina du pont quatre était encadrée par plusieurs hangars et constituée d’une grande salle d’une bonne trentaine de mètres sur autant de large, enfumée et envahie de musique. Lieu de détente du personnel mécanicien par excellence, elle servait de soupape de sécurité pour des membres d’équipage qui passaient parfois un an complet dans l’espace, loin de leur famille, de leur femme… ou de leur mari pour certaines engagées, quoique plus rares. Certes, il y avait les mess et leurs bars officiels, rassemblant les personnes en fonction de leur grade, mais la cantina, c’était autre chose. Une véritable façon de vivre qui rappelait Coruscant ou d’autres cantinas situées sur d’autres planètes. Tout le monde, mâles et femelles toutes créatures confondues, pouvait venir y boire et manger, voire jouer aux cartes, à condition d’avoir su se faire accepter par les « quatreux ». Le lieu était autocontrôlé, autocensuré, auto-réglementé pour ne pas causer de problèmes avec la prévôté et éviter ainsi de perdre l’agrément « de fait » du « pacha » déjà venu deux ou trois fois y prendre un verre à la grande satisfaction de l’équipage.

Il n’y avait pas grand monde lorsqu’Isil et Argail en poussèrent la porte, l’heure étant celle de la relève des équipes. Le sergent salua familièrement d’un geste de la main avec cette façon si particulière qu’avait le personnel mécanicien de le faire, imité par Isil qui à cet instant, aurait préféré être sur un champ de bataille loin de là, sans trop savoir pourquoi. Devait-elle se trouver dans cet endroit en tant que Chevalier Jedi ? Elle s’avoua elle-même n’en savoir rien, son Maître ayant omis de lui enseigner quel genre de vie un Jedi devait avoir sur un croiseur de cette taille. Après tout, se disait-elle, il était sans doute bon de mieux connaître l’équipage du vaisseau dans lequel on devait passer une partie de sa vie.
Ils s’assirent à une table vide et posèrent leur blouson sur le dos de leur chaise. Puis le chef cuistot, un Toydarien nommé Makuunta, en suspension dans l’air du bout de ses petites ailes, s’approcha d’eux une serviette blanche à son bras droit, pour leur proposer une carte qui se résumait à un seul choix : le plat du jour.
— Aujourd’hui nous avons des côtelettes de trakkrrrns rôties, susurra la drôle de créature en observant Isil d’un coin d’œil méfiant.

Argail leva un sourcil.
— Comment diable pouvez-vous servir des côtelettes de trakkrrrns sur ce bâtiment ?
— J’ai un bon contact à Kuat, expliqua Makuunta, j’en ai fait rentrer quelques caisses durant notre longue escale. Vous en avez déjà savourées ?
— Non, avoua Isil en fixant le mammifère volant.
— Alors, vous m’en direz des nouvelles, répondit le chef d’un air satisfait. Je vous apporte à boire !

Avant même qu’Argail ait pu ajouter quelque chose, Makuunta s’était envolé plus loin pour saluer de nouveaux clients. Isil avoua d’une voix basse.
— Je vous préviens, sergent, que je n’ai pas l’habitude de boire de l’alcool.

Argail lui tapota familièrement la main.
— Ils ne servent ni eau ni jus de fruits ici… mais ne vous en faites pas, je suis là pour vous reconduire le cas échéant.

Quelques minutes plus tard, une serveuse Twi’lek toute rose apporta deux verres remplis d’une boisson ambrée aux forts relents d’alcool et une assiette d’un mélange de légumes, de fruits et de viande séchée. Suivit, lorsqu’ils eurent terminé les fameuses côtelettes qui se révélèrent fort goûteuses, une pâtisserie maison bien crémeuse qui fit le régal de la Jedi. L’ambiance de fond était fort agréable, la musique dispensée par les haut-parleurs, tapissant les lieux d’un fond sonore parfaitement relaxant. Puis une jeune mécano, Twi’lek également, à la peau verte, monta sur une estrade pendant que six musiciens amateurs s’installaient sur des chaises, et se mit à chanter. Peu à peu la cantina se remplit avec les membres des équipes relevées qui venaient se détendre un peu avant d’aller chercher dans leur couchette leur quota de sommeil. Alors qu’Isil et Argail finissaient leur dessert, une bande de mécanos en treillis graisseux s’avança vers eux à grand bruit.
— Hé, Argail, notre ami ! Comment vas-tu ? Oh, mais c’est qu’il est en charmante compagnie ! Hé, l’amie, on ne te connaît pas… nouvelle par ici ?

À grand renfort de bourrades dans le dos, les cinq nouveaux arrivants s’assirent autour de leur table en réclamant à boire à cor et à cri.
— Isil est arrivée récemment à bord, expliqua Argail. J’ai pensé qu’elle devait faire connaissance de la cantina du quatre et son ambiance sans pareille.
— Tout à fait, s’exclama un gros gaillard barbu en assénant une grande claque sonore sur l’épaule dénudée d’Isil qui avança sur sa chaise sous l’impact.
— Inutile de démonter la demoiselle, Patris, s’esclaffa un autre, tu n’as vraiment aucun savoir vivre.

Celui qui venait d’intervenir, un homme plus jeune, d’une trentaine d’années, avait un visage avenant et un très beau sourire.
— Faut l’excuser, Isil, certains ici n’ont aucune manière. Je dois avouer que je n’ai jamais vu des yeux d’un bleu aussi intense que les tiens, ajouta-t-il en se penchant vers la jeune femme. Ils sont d’une profondeur insondable et dieu sait quels mystères ils peuvent avoir englouti au fond de leur abysse !

Les autres se mirent à rire bruyamment.
— Écoutez Alec, le joli cœur, dès qu’il rencontre une femme séduisante, il perd la boule et se met à baragouiner dans une langue étrangère ! s’écria un homme à la peau ébène. Et ta femme, elle sait que tu dragues tout ce qui porte jupon ?
— Laisse tomber, Will, intervint un chauve aux biceps impressionnants, tu sais bien qu’Alec n’est pas marié… une femelle dans chaque astroport, voilà sa devise, quelle que soit la race de la créature tant qu’elle a ce qu’il faut où il faut…

Il eut un geste éloquent des mains avant d’achever sa phrase.
— Et en plus, faut qu’il chasse à bord du vaisseau !
— N’écoutez pas James, reprit Alec, je ne suis pas du tout l’homme qu’il vient de décrire et j’aimerais vraiment vous en convaincre.
— Ne vous donnez pas cette peine, Alec, j’en suis convaincue, répliqua Isil tout sourire qui se tenait légèrement voûtée, le menton posé sur ses mains croisées, les coudes sur la table.

Les verres arrivèrent, apportés par une serveuse tandis que la Twi’lek sur la scène se lançait dans une nouvelle chanson bien rythmée en ondulant du corps sous quelques sifflets admiratifs.
— Je vois que la demoiselle n’a pas touché à son verre d’arboite, observa lourdement Patris. Tu ne trouves pas la boisson de notre cantina à ton goût jeune fille ?

Isil se redressa sur sa chaise, mouvement qui attisa le regard de ses encombrants compagnons de table.
— À dire vrai, je ne l’ai pas encore goûtée.
— Dans ce cas, il faut lui faire passer l’initiation du « quatre », s’écria un autre homme à la table voisine qui avait suivi avec intérêt, et des yeux et des oreilles, la conversation.
— Il a raison, reprirent quelques personnes à la ronde parmi ceux qui n’était plus à jeun depuis un moment.
— Je ne sais pas si c’est une bonne idée, protesta Alec.
— Patron, une chope vide ! s’écria Patris qui s’empara du récipient à peine le Toydarien à portée de main.

D’une main sûre, il collecta tous les verres pleins autour de lui et les versa dans la chope avant de la poser devant Isil.
— Vous ne voulez tout de même pas que j’avale tout ça ? s’inquiéta cette dernière en faisant le tour des paires d’yeux fixés sur elle et qui la déshabillaient du regard.
— En effet, ce n’est pas une bonne idée, s’interposa Argail en essayant de repousser le verre un peu plus loin sans succès. C’est qu’elle n’a pas l’habitude de boire.
— Ici, vous êtes chez les mécanos du pont quatre ! Tout le personnel est passé à l’initiation, même nos filles, s’écria Patris. C’est la condition qui n’est canon…
— Sine qua non, reprit Alec.
— Ouais, comme il dit… la condition pour pouvoir venir chez nous… bois ça cul sec fillette et tu seras des nôtres pour de vrai !
— Vous avez déjà bu ça, Argail ? s’enquit Isil en regardant le sergent.
— Oui, répondit ce dernier un peu gêné, mais dans mon cas, j’ai plus ou moins de l’entraînement… je crois que vous devriez refuser.
— Je croyais que votre but était que je m’intègre…
— Mais pas à n’importe quel prix.
— Vous croyez que je ne peux pas y arriver ?

Argail tordit sa bouche.
— Y arriver… sans doute… y survivre… c’est là que j’ai un doute.
— À ce point ? répondit Isil en étirant ses lèvres dans une grimace dubitative les yeux fixés sur la chope. Vous allez avoir ma mort sur la conscience, sergent, ajouta-t-elle en se demandant comment se sortir de cette situation.

Puis regardant les hommes autour d’elle.
— Je croyais que la peine capitale avait été abolie sur les vaisseaux de la République, leur dit-elle d’une voix goguenarde.

Les hommes éclatèrent de rire. Alec lui posa une main chaude sur le bras.
— Une femme remplie d’humour, j’adore.
— Eh bien messieurs, si je vous suis dans ce petit jeu qui m’a tout l’air d’être un bizutage et vu ma corpulence, je n’entrevois que trois solutions. Si j’atteins le fond de ce verre, soit le Defiance comptera un membre d’équipage en moins sous peu, soit je sombrerai dans un coma profond duquel je n’émergerai pas avant plusieurs jours…
— Et la troisième ? demanda Will avec une once de curiosité.
— Je vomis tout sur vous.

Nouveaux éclats de rire autour de la table. Alec qui n’avait pas enlevé sa main de dessus le bras de la jeune Jedi insista.
— Isil, tu n’es pas obligé de faire ça… ne les écoute pas, ce ne sont que de grosses brutes… gentilles mais rustiques.

Des exclamations scandèrent.
— I-sil… I-sil…
— Allez, Isil, montre-nous… cul sec…

Si Maître Beno me voyait, soupira-elle in petto en saisissant sa chope.
Tous les regards se portèrent sur ses lèvres lorsqu’elle les approcha du verre. On aurait dit qu’ils voulaient tous boire avec la jeune femme. Isil posa sa bouche sur le bord du récipient et goûta le liquide avant de se mettre à tousser, reposant la chope sur la table.
— Par les tripes d’un bantha, c’est quoi cette mixture les gars ? parvint-elle à articuler entre deux quintes.

Comme sa toux se calmait, elle leva une main pour couper court à tout commentaire.
- Ok, ok… je sais, ça commence mal… mais bon… vous me prenez un peu à froid là !

L’anse du verre dans sa main droite, elle le monta de nouveau jusqu’à son visage, regardant alternativement les hommes autour d’elle.
— Vous l’aurez voulu, marmonna-t-elle.

Dans les dix premiers centilitres, elle parvint à dominer l’envie de tousser et maitrisa la brûlure qui envahit son œsophage et son estomac malgré le repas qu’elle venait d’avaler… Au bout des vingt centilitres suivants, la jeune femme réfréna des haut-le-cœur sans cesser de tremper ses lèvres dans le breuvage afin de ne pas déclarer forfait et décevoir ainsi la gent masculine en train de la dévorer des yeux. Quelques larmes coulèrent depuis le coin de ses yeux sur le velours de ses joues, mais elle continua à avaler à petites gorgées. Trente centilitres. Quarante. Au demi-litre, sa vue se troubla et elle cessa de pouvoir penser de façon rationnelle. Isil avalait mécaniquement, sans pouvoir réfléchir à ce qu’elle faisait, tout doucement… ses mains tremblaient légèrement. Un grand silence local avait succédé aux encouragements initiaux. À présent, tous les regards étaient rivés sur le niveau du liquide qui descendait impitoyablement dans la chope. Alors qu’elle arrivait à la fin, un grand « aaah » prolongé et allant crescendo l’accompagna jusqu’à ce que l’ultime gorgée engloutisse les derniers millilitres. Des exclamations éclatèrent autour d’elle. Sous les bravos, Isil leva sa chope bien haut, et la renversa dans les airs. Aucune goutte ne s’en échappa. Lentement, sans trembler, elle la posa exactement au centre de la table sous les applaudissements général. Les commentaires fusèrent.
— Bravo, Isil, tu es des nôtres à présent !
— Une vraie mécano !
— Ça c’est une femme !
— Comment tu te sens ? demanda Alec parmi les superlatifs qui allaient bon train.

L’inquiétude était palpable dans sa voix. Isil ne répondit pas tout de suite. À dire vrai, elle ne savait pas trop comment elle se sentait. Son esprit commençait à s’embrumer et elle avait du mal à fixer son regard sur quelque chose, sans compter que son estomac protestait activement contre le traitement qu’on venait de lui infliger. Ses paupières s’abaissèrent lentement.

(à suivre... )


Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (fin - 3/3)
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Hiivsha
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Messagepar Hiivsha » Ven 11 Avr 2014 - 16:07   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (début - 1/3)
Vers: Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (suite - 2/3)

CHAPITRE 5 - La cantina du pont quatre (fin- 3/3)


*
* *

Les tirs de blasters fusaient dans tous les coins de la plaine sombre et humide. La pluie déversait à grosses gouttes froides ses larmes de mort et de désespoir. La lutte était âpre. Les Mandaloriens avançaient dans les marécages nauséabonds, appuyés par une artillerie efficace. Autour de la jeune fille, les soldats tombaient en gémissant dans la boue. Les Jedi, Chevaliers et Padawans, semblaient agiter dans un ballet de lumière leurs sabres laser d'une façon désordonnée. C'était la retraite. Soudain dans le ciel, une lueur éclata. Un vaisseau de commandement se posa au beau milieu du champ de bataille et des renforts en descendirent, Maîtres Jedi en tête. Les sabres laser repoussèrent aussitôt les tirs des assaillants en un bouclier presque sans faille qui permit aux troupes, un instant plus tôt désemparées, de faire une pause et de se rassembler aux ordres d'un général Jedi.
Trempée, fatiguée, portée à bout de bras par la Force qu'elle invoquait de son mieux, Isil, couverte de boue de la tête aux pieds, interceptait tous les tirs qui passaient à sa portée en les repoussant vers des Mandaloriens trop nombreux. Son épaule, déchirée par un jet de plasma en fusion, lui faisait mal. Elle suffoquait comme tous ses compagnons. Le terrain était truffé de mines de gaz toxique qui explosaient tandis qu'ils reculaient. Sa gorge était en feu. Seule la pluie glacée qui tombait du ciel lui permettait de ne pas s'écrouler en instillant en elle une source de vigueur salutaire.
— Les Maîtres Jedi sont là avec des troupes fraîches ! cria quelqu’un.

C'était sa première vraie bataille. Elle avait seize ans à peine. Le contingent des Padawans avait été envoyé en extrême urgence pour tenter de stabiliser le front. À présent, les troupes reprenaient l'offensive tant bien que mal, encouragées par ces renforts surgis du ciel au moment opportun. Les sabres laser offraient un bouclier aux soldats qui tiraient à présent sur l'ennemi sans discontinuer. Certains n'avaient pas supporté les gaz et s'écroulaient dans l'eau croupie. Isil avançait. Elle avait du mal à respirer. Sa vue était brouillée. Une silhouette accourut vers elle.
— Isil ! Ça va ?

L'homme la prit dans ses bras pour l'examiner.
— Maî… Maître Beno ? articula Isil toute heureuse de voir son Maître de retour avec autant d'hommes. J'ai fait ce que j'ai pu… Nous n'avons pas percé leur poche de défenses…
— C'est parfait ma jeune Padawan, vous avez tenu au-delà des espérances de l'État-major. Voici les troupes promises, nous reprenons l'offensive et nous allons repousser les Mandaloriens de cette plaine.

Isil écouta son Maître en essayant de s'éclaircir les idées. Pourquoi étaient-ils sur cette obscure planète à se battre contre les hommes du Mandalore ?
— Maître… les gaz… j'ai du mal… je ne peux…

Beno Mahr la secoua par les épaules et plongea son regard dans les yeux bleus troubles de la jeune fille.
— Isil ! Sers-toi de la Force ! Elle peut accélérer l'évacuation des toxines d’un corps… de ton corps… Sers-t'en pour rejeter le poison qui est en toi !

Isil hocha la tête et ferma les yeux. La présence de son Maître agissant comme un catalyseur, elle ressentit très vite autour d'elle ces vibrations que seule la Force pouvait provoquer dans l'univers. Un flux purificateur se mit à couler dans ses veines. Le trouble disparaissait progressivement. Ses forces revenaient. Son esprit se libérait.
— Il y a un plot d'artillerie à onze heures à trois kilomètres deux cents, il faut un soutien tactique, s'écria-t-elle.

L'ordre fut aussitôt relayé vers le vaisseau qui ouvrit un feu meurtrier. Un officier s'avança vers eux.
— Général, l'ennemi se replie, dit-il à l'adresse de Beno Mahr.
— Bien, répondit le Jedi, lancez toutes les divisions de réserve, qu'on en finisse !

Le Jedi regarda sa Padawan.
— N'oublie pas, Isil, la Force peut aussi éradiquer les poisons et même certaines maladies… chez les autres et chez toi aussi !

Son visage s'estompa. Maître Beno disparut du champ de bataille qui s'effaça également à son tour.
*
* *

Plongée dans la Force, Isil s’insinua dans son propre corps pour en détruire le poison mélangé à son sang, pour le chasser de son esprit, de son cerveau, de ses sens. Elle entendit Alec qui la secouait par le bras.
— Isil, ça va ?

La Jedi rouvrit les yeux et sourit.
— Ça va !
— Tu ne vas pas t’écrouler ?
— Bien sûr que non.

Argail renchérit.
— Et vomir sur nous ?

Isil éclata d’un rire clair et sonore.
— Non, ne t’inquiète pas pour tes beaux habits.
— Ça alors, me voilà bluffé, s’exclama Patris béat d’admiration devant l’air assuré de la jeune femme. J’aurais pourtant parié que tu te serais écroulée avant la fin.
— Ben voilà, t’as tout faux ! s’écria Will. La demoiselle nous a bien eus… chapeau bas, Isil !

Petit à petit, l’auditoire se dispersa et regagna ses tables respectives. Patris sortit un jeu de Pazaak.
— Qui veut faire une partie ! s’exclama-t-il.
— Pas moi, répondit Alec en prenant Isil par la main pour la forcer à se lever de sa chaise. Si Isil le permet, je l’invite à danser.

Avant même qu’elle ait eu le temps de protester, il l’entraina près de la scène où la chanteuse en herbe envoûtait l’assistance d’une voix fort agréable. Alec s’inséra au milieu des personnes qui dansaient souplement en se déhanchant seules ou en couple. Isil, toujours concentrée dans la Force pour contenir l’invasion de l’alcool dans son organisme, imita Alec qui ondulait à la perfection en tournant autour d’elle.
— J’étais certain que tu dansais merveilleusement bien, dit-il un grand sourire immaculé aux lèvres.
— Pourtant, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’apprendre.
— Alors, c’est un talent innée chez toi… en tout cas, au risque de me répéter, tu es superbement belle.

Isil baissa les yeux, embarrassée. Alec avait également de très beaux yeux noisette et deux séduisantes fossettes qui creusaient ses joues lorsqu’il souriait. Le fait de devoir se concentrer pour lutter contre l’alcool l’empêchait d’avoir les idées nettes et de réfléchir.
— Ta casquette me gêne, décida subitement Alec en lui ôta son couvre-chef pour le mettre dans une poche.

La longue tresse libérée tomba dans le dos d’Isil.
— Mince, fit-il, tu as les cheveux nettement plus longs que je ne le pensais ! Laisse-moi voir comment ils sont lorsqu’ils ne sont pas prisonniers d’une natte ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il passa les mains dans son dos, ôta l’élastique et défit les brins de la tresse en déployant largement sa chevelure autour de ses épaules.
— Fantastique ! Tu as une chevelure fantastique ! Et l’éclat de ce blond est éblouissant !

Elle sentit les mains d’Alec s’emparer de ses hanches pour l’attirer tout contre lui, au moment où l’orchestre engageait doucement une danse lente que la chanteuse initia d’une voix chaude et sensuelle, sous les sifflets d’une partie de la cantina. Machinalement, Isil passa ses bras autour du coup de son partenaire qui posa une joue contre la sienne. Que faisait-elle là ? Avait-elle le droit de se trouver là ?
Et pourquoi non ? pensa-t-elle subitement avec un curieux sentiment de révolte, qu’est-ce qui me l’interdit ?
— J’aimerais que ce moment ne finisse jamais, chuchota Alec à son oreille.

Elle sentait les caresses qu’il prodiguait le long de son dos et sur ses flancs, et décida de fermer les yeux. La longue plainte étouffée du solo de trompette gémissait dans la salle, soutenue par un synthétiseur et un drôle d’instrument triangulaire à huit cordes, cependant que la Twi’lek murmurait sa ballade dans le micro. La joue d’Alec glissa langoureusement le long de celle d’Isil et leur bouche se retrouva l’une contre l’autre. Le mécano goûta longuement le doux contact des lèvres entrouvertes avant de se lancer plus audacieusement dans un baiser appuyé et passionné. Sa main enhardie remonta le long du flanc palpitant de la jeune femme.
Il s’écoula quelques longues secondes avant qu’Isil ne réalise ce qui se passait. Le contact chaud et humide de la bouche du jeune homme la renvoya subitement un an en arrière dans un petit lac rocheux au pied d’une cascade sur Alderaan.
Hiivsha !
Alec sentit deux mains appuyées sur son torse qui le repoussaient, gentiment mais fermement. Il relâcha son étreinte et Isil recula de quelques centimètres.
— Il ne faut pas… je ne dois pas… bégaya-t-elle l’air embarrassée. Alec, je suis désolée… mais… je ne peux…
— Pardon, s’excusa le jeune homme, je ne voulais pas… je n’aurais pas dû… excuse-moi, Isil…
— Non, non, ce n’est pas toi, répliqua la Jedi en secouant la tête, ce n’est pas ta faute… mais je ne… je suis…
— Tu n’aimes pas les hommes ? demanda Alec avec un sourire volontairement suspicieux.

Isil haussa les épaules.
— Mais non, ce n’est pas ça, c’est juste que… il y a quelqu’un dans ma vie !

Les huit derniers mots étaient sortis de sa bouche sans même qu’elle ne pense à les formuler. Elle en resta elle-même interloquée. Alec laissa échapper une grimace de dépit.
Isil venait de percevoir ses propres paroles comme si quelqu’un d’autre les avait prononcés. Les lèvres béates, elle laissa la phrase résonner dans sa tête comme un écho.
Tu as bien dit ce que je viens d’entendre ? se demanda-t-elle intérieurement.
Sa concentration venait de s’effondrer et sa tête se remit à tourner. Elle porta une main à son front. Alec la secourut immédiatement en la prenant par une aisselle.
— Oups, fit-il, tu ne vas pas bien ?

Aussitôt, la Jedi se recentra sur la Force pour retrouver son équilibre. C’était épuisant mais nécessaire à ce moment-là.
— Non, merci, Alec mais ça va aller.
— Quelqu’un dans ta vie ? Tu ne me l’avais pas laissé entendre… en voilà un qui a bien de la chance !

Isil pensa.
De la chance ? Ce n’est pas exactement ce qu’Hiivsha doit se dire en étant amoureux d’une Jedi !
Il la ramenait vers la table où Argail jouait au pazaak avec ses amis, lorsque Patris s’exclama en les voyant arriver.
— Nom d’un bantha, mais c’est la Jedi de la cellule de prospection !

Il y eut un instant de flottement autour de la table pendant qu’Isil et Alec se rapprochaient d’eux. Will approuva.
— Bon sang, t’as raison, c’est la Jedi blondinette ! Mince alors, je ne l’avais pas reconnue avec sa casquette et sa tresse cachée ! Argail, mon vieux, t’étais au courant ?

Le sergent jeta ses cartes sur la table en levant les bras.
— Traite-moi d’imbécile tant que t’y es !
— Et pourquoi t’as rien dit ?
— J’ai dit qu’elle était nouvelle dans le coin… je n’ai pas dit que ce n’était pas une Jedi !

Alec venait d’entendre la réflexion et prit Isil par les épaules pour la tourner vers lui et la regarda comme s’il la voyait pour la première fois.
— Isil ? T’es une Jedi ?

La jeune femme fit oui sans rien dire puis ajouta :
— Ça change quelque chose ?

Alec et les autres parurent embarrassés. Argail en profita pour lancer ironiquement.
— Vous voulez y aller, général ?

Patris ouvrit des yeux ronds.
— Pourquoi tu l’appelles « général », Argail ?

Le sergent répondit, un sourire en coin :
— Tu ne sais donc pas que c’est le grade qu’a un Chevalier Jedi comme Isil sur un champ de bataille ?

La jeune femme fit une moue désapprobatrice.
— Ça c’est malin, sergent…

Argail éclata de rire.
— Désolé, j’ai pas pu m’empêcher… vous devriez voir vos tronches les gars, ça vaut tous les bizutages du monde !

Des rires fusèrent autour d’eux. Alec réagit le premier.
— En tout cas, ça change rien pour nous, n’est-ce pas les amis ?

Après une ou deux secondes d’hésitation, les autres reprirent en cœur.
— T’as raison… on a dit qu’Isil était une vraie mécano du « quatre », elle le restera ! Isil… général… Chevalier… vous êtes ici chez vous !
— Je vous remercie, ça me fait plaisir, avoua la jeune femme le visage un peu pâle ce qui n’avait pas échappé à Argail qui lui posa son blouson sur les épaules.
— Je pense qu’il est temps de tirer notre révérence et vous souhaiter une bonne soirée les gars, annonça-t-il pendant qu’Alec remettait la casquette sur les cheveux blonds.
— Heu… Isil… je peux continuer à t’appeler comme ça ?
— Bien sûr, répondit la Jedi avec un sourire fatigué.
— Je voulais te dire… si jamais… on ne sait jamais… tu changeais d’avis et que tu voulais t’amuser… ou plus… ou simplement parler gentiment avec quelqu’un…
— Je sais, continua Isil, je viens te voir ici…
— Ici ou ailleurs, comme tu voudras.
— C’est entendu, lâcha-t-elle comme Argail la conduisait déjà vers la sortie sous les acclamations de ses bruyants amis.

Une fois dehors, il retira ses protections nasales. Isil observa faiblement.
— Je crois que malgré la Force, je vais être malade, rentrons vite… si j’ai pu contenir les effets toxiques de ce satané breuvage, mon estomac n’est pas trop d’accord pour garder le tout…
— Je vois, grommela Argail en hâtant le pas, portant presque la jeune femme dans ses bras.

Comme ils passaient devant la salle des douches de leur secteur, Isil s’arrêta dans la coursive.
— Une pause s’impose d’urgence, ser…

Elle se précipita la tête la première dans un lavabo et rendit tout ce que son corps ne supportait plus. Argail entra à sa suite.
— Tu vas voir, ça va aller mieux.

Un gargouillis lui répondit. Isil se redressa tant bien que mal et tituba jusqu’à un pommeau de douche qu’elle ouvrit en grand sur elle en s’affaissant lentement contre le mur carrelé jusqu’à s’asseoir sur le sol.
— Tu aurais quand même pu te déshabiller, non ? observa tranquillement le sergent appuyé contre le mur opposé pour éviter les éclaboussures.

Il la laissa un instant, le temps d’aller chercher un peignoir dans sa propre chambre, puis attendit que l’eau presque froide fasse son œuvre et que la jeune femme retrouve un certain équilibre dans la Force avant de l’aider à se relever. Posément, il lui retira blouson et débardeur, ôta son pantalon et ses chaussures avant de la glisser dans le peignoir trop grand pour elle qu’il referma de son mieux à l’aide de la ceinture.
— Voilà, il ne te reste plus qu’à aller te coucher et passer une bonne nuit de sommeil.

En la soutenant par les épaules, il la reconduisit jusque dans sa chambre.
— C’est bon, affirma-t-elle comme il cherchait à défaire le lit.

Elle le poussa gentiment vers la coursive.
— J’ai repris mes esprits. Une bonne nuit de méditation dans la Force devrait me permettre de me retrouver pleinement… et de réfléchir à un certain nombre de choses. Merci de ton aide, Argail !
— À ton service, répondit le militaire en faisant un petit signe de la main juste avant que la porte ne se referme sur lui. Tu me rendras le peignoir demain ! lança-t-il en s’éloignant.

(à suivre... )


Vers : Chapitre 6 - Comprendre (Début - 1/2)
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Messagepar Notsil » Mar 15 Avr 2014 - 21:53   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Non je ne t'ai pas oublié :)

J'ai beaucoup aimé ce petit passage cantina, la petite Jedi va avoir de quoi réfléchir !
Intéressante "maladie" aussi qui se propage dans le Défiance, je pressens un lien avec la grosse onde de force ! (ou Force ? ^^).

J'ai noté ça dans le chapitre concernant Sanders et le tournevis d'ailleurs :

mais ce dernier fonctionnant avec environ quinze pour cent de son personne

-> il te manque un petit l pour personnel.

Voilou, hâte de lire la suite !
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.
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Messagepar Hiivsha » Dim 20 Avr 2014 - 13:13   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Joyeuses fête de Pâques à tous !
J'espère qu'après avoir chassé les oeufs dans le jardin et dégusté le gigot d'agneau Pascal vous aurez à coeur de continuer les aventures de notre jeune Jedi à bord du croiseur Defiance ! ;)

___________________________________________________________________

Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (début - 1/3)
Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (suite - 2/3)
Vers : Chapitre 5 - La cantina du pont quatre (fin - 3/3)




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6 - Comprendre


(Début : 1/2)


La longue silhouette noire dont la tête disparaissait dans une ample capuche, arpentait d’un pas rapide et allongé le marbre du hall de l’immeuble qui hébergeait sur Dromund Kaas les membres du Cercle Sombre lorsque ceux-ci se trouvaient à Kaas City.
Il était difficile voire impossible de décrire précisément les contours fluctuants et indistincts de cette organisation. Elle rassemblait à travers toute la galaxie des personnes influentes de tous bords et de toutes races, persuadées que seuls l’argent et le pouvoir savamment dosés et contrôlés, permettaient de se maintenir durant des siècles voire plus, au-dessus des partis, des empires, des gouvernements qui n’étaient que de passage et dont les existences étaient liées aux fortunes des temps. Ses membres avaient bâti une immense pieuvre galactique qui faisait fi de la politique à court terme de tel ou tel Chancelier ou Empereur, qui tôt ou tard finirait par tomber, trahi ou usé par les ans, en disparaissant comme il était venu. Et même si l’Empereur Sith en titre faisait preuve d’une longévité quasi-surnaturelle, seule son ombre tentait encore tant bien que mal de présider à la destinée d’un Empire rongé de l’intérieur par les luttes intestines et les complots qu’ourdissaient les grands dignitaires, prêts à s’entretuer pour une parcelle de cet illusoire pouvoir. Le Cercle Sombre se targuait d’influer sur la destinée de la galaxie toute entière, en tirant dans l’ombre des ficelles, dont les ramifications agitaient des marionnettes au plus haut de l’échelle politique et sociale de chaque planète représentant un quelconque intérêt à ses yeux. Des dynastiques financières, industrielles et commerciales, avaient été fondées sur ce principe. Elles avaient la sagesse de ne pas heurter de front les gouvernants passagers qui croisaient leur route. Les fondements du Cercle Sombre étaient : l’invisibilité garantie par le secret le plus absolu, le louvoiement permettant de plier sans casser sous les tempêtes politiques, l’action de l’ombre dénuée de scrupules et par l’intermédiaire de quiconque lui semblait bon, et l’absence de ses membres dans la lumière. Comme disaient certaines personnes du Cercle : mieux vaut choisir un Chancelier jetable, que d’être Chancelier soi-même.
La créature, de haute taille, se glissa dans un méandre de couloirs, prit plusieurs turbo-élévateurs pour achever son périple devant une porte lourdement matelassée qui s’ouvrit à son arrivée manifestant le fait qu’il était attendu.

Sitôt entré dans la pièce dont les baies en transparacier dominaient une bonne partie de Kaas City, elle ramena la capuche de son vêtement sur ses épaules, dévoilant une tête de Zabrak, rougeâtre et surchargée de tatouages sombres. À l’autre bout de l’immense bureau, un homme grand, âgé, lui tournait le dos. Il paraissait contempler le paysage extérieur noyé dans la tempête électrique permanente, résultant de siècles de rites ésotériques du côté obscur qui avaient définitivement transformé l’ionosphère de la planète. Il portait une ample toge violette qui le couvrait du haut du cou jusqu’aux pieds, faisant ressortir ses longs cheveux ondulés blancs. Pensivement, il lissait d’une main une barbe immaculée taillée en pointe.
Lorsqu’il sentit la présence du Zabrak dans son dos, ses yeux noirs perçants comme ceux d’un oiseau de proie, se plissèrent.
— Dal-Karven, siffla-t-il aigrement, vous êtes en retard.

Le Zabrak grimaça en découvrant des dents aussi jaunes que la sclère de ses yeux aux iris injectés de sang.
— Pardonnez-moi, Seigneur Dalius, mais le Grand État-major est devenu un cloaque infect envahi d’officiers puant la peur et la trahison. J’ai eu du mal à obtenir les renseignements que je cherchais.
— Le vent de complots en tous genres qui souffle sur le Conseil Noir a forcément déteint sur les couches subalternes de l’Empire, murmura l’ancien Conseiller Jaster Darillian les mains croisées dans le dos. Mais nous saurons rester au-dessus de la mêlée. Finalement, ces informations ?
— Un de nos agents, qui travaille officiellement pour Dark Jadus, m’a obligeamment renseigné.

Dalius se retourna, un sourire de satisfaction sur ses lèvres ridées. Il désigna d’un geste une paire de confortables fauteuils installés dans un coin feutré de la pièce autour d’une petite table basse, pour inviter son hôte à s’asseoir. Lui-même prit place dans le siège resté vacant puis ses paupières s’abaissèrent. Dal-Karven posa un dossier devant l’homme avant de reprendre :
— Hier, une flotte sous le commandement de l’amiral Dauhtkil a été décimée dans le secteur Thule : l’Imperator et son escorte, les frégates Moribus, Vulcano et Splendeur. D’après les rares survivants de cette boucherie, il s’agirait de l’attaque d’un seul vaisseau dépeint comme un gros Interdictor… selon certains témoignages, deux à fois plus gros que le modèle standard.

Dalius marqua la surprise en soulevant sobrement ses sourcils. Son visiteur continua.
— Toujours selon certains témoins, il serait apparu de nulle part. Quelques-uns ont prétendu qu’il pouvait se rendre invisible.

Le Sith ricana. Dalius le fixa de ses yeux ébène.
— Cela ne prête pas à sourire. Si ce fait est avéré, cette menace peut se révéler plus grande qu’on peut le penser de prime abord. Continuez !
— Mais invisible… protesta Dal-Karven.
— Peut-être une sorte de camouflage spatio-temporel…

À l’évidence, son interlocuteur était sceptique. Dalius lui intima d’un signe impatient de la main de continuer son compte-rendu.
— Quelques heures plus tard, dans le système Begeren, c’est le Scarificateur du commandant Qualii qui a été détruit… a priori par le même vaisseau. Il y avait à bord la promotion des cadets de Dromund Kaas ainsi que l’amiral Vaccus venu présider la cérémonie du serment. Là aussi, les rares survivants ont décrit un immense Interdictor. Inutile d’ajouter que l’état-major est en effervescence. Tout l’espace impérial est quadrillé par les vaisseaux disponibles à la recherche de ce… fantôme.
Dalius lissa longuement sa barbe, les yeux fermés en pianotant de l’autre main sur l’accoudoir de son fauteuil. Puis il s’empara du dossier pour le compulser en prenant tout son temps.
— Mmm… l’Imperator… et ensuite le vieux Scarificateur pratiquement désarmé… quel rapport existe-t-il entre les deux ? Ou bien, s’agit-il d’une coïncidence ? Hum… un énorme Interdictor… capable de disparaître à la vue et sans doute aux senseurs si on considère la facilité avec laquelle il a pu neutraliser ces bâtiments. Ils avaient leurs boucliers baissés… preuve qu’ils ne s’attendaient pas à de la visite et que le secteur était vierge de toute menace, jusqu’au moment où…
Dalius rejeta le dossier sur la table avant de se lever et de marcher jusqu’à la baie vitrée panoramique devant laquelle il resta plusieurs minutes immobile et silencieux. Dal-Karven s’avança quant à lui jusqu’à un meuble pour se servir un verre, prouvant par là-même qu’il était un familier des lieux.
— Un vaisseau fantôme… murmurait l’homme pendant que le Zabrak sirotait une liqueur rougeâtre. Un énorme vaisseau… un prototype… un exemplaire unique… construit par qui ?

Il se retourna subitement et s’exclama :
— Il n’y a qu’un constructeur qui a pu concevoir un tel vaisseau… s’il existe vraiment !

Dal-Karven demanda :
— À qui pensez-vous ?
— Pas à qui, mais à quoi ! s’écria l’homme en se dirigeant vers son bureau pour ordonner dans un communicateur : préparez ma navette pour rallier le Fulgurant !
— Vous partez, Seigneur Dalius ? s’étonna le Zabrak.
— Je vais sur Korriban… chercher des réponses à mes questions !
*
* *

L’amiral Narcassan cacha difficilement son désappointement suite aux différents comptes-rendus qu’il venait d’écouter. Les investigations menées par les membres de la CPM prouvaient une chose : une tension anormale inexpliquée était palpable au sein du Defiance. Le personnel interrogé avait montré du stress voire un peu d’agressivité lors des entretiens sans pour autant céder à une quelconque violence. Mais aucun lien n’avait été établi entre les faits et le docteur Barton n’avait rien pu mettre en évidence lors des analyses effectuées sur le personnel.
— Nous sommes dans une impasse, conclut l’amiral amèrement. Nous savons que quelque chose à bord provoque l’irritabilité des hommes, voire même une irascibilité patente, mais nous n’avons au final aucune idée de ce qui induit ce syndrome.

Chacun se taisait, parce qu’il n’y avait rien à ajouter à l’âpre conclusion du pacha. Subitement, Isil prit la parole.
— Si vous le permettez, amiral, j’aimerais vous soumettre une série de réflexions que je me suis faite.

Valin Narcassan leva les yeux vers elle.
— Je vous écoute, Chevalier.

La jeune femme sourit : en privé, l’amiral l’appelait par son prénom. Elle se leva et posa sur la table de conférence un datapad qu’elle synchronisa avec le projecteur holographique posé au centre de la table. Une fois allumé, une représentation en trois dimensions du Defiance s’éleva au-dessus de lui.
— J’ai effectué la synthèse des différents incidents sur lesquels nous avons enquêté en y ajoutant les plus mineurs, signalés par les différents échelons hiérarchiques du bord mais pour lesquels aucune investigation n’a été lancée. J’ai localisé précisément chacun d’eux sur cette maquette holographique du bâtiment.

Comme elle tapotait agilement sa tablette du bout de ses longs doigts, de petits points rouges s’allumèrent au milieu de la silhouette bleutée du Centurion. Leur taille variait selon la gravité de l’incident qu’ils étaient censés représenter. Lorsqu’elle eut terminé, elle se rassit et plongea ses grands yeux bleus dans le regard sombre et brun de l’amiral. Le visage de ce dernier s’éclaira.
— Intéressant, marmonna-t-il ses mains croisées contre sa bouche. La répartition est loin d’être uniforme.
— Qui plus est, amiral, si on établit une corrélation entre la densité en personnel des zones et le lieu des incidents. On pourrait en effet penser que le nombre de ceux-ci est proportionnel à celui des personnes d’un secteur. Or ce n’est pas le cas.
Isil tapota de nouveau sa tablette et l’hologramme du Defiance se colora de larges zones qui allaient du vert au rouge en passant par le jaune et l’orange.
— J’ai croisé les informations densité de population et nombre d’incidents. Plus le rapport est inversé, plus la zone apparaît en rouge. Voyez, proportionnellement, il y a eu beaucoup plus d’incidents dans cette zone.

La Jedi avait plongé sa main au cœur du bâtiment. L’amiral s’exclama :
— Cela se situe autour du pont deux et de la zone où sont installés les nouveaux générateurs !

Perplexe, Narcassan se tourna alternativement vers Maître Torve et le lieutenant Liam.
— Qu’est-ce que cela signifie ? Quel rapport existerait-il entre les générateurs mésoioniques et l’équipage ?

Le Jedi esquissa un geste d’impuissance tandis que Bump se lissait pensivement la moustache.
— Je ne vois pas, répondit ce dernier, les générateurs fonctionnent à merveille. Ils n’émettent aucune sorte de radiation, rien qui puisse interférer avec la santé des hommes. N’est-ce pas docteur ?

Il s’était tourné vers Behla Barton qui répondit :
— Je n’ai effectivement décelé aucune trace de radiation chez les sujets examinés. Plutôt des problèmes de sommeil, d’équilibre nerveux… et ainsi que vous l’avez exposé, d’irritabilité… une propension inhabituelle à la colère… des symptômes qui seraient plus du ressort d’un psychiatre.
— Il n’empêche que les faits sont là, reprit Narcassan. Selon l’exposé du Chevalier Kal’Andil, plus on se rapproche des générateurs, plus la proportion d’incidents augmente et ce alors que la densité de population des lieux décroît.
— C’est inexplicable, conclut Bump Liam dans un souffle désespéré. Mais je ne vois pas en quoi les géné…
— Pardonnez-moi, amiral, coupa Isil, mais il y a peut-être moyen d’analyser les choses différemment.

Pendant que Keraviss Sayyham pinçait ses lèvres, Valin Narcassan retrouvait un léger sourire de satisfaction. D’un signe de tête il invita la jeune Jedi à continuer. Argail adressa à Isil un clin d’œil complice qui voulait sans doute dire : continue ma petite, mets-leur en plein les mirettes !
— S’il est difficile de penser que les générateurs sont la cause directe de ce que nous pourrions appeler « le stress de l’équipage », car rien ne permet à l’heure actuelle d’étayer cette thèse, peut-être en sont-il la cause indirecte ?
— Indirecte ? répéta le colonel Vellaryn, que voulez-vous dire Isil ?
— Si nous revenons à l’incident de l’onde sonore… nous avons mis hors de cause les générateurs et pourtant, le phénomène a eu lieu pendant leur essai. Coïncidence ? Je ne pense pas. Si les générateurs ne sont pas en cause directement, peut-être le sont-ils indirectement ? Il se peut que l’énergie déployée dans cette zone — sa main s’agita de nouveau à l’intérieur de l’hologramme — ait abouti à l’émission du signal sans en être la source. La… chose qui a envoyé cette onde a pu être activée par les générateurs. Cette même chose pourrait influer sur la santé mentale de l’équipage, en particulier des gens proches du secteur incriminé.
— Une chose ? s’exclama le commandant Sayyham. Mais de quoi parlez-vous ?
— Un instant, intervint Shalo Torve. Il est vrai qu’Isil nous a signalé au Chevalier Nulee’Na et à moi, sentir quelque chose d’indistinct dans la Force au cœur même du vaisseau, mais elle est la seule de nous trois à le percevoir. Peut-être parce qu’Isil a une sensibilité dans la Force plus grande que la nôtre.
— Cependant, c’est trop faible pour que je puisse localiser l’endroit d’où émane cette perturbation, compléta l’intéressée. Mais peut-être… je dis bien, peut-être… qu’en réactivant les générateurs d’énergie mésoionique et en les poussant comme lors du test, la source de cette perturbation s’activerait plus fortement…
— Et vous pourriez plus facilement la localiser, acheva l’amiral pensivement. L’idée me paraît folle, irrationnelle… mais pourquoi pas ? Bump, vous en pensez quoi ?

Le lieutenant soupira.
— Que risquons-nous ? Il faudra bien tôt ou tard procéder à de nouveaux essais sur les générateurs. Alors, oui. Il suffira de passer en alerte collision avant le début des tests au cas où une nouvelle onde serait engendrée, pour que l’équipage se tienne prêt à toute éventualité.
— Pourquoi ne pas disséminer également des capteurs tout autour de la zone pour essayer de détecter l’origine de ce signal… si nouveau signal il y a, proposa Cregg Vellaryn.
— Excellente idée, colonel, répondit Bump, je m’en charge.
— Parfait, décréta l’amiral. Les essais auront lieu dans quarante-huit heures, ce qui laissera le temps à Bump d’équiper la zone avec tout le matériel nécessaire et à l’équipage d’être prévenu des mesures à prendre en prévision de ces tests. Je ne veux pas le moindre blessé à cette occasion !
*
* *



(à suivre…)

Vers : Chapitre 6 - Comprendre (fin - 2/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Lun 05 Mai 2014 - 16:42, modifié 1 fois.
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Messagepar Red Monkey » Sam 03 Mai 2014 - 12:17   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Voilà, Hiivsha ! Tout rattrapé ! :jap:

On peut dire que tu nous intrigues encore plus, entre cet énorme vaisseau chez les Sith et ce qu'il se passe chez Isil.
Plein plein de nouvelles données et on sent bien que ça va chauffer :diable:
Toujours très bon, rien à redire.
A part juste :
Dans le chapitre 5 (3/3), tu a écrit:— Les Maîtres Jedi, accompagnés de troupes républicaines fraîches, sont là ! cria quelqu’un.

La phrase est hachée. Y'a trop de choses, avec du coup trop de virgules, pour un cri du genre. Enfin, c'est mon avis mais là comme ça, on sort du contexte de conflit.


PS: pour Gal, analyser est plus long que lire, alors je ne vais pouvoir reprendre mon retard qu'après le bac. Mais heureusement, tu n'as pas que moi. :cute:
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Messagepar Hiivsha » Sam 03 Mai 2014 - 12:48   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Tu as bougrement raison ! Là j'ai écrit ça comme dans du texte narratif sans prendre en compte que c'est quelqu'un qui le crie.

Je change donc en :
— Les Maîtres Jedi sont là avec des troupes fraîches ! cria quelqu’un.

Merci de ta lecture. :jap:
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Messagepar Hiivsha » Lun 05 Mai 2014 - 16:41   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers: Chapitre 6 - Comprendre (début - 1/2)


CHAPITRE 6 - Comprendre (fin- 2/2)


Jaster Darillian revint sur Dromund Kaas deux jours après en être parti et fonça jusqu’aux locaux du Service Historique de la Flotte Impériale où se trouvaient les archives relatives à celle-ci, dans lesquelles il disparut jusqu’au lendemain. Lorsqu’il en ressortit, il effectua encore un crochet par le Grand État-Major avant de regagner le siège du Cercle Sombre de Kaas City.
Dal-Karven le trouva fort fatigué mais s’abstint de toute remarque.
— Vos recherches ont-elles abouties, Seigneur Dalius ? s’enquit-il sitôt le seuil du bureau franchi.

L’interpelé leva la tête. Il était assis derrière son imposant bureau sur lequel trônaient des piles de datadisques et de documents sur flimplast. L’air satisfait qu’il arborait malgré un manque évident de sommeil parlait pour lui.
— Mes recherches ont été plus que fructueuses. Elles se sont pourtant perdues dans la nuit des temps. Notre nouvel ami a un nom… s’il s’agit évidemment de celui auquel je pense : le Ragnarok !
— J’ai hâte d’en entendre l’histoire.

Les yeux de Darillian pétillèrent. Il parut subitement rajeuni à son interlocuteur lorsqu’il se renversa dans son fauteuil en prenant une grande inspiration.
— Une bien belle histoire en vérité, lâcha-t-il avec un grand sourire, même si certaines zones restent encore dans l’ombre.

Dalius parla durant une bonne heure à un Zabrak attentif qui ne perdait pas un seul de ses mots. Lorsque l’homme eut achevé son récit, Dal-Karven avait peine à masquer l’étonnement peint sur son visage.
— Voilà des événements que j’ignorais tout à fait… mais que comptez-vous faire à présent ?

Le regard de l’ancien Conseiller se durcit cependant qu’il se levait de son siège.
— Dans un premier temps, donner au Ragnarok ce qu’il cherche. Il faut toujours donner une proie à un nexu qui chasse, histoire de détourner son attention…
*
* *

La taille gigantesque du Centurion faisait de ses entrailles un labyrinthe démesuré. Il représentait à lui seul, une véritable ville. Isil savait que les tests des générateurs d’énergie mésoionique allaient commencer d’une minute à l’autre, et elle avait tenu à se rendre au cœur du mastodonte de l’espace pour être plus proche du phénomène supposé s’y trouver. Argail s’était proposé pour l’y accompagner, mais la jeune Jedi s’en était défendue, prétextant avoir besoin d’être seule avec la Force pour tenter de mieux repérer l’anomalie qu’elle était toujours seule à pressentir.
Isil avançait lentement, les yeux semi-clos, le long de coursives de maintenance mal éclairées, désertes, au plafond surchargé de tuyaux et de tubes renfermant quantité de fils électriques et de conduites diverses. La jeune femme cherchait à retrouver dans la Force la distorsion qu’elle avait ressentie sans parvenir à l’expliquer. Un vague ronronnement provenait du bâtiment lui-même, signe de vie par delà même les cloisons de duracier qui entouraient la Jedi comme les murs d’un tombeau. Ses pas souples résonnaient à peine sur le froid de l’acier. Pour un peu, elle se serait crue seule au monde et se prit à regretter d’avoir laissé son sabre-laser dans sa cabine.
Quelque part, elle entendit le sifflement assourdi des générateurs qui montaient en puissance.

L’attaque fut aussi soudaine que déconcertante. Une grosse clé à molette s’abattit sur sa tête, maniée par une main puissante et un bras musclé. Mais la Force avait vibré une seconde plus tôt, et Isil s’était rapidement déplacée latéralement d’un pas. Le lourd outil manqua de lui fracasser l’épaule et glissa douloureusement sur son bras. La Jedi pivota pour faire face à son agresseur et tendit une main pour lâcher un flot de Force qu’elle maîtrisa afin de ne pas risquer de le tuer. L’homme, projeté contre le mur, s’effondra comme une masse. C’était un ouvrier de la maintenance d’une quarantaine d’années.
La Jedi s’approcha et s’accroupit pour lui prendre le pouls. Brusquement, les deux mains de l’individu la saisirent par le cou avec une force décuplée. Il se redressa sur ses jambes, la relevant avec lui pour la plaquer contre la coursive. Instinctivement, Isil tenta de desserrer l’étreinte avec ses mains tout en suffoquant. Elle voyait ses yeux : ils étaient vitreux et avaient perdu la coloration de l’iris. L’homme faisait montre d’une puissance surhumaine. Ses courbes dans la Force étaient étranges, sombres et désordonnées. Un gargouillis inaudible sortit de la gorge de la jeune femme broyée par l’implacable étau. Puissamment, elle lança le genou de toutes ses forces dans l’entrejambe de son agresseur, mais sans le moindre résultat. C’était comme si ce dernier à ce moment précis n’avait plus rien d’humain. Les yeux d’Isil commençaient à se révulser lorsqu’elle rassembla la Force présente autour d’elle pour le repousser. L’ouvrier lâcha prise et s’envola littéralement dans le couloir en tournoyant deux fois sur lui-même avant de s’écraser contre une cloison puis de retomber sur le sol, inerte.

Suffoquant à moitié, la jeune femme tomba sur les genoux, les mains sur sa gorge endolorie, pour tenter de reprendre sa respiration. Un souffle la traversa. Elle frissonna et le duvet de sa peau se dressa cependant qu’un courant glacé parcourait son échine. Elle sentit une horripilation s’emparer de tous ses membres en entendant un vague murmure puis une sorte de rire totalement inhumain. Instinctivement, sa main se porta à sa hanche à la recherche de son sabre-laser qu’elle ne trouva pas. Les dents serrées, elle se redressa en observant tout autour d’elle et se précipita jusqu’au plus proche croisement pour vérifier si quelqu’un se tenait dans les autres coursives. Mais elle ne vit personne. Les vibrations dans la Force étaient à présent plus fortes. Elle pouvait les sentir et remonter leur flux. Les yeux fermés, elle visualisa la distorsion dont elle avait précédemment décelé les prémices, se déplaçant machinalement jusqu’à une porte fermée par un système pneumatique qu’elle déverrouilla. L’intérieur de la pièce était plongé dans le noir ce qui la fit de nouveau frissonner malgré elle. À tâtons, elle chercha des doigts un interrupteur mais ses mains se refermèrent sur une forme visqueuse qui la fit bondir en arrière en poussant un cri d’effroi. Les yeux exorbités, elle chercha dans la pénombre la chose qu’elle venait de toucher, prête à repousser une attaque sauvage, mais rien ne vint. Dans sa vision périphérique, elle ne distingua aucune menace. Ses doigts tremblants glissèrent sur le mur froid et se refermèrent sur un interrupteur qu’elle actionna. Les lumières s’allumèrent. Devant elle, il n’y avait rien. Rien pour expliquer la sensation qu’elle avait sentie quelques secondes auparavant. Elle se trouvait dans un local technique apparemment abandonné. De vieux appareils hors service étaient posés sur des racks métalliques et, un peu plus loin, quelques armoires électriques inertes se dressaient silencieuses, fixées contre la cloison.

Isil explora les lieux méticuleusement mais n’y trouva personne d’autre. Comme elle allait repartir, un nouveau souffle froid la transperça de part en part. La jeune femme se retourna violemment. En face d’elle, il n’y avait que le mur du fond. Ses paupières se fermèrent. Les lignes qui sillonnaient la Force convergeaient vers cet endroit-là et se troublaient fortement en arrivant contre le mur. Lentement, Isil s’avança vers le fond du local et posa ses mains contre l’acier froid de la cloison. Les yeux toujours clos, elle resta un moment immobile, essayant de comprendre ce qu’elle ressentait.
Hiivsha l’avait laissée là, toute seule ! Il l’avait abandonnée après lui avoir dit qu’il l’aimait !
Un sentiment de rage s’engouffra en elle à cette seule pensée : comment un homme qui prétendait aimer une femme pouvait-il s’en aller si loin d’elle ?
— Salaud ! cria-t-elle, et l’écho de son cri se mit à tourner dans la pièce.

Quelques larmes montèrent jusqu’à ses yeux et se mirent à couler sur ses joues. Malgré elle, ses poings commencèrent à marteler la cloison sous l’effet d’une violente colère incontrôlable. Devant ses yeux, se tenait à présent Satele Shan, le Grand Maître de l’Ordre Jedi qui lui interdisait d’aimer l’élu de son cœur. Ses coups de poings redoublèrent de violence pour détruire l’objet de sa vision.
— Pourquoi ? hurla-t-elle. Pourquoi me l’interdire ?

Ses mains agrippèrent la gorge du Maître Jedi et serrèrent jusqu’à ce que ses articulations en devinssent blanches. Mais la vision disparut et Isil s’effondra en pleurs pour se recroqueviller sur elle-même contre le mur froid et inerte de duracier. Un autre visage lui apparut.
— Isil ? Que t’arrive-t-il ?

La tête de la jeune Jedi se releva et son bras se tendit dans le vide de la pièce.
— Maître Beno ?

Il se tenait devant elle en souriant, l’air apaisé.
— Isil, sers-toi de la Force pour retrouver ton équilibre. Ne laisse pas le Côté Obscur s’emparer de toi.

Elle murmura malgré elle.
— Oui, Maître Beno.

Sa main chercha celle du vieux Jedi mais il disparut à son tour.
Est-ce que je deviens folle ? se demanda Isil en cherchant refuge dans la Force. Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi me suis-je mise en colère ? Pourquoi cette rage ?
Lentement elle se redressa, les yeux rivés sur un coin de la paroi du fond de la pièce autour duquel elle distinguait à présent de curieuses soudures à peine visibles. Celles-ci étaient inhabituelles. Tout laissait à penser que ce pan de mur avait été rajouté postérieurement à la cloison elle-même. Quelqu’un l’avait-il posé là après que le local eut été construit ? Que pouvait-il bien cacher ? Qu’y avait-il derrière ?
La Jedi se recula de trois pas pour embrasser du regard la totalité du mur. Pouvait-elle le faire ? Son Maître lui avait enseigné qu’il n’y avait pas de limite à ce que la Force pouvait accomplir. Selon lui, la seule limite se trouvait dans la tête de son utilisateur. Il appelait ça, « le complexe de la Force ». Beno Mahr avait souvent dit à Isil que sa sensibilité dans la Force était immense, plus grande qu’elle ne pourrait peut-être jamais le ressentir. S’il avait raison, elle pouvait le faire !

Sur la passerelle, l’indicateur de puissance des générateurs prototypes indiquait le maximum et aucun incident n’avait été à déplorer. Jamais une telle puissance n’avait été fournie aux boucliers et ceux-ci tenaient le coup, à la grande satisfaction de Bump Liam.

Isil se concentra très longuement sur le panneau d’acier, cherchant à en discerner l’invisible structure moléculaire, tentant de se convaincre que ce n’était au fond qu’une simple feuille de flimplast pliable à volonté. Il lui fallait exactement cela : être convaincue de la possibilité de ce qu’elle s’apprêtait à faire. Le temps semblait s’être arrêté. La Jedi n’était plus là. Son esprit était complètement immergé dans la Force dont elle ressentait chaque vibration et distinguait la moindre de ses courbes scintillantes. Elle évoluait dans un autre monde dans lequel les choses se percevaient au lieu de se voir ou de se toucher.
Lentement, la paroi d’acier se mit à vibrer puis son côté droit se rétracta vers le centre en se froissant comme du plastique, dégageant une ouverture de la taille d’une personne. Ce fut bref et presque silencieux.
Isil émergea de sa transe et ses paupières battirent plusieurs fois avant que ses jambes ne la portent vers le passage pratiqué dans la cloison. La lumière du local désaffecté pénétrait faiblement à l’intérieur d’un espace carré d’une profondeur de deux mètres.
Une cache, songea Isil en y entrant.

Ses yeux s’habituant à la pénombre, elle distingua au centre un système de chaînes dont plusieurs étaient rompues et dans un angle, la forme noire d’une sorte de petit coffre renversé sur le côté. Son couvercle était légèrement entrebâillé. Peut-être le choc dû à l’onde qui avait heurté le Defiance l’avait-il libéré et envoyé violemment contre la cloison ?
Isil fixait la rainure noire de l’ouverture de la boite avec la crainte d’en voir jaillir subitement quelque chose. Toute frissonnante, elle s’approcha. La Jedi pouvait ressentir l’espèce de souffle qui l’avait déjà traversée par deux fois, à l’instar d’un courant d’air. Une émotion s’empara à nouveau d’elle, montant du fin fond de ses entrailles pour nouer sa gorge et embuer ses yeux. Pour la seconde fois, elle se crispa en pensant à l’homme qui l’avait quittée quelques mois plus tôt. Que faisait-il en ce moment et où se trouvait-il ? Sans doute était-il dans les bras d’une autre plus jolie, en train de faire l’amour après lui avoir menti de manière éhontée ? À quel homme une femme pouvait-elle faire confiance ?
— À aucun ! cria une voix dans le réduit.

Isil sursauta et regarda tout autour d’elle avant de se rendre compte qu’elle venait de crier inconsciemment.
Reste concentrée, s’ordonna-t-elle intérieurement. Ne laisse pas cette chose, quelle qu’elle soit, s’emparer de ton esprit et laisse Hiivsha là où il est !
Avec précaution, elle s’agenouilla près du petit coffre et le remit à plat avant d’en soulever le couvercle bombé. La matière lui en était inconnue. Cela semblait à la fois très solide et particulièrement léger. Ne pouvant distinguer son contenu, elle le prit entre ses mains, se releva et le rapporta dans la pièce adjacente pour le poser sur une table poussiéreuse sous une lumière.
Dans le coffre se tenait en sustentation un objet de couleur pourpre foncé presque noir, parfaitement lisse, qui avait la forme d’une portion de sphère dont on aurait enlevé le centre. La Jedi estima qu’il devait représenter environ le tiers de cette potentielle sphère creuse. Ses yeux étaient rivés sur lui sans pouvoir s’en détacher. Dans sa tête, elle entendait des voix fluctuantes lui murmurant des paroles indistinctes ou dans un langage qu’elle ne connaissait pas. Elles allaient crescendo, emplissant son esprit de stances incompréhensibles presque mélodiques sous lesquelles ses pensées s’embrumaient. Ses doigts s’avancèrent vers l’artéfact puis, au prix d’un intense effort de volonté, elle referma violemment le couvercle dont la serrure magnétique émit un léger clic en se verrouillant. Les voix se turent aussi soudainement. Elle ressentit aussitôt un grand vide intérieur. Il lui sembla qu’un silence écrasant s’abattait sur elle et qu’elle respirait pour la première fois depuis longtemps.
Isil resta plusieurs minutes, prostrée, pétrifiée devant le coffre noir avant de pouvoir esquisser son premier geste. Elle leva son bras gauche pour appuyer de l’index droit sur le bouton de son communicateur de poignet et articuler d’une voix peu assurée :
— Communication prioritaire pour l’amiral !
*
* *

L’ouvrier qui avait agressé Isil fut évacué sur l’hôpital du bord. Ses yeux étaient redevenus normaux et il paraissait ne pas se rappeler de l’incident.
Une expertise de la cache dans laquelle le coffre avait été découvert ne donna aucun résultat. Les soudures avaient pratiquement l’âge du vaisseau ce qui indiquait que la cachette avait été scellée plusieurs siècles auparavant. La datation de l’artéfact lui-même remonta à plus de vingt-cinq mille ans et sa matière ne put être identifiée par l’équipement disponible à bord. Seuls les Jedi du Defiance parvenaient à sentir l’émanation obscure qui s’en dégageait mais une fois dans son coffre bien refermé, l’objet parut perdre son pouvoir maléfique.
— Il semblerait que l’énergie dégagée par les générateurs mésoioniques installés non loin de la cache ait joué le rôle d’un catalyseur ayant réactivé l’artéfact, résuma l’amiral en présence des membres de la CPM. Ce dernier est incontestablement à l’origine de l’onde émise il y a quelques jours. Vers qui et dans quel but l’a-t-elle été, nous ne le savons pas. Peut-être n’y a-t-il aucune réponse à cette question… En effet, si, je dis bien, si cette onde était un signal pour quelqu’un ou quelque chose, on peut penser qu’au vu de l’âge de l’objet, ce quelqu’un ou cette chose n’existe plus.
— C’est possible, murmura prudemment Maître Torve.
— Lors de ce phénomène d’une puissance inouïe, l’amarrage du coffre s’est sans doute brisée et ce dernier s’est entrouvert, laissant échapper ses… effluves… radiations… ondes… je ne sais trop comment dire, qui ont eu les répercussions que vous savez sur l’équipage : stress, insomnies, agressivité… en tout cas chez les sujets les plus fragiles et les plus proches géographiquement de la cache.
— C’est en tout cas notre analyse au docteur Barton et à moi-même, déclara le médecin-chef.
— À présent que le coffre a été refermé, son potentiel de dangerosité a été réduit à néant… enfin, nous l’espérons. Mais je ne tiens pas à conserver cette… chose à bord, plus que nécessaire. Je vais contacter le Conseil Jedi de Tython pour leur proposer de leur amener l’artéfact afin que les Maîtres de l’Ordre puissent l’étudier. Dès que nous aurons leur accord, nous ferons route. D’ici là, le coffre restera dans la pièce sécurisée de l’armurerie de la CPM sous la surveillance de ses membres.

Argail se pencha vers Krig Landala et marmonna à son oreille.
— Comme ça, si on se tape sur la gueule, on saura pourquoi.

L’aparté n’avait pas échappé à l’amiral qui interpela le soldat, un sourire en coin.
— Un commentaire, Sergent Argail ?

Ce dernier leva la main.
— Absolument pas, amiral… on veillera dessus, vous inquiétez pas !
*
* *

Le commandant Nembro pénétra à l’intérieur de la pièce sombre où le Sith méditait en compagnie de son apprentie.
— Nous avons du nouveau, Seigneur Remus, annonça-t-il.

Le Zabrak releva très lentement la tête pour diriger vers lui ses yeux ocre.
— Parlez, Nembro.
— Nous avons localisé le Terreur Noire dans les bases de données de la flotte impériale. L’information n’est disponible que depuis une heure, mais elle semble fiable. Nous avons de la chance, car peu de vaisseaux de la République sont recensés dans cette base… il faut également considérer qu’il peut très bien être en mouvement.
— Pouvons-nous l’intercepter ?
— S’il ne passe pas d’ici là en hyperespace, nous pourrions être sur lui dans sept heures.
— Sous quel nom républicain évolue-t-il à présent ?
— Il a été rebaptisé Defiance par nos ennemis après sa prise vers la fin de la Guerre Civile des Jedi.

Les yeux du Sith se mirent à briller d’un éclat sanguinaire.
— Alors, mort au Defiance !

(à suivre... )


Vers : Chapitre 7 - Attaque
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Modifié en dernier par Hiivsha le Jeu 12 Juin 2014 - 15:32, modifié 1 fois.
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Messagepar Notsil » Lun 05 Mai 2014 - 20:31   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Très intéressante cette suite. Des éléments a priori séparés se retrouvent liés, et en plus tes personnages, gentils comme méchants, ont cette capacité rare de réfléchir intelligemment :)

Donc le Défiance va se trouver pris dans le feu croisé d'une guéguerre Sith ? ^^
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Messagepar Hiivsha » Jeu 12 Juin 2014 - 15:30   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Après plus d'un mois de silence, voici la suite de cette histoire. Je vous livre le chapitre entier pour ne pas casser l'action qui est ici une bataille spatiale.
Etant dans un "trou" d'écriture - peut-être la fatigue ? - il faut maintenant que je me remotive pour continuer.
___________________________________________________________________

Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers : Chapitre 6 - Comprendre (début - 1/2)
Vers : Chapitre 6 - Comprendre (fin - 2/2)




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7 - Attaque



Isil soutint longuement le regard de Nulee’Na avant d’abaisser ses paupières pour engager sa méditation. Les deux jeunes femmes se trouvaient au centre de la salle réservée aux Jedi, assises en tailleur, l’une face à l’autre. La première portait sa courte tunique blanche coutumière, sur laquelle elle avait passé sa non moins traditionnelle bure, la seconde portait une armure légère et souple en matériaux composites, à la mode Twi’lek. Les femmes de cette race avaient une façon très particulière de concevoir leurs vêtements. Une façon qui pouvait apparaître très suggestive aux non natifs de Ryloth. Ainsi, son armure brune couvrait seulement le torse et le bassin. Elle portait en outre des gantelets, des protège-épaules et des bottes montantes. Un large passant de même couleur enserrait son front et courait derrière ses longs lekkus tressés de bandelettes de cuir. Ses yeux légèrement orangés se fermèrent à leur tour.
*
* *

Le commandant Nembro tendit son doigt vers l’espace infini et s’exclama :
— Le voilà… à notre merci !

Devant eux se profilait la lourde silhouette du croiseur de bataille dont la vitesse modérée prouvait qu’il ne s’attendait pas à être attaqué.
— Je ne veux surtout pas qu’il puisse passer en hyperespace ! grogna Dark Remus le visage dissimulé dans son ample capuche sombre. Préparez le générateur antigravitationnel. Je veux un puits de gravité sur sa trajectoire dès que nous aurons désocculté. Cible prioritaire, son hyperdrive. Une fois détruit, le Defiance sera à notre merci !
— Devons-nous faire sortir la chasse ?

Le Sith serra un poing ganté de noir devant lui.
— Inutile, ses boucliers ne sont pas levés. La surprise est totale et joue en notre faveur. Nous l’aurons anéanti avant même qu’il se rende compte de ce qui lui arrive.

La masse du Centurion augmentait à présent à vue d’œil. Pour le Ragnarok, le croiseur républicain était un adversaire dangereux et puissant, grand comme deux Interceptors normaux. Mais le prototype de Dark Remus presque trois fois plus grand que l’original conservait l’avantage de la taille et son dispositif lui permettant de se soustraire à la vue et aux senseurs de l’ennemi, lui donnait un atout définitif.
— Préparez-vous à désocculter ! ordonna le Sith les yeux rivés sur son adversaire. Et à faire feu de toutes les pièces !
*
* *

L’harmonie et la paix. Voilà ce qu’Isil cherchait dans sa méditation. L’harmonie, pour fuir les visions cauchemardesques qui s’étaient imposées à elle à l’approche du mystérieux artéfact, et l’avaient déstabilisée en la plongeant dans un monde obscur de chaos. La paix, pour chasser les émotions qui l’avaient submergée. Cette dernière lui paraissait la plus difficile à obtenir dans la Force, tant ses pensées revenaient systématiquement sur Hiivsha lorsqu’elle s’abandonnait à la quiétude du moment. La jeune Jedi avait beau fermer les yeux et ne penser à rien, le visage du contrebandier flottait dans l’intimité de ses paupières et à chaque fois, son rythme cardiaque s’accélérait. Elle se refusait à ressentir de l’inquiétude pour lui mais son trouble s’accentuait lorsque s’imposait en elle l’idée d’une absence physique voire même charnelle.
Dans un effort violent, elle tenta de chasser toutes ces pensées pour se replonger dans la pureté de la Force, dans ses lignes de lumière qui scintillaient tout autour et au-delà du vaisseau. Soudain, les lignes se déformèrent et une zone sombre apparut, prenant l’espace d’une seconde l’apparence d’un être de cauchemar dont les mandibules hideuses s’ouvrirent pour avaler le Defiance. La coque de ce dernier se mit à suinter de sang pour se couvrir de rouge avant d’exploser en une pluie de morceaux de chairs sanguinolentes qui ensevelit instantanément la Jedi.
Réfrénant un cri, Isil rouvrit ses yeux au moment où Nulee’Na en faisait autant, le visage blême. Les deux jeunes femmes échangèrent un regard et comprirent l’avertissement que la Force venait de leur adresser. Comme un seul homme, elles se dressèrent et sortirent précipitamment de la salle pour s’engouffrer dans les coursives. Telles des forcenées, elles négligèrent l’ascenseur pour avaler sous leurs pieds, avec l’aide de la Force, les escaliers montant vers la passerelle dans laquelle elles déboulèrent, ouragan vivant, sous le regard ahuri de l’officier de quart.
— Alerte maximum, hurla Isil en se précipitant vers une console devant laquelle se tenait un jeune sous-officier Céréen : levez les boucliers, vite !

L’officier de permanence de commandement souleva un sourcil et les regarda comme s’il avait affaire à deux folles.
— Qu’est-ce qui vous prend ? s’exclama-t-il d’un ton hautain, de quel droit donnez-vous cet ordre ?

Sans se donner la peine de répondre, Nullee’Na le bouscula pour écraser un bouton rouge de la paume de sa main. Aussitôt, toutes les sirènes du bâtiment se mirent à rugir et des lumières rouges à tournoyer un peu partout. De son côté, Isil se pencha vers le Céréen qui la regardait en hésitant.
— Désolée, pas le temps de vous expliquer !

Elle passa la main devant ses yeux en articulant lentement :
— Levez les boucliers en urgence absolue !

Aussitôt, l’opérateur se retourna vers sa console en répétant :
— Boucliers… urgence absolue…

De ses doigts agiles, il enfonça plusieurs touches et aussitôt sur son écran, des ponts lumineux apparurent tout autour de la forme symbolisant le vaisseau.
La plus grande confusion régnait sur la passerelle. L’officier de quart tentait de reprendre la main sur sa console pour stopper l’alerte, mais la Twi’lek lui résistait. De son côté, l’enseigne égrenait mécaniquement la montée en puissance de la protection du Centurion :
— Dix pour cent… vingt pour cent… trente pour cent…

Isil cria à l’adresse d’une jeune femme :
— Vue arrière, immédiatement !

L’opératrice n’eut même pas un regard pour son supérieur qui se débattait toujours avec l’autre Jedi et obtempéra. L’espace apparut sur l’écran géant.
Le temps d’une seconde, Isil pensa amèrement que Nulee’Na et elle s’étaient trompées. Il n’y avait rien derrière eux ! Mais l’instant d’après, un voile se forma devant leurs yeux incrédules, une distorsion qui fit danser les étoiles visibles le temps pour une forme menaçante de se matérialiser.
— Un Interdictor ! cria quelqu’un.

L’officier lâcha la Twi’lek, stupéfait. Une seconde encore et une grande quantité de traits lumineux s’échappaient du colosse. Quelque part, une série d’explosions sourdes ébranla le vaisseau, à peine audibles dans le vacarme des alarmes.
— Boucliers soixante pour cent… annonça l’enseigne.
— Plus vite, s’exclama Isil malgré elle.

Plusieurs éclats de lumière jaillirent de l’agresseur.
— Torpilles à protons ! s’écria l’opérateur des senseurs. Impact dans cinq secondes.
— Boucliers soixante-dix pour cent… quatre-vingts…

Le choc fit osciller le Centurion et chacun se cramponna à ce qu’il put pour ne pas perdre l’équilibre. Au même moment, Valin Narcassan et Shalo Torve pénétraient sur la passerelle.
— Que se passe-t-il ? s’exclama le premier.
— Nous sommes attaqués par l’arrière, cria l’officier de quart désemparé. Nous n’avons rien vu venir… ils… ils ont surgi de nulle part !
— Boucliers levés, madame ! annonça plus fort le Céréen en regardant Isil.

Narcassan se rua sur son fauteuil en ordonnant :
— En avant toute, vitesse maximum ! Ordre à toutes les batteries d’ouvrir le feu.

Les coups portés sur les boucliers résonnaient à présent d’un peu partout comme des centaines de poings martelant une tôle.
— Capitaine Morgan, au rapport ! ordonna froidement l’amiral à son officier de quart.

Ce dernier fit trois pas vers lui.
— Je ne sais pas d’où est venu ce vaisseau, amiral… les deux Jedi ont fait irruption sur la passerelle pour déclencher l’alerte et ordonner de lever les boucliers. Sur l’écran arrière il n’y avait rien puis d’un seul coup, cet Interdictor est apparu … apparu de nulle part !

Le pacha lança un regard à la Twi’lek et à sa consœur.
— Je crois bien que vous venez de sauver le Defiance, mesdemoiselles… pour le moment du moins, ajouta-t-il.

Il pressa un bouton pour se brancher sur la sono générale.
— Alerte générale. Ceci n’est pas un exercice. Tous les chasseurs à l’envol pour une protection rapproché du bâtiment. Objectif, l’Interdictor qui nous attaque par tribord arrière. À toutes les pièces, feu à volonté sur les générateurs de boucliers de l’assaillant.

Puis se tournant vers Torve.
— C’est quoi ce vaisseau, Shalo ?

Le Maître Jedi se laissa aller à une grimace dubitative.
— Un énorme Interdictor, à première vue… je n’ai jamais rien vu de tel… peut-être un prototype de l’Empire ?
— Lieutenant Will, lança l’amiral au pilote, peut-on le distancer ?
— Je ne sais pas, amiral, je fais mon possible.
— Pouvons-nous passer en hyperespace ?
— Pas pour le moment, l’ennemi génère un puits de gravité qui nous en empêche.

Isil s’avança, accompagnée de Nulee’Na.
— Permission de prendre nos vaisseaux, amiral ?

Narcassan fit oui de la tête.
— Allez-y, jeunes filles, que la Force soit avec vous !

Les deux Jedi quittèrent la passerelle comme elles y étaient entrées : en coup de vent.
— Console technique, lança le pacha à l’adresse d’un Twi’lek penché devant ses indicateurs, rapport d’avarie !

Le sous-officier se retourna vers lui, le visage crispé.
— La première salve a touché le bâtiment avant que les boucliers ne soient complètement levés. Il y a eu plusieurs explosions au niveau du générateur d’hyperdrive, amiral. Je pense que c’est la première chose que l’ennemi a visé.
— Ils ne veulent pas que nous leur faussions compagnie, marmonna Maître Torve.
— Des dégâts ?

Le jeune twi’lek ne put répondre. Il fut interrompu par une voix familière.
Bump à la passerelle ! Amiral, vous m’entendez ?
— Je vous écoute, Bump. Quelles sont nos avaries ?
Perte de puissance de trente pour cent sur les moteurs principaux. Les boucliers semblent tenir le coup mais leur résistance diminue rapidement à cause de la puissance de feu de l’ennemi… jamais nous n’avons été pilonnés ainsi.
— Pouvons-nous passer en hyperespace ?
Là encore, amiral, le générateur d’hyperdrive a été endommagé au niveau de ses stabilisateurs. Si on ne fait rien, leur utilisation risque de provoquer des distorsions dans la matrice d'espace-temps.
— Vous pouvez réparer ?
En plein combat ? Impossible amiral ! Il faut que nous soyons au calme quelque part une dizaine d’heures.
— Et le générateur de secours ?
Il a souffert aussi, mais il est encore potentiellement opérationnel, du moins pour un passage très bref en hyperespace… sinon, il y a risque de surchauffe et d’explosion.

Valin Narcassan grimaça sur son siège.
— D’accord, Bump, préparez-vous à passer en hyperespace avec le générateur auxiliaire dès que nous serons en mesure de le faire.


À l’extérieur, l’espace s’était transformé en champ de bataille et rempli de petits points qui se mirent à papillonner autour des vaisseaux. C’était les trois escadrons du régiment de chasse aérienne du Defiance qui venaient de sortir, désignés respectivement escadron rouge, vert et bleu pour la conduite des opérations. Chacun regroupait quatre escadrilles de cinq chasseurs tactiques soit vingt Aurek. Étaient venus s’y ajouter une centaine de chasseurs impériaux que Dark Remus s’était résigné à faire sortir à son grand dam, lorsqu’il constata que son plan initial venait d’échouer.
— Pour tous les diables ! s’emporta-t-il, comment ont-ils su ? Pourquoi ont-ils levé les boucliers avant notre désoccultation ?
— Il y a des Jedi à bord, observa calmement Suri. Ils ont dû sentir notre présence dans la Force.

Le poing du Sith s’écrasa sur une console qui se fendilla sous la violence de l’impact.
— Où en sont nos boucliers ?
— Ils tiennent le coup, même si leur puissance diminue lentement. Le Defiance perdra ses protections avant nous.
— Bien !

Le Zabrak découvrit ses dents jaunes et pointues dans un rictus malsain.
— Il est à bord, je sens sa présence à travers l’essence de Ghar ! Bientôt, il sera à moi !


Isil et Nulee’Na s’étaient précipitées jusqu’au hangar où les mécaniciens avaient préparé leur vaisseau respectif. Au moment où la première s’engageait sur la rampe d’accès du sien, une voix éclata non loin d’elle :
— Je viens avec toi !

Argail arrivait à toutes jambes et s’engouffra derrière elle dans l’appareil.
P2-A2 était déjà à son poste. La jeune femme se rua dans le cockpit et sans prendre le temps de s’harnacher, poussa sur la commande des gaz. Argail se jeta à son tour dans le siège du co-pilote.
— Qu’est-ce que tu fiches ici ? demanda Isil légèrement surprise.
— Je savais que tu n’allais pas pouvoir résister à l’appel de la bagarre, s’écria-t-il, et comme tous les chasseurs étaient sortis, facile de deviner que tu allais prendre ton appareil… depuis le temps que je rêvais de le visiter !

En rugissant, l’ancien vaisseau de Maître Beno Mahr — une sorte de corvette hybride ressemblant à un croisement entre le Défenseur Jedi et le cargo YT1100 d’Hiivsha — s’extirpa du hangar, suivi par celui de la Twi’lek.
— Tu sais piloter ?
— Pas du tout, avoua le sergent. Enfin, presque pas du tout. J’ai essayé une ou deux fois mais à chacune j’ai foutu une trouille bleue… à moi ainsi qu’à celui qui était à mes côtés. Depuis, plus personne ne veut me laisser les commandes.

L’espace tout autour d’eux était saturé de traînées rouges. L’Interdictor faisait feu de toutes ses batteries. Les plus grosses dirigées vers le Centurion, les plus petites sur les Aurek qui avaient engagé avec les chasseurs impériaux un ballet frénétique. Au régiment de chasse du Defiance, s’étaient jointes les deux escadrilles de cinq chasseurs de l’Unité Opérationnelle Intégrée, désignées par le qualificatif de « jaune ». Au total, soixante-dix unités avaient pris l’espace : la totalité de la défense rapprochée du croiseur de bataille. Minuscules, comparés aux deux vaisseaux de guerre, ils ressemblaient à des mouches s’agitant autour de deux banthas.
— Ici noir leader… à tous, voici mes instructions ! lança Isil d’une voix autoritaire comme son grade au combat l’y autorisait. Bleu, vert et rouge, vous vous occupez des chasseurs impériaux. Jaune avec moi et noir deux. Objectif, les générateurs de boucliers de l’Interdictor.

La corvette d’Isil obliqua vers l’énorme cuirassé ennemi, en louvoyant au maximum pour éviter les tirs des batteries légères de canons lasers, donnant l’exemple à ceux qui la suivaient. P2-A2 émit une longue plainte électronique suivie d’une série de modulations contrariées. Sans se retourner, Isil lui répondit :
— Oui, je sais, je ne suis pas en tenue… mais nous ne sommes pas à bord d’un Aurek, et je ne compte pas me laisser toucher.

Comme elle disait ces mots, un tir rebondit sur ses déflecteurs et le vaisseau oscilla.
— Rectification, je ne compte pas me laisser trop toucher !
— C’est ce que j’espérais également, ajouta le militaire.


Sur sa passerelle, Dark Remus observait le combat spatial ainsi que le Centurion qui filait à présent à vitesse maximum.
— Où va-t-il comme ça ? ironisa-t-il. Pense-t-il pouvoir m’échapper ? Même s’il parvenait à passer en hyperespace, les radiations émises nous permettraient de le suivre.
— Peut-être se dirige-t-il vers ce nuage gazeux, là-bas, Maître, suggéra Suri Magdiik en pointant son doigt vers une trace orangée et bleutée légèrement sur leur gauche.
— Une nébuleuse ! s’exclama le Sith. Il va chercher à s’y réfugier dedans, comme un pleutre ! Sortez le rayon tracteur !

Le commandant Nembro s’insurgea :
— Le rayon tracteur, Seigneur ? Sur un vaisseau de cette taille et de cette puissance ? Nous allons griller le générateur !

Le Sith tourna son visage hideux vers le militaire.
— Au diable le générateur. Il faut retarder son arrivée dans la nébuleuse, sinon, nous risquons de le perdre. Pire, s’il passe en hyperespace là-dedans, nous ne pourrons déceler les radiations laissées par son saut !
— Oui, Seigneur ! se contenta de répondre le commandant.


C’est exactement ce qu’avait l’intention de faire l’amiral Narcassan qui trouvait inconfortable le fait d’avoir un ennemi à ses trousses sans pouvoir lui faire face pour tenter de reprendre l’avantage. Lorsque le navigateur lui avait signalé ce nuage gazeux, il avait aussitôt pris sa décision en se tournant vers Maître Torve.
— Que diriez-vous d’une partie de cache-cache, Shalo ?

Le Jedi avait laissé transpirer un léger sourire.
— Ce sera peut-être l’occasion de changer de tactique.
— Pilote, droit sur la nébuleuse par bâbord avant, vitesse maximum.

Une secousse plus forte balança le Defiance. Quelqu’un cria :
— Nous avons été touchés !

Comme l’amiral regardait Torve, ce dernier fit non de la tête.
— C’est autre chose, dit-il.
— Un rayon tracteur ! s’écria le pilote.

En effet, tout le bâtiment tremblait à présent sous la contrainte inverse que produisait le rayon du Ragnarok sur sa coque. L’amiral appela dans son communicateur.
— Bump ! Vous êtes là ?

La voix familière répondit aussitôt.
Oui, amiral, que se passe-t-il ?
— L’ennemi nous a pris dans son rayon tracteur.
Il est malade ? Il ne pourra jamais forcer le [i]Defiance à s’arrêter ! [/i]
— Il cherche juste à nous retarder. Nous essayons de gagner une nébuleuse et cela le contrarie. Où en sont les boucliers et les moteurs ?
Les boucliers tiennent, mais ils ne sont plus qu’à quarante pour cent de leur potentiel et ça descend toujours au fur et à mesure que nous encaissons les coups. Les moteurs sont remontés à quatre-vingt-dix pour cent.
— Poussez-les au maximum ! Nous allons bien voir si son rayon tracteur tient le coup.
Impossible, amiral, sinon nous allons affaiblir les boucliers. À moins que…

Comme le lieutenant s’était arrêté, l’amiral poussa un grognement d’impatience.
— Une suggestion, Bump ?
Je me disais que c’était peut-être le moment de tester les générateurs mésoioniques en condition réelle. Si on pouvait dévier toute leur puissance sur les boucliers, on pourrait dériver l’énergie de ces derniers sur la propulsion. Ainsi nous gagnerions en vitesse et les boucliers remonteraient au maximum.
— À condition que les prototypes ne nous lâchent pas en plein combat, objecta Narcassan. Nos tests sont loin d’être achevés. Nous n’avons pas pu juger de leur endurance à pleine puissance.
Je sais, amiral. Je ne suis pas devin.

Le pacha consulta Torve du regard mais ce dernier se tint coi. L’amiral pressa de nouveau le bouton de son micro.
— Entendu, Bump, lancez les générateurs et dès qu’ils seront à pleine puissance, basculez leur énergie vers les boucliers.
C’est parti, amiral ! s’exclama la voix toujours plein d’entrain de l’officier-mécano.


La bataille spatiale se poursuivait, ponctuée d’explosions qui illuminaient l’espace comme un feu d’artifice. La radio elle-même était saturée des ordres distribués consciencieusement par les leaders d’escadrille à leurs membres, des avertissements que se lançaient les coéquipiers entre eux, des commentaires de victoire chaque fois qu’un chasseur impérial disparaissait des écrans radars ainsi que des cris de désespoir lorsque l’un des Aurek était abattu.
Isil et Nulee’Na, protégées par les deux escadrilles jaunes, arrivaient à présent aux abords de l’immense bâtiment. Sa coque en forme de bec était surmontée d’une haute tour au sommet de laquelle trônait la passerelle de commandement depuis laquelle Dark Remus observait le combat. Elles venaient de recevoir l’ordre de s’en prendre au générateur de rayon tracteur qui ralentissait le Defiance.
Jaune leader à Noir leader, un groupe d’impériaux foncent sur nous. A priori, ça n’a pas l’air de leur plaire de nous voir venir si près pour leur rendre visite.
— Noir leader à escadrilles jaune, engagez le combat. On va finir la route toutes seules, reçu noir deux ?
Je suis d’accord, répondit Nulee’Na. On va s’occuper du générateur de rayon tracteur. Toutes mes torpilles et mes missiles sont parés. Y’a plus qu’à tout cracher !
— Pareil pour moi ! Notre sergent attend depuis trop longtemps de voir enfin du spectacle.

Argail répliqua vivement.
— J’ai toujours dit que les femmes au volant étaient des dangers publics… quand je vois comment vous pilotez, mesdemoiselles, je persiste et signe !

Isil reprit, d’une voix moqueuse en voyant le visage plutôt blême du militaire :
— Je crois que s’il aurait su, il aurait pas venu !

Le Défenseur et la corvette d’Isil arrivaient à présent devant le Ragnarok et plongèrent sous sa coque, cherchant à se protéger dans l’irrégularité de ses structures pour échapper aux batteries de défense locale. Isil fit tournoyer plusieurs fois son appareil pour éviter un tir de barrage protégeant une sorte de tranchée qui devait lui permettre de se rapprocher de sa cible. Les doigts d’Argail se crispèrent sur les accoudoirs du fauteuil à tel point que ses articulations perdirent toute pigmentation.
— Accrochez-vous, ça va remuer ! cria la Jedi immergée dans la Force pour bien distinguer chaque tir menaçant l’appareil.


Plusieurs coups puissants ébranlèrent le Defiance et malgré les boucliers, une explosion provoqua une boule de feu sur l’avant tribord du vaisseau. Une batterie de canons lasers venait de subir l’impact d’un missile protonique.
— Amiral, s’exclama le Céréen devant sa console. Les boucliers ne sont plus qu’à vingt pour cent… en chute libre !

Narcassan frappa du poing sur les bras de son siège.
— Nous n’arriverons jamais à temps dans cette nébuleuse !

Il écrasa le bouton des communications.
— Bump !
Oui, amiral ? répondit aussitôt la voix du lieutenant.
— Nous perdons nos boucliers trop vite et nous sommes encore trop loin de la nébuleuse. Il faut passer sur les générateurs mésoioniques maintenant avant de nous retrouver à poil !
Maintenant, amiral ? Mais nous ne sommes pas prêts. Il y a un risque de nous retrouver sans boucliers durant quelques secondes le temps du transfert d’énergie.

Pour la première fois, Valin Narcassan décela de l’anxiété dans la voix de son subordonné d’ordinaire si optimiste.
— Combien de temps ?
Difficile à dire, amiral, cinq ou six secondes…
— Je vous en donne trois pour effectuer le transfert.
Bien, amiral. J’entame le décompte… dans dix secondes, on coupe tout.
— Il ne nous reste plus qu’à compter un peu sur notre chance, n’est-ce pas Shalo ? lança l’amiral à l’intention du Jedi assis devant la console de coordination des batteries.

Maître Torve eut pour toute réponse une grimace peu convaincue et ordonna :
— Paré à tirer avec tous les lance-missiles et tous les lance-torpilles à mon commandement !

Il ajouta en regardant Narcassan.
— Si ça peut les distraire ne serait-ce qu’un instant.

Comme le décompte était sur cinq, sa voix claqua comme un coup de fouet.
— Feu !

Une volée de tubes oblongs s’envola vers l’énorme masse du poursuivant.
— Ça devrait au moins le secouer un peu, avança le Jedi en suivant l’avancée des projectiles sur l’écran.

La voix du lieutenant Bump s’exclama.
Boucliers coupés. Transfert en cours !

Narcassan soupira.
— Nous venons de baisser notre pantalon. Il ne nous reste plus qu’à serrer les fesses !

Les missiles et les torpilles venaient d’atteindre leur cible. Le Ragnarok accusa le coup sans férir. Pourtant, ses générateurs de boucliers avaient dû être particulièrement sollicités.
— Une véritable machine de guerre, observa Maître Torve. Je me demande d’où il sort ?

Plusieurs explosions ébranlèrent le Centurion. Elles furent ressenties jusque sur la passerelle. L’amiral enclencha le micro.
— Toutes tranches, rapport sur les avaries !

Les rapports se succédèrent rapidement, souvent en quelques mots exemplaires de concision de la part de professionnels sachant combien au combat chaque seconde était essentielle.
Transfert d’énergie terminé ! s’exclama la voix de Bump. Les boucliers sont de nouveau opérationnels à deux cents pour cent !

Nacassan se frotta les mains.
— Parfait, à présent, droit sur cette nébuleuse. Poussez-moi ces moteurs au maximum !

Les dégâts pouvaient paraître sérieux pour quelqu’un qui se trouvait sur place, mais vu l’énormité du vaisseau, ce n’étaient que des blessures non mortelles. Les incendies et les dépressurisations provoqués par les explosions étaient contenus par les cloisons étanches qui quadrillaient le bâtiment en une savante grille de protection. Un hangar avait été mis hors service par des torpilles à protons, deux batteries légères de protection rapprochée et une batterie de canons lasers avaient souffert des tirs qui s’étaient engouffrés dans la brèche temporelle liée au transfert d’énergie sur les boucliers. Différents autres endroits de la coque avaient été touchés et laissaient échapper des lueurs de brasiers activement combattus par les équipes de sécurité.


La bataille entre les Aurek et les chasseurs impériaux continuait autour des deux mastodontes. L’habileté des pilotes et l’extrême maniabilité des petits vaisseaux rendait difficile les coups au but y compris pour les batteries de défense rapprochée des cuirassés. Sur les écrans du centre des opérations aériennes du Defiance, actif comme une fourmilière, des symboles lumineux clignotaient furieusement pour indiquer en temps réel l’état des appareils. Neuf avaient été abattus. Pour la plupart, ils avaient explosé dans l’espace après avoir perdu leurs boucliers, ne laissant aucune chance de survie à leur pilote. Cinq endommagés avaient été enjoint de regagner leur hangar. Du côté de l’ennemi, on devait se satisfaire de vingt-deux chasseurs impériaux abattus. Cette différence s’expliquait par la solidité des monoplaces républicains équipés de boucliers quand ceux de l’empire n’en possédaient pas et se révélaient en conséquence bien plus fragiles.
Isil était arrivée au centre du bâtiment sous le ventre du géant et tira violemment sur son manche pour s’extirper de la tranchée. Son appareil effectua une parabole destinée à le mener à portée de tir du générateur de rayon tracteur. La corvette fut aussitôt prise à partie par la défense locale. Sous l’impact, le vaisseau frémit.
— P2, assure-toi que nos boucliers tiennent le coup ! ordonna la Jedi sans quitter des yeux son objectif qui se trouvait à présent droit devant.

Le droïde modula une réponse qui se voulait rassurante mais que ne comprit par Argail, accroché à son siège.
— Si vous voulez vous amuser, sergent, vous pouvez prendre en manuel l’une des deux tourelles de tir, proposa Isil un sourire en coin.
— Excellente idée, s’exclama le militaire. C’est un petit jeu auquel je suis plutôt doué et ça m’occupera l’esprit.

Pour joindre le geste à la parole, il s’arracha de son baquet et se rendit au pied de la tourelle supérieure dans laquelle il grimpa. Quelques secondes plus tard, les turbolasers entraient en action sous son contrôle.
— On arrive, signala la jeune femme dans le micro à l’attention de sa coéquipière toujours dans son sillage. Je vais lâcher tout ce que j’ai d’un seul coup… nous n’aurons pas droit à un second passage.

Elle apercevait déjà le projecteur du faisceau tracteur et le générateur d’asservissement juste à côté. Pour mieux viser, elle fit comme beaucoup de Jedi au combat et ferma les yeux pour solliciter la Force et voir l’objectif à travers Elle. C’était à la fois différent et plus précis, plus distinct. L’appel à la Force décuplait ses sens et développait son instinct de tireur, semblait ralentir le temps en affutant ses réflexes et rendait possible en manuel des visées que personne d’autre ni aucun appareil n’aurait pu égaler. Au moment voulu, son index pressa le bouton de tir sur lequel elle avait asservi tous les systèmes. Une volée de missiles immédiatement suivie de toutes les torpilles disponibles quittèrent la corvette en une série de trainées blanches convergentes. Sur son bâbord, Lunee’Na l’imita de façon parfaitement synchrone. Aussitôt après, les deux vaisseaux effectuaient un break serré pour un dégagement par la droite afin de s’extirper au plus vite du périmètre de défense de l’Interceptor.


Sur ce dernier, les explosions en chaîne furent ressenties jusque sur la passerelle. Un opérateur s’exclama :
— Seigneur, nous venons de perdre le rayon tracteur !

Ramus se dressa sur son siège les poings serrés.
— Que s’est-il passé ?

Un autre opérateur, affecté au radar, répondit :
— Deux vaisseaux de taille moyenne ont réussi à infiltrer nos défenses et ont fait sauter le générateur du projecteur.

Le commandant Nembro lança un coup d’œil inquiet au Sith qui accusa le coup.
— Intensifiez le tir ! Dérivez la puissance des boucliers arrière sur l’artillerie lourde !

Puis en se tournant vers son apprentie, il ajouta :
— Je ne comprends pas comment ses boucliers peuvent tenir aussi longtemps ! Normalement, sur un Centurion, ils auraient déjà dû lâcher !


Attention, nous avons de la visite sur le chemin du retour, s’écria la voix de Nulee’Na qui venait de repérer une douzaine de chasseurs impériaux fondant sur eux.
— Argail, tu vas pouvoir t’amuser ! lança Isil dans le micro.
Enfin, je commençais à me refroidir, railla ce dernier.

Ce disant, il fit pivoter sa tourelle et ouvrit le feu sur les assaillants. La visée dut être excellente ou la chance avec lui, car le premier chasseur explosa presqu’aussitôt. Une exclamation de joie jaillit de la gorge excitée du soldat. La corvette effectua un tonneau barriqué pour éviter les premières salves de tirs et passa à grande vitesse au milieu de l’essaim ennemi qui se dispersa en rompant sa formation. Au même instant, une voix grésilla :
Ici jaune leader, on s’en occupe !

Les deux escadrilles jaunes comptaient encore huit appareils. Les Aureks foncèrent sur l’adversaire avec l’avidité d’un meurt-de-faim devant une assiette de ragoût fumant. L’espace immédiat se remplit de traits de plasma en fusion. De nouveaux, les communications radio allèrent bon train.
Jaune trois, vous en avez un au cul !
— Jaune cinq à jaune leader, je n’ai plus de boucliers !
— Jaune leader à jaune cinq, rompez la formation et rentrez au bercail. Bonne chance !
— Ici jaune huit, je vais débarrasser jaune trois de son pot de colle, je me place…


Puis deux secondes plus tard après une explosion dans le vide spatial :
C’est tout bon, jaune trois, clean derrière vous !

Isil et Nulee’Na ne restèrent pas inactives et engagèrent également le combat. Si les deux vaisseaux étaient plus gros que les chasseurs impériaux, ils étaient tout aussi maniables et les tourelles de turbolasers de la corvette d’Isil lui permettaient de tirer quelle que soit sa position dans le ballet mortel, ce qui en faisait un dangereux prédateur. Derrière son viseur, Argail tournoyait dans tous les sens, brutalement, ne s’épargnant nullement dans les à-coups violents que son siège subissait chaque fois qu’il inversait son sens de rotation. Deux minutes plus tard, il inscrivait son deuxième ennemi à son tableau de chasse.
Youhou, l’entendit-on, j’adore ce job !

Isil sourit en effectuant un yo-yo haut pour se placer derrière un adversaire. Les canons avant crachèrent leur venin. Le chasseur impérial perdit l’un de ses stabilisateurs et partit en vrille percutant un coéquipier. Les deux vaisseaux s’embrasèrent instantanément et se disloquèrent sous l’impact en une myriade d’étincelles et de langues de feu.
Joli le doublé, noir leader, fit la voix de jaune leader.

La Jedi ne répondit pas. La guerre n’était pas une jolie chose pour elle et supprimer des vies ne la remplissait ni de joie, ni d’orgueil comme certains professionnels de la chose.
Le secteur étant dégagé, elle lança dans son micro :
— Escadrilles jaune, on revient vers le Defiance !


Ce dernier abordait à présent la zone colorée par les gaz de la nébuleuse.
— Que tous les chasseurs rentrent au bercail ! ordonna l’amiral au centre des opérations. Au plus vite, avant de les perdre dans ce brouillard !

Aussitôt, les Aurek revinrent vers leur bâtiment tandis que les chasseurs impériaux en faisaient de même côté ennemi. Pour ces derniers, la perte du contact avec le cuirassé était encore plus problématique dans la mesure où, s’il venait à passer en hyperespace, les chasseurs impériaux ne possédaient pas d’hyperdrive contrairement aux Aurek. Si leur vaisseau les abandonnait, c’était pour eux la mort assurée.
Lentement, tandis que les hangars refaisaient le plein d’appareils, la masse du Centurion se dissolvait dans la brume orangée et bleutée. C’était en tout cas l’impression visuelle ressentie depuis la passerelle de son poursuivant.
Dark Remus ne décolérait pas.
— Comment a-t-il pu résister jusqu’ici ? s’écria-t-il à la cantonade sans que personne ne prenne le risque de lui répondre.

Le Defiance disparut à sa vue.
— Nous allons le perdre, osa le commandant Nembro avec un réalisme téméraire.

Le Sith le fusilla des yeux.
— La Force va m’aider à le suivre, déclara le Zabrak dans un rictus.



Sur le Defiance, le dernier chasseur venait d’apponter suivi du Défenseur de Nulee’Na et de la corvette d’Isil. Aussitôt que les deux Jedi furent sorties de leur vaisseau, un chef de hangar leur transmit l’ordre de rejoindre Maître Torve dans la salle de méditation des Jedi, ce qu’elles firent immédiatement, laissant Argail à ses sensations de combat spatial au milieu de ses amis mécanos.
Shalo Torve était déjà plongé dans la Force lorsqu’elles entrèrent dans la salle dépouillée. Les deux jeunes femmes s’assirent devant lui sans prononcer un mot et fermèrent à leur tour les yeux. Une fois rejoint son esprit, il s’adressa à eux à travers la Force.
— Il nous faut opposer un barrage mental au Sith qui se trouve sur ce vaisseau inconnu. Je l’ai senti. Il utilise la Force pour suivre le Defiance à travers la nébuleuse. Isil, j’ai besoin de toute ta sensibilité en Elle pour brouiller sa vision.

La Jedi hocha mentalement la tête et laissa glisser son esprit le long des lignes scintillantes qui émanaient de la Force tout autour d’eux. Elle ressentait la présence de chacun des deux vaisseaux. Mais elle sentait également autre chose de plus sombre qui s’interposait. Un esprit noir et froid qu’elle pouvait presque sentir tactilement. Un esprit âgé, très âgé. Un visage atrocement creusé par les siècles s’imposait lentement à sa vision. Des mains cornues, sèches, fripées comme la mort, s’avancèrent vers elle pour tenter de la saisir. Un fluide glacial se mit à courir dans ses veines qui prirent progressivement une couleur indigo. Une douleur s’empara de son torse, comme si quelque chose en elle était aspiré à travers sa poitrine vers l’extérieur de son corps. La vie s’échappait de son âme. Le visage répugnant d’une tête cornue et décharnée, rouge sang, se superposait à présent à un trou noir qui avalait tout autour de lui : les planètes, les étoiles, les nébuleuses… À sa gauche, elle distingua un bâton de lumière, blanc, presqu’aveuglant vers lequel elle tendit la main. Ses doigts se refermèrent dessus, et elle s’agrippa à lui pour ne pas se laisser aspirer par le trou noir occupant à présent l’emplacement de la bouche du visage monstrueux. Devant elle flottait l’artéfact pourpre. Il se multipliait. À présent, il y en avait trois, plus une petite sphère de même couleur vers laquelle les trois objets convergèrent lentement, avant de se refermer tout autour et former ainsi une boule plus grande. Des vapeurs noires sortaient désormais de cette dernière comme autant de tentacules spectraux tentant d’arracher la jeune Jedi à son soutien lumineux pour l’attirer dans le trou noir. Isil s’empara du bâton à deux mains et le plaça devant elle. La lumière devint plus puissante sous l’afflux de sa volonté, chassant les ténèbres et la menace du trou noir. Le visage s’évapora et les lignes de la Force se remirent à scintiller de la façon la plus pure.


Que se passe-t-il, Maître ? demanda Suri comme le Sith venait de lâcher un cri. Il tourna vers elle un visage torturé, légèrement pâle.
— J’ai perdu le contact du Defiance dans la Force. Quelque chose m’a repoussé… quelqu’un… une jeune femme…
— Une Jedi ?
— Oui, une Jedi.
— Fallait-il qu’elle soit puissante pour interrompre votre poursuite mentale, Maître !
— Sans doute, Suri, sans doute. Mais je sens que j’aurais bientôt la possibilité de la voir devant moi !
— Quels sont vos ordres, Seigneur Ramus ? demanda Nembro incertain quant à la route à donner au cuirassé.
— Décidez par vous-même, commandant, il ne nous reste plus qu’à nous confier au hasard pour retrouver le Defiance. Mais où qu’il aille, je le retrouverai… maintenant, ou plus tard… nous avons toute l’éternité pour cela !


Ils évoluaient à présent dans une sorte de brouillard dense, parcouru d’éclairs électrostatiques qui irisaient de différentes couleurs les gaz de la nébuleuse. Dans ce milieu hostile, les senseurs étaient devenus aveugles et les instruments affolés étaient inopérants. L’amiral Narcassan venait de donner l’ordre d’abattre de soixante-dix degrés sur bâbord avec une inclinaison de quarante-cinq. Il comptait bien réitérer une telle manœuvre plusieurs fois histoire de semer définitivement le cuirassé. Il s’agirait ensuite de sortir de l’amas gazeux pour pouvoir passer en hyperespace afin de trouver un havre permettant de procéder aux réparations indispensables, notamment sur l’hyperdrive. Selon les officiers-mécaniciens Artel et Bump, il y en avait pour un minimum de trois jours.
Sur la passerelle du Defiance, quelques officiers étaient venus assister au spectacle de la traversée de la nébuleuse. Ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait observer un tel phénomène. Les irisations gazeuses étaient particulièrement de toute beauté, offrant des dégradés de couleurs et des formes dignes des plus belles aurores boréales.
— À quoi avons-nous affaire ? demanda l’amiral alors entouré des principaux officiers du bord. De toute ma carrière, je n’ai jamais vu un Interdictor de cette taille.
— Aucun d’entre nous, si ça peut vous rassurer, amiral, lâcha le colonel Vellaryn. Et je serais étonné si quelqu’un, au Quartier-Général, savait que l’Empire possède un tel bâtiment.

Le commandant Sayyham attira l’attention de tous d’un petit ricanement comme elle en avait le secret.
— Si ça se trouve, il n’y a non plus personne dans l’Empire Sith qui le sache.

Son effet réussit, car tous les yeux se portèrent vers elle à la grande satisfaction de la Loordienne.
— Que voulez-vous dire, Keraviss ? demanda Narcassan.

Un sourire en coin, la femme reprit.
— Je viens de tomber sur un communiqué des services de renseignements républicains… juste avant que nous n’entrions dans la nébuleuse. Un communiqué… très intéressant. Il semble bien qu’un tel bâtiment a attaqué il y a peu des éléments de la flotte Impériale, détruisant un Harrower, trois frégates et un Centurion : le Scarificateur… sister-ship impérial du Defiance !

Un bref silence accueillit sa déclaration. L’amiral le brisa un instant plus tard.
— Intéressant… s’agit-il du même bâtiment ? A-t-on d’autres détails Keraviss ?
— Oui, amiral. Selon un rapport impérial confidentiel, l’assaillant serait un Interdictor modifié de trois fois la taille du modèle standard possédant, tenez-vous bien, un dispositif d’occultation qui le rendrait invisible à l’œil mais aussi aux senseurs !

Nouveau silence. Les révélations s’abattaient sur eux comme autant de cartes sur une table de pazaak.
— Ce qui explique que nous ne l’ayons pas vu arriver, marmonna Maître Torve.
— Sauf nos deux Chevaliers Jedi, rectifia l’amiral. Si on prend au sérieux les renseignements que le commandant Sayyham vient de nous communiquer, nous avons affaire à un curieux adversaire qui s’en prend autant à la République qu’à l’Empire bien qu’ayant un Sith à bord.
— C’est effectivement curieux, conclut Vellaryn au comble de la perplexité à l’instar de tous les présents.
— Keraviss, essayez d’en apprendre plus de nos amis de l’Empire, reprit l’amiral avec un sourire de biais. Quant à nous, pour l’instant, l’important est de sortir indemne ou presque de cette situation dans laquelle nous ne pouvons lutter équitablement pied à pied avec notre adversaire quel qu’il soit et quelles que soient ses intentions.


Le Centurion progressait comme son ennemi, en aveugle. Seul l’instinct de navigation de son commandant prévalait. Celui-ci effectuait de savants changements de cap destinés à semer son poursuivant d’une façon certaine. Dans leur salle de méditation, les trois Jedi du bord poursuivaient leur transe destinée à empêcher le Sith adverse de se servir de la Force pour localiser le croiseur de bataille.
La nébuleuse n’était pas bien étendue, et au bout de sept heures d’une navigation tendue et usante pour les nerfs, les gaz colorés se dissipèrent lentement pour laisser de nouveau la place à l’espace infini. Par précaution, l’amiral préféra rester dans la bordure de la nébuleuse le temps que l’hyperdrive de secours soit utilisable. Non seulement cela lui permettait de replonger dans le brouillard salvateur si par malheur l’Interdictor le retrouvait, mais les gaz noieraient le résidu de radiations que le saut en hyperespace allait générer rendant tout traçage impossible.
La question de savoir auprès de quelle planète se réfugier se posa.
— Nous allons sur Rothana, décida Narcassan.
— Mais, n’est-ce pas nous éloigner de Coruscant et de Kuat où nous pourrions réparer plus facilement ? demanda Cregg Vellaryn.
— Tout à fait. En toute logique, nous devrions effectivement essayer de gagner l’une de ces deux planètes… mais justement, notre ami devrait penser la même chose et nous chercher plutôt dans les mondes du Noyau. Il y a sur Rothana des industries spatiales qui, même si elles ne valent pas encore celles de Kuat, pourraient nous être fort utiles pour réparer notre bon vieux Defiance.
— Et puis, selon nos officiers-mécaniciens, plus le trajet en hyperespace sera bref, moins nous risquerons de problèmes avec le générateur hyperdrive de secours, ajouta Maître Torve pour clarifier la situation définitivement.
— Et pour l’artéfact ? demanda Keraviss Sayyham.

L’amiral se laissa choir sur son siège de Commandeur, accusant sans le vouloir son état de fatigue. Il essayait de mettre de l’ordre dans toutes les questions qui couraient dans sa tête pour rester le plus lucide possible.
— Nous allons charger des membres de la CPM de convoyer cet encombrant objet jusqu’à Tython à bord d’une navette. Ils auront le temps d’effectuer un aller-retour avant que nos réparations soient achevées !

Quelques minutes plus tard, le Defiance sautait dans l’hyperespace.



(à suivre…)

Vers chapitre 8 : Sous influence (début 1/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Mar 16 Déc 2014 - 18:43, modifié 1 fois.
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Messagepar Notsil » Jeu 12 Juin 2014 - 21:21   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'étais justement en train de me dire que ça faisait un moment que je n'avais pas lu les aventures d'Isil ;)

J'ai beaucoup aimé cette bataille, pas encore de tête qui tombe côté Sith, c'est bien, ça change ^^ Je sens que ça ne sera pas si simple que ça de semer le Sith, mais ça promet du bon.

Courage pour la suite, parfois on a moins l'inspiration, puis ça revient^^
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Messagepar Red Monkey » Mar 24 Juin 2014 - 22:30   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Rattrapé !
Très intéressant, l'histoire prend de sacrées proportions !
J'aime bien l'atmosphère explosive de tout ça !
Vivement la suite !
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Messagepar The White Knight » Mer 24 Sep 2014 - 18:06   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

J'ai repris ma lecture de ce troisième opus des aventures d'Isil que j'avais interrompu il y a un petit moment.

Là j'en suis au chapitre 5, juste après le chapitre consacré à Dark Remus qui semble traqué de vielle connaissance Sith... :diable:.

C'est toujours aussi bien, et toujours autant précis et détaillé. Parfois un peu trop à mon goût si je peux me permettre, mais ça montre un travail colossal de ta part. :wink:

Sur la partie "tribunal", au début, j'ai été un peu destabilisé, je ne voyais pas vraiment le rapport avec Isil & co dans cette histoire, mais la fin de cette séquence montretout son intérêt.... :sournois:

Je continuerais à lire ta fanfic dès que possible. :wink:

D'ailleurs j'ai l'impression que ça fait un moment que tu n'as pas posté de nouveaux chapitre... :sournois: :(
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Messagepar Hiivsha » Mer 24 Sep 2014 - 19:44   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Oui je suis en panne d'écriture après 3 années prolifiques... j'ai donc décidé de m'accorder un trimestre de repos...
Je me dis tous les jours : "demain je reprends, demain je reprends..." ... ça va bien finir par arriver ! :neutre: :transpire:
Mais de toute façon, j'irai au bout de cet opus vu que j'ai toujours fini mes romans ! :D
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Messagepar Notsil » Mer 24 Sep 2014 - 20:53   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Tu as bien mérité une petite phase de repos, il le faut parfois pour que l'inspiration revienne au gré des sorties, des romans, des films vus entretemps... ^^

On sera patient, après tout, tu n'es pas Minos ;)
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Messagepar Hiivsha » Mar 16 Déc 2014 - 18:19   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Après une éclipse de 6 mois, l'envie d'écrire est revenue. Donc me revoilà avec la suite.

Afin de permettre aux éventuels lecteurs de se remettre dans le bain, voici le résumé de ce tome 3 jusqu'au moment de cette reprise :

Spoiler: Afficher
La Padawan Isil Kal’Andil-Valdarra a été intronisée Chevalier Jedi par le Grand maître de l’Ordre sur la planète Tython. Troublé par les sentiments qu’il éprouve pour la jeune femme, le contrebandier Hiivsha Inolmo a décidé de s’éloigner d’elle le temps d’une longue mission d’infiltration à l’autre bout de la galaxie. Il caresse ainsi l’espoir que cette séparation imposera à Isil la vraie nature des sentiments qu’il soupçonne chez elle à son égard.
L’effectif de la CPM s’est renforcé avec l’arrivée du sergent Lilliana Sanders après son acquittement pour le meurtre supposé d’un supérieur et un entretien avec le mystérieux Max qui l’a chargée de surveiller le Chevalier Isil. La jeune femme se trouve par ailleurs également chargée par le commandant Keraviss Sayyham d’enquêter sur un possible espion qui pourrait se trouver à bord du Defiance. Un autre militaire a rejoint l’équipe : le sergent Argail qui ne tarde pas à se trouver en affinité avec la jeune Jedi Isil.
Un incident secoue le Defiance lors des tests de ses nouveaux générateurs mésoioniques. Une puissante et non moins mystérieuse onde est émise par le croiseur à travers l’espace occasionnant quelques dégâts superficiels.
Cinq jours plus tard dans l’espace Sith, une petite flotte de l’Empire est détruite par le Ragnarok, un gigantesque vaisseau possédant un camouflage spatio-temporel, commandé par un Seigneur Sith se nommant Dark Remus. Celui-ci s’empare à cette occasion des codes d’accès aux banques de données militaires impériales, visiblement à la recherche de vaisseaux impériaux : le Terreur Noire, le Scarificateur ainsi que le Vindicator.
Peu de temps après, le croiseur de bataille de l’Empire de classe Centurion, le Scarificateur est détruit par le Ragnarock.
Sur le Defiance, l’enquête sur l’onde mystérieuse se poursuit ainsi que sur un mal mystérieux qui semble atteindre une partie de l’équipage. Parallèlement, le sergent Sanders surprend un homme chargé d’espionner les communications du Defiance et l’abat froidement en maquillant son meurtre en légitime défense. Argail emmène Isil à la cantina des mécanos du pont quatre pour une soirée de détente.
À Kaas City, dans l’immeuble du Cercle Sombre, le Seigneur Dalius, l’ancien Conseiller Darillian qu’Isil a combattu un an plus tôt, a un entretien avec le Seigneur Sith Dal-Karven sur le problème du Ragnarock et de ses victimes, avant de partir enquêter sur Korriban puis de revenir chargé de lourdes informations.
Sur le Defiance, la Jedi Isil a fini par découvrir dans les entrailles du croiseur un mystérieux artéfact d’origine inconnu duquel émane une force obscure. Devant l’impossibilité de l’analyser, l’amiral décide de l’emmener sur Tython pour y être expertisé par les Maîtres Jedi. Mais le Defiance est alors attaqué par surprise par le Ragnarock et après un début de combat difficile, le croiseur endommagé ne doit son salut qu’à la fuite en hyperespace. Le Defiance se réfugie sur Rothana pour panser ses blessures dans un lieu où le Ragnarock ne devrait pas le retrouver. Une équipe de la CPM est alors chargée de convoyer l’artéfact à bord d’une navette vers Tython.
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Messagepar The White Knight » Mar 16 Déc 2014 - 18:28   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

:hello: 8) Je me demandais justement il y a quelques jours si on aurait la suite un de ces jours ! :D Comme tu semblais aussi occuper à d'autre projet etc...
Hâte de lire ça ! :wink:
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Messagepar Hiivsha » Mar 16 Déc 2014 - 18:42   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Oui, oui, il y aura la suite et la fin... j'ai pour habitude d'achever mes romans. ;)

Entre parenthèses, ceux-ci se téléchargent pas trop mal depuis mon site puisque le tome 1 (qu'on peut aussi télécharger depuis SWU) l'a été 311 fois, le tome 2 (non encore publié sur SWU) a été téléchargé 389 fois et le présent tome en cours l'a déjà été "en l'état" 234 fois.
________________________

Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers chapitre 7 : Attaque




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8 - Sous influence


(Début 1/2)


Ses paupières se soulevèrent lourdement. Ses pupilles bleues apparurent, fixant l’objet avec une intensité hypnotique. Le quartier de sphère flottait dans les airs au dessus du container, juste devant elle. Comment était-il sorti du coffre qui le renfermait ? Quelqu’un à bord l’avait-il aidé ?
Le souvenir d’avoir pénétré dans la soute obscure lui revint. Mais sitôt la porte refermée par sécurité, elle avait senti toute son énergie s’échapper de son corps et s’était écroulée sur le sol froid. Avait-elle perdu connaissance ? Combien de temps s’était-il écoulé depuis son entrée dans les lieux ?

À la lueur de son sabre laser, Isil avança lentement telle une somnambule, millimètre après millimètre. Chaque pas lui coûtait un effort que peu de personne hormis un Jedi aurait pu faire. La jeune femme puisait dans la Force tout ce qu’elle pouvait y trouver pour s’approcher du centre de la soute où le container était amarré.
Le peu de conscience qui lui restait lui ordonnait de replacer l’objet dans son abri étanche mais à présent, elle doutait de pouvoir y parvenir. Des ombres se faufilaient tout autour d’elle et la frôlaient provoquant à chaque contact un frisson glacé qui s’achevait en une terrifiante décharge électrique.
— Ah ! cria-t-elle en perdant sa concentration.

Son sabre s’agita en une illusoire défense qui fouetta l’air sans résultat. Une onde de colère la submergea.
Qui a ouvert le coffre ?
L’envie de transpercer le coupable avec son arme lui fit grincer des dents. Les ombres se faisaient plus nombreuses. Une sueur froide glissa le long de sa moelle épinière. Était-ce le Côté Obscur qui était là, devant elle ?
Isil ferma les yeux pour voir dans la Force. Toutes les lignes lumineuses qu’elle y distinguait se dirigeaient vers une zone noire dans laquelle elles se perdaient, comme aspirées.
Comme un trou noir, pensa-t-elle.
Et plus sa colère grondait, plus la zone sombre s’agrandissait.
Elle se nourrit de mes sentiments !

Une voix moqueuse se fit entendre derrière elle.
— Je croyais que les Jedi ne cédaient pas à la colère !

Isil se retourna vivement. Le sourire narquois d’Hiivsha augmenta son agacement.
— Que fais-tu ici ? demanda-t-elle d’un ton agressif. Est-ce toi qui es derrière tout ça ?

Le contrebandier écarta ses bras en haussant les épaules.
— Et même si… tu ne peux rien me faire. Je contrôle l’artefact. Il me donne une puissance que tu ne peux même pas imaginer. Quelque chose qu’aucun Jedi ne pourra parvenir à égaler… même toi, ma chérie, malgré ta présence soi-disant si grande dans la Force.

Le poing de la jeune femme se crispa sur le manche de son sabre.
— Soi-disant ? répéta-t-elle les dents serrées.

Hiivsha se mit à rire avec une pointe de mépris évidente.
— Tu ne crois tout de même pas être quelqu’un d’extraordinaire, non ? Cette pauvre Satele Shan divague complètement à ton sujet. Tu n’as rien de plus que tous les misérables Jedi de la galaxie… ces prétentieux qui pensent pouvoir dicter l’avenir aux non forceux ! Regarde-toi ! Je pourrais te détruire d’un seul geste… juste en claquant des doigts ! Et d’ailleurs, pourquoi ne le ferais-je pas ? Après tout, tu ne m’aimes pas !
— Je t’interdis de dire ça !

La voix d’Isil résonna bruyamment dans la soute. Elle venait d’hurler une réponse emplie de rage contenue. Son interlocuteur ne se départit pas de son air exaspérant. Bien au contraire, son sourire de biais s’accentua, son ton se fit encore plus moqueur.
— Tu ne peux rien m’interdire, ma chérie. Tu as suffisamment montré ton manque d’amour à mon égard. Entre ton Ordre misérable et moi, tu as choisi. Et tu as mal choisi. Ta vie était avec moi et non contre moi. L’heure est venue d’en subir les conséquences !

Sa main se glissa derrière son dos. Quand elle réapparut, elle tenait le manche noir d’un sabre laser. De chaque côté du cylindre, une lame rouge s’étira en crépitant.
— Surprise ! ironisa Hiivsha en faisant tournoyer le double sabre devant lui. Tu vois, moi aussi je peux faire joujou avec l’arme préférée des Jedi… bien que celle-ci fasse plus penser à celle d’un Sith !

Avec une incroyable dextérité, le contrebandier fit décrire aux lames rougeoyantes deux cercles puis l’une d’entre elles s’abattit sur la Jedi.
Isil n’eut que le temps de parer l’attaque, sabre à l’horizontale au-dessus de sa tête, un genou légèrement fléchi. Les deux lames laser frétillèrent furieusement l’une contre l’autre un court instant, chacune cherchant à prendre le dessus. D’un geste brusque, Isil se dégagea et lança une série d’attaques de taille et d’estoc mais l’habileté avec laquelle son adversaire les para la déconcerta.
— C’est impossible, murmura-t-elle au comble de la perplexité tout en reculant sur une série de contre-attaques qu’elle eut du mal à maîtriser.
— Quand je te disais que tu n’étais pas si extraordinaire que ça ! lança Hiivsha en tendant la main gauche vers elle.

Une gerbe d’éclairs bleutés traversa la pièce pour transpercer Isil. Elle cria de douleur le corps agité de spasmes. Puis, au prix d’un effort surhumain, les muscles tétanisés, elle parvint à interposer entre elle et les éclairs, la lame verte de son sabre comme un bouclier, pour en contrer les effets. En grimaçant, elle tendit ses bras, tenant son sabre à deux mains afin d’éloigner l’onde électrique, puisant dans la Force pour y trouver de l’aide. Mais sa concentration était rendue difficile à cause d’un sentiment de panique qui cherchait à s’emparer d’elle. Ses jambes commençaient à faiblir.
Ne flanche pas ! s’ordonna-t-elle in petto.
Les éclairs cessèrent.
— Finalement, je ne t’aime plus, gouailla le contrebandier. Comment ai-je pu seulement tomber amoureux d’une femelle Jedi !

Les prunelles d’Isil s’enflammèrent.
— Une « femelle » ?

Elle attaqua avec une puissance décuplée par la rage, frappant encore et encore pour essayer de déstabiliser son adversaire qui recula dans la soute sous les halos rouges et verts induits par les sabres lasers dont les lames s’entrechoquaient en frémissant. De nouveau son adversaire tendit une main vers elle, et la Jedi se sentit arrachée au sol pour être propulsée dans les airs tel un fétu de paille. Elle n’eût que le temps de se mettre en boule pour amortir le choc et roula sur elle-même avant de toucher douloureusement la cloison, le dos meurtri. La colère qui soufflait en elle comme une terrible tempête s’accentua alors qu’elle se redressait sur ses jambes.
— Tu es odieux ! grinça-t-elle les yeux étincelants.

La soute était vide à l’exception du container censé renfermer le coffre de l’artéfact. Il lui était impossible de projeter quoi que ce soit sur son adversaire. Prenant une grande inspiration tout en rassemblant la force ambiante, elle se projeta sur lui en criant sa rage, sabre en avant. Lorsqu’elle toucha le sol, il n’était plus là. Décontenancée, elle se retourna.
— Tu m’as manqué ma chérie, railla le contrebandier à quelques mètres de là. Enfin, je veux dire… raté. Décidément, ton Maître t’a bien mal formée.

Isil ferma les yeux. Un cri de haine lui déchira les entrailles. Un rire lui répondit :
— Ah, je sais bien… ça énerve.

Le combat reprit, sabre contre sabre. Celui d’Hiivsha décrivait de larges cercles doubles rougeâtres, semblables à des flaques de sang dans lesquelles se fondait la lueur verte de celui d’Isil. De longues minutes s’égrenèrent au rythme des coups portés. Hiivsha ne semblait pas fléchir tandis qu’Isil sentait ses forces diminuer. Submergée par ses souvenirs, elle s’arrêta, le dos contre une paroi métallique, la poitrine haletante. Des larmes montèrent à ses yeux.
— Je ne… je ne comprends pas. Pourquoi est-ce qu’on se bat ?

Le contrebandier haussa de nouveau les épaules.
— Je ne sais pas. Sans doute parce que tu veux me tuer. Étant donné que tu ne veux pas m’aimer, ta seule solution…

Il se tenait à bonne distance d’elle et son sourire moqueur l’exaspérait toujours autant. Isil cria :
— Je t’interdis de dire que je ne t’aime pas !

Pleine de rage, elle lança son sabre qui virevolta vers lui en décrivant une série de cercles verdâtres. Un cri déchira la poitrine de la jeune femme lorsque la lame verte s’enfonça dans le torse de son adversaire avant de s’éteindre.
— Hiivsha !

Le contrebandier ouvrit sa bouche d’un air hébété en la fixant d’un regard d’incompréhension avant de s’écrouler sur lui-même. Sa main lâcha le double sabre qui s’éteignit et tomba lui aussi dans un bruit métallique.
— Non ! hurla la jeune femme en se précipitant vers l’adversaire terrassé.

Elle se rua en avant et se jeta vers lui les mains tendues pour glisser ses doigts sous sa nuque avant que la tête ne touche le sol. Elle s’immobilisa contre lui, à genoux, regardant avec un air désespéré le trou noir et fumant que le sabre laser avait dessiné au centre de sa poitrine.
— Non ! Non ! Hiivsha !

Un flot de larmes la submergea tandis qu’elle pressait le visage éteint contre sa poitrine.
— Pourquoi ? hurla-t-elle dans la solitude de la soute. Ce n’est pas vrai ! Je t’aime !

Son visage brisé s’abaissa contre celui de sa victime et sa bouche déformée par la douleur répéta :
— Je t’aime.

Ses mains abandonnèrent le corps chaud du contrebandier et elle se recroquevilla sur elle-même. De longues minutes s’écoulèrent ainsi. Puis Isil se releva et ramassa son sabre qu’elle ralluma. Il n’y avait rien d’autre dans la soute, qu’elle et l’artefact flottant au-dessus de son container. Les ombres s’étaient évanouies. Son regard s’abaissa vers le sol à l’endroit où son amant s’était écroulé, mais il n’y avait rien. Aucun corps, aucune trace de lutte. Les yeux rivés sur la portion de sphère, elle murmura :
— Tu te crois malin ? On va voir qui de nous deux est le plus fort !

Au prix d’un effort incommensurable, Isil accomplit les derniers mètres qui la séparaient de l’objet avant de poser son sabre allumé à terre et d’avancer ses mains pour saisir l’objet pourpre. Ses mains n’étaient plus qu’à quelques centimètres de leur but quand une sensation de brûlure intense s’empara d’elle.
— Ah ! cria-t-elle.

Ses mains semblèrent s’embraser. Elles rayonnaient comme de la braise cependant qu’une chaleur insupportable se répandait dans ses bras.
— Non ! lâcha-t-elle, tu ne me tromperas pas !

Il ne faut pas avoir peur, se dit-elle. La peur va tuer mon esprit si je la laisse s’en emparer. Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix… Il n'y a pas de mort, il y a la Force…
Lorsque ses doigts se posèrent sur l’objet, tout son corps se mit à irradier d’une lueur incandescente et des flammes commencèrent à l’envelopper comme si elle avait été plongée au centre d’un bûcher. Une douleur à la limite du supportable s’empara d’elle. Luttant contre la terreur qui ne demandait qu’à s’emparer d’elle, Isil se concentra sur les lignes lumineuses de la Force qu’elle distinguait autour de l’objet noir puis, dans un sursaut de volonté, elle le posa dans le coffret posé à l’intérieur du container avant d’en refermer le couvercle. Les flammes s’évanouirent et la douleur cessa.

Les jambes lui manquèrent et la jeune femme s’écroula sur le sol, enveloppée par le silence.
Je n’entends plus les moteurs !
À bout de nerfs, elle tendit les oreilles pour déceler le moindre indice sur ce qui se passait à l’extérieur de la soute. D’autres questions se pressaient dans sa tête auxquelles sa mémoire refusait de répondre. Que s’était-il passé avant qu’elle n’entre là ? Les sourcils froncés sous l’effort, Isil essaya de reconstituer le puzzle temporel des dernières heures sans y parvenir.

La Jedi ramassa son sabre laser et revint vers l’entrée de la soute. La porte s’ouvrit. La lueur faiblarde de l’éclairage de secours baignait les coursives de la navette silencieuse comme un tombeau. Parvenue au carré, elle aperçut plusieurs formes gisant à terre. Dans un angle, elle reconnut Argail et Loodo, et un peu plus loin, assise contre un mur le buste affaissé sur elle-même, la tête penchée sur une épaule, inerte, Lillaia. Elle dut enjamber le corps de Krig Landala, le colosse rouquin allongé au milieu de la coursive pour continuer son exploration.
Ils sont tous morts, songea-t-elle avec un frisson.
Elle progressa le long du couloir d’accès au cockpit désert.
Où est Nulee’Na ? se demanda-t-elle en faisant de nouveau un effort de mémoire.

Que s’était-il donc passé à bord de la navette ? Isil se prit la tête entre les mains et s’efforça de se rappeler les dernières vingt-quatre heures, depuis que l’équipe de la CPM avait été chargée de ramener l’artéfact mystérieux sur Tython à bord de l’une des navettes du Defiance.
*
* *



(à suivre…)

Vers chapitre 8 : Sous influence (Fin 2/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Mar 06 Jan 2015 - 21:15, modifié 1 fois.
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Messagepar The White Knight » Jeu 18 Déc 2014 - 18:23   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Excellent ! Un retour en forme ! :wink:
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Messagepar Notsil » Jeu 18 Déc 2014 - 19:58   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Chouette nouvelle, je me mettrai à jour l'année prochaine après les vacances ;)
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Messagepar Hiivsha » Lun 22 Déc 2014 - 10:20   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers chapitre 7 : Attaque
Vers chapitre 8 : Sous influence (début 1/2)


CHAPITRE 8 - Sous influence (fin - 2/2)


Départ de la navette pour Tython dans dix minutes, annonça une voix métallique à travers le hangar.

Les dernières équipes s’affairant autour du vaisseau commencèrent à dégager la piste d’envol. Le coffret contenant l’artéfact avait été placé dans un container solidement arrimé au centre de l’une des soutes vides de la navette. Dans le cockpit les deux Jedi de l’équipe, Nulee’Na et Isil, s’affairaient et passaient en revue la check-list en vue du départ imminent. Les autres membres de la CPM désignés pour cette mission avaient pris place dans des sièges de passagers. Il s’agissait des sergents Lillaia Sanders et Argail Vif-Argent, du Rodien Loodo et de Krig Landala.

L’ambiance était tendue à bord du Defiance et cela se ressentait jusqu’à l’intérieur de la petite équipe. La fuite du croiseur face à un ennemi inconnu, l’action néfaste sur les esprits du mystérieux artéfact, avaient laissé des traces palpables dans l’humeur des personnels.
— J’ai hâte que cette chose parvienne sur Tython, admit l’amiral Narcassan à Maître Torve qui se contenta d’acquiescer d’un signe de tête.

Depuis la passerelle de commandement, ils observèrent en silence la navette quitter le pont 6 pour s’éloigner du croiseur avant de passer en hyperespace.
— Je me demande… commença le Jedi.

Comme il ne finissait pas sa phrase, l’amiral jeta un coup d’œil vers lui.
— Vous avez un doute, Shalo ?

Maître Torve fit oui du chef. L’officier général reprit.
— Je dois bien avouer que moi aussi. Pourvu que tout se passe bien.


L’atmosphère était à la fois électrique et pesante à bord. Rien d’habituel pour une équipe censée mener des opérations délicates à bien et dont la cohésion était d’ordinaire le maître mot. De façon inexplicable, il flottait dans l’air confiné du petit vaisseau des prémices d’orage. Une force obscure était à l’œuvre sans que les passagers ne s’en rendent bien compte.
Dans le poste de pilotage, la Twilek n’avait pas desserré les dents depuis des heures. Isil se décida à demander :
— Quelque chose ne va pas, Nulee’Na ?

Cette dernière la foudroya du regard.
— Je ne vois pas pourquoi on t’a confié la responsabilité de cette mission… après tout, il y a quelques jours à peine tu n’étais qu’une petite Padawan.

Isil refréna sa surprise mais sentit au plus profond d’elle-même monter un sentiment d’agacement incontrôlable face à ce qu’elle ressentit comme une agression.
— Je suis peut-être plus douée que toi, siffla-t-elle en regrettant aussitôt son propos.
— Douée en quoi ? grinça la Twilek. Douée au lit ?

Isil se raidit sur son siège.
— Ma vie privée ne te regarde pas et je ne vois pas ce que tu sous-entends !

Nulee’Na ricana :
— Tu crois que je ne t’ai pas vue roucouler avec Argail ? Si ton contrebandier te voyait !

Isil haussa d’un ton.
— Je ne roucoule pas avec Argail et Hiivsha n’est pas « mon » contrebandier !
— Ne me dis pas que tu ne t’es pas déjà allongée sous l’un et sous l’autre ?

D’un geste brusque Isil recula son siège pour mieux se tourner vers son copilote.
— Non mais… qu’est-ce qui te prend ?

Nulee’Na pinça ses lèvres.
— Je dis juste que ton attitude n’est pas celle d’un Chevalier Jedi… il est vrai qu’en tant que Padawan ça laissait déjà à désirer !
— Tu n’es pas ma mère et encore moins mon Maître, alors ton avis, je m’en passe ! cria Isil exaspérée.

Dans le carré, Lillaia posa un regard moqueur sur Argail.
— On dirait qu’il y a de l’eau dans le gaz dans le cockpit… À mon avis, tu dois être l’objet de la conversation de ces dames.

Les sourcils du militaire se haussèrent.
— Vraiment ? Je ne vois pas pourquoi.

Lillaia agita son index entre Argail et le couloir menant au poste de pilotage.
— Allons, allons, sergent… toi et la petite blondinette…
— Il n’y a rien entre Isil et moi, protesta le militaire.
— Quoi ? Ne me dis pas que tu n’as pas tâté du Jedi, intervint Krig Landala dans un rire provocateur. On ne reste pas inactif devant un corps pareil quand on en a l’occasion ! À moins naturellement que…

Les yeux d’Argail se mirent à briller.
— À moins que quoi, monsieur Landala ?

Le colosse hésita un instant à continuer, mais quelque chose de plus fort que lui le poussa à ne pas s’arrêter là. Il avait subitement une envie de se quereller, comme au temps où il écumait les cantinas des planètes les plus sordides en quête d’un contrat.
— À moins que môssieur Vif-Argent ne soit porté sur un autre genre… ou d’autres races plus exotiques… ou même animales pourquoi pas ?

Les poings d’Argail se serrèrent.
— Il est peut-être impuissant, proposa le Rodien jusque là silencieux. Ce qui expliquerait tout. J’ai vu pas mal de gars de l’infanterie souffrir de ce type d’handicap après de sévères batailles.

Lillaia se mit à rire.
— Ce serait dommage… un mec aussi viril que toi…

Elle se leva et alla s’asseoir auprès d’Argail d’une démarche volontairement chaloupée. Sa main se posa sur la cuisse du militaire.
— À défaut de petite Jedi, moi je veux bien que tu me passes dessus.
— Ce n’est pas à lui qu’il faut le proposer, Lillaia s’esclaffa Krig. Je te dis qu’il n’est pas du bon bord… moi pas contre, je ne suis pas contre quelques galipettes avec toi… on va dans ma cabine ?

Il fallut moins d’une seconde à Argail pour se lever, arracher le colosse roux à sa chaise et lui décocher une droite qui l’envoya rouler à terre.
— Nom d’un bantha ! hurla-t-il, tu vas la fermer ta grande gueule ?

Un sourire plissa les lèvres de Lillaia tandis que le rodien se levait prudemment de son siège pour reculer hors de portée du militaire.
— Y’a que la vérité qui fait mal, trouva la force de plaisanter Krig Landala en se relevant une main sur sa joue.

Puis il fonça tête la première dans le thorax d’Argail et tous deux roulèrent à terre.
— Je vais défoncer ton crâne vide ! cria le civil et martelant du poing le visage de son adversaire.

Argail leva brutalement un genou dans l’entrejambe de Krig dont l’étreinte se relâcha suffisamment pour se dégager de lui et reprendre l’avantage, inversant les rôles.
— Qui c’est qui va écraser la gueule de l’autre ? lâcha le militaire en abatant ses phalanges sur la mâchoire du rouquin.

Au même moment, Isil et Nulee’Na alertées par les cris firent irruption dans le carré.
— Ça suffit, hurla la première sans aucune retenue.

D’un geste elle souleva dans les airs Argail qu’elle projeta à deux mètres de là sur une banquette. Ce dernier lui jeta un regard meurtrier.
— Toi et ta Force ! grimaça-t-il.

La fureur se lisait sur le visage de la jeune femme.
— C’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qui vous prend ? On a une mission à mener à bien et je ne tolèrerai pas que l’un d’entre vous se mette en travers de mon chemin ou je l’expulse de ce vaisseau ! Je vous ordonne de regagner chacun votre cabine et de vous calmer !

Des regards haineux furent échangés en silence mais sans doute sous l’effet d’un restant de discipline, chacun obtempéra. Un instant plus tard, Isil était seule dans le carré.
Bon sang, qu’est-ce qui m’arrive ? se demanda-t-elle. Se peut-il que l’artéfact soit si puissant qu’il ait une telle prise sur nous ?
La navette étant sous pilotage automatique, elle décida elle aussi de regagner sa cabine pour méditer un moment et tenter de retrouver la sérénité de la Force.


Dans la sienne, Argail a fermé les yeux après s’être allongé sur sa couchette. Lentement il glisse dans un monde étrange peuplé d’hommes et de femmes-loups. Tous grondent et grognent mais il les comprend parfaitement. Lui-même est un homme-loup et cela lui semble parfaitement naturel. Face à lui, un Sith. Celui-là même qui a tué sa jeune équipière devant ses yeux et tant de ses camarades sur le champ de bataille. Le Sith aussi se transforme en loup. Jetant un œil sur le corps lupin au visage cadavérique de ce dernier, Argail constate l’apparence maladive de son pelage jaunâtre et les plaques de peau visibles là où le poil est tombé.
C’est la pleine lune. Argail pousse un hurlement sauvage, évitant les tirs de ses acolytes, eux aussi sous forme de loups malgré leurs tenues impériales. Il saute pour esquiver les coups de griffes lasers du Sith. En soufflant, il jette la grenade à la figure blanchâtre de ce dernier qui la voit arriver et la propulse au loin d’un simple geste, tout en ricanant avec un sourire malsain. Le Sith lève sa lame crépitante et dégoulinante de sang en forme de griffes pour frapper Argail, comme dans tous ses rêves précédents plus ou moins identiques à celui-là. Des rêves qu’il fait de façon maladivement récurrente.
Au moment où le Sith s’apprête à le démembrer surgit un autre lupin anthropomorphique au pelage sombre, à la peau parcourue de cicatrices, l’une bien visible sur sa tête dont la moitié du visage parait avoir été broyé. Il se jette sur le Sith ses crocs et ses griffes en avant contre la lame rouge tout en hurlant :
— Hors d’ici, c’est ma proie !

Un combat commence sous les yeux d’Argail. Les coups que reçoit le Sith blafard déchire son apparence comme s’il était fait de papier, dévoilant un humain, mais cette fois un humain qu’Argail ne connaît pas du tout. Ce dernier jette alors ce qui lui reste de la peau de loup au sol. Il a à présent le visage dissimulé par une capuche. Argail entend sa respiration cliquetante et aperçoit un menton d’une pâleur cadavérique. L’homme actionne un sabre laser d’un rouge vif, que le soldat n’a jamais vu. Il tente de tenir à distance l’autre garou qui se bat nu et rugit :
— Ma proie ! Ma nouvelle demeure ! Tu n’es pas le bienvenu, bâtard, tu n’as rien d’un Sith !

Le loup noir déchire finalement le Sith de ses griffes et l’apparition disparaît. Il se tourne vers Argail.
— Tu es trop faible… la douleur n’est rien…

Argail rouvre les yeux alors qu’il pousse un hurlement de loup. Ses ongles ont légèrement poussé et ses oreilles se sont allongées tandis que sa pilosité s’est intensifiée. Légèrement mais de façon parfaitement visible. Alors qu’il tente de se relever, en sueur, pour faire le point, il sent près de lui la présence du Sith comme si ce dernier était derrière ses yeux et observait ce qui se passait de là.
Il entend un grondement mais pas autour de lui. Dans sa tête.



Argail se dressa sur son séant, son arme au poing et tira plusieurs fois devant lui. Mais il n’y avait personne d’autre dans sa cabine. Fébrile, il passa plusieurs fois sa main dans ses cheveux et sur son visage en soufflant, le cœur battant.
Isil sortit de la profonde méditation dans laquelle elle s’était plongée, tourmentée par des ombres et des souvenirs obscurs. Pour la première fois, La jeune femme n’avait trouvé ni paix ni sérénité dans la Force. Quelque chose n’allait pas mais elle mit un certain temps avant de se rendre compte que la navette était sortie de l’hyperespace et ne bougeait plus. Les générateurs s’étaient arrêtés et dans les coursives, l’éclairage de secours avait pris le relais. Depuis combien de temps, elle ne savait le dire.
Au même moment, elle entendit des bruits de blaster de l’autre côté de la cloison. D’un bond elle se mit sur pieds et se précipita dans la cabine d’Argail dont elle ouvrit la porte brutalement.
— Qu’est-ce qui se passe ? lança Isil, sabre laser en main.

Argail la dévisagea d’un air hagard.
— Rien… enfin, je suppose…

Il se leva et passa devant la Jedi tel un automate pour se diriger vers le carré où les autres venaient aux nouvelles.
Isil demeura un instant perplexe au milieu de la coursive avant de percevoir un bruit plus loin. Cela venait du conduit technique tout près des capsules de secours. La Jedi courut vers l’endroit en question et se heurta à Nulee’Na qui en sortait.
— Qu’est-ce que tu as fait ? demanda Isil. Pourquoi as-tu coupé les générateurs ?

La Twilek lui lança un regard meurtrier.
— Je n’ai rien coupé du tout ! Quelqu’un a coupé les générateurs et je suis venue voir l’étendu des dégâts !
— Je ne te crois pas ! cria Isil. Tu es prise la main dans le sac en plein sabotage !
— Tu es folle ! s’insurgea Nulee’Na en rejetant la blonde Jedi d’une poussée de la Force.

Cette dernière heurta violemment la paroi du couloir à quelques mètres de là. Nulee’Na continua :
— Tu n’es plus maître de toi, Isil ! Je te relève du commandement de cette mission que j’assumerai désormais jusqu’à ce que nous soyons arrivés sur Tython !

D’un geste de la main, la Twi’lek arracha le sabre laser des doigts d’Isil et le téléguida jusqu’à elle.
— Je t’enlève ton arme… tu seras moins dangereuse sans.

Il se passa alors quelque chose qu’aucune des deux Jedi ne put empêcher. Une rage destructrice enfla dans la poitrine d’Isil hors de contrôle de sa volonté et éclata en une surpuissante vague de Force qui ravagea tout le vaisseau tandis qu’Isil laissait échapper un cri inarticulé rempli de fureur.
— Jamais ! cria-t-elle.

La jeune femme se releva, des flammes dans les yeux. Nulee’Na comprit alors son erreur mais il était trop tard. Elle sentit les deux sabres lasers, le sien et celui d’Isil, glisser irrémédiablement entre ses doigts sans pouvoir les retenir et s’envoler vers Isil. Celle-ci n’eut pas un regard pour eux et ils tombèrent bruyamment sur le sol de la coursive. La Twi’lek sentit une force irrésistible la saisir à la gorge et la soulever dans les airs cependant que la porte d’une des capsules de secours s’ouvrait non loin d’elle. Un sentiment de panique s’empara de Nulee’Na lorsqu’elle se sentit transportée vers l’ouverture et poussée à l’intérieur de l’espace clos de la nacelle d’urgence. Elle gargouillait, luttant contre l’étranglement, cherchant un peu d’air à respirer, les mains sur sa gorge pour tenter de desserrer l’étreinte fatale, gesticulant vainement avec les jambes. Le visage d’Isil était déformé par un rictus de haine et ses yeux si bleus d’ordinaire étaient devenus tout noirs. Elle avançait la main droite tendue en avant vers la Twi’lek, les doigts crispés et lorsque cette dernière fut entrée dans la capsule elle la projeta violemment au fond avant de relâcher son étreinte. Nulee’Na tomba rudement, l’esprit engourdi par le manque d’oxygène et le choc. Les bras d’Isil se tendirent vers la console de commande de la nacelle et une gerbe d’éclairs violacés projetés par le bout de ses doigts vint frapper les appareils qui grillèrent en crépitant, lâchant des nuages de fumée âcre et des bouquets d’étincelles.
— Tu n’iras nulle part, articula Isil en refermant la porte de la nacelle avant de la détacher de la navette d’un coup de poing rageur sur l‘interrupteur de libération.

Dans sa semi-conscience, Nulee’Na, vit le vaisseau s’éloigner lentement par le hublot. Dans sa capsule inerte, elle était condamnée à mourir dans l’espace sombre et froid.

Seule personne animée dans la navette, Isil ramassa son sabre laser et marcha machinalement jusqu’au compartiment qui renfermait l’artéfact. Ses jambes la trahirent en cours de route, et se dérobèrent sous elle à plusieurs reprises. Elle se sentait vidée de toute énergie, à bout de forces et c’est sur les genoux qu’elle parvint à ouvrir la porte de la soute avant de la refermer et de s’effondrer sur le sol froid, inanimée.
*
* *

Horrifiée par ses souvenirs, Isil s’en revint vers ses compagnons afin de s’assurer de leur état. À son grand soulagement, ils étaient encore en vie bien qu’inconscients et sérieusement commotionnés par la vague de Force incontrôlée qui s’était échappée d’elle. La jeune femme se rendit jusqu’au cockpit pour tenter de lancer un appel de détresse mais privée d’énergie, la navette ne pouvait plus émettre de signal, hormis par la balise autonome dont la portée était réduite. Elle se sentait épuisée et ses pensées souffraient de confusion. L’effort qu’elle avait dépensé pour remettre l’artéfact dans son coffre l’avait littéralement vidée de son énergie. Assise dans le siège du pilote, la Jedi ferma les yeux et se laissa aller à une douce somnolence réparatrice. Il fallait qu’elle se rende aux générateurs pour voir s’il y avait la possibilité de les réparer, de restaurer le courant électrique dans la navette, mais elle n’en avait pas la force. Isil ne parvenait pas à émerger du sommeil dans lequel elle avait plongé.

Une brève secousse secoua la navette dont la structure se mit à trembler légèrement. Une ombre immense l’enveloppa bientôt et l’avala pour la faire disparaître dans son ventre. Le rayon tracteur du bâtiment l’attira jusque sur le permabéton d’un de ses hangars sur lequel il la déposa en douceur.
Isil dodelina lentement de la tête en essayant de se soustraire à sa semi-inconscience. Son esprit entendait des bruits qu’il essayait d’analyser à travers les brumes de ses pensées. Elle entendit des voix et sentit qu’on lui posait quelque chose sur le visage. Un air frais légèrement parfumé entra dans ses poumons puis elle s’endormit profondément dans un sommeil sans rêve.


(à suivre... )[/justify]

Vers chapitre 9 : Alliance improbable
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Messagepar The White Knight » Lun 22 Déc 2014 - 14:26   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Eh bien ! Eh bien ! Très intéressant ce chapitre ! Notre chère Isil faut pas l'énerver,mais elle n'est vraisemblablement pas dans son état normal :sournois: .. J'ai trouvé ce passage excellent ! :oui:
Très étrange aussi le rêve de Argail...


Vivement la suite ! :wink:
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Messagepar Hiivsha » Mer 24 Déc 2014 - 12:08   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Merci de ta lecture.

J'ai eu le plaisir de découvrir que mon exemplaire CALAMEO du tome 1 "Le cercle Sombre" a hérité d'un petit bandeau vert marqué "FEATURED".

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Intrigué, j'ai demandé à Calameo ce que cela signifiait. Voici leur réponse :

"Le bandeau vert "FEATURED" signifie que la publication a été mise en avant par notre service qualité et que cette publication a retenue notre attention.
La plupart de ces publications sont alors relayées sur les réseaux sociaux afin de leurs offrir un maximum de visibilité."


Ça fait toujours plaisir ! :wink:
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Messagepar Den » Jeu 25 Déc 2014 - 10:40   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

C'est le début de la gloire! :wink:
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Messagepar The White Knight » Ven 26 Déc 2014 - 21:56   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Hiivsha a écrit:Merci de ta lecture.

J'ai eu le plaisir de découvrir que mon exemplaire CALAMEO du tome 1 "Le cercle Sombre" a hérité d'un petit bandeau vert marqué "FEATURED".

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Intrigué, j'ai demandé à Calameo ce que cela signifiait. Voici leur réponse :

"Le bandeau vert "FEATURED" signifie que la publication a été mise en avant par notre service qualité et que cette publication a retenue notre attention.
La plupart de ces publications sont alors relayées sur les réseaux sociaux afin de leurs offrir un maximum de visibilité."


Ça fait toujours plaisir ! :wink:


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Messagepar Hiivsha » Mar 06 Jan 2015 - 21:16   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers chapitre 8 : Sous influence (Début 1/2)
Vers chapitre 8 : Sous influence (Fin 2/2)




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9 - Alliance improbable


(Début 1/2)


Une certaine quiétude prévalut au réveil d’Isil. Les ombres n’étaient plus là et la Force était redevenue clarté. La Jedi avait retrouvé sa paix intérieure lorsqu’elle rouvrit les yeux et balaya du regard l’endroit où elle se trouvait. Elle était allongée dans un grand lit confortable, recouverte de draps satinés particulièrement moelleux. Quelqu’un l’avait soigneusement dévêtue avant de la coucher. Une très légère lumière tamisée diffusée par d’invisibles lampes baignait la pièce. Se remémorant ses derniers instants de semi lucidité, elle en conclut que la navette avait été capturée par un autre vaisseau disposant sans doute d’un rayon tracteur, probablement un vaisseau de guerre. Des personnes étaient ensuite montées à bord et on avait dû l’endormir avec un gaz anesthésiant. Ami ou ennemi ? Telle était à cet instant la question qui taraudait la jeune femme.
Lentement elle repoussa les draps pour s’asseoir dans le lit, les bras entourant ses genoux pliés, afin de mieux appréhender les lieux. La chambre était vaste pour une cabine de vaisseau de guerre. Ce devait être un gros bâtiment et visiblement on l’avait installée dans des quartiers dignes d’un officier supérieur ou d’un VIP. Sur sa gauche, une ouverture en transparacier courait sur toute la largeur du mur et permettait de contempler l’espace intersidéral.
La jeune femme se leva et étira longuement ses membres engourdis tout en notant la douceur de la moquette synthétique qui s’écrasait sous ses pieds. Lançant un coup d’œil vers les portes de ce qui devait être une penderie elle soupira :
— J’espère que je vais trouver de quoi m’habiller… sans ça…

Ce fut avec soulagement qu’elle retrouva ses effets soigneusement pliés sur des étagères ainsi que sa ceinture multifonction et son sabre laser. Tout était propre et repassé.
— Il faudra que je remercie la femme de ménage, murmura-t-elle en enfilant ses sous-vêtements puis sa tunique et sa bure de Jedi.

Les bottes enfilées, elle fixa son arme à son étui et se dirigea vers la porte de la chambre qui s’ouvrit sans opposer de résistance.
Donc je ne suis pas prisonnière ? se dit-elle en avançant dans un salon garni de plusieurs fauteuils, d’un divan, d’une table basse et plus loin d’un bureau encadré par deux bibliothèques vides entre lesquelles trônait un drapeau de l’Empire Sith.
Me voilà fixée, pensa Isil avec une moue dépitée, je suis donc sur un vaisseau de guerre impérial.
Pourtant le fait de se retrouver dans une chambre plutôt que dans une cellule était signe de bon augure. On ne lui voulait pas de mal… du moins pas dans l’immédiat.
Une porte coulissa sans bruit. D’une pièce adjacente, une salle à manger à en croire la table qui en occupait le centre, un droïde de protocole s’avança d’une démarche maladroite.
— Bonjour, chevalier, lança-t-il pompeusement en s’inclinant. Permettez-moi de me présenter, je suis Z1T2 affecté à votre service le temps que vous resterez à bord de ce vaisseau. Outre le fait que je parle couramment l’ensemble des langues connues de la galaxie, je suis programmé pour faire la cuisine et d’autres tâches ménagères. Puis-je vous servir quelque chose à boire ?

Il se recula pour laisser Isil pénétrer dans la nouvelle pièce. Elle avait la gorge sèche et l’estomac dans les talons. Tendant un bras vers une coupe de fruits posée au centre de la table, elle attrapa une pêche bien juteuse dans laquelle elle mordit à pleines dents.
— Je veux bien du thé froid, tenta-t-elle d’articuler en mâchant.
— Je vous apporte ça de suite, chevalier, répondit Z1T2 en s’inclinant de nouveau.

Il disparut dans une autre pièce pour revenir quelques minutes plus tard avec le breuvage demandé. Isil contemplait des pierres magnifiques exposées dans des vitrines. Ce fut avec plaisir qu’elle avala quelques gorgées avant de demander :
— Quel est le nom de ce bâtiment ?
— Je ne peux hélas répondre à cette question pour le moment, chevalier, mais Dark Dalius qui le commande se fera un plaisir de vous le révéler dès qu’il vous siéra d’aller le rejoindre sur la passerelle de commandement.

La jeune femme leva un sourcil d’étonnement.
— Vraiment ? Je peux donc quitter ces quartiers en toute liberté ?
— Bien entendu, chevalier. Dark Dalius a expressément demandé à ce que vous soyez traitée comme son invitée, c'est-à-dire avec les plus grands égards.

Avec un nouveau signe de surprise, Isil insista :
— Donc si je quitte cette pièce avec mon arme, personne ne se mettra en travers de mon chemin ?
— C’est tout à fait cela, chevalier.
— Où sont mes compagnons et ma navette ?
— Votre vaisseau se trouve en sécurité dans un hangar. Quant à vos compagnons, le Seigneur Dalius vous en dira plus lui-même.

Cachant mal un geste d’agacement, Isil acheva de vider son verre.
— Bien, allons donc voir ce Dark Dalius.
— Je vous accompagne, chevalier, pour vous guider sur ce vaste vaisseau, proposa Z1T2 en prenant les devants.

Dans l’imposante coursive, traditionnelle des gros vaisseaux de ligne impériaux, deux militaires encadraient la porte de sortie de l’appartement. Dès qu’Isil apparut, ils se mirent au garde-à-vous, ajoutant à son étonnement. Elle les aurait plutôt vus se jeter sur elle pour lui interdire la sortie.
Chaque personne qu’elle croisa dans les couloirs la salua ou lui fit un signe de tête poli. Habillée en Jedi et saluée par des militaires impériaux, voilà qui n’était pas banal ! Avec un peu d’appréhension, elle suivit Z1T2 de coursive en coursive, d’ascenseur en ascenseur jusqu’à la passerelle de commandement. Tout en marchant, Isil se convainquit qu’elle se trouvait à bord d’un croiseur lourd de classe Interdictor, ce qui rappela en elle de sombres souvenirs .

Une longue passerelle traversait le pont de commandement depuis l’entrée jusqu’aux immenses baies de transparacier qui en formaient l’extrémité. De part et d’autre, en contrebas, s’activaient un grand nombre de personnels affairés pour la plupart autour de consoles et d’appareils complexes. Nombre de regards convergèrent vers elle alors qu’elle s’avançait lentement à travers l’immense salle.
Au bout de la passerelle, debout devant le transparacier, se tenait, tournant le dos à la jeune femme, une silhouette noire, grande et massive dont on remarquait immédiatement les longs cheveux argentés ondulant en cascade sur ses épaules. Il était entouré de plusieurs officiers supérieurs qui la dévisagèrent avec curiosité lorsqu’elle s’approcha.
Isil frémit intérieurement.
— Je suis heureux de te retrouver, ma fille, déclara l’homme avant de pivoter lentement sur lui-même.
— Darillian ! s’exclama Isil sans pouvoir cacher sa surprise. Pourquoi ne l’ai-je pas senti ?

L’homme lissa d’une main sa longue barbe blanche taillée en pointe en souriant.
— Tu es resplendissante, Isil. Tu ne sais pas combien cela me fait plaisir de te revoir enfin… c’est une chose de suivre tes exploits à distance, c’en est une autre que de pouvoir t’admirer de mes propres yeux.

Puis, se tournant vers ses subordonnés :
— Messieurs, je vous présente Isil Valdarra… ma fille.

Les officiers s’inclinèrent du buste. Dalius se contenta d’en désigner un de la main.
— Voici l’amiral Webert, Commandant du Fulgurant.
— Le Fulgurant… marmonna Isil, le croiseur qui a détruit le Valiant

Personne ne releva son propos. Dalius s’avança vers la Jedi et lui caressa la joue.
— Tu es encore plus belle que ta mère, observa-t-il à voix basse.

Isil eut un geste de recul instinctif.
— Je vous interdis… commença-t-elle une lueur froide dans le regard.

Inspirant profondément pour se calmer, elle continua :
— Ne vous ai-je pas déjà défendu de m’appeler « votre fille » ? Mon père était et restera à jamais Jann Valdarra, assassiné de vos propres mains.

L’homme retourna ses paumes vers lui et les regarda longuement, pensif.
— Nous étions des combattants, laissa-t-il échapper d’une voix grave au bout d’un instant. Mais quoique tu en penses, c’est mon sang qui coule dans tes veines et non le sien… n’as-tu jamais vérifié mes dires comme je te l’ai proposé ?

Isil grinça :
— Je n’en ai pas besoin pour savoir que nous n’avons rien de commun vous et moi.

Dalius secoua la tête.
— Nous avons bien plus en commun que ce que tu veux bien croire, ma fille.

La jeune femme maîtrisa un geste d’impatience. Soudain, Dalius prit un air plus dégagé comme s’il cherchait à s’engager dans une autre conversation.
— En tout cas, bienvenue à bord de mon vaisseau, Isil. Tu es ici comme chez toi.

La Jedi plissa ses paupières.
— Vous êtes Dark Dalius ?
— Dark Dalius, Jaster Darillian, répondit l’homme avec un grand geste évasif, Jedi, Sith, peu importe... des étiquettes sans aucun intérêt. Nous sommes ce que nous sommes, c’est l’essentiel.
— Pourquoi suis-je ici ?
— Voilà une bonne question… on dirait que le destin souhaite nous rassembler pour que nous œuvrions ensemble à quelque quête supérieure. Je comprends que tu ne sois pas heureuse de revoir ton père biologique, mais je suis sûr que tu finiras par m’apprécier.

Isil desserra les dents avec difficulté.
— À votre place, je ne parierais pas trop là-dessus… après tout, vous avez cherché à me tuer…
— À te tuer ? protesta l’homme avec un grand geste des bras. Non, jamais je ne l’aurais fait…
— Vous oubliez Korka…
— Je n’ai pas supervisé correctement cette partie de ton histoire… et je le regrette.
— N’est-ce pas une flotte à vous qui a tenté d’abattre mon chasseur dans le secteur Delta il y a quelques mois ?
— Là encore, je n’avais pas été assez clair te concernant… mais puisque tu en parles…

Dark Dalius fit un grand geste de la main en direction d’un Zabrak tout vêtu de noir qui arrivait vers eux depuis l’autre bout de la passerelle.
— Seigneur Dal-Karven, vous tombez à point nommé !

Isil frémit de nouveau en apercevant l’horrible tête rougeâtre chargée de tatouages sombres, aux yeux jaunes injectés de sang. Dal-Karven, le Sith qui avait ordonné la destruction du Valiant, qui l’avait maltraitée avant de la livrer entre les mains sadiques du professeur Xandor sur Korka !
Le Sith avança, le visage renfrogné jusqu’au petit groupe. Se tournant vers les officiers impériaux, Dalius les renvoya d’un geste de la main et ceux-ci s’éloignèrent pour retourner à leurs tâches. Il ne resta plus que lui, Isil et le Zabrak.
— Le Seigneur Dal-Karven ici présent a quelque chose à te dire, ma fille.

Dark Dalius toisa l’intéressé qui marmonna d’un air visiblement forcé :
— J’assume pleinement l’acte d’agression du secteur Delta… j’ai agi de ma propre initiative sans ordre de votre père. Je voulais…

Il s’arrêta. Un sourire fugitif passa sur les lèvres de Dalius.
— Notre ami ici présent, a eu durant un certain temps quelques velléités de vengeance à ton encontre, jusqu’à ce que je mette un terme à cette rancune tenace. Il est toujours plus facile de se faire obéir lorsqu’on est sur le terrain plutôt que loin.

Dal-Karven et Isil échangèrent un long regard plein de sous-entendus. Dalius reprit :
— Oh, je sais que vous ne deviendrez pas les meilleurs amis du monde… mais si vous pouviez éviter de vous entretuer, cela me faciliterait les choses à venir.

L’homme prit la Jedi par les épaules.
— Ma fille, oublions ces regrettables incidents dont tu t’es si brillamment sortie… d’ailleurs, suite à celui du secteur Delta, il y a un trou dans ton emploi du temps, si j’ose dire, que j’aimerais bien que tu me combles un jour… quelques mois d’absence sur lesquels je n’ai eu aucune explication malgré mon étroite surveillance à ton encontre.
— Parce que vous me surveillez ?
— Bien entendu, un père aimant veut toujours savoir si sa fille va bien… ce qu’elle fait… avec qui elle sort…

Il lâcha un rire bon enfant et nota avec satisfaction que la jeune femme ne s’était pas dégagée de l’étreinte de ses mains.
— Allons, Isil, viens avec moi, il faut que nous parlions sérieusement de choses bien plus graves pour nous… et pour ton vaisseau, le Defiance !

Il lui passa paternellement un bras autour du cou pour l’entrainer à travers la passerelle.
— Je t’invite à rejoindre tout d’abord tes amis… je crois que vous avez tout un tas de choses à vous dire par rapport à ce qui s’est passé dans cette navette.
— Où est l’artéfact ?
— En sécurité, ici à bord. Je dois dire que je suis surpris que vous autres, Jedi, ayez autant sous-estimé et la puissance, et la toxicité de cet objet.
— Il était pourtant enfermé…
— Tant que l’artéfact n’avait pas été réactivé, ce container suffisait, mais une fois réveillé par l’énergie de vos réacteurs mésoioniques, cela ne pouvait le contenir longtemps.

Isil lança à Dalius un regard de biais.
— Vous me paraissez bien renseigné sur les activités du Defiance…
— Le renseignement est le nerf de la guerre, ma fille. Si tu veux vaincre ton adversaire, il te faut bien le connaître.

De nouveau, l’homme lâcha un petit rire satisfait.
— Comment contenez-vous cet artéfact alors ? demanda la Jedi curieuse.
— Dans une salle spéciale, dans un container spécial équipé d’une serrure à combinaison dont moi seul détient le code et dans lequel nous avons disposé des pierres de Force vive.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Des artéfacts anciens, irradiant de la Force naturelle et lumineuse. Il semble que ces radiations parviennent à contenir la Force obscure qui émane de cet objet. Assez longtemps j’espère pour avoir le temps de se débarrasser de lui… et de ses semblables.

La jeune femme s’étonna :
— Il y en a d’autres ?
— Chaque chose en son temps, Isil. J’ai une longue histoire à vous narrer… à toi, tes compagnons et tes amis du Defiance. Pour l’instant, rejoignons tes camarades de la CPM.
— À ce propos, il nous faut revenir à l’endroit où vous nous avez trouvés… je… j’ai… je me souviens avoir exilé une Jedi Twi’lek dans une capsule de sauvetage parce que j’ai cru qu’elle avait saboté le vaisseau…

Dalius lui tapota la nuque.
— Rassure-toi, nous n’avons laissé personne derrière… nous avons aussi récupéré la capsule. Ton amie va bien. Elle est comme vous tous, un peu traumatisée par ce qui s’est passé entre vous.

Ils arrivèrent devant une salle de réunion équipée d’une grande plateforme Holonet. Dans la salle, Isil retrouva le reste de la petite équipe.
— Isil, s’exclama le premier Argail en tendant les bras vers la Jedi, tu es saine et sauve !

Tous s’approchèrent d’elle.
— Tu es calmée ? insinua Nuleena avec un sourire. J’ai bien cru que j’allais finir seule dans l’espace.

Isil se tourna vers elle, dépitée.
— Je suis désolée… je ne sais pas ce qui s’est vraiment passé… ce n’était pas vraiment moi…
— Ce n’était pas vraiment nous, rectifia Krig Landala. Tu ne portes pas seule la responsabilité de ce que nous avons vécu.
— En tout cas c’est bon de se retrouver, pas vrai ? reprit Argail en serrant la jeune femme un instant dans ses bras sous l’œil complice des autres membres de la cellule.

Isil repoussa doucement le militaire affectueux.
— Tout de même, j’ai bien failli tous vous tuer.

Loodo se frotta la nuque d’un geste cocasse.
— Il en faut bien d’autre pour nous mettre hors service… c’est que nous avons la tête dure.
— Par contre les reins… je te dis pas, protesta Argail en se massant ostensiblement les lombes. Je crois bien que tu vas être condamnée à me masser le bas du dos pendant au moins une semaine chaque soir sur mon lit.

Ils éclatèrent de rire. Isil se détendit.
— C’est cela, oui… tu peux toujours rêver, Argail…
— Bon, ça ne coûtait rien d’essayer…
— Quand bien même… continua Isil, en admettant que l’artefact soit sorti seul de son coffre… pourquoi les générateurs se sont-ils coupés ? Je doute que l’artéfact ait pu le faire lui-même.

Ils se regardèrent tous un instant.
— Là, tu marques un point… peut-être finalement que l’un d’entre nous l’a fait sous son emprise, sans en conserver la mémoire ? proposa Lillaia qui échangea discrètement un bref regard avec Dark Dalius.
— Peut-être, acquiesça Isil du bout des lèvres. C’est possible. Dans ce cas, nous ne saurons sans doute jamais réellement ce qui s’est vraiment passé.
— Bah, l’essentiel c’est que nous soyons tous vivants, lança joyeusement Argail avant de se rembrunir. Quoique je ne sais pas s’il faut se réjouir d’avoir été sauvés par un croiseur impérial… où est l’artéfact à cette heure ?
— En lieu sûr, coupa Dark Dalius.

Il se présenta brièvement en ajoutant aussitôt :
— Vous êtes mes hôtes sur ce vaisseau, j’espère que vous ne profiterez pas de cette hospitalité à des fins belliqueuses. Je dois ajouter qu’à l’heure actuelle, il est plus important pour nous de mettre de côté nos querelles et de nous unir pour faire face à un danger commun plus pressant. À moins que vous ne teniez à voir le Defiance détruit pour de bon…

*
* *


(à suivre…)

Chapitre 9 : Alliance improbable (Fin 2/2)
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Messagepar Hiivsha » Jeu 22 Jan 2015 - 21:49   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

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Vers chapitre 9 : Alliance improbable (début 1/2)


CHAPITRE 9 - Alliance improbable (fin - 2/2)


Comme des insectes bourdonnant autour de leur essaim, les modules de réparation se livraient à un ballet autour du mastodonte de l’espace, valse lente ponctuée çà et là d’éclairs bleutés de soudures réparatrices. À l’intérieur d’un des hangars touchés lors de la récente bataille, l’amiral inspectait l’avancement des travaux.
— Combien de temps encore, Bump ?

L’officier mécanicien passa délicatement le revers de son index le long de ses moustaches.
— Si vous le voulez flambant neuf, il nous faut encore une dizaine de jours, amiral.
— Nous ne pouvons nous éterniser autour de Rothana au risque que l’ennemi nous surprenne au dock, ce qui ne nous laisserait que peu de chances malgré notre état d’alerte maximum. Faites le maximum en cinq jours, ensuite nous repartirons.
— Tout l’équipage fera de son mieux, amiral…

Et comme l’officier général repartait, le lieutenant demanda :
— A-t-on des nouvelles de la navette ?

Narcassan secoua négativement la tête.
— Aucune… À l’heure qu’il est, elle aurait dû arriver sur Tython mais personne ne l’a vue là-bas. Les Maîtres Jedi essayent de la localiser dans la Force et j’ai mobilisé toutes les ressources de la flotte pour la retrouver.
— Il y a à bord une sacrée équipe… quel que soit le problème qu’ils ont pu avoir, ils sauront le gérer, affirma l’officier mécanicien d’un air convaincu.
— J’aime votre optimisme, Bump. Surtout, ne le perdez jamais.

À ce moment, le communicateur de l’amiral se manifesta.
— Oui ? répondit ce dernier.

Une voix féminine se fit entendre.
Amiral, ici l’enseigne Serihl, vous devriez revenir d’urgence sur la passerelle.
— Que se passe-t-il ?
Une communication étrange, amiral, en provenance d’un vaisseau impérial non identifié… il demande à ouvrir un canal Holonet sécurisé avec nous.
— J’arrive !

Quelques minutes plus tard, Narcassan faisait irruption sur le pont de commandement. Maître Torve se porta à ses devants.
— Valin, j’ai demandé à ce que la communication soit passée dans votre salle de réunion.
— Connaît-on la source du signal ? demanda Narcassan un rien impatient.
— Non, mais l’officier transmissions est persuadé qu’il provient d’une unité mobile, probablement un vaisseau bien équipé.
— Quel que soit ce vaisseau, il connaît notre localisation. Appelez aux postes de combat ! Que tous les postes de tir soient prêts à ouvrir le feu sur un éventuel adversaire et que le Defiance se tienne paré à quitter le dock en urgence absolue !

L’ordre résonna à travers la passerelle et fut relayé prestement à tout le navire.
— Parfait, allons-y !

Sur un geste du pacha, Maître Torve, le colonel Vellaryn et le commandant Sayyham le suivirent. Ils traversèrent le vaste bureau de l’amiral pour se regrouper dans une salle adjacente où trônait une station Holonet entourée de sièges sur lesquels ils prirent place.
Ils n’eurent pas à attendre longtemps. Presqu’aussitôt, une image bleuté s’éleva maladroitement au-dessus du cercle de la plateforme de communication. Une silhouette leur apparut l’instant d’après.
— Comment allez-vous, Valin ? demanda une voix que l’amiral reconnut aussitôt.
— Jaster ? s’exclama ce dernier.
— Jaster Darillian, répéta Cregg Vellaryn faisant écho à l’étonnement général.
— Heureux de vous revoir, Valin.

Son regard effectua un panoramique autour de lui le temps de visualiser les autres silhouettes qui se tenaient autour du commandant du Defiance.
— Maître Torve, colonel Vellaryn, commandant Sayyham, je vous salue. Je vois que vous vous êtes entouré de vos plus fidèles collaborateurs… tant mieux, cela peut nous faire gagner un temps précieux.

Narcassan laissa errer un sourire sur ses lèvres.
— Je vois que vous êtes toujours aussi bien renseigné, Jaster.
— Plus que vous ne pouvez le supposer, ajouta Darillian en souriant à son tour. J’ai eu quelques raisons pour ne pas vous quitter des yeux… mais laissons-les de côté pour l’instant et allons droit au but.
— Je vous écoute.
— Vous venez de faire douloureusement connaissance avec le Ragnarok
— Vous voulez parler de cet Interdictor géant qui nous a attaqués sans raison ?
— Sans raison, c’est vite dit, Valin. Croyez-moi, Dark Remus, maître souverain du Ragnarok, a de très bonnes raisons de s’en être pris à vous…
— Nous préférerions que vous soyez plus explicite. Je ne prise guère les énigmes, Jaster, vous devriez le savoir.

Darillian laissa échapper un rire amusé.
— Oui, je connais votre esprit militaire et cartésien. Mais l’histoire que je m’apprête à vous raconter est longue et ne se prête guère à une communication Holonet. Je préfèrerais vous l’exposer de vive voix, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.
— Vous voulez venir à bord ? s’étonna Narcassan.
— Je pensais plutôt à l’inverse. Une invitation à dîner en bonne et due forme, pour vous et vos collaborateurs.

Des murmures s’élevèrent autour de l’amiral. Le mot piège fut prononcé. Narcassan reprit :
— Pour quelles raisons accepterais-je de monter à votre bord, moi et mes officiers ?
— Nous étions amis, Valin, avant que le cours des choses nous érige en adversaires, ce n’est pas quelque chose qui s’oublie… vous avez de ma part toutes les garanties que ma démarche est honnête et ne recèle aucun piège. Par ailleurs, ne seriez-vous pas heureux de partager un bon repas avec des membres de votre CPM ?

Comme il disait ces mots, l’image projetée se modifia et s’élargit pour englober les environs immédiats de leur interlocuteur jusqu’à embrasser toute une salle de réunion, similaire à celle dans laquelle les officiers de Defiance se trouvaient. Ils purent alors apercevoir l’équipage de la navette disparue.

Un oh de surprise s’échappa à l’unisson de leur gorge.
— Que signifie ? faillit s’emporter l’amiral avant de se contrôler. Vous avez intercepté ma navette, c’est un acte de guerre !
— Calmez-vous, Valin, je leur ai juste sauvé la vie et les ai recueillis à bord du Fulgurant.
— Le Fulgurant ? Vous êtes à bord du Fulgurant ? Le vaisseau qui a annihilé le Valiant ?
— Le vaisseau n’y est pour rien… et moi non plus… je n’étais pas à bord à l’époque.
— Non, bien sûr, il était sous les ordres de Dal-Karven !
— Et à présent, le Seigneur Dal-Karven est sous mes ordres.
— Parce que ce monstre est à votre bord ?

Les poings de Narcassan s’étaient serrés.
— Ne vous inquiétez pas, je réponds de lui comme je réponds de votre équipage. Ils sont tous mes invités et aucun mal ne leur sera fait.
— Qu’est-il arrivé à la navette ?
— Elle est à bord, en sécurité et son contenu aussi… il est plus en sécurité à présent qu’il ne l’était à votre bord ni à bord de votre navette.
— Que savez-vous sur cet artéfact ?
— Plein de choses, Valin… d’où mon invitation à dîner. Venez retrouver vos hommes…

Il rit doucement de nouveau.
— Et vos femmes, naturellement. Leur compagnie est des plus agréables, je dois bien l’admettre.
— Et si je refuse ? grinça l’amiral.

Darillian écarta ses mains dans un geste fataliste.
— Vous ne saurez jamais pourquoi le Ragnarok veut votre perte et votre équipage passera du statut d’invité à celui de prisonnier… à mon grand regret, car j’ai réellement besoin de votre collaboration pour venir à bout de ce qui est devenu notre ennemi commun. Oublions un instant nos différents… oublions la politique autour du Traité de Coruscant et offrons-nous une trêve pour discuter de tout cela… je vous en prie, Valin, au nom de notre ancienne amitié.

L’amiral consulta du regard ses subordonnés avant de continuer.
— Dans quel système pouvons-nous nous rencontrer pour discuter de tout cela ?
— Ne bougez surtout pas… je sais combien votre temps est précieux et je ne voudrais pas interrompre le cours de vos réparations. Le Defiance risque d’avoir besoin d’être au top de sa forme un de ces jours…

Une voix s’éleva du communicateur de l’amiral :
— Amiral, un vaisseau impérial vient d’entrer dans le système, c’est un Interdictor, le Fulgurant

Jaster Darillian reprit au même moment :
— Nos boucliers ne sont pas levés, Valin, j’espère que vos canonniers ne vont pas faire du zèle.

Narcassan secoua la tête.
— Pas d’inquiétude, nous n’avons pas pour habitude d’attaquer les premiers sans provocation… surtout, on tient compte du fait que vous avez des invités à bord.
— C’est vrai, j’avais presque oublié… c’est dire s’ils font déjà presque partie de la famille…

Sur le Fulgurant, Darillian eut un regard et un sourire appuyés en direction d’Isil en disant ces mots. La jeune femme le regarda droit dans les yeux sans ciller.
— Bien, reprit-il alors à l’adresse de ses interlocuteurs sur le Defiance, c’est dit, je vous attends dans deux heures à mon bord. Bien entendu, vous pouvez amener qui vous voulez.

La communication s’interrompit. Ce fut le commandant Sayyham qui prit la parole la première.
— Vous semblez bien vous connaître, vous et Darillian.
— Oui, acquiesça Narcassan, et ne me dites pas que vous ne le savez pas, Keraviss, vous une pro des renseignements.

Prise en défaut, la Loordienne baissa les yeux un bref instant avant de sourire l’air embarrassé.
— Je savais qu’il avait été votre supérieur avant de se lancer dans la politique, notamment à Bothawui… mais je ne savais pas que vous étiez amis.

Narcassan posa son menton sur ses poings fermés et ferma quelques secondes les yeux, le temps de ramener à lui quelques vieux souvenirs enfouis dans sa mémoire. Puis il se leva et eut un geste de la main.
— Tout ça c’est du passé, laissons-le où il est et tournons-nous vers l’avenir. Darillian veut nous voir et je présume que les informations qu’il détient valent la peine de se déplacer. Par ailleurs, il nous faut ramener notre navette et son équipage.
*
* *

— L’Interdictor me fait vraiment penser à un prédateur, commenta le colonel Vellaryn en examinant le Fulgurant par les hublots de la navette.

Ils avaient quitté le hangar 1 du Defiance depuis maintenant quinze bonnes minutes et n’étaient plus très loin de leur objectif, immobile dans l’espace.
— C’est la forme de sa proue qui fait ça, répondit Valin Narcassan, sa forme de bec, comme un oiseau de proie. Il a été le fleuron des chantiers navals de Corellia. Le Leviathan de l’amiral Saul Karath en fut le premier exemplaire, il y a de cela plus de trois siècles.
— Avant de rejoindre Dark Revan, compléta Maître Torve d’une voix grave, ce qui lui permit de le dupliquer à des centaines d’exemplaires grâce à la Forge Stellaire.
— Un bien beau bâtiment, reprit Vellaryn l’air songeur.

Narcassan claqua des mains comme s’il avait voulu rompre un charme.
— Allons, Cregg, le Centurion aussi est un beau bâtiment… un beau et vénérable vaisseau ! Et le nôtre est un modèle de haute technologie, ce qui nous a sans doute permis d’échapper au Ragnarok… puisque nous connaissons à présent son nom.
— Le Ragnarok… Je me demande comment un tel bâtiment peut exister, observa Keraviss Sayyham. Je veux dire, il est bien plus gros que le Fulgurant.
— C’est le moins qu’on puisse dire, approuva l’amiral. Je dirais trois fois sa taille à vue de nez.
— Donc plus grand que le Defiance ? intervint le colonel Vellaryn.
— Absolument, Cregg, au moins une fois et demi comme notre bâtiment et mieux armé m’a-t-il semblé avec des boucliers plutôt impressionnants.
— Oui, diablement efficaces, vu tout ce qu’on lui a expédié, renchérit la Loordienne.
— J’ai hâte de savoir ce qui est arrivé avec la navette pour Tython, laissa échapper le colonel Vellaryn le visage toujours tourné vers un hublot. Mais nous arrivons et nous n’allons pas tarder à le savoir.

En effet, leur navette s’approchait à présent de l’Interdictor, tache blanche dans le noir spatial, silhouette menaçante avec sa forme si particulière. Encore quelques minutes, et leur petit vaisseau disparaissait dans le ventre du monstre, petit poisson avalé par un cachalot.
La navette se posa en douceur sur le permabéton du hangar et sa porte s’ouvrit dès que la rampe fut déployée. Valin Narcassan apparut le premier sur le seuil et marqua un temps d’étonnement. Devant lui s’étendait un long tapis rouge bordé d’ornements dorés qui s’étirait entre une haie de chasseurs impériaux rangés au cordeau et plusieurs compagnies de militaires impeccablement alignés et au garde à vous. Au pied de la rampe attendait un homme en uniforme d’amiral qui salua dès que son homologue républicain apparut. Ce dernier rendit poliment le salut avant de s’avancer.
— Amiral Webert, se présenta l’impérial. Je suis le commandant du Fulgurant.
— Amiral Narcassan, du croiseur Defiance, répondit le visiteur en acceptant la main tendue.
— Bienvenu à bord, amiral, continua Webert. À vous et à vos subordonnés, ajouta-t-il en regardant par-dessus l’épaule de l’invité de Dark Dalius le petit groupe qui descendait à son tour la rampe.

Il fit un signe de la main pour inviter l’amiral Narcassan à la revue protocolaire réservée aux visiteurs de haut rang, et ce dernier se mit en marche, lentement, au son d’une musique consulaire républicaine interprétée par une section de musiciens. Les autres membres du groupe les suivirent, légèrement impressionnés par un accueil aussi martial qu’inattendu. En son for intérieur, Valin Narcassan apprécia le fait que Darillian ait délégué cette courte cérémonie à un vrai militaire comme lui. Pour une fois que les Sith ou les Jedi ne phagocytaient pas ce genre de choses !
Parvenus au bout de la haie d’honneur ainsi qu’à celui du tapis rouge, ils furent invités à quitter le hangar pour se diriger vers des ascenseurs.
— Le Seigneur Dark Dalius va venir nous rejoindre, affirma l’amiral Webert. Vous êtes ses hôtes à sa table.
— Dark Dalius ? reprit Narcassan. Je croyais que nous étions venus voir Jaster Darillian ?
— Oui, répondit l’impérial alors que la cabine s’élançait à la conquête des ponts du croiseur. Dark Dalius sont le titre et le nom dont l’a honoré le Conseil Noir de l’Empereur.

L’étonnement put se lire sur tous les visages des invités. Narcassan lança un regard vers le commandant Sayyham.
— Quelque chose qui échappé à nos services de renseignements ?
— Cela a été tenu en grand secret, jusqu’à aujourd’hui, expliqua Webert comme s’il cherchait à dédouaner la Loordienne. Peu de personnes ont eu l’occasion de connaître ses deux identités à la fois.
— Et comme il faut un début à tout… grommela Cregg Vellaryn.
— Ainsi Darillian est un Sith, releva Narcassan plus pour lui-même que pour ses compagnons.
— Il faut croire, répondit Maître Torve l’air dubitatif alors que l’ascenseur s’ouvrait devant eux.


Quelques instants auparavant, immobile devant la baie vitrée de son bureau, mains croisées derrière le dos, Dark Dalius paraissait absorbé par la vision de la navette du Defiance en approche. En réalité, il examinait dans le transparacier le reflet du visage de celle qu’il appelait sa fille en essayant d’en déchiffrer les sentiments. Isil savait qu’il l’observait et donnait le change en jouant avec un petit holoprojecteur de photos posé sur un bureau. Jaster Darillian sourit.
— C’est ta mère, j’espère que tu la reconnais ? Elle doit avoir ton âge sur cette holophoto.

La jeune femme tendit délicatement les doigts vers la forme qui flottait dans l’air comme pour en caresser les contours.
— Maman… laissa-t-elle échapper du bout des lèvres dans un souffle à peine perceptible.

Elle se remémora la conversation qu’elle avait eue avec le Conseiller Darillian sur Corellia lors de son duel contre lui.
— Je ne pourrai jamais vous pardonner, finit-elle par lâcher.
— Me pardonner de quoi, de t’avoir donnée la vie ?
— D’avoir fait à ma mère… ce que vous lui avez fait.
— Fait ? Elle n’en a jamais rien su, elle n’en a jamais souffert. Ni elle, ni Jann…
— Vous voulez dire mon père.
— Je te rappelle que c’est moi ton père, répondit Darillian d’une voix égale. Jann n’a fait que t’élever.
— Et me donner tout son amour, c’est ça être père… ça ne se vole pas par des manœuvres aussi déshonorantes que criminelles.

Dark Dalius nota le calme totalement maîtrisé de la voix de la jeune Jedi et songea avec satisfaction qu’elle avait fait du progrès dans la maîtrise de ses émotions depuis la dernière fois qu’il l’avait vue.
— D’ailleurs, reprit Isil, je n’ai toujours pas la preuve de ce que vous avancez.

La navette du Defiance disparaissait à présent sous le croiseur.
— Parce que tu n’as pas voulu jusqu’à présent avoir cette preuve, comme si tu en avais peur, continua Dark Dalius.
— Peur ? Cela me laisse peut-être simplement indifférente.
— Je ne crois pas. Je pense que tu redoutes cette vérité pour la bonne raison que lorsque tu l’auras trouvée, tu devras réellement l’affronter et faire avec.

Isil éteignit l’holoprojecteur et le visage de sa mère disparut.
— Pourquoi un portrait de ma mère et pas celui de Naara, votre femme ?

Darillian se retourna lentement, surpris par la question.
— Tu te souviens que je t’en ai parlé ?
— Bien entendu. Votre histoire m’avait touchée… c’était avant de savoir quel monstre vous étiez.

L’homme se rembrunit.
— Tes mots me font mal, Isil, je ne suis pas un monstre. J’ai donné à Jaina ce que je n’ai pas eu le temps de donner à Naara : un enfant qui possèderait une maîtrise parfaite de la Force.
— Comment étiez-vous sûr que cet enfant aurait cette maîtrise ?
— Il ne pouvait en être autrement… j’en avais eu moi-même la vision dans la Force.

Il s’avança vers elle et caressa son visage du bout des doigts.
— Il y a une autre raison pour laquelle j’ai le portrait de ta mère et non celui de mon premier amour. Quand je regarde Jaina, c’est toi que je vois.

Isil fit instinctivement un pas en arrière.
— Ne vous y trompez pas, vieil homme, même si j’ai un jour la preuve de tout cela, je ne serai jamais votre fille.

Il soupira.
— Laissons le temps en décider. D’ici là, je vais avoir besoin de toi… de ton aide…

Les blonds sourcils se relevèrent.
— Pour faire quoi ?
— Nous allons justement en discuter tous ensemble avec tes amis.
— Qui vous dit que j’ai envie de vous aider ?
— Il y a parfois des moments où il faut savoir s’allier à d’autres personnes, aussi improbable que soit ce choix. Viens, suis-moi, allons rejoindre tes compagnons.


L’amiral Webert invita le petit groupe à entrer dans la salle à manger réservée au commandant du vaisseau. D’autres personnes patientaient déjà.
Les officiers du Defiance retrouvèrent avec chaleur les membres de l’équipage de la navette pour Tython et en quelques minutes, ces derniers eurent tôt fait de brosser à leurs supérieurs un rapide rapport sur les événements les ayant entraînés dans la situation présente.
— Où est Isil ? demanda Narcassan dès qu’il eut remarqué l’absence de la jeune femme.
— Dark Dalius est parti avec elle, il y a une heure environ, répondit Argail le front plissé. Il semble avoir avec elle un rapport particulier…
— Que voulez-vous dire ?
— Eh bien, par exemple, quand nous nous sommes réveillés, nous étions tous dans la même cabine mais Isil n’était pas avec nous. Elle nous a rejoint plus tard accompagnée du grand méchant, un peu avant qu’il ne cherche à joindre le Defiance par l’Holonet.

L’amiral se retourna vers Maître Torve.
— Devons-nous nous en inquiéter, Shalo ?

Le visage impénétrable du Jedi ne laissa rien transparaître de ses sentiments lorsqu’il répondit :
— Elle a été à son service quelque temps sur Coruscant, des liens ont pu se créer entre eux. Par ailleurs, Maître Satele m’a confié un jour qu’une partie de l’âme d’Isil lui restait interdite lorsqu’elle essayait de sonder ses pensées. Il y a sans doute des choses qu’il nous faut découvrir.

À cet instant, Jaster Darillian apparut sur le seuil de la pièce, rayonnant, comme il l’eut été lors d’une réception mondaine du temps où il était conseiller à la Sécurité auprès du Chancelier Suprême de la République. À ses côtés, se tenait Isil qui paraissait bien petite contre l’imposante silhouette de leur hôte inattendu.
— Soyez tous les bienvenus à bord du Fulgurant, lança-t-il à la cantonade les bras théâtralement tendus. Je ne pouvais souhaiter meilleure compagnie pour dîner ce soir.

Il s’avança vers le commandant du Defiance et lui serra chaleureusement les mains.
— Valin, mon vieil ami, quel plaisir de vous revoir.
— Pour ma part, c’est l’étonnement qui prévaut, Jaster… ou dois-je dire Dark Dalius ?

Darillian lança un rire bon enfant.
— Oh, Dark Dalius… Darillian… les titres, les honneurs… quelle importance ! Une vague prétention humaine gorgée d’orgueil et de préjugés. L’important est simplement que nous sachions à qui nous nous adressons. Pour ma part, je n’y accorde aucune importance.
— Justement, reprit Narcassan en mettant un terme à une poignée de mains qui se prolongeait. J’ai un peu de mal à savoir qui j’ai en face de moi… autrefois, je le savais, mais maintenant…
— N’y voyez qu’un allié de circonstance dans l’immédiat, si vous le voulez bien, Valin, et oublions pour quelques temps les étiquettes qui fâchent.
— Je vais essayer, répondit l’amiral du Defiance.
— Je n’en demande pas plus, rétorqua Darillian en prenant son ami par le bras pour l’inviter à s’asseoir à côté de lui, sur sa droite.

Quatre droïdes de protocole placèrent aussitôt le reste des invités autour de la table, Isil la première, se retrouvant à la gauche de son prétendu père qui annonça :
— Le Seigneur Dal-Karven vous présente ses excuses pour son absence, mais il a considéré que sa présence aurait pu indisposer certains d’entre vous… ce qu’il a préféré éviter.

Il ponctua sa phrase d’un regard vers la jeune Jedi qui se refusa à laisser lire un quelconque sentiment sur son visage. Seul Valin Narcassan répondit poliment :
— Cette délicatesse l’honore… c’est en effet mieux comme ça.

Comme chacun était servi, Dark Dalius se leva de sa chaise, son verre à bout de bras :
— Je porte un toast aux vieux amis, à la famille…

Isil se mordit la lèvre en silence.
— … et aux alliances de circonstance…

Puis après s’être rassis, il compléta sa phrase :
— Et vous verrez que celle que je vous propose risque d’avoir sous peu son utilité.
— Je crois que le moment est venu de nous dire ce que nous faisons ici, Jaster, souligna Narcassan.

Dark Dalius habilla ses lèvres d’un sourire énigmatique.
— En effet, Valin, le moment est venu pour moi de vous narrer une histoire… une très vieille histoire !


(à suivre... )


Vers chapitre 10 : Explications (début 1/2)
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Modifié en dernier par Hiivsha le Mar 10 Fév 2015 - 21:56, modifié 2 fois.
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Messagepar Notsil » Sam 24 Jan 2015 - 15:24   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Eh bien, que d'évènements intéressantes !
J'aime beaucoup la lutte d'Isil contre l'artefact obscur, et j'ai hâte de voir ce que vont proposer ces impériaux. Comme de juste avec des Sith, la question sera, jusqu'à quand, l'alliance ? ^^

Je sens que tu nous réserves encore bien des surprises ;)
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Notsil
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Messagepar Hiivsha » Dim 01 Fév 2015 - 17:43   Sujet: Re: [Roman] Les aventures d'une jeune Jedi - Tome 3

Calameo, PDF et EPUB seront mis à jour à la fin du postage de chaque chapitre, pour ceux qui n'aiment pas lire sur forum. ;)

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Vers chapitre 9 : Alliance improbable (Début 1/2)
Vers chapitre 9 : Alliance improbable (Fin 2/2)




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10 - Explications


(Début 1/2)


Un silence s’établit autour de la table. Chacun sentait le moment important, comme quand un secret s’apprête à être dévoilé. Jaster Darillian saisit son verre et le fit lentement osciller devant ses yeux pour apprécier l’ambre du vin corellien. Il le huma longuement en fin connaisseur avant d’en déguster une gorgée avec une évidente satisfaction.
— Voilà un nectar presque parfait, déclara-t-il en reposant le verre sur la nappe immaculée. Il est rond en bouche et robuste à la fois.
— C’est vrai, répondit courtoisement l’amiral Narcassan en imitant son hôte. Et sa robe est chatoyante.

Le commandant Sayyham vida son verre sans vergogne ainsi que du petit lait avec un air de défi.
— Pas mauvais, lâcha-t-elle d’un ton ironique s’attirant aussitôt un sourire indulgent de Darillian.

Argail adressa un clin d’œil complice à Isil en avalant une large gorgée du breuvage et laissa son regard errer autour de la table avec un sourire amusé. Qui aurait pu prédire la veille qu’ils se retrouveraient tous ainsi à partager le même repas dans une ambiance certes tendue mais pleine de savoir-vivre ?
Shalo Torve posa délicatement sa fourchette dans son assiette et s’essuya les lèvres avec sa serviette avant de s’adresser au Sith.
— Vous nous parliez d’une histoire, Seigneur Dalius. Peut-être serait-il temps de nous la raconter ?

Darillian inclina la tête.
— J’en conviens, Maître Torve. Il est temps en effet de vous apporter ma modeste contribution en termes d’éclairage sur cette délicate affaire.

Il prit un instant pour aligner ses couverts et poser sa serviette contre son assiette, ce qui lui permit d’observer rapidement un à un ses invités ainsi que l’amiral Webert.
— J’imagine que vous connaissez tous l’histoire des Rakata et de leur Empire Infini aujourd’hui disparu ?

Quelques murmures mêlant étonnement et approbation glissèrent autour de la table et Darillian nota avec satisfaction un accroissement de l’intérêt de son auditoire.
— Vous voulez dire que cet objet est un artéfact rakata ? demanda Isil.

La jeune femme nota avec étonnement le regard que leur hôte posa sur elle. Se pouvait-il qu’elle ait pu y lire une forme d’affection ? Un Sith était-il capable d’une telle chose ? Puis il lui revint en mémoire combien son père autoproclamé avait affirmé ne pas être un Sith, ni d’ailleurs un Jedi. Elle sentit son cœur battre un peu plus rapidement et baissa les yeux, presque embarrassée.
— Tu as la vivacité d’esprit de ton père, Isil, répondit Darillian en lui tapotant la main. J’espère que tu en es fière.

Seule la Jedi pouvait apprécier le sous-entendu et elle ouvrit la bouche comme pour répondre quelque chose, puis se ravisant, elle se tut. Darillian continua en se tournant cette fois-ci vers l’amiral Narcassan.
— L’empire rakata connut son apogée à peu près cinq mille ans avant la naissance de la République. Puis il se désagrégea quelques deux mille cinq cents ans après ce zénith pour tomber dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte vingt quatre mille ans plus tard par les Sith et la République. Il y a donc environ trois siècles de cela.
— C’est ce qui est généralement admis par les historiens, approuva l’amiral Narcassan.
— Ce que je vais vous raconter est basé en grande partie sur un rapport écrit par un impérial, l’amiral Fisgargh, qui commandait le croiseur Centurion Scarificateur il y a de cela trois cent dix sept ans.
— Le Scarificateur ? s’exclama Keraviss Sayyham. Le croiseur qui a été détruit dans le système Begeren il y a huit jours ?

Darillian salua la Loordienne de la main.
— Je vois que vos renseignements sont aussi précis que les miens, commandant. C’est exactement cela. Détruit par le Ragnarok. Pour en revenir au rapport de Fisgargh, j’ai pu compléter l’histoire par l’étude de vieux artéfacts trouvés dans la bibliothèque de l’académie de Korriban et mon analyse personnelle a pu rajouter quelques suppositions censées couvrir un certain nombre de zones d’ombre. Mais dans l’ensemble, je pense cette histoire plutôt exacte.

De nouveau il but une gorgée de vin en observant ses invités.
— Il y a donc environ deux cents quarante huit siècles, alors que l’empire rakata battait des ailes, il y eut sur la planète Mahon, dans le secteur de Rakata Prime, une succession de rois rakata qui se livrèrent à un étrange rituel à l’approche de leur fin. Ils créèrent chacun, à l’aide d’une machine dont on ne connaît pas l’origine – était-elle rakata ou d’origine extragalactique ? – un artéfact censé renfermer l’essence de leur être… ou une partie de cette essence. Ainsi le premier de ces rois, Ghar, vécut si longtemps qu’on le surnomma « l’immortel ». Mais sentant un complot se tramer pour l’évincer du trône, il enferma dans un artéfact l’essence de son immortalité et créa « l’artéfact de longévité ». Quelques temps plus tard, il fut assassiné par le roi Borshs surnommé « le coléreux » qui créa à son tour avant de succomber aux intrigues du palais, « l’artéfact de la colère ».

Dark Dalius s’arrêta un instant et attendit qu’Isil intervienne.
— L’artéfact trouvé à bord du Defiance ?
— Tout juste, répondit Darillian manifestement content de la vivacité d’esprit de la jeune femme. Vous avez hérité sans le savoir d’une influence du roi Borshs… avec les conséquences que vous savez.
— Et cet artéfact était caché à bord du Defiance depuis trois siècles ? intervint l’amiral Narcassan.
— En effet. Endormi semble-t-il dans un endroit loin de toute source d’énergie.
— Jusqu’à ce que nous installions les générateurs mésoioniques, ajouta Keraviss Sayyham.
— Ce qui a réveillé le pouvoir de l’artéfact, acheva le rodien Loodo en remuant sa courte trompe.
— Vous suivez tous, c’est parfait, conclut Dark Dalius avec un grand sourire de satisfaction.
— Mais comment s’est-il retrouvé à bord de notre Centurion ? interrogea le colonel Vellaryn, intrigué.
— Je vais y venir. Mais d’abord, laissez-moi continuer mon histoire. Le suivant sur le trône fut le roi Gjorsis qu’on appelait aussi « le roi orgueilleux » tant sa vanité était démesurée. Aussi, à l’instar de ses prédécesseurs, engendra-t-il « l’artéfact de l’orgueil » avant de laisser la place au roi Luoshir.
— On dirait un conte pour enfants, ne put s’empêcher de remarquer Valin Narcassan en caressant pensivement son menton.
— C’est vrai, admit Darillian d’un hochement de tête. Et ce serait plaisant si cette réalité n’avait pas fait autant de morts.
— Et ce roi Luoshir, demanda la Loordienne avec curiosité, quelle était sa… spécialité ?
— La passion… passion amoureuse, passion des choses… il considérait tout passionnément.
— Et donc, il créa « l’artéfact de la passion », conclut Krig Landala en se prenant au jeu.
— Oui, mais le roi Luoshir alla plus loin. Il se servit de la machine afin de refaçonner les artéfacts pour que ceux-ci s’emboitent les uns sur les autres et forment un nouvel artéfact sphérique conjuguant les pouvoirs des quatre artéfacts. Il le nomma « l’artéfact de la puissance ». Une légende prétend que quiconque utilise ce dernier possède une puissance quasi-infinie.
— Le genre de jouet qui conviendrait parfaitement à ce Dark Remus, observa Isil sarcastique.
— Tu as parfaitement raison, Isil.
— Donc Remus a attaqué le Defiance pour s’emparer de l’artéfact ? demanda l’amiral Narcassan.
— Oui.
— Cela ne nous dit toujours pas comment cet artéfact est arrivé à bord, grommela Vellaryn.
— Nous allons y arriver, colonel, promit Darillian avec un geste d’apaisement. Pour en terminer avec nos rois, le dernier de la lignée, le roi Shiro, ne ressemblait pas à ses prédécesseurs. C’était un roi sage et juste.
— Donc, il créa l’artéfact de la sagesse, hasarda Nuleena.
— Pas du tout, chevalier. Le roi Shiro s’effraya de ce que pourrait faire le possesseur de l’artéfact de la puissance et se servit de la machine pour désassembler ce dernier. Il replaça l’artéfact de chaque roi dans sa tombe respective et enferma la machine dans un Temple qu’il scella d’une barrière de Force Lumineuse pure. La légende dit encore que seul un être puissamment ancré dans le côté lumineux de la Force peut franchir cette barrière.
— Un Jedi le pourrait alors ? observa de nouveau Isil.
— Peut-être, murmura Darillian en lui jetant un coup d’œil de biais.
— Mais peut-être pas tous les Jedi, remarqua Shalo Torve. Tous les Jedi ne possèdent pas la même sensibilité dans la Force… y compris du côté lumineux.
— Vous avez sans doute raison, Maître Torve. Peut-être que seuls quelques Jedi pourraient y arriver.
— Si la machine a servi à créer ces artéfacts, elle doit pouvoir les détruire, objecta Nuleena. Pourquoi le roi Shiro ne l’a-t-il pas fait ?
— C’est en effet une question que je me suis posée à la lecture de ces récits. Peut-être a-t-il eu peur de le faire ou ne s’en sentait-il pas le droit ? Toujours est-il que l’histoire en resta là cependant que l’empire rakata se délitait et mourait. Et pendant des millénaires, chaque artéfact resta dans la tombe de son créateur. Le système Rakata Prime tomba dans l’oubli ainsi que la planète Mahon et son cimetière de rois. Toutefois, les Rakata avaient l’habitude de consigner leur histoire dans des artéfacts, appelés « cartes stellaires » qui furent retrouvées lorsque les Sith et la République retrouvèrent Rakata Prime.
— C’est à l’époque de Revan et de Dark Malak, précisa Shalo Torve.
— Toujours exact, Maître Torve. Revan et Malak avaient trouvé un certain nombre de cartes stellaires desquelles ils tirèrent un grand nombre d’enseignements dont la position de la Forge Stellaire en orbite autour du soleil du système Rakata Prime. C’est ainsi que Malak eut connaissance du cimetière des rois sur Mahon et de ses artéfacts.

Jaster Darillian fit une pause que personne n’osa interrompre, avant de reprendre.
— Durant la Guerre Civile des Jedi, l'amiral Saul Karath vola un prototype de vaisseau de classe Interdictor : le Léviathan. Il s’empressa de l’offrir en guise de sa loyauté au seigneur noir Dark Revan qui le livra à la Forge Stellaire afin qu’elle le démontât et le dupliquât en centaines d’exemplaires. Puis, sous l’impulsion d’un scientifique, le professeur Kol Roal, les plans du Léviathan furent modifiés et améliorés et le nouveau vaisseau fut équipé d’un bouclier prototype le rendant invisible. Le croiseur unique ainsi obtenu était plus puissant et plus grand que l’original. Il fut appelé Ragnarok. Afin de le roder et de finaliser son équipement, avant de le multiplier grâce à la Forge, Dark Malak l’envoya en mission vers les mondes inconnus pour y rechercher les artéfacts des rois rakata. Le Ragnarok partit donc plusieurs mois en expédition, accompagné de trois croiseurs de classe Centurion : le Terreur Noire, le Vindicator et le Scarificateur. Lorsque l’expédition eut trouvé la planète Mahon et le cimetière des rois rakata, chaque artéfact fut chargé à bord d’un croiseur différent. Dans la tombe du roi Shiro, Remus trouva un holocron qu’il conserva par-devers lui pour l’étudier. Il en tira néanmoins sur place l’histoire des rois rakata qu’il exposa aux autres commandants. Dark Remus pour sa part, commandait le Terreur Noire. C’était un ancien Jedi, spécialiste des holocrons et des artéfacts, perverti par Dark Revan et un stage dans l’académie de Trayus sur Malachor V.

De nouveau, Darillian s’arrêta un instant pour permettre à son auditoire d’assimiler la quantité d’informations qu’il leur soumettait.
— L’équipage du Terreur Noire fut le premier corrompu par l’artéfact de colère. Remus, sentant qu’il perdait le contrôle de son vaisseau, alla cacher l’artéfact au plus profond des entrailles du croiseur pour étouffer son influence. Hélas, le mal était fait et tandis qu’il retournait vers la passerelle, son second, l’amiral Retslak, prenait le commandement en ordonnant à l’équipage de tuer Remus. Celui-ci parvint à voler une navette et s’enfuit, accompagné par quelques fidèles. Ce que voyant, le Ragnarok fit route vers le croiseur mutiné pour l’aborder et l’arraisonner, mais le Terreur Noire passa en hyperespace et disparut. Lorsqu’il regagna le Ragnarok, Dark Remus fut mis aux arrêts avec ce qui restait de son équipage, pour trahison envers l’Empereur qui venait d’ordonner aux vaisseaux de regagner l’espace Sith.
— Donc ils ne rejoignaient plus Dark Malak ? demanda Valin Narcassan.
— Non, la situation entretemps avait changé avec le retournement de Revan contre Malak et la rébellion de ce dernier. L’Empereur reprenait ses pions. La route de retour vers Dromund Kaas passait par le système Corellia et lors d’une courte escale, le Vindicator entra à son tour en sécession et fit feu sur le Ragnarok. Ce dernier, aidé par le Scarificateur, détruisit le Vindicator qui pénétra dans l’atmosphère de la planète pour s’écraser sans doute en plein océan où il sombra avec l’artéfact de la passion. Alors que les deux croiseurs restant faisaient route en hyperespace vers Dromund Kaas par une route isolée — la flotte de la République étant alors à leur poursuite — Dark Remus, aidé par des complicités internes au Ragnarok, s’empara de celui-ci au moment même où un trou noir situé sur leur route interrompait leur hyperespace. Un combat acharné s’engagea alors entre l’Interdictor et le Centurion secouru très vite par une flotte Sith partie de Dromund Kaas. La mutinerie qui faisait rage à l’intérieur du Ragnarok empêcha Remus d’utiliser à bon escient toute la véritable puissance de son nouveau vaisseau. L’arrivée des renforts obligea l’Interdictor prototype à plonger dans le trou noir dans lequel il disparut. L’empire considéra que le vaisseau avait été dès lors détruit. Le Scarificateur regagna Dromund Kass, en proie à un début de mutinerie que l’amiral Fisgargh parvint à contrôler de justesse. À leur arrivée, l’Empereur ordonna qu’une grande partie de l’équipage fût exécuté. L’artéfact d’orgueil fut envoyé dans la nécropole de Korriban où sa trace fut bientôt perdue dans le cahot de la nouvelle guerre qui s’annonçait.
— Mais comment le Ragnarok a-t-il pu réapparaître plus de trois siècles après ces événements ? s’étonna Narcassan. Qui plus est avec le même équipage ?


(à suivre…)

Chapitre 10 : Explications (Fin 2/2)
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Hiivsha
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