Chroniques de la Marine Républicaine

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Nicravin
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Ebcore un très bon chapitre :jap:
S'il savait :sournois:
Qui te dit qu'il ne s'en doute pas déjà ? :sournois:
Ça :
Le visage monstrueux et ridé de Sidious le fixait encore une fois, de ses grands yeux jaunes, et Jagen ne put s’empêcher de penser qu’il le connaissait déjà.
:paf:
Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l'homme est con.
Jacques Brel
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Si vous êtes surpris maintenant, je vous laisse imaginer au chapitre 8, qui va contenir un paquet de révélations explosives.... :sournois:
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

La suite ! On continue dans l'Episode II, en s'approchant tout doucement de la Grande Bataille...


Chapitre 4

« La plus grande erreur de la République. Nous n’aurions jamais dû accepter cette armée de clones, d’esclaves. Mais nous l’avons fait. Nous sommes passés très près de la catastrophe. Mais, pire encore, ce sont les valeurs même de la République qui ont sombrées, ce jour-là. Tout le mal fait pendant la Guerre des Clones découle de cette erreur. »

Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Kamino, six heures plus tard.

En plus de vingt ans de carrière, Jagen avait assisté à de nombreux entraînements de cadets, que ce soit dans de petites académies planétaires, ou sur Carida, dans les bâtiments de l’armée. Mais il n’avait jamais vu de tels résultats.
Ces soldats clones étaient tout simplement prodigieux. Il n’y avait pas d’autre mot. Ils valaient bien dix droïdes B1, comme l’annonçaient les kaminiens.
Il restait ce point litigieux, néanmoins. Le statut des soldats clones. Il était profondément dérangeant, du point de vue de Jagen, que des hommes aient été créés pour se battre. C’était de l’endoctrinement, ni plus ni moins, à un stade pervers.
Il ne pouvait pas blâmer Jango pour avoir donné ses gênes, pas plus qu’il ne pouvait reporter la faute sur les Cuyval’Dars, les guerriers mandaloriens qui les avaient entraînés. Nul doute que le commanditaire de l’armée aurait trouvé un autre modèle. Moins performant, bien sûr…
Et puis, il y avait ce que Jango lui avait dit, cinq ans auparavant, sur le but réel de cette armée, d’après ce qu’il avait compris. Mais les conspirateurs, les Seigneurs Noirs des Sith, avaient choisi de garder le secret jusqu’au bout sur leur intrigue. Et, si le plan de Jagen fonctionnait, les clones n’entendraient jamais parler de la raison de leurs origines. Ou ils ne l’entendraient que lorsque cela ne prêterait plus à conséquence. Oui, il avait tout prévu. Ou presque…
- Ce sont de bons p’tits gars, vous verrez. Vous n’avez pas à vous inquiéter.
Il aurait reconnu la voix de Skirata entre mille. Ses paroles, prononcées plus de vingt ans auparavant lors de la Guerre Hyperspatiale de Stark, résonnaient encore dans la tête de Jagen.
- Je me demandais, répondit-il, comment la République a pu en arriver là.
- En arriver là ? Vous avez voulu imposer votre shabla régime coruscantocentrique à l’ensemble de la galaxie. A dix parsecs à la ronde, ça passe, à cent mille, on ne contrôle plus rien.
- Je parlais de cette armée. Créer des hommes pour qu’ils se battent et meurent pour nous.
Le sergent sourit.
- Je vous ai déjà parlé de mes six garçons ?
- Non.
- Des clones, eux aussi. Ils faisaient partie de la première génération. Des « Nulls », comme ils les appelaient, ces foutus gi’haals. Ils étaient douze, à l’origine. Lorsque je suis venu sur Kamino, ils n’étaient déjà plus que six. J’étais avec Jango quand ils sont arrivés, avec Orun Wa, le chef de la qualité. Il nous a expliqué qu’ils étaient des « Invalides », et qu’ils allaient être reconditionnés.
- Reconditionnés ?
- Je lui posé la même question. Il m’a répondu : « dans leur cas, exterminés ».
Exterminés. Des enfants. Pauvre République.
- C’est horrible, lâcha-t-il. Des enfants… Ils sont encore avec vous ?
- Ouais, confirma Skirata. Ce sont les meilleurs soldats de toute l’armée. En fait, ils l’ont toujours été. Ce jour-là, ils avaient deux ans. Et Ordo a exécuté un geste de soldat parfait. Il a saisi une de mes armes et a mis en joue Orun Wa.
Remarquable. Tout simplement remarquable.
- Ordo… c’est un nom mandalorien, non ? Je vois mal ces kaminiens donner de tels noms à ce qu’ils appellent des « unités ».
- En effet. Ils avaient tous un numéro, avant. Ord’ika, c’était N-11.
Ah. Le fameux soldat étrange rencontré dans les couloirs, il y a cinq ans. Il devait avoir dix ans. Encore cette foutue croissance accélérée.
- Qu’allez-vous faire, maintenant, Kal ?
- Je suivrais le Mand’alor s’il me permet de rester avec mes fils.
- En d’autres mots, vous vous battrez pour la République.
- Pour, contre… ça a peu d’importance pour nous. Je veux juste être avec mes fils. C’est la même chose pour les autres, je pense. En tout cas ceux que Jango a choisis par amitié, et non pour former des assassins.
Il devait y avoir quelques tensions au sein des Cuyval’Dars, à l’évidence.
- Je suis content de vous avoir à mes côtés.
- Vous prendrez le commandement de ces hommes ? Vous les enverrez à la mort ?
Aïe. L’endroit où le bât blesse.
- Oui, répondit-il après un instant d’hésitation. Pour éviter que l’un de ces Jedi inexpérimentés n’en tuent encore plus. Mais sachez une chose : s’il le faut, je donnerai ma vie pour eux.
Le mandalorien esquissa un sourire.
- Vous avez bien appris, depuis que je vous connais. On ne retrouve presque plus le petit colonel idéaliste qui a failli s’évanouir en apprenant la vérité sur Stark.
- J’ai vu ce qu’un commandement inefficace peut devenir. Un envoi pur et simple à l’abattoir.
- Vous parlez de l’amiral Willspawn.
- Entre autres. Willspawn était intelligent. Sans cela, il n’aurait pas pu faire ce qu’il a fait.
- Je vais m’engager, avoua le mandalorien. Je veux être près de mes fils, et faire en sorte qu’il n’y ait aucun aruetiise qui les envoie à la mort.
- Vous ne parlez pas de moi, Kal, j’espère ?
- Non, rigola le sergent, pas de vous, Jagen. Mais j’ai une question à vous poser, si vous le voulez bien.
- Dites toujours.
- Vous qui étiez à Galidraan, vous savez pourquoi Jango se met en rogne quand on en parle ?
************
Jagen travaillait à son bureau dans le Millenium Falcon quand son comlink bipa. Une communication longue distance en provenance de Coruscant, apparemment. Il l’activa sur la console télécom.
- Amiral, le salua le double holographique de Mas Amedda, le chancelier souhaiterait que vous regardiez avec nous l’enregistrement qui nous a été envoyé depuis Géonosis par maître Kenobi. Le Jedi Skywalker vient de nous le transmettre depuis Tatooine.
- Très bien, envoyez-le.
Il se redressa dans son fauteuil. Tatooine… il est censé être sur Naboo ! Que fout-il là-bas ?
- « J’ai suivi les indications de Jango Fett jusque sur Géonosis. Il y a une concentration anormale de vaisseaux de la Fédération, ici, mais ce n’est pas tout. J’ai découvert une usine de Baktoïd qui tourne à plein régime. »
Une phrase qui ne laissa pas Jagen indifférent. Une usine de Baktoïd ? Le pire est à envisager.
- « Et ce n’est pas tout. Cette usine fournit des droïdes à la Confédération, ils sont ici, il y a… Attendez… »
Le Jedi alluma son sabre-laser et repoussa des tirs haute cadence, mais fut forcé de reculer. Il sortit de l’image, alors que d’autres formes y entraient. Des droïdekas de la Fédération.
Nous y sommes enfin. La grande guerre de notre temps.
- Anakin, dit la silhouette de Mace Windu, reste sur Tatooine. Protège la sénatrice ; Je vais réunir ce que je peux de Jedi pour secourir Obi-Wan. Quant à vous, Jagen, poursuivit-il en se tournant vers lui, faites en sorte que l’armée des clones soit bientôt prête. Nous allons en avoir besoin.
- Bien, répondit Jagen, mais ayez l’obligeance de dire la même chose à mes hommes sur Centax. Je veux qu’ils soient prêts au combat et qu’ils me rejoignent. Le Delta de Rishi conviendra.
- Bien. Bonne chance, amiral. Que la Force soit avec vous.
- Et avec vous aussi, maître Windu.
Il éteignit la console et se précipita vers la cité flottante. Jango serait sûrement très intéressé par cette conversation…
************
- Je pars.
La réponse du chasseur de primes était sans appel. Froide, calme, méthodique. Jagen comprenait à présent pourquoi Dooku avait fait appel à lui pour créer cette armée.
- Tu en es sûr ? demanda Jagen. Il s’agit de tes clones, après tout.
- Si je reste, expliqua Jango, j’aurai deux choix. Ou fuir chez les séparatistes, et tenter d’expliquer à Dooku que je l’ai trahi pendant cinq ans, ou rester à la portée de ce maître Sith que tu traques. Franchement, aucune des alternatives ne me plaît.
Pas faux. Jagen aurait sûrement réagi ainsi, à sa place.
- Tu vas aller où ? Pas Mandalore, j’espère.
- Non, rassure-toi. C’est le premier endroit qu’ils fouilleront.
- Je peux t’aider.
Son ami semblait intrigué.
- J’assemble une flotte en secret, comme tu le sais, poursuivit Jagen. Sur Anoth. Une planète reculée, derrière le Corridor d’Ison. Elle n’est dans aucune banque de données, sauf la mienne. Tu y seras en sécurité.
Il comprenait bien les motivations de Jango.
- Et ton fils aussi.
Il avait fait mouche.
- D’accord. Anoth. Il y a des gens ?
- Très peu. Des hommes dévoués à ma cause.
- Vraiment ? ironisa le mandalorien. A ta cause ?
Depuis plusieurs années, il avait mené des opérations pour libérer les esclaves dans la Bordure. Et à ceux qui n’avaient pas de foyer, il avait proposé une alternative.
- Ils ne te trahiront pas, assura Jagen. La colonie sur place est auto-suffisante. Mais avant que tu y ailles, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi.
- Je te dois bien ça.
- Skywalker est sur Tatooine. Je veux savoir pourquoi.
- Je croyais qu’il était parti sur Naboo ?
- Moi aussi. Pour parler franchement, ça ne me plaît pas du tout.
- Il est jeune et arrogant, il peut avoir fait ça sur un coup de tête.
- Peut-être, admit Jagen. Mais connaissant Anakin Skywalker, je préfère ne pas avoir de mauvaise surprise.
************
Lorsque le croiseur Consulaire se posa sur la piste détrempée, Jagen sortit avec deux soldats clones, désignés spécialement pour venir en aide au Jedi qui commanderait la première offensive de l’armée. Il savait qu’il ne s’agirait pas de maître Windu. Il s’attendait donc à maître Tinn, l’as des combats spatiaux. Ou à maître Rancisis, le stratège hors-pair.
Mais certainement pas à maître Yoda.
Le petit être vert descendit la rampe qui faisait quatre fois sa taille en hauteur en tapant le métal de sa canne rustique. Il sourit en remarquant l’air étonné de Jagen.
- Surpris vous êtes, amiral, hmmm ?
- Eh bien, maître Yoda…. Je dois vous avouer que je pensais plutôt à l’un de vos confrères, un de ceux connus comme grands guerriers et habiles tacticiens.
- Personne par la guerre ne devient grand ! Même si un contre-exemple vous êtes !
Ils rirent tous deux. Bon sang. Je parle à l’être qui dirige l’Ordre Jedi depuis plus de sept cent ans.
- Vos hommes dans le Delta de Rishi attendent. Bonne chance avec eux je vous souhaite.
- Merci, maître Yoda.
- Et maintenant, avec ce chasseur de primes je souhaite m’entretenir.
Jagen se força à prendre un air furieux.
- Ce scélérat s’est enfui, mentit-il. J’ai essayé de l’arrêter, mais il a réussi à passer en hyperespace.
Yoda parut suspiciceux.
- Un de vos amis n’est-il pas, amiral ?
- Je pensais le connaître. Visiblement, ce n’était pas le cas.
- Hmmm. Fâcheux cela est. Tout comme cette guerre qui s’annonce.
- Une défaite de la Confédération pourrait y mettre terme rapidement.
- Toujours en mouvement est l’avenir, amiral. Que la Force soit avec vous.
- Et avec vous aussi, maître Yoda.
Il regarda le minuscule Jedi entrer à Tipoca City puis se dirigea vers le Falcon. Il ferma les sas et décolla. Au moment où il passait en hyperespace, il vit vingt croiseurs quitter la vitesse-lumière. Oui, espérons que cette guerre sera courte…
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Chapitre 5

« Tout aurait pu être fini ce jour-là. Nous avions l’avantage de la surprise, un ravitaillement conséquent et suffisamment de vaisseaux pour établir un blocus. Mais nous avons laissé le mal s’échapper et se répandre tel la vérole dans toute la galaxie. Je ne blâme pas l’Ordre Jedi. Mais il n’empêche que de nombreux hommes sont morts, lors de cette bataille. Le sable rouge de Géonosis l’est encore plus à cause du sang versé par notre armée. »

Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Destroyer Arrow Knight’s Blade, en route pour Géonosis.

C’était à présent une véritable course contre la montre pour la flotte républicaine sous le commandement de Jagen. Ils étaient l’avant-garde d’une force d’invasion conséquente : plus de deux cent mille hommes les suivaient. Leur point de rendez-vous, ils le connaissaient : Géonosis.
Pendant le trajet, Jagen avait eu le temps d’approfondir sa connaissance de la planète. C’était une boule de roche rougie, de sable et de poussière, comme il en existait des milliers d’autres dans la galaxie. Mais elle disposait d’un atout conséquent : sa ceinture d’astéroïdes extrêmement dense, dont des morceaux retombaient sur la planète. Les géonosiens avaient d’abord été forcés d’évoluer dans les souterrains, du fait de ces chutes inopinées de roches ; mais, après l’évolution de l’espèce et son accession à un stade technologique avancé, ils étaient devenus de grands exportateurs de matériaux en construction. Un avantage indéniable pour la production de droïdes, avantage visiblement pris en compte par la Confédération des Systèmes Indépendants.
Son aide de camp s’approcha de lui. Cela faisait maintenant dix ans que Johun Solo occupait ce poste, et il n’avait pas l’air de s’en plaindre. Il maîtrisait littéralement le Knight’s Blade, bien plus en fait que Jagen, qui n’y était qu’à mi-temps.
- Jagen, dit-il, vous avez vu les nouvelles ?
- Non, répondit ce dernier. Kamino est sûrement le point le plus éloigné du centre de la galaxie en matière d’informations…
- C’est à propos du Sénat. Yoda ne vous a pas dit comment le Comité Loyaliste était venu à bout des pacifistes ?
- A vrai dire, non. J’avais l’esprit occupé par bien d’autres questions. Alors ?
- Palpatine a réglé la question tout seul. Comme un grand.
- Vraiment ?
- Cela a été sa première décision en tant que détenteur des pleins pouvoirs.
Jagen se tourna vers son assistant, pensant voir le grand sourire qu’il arborait lorsqu’il faisait ce genre de blagues. Mais Johun Solo était seulement inquiet.
- Les pleins pouvoirs ? bredouilla Jagen. Mais… jamais, depuis Ruusan…
- Le Sénat lui a accordé. Presque à l’unanimité.
- Bon sang ! Lequel des sénateurs….
- Le remplaçant d’Amidala. Le sénateur Binks.
- Osik ! Je savais que ce gungan était une catastrophe ambulante, mais j'ignorais qu’il était aussi stupide ! Les pleins pouvoirs !
- Et vous savez ce que cela signifie, Jagen. J’en suis sûr.
Oh que oui, il le savait. Il avait toujours craint cette mesure, espéré que Palpatine l’oublierait… Mais le vieux Palps était un animal politique. Il pouvait exploiter les failles du système mieux que quiconque. Jagen devait admettre qu’il avait trouvé un adversaire à sa taille.
- Il peut prétendre au poste de Commandeur Suprême. A mon poste.
- Je pense qu’il ne le fera pas. Il va s’en remettre à vous pour diriger la guerre.
- Pas de faux espoirs, Johun. Il veut ce poste. Il fera tout son possible pour m’en éloigner. Même si j’ai été nommé à vie.
- Deux Commandeurs Suprêmes ? La situation deviendrait incontrôlable !
- Mais c’est ce qui se passera. J’en suis certain.
- Alors qu’il en soit ainsi. Nous arriverons dans l’espace géonosien dans deux minutes, amiral.
- Parfait. Ce sera tout, capitaine ?
- Oui, amiral.
Solo retourna à son poste, laissant Jagen assit seul, dans son fauteuil, face au tourbillon de lumière qu’était l’hyperespace. Sans un mot, l’amiral observa le spectacle monotone et pourtant si exceptionnel devant ses yeux. Il pensait, comme avant chaque bataille, à sa femme, Vanya, qui l’attendait sur Centax, à ses parents, Saron et Palina, si fiers de lui, sur Bespin, et surtout à son fils. Eiran avait dix-sept ans, bientôt dix-huit, et il deviendrait sûrement bientôt un officier aussi compétent que son amiral de père, à moins qu’il ne préfère une autre carrière.
L’alarme indiquant la sortie de l’hyperespace se déclencha, et Solo commença son traditionnel compte à rebours. Le flot lumineux de l’hyperespace s’interrompit lorsqu’il arriva à zéro.
La vaste verrière qui séparait le pont du Knight’s Blade du vide de l’espace fut instantanément occupée par une immense sphère rouge, entourée d’un dense champ d’astéroïdes.
Géonosis.
Nous y voilà, pensa Jagen. L'échiquier est en place. Les pions avancent. La guerre commence.
La force d’assaut de Centax sortit à son tour de l’espace intersidéral et vint se placer de part et d’autre du vaisseau amiral. L’un des croiseurs, le Ghorman’s Honor, se plaça à l’écart. C’était le vaisseau des Jedi qui tenteraient de sauver Obi-Wan, commandés par Mace Windu. Ce cuirassé Rendili, l’un des vingt appartenant à la flotte de Centax, leur avait été prêté spécialement pour l’occasion. L’officier de communication signala à Jagen qu’il cherchait à entrer en contact avec eux.
Jagen se dirigea vers la console de communication, derrière lui. Il activa la transmission et se retrouva face à plusieurs Jedi du Conseil.
- Maître Windu, commença-t-il, nous approchons à présent de Géonosis. Qu’avez-vous prévu ?
- Nous allons nous poser à proximité de l’arène, indiqua le Jedi. La guerre n’est pas encore déclarée, une solution diplomatique sera donc préférable.
- Une solution diplomatique ? Vous appelez deux cent Jedi armés de pied en cap une solution diplomatique ?
- Le nombre ne fait pas la force, amiral, rappela Windu avec un léger sourire. Vous devriez le savoir mieux que quiconque.
- En effet. Et ensuite ?
- Ensuite ?
- D’après le cabinet du Chancelier, les Jedi sont les commandants de l’armée clone. C’est donc vous qui serez en charge de son déploiement.
- Je prendrai la tête de mes troupes, directement sur la zone de déploiement. Maître Tinn ?
- Je m’occuperais du soutien aérien. L’Ordre a d’excellents escadrons qui seront à votre disposition, amiral.
- Bien. Nous aurons besoin de toute l’aide nécessaire.
- Parfait. Nous déploierons les troupes de commandos derrière les lignes ennemies, dit le dénommé Ki-Adi Mundi.
- Les commandos ? interrogea Jagen. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une mission qui leur convienne. Ces hommes sont faits pour des missions préparées à l’avance, pas des déploiements d’infanterie à grande échelle.
- C’est la seule solution.
- Un bombardement conviendrait mieux.
- Le chancelier souhaite une inspection détaillée des installations de Géonosis. Selon lui, cela nous permettrait de déterminer l’ampleur du complot séparatiste.
- C’est une mauvaise idée. Nous courrons à notre perte.
- Les ordres sont les ordres, amiral. Comment comptez-vous prendre l’avantage ?
- C’est très simple, assura Jagen. Regardez.
Il appuya sur plusieurs touches de la console. Les silhouettes fantomatiques des maîtres Jedi rétrécirent pour laisser place à une représentation holographique de la planète rougeâtre autour de laquelle ils se trouvaient.
- Le champ d’astéroïdes qui entoure Géonosis est à la fois un atout et un inconvénient, expliqua-t-il. Les Géonosiens en tirent leurs ressources, mais sa densité rend la surveillance spatiale inefficace. Leurs capteurs seront incapables de détecter nos vaisseaux.
Il désigna un petit corridor dégagé au sein de la ceinture, près de l’endroit où ils se trouvaient.
- Là, poursuivit-il. D’après nos éclaireurs, les Séparatistes ont laissé plusieurs vaisseaux à l’endroit où le champ d’astéroïdes est le moins dense, sur l’autre face. Mais ce petit passage est suffisant pour faire passer nos Acclamators un par un. Ils pourront débarquer à la surface sans encombre. C’est le chemin que vous allez emprunter.
- D’accord. Et pour le reste de votre flotte ?
- Nous allons contourner la planète dès que les transports de troupes seront en sécurité au sol. Nous passerons entre les astéroïdes et l’atmosphère pour les prendre à revers.
- Espérons que cela fonctionnera.
- Maître Windu, je vous assure que j’ai réfléchi à tout. Le champ magnétique de cette planète ferrugineuse nous permettra d’être indétectable pour leurs scanners. Ainsi, nous pourrons nous placer entre les sphères de combat au sol et les anneaux-cargos de combat en orbite. Nous pourrions mettre fin à la guerre en une seule bataille.
- Nous verrons. Windu, terminé.
Le projecteur s’éteignit, laissant Jagen seul avec ses hommes. Il prit conscience que ceux-ci l’observaient. Ils savaient, de toute façon, qu’ils se trouvaient à un moment historique. Il ne dit rien, préférant aller à son habituel poste d’observation.
Le Ghorman’s Honor enclencha ses réacteurs. Jagen vit la silhouette du cuirassé Rendili disparaître au sein du champ d’astéroïdes. Il venait de s’effacer sur leurs radars lorsque l’alarme de proximité résonna.
La flotte de l’armée clone sortit de l’hyperespace presque simultanément et vint se placer aux côtés des vaisseaux de Centax. Jagen ne put s’empêcher de remarquer le trait kuati marqué qui caractérisait ces vaisseaux ; leur forme triangulaire n’était revenue d’actualité qu’avec la classe Arrow, qu’il avait lui-même imaginée en compagnie de Walex Blissex et Filnis Kuat. Une silhouette apparut sur la console de communication, au même endroit où se tenaient les maîtres Jedi quelques minutes plus tôt.
- Ici le Prosecutor, capitaine Stinnet au rapport, amiral Eripsa.
- Bien. Capitaine, votre vaisseau prend la tête du convoi. Vos hommes auront l’honneur de rejoindre la surface de Géonosis en premier. Bonne chance.
- Merci, amiral. Stinnet, terminé.
Jagen vit les Acclamators se mettre en file et entrer dans le champ d’astéroïdes.
- En avant, dit-il à l’adresse de son navigateur. Nous allons contourner la planète.
- Bien, amiral. Les moteurs sont en marche.
Jagen entendit effectivement le ronronnement sourd des machines en-dessous de lui, et ressentit les habituelles vibrations. Le Knight’s Blade avança en direction du champ d’astéroïdes. Il observait son cher vaisseau avec beaucoup d’attention ; il venait de sortir des chantiers de Kuat après avoir subi d’importantes modifications, surtout au niveau de la taille et de la puissance de feu, qui avaient doublées.
Après une vingtaine de minutes passées dans le champ d’astéroïdes et au-dessus de l’atmosphère de la planète, le croiseur émergea au sein d’une zone bien plus vaste, suivi de près par le reste de son groupe de combat. Jagen entreprit de contacter la surface. Une petite silhouette qu’il connaissait bien apparut.
- Maître Yoda ! s’exclama-t-il, surpris. Où en sommes-nous ?
- Maître Windu je vais chercher. Les clones actuellement débarquent. La voie diplomatique échoué a.
- Je suis désolé de l’entendre. Indiquez au capitaine Stinnet que j’attends ses vaisseaux. Nous engageons le combat.
Avant même que le Jedi ne rompe la communication, Jagen se tourna vers ses hommes.
- Mes amis, l’heure est venue de rappeler à ces adorateurs de droïdes quelle est la plus puissante flotte de la galaxie. Préparez-vous au combat !
- Batteries en charge, amiral !
- Tous les boucliers sont orientés vers l’avant !
- Ici Red Leader, l’Escadron Rouge est paré au combat, nous attaquons la chasse ennemie !
- Bien reçu, lieutenant Dreis, répondit Jagen. Othan, rapport sur la flotte ennemie.
- Ils ne se sont pas encore rendu compte de notre présence, amiral, dit le lieutenant. On a une quarantaine d’anneaux-hangars Lucrehulk, des croiseurs Diamond de la Guilde du Commerce et des frégates du Clan Bancaire Galactique, en grande majorité. Plus un ou deux croiseurs géonosiens pour couronner le tout. Ils sont en supériorité numérique, monsieur.
- Vous savez, les habitants de Bespin sont des corelliens dans l’âme. Et, ajouta-t-il en adressant un clin d’œil à Johun Solo, nous autres corelliens, on se moque des statistiques.
- Autre chose, amiral ?
- Mettez-moi en relation avec les amiraux Helaw et Convarion.
- Bien.
Jagen jeta un coup d’œil à l’extérieur ; le combat faisait maintenant rage, et la flotte républicaine se trouverait bientôt prise entre deux feux.
- Jagen, dit Helaw, l’Indomptable est sur le flanc gauche. Nous avons quelques problèmes avec des vautours droïdes par ici.
- Bien reçu. Escadron Or, Escadron Vert, changement d’objectif.
- Bien reçu, amiral.
Les premières sphères de combat venaient d’apparaître. Les batteries du Knight’s Blade crachaient à présent des gerbes de feu de tous côtés, sans interruption, et la plupart des tirs des canonniers chevronnés faisaient mouche.
- Mais où sont ces fichus Jedi ? maugréa Jagen. On ne peut jamais compter sur eux !
- Amiral, dit Othan, un escadron d’intercepteurs Delta-7 se dirige vers nous. Apparemment, le Prosecutor et le Sans Peur arriveront bientôt. Ils ont quelques problèmes avec les géonosiens.
- Bien. Qu’en est-il de la flotte adverse ?
- Elle a l’air solide, amiral. Il y a un groupe de frégates Munificent à un quarantaine de kilomètres. Je suggère que nous nous en occupions.
- Excellente idée, approuva Jagen. Voyons comment les Muuns vont réagir.
Il repéra la formation ennemie, et remarqua que le Knight’s Blade modifiait sa trajectoire pour se diriger à présent droit sur eux. Les frégates ennemies se déplacèrent également. Les croiseurs du Clan Bancaire n’étaient que trois, mais elles pouvaient malgré tout avoir raison du blindage réputé des croiseurs Arrow.
- Pleine puissance sur les boucliers avant, ordonna Jagen. Concentrez la puissance sur le vaisseau de tête !
- Bien, amiral , répondit l’officier artilleur.
- Leurs boucliers flanchent, remarqua le lieutenant en charge des scanners. Ils ont des brèches dans leur coque.
- Excellent, approuva Jagen. Portez-leur le coup de grâce. Tydris, passez entre les deux frégates
- Oui, amiral.
Jagen vit les batteries des deux flancs du croiseur rugir, leurs projectiles déchiquetant les parois des vaisseaux ennemis. Leur coque semble avoir un point faible près des moteurs et sous le pont, nota-t-il mentalement. Il répertoriait inconsciemment tous ce qui pourrait lui être utile dans les temps futurs.
Un des missiles séparatistes avait malgré tout réussi à passer à travers leurs défenses. La secousse fut brève mais intense, et Jagen réussit tout juste à s’accrocher à sa console pour ne pas tomber.
- Fils de Hutt ! jura son aide de camp. Bon sang, c’est pas passé loin !
- Rapport de la situation, dit Jagen, secoué.
- Une torpille est entrée dans le hangar cinq, expliqua Othan. Les équipes de secours sont en route.
- Fierfek ! Verrouillez tous les hangars latéraux le temps de la bataille !
- Oui, amiral !
Un groupe d’Acclamators fit son apparition aux côtés du Knight’s Blade et ouvrit le feu sur une sphère de combat qui approchait.
- Ici l’Arrestor, capitaine Talbot, nous ouvrons le feu.
- Bien reçu, capitaine, répondit Jagen. Nous vous couvrons.
- Ils semblent opposer une résistance.
- Voyez-vous ça ? ironisa Jagen. Une résistance ! Je ne m’en serai jamais douté !
Quelques rires sur le pont. Au fil des années, il avait appris qu’il était important de détendre l’atmosphère aucours de telles batailles.
La flotte républicaine grossissait à chaque seconde, à présent. Mais elle n’était pas assez importante pour empêcher les croiseurs séparatistes de quitter l’espace planétaire. Au bout de deux heures, il ne resta plus que les anneaux d’amarrage des sphères de combat détruites au sol ou par la flotte de Jagen.
- A tous les vaisseaux, lança-t-il sur la fréquence générale, la flotte séparatiste est en déroute. Nettoyons la zone et retournons sur Coruscant. Et surtout, ne prenez pas de risques inutiles. La guerre ne fait que commencer.

Pour comparaison, le Knight's Blade avant réfection
Blade resize.jpg
et après les travaux.
Knight's Blade resize.jpg
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Très bien tout ça. La suite s'annonce épique.
Nous y sommes enfin. La grande guerre de notre temps.
Tu t'es trompé, ici c'est SWU et pas SDAU :lol: :paf:
Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l'homme est con.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :
Nous y sommes enfin. La grande guerre de notre temps.
Tu t'es trompé, ici c'est SWU et pas SDAU :lol: :paf:
Ça me semblait convenir à la situation :transpire:
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

J'actualise la page et que vois-je? Un nouveau chapitre :love:
Nous y voilà, pensa Jagen. L'échiquier est en place. Les pions avancent. La guerre commence.
Jagen Eripsa persiste et signe :lol:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

:D
Faut bien que je fasse varier mes références :transpire:
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Ahhh la bataille ! On est vraiment immergé dedans, c'est vraiment super :jap:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Ahhh la bataille ! On est vraiment immergé dedans, c'est vraiment super :jap:
Merci ! :jap:
On va revenir à du moins excitant pour les prochains chapitres, mais ça risque d'être aussi intéressant, croyez-moi... :sournois:

An 1

Premieres victoires

Chapitre 6

« Le greffier du Sénat, Mas Amedda, a informé les journalistes convoqués à la conférence de presse de ce matin de la déclaration de guerre séparatiste. D’après nos sources, la flotte républicaine aurait pénétré dans l’espace géonosien et ouvert le feu sur des vaisseaux armés de la Confédération avant de débarquer des troupes pour l’assaut au sol. Les premiers résultats de l’enquête indiquent que la conspiration confédérée aurait été préparée de longue date avec le soutien de plusieurs corporations commerciales. La Guilde du Commerce, le Techno-Syndicat et surtout le Clan Bancaire Galactique et la Fédération du Commerce auraient fourni leurs forces de défense au Comte Dooku. Plus tard dans la matinée, le Chancelier Palpatine a indiqué au Sénat que la création d’une Grande Armée serait concrétisée par l’achat de trois millions de soldats clones, qui entrent en service dès aujourd’hui.»

Bulletin d’information exceptionnel, HNE

Coruscant, Bureau de l’Exécutif, 2 jours après la bataille de Géonosis.

Lorsque Jagen arriva dans le bureau de Palpatine, à peine trois heures après son arrivée dans l’espace coruscantien, les autres participants à la réunion de crise convoquée par le chancelier étaient déjà là ; il s’agissait de deux Jedi, maître Yoda et maître Windu, des membres du Comité Loyaliste, le nouveau nom donné au Conseil de Sécurité, et de Palpatine lui-même. Il les salua, s’excusa pour son retard et prit place.
- Bien, commençons, dit le maître des lieux, son habituel sourire à la fois poli et moqueur aux lèvres. Vous connaissez tous les raisons de cette réunion. Le déroulement de la guerre. Mais avant, je souhaiterai que maître Yoda nous décrive le déroulement de la bataille de Géonosis.
Le maître Jedi s’exécuta et se lança dans un récit assez particulier, un exercice de gymnastique mentale pour ceux qui comme lui n’étaient pas encore habitués à la syntaxe si particulière du petit être vert. Lorsqu’il eût fini, il poussa un soupir de soulagement intérieur.
- Merci, maître Yoda, dit le chancelier de sa voix mielleuse. Nous sommes à présent avertis de la capacité de destruction des séparatistes, grâce à vos hommes.
- Faux, intervint Jagen. Nous connaissons l’ampleur de ce qu’ils ont pu nous cacher. Rien ne nous dit que Géonosis n’était rien de plus qu’un avant-poste.
Palpatine se tourna vers lui, le regard plein de mépris.
- Vraiment ?
- Oui, assura Jagen. Le Techno-Syndicat possède de très nombreuses usines dans toute la galaxie, mais il n’y en avait aucune sur Géonosis. Mais ce qui m’inquiète surtout, ce sont les fabriques de Baktoïd. Ce que nous oublions tous, c’est que la menace qui nous frappe aujourd’hui n’est qu’une prolongation de ce qui nous avait déjà attaqué sur Naboo, il y a dix ans.
- Quelles sont vos propositions ? demanda Windu.
- Tout d’abord, nous devons prendre d’assaut les positions neimoïdiennes du Noyau.
- C’est insensé ! protesta le sénateur Taa. Le sénateur Dodd a tout de suite proclamé la neutralité de son système, allant jusqu’à renier la Fédération du Commerce qui lui rapportait pourtant la moitié de ses revenus !
- Et cela ne vous a pas frappé ? s’emporta Jagen. Qu’il renie aussi vite ses meilleurs alliés ?
- Calmez-vous, messieurs, intervint Bail Organa. En l’état, nous ne pouvons intervenir sur Cato Neimoïdia et ses planètes-sœurs, mais nous maintiendrons une garde constante. Cela vous convient-il, amiral ?
- Tant qu’elle sera intensive. Les Séparatistes pourraient s’en servir comme base au cœur de la République.
- Bien entendu, conclut le chancelier. Maintenant, concentrons-nous sur nos autres problèmes. L’équipement, avant tout. J’ai reçu un rapport il y a quelques heures, amiral, dans lequel vous vous plaigniez des croiseurs Acclamators.
- En effet, répondit Jagen. La structure de l’Acclamator est plus celle d’un transport que d’un vaisseau d’assaut.
- Avez-vous une idée ? Une proposition ?
- Oui, admit Jagen. Je sais que cette guerre reposera sur nos capacités d’armement, et je sais également que les destroyers Arrow sont bien trop chers et compliqués pour une production à la chaîne. J’en ai parlé à la direction de CNK et ils m’ont fait une proposition intéressante.
Il s’approcha de la console holographique et y inséra la datacarte contenant les plans envoyés par Filnis Kuat quelques heures plus tôt. La silhouette triangulaire d’un destroyer apparut aussitôt.
- Messieurs, dit-il avec fierté, j’ai le plaisir de vous présenter la solution à tous nos problèmes en matière de suprématie spatiale, le destroyer Venator.
Tous les participants l’observèrent avec attention.
- Magnifique… murmura Palpatine. Effectivement, amiral, je crois qu’il s’agit de la solution idéale. Du moins pour l’instant.
- Combien coûteraient-ils ? demanda Bail Organa, inquiet.
- Un trillion de crédits, répondit Jagen. Soit les deux tiers d’un destroyer Arrow. La puissance de feu s’en fait ressentir, mais les capacités d’emport compensent le tout. Ces croiseurs peuvent contenir quatre cents chasseurs.
- Quatre cents chasseurs ! s’exclama le sénateur de Malastare. C’est inconcevable !
- Les cargos Lucrehulk de la Fédération en emportent deux mille, expliqua Jagen. Mais nos chasseurs seront bien plus aboutis que leurs droïdes Vautours.
- D’ailleurs, intervint Palpatine, qu’avez-vous prévu à ce sujet ?
- La flotte de Centax utilise en grande majorité des chasseurs Z-95 « Headhunter », comme la majorité des forces de défense stellaires d’un bout à l’autre de la République. Mais cela ne suffira pas. Ces chasseurs sont trop lents, faibles, peu maniables… Ils sont obsolètes, en un mot.
- Il n’y a pas de solution ?
- Si, répondit Jagen. Il y a deux ans, la société qui fabrique les Z-95, Incom, nous a informés de la fin de son contrat avec Subpro, l’autre fournisseur de pièces pour le Z-95. Etant donné que les deux sociétés pourraient poursuivre simultanément la production, ils voulaient s’assurer que le marché leur revienne. Ils nous ont donc offert un escadron de chasseurs ARC-160, des chasseurs triplaces très efficaces. Ils sont actuellement stationnés sur Centax.
- Il me semble que Kuat a fait une autre proposition.
- Ah, oui, le V-19… un bon chasseur, sans plus. Si vous voulez mon avis, il nous faut plus et mieux. Le V-19 partage la structure du Delta-7, ce qui permettrait une simplification de l’approvisionnement en pièces détachées. Mais son rapport qualité-prix me semble bien trop bas.
- Donc, vous me conseillez de confier le contrat à Incom…
- Pas seulement. La firme Koensayr, spécialisée das les instruments d’astronavigation, a inauguré il y a peu un département dédié à la construction aérospatiale. Leur offre ne comporte que deux vaisseaux : le premier étant le croiseur Citadelle, que vous connaissez déjà, je suppose.
- Oui, bien sûr, puisque le Sénat a fait l’acquisition de cinq de ces modèles. Mais je ne vois pas en quoi il nous serait utile.
- En rien, bien entendu. Leur second vaisseau est un chasseur-bombardier extrêmement efficace, le Y-wing BTL.
- Vous souhaiteriez en faire nos vaisseaux de soutien terrestre, également ?
- Cela va de soi.
- Et pour les corvettes ? Avec la neutralité corellienne, nous ne pourrons pas nous approvisionner auprès de la CTC.
- Tous les corelliens ne souhaitent pas rester neutres, expliqua Jagen. La CTC, comme vous le savez, est actuellement la première corporation d’ingénierie de la galaxie. Elle veut aussi sa part du gâteau.
- Ce qui nous amène à la question des planètes stratégiques.
- Malastare doit tenir un rôle de premier plan, assura le sénateur Ask Aak. Notre carburant va être exclusivement envoyé à la flotte républicaine.
- Je le sais, sénateur, répondit Palpatine. J’en tiendrais évidemment compte.
- Si vous me permettez, intervint Jagen, j’aimerais nuancer cette analyse. Nous devons diversifier nos approvisonnements.
- Vraiment ? dit le sénateur gran. Alors pourquoi Bespin restera-t-elle notre seul fournisseur de gaz Tibanna ?
- Parce que nous n’avons pas d’autre choix. Les seuls gisements aussi bien développés, comme Ord Ibanna, sont au cœur de l’espace séparatiste. Donc hors d’accès.
- Et pour l’industrie ? intervint Organa. Nos troupes ont besoin d’un approvisionnement sûr.
Jagen appuya sur un bouton du panneau holographique.
- La majeure partie de nos véhicules est fournie pas RHE, une filiale de CNK. Rothana, Kuat et Balmorra seront donc trois planètes primordiales. Les deux dernières sont dans le Noyau, et seront donc faciles à protéger. Et Rothana bénéficiera de l’appui de la Neuvième Flotte, qui sera dors et déjà assignée à la défense de Kamino. Pour ce qui est de l’approvisionnement en vaisseaux, nous aurons plus de provenances, et donc des garnisons plus dispersées. La CTC nous propose ses docks de Quermia, Duro, Commenor et Anoat. Rendili StarDrive devrait se contenter des installations présentes ici, sur Coruscant, et de celles de Metellos, puisque le Conseil Planétaire Rendilien est assez hostile à cette guerre. CNK a décidé de racheter les chantiers d’Allanteen VI pour produire les vaisseaux lourds.
- Allanteen VI ? répété Ask Aak. La planète a menacée de faire sécession avant de se rétracter. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un investissement sûr.
- Le risque existe, admit Jagen. Pour le minimiser, nous installerons des « sécurités » sur les chantiers.
- Des « sécurités » ?
- Des mines.
- Ah.
- Comme vous le voyez, j’ai tout prévu. En tant que Commandeur Suprême des forces républicaines, je me dois d’être en avance sur notre ennemi.
Palpatine prit la parole.
- A ce sujet, amiral… J’ai peur que vous n’ayez pas compris la teneur du message que je vous ai envoyé.
Son sang se glaça.
- Quel message ?
Palpatine fit mine d’être étonné.
- Eh bien, celui dans lequel je souhaitais que vous me présentiez votre démission du poste de Commandeur Suprême.
- Ma… démission ? demanda Jagen, sonné.
- Oui, afin que vous puissiez vous concentrer sur votre propre flotte… Vous l’avez bien reçu ?
- Non, chancelier, répondit-il, furieux. Et je n’en tiendrais pas compte, de toute façon. Qui pourrait donc convenir, sinon moi ?
- Le poste de Commandeur Suprême fait partie des prérogatives accordées au Chancelier Suprême en temps de guerre, vous devriez le savoir.
- Oh, mais je le sais. Mais il en est hors de question.
- Voyons, amiral Eripsa…
- Cela fait plus de vingt ans que je consacre ma vie à ce poste, dit-il froidement. Il est inenvisageable que je l’abandonne parce que vous voulez le prendre.
Palpatine se renfrogna.
- C’est une menace ? Une menace de guerre civile ?
- Non, pas du tout, mentit Jagen.
- D’accord, concéda Palpatine, je reconnais que votre départ forcé pourrait… déstabiliser notre armée. Mais je souhaite malgré tout que vous vous rendiez sur le terrain.
- C’était mon intention, dit Jagen. Le Knight’s Blade dispose de toutes les installations nécessaires pour faire un bon poste de commandement. Pour ce qui est du commandement direct… Eh bien, mes troupes actuelles, une légion de clones et les forces spéciales.
- Il n’y aura aucun problème pour ce qui est des hommes de Centax. Pour le régiment de la GAR… je crois savoir que la 298ème légion aéroportée a perdu son commandant sur Géonosis, vous pourrez donc en prendre la tête. Par contre, les forces spéciales sont déjà attribuées.
- Vraiment ?
- Maître Arligan Zey a accepté d’en prendre la tête, intervint Mace Windu. Il a déjà établi une chaîne de commandement.
- Eh bien, qu’il reste. Je ne cherche pas à établir une hiérarchie militaire privée des Jedi, je veux seulement éviter d’autres erreurs comme Géonosis. Des centaines de commandos sont morts faute d’un bon déploiement.
- Nous verrons, conclut Palpatine. Je pense que cela suffit pour aujourd’hui. Messieurs, je vous souhaite une bonne journée.
Ils sortirent l’un après l’autre. Jagen était le dernier des invités et allait passer la porte lorsqu’il entendit la voix de Palpatine.
- Une dernière chose, amiral… Comment souhaitez-vous appeler votre flotte ? Avez-vous une idée ?
Il y réfléchit quelques instants. L’occasion était trop belle. Il lança :
- Oui, j’en ai une. Ce sera la Flotte Loyalty.
Jetant un coup d’œil derrière lui, il vit que son ennemi avait bel et bien saisit le message.


Chapitre 7

« En effet, j’ai décidé d’agir pendant que tout le reste du Sénat se laissait embobiner par ses belles paroles. Je n’avais jamais eu confiance en Palpatine, pas depuis Katana. Les évènements lui profitaient bien trop à mon goût. Ai-je été motivé par un sentiment de colère, une recherche de la vengeance ? Peut-être. Sûrement. Mais, lorsqu’on étudie attentivement l’Histoire, on se rend compte que la plupart des grands héros de la République étaient motivés par de semblables motifs. De là à dire que j’ai essayé de les imiter, il n’y a qu’un pas, un pas que mes opposants ont franchi. Mais je ne leur en tiens pas rigueur. Je ne peux pas nier ma vraie nature, celle d’un homme qui cherche à passer à la postérité. »

Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Salle de réunion n°29, Centax 1, le lendemain.

Lorsque Jagen entra dans la salle de réunion, il vit que tous les sièges sauf le sien et un autre réservé étaient déjà occupés. Bien. Ils sont tous là. Avant de rejoindre sa place, il prit le temps de balayer la pièce du regard.
Il y avait là l’élite de l’industrie militaire galactique, le fleuron de l’armée, les politiciens les plus incorruptibles du Sénat et quelques-uns des meilleurs Jedi.
Le premier groupe se trouvait majoritairement à sa gauche. Il repéra tout d’abord Filnis Kuat, le vice-président des chantiers navals de la planète éponyme. Ses cheveux bruns et son visage angulaire le faisait ressembler fortement à sa sœur et supérieure, Onara Kuat, mais son sourire chaleureux contrastait fortement avec la froideur légendaire de sa parente. Il avait l’âge de Jagen, tout comme Ralph Sienar, l’autre grand industriel à cette table, qui dirigeait plusieurs départements du géant de l’astronavigation corulagien, Santhe/Sienar, sous l’égide de son frère Raith, grand ami du chancelier. Les autres présents étaient peut-être moins importants, mais ils pesaient lourds dans la balance : ainsi, on pouvait retrouver Jace Dallin, l’ancien aide de camp du sénateur Tarkin pendant la guerre de Stark, qui représentait Rendili StarDrive, ou Walex Blissex, le génialissime créateur de la plupart des vaisseaux de combat lourds actuels.
La classe politique n’était pas en reste. Le plus influent de tous les sénateurs présents était sans aucun doute le chef du Comité Loyaliste, Bail Organa d’Aldérande, un excellent orateur qui avait la confiance du chancelier, bien que ce sentiment ne soit pas réciproque. Le sénateur Skeenah de Chandrila et son assistante, Mon Mothma, étaient également présents, ainsi que Yarua, le sénateur wookiee de Kashyyyk. Garm Bel Iblis, le virulent sénateur corellien, se trouvait aussi là, et ce malgré la neutralité de son système.
Quant aux militaires, ils étaient sans aucun doute majoritaires. Ait Convarion, Jaim Helaw, Mell Tinor, Jan Dodonna et Adar Tallon étaient bien évidemment là, accompagnés de deux officiers récemment promus au rang d’amiral de la GAR en qui il avait confiance, Gilad Pelleaon et Wulff Yularen.
Enfin, l’Ordre Jedi était représenté par Mace Windu, Melena Nash et Obi-Wan Kenobi. Tous trois étaient sortis presque indemnes de l’arène et avaient répondu à son appel, Melena la première.
Il s’assit et prit la parole.
- Bonjour à tous, commença-t-il. Tout d’abord, je souhaite vous remercier pour votre présence. Croyez-moi, vous ne regretterez pas le temps que vous passerez ici aujourd’hui. Je pense que vous avez eu le temps de faire connaissance, à présent. Toutes mes excuses pour ce retard, mais j’ai une bien triste nouvelle à vous communiquer. Le gouvernement bakurian vient d’être renversé par des forces séparatistes.
- Une bien triste nouvelle, en effet, déplora Mace Windu. Bien que Bakura ne fasse pas partie intégrante de la République, nous espérions que le gouvernement local nous autoriserait à s’en servir comme base arrière.
- Cela ne tiendra pas longtemps, commenta Adar Tallon. Les bakurians ont une méfiance innée envers les droïdes depuis la révolte qui a secoué leur planète lors de la colonisation. Les Séparatistes seront obligés de repartir aussi vite qu’ils sont arrivés.
- Espérons-le, reprit Jagen. Mais ce n’est pas pour parler de Bakura que je vous ai conviés ici. Non, la raison de votre venue est tout autre.
- Vous avez été bien mystérieux dans votre invitation, amiral, dit Ralph Sienar. Ce qui ne vous ressemble pas, ajouta-t-il avec un grand sourire.
- En effet, concéda Jagen. Je voulais savoir si vous seriez tous assez… disons, aventureux pour m’aider.
- Vous aider à quoi ? demanda le sénateur Skeenah.
Jagen prit une longue inspiration.
- Je pense que le chancelier et son cercle de confiance trahissent la République. Je me prépare à un coup d’Etat.
La moitié de l’assistance eût des regards horrifiés, l’autre partie se contentant de sourires entendus entre ses différents membres.
- Le Conseil Jedi ne peut pas cautionner un tel acte, dit Mace Windu. C’est contraire à notre dogme.
- Et laisser un dictateur disposer du pouvoir suprême, cela y correspond ? répondit acerbement Jagen.
- Nous n’avons aucune preuve que le chancelier agisse contrairement aux règles, s’exclama la déléguée de Chandrila, Mon Mothma.
- En agissant ainsi, vous deviendriez vous-même ce dictateur, renchérit Garm Bel Iblis.
Le sénateur Yarua approuva vigoureusement.
- Ecoutez-moi tous, dit froidement Jagen. Je suis sorti voici quelques heures d’une réunion qui devait déterminer le déroulement de la guerre pour notre camp. Palpatine détient à présent les mêmes pouvoirs que moi sur notre nouvelle « Grande Armée ». il contrôle le Sénat. Il n’a même plus à demander leur avis aux sénateurs sur la question militaire.
- La situation est inquiétante, ajouta Bail Organa à l’adresse de l’assemblée. Jagen m’a mis au courant de certains détails révélateurs de la situation dramatique que traverse notre République.
- Vraiment ? demanda Filnis Kuat, curieux. Les comptes ont l’air d’aller plutôt bien. Notre filiale sur Rothana a été payée et de nouvelles commandes d’approvisionnement sont en route.
- En effet, confirma Jagen. La République se retrouve avec la plus grande armée de toute son histoire. Une armée en gestation depuis dix ans.
L’assemblée ne dit mot.
- Dix ans, répéta Jagen. Le temps qu’il a fallu à ces clones à croissance accélérée pour arriver à maturité. Un procédé horrible, soit dit en passant. Depuis dix ans, la République prépare une armée d’esclaves. Avouez que cela est intrigant : cela ne fait que deux ans que la crise séparatiste sévit. Mais, par un heureux miracle, au moment où la guerre éclate, une armée forte de trois millions d’hommes et d’un millier de vaisseaux sort du néant et est mise à la disposition de la République. Et cela ne vous alerte pas ?
- En effet, c’est étrange, reconnut Obi-Wan Kenobi.
- La guerre qui nous frappe maintenant, cela fait au moins dix ans que quelqu’un la prépare, dans l’ombre. Et ce n’est pas le seul fait inquiétant.
- Vous avez d’autres informations ? demanda Jace Dallin.
Jagen ne put masquer un sourire.
- Oui, répondit-il. Mais j’aimerais vous présenter mon informateur principal, l’homme sans qui rien n’aurait été possible.
Il appuya sur un bouton de sa console.
- Pouvez-vous vous joindre à nous, Finis ?
Tous les regards se tournèrent instantanément vers le sas de la salle de réunion. Finis Valorum, l’ancien Chancelier Suprême de la République, se tenait dans l’embrasure de la porte. Dix ans étaient passés depuis son éviction, à la suite d’affaires malheureuses, dont le coup de grâce avait été le blocus de Naboo. Dix ans qui n’avaient pourtant pas altérés la détermination de l’homme, du politicien modèle, héritier d’une dynastie qui avait déjà donnée plusieurs chefs d’Etat à la République.
- Bien le bonjour, messieurs, dit-il aux autres personnes présentes.
Il entra et alla s’asseoir aux côtés de Jagen, sur le siège libre qu’il lui avait réservé.
- Avant de laisser Jagen reprendre son discours, je tiens à être clair, dit-il de sa voix claire. Les allégations de corruption qui sont à l’origine de ma chute sont fausses. Ceux qui me connaissent bien (il adressa un regard à Bail et Jagen) le savent. Pour les autres, je vous demanderai de vous fier au jugement de Jagen.
- Merci, Finis, reprit celui-ci. Depuis l’accession au pouvoir de Palpatine, force est de constater que la corruption qu’il avait promis de combattre a progressé. C’est dans l’air du temps, me direz-vous. Sauf que, jour après jour, mois après mois, année après année, Finis, Bail et moi avons compris d’où cela venait.
- Vous êtes un opposant politique avéré du chancelier, intervint Bel Iblis. Je n’aime pas Palpatine, mais vous n’êtes pas le mieux placé pour le critiquer.
- Je le sais, concéda Jagen. Mais laissez-moi vous conter une histoire. Il y a bien longtemps, dans notre galaxie, l’Ordre Jedi vivait uni et protégeait la paix de la République, comme il avait coutume de la faire depuis plusieurs millénaires. Vint alors un courant de pensée, mené par des disciples en quête de savoir, qui préconisait l’usage de la Force Obscure pour régler les problèmes alors hors d’atteinte de l’Ordre. Le Conseil Jedi le renia, bien entendu. Il s’ensuivit un schisme au sein de l’Ordre millénaire, une division si grande, un gouffre si béant entre les idées des uns et des autres qu’il conduisit les deux partis à s’affronter. Finalement, les Jedi orthodoxes vainquirent leurs ennemis sur la planète Corbos. Ils pensèrent avoir tué tous leurs opposants. Ils se trompaient, naturellement. Un petit groupe de survivants réussit à passer entre les mailles du filet et décida de quitter l’Espace Républicain. Guidés par un savoir ancestral, la Force ou tout simplement le destin, ils parvinrent sur une planète dévastée par cette Force Obscure qu’ils adoraient tant. Un peuple autrefois puissant, le peuple Sith, vivait là. Les Jedi Sombres n’eurent aucun mal à les asservir. Ils devinrent les Seigneurs Noirs des Sith.
Il s’interrompit un instant, pour laisser à l’Assemblée le temps de digérer les informations.
- La quasi-totalité des conflits qui frappèrent la République depuis lors sont de leur faute. La Guerre de l’Hyperespace, les Guerres Mandaloriennes, les Guerres Civiles des Jedi, la Grande Guerre, la Guerre Froide, les Cent Ans d’Obscurité… Tous ces conflits, vous les connaissez. Vos parents vous racontaient peut-être ces histoires pour vous faire peur, quand vous étiez enfants. Des histoires de Jedi fous, de monstres maléfiques, de flottes invincibles, de tyrans immortels… Ce n’étaient pas des légendes. Toutes ces menaces, ce sont les Sith qui les ont créées. La dernière fois qu’ils sont apparus au grand jour, la galaxie fut déchirée en deux, et ne fut sauvée que grâce au sacrifice de cent Jedi, parmi lesquels le général Hoth, sur la planète Ruusan. Oui, ajouta-t-il en voyant leurs regards ébahis. D’où croyez-vous que les réformes de Ruusan viennent ? Tarsus Valorum (Il adressa un signe de tête à Finis, à sa droite, qui le lui rendit) n’eût d’autre choix que de les promulguer pour tenter le sauvetage d’une galaxie qui en avait bien besoin. Depuis lors, nous croyions les Sith éteints. Ils n’étaient rien de plus qu’une légende.
Il se tourna vers le groupe de Jedi. Melena paraissait sereine, mais elle était bien la seule. Les deux autres étaient plutôt horrifiés par son discours.
- Jusqu’à peu. N’est-ce-pas, maître Windu ?
- Je ne sais pas comment vous avez eu accès à ces informations, répondit le Jedi, mais elles sont classées secret défense.
- Oh, rien de plus simple, expliqua Jagen. Le département de l’Education a limité l’histoire enseignée aux mille dernières années, mais certaines cultures ont une mémoire bien plus ancienne. Les mandaloriens, les echanis, les télosiens, entre autres. Mais revenons à notre affaire. Les Sith ont disparu pendant près de mille ans, avant de refaire surface. Ils étaient derrière le Blocus de Naboo.
L’assemblée était désormais pendue à ses lèvres.
- Et maintenant, ils sont en train d’organiser cette guerre. Je ne pense pas me tromper, maître Windu, en déclarant que le Comte Dooku est un Seigneur Sith connu sous le nom de Dark Tyranus ?
- Effectivement, confirma la maître Jedi bien malgré lui.
- Mais la véritable menace, reprit Jagen, ne vient pas de lui, de cet ennemi que nous connaissons. Les Sith auraient adopté une nouvelle philosophie, selon laquelle ils travailleraient par deux. Le maître, et l’apprenti. Au cours du Blocus de Naboo, maître Kenobi, ici présent, a vaincu un Sith au cours d’un duel à mort. A cette époque, le Comte Dooku était encore un maître Jedi respecté. C’est seulement à la suite de cette crise, qui avait vu la mort de son ancien padawan - le mentor d’Obi-Wan -, que Dooku a quitté l’Ordre. Nous avons donc deux apprentis, l’un remplaçant l’autre. Il nous reste le maître.
- Vous avez une idée de là où il se trouve ? demanda le sénateur Skeenah.
- Oui. Je n’ai aucune certitude, admit Jagen. Mais je pense qu’il est au sein même du Sénat.
Un silence assourdissant s’abattit sur la salle.
- Pendant ma captivité sur Géonosis, dit Obi-Wan Kenobi, le Comte Dooku m’a effectivement parlé d’un autre Sith qui contrôlerait le Sénat. Un Sith nommé, selon lui, Dark Sidious.
Dark Sidious. Ce nom résonnait encore dans la tête de Jagen, malgré la décennie écoulée depuis le cauchemar de Korriban.
- Voilà qui confirme ma théorie. En effet, j’ai fait quelques recherches sur les bases de données républicaines sur l’astronavigation. Jusqu’à peu, Kamino ne figurait même pas au sein de nos banques d’informations. Comme si ce nom avait été effacé, tout simplement. Je vous laisse mesurer les conséquences d’un acte.
- Ce Sith est quelqu’un de puissant, dit Valorum. Le premier rapport qui l’a mentionné date d’il y a vingt-quatre ans. Et il aurait pu être perdu, sans la présence de Jagen.
- Je n’ai pas trace d’un tel rapport, s’étonna Mace Windu.
- C’est parce qu’il n’en existe aucun dans nos banques de données. Le Chancelier Kalpana a exigé à l’époque un silence total sur ce sujet. Il s’agissait d’une enquête privée.
- Qui est-ce qui l’a mandatée ?
- Aiden Corona. Il me l’a expliqué quelques minutes avant que sa flotte ne disparaisse dans l’hyperespace. Ce qui nous laisse une idée du pouvoir qu’ont les Sith à faire disparaître leurs ennemis, ou tout obstacle qui se mettrait sur leur chemin.
- J’ai retrouvé trace d’une commande effectué il y a quelques années, intervint Ralph Sienar. Mon frère, à la tête du département d’expérimentation à l’époque, a reçu une demande de chasseur expérimental. J’ai réussi à m’infiltrer sur son serveur, et les plans sont assez parlants. Vous pouvez les afficher, Jagen ? demanda-t-il en tendant un holodisque.
L’amiral s’exécuta. La représentation holographique d’un appareil à ailes en H occupa le centre de l’espace.
- Le vaisseau mystérieux de Naboo… murmura Kenobi. Notre intuition était donc bonne.
- Et ce n’est pas tout, ajouta Filnis Kuat. A la demande du Chancelier Valorum, j’ai examiné en détail les plans de la navette Eddicus, navette qui rappelons-le équipe la moitié des sénateurs en activité. Une vingtaine de dispositifs d’écoute sont disséminés un peu partout.
- Si vous voulez acheter sûr, achetez corellien ! s’exclama Bel Iblis.
- Merci, Garm, reprit Jagen. Nous avons donc la preuve que ce Sith a une certaine influence. Pour ma part, je pense qu’il fait partie du Bureau de l’Exécutif.
- L’Exécutif ? demanda Mace Windu. Palpatine ? Non, vous devez faire erreur, Jagen. Ces derniers jours, maître Yoda a passé des dizaines d’heures à un mètre de lui. S’il maîtrisait le côté Obscur, nous l’aurions ressenti.
- Et qu’avez-vous perçu ?
- Il y a bien des émotions négatives, admit le Jedi. Mais pas plus que pour d’autres politiciens. C’est pour cette raison que les Jedi n’ont pas pu percer en politique.
- Très bien, oublions Palpatine. Il reste les membres de son cabinet. On les dit très influents.
- Qui cela ? demanda Skeenah. Sate Pestage ? Kinman Doriana ? Un autre ?
- Oui, répondit Jagen, cela pourrait être l’un d’eux. Leur influence est grande, mais, étrangement, ils sont très retirés. Je ne les connaîtrais même pas si je ne les avais pas vu à ses côtés plusieurs fois lors de mes réunions dans le Bureau.
- Et si vous dites vrai ? demanda Jace Dallin. Jagen, vous n’êtes pas homme à se laisser avoir, vous avez donc un plan ?
Le moment était venu de mettre sa stratégie en action.
- En effet, dit-il avec un sourire aux lèvres. Je souhaite rassembler le maximum d'informations pour déterminer avec certitude qui est ce Seigneur Sith. Et quand je le saurai, j'attaquerai.
Le sénateur wookiee exprima son inquiétude.
- Ne vous inquiétez pas, sénateur Yarua, répondit Jagen. Je sais parfaitement que je ne suis pas de taille face à un tel ennemi. Mais la puissance ne dépend pas uniquement de la Force. C’est dans cet optique que j’ai décidé de préparer une flotte d’assaut secrète.
- Intéressant, commenta Filnis Kuat. Je suppose que vous voulez un peu d’aide ?
- Je sais que vous, Filnis, vous êtes très impliqué dans la « démocratie souterraine » de Kuat. Vous savez donc qu’il est possible d’agir en toute discrétion.
- Bilbringi, lâcha-t-il. Le système appartient à CNK depuis quelques années. J’y ai envoyé une équipe le mois dernier ; ils ont analysé les astéroïdes, qui se sont révélés hautement métalliques. Les chantiers navals que je vais y installer seront entièrement autonomes.
- Pour ma part, intervint son collègue industriel, Ralph Sienar, tout le problème vient de mon frère. Il me tient à l’œil. Mais je pense pouvoir contribuer à votre effort de guerre, avec nos nouveaux croiseurs Bayonet. Du moins, si les Santhe ne le remarque pas. Mais comme je me suis resté sur Corulag au lieu de rejoindre Lianna, le problème n’a pas lieu d’être.
- Reste la CTC et Rendili, dit Jagen.
- Je en peux rien garantir pour ma part, déplora Jace Dallin. Le gouvernement de ma planète rencontre une forte opposition avec des courants issus du mouvement séparatiste. Néanmoins, je pense que l’installation de quelques docks au-dessus d’Anoat serait possible.
- Exactement, approuva Walex Blissex. De toute façon, je pensais présenter ma dernière création à Palpatine dès demain. Mais le Croiseur Victory sera mieux employé ainsi.
- Ce ne sera pas la peine, Walex, dit Jagen. Votre création pourrait s’avérer vitale pour la République. Dévoilez-la à Palpatine, je me chargerai de trouver l’officier idéal.
- Quant à Corellia, conclut Bel Iblis, la fourniture de vaisseaux de combat pour protéger la vraie République, celle créée par les valeurs corelliennes, est une nécessité absolue.
- J’en suis ravi. Pour ma part, je possède déjà d’une vingtaine de vaisseaux stockés en lieu sûr. Ceux de la nouvellement créée Flotte Loyalty prendront part aux combats, mais j’ose espérer que mes capitaines sauront rester loyaux envers moi lorsque je ferai appel à eux.
Il lança un sourire complice à ses collègues. Ce fut Mell Tinor qui reprit la parole.
- Je ne vois qu’un seul problème là-dedans. Le Sénat nous soutiendra-t-il ?
Ce fut Bail Organa qui répondit.
- Le Conseil de Sécurité, ou « Comité Loyaliste » comme nous l’appelons aujourd’hui, peut démettre le Chancelier. Cela fait partie de ses prérogatives. Or, il se trouve que je suis le chef de ce comité. Je peux donc vous assurer que le Sénat n’aura d’autre choix que de nous suivre.
- En outre, ajouta Jagen, de nombreux mondes sont prêts à nous apporter leur soutien. J’entretiens une longue amitié avec le colonel Hurieegh, que certains d’entre vous connaissent. Il m’a assuré que Yag’Dhul se joindra à nous. Il en va de même pour Mon Calamari, ou tout du moins sa population MonCal, selon le capitaine Ackbar. J’ai également quelques contacts chez les duros ou les twi’leks, ainsi que chez les sullustéens. Et avec les wookiees bien sûr, rajouta-t-il en désignant le sénateur Yarua.
- Une dernière chose, demanda Jan Dodonna. Comment nommerons-nous cette opération ? Quel sera son nom de code ?
La question prit Jagen au dépourvu pendant un instant, puis il se souvint de sa campagne face au Léviathan, une campagne où ses hommes l’avaient suivi en défiant l’ordre établi et les volontés de Palpatine, et des vaisseaux, sur lesquels étaient peinte une lettre symbolisant son grade. L’Amiral…
- Aurek Bleu, dit-il. Ce sera l’opération Aurek Bleu.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Deux très bon chapitres, très denses
un excellent orateur qui avait la confiance du chancelier, bien que ce sentiment ne soit pas réciproque.
J'aime bien la formule :oui:
Ait Convarion, Jaim Helaw, Mell Tinor, Jan Dodonna et Adar Tallon étaient bien évidemment là, accompagnés de deux officiers récemment promus au rang d’amiral de la GAR en qui il avait confiance, Gilad Pelleaon et Wulff Yularen.
Retconer la Prélo c'est une chose mais Zahn :grrr: :lol:
- Le Conseil Jedi ne peut pas cautionner un tel acte, dit Mace Windu. C’est contraire à notre dogme.
Marrant il va faire pareil dans ROTS
Ah oui, c'était fait exprès :paf:
Si vous voulez acheter sûr, achetez corellien ! s’exclama Bel Iblis.
Il perd pas le Nord, lui
Dernière modification par Nicravin le mar. 20 mars 2012 - 18:05, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :Deux très bon chapitres, très denses
Très politiques, surtout... La suite remuera un peu plus :wink:
Nicravin a écrit :Retconer la Trilo c'est une chose mais Zahn :grrr: :lol:
En fait, je vais retconner Zahn pas mal de fois, tout en respectant l'esprit de son oeuvre bien entendu :oui:
Nicravin a écrit :
Si vous voulez acheter sûr, achetez corellien ! s’exclama Bel Iblis.
Il perd pas le Nord, lui
Le plus dur est de trouver le bon comportement des personnages. Bel Iblis est plus jovial que dans les bouquins de Zahn (sa famille étant en vie à cette époque) et garde donc une bonne partie de l'humour corellien...
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Très politiques, surtout... La suite remuera un peu plus :wink:
Moi j'aime bien comme ça, ca change un peu.
En fait, je vais retconner Zahn pas mal de fois
:o :shock: :grrr:
tout en respectant l'esprit de son oeuvre bien entendu
:oui: :love: :cute:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

En fait, les "retcons" arrivent tout de suite... :transpire:
Allez, pour ce chapitre, on retrouve deux personnages du premier tome, dont l'un va devenir central...

Chapitre 8

« Au début du conflit, j’ai d’abord pensé qu’il s’agirait d’une expérience nouvelle pour chacun, même pour un vieux briscard comme moi. Mais, plus le temps passait, et plus je me rendais compte que le passé y jouait une place importante. C’était l’origine de cette guerre, et cela pouvait aussi être l’origine de la victoire. »

Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Annaj, Secteur Moddell, Bordure Extérieure, 14 jours après la bataille de Géonosis.

La Première Flotte de Centax, partie intégrante de la Flotte Loyalty, livrait à présent son second combat de la guerre, dans les cieux de la planète Annaj.
Debout sur le pont de son croiseur Jagen ne put s’empêcher de tempêter. Ils étaient arrivés trois jours auparavant dans le secteur Moddell, afin de protéger la capitale régionale des assauts séparatistes. Un assaut qui n’avait pas tardé à s’abattre sur eux. Trois de leurs croiseurs Acclamator de soutien avaient été détruits par la flotte ennemie, équipée des puissants cuirassés de classe Rejuvenator fournis les chantiers de Sluis Van. Les Séparatistes subissaient également bon nombre de pertes, mais la bataille continuait sans relâchement, et ce depuis bientôt six heures.
La porte du pont derrière lui s’ouvrit et laissa entrer le maître Jedi Rahm Kota, affecté par le Haut Commandement à la supervisation des troupes terrestre de la PFC.
- Ils ont encore reçu des renforts ! s’écria le Jedi. Et leurs lignes ne faiblissent pas ! Bon sang, après toutes ces heures !
- Je sais, Rahm. Mais calmez-vous. Nous devons user leur moral, leur volonté.
- Leur volonté ? Mais il ne s’agit que droïdes idiots !
- Mais leurs commandants, eux, sont vivants. Ils éprouvent des sentiments. Dont la peur.
- Je n’aime pas trop votre doctrine.
- Il faut frapper un grand coup, expliqua Jagen avant de se tourner vers le lieutenant-navigateur, Haran Tydris. Cap sur leur croiseur de commandement.
- Bien reçu, amiral, répondit celui-ci.
- Devons-nous rompre la ligne ? demanda Othan, l’officier tactique. Ou dois-je signaler aux autres croiseurs de nous suivre ?
- Dites-leur de rester où ils sont et de poursuivre la mise à feu. Ils avanceront à mon signal. Reportez toute la puissance sur les réacteurs et les boucliers avant.
- Bien, amiral.
Les turbines du Knight’s Blade rugirent. Regardant à travers la grande verrière qui ouvrait le pont sur l’espace, Jagen vit le vaisseau ennemi se rapprocher progressivement. De part et d’autre du croiseur, l’escadron du lieutenant Dreis s’efforçait de détruire la chasse ennemie, composée essentiellement de vautours droïdes.
- Ils se replient, observa Jagen. Ce n’est pas encore manifeste, mais ils ont l’air de rappeler leurs intercepteurs. Ils pensent qu’ils en auront encore besoin. Voyons si nous pouvons leur couper la route. Pleine puissance sur les réacteurs !
Le Knight’s Blade accéléra brutalement et se précipita vers le croiseur Rejuvenator qui semblait abriter leur commandant. Le vaisseau séparatiste fit une brusque embardée et se prépara à quitter le champ de bataille, suivi de près par les autres cuirassés.
- Ils cherchent à nous contacter sur le canal général, à transmission VHD, monsieur, indiqua l’officier de transmission. Dois-je répondre ?
- Passez-les-moi, répondit Jagen.
Le système de communication VHD était inspiré des terminaux Holonet standards, qui n’utilisaient les ondes holographiques qu’à des fins de transmission et préféraient diffuser des images que des hologrammes. Cette méthode avait de nombreux avantages, autant pour la qualité d’image que pour le prix, et était souvent utilisée entre des croiseurs situés dans le même système.
Le lieutenant en charge des communications lança donc une connexion entre les deux vaisseaux amiraux. L’image apparut presque instantanément à l’écran, situé au-dessus de la porte du pont.
Celui de Jagen laissa apparaître un homme ayant approximativement le même âge que lui, avec son costume brun d’officier séparatiste. Son visage avait un air juvénile que renforçait son large sourire ; et ses cheveux d’un blond doré illuminaient son visage. Un visage que Jagen mit quelques secondes à reconnaître. Après tout, il ne l’avait pas vu depuis vingt-deux ans.
Mais le visage de Iaco Stark n’était pas de ceux qu’on oubliait.
- Amiral Eripsa, dit le fils de Trevor Willspawn. Félicitations pour cette belle manœuvre. Vous êtes toujours aussi surprenant, après toutes ces années.
- Stark…. Vous n’avez pas changé. Toujours aussi arrogant.
- C’est amiral Stark, à présent, corrigea son ennemi. Vous êtes toujours aussi suffisant, vous aussi.
- J’aurai dû me douter que je vous retrouverai un jour.
- Que voulez-vous ? le nargua Stark. La Guilde du Commerce sait mettre à profit les talents de ses membres. Etant donné que je connais le sénateur Ludar depuis longtemps – il était un des amis de mon père lorsqu’il n’était encore qu’un délégué sénatorial – le Comte Dooku m’a chargé de faire basculer Sluis Van sous notre coupe. Et autant vous dire qu’il m’a bien récompensé. Cette flotte en est la preuve.
- Vous êtes comme votre père. Un traître.
Les yeux de Stark s’embuèrent et il se mit à rougir de colère.
- Ne mentionnez plus jamais mon père, Eripsa, dit-il, furieux. Vous ne méritez pas sa place. Je vous la reprendrai. Mais avant, d’autres affaires m’appellent. Oh, une dernière chose, ajouta-t-il avant de couper et de passer en hyperespace. Il est inutile de surveiller Annaj. Je vais être bien trop occupé pour y revenir.
************
- …et, là-dessus, il a sauté en hyperespace, conclut Jagen.
- Incroyable ! s’exclama Ait Convarion. Stark, de retour après toutes ces années !
- Cela me paraît bizarre, avoua Jaim Helaw. Pourquoi maintenant ? La République est beaucoup plus puissante qu’auparavant.
- Stark est un amiral séparatiste, rappela Jagen. S’il veut vraiment se venger, il va se servir de sa flotte pour détruire la mienne.
- Ce qui rend la prise de Sluis Van essentielle. Avons-nous des bases dans le secteur ?
- Une seule, sur Praesitlyn.
- Le centre de communications, intervint Mell Tinor. Une cible de choix pour les Seps.
Jagen regarda attentivement ses quatre amis représentés sur la console holo. Seul Galieet gardait le silence.
- Ce qui m’inquiète, dit l’amiral de la flotte Loyalty, c’est la facilité qu’a eu Stark à nous berner, la dernière fois. Il serait parfaitement capable de nous refaire un coup de Troiken. Galieet, c’est bien toi qui créé l’antivirus, la dernière fois.
- Affirmatif, répondit le givin. Il s’agissait en fait d’un programme vicieux ; au lieu de changer les coordonnées à l’écran du système de navigation, il se contentait de modifier le référenciel galactique standard.
Jagen vit immédiatement de quoi il parlait.
- La tactique d’abordage anaxsi. Un grand classique.
Galieet sembla ne pas comprendre.
- Avant la Proclamation de la République, le système d’Anaxes et quelques autres s’étaient déjà unis, expliqua Jagen. Le légendaire Empire d’Azure, qui servit de terreau à l’idéologie républicaine dans l’ensemble du Noyau. Cependant, cette organisation devait à l’époque faire face aux pirates corelliens qui les attaquaient. Le blindage des cuirassés de Corellia étant bien trop épais pour les lasers de l’époque, le commandement de l’Empire d’Azure mit au point un virus informatique qui changea les coordonnées de toute la flotte corellienne après son introduction dans l’ordinateur de bord du vaisseau amiral par un espion. Les repères galactiques différaient tous, à l’époque, et, lors après une bataille au cours de laquelle ils durent se replier, les corelliens mirent le cap sur leur planète, l’origine du référenciel. Ils arrivèrent dans l’espace d’Anaxes et furent vaincus par les défenses orbitales. Galieet, tout va bien ?
Le givin était figé, comme frappé par la foudre.
- Jagen, dit-il après un moment, tous les naviordinateurs n’intègrent qu’un seul référenciel, aujourd’hui, n’est-ce-pas ?
- Bien sûr que non, répondit l’amiral, surpris. Le référenciel coruscentocentrique est la base de la navigation interstellaire aujourd’hui, mais il existe toujours le RAGS, le Repère Astronomique Galactique Standard, qui n’est pas centré sur Coruscant, mais sur le véritable centre de l’univers. Pourquoi, cette question ?
Le givin le regarda droit dans les yeux.
- Quelles seraient les coordonnées d’Anaxes dans ce repère ?
Jagen mit quelques secondes avant de saisir l’allusion. Bon sang, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
La Flotte Katana !

************
Cargo YT-1300 Millenium Falcon, en transit dans l’hyperespace, 21 jours après la bataille de Géonosis.

Assis dans le poste de pilotage excentré, Jagen repensait à tous les préparatifs de la semaine précédente.
Il avait tout d’abord réactivé son ancien androïde, DJE-298, conservé au frais dans la carbonite depuis sa campagne contre le Léviathan et la bataille de Shola. L’être de métal ne lui servir d’alibi qu’en cas d’urgence, puisqu’officiellement il était cloîtré dans sa cabine en convalescence. Johun Solo s’occupait donc de la Première Flotte.
Il avait ensuite rejoint Bespin, où il avait retrouvé toute sa famille et leur avait expliqué ce qu’il lui restait à faire. Vanya avait fini en larmes, comme toujours ces derniers temps. Quelque chose avait été brisé en elle, bien qu’elle refuse toujours de lui dire de quoi il s’agissait. Eiran n’avait pas dit grand-chose, ce qui ne lui ressemblait pas. Jagen avait même eu l’impression que son fils lui en voulait. Il le rendait coupable, mais de quoi ? De la fragilité émotionnelle de sa mère ? Aussi loin qu’il se souvienne, Jagen ne lui avait jamais fait aucun mal. Non le plus surprenant restait que la jeune mandalorienne endurcie et la femme du chef de Centax étaient bien une seule et même personne. Quiconque l’aurait quitté vint ans auparavant ne la reconnaîtrait plus aujourd’hui.
Ses réflexions furent interrompues par ses deux droïdes qui venaient lui faire leur rapport.
- Le vaisseau est sécurisé, maître, dit HK-47. Aucun sas n’a été forcé.
- En même temps, c’est un peu normal, en plein milieu de l’hyperespace, fit remarquer Jagen. Et toi, T3 ?
La petit astromech émit un son positif, signe que tout allait bien. Il avait récupéré les deux droïdes au sein des affaires de Revan, précieusement conservées sur Bespin depuis la Grande Guerre. Il ne les avait réactivés que lors de son infiltration du Léviathan, où l’interface de T3-M4 s’était révélée essentielle pour le téléchargement des plans du vaisseau et de son générateur de gravité. Ils étaient depuis au service de ses parents, dans leur demeure sur la Cité des Nuages, du moins jusqu’à maintenant.
L’alarme de navigation s’activa soudainement et le Millenium Falcon sortit de l’hyperespace. Jagen vérifia l’ordinateur de bord. Apparemment, l’énorme sphère bleutée devant lui était bel et bien la planète où avait dû échouer la flotte Katana. Il en serait bientôt sûr, de toute façon.
Il y avait une chance infinitésimale que deux planètes aient les mêmes coordonnées dans deux repères galactiques aussi différents que ceux en vigueur. Une chance tellement faible qu’elle donnerait un mal de tête carabiné au meilleur des givins. Mais les voies de la Force étaient impénétrables, après tout.
Il enclencha les réacteurs subluminiques et s’approcha un peu plus de la planète. En entrant dans la haute atmosphère, il remarqua un nuage de débris un peu plus loin. Craignant qu’il ne s’agisse des restes des malheureux cuirassés, il s’en approcha prudemment. Non, ces débris semblaient bien plus anciens. Il crut à un moment distinguer un morceau de métal peint aux couleurs de la République, mais il avait disparu avant qu’il n’y regarde de plus près. Probablement son esprit qui lui jouait des tours.
Lorsqu’il arriva dans la basse atmosphère, il vit de nombreuses ruines éparpillées sur une multitude d’îles qui parsemaient la surface océanique. Une race ancienne avait dû habiter là, par le passé, mais il n’en restait probablement aucun membre, vu l’état de délabrement avancé des bâtiments.
Il avait parcouru une centaine de kilomètres lorsqu’il les vit. Ils se trouvaient sur une grande île, la plus grande de toutes celles qu’il avait survolé jusque-là. Il n’y en avait qu’une vingtaine, bien sûr, mais les autres étaient visibles dans le lointain. Malgré leurs vingt-cinq ans passés loin des terres civilisées, les majestueux vaisseaux de la Flotte Katana n’avaient pas pris une ride.
Et il y avait des hommes. Beaucoup d’hommes. Par la Force. Il avait craint qu’ils ne soient tous morts, naturellement. Un étranger aurait avancé que ces hommes avaient pu survivre en pratiquant le cannibalisme. Mais c’était ignorer les mœurs bien-pensantes des militaires républicains. Il y avait déjà eu des précédents, par le passé.Et les équipages avaient préféré mourir ensemble que de déshonorer les corps de leurs compagnons. Ait lui avait d’ailleurs dit un jour, avec son humour bien particulier, que c’était la raison pour laquelle il y avait très peu de lézards dans l’armée.
Alors que de plus en plus d’hommes sortaient des cuirassés, Jagen vit les lettres d’or de celui qui lui faisait face briller. Katana. Une vision qui aujourd’hui encore l’émerveillait, même s’il avait contemplé bien des merveilles. Il lança la manœuvre d’atterrissage et se dirigea vers la sas.
Lorsqu’il l’ouvrit, il vit un millier au moins de visages tournés vers lui. Des visages qui avaient sûrement dû être joyeux, mais qui aujourd’hui ne reflétaient que des années tristes et longues d’attente improbable. Il descendit, ne sachant pas quoi dire.
Un des hommes, un colonel selon son uniforme, se dirigea vers lui.
- Bienvenue, Amiral, dit-il en regardant son insigne. Suivez-moi, je vous prie.
Il se dirigea vers le Katana, Jagen sur ses talons. Il ne disait mot, préférant éviter toute rancœur. Que dire, après tout, à des hommes qui avaient passé vingt-cinq ans de leur vie coincés sur une planète, loin de tous ceux à qui ils tenaient, et qui avaient du survivre plutôt que vivre ?
Tandis qu’ils marchaient, dans ce silence oppressant, Jagen put remarquer l’état admirable dans lequel était le cuirassé, malgré tout ce qu’il avait traversé. Les couloirs étaient aussi propres que la dernière fois, les sols brillaient impeccablement. Mais certains détails clochaient, sans aucun doute. Des impacts de blasters étaient visibles, surtout sur les portes. L’un d’elles avait fondue.
Enfin, ils arrivèrent sur le pont. Mais au lieu de s’approcher de la verrière, l’officier fit volte-face et lui indiqua une porte à sa gauche.
- Entrez, dit-il simplement.
Jagen lui obéit.
Lors de sa première visite à bord, il avait été impressionné par la couleur bleu et or des décorations des cuirassés. C’était une combinaison exclusive dans la marine, qui n’avait jamais été utilisée, si ce n’est sur certains yachts dépravés. Ceux des sénateurs, notamment. C’était précisément ce que lui avait expliqué l’homme qui se tenait debout, face à lui, et le regardait dans les yeux.
- C’est donc toi, Jagen, dit simplement Aiden Corona.
- Je suis venu, Aiden, répondit Jagen. En retard, comme d’habitude, mais fidèle au poste.
N’y tenant plus, il éclata en larmes, et son mentor fit de même. Aiden avait été son mentor durant toutes ses études à la Citadelle d’Anaxes, à une époque où il était brouillé avec ses parents. Un père de substitution. Et le vieil homme n’avait jamais eu de fils.
- Vingt-cinq ans, Jagen, vingt-cinq ans, répéta le vieil homme tout bas.
Jagen le soupçonna de n’avoir jamais craqué jusqu’à présent, du moins en public.
- Je vous ai suivi, Aiden. Immédiatement. Mais, arrivé dans l’espace d’Anaxes, j’ai dû me rendre à l’évidence. Vous aviez disparu.
- C’est vrai, mille fois vrai, se lamenta le vieillard. Oh, qu’il soit maudit, cent fois maudit, ce chien kath, cette ordure, ce fils de Hutt de Palpatine !
Choqué, Jagen ne dit mot. Ses soupçons allaient peut-être se voir confirmés.
- Nous n’avons jamais pu terminer notre conversation, ce jour-là, tu t’en souviens ?
- Bien sûr, répondit-il. Ce n’est pas le genre de jours que l’on oublie.
- Je t’ai dit à l’époque que j’avais repéré des flux de capitaux illégaux. C’est la vérité. J’ai envoyé des enquêteurs, et ils m’ont transmis leur rapport. Ils étaient parvenus jusqu’à un sénateur, un certain Palpatine. Qu’ils accusaient d’être un Sith.
- Je m’en souviens. Ils sont morts, non ?
- Ils ont été tués, rectifia Aiden. Par un autre Sith, j’en suis sûr. L’enquête avait durée sept ans. Ce n’étaient pas des amateurs. C’étaient des antariens. Les hommes les plus fidèles que l’on puisse trouver, peut-être. En fait, ils avaient décidés d’abandonner la piste des capitaux, pour se concentrer que sur une secte echani, les Gardes Solaires de Thyrsus. Tu en as déjà entendu parler ?
- Oui, répondit Jagen après un instant d’hésitation. Plutôt que de vénérer leurs lunes, comme les autres echanis, ils vouent un culte à leur soleil, il me semble. Je crois que Revan les mentionne dans son journal de bord.
- Tu as eu accès au journal de bord de Revan ? demanda Aiden, intrigué.
- C’est une longue histoire. Terminons d’abord la vôtre.
- Très bien. Ils sont donc parvenus à infiltrer ce culte et ont découverts que les Sith les manipulaient. Ils m’ont transmis leur rapport juste avant d’être découverts. Trois jours avant l’inauguration de la Flotte.
- Dans ce cas, comment êtes-vous sûr…
- J’ai reçu une preuve, le coupa Aiden. Leurs têtes. Juste avant de monter à bord du Katana.
- C’est pour cela que vous vous méfiez du projet de Palpatine ! s’exclama Jagen.
- C’était avant que je ne reçoive les têtes. Même si j’avais déjà des doutes à son sujet, je n’imaginais pas…
- Et donc, sur Vjun ?
- Les représentants diplomatiques n’étaient qu’un leurre. C’étaient des commandos. Ils ont pris le contrôle du hangar en quelques minutes. Le temps que les équipes de sécurité ne parviennent là-bas, une autre équipe, qui avait dû se cacher dans la soute, avait endommagé l’ordinateur de bord. C’est ce qui a provoqué ce changement de repère. Nous sommes arrivés ici, avec juste assez de carburant pour nous poser. Repartir était inenvisageable.
- Comment avez-vous fait pour survivre pendant si longtemps ?
- Tu as oublié notre mission d’origine, Jagen. Une mission humanitaire. Une infime partie des vivres avait été déchargée lorsque nous avons été attaqués. Et, bien sûr, il y avait des graines parmi ces vivres. J’admets que cela n’a pas été facile, mais nous avons réaménagés certains vaisseaux pour la culture. Et il y a la pêche, bien sûr. Et nous savons également purifier l’eau.
- Et l’énergie ?
- C’est ce qu’il y a de plus étrange, expliqua Aiden. Nous avons réussi à alimenter en électricité tous nos cuirassés avec un générateur souterrain que nous avons découverts en explorant l’île. Autour des anciennes ruines, au nord. Il y a une sorte de temple antique, et un peu plus loin les ruines d’un village de la même époque. Le générateur servait apparemment à alimenter leur système de défense. Quelques câbles, et le tour était joué. Quant à ce qui le fait marcher, c’est un vrai mystère. Les gens d’ici ne devaient pas avoir de problèmes de factures ; il y a un champ de force, à l’entrée du temple, et il est impossible de passer. Dommage. J’aurai bien aimé dormir entre des murs en pierre, pour une fois.
- Mais vous êtes vivants. C’est… incroyable. Inespéré.
- Il y a eu des morts, bien sûr. Pendant l’attaque, de maladie, de vieillesse ainsi que quelques suicides.
- Paix à leurs âmes.
- On ne peut pas leur en vouloir. Ceux qui n’avaient rien à perdre et plus rien à obtenir n’avaient plus le goût de la vie.
- C’est bien vrai.
- Maintenant, Jagen, reprit Aiden après quelques secondes de silence, raconte-moi un peu ce qui se passe dans notre bonne vieille République.
Comme il ne répondait pas, le regard sombre, Aiden prit peur.
- Non… ne me dis pas qu’il est devenu chancelier !
- Qui ? demanda naïvement Jagen.
- Trevor Willspawn, pardi ! s’exclama son ancien mentor. Bon sang !
- Willspawn est mort, Aiden. Il a trahi la République et a bien failli m’avoir. Cela fait longtemps.
- Tant mieux. Bon débarras. Alors c’est Orn Free Taa ? Le sénateur de Ryloth ? Il a légalisé la prostitution, n’est-ce-pas ? Non ? Dommage !
Jagen fut choqué.
- Aiden !
- Je plaisantais, le rassura le vieil homme. Je ne suis pas Willspawn. Mais mes hommes n’auront pas tous ces états d’âme. Je suis sûr que ma femme va bien, car je lui ai laissé de quoi vivre, mais tous n’ont pas les mêmes certitudes. Bon, trêve de plaisanteries. Dis-moi qui est aux commandes.
- C’est lui, Aiden. Palpatine. C’est le Chancelier.
Son mentor resta ébahi l’espace de quelques instants.
- Aiden ? Vous allez bien ?
- Ce n’est pas possible, dit-il doucement. Les Jedi l’auraient senti.
- Ils sont complètement aveuglés.
- Et tu l’as laissé y arriver ? Et Saron ? Et Finis ? Et Bail Antilles ? Et Yarua ? Tous !
- Nous n’avons pas eu le choix. Il y a eu une crise importante, et Finis… Eh bien, Finis était au pouvoir, et il s’est servi de la mention de censure pour le destituer.
- Le chutta.
- Tu l’as dit.
- Je n’arrive pas à comprendre que personne n’ait rien remarqué.
- Il y en a, et j’en fais partie. Mais ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air. C’est la guerre, Aiden. Les mouvements sécessionnistes qui commettaient déjà des attentats auparavant ont un nouveau chef. Un Sith, lui aussi.
- Bon sang ! Des Sith dans chaque camp ?
- Ils manipulent tout. Nous ne sommes que des pions entre leurs mains… Enfin, pour l’instant.
- Tu as un plan.
- Bien sûr. N’est-ce-pas vous qui m’avez appris qu’il fallait toujours avoir des ressources cachées ?
- C’est bien vrai, reconnut le vieil homme.
- J’assemble une flotte en secret, pas très loin de Bespin.
- Tu as besoin d’aide ?
- Je sais que ce serait trop vous demander.
- Ecoute, Jagen, dit son mentor, nous attendons ce moment depuis vingt-cinq ans. Celui où la flotte Katana sera enfin utile. Celui où nous pourrons faire payer toutes ces années perdues à Palpatine.
- Je vais vous transmettre les coordonnées. La planète s’appelle Anoth. Vous y serez en sécurité. J’avais prévu d’y passer, de toute façon… Faites-moi une liste des composants nécessaires à la réparation. Je vous enverrai le matériel nécessaire.
- Palpatine regrettera le jour où il s’est attaqué à la flotte Katana.
- J’ai comme l’impression qu’il le regrette déjà, conclut Jagen.
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Message par Nicravin »

La flotte Katana va se réveiller trente ans plus tôt que prévu :lol:
C’est ce qu’il y a de plus étrange, expliqua Aiden. Nous avons réussi à alimenter en électricité tous nos cuirassés avec un générateur souterrain que nous avons découverts en explorant l’île. Autour des anciennes ruines, au nord. Il y a une sorte de temple antique, et un peu plus loin les ruines d’un village de la même époque. Le générateur servait apparemment à alimenter leur système de défense. Quelques câbles, et le tour était joué. Quant à ce qui le fait marcher, c’est un vrai mystère.
Ça me rappelle un peu le coté mystérieux de la Trilo Corelienne. J'espère que tu vas suivre cette filière. Ou alors ça vient de la technologie Rakata :love:
Enfin bref, un très bon chapitre annonciateur du meilleur :jap:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit : Ça me rappelle un peu le coté mystérieux de la Trilo Corelienne. J'espère que tu vas suivre cette filière. Ou alors ça vient de la technologie Rakata :love:
Enfin bref, un très bon chapitre annonciateur du meilleur :jap:
Le reste sera un peu moins mystérieux... Quant au secret de cette énergie, il ne sera connu que dans le tome 6... Patience.... :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Jagen Eripsa a écrit : Quant au secret de cette énergie, il ne sera connu que dans le tome 6... Patience.... :transpire:
Sérieux? Ouvrir une intrigue pour la conclure trois tomes après :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Je n'ouvre pas l'intrigue, je dis juste que ces ruines auront un rôle central dans le tome 6... :sournois:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Jagen Eripsa a écrit :Je n'ouvre pas l'intrigue, je dis juste que ces ruines auront un rôle central dans le tome 6... :sournois:
Prometteur tout ça :love:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Le chapitre suivant, où Jagen en voit de toutes les couleurs... :sournois:

Chapitre 9

« Il y avait quelque chose, là, derrière, une raison, à la fois visible et masquée. La guerre n’était pas une fin en soi, mais un moyen pour Palpatine d’atteindre son but. Et il aurait pu y arriver si nous n’avions rien fait. »

Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Kowak, Secteur Sevetta, Bordure Extérieure, 50 jours après la bataille de Géonosis.

- Concentrez la feu sur leurs corvettes afin de couvrir nos chasseurs ! ordonna Jagen, tendu.
- Bien, amiral ! répondit immédiatement l’officier tactique, Othan.
- Deux croiseurs viennent de sortir dans le secteur sept ! signala l’un des hommes.
Ils se battaient à présent corps et âmes contre la flotte de l’amiral Stark, au terme d’une longue poursuite qui dur ait depuis deux semaines déjà. Inquiet, Jagen se pencha sur son écran.
Ils avaient retrouvés l’ancien pirate sur Lok, une planète désertique située non loin de Ryloth. L’ennemi leur avait paru en infériorité numérique. Et ce qui devait être une grande victoire pour la République s’était transformé en une course sans fin, ponctuée par de petites escarmouches entre les sauts hyperspatiaux.
Du moins, jusqu’à aujourd’hui.
C’était un piège, tout simplement. Stark avait décidé de prendre pied sur Kowak, et il avait les moyens pour. Au début, sa flotte s’était placée entre la planète et celle de Jagen , qui avait aussitôt engagé le combat. Mais un grand nombre de vaisseaux séparatistes étaient arrivés en renfort, rendant le rapport de force largement défavorable pour les républicains.
- Johun, dit-il dans le comlink, vous avez un visuel ?
- Affirmatif, Jagen, répondit son aide de camp. Les batteries lourdes vont faire feu.
Le capitaine Solo se trouvait, selon sa demande, sur le pont secondaire, comme c’était le cas à chaque bataille depuis le début de la guerre. Il gérait l’ensemble des turbolasers destinés au combat rapproché.
- Très bien. Je te tiens au courant.
- Amiral, intervint Othan, des bombardiers Hyena ont été repérés. Ils foncent droit sur nous.
- Intensifiez les tirs de couverture et dirigez toute la puissance des boucliers vers l’avant, ordonna Jagen.
- Bien, amiral.
De fortes secousses agitèrent le Knight’s Blade à cet instant. L’espace d’un moment, Jagen se sentit nauséeux.
Puis ce fut un déchaînement de lumière, de chaleur et de douleur, avant de sombrer dans le néant.
************
Destroyer Arrow Mk. II Ion Storm, en orbite autour de Corulag, 57 jours après la bataille de Géonosis.

Lorsque Jagen ouvrit les yeux, il fut tout d’abord ébloui par la luminosité de l’endroit où il se trouvait. Puis, après quelques instants, sa vision cessa d’être trouble. Tournant la tête sur le côté, il vit Jaim Helaw, Johun Solo et un droïde médical qui le regardaient.
- J’ai loupé quelque chose ? dit-il, surpris.
Puis les souvenirs lui revinrent brusquement. La bataille, les corvettes, les bombardiers… et cette tempête de feu qui s’était déchaînée…
- Eh bien, Jag, dit son vieil ami, on peut dire que tu as la peau dure.
Jaim Helaw était inquiet, cela ne faisait aucun doute. Soudain, Jagen se rendit compte qu’il ne devait pas être là, normalement.
- Euh, Jaim… Tu n’étais pas censé te trouver sur Moonus Mandel ? Dans l’Espace Bothan ?
Helaw soupira.
- La flotte de l’amiral Killian vient de prendre le relais. Ne t’en fais pas.
Quelque chose n’allait pas.
- Que s’est-il passé ?
Ce fut Solo qui prit la parole.
- Stark est un officier compétent, et il sait se servir de ces foutus droïdes de combat, c’est certain…
- Johun, je veux savoir.
- Pendant la bataille, expliqua le capitaine, juste après que ton ordre sur les corvettes, un groupe de bombardiers est arrivé un peu vite. Ils ont ouvert en grand leurs soutes et ont réussi à baisser le bouclier. Suffisamment, en tout cas, pour provoquer des dégâts lorsqu’ils se sont jetés sur le pont.
Le sang de Jagen se glaça.
- Et ensuite ? demanda-t-il, même s’il connaissait déjà la réponse.
- L’explosion a ravagé le pont. Le docteur ignore même comment tu as pu survivre à un tel déchaînement. Tous les autres y sont restés.
Par la Force toute-puissante…
- Paix à leur âme. C’est une catastrophe.
- Au moins, tu es en vie, tempéra Helaw. Les docteurs n’y croyaient pas. Tu as tout de même passé une semaine dans un bain de bacta !
- Effectivement, admit Jagen. Comment la bataille s’est-elle terminée ?
- Les Seps ont gagné, bien sûr, dit Solo. Nous étions en infériorité numérique, et nous n’avions plus de chef. Je t’ai juste fait évacuer de la passerelle, et nous sommes passés en vitesse lumière.
- Je croyais que les Corelliens ne se repliaient jamais, dit Jagen, un sourire aux lèvres.
- Ce n’était pas une retraite, répondit le capitaine. C’était une offensive vers l’arrière.
Tous trois rirent de bon cœur. Un tel comportement pouvait sembler inapproprié, suite aux récents et tragiques évènements, mais ils étaient tous trois des militaires parmi tant d’autres, et les gens comme eux apprenaient à vivre avec la mort. C’était pour eux une façon de rendre hommage aux morts, puisque la vie continuait grâce à leur sacrifice.
- Viens, lui dit Jaim. J’ai quelque chose à te montrer.
Il l’emmena vers la passerelle de commandement, malgré les commentaires désapprobateurs du droïde médecin qui essaya plusieurs fois de ramener Jagen en arrière.
La verrière du pont offrait une vue imprenable sur les chantiers de Corulag, où le Knight’s Blade subissait une énième série de réparations. Mis à part les quelques vaisseaux de guerre patrouillant près des sorties hyperspatiales, rien n’avait changé depuis le début de la guerre.
Un jeune officier républicain s’approcha d’eux et se mit au garde-à-vous.
- Lieutenant Motti au rapport, amiral. Tout se passe selon votre convenance ?
- Tout va très bien, lieutenant. Je suppose que vous êtes l’assistant de Jaim ?
- Effectivement, amiral. J’assiste l’amiral Helaw lors des batailles.
- Et vous le faites très bien, dit ce dernier. D’ailleurs, Zi, pouvez-vous prévenir Centax que l’amiral Eripsa s’est réveillé ? Ait sera ravi de l’apprendre.
- J’y vais de ce pas, amiral.
Le jeune lieutenant se dirigea vers la salle des communications.
- Zi ? demanda Jagen.
- C’est son surnom, précisa Jaim. Il se nomme Conan Antonio Motti, ça fait donc plus court. Beaucoup plus court.
- Il remplace Gilad, c’est ça ?
- Effectivement. Il a été nommé Amiral de la GAR, donc il n'avait plus rien à faire par ici. Il le méritait, après tout. Cela faisait douze ans qu’il était à mes côtés. Il est au moins aussi bon que moi au niveau tactique. Et c’était le seul à accepter de prendre le commandement d’un flotte d’Acclamators. Je crois que la proposition a été faite à Mell, mais il l’a refusé. Il préfère rester au sein de Loyalty.
- Tant mieux. Et que penses-tu de ton nouvel aide ?
- Motti ? C’est un bon gamin, mais trop ambitieux et confiant, peut-être. Mais c’est dans l’air du temps. Il aime la marine. Mon rôle à moi, c’est de lui apprendre à ne pas se laisser tenter par un pouvoir trop facile. C’est le lot de tous les officiers, je crois.
- Veillez quand même à ne pas trop mettre la pression sur lui, dit Solo. Je sais ce que ça fait, moi, d’avoir un mentor trop zêlé.
- On croirait entendre Mell… soupira Jagen.
- Il avait ses raisons, non ? ajouta Helaw avec un grand sourire.
- Je dois être très chiant, pour que tout le monde m’en veuille à ce point…
- C’est la rançon du succès, mon vieux.
Jagen sourit. Il resta quelques secondes silencieux puis s’approcha de son vieil ami.
- Vanya est au courant, pour mon… « accident » ? murmura-t-il, inquiet.
L’officier secoua la tête.
- J’ai pensé qu’il valait mieux ne pas l’inquiéter sans raison, dit-il à voix basse.
- Tu as bien fait. Merci.
- Autre chose, Jagen. J’ai saisi toutes tes affaires, au cas où Corona essaierait d’appeler. Mais le seul message que tu as reçu venait d’un chasseur de primes.
Jango.
- Oui, dit Jaim, qui semblait avoir deviné à qui il pensait. Il veut te voir au plus vite.
Jagen considéra la chose quelques instants, puis se pencha vers son ami.
- J’y vais, dit-il tout simplement.
************
BCFAR, Centax I, 60 jours après la bataille de Géonosis.

Le Mand’alor semblait aussi à l’aise que d’habitude dans son armure, mais Jagen sentit dans la Force que quelque chose n’allait pas. Il y avait quelque chose de plus sombre autour de lui, un sentiment de colère… et de peur ?
- Oya, Jag’ika, dit le chasseur de primes en entrant. Tu vas bien ?
- Aussi bien que possible, Jango. Et toi ?
- Mouais. J’ai rempli mon contrat.
- Jango, qu’est-ce qui ne va pas ?
- On ne peut rien te cacher…
- Permets-moi d’être inquiet.
- Je suis pourchassé, voilà tout. J’ai déjà abattu trois chasseurs de primes ubese sur Tatooine. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une tâche reposante.
- Je suis désolé.
- Pas de quoi. Tes doutes étaient fondés.
Osik.
- Qu’as-tu découvert ? demanda-t-il, inquiet.
- Skywalker était bien sur Tatooine, dit Jango. J’ai remonté sa trace jusqu’à Mos Espa, où un vaisseau naboo s’est fait repéré, à ce moment là. Faut dire que ces aruetiises-là ne font pas dans la discrétion.
- Et ensuite ?
- Un ferrailleur m’a donné l’emplacement d’une ferme hydroponique où il affirmait que Skywalker s’était rendu. Sa mère y vivait.
- Un retour au bercail, donc. Mais pourquoi à ce moment-là ?
- Attends, tu ne sais pas tout. J’en ai parlé à mes contacts. Apparemment, elle est morte.
- Sa mère ? Comment s’appelait-elle, déjà ?
- Shmi. Ils en parlaient tous.
- Donc il est allé pour l’enterrer.
- Pas tout à fait. C’est ce que je croyais, moi aussi. Mais je suis tombé sur un bon copain qui habitait dans le coin, à la cantina d’Anachore. Il en avait entendu parler. C’était un ancien mercenaire, qui avait décidé de faire du commerce d’armes dans ce trou paumé. Il venait juste de me dire ça quand un gars entre dans le bar en disant qu’une tribu d’hommes des sables venait d’être retrouvée. Morte. Du plus jeune au plus vieux, en passant par les femmes. Là-dessus, tous les fermiers se précipitent sur leurs speeders et veulent admirer le spectacle. Faut dire que ces bêtes leur ont donné pas mal de fil à retordre. Ils montent sur leurs speeders, donc, mais ils doivent faire un sacré détour pour éviter les grands ravins du Jundland. Un problème qui n’existe pas avec un jetpack. Je suis arrivé là-haut le premier, et je les ai vus. Tous morts. Tous. Jusqu’au dernier. Et c’était avec un sabre laser. J’en suis sûr.
Un sentiment de panique monta en Jagen. C’était mauvais. Très mauvais.
- Il les a tués… Par la Force…
- De rage, apparemment. Et moi qui croyais que les Jedi savaient maîtriser leurs émotions…
- C’est grave, extrêmement grave. Beaucoup de choses dépendent de lui. L’attachement est prohibé, parce qu’il peut les mener à des grandes extrémités, selon leur code. Maintenant, il ne devrait plus en avoir, normalement.
En voyant la tête de son ami, Jagen comprit que quelque chose n’allait pas.
- Tu as découvert autre chose.
Ce n’était pas une question.
- Je suis retourné voir ce ferrailleur. Il m’a dit que « lé pétit Ani a oune joli touche ».
- Osik. Qui est cette shabla personne ?
- La sénatrice Amidala, de Naboo. J’y ai fait un tour, et d'après mes sources sur place, ils se sont mariés.
- La chutta. Elle mériterait d’être vendue à un hutt. Et je ne suis pourtant pas en faveur de l’esclavage.
- J’ai rempli ma part du contrat, dit Jango. A toi, maintenant.
Jagen fit glisser un databloc vers lui.
- Voici les coordonnées de ma base. Si tu t’ennuies, là-bas, tu peux escorter un des transports qui partent la semaine prochaine. Leur destination est… intéressante.
Jango leva les sourcils.
- Tant que ça ?
- Disons que ça grouille de cuirassés, par là-bas.
- Oh. Je comprends. Eh bien, j’irai sûrement faire un tour.
- Fais gaffe à toi.
- T’inquiète pas, ad’ike. Tire bien et vis longtemps.
- Toi aussi, mon ami.
Une fois Jango sorti, Jagen fit pivoter son siège de façon à observer la capitale qui s’étendait sous ses yeux. Il allait avoir fort à faire.
************
La sénatrice Amidala n’était pas une femme faible, c’était le moins que l’on puisse dire. Elle était franche et allait droit au but. D’une certaine façon, elle lui rappelait Vanya, lorsqu’elle n’était encore qu’une simple guerrière mandalorienne.
- Et maintenant, dit-elle, énervée, allez-vous nous expliquer pourquoi vous nous avez convoqués ici ?
Assis à côté de la sénatrice, Obi-Wan Kenobi ne disait mot. Il devait pourtant partager les vues de la représentante de Naboo.
- Je sais, dit tout simplement Jagen.
Ce qui eût pour effet de déstabiliser ses interlocuteurs.
- Pardon, dit-elle, mais je ne saisis pas.
Jagen était probablement aussi énervé qu’elle. Non, il était furieux. Cette affaire représentait un sacré contretemps dans ses plans.
- Obi-Wan, vous avez à vos côtés une authentique di’kut ; Une andouille, si vous préférez.
Le visage de la sénatrice s’empourpra instantanément.
- Vous êtes un grossier personnage, dit-elle d’une voix choquée. C’est à se demander comment vous avez pu devenir le chef de notre armée.
- Et vous ? répliqua Jagen, acerbe. Si l’on s’en tient aux actes, vous avez plus votre place au sein du quartier rouge de Nar Shaddaa que sur Coruscant.
- De quel droit….
- Expliquez à Obi-Wan, où je le fais moi-même.
- Mais que se passe-t-il donc ? demanda le Jedi, qui ne saisissait pas encore.
- Dites-le lui, ordonna Jagen.
- Non, vous n’avez pas le…
- Pas le droit ? Ca ne vous a pas gênée, vous.
- Mais qu’avez-vous donc, à la fin ? demanda le Jedi, perdu.
- Il y a, dit Jagen, que cette chère Padmé a épousé votre padawan, Obi-Wan.
Suivit un moment de lourd silence. Obi-Wan, hagard, fixait Padmé et Jagen tour à tour, comme s’il espérait que l’un ou l’autre lui annonce qu’il s’agissait d’une blague.
- Padmé… dit-il doucement, vous… vous n’avez pas fait ça ?
- Je…
- Si, elle l’a fait. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que ce cher Anakin a massacré un village entier d’hommes des sables, sur Tatooine.
- Par la Force Toute-puissante.
- Vous l’avez dit. Nous avons deux problèmes sur les bras.
- Vous n’aviez pas le droit, dit Padmé. C’était un secret.
- Parce que vous espériez que cela le reste, demanda Jagen, incrédule. Tout finit par se savoir, ma chère.
- Padmé, dit Obi-Wan, comment avez-vous pu…
- Je l’aime depuis toujours, dit-elle. Quand je l’ai connu, sur Tatooine, il pensait que j’étais un ange de Iego ; C’est la première chose qu’il m’ait dite. Je n’ai pas cessé de penser à lui, depuis. Et quand je l’ai revu… Je me suis rendu compte que je l’aimais. Lui éprouvait la même chose. Voilà tout.
- Ce dont vous ne vous rendez pas compte, dit Jagen, c’est qu’Anakin a tendance à être… disons, obsessif.
- Dites-moi, amiral, depuis quand vous préoccupez-vous d’Anakin ? Je n’ai pas le souvenir qu’il vous compte parmi ses amis. La remarque serait venue de Palpatine, pourquoi pas, mais de vous…
- Je me soucie d’Anakin depuis….
Il s’interrompit. La remarque serait venue de Palpatine…
- Obi-Wan, dit-il brusquement, Anakin connaît-il Palpatine, je veux dire, le connaît-il bien ?
- Oui, répondit le Jedi. Il l’a remercié d’avoir sauvé sa planète, et depuis… Jagen, vous n’allez pas recommencer ?
L’amiral se tenait la tête entre les mains. Pourquoi fallait-il que cette shabla prophétie tombe sur moi ?
- Vous le saviez, et vous n’avez rien dit. Vous me décevez.
- Mais enfin, ce n’est pas lui, vous le savez, maître Yoda…
- … l’aurait senti, n’est-ce-pas ?
Il se tourna vers ses deux hôtes.
- C’est pitoyable, tant de suffisance. Nous avons la preuve que les Sith se cachent depuis mille ans alors que vous les pensiez éteints, et vous continuez à faire comme si rien ne s’était passé.
- Mais enfin, Jagen, calmez-vous…
- Me calmer ? cria l'amiral. Oui, quand on pourra marcher à la surface de Bespin ! Me calmer ! Elle est forte, celle-là ! Mais bon sang ! J’avais oublié, je ne suis qu’un pauvre militaire arriéré incapable de prendre la mesure de la situation ! Retournez donc dans votre tour d’ivoire, Jetiise, si vous êtes aussi aveugle !
- Là, je ne suis plus, intervint Padmé. A quoi faites-vous référence ?
- Taisez-vous, Padmé. Tout est de votre faute.
- Ma faute ? dit-elle, choquée.
- Votre motion de censure, il y a dix ans…Vous avez été un instrument. Tout comme ce blocus. Etonnant, n’est-ce-pas, la facilité qu’a Palpatine à profiter des malheurs des autres pour progresser ? Vous savez comment il est devenu sénateur du système Chommell ?
- Non, admit-elle, je n’ai jamais…
- C’est mon père qui me l’a dit, coupa Jagen. Il y a trente ans, son prédécesseur a été assassiné. En public. Un crime jamais résolu. Ensuite, il entre au Conseil de Sécurité à la suite de démissions en nombre dûes au scandale Katana. Derrière lequel il était, croyez-moi.
- C’est insensé, la flotte Katana…
- … a été détournée. Je l’ai appris de la bouche même de l’amiral Corona, il y a deux semaines. Il est toujours en vie, ainsi que la plupart de ses hommes.
Les deux autres étaient pendus à ses lèvres.
- Ensuite, reprit-il, plus rien pendant douze ans. Mais, il y a de cela dix ans, une série de scandales traîne dans la boue le nom du chancelier Valorum. Des scandales sans fondements. Finis est affaibli, mais il ne démissionne pas. Apparaît alors le Blocus de Naboo. La population est enfermée, vos gardes, massacrés, tout comme les Gungans. Et qui apparaît comme le sauveur, après votre motion de censure ? Palpatine, le pauvre sénateur victime de la Fédération. Ou, comme nous l’avons appris par la suite, des Sith. Enfin, il y a deux mois, avec la menace séparatiste, une nouvelle fois menée par un Sith, il obtient les pleins pouvoirs. CQFD.
- C’est insensé, dit la sénatrice, c’est…
- Ce n’est pas tout, ajouta-t-il. Maintenant, vous m’annoncez qu’il s’est rapproché d’Anakin Skywalker. Et vous m’apportez ainsi la clé. La réponse à mes questions.
- Quelles questions ?
- Pourquoi un Seigneur Sith prendrait-il un apprenti plus vieux que lui ? demanda-t-il. Un apprenti est censé transmettre le savoir quand le maître ne sera plus, or Dooku a bien vingt ans de plus que Palps. Non, il cherche quelqu’un de plus jeune. J’en suis persuadé.
- Vous êtes malade, conclut Padmé. Complètement.
- Non, répondit Jagen, je suis clairvoyant. Très bien, ne tenez pas compte de mes propos.
- Vous nous laissez nous en aller, comme ça ? demanda Padmé, incrédule.
- Ça vous étonne, on dirait.
- Après votre crise de paranoïa, oui.
- Oh, mais vous avez raison de vous inquiéter. Parce que si vous parlez, je le saurai. Si vous parlez, il y a de fortes chances que l’on essaye de m’assassiner dans les minutes qui suivent. Mais je suis un dur à cuire. Si vous parlez, je vous tuerai de mes propres mains. Même s’il faut que je meure de la main d’Anakin ensuite. De toute façon, la mort vaudrait mieux qu’une vie contrôlée par les Sith.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Excellent chapitre :jap: Spécialement quand Jagen pète les plombs.
- Ce n’était pas une retraite, répondit le capitaine. C’était une offensive vers l’arrière.
Magnifique :lol:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Merci :jap:
Si ça t'a plu, tant mieux, car Jagen n'a pas fini d'avoir des cheveux blancs à cause de cette shabla guerre.... :sournois:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Le chapitre qui vient nous replonge au coeur de l'action, avec encore une fois quelques "guests" qui feront très bonne figure... :sournois:


Chapitre 10

« Il y a trois choses auxquelles il ne faut jamais se fier : la météo, les renseignements et le menu de la cantine. »

Credo du soldat

BCFAR, Centax, 65 jours après la bataille de Géonosis.

Conformément à ses ordres, les soldats attendaient dans le gigantesque hangar 3, où stationnaient dors et déjà les transports CR-20 qui devaient les emmener à destination.
Bien. Ne prenons pas de retard.
Il monta sur une caisse et fit face à ses hommes.
- Messieurs, dit-il d’une voix forte, une nouvelle mission nous attends. J’espère que vous serez tous de taille à l’affronter.
Il prit son holodisque dans la main et ouvrit le projecteur. Une sphère rougie apparut.
- Voici notre objectif, reprit-il. Raxus Prime. Le général Kenobi dit débarquer ses troupes là-bas d’un instant à l’autre. Dans cette zone.
Il désigna une tache plus sombre de la sphère, avant de faire pivoter l’hologramme.
- Nous, nous attaquerons là (il montra ce qui semblait être une ville). Les Séparatistes ont fait de Raxus un symbole. Raxus Prime, l’autre planète du système, est donc un objectif de premier ordre. Mais ce n’est pas la seule raison.
Ses hommes écoutaient attentivement, à présent.
- Raxus Prime est une planète-dépotoir, expliqua-t-il. Des déchets à perte de vue. Pas exactement l’endroit rêvé pour des vacances. Mais bon, si le chancelier voulait reprendre Naboo, il capitulerait. Rien que pour éviter qu’un des bâtiments soit abîmé sur sa chère planète.
Quelques rires dans la foule. Tout le monde savait ici que Palpatine avait affecté trois Venator à son monde natal, de crainte que celui-ci ne devienne un objectif tactique.
- L’intérêt de Raxus Prime, c’est qu’il ne s’agit pas de déchets inutilisables. Du métal. Des milliards de tonnes de métal. Et devinez de quoi les droïdes séparatistes sont majoritairement constitués ? Bingo, nous y voici. Cette planète a un potentiel destructeur entre leurs mains. La zone que nous devons prendre est un complexe industriel de Baktoïd déjà en activité. D’après nos informateurs, cinq autres sont en préparation.
Un des soldats leva la main.
- Oui, caporal…. ?
- Veers, monsieur. Maximilian Veers. Vous dites qu’une usine est déjà en activité. Cela veut-il dire que nous devrons affronter un flot continu d’ennemis ?
- En effet, caporal. Heureusement pour nous, la manufacture en état de marche ne produit que des droïdes B1. Nous aurions eu beaucoup plus de problèmes avec des B2 ou ces nouveaux BX. Bien entendu, nous ne réussirons pas seuls. C’est pour cette raison que les hommes de la 298ème débarqueront avec nous.
Des murmures s’élevèrent aussitôt dans les rangs. C’était la première fois que les hommes du 1er Bataillon de Centax travaillaient avec des soldats clones.
- De plus, reprit Jagen en forçant légèrement la voix, nous avons un avantage sur nos ennemis. Nous sommes humains.
Personne ne sembla comprendre. Un autre caporal demanda à son tour la parole.
- Caporal Rom Mohc, amiral. Je ne saisis pas le sens de vos paroles.
- L’atmosphère de Raxus Prime a été extrêmement polluée, expliqua Jagen. Le dérèglement climatique est tel que des orages magnétiques ont fait leur apparition. Le but est d’attendre l’un de ces orages pour attaquer l’usine. Les troupes en attente de chargement seront alors incapables de répliquer, puisque la procédure standard veut qu’on les désactive dans de telles conditions.
Tout était dit. Du coin de l’œil, Jagen vit leStrong Boy, l’un des Acclamators qui devait les mener à destination, approcher du hangar.
- Messieurs, dit-il à l’assemblée, l’heure est venue. Nous embarquons.
Les soldats se regroupèrent par section et récupérèrent leur paquetage. Jagen descendit de la foule et arriva au milieu de la cohue. Deux silhouettes s’approchèrent de lui.
- Monsieur, dit le caporal Veers, vous n’avez pas dit qui commandera cette mission.
- Est-ce qu’il s’agit du général Geen, monsieur ? demanda Rom Mohc.
- Non, répondit Jagen, un sourire en coin. Locus Geen est occupé ailleurs. Les combats spatiaux n’auront que peu d’intérêts. Et j’aime être au cœur de l’action. Je dirigerai l’assaut terrestre.
************
Raxus Prime, 67 jours après la bataille de Géonosis.

Le Knight’s Blade, véritable mastodonte de duracier et autres métaux lourds, tentait tant bien que mal de forcer le passage vers la surface de Raxus Prime. Depuis le pont, on pouvait voir les dizaines de croiseurs lourds séparatistes qui interdisaient l’entrée dans l’atmosphère de la planète morte ; du moins, c’est ce que pensait Jagen. Lui, il était à sa place pour cette mission, c’est-à-dire dans l’un des transports qui permettraient un déploiement rapide des troupes au sol. Il revêtait sa bonne vieille beskar’gam et son buy’ce, tous deux offerts par Jango sur Korda VI, lors de leur première rencontre. L’armure était blanche et bleue, un choix qui ne devait guère aux traditions mandaloriennes mais beaucoup plus aux goûts de Jagen.
Il tenta un contact comlink avec son second, le capitaine Solo. Celui-ci mit quelques instants pour répondre.
- Jagen, c’est vous ? demanda le militaire corellien.
- Affirmatif, répondit l’amiral, légèrement frustré de ne pas se tenir sur le pont. Les boucliers tiennent ?
- On a quelques ennuis avec les Seps qui sont déterminés à nous barrer la route, mais à part ça, aucun problème. Bon boulot, Jagen. Ces orages électriques ne nous font rien.
- Tant mieux, dit-il, soulagé. Sienar a bien réussi son coup. On va en prendre pour toute la flotte, au cas où, de ces boucliers anti-électriques. Combien de temps avant le largage ?
- Moins d’une minute. Accrochez-vous.
- Bien reçu. Eripsa, terminé.
En effet, quelques secondes plus tard, Jagen sentit son cœur faire un bond dans la poitrine. Les hublots du transport, qui étaient restés aveugles pendant tout le temps où il était resté fixé au hangar inférieur du Knight’s Blade, donnaient à présent sur le spectacle ravagé qu’offrait Raxus Prime. Les Acclamators à proximité larguèrent également leurs barges de débarquement. Les navettes filèrent ensuite droit à la surface de la planète.
Après quelques instants, les premières traces de la présence ennemie se firent sentir. Les vautours droïdes étaient entrés en action, mais ce qui causait le plus de dégâts dans les rangs républicains restait ces canons anti-aériens. L’une des batteries abattit le transport juste à côté de celui de Jagen, qui croisa les doigts jusqu’à ce que sa navette redevienne horizontale, c’est-à-dire lorsqu’elle toucha le sol.
Les sas s’ouvrirent, révélant les paysages rougis qui allaient être leur champ de bataille.
- Go, go, go ! hurla Jagen à l’attention de ses hommes.
Une précaution utile ; le transport explosa quelques instants après que le dernier homme en soit sortit, touché par un des vautours droïdes. Il fit signe à tous les survivants du débarquement à proximité de le suivre à couvert sous les ruines de ce qui devait être un ancien hangar. Il n’y avait aucune trace de l’infanterie ennemie.
- Rapport des pertes, demanda-t-il au caporal Veers lorsqu’ils furent tous en sécurité.
- Quatre transports sur vingt détruits, répondit le jeune officier en consultant son datapad. Les autres ont regagné l’espace et leurs vaisseaux-hôtes. On dénombre cent vingt-sept tués. Trois véhicules détruits.
Cent vingt-sept morts. Avant même qu’ils n’aient tirés un seul coup de feu. La mission débutait mal.
- Et les effectifs restants ?
- Trois cents cinquante clones survivants sur les quatre cents cinquante engagés. Soixante treize soldats de Centax sur les cent engagés. 2 TX-TT, quatre speeders.
- Une véritable hécatombe, lâcha l’amiral.
- C’est bien le mot, monsieur.
- Répartissez les munitions entre les hommes restants. Je veux voir les bataillons reformés au plus vite.
- Bien, amiral.
Du coin de l’œil, il suivit le jeune caporal qui donnait des ordres efficaces. Il ira loin, celui-là. Très loin, j’en suis sûr. Si nous nous en sortons, évidemment.
En moins de cinq minutes, le travail était accompli. La force réduite de quatre cents vingt-trois hommes et six véhicules sous ses ordres devait faire face à des milliers de droïdes, peut-être même cent mille si les Séparatistes accusaient des retards de chargement. Nos chances sont quasi-nulles. Mais je suis corellien, non ? Autant pour les pronostics. Seule compte l’inventivité.
- Messieurs, dit-il à ses hommes, notre objectif est leur usine, située à trois klicks d’ici. Nous y serons dans une heure. En avant !
Ils se mirent en marche. La progression était extrêmement difficile au sein des débris qui parsemaient la surface de Raxus Prime ; en effet, la plupart de ces débris étaient métalliques et empêchaient une bonne adhérence des bottes des soldats ou même des pieds des walkers. Seuls les speeders, équipés de répulseurs performants, avançaient sans peine.
A la moitié du trajet environ, Jagen repéra ce qui devait être un complexe Sienar abandonné depuis peu. Il se jura de demander à Ralph Sienar de quoi il s’agissait si il rentrait indemne de cette mission.
Ils approchaient de la base séparatiste, cela ne faisait aucun doute. Avant peu, ils commencèrent à entrevoir les hautes cheminées de l’usine Baktoïd qui rejetait de sombres fumées pestilentielles dans la direction opposées. Le terrain se mit alors à grimper, de sorte qu’ils surplombaient les positions séparatistes. Veers et Mohc s’approchèrent alors de lui.
- On dirait que cela va mal pour Kenobi et Skywalker, monsieur, dit le premier.
- Le Comte Dooku teste une nouvelle arme sur l’autre face. Il vaut mieux ne pas traîner par ici, poursuivit le second.
- Alors, tâchons de terminer au plus vite, conclut Jagen.
Ils surplombaient à présent les installations ennemies, situées à moins de cent mètres d’eux mais largement en contrebas. Le pas pesant des walkers se fit entendre derrière le groupe.
- A tous les véhicules, feu à volonté ! ordonna-t-il d’une voix forte.
Les double-canons lasers des TX-TT, accompagnés des mortiers dévastateurs logés sur leurs flancs, commencèrent leur travail de démolition. Cependant, les tirs avaient alertés les Séparatistes. Une longue alarme stridente perça les airs.
Les vautours droïdes furent les premiers à riposter. Ils foncèrent sur les troupes républicaines et mitraillèrent les hommes qui tentaient en vain de se mettre à couvert. Leur second passage leur permit de détruire les véhicules concentrés sur leurs cibles. Seuls deux pilotes s’échappèrent à temps.
Puis ce fut le clank assourdissant des droïdes de combat en marche. La position des républicains était nettement plus élevée que la leur, mais les soldats mécaniques n’étaient pas découragés pour autant. Ils avançaient sur de petits sentiers parmi les débris, progressant mètre par mètre. Des milliers de droïdes, à vue d’œil. Et un flot continu de renforts derrière eux.
- Retraite ! dit Jagen, inquiet. Nous ne pourrons pas soutenir leur assaut ! Repliez-vous dans l’usine Sienar !
Une structure intacte, où ils pourraient prendre les droïdes au compte-gouttes. Une excellente idée, assurément. Jagen sauta de la butte où il était perché au moment où les droïdes ouvraient le feu.
Plusieurs hommes furent touchés par les premiers tirs, mais les autres saisirent leurs chances et se mirent à couvert. Jagen sentit une rafale blaster le frôler, mais les boucliers thermiques de son armure tinrent bon.
C’est alors qu’un nouveau bruit se fit entendre ; un bruit de roulement lacé à pleine vitesse. Les droïdekas passaient sans difficultés les débris et les rattrapaient aisément. Ils n’étaient que deux. Un nombre suffisant pour décimer leurs rangs, cependant.
Jagen vit quelqu’un se retourner et s’arrêter. C’était Rom Mohc, le jeune caporal, et il brandissat une vibrolame. Jagen sortit son court beskad et vint se placer à ses côtés.
- Prenez garde à vous, caporal.
- Vous de même, amiral, répondit Mohc.
- J’ai les os durs et la peau solide, ne vous en faites pas pour moi.
Les droïdekas les repérèrent et foncèrent vers eux. Ce sont des anti-Jedi, lui avait-on dit un jour. Efficaces de loin, mais de près ils ne valent pas une bouse de hutt. Surtout face aux couteaux qui peuvent entamer leurs circuits. Il était temps de voir si cette technique éprouvée fonctionnait avec lui.
Les « roulettes », comme les appelaient familièrement les clones, vinrent se placer chacune face à un adversaire. Au moment où ils se déployaient, Jagen et Mohc attaquèrent.
Il y avait quelque chose dans le programme de ces droïdes, une faille, intentionnelle ou pas…. En tout cas, ils étaient incapables de réagir convenablement lorsqu’un ennemi se trouvait entre le champ de leurs photorécepteurs. C’était le cas des deux républicains, qui frappaient à présent leurs ennemis avec leurs lames ; Mohc utilisait son vibrosabre et Jagen son couteau et son beskad. Le bouclier de son droïde grésilla et étincella, avant de se couper net ; il en profita pour donner un coup bien placé entre les deux récepteurs oculaires, dans la partie cognitive de la machine. Le droïdeka s’effondra instantanément.
Mohc venait à peine de désactiver les protections de son adversaire lorsque Jagen arriva derrière celui-ci et enfonça son beskad à travers les plaques de protections qui enveloppaient la structure métallique. Le droïde gémit un instant avant de tomber sur le sol, inerte et vaincu.
Jagen regarda le jeune caporal, visiblement épuisé.
- Bien joué, lui dit-il.
- Ce n’est rien, répondit le militaire, essoufflé. Ne restons pas là. Ils arrivent.
Les premiers B1 apparaissaient en effet dans le champ de débris. Ils se mirent à courir.
Au bout de dix minutes d’une course interrompue par quelques séances d’escalade, ils parvinrent enfin à l’usine Sienar où les attendaient les autres. Veers avait déjà placé ses hommes de façon à défendre le bâtiment. Jagen alla le rejoindre au dernier étage.
- Amiral ! dit le caporal, visiblement soulagé. J’ai eu peur de devoir assumer cette mission tout seul !
- N’espérez pas trop, dit Jagen en retirant son casque, un sourire aux lèvres. Quelle est la situation ?
Ce fut le capitaine clone du 298ème qui lui répondit.
- Ils avancent tant bien que mal, monsieur. J’estime que nous pouvons nous battre à un contre dix, mais pas plus.
- Bien analysé, capitaine, répondit Jagen. Les risques aériens ?
- Minimes, répondit Veers. Ce bâtiment est solide. Il s’agit d’un ancien entrepôt avec son hangar à côté. Sienar n’a pas lésiné sur les moyens pour éviter les travaux de rénovation.
- Espérons-le, conclut Jagen.
L’amiral redescendit et alla se placer près de la porte avec une escouade. Les droïdes progressaient lentement, mais ils allaient arriver.
- Nous les laissons entrer, dit-il dans l’intercom. Nous prendrons le premier groupe à revers.
Quelques minutes plus tard, le clunk-clunk métallique des pas des droïdes se fit entendre, approchant progressivement.
Les droïdes n’avaient réellement aucune intelligence, et ce fut en bataillon bien carré que les premiers entrèrent, sans se soucier d’ennemis cachés. Jagen commença à compter mentalement.
3… 2… 1…
Il allait crier « Maintenant ! » quand il s’aperçut que quelque chose n’allait pas.
Les droïdes s’étaient stoppés nets.
- Lieutenant, dit-il à l’un des hommes qui l’accompagnaient, vous voyez la même chose que moi ?
- Affirmatif, monsieur. Un beau tas de casseroles plantées au milieu du décor.
- C’est un piège ?
- Je ne crois pas, dit soudainement Veers sur le canal. Le système d’autopréservation de la base s’est déclenché.
- Ce qui veut dire ? demanda Jagen, intrigué.
- Vous feriez mieux de venir voir en haut, amiral, répondit le caporal. C’est un spectacle que l’on ne voit pas tous les jours.
Sortant de sa cachette, Jagen avança prudemment, s’attendant à une réaction de la part des droïdes. Il n’en fut rien.
Arrivé en haut, il vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Le ciel s’était brusquement assombri. C’est alors qu’il comprit.
- Une tempête, souffla-t-il. Un simple orage électrique.
Veers confirma.
- Ils sont assez courants sur Raxus Prime. Leur base doit être équipée d’un système anti-ions. Ils n’auront pas d’antennes jusqu’à ce que la tempête ne cesse. Et ce n’est pas tout de suite. Surtout qu’une tempête de sable vient avec.
Jagen lança quelques jurons en huttese.
- Ce n’est pas ce que nous attendions ? demanda Veers, inquiet.
- Pas vraiment, répondit Jagen. Un orage magnétique aurait suffit. Maintenant, nous allons avoir d’autres problèmes.
- Je ne saisis pas, avoua le caporal, l’air défait. Quelle est la différence ?
- La différence se situe dans l’intensité, expliqua Jagen. Un orage magnétique aurait pu dérégler leurs capteurs sans endommager d’autres systèmes.
- D’autres systèmes ?
- Les casques des clones.
- Oh.
- Nous sommes coincés ici, conclut Jagen. Quand je pense que le gars de la météo m’avait averti que nous attaquions pour la saison estivale de Raxus…. Maximilian, faites-moi plaisir, si on s’en sort, rappelez-moi de lui foutre mon poing dans la figure.
- Allons, amiral, pas de précipitations… Souvenez-vous du credo du soldat…
- Ouaip. D’ailleurs, qu’est-ce qu’on a comme vivres ?
- Du soja reconstitué. Le must pour les clones.
- Je n’ai plus qu’à prier pour que le troisième point nous fasse défaut, lui aussi….
************
La tempête de sable faisait rage tout autour d’eux, à présent. Ils étaient barricadés dans l’usine, heureusement suffisamment isolés pour limiter les effets des perturbations. Mais leur équipement n’était plus en état ; les soldats clones avaient enlevés leurs casques, et les lampes ultra-perfectionnées qui servaient d’habitude à les éclairer étaient remplacées par un feu rudimentaire, alimenté par des morceaux de caisses récupérées dans l’entrepôt.
Ils étaient un peu moins de trois cents, à présent, et il ne leur restait aucun véhicule. Leurs chances de vaincre les Séparatistes étaient passées de limitées à quasi-nulles. Et, cerise sur le gâteau, la dernière communication avec l’extérieur les avait laissés sans espoir. Skywalker avait été capturé par Dooku, qui avait ensuite quitté la planète avec sa proie. Windu avait réussi à évacuer Kenobi, mais la flotte ne pouvait tenter un autre passage pour le moment, et ce malgré la protection anti-ions qui avait été installée par Sienar sur les vaisseaux de la Flotte Loyalty.
Jagen s’approcha de Veers, assis près du feu, un datapad sur les genoux et une bouteille d’alcool fort dans les mains.
- Ce truc-là pourrait vous faire vieillir prématurément, dit-il en désignant la boisson.
Le caporal regarda la bouteille, fronça les sourcils et la jeta derrière lui.
- Que faites-vous ? demanda Jagen.
- Oh, rien d’important, répondit Veers, gêné. C’est… un schéma, en fait.
- Un schéma de quoi ?
- Eh bien… commença le caporal, gêné. En fait, j’ai eu l’occasion de tester un de nos RT-TTs lors d’un déploiement précédent, et j’avais pensé… Regardez par vous-même.
Il lui tendit le datapad. Le dessin annoté représentait un énorme quadripode de combat, ressemblant plus encore à un animal que les énormes RT-TTs.
- Le TB-TT, dit fièrement Veers. Quatre pattes, deux canons lourds, une batterie turbolaser et deux lance-missiles. Le tout concentré dans le poste de tir, la « tête ». Le ventre abrite les moteurs et les emplacements pour soldats. Un véhicule d’assaut haut perché.
Jagen avait eu raison de lui faire confiance. Ce gars-là avait un sacré potentiel. Il remarqua malgré tout plusieurs points qui devaient être améliorés.
- Je suis impressionné, dit-il en toute sincérité. Si vous réussissez à me trouver le principal défaut de ce blindé et qu’on sort vivants de ce trou, bien sûr, je vous promets que je le présenterai au Conseil de Sécurité.
- Le Comité Loyaliste ?
- Je n’aime pas son nouveau nom.
Sans plus d’explication, Jagen s’éloigna pour observer ses autres hommes. Le capitaine clone – Jav, d’après ce qu’il avait entendu – restait auprès de ses hommes, remontant le moral des groupes les plus touchés. Les pertes avaient été lourdes pour ce seul jour de combat.
Il était en train d’observer la fraternité qui liait les clones lorsqu’il vit le caporal Rom Mohc courir vers lui. Il alla à sa rencontre.
- Caporal ! dit-il lorsqu’ils furent à portée de voix. Je voulais encore vous remercier pour votre intervention, tout à l’heure…
Visiblement, ce n’était pas la raison de sa venue.
- Merci, monsieur, répondit-il d’un ton pressé, mais… j’ai quelque chose à vous montrer… si vous voulez bien me suivre…
Sans attendre de réponse, il se dirigea d’un pas rapide vers le fond du hangar. Jagen marchait rapidement, mais il avait malgré tout du mal à le suivre.
- Quand vous nous avez décrit la situation tout à l’heure, vous nous avez demandé d’inspecter ces entrepôts, expliqua-t-il. J’a pris la tête de la première équipe, et nous avons fait une découverte… intéressante.
Ils arrivèrent devant une des larges portes qui s’ouvraient sur des salles annexes.
- Après vous, je vous prie, dit le caporal.
La pièce était plongée dans l’obscurité lorsque Jagen entra. Regardant autour de lui, il ne put distinguer aucun détail.
- Caporal, dit-il, passablement agacé, que signifie cette plaisanterie ?
- Ce n’est pas une plaisanterie, monsieur. Lorsque nous sommes passés à côté de cet entrepôt, lors de notre « offensive », je me suis demandé ce que faisaient des bâtiments aussi neufs sur une planète pareille.
- Sienar veut retraiter la ferraille du coin, non ?
- Pas seulement. Raith Sienar a un autre objectif. Il veut faire de Raxus Prime le plus grand entrepôt de la galaxie. Et pour cela, il a besoin de… manutentionnaires.
Sur ces mots, il s’approcha du mur à l’entrée et appuya sur l’interrupteur. Le spectacle qui s’offrit sous ses yeux provoqua à Jagen un sentiment de surprise mêlée d’incompréhension.
- Des droïdes ? Mais qu’est-ce que cela vient faire là-dedans ?
- Avez-vous déjà entendu parler des joutes robotisées d’Altar VI ?
- Non, admit Jagen. Quel est le rapport ?
- Des immenses droïdes de combat s’affrontant au corps-à-corps. Ou à l’escrime, d’ailleurs. Avec de grosses poutres de métal en guise d’épée.
C’est alors que Jagen comprit.
- Vous voulez vous en servir pour notre défense ?
Rom Mohc eut un petit sourire. Il avait gagné.
- Justement, non. Je les prépare pour l’attaque.
- Une attaque ? Vu notre situation, c’est loin d’être raisonnable.
- Donnez-moi deux jours, et vous verrez que les séparatistes ne feront pas long feu…
************
La tempête dura trois jours et trois nuits, puis le tumulte des vents laissa place au silence de mort qui précédait les batailles.
************
Lorsque les premiers rayons du soleil percèrent les quelques nuages qui assombrissaient encore le ciel, l’équipe de maintenance séparatiste se mit au travail. Elle savait qu’elle n’avait que peu de temps pour réparer l’antenne, et le neimoïdien qui contrôlait l’usine exigeait qu’elle soit en état en une heure. Les communications furent rétablies au bout d’une demi-heure. Aucun séparatiste n’avait envie d’être pris au dépourvu. Mais ils n’étaient pas vraiment au bout de leurs surprises.
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Les droïdes de combat se réactivèrent dès que l’antenne fut remise en place. Concentrés essentiellement sur le front est de l’usine, ils se regroupèrent en bataillon. La manœuvre prit quelques minutes à cause de l’état du terrain, mais les soldats métalliques parvinrent finalement à se mettre en ordre. Dès lors, ils se mirent en marche.
La défense de l’usine était assurée par le capitaine Jav et ses hommes, accompagnés de quelques-uns des survivants des troupes de Centax menés par Veers. Ce dernier s’occupait avant tout des problèmes balistiques, notamment des défenses élaborées avec quelques lance-grenades qui leur servaient de mortiers. Les républicains essuyaient peu de pertes par rapport aux séparatistes, mais chaque homme tombé les rapprochait un peu plus de la défaite.
Malgré tout, les lignes tinrent bon et les lignes droïdes furent détruites. Cependant, personne ne cria de joie dans les rangs de la République ; en effet, leurs éclaireurs avaient signalé l’approche d’une force dix fois supérieure en nombre et équipée d’armes plus dévastatrices ; il s’agissait sans aucun doute de l’armée de Dooku, qui avait affronté Kenobi et Skywalker quelques jours plus tôt. On ne l’avait pas attendue de sitôt ; mais l’orage électromagnétique était resté stationnaire au-dessus de leurs positions et n’avait pas ralenti l’avancée des bataillons de l’autre hémisphère.
Ce fut vers la fin de l’après-midi que les dizaines de milliers de droïdes devinrent visible. Le vacarme était assourdissant. Très vite, ils encerclèrent l’usine et se mirent en position. Dès qu’ils approchèrent, les défenseurs de l’usine ouvrirent le feu. Malheureusement pour les républicains, le combat était disproportionné. Ils se battaient pour une cause visiblement désespérée.
Au coucher du soleil, les défenses de l’usines n’avaient pas cédées et les droïdes avaient essuyés de lourdes pertes. C’est alors qu’un nouvel espoir s’ouvrit aux yeux des républicains.
- Amiral ! s’écria Mohc à l’attention de Jagen. La flotte vient d’arriver ! C’est le colonel Tinor !
- Pile à l’heure, dit Jagen, mais quand même trop tard.
- Je pense que le moment est venu de tester mon idée, dit le caporal.
- Oui, approuva Jagen. Nous attaquons dans dix minutes.
************
Le soleil couchant de Raxus, énorme et rougeoyant, se reflétait sur les armures beiges en plastoïd des droïdes de la Confédération. Leur commandant était un umbaran, un des mercenaires recrutés par les séparatistes pour gérer leur armée. Ne trahissant pas la réputation de son peuple, il était froid, et distant, de sorte que le seul contact des droïdes ne lui posait aucunement problème. Les émotions des umbarans étaient peu visibles, à l’instar de celles d’autres espèces, comme les kaminiens. Du moins, c’est ce que le commandant se répétait à longueur de journée. Il n’avait jamais eu peur.
C’est pour cela qu’il ne reconnut pas la sensation glaçante qui le paralysa lors de l’attaque républicaine.
Alors que les clones et la plupart des républicains restants, sous la tutelle du capitaine Jav, défendaient la porte principale du complexe, les portes des hangars à véhicules s’ouvrirent et laissèrent sortir la contre-attaque des forces de l’amiral Eripsa. Vingt immenses droïdes manutentionnaires, modifiés par Rom Mohc et commandés par ce dernier et Jagen lui-même, se lancèrent à l’attaque des forces séparatistes. Les dix mètres des droïdes leur permirent d’écraser sous leurs pattes des dizaines d’automates B1 avant que ceux-ci ne réagissent. Jagen menait une escouade de quatre engins lorsqu’il se retrouva encerclé par les CABs de la Fédération.
- A couvert ! hurla-t-il à ses hommes, alors que les tanks chargeaient leurs armes lourdes.
Trois d’entre eux se protégèrent à temps ; le quatrième n’y parvint pas et explosa sous les quatre tirs lourds. Fou de rage, Jagen saisit le canon du char le plus proche de lui et l’arracha. Courant avec cette matraque improvisée, il décima un groupe de lance-missiles B2 qui lui cherchait des crosses. Il répétait la manœuvre avec des droïdes Hailfire lorsqu’un CAB qui le visait explosa sous l’implusion de tirs venus d’au-dessus de lui.
- Les lartys ! s’écria un des clones sur le canal principal, visiblement fou de joie. On gagne du terrain !
- Continuez ! ordonna Jagen. On y est presque !
Il avait à peine dit cela que d’immenses rayons vert frappèrent le gros de l’armée à moins d’un klick de lui. Il passa sur le canal spatial.
- Ici le Coruscant’s Son, amiral, dit une voix familière. Vous me recevez ?
- Cinq sur cinq. Bon sang, Mell, vous m’avez flanqué une de ces frousses !
- Je me suis servi de votre code transpondeur, Jagen. Et comme j’étais sûr que vous seriez en première ligne, il y avait peu de chances pour que quelqu’un de notre camp soit touché !
- Bon raisonnement, admit Jagen avec un sourire. Comment ça se passe là-haut ?
- Plutôt bien. La flotte Sep a du avoir quelques pertes, parce que la garnison est plutôt basse.
- Disons qu’ils ont un contributeur de moins.
- Dooku s’est enfui ? Mince, cela fera une tâche sur le rapport !
- Nous nous en occuperons plus tard. Eripsa, terminé.
Malgré l’aide providentielle apportée par le soutien aérien, la bataille n’était pas terminée. Cependant, leur ennemi n’avait plus le cœur au combat ; et les seules communications qui rompaient le terrible combat étaient des rapports de situation, interrompus un instant par l’annonce de la mort du commandant ennemi, un umbaran dézingué par Rom Mohc, qui fut suivie de nombreuses félicitations. Enfin, alors que le ciel s’obscurcissait, une immense explosion survint non loin de là. Les droïdes de combat se désactivèrent et le silence revint.
- Un autre orage électromagnétique ? demanda Jagen, inquiet.
- Négatif, amiral, répondit Jav. Les Y-Wings du colonel Tinor ont détruit l’usine.
- Je croyais que la Fédération avait amélioré ses droïdes, répondit Jagen en fronçant les sourcils.
- Il semblerait qu’il leur restait quelques survivants de la bataille de Naboo en stock. Nous ferions mieux d’évacuer.
- Bonne idée, capitaine, approuva Jagen. Laissons Raxus Prime redevenir un désert de métal. La République n’en veut pas. De toute façon, qui voudrait habiter un endroit pareil ?
************
Bureau de l’Exécutif, Coruscant, 73 jours après la bataille de Géonosis.

- … et, suite à cela, le colonel Tinor a ordonné le bombardement de la zone entourant l’usine.
- Eh bien, quelle histoire ! s’exclama le chancelier Palpatine. Les séparatistes ont essuyé un grand revers, cette fois-ci… Mais, dites-moi, le bombardement des installations de Sienar était-il essentiel ?
- Oui, répondit Jagen d’un ton las. Il y avait beaucoup trop de matériel qui aurait pu être récupéré par nos ennemis ou par des pirates.
- Ou par nous, lâcha Palpatine.
- L’occupation de la planète était impossible. Nous aurions été pris dans une souricière. Non, ce raid était la meilleure situation envisageable.
- Si vous le dites… Mais qu’est-il advenu de ces robots, ceux que vous utilisiez ?
- Le caporal Mohc les a transformés en exosquelettes, j’estime donc qu’il a le droit de les récupérer.
- Je les ai entreposé à Centax, intervint le jeune militaire. Ils seront prêts pour toute utilisation.
- Bien, dit Palpatine avec son habituel sourire. Quant à vous, caporal Veers, j’ai entendu dire que vous aviez un projet à me présenter.
Hésitant, Veers se tourna vers Jagen, le regard plein de gratitude, avant de faire face au chancelier.
- C’est un véhicule lourd, Excellence, conçu pour la supériorité tactique et comme transport de troupes.
- L’amiral Eripsa m’en a parlé. Il pense qu’il s’agit d’un bon investissement. Vous avez mon accord.
- Merci, Excellence.
- C’est tout naturel, reprit Palpatine. Et maintenant, caporal Veers, caporal Mohc, laissez-nous. Je pense que de nouvelles affectations vous attendent.
Jagen le fixa dans les yeux.
- Ainsi qu’une promotion, ajouta-t-il rapidement. Notre armée a besoin d’hommes comme vous.
Les deux soldats s’inclinèrent et sortirent, laissant Jagen seul avec Palpatine et Organa, qui les avait observés depuis le début de la réunion.
- Je crois savoir que les premiers Venators sont sortis des chantiers, commença Jagen.
- C’est exact, confirma Palpatine, ils ont été livrés hier.
- Ils ont été affectés au service des amiraux Yularen et Kilian, ajouta Bail Organa.
- C’est une bonne chose, dit Jagen.
- En effet, admit Palpatine. C’est un véritable souffle d’air pour notre armée.
- Et il s’agit donc du moment idéal pour contre-attaquer.
Palpatine sembla gêné et se redressa dans son fauteuil.
- Que voulez-vous dire, amiral ?
- Les trois-quarts du Braxant sont sous domination séparatiste, expliqua Jagen. Tant qu’ils le contrôlent, ils peuvent nous affronter.
- Vous suggérez une invasion ?
- Nous n’en avons pas les moyens. Par contre, une opération plus discrète… Quelques raids contre leurs convois… Des missions de reconnaissances…
Palpatine prit un air choqué.
- Ce que vous nous proposez, ce sont des actes de piraterie !
Ce fut au tour de Jagen d’être blessé. Il détestait être assimilé à ces gens, et le chancelier le savait sans aucun doute.
- Très bien. Voyons les chiffres… Combien avons-nous de clones ?
- Deux millions huit cent mille, répondit Organa. Et Deux cent mille autres bientôt prêts.
- Et combien les usines de Cybot Galactica peuvent-elles produire de droïdes de série 3PO par an ?
- Je l’ignore, admit la chancelier.
- Cinq milliards, dit Jagen. Cinq milliards de droïdes perfectionnés avec un soucis de la qualité très poussé. Dans seulement dix usines. Pour des droïdes de combat rudimentaires produits en masse ? Tablons sur dix milliards. On obtient un rapport de un sur trois mille. Bien sûr, la majorité des postes de la flotte républicaines sont occupés par d’autres hommes, ce qui porte en tout nos effectifs à trente millions. Un rapport de un pour trois cents. C’est toujours disproportionné.
Palpatine fit mine de réfléchir quelques instants, puis acquiesça.
- D’accord. Je propose que vous rejoigniez la base d’Ord Mantell. Elle est à la limite du Braxant et devrait permettre un ravitaillement aisé. Vous avez besoin de quelque chose d’autre ?
Surpris par une telle question de la part du Chancelier, Jagen mit quelques instants avant de répondre.
- Ma flotte ne suffira pas pour certaines opérations. Je souhaiterai que le colonel Tinor devienne amiral et m’accompagne. Il a montré qu’il le pouvait sur Raxus Prime.
- Très bien. Maintenant, allez préparer vos troupes avant que je ne change d’avis.
- Ne vous inquiétez pas, conclut Jagen. Vous ne le regretterez pas.
- Je l’espère, lâcha Palpatine.



Ce chapitre marque le prélude d'un arc narratif qui réserve pas mal de surprises, des combats et des invités d'exception (surtout un...).
Rendez-vous dimanche !
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Voila, fini de tout lire ( j'avais pris un peu de retard, je viens de lire les 5 derniers chapitres :transpire: ).
Et bien, c'est toujours excellent :jap:
On a vraiment l'impression d'être en plein coeur des batailles, l'intrigue devient de plus en plus intéressante au fur et à mesure des chapitres. :)
Mais surtout ce que je me demande c'est : à quand le coup d'état ! :D :D
Tous les passages traitant des véhicules etc sont vraiment pointus ce qui rend le récit encore plus convaincant :) ( on voit bien ici le pigiste vaisseaux et véhicules :oui: ).
Hate de lire la suite. :jap:
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Merci beaucoup ! :jap:

Les batailles ne font que commencer, et je peux t'assurer qu'une bonne bataille va arriver d'ici deux chapitres, suivie de quelques passages assez centrés sur les opérations secrètes...

Pour les vaisseaux et véhicules, je suis ravi de voir que je m'en sors (mieux que dans le reste des descriptions en tout cas :transpire: )

Par contre, le coup d'état devra attendre. Un indice : je suis très fidèle au calendrier Traviss... :sournois:

La suite arrive demain !
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Le chapitre qui vient risque de provoquer certaines réactions vives chez certains fans de l'UE... :D

Chapitre 11

« Qu’est-ce qu’un bon officier ? C’est la question à laquelle nous essayons tous de répondre. Selon moi, un bon officier doit prendre soin de ses hommes. Il doit être prêt à se sacrifier pour eux, et c’est à cette unique condition que ses hommes deviennent prêts à mourir pour lui. C’est l’impitoyable logique de la guerre. Ensuite vient le côté stratégique de l’affaire ; Et là, force est de constater que la plupart des officiers n’y entendent pas grand-chose, tout comme certains sont plus doués que d’autres. Mais les meilleurs, les perles rares… Ce sont ceux que vous ne pouvez pas battre, ceux qui sont si redoutables que la meilleure solution n’est pas de se liguer contre eux, mais avec eux. »

Amiral Adar Tallon, lors d’une conférence à l’académie d’Anaxes

Destroyer de classe Arrow Knight’s Blade, en orbite d’Ord Cantrell, 137 jours après la bataille de Géonosis.

- Nous venons d’entrer dans le système, amiral.
- Bien. Des forces ennemies ?
- Négatif, amiral. R.A.S.. Il n’y a que nous.
Jagen acquiesça brièvement. Toujours rien. Cela faisait maintenant deux semaines qu’ils n’avaient aperçus de leurs ennemis que deux transports marchands en perdition.
- Dites aux amiraux Helaw et Convarion de me rejoindre, ordonna-t-il à l’officier de communication.
- Peut-on mettre les armes en état de maintenance, amiral ? demanda l’officier canonnier, un dénommé Tenn Graneet.
- Allez-y, dit Jagen à contrecœur. Je pense que nous ne verrons pas d’ennemis avant un bon bout de temps. Mais avant, indiquez aux patrouilles des coordonnées pour mines anti-gravifiques. Je veux être prêt à toute éventualité.
- Bien, amiral.
Jagen alla à la cafétéria du pont prendre un bol de soupe vitaminée avant de se rendre à la salle de conférence.
- Désolé du retard, dit-il en entrant, mais mon estomac ne pouvait pas attendre la fin du quart !
- Pas de problème, répondit calmement Jaim Helaw.
- Oui, renchérit Ait Convarion, à force, nous sommes habitués.
Jagen lui lança un regard agacé qui vint se briser sur le sourire sarcastique de son ami. C’était leur façon de fonctionner depuis si longtemps, après tout : Il lançait les conversations, Jaim calmait le jeu et Ait le relançait.
- Bien, dit-il après s’être assis de l’autre côté de la table, je pense que vous vous êtes rendu compte qu’il s’agissait encore d’une fausse piste.
- Notre agent est de moins en moins fiable, remarqua Helaw.
- Ce n’est pas sa faute, répondit Jagen. Il semblerait que nos amis séparatistes soient brusquement devenus prudents.
- Voilà une nouvelle de première importance, dit Convarion.
- C’est certain. Après tout, ils ont perdu… combien, déjà ? Dix-huit convois ?
- Dix-neuf, répondit une voix derrière lui. Et deux flottes de combat, ajouta d’une voix enjouée l’amiral Mell Tinor.
- Ah, Mell, dit Jagen d’un air joyeux, je ne savais pas que tu étais déjà arrivé.
- Ma patrouille s’est révélée si ennuyante que j’ai préféré rejoindre plus vite, répondit le militaire coruscantien.
- C’est parce que, comme je le disais plus tôt, les séparatistes sont plus prudents.
- C’est un bonne chose, dit simplement Ait Convarion. Plus nous les harcelons, moins ils lancent de convois de ravitaillement, moins ils produisent de droïdes, plus vite nous gagnons et plus vite j’irai passer une semaine sur les plages de Spira. Les Seps peuvent bien faire ça pour moi.
- Si seulement c’était aussi simple, dit sombrement Jagen. Mais ça ne l’est pas, bien entendu. Et encore une fois, c’est Palpatine qui nous pose des ennuis.
- Tu as trouvé quelque chose de nouveau ? s’enquit Helaw.
- Pas encore, répondit Jagen, mais j’ai bon espoir. Finis retourne la Bordure en quête d’indices. Mais je ne parlais pas de cela. Je disais juste que notre cher chancelier estime que notre opération demande trop d’hommes et de vaisseaux qui seraient bien plus utiles sur d’autres fronts.
- Il a osé dire cela ?
- Il veut ouvrir d’autres fronts près de l’Espace Hutt, expliqua Jagen. Une offensive émiettée, voilà tout. De quoi retarder la victoire d’un an, au moins. Sur une guerre qui est bien partie pour en durer deux. Il nous reste trente jours.
- Il est temps de passer à l’offensive, dit Tinor. Les forces de Kenobi et Skywalker sont en transit à Ord Mantell. Planifions un assaut de grande envergure sur leur capitale. Muunilist.
- Oui, répondit Jagen, intéressé. Ce serait la meilleure chose à faire. Nous devons passer à l’attaque !
- Très bien, dit Helaw. Je vais contacter Kenobi sur le…
Il fut coupé par le déclenchement des alarmes de proximité. Immédiatement, les quatre militaires accoururent vers la passerelle de commandement voisine. C’était un immense cargo de classe Lucrehulk, un des vaisseaux emblématiques de la Fédération du Commerce, convertis en croiseurs de combat depuis le début de la guerre. Un de ces mastodontes qui mangeaient des frégates au petit déjeuner.
Jagen, lui, n’avait aucune envie d’être le plat de résistance.
- Lancez les chasseurs ! ordonna-t-il à l’officier tactique.
- Nos turbolasers sont toujours en maintenance ! s’écria le canonnier.
- Mettez les frégates en première ligne ! Nous avons quatre flottes contre un vaisseau, après tout !
- Amiral, c’est le vaisseau ennemi, sur le canal général !
- Passez-le moi et stoppez l’assaut, dans ce cas. Mais préparez-vous au moindre signal !
Se tournant vers l’écran, il vit apparaître un homme blanc, aux cheveux et à la barbe brune. Se tournant vers son aide de camp, le lieutenant Solo, il ne put s’empêcher de repérer un air commun entre les deux. C’était sûrement un corellien.
- Ici le capitaine Car’das, dit l’inconnu. Vous nous avez attaqués sans raison. A qui ai-je à faire ?
- Je suis l’amiral Eripsa, Commandeur Suprême des Forces Armées Républicaines, répondit Jagen, et votre modèle de vaisseau est enregistré parmi ceux utilisés par les troupes de l’Alliance Séparatiste. Comment être sûr que vous n’êtes pas à leur service ?
- Il s’agit d’un vaisseau acheté à un prix honnête, expliqua le corellien. Mais j’imagine que celui qui me l’a vendu l’a capturé.
- Et cela ne vous a pas dérangé ? demanda Jagen, suspicieux.
Le corellien haussa les épaules.
- Vous savez, dans mon métier, si on ne traite pas avec les gens louches, on finit plus bas que l’on n’a commencé.
- Justement, dit l’amiral d’un ton vif, quel est votre métier ? Vous n’en avez pas parlé !
La peur grandit dans les yeux de Car’das. Visiblement, c’était un sujet qu’il aurait préféré ne pas aborder.
- Je ne suis qu’un commerçant, répondit-il, inquiet.
- Un commerçant, dans cette région ? Alors, vous devez traiter avec les Séparatistes…
- Je… Non ! s’exclama-t-il, désespéré.
Jagen avait déjà rencontré beaucoup de corelliens, à commencer par lui-même, et aucun n’aurait eu une telle expression, fut-il pris la main dans le sac par un ennemi en nombre.
A moins…. A moins, bien sûr, qu’il y ait quelque chose qui l’effraie encore plus que l’idée d’être enfermé dans les cales du Knight’s Blade.
- Déclenchez les mines gravitationnelles, ordonna Jagen dans l’intercom. Quant à vous, Car’das, ajouta-t-il en se tournant à nouveau vers l’écran, je vous conseille de vous rendre. Vous allez être abordés.
Laissant son adversaire pris au piège, il sortit du pont pour se rendre dans la salle tactique, d’où il pourrait gérer l’assaut. Ses amis l’y attendaient déjà.
- Faites vos jeux, rien ne va plus ! s’exclama Ait en le voyant entrer. Bon sang, Jag, au prix où sont les mines gravitationnelles…
- J’ai fait ce qui devait l’être, répondit calmement Jagen. Je pense que nous allons trouver quelque chose d’intéressant, ou de dangereux. Ou les deux, peut-être.
- C’est un simple contrebandier, dit Jaim avec son flegme habituel. Même s’il transporte des armes, il quittait le territoire séparatiste.
- Nous n’en sommes pas si sûrs. Il aurait pu armer des mouvements de contestation.
- Tu penses à qui ?
- Eh bien, la Ligue d’Isolation Quarren a le vent en poupe, ces temps-ci…
- Ou le vent en poulpe, dans leur cas, intervint Ait en rigolant.
- N’oublions pas les autres rapports, dit Tinor. Les Korunnais veulent leur indépendance, tout comme les Jabiimites.
- Qu’importe, conclut Jagen, nous le verrons bien assez tôt.
S’asseyant, il feuilleta le rapport de l’officier tactique qu’il venait de recevoir sur son datapad.
Le vaisseau de Car’das était identifié comme étant le Darkvenge, un cargo Lucrehulk construit une quinzaine d’années auparavant pour le compte de la Fédération du Commerce. Simple vaisseau de commerce au début de sa carrière, le Darkvenge avait été réarmé sept ans auparavant, à l’occasion de l’accession de son capitaine, Siv Kav, au rang de Vice-roi. Les dernières lignes du rapport indiquaient que le Lucrehulk avait été considéré comme détruit, six ans aupravant, tout comme sa flotte. Si cela été bel et bien vrai, ils avaient en face d’eux un véritable vaisseau fantôme. Par chance, Jagen n’était pas supersticieux.
- Lieutenant, des nouvelles ? dit-il dans l’interphone.
- Le vaisseau est rempli de marchandises quittant l’espace séparatiste, mais il n’y a pas d’armes, répondit le chef de la force d’abordage.
- Vous avez capturé leur équipage ?
- Ils se sont rendus sans poser de problèmes. Nous sommes en train de…
Le silence se fit dans le comlink.
- Lieutenant ? Lieutenant ? Répondez !
- Monsieur, on vous envoie l’ordinateur de bord, dit le soldat après un temps d’absence.
- Il n’est pas effacé ?
- Ils ont essayé de le faire, mais les ordinateurs néimies n’aiment pas oublier des informations.
- Ah…
- Nous terminons ici, puis nous rentrons. Le Coruscant’s Son doit s’arrimer d’ici quelques minutes, ils prennent le relais. Terminé.
Jagen reprit son datapad et le connecta au terminal de la salle. Les autres l’observaient, perplexes, pendant qu’il faisait défiler les données. Enfin, il trouva ce qui avait alerté le lieutenant.
- Des informations tactiques…. Des codes de transmission… Des coordonnées de flottes… Bon sang, le fumier !
- Que se passe-t-il, Jagen ? demanda Helaw.
- Cet ordinateur contient nos informations ! Voilà qui explique les données poussées des séparatistes sur Kamino, où leur facilité à nous éviter ces dernières semaines !
- Mais qui…. Enfin, nous n’avons envoyé ces informations….
Il s’interrompit, comme frappé par la foudre.
- Qu’au bureau du chancelier, termina Jagen.
Le silence se fit pendant quelques instants.
- Ce pourrait être n’importe qui, dit Tinor. Un simple agent séparatiste.
- Tu sais ce que j’en pense, répondit Jagen.
- Oui, mais enfin…
Tinor poussa un soupir.
- Yoda passe la moitié de son temps dans le bureau de Palpatine depuis le début de la guerre. Il l’aurait senti.
- Je maintiens que ce Sidious se trouve là. Au cœur de la République.
- Yoda…
- Yoda n’est peut-être pas qu’un homme, mais il n’est pas infaillible, bien au contraire. Comment peux-tu mener pendant huit siècles la même vie sans perdre une grande part de ses capacités ? Yoda s’en est pas trop mal tiré sur ce point, mais je persiste à croire qu’il est aveuglé. Et puis, il y a ce que Dooku a dit à Kenobi. Je pense qu’il ignorait qu’Obi Wan s’en sortirait entier. Il lui a livré des informations que son maître n’aurait pas aimé voir traîner dans la nature.
- Oui, mais enfin,…
- Venez voir un peu, dit Convarion.
Les trois autres se retournèrent. Pendant qu’ils parlaient et se chamaillaient, Ait était allé voir les données de l’ordinateur de bord sur le terminal.
- Qu’y a-t-il, Ait ? demanda Jagen.
- Il y a un espion, nous en sommes certains. Ce qui pourrait être intéressant, c’est de savoir où Car’dans remettait ses informations, à défaut de savoir à qui.
- Et ? Qu’as-tu trouvé ?
- Je connais les habitudes des neimies. Ils font des circuits de commerce. Par contre, les contrebandiers, c’est autre chose… bref, je me suis dit que le trajet le plus long mènerait à son repaire, où nous aurions plus de précisions.
- Où se trouve-t-il ?
- Dans la Bordure, mais ce n’est pas le plus important. Ce vaisseau est déjà allé plus loin.
Il appuya sur quelques boutons et afficha sur l’écran tactique le fameux trajet. Il n’avait été fait qu’une seule fois, six ans auparavant. Un trajet qui aurait pu être une simple visite commerciale, excepté une chose.
- Bon sang, ce sont les Régions Inconnues ! s’exclama Jagen. Que diable ce foutu vaisseau est-il allé faire là-bas ?
- Une mission d’exploration, peut-être ? suggéra Helaw.
- Non, on dirait qu’il suit une trajectoire bien précise. Ait, peux-tu le comparer avec d’autres itinéraires des banques de données républicaines ?
- Tout de suite, répondit Convarion.
Il lança la recherche et se tourna vers eux. Personne n’osa parler. Enfin, après cinq minutes de recherche (ce qui était étonnamment long pour les ordinateurs du Knight’s Blade et les serveurs républicains), le terminal afficha un réponse. Tous restèrent ébahis en voyant quel itinéraire croisait le mystérieux trajet à la fin de celui-ci.
C’était le Vol vers l’Infini.
************
- Je répète une dernière fois, dit Jagen en se redressant. Où avez-vous eu ce vaisseau ?
Le jeune contrebandier en face de lui étant encore étourdi par le crochet qu’il venait de lui donner, mais il ne changea pas sa version.
- Le… le capitaine Car’das… il ne nous l’a jamais dit….
Jagen jeta un coup d’œil à Ait Convarion, qui se trouvait sur sa droite. Il hocha la tête.
- Ramenez-le dans sa cellule, et allez nous chercher leur capitaine, dit-il au chef des gardes présents avec eux.
Le soldat s’exécuta et prit en charge le prisonnier avec ses deux hommes. Il sortit, laissant seuls les deux amiraux.
- Cela ne te ressemble pas, lança soudainement Convarion. De maltraiter tes prisonniers.
Jagen réfléchit quelques instants avant de répondre.
- Il y a tant de choses en jeu… Je veux des réponses. Je n’aime pas savoir que mes hommes sont menacés par des petites ordures.
Il se tut.
- C’est sans doute dû à Willspawn, reprit-il après quelques instants. Sa trahison… Ce massacre, sur l’Opportuniste… Ce qui s’est passé sur Troiken ensuite… Et puis cette guerre. Cette horrible guerre. J’ai quelquefois l’impression que nous n’en sortirons jamais.
- Il ne faut pas dire cela, tempéra Convarion. Nous nous sommes sortis de situations bien pires.
- Sauf que nous avons un ennemi caché. Un Sith.
- Tu penses que c’en est un. Personne n’en est sûr.
- Si. Et j’ai le sentiment que nous sommes sur la bonne piste.
Car’das entra alors, entouré des trois gardes qui avaient ramenés le précédent prisonnier dans sa cellule. Jagen leur fit signe de les laisser.
- Bien, dit-il ensuite. A nous deux, Car’das.
- Que voulez-vous savoir ? demanda le corellien, suspicieux. Si c’est pour ma cargaison…
- Il ne s’agit ni de votre cargaison, ni des informations que vous avez transmises. Nous en parlerons plus tard. Pour l’instant, je veux savoir comment vous vous êtes retrouvé à la tête du Darkvenge.
Car’das sembla hésiter pendant quelques instants, puis il n’y tint plus. Il leur parla d’un hutt malveillant, d’une escapade dans les Régions Inconnues qui avait mal tournée et de leur rencontre avec un peuple inconnu – les Chiss – et un de leurs capitaines.
- C’est là que Thrawn a repéré la flotte de la Fédération. Il est allé à leur rencontre, mais ils n’ont pas accepté de coopérer. Et, là-dessus, avec son vaisseau, il a détruit leur flotte, excepté le Darkvenge.
- Une flotte entière ?
- Oui.
Jagen était stupéfait. Si le corellien avait dit la vérité, ce capitaine chiss avait détruit quatorze vaisseaux, dont un supérieur en taille. Sans le moindre problème.
- Et les chasseurs ? Qu’en est-il ?
- Il a attaqué à distance. Les chasseurs se sont trop éloignés du Darkvenge, et ils ont perdu le contact. Ils ont tous été détruits. Malheureusement pour vous, ajouta-t-il avec un sourire narquois, les séparatistes ont amélioré leur matériel de transmission.
- Continuez.
Il leur parla des Vagaaris, de leur générateur de puis de gravité réutilisable, de l’arrivée du Vol vers l’Infini, de la bataille qui s’ensuivit et de la mort de Jorus C’Baoth, qui avait entretemps sombré dans le Côté Obscur.
- … et c’est ce Stratis qui m’a demandé de transmettre, tous les mois, des informations à un contact sur Muunilist, conclut-il.
- Intéressant. Très intéressant. Avant même que la guerre ne soit déclarée…
- Je peux vous emmener auprès de Thrawn. Il vous confirmera mon histoire, ajouta Car’das.
- Jagen, je peux te parler, en privé ?
Il acquiesça et sortit en compagnie de son ami. Une fois dehors, Ait se tourna vers lui.
- C’est un piège, dit-il simplement.
Jagen secoua la tête de dépit avant de lui répondre.
- Bien sûr que c’en est un. Personne ne se mettrait à table sans un motif valable. Il n’a même pas attendu la première menace. Il a tout déballé. Une histoire cohérente, en plus.
- Ce Thrawn a l’air d’être un ami à lui.
- Peut-être. Mais un type qui a réussi cet exploit mérite qu’on le rencontre.
- Bien sûr, détruire quatorze vaisseaux, ce n’est pas rien, mais…
- Oui, mais je pensais à autre chose. Il a quand même réussi à fermer le clapet de C’Baoth. Et ça, c’est pas un mince exploit. Sans rire, Ait, j’ai bien envie de rencontrer ces fameux chiss.
- Très bien, lâcha Convarion, je vois que rien ne pourra te faire changer d’avis.
- Je prendrai le Falcon et mes hommes les plus fiables.
- Et pour l’équipage de Car’das ?
- Le camp de prisonniers de Pol Anaxes. Une fois que l’assaut sur Muunilist sera terminé.
- Jagen…
- Vous serez trois à mener l’assaut, et avec mon androïde activé, personne ne remarquera rien. Ne t’inquiète pas, je sais ce que je fais.
Mettant un terme à la conversation, Jgen repassa la porte et vint se placer devant le contrebandier corellien.
- Très bien, dit-il. J’accepte.
************
Le Millenium Falcon parcourait la route extraite des archives du Darkvenge depuis trois semaines lorsqu’il sortit brutalement de l’hyperespace, et ce sans le vouloir.
Jagen pesta intérieurement. Ils étaient presque arrivés au bout de la route, pourquoi donc s’arrêtaient-ils ainsi ? Il maugréa ainsi jusqu’à ce qu’il vit la silhouette tranchante du croiseur chiss. C’est alors qu’il comprit. Les voies de la Force étaient peut-être impénétrables, mais pour le coup elles semblaient lui être plutôt favorables.
L’abordage fut total en quelques instants. Par preuve de bonne volonté, Jagen déverrouilla le sas et ordonna à ses hommes de lever les mains en l’air. Il fit de même, mais restait près à saisir son blaster si le danger approchait. Conciliant peut-être, mais pas stupide pour autant.
Les soldats chiss, êtres à la peau bleue pâle dans leur uniforme marine, entrèrent alors et virent les douze occupants du Faucon en position. Ils crièrent quelque chose (il s’agissait sûrement de leur langue natale, le cheunh, comme le lui avait appris Car’das) et leur firent signe de monter à bord de leur croiseur.
Le hall suivant le sas n’était occupé que par un seul chiss avant qu’ils n’y entrent. Grand, droit et fier, le militaire arborait un uniforme semblable aux autres, à l’exception de quelques décorations et insignes sûrement gagnées lors d’opérations. Quant à ses yeux… Jagen, pourtant habitué aux couchers de soleil de Bespin, n’avait jamais vu de rouge aussi écarlate.
- Bonjour, Car’das, dit-il dans un basic parfait, mais d’un ton glacial. Vous avez amené des amis ?
La vue de Thrawn – car c’était lui, nul doute là-dessus – avait apparemment rassuré le contrebandier corellien. Avec son grand sourire, il s’avança.
- Bonjour, capitaine Thrawn, répondit-il. Les hommes que vous voyez là sont des fouineurs. Des fouineurs qui m’ont pris en otage pour que je les emmène là où nous avons rencontré le Vol vers l’Infini. Je suppose que vous vous en souvenez ?
Le chiss le fixa alors de ses yeux rouges, tant et si bien que Car’das recula. Il mit quelques instants avant de répondre.
- Vous souvenez-vous de notre accord ? demanda-t-il à voix basse. Vous souvenez-vous des conditions de votre départ de l’Ascendance ?
- Je sais que vous ne vouliez personne, argua le contrebandier, mais en les éliminant… Il n’y aura plus de témoins, non ?
- En effet, répondit le chiss à mi-voix.
Et il fit un signe de la main au soldat qui se tenait près de Jagen.
Celui-ci crut qu’on allait l’exécuter ici, loin de la République, sans que jamais personne n’en entende parler. Pour contrer ce qui relevait de l’infamie pour tout militaire qui se respecte, il se prépara à sortir son sabre-laser, caché dans une des pochettes de sa ceinture.
Avant de s’apercevoir que le garde passait devant lui sans même lui prêter attention.
Car’das, toujours intrigué par Thrawn, ne vit pas le danger venir. Il entendit bien le garde bouger, mais avant qu’il ait pu se retourner, le couteau du soldat lui avait lacéré la gorge. Avec un dernier regard d’incompréhension, il se tourna vers Thrawn. Il essaya de dire un mot, mais il ne parvint qu’à cracher un peu de sang avant de s’effondrer.
Le chiss le regardait toujours, d’un air aussi froid qu’au début de leur courte conversation.
Jagen le regarda, à la fois choqué et époustouflé. C’était un vrai militaire. Le genre d’officier qui restait fidèle à ses promesses. D’après ce qu’avait dit Car’das, ils avaient été proches au moment du Vol vers l’Infini, mais cela n’avait pas eu d’importance à ce moment. Le chiss avait fait bon gré, mal gré, son devoir.
Jagen se demanda comment il aurait réagi si un des conspirateurs d’Aurek Bleu avait ramené des ennemis et espions potentiels sur le chantier.
La seule différence, se dit-il, aurait sûrement été l’utilisation du blaster. Après tout, ça faisait moins de trace sur le sol.
Le chiss, après avoir contemplé le cadavre de son ancien ami, se tourna vers l’amiral et ses dix hommes.
- Emmenez-les, dit-il d’un ton dur.
Les soldats commencèrent à les pousser vers leur droite, mais Jagen prit une décision.
- Attendez, capitaine Thrawn !
Celui-ci se retourna et le regarda. Jagen réussit difficilement à soutenir le regard des yeux rouges.
- Je suis l’amiral Jagen Eripsa, dit-il, et le Commandeur Suprême des Forces Armées de la République. Ainsi, en l’occurrence, que son représentant auprès du peuple chiss.
- Je vois que Car’das vous a tout raconté au sujet de l’Ascendance, répondit Thrawn avec amertume.
- Pas tout, concéda Jagen. Mais suffisamment pour que je sois intrigué.
Le chiss le fixa encore plus intensément.
- Votre République n’a jamais apportée le moindre bien à l’Ascendance, dit-il doucement. Pas plus que le reste de la galaxie, d’ailleurs.
- Je sais ce qui s’est passé, dit Jagen. Je sais que votre peuple s’est battu pour l’Empire Sith, un Empire qui s’est retourné contre lui à la fin.
- Nous sommes un peuple isolé, répondit-il. Nous n’avons pas besoin de vous.
- Mais vous adoreriez nous étudier. Nous… et notre art.
Il vit qu’il avait touché un point faible.
- Ainsi donc, dit le chiss, vous connaissez ma stratégie. Ma façon de procéder.
- Je n’avais jamais vu cela, dit Jagen. Pourrions-nous en discuter ailleurs ?
Le militaire réfléchit pendant quelques instants, donna quelques instructions en cheunh et lui fit signe de le suivre.
Le bureau qu’il occupait sur le croiseur ne ressemblait à aucun autre vaisseau d’officier qu’il avait pu croiser au cours de ses vingt ans de carrière. Habituellement, certains décoraient leur salle de commandement avec des cartes et plans tactiques, comme lui, ou des objets plus personnels, des posters aux photos de famille, pour les officiers subalternes affectés aux postes de la Bordure. D’après Galieet, son prédécesseur aux commandes du Forte Tête était même allé jusqu’à accrocher des « traités imagés de la morphologie anatomique des femelles Twi’leks lethans », selon le vocabulaire épuré du givin.
Mais rien n’aurait pu le préparer à cela.
Il se trouvait à présent dans un véritable musée d’art. Il y en avait pour tous les goûts ; peintures, sculptures, gravures, de toutes formes et de toutes couleurs. D’après ce que lui avait dit feu le capitaine Car’das, c’était à partir de ces œuvres que Thrawn décidait quelle stratégie adopter.
- Asseyez-vous, dit le militaire chiss.
Jagen s’exécuta en continuant d’admirer la pièce.
- Voici l’origine de chacune de mes actions, dit Thrawn. Observe ton ennemi et tu le connaîtras mieux que tu ne te connais toi-même, dit un de nos proverbes. Et l’art est la plus pure des formes d’expression de l’être profond.
- Vous voulez dire, demanda Jagen, que vous pouvez anticiper les manœuvres ennemies rien qu’en visitant leurs musées ?
- C’est à peu près cela, répondit le chiss avec un sourire.
- Que pouvez-vous dire sur moi, alors ?
Thrawn réfléchit quelques instants, puis alla vers la baie de transparacier qui occupait l’une des parois de la pièce.
- Hmmm…. L’espèce humaine, voyez-vous, est la plus difficile à cerner. Sans doute cela vient-il de la diversité de vos cultures… Ce vaisseau, avec lequel vous êtes venu… Il est à vous, je suppose ?
- Bien sûr.
- Je veux dire, ce n’est pas un emprunt à votre armée ?
- Non. C’est mon vaisseau personnel. J’y ai ajouté quelques petits trucs bien utiles.
- Bien… J’en ai visionné un plan scan avant de vous rejoindre. Le poste de pilotage excentré est curieux, mais audacieux. Je pense que vous l’êtes également. La présence de deux soutes indique qu’il s’agit avant tout d’un cargo, et non d’un vaisseau de guerre. Sauf que cela ne cadre pas avec son armement. Vous voulez passer inaperçu, tout en gardant des arguments pour vous défendre. Les traces de carbone, sur le dessus, indiquent que ce vaisseau a déjà été confronté à une bataille au moins. A moins que vous ne l’ayez acheté d’occasion, bien sûr, mais ce serait surprenant de la part d’un militaire haut gradé, avec un solde conséquent. Quant à vos actes…
Le chiss se tourna vers lui.
- Vous êtes venu au cœur d’une région qui vous est inconnue avec un seul vaisseau et onze autres hommes, dont un que vous gardiez prisonnier. Une marque de témérité, peut-être ? Ou alors, une grande confiance en vos capacités ? Toujours est-il que le seul moment où vous avez paru ébranlé était celui où j’ai fait exécuter le capitaine Car’das. Là encore, il s’agit de suppositions, mais je pense que votre légère faiblesse était dû à la montée de l’adrénaline ; vous vous prépariez à défendre votre peau. Je dois dire que j’ai été impressionné de vous voir réagir si vite. Ce qui signifie que vos capacités sont aiguisées, en effet. Enfin, le mouvement vers l’avant que vous avez fait – très léger, j’en conviens – me laisse penser que vous tenez à vos hommes.
Il sourit et se rassit en le regardant.
- Autrement dit, vous êtes un officier digne de ce nom.
Jagen mit quelques instants à retrouver la parole. Ce type pouvait donner des leçons à n’importe quel « spécialiste » en psychologie de la République. Ou des Séparatistes, pour le peu de différence que cela faisait.
- Vous êtes l’homme qu’il me faut, dit-il.
Le chiss s’enfonça dans son fauteuil.
- Je croyais que vous étiez venu pour le Vol vers l’Infini.
- C’était un but secondaire. C’était vous que je voulais rencontrer.
- Voilà qui est flatteur.
- Vous avez fait face à C’Baoth, d’après Car’das.
- Vous parlez du Jedi ?
- Un vrai fou, non ?
- Il a essayé de m’étrangler.
Jagen retint son souffle. Il y était.
- Je me bats pour protéger la République de gens bien plus dangereux.
- Vraiment ?
- Une secte d’utilisateurs de la Force, que l’on appelle…
- Les Sith, le coupa Thrawn.
Il fut estomaqué. Comment diable… ?
- N’allez pas croire que nos archives sont en aussi mauvais état que celle de votre République. Comme vous l’avez dit, nous avons servi l’Empire Sith, et nous savons d’où il tirait son nom. Nous n’aimons pas ses représentants. Si nous le servons, c’est uniquement pour ne pas avoir à subir de représailles qui seraient bien trop coûteuses pour mon peuple.
Il s’interrompit, pensif.
- Le plus étrange, reprit-il brutalement, c’est que les Sith m’ont déjà envoyé un messager. Au moment du Vol vers l’Infini. C’était un humain, comme vous. Le Commandant Stratis, je crois.
- Je ne connais pas.
- Ou, comme je l’ai découvert plus tard, Kinman Doriana.
Jagen sentit qu’il tenait le bon bout.
- Doriana ? Bon sang, c’est l’assistant de notre Chancelier !
- Il semblerait, d’après ce que j’ai compris, qu’il espionne votre chancelier pour informer un dénommé Dark Sidious.
- Sidious !
- Vous connaissez ce nom ?
- Je le traque, capitaine. Depuis quelques temps déjà.
- J’ai un enregistrement. Peut-être souhaitez-vous…
- Si cela ne vous dérange pas.
Il appuya sur quelques boutons de la console de son bureau, et l’image d’un homme vêtu d’une cape sombre apparut. C’était la première fois que Jagen voyait son ennemi.
A en juger par l’échelle indiquée, Sidious ne devait pas faire plus d’un mètre soixante-dix. Il était peu reconnaissable, vêtu de sa cape, son visage dans l’ombre. Et pourtant, Jagen avait l’impression de l’avoir déjà vu.
- Le voilà, dit simplement le chiss.
Sans cesser de fixer son ennemi, Jagen reprit la parole.
- J’ai besoin de votre aide, Thrawn, dit-il. J’ai une flotte en assemblage sur une planète cachée à mes ennemis. Je dispose d’autres vaisseaux, sous la direction de mon ancien mentor. Mais si je n’arrive pas à trouver Sidious… Si la guerre civile éclate… Même avec ma flotte et tous les capitaines qui me sont loyaux, je n’aurais pas le dessus.
Il se tourna vers le capitaine.
- Vous êtes le meilleur analyste que j’aie pu rencontrer, poursuivit-il. D’après ce que Car’das m’a dit, sur vos stratégies, tactiques et autres, vous êtes également un stratège hors pair. J’en suis un, moi-même, mais je préfère avoir tous les atouts de mon côté. Et je pense que je peux moi aussi vous aider.
- Et comment ? railla le chiss. Vous ne me connaissez même pas. Les seules informations que vous auriez pu avoir dataient de cinq ans et vous étaient fournies par un homme que vous avez contraint à vous mener jusqu’ici.
- Peut-être, concéda Jagen. Mais je sais quelle est votre situation. Vous êtes un jeune militaire, brillant, impétueux, certainement un peu téméraire…
Comme je l’étais sous Willspawn, en somme. C’est exactement la situation dans laquelle je me suis retrouvé lorsqu’Aiden et sa flotte ont été perdus.
- Votre hiérarchie ne vous est pas favorable. Je peux vous offrir une meilleure place.
- Mon seul désir est de servir l’Ascendance au mieux, répondit le chiss.
Jagen réfléchit un moment, puis la solution s’imposa à lui.
- Vous ne voulez pas que les Sith menacent à nouveau votre secteur, n’est-ce-pas ?
- C’est le genre de voisin dont on se passe volontiers.
- La République se battra contre eux.
- L’Ascendance et la République n’ont aucun rapport officiel.
- Considérez-moi comme un haut-gradé de la Flotte Républicaine. En tant que Commandeur Suprême, j’ai certains droits. Je pourrai, par exemple, nommer un ambassadeur auprès de l’Ascendance. Vous, Thrawn.
Le chiss parut considérer sa proposition pendant un moment, puis acquiesça.
- Nous avons besoin d’alliés, dit-il. Une menace rôde… Une menace bien plus forte que nous…
- Est-elle urgente ? demanda Jagen.
- Non, répondit Thrawn. Elle peut attendre. Ce que nous avons affronté… C’étaient des éclaireurs, j’en suis persuadé. Des éclaireurs qui avaient beaucoup d’avance. Si la République a la moindre parole, alors elle nous aidera quand le besoin s’en fera sentir.
- Je vous le jure, promit Jagen. Nous tiendrons notre parole.



Je pense que là, on peut pas faire mieux au niveau "guest"... :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Lu et vraiment palpitant :jap:
Jagen Eripsa a écrit :Ou le vent en poulpe, dans leur cas
:lol: :lol: :lol:

Et sinon introduire Thrawn fallait oser :transpire: , mais pari réussi, la façon dont tu le fait entrer en scène et vraiment très bien vue bravo :)

Chaque chapitre apporte son lot de surprises, j'ai vraiment hâte de voir la suite qui s'annonce énorme :jap:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :
Jagen Eripsa a écrit :Ou le vent en poulpe, dans leur cas
:lol: :lol: :lol:
J'avais oublié ce coup-là :transpire:

Thrawn va avoir son importance, tu peux me croire... :sournois:
Le prochain chapitre sera un retour à l'action, avec une tactique... disons, innovante. :oui:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Lu et adoré :jap:
Le retour de Thrawn est vraiment bien amené :love:
Pour le fait de voir Thrawn ce battre du coté des gentils, j'ésite entre :
:love:
et
:grrr:
donc wait and see
Jagen Eripsa a écrit :D’après ce que Car’das m’a dit, sur vos stratégies, tactiques et autres, vous êtes également un stratège hors pair. J’en suis un, moi-même
Modeste le gars :lol:
Jagen Eripsa a écrit : Je pense que là, on peut pas faire mieux au niveau "guest"... :D
J'avoue que là on atteind des sommets :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Je peux pas passer mon temps à brider ce pauvre Jagen en ce qui concerne ses capacités tactiques :D

En fait, je n'ai jamais vu vraiment Thrawn comme un "méchant", j'estime juste qu'il a été amené à faire tel ou tel choix et que cela l'a endurci. Dans Vol vers l'Infini, le premier roman où j'ai pu le cerner, il ne m'apparaît à aucun moment mauvais, comparé à ce C'Baoth. C'est une approche que j'adopte avec beaucoup de mes personnages, comme tu auras pu le constater : à l'origine, Helaw est un capitaine impérial dans Death Star, Convarion une brute sanguinaire dans La Guerre du Bacta, et j'ai également amené Motti, Veers, Rom Mohc, Pellaeon, et tant d'autres, du côté de la République à laquelle ils appartenaient à l'origine. Pour moi, ils sont avant tout des militaires, donc fidèles aux ordres. La faute vient d'en haut.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Jagen Eripsa a écrit :Pour moi, ils sont avant tout des militaires, donc fidèles aux ordres. La faute vient d'en haut.
Cade Skywalker dans Tatooine a dit:
Bref, juste un homme bon qui as suivi les mauvais ordres?
:paf:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Donc en fait, je reprends les idées d'auteurs que je ne connais pas, c'est ça ? :transpire:


Chapitre 12

« Quand ai-je pris conscience que cette guerre devenait vraiment sale ? Je ne sais pas. Raxus était déjà un premier pas vers l’infamie. Mais ce n’était rien, vraiment rien, comparé aux massacres qui furent commis par la suite. Des planètes entières ravagées, des villes anéanties, des innocents massacrés… Les deux camps y ont participé, je dois l’admettre. Pour notre décharge, je dirais que la République était pervertie. Empoisonnée. Pourrie de l’intérieur. Je me suis souvent demandé si le camp que j’avais choisi était le bon. Pourquoi ne pas me battre aux côtés des Séparatistes, alors ? Eh bien, certaines idées étaient bonnes, j’en conviens, mais les moyens mis en œuvre étaient l’œuvre du mal. Tout simplement. Pourtant, c’est dans des moments comme ceux-là que j’ai compris la véritable force de la République. C’était ses citoyens. »

Amiral Jagen Eripsa, Mémoires d’un amiral de la République.

Destroyer de classe Arrow Knight’s Blade, en orbite autour de Muunilist, 183 jours après la bataille de Géonosis.

En sortant du hangar, Jagen ne put s’empêcher d’arborer un sourire heureux. Il est bon, se dit-il, de rentrer chez soi. Au premier coup d’œil, il vit qu’il avait eu raison d’agir ainsi. Les coursives étaient propres, les hommes portaient leurs uniformes conformément aux règles et les pilotes circulaient en tenue, près à réagir à la moindre alarme. Il pouvait faire confiance à Johun Solo pour cela. Il avait beau être corellien, il savait comment faire respecter les ordres.
Pourtant, il avait dû s’en passer des choses, pendant les quarante-six jours qu’il avait passé dans l’Espace Inconnu. Au moins, ses affaires là-bas étaient réglées. Il s’était entretenu avec l’amirale Ar’lani, son homologue au sein des l’Ascendance, qui avait approuvé son projet concernant Thrawn. Ils s’étaient ensuite chargés de trouver une solution pour venir en aide aux quelques survivants du Vol vers l’Infini, parqués depuis cinq ans sur une planète qu’ils étaient les seuls à habiter. Enfin, Thrawn avait pris la tête d’une flottille attribuée par Ar’lani, avait été investi du grade d’amiral de la Flotte Aurek Bleu et avait entrepris de rallier Anoth en traversant les Régions Inconnues. Il avait déjà contacté Aiden, qui lui avait promis de l’avertir de l’arrivée du militaire chiss. Tout allait donc pour le mieux.
Absorbé par ses pensées, Jagen ne remarqua même pas qu’il avait déjà rallié le pont. Cela dit, il était à la tête du même vaisseau depuis vingt ans, et, bien que le Knight’s Blade ait été remis en état et amélioré à plusieurs reprises, sa structure fondamentale n’en demeurait pas moins la même.
Le pont était calme, comparé à la dernière fois qu’il l’avait vu. En fait, il n’y avait que les hommes de quart.
Ainsi que son second, penché sur sa console.
- Jagen, vous voilà, s’exclama le capitaine Solo en le voyant arriver.
Solo paraissait soucieux et légèrement craintif, et cela n’était pas dans sa nature, pas plus que dans celle des autres corelliens. Il devait avoir une mauvaise nouvelle à lui annoncer.
Une très mauvaise nouvelle.
- Par les Neuf Enfers Corelliens, que se passe-t-il, Johun ?
- J’ai tenté de vous joindre, mais cela sonnait occupé, expliqua-t-il.
- J’étais en communication. Anoth, ajouta-t-il dans un murmure.
- Je vois.
- Le blocus se passe bien, pourtant ?
- Nous attendons le reste de la flotte de Kenobi, avant de partir.
- Partir ? Mais pourquoi ? L’invasion n’est pas terminée, que je sache !
- Non, amiral… Mais des nouvelles inquiétantes me sont parvenues ?
- Les Renseignements ? demanda Jagen avec une moue de dédain.
Il n’avait plus aucune confiance dans les hommes d’Isard depuis le fiasco de leurs prévisions sur Raxus, où la catastrophe avait été évitée de justesse.
- Les contrebandiers, dit Johun à voix basse.
Aussi longtemps que l’on s’en souvienne, les corelliens avaient défiés les lois qui méritaient de l’être. Avec l’avènement de l’hyperespace et celui, conséquent, des taxations entre planètes, la planète avait fourni son lot de contrebandiers célèbres. Les militaires étaient généralement chargés de les appréhender, mais ils ne le faisaient que rarement. Jagen lui-même avait plusieurs fois relâché des contrebandiers en échange de leur cargaison et d’informations sur leurs employeurs, qui étaient les véritables sources du problème.
- Lequel ? s’enquit-il.
- Booster Terrik.
- Ah.
- Comme vous dites.
- C’est bien celui qu’on a attrapé l’année dernière ?
- Oui.
- Avec les stocks de… attendez, comment Galieet appelle-t-il ça, déjà ? Ah oui, de « vidéos instructives concernant les rites de séduction et d’accouplement selon la culture ancestrale des Twi’leks lethans de Ryloth » ? La chargement qui a disparu alors qu’on interrogeait le pilote ?
- En effet.
- Nos hommes étaient plus attentifs et… détendus, le jour après cela… Je n’ai donc aucune raison de lui en vouloir.
- Nous avons… raisonné ses patrons.
- Les Hutts de Nar Kreeta ? Ceux que nous avons bombardés à coups de turbolasers ?
- Non, les rodiens de Roon.
- C’est vrai. Ça me manque, tout ça.
- Pour en revenir à Terrik…
- C’est vrai. Qu’a-t-il dit ?
- Il a repéré une flotte séparatiste progressant dans notre espace. Il a pensé que cela pourrait m’intéresser.
- Vous voulez que nous la détruisions ?
- Je ne connais pas son itinéraire exact, admit Solo. D’après Terrik, elle semblait attendre du ravitaillement.
- Alors, nous avons une chance d’arriver avant eux. Enfin, si nous savons où ils vont.
- J’ai fait des recherches à de ce côté, et… en fait, il n’y a pas beaucoup de planètes stratégiques à proximité de la station Garrivan.
Jagen mit quelques instants avant de comprendre où voulait en venir son second. Mais lorsqu’il saisit l’allusion, la panique l’envahit. Il se précipita vers le poste du navigateur.
- Lieutenant, dit-il d’un ton paniqué, sonnez le rappel. Nous partons pour Bespin.
************
Lorsque le Knight’s Blade entra dans l’atmosphère de Bespin, Jagen ne put s’empêcher de pousser un long soupir de soulagement.
La Cité des Nuages était encore là, en parfaite état, stationnaire dans les cieux comme à son habitude. Quelques vaisseaux circulaient autour, ce qui n’aurait pas été possible en temps d’invasion.
Cependant, savoir qu’il n’était pas en retard ne retira nullement ses objectifs à la vue de Jagen. Il se tourna vers Johun Solo.
- Vous ferez débarquer les véhicules immédiatement, lui ordonna-t-il. Les hommes seront envoyés autour des tourelles défensives contrôlées par la garde. Je veux une escouade par tour turbolaser, si nous pouvons nous le permettre. La priorité ira aux complexes périphériques.
- Bien, amiral. Doit-on avertir le gouverneur de votre arrivée ?
Jagen lui lança un regard navré.
- Bespin n’a pas de gouverneur, expliqua-t-il. En tant que sénateur, je suis sensé diriger la Cité qui n’est autre que… disons, ma circonscription. Mais vous avez raison sur un point. Il faut que j’avertisse le baron Calrissian.
- Qui donc, Jagen ?
- Joran Calrissian. L’ancien assistant de mon père. Avant que je ne reprenne la flambeau au Sénat, il y siégeait la plupart du temps. Maintenant, je lui ai demandé de gérer la Cité en mon absence.
- Peut-on se fier à lui ?
- C’est un vaurien, dit Jagen avec un grand sourire, et il ne faut jamais jouer au sabacc contre lui. Mais à part ça, je lui fais totalement confiance. Bon, assez parlé, ajouta-t-il avec un sourire. Nous avons une bataille à gagner !
Et sur ces mots, il sortit de la passerelle et alla rejoindre directement les ponts de débarquement. Là, au milieu des hommes en préparation, il se retrouva face à une connaissance.
- Capitaine Veers ! dit-il d’un ton enjoué.
Le militaire fut d’abord surpris par tant de familiarités puis se ressaisit en affichant un sourire de circonstances.
- Amiral Eripsa, c’est un honneur de vous revoir.
- Vous auriez pu me dire que vous aviez été réaffecté au Knight’s Blade ! continua Jagen sur un ton de reproche. Je croyais que vous étiez à l’académie de Carida, pour les tests de votre prototype…
- En vérité, les tests sont déjà finis, expliqua le jeune capitaine. Nous avions prévu d’utiliser les dix premiers exemplaires pour l’assaut sur Muunilist, mais vous avez décidé de revenir ici peu de temps après notre arrivée à bord. Et comme certains sous-officiers m’ont confié que vous étiez malade…
- Eh bien, ce qui est fait est fait. Puis-je voir…
- Le prototype ? Bien sûr, il est dans l’entrepôt arrière du hangar.
- Passez devant, alors.
Veers emmena Jagen au fond du grand hall de débarquement, vers les portes de la réserve arrière. Ils passèrent par l’entrée de service, de taille plus humaine que les gigantesques portes coulissantes qui occupaient la quasi-totalité de la cloison entre le hall et l’entrepôt.
Jagen vit alors un spectacle encore plus frappant que ce à quoi il s’était attendu.
Le monstre en question était un quadripode, en fait l’exacte retranscription de plans qu’il avait vu dessiné de la main de Veers peu de temps avant. Chacune des pattes était réalisée selon les mêmes standards que celles des véhicules communs de la République, mais elles semblaient bien trois fois plus longues, bien qu’il ne s’agisse peut-être que d’une impression dû à leur apparente rigidité. Quant au cœur de l’engin… Jagen avait par le passé utilisé des Juggernauts de CNK, mais qui n’étaient que des modèles habituellement utilisés par les équipes de mines pour le transport de marchandises. Il avait en face de lui (ou plutôt au-dessus) un corps et une tête de même modèle, quoique de taille plus réduite si l’on en jugeait par la taille du mécanicien en train de faire les dernières vérifications. Seule la tête différait, à la fois plus compacte mais également plus mobile, ce qui devait conférer un avantage certain pour les artilleurs du véhicule. C’était en somme une véritable machine de guerre, non pas pour faire la guerre, mais bien pour la gagner. Et il en avait dix dans cette seule salle.
- C’est prodigieux ! s’exclama-t-il en voyant ce mastodonte de duracier. Il y a là de quoi porter le coup de grâce aux séparatistes !
Veers rougit légèrement et commença la présentation.
- Le Transport Blindé Tout-Terrain est un véhicule lourd destiné à la suprématie tactique, expliqua-t-il. Son blindage est équivalent à celui du RT-TT standard, mais il compense son léger déficit de puissance par rapport à ce dernier avec une vitesse et une manœuvrabilité accrues. C’est également un véhicule modulaire ; un TB-TT peut accueillir dans sa soute cinquante soldats et deux motojets, ou un centre médical plus perfectionné qu’un Rimsoo, ou un centre de commandement tactique à l’abri des tirs. C’est selon la bonne volonté du commandant.
Il se tourna vers Jagen.
- Malheureusement, il est extrêmement vulnérable aux attaques aériennes. Nos speeders T1-A se défendront mieux contre les Séparatistes que lui.
- Voilà qui est dommage, maugréa Jagen. Un peu de puissance de feu nous aurait bien aidés. Combien d’exemplaires, pour le moment ?
- Vingt ; dix ici, et dix en préparation pour l’assaut contre Jabiim.
Jagen fronça les sourcils.
- Jabiim ? Qu’est-ce que nous allons bien pouvoir faire là-haut ?
- Le chancelier veut apparemment reprendre la planète à la vermine séparatiste qui y a pris le pouvoir.
L’amiral se prit la tête dans les mains.
- Quel abruti, soupira-t-il. C’est un mouvement populaire qui a porté Stratus au pouvoir là-bas. Ces gens détestent la République.
- Ils approvisionnent les Séparatistes.
- Croyez-moi, Maximilian, dit Jagen avec une voix plus grave que d’ordinaire, toutes les ressources de Jabiim ne seraient rien en comparaison du désastre dans lequel nous fonçons. On ne peut pas reprendre un planète dont la population veut être libre. Tôt ou tard, la rébellion éclatera et nous serons pris au piège. Et si nous répliquons alors, nous serons pires que les Séparatistes aux yeux de milliards de gens. Et ils auront gagné.
************
Le manoir Eripsa n’avait guère changé depuis sa dernière visite sur Bespin. Lorsque Jagen y entra, il se sentit enfin chez lui, bien qu’il n’y ait plus mis les pieds depuis le début de la guerre. Mais le devoir l’attendait encore. Reprenant ses esprits, il rejoignit le salon.
Sa mère se jeta sur lui dès qu’il entra. Elle le prit dans ses bras et l’étreignit si fort qu’il en eut le souffle coupé.
- Tout va bien, maman, je suis de retour, dit-il en voyant qu’elle pleurait.
Mais elle n’était pas la seule. Vanya aussi pleurait, et son père affichait un air maussade.
- Eh bien, leur demanda-t-il, qu’est-ce qui vous arrive ?
Vanya s’avança vers lui.
- C’est… Eiran… dit-elle en sanglotant. Il a disparu.
************
- C’était la semaine dernière, expliqua Palina Eripsa de sa voix endolorie. Eiran s’est fait renvoyer de l’académie d’Anaxes après avoir provoqué une bagarre. Le directeur l’a fait amener ici.
- Il s’est tu pendant trois jours, poursuivit Saron. Nous pensions qu’il méditait sur ses gestes. Mais nous nous trompions. Au troisième soir, il s’est expliqué… violemment.
- Jagen, dit Vanya sur un ton de reproche, tu te rends compte de ce que tu as fait ?
- Moi ? Mais pourquoi….
- Enfin, tu as oublié son anniversaire !
Son sang se glaça. Occupé à sceller son alliance avec les Chiss, il avait omis la promesse faite à son fils de venir le voir le jour de son dix-huitième anniversaire.
- Et ensuite ?
- Nous l’avons consigné dans sa chambre, mais le lendemain, il avait disparu. Il a pris une navette pour Anoat, et depuis…
La porte s’ouvrit à la volée et laissa apparaître un capitaine Solo à bout de souffle.
- Amiral, dit-il, exténué, je vous trouve enfin…
- Qu’y a-t-il, Johun ?
- Nous avons reçu des informations concernant la flotte séparatiste. S’ils ne sont pas déjà là, c’est parce qu’ils ont pris Gendes.
- La patrie des Ughnaughts ? Voilà un bien drôle de choix…
- Et ce n’est pas tout, monsieur. C’est le Général Grievous qui est à leur tête.
Il vit dans le regard de Solo une peur qu’il n’avait jamais encore perçue. Se tournant vers sa famille, il vit que les autres partageaient la crainte de Johun.
- Et qui est-ce ? demanda-t-il, perplexe.
- Tu ne sais pas qui est Grievous ? s’étonna son père.
- Si j’ai été suffisamment occupé pour oublier l’anniversaire de mon fils unique, ce n’était pas pour me souvenir du nom de chaque demeuré au service des séparatistes…
- Mes excuses, amiral, dit Solo. Pendant que vous étiez… malade, le chancelier a lancé plusieurs offensives dans la Bordure. Mais l’une d’elles s’est soldée par un échec et seul un Venator a pu en réchapper. Endommagé, il a fini par s’écraser sur une planète du nom d’Hypori.
Il eût un petit rire nerveux.
- La planète était absente de nos bases de données. Et… disons que des parasites en avaient profité pour s’y installer. Des insectes, plus précisément.
- Les Géonosiens…
- Exact. Mais leur gigantesque usine était contrôlée par Grievous. Visiblement, il a réussi à tuer cinq des huit Jedi qui avaient survécu au crash.
Cinq Jedi ? Bon sang, nous allons au-devant de nouveaux ennuis…
- Et, donc, c’est ce Grievous qui arrive ici ?
- Oui.
- Savez-vous de quelle espèce…
- Non.
- Dommage. J’ai appris une technique que j’aurais bien voulu expérimenter.
- Si vous voulez savoir, c’est un bourrin. Le genre à foncer dans le tas.
- Alors sa stupidité peut nous être utile.
Il se tourna vers la fenêtre. Dans le crépuscule de la Cité des Nuages, plusieurs formes au loin attirèrent son attention.
- Papa, de quoi s’agit-il ?
- Eh bien, Jagen, dit-il en s’approchant de la fenêtre, je ne vois pas… Ah si, ça y est. Ce sont des croiseurs gaziers de Loronar. De la camelote mal défendue qui a toujours besoin d’une escorte.
- Remplis de gaz, donc…. Hmmm…..
- Tu as une idée en tête ?
- Plusieurs, répondit Jagen avec un sourire. Et il est plus que temps de les mettre en application.
************
- Mes troupes sont en position, dit la voix du capitaine Jav dans l’interphone. J’ai disposé cinq escadrons par extracteur. Les pilotes attendent vos ordres pour décoller.
- Bien, répondit Jagen. Restez en standby.
- Entendu, amiral.
- J’avoue avoir du mal à comprendre, lança Johun Solo en voyant son supérieur ranger son comlink.
Jagen fit mine de vérifier l’attache puis se tourna vers lui.
- Les extracteurs sont dans l’extrémité inférieur de la zone de vie, expliqua-t-il. Ils ne les repéreront pas avec leurs scanners. Et même s’ils y arrivaient, ils ne verraient pas la surprise que je leur réserve.
- Mais pourquoi y installer des chasseurs ? Nous avons suffisamment de plates-formes à l’intérieur de la Cité !
- Et elles sont réservées à la Garde. D’aileurs, comment l’évacuation avance-t-elle ?
- Bien. La quasi-totalité des habitants de la Cité des Nuages ont été transférés à Tibannapolis.
- Ils seront en sécurité, là-haut. Les Séparatistes vont uniquement se concentrer sur nous.
- C’est à Grievous que nous avons à faire.
- Raison de plus.
- Je reste quand même dubitatif sur votre « petite surprise », Jagen.
- Pas moi.
Le comlink de Jagen se mit à sonner. Il le prit et l’alluma.
- Amiral, ils sont arrivés.
- Bien, répondit Jagen. Juste à temps. Restez en attente.
- Oui, monsieur.
Jagen fit signe à tous ses hommes de se mettre à couvert.
- Activez les leurres, ordonna-t-il à son second.
L’autre acquiesça et obéit. Suite à cela, ils restèrent plusieurs minutes dans le silence, jusqu’à ce que…
- Regardez ! dit l’un des hommes.
Plusieurs frégates Munificent venaient d’émerger de la brume pour se diriger vers la Cité des Nuages. Jagen estima qu’il était temps répéter les dernières consignes.
- N’oubliez pas, sermonna-t-il, que nous visons en priorité les transports.
- Et si on détruisait leur croiseur, monsieur ? demanda un jeune cadet. Ils ont sûrement un grand nombre de troupes !
- Sauf qu’ils ne peuvent pas les débarquer. Les vaisseaux de cette taille ont besoin de nos opérateurs de rayons tracteurs pour accoster et rester accroché à la Cité. La secousse ressentie en arrivant, c’était ça, ajouta-t-il pour Veers. Bon, tous à vos postes !
Les premiers transports étaient en approche rapide. Ils devaient penser que la Cité n’offrirait aucune résistance, compte tenu de la menace que leurs bombardiers Hyena faisaient peser sur le répulseur central. C’est alors qu’il se rendit compte que les transports étaient des barges CC-9979. Des vaisseaux sans générateur hyperluminique.
Or, les frégates Munificent n’avaient pas de hangar assez grand pour en accueillir ne serait-ce qu’un.
- Jav, dit-il précipitamment dans le comlink, on a un problème. Je crois qu’ils ont amené plusieurs Lucrehulks avec eux.
- Je confirme, monsieur. Nos chasseurs ne peuvent pas repousser des croiseurs de cette importance.
- Les voitures des nuages, non. Mais les Delta-7 et les Y-wings ?
- On va essayer, monsieur. Connaissez-vous leur point faible ?
- Le bras de liaison entre l’arc et la sphère. S’ils sont en position de combat, sa destruction devrait entraîner une réaction en chaîne qui détruira le croiseur concerné. Mais pour passer leurs boucliers, il vous faut des torpilles à protons.
- Bien, monsieur. J’ai donc l’autorisation ?
- Oui. Autorisation accordée, capitaine Jav. Que la Force soit avec vous.
- Et avec vous aussi, amiral.
Autour de Jagen, les combats faisaient rage. Sur les dix barges qui avaient réussies à se poser, deux étaient encore debout et trônaient au milieu des débris qui jonchaient l’astroport. Les autres n’étaient plus que des morceaux de métal fumants. Cependant, beaucoup de droïdes avaient pu être déployés, et ils fonçaient à présent vers eux, leur intelligence artificielle commune ne se souciant guère du feu nourri des tourelles turbolasers.
- Johun, dit Jagen à son second, je n’arrive pas à contacter le Knight’s Blade. J’avais prévu cette éventualité, mais ce n’est pas pour autant que je l’apprécie.
- Je ferais mon devoir, répondit sombrement Solo avant de s’en aller grâce à l’accès aux souterrains dissimulé dans chaque tourelle.
Jagen garda quelques secondes les yeux rivés sur la trappe par laquelle venait de sortir celui qui représentait à présent la clé de la victoire républicaine.
- Vous pensez qu’il réussira ? demanda Veers, caché derrière l’une des ouvertures de tir, en train de recharger son arme.
- Je l’espère, dit simplement Jagen. C’est notre seul espoir.
- Non. Il y en a un autre.
- Lequel ?
Veers s’interrompit pour réfléchir pendant un instant.
- Aucun. Je sais pas ce qui m’a pris…
- Vraiment ?
- Laissez tomber…
Les droïdes étaient de plus en plus nombreux, à présent, et ils avaient réussi à atteindre le pied de la tour, où ils étaient hors d’atteinte de la tourelle du toit.
- Grenades ! hurla Jagen.
Depuis le début de la guerre, le marché de la grenade ionique ou électromagnétique était en pleine expansion, ce qui était normal étant donné la nature des soldats séparatistes et la composition des armures clones. Mais Jagen ne s’était toujours pas habitué aux effets.
- Ils sont H.S. pour un petit moment, dit-il à ses hommes. Etat du bouclier ?
- 75 %, répondit l’un de ses hommes. Et nous avons réussi à détruire plusieurs de leurs frégates. Pour l’instant, les transports lourds sont à distance.
- Ils attendent d’avoir lancé tous leurs transports, dit sombrement Jagen.
- Amiral, dit soudainement l’un des opérateurs du poste de sécurité au-dessus de lui, le central vient de m’envoyer des images ! Venez voir !
Il grimpa promptement à l’échelle et arriva juste au moment où l’opérateur lançait la vidéo.
- C’est le hangar 94, dit-il, de l’autre côté de la ville. Regardez.
La pièce sur l’écran était dans le noir le plus total, et Jagen se demandait ce qu’il y avait à voir quand soudain…
- Des étincelles ! s’exclama Jagen ! Ils ouvrent la porte !
- Et ce n’est pas tout. Le central ne connaît pas ce type de droïdes.
Jagen se concentra sur les « conserves » noires qui avançaient dans la fine lueur provenant de la porte découpée. C’est alors qu’il les reconnut. J’ai un mauvais pressentiment, tout d’un coup.
- Monsieur ?
- Les Renseignements ont reçu des rapports dans ce sens-là, mais nous ne pensions pas qu’ils étaient déjà opérationnels…
- De quoi s’agit-il ?
- Ce sont des droïdes BX. Des commandos, ajouta-t-il en voyant le regard interrogateur de son interlocuteur. Conçus pour le combat rapproché. Mais également excellents pour les opérations de sabotage. Où peuvent-ils aller, à partir de ce hangar ?
- Partout.
- Alors envoyez une patrouille au générateur de bouclier.
- Le… générateur de bouclier ?
- S’ils le désactivent, leurs frégates pourront détruire nos défenses. Et vous par la même occasion. Alors, faites ce que je vous ordonne.
- Oui, monsieur, répondit la jeune recrue.
- Ensuite, continuez le pilonnage des transports en approche.
- A vos ordres.
Jagen redescendit à toute vitesse et alla retrouver une escouade de ses hommes.
- Maximilian, vous êtes aux commandes. J’ai à faire dans les souterrains.
- Bien, amiral, répondit Veers. De toute façon, je n’avais pas l’intention de sortir.
Les effets de la bombe électromagnétique s’étaient dissipés et tous les droïdes qui n’avaient pas été méthodiquement détruits par les défenseurs de la tour pendant ce court labs de temps étaient de nouveau opérationnels.
- Tant mieux, et bonne chance.
Sans attendre de réponses, il sauta au fond du souterrain et fut rapidement rejoint par ses quatre hommes. Il leur fit immédiatement signe de le suivre.
Au bout de dix minutes, l’un d’eux rompit le silence.
- Monsieur, le générateur de bouclier n’est-il pas censé être en surface ?
- Qui vous dit que nous allons au générateur de bouclier ? demanda Jagen sans s’arrêter de marcher.
- Eh bien,…. Euh….
- Ce n’est pas bien d’écouter aux portes. Même quand il n’y en a pas.
- Amiral…
- Ce n’est pas grave, cette fois-ci. J’ai dit d’envoyer des troupes au générateur de bouclier au cas où ils s’y dirigeraient. Mais selon moi, ils vont vers le générateur central.
- Le central ? Mais… le répulseur….
- Ils ne veulent pas prendre la Cité, ils veulent la détruire, lança Jagen avec dégoût.
- Mais…. Que pouvons-nous faire face à ces commandos ? Pourquoi ne pas avoir envoyé le gros des forces par là plutôt que dans la mauvaise direction ?
- La plupart des habitants de Bespin ne mettent jamais les pieds dans le réseau de souterrains. Et il y en a encore moins qui savent où se trouve le générateur. Alors, des étrangers, vous pensez…. Et puis, de toute façon, je suis l’un des rares à connaître les codes d’accès à l’ordinateur central. Ce même ordinateur qu’ils vont essayer de pirater. Ils ne peuvent pas faire autrement, de toute façon. Mais moi, je sais comment débloquer les tourelles de protection.
- Et s’ils le font sauter ?
- Le blindage fait deux mètres, donc il leur faudrait des bombes plus grosses qu’eux. Non, je pense qu’ils vont s’en tenir au piratage.
- Et pourquoi…
Tout à coup, Jagen sentit une perturbation brève et fugace au sein de la Force, qui n’avait rien à voir avec les questions assommantes de la recrue. Il entendit tout juste le bruit de blasters ouvrant le feu et vit à peine leur lumière rougeoyante, agrémentée de quelques lueurs bleues et vertes dans le lointain. Toute son attention était portée sur la douleur lancinante qu’il ressentit subitement dans ses côtés, une douleur qu’il emporta avec lui dans le royaume de l’inconscient.
************
Il sentit un fluide froid et doux couler sur ses côtes et perçut presqu’immédiatement la présence de plusieurs personnes à ses côtés. Il fournit alors un effort considérable, qui lui sembla être le plus important de sa vie, pour ouvrir les yeux.
- Vous êtes vivant, dit une douce voix féminine au-dessus de lui. Ne bougez pas.
Jagen n’avait d’autre choix que d’obéir, bien qu’il n’aime pas cela. D’ordinaire, c’était lui qui donnait les ordres. Il se mit malgré tout en position et attendit patiemment.
- Ah, vous êtes réveillé, amiral.
L’homme qui s’approchait de lui – pour ce que Jagen en voyait, dans la pénombre des souterrains – était plutôt grand, avec des cheveux tombants sur les épaules et un barbe bien taillée, le tout grisonnant. Un sabre-laser était attaché à sa ceinture.
Un Jedi, à n’en pas douter.
- Djinn Altis, pour vous servir, dit-il en l’aidant à se relever. Nous étions en route pour Anoat quand nous avons capté un message qui nous a incités à venir ici.
- Vous ?
- Moi et mes collègues.
Jagen regarda dans le reste du couloir. Il y avait bien une vingtaine de personnes, dont la moitié seulement portait des sabres-lasers. Mais les autres n’étaient pas des soldats de la République. Jagen comprit alors ce qui était arrivé.
- Où sont mes hommes ?
Le visage d’Altis passa d’une quasi-joie à la tristesse en un instant.
- Ils sont morts, amiral. Vous êtes tombés dans une embuscade. Nous avions repéré ce petit groupe détaché du lot principal et nous le poursuivions quand ils ont ouvert le feu sur vous. Nous avons craint qu’il n’y ait aucun survivant.
Mais il avait survécu. Korda VI, Troiken, Galidraan, Raxus…. Cela devenait une habitude. Mais ce n’est pas pour autant que cela lui plaisait. Pour un officier de si haut rang, Jagen était extraordinairement attaché à chacun de ses hommes, de sorte qu’il essayait toujours de les protéger. Malheureusement, il ne réussissait pas toujours. Comme aujourd’hui.
- Vers où les autres droïdes se dirigeaient-ils ? demanda-t-il en essayant de changer de sujet.
- Le générateur central. Mais ils ont reçu des renforts – ils doivent être une centaine, maintenant.
- Une centaine…
Jagen regarda une nouvelle fois autour de lui et compta les amas de métal qui subsistaient des commandos BX. Quatre. Ils étaient quatre. Ils avaient l’avantage de la surprise, certes… mais il faut regarder les choses en face. Je ne fais pas le poids contre de tels ennemis.
- Ils tentent toujours de pirater l’ordinateur central, poursuivit Altis. A moins que vous n’ayez de quoi les repousser – et il faudra être supérieurs en nombre, si vous voulez mon avis – le mieux serait d’évacuer.
Jagen regarda son chrono. Quarante minutes étaient passées depuis que Solo était parti dans les souterrains. Et une nouvelle idée venait de germer dans son esprit.
- Evacuer ? dit-il d’un ton réjoui. Quand vient le moment du triomphe ? Je crois que vous surestimez nos adversaires !
- Vous avez une idée en tête, non ?
- Une excellente idée, si vous voulez mon avis. Nous sommes toujours à l’endroit de l’embuscade ?
- Oui.
- Alors l’entrée du service d’entretien de l’extracteur est à deux pas d’ici. Suivez-moi.
Les autres le suivirent, bien qu’ils ne comprirent pas son plan. En moins d’une minute, ils parvinrent aux locaux techniques. Après qu’ils y soient entrés, Jagen inséra son badge dans une porte annexe, qui s’ouvrit pour révéler une vaste réserve.
Avec la clé de son plan.
- Des jetpacks ?!? s’exclama l’un des hommes, visiblement surpris.
L’amiral se tourna vers lui avec un grand sourire.
- Un générateur de la taille de celui qui alimente Bespin doit être placé dans une pièce ouverte. Le toit de l’immeuble est une immense grille, mais il comporte une porte à code sur le côté. C’est par là que nous sortirons.
- La porte donne sur le vide ?
- Non.
- Alors pourquoi…
- Pour nous diriger. C’est la méthode la plus courante en cas de chute programmée. Un bon jetpack nous permettra d’atteindre la grille au plus vite.
Altis plaqua une main devant sa bouche, choqué.
- Vous allez arrêter le générateur ?
- Avec une grenade électromagnétique haute tension. Plus forte que les grenades habituelles, elle devrait faire fondre leurs circuits.
- Mais…
- L’ordinateur central est protégé contre les chocs électriques, mais pas de cette intensité. J’estime qu’il faudra deux minutes pour que les systèmes secondaires prennent le relais. Et si le générateur ne reçoit pas d’alimentation pendant une minute…
Jagen mima une chute en remuant ses doigts et abaissant sa main.
- Vous êtes fou, dit l’un des hommes.
- C’est ce qui a fait ma réussite, répondit Jagen avec un grand sourire.
************
Les droïdes étaient tous regroupés dans la pièce centrale, autour du socle de l’ordinateur principal. Jagen, réfugié trois étages au-dessus d’eux, les voyait en train de tapoter les touches. D’après l’écran affiché, ils avaient déjà mis hors service les deux tiers des systèmes de sécurité. D’ici trois minutes, ils seraient en mesure de contrôler l’alimentation du générateur. Et de le couper.
A moins, bien sûr, qu’ils préfèrent une solution plus radicale. Et, dans ce cas-là, une surcharge serait évidemment la meilleure option. L’explosion emporterait sûrement la moitié de la Cité des Nuages.
Et laisserait le reste plonger jusqu’au noyau de magma bouillant qui constituait le cœur de la planète.
Il fit signe aux autres porteurs de grenades ; Altis, la jeune femme qui l’avait soigné et en qui le Jedi semblait avoir une grande confiance, et le soldat qui le pensait malade. Et lui, bien sûr. Toujours dans les pires situations aux pires moments.
Une équipe de choc, à n’en pas douter.
Tout en priant pour ne pas s’être trompé dans ses calculs, Jagen lança la grenade électromagnétique en l’air. Les autres l’imitèrent.
Les droïdes entendirent le bruit d’armement de la grenade puis virent quelque chose atterrir à leur pied. Ils n’étaient pas en situation de combat. Leur programmation leur indiqua donc qu’il s’agissait d’une chute de pierres. Sauf que les cailloux en question explosèrent.
Les éclairs ioniques blancs et bleus balayèrent la pièce, se répandant de machine en machine, presque instantanément. Les uns après les autres, les commandos BX explosèrent, soumis à plusieurs millions de volts qu’ils n’étaient pas préparés à accueillir. Enfin, lorsque ce fut fini, l’ordinateur central, qui avait jusque-là tenu le coup, explosa en une gerbe de feu incandescente.
Jagen se releva sans trop de difficultés et vit ses coéquipiers faire de même. Ils n’avaient plus qu’une minute, à présent. Il vérifia son comlink. Il avait été protégé par la housse en cuir de bantha qu’il avait acroché à sa ceinture.
- A toutes les forces de la République, ici l’amiral Eripsa , dit-il dans l’appareil. Cessez le tir et accrochez-vous à tout ce que vous pouvez. On va sauter une marche.
Il le rangea immédiatement et se tourna vers les hommes d’Altis, qui avaient enfilé leurs jetpacks. L’avantage de ce modèle était sa conception rudimentaire, bien éloignée de celle des modèles républicains. Ils étaient conçus pour l’entretien des croiseurs à proximité des stations spatiales.
Ils étaient entièrement mécaniques.
Jagen appuya sur la manette et s’éleva. Ils étaient faciles à prendre en main, au moins. Certes, ces propulseurs n’étaient pas aussi performants que les modèles mandaloriens, mais ils permettaient au moins une ascension rapide. En quelques secondes, Jagen parvint à la porte, tapa le code et l’ouvrit. Il sortit à l’air libre et vit le ciel dans son intégralité. Le coucher de soleil était encore là.
Puis, tout à coup, il se rappela de ses propres ordres. Ceux que tous le monde suivait à part lui. Mais il était légèrement trop tard, à présent.
Il se sentit descendre, tout doucement, légèrement. Mais, s’il avait pu croire au début qu’il s’agissait d’un simple trou d’air comme la Cité en rencontrait deux fois par jour, il fut vite détrompé. La gigantesque plateforme ne fut bientôt plus qu’un immense poids mort, inexorablement attiré vers le centre de Bespin.
Il eût alors peur, extrêmement peur. Il avait déjà piloté des chasseurs, mais ça…. Ça dépassait l’entendement. Il n’avait plus aucun contrôle. Ah, si. Il avait son jetpack. Mais s’il l’allumait, il perdrait définitivement tout espoir de s’accrocher.
Enfin, au bout d’une minute qui lui sembla infiniment longue, le générateur se redémarra et la Cité inversa la tendance. Au-dessus d’eux, les séparatistes ne comprenaient toujours pas ce qui se passait.
C’est alors que la victoire arriva. Alors qu’ils remontaient progressivement, en tout cas bien moins vite qu’ils n’étaient descendus, d’immenses formes apparurent à l’horizon. Altis se tourna vers lui.
- Non, dit-il. Vous n’avez pas fait ça…
L’amiral acquiesça.
Lorsque Jagen avait entendu la description de Grievous, il avait compris qu’il s’agirait d’un ennemi sans aucune subtilité. Concentré sur son but final. La destruction de la Cité des Nuages.
Il avait alors ordonné au Knight’s Blade et au reste du détachement de la flotte Loyalty de rejoindre la couche inférieure, en dehors de la « Zone de Vie », et de se placer en-dessous des extracteurs afin d’être moins facile à repérer.
Le seul problème était qu’une fois cachés des radars par les plateformes et les gaz, les communications devenaient incertaines. Jagen décida alors d’envoyer Johun rejoindre le Knight’s Blade grâce au Millenium Falcon, rangé dans un hangar près de leur zone de combat, si jamais des problèmes survenaient. Une sage et utile précaution.
Et, à présent, ils voyaient les destroyers de classe Arrow remonter progressivement de la couche sub-atmosphèrique, prêts à en découdre avec une ennemi qui ne les voyait pas.
Cependant, les républicains étaient malgré tout en désavantage. Et c’est là que la « surprise » de Jagen intervenait.
Lorsqu’il avait vu les petits croiseurs gaziers de Loronar, il avait tout d’abord pensé à des leurres censés attirer l’attention de l’ennemi loin de Tibannapolis, où étaient réfugiés tous les habitants de la Cité des Nuages. Cependant, le blindage de ces poubelles était beaucoup trop léger ; le moindre tir de chasseurs risquait de les réduire en charpie. C’est alors qu’il avait compris que c’était justement ce qu’il fallait faire.
D’après les derniers rapports des pilotes du capitaine Jav, les séparatistes étaient tombés dans son piège. Ils avaient cru à une opportunité bénite, à une occasion d’obtenir du carburant de qualité déjà conditionné, et ils avaient rassemblé la flotte automatisée qui paraissait vouloir s’enfuir. Ces mêmes transports se trouvaient donc au cœur de la flotte séparatiste, protégés par une dizaine de vaisseaux lourds occupés à pilonner le bouclier terrestre de Bespin.
Des croiseurs qui ne se doutaient même pas de la menace qui planait sur eux.
Dans le lointain, Jagen vit le Knight’s Blade, apparemment semblable aux autres destroyers mais qu’il aurait pu reconnaître entre mille, ouvrir le feu vers les leurres.
L’explosion projeta d’immenses gerbes de feu dans toutes les directions, et l’onde de choc générée se répandit jusqu’aux croiseurs en périphérie. La moitié de la flotte séparatiste était anéantie en une salve.
Et c’est dans ce spectacle de désolation que le Knight’s Blade et les autres destroyers Arrow entrèrent dans la bataille, réduisant en pièce les défenses des séparatistes qui ne comprenaient pas encore ce qui se passait.
************
Vingt-quatre minutes plus tard, la bataille était finie.
************
Jagen était en train de remettre les chaises du salon en place quand ses parents entrèrent dans le salon, accompagnés de Vanya. Ils paraissaient à la fois inquiets et heureux.
- Tu y es arrivé, dit simplement son père.
- C’est mon boulot, répondit simplement Jagen avec un léger sourire.
- Nous avons vu des images, ajouta sa mère. La Cité tombant dans les nuages…. Comment as-tu pu…
- C’était temporaire, maman. Le terminal central a été remis en état. Tout est revenu à la normale. A l’extérieur, en tout cas. Je viens juste de finir de ranger le salon. Les autres pièces… disons que vous allez enfin avoir une retraite active.
- Et Eiran ? demanda Vanya d’une petite voix.
- Il est bien trop intelligent pour qu’on le retrouve s’il ne le souhaite pas. Il sait comment masquer ses déplacements, voyager sous un faux nom ou utiliser des creds intraçables. Pour l’heure, je ne sais pas comment le retrouver. Et je ne le chercherais pas.
- Jagen…
- C’est sa décision, dit-il d’une voix tranchante. A son âge, j’ai voulu visiter certains systèmes de la galaxie, avec mon ami, Kenth Onasi. Nous étions jeunes, insouciants… Et naïfs. Nous nous sommes fait prendre par les Hutts. Mais le frère de Kenth, qui nous suivait sur ordre de ses parents, a alerté la flotte de la République qui est arrivée assez vite. Seulement, les militaires en poste dans ce secteur pensaient que deux vies n’étaient pas suffisantes pour prendre d’assaut un transport. Ils ont essayé de tous nous détruire. Dans la panique, Thyrs est venu nous chercher. Il a pénétré à l’intérieur du croiseur, nous a libéré, mais il a été touché pendant la fuite. Mortellement touché. Parce qu’il nous suivait.
- Je l’ignorais… murmura Vanya d’un air désolé.
- C’est un fardeau que je porte depuis mes débuts, tout comme cet incident près de Thyferra. Et je n’ai pas envie que mon fils connaisse la même chose.
- Mais tu n’étais pas coupable, Jagen….
- C’était une bavure. Point. Ne t’inquiète pas, je le retrouverai. Mais sans le chercher pour autant. Et ne t’avise pas de faire appel à quelqu’un pour le traquer.
- Après tout ce temps ensemble, tu arrives même à lire dans mes pensées….
Sur ces mots, la porte s’ouvrit et laissa entrer le capitaine Solo, son datapad à la main.
- Ah, Jagen, vous êtes là. Grievous a été repéré à quelques parsecs d’ici. Mais il quittait le système, apparemment.
- Je m’en doutais. Il a dû s’échapper lorsque sa flotte a explosée.
- Sa flotte…
- Terrik a rappelé ?
- Oui. Et il n’avait vu aucun Lucrehulk. Et il n’y en avait pas plus sur Gentes.
- Intéressant….
- Pas de subtilités, cette fois-ci.
- Les cargos de la Fédération nécessitent une très grande quantité d’énergie avant chaque assaut. Or, nous n’avons trouvé aucun vaisseau-citerne au sein de leur flotte. Etrange, pour des vaisseaux à plus de trois jours de leur première base viable.
- Vous pensez qu’ils ont un avant-poste dans le secteur ?
- Cela ne fait aucun doute.
- Cette affaire n’est donc pas terminée.
- Non. En effet. Comment Palpatine a-t-il réagi ?
- Officiellement, il a loué votre bravoure devant le Sénat.
- Officieusement…
- Officieusement, vous avez mis en péril trois mois d’offensive pour protéger votre planète natale.
- Kenobi a gagné, de toute façon. D’ailleurs, indiquez-lui qu’il peut reporter l’assaut sur Jabiim.
- Jabiim ?
- Je vais avoir besoin de toute l’aide disponible pour éradiquer la présence séparatiste dans le Corridor d’Ison. Et Jabiim n’offre aucune ressource intéressante.
- Les habitants…
- Les habitants, je m’en occupe, le coupa Jagen. Si vous voulez bien contacter Terrik pour moi et lui indiquer que j’ai du boulot pour lui, bien sûr.
- Tout de suite.
- Et… Johun ?
- Oui ?
- Précisez-lui qu’il sera bien payé.
- J’y veillerai, monsieur.
Alors que Solo sortait de la pièce, Jagen se tourna vers sa famille, en pensant qu’il ferait bien de profiter de ce court répit avant la tempête.



Comme vous aurez pu le deviner, le prochain chapitre portera sur la recherche de cette base reb.... euh, séparatiste dans le secteur. Une idée ? :D
Dernière modification par Jagen Eripsa le mer. 28 mars 2012 - 9:50, modifié 2 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Super chapitre encore :jap:
Jagen Eripsa a écrit :Comme vous aurez pu le deviner, le prochain chapitre portera sur la recherche de cette base reb.... euh, séparatiste dans le secteur. Une idée ?
Hoth? :transpire:
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Message par Jagen Eripsa »

Pardon ? :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Et ben tu demande si on a une idée de la localisation de la base ( si j'ai bien compris la question? :paf: ) et vu que Hoth est tout proche de Bespin :transpire:
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Message par Jagen Eripsa »

Ah bon ? :transpire:
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Message par Patatos »

Bon ba c'est pas Hoth alors :paf: , j'attendrai la suite pour le découvrir :jap:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

J'ai rien dit moi.... :siffle:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Faut arrêter de me faire tourner en bourrique hein !!! :paf: :lol:
En tout cas j'espère que Jagen va réussir à envoyer Grievous 6 pieds sous terre ( ou sous neige :siffle: ) :)
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Un excelent chapitre, vraiment :jap:
Jagen Eripsa a écrit :Donc en fait, je reprends les idées d'auteurs que je ne connais pas, c'est ça ? :transpire:
T'as pas lu Legacy?
Jagen Eripsa a écrit :ls s’étaient en suite chargés de trouver une solution pour venir en aide aux quelques survivants du Vol vers l’Infini
Petite coquille : ensuite en un mot :wink:
Jagen Eripsa a écrit :Je l’espère, dit simplement Jagen. C’est notre seul espoir.
- Non. Il y en a un autre.
- Lequel ?
Veers s’interrompit pour réfléchir pendant un instant.
- Aucun. Je sais pas ce qui m’a pris…
- Vraiment ?
- Laissez tomber…
:lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
Jagen Eripsa a écrit : Comme vous aurez pu le deviner, le prochain chapitre portera sur la recherche de cette base reb.... euh, séparatiste dans le secteur. Une idée ? :D
Utapau :paf:
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Message par Jagen Eripsa »

Merci à tous les deux pour vos commentaires :jap:
Pour la localisation de la base rebelle, je n'ai dit ni oui ni non à aucun de vous deux... :siffle:

EDIT : Pour le coup, je n'ai trouvé aucune coquille :?
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Jagen Eripsa a écrit : Pour la localisation de la base rebelle, je n'ai dit ni oui ni non à aucun de vous deux... :siffle:
Quel suspens :transpire: :paf:

EDIT :
Jagen Eripsa a écrit :Ils s’étaient en suite chargés de trouver une solution pour venir en aide aux quelques survivants du Vol vers l’Infini
On écrit ensuite en un mot :wink:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Ah oui :transpire:


Chapitre 13

« Comme je le dis toujours, la meilleure défense est une bonne attaque. »

Amiral Ait Convarion, lors d’une conférence face aux cadets de l’Académie d’Anaxes.

Destroyer de classe Arrow Knight’s Blade, 200 jours après la bataille de Géonosis.

- Je me fous de ce que Palpatine pense, s’écria Jagen. Je ne laisserai pas une nouvelle attaque se produire.
- Vous devez comprendre que le Chancelier Suprême…
- L’Andouille Suprême, plutôt !
- Vous blasphémez ! s’emporta le délégué du COMPOR.
Jagen s’arrêta net en plein milieu de la cousive. Sa lèvre supérieure palpitait de rage.
- Un blasphème ? Palpatine se prend donc pour un dieu ?
- Le Chancelier Suprême a sauvé de nombreuses vies.
- Et il en sauvera encore plus en ne se mêlant pas de la guerre. Je refuse d’envoyer des troupes sur Jabiim, surtout maintenant que les habitants ont été évacués vers Chandrila. Messieurs, dit-il à l’adresse de deux soldats en patrouille, veuillez raccompagner cet homme à sa navette. Et assurez-vous qu’il quitte mon vaisseau.
- Vous ne vous en tirerez pas comme ça, Eripsa.
- Bonne journée à vous aussi, capitaine Ishin-Il-Raz.
Jagen le regarda s’éloigner, encadré par deux officiers de la sécurité. Ishin-Il-Raz était un membre emblématique du COMPOR, et il y avait de fortes chances pour qu’il se soit fait de nouveaux ennemis.
C’était l’organisation elle-même qui le dérangeait. Créé deux mois auparavant à partir du néant, ce groupe fantasque de fanatiques de Palpatine avait reçu en très peu de temps un grand nombre de pouvoirs, en tout cas bien trop pour que Jagen ne les considère pas comme une menace.
- Tu viens encore de défier Palpatine… Décidément, tu es incorrigible, Jagen.
Pendant qu’il était occupé, Ait Convarion s’était glissé derrière lui.
- Je croyais que tu n’arrivais que demain, grommela Eripsa.
- On dirait que tu n’es pas content de me voir.
- Ce n’est pas ça. C’est…
- Je sais. Ton fils a disparu.
- Tu as un bon réseau d’informateur.
- Non, c’est juste le capitaine Solo qui m’a demandé de ne pas trop te brusquer.
- Et toi, comme à ton habitude, tu fais tout le contraire.
- C’est ma spécialité, après tout. Alors, quoi de neuf ?
- J’attends toujours. Viens voir.
Il l’emmena jusqu’à la salle tactique, deux ponts au-dessus. Il entra son identifiant et une représentation graphique du Corridor d’Ison apparut.
- Voilà où nous en sommes. Le Corridor d’Ison comporte un certain nombre de planètes, mais nous avons effectué un tri préalable. Déjà, je suis certain qu’ils ne sont pas dans le système Anoth. Jango me l’a confirmé.
- Heureusement, car sinon, ton plan serait tombé à l’eau.
- Nous pouvons également éliminer Bespin et Anoat, reprit Jagen sans tenir compte de l’interruption. Nous avons envoyé une équipe sur Ruusan, à proximité. Et il n’y a rien. J’attends toujours.
- Et pour le reste ? J’ai appris que tu avais rencontré maître Altis, sur Bespin.
- Tu le connais ?
- Je l’ai rencontré lors d’une mission humanitaire, dit vaguement Convarion.
- J’ignorais que des Jedi suivaient encore l’ancien code.
- Laisse-moi deviner : tu l’as enrôlé ? Pour Aurek Bleu ?
- Nous aurons besoin de toute l’aide nécessaire.
- Oui, et bientôt la moitié de la galaxie saura que tu souhaites renverser Palpatine. Bon, ce qui est fait est fait. La situation est revenue à la normale, sur Bespin ?
- Oui. A l’heure qu’il est, l’administrateur Calrissian devrait avoir fini la réinstallation des familles qui étaient encore à Tibannapolis.
- Donc tout est revenu à la normale.
- Pas tant que je n’aurai pas trouvé cette base.
Sur ces mots, il entendit son comlink sonner. Il le décrocha.
- Eripsa.
- Nous avons quelque chose, amiral, dit la voix de Johun Solo dans l’appareil.
- J’arrive.
Jagen sortit rapidement de la pièce pour se rendre sur le pont, mais il trouva Solo et Veers quelques mètres avant, dans un couloir annexe.
- Nous avons intercepté une transmission de la part de notre droïde-sonde sur Hoth. Je vous laisse regarder…
Les images laissaient entrapercevoir quelques bâtiments enfuis sous la neige et encore en état.
Ainsi qu’une dizaine de réservoirs de carburant.
- C’est cela. Les séparatistes sont sur Hoth.
- Il ne s’agit peut-être que de contrebandiers…
- Non, c’est bien eux. Et je suis sûr que leur attaque est partie de là. Capitaine Veers, préparez vos hommes.
- Bien, amiral.
************
Système Hoth, 201 jours après la bataille de Géonosis

- Nous approchons de la surface, amiral.
- Bien. Ouvrez le sas dès que nous serons posés.
- A vos ordres.
Jagen se hâta de rejoindre la sortie du vaisseau. Bien qu’il ait confiance en Veers, il voulait superviser les choses lui-même. Et détruire définitivement les installations qui menaçaient Bespin et sa famille.
Et Vanya.
Le pilote eût tôt fait d’obéir à ses ordres, et Jagen se retrouva dans le blizzard glaçant. Heureusement, son armure mandalorienne était adaptée pour résister à de telles températures. Il se dirigea vers les transports d’où sortaient les hommes du 298ème, avec leur armure adaptée à la neige.
- Capitaine Jav, je suis heureux de vous savoir, vous et vos hommes, à mon côté.
- Et je suis honoré d’avoir été placé sous vos ordres, amiral, répondit le clone. Les hommes de Loyalty vont-ils nous rejoindre ?
- Non. Leur équipement n’est pas conçu pour résister à des températures aussi extrêmes. Nous avons bien quelques tenues, mais elles sont réservées aux opérateurs.
- Ah. J’avais donc bien compris. Nous allons nous servir de ces braves bêtes.
- Le capitaine Veers a vraiment fait du bon travail. Avec ces walkers lourds, nous allons pouvoir percer leurs lignes.
- Dommage qu’ils aient eu le temps d’installer leur bouclier de défense planétaire.
- Au moins, le test sera réaliste. Nous devrons détruire leur générateur de bouclier.
- Très bien. Les TP-TTs seront de la fête ?
- Ils couvriront les flancs des TB-TTs.
- Alors allons-y.
Les énormes barges de débarquement transportant les véhicules d’assaut arrivèrent au-dessus d’eux et commencèrent leur approche. Une fois posées, elles libérèrent les engins dévastateurs qui permettraient à la République d’anéantir une fois pour toutes la présence séparatiste dans le Corridor d’Ison.
- Capitaine Veers au rapport, amiral, dit le jeune militaire dans le comlink. Mes véhicules sont prêts.
- Bien, capitaine. Les speeders de combat vont vous ouvrir la voie.
- Très bien. Dites-leur de nous indiquer les crevasses dans la couche de glace. Je n’aimerais pas perdre un véhicule aussi bêtement.
- Moi non plus. Bonne chance.
Jagen mit son casque et rejoignit les troupes. Alors qu’ils commençaient leur avance, les speeders passèrent au-dessus d’eux. C’étaient des T-45s, un modèle de chasseur de patrouille atmosphérique développé par Incom. Centax étant le premier client de la société, grâce aux Z-95s et aux ARC-150s qui équipaient la Flotte Loyalty, Jagen avait eu accès à un certain nombre de prototypes qui subissaient à présent leur premier test en conditions réelles. En pensant aux pilotes, il se surprit à penser qu’il valait mieux être sur terre, couvert de neige et gelé, que dans les airs à tester des vaisseaux de reconnaissance dans des conditions de vol épouvantables.
Les T-45s envoyèrent plusieurs relevés au cours des minutes suivantes, certains portant sur les installations ennemies, tandis que d’autres servaient tout simplement à indiquer la topographie aux walkers de Veers. Jagen, lui, continuait de progresser dans la neige, louant les protections de son armure qui l’empêchaient malgré tout de subir le pire du blizzard.
Ce fut au cours de la deuxième heure de marche qu’un évènement inopportun se produisit. Alors qu’ils entraient dans la vallée où se situait la base séparatiste, Jagen repéra de nombreux signaux thermiques fonçant droit sur eux. Il hurla à tout le monde de se mettre à couvert.
Le gros de la charge était un troupeau de paisibles ruminants bipèdes appelés tauntauns. Ces créatures généralement inoffensives mais à l’odeur crainte étaient généralement calmes, mais cette fois-ci, leur instinct les poussait à la fuite. Et les hommes de la 298ème ne tardèrent pas à comprendre pourquoi.
Le reste du groupe entrevu par Jagen était composé d’une meute de bipèdes à la longue fourrure, communément appelés wampas. Ces créatures carnivores étaient difficiles à abattre, et eurent malheureusement tôt fait de repérer une proie apparemment plus faible et moins rapide. Les clones et Jagen chargèrent leur fusil, sachant que la puissance de feu des walkers ne leur serait pas d’une grande aide dans cette bataille.
Ce fut un combat éprouvant, tant par la force des monstres blancs que par les conditions météorologiques exécrables. Finalement, les républicains mirent en fuite les wampas restants, avec de leur côté quelques blessés seulement. Aucun mort n’était à déplorer.
- Faites transférer les blessés dans le TB-TT de queue, ordonna Jagen à un sergent près de lui.
- Oui, amiral.
- Ensuite, nous irons directement à l’intérieur des véhicules. Nous ne pouvons pas nous battre dans ces conditions, ajouta Jagen. Nous devrons nous en remettre aux machines de guerre du capitaine Veers.
- Bien, monsieur.
Jagen monta lui-même à l’intérieur du TB-TT de tête, pour retrouver un homme dans son élément.
- Tout fonctionne à merveille ! s’exclama Maximilian Veers. J’ai eu peur que le gel ne bloque les servomoteurs, mais c’est passé. A présent, nous en sommes en route pour leur générateur de bouclier.
- Ils savent que nous sommes là.
- Bien sûr. Mais ce froid embrouille tous les systèmes de navigation. Nous allons tout faire par balise orbitale. Et eux, ils n’en ont pas.
Sur ce, il se remit aux préparatifs et reprit l’avance. Le reste de la bataille fut très flou pour Jagen, reclus dans la soute du véhicule pour ne pas gêner les pilotes. Il entendit juste des exclamations de joie lorsque le générateur de bouclier explosa, puis lorsque les croiseurs en orbite bombardèrent la base. Il était concentré sur un sentiment de malaise qui allait croissant depuis le début de la bataille.
Puis, tout d’un coup, cela explosa. Il fut englouti en l’espace d’un instant par les ténèbres du Côté Obscur, et eût l’impression de se noyer dans un abîme sans fond.
************
Lorsqu’il revint à lui, dans son lit au cœur de sa cabine sur le Knight’s Blade, Djinn Altis était au-dessus de lui.
- On dirait que vous n’arrivez plus à vous passer de mes soins, remarqua le Jedi.
- Maître Altis ? dit Jagen en se relevant. Je croyais que vous vous occupiez de l’installation de votre académie sur Bespin…
- J’y étais, répondit le Jedi, et j’y serai resté si on ne m’avait pas parlé de votre cas. Vous êtes resté cinq jours dans le coma.
Jagen resta sidéré. Il avait l’impression d’être tombé quelques instants auparavant.
- Le plus intéressant dans votre cas, amiral Eripsa, c’est que personne n’a compris pourquoi vous aviez eu cette attaque, alors que vous étiez en excellente santé. Sauf moi, bien entendu. Je suis stupéfait qu’une personne comme vous n’ait jamais été détectée.
- C’est un des privilèges de Bespin. La loi des colons.
- Ah… Vous saviez donc que vous étiez sensible à la Force.
- Depuis pas mal d’années, en effet.
- Et vous êtes très sensible au Côté Obscur.
- Il me rend malade, cracha Jagen avec dégoût. J’ai déjà du mal à rester au Sénat…
- Vous pensez que le Sith y est, n’est-ce-pas ?
- Oui, mais je pense qu’il se cache, sans quoi vous l’auriez déjà repéré. Non, je parle des sentiments des politiciens.
- Impressionnant. En fait, vos talents ne sont pas très aiguisés ; c’est votre instinct qui amplifie cette sorte de… radar ?
- Vous l’avez ressenti aussi.
- Tout me porte à croire que ce fameux Seigneur Sith a pris part à un rituel ancien et très puissant. J’ai ressenti une fluctuence, en effet, et les Jedi traditionnels en ont parlé à leur Conseil. Mais ils n’ont pas ressenti la chose avec la même intensité que vous. Vous devez être un cas unique. C’est sûrement pour cela que ce Sidous tient tant à vous mettre hors-course.
- Que voulez-vous dire ? demanda Jagen, dont le pouls s’accéléra.
- Après le bombardement et pendant votre… repos, un message est arrivé de la part du service informatique. Ils avaient récupéré certaines archives dans la base, et elles vous concernaient. Tenez.
Jagen prit le datapad que le Jedi avait sorti de sa poche et lut le message qui y était inscrit.

De : Shadow Lord
A : Gal Grievous
Objet : Opération Iron Fist

Concernant l’invasion de Besp………………………………………lotte depuis H………………………………………………………………………………….teur central de la cit………………………………..imordial : tuez l’amiral Eripsa.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Publication du premier tome :
Tome 1
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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Lu et très intéressant comme chapitre :) ,
Jagen Eripsa a écrit :Les séparatistes sont sur Hoth.
Je suis trop fort :D

Ça me rappelle étrangement ESB :transpire:
Jagen Eripsa a écrit :- L’Andouille Suprême, plutôt !
Ah là il se laisse aller :lol:


EDIT : Cool la presentation du tome 1 :) pas mal comme site, on dirait pas qu'il y a autant de pages quand c'est sur le forum :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Merci pour les compliments :jap:

Pour le Tome I, je viens d'ajouter une table des matières, ça rendra la lecture plus facile. Par contre je suis ravi que tu fasses la même remarque que moi, sur le forum on a pas l'impression qu'il y a autant de texte, alors que là en taille 11 et format A5 c'est bien plus visible...
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Clair, j'ai vu 184 pages j'ai halluciné :paf: :paf:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Là, pour le tome III, y en a déjà 153.... :siffle:
J'en ai 284 pour l'instant, mais 249 publiables, pour te donner une idée.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

J'ai jamais lu aussi vite :paf: ( ça doit être psychologique de lire plus vite quand on voit pas le nombre de pages :transpire: )
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Nicravin
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Lu, vraiment un très bon chapitre :jap:
Jagen Eripsa a écrit :- L’Andouille Suprême, plutôt !
- Vous blasphémez ! s’emporta le délégué du COMPOR.
Ah ouais, carrément :D
Jagen Eripsa a écrit :Le gros de la charge était un troupeau de paisibles ruminants bipèdes appelés tauntauns.
Ils ruminent quoi à part de la neige? :transpire:
PaTaT0ss a écrit :
Jagen Eripsa a écrit :Les séparatistes sont sur Hoth.
Ça me rappelle étrangement ESB :transpire:
Tiens j'ai pas du tout eu cette impression :whistle:

Et puis sinon, c'est sympa la présentation du tome 1. Par contre, 184 pages :shock:
Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l'homme est con.
Jacques Brel
Verrouillé

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