Donc en fait, je reprends les idées d'auteurs que je ne connais pas, c'est ça ?
Chapitre 12
« Quand ai-je pris conscience que cette guerre devenait vraiment sale ? Je ne sais pas. Raxus était déjà un premier pas vers l’infamie. Mais ce n’était rien, vraiment rien, comparé aux massacres qui furent commis par la suite. Des planètes entières ravagées, des villes anéanties, des innocents massacrés… Les deux camps y ont participé, je dois l’admettre. Pour notre décharge, je dirais que la République était pervertie. Empoisonnée. Pourrie de l’intérieur. Je me suis souvent demandé si le camp que j’avais choisi était le bon. Pourquoi ne pas me battre aux côtés des Séparatistes, alors ? Eh bien, certaines idées étaient bonnes, j’en conviens, mais les moyens mis en œuvre étaient l’œuvre du mal. Tout simplement. Pourtant, c’est dans des moments comme ceux-là que j’ai compris la véritable force de la République. C’était ses citoyens. »
Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.
Destroyer de classe Arrow
Knight’s Blade, en orbite autour de Muunilist, 183 jours après la bataille de Géonosis.
En sortant du hangar, Jagen ne put s’empêcher d’arborer un sourire heureux.
Il est bon, se dit-il,
de rentrer chez soi. Au premier coup d’œil, il vit qu’il avait eu raison d’agir ainsi. Les coursives étaient propres, les hommes portaient leurs uniformes conformément aux règles et les pilotes circulaient en tenue, près à réagir à la moindre alarme. Il pouvait faire confiance à Johun Solo pour cela. Il avait beau être corellien, il savait comment faire respecter les ordres.
Pourtant, il avait dû s’en passer des choses, pendant les quarante-six jours qu’il avait passé dans l’Espace Inconnu. Au moins, ses affaires là-bas étaient réglées. Il s’était entretenu avec l’amirale Ar’lani, son homologue au sein des l’Ascendance, qui avait approuvé son projet concernant Thrawn. Ils s’étaient ensuite chargés de trouver une solution pour venir en aide aux quelques survivants du
Vol vers l’Infini, parqués depuis cinq ans sur une planète qu’ils étaient les seuls à habiter. Enfin, Thrawn avait pris la tête d’une flottille attribuée par Ar’lani, avait été investi du grade d’amiral de la Flotte Aurek Bleu et avait entrepris de rallier Anoth en traversant les Régions Inconnues. Il avait déjà contacté Aiden, qui lui avait promis de l’avertir de l’arrivée du militaire chiss. Tout allait donc pour le mieux.
Absorbé par ses pensées, Jagen ne remarqua même pas qu’il avait déjà rallié le pont. Cela dit, il était à la tête du même vaisseau depuis vingt ans, et, bien que le
Knight’s Blade ait été remis en état et amélioré à plusieurs reprises, sa structure fondamentale n’en demeurait pas moins la même.
Le pont était calme, comparé à la dernière fois qu’il l’avait vu. En fait, il n’y avait que les hommes de quart.
Ainsi que son second, penché sur sa console.
- Jagen, vous voilà, s’exclama le capitaine Solo en le voyant arriver.
Solo paraissait soucieux et légèrement craintif, et cela n’était pas dans sa nature, pas plus que dans celle des autres corelliens. Il devait avoir une mauvaise nouvelle à lui annoncer.
Une très mauvaise nouvelle.
- Par les Neuf Enfers Corelliens, que se passe-t-il, Johun ?
- J’ai tenté de vous joindre, mais cela sonnait occupé, expliqua-t-il.
- J’étais en communication. Anoth, ajouta-t-il dans un murmure.
- Je vois.
- Le blocus se passe bien, pourtant ?
- Nous attendons le reste de la flotte de Kenobi, avant de partir.
- Partir ? Mais pourquoi ? L’invasion n’est pas terminée, que je sache !
- Non, amiral… Mais des nouvelles inquiétantes me sont parvenues ?
- Les Renseignements ? demanda Jagen avec une moue de dédain.
Il n’avait plus aucune confiance dans les hommes d’Isard depuis le fiasco de leurs prévisions sur Raxus, où la catastrophe avait été évitée de justesse.
- Les contrebandiers, dit Johun à voix basse.
Aussi longtemps que l’on s’en souvienne, les corelliens avaient défiés les lois qui méritaient de l’être. Avec l’avènement de l’hyperespace et celui, conséquent, des taxations entre planètes, la planète avait fourni son lot de contrebandiers célèbres. Les militaires étaient généralement chargés de les appréhender, mais ils ne le faisaient que rarement. Jagen lui-même avait plusieurs fois relâché des contrebandiers en échange de leur cargaison et d’informations sur leurs employeurs, qui étaient les véritables sources du problème.
- Lequel ? s’enquit-il.
- Booster Terrik.
- Ah.
- Comme vous dites.
- C’est bien celui qu’on a attrapé l’année dernière ?
- Oui.
- Avec les stocks de… attendez, comment Galieet appelle-t-il ça, déjà ? Ah oui, de « vidéos instructives concernant les rites de séduction et d’accouplement selon la culture ancestrale des Twi’leks lethans de Ryloth » ? La chargement qui a disparu alors qu’on interrogeait le pilote ?
- En effet.
- Nos hommes étaient plus attentifs et… détendus, le jour après cela… Je n’ai donc aucune raison de lui en vouloir.
- Nous avons… raisonné ses patrons.
- Les Hutts de Nar Kreeta ? Ceux que nous avons bombardés à coups de turbolasers ?
- Non, les rodiens de Roon.
- C’est vrai. Ça me manque, tout ça.
- Pour en revenir à Terrik…
- C’est vrai. Qu’a-t-il dit ?
- Il a repéré une flotte séparatiste progressant dans notre espace. Il a pensé que cela pourrait m’intéresser.
- Vous voulez que nous la détruisions ?
- Je ne connais pas son itinéraire exact, admit Solo. D’après Terrik, elle semblait attendre du ravitaillement.
- Alors, nous avons une chance d’arriver avant eux. Enfin, si nous savons où ils vont.
- J’ai fait des recherches à de ce côté, et… en fait, il n’y a pas beaucoup de planètes stratégiques à proximité de la station Garrivan.
Jagen mit quelques instants avant de comprendre où voulait en venir son second. Mais lorsqu’il saisit l’allusion, la panique l’envahit. Il se précipita vers le poste du navigateur.
- Lieutenant, dit-il d’un ton paniqué, sonnez le rappel. Nous partons pour Bespin.
************
Lorsque le
Knight’s Blade entra dans l’atmosphère de Bespin, Jagen ne put s’empêcher de pousser un long soupir de soulagement.
La Cité des Nuages était encore là, en parfaite état, stationnaire dans les cieux comme à son habitude. Quelques vaisseaux circulaient autour, ce qui n’aurait pas été possible en temps d’invasion.
Cependant, savoir qu’il n’était pas en retard ne retira nullement ses objectifs à la vue de Jagen. Il se tourna vers Johun Solo.
- Vous ferez débarquer les véhicules immédiatement, lui ordonna-t-il. Les hommes seront envoyés autour des tourelles défensives contrôlées par la garde. Je veux une escouade par tour turbolaser, si nous pouvons nous le permettre. La priorité ira aux complexes périphériques.
- Bien, amiral. Doit-on avertir le gouverneur de votre arrivée ?
Jagen lui lança un regard navré.
- Bespin n’a pas de gouverneur, expliqua-t-il. En tant que sénateur, je suis sensé diriger la Cité qui n’est autre que… disons, ma circonscription. Mais vous avez raison sur un point. Il faut que j’avertisse le baron Calrissian.
- Qui donc, Jagen ?
- Joran Calrissian. L’ancien assistant de mon père. Avant que je ne reprenne la flambeau au Sénat, il y siégeait la plupart du temps. Maintenant, je lui ai demandé de gérer la Cité en mon absence.
- Peut-on se fier à lui ?
- C’est un vaurien, dit Jagen avec un grand sourire, et il ne faut jamais jouer au sabacc contre lui. Mais à part ça, je lui fais totalement confiance. Bon, assez parlé, ajouta-t-il avec un sourire. Nous avons une bataille à gagner !
Et sur ces mots, il sortit de la passerelle et alla rejoindre directement les ponts de débarquement. Là, au milieu des hommes en préparation, il se retrouva face à une connaissance.
- Capitaine Veers ! dit-il d’un ton enjoué.
Le militaire fut d’abord surpris par tant de familiarités puis se ressaisit en affichant un sourire de circonstances.
- Amiral Eripsa, c’est un honneur de vous revoir.
- Vous auriez pu me dire que vous aviez été réaffecté au
Knight’s Blade ! continua Jagen sur un ton de reproche. Je croyais que vous étiez à l’académie de Carida, pour les tests de votre prototype…
- En vérité, les tests sont déjà finis, expliqua le jeune capitaine. Nous avions prévu d’utiliser les dix premiers exemplaires pour l’assaut sur Muunilist, mais vous avez décidé de revenir ici peu de temps après notre arrivée à bord. Et comme certains sous-officiers m’ont confié que vous étiez malade…
- Eh bien, ce qui est fait est fait. Puis-je voir…
- Le prototype ? Bien sûr, il est dans l’entrepôt arrière du hangar.
- Passez devant, alors.
Veers emmena Jagen au fond du grand hall de débarquement, vers les portes de la réserve arrière. Ils passèrent par l’entrée de service, de taille plus humaine que les gigantesques portes coulissantes qui occupaient la quasi-totalité de la cloison entre le hall et l’entrepôt.
Jagen vit alors un spectacle encore plus frappant que ce à quoi il s’était attendu.
Le monstre en question était un quadripode, en fait l’exacte retranscription de plans qu’il avait vu dessiné de la main de Veers peu de temps avant. Chacune des pattes était réalisée selon les mêmes standards que celles des véhicules communs de la République, mais elles semblaient bien trois fois plus longues, bien qu’il ne s’agisse peut-être que d’une impression dû à leur apparente rigidité. Quant au cœur de l’engin… Jagen avait par le passé utilisé des Juggernauts de CNK, mais qui n’étaient que des modèles habituellement utilisés par les équipes de mines pour le transport de marchandises. Il avait en face de lui (ou plutôt au-dessus) un corps et une tête de même modèle, quoique de taille plus réduite si l’on en jugeait par la taille du mécanicien en train de faire les dernières vérifications. Seule la tête différait, à la fois plus compacte mais également plus mobile, ce qui devait conférer un avantage certain pour les artilleurs du véhicule. C’était en somme une véritable machine de guerre, non pas pour faire la guerre, mais bien pour la gagner. Et il en avait dix dans cette seule salle.
- C’est prodigieux ! s’exclama-t-il en voyant ce mastodonte de duracier. Il y a là de quoi porter le coup de grâce aux séparatistes !
Veers rougit légèrement et commença la présentation.
- Le Transport Blindé Tout-Terrain est un véhicule lourd destiné à la suprématie tactique, expliqua-t-il. Son blindage est équivalent à celui du RT-TT standard, mais il compense son léger déficit de puissance par rapport à ce dernier avec une vitesse et une manœuvrabilité accrues. C’est également un véhicule modulaire ; un TB-TT peut accueillir dans sa soute cinquante soldats et deux motojets, ou un centre médical plus perfectionné qu’un Rimsoo, ou un centre de commandement tactique à l’abri des tirs. C’est selon la bonne volonté du commandant.
Il se tourna vers Jagen.
- Malheureusement, il est extrêmement vulnérable aux attaques aériennes. Nos speeders T1-A se défendront mieux contre les Séparatistes que lui.
- Voilà qui est dommage, maugréa Jagen. Un peu de puissance de feu nous aurait bien aidés. Combien d’exemplaires, pour le moment ?
- Vingt ; dix ici, et dix en préparation pour l’assaut contre Jabiim.
Jagen fronça les sourcils.
- Jabiim ? Qu’est-ce que nous allons bien pouvoir faire là-haut ?
- Le chancelier veut apparemment reprendre la planète à la vermine séparatiste qui y a pris le pouvoir.
L’amiral se prit la tête dans les mains.
- Quel abruti, soupira-t-il. C’est un mouvement populaire qui a porté Stratus au pouvoir là-bas. Ces gens détestent la République.
- Ils approvisionnent les Séparatistes.
- Croyez-moi, Maximilian, dit Jagen avec une voix plus grave que d’ordinaire, toutes les ressources de Jabiim ne seraient rien en comparaison du désastre dans lequel nous fonçons. On ne peut pas reprendre un planète dont la population veut être libre. Tôt ou tard, la rébellion éclatera et nous serons pris au piège. Et si nous répliquons alors, nous serons pires que les Séparatistes aux yeux de milliards de gens. Et ils auront gagné.
************
Le manoir Eripsa n’avait guère changé depuis sa dernière visite sur Bespin. Lorsque Jagen y entra, il se sentit enfin chez lui, bien qu’il n’y ait plus mis les pieds depuis le début de la guerre. Mais le devoir l’attendait encore. Reprenant ses esprits, il rejoignit le salon.
Sa mère se jeta sur lui dès qu’il entra. Elle le prit dans ses bras et l’étreignit si fort qu’il en eut le souffle coupé.
- Tout va bien, maman, je suis de retour, dit-il en voyant qu’elle pleurait.
Mais elle n’était pas la seule. Vanya aussi pleurait, et son père affichait un air maussade.
- Eh bien, leur demanda-t-il, qu’est-ce qui vous arrive ?
Vanya s’avança vers lui.
- C’est… Eiran… dit-elle en sanglotant. Il a disparu.
************
- C’était la semaine dernière, expliqua Palina Eripsa de sa voix endolorie. Eiran s’est fait renvoyer de l’académie d’Anaxes après avoir provoqué une bagarre. Le directeur l’a fait amener ici.
- Il s’est tu pendant trois jours, poursuivit Saron. Nous pensions qu’il méditait sur ses gestes. Mais nous nous trompions. Au troisième soir, il s’est expliqué… violemment.
- Jagen, dit Vanya sur un ton de reproche, tu te rends compte de ce que tu as fait ?
- Moi ? Mais pourquoi….
- Enfin, tu as oublié son anniversaire !
Son sang se glaça. Occupé à sceller son alliance avec les Chiss, il avait omis la promesse faite à son fils de venir le voir le jour de son dix-huitième anniversaire.
- Et ensuite ?
- Nous l’avons consigné dans sa chambre, mais le lendemain, il avait disparu. Il a pris une navette pour Anoat, et depuis…
La porte s’ouvrit à la volée et laissa apparaître un capitaine Solo à bout de souffle.
- Amiral, dit-il, exténué, je vous trouve enfin…
- Qu’y a-t-il, Johun ?
- Nous avons reçu des informations concernant la flotte séparatiste. S’ils ne sont pas déjà là, c’est parce qu’ils ont pris Gendes.
- La patrie des Ughnaughts ? Voilà un bien drôle de choix…
- Et ce n’est pas tout, monsieur. C’est le Général Grievous qui est à leur tête.
Il vit dans le regard de Solo une peur qu’il n’avait jamais encore perçue. Se tournant vers sa famille, il vit que les autres partageaient la crainte de Johun.
- Et qui est-ce ? demanda-t-il, perplexe.
- Tu ne sais pas qui est Grievous ? s’étonna son père.
- Si j’ai été suffisamment occupé pour oublier l’anniversaire de mon fils unique, ce n’était pas pour me souvenir du nom de chaque demeuré au service des séparatistes…
- Mes excuses, amiral, dit Solo. Pendant que vous étiez… malade, le chancelier a lancé plusieurs offensives dans la Bordure. Mais l’une d’elles s’est soldée par un échec et seul un Venator a pu en réchapper. Endommagé, il a fini par s’écraser sur une planète du nom d’Hypori.
Il eût un petit rire nerveux.
- La planète était absente de nos bases de données. Et… disons que des parasites en avaient profité pour s’y installer. Des insectes, plus précisément.
- Les Géonosiens…
- Exact. Mais leur gigantesque usine était contrôlée par Grievous. Visiblement, il a réussi à tuer cinq des huit Jedi qui avaient survécu au crash.
Cinq Jedi ? Bon sang, nous allons au-devant de nouveaux ennuis…
- Et, donc, c’est ce Grievous qui arrive ici ?
- Oui.
- Savez-vous de quelle espèce…
- Non.
- Dommage. J’ai appris une technique que j’aurais bien voulu expérimenter.
- Si vous voulez savoir, c’est un bourrin. Le genre à foncer dans le tas.
- Alors sa stupidité peut nous être utile.
Il se tourna vers la fenêtre. Dans le crépuscule de la Cité des Nuages, plusieurs formes au loin attirèrent son attention.
- Papa, de quoi s’agit-il ?
- Eh bien, Jagen, dit-il en s’approchant de la fenêtre, je ne vois pas… Ah si, ça y est. Ce sont des croiseurs gaziers de Loronar. De la camelote mal défendue qui a toujours besoin d’une escorte.
- Remplis de gaz, donc…. Hmmm…..
- Tu as une idée en tête ?
- Plusieurs, répondit Jagen avec un sourire. Et il est plus que temps de les mettre en application.
************
-
Mes troupes sont en position, dit la voix du capitaine Jav dans l’interphone.
J’ai disposé cinq escadrons par extracteur. Les pilotes attendent vos ordres pour décoller.
- Bien, répondit Jagen. Restez en standby.
-
Entendu, amiral.
- J’avoue avoir du mal à comprendre, lança Johun Solo en voyant son supérieur ranger son comlink.
Jagen fit mine de vérifier l’attache puis se tourna vers lui.
- Les extracteurs sont dans l’extrémité inférieur de la zone de vie, expliqua-t-il. Ils ne les repéreront pas avec leurs scanners. Et même s’ils y arrivaient, ils ne verraient pas la surprise que je leur réserve.
- Mais pourquoi y installer des chasseurs ? Nous avons suffisamment de plates-formes à l’intérieur de la Cité !
- Et elles sont réservées à la Garde. D’aileurs, comment l’évacuation avance-t-elle ?
- Bien. La quasi-totalité des habitants de la Cité des Nuages ont été transférés à Tibannapolis.
- Ils seront en sécurité, là-haut. Les Séparatistes vont uniquement se concentrer sur nous.
- C’est à Grievous que nous avons à faire.
- Raison de plus.
- Je reste quand même dubitatif sur votre « petite surprise », Jagen.
- Pas moi.
Le comlink de Jagen se mit à sonner. Il le prit et l’alluma.
-
Amiral, ils sont arrivés.
- Bien, répondit Jagen. Juste à temps. Restez en attente.
-
Oui, monsieur.
Jagen fit signe à tous ses hommes de se mettre à couvert.
- Activez les leurres, ordonna-t-il à son second.
L’autre acquiesça et obéit. Suite à cela, ils restèrent plusieurs minutes dans le silence, jusqu’à ce que…
- Regardez ! dit l’un des hommes.
Plusieurs frégates Munificent venaient d’émerger de la brume pour se diriger vers la Cité des Nuages. Jagen estima qu’il était temps répéter les dernières consignes.
- N’oubliez pas, sermonna-t-il, que nous visons en priorité les transports.
- Et si on détruisait leur croiseur, monsieur ? demanda un jeune cadet. Ils ont sûrement un grand nombre de troupes !
- Sauf qu’ils ne peuvent pas les débarquer. Les vaisseaux de cette taille ont besoin de nos opérateurs de rayons tracteurs pour accoster et rester accroché à la Cité. La secousse ressentie en arrivant, c’était ça, ajouta-t-il pour Veers. Bon, tous à vos postes !
Les premiers transports étaient en approche rapide. Ils devaient penser que la Cité n’offrirait aucune résistance, compte tenu de la menace que leurs bombardiers Hyena faisaient peser sur le répulseur central. C’est alors qu’il se rendit compte que les transports étaient des barges CC-9979. Des vaisseaux sans générateur hyperluminique.
Or, les frégates Munificent n’avaient pas de hangar assez grand pour en accueillir ne serait-ce qu’un.
- Jav, dit-il précipitamment dans le comlink, on a un problème. Je crois qu’ils ont amené plusieurs Lucrehulks avec eux.
-
Je confirme, monsieur. Nos chasseurs ne peuvent pas repousser des croiseurs de cette importance.
- Les voitures des nuages, non. Mais les Delta-7 et les Y-wings ?
-
On va essayer, monsieur. Connaissez-vous leur point faible ?
- Le bras de liaison entre l’arc et la sphère. S’ils sont en position de combat, sa destruction devrait entraîner une réaction en chaîne qui détruira le croiseur concerné. Mais pour passer leurs boucliers, il vous faut des torpilles à protons.
-
Bien, monsieur. J’ai donc l’autorisation ?
- Oui. Autorisation accordée, capitaine Jav. Que la Force soit avec vous.
-
Et avec vous aussi, amiral.
Autour de Jagen, les combats faisaient rage. Sur les dix barges qui avaient réussies à se poser, deux étaient encore debout et trônaient au milieu des débris qui jonchaient l’astroport. Les autres n’étaient plus que des morceaux de métal fumants. Cependant, beaucoup de droïdes avaient pu être déployés, et ils fonçaient à présent vers eux, leur intelligence artificielle commune ne se souciant guère du feu nourri des tourelles turbolasers.
- Johun, dit Jagen à son second, je n’arrive pas à contacter le
Knight’s Blade. J’avais prévu cette éventualité, mais ce n’est pas pour autant que je l’apprécie.
- Je ferais mon devoir, répondit sombrement Solo avant de s’en aller grâce à l’accès aux souterrains dissimulé dans chaque tourelle.
Jagen garda quelques secondes les yeux rivés sur la trappe par laquelle venait de sortir celui qui représentait à présent la clé de la victoire républicaine.
- Vous pensez qu’il réussira ? demanda Veers, caché derrière l’une des ouvertures de tir, en train de recharger son arme.
- Je l’espère, dit simplement Jagen. C’est notre seul espoir.
- Non. Il y en a un autre.
- Lequel ?
Veers s’interrompit pour réfléchir pendant un instant.
- Aucun. Je sais pas ce qui m’a pris…
- Vraiment ?
- Laissez tomber…
Les droïdes étaient de plus en plus nombreux, à présent, et ils avaient réussi à atteindre le pied de la tour, où ils étaient hors d’atteinte de la tourelle du toit.
- Grenades ! hurla Jagen.
Depuis le début de la guerre, le marché de la grenade ionique ou électromagnétique était en pleine expansion, ce qui était normal étant donné la nature des soldats séparatistes et la composition des armures clones. Mais Jagen ne s’était toujours pas habitué aux effets.
- Ils sont H.S. pour un petit moment, dit-il à ses hommes. Etat du bouclier ?
- 75 %, répondit l’un de ses hommes. Et nous avons réussi à détruire plusieurs de leurs frégates. Pour l’instant, les transports lourds sont à distance.
- Ils attendent d’avoir lancé tous leurs transports, dit sombrement Jagen.
- Amiral, dit soudainement l’un des opérateurs du poste de sécurité au-dessus de lui, le central vient de m’envoyer des images ! Venez voir !
Il grimpa promptement à l’échelle et arriva juste au moment où l’opérateur lançait la vidéo.
- C’est le hangar 94, dit-il, de l’autre côté de la ville. Regardez.
La pièce sur l’écran était dans le noir le plus total, et Jagen se demandait ce qu’il y avait à voir quand soudain…
- Des étincelles ! s’exclama Jagen ! Ils ouvrent la porte !
- Et ce n’est pas tout. Le central ne connaît pas ce type de droïdes.
Jagen se concentra sur les « conserves » noires qui avançaient dans la fine lueur provenant de la porte découpée. C’est alors qu’il les reconnut. J’ai un mauvais pressentiment, tout d’un coup.
- Monsieur ?
- Les Renseignements ont reçu des rapports dans ce sens-là, mais nous ne pensions pas qu’ils étaient déjà opérationnels…
- De quoi s’agit-il ?
- Ce sont des droïdes BX. Des commandos, ajouta-t-il en voyant le regard interrogateur de son interlocuteur. Conçus pour le combat rapproché. Mais également excellents pour les opérations de sabotage. Où peuvent-ils aller, à partir de ce hangar ?
- Partout.
- Alors envoyez une patrouille au générateur de bouclier.
- Le… générateur de bouclier ?
- S’ils le désactivent, leurs frégates pourront détruire nos défenses. Et vous par la même occasion. Alors, faites ce que je vous ordonne.
- Oui, monsieur, répondit la jeune recrue.
- Ensuite, continuez le pilonnage des transports en approche.
- A vos ordres.
Jagen redescendit à toute vitesse et alla retrouver une escouade de ses hommes.
- Maximilian, vous êtes aux commandes. J’ai à faire dans les souterrains.
- Bien, amiral, répondit Veers. De toute façon, je n’avais pas l’intention de sortir.
Les effets de la bombe électromagnétique s’étaient dissipés et tous les droïdes qui n’avaient pas été méthodiquement détruits par les défenseurs de la tour pendant ce court labs de temps étaient de nouveau opérationnels.
- Tant mieux, et bonne chance.
Sans attendre de réponses, il sauta au fond du souterrain et fut rapidement rejoint par ses quatre hommes. Il leur fit immédiatement signe de le suivre.
Au bout de dix minutes, l’un d’eux rompit le silence.
- Monsieur, le générateur de bouclier n’est-il pas censé être en surface ?
- Qui vous dit que nous allons au générateur de bouclier ? demanda Jagen sans s’arrêter de marcher.
- Eh bien,…. Euh….
- Ce n’est pas bien d’écouter aux portes. Même quand il n’y en a pas.
- Amiral…
- Ce n’est pas grave, cette fois-ci. J’ai dit d’envoyer des troupes au générateur de bouclier au cas où ils s’y dirigeraient. Mais selon moi, ils vont vers le générateur central.
- Le central ? Mais… le répulseur….
- Ils ne veulent pas prendre la Cité, ils veulent la détruire, lança Jagen avec dégoût.
- Mais…. Que pouvons-nous faire face à ces commandos ? Pourquoi ne pas avoir envoyé le gros des forces par là plutôt que dans la mauvaise direction ?
- La plupart des habitants de Bespin ne mettent jamais les pieds dans le réseau de souterrains. Et il y en a encore moins qui savent où se trouve le générateur. Alors, des étrangers, vous pensez…. Et puis, de toute façon, je suis l’un des rares à connaître les codes d’accès à l’ordinateur central. Ce même ordinateur qu’ils vont essayer de pirater. Ils ne peuvent pas faire autrement, de toute façon. Mais moi, je sais comment débloquer les tourelles de protection.
- Et s’ils le font sauter ?
- Le blindage fait deux mètres, donc il leur faudrait des bombes plus grosses qu’eux. Non, je pense qu’ils vont s’en tenir au piratage.
- Et pourquoi…
Tout à coup, Jagen sentit une perturbation brève et fugace au sein de la Force, qui n’avait rien à voir avec les questions assommantes de la recrue. Il entendit tout juste le bruit de blasters ouvrant le feu et vit à peine leur lumière rougeoyante, agrémentée de quelques lueurs bleues et vertes dans le lointain. Toute son attention était portée sur la douleur lancinante qu’il ressentit subitement dans ses côtés, une douleur qu’il emporta avec lui dans le royaume de l’inconscient.
************
Il sentit un fluide froid et doux couler sur ses côtes et perçut presqu’immédiatement la présence de plusieurs personnes à ses côtés. Il fournit alors un effort considérable, qui lui sembla être le plus important de sa vie, pour ouvrir les yeux.
- Vous êtes vivant, dit une douce voix féminine au-dessus de lui. Ne bougez pas.
Jagen n’avait d’autre choix que d’obéir, bien qu’il n’aime pas cela. D’ordinaire, c’était lui qui donnait les ordres. Il se mit malgré tout en position et attendit patiemment.
- Ah, vous êtes réveillé, amiral.
L’homme qui s’approchait de lui – pour ce que Jagen en voyait, dans la pénombre des souterrains – était plutôt grand, avec des cheveux tombants sur les épaules et un barbe bien taillée, le tout grisonnant. Un sabre-laser était attaché à sa ceinture.
Un Jedi, à n’en pas douter.
- Djinn Altis, pour vous servir, dit-il en l’aidant à se relever. Nous étions en route pour Anoat quand nous avons capté un message qui nous a incités à venir ici.
- Vous ?
- Moi et mes collègues.
Jagen regarda dans le reste du couloir. Il y avait bien une vingtaine de personnes, dont la moitié seulement portait des sabres-lasers. Mais les autres n’étaient pas des soldats de la République. Jagen comprit alors ce qui était arrivé.
- Où sont mes hommes ?
Le visage d’Altis passa d’une quasi-joie à la tristesse en un instant.
- Ils sont morts, amiral. Vous êtes tombés dans une embuscade. Nous avions repéré ce petit groupe détaché du lot principal et nous le poursuivions quand ils ont ouvert le feu sur vous. Nous avons craint qu’il n’y ait aucun survivant.
Mais il avait survécu. Korda VI, Troiken, Galidraan, Raxus…. Cela devenait une habitude. Mais ce n’est pas pour autant que cela lui plaisait. Pour un officier de si haut rang, Jagen était extraordinairement attaché à chacun de ses hommes, de sorte qu’il essayait toujours de les protéger. Malheureusement, il ne réussissait pas toujours. Comme aujourd’hui.
- Vers où les autres droïdes se dirigeaient-ils ? demanda-t-il en essayant de changer de sujet.
- Le générateur central. Mais ils ont reçu des renforts – ils doivent être une centaine, maintenant.
- Une centaine…
Jagen regarda une nouvelle fois autour de lui et compta les amas de métal qui subsistaient des commandos BX.
Quatre. Ils étaient quatre. Ils avaient l’avantage de la surprise, certes… mais il faut regarder les choses en face. Je ne fais pas le poids contre de tels ennemis.
- Ils tentent toujours de pirater l’ordinateur central, poursuivit Altis. A moins que vous n’ayez de quoi les repousser – et il faudra être supérieurs en nombre, si vous voulez mon avis – le mieux serait d’évacuer.
Jagen regarda son chrono. Quarante minutes étaient passées depuis que Solo était parti dans les souterrains. Et une nouvelle idée venait de germer dans son esprit.
- Evacuer ? dit-il d’un ton réjoui. Quand vient le moment du triomphe ? Je crois que vous surestimez nos adversaires !
- Vous avez une idée en tête, non ?
- Une excellente idée, si vous voulez mon avis. Nous sommes toujours à l’endroit de l’embuscade ?
- Oui.
- Alors l’entrée du service d’entretien de l’extracteur est à deux pas d’ici. Suivez-moi.
Les autres le suivirent, bien qu’ils ne comprirent pas son plan. En moins d’une minute, ils parvinrent aux locaux techniques. Après qu’ils y soient entrés, Jagen inséra son badge dans une porte annexe, qui s’ouvrit pour révéler une vaste réserve.
Avec la clé de son plan.
- Des jetpacks ?!? s’exclama l’un des hommes, visiblement surpris.
L’amiral se tourna vers lui avec un grand sourire.
- Un générateur de la taille de celui qui alimente Bespin doit être placé dans une pièce ouverte. Le toit de l’immeuble est une immense grille, mais il comporte une porte à code sur le côté. C’est par là que nous sortirons.
- La porte donne sur le vide ?
- Non.
- Alors pourquoi…
- Pour nous diriger. C’est la méthode la plus courante en cas de chute programmée. Un bon jetpack nous permettra d’atteindre la grille au plus vite.
Altis plaqua une main devant sa bouche, choqué.
- Vous allez arrêter le générateur ?
- Avec une grenade électromagnétique haute tension. Plus forte que les grenades habituelles, elle devrait faire fondre leurs circuits.
- Mais…
- L’ordinateur central est protégé contre les chocs électriques, mais pas de cette intensité. J’estime qu’il faudra deux minutes pour que les systèmes secondaires prennent le relais. Et si le générateur ne reçoit pas d’alimentation pendant une minute…
Jagen mima une chute en remuant ses doigts et abaissant sa main.
- Vous êtes fou, dit l’un des hommes.
- C’est ce qui a fait ma réussite, répondit Jagen avec un grand sourire.
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Les droïdes étaient tous regroupés dans la pièce centrale, autour du socle de l’ordinateur principal. Jagen, réfugié trois étages au-dessus d’eux, les voyait en train de tapoter les touches. D’après l’écran affiché, ils avaient déjà mis hors service les deux tiers des systèmes de sécurité. D’ici trois minutes, ils seraient en mesure de contrôler l’alimentation du générateur. Et de le couper.
A moins, bien sûr, qu’ils préfèrent une solution plus radicale. Et, dans ce cas-là, une surcharge serait évidemment la meilleure option. L’explosion emporterait sûrement la moitié de la Cité des Nuages.
Et laisserait le reste plonger jusqu’au noyau de magma bouillant qui constituait le cœur de la planète.
Il fit signe aux autres porteurs de grenades ; Altis, la jeune femme qui l’avait soigné et en qui le Jedi semblait avoir une grande confiance, et le soldat qui le pensait malade. Et lui, bien sûr. Toujours dans les pires situations aux pires moments.
Une équipe de choc, à n’en pas douter.
Tout en priant pour ne pas s’être trompé dans ses calculs, Jagen lança la grenade électromagnétique en l’air. Les autres l’imitèrent.
Les droïdes entendirent le bruit d’armement de la grenade puis virent quelque chose atterrir à leur pied. Ils n’étaient pas en situation de combat. Leur programmation leur indiqua donc qu’il s’agissait d’une chute de pierres. Sauf que les cailloux en question explosèrent.
Les éclairs ioniques blancs et bleus balayèrent la pièce, se répandant de machine en machine, presque instantanément. Les uns après les autres, les commandos BX explosèrent, soumis à plusieurs millions de volts qu’ils n’étaient pas préparés à accueillir. Enfin, lorsque ce fut fini, l’ordinateur central, qui avait jusque-là tenu le coup, explosa en une gerbe de feu incandescente.
Jagen se releva sans trop de difficultés et vit ses coéquipiers faire de même. Ils n’avaient plus qu’une minute, à présent. Il vérifia son comlink. Il avait été protégé par la housse en cuir de bantha qu’il avait acroché à sa ceinture.
- A toutes les forces de la République, ici l’amiral Eripsa , dit-il dans l’appareil. Cessez le tir et accrochez-vous à tout ce que vous pouvez. On va sauter une marche.
Il le rangea immédiatement et se tourna vers les hommes d’Altis, qui avaient enfilé leurs jetpacks. L’avantage de ce modèle était sa conception rudimentaire, bien éloignée de celle des modèles républicains. Ils étaient conçus pour l’entretien des croiseurs à proximité des stations spatiales.
Ils étaient entièrement mécaniques.
Jagen appuya sur la manette et s’éleva. Ils étaient faciles à prendre en main, au moins. Certes, ces propulseurs n’étaient pas aussi performants que les modèles mandaloriens, mais ils permettaient au moins une ascension rapide. En quelques secondes, Jagen parvint à la porte, tapa le code et l’ouvrit. Il sortit à l’air libre et vit le ciel dans son intégralité. Le coucher de soleil était encore là.
Puis, tout à coup, il se rappela de ses propres ordres. Ceux que tous le monde suivait à part lui. Mais il était légèrement trop tard, à présent.
Il se sentit descendre, tout doucement, légèrement. Mais, s’il avait pu croire au début qu’il s’agissait d’un simple trou d’air comme la Cité en rencontrait deux fois par jour, il fut vite détrompé. La gigantesque plateforme ne fut bientôt plus qu’un immense poids mort, inexorablement attiré vers le centre de Bespin.
Il eût alors peur, extrêmement peur. Il avait déjà piloté des chasseurs, mais ça…. Ça dépassait l’entendement. Il n’avait plus aucun contrôle. Ah, si. Il avait son jetpack. Mais s’il l’allumait, il perdrait définitivement tout espoir de s’accrocher.
Enfin, au bout d’une minute qui lui sembla infiniment longue, le générateur se redémarra et la Cité inversa la tendance. Au-dessus d’eux, les séparatistes ne comprenaient toujours pas ce qui se passait.
C’est alors que la victoire arriva. Alors qu’ils remontaient progressivement, en tout cas bien moins vite qu’ils n’étaient descendus, d’immenses formes apparurent à l’horizon. Altis se tourna vers lui.
- Non, dit-il. Vous n’avez pas fait ça…
L’amiral acquiesça.
Lorsque Jagen avait entendu la description de Grievous, il avait compris qu’il s’agirait d’un ennemi sans aucune subtilité. Concentré sur son but final. La destruction de la Cité des Nuages.
Il avait alors ordonné au
Knight’s Blade et au reste du détachement de la flotte Loyalty de rejoindre la couche inférieure, en dehors de la « Zone de Vie », et de se placer en-dessous des extracteurs afin d’être moins facile à repérer.
Le seul problème était qu’une fois cachés des radars par les plateformes et les gaz, les communications devenaient incertaines. Jagen décida alors d’envoyer Johun rejoindre le
Knight’s Blade grâce au
Millenium Falcon, rangé dans un hangar près de leur zone de combat, si jamais des problèmes survenaient. Une sage et utile précaution.
Et, à présent, ils voyaient les destroyers de classe Arrow remonter progressivement de la couche sub-atmosphèrique, prêts à en découdre avec une ennemi qui ne les voyait pas.
Cependant, les républicains étaient malgré tout en désavantage. Et c’est là que la « surprise » de Jagen intervenait.
Lorsqu’il avait vu les petits croiseurs gaziers de Loronar, il avait tout d’abord pensé à des leurres censés attirer l’attention de l’ennemi loin de Tibannapolis, où étaient réfugiés tous les habitants de la Cité des Nuages. Cependant, le blindage de ces poubelles était beaucoup trop léger ; le moindre tir de chasseurs risquait de les réduire en charpie. C’est alors qu’il avait compris que c’était justement ce qu’il fallait faire.
D’après les derniers rapports des pilotes du capitaine Jav, les séparatistes étaient tombés dans son piège. Ils avaient cru à une opportunité bénite, à une occasion d’obtenir du carburant de qualité déjà conditionné, et ils avaient rassemblé la flotte automatisée qui paraissait vouloir s’enfuir. Ces mêmes transports se trouvaient donc au cœur de la flotte séparatiste, protégés par une dizaine de vaisseaux lourds occupés à pilonner le bouclier terrestre de Bespin.
Des croiseurs qui ne se doutaient même pas de la menace qui planait sur eux.
Dans le lointain, Jagen vit le
Knight’s Blade, apparemment semblable aux autres destroyers mais qu’il aurait pu reconnaître entre mille, ouvrir le feu vers les leurres.
L’explosion projeta d’immenses gerbes de feu dans toutes les directions, et l’onde de choc générée se répandit jusqu’aux croiseurs en périphérie. La moitié de la flotte séparatiste était anéantie en une salve.
Et c’est dans ce spectacle de désolation que le
Knight’s Blade et les autres destroyers Arrow entrèrent dans la bataille, réduisant en pièce les défenses des séparatistes qui ne comprenaient pas encore ce qui se passait.
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Vingt-quatre minutes plus tard, la bataille était finie.
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Jagen était en train de remettre les chaises du salon en place quand ses parents entrèrent dans le salon, accompagnés de Vanya. Ils paraissaient à la fois inquiets et heureux.
- Tu y es arrivé, dit simplement son père.
- C’est mon boulot, répondit simplement Jagen avec un léger sourire.
- Nous avons vu des images, ajouta sa mère. La Cité tombant dans les nuages…. Comment as-tu pu…
- C’était temporaire, maman. Le terminal central a été remis en état. Tout est revenu à la normale. A l’extérieur, en tout cas. Je viens juste de finir de ranger le salon. Les autres pièces… disons que vous allez enfin avoir une retraite active.
- Et Eiran ? demanda Vanya d’une petite voix.
- Il est bien trop intelligent pour qu’on le retrouve s’il ne le souhaite pas. Il sait comment masquer ses déplacements, voyager sous un faux nom ou utiliser des creds intraçables. Pour l’heure, je ne sais pas comment le retrouver. Et je ne le chercherais pas.
- Jagen…
- C’est sa décision, dit-il d’une voix tranchante. A son âge, j’ai voulu visiter certains systèmes de la galaxie, avec mon ami, Kenth Onasi. Nous étions jeunes, insouciants… Et naïfs. Nous nous sommes fait prendre par les Hutts. Mais le frère de Kenth, qui nous suivait sur ordre de ses parents, a alerté la flotte de la République qui est arrivée assez vite. Seulement, les militaires en poste dans ce secteur pensaient que deux vies n’étaient pas suffisantes pour prendre d’assaut un transport. Ils ont essayé de tous nous détruire. Dans la panique, Thyrs est venu nous chercher. Il a pénétré à l’intérieur du croiseur, nous a libéré, mais il a été touché pendant la fuite. Mortellement touché. Parce qu’il nous suivait.
- Je l’ignorais… murmura Vanya d’un air désolé.
- C’est un fardeau que je porte depuis mes débuts, tout comme cet incident près de Thyferra. Et je n’ai pas envie que mon fils connaisse la même chose.
- Mais tu n’étais pas coupable, Jagen….
- C’était une bavure. Point. Ne t’inquiète pas, je le retrouverai. Mais sans le chercher pour autant. Et ne t’avise pas de faire appel à quelqu’un pour le traquer.
- Après tout ce temps ensemble, tu arrives même à lire dans mes pensées….
Sur ces mots, la porte s’ouvrit et laissa entrer le capitaine Solo, son datapad à la main.
- Ah, Jagen, vous êtes là. Grievous a été repéré à quelques parsecs d’ici. Mais il quittait le système, apparemment.
- Je m’en doutais. Il a dû s’échapper lorsque sa flotte a explosée.
- Sa flotte…
- Terrik a rappelé ?
- Oui. Et il n’avait vu aucun Lucrehulk. Et il n’y en avait pas plus sur Gentes.
- Intéressant….
- Pas de subtilités, cette fois-ci.
- Les cargos de la Fédération nécessitent une très grande quantité d’énergie avant chaque assaut. Or, nous n’avons trouvé aucun vaisseau-citerne au sein de leur flotte. Etrange, pour des vaisseaux à plus de trois jours de leur première base viable.
- Vous pensez qu’ils ont un avant-poste dans le secteur ?
- Cela ne fait aucun doute.
- Cette affaire n’est donc pas terminée.
- Non. En effet. Comment Palpatine a-t-il réagi ?
- Officiellement, il a loué votre bravoure devant le Sénat.
- Officieusement…
- Officieusement, vous avez mis en péril trois mois d’offensive pour protéger votre planète natale.
- Kenobi a gagné, de toute façon. D’ailleurs, indiquez-lui qu’il peut reporter l’assaut sur Jabiim.
- Jabiim ?
- Je vais avoir besoin de toute l’aide disponible pour éradiquer la présence séparatiste dans le Corridor d’Ison. Et Jabiim n’offre aucune ressource intéressante.
- Les habitants…
- Les habitants, je m’en occupe, le coupa Jagen. Si vous voulez bien contacter Terrik pour moi et lui indiquer que j’ai du boulot pour lui, bien sûr.
- Tout de suite.
- Et… Johun ?
- Oui ?
- Précisez-lui qu’il sera bien payé.
- J’y veillerai, monsieur.
Alors que Solo sortait de la pièce, Jagen se tourna vers sa famille, en pensant qu’il ferait bien de profiter de ce court répit avant la tempête.
Comme vous aurez pu le deviner, le prochain chapitre portera sur la recherche de cette base reb.... euh, séparatiste dans le secteur. Une idée ?
