Chroniques de la Marine Républicaine

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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Jagen Eripsa a écrit : Eh bien, vous savez ce qui se passe à la fin de la Menace Fantôme,
Ils font tous la fête sur naboo :lol: :lol:
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Le dernier chapitre du tome I !


Chapitre 11

« Je comprends votre embarras, maître Yoda. Mais vous devez comprendre que l’embargo d’une planète par un cartel commercial est tout simplement honteux. Les deux Jedi que je vous demande de me confier seront envoyés sur Naboo en tant qu’ambassadeur. J’aurais été ravi de leur adjoindre les services de l’amiral Eripsa, mais il n’est pas disponible. »

Chancelier Suprême Finis Valorum, dans un message crypté à l’intention du Conseil Jedi.

Spira, Plages de Mon Rabenden, L’Enclave du Désert, trois mois plus tard.

Eiran jouait dans l’eau de la piscine avec sa mère. Tous deux riaient aux éclats. Quant à Jagen, il faisait semblant de dormir sur son transat.
Depuis son retour de Korriban, hagard et épuisé, Vanya prenait très soin de sa santé. Elle tenait à rester à ses côtés à tous les instants ; le seul moment où il avait pu échapper à sa vigilance était sa rencontre avec Maître Nash. Au moins, pensa t-il en soupirant, je ne risque pas de me retrouver seul, cette fois.
Persuadée qu’il avait absolument besoin de vacances, Vanya l’avait emmené dans un de ces clubs destinés aux gens huppés du Noyau. L’hôtel se trouvait sur Spira, la destination de vacances la plus prisée de la Galaxie, mais sur un lieu nouvellement exploité, les plages de l’île de Mon Rabenden.
La surface de cet îlot de quelques kilomètres carrés de diamètre était entièrement recouverte par un désert sableux. La compagnie qui exploitait le club en avait profité pour créer un lieu exotique. Ici, les gens huppés pouvaient se prendre pour les habitants du quartier des esclaves de Mos Espa, sur Tatooine. Les corvées en moins, bien sûr.
C’était cela, bien plus que la nourriture fade, qui déplaisait à Jagen. Tatooine ne lui rappelait que des mauvais souvenirs. Des souvenirs qu’il aurait préféré oublier. Mais si cela était au goût de Vanya…
Une ombre couvrit le visage de Jagen. Il entendit Vanya pousser un soupir de stupeur et ouvrit les yeux.
Il s’agissait d’un militaire, d’un vrai membre des F.A.R. d’après son uniforme. Haut, solide et bien bâti, il portait malgré son jeune âge une moustache déjà bien fournie. Jagen reconnut en lui le lieutenant Pellaeon, l’aide de camp de Jaim.
- Désolé de vous déranger, amiral, dit-il d’une voix à la fois bourrue et distinguée. L’amiral Helaw cherche à vous joindre.
Il avait dit à Helaw de ne pas le déranger. Sous aucun prétexte.
- Je dois vous ramener à Centax. Ordre de l’amiral Convarion.
- Vraiment ?
Le lieutenant esquissa un sourire.
- En fait, il a plutôt dit : « Dites à Jagen d’arrêter de se dorer la pilule au soleil et de ramener son derrière ici ou je le balance dans la première étoile que je trouve ! ». Mais j’ai pensé que la version plus polie serait… disons, plus appropriée.
- Vous avez bien fait. Vous avez un vaisseau ?
- Un Gallofree, monsieur.
- C’est déjà bien. Préparez-vous au départ.
- Bien, amiral.
Après un salut de circonstances, il s’éloigna vers la piste de l’hôtel. Jagen tourna la tête vers la piscine. Si Eiran était tout sourire, Vanya le regardait d’un air furieux, ses yeux le transperçant comme si elle s’imaginait qu’il avait tout planifié.
Après lui avoir expliqué la situation, il prit ses affaires, l’embrassa et se dirigea vers la piste à son tour. Il était en route vers chez lui.

************

Les amiraux Helaw et Convarion, accompagnés des généraux Dodonna et Dallin et de leurs assistants, étaient déjà assis autour de la table de conférence lorsque Jagen entra, le capitaine Tinor à ses côtés. Tous deux saluèrent les autres participants et s’assirent à leur tour. Personne ne prit la parole.
- Nous attendons quelqu’un ? demanda Jagen.
- Il vient d’arriver au hangar douze, répondit Jaim.
Jagen regarda les caméras du hangar 12 sur son datapad. Il n’y avait qu’un transport Gozanti un peu abîmé. Il devait s’agir de l’un de leurs espions.
Le comlink de Jaim sonna. Il écouta le message et appuya sur un des boutons devant lui.
Une silhouette encapuchonnée entra par la porte qu’il avait emprunté deux minutes avant. Mais il ne s’agissait pas d’un espion. Lorsque l’homme s’approcha de lui, il le reconnut.
- Bonjour, Jagen, dit le Chancelier Suprême Valorum.
- Bonjour, Finis, répondit Jagen. Mais que faites-vous ainsi ?
Il ne répondit pas et alla saluer les autres. Lorsqu’il s’assit, il prit la parole.
- Messieurs, vous savez pourquoi je vous ai convoqué. A part Jagen, peut-être.
- En effet, répondit l’intéressé.
- Eh bien, je vais tout t’expliquer, avec monsieur Helaw, s’il le souhaite.
- En fait, commença Jaim, il s’agit d’un problème de piraterie, à la base. Des attaques par-ci par-là, mal organisées, avec peu de succès. Mais ces derniers temps, elles se sont intensifiées. Et puis il y a eu Naboo.
Jagen avait entendu parler du blocus qui enserrait la petite planète, et y avait porté beaucoup d’attention.
- Qu’est-ce que cela vient faire là-dedans ? demanda Jagen.
- Tout, dit simplement Helaw. Lorsque la Fédération a envoyé ses vaisseaux d’escorte autour de Naboo, les attaques ont pris de l’ampleur. La dernière a permis à ces pirates de s’approprier plusieurs millions de tonnes de carburant et des centaines d’armes. Le marché noir risque d’exploser, avec ces prises sur le marché.
- Nous avons des raisons de penser qu’ils sont soutenus par une puissante organisation, reprit Valorum. Une organisation criminelle suffisamment puissante pour masquer leur présence.
- Laquelle ? Le Soleil Noir ?
Finis eût un air navré.
- C’est l’autre raison de notre réunion. Les services de polices de plusieurs planètes ont enregistré des massacres dans des villas appartenant à des gens… aisés, les vigos du Soleil Noir.
- Comment le savez-vous ?
- Des papiers retrouvés chez eux. Il s’agit sans aucun doute d’une personne puissante. La Fédération a plusieurs fois été confrontée à ces pirates. Et je les soupçonne d’en être capable.
- Vraiment ?
- Ils m’ont mis sur écoute.
- Comment cela ?
- Il n’y a rien de sûr, dit Helaw. Il s’agit simplement…
- Je vous en prie, amiral ! coupa Valorum. J’ai discuté de la taxation des routes commerciales avec le sénateur du secteur Chommell le 12. Le lendemain, Naboo, sa planète-mère, était bloquée par leurs croiseurs. Dans la foulée, Palpatine m’a annoncé qu’il continuerait de me soutenir, mais en négociant avec la Fédération. Deux Jedi partiront dans deux jours sur la planète pour négocier avec eux. C’est ma dernière carte.
- Je peux vous aider ? demanda Jagen.
- Non, merci, répondit Valorum. Du moins, pas de cette façon. J’aimerais beaucoup que tu ailles sur Mon Calamari, en fait. Le dernier des vigos a été retrouvé sur cette planète. Et ce meurtre diffère des autres. Rends-toi sur place et vois ce que tu peux apprendre.
Il y eut quelques secondes de silence, chacun réfléchissant à la situation.
- Bien, reprit Helaw. Pour finir sur une note plus positive, je dois t’annoncer, Jagen, que tu vas devoir te séparer de ton aide de camp. Le capitaine Tinor a été promu colonel, à la tête de la Cinquième Flotte.
Tous applaudirent poliment et prirent un à un congé. Jagen sortit, accompagné de son ancien subordonné. Ils marchaient dans les couloirs lorsque Tinor prit la parole.
- Je n’ai pas voulu ça, Jagen. J’aurais aimé rester sous vos ordres, mais le manque d’officiers se fait encore sentir, même douze ans après Troiken.
- Je le sais, Mell… Il s’agit d’une importante promotion. Montre-toi digne de ce grade.
- Oui, Jagen. Je vais prendre le commandement du Coruscant’s Son. Le dernier des croiseurs Arrow entrés en service.
- Ça ne te changera pas trop !
- Je le sais. C’est pour vous que cela va changer. Ne malmenez pas trop le nouveau lieutenant !
************
Dame Alderena était très charmante, Jagen devait en convenir. La chef de la sécurité mon calamarienne l’avait invité à prendre le thé, afin de discuter des récents évènements.
- Vous pensez que cela risque d’avoir une incidence sur le cours de la viande de roba, ce blocus ?
C’était la vingtième question de ce genre qu’elle lui posait. Il en avait assez, à présent.
- Sûrement, madame. Il s’agit de l’un des plus gros exportateurs sur le marché de la Bordure. Le Noyau devrait être moins touché, puisque l’essentiel de sa production vient des élevages en batterie de Brentaal II. Seuls les amateurs de bio devraient voir la facture augmenter.
Elle semblait satisfaite de la réponse.
- Je vois que la sécurité de la République est en de bonnes mains avec un homme aussi cultivé, dit la mon calamarienne. Il faut que vous compreniez que nous sommes très méfiants envers les étrangers, ici. Les indigènes quarrens sont nerveux, en ce moment. Le fait que notre sénateur soit de leur espèce n’améliore pas les choses. Et puis, il y a eu ce meurtre… nombre des nôtres servaient dans la garde de cet Alexi Garyn. Mais mon fils vous expliquera cela mieux que moi. Suivez-moi, je vous prie.
Ils sortirent du poste central pour entrer dans un speeder aux vitres blindées. Ils parcoururent quelques kilomètres pour arriver sur la côte de l’île, au pied d’une majestueuse villa.
Dame Alderena lui désigna un jeune calamarien, debout en train d’inspecter un rapport, avant de prendre congé de lui. Il se dirigea vers l’amphibie, qui tourna la tête vers lui.
- Je suis l’amiral Jagen Eripsa, dit-il.
- Aran Ackbar. Je suis le lieutenant en charge de cette affaire.
- Pouvez-vous m’expliquer quel détail est si troublant ?
- Vous le verrez par vous-même. Suivez-moi.
Ils traversèrent la pelouse soigneusement entretenue pour entrer dans le manoir. La décoration de marbre était somptueuse, l’endroit que n’importe quel riche Coruscanti jugerait très accueillant. Tout y était : en plus du marbre, de beaux tapis, des plantes et des fleurs en abondance et de riches œuvres d’art ornaient la maison. Tout semblait avoir été prévu pour accueillir.
Sauf les cadavres de gardes ensanglantés, bien sûr.
Ils entrèrent dans une pièce qui semblait être la salle d’audience. Tout rappelait le faste des demeures des rois, jusqu’au trône au milieu de la pièce.
Enfin, l’aurait rappelé si un cadavre blond n’était par assis dessus, un trou béant dans la poitrine.
Ackbar se plaça devant et désigna la blessure mortelle.
- Voilà votre détail troublant, dit-il.
- Un disrupteur, peut-être.
- Nous l’avons pensé. L’arme qui a abattu les gardes en était un. Mais vous ne trouvez pas qu’il y manque quelque chose ?
Jagen repensa aux couloirs qu’il avait traversé. Par rapport aux gardes déchiquetés, Alexi Garyn semblait dormir paisiblement, si l’on occultait sa poitrine transpercée.
- Du sang, dit-il. Il n’y a pas de sang.
- La blessure a été immédiatement cautérisée, confirma Ackbar. Et vous savez qu’il n’y a qu’une seule arme capable d’une telle chose ?
Tout devenait clair. Finis ne l’avait pas envoyé ici parce qu’il espérait trouver des documents sur le Soleil Noir.
- Il s’agit d’un sabre laser.
- Nous avons gardé le silence sur cette découverte, reprit Ackbar. Le chancelier Valorum nous a approuvés.
- Et il a bien fait, dit Jagen. Mais comment… ?
Il n’eût pas le temps de finir sa phrase. Son comlink sonna. Il décrocha.
- Amiral Eripsa, vous me recevez ?
C’était la voix de son opérateur holo.
- Cinq sur cinq, Yorys. Que se passe t-il ?
- Une autre attaque de pirates, amiral. Le chancelier craint que la situation ne nous échappe. Il souhaite que vous preniez personnellement le dossier en charge.
- Très bien. Laissez-moi finir ici et j’arrive. Transmettez-moi vos coordonnées.
- Inutile, amiral. Le chancelier a insisté sur l’urgence. Nous sommes déjà dans l’espace calamarien.
************
Lorsque Jagen entra sur le pont, le lieutenant était déjà à l’œuvre et ne remarqua pas son arrivée. Il en profita pour l’observer.
C’était visiblement un corellien, d’après ses traits caractéristiques. De plus, son uniforme de lieutenant portait un mince trait rouge, de haut en bas. La ligne de sang corellienne.
Il différait beaucoup de Mell. Son ancien aide de camp avait toujours été très guindé, même après douze ans d’ancienneté. Le nouveau, quant à lui, respirait la décontraction, malgré une concentration apparente.
Il se retourna lorsque Jagen arriva près de lui, et fit face à son nouveau supérieur.
- Lieutenant Johun Solo au rapport, amiral. Je suis votre nouvel aide de camp.
- Très bien.
Ce nom rappelait quelque chose à Jagen.
- Solo ? Comme dans Maison Solo ?
- Parfaitement, répondit le lieutenant, un sourire en coin.
- Très intéressant… Bon, dites-moi, quelles sont les nouvelles de Coruscant ?
- Le chancelier Valorum veut que vous escortiez les convois qui passent dans la zone des attaques. Il pense que l’un des pirates que vous finirez par attraper vous donnera les coordonnées de leur base.
Il eût un sourire entendu.
- Autrement dit, une affectation longue durée. Mais si ça vous intéresse, j’ai quelque chose à vous proposer.
Il semblait si sûr de lui que Jagen choisit de l’écouter.
- Expliquez-vous.
- Dans ma fiche de briefing, il est dit que ces vauriens sont soutenus par une organisation criminelle.
- C’est sûrement le cas.
- Donc, par conséquent, cette organisation criminelle serait au courant de la localisation de la base pirate ?
- Oui, bien sûr, mais nous ne savons pas de qui il s’agit…
- Il y en a qui savent tout, dans ce monde-là. Les Hutts. Surtout la baronne de Tatooine, Gardulla.
En entendant ce nom, les souvenirs de Jagen remontèrent vingt ans plus tôt…
Le soleil de Tatooine est brûlant. Asphyxiant. Et ce sable… Par la Force, il y en a à perte de vue…
- Tu es sûr que c’est la bonne direction ?
La voix de Kenth est emplie de doute. Il ne peut pas lui en vouloir. C’est sa faute s’ils en sont là.
- Non, mais c’en est une. Nous nous y retrouverons mieux cette nuit, à la lueur des étoiles.
- Je l’espère, sans quoi…
Il ne finit pas sa phrase. Des cris. Des coups. Jagen fait volte-face, s’attendant à voir des Hommes des Sables.
Le coup de poing du gamorréen en pleine tête.
La prison, dans le noir et la saleté.
Gardulla, le contemplant avec un sourire mauvais du haut de son trône, en le vendant pour mille crédits, avec Kenth, à une bande de pirates weequays.
La nuit dans le quartier des esclaves, une nuit sans dormir.
La cale du croiseur, attendant la prochaine attaque pour compter transporter le butin à bord du vaisseau de ses maîtres.
L’attaque qui vient finalement. Les soldats envoyés pour les retrouver. Le combat qui dégénère. Thyrs, le frère de Kenth, qui se sacrifie pour eux. La course pour échapper à Trenik Fehn. Le regard de dégoût lancé par son ami. Lorsqu’il avait hurlé qu’il était responsable de tout ce qui était arrivé. Les coups qu’il lui avait portés.
Plus tard, sur Télos, lors de l’inhumation du corps de Thyrs. Monsieur et madame Onasi qui lui disaient qu’ils ne lui en voulait pas ; Bien sûr, ils n’avaient jamais su la vérité. Il avait dit que leur vaisseau avait été capturé dans le système Arkanis. Kenth ne leur avait pas dit ce qui s’était réellement passé non plus. Pas plus qu’il lui avait adressé la parole depuis.

Solo avait dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas, car il était visiblement inquiet.
- Monsieur ?
- Ça va, répondit Jagen. De vieux souvenirs.
- Quoi que vous puissiez penser des Hutts, ils sont notre meilleur espoir si nous ne voulons pas passer les vingt prochaines années à escorter des cargos.
- Je le sais, lieutenant. Nous mettons le cap sur Tatooine.
************
Les couloirs du palais hutt étaient sombres et crasseux, à l’instar de la plupart des autres bâtiments de Tatooine. Seuls deux gardes marchaient avec lui, parmi lesquels son nouvel aide de camp. C’était son idée, après tout. Autant qu’il soit en première ligne si tout tournait mal.
Jagen se rappelait bien de la dernière fois où il avait parcouru ces couloirs crasseux. C’était le jour de sa vente aux pirates weequays, le jour où tout avait basculé. Le jour où il s’était juré d’entrer dans l’armée pour combattre de tels criminels. S’il avait su ce qu’il ferait, vingt ans plus tard, serait-il allé à Anaxes ? Probablement pas. La Force était décidément bien étrange.
La salle du trône était plongée dans l’obscurité. Un orchestre, probablement composé de ces malheureux musiciens biths à la recherche de mécènes, jouait une musique d’ambiance, parasitée par les rumeurs de multiples conversations dans des langues diverses et variées. Mais tous les mercenaires, pirates, contrebandiers et chasseurs de primes se turent lorsqu’ils virent le nouvel arrivant.
Jagen avait revêtu un vieil uniforme, mais cela ne l’empêchait pas d’être plus impressionnant que la plupart des militaires républicains. Tous le fixaient, mais lui n’avait d’yeux que pour la monstrueuse créature qui l’avait autrefois vendue pour mille crédits : Gardulla la Hutt, baronne du crime d’Anachore.
C’était elle qui dirigeait les gangs de la Mer de Dunes. Jagen détestait particulièrement les Hutts, mais celle-là bien plus que son éternel rival, Jabba, qui régnait sur Mos Espa. Même si la nuit qu’il avait passé dans le quartier des esclaves avant d’embarquer sur le croiseur pirate n’était pas tout confort.
La Hutt (mais pouvait-on vraiment voir Gardulla comme une femelle, puisque tous les Hutts étaient hermaphrodite ?) avait tourné ses immenses yeux jaunes vers lui. Un regard de mépris, sans nul doute, puisque ces vermines détestaient les humains qui les avaient supplanté dans la domination de la galaxie. Et peut-être un peu d’avidité, comme à l’accoutumée. Un autre hutt se tenait à ses côtés, légèrement en recul.
- <Que viens-tu faire ici, humain ? Je ne travaille pas avec les gens de ton espèce !>
- Je viens chercher des informations sur les pirates qui attaquent les convois de marchandises, dit Jagen d'une voix assurée. Par ordre du chancelier en personne, vous devez me laisser accès à ces informations.
- <Nous négocierons les prix plus tard. Mon rival, Jabba, m’a conviée à la course de la Boonta Eve, à Mos Espa, et…>
Il ne lui laissa pas le temps de finir. Saisissant son blaster, il abattit le gamorréen le plus proche de lui avant de sauter sur l’estrade, pistolet au poing. La peur se lisait dans les yeux de l’énorme matriarche hutt.
- Ecoute-moi bien, sale tas de graisses puant. On va négocier selon mes principes. Tu me donnes les informations que je veux gratuitement et tout va bien dans le meilleur des mondes.
Un petit bruit métallique se fit entendre derrière lui.
- Ou alors, ajouta-t-il e se faisant encore plus menaçant, tu refuses de coopérer. Et dans ce cas, il y a deux solutions : je t’abats et je fous le camp, ou tu me tues et mon croiseur en orbite réduit ce palais en cendres, et toi par la même occasion.
Le hutt aux côtés de Gardulla parla de sa lente voix gutturale.
- <Un Hutt ne se plie pas aux exigences d’une larve humaine ! Misérable ver républicain ! Que tes entrailles pourrissent sous le soleil de Tatooine !>
Il fit apparaître un blaster dans l’un de ses appendices gluant et visa la tête de Jagen. Mais celui-ci avait déjà prévu le coup. Le rayon du disrupteur trancha net le bras du hutt, qui rampa vers la porte à toute vitesse en hurlant de douleur.
Gardulla le regarda, pleine de mépris.
- <Tu as blessé mon neveu et assistant, Maagn Svylic Besadii, humain. Quelle cruauté…>
Il rapprocha son blaster jusqu’à ce que le canon touche le milieu de ses deux grands yeux jaunes.
- Je n’ai pas de leçons de morale à recevoir de la part d’un Hutt. Et encore moins de toi, Gardulla. D’ailleurs, on va revoir les termes du contrat. En plus des informations, tu vas me donner les mille crédits que tu as empochés lors de ma vente aux pirates weequays.
D’après les spécialistes, les Hutts avaient une excellente mémoire. Rumeur justifiée : en quelques secondes, la peur tira les traits ridés de la matriarche d’Anachore.
- <Toi ! Non, c’est impossible, c’est… Très bien, tu les auras, tes informations. Les pirates son sous la protection du clan Zhug. Le Fum Azanti VIII est le plus puissant des barons du crime duros. Il détient les coordonnées dans sa forteresse de Sleheyron. C’est tout ce que je sais.>
- Tu vois, grosse limace répugnante, ce n’était pas plus dur que ça. On remballe, les gars.
Ils sortirent du palais par le couloir principal. Les autres occupants s’écartaient sur leur passage. Sans un mot, ils montèrent dans la navette et rejoignirent le Knight’s Blade. Une fois sur le pont, Jagen déclencha le passage en hyperespace.
S’il était resté une minute de plus, il aurait pu voir arriver dans l’espace de Tatooine un croiseur naboo endommagé. Mais il préférait ne pas rester sur cette planète plus de temps que nécessaire.
************
Sleheyron était connue depuis plus de quatre mille ans comme étant l’une des plus grandes sources de carburant dans la galaxie. Si les Hutts avaient longtemps tiré profit de cette situation, ce n’était plus le cas aujourd’hui.
Pendant le trajet qui l’avait emmené ici depuis Tatooine, il avait pu apprendre un grand nombre d’informations qui se révèleraient sûrement utiles avant peu.
Le clan Zhug descendait de Karathi Zhug, qui faisait partie des légendaires frères Zhug, les fameux chasseurs de primes qui traquèrent un bon millier de proies et fondèrent la branche la plus lucrative de l’Echange avant d’être vaincus par l’Exilée Jedi. Peu à peu, la famille Zhug avait pris le contrôle des vestiges de l’Echange, avant de devenir les plus puissants barons du crime de ce secteur. Une position éminente que l’on déduisait facilement lorsque l’on voyait leur forteresse.
C’était une merveille de l’architecture militaire, il fallait bien l’admettre. Construite intégralement en duracier, la demeure des frères Zhug s’étendait sur cent hectares et comportait non seulement suffisamment de places pour héberger deux bataillons, mais aussi son propre générateur énergétique, ainsi que deux dizaines de tourelles lourdes. Des défenses dont la plupart des hommes seraient incapables de venir à bout.
Mais Jagen avait plusieurs atouts. Il disposait déjà de l’effet de surprise, car il était peu probable que Gardulla ait averti Azanti VIII de son arrivée imminente, l’animosité régnant entre les deux espèces étant plus reconnue. Ensuite, il avait su faire jouer ses contacts.
La commande du Knight’s Blade et des autres croiseurs Arrow lui avaient fait rencontrer le vice-président de CNK, Filnis Kuat, en charge des projets militaires. Lorsqu’il avait quitté Tatooine, il l’avait contacté afin d’obtenir des véhicules d’assaut. CNK n’en produisait pas officiellement, mais sa filiale Rothana, si. Mais Rothana était bien trop éloignée du chemin de Jaim Helaw et Ait Convarion pour convenir. Kuat lui avait alors fait une autre proposition, bien plus alléchante. Et bien plus difficile à contrer pour les duros.
Il disposait déjà de quarante chars T1-Bs dans les soutes de son croiseur. Il ne s’agissait pas de véhicules très solides, mais leur puissance de feu était convenable, ainsi que leur vitesse et leur maniabilité. Et dix TP-TTs seraient là pour les soutenir.
Cinq croiseurs identiques au sien sortirent simultanément de l’hyperespace. Dodonna, Dallin, Helaw, Convarion, Tinor. Jagen eût un sourire. Maintenant, c’était à lui de jouer.
************
La forteresse du clan Zhug était perchée sur un éperon rocheux et dominait la plaine boueuse et marécageuse qui s’étendait devant eux. Jagen observait les installations ennemies avec ses macrojumelles, tout en revoyant son plan.
Les Zhug devaient se douter de ce qui les attendait. En partie, au moins. Les F.A.R. comptant actuellement près de cinquante croiseurs de classe Arrow, leur présence dans les cieux de n’importe quelle planète ne passait pas inaperçue, à l’exception de Coruscant, bien sûr. Le Noyau commençait à s’habituer à leur forme nouvelle, mais la Bordure en voyait peu. Et maintenant, six de ces merveilles technologiques attendaient dans les cieux de Sleheyron, comme des aigles corulagiens tournoyant au-dessus de leur proie. S’il avait était dans le camp opposé, Jagen se serait certainement mit à prier pour son âme.
Ce qui n’était sûrement pas le cas de la famille Zhug. Non, vraiment pas. De plus, avec leurs cellules d’information disséminées dans toute la galaxie, ils devaient déjà savoir que la série Arrow était conçue pour les combats spatiaux, au détriment de ses capacités de bombardement. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient… Il est toujours bon, pensa Jagen, d’avoir un atout dans sa manche.
Son buy’ce était accroché à sa ceinture. Comme toujours dans ces situations, Jagen portait son armure de combat mandalorienne, peinte en rouge et blanc, à l’instar des Mark-XXII des troupes républicaines. Saisissant son casque, il le fixa sur sa tête et activa l’affichage HUD. Les informations s’affichèrent, défilant trop vite pour qu’un œil non habitué ne puisse les comprendre. Jagen avait été perdu, au début, mais c’était une question d’habitude. Comme pour tout, d’ailleurs.
Le chrono intégré au-dessus de son viseur indiquait que l’heure était venue.
- Escouade Havoc’s Legacy, en marche ! cria t-il.
Sans un mot de protestations, les soldats républicains avancèrent sur ce qui serait bientôt le champ de bataille. Comme la légendaire escouade Havoc de jadis, qui avait défendu Aldérande, Coruscant et bien d’autres planètes pendant la Grande Guerre puis la Guerre Froide, les hommes de Jagen ne reculaient devant rien, si ce n’est le baiser d'un hutt. Tout le reste leur convient, pensa Jagen avec amusement.
Derrière les soldats, les TP-TTs fermaient la marche, frappant le sol au moyen de leurs deux grandes jambes métalliques. Ils étaient pour l’instant leurs seuls véhicules, puisque les T1-Bs s’avéraient inopérationnels. Maudite gadoue, pensa Jagen. Non seulement c’est désagréable, collant et salissant, mais en plus, les véhicules à répulseur ne circulent pas dessus. Espérons que ce petit contretemps ne va pas compromettre la réussite de tout le projet…
Les défenseurs de la forteresse les avaient aperçus ; ils armaient leurs tourelles turbolasers. Jagen envoya le message de confirmation à Tinor, avant d’observer les canons prêts à faire feu…
Des rayons lasers gigantesques tombèrent du ciel, telle une lumière céleste. Cette première salve se perdit contre le générateur de bouclier, mais eût tout de même deux mérites : le premier, d’affaiblir le dit bouclier, et le second de distraire les laquais des Zhug.
Le bruit du choc contre la protection plasmique avait été frappant, mais il fut vite atténué. Deux secondes plus tard à peine, un autre le remplaça. Tous, assaillants et défenseurs, levèrent les yeux.
Le Coruscant’s Son était au-dessus d’eux, ses massifs canons tournés vers la forteresse. Ses moteurs projetaient dans l’atmosphère un bruit assourdissant. Et ce n’était pas fini.
Une véritable pluie de déflagrations s’abattit sur la forteresse des Zhug. Le bouclier résista quelques secondes, permettant par la même occasion aux gardes duros de trouver un abri, avant d’être totalement détruit. Les salves hasardeuses du vaisseau de Tinor frappaient tout, partout, n’importe comment. Mais cela marchait.
La forteresse fumait encore lorsque le croiseur remonta dans l’espace. Lorsque la brume se leva, Jagen put admirer les dégâts.
La plupart des murs portaient à présent des traces d’impacts multiples. Les murs en duracier de la citadelle avaient tenu bon, mais ce n’était pas le cas du reste : la quasi-totalité du « superflu », qu’il s’agisse de décoration, d’aménagements ou de canons lourds, avait été détruite.
Mais il restait malheureusement une tour turbolaser. Les canonniers des Zhugs se remirent bien vite de leurs émotions. Ils firent feu sur la première cible qu’ils virent, un TP-TT esseulé qui avait avancé malgré le bombardement. Le véhicule explosa au premier impact, tuant son pilote et une dizaine de soldats aux alentours.
Jurant intérieurement, Jagen envoya le deuxième signal à ses troupes. Le résultat se fit malheureusement un peu attendre, le signal étant brouillé suite aux bombardements.
Ils étaient alors sous le couvert des murs de duracier de la forteresse Zhug. Les défenseurs les canardaient avec leurs blasters, mais rataient le plus souvent leur cible. Plusieurs de ses soldats moururent, mais bien plus y seraient restés s’il n’avait pas donné cet ordre. Les TP-TTs, après tout, étaient décimés les uns après les autres.
Alors qu’il était là, sous la haute paroi de duracier, en train de repousser les assauts venant d’en haut, la terre se mit à trembler. Un énorme bruit de machines résonna sur la plaine meurtrie. Tous tournèrent la tête vers l’origine de la perturbation. C’était l’extase pour les assaillants, et l’Apocalypse pour les défenseurs. Jagen lui-même était euphorique. Après tout, les Juggernauts HAVw A5 pouvaient renverser le cours d’une bataille.
Hauts d’une quinzaine de mètres, longs d’une vingtaine, ces mastodontes renversaient tout sur le camp de bataille. Dans le passé, de tels véhicules avaient déjà été utilisés sur le champ de bataille. Mais, en ces temps de paix, Kuat Drive Yards n’en fabriquait qu’une version civile. Helaw avait réussi à négocier un essai avec une option d’achat, le genre de contrat qu’un bon vendeur ne refusait jamais. Même si dans ce domaine, l’état n’était pas garanti au retour.
Les cinq véhicules lourds foncèrent vers la forteresse, à travers tout le marécage. Les soldats républicains combattaient en dehors de leur passage, ce qui leur facilita leur avancée. Enfin, ils approchèrent de la forteresse et ouvrirent leurs sas supérieurs, faisant entrer des commandos d’assaut à l’intérieur de la citadelle.
Une demi-heure plus tard, le Fum Azanti VIII de la Famillle Zhug, habillé dans une tenue d’apparat peu pratique pour les marais, se tenait devant l’amiral Eripsa, les membres entravés par deux agents de la sécurité des F.A.R. bien bâtis. Les yeux sans pupilles et rouges des duros ne facilitaient pas la lecture des sentiments, mais celui-ci devait sans doute avoir la peur de sa vie.
Jagen n’aurait aucun mal à le faire parler.
- Azanti Zhug, c’est cela ? Dans ton dossier, il est indiqué que tu parles le basic. Alors tu vas être gentil et parler de façon intelligible, c’est-à-dire pas dans ton charabia duro, ou le gentil monsieur à ta gauche se fera un plaisir de te broyer un à un les os de tes membres.
Le criminel apeuré regarda le garde, inquiet. Jagen ne détestait en aucun cas les duros, et il comprenait très bien leur langue. Mais il était plus facile d’avoir le dessus dans sa langue natale, notamment à cause des subtilités et des schémas de pensées différents. Et c’était important de montrer dès le début qui était le patron.
- Je vous assure, dit le duro d’une voix haletante, que je ne suis qu’un honnête commerçant, un vendeur d’hydrocarbures, et si c’est ma demeure qui vous inquiétait…
- Ne joue pas au plus malin avec moi, Azanti. Gardulla a tout dit. Dis-nous où se trouve la base des pirates, et nous serons cléments.
Et, avec un peu de chance, Zhug se vengerait de Gardulla. La pègre avait besoin de s’entretuer pour le plaisir des braves gens.
- D’accord, d’accord ! Mais ne me faites pas de mal ! La base des pirates du Grey Skull est dans le champ d’astéroïdes du Vergesso, l’ancien avant-poste minier de Czerka dans le secteur. Nous leur livrons des vivres et des munitions, en échange de la moitié du butin pris.
Un champ d’astéroïdes. Mauvais, ça. Les croiseurs auraient du mal à y entrer.
- Tu vois que tu peux te montrer raisonnable, quand tu veux ? Très bien, emmenez-le.
Le duro semblait désespéré.
- Mais, mais… vous aviez dit que vous seriez clément envers moi…
Jagen eût son plus large sourire.
- Pour moi, me montrer clément avec toi, c’est ne pas te foutre une balle dans le cigare. La prison à vie t’ira mieux.
************
Jagen était assis sur son siège, au milieu du pont, et observait l’hyperespace, tout en surveillant, d’un œil discret, le capitaine Solo, en train d’inspecter les postes de travail.
Il avait eu une idée brillante, il fallait le reconnaître. Cela ne faisait que trois jours, depuis sa visite remarquable dans le palais sur Mon Calamari, mais tant de choses avaient été faites, depuis… Il savait où il allait, à présent. Ils retournaient tout d’abord à Coruscant, puis ils atomisaient Vergesso, et lui rejoignait Vanya et Eiran sur Bespin… Tout serait si tranquille…
- Monsieur ?
Il fut tiré de sa torpeur par la voix de son aide de camp.
- Oui, Johun ?
- Un vaisseau immatriculé sur Naboo est dans le secteur. Il demande la permission de nous rejoindre.
Naboo ? Mais la planète était toujours bloquée, aux dernières nouvelles ! Des fuyards du blocus ?
- Permission accordée. Je veux les voir immédiatement.
Depuis la verrière de la passerelle, Jagen eut le loisir d’observer le passage en vitesse subluminique, l’arrivée des cinq autres croiseurs, celle du vaisseau naboo, et l’accostage de celui-ci dans son propre hangar. Il alla dans le salon des invités attendre ces mystérieux voyageurs naboo.
Moins de dix minutes plus tard, le sas s’ouvrit, laissant entrer quatre jeunes femmes vêtues d’une tunique couleur de feu qui se placèrent de chaque côté de l’ouverture, de façon à créer une haie d’honneur.
La femme qui entra à leur suite était sûrement la reine Amidala, la souveraine de Naboo, dont la jeunesse avait sûrement été l’un des arguments clés pour la Fédération. Malgré leur blocus, elle était parvenue jusqu’ici. Ils avaient peut-être eût tort de la sous-estimer, après tout.
Elle était suivie par un soldat à l’uniforme bleu et rouge, un capitaine d’après ses galons, qui le salua selon la tradition militaire. Enfin, quatre personnes atypiques suivaient. Deux hommes en tunique brune, les Jedi qui lui avaient sauvé la vie sur Troiken, mais ils étaient cette fois-ci accompagnés par un gungan et un jeune garçon blond.
L’amphibie le salua en premier et alla observer sa collection de maquettes de croiseurs au fond de la pièce. Les deux Jedi le saluèrent solennellement, puis ce fut au tour du garçon.
- Tu es bien jeune pour tout ce groupe ! dit Jagen. Tu es le padawan de maître Jinn ?
- Non, répondit le garçon. Pas encore. Je m’appelle Anakin Skywalker.
Skywalker. Anakin. Kinan. Par la Force…. En se concentrant dessus, il sentit bien le pouvoir latent de l’enfant… Son potentiel inexploité, presqu’illimité, qui surclassait largement celui de n’importe quel Jedi, Yoda compris…
- Vous allez bien, monsieur ? demanda le jeune garçon.
- Euh… oui, répondit Jagen. La fatigue du combat. Je reviens du système Sleheyron. Mais cela attendra, ajouta t-il en se tournant vers les autres. Vous dites que vous venez de Naboo. Le blocus est levé ?
- Il n’y a plus de blocus, dit Amidala. La planète a été envahie.
- Envahie ? répéta Jagen, choqué. La Fédération ?
- Leurs droïdes de combat ont détruit le Radiant VII avant de se poser sur la planète, expliqua Qui-Gon. Ils sont allés trop loin. Nous nous rendions sur Coruscant avec la reine Amidala, qui souhaite porter sa cause devant le Sénat, mais notre vaisseau a été endommagé. Nous avons été contraints de nous poser sur Tatooine, où le jeune Anakin nous a aidés à repartir.
C’était très intéressant.
- Vraiment ? Eh bien, si tu es doué en mécanique, dit-il en s’adressant à Skywalker, mon simulateur de pilotage devrait te plaire.
- Je peux l’essayer ?
Ses yeux brillaient d’envie. Il devait avoir à peine deux ans de plus qu’Eiran, à peine.
- C’est sur le pont douze. Adresse-toi au chef de l’Escadron Rouge, le lieutenant Dreis. Le simulateur de l’Escadron Bleu n’est pas opérationnel.
- Bien, monsieur.
- Si tu ne retrouves plus ton chemin, n’hésite pas à demander de l’aide.
Le garçon sortit rapidement, laissant les adultes entre eux.
- Je me rends moi aussi sur Coruscant, expliqua Jagen. Le chancelier Valorum m’a confié une mission. Vous pouvez avoir confiance en lui, c’est un homme bon.
- Je vous remercie de votre sollicitude, amiral, dit la reine d’un ton glacial, mais je tiens à rencontrer tout d’abord le sénateur Palpatine, mon délégué au Sénat.
Palpatine, vraiment… Elle n’allait pas être déçue. Le chef du Conseil de Sécurité vivait dans un luxe qui n’était pas aussi ostentatoire que certains, mais ceux qui avaient l’œil savaient compter. Il y avait plus de richesses dans son appartement du 500 Republica que sur la plupart des planètes de la Bordure. Comment réagirait cette reine, qui venait de traverser une épreuve difficile, face à cela ?
Ils discutèrent de la situation sur Naboo pendant une dizaine de minutes, avant qu’il ne les conduise dans leur suite, un peu excédé. Pendant qu’ils parlaient politique, le gungan en avait profité pour démonter sa collection de maquettes de croiseurs stellaires. Il en aurait pour des heures à tout remettre en état. Maudissant ce Jar-Jar Binks, il entra dans son appartement.
Sa console clignotait. On avait essayé de le joindre plusieurs fois, apparemment. Encore sous le choc suite à la découverte de ce garçon, il s’attendait à un appel de Melena. Mais son correspondant venait de l’intérieur du croiseur. Jagen composa le numéro.
- Amiral ? répondit la voix de Garven Dreis.
- Vous aviez quelque chose à me demander, lieutenant ?
- Ce garçon, c’est vraiment vous qui nous l’avez envoyé ?
- Oui, en effet. Où est-il ?
- Avec mon second, Narra. Dans le simulateur, en versus.
Narra était un excellent pilote. Il devait bien s’amuser.
- Soyez un peu plus gentil, voulez-vous ? Ce n’est qu’un enfant, après tout, Narra est trop…
- Ils en sont à leur dixième match, et Narra les a tous perdus en moins de vingt secondes. Moi, j’en ai fait quinze en tenant trente. Au début, on l’a mis seul dans le simulateur, pour lui faire essayer. Et il a démoli en dix minutes le Scan 1. Vous savez, celui que personne ne réussit.
Aïe.
- Celui-là, poursuivit Dreis, il peut me remplacer quand il veut. Je n’ai jamais vu cela.
- Gardez-le à l’œil et tenez-moi au courant.
Jagen raccrocha, le souffle court. Il avait créé ce modèle de simulateur cinq ans auparavant, afin de pouvoir procurer un enseignement similaire dans toutes les académies de la galaxie. Le principe était simple : des champions du pilotage avaient été invités à entrer dans le simulateur ; leurs comportements avaient été analysés par l’ordinateur, avant d’être compressé dans un profil, le fameux Scan. Ces fichiers anonymes garantissaient à ces amoureux du sport que leur réputation serait épargnée. Les meilleurs pilotes, à l’instar de Dreis, pouvaient vaincre tous les Scans, à l’exception du 1.
Le mien.
Ce gamin était capable de le battre sans problème. Il atomisait en dix secondes les meilleurs pilotes de la Flotte.
Il ne fallait pas perdre de temps. Jagen composa le code secret qu’il avait tant répété sur son comlink. Son interlocutrice comprendrait. Ils l’avaient trouvé.
************
Jagen connaissait Finis Valorum depuis quatorze ans, à présent. Et il ne l’avait jamais vu aussi inquiet.
Il avait ramené les Jedi et la reine dans l’orbite de Coruscant, puis il était venu au Sénat après avoir lu tous les rapports arrivés en son absence. La session extraordinaire dédiée à la crise sur Naboo venait de se terminer. On lui avait demandé d'attendre dans le bureau de l'Exécutif, ce qu’il fit jusqu’à ce que la porte s’ouvre.
Finis n’entrait pas seul. Il était suivi du sénateur Antilles d’Aldérande, lui-même accompagné par un délégué au teint mat, du sénateur de Kashyyyk, Yarua, et de son propre père, Saron Eripsa. Tous semblaient absorbés par leur conversation.
- Ah, Jagen ! dit Finis. Je vous présente le sénateur Yarua de Kashyyyk, vous connaissez déjà le sénateur Antilles, bien sûr, mais voici son gendre et assistant, Bail Organa.
Jagen les salua solennellement, mais quand il se retrouva face à son père, il ne put faire de même.
- Bonjour, papa. Comment vas-tu ?
- Bien, Jag. Même si… enfin, nous allons t’expliquer.
Ils s’assirent tous face à Valorum, installé comme à son habitude dans l’imposant fauteuil qui masquait la verrière.
- Alors ? demanda Jagen. Je dois intervenir sur Naboo.
Tous semblaient gênés. Quelque chose ne tournait pas rond.
- Que se passe-t-il ? questionna t-il, inquiet.
- Je suis sous le coup d’une motion de censure, expliqua Valorum.
La motion de censure était l’arme la plus redoutable du Sénat. Si jamais la majorité des sénateurs estimaient que le chancelier n’était plus apte à remplir sa tâche, ils pouvaient le démettre de ses fonctions, temporairement ou définitivement.
- C’est insensé ! Quel félon a osé faire une chose pareille ? Le délégué Dodd, de la Fédération ? Le sénateur Taa ?
- Non, répondit Antilles. C’est la reine de Naboo, Amidala.
Yarua poussa un grognement affirmatif.
- Elle pense que je ne suis plus à la hauteur. Le Sénat souhaitait l’envoi d’une commission d’enquête. J’étais d’accord. Pas elle.
- Une commission d’enquête ? Je vous ai connu plus entrepreneur, Finis. Cela ne vous ressemble pas.
- En fait, répondit Valorum, avec un sourire en coin, je souhaitais t’envoyer là-bas, afin de régler ce problème, et la commission d’enquête n’aurait trouvé que ce qu’il fallait. Et tout le monde aurait été content.
- Alors, pourquoi….
- Palpatine, coupa Antilles. Il a manipulé la reine pour obtenir cette motion de censure. N’oubliez pas que la loi interdit le dépositaire d’une telle mention d’occuper une quelconque place dans le gouvernement suivant.
- Et en faisant ainsi, il pourra ?
- La loi n’avait pas prévu ce genre de cas, admit Antilles, gêné.
- Cette vipère veut le pouvoir à tout prix, dit Saron. Il nous aura toujours collé des bâtons dans les roues. Kalpana ne l’aimait pas, Aiden non plus, et je crois bien que nous allons tous le détester, à présent. Bon sang, je me fais trop vieux pour ça !
- Il est candidat, n’est-ce-pas ?
- Evidemment, répondit Valorum. Bail est celui qui pourrait me succéder le plus facilement.
- J’ai l’appui de bon nombre de sénateurs des planètes du Noyau et des corelliens, expliqua Antilles. Mais je ne garantis rien.
- Que puis-je faire ? demanda Jagen.
- Rien, pour le moment. Si les choses s’accélèrent, je te tiendrai au courant. Ce qui est déjà beaucoup dans le monde actuel, ironisa Finis.
- Que voulez-vous dire ?
- Les Jedi ne sont pas très loquaces, ces temps-ci.
- Le vaisseau de la reine est en maintenance à Centax. Je vais voir ce que je peux y trouver.
- Bien. Parce que j’ai un très mauvais pressentiment quant à cette histoire…
************
Lorsque Jagen entra dans son bureau avec les enregistrements des caméras de sécurité du croiseur naboo, deux jours plus tard, il trouva Melena Nash assise dans un de ses sièges invités, en train de méditer. Une méditation pas aussi profonde qu’elle n’en avait l’air, apparemment.
- Bonjour, Jagen. Je vous attendais.
Il contourna le bureau et prit place dans son bon vieux fauteuil.
- Bonjour, Melena. Vous avez reçue mon message ?
- Oui, bien entendu. Et je l’ai vu.
- Alors ?
- C’est bien lui, j’en suis certaine. Mais le Conseil ne l’a pas identifié en tant que tel. Ils pensent qu’il est l’Elu.
- Le quoi ?
- L’Elu. C’est le nom donné à celui qui doit rétablir l’équilibre dans la Force et détruire les Sith.
- Intéressant. Mais un peu contradictoire, aussi. Ramener l’équilibre dans la Force, c’est faire en sorte qu’il n’y ait autant de Sith que de Jedi, non ? Et s'il détruit les Sith, il détruit les Jedi par la même occasion, n’est-ce-pas ?
- J’avoue que je n’avais jamais accordé la moindre attention à ce contresens, admit Melena. Oui, cela pourrait être interprété ainsi. Mais vous savez, avec les adaptations, au fil des siècles…
- Bien entendu.
- En tout cas, ils refusent de le former. Maître Jinn a voulu passer en force, mais ils s’y sont opposés.
- Les imbéciles…
- Ce gamin peut tous les vaincre les yeux fermés. Ils ont peur.
- Je croyais que la peur menait au côté Obscur ? demanda Jagen, en riant.
- Vous ne croyez pas si bien dire.
Cette phrase le refroidit net.
- Que voulez-vous dire ?
- Suite à votre visite sur Mon Calamari, le Conseil m’a envoyée inspecter la zone. Dès mon arrivée, le capitaine Ackbar m’a remis une holocam endommagée. Il pense qu’elle contient ce que nous cherchons. L’identité de ce mystérieux guerrier. Il n’en est pas sûr, puisqu’il préférait que nous le découvrions nous-mêmes.
- Un type bien, cet Ackbar. Visionnons cette vidéo.
C’était bel et bien un enregistrement de sécurité. Ils virent de nombreux passages sur la vie du palais, avec les allées et venues de divers membres de diverses espèces ; mais le moment intéressant finit par arriver.
- Regardez, Melena. C’est un zabrak. Les cornes sont fortement marquées. Quant à ces tatouages, ils sont Sith. J’en suis certain.
- C’est un utilisateur de la Force, c’est sûr. Il manie un double sabre-laser, l’arme la plus difficile à contrôler, puisque Garyn a été tué ainsi. Mais un Sith… De nombreuses religions pratiquent le tatouage, et les Sith n’en sont pas particulièrement adeptes.
La vision d’un cadavre pourrissant recouvert de tatouages semblables à ceux du guerrier zabrak lui revint à l’esprit.
- J’en ai déjà vu sur Korriban. Je suis sûr de moi.
- J’avais peur que vous ne me disiez cela. Il doit s’agir du guerrier qui a attaqué Qui-Gon sur Tatooine.
Le Jedi n’avait pas mentionné cela.
- Peut-être. Oui, cela se tient. Les Sith sont derrière le blocus de Naboo.
- Vous pensez qu’ils contrôlent la Fédération ? demanda Melena, inquiète.
- Ce n’est pas un de leurs Vice-Rois, c’est certain. Les Neimies font de très mauvais utilisateurs de la Force. Non, c’est quelqu’un d’autre.
- Ce Sidious ? D’après ce que nous savons, et comme le répète maître Yoda, « Toujours par deux ils vont. Le maître et l’apprenti. ».
- Si celui-ci n’est que l’apprenti…
Sur la vidéo, le guerrier massacrait toujours des dizaines de gardes, armé de son disrupteur.
- Peu importe. Nous les débusquerons. Mais ce n’est pas votre tâche, Jagen. Pas encore. Pendant votre absence, Valorum a appelé. Amidala arrive ici dans une heure. Elle repart pour Naboo.
************
Le cortège qui sortit de la nef royale fraîchement réparée était composé des mêmes personnes que la dernière fois. La reine, ses suivantes, le capitaine, le gungan, et les Jedi, suivis d’Anakin, qui regardait autour de lui d’un air ébahi.
Il est vrai que pour quelqu’un né sur Tatooine, la base de Centax avait tout d’un complexe immense. Depuis maintenant douze ans, Jagen s’était évertué à l’agrandir, secteur après secteur, pièce après pièce. A présent, on la voyait depuis Coruscant, la nuit. Jagen l’avait dessinée pour qu’elle ait la même forme que l’insigne de la République. Pari réussi. Elle pouvait accueillir, en plus des troupes affectées à la défense du Noyau, dix croiseurs Arrow au moyen de multiples ancres et sas. Le hangar dans lequel ils se trouvaient n’était pas le plus grand, mais il était déjà impressionnant.
Après les avoir salués, Jagen retourna dans ses quartiers. Il préférait souvent la solitude à une mauvaise compagnie, et si en temps normal la reine, malgré ses mauvais choix, n’entrait pas tout à fait dans cette catégorie, le fait qu’elle soit accompagnée de ce foutu gungan la mettait définitivement hors course. Le Knight’s Blade partirait le lendemain matin, et raccompagnerait le croiseur Naboo jusqu’à Sullust, où il rejoindrait ceux d’Helaw, Dallin, Dodonna, Tinor et Convarion.
Moins de cinq minutes après être rentré chez lui, quelqu’un frappa à sa porte. Jagen ouvrit le sas et se retrouva face à Qui-Gon Jinn, accompagné de l’insupportable Jar Jar Binks.
- Bonsoir, amiral. Je souhaiterai vous parler.
- Eh bien… entrez donc… dit le militaire de mauvaise grâce.
Prenant place dans son fauteuil, Jagen regarda d’un œil inquisiteur le gungan tripotait les jouets de Eiran, rangés dans un coin.
- Je suis désolé de vous déranger à cette heure tardive, commença le Jedi, mais…
Un projectile se mit à rebondir dans la pièce à toute vitesse. La balle ultra-élastique d’Eiran. Certains fabricants de jouets mériteraient la cour martiale pour création d’engins de destruction massive.
- Missa pas fait exprès ! hurla le gungan. Missa désolé !
Avec horreur, Jagen vit la balle retomber sur sa télécommande avant d’exploser. Mais il était trop tard ; elle avait déjà actionné la plupart des boutons, dont celui qu’il était le seul à utiliser. Le mur du salon pivota, laissant apparaître son établi et sa collection de câbles, de métaux, de divers autres pièces et surtout de cristaux.
En quelque sorte, l’endroit où il essayait de créer son propre sabre laser.
La réaction du Jedi fut immédiate. Il sortit son arme et l’activa, et Jagen vit la lame verte s’arrêter à deux centimètres de son visage.
Le gungan observait la scène d’un air ahuri.
- Euh… missa se souvient… missa va voir Ani….
Et il partit en courant. Jinn le fixait avec dégoût.
- Vous êtes un Sith.
Une réaction si banale l’étonnait de la part d’un Jedi aussi habitué que lui à bouleverser les traditions.
- Voyons, maître Jinn, un peu de bon sens. Si j’étais un Seigneur Sith, je vous aurai déjà éventré. Ce que je n’ai pas l’intention de faire, soi-dit en passant.
- Je sentais déjà le côté Obscur autour de vous, mais je ne m’inquiétais pas. C’est normal pour un soldat. Mais cela… ça change tout.
- Je suis de votre côté, maître Jinn. Je vous l’assure. Souvenez-vous que vous parlez de l’homme qui s’opposait au lâcher d’un million d’insectes carnivores sur d’autres personnes, qu’elles soient ou pas nos ennemis. Alors modérez vos propos, je vous prie.
Il éteignit son sabre et l’accrocha à sa ceinture.
- Je comprends qu’après ce qui vous est arrivé sur Tatooine, vous soyez quelque peu sur les nerfs. Mais je le traque aussi, comme vous.
- Vous ? Mais…
Il s’interrompit. Jagen sentit l'esprit du Jedi le sonder.
- Par la Force ! reprit-il. Vous avez un potentiel important. Un peu comme…
- Anakin Skywalker, n’est-ce pas ?
Le Jedi eût un regard soupçonneux.
- Vous êtes son père ?
- Non. Mais nous sommes bien parents. Une parenté qui remonte à fort longtemps.
- Un Jedi ?
- Le Jedi. Revan.
- C’est impossible. Les Shan ont disparu !
- Maître Nash est la preuve vivante du contraire. Mais Anakin et moi descendons des deux fils de Revan et Bastila, qui ne devinrent jamais des Jedi.
- L’Elu, un descendant de Revan ?
- J’en ai bien peur. Ce qui confirme mes craintes.
- Les Sith sont de retour.
- Affirmatif. Il y a trois mois… Vous savez que j’ai disparu ?
- C’était le bruit qui courait, en effet.
- Un transporteur civil dans lequel je me trouvais s’est écrasé sur Korriban. Le berceau des Sith. Et j’y ai découvert que les Sith existent toujours. Après tout ce temps. Et ils sont encore plus dangereux qu’auparavant.
************
Le système Vergesso était un référence dans les manuels d’astronomie. Cette formation stellaire comportait une étoile, mais pas de planètes. Juste un immense champ d’astéroïdes.
La plupart des vaisseaux pouvaient circuler sans danger ici, mais les plus gros, comme le Knight’s Blade et ses congénères, risquaient à tout moment de subir des dommages. Ce serait donc aux chasseurs, qu’ils soient bombardiers ou intercepteurs, de jouer.
Les portes massives des hangars de la flotte républicaine s’ouvrirent simultanément, laissant passer quelques secondes plus tard une véritable nuée de chasseurs. Finis avait été clair : il devait réussir.
A n’importe quel prix.
- Ici l’amiral Eripsa, dit-il sur la ligne générale. La présence des pirates a été confirmée, secteur MV-47. Nous allons placer les croiseurs Arrow en patrouille autour du secteur. Pour cette mission, le facteur ZR sera de 0,5. Bonne chance à tous.
Le facteur ZR était destiné à limiter les pertes de chasseurs. Un appareil endommagé à tant de pourcent devait immédiatement revenir au hangar pour être réparé. Généralement, le facteur ZR était 0,75. Les pilotes devaient à présent craindre le pire.
- Indiquez aux corvettes corelliennes que la voie est ouverte, dit-il à son aide de camp.
- Tout de suite, amiral, répondit le lieutenant Solo.
Les croiseurs massues, comme certains les appelaient, entrèrent à leur tour dans le champ d’astéroïdes. Leur petite taille leur conférait une agilité des plus remarquables. Conçus pour assister les croiseurs Hammerhead NG-2, ils étaient déjà aussi célèbres que ceux-ci.
Penché sur les écrans tactiques, Jagen observait l’avancée de ses troupes. Ou plutôt semblait le faire. Son esprit était tourné bien plus loin, vers Coruscant, Naboo, Tatooine, et Bespin. Tant de questions… si peu de réponses… Comment puis-je être sûr que je ne me tromperais pas ? Machinalement, il se mit à dessiner sur son bloc–notes.
L’officier de pont lui signala que leurs troupes étaient entrées, avec Jaim en tant que commandant de l’escouade. Il lui répondit d’un signe de tête, mais en réalité toute son attention était retenue par le dessin qui prenait forme sur son carnet. C’était ce visage qu’il avait vu sur Korriban, qu’il voyait encore dans ses cauchemars. Un visage pourri par le côté Obscur, avec des yeux qui semblaient contenir toute la malveillance du monde. Le visage de Dark Sidious, son ennemi mortel, bien qu’il ignore encore de qui il s'agissait.
Le lieutenant vint lui annoncer la déroute des pirates, capturés ou tués, ainsi que la mort de l’instructeur en arts martiaux de Carida, Kan Pojo, un ami de Jaim, si ses souvenirs étaient exacts. Les pertes commencent. Bientôt, la guerre déchirera à nouveau la galaxie. Mais ce jour-là, je serai prêt.
************
Par la fenêtre derrière le bureau de son père, Jagen voyait Coruscant, la planète-capitale, dont la tranquillité apparente n’était qu’un masque.
Palpatine avait gagné. Jagen l’avait appris lors de son voyage de retour vers Coruscant. Le Jedi qui avait découvert la vérité sur ses origines, maître Jinn, était mort. Il en était navré, mais cela aurait le mérite de limiter les risques que tout ce qu'il avait découvert par hasard ne parvienne aux oreilles de ses ennemis.
Quant aux circonstances de sa mort… Officiellement, c’était l’un des nombreux crimes pour lesquels la Fédération allait être jugée. Mais Jagen savait que seul ce mystérieux guerrier Sith avait pu venir à bout du maître Jedi confirmé.
Il avait également appris que c’était l’intervention d’Anakin qui avait sauvé la mise. Il allait devenir un Jedi. Sûrement le meilleur qui ait jamais existé. Melena avait juré de garder un œil sur lui.
Saron termina la lecture du rapport de son fils, l’air satisfait.
- Bien joué, Jag. Ta mère et moi, nous sommes extrêmement fiers de toi.
- Merci, papa.
- Tu as bien grandi, bien mûri. Je pense qu’il est temps pour toi de passer à des choses plus sérieuses que l’armée.
C’était la raison de leur dispute, vingt ans auparavant, et il n’avait pas envie que tout recommence.
- Je sais très bien ce que je fais, papa. La marine est sous mes ordres depuis douze ans, j’y suis heureux. Je ne veux pas la quitter.
- Ce n’est pas cela. Je souhaiterai que tu prennes ma place au Sénat.
Il s’attendait à tout, sauf à cela.
- Ta… ta place au Sénat ? Mais, papa…
- Calrissian t’aidera, bien sûr. Je sais que ton rôle dan l’armée est prépondérant, et que tu t’en montres digne. C’est d’ailleurs pour cela que je te propose ce poste.
- Le gouverneur Heavyron est d’accord ?
Larj Heavyron était le gouverneur élu par la population de Bespin, mais il avait moins d’influence que Saron ou Jagen sur sa propre planète.
- Il pense que c’est ce qui peut nous arriver de mieux, en ce moment.
- Papa ?
Saron avait le regard vague, perdu.
- Palpatine. Il y est arrivé. Bien joué, bougre de salopard.
Il se tourna vers son fils.
- Airen m’a mis en garde contre lui il y a seize ans. Avant qu’il ne monte sur ce fichu Katana et ne parte pour Vjun. J’ai tenté de nombreuses fois de le ralentir. Mais c’est un monstre politique. Il peut soudoyer même le plus incorruptible des fonctionnaires. Alors prends garde. C’est un ennemi rusé, et il va profiter de sa position pour te dominer. Tu ne dois pas le laisser faire. À aucun prix.
************
La porte du bureau du chancelier s’ouvrit, et Jagen comprit tout de suite qu’il allait détester cet endroit.
Kalpana et Valorum l’avaient décoré de couleurs neutres, le violet et gris métal du Sénat, ou l'or et bleu de la Flotte Katana. Mais Palpatine avait couvert la plupart des murs de panneaux rouges, agrémentés de bandes métalliques. Et il dit venir dans son bureau pour se concentrer… Il doit être dingue !
Le bureau lui-même était surélevé, et Palpatine lui-même trônait, l’air satisfait.
- Amiral Eripsa. Prenez place.
Jagen s’assit dans l’un des fauteuils devant le bureau, qui avaient remplacés ceux de Finis et Kalpana. Sa première pensée fut que Jango aurait qualifié ce siège de « profondément décadent ».
- J’attendais votre rapport sur les évènements de Vergesso, amiral.
- Si vous consultiez plus souvent votre messagerie, vous sauriez que je vous l’ai envoyé il y a maintenant deux jours.
Le chancelier nouvellement élu vérifia rapidement.
- Vrai. Bien, très bien. La rapidité et la rigueur sont des qualités que je juge indispensable chez mes subordonnés.
Ses subordonnés. Il n’a qu’à croire…
- Que les choses soient bien claires, entre nous, chancelier, dit Jagen en le fixant droit dans les yeux. Je ne suis pas votre subordonné. Vous avez votre tâche : apporter un semblant de réformes utiles au peuple pendant votre mandat. J’ai la mienne : garantir aux citoyens républicains la sécurité, et les protéger de toutes sortes d’ennemis, qu’il s’agisse de pirates, de contrebandiers ou de politiciens véreux.
- J’apprécie votre sollicitude envers le peuple, répondit Palpatine sur un ton glacial. Vous n’avez aucune raison de croire que j’agirai en sa défaveur.
- Appelez ça l’instinct. L’instinct de survie.
- Tout est clair, donc. Vous refusez mon autorité.
- Et vous la mienne. Je vous expose mon point de vue, et je me fais mon opinion selon ce que vous en faites.
- J’ai très bien compris. Passez une bonne journée.
- Vous de même, chancelier.
Il se leva et se dirigea vers la porte.
- Oh, j’allais oublier, ajouta-t-il en se retournant. Ne vous appropriez pas la libération de Naboo. C’est la victoire de cette gamine, de ce gamin, des Jedi, des Gungans et du peuple de Naboo dans son intégralité. Mais pas celle de la République.
Il sortit du bureau avant que l’autre n’ait eu le temps de répondre. Oui, pensa-t-il en marchant dans les coursives du Sénat, ce n’est pas une victoire pour nous. Le Sénat a beau penser que la guerre est finie, il a tort. La guerre ne fait que commencer. Et compte sur moi, Sidious, pour me battre. Mais on fera à ma façon. Et puis, qui est-il pour essayer de m’arrêter ?

Le tome II commencera... Eh bien, sûrement demain, sinon dimanche :transpire:
Dernière modification par Jagen Eripsa le jeu. 08 mars 2012 - 22:53, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Encore un très bon chapitre :jap:
Juste ce passage qui m'a un peu fait tiquer:
Depuis qu’il était revenu de Korriban, hagard et épuisé, Vanya prenait très soin de sa santé
Je sais pas, mais je trouve que prenait grand ou fort soin, ça sonnait mieux.
Sinon, pour l'apparition de Pellaeon :love:
Le tome II commencera... Eh bien, sûrement demain, sinon dimanche :transpire:
Vivement demain :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Une petite coquille :transpire:
Sinon, comme tu l'auras remarqué, il y a aussi dans ce passage Ackbar et Solo père, comme guests on peut difficilement faire mieux :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Sinon, comme tu l'auras remarqué, il y a aussi dans ce passage Ackbar et Solo père, comme guests on peut difficilement faire mieux :transpire:
Si : Pellaeon :paf:
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Message par Jagen Eripsa »

Mais il y aura mieux que Pellaeon, compte sur moi... :sournois:
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Message par Jagen Eripsa »

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Synopsis
Il est l'Amiral. Le chef de la Flotte Républicaine. Et pourtant, Jagen Eripsa a peur. Un vaisseau au nom ténébreux, que tous croyaient disparu, refait surface, avec à sa tête un vieil ennemi de Jagen, qui doit composer entre son désir de vengeance et les ordres de son nouveau supérieur, Palpatine. Mais il n'est pas seul. Au cours d'une campagne courte et décisive, Jagen comprendra qu'il existe des causes pour lesquelles il est juste de se battre. Et que la sauvegarde de la République en fait partie.
Les protagonistes
- Amiral Jagen Eripsa, Commandeur Suprême de la République
- Capitaine Johun Solo, Commandant du Knight's Blade
- Chancelier Suprême Palpatine, Chef d'Etat de la République
- Kenth Onasi, Gouverneur de la planète Telos IV
- Jango Fett, Mand'alor

Chronologie
L'ensemble de l'histoire se déroule en -27 ABY

Le mot de l'auteur
L'idée d'Opération Léviathan m'est venue à la fin de la création de l'Avènement de l'Amiral. Il s'agissait au départ de confronter une nouvelle fois Jagen et ses origines et mettre en avant sa curiosité à l'égard d'Anakin Skywalker, ainsi que le rôle de mentor qu'il endosse peu à peu pour contrebalancer la mauvaise influence de Palpatine. C'était également l'occasion de réemployer certains des personnages que j'avais utilisé par la passé et dont le destin n'était pas fixe. Le reste n'est venu qu'après...
Cette histoire fait partie de la catégorie "Infinities".

Le premier chapitre arrive demain !
Dernière modification par Jagen Eripsa le ven. 30 mars 2012 - 11:23, modifié 3 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

La couverture est magnifique. Ça donne envie :love:
Le synopsis est énigmatique, je suis impatient de découvrir la suite des aventures de notre petit amiral .
Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l'homme est con.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Je viens de finir le chapitre 11 ( oui j'ai pris mon temps :transpire: ) :
Les parallèles entre le filme et ton histoire sont vraiment bien menés :jap: .
Tu dis que ta fan-fiction est une infinity mais on pourrai presque l'intégrer dans l'UE :lol:

Le Tome 2 s'annonce palpitant :)

En tout cas très belle couverture. :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Je viens de finir le chapitre 11 ( oui j'ai pris mon temps :transpire: ) :
Les parallèles entre le filme et ton histoire sont vraiment bien menés :jap: .
Tu dis que ta fan-fiction est une infinity mais on pourrai presque l'intégrer dans l'UE :lol:
Ah, mais c'est le but ! J'essaie de me positionner en parallèle de plusieurs oeuvres de l'UE afin d'en contredire le moins possible. Mais ne t'inquiète pas pour l'Infinity : ça va bientôt commencer ! L'Episode I sera ironiquement le moins modifié, mais à partir de l'Episode II...

En tout cas, merci à tous les deux pour votre soutien !
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

« Je te maudis, vaisseau de l’enfer. Je jure que chaque parcelle de ma chair et de mon sang n’aura de repos avant de te voir détruit. »

Renor Vandorn, alias Revan, en s’échappant du Léviathan sans son aimée, Bastila Shan.

Chapitre 1

« La communauté galactique est en émoi ce soir après la découverte hier de la destruction des dômes planétaires de la colonie bith de Leveno. Aucun survivant n’a pu être trouvé. Cet acte d’une rare violence relance une fois de plus le débat sur l’adhésion à la République. Les habitants de Leveno ne souhaitaient pas en effet se joindre au gouvernement de Coruscant. Le chancelier Palpatine a répété dans un discours devant le Sénat que toutes les planètes sous protection de la Flotte de la République ne courent aucun risque. Dans le même temps, il a annoncé la tenue demain d’un vote sur le projet du Vol vers l’Infini, contre lequel un grand nombre de voix provenant de tous les milieux s’est élevé. »

Base Centrale des F.A.R., Centax II, cinq ans après le blocus de Naboo

La République existait depuis près de vingt-cinq mille ans, et contrôlait la quasi-totalité des systèmes habités autour du Noyau. Mais, malgré sa taille, et son incapacité à gérer les petits problèmes comme le blocus de Naboo, elle semblait ne pas résister à la tentation de l’extension.
C’était à cela que Jagen songeait en lisant sur son datapad un article sur le projet Vol vers l’Infini. Le but de cette expédition qu’il jugeait très hasardeuse était d’entrer en contact avec de nouvelles civilisations. Palpatine avait approuvé le projet lorsque C’Baoth l'avait proposé, avant de faire marche arrière et d’organiser une session au Sénat.
Jagen se renfrogna. Depuis qu’il était devenu sénateur, cinq ans auparavant, il avait rencontré un grand nombre de Jedi, plus que pendant ses vingt premières années au sein de la flotte, comme il aimait le faire remarquer. Et C’Baoth était pour lui le point de discorde principal.
Jorus C’Baoth s’était fait connaître quelques années auparavant, lorsqu’il était devenu le négociateur officiel de l’Ordre Jedi. Jagen ne niait pas ses talents, mais il trouvait ses méthodes un peu… expéditives. Certes, il avait mis terme au conflit qui déchirait Barlok et l’Alliance Inter-Corporations, mais seulement en faisant léviter un missile prêt à exploser au milieu de la salle de conférences.
C’était à la suite de cet incident que le chancelier Palpatine lui avait attribué le commandement du Vol vers l’Infini, assemblé à l’aide de six Cuirassés Rendilis qui devaient initialement être attribués à Centax. Palpatine avait beau se foutre royalement de l’armée républicaine, cela ne durerait pas. Le vote du Sénat pourrait très vite l’obliger à démissionner.
- Bonjour, p’pa, lança une voix dans son dos.
Eiran avait bientôt quatorze ans, mais il arrivait déjà aux épaules de Jagen. Il était inscrit à l’Ecole Centrale de Monument Plaza, où il se rendait chaque matin grâce à la navette qui reliait Centax à la planète.
- Bonjour, Eiran. Tu as passé une bonne nuit ?
- Ouais, ça peut aller.
- Tu sais ce qu’on dit : « Tant que tu ne rêves pas d’anzatis, c’est que tu as bien dormi » !
- Bonjour mes amours !
Vanya venait d’entrer, aussi belle que lorsqu’il l’avait sauvée sur Korda VI. Ses cheveux noirs et raides tombaient sur ses épaules, bien plus longs qu’à l’époque où elle combattait pour Jango.
Au souvenir de son ami, Jagen se posa les mêmes questions qu’à l’accoutumée : qu’était-il devenu ? Cela faisait maintenant cinq ans qu’il n’avait pas eu de nouvelles du Mand’alor. Il n'est sûrement pas mort, songea-t-il. Les mandaloriens savent bien se cacher.
- Bonjour, Van’ika. Tu vas bien, chérie ?
- Je me porte comme un charme, répondit-t-elle en l’embrassant.
Il lui rendit son baiser, puis repris son datapad alors qu’elle s’asseyait en face de lui.
- Ils parlent toujours du Vol vers l’Infini ? demanda-t-elle.
- Oui, malheureusement.
- Tu devrais plutôt dire heureusement. Quelque chose de plus grave impliquerait obligatoirement de nombreux morts et d’innombrables souffrances.
- Tu as raison.
- Tu vas aller au Sénat pour le voter ?
- C’est mon devoir. Je l’assumerai.
- Méfie-toi. Palpatine serait ravi de te démettre de tes fonctions pour trouble de l’autorité.
- Ce serait sa fin.
- Hum… fit-elle en le jaugeant du regard. Oui, tu as raison. Je tiens beaucoup trop à toi pour te laisser entre ses mains.
Souriant à cette phrase, Jagen ouvrit sa boîte holomail professionnelle. Il avait deux messages en attente. L’un était une invitation à un cocktail pour l’inauguration du cinquantième croiseur Arrow sur Kuat ; il transféra le courrier à Ait, qui, pensa-t-il, serait sûrement ravi d’y aller.
L’autre message provenait d’une équipe d’infiltration qu’il avait envoyé sur Leveno. La colonie bith ne faisait pas partie de la République, mais elle se situait à moins d’un parsec de sa frontière. Qu’un ennemi suffisamment puissant pour se permettre d’anéantir une planète sans la piller se trouve dans les parages rendait Jagen nerveux.
Le message indiquait que ses agents avaient retrouvés la flotte responsable de ces exactions. Jagen ouvrit la pièce jointe. Une image apparut sur l’écran. Jagen put identifier chacun de ces vaisseaux, estimant leurs forces et leurs faiblesses, à l’exception d’un seul à l’arrière-plan. Lorsqu’il distingua enfin les contours du croiseur, il ne put retenir une exclamation de surprise mêlée d’horreur, qui fit lever les yeux de sa femme et de son fils de leurs bols respectifs.
C’était un vaisseau en forme de mâchoire, la plus terrifiante de toutes, un sorte de gueule béante s’apprêtant à avaler le monde en une bouchée. Plusieurs centaines de vaisseaux avaient été construits ainsi en l’espace de cinq ans, voilà plusieurs milliers d’années. Mais, en son for intérieur, Jagen s’avait qu’il s’agissait du premier, du prototype de cette série Interdictor.
C’était le Léviathan, le vaisseau de Saul Karath, qui venait de détruire son quatrième monde, après Taris, Télos et Dantooine.
************
Hall de l’Assemblée, Sénat Galactique, Coruscant

Aujourd’hui, ce n’était pas la majesté des lieux qui impressionnait Jagen, mais la véhémence des débats sur le projet du Vol vers l’Infini.
Les sénateurs des deux camps conspuaient leurs adversaires, ceux en faveur du projet étant les plus véhéments. L’opposition, dont faisait partie Jagen, voyait ses propos réfutés les uns après les autres. Pourtant, après ce qui s’était passé sur Leveno, la question de la défense du territoire devenait primordiale.
Sur une invitation du sénateur de Corellia, Bel Iblis, Jagen prit la parole. Les yeux de plusieurs milliers d’hommes politiques influents étaient fixés sur lui. Le regard le plus perçant, cependant, n’était pas celui d’un sénateur. C’était celui du chancelier lui-même.
Jagen prit son courage à deux mains avant de commencer.
- Mesdames, Messieurs, chers collègues, on nous demande de voter aujourd’hui un projet d’exploration de l’Espace Inconnu. Ce n’est pas le premier, et il ne sera pas le dernier. On nous propose de découvrir de nombreuses planètes et cultures dont nous n’avons pas encore idée. Pour cela, il faut juste attribuer six vaisseaux de guerre flambants neufs, à un Maître Jedi n’ayant aucune expérience de la gestion d’équipage. Pourquoi chercher à quitter l’Espace Connu ? Notre République, si fière, si grande soit-elle, est déjà impuissante à résoudre les conflits à portée de main. Voici cinq ans, la Fédération du Commerce, avec une armée plus importante que la Marine de la République rassemblée, envahissait une petite planète innocente et organisait des massacres pour marquer son désaccord profond avec la République sur des questions financières. L’influence de Coruscant sur la galaxie se réduit d’année en année comme une peau de chagrin. Partout, l’esclavage et les massacres reprennent de l’ampleur. Leveno a été un drame pour tout le monde. Oui, la planète ne faisait pas partie de notre République, oui, elle refusait tout rapport avec Coruscant. Mais est-ce pour cela que nous devons ignorer ce massacre ? Ne devrions-nous pas, avec ces vaisseaux, défendre les populations, avec ces crédits, libérer les esclaves ? Je serai profondément choqué de voir que la République, si grande, si forte soit-elle, soit devenue un régime totalitaire n’ayant aucune pensée pour ses habitants, si ce n’est pour les exploiter. J’espère donc, chers collègues, que vous empêcherez ce projet, ce Vol vers l’Infini, d’être lancé.
Jagen s’arrêta et reprit son souffle. Un tonnerre d’applaudissements d’une part et de huées de l’autre résonna dans l’immense assemblée. Ses arguments avaient fait mouche.
Le chancelier annonça la levée de la séance, avec un vote la semaine suivante. Alors qu’il se levait, Jagen vit Bail Organa s’approcher de lui.
- Félicitations, Jagen ! Magnifique discours ! Avec une telle plaidoirie, le vote est dans la poche !
Organa était devenu deux ans auparavant le sénateur de sa planète natale, Aldérande, en remplacement de son beau-père, le sénateur Antilles.
- Merci, Bail. C’est vrai qu’un homme qui se bat pour ses convictions en vaut dix sans. Mais je croyais que tu appréciais C’Baoth.
- Il m’a aidé à accéder au trône, reconnut Organa. Mais, pour ce qui est de l’apprécier… Disons que je me méfie des Jedi.
- Et moi donc. Surtout de lui. Personnellement, je suis étonné que la Galaxie ne s’affaisse pas sous le poids de la tête de C’Baoth. Ce type est l’excuse des milliards de gens qui détestent les Jedi. Il est imbu de lui-même, prétentieux, autoritaire, et, comme si cela ne suffisait pas, il maîtrise la Force. Pour un chef, c’est un cocktail vraiment dangereux. Je suis conscient de son importance diplomatique, comme lors du conflit de Barlok, mais ses arguments semblent plutôt être du genre… agressifs. Au fait, Palpatine ne se doute toujours de rien ?
- Rien du tout. Je commence à me demander si tes soupçons sont fondés.
Peu de temps après l’élection de Palpatine, Jagen et Bail Antilles avaient demandé à Organa de passer pour un des fidèles du nouveau chancelier, tâche dont il s’était acquitté avec brio.
- On finira bien par trouver quelque chose. Il tombera, je peux te le certifier.
- Où vas-tu, maintenant ? Sur Centax ? Parce que je connais un bon restaurant sur Monument Plaza, si tu veux fêter notre victoire...
- Règle n°1 du bon militaire : ne jamais vendre la peau du wookie avant de s’en être approché. C’est valable aussi pour le Sénat. Mais de toute façon, je dois aller voir Palpatine pour les affaires militaires. Une prochaine fois, peut-être.
- Si tu veux.
Bail parti, Jagen se dirigea vers le bureau de l’Exécutif, qui avait autrefois appartenu à Valorum et Kalpana avant de revenir à Palpatine. En pénétrant dans les lieux, Jagen s’étonna qu’un lieu qui avait autrefois été un refuge pour lui ait pu devenir aussi honni.
Palpatine était là, assis à son bureau devant la verrière, un sourire mielleux aux lèvres, comme toujours. Son assistant, Kinman Doriana, lui jeta un regard avant de sortir sans un mot.
- Sénateur Eripsa. Je vous félicite pour ce discours. Il était très… instructif.
- Je ne viens pas en tant que sénateur, mais en tant qu’amiral, chancelier.
- Vraiment ? De quoi voulez-vous donc me parler ?
- De ça.
Jagen posa son datapad sur le bureau, l’image reçue la veille affichée en plein écran.
- Cette flotte est à nos portes. Il s’agit des vaisseaux qui ont détruit les biths de Leveno il y a deux semaines. Mais ce n’est pas le plus inquiétant.
Il zooma sur le vaisseau qui l’inquiétait le plus.
- Voilà. Le Léviathan. Mon objectif.
- Expliquez-vous, je vous prie.
- Ce vaisseau est un symbole pour les antirépublicains. Saul Karath l’a utilisé pour détruire Telos, Taris et d’autres planètes. Revan y a été capturé lors de sa croisade. L’Empire Sith s’en est servi pour inspirer la peur à la République vacillante. Kaan l’a intégré à sa flotte lors de la Bataille de Ruusan. Il représente tout ce que nous craignons et tout ce contre quoi nous combattons. Pour la première fois depuis mille ans, nous avons l’occasion de le détruire. Je n’attends plus que votre accord.
- Non,dit Palpatine d'une voix ferme.
- Non ?
- Ces mondes n’appartiennent pas à la République. Ce vaisseau est obsolète. Il a été vaincu de nombreuses fois, en de nombreux lieux. Je ne souhaite pas envoyer les croiseurs financés par les contribuables pour défendre les planètes de sauvages qui refusent notre civilisation. Aucun homme des Forces Républicaines ne prendra part à la traque de ce vaisseau.
- Aucun homme des Forces Républicaines, dites-vous. Très bien. Je démissionne.
Dernière modification par Jagen Eripsa le lun. 12 mars 2012 - 13:28, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Toujours aussi bien.
Pas beaucoup d'actions mais c'est normal vu que le chapitre mets en place la situation pour le tome deux. Et puis le parallèle avec vol vers l'infini est bien fait :jap:
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Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :Toujours aussi bien.
Merci ! :jap:
Nicravin a écrit : Pas beaucoup d'actions mais c'est normal vu que le chapitre mets en place la situation pour le tome deux.
En fait, on va avoir trois chapitres de mise en situation, un chapitre d'action et un épilogue. C'est très court. L'utilité du tome II est qu'il sert de transition entre L'Avènement de l'Amiral et La Guerre Noire. Comme je ne pouvais pas passer directement de la bataille de Naboo à celle de Géonosis, il m'a fallu trouver un récit intermédiaire, qui pose de nouvelles énigmes et de nouvelles situations.
Nicravin a écrit :Et puis le parallèle avec vol vers l'infini est bien fait :jap:
C'était l'idée, à l'origine. Jagen devait assister au départ du Vol vers l'Infini et revenir sur Coruscant. Mais comme cela faisait vraiment trop court, j'ai préféré trouver autre chose.

Je poste déjà le premier teaser du Tome III, qui s'annonce bien plus long et avec bien plus d'action que le Tome I, ainsi que celui, en retard d'Opération Léviathan !
Teaser Léviathan.JPG
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

En fait, on va avoir trois chapitres de mise en situation, un chapitre d'action et un épilogue.
Ah ouais, quand même :paf:
Sinon, les teasers sont magnifiques :love:
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Message par Jagen Eripsa »

Merci :cute:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Encore un super chapitre, tu nous place dans une intrigue vraiment palpitante :jap:
La suite s'annonce vraiment excellente. :)

Juste un petit truc de rien du tout : Il me semble qu'il n'y a pas de "s" à Jedi quand tu le mets au pluriel. ( mais c'est pas 100% sûr)
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Encore un super chapitre, tu nous place dans une intrigue vraiment palpitante :jap:
La suite s'annonce vraiment excellente. :)

Juste un petit truc de rien du tout : Il me semble qu'il n'y a pas de "s" à Jedi quand tu le mets au pluriel. ( mais c'est pas 100% sûr)
Merci :jap:

Tu as tout à fait raison, c'est une coquille de ma part... En fait, j'ai l'habitude de mettre des "s" à tous les mots au pluriel, puis je corrige dans la version définitive grâce au rechercher/remplacer de Word... Mais comme c'est un nouveau document, j'ai oublié de le faire :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par ordo181 »

Toujours aussi sympa :lol:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Allez, comme vous êtes impatient de lire la suite (et moi impatient d'arriver au tome III :transpire: ), second chapitre de la journée !


Chapitre 2

« Le Sénat est en ébullition après l’annonce de la démission du sénateur du Corridor d’Ison, Jagen Eripsa, de toutes ses fonctions officielles au sein de la République. Le sénateur Eripsa est surtout connu pour être l’homme fort de l’armée. Devenu colonel à la suite de la disparition de la flotte Katana, il était devenu lors de la crise de Troiken le Commandeur Suprême de la République, à l’âge de vingt-six ans seulement. La démission du créateur de la base de Centax risque d’amener de nombreux troubles au sein de la Flotte Républicaine, avec une troisième crise en l’espace de vingt ans. Rien n’a filtré sur les raisons de cette démission ; cependant, au sein du Sénat, des murmures indiquent que le discours du sénateur sur le Vol vers l’Infini hier serait à l’origine de ce désaccord. Notre envoyé spécial, Den Dhur, va tenter d’en savoir plus. »

HNE Holonet News Edition, Flash-info du soir.

Base des F.A.R., Centax I, le lendemain

- Palpatine a perdu l’esprit ! Jagen, sans toi, l’armée est perdue !
Le Conseil Militaire était réuni pour la seconde fois de l’année, mais le sujet du jour était autrement plus important que les agissements de pirates désorganisés.
- Non, Jaim. J’ai fait en sorte qu’elle survive à mon départ.
- Nous te suivrons, Jagen, dit Ait Convarion.
- Non, répondit-il catégoriquement. Il faut que vous gardiez votre poste. Si tout fonctionne comme prévu, Palpatine n’aura pas le choix et je serai bientôt de retour ici.
- Mais comment feras-tu ?
La question qu’il attendait. Sa réponse était déjà prête.
- Les Réformes de Ruusan ont permis la création d’armées privées. Exactement ce dont j’ai besoin.
- Des mercenaires ? Cela ne te ressemble guère.
- Non. Les forces de défense planétaires.
- Mais….
- Un grand nombre de planètes dispose d’escadrons et de frégates. J’ai moi-même sous mes ordres une flottille composée de cuirassés Rendili et de frégates Hammerhead. Ces vaisseaux patrouillent dans le Corridor d’Ison. Pour le reste, j’improviserai.
- Tu « improviseras » ?
- Je ne suis pas le seul à me battre pour la justice. Certains peuples ont un sens de l’honneur très élevé. Et d’autres souhaitent se venger des affronts du passé.
- Tu as une idée en tête, non ?
- Disons que je connais quelqu’un qui sera ravi de se battre contre le Léviathan. Surtout si j’en crois les dernières informations que mes agents m’ont rapportées.

Palais du gouverneur, Télos IV, deux jours plus tard.

Le garde qui surveillait la porte annonça son arrivée dans le comlink avant de le faire entrer dans le bureau du gouverneur de Télos.
La planète avait connue deux guerres civiles depuis la dernière fois que Jagen y était venu, mais pourtant rien ne paraissait avoir changé. L’imposante salle était exactement comme dans ses souvenirs. A un détail près. Il connaissait l’homme qui était à présent assis derrière le bureau, bien qu’il ne l’ait pas vu depuis vingt ans. Il s’assit et le regarda droit dans les yeux.
- Tu as du culot de revenir ici, dit Kenth Onasi.
Son ancien meilleur ami. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, c’était à la cérémonie en hommage à Thyrs, son frère mort en les sauvant. Son regard de dégoût était pareil à ses souvenirs.
- Je n’avais pas le choix.
Un silence gênant s’installa entre eux, que Jagen choisit de rompre le premier.
- Je suis désolé pour tout ce qui s’est passé sur Tatooine.
- Si c’était vraiment le cas, répliqua Onasi, tu l’aurais dit bien avant.
Il désigna un holorécepteur.
- Toute la galaxie sait que tu es dans la panade. Tu as été démis de tes fonctions. Et c’est précisément ce moment que tu choisis pour réapparaître.
- Ce n’est pas ce que tu crois !
- Vraiment ? Tu n’es pas venu chercher des soutiens ?
- Si, mais…
- Nous étions amis ! hurla Kenth. Mais je t’ai suivi, dans ce maudit désert, puis nous avons été capturé, vendus en tant qu’esclaves, et mon frère y a laissé la vie ! Tout était ta faute ! Et maintenant que tu as été renvoyé, tu viens me demander de l’aide !
- Je n’ai pas été renvoyé. J’ai démissionné.
- Ben voyons ! Pourquoi aurais-tu quitté ton cocon de Centax ? Tu y as été plus que bien loti, aux frais des contribuables, ces vingt dernières années !
- Palpatine m’a interdit de partir détruire le vaisseau qui a attaqué Leveno.
- Comme si la vie des autres t’importait un tant soit peu ! Tu es toujours aussi…
- Kenth, c’est le Léviathan.
Un silence de plomb tomba sur la salle.
- Le Léviathan ?
Son ami paraissait avoir oublié instantanément toute sa colère envers lui.
- Mais… ce n’est pas possible… Selon la légende, le Léviathan devait refaire surface en même temps que les héritiers de Revan, non ? Souviens-toi, nous les avons cherché, un certain temps, nous sommes arrivés jusqu’à Satele Shan, puis plus rien… Seraient-ils…
- Oui.
- Qui ?
- Deux Jedi, et un militaire.
- J’aurai dû m’en douter. C’est pour cela que tu tiens tellement à le détruire.
- C’est la Némésis de nos ancêtres. Mais il n’y a pas que ça.
- Quoi d’autre ?
- D’après mes sources, c’est Trenik Fehn qui en est le capitaine.
La haine apparut instantanément dans les yeux de son ancien ami.
- Je croyais qu’il était mort.
- Je le pensais aussi. Mais je me suis trompé.
- Explique-toi.
- Nous savions que des hommes de Fehn avaient réchappé au massacre. Je les ai pourchassés lorsque je suis devenu amiral. Les derniers sont morts sur Vergesso, il y a cinq ans. Mais ce que j’ignorais, c’est que Fehn lui-même avait survécu. C’est en fouillant les bases de données de l’astéroïde pirate que j’ai tout compris. Il avait fait croire à sa perte.
- Tu as réussi à le retrouver ?
- Il s’est fait très discret ensuite. Mes agents pensent qu’il est aussi derrière le massacre des dirigeants de la Fédération du Commerce au sommet d’Eriadu. Il avait donc tout intérêt à rester caché.
- Pourquoi maintenant ?
- Je l’ignore. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la galaxie, en ce moment.
- J’ai remarqué que les évènements s’accumulaient. Katana, Stark, Naboo…. Tout a l’air de foutre le camp…
- Comme tu dis….
Il s’interrompit, pensif.
- Qu’y a-t-il ? s’enquit son ami.
- Je vais te confier une chose que je n’ai jamais révélé à quiconque, excepté une personne. J’étais sur le Katana quelques minutes avant sa disparition.
- Oui, j’ai appris qu’Aiden Corona était ton mentor.
- Il était… tendu. Il pensait être traqué. Il se sentait en danger.
- Les évènements qui ont suivi n’ont fait que confirmer son sentiment.
- Il pensait qu’il s’agissait des Sith.
Nouveau silence, encore plus énigmatique.
- Jagen, Jagen…. Quand tu es entré ici il y a dix minutes, j’hésitais entre te flanquer une baffe ou te hurler dessus pendant une heure.
- La baffe. J’ai eu suffisamment d’engueulades pour le reste de mes jours lorsque Vanya a appris ce que j’avais fait. Elle déteste les déménagements, et lorsque son côté mandalorien reprend le dessus, ça fait mal. Très mal.
- Oui… enfin bon, maintenant, je suis prêt à t’aider.
- Tu as des troupes ?
- Mon poste de gouverneur fait de moi le chef des F.S.T., je devrais donc pouvoir t’aider. Tu connais d’autres volontaires ?
- Le sénateur Organa m’a confié deux croiseurs Thranta sous le commandement du capitaine Antilles, le Vaillant et le Seconde Chance. Dame Alderana de Mon Calamari m’envoie cinq croiseurs sous le commandement de son fils, Aran Ackbar. Pour le reste, je devrais obtenir des vaisseaux des différents chantiers navals dont je suis le client. Les kuatis, les corelliens, les rendiliens et les frésiens. On devrait pouvoir se débrouiller avec ça.
- Tu a besoin de mon aide pour tout organiser ?
- Envoie tes vaisseaux au-dessus de Taris. Je les y rejoindrai dans quatre jours, ajouta-t-il en se levant. Et, Kenth…
- Oui ?
- Je suis vraiment désolé pour ce qui est arrivé à ton frère.
Les yeux de son ami brillèrent.
- La meilleure façon d’honorer sa mémoire, c’est en se battant pour qu’il ne soit pas mort en vain.
************
Kamino

Surgissant de l’hyperespace, la navette personnelle de Jagen apparut en orbite de la sphère bleue nommée Kamino.
Jagen n’avait jamais entendu parler de cette planète avant que les mandaloriens ne le contactent. Ils avaient appris que Jagen recherchait Jango et lui avaient fourni les coordonnées galactiques de ce qui semblait être une cité flottante, d’après son ordinateur de bord. Il descendit, quitta le noir de l’espace, traversa l’atmosphère et se retrouva devant des bâtiments sur pilotis. Ayant repéré une plateforme, il se posa et sortit.
Il faillit glisser lorsqu’il posa le pied au sol. La pluie tombait drue, et le sol lisse ne facilitait pas la situation. Lorsqu’il réussit à atteindre la porte vitrée, après trois grands écarts et deux saltos, il eut la surprise de tomber nez-à-nez, ou plutôt nez-à-torse, avec une haute créature blanchâtre au grand cou et aux énormes yeux noirs.
- Bienvenue, visiteur, dit la créature de sa voix éthérée. Êtes-vous venu pour affaires ?
- Plus ou moins. Jango Fett m’a donné rendez-vous ici.
- Suivez-moi, je vous prie.
La créature partit dans une succession de couloirs d’un blanc lumineux et troublant. Jagen, qui pouvait d’habitude se repérer sans problème dans n’importe quel croiseur, ne distinguait pas la différence entre les pièces. Cette absence de couleur était pour le moins choquante.
Au détour d’un couloir, un homme de haute taille, qui portait une armure blanche mais pas de casque, s’avança vers eux. Jagen reconnut immédiatement son visage.
- Jango ! s'exclama-t-il. Te voilà ! Dis donc, tu n’as pas changé !
L’autre se mit immédiatement au garde-à-vous.
- Lieutenant N-11 au rapport, monsieur !
Ce qui laissa Jagen désemparé.
- Euh…. Repos, lieutenant.
- Merci, monsieur.
L’inconnu repartit, les dépassa et disparut dans un couloir latéral. Cette planète est décidément bien étrange…
La kaminienne, puisque Jagen supposait qu’elle s’appelait ainsi, lui désigna une porte semblable à toutes celles qu’il avait pu croiser. Intrigué, il entra.
Jango Fett était assis de l’autre côté de ce qui semblait être une table à manger, dans la cuisine d’un petit appartement conçu de la même façon que cette cité fantomatique. Le spectacle était aux yeux de Jagen des plus étranges.
- Jango ? C’est bien toi ?
La voix de son ami recélait toujours la même dureté, qu’il n’avait pas perçue chez l’étrange soldat.
- Oui, Jagen. C’est bien moi. Entre et assis toi !
Jagen prit place sur un tabouret, face à son vieil ami.
- Alors ? Depuis tout ce temps ?
- Ça va. Très bien, même si je n’ai pas la chance que tu as avec Vanya.
- Tu m’en vois désolé.
- Oh, tu sais, ce n’est pas grave. Mais abrégeons les civilités. J’ai entendu dire que tu me cherchais.
- En effet.
- Kamino est le trou le plus paumé de la galaxie, mais même ici j’ai appris que tu avais quitté ton poste. Qu’est-ce qui t’a pris ?
- Je vais t’expliquer. Mais dis-moi, que fais-tu ici ?
Jango se pencha en avant.
- Ce que je fais ici ? C’est un contrat. Point.
- Tu es vraiment devenu chasseur de primes ?
- Après Galidraan, j’ai pu passer tout le temps que je consacrais à la poursuite de Vizsla dans des activités plus…. lucratives. Et il n’y a pas plus lucratif que ce genre de boulot.
- Tu me déçois, avoua Jagen avec une moue triste.
- Ne t’inquiète pas, Jag’ika, je n’ai accepté que des primes portant sur les têtes de criminels. Pas les honnêtes gens. Le Codex des Supercommandos tient toujours.
- Tu m’en vois ravi. Mais pourquoi Kamino ?
- Les Kaminiens sont des cloneurs.
- Des cloneurs ? L’homme que j’ai vu tout à l’heure était un clone ?
- Ouais. Tout juste.
- Mais…. Pourquoi… Combien….
- Trois millions.
- Hein ? Trois millions ! s'écria Jagen, horrifié. Mais c’est une armée extrêmement puissante !
Et c’était également la dernière chose dont il avait besoin en ce moment.
- Trois millions de clones surentraînés, dit calmement Jango.
- Et ils viennent de toi, en plus ? dit Jagen en sentant ses tripes se serrer.
- Exclusivement.
- Qui les a achetés ? C’est que je n’aimerais pas me battre contre toi, tu comprends…
- C’est pour la République.
Jagen ne saisit pas tout de suite la portée de ces derniers mots.
- Tu peux répéter, s’il te plaît ? Je crois bien que j’ai très mal entendu.
- Non. Tu as très bien compris. Cette armée est destinée à la République.
- Mais… stang, il y a encore une semaine, j’étais à la tête des armées républicaines ! Le Conseil de Sécurité n’a quand même pas voté une telle commande en l’espace d’une semaine ! En temps normal, ils mettent un mois à m’accorder un nouveau croiseur !
- Cela ne vient pas du Conseil de Sécurité. J’ai été recruté par un dénommé Tyranus sur une des lunes de Bogden.
- Tyranus ? Bogden ? Qu’est-ce que tu foutais là-bas ?
- Tu connais le Bando Gora ?
- La mafia des bâtons de le mort ? Grâce à la Force, ils sont tous morts.
- Et tu as devant toi celui qui s’en est chargé.
- Toi ?
- C’était une prime comme les autres. Sauf qu’un grand nombre de volontaires courraient après. J’ai même abattu Montross. Mais au final, j’ai rencontré deux vieux amis. De Galidraan.
- Vizsla ?
- Non, il est bel et bien mort. Il s’agissait plutôt de Komari Vosa et son maître, le Comte Dooku.
- Dooku ? Vosa ? Ils ont quitté l’Ordre, aux dernières nouvelles.
- Komari Vosa était la dirigeante du Bando Gora. Et Dooku est mon commanditaire. Il se fait appeler Tyranus, maintenant, mais j’ai tout de suite reconnu sa voix, même s’il a pris un sacré coup de vieux.
- Tyranus….
- Pas très ambigu, hein ? Ils sont de retour.
- Je le sais. Je le sais depuis vingt ans. Depuis Katana, en fait. Mais c’est la première fois que j’ai la possibilité d’en appréhender un.
- Que vas-tu faire ?
- Rien, pour le moment. Dooku n’avait pas quitté l’Ordre au moment de la bataille de Naboo. Là où Kenobi a tué un Sith. Mon contact au sein des Jedi dit que les Sith travailleraient par deux, maintenant. Un maître et un apprenti.
- Une disposition qui leur conviendrait.
- Le maître court toujours. Mais pourquoi une armée pour la République ? Cela m’échappe.
- Non. Il me l’a dit, au fil de la conversation. Cette armée est destinée à détruire les Jedi.
- Il pense que tu ne les apprécies pas.
- C’est vrai. S’ils étaient intervenus en faveur de Vizsla, sur Galidraan, je les aurai probablement tous tués. Même s’ils se sont battus à nos côtés…
- Ils sont trop différents.
- Et pourtant semblables. Nos deux sociétés apprennent aux enfants comment se battre dès le berceau. Nous avons chacun nos traditions, qu’il s’agisse du buy’ce ou du jetiikad.
- Mais l’on devient mandalorien par ses actes, pas par le sang ou les gènes.
- Exactement. C’est un choix.
- Les Jedi vivent dans la peur du retour des Sith. Ils enrôlent les êtres sensibles à la Force dès l’enfance. Enfin, ceux qu’ils trouvent.
- C’est-à-dire ceux qui habitent au sein de la République.
- A quelques exceptions près.
- Je n’en ai jamais rencontré, des non-Jedi qui maîtrisent la Force.
- Tu en as un devant toi.
- Osik ! Je pensais que tu étais quelqu’un de respectable, Jag’ika.
- Je tiens la Force de mon ancêtre, Revan. Mais je ne m’en sers pas pour vivre. Disons que je la vois plutôt comme un outil. Un outil qui me permet de survivre.
- Exactement ! Les Jedi la voient comme un maître absolu… un maître qui leur a conseillé plusieurs fois d’éradiquer les mandaloriens.
- Tout en les considérants comme les adversaires les plus valeureux qui existent.
- Tu me flattes, là.
- Je ne dis que la vérité. Le Côté Obscur rend lâche.
- Nous avons aussi des Demagolkas qui font honte à notre peuple, ou des chefs couards et peu avisés comme Mandalore le Petit.
- Mais vous les reniez, ce que ne font pas les Sith.
- Oui… enfin, bon, nous verrons cela plus tard. Je ne peux pas t’accompagner.
- Vraiment ?
- J’ai le droit de quitter Kamino, mais je pense que mon employeur verrait d’un mauvais œil le fait que je te vienne en aide.
- C’est pour cela qu’il ne te verra pas.
- Tu as donc un plan.
- Pas encore. Je veux juste aborder le Léviathan.
- Tu souhaites tuer le capitaine toi-même.
- Tes services de renseignement ne se trompent donc jamais ?
- Quand ils le font, ils ne recommencent plus. Grâce à nos méthodes expéditives.
- Humpf. Toujours est-il que ce n’est pas la seule raison.
- Je t’écoute.
- Le Léviathan a beau avoir quatre mille ans, c’est toujours un bijou de conception.
- Peu de vaisseaux sont capables de détruire la surface d’une planète entière.
- Et il y en a encore moins qui peuvent faire sortir les vaisseaux de l’hyperespace.
- Un générateur de gravité ? Tu en as déjà un.
- Sienar Fleet Systems est une bonne société, mais ses ingénieurs n’ont jamais pu égaler ceux des corelliens en matière de réacteurs hyperluminiques….ou en outils pour les stopper.
- C’est donc ce que tu cherches. Si tu l’avais dit à Palpatine, tu n’en serais pas là.
- Je ne lui fais pas confiance.
- C’est donc pour ta flotte secrète ?
Jagen était abasourdi. Tant de secrets, depuis qu’il avait lancé les travaux, il y a des années… Et Jango lui balançait ça en plein milieu de la conversation, comme si c’était le dernier sujet à la mode dans tous les salons de thé de la galaxie… ou au moins de Kamino, si de telles choses existaient ici.
- Tu es au courant ?
- Je vais te révéler une chose, Jagen : les bothans sont les meilleurs espions de la galaxie lorsqu’il s’agit de trouver quelque chose que l’ennemi cherche à cacher à tout prix. Nous, les mandaloriens, on s’intéresse plus à la disparition de certaines marchandises, au détournement de certains cargos…
- Toutes les méthodes dont je me suis servi pour masquer ma flotte.
- Que comptes-tu faire ?
- Je me battrai jusqu’au bout. Si les Sith reviennent.
- Tu as compris ce que je t’ai dit.
- Ils nous infiltrent. Ils infiltrent la République. Ce combat… Il n’est semblable à aucun autre. Par le passé, les Sith se sont cachés, mais pas en notre cœur… Quoi qu’il en soit, les F.A.R. ne céderont pas.
- Tu n’es plus à leur tête.
- Pour un court moment, mon ami. Juste pour un court moment.
- Je l’espère. Mais sache que je me battrai aussi à tes côtés, jusqu’au bout.
- Je n’en attendais pas moins de toi.
- Je sais que les Jedi nous craignent, mais tout pourrait repartir de zéro si nous parvenions à nous comprendre. Les Sith tuent. Ils sont mauvais par nature. Pour nous, les mandaloriens, c’est différent. Nos actes sont peut-être mauvais, mais nos cœurs sont motivés par autre chose que le pouvoir pur.
Il désigna la pièce à côté. Jagen remarqua un enfant qui jouait avec des figurines en riant.
- Ton fils ?
- Oui.
- Je croyais que tu n’avais pas de femme.
- C’est mon clone.
- Voyons, Jango, tu sais que tu pourrais sans problème trouver une fille, avec ton charme naturel…
- Merci de me consoler, mais non. Disons que la lame de Vizsla a abîmé plus de choses qu’elle n’aurait dû ce jour-là.
- Je l’ignorais. Désolé.
- Je voulais un fils, de toute façon. Les mandaloriens adoptent, mais là… c’était une occasion à ne pas louper. Je veux que ce gosse ait une vie heureuse. La mienne a été assez chargée pour deux.

En bonus, un autre teaser !
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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Encore un très bon chapitre :jap:
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Nicravin
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Deux chapitres en une journée :love:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nouveau chapitre et nouvelles apparitions qui ne manqueront pas d'interpeller les fans de Republic Commando et les fans de SW tout court. :jap:


Chapitre 3

« D’après nos dernières investigations, il semblerait que la crise de Leveno soit à l’origine de la démission de l’amiral Jagen Eripsa la semaine dernière. Toutefois, l’ancien Commandeur Suprême des Forces Armées de la République a indiqué dans un communiqué qu’il appelait « tous ceux qui ont encore foi dans les principes de la République » à le rejoindre sur Taris. Les premiers rapports font état de plusieurs dizaines de vaisseaux en orbite de la planète en ruine. Le choix d’un tel lieu n’a pas encore été éclairé, mais des rumeurs faisant état du retour du vaisseau responsable de la dévastation de Taris sur le devant de la scène publique commencent à se propager. Pour rappel, plusieurs milliers de colons biths sont morts lors de l’attaque qui a détruit leur foyer. »

Taris, quatre jours plus tard

- Tu me manques, Jag.
La voix de sa femme lui mettait du baume au cœur, mais la tristesse qu’il percevait l’inquiétait.
- Je serai bientôt de retour, Vanya chérie. Ne t’en fais pas.
- Je devrais être à tes côtés.
- Je veux que tu t’occupes d’Eiran s’il devait m’arriver quelque chose. Mais il ne m’arrivera rien, ajouta-t-il en voyant son regard horrifié. Rien du tout.
- Je l’espère de tout cœur.
Elle coupa la communication, laissant Jagen seul dans sa cabine sombre. Il pensait encore à ce qu’elle lui avait dit en remballant son datapad. Vingt ans à mes côtés l’ont bien changée, du moins mentalement. Elle n’est plus la jeune mandalorienne aventureuse qui parcourait les dangereuses forêts de Korda VI avec seulement deux autres compagnons. Ni la tireuse d’élite qui a abattu Willspawn lorsqu’il a essayé de me tuer. Elle est toujours aussi belle, mais quelque chose s’est brisé en elle. C’est sûrement la maternité qui a fait ça. Mais qui suis-je pour la critiquer ? Eiran a eût le même effet sur moi. Comme tous les enfants envers leurs parents. On peut faire des choses intrépides, ou mesquines, mais lorsque nos enfants sont en danger, l’instinct paternel reprend toujours le dessus.
Sortant de la cabine, il se dirigea vers la salle de réunion, où étaient assis plusieurs guerriers mandaloriens en armure, sans leurs casques. Les membres d’équipage n’étant pas encore arrivés, ils étaient à présent seuls à bord du croiseur Hammerhead NG-2 Etoile d’Espoir, l’un des vaisseaux habituellement affectés à la surveillance du Corridor d’Ison. Lorsqu’il entra, Jango se leva pour l’accueillir.
- Te voilà enfin ! J’ai bien cru que ta femme avait réussi à te kidnapper. Je te présente Walon Vau…
Un mandalorien aux traits fins et aristocratiques, l’antithèse exacte de ce qu’il s’attendait à trouver, lui serra la main.
- … Rav Bralor…
La mandalorienne était extrêmement vigoureuse et lui rappelait Vanya dans sa jeunesse.
- … Mij Gilamar…
L’homme portait une armure dorée, qui, d’après ses souvenirs, symbolisait la vengeance.
- … Wad’e Tay’haai…
Un autre mandalorien, visiblement de très bonne humeur.
- … et tu connais déjà Kal Skirata.
Oh que oui. Il se souvenait du petit commando qui lui avait fait la leçon sur la politique sociale kuati. Une leçon qu’il n’avait pas oubliée.
- Je pense que l’amiral se souvient très bien de moi, dit Skitata avec un sourir. Nous avions eu une conversation intéressante, la dernière fois.
Et il en avait tiré des leçons. La rébellion kuati gagnait de l’ampleur, à présent. Le vice-président de CNK était leur chef de facto, même s’il n’en laissait rien paraître pour mieux tromper sa sœur et les autres grandes familles. Mais Filnis Kuat, tout comme lui, jugeait qu’il était trop tôt pour passer l’action. Lorsque le moment opportun viendrait, ils le sauraient.
- Tout à fait, monsieur Skirata.
- C’est sergent, maintenant. J’entraîne vos futurs soldats.
- J’en ai été informé il y a quelques jours.
- On dirait que vous allez encore m’avoir sur le dos un bon bout de temps. En tout cas, vous avez bien retenu ce que je vous avais dit. Bravo. La plupart des chakaars qui habitent sur Coruscant n’ont pas suffisamment de gett’se pour…
- C’est bon, on aura compris, Kal, coupa un Jango passablement énervé. Revenons-en à l’affaire présente. L’abordage du Léviathan.
- Voilà mon plan, commença Jagen. Je vais vous fournir un petit cargo pour aborder le Léviathan. Il passera inaperçu au sein de ma flotte, il y en a des tas d’autres.
- Et ensuite ?
- Lorsque le combat est engagé, vous viendrez vous amarrer à l’Etoile d’Espoir pour que je puisse monter à bord. Nous débarquerons dans le sas du quartier de détention, nous remonterons jusqu’au niveau du pont puis nous nous introduirons sur la passerelle de commande. Ensuite, le reste sera un jeu d’enfant. Nous minerons le pont et nous quitterons le croiseur. Des questions ?
- Comment comptes-tu quitter le croiseur ? Quelqu’un s’apercevra forcément de ton absence !
- Pas obligatoirement.
Il appuya sur un des boutons de son brassard et tourna comme les autres sa tête vers la porte.
Un droïde venait d’entrer là, devant eux. Il était plutôt grand, mais n’était comme aucun autre. Il appartenait à la catégorie des androïdes, mais contrairement aux rares modèles déjà expérimentés, il était si réaliste que les occupants de la salle auraient pu s’y tromper si le modèle n’avait pas été parmi eux.
- Je vous présente l’androïde DJE-298, dit Jagen Eripsa devant sa copie conforme.
- Un droïde ? s’exclama Jango, surpris. S’il y a un Jedi infiltré au sein de la flotte, il le sentira.
- Non. J’ai fait prélever mon sang une centaine de fois ces trois dernières années et des organes clonés sont à l’intérieur. Les Jedi ne percevront rien.
Il ne put s’empêcher de sourire en repensant aux nombreuses tentatives faites par Melena pour percer à jour la nature du droïde, avant de s’avouer vaincue.
- Maintenant, suivez-moi.
Sortant de la salle, suivi par les mandaloriens, Jagen avança jusqu’au sas du croiseur. Le vaisseau de l’autre côté n’était pas neuf, mais il avait le mérite d’être en excellent état.
- Voici votre vaisseau, le Millenium Falcon. Un YT-1300 modifié qui vous permettra de passer totalement inaperçu.
- Un vaisseau ? s’exclama Rav Bralor. Il est bon pour la casse !
- Cette petite merveille a encore des arguments, princesse !
La mandalorienne ne sembla pas apprécier qu’il se moque d’elle.
- Ne vous inquiétez pas, reprit Jagen, c’est la couverture parfaite.
- Heureusement que les mandaloriens sont habitués aux conditions de vie rudes ! lança Tay’haai.
- C’est bon, c’est bon, et puis vous n’êtes pas des wookies après tout. Pas encore…
- Je pense qu’en laissant pousser les poils de certains…
- Enfin bref, coupa Jagen. Vous aurez deux passagers.
Jagen alla à l’avant et ouvrit la porte de la soute. Deux silhouettes de tailles différentes apparurent.
- Oui, maître ? dit l’un des droïdes, accompagné par un nuage de gazouillis informatiques émis par l’autre.
HK-47 et T3-M4 sortirent de la soute où ils étaient restés ces derniers jours. Jagen ne leur faisait pas tout à fait confiance, puisqu’il était avéré que certains composants devenaient défectueux avec le temps. Mais, malgré leurs quatre mille ans, ces deux droïdes n’avaient encore rien fait qui puisse amener Jagen à mal les juger. Et en plus, il avait besoin d’eux.
- Je ne connais pas ces modèles, dit Gilamar. Mais ils n’ont pas l’air récent.
- En effet. Je ne connais pas le standard des terminaux informatiques du Léviathan, mais je suis sûr que ce droïde pourra y accéder, dit-il en désignant T3.
- Et l’autre ?
- Un droïde assassin. C’est généralement un méthode que je désapprouve, mais parfois la fin justifie bien les moyens.
- Génial, dit Bralor d’un air sombre. Il était une fois six mandaloriens et un droïde assassin dans un croiseur antédiluvien… Eh ! Ça rime en plus !
- Très bien. Mais que vous le vouliez ou non, vous formez une équipe, à présent.
************

Les pas de plusieurs hommes chaussant des bottes se firent entendre dans la coursive. Le sas de la salle de réunion où il avait retrouvé les mandaloriens à peine deux heures plus tôt s’ouvrit et laissa entrer cinq personnes.
- Amiral Eripsa, je suis ravi de vous revoir, dit le premier arrivant.
Obi-Wan Kenobi et son padawan, Anakin Skywalker, entrèrent en premier, suivis par Melena Nash et deux civils, un sullustéen et un duro.
- Ravi de vous rencontrer, amiral, dit le natif de Sullust. Den Dhur, journaliste-reporter de HNE. Et voici mon cameraman et assistant, Jab Youvis, dit-il en désignant le duro. Nous avons demandé la permission de vous accompagner, et votre femme a répondu que vous seriez d’accord.
Il aurait dû préciser à Vanya que son chemin l’emmènerait sûrement très loin du quartier rouge de Nar Shaddaa. Mais cela pourrait sûrement l’aider…
- J’en serais ravi, monsieur Dhur. Si vous le voulez bien, allez sur le pont. Le capitaine Beverton vous indiquera vos chambres. Nous sommes un peu à court de personnel, en ce moment.
Les deux employés de l’holonet sortirent. Il ne restait que Jagen et les Jedi.
- Maître Kenobi, je suis moi aussi ravi de vous revoir. Quel courant interstellaire favorable vous amène sur Taris ?
- Une mission du Conseil Jedi, j’en a bien peur. D’ailleurs, je vous présente maître Nash, une de nos Jedi bibliothécaires.
Jagen échangea quelques courtoisies avec Melena. Kenobi ignorait forcément qu’ils se connaissaient depuis plus de vingt ans.
- Vous avez dit, maître Kenobi, que vous aviez été envoyé par le Conseil Jedi. Pouvez-vous me confier le but de cette mission, par hasard ?
- Je suis venu m’assurer que cette flotte suivait bien la charte d’Aldérande, notamment l’article sur les traitements réservés aux prisonniers.
- Je peux vous assurer que ma démission n’est pas due à une remise en cause de ces principes. Je les ai toujours respectés, et cela continuera ainsi.
Obi-Wan eût un sourire forcé.
- Je le sais bien, amiral. Vos interventions lors de la Guerre Hyperspatiale de Stark, lors du conflit avec les Yinchorris ou plus récemment lors du blocus de Naboo ne sont pas passées inaperçues. Le Conseil Jedi vous tient en haute estime.
- Moi de même, je vous l’assure.
- Obi-Wan, intervint Melena, nous devrions peut-être révéler les véritables buts de notre visite.
Le Jedi lança un regard agacé à son aînée. Jagen remarqua qu’Anakin suivait la conversation avec le plus grand intérêt.
- La vérité est que le Conseil craint que votre opération ne finisse mal. Après tout, les guerres mandaloriennes partaient de bons sentiments. Elles se sont achevées dans un bain de sang.
- Si vous le dites. Je sais où vous voulez en venir, mais poursuivez quand même.
- Nous préférerions nous assurer qu’aucun ennemi n’attaque votre flotte. De l’extérieur comme de l’intérieur.
- Ce n’est pas parce que ce vaisseau est le symbole du règne de Malak que j’aspire à devenir comme lui.
- Bien sûr. Mais le Conseil Jedi a proposé cette mesure. Pour vous rassurer, sachez que nous disposons de nos propres chasseurs, même si je ne suis pas moi-même un bon pilote.
- Vous êtes toute excusée. Je pense que vous aurez tout à fait votre place sur le pont.
Il sourit intérieurement. Malgré le trac, il était toujours intéressant de jouer une pièce de théâtre longuement répétée.
************
Cinq heures plus tard, Jagen Eripsa se trouvait debout sur le pont de sa frégate, en train d’observer sa flotte hétéroclite de volontaires prête à passer en hyperespace.
Ils n’avaient pas d’existence légale. Ils n’avaient pas de financement. Ils n’avaient même pas de symbole. Ils avaient juste un idéal. Le même que Jagen.
Il avait remarqué, plus tôt dans la matinée, que la plupart des vaisseaux, y compris le sien, arboraient à présent un aurek peint en bleu. Il demanda pourquoi aux personnes présentes sur le pont.
- Parce que pour eux, vous avez encore votre grade, monsieur, répondit le capitaine Beverton. Vous êtes « l’Amiral ».


PS : Pour ceux qui n'auraient pas saisi pourquoi Fett s'énerve lorsqu'on parle des gett'se, relire la fin du chapitre 2 :D
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Comme toujours, du très bon :jap:
- Voici votre vaisseau, le Millenium Falcon. Un YT-1300 modifié qui vous permettra de passer totalement inaperçu.
- Un vaisseau ? s’exclama Rav Bralor. Il est bon pour la casse !
- Cette petite merveille a encore des arguments, princesse !
No comment :D
Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l'homme est con.
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Ce n'est qu'une citation parmi tant d'autres à venir :jap: :D
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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ordo181
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par ordo181 »

Ils n’avaient pas d’existence légale. Ils n’avaient pas de financement. Ils n’avaient même pas de symbole. Ils avaient juste un idéal. Le même que Jagen.
petit moment d'émotion :cry:
:lol:
Ke barjurir gar'ade, jagyc'ade kot'la a dalyc'ade kotla'shy
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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

La bataille, la bataille ..... !!!!! :lol:
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :La bataille, la bataille ..... !!!!! :lol:
Elle arrive ! ^^



Chapitre 4

« De nombreuses manifestations ont eu lieu ce matin sur Monument Plaza, en réaction au reportage diffusé sur notre chaîne dans notre édition d’information hier soir. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants appartenant à divers mouvements populaires républicains ont demandé en masse la démission du chancelier Palpatine et le retour de l’amiral Jagen Eripsa au sein de l’armée et du Sénat. Les militants interrogés nient avoir étés engagés par l’amiral Eripsa ou ses services, ce qui limite vraisemblablement le risque de mise en scène orchestrée. D’après les rapports fournis par les F.S.C., la proportion de militaires et d’anciens combattants serait très élevée au sein des différents groupes protestataires, preuve s’il en avait besoin de l’immense popularité de l’amiral Eripsa chez ses hommes. Plusieurs voix se sont élevées au sein de l’armée, notamment celle du capitaine Kendal Ozzel, directeur de l’Académie Militaire de Raithal, qui demande aux militaires manifestants de reprendre immédiatement leur service. Le chancelier Palpatine n’a pour sa part fait aucun commentaire, son communiqué quotidien se limitant à l’instauration d’une date butoir pour le vote concernant le Vol vers l’Infini, à savoir lundi prochain. »

Ryloth, Bordure Extérieure, douze jours plus tard.

Enfin. Ils avaient trouvé leur ennemi. La silhouette menaçante du Léviathan se dressait entre eux et la planète des twi’leks, telle un chien kath défendant farouchement son os.
Mais cela n’allait pas. Ce n’était pas leur base ; c’était juste une planète comme tant d’autres dans la Bordure. Non, mieux que ça, c’était Ryloth : une destination obligée pour tout esclavagiste souhaitant se lancer sur le marché des plaisirs charnels.
S’il voulait l’emporter, il devait trouver la base de ces foutus pirates.
Et tuer Trenik Fehn une bonne fois pour toutes.
Les croiseurs télosiens dépassèrent la formation d’Ison, c’est-à-dire les quatre vaisseaux sous le commandement direct de Jagen. Ils vinrent se placer directement derrière le groupe de Mon Calamari. Le capitaine Ackbar avait jugé plus prudent de s’exposer directement au premier rang, ses croiseurs étant beaucoup plus solides que ceux des autres planètes. La formation kuati venait à ses côtés, les lignes droites de ses destroyers contrastant fortement avec l’architecture organique des vaisseaux mon cals.
Les Z-95s de la formation de tête s’élancèrent. D’un rapide coup d’œil à son écran tactique, Jagen repéra les mandaloriens installés dans le Millenium Falcon. Ils avaient dû réceptionner son message, puisqu’ils contournaient à présent le gros de la flotte ennemie.
- Les premiers chasseurs viennent de rencontrer nos adversaires, amiral.
La mise en scène était soignée et différait franchement de la réalité d’un pont en temps de guerre. Après tout, les cinq caméras de l’Holonet fixées en différents points du pont n’aidaient pas à la décontraction.
- Je veux tous les appareils en formation delta, commandant. Faites avancer les croiseurs, avec la pleine puissance des boucliers sur l’avant.
- Oui, amiral.
Le Millenium Falcon était à deux pas du Léviathan, à présent. Encore quelques instants…
- Le Léviathan se replie ! cria le capitaine Beverton.
- Visez les réacteurs ! Feu à volonté ! ordonna Jagen.
Il disait cela sans réelle conviction, bien sûr. Tout ancien officier de pont qui regarderait ce reportage comprendrait qu’il bluffait. Mais, hasard ou pas, il y avait très peu d’officiers retraités, ces derniers temps. Il fallait avouer qu’entre la disparition de Katana et la trahison de Stark sur Troiken, bien peu avaient eu cette chance. Les autres étaient morts avant.
Le Léviathan passa en hyperespace, et la planète Ryloth apparut à nouveau entière à travers la baie d’observation.
- Enregistrez sa dernière trajectoire connue, ordonna-t-il à l’un de ses aides de camp. Nous devons savoir où ils se rendent.
Une précaution sûrement inutile. Jagen n’imaginait pas Trenik Fehn, qui avait réussi à lui échapper pendant vingt ans, suffisamment stupide pour suivre une trajectoire linéaire.
Quel dommage qu’il ne soit pas aussi idiot que les autres weequays…
Un message sur son datapad apparut brièvement. L’œuf est dans son nouveau nid. Traduction : le traceur est en place. Prêt à révéler la cachette de ces foutus pirates.
************
Shola, Bordure Extérieure, le lendemain.

La planète Shola n’avait rien d’un paradis. C’était ni plus ni moins un tas de laves bouillantes, de roches coupantes et de tunnels sombres accompagnés d’un semblant d’atmosphère respirable. Rien de plus. On racontait qu’une obscure civilisation antique y avait autrefois vécu, exploitant la planète pour faire vivre son économie. Sauf que ce n’était pas un rocher froid, comme Coruscant. Shola avait encore un cœur. Un cœur brûlant au toucher mais glacial lorsqu’il s’était agi d’épargner les fautifs. Ils avaient été carbonisés. Comme vraisemblablement la totalité des habitants de la planète. Depuis lors, Shola vivait hors du temps, sans aucun atout qui n’attire sur elle l’attention de la République. Mais les choses avaient bien changées.
C’était là que se terrait Trenik Fehn, le capitaine du Léviathan.
La silhouette du vaisseau massif se découpait une nouvelle fois dans l’horizon de l’Etoile d’Espoir. Jagen estimait que le vaisseau avait perdu la moitié de ses chasseurs lors de sa débâcle de la veille. A moins qu’il n’ait eu un très grand nombre de pilotes de réserve, Trenik Fehn partait déjà avec une longueur de retard.
Prétextant une envie pressante, Jagen sortit avant que les caméras ne commencent à filmer. Il marcha le long de deux coursives puis se mit à courir.
Conformément à sa demande, Melena avait dû activer l’androïde quelques instants auparavant. Il devait maintenant éviter que quelqu’un les surprenne côte à côte. Il aperçut le sas et y entra.
Tay’haai était aux commandes. Bien entraîné, le mandalorien enclencha la fermeture manuelle du sas. Pour que personne ne remarque son absence, il avait dû déconnecter toutes les sécurités, y compris celles qui étaient habituellement essentielles au bon fonctionnement des vaisseaux. Mais il ne fallait pas que cela mette son équipage en danger.
Le Millenium Falcon fit rugir ses moteurs et plongea dans la bataille débutante. Visiblement, malgré ses pertes la veille, la chasse ennemie était toujours vaillante et parée au combat. Au moins, elle ferait diversion.
Le cargo YT-1300 fonça vers sa destination en évitant les lasers de l’ennemi. La chose était aisée : les pirates préféraient se concentrer sur les vaisseaux capitaux bien armés de leurs ennemis, comme les croiseurs mon cals, que sur un petit cargo tout à fait banal. Ils parvinrent ainsi jusqu’au sas choisi pour aborder le croiseur.
La seule chose que remarqua Jagen lorsqu’il entra sur le Léviathan, fermant la marche ouverte par Jango, c’était l’expression de surprise sur les cadavres des pirates ; ils ne s’attendaient visiblement pas à la visite de mandaloriens surarmés au beau milieu de la bataille. Ses amis ne prêtèrent aucune attention aux dépouilles des deux weequays. Cela devait faire partie de leur quotidien.
Suivant le plan récupéré secrètement dans les archives de Bespin, le groupe traversa le bloc de détention, à l’exception de Tay’haai qui gardait le vaisseau. Jagen éprouva une impression d'écrasement en se rendant compte que son ancêtre, Revan, avait lui aussi marché ici. Cette bataille ne serait que la fin d’une longue guerre, qui durait depuis quatre mille ans déjà.
Par contre, il fallait reconnaître que le confort de l’époque n’avait rien à envier aux croiseurs actuels. Que de place ! Les cuirassés Rendili nécessitaient près de seize mille hommes d’équipages, pour une taille équivalente, alors que celui-ci n’en demandait que mille…
Avant d’entrer dans l’ascenseur, Jagen fit un rapide point sur la situation extérieure. La bataille stagnait, sans qu’il puisse dire si l’un ou l’autre des camps avait l’avantage. Le Léviathan n’était pas encore la cible des tirs des pro-républicains, puisqu’il était protégé par d’autres vaisseaux. Mais cela ne durerait pas.
L’ascension fut rapide et ils parvinrent très vite au dernier niveau. Visiblement, les habituelles patrouilles n’étaient plus en vigueur, preuve s’il en fallait du manque de main d’œuvre chez les pirates. Peut-être s’attendaient-ils d’avantage à un assaut au niveau du hangar ou des générateurs. Un choix stupide, selon Jagen.
Ils arrivèrent à la dernière porte, qui devait les mener directement à un couloir conduisant au pont. Mais la bataille qui faisait rage avait dû activer le verrouillage de sécurité.
T3-M4 bipa plusieurs fois. Les deux droïdes les avaient pour l’instant accompagnés avec zèle, et Jagen espérait que cela durerait. L’antique astromech inséra un bras de sécurité dans la prise réservée aux cartes d’identification et ouvrit la porte. Deux escouades de sécurité attendaient derrière. L’échange de tirs fut bref mais mortel pour leur ennemi. Ils n’avaient aucune chance face à ces mandaloriens surentraînés. Ces Cuy’val Dars choisis par Jango pour entraîner l’armée la plus puissante que la République ait jamais eût. Il va falloir que je me fasse à cette idée lorsque je retrouverais mes chers collègues sénateurs et leurs propositions de réduction du budget d’armement.
Le hall dans lequel ils se trouvaient comportait une porte sur leur droite, visiblement un sas de maintenance. Mais Jagen n’en avait cure. Tout ce qui l’intéressait, c’était le couloir pentu qui s’ouvrait devant lui.
Atteignant la porte au sommet, il attendit ses compagnons. La bataille semblait tous les revigorer. Jagen se souvint de ce que Melena lui avait appris du Code Jedi. L’excitation, l’aventure : ces choses-là, un Jedi ne les recherche pas, avait-elle dit en imitant le fameux maître Yoda. Mais il n’était pas un Jedi.
Une fois tous en place, Jagen fit signe à T3 afin qu’il ouvre la porte. Comme il s’y attendait, un comité d’accueil, blaster au poing, était tourné vers eux. Leur chef les regardait avec un sourire narquois.
- Jagen Eripsa. Ah, vous n’avez pas changé depuis notre dernière rencontre. Toujours aussi naïf.
Il y avait une cinquantaine d’ennemis sur le pont, et tous avaient leur blaster pointé vers eux. Une vingtaine d’autres weequays et klatooiniens arrivèrent derrière eux, comme sortant des murs. Ils avaient dû se cacher derrière des panneaux factices.
- Déposez vos armes et levez les mains. Bien en l’air.
Les mandaloriens le regardèrent. Il leur fit signe de s’exécuter. Son instinct lui disait de le faire.
Leurs ennemis ne prirent même pas la peine de les ramasser, sûrs qu’ils étaient de leur supériorité.
- Je vous suis depuis que vous êtes entrés ici. Vous n’avez même pas pensé à détruire les caméras.
Il fit défiler plusieurs images de surveillance montrant le groupe à différents endroits. Lorsqu’il parvint aux prises de vues montrant le Falcon, il s’interrompit.
- Vous êtes venu dans cette casserole ? Vous êtes plus courageux que je ne l’imaginais.
Il leur montra encore quelques images avant de se tourner vers eux.
- J’ai tout de suite su pourquoi vous aviez démissionné. Un coup de bluff royal. Vous avez été ma proie, ma propriété, Jagen. Et j’ai donc droit de vie ou de mort sur vous.
A ce moment, les droïdes, qui étaient restés derrière, surgirent sans crier gare. Les pirates ne leur prêtèrent aucune attention jusqu’à ce qu’HK-47 vienne se planter entre Jagen et Trenik Fehn. Ils croient que c’est un droïde de protocole !
- Excusez-moi, monsieur, mais avez-vous l’intention de faire du mal à mon maître ?
- Ton maître m’appartient, tout comme toi, d’ailleurs.
- Merci de la clarification.
Sans un mot de plus, Jagen vit son droïde sortir une grenade et la lancer au beau milieu du pont. Leurs adversaires n’avaient pas eu le temps de réagir. L’explosion les fit tous tomber.
L’armure en beskar protégea intégralement Jagen du souffle de l’explosion. Imitant ses camarades, il donna un coup de coude dans le torse du pirate derrière lui, avant de plonger sur son arme.
Les six commandos, accompagnés des droïdes qui avaient sorti de leurs entrailles les armes dont ils se servaient au combat, faisaient à présent face aux survivants de l’explosion. Mais le vrai danger venait de derrière, où les gardes étaient encore intacts. Les mandaloriens s’en chargeaient tandis que Jagen abattait tous ceux qui se relevaient sur le pont.
Un tir passa à quelques centimètres de sa tête. C’était décidément une manie chez ses pires adversaires ! Sans attendre plus de temps, Jagen abattit le tireur, Trenik Fehn. Pour Thyrs. Pour Kenth. Pour tous ceux qui sont morts à cause de lui. Pour tous ceux qui sont aujourd’hui entravés par sa faute.
Après deux minutes de tir intensif, le vacarme du combat cessa. Jagen n’avait perdu aucun de ses hommes. Un mandalorien valait bien cent soldats normaux.
- T3, télécharge les données, vite.
Le droïde bipa affirmativement et se brancha une nouvelle fois au système du vaisseau. Il venait de terminer le téléchargement de plusieurs pétaoctets de données lorsque Jagen comprit que quelque chose n’allait pas.
La défense anti-aérienne du pont du Léviathan n’était pas assurée depuis le pont lui-même. Mais les observateurs qui s’y trouvaient aidaient grandement à la coordination des tirs. Et Jagen les avait abattus.
Jagen remarqua que la flotte s’était grandement rapprochée du Léviathan. La méditation de combat de Melena y était sûrement pour quelque chose. Mais elle n’était probablement pas responsable de l’action du pilote qui fonçait directement vers la passerelle du destroyer Interdictor. Mais Jagen savait déjà de qui il s’agissait, avant même d’apercevoir le chasseur Delta-7. Les voies de la Force sont étranges.
- Courez ! Vite ! Descendons !
Sans poser de questions, les mandaloriens firent ce qu’on leur disait, suivis par les droïdes. Avant de verrouiller définitivement la porte du pont derrière lui, Jagen aperçut furtivement les torpilles lancées par le chasseur.
Il n’avait pas parcouru deux mètres que l’explosion ébranla tout le croiseur. Sans se retourner, il continua à descendre. Mais arrivés en bas, tous s’arrêtèrent.
La porte était bloquée.
Alors qu’ils cherchaient un moyen de la désentraver, Jagen se dit que le problème se répèterait sûrement avec l’ascenseur. Ils n’avaient que quelques instants avant que tout n’explose.
- Jango, cria-t-il à son ami, nos armures pourraient-elles résister au vide ?
- Bien sûr, mais pour l’oxygène, il n’y a que dix minutes de réserves. Ne me dis pas que…
- Si !
Et, passant outre les avertissements de sécurité, il ouvrit les deux portes qui encadraient le sas.
Ils furent tous aspirés à l’extérieur, comme si un aspirateur géant les avait pris pour cible. Il eût à peine le temps d’envoyer un message à Wad’e Tay’haai pour lui expliquer la situation et lui demander de venir les chercher avant d’être pris dans l’explosion du croiseur.




Épilogue

« De grandes manifestations de joie ont eu lieu sur des centaines de planètes à l’annonce de la réussite de la campagne de l’amiral Eripsa contre le Léviathan, un vaisseau tristement célèbre dont l’équipage récent s’était rendu coupable d’exactions esclavagistes. Le Sénat n’a fait aucun commentaire sur ces actions, son communiqué quotidien ne traitant que de la victoire des partisans du projet Vol vers l’Infini lors du vote de ce matin. Le compte-rendu des évènements des derniers jours est disponible sur notre site Holonet, ainsi que le reportage de notre envoyé spécial, Den Dhur, réalisé auprès de l’amiral Eripsa et de sa flotte. »

Bureau du chancelier, Sénat Galactique, Coruscant

Le teint verdâtre du chancelier Palpatine lorsqu’il arriva dans le Bureau de l’Exécutif ne fit que renforcer la bonne humeur de Jagen, une bonne humeur due aux évènements des jours précédants.
Il avait réussi. D’abord, il avait survécu. Tay’haai n’avait mis que trois minutes à venir les chercher, ce qui leur avait permis à tous de rester en vie.
Ensuite, sa ruse avait fonctionnée. Personne n’avait soupçonné que le Jagen Eripsa qui avait dirigé la bataille était un androïde. A l’astroport, le journaliste sullustéen l’avait même remercié pour « l’analyse vivante que vous nous avez fournie au cours de cette bataille ». Pour ne pas éclater de rire, il se mit à imaginer la tête de Vanya si elle découvrait cette invention. Elle essayerait probablement de lui greffer une puce semblable à celle des esclaves, afin de le faire exploser si jamais il s’approchait un peu trop d’une danseuse twi’lek.
Et maintenant, Palpatine et sa tête de malade. Quelle bonne journée !
- Vous m’avez fait demander, chancelier ?
- Je souhaitais m’entretenir avec vous hier, selon mes souvenirs.
- Vous oubliez que vous ne pouvez plus me donner d’ordres. Je ne fais plus partie de l’armée.
- Justement, à ce sujet…
Jagen s’assit et croisa les jambes. Ce qui allait suivre risquait d’être intéressant.
- …êtes-vous sûr de votre décision ? Je souhaiterai que vous repreniez votre poste.
Cela avait dû lui demander beaucoup d’efforts. Et ce n’était pas fini.
- Vous avez refusé mon intervention. Vous le regrettez, à présent ?
- Il était hors de question d’envoyer des non-consentants hors de nos frontières.
- Il y en aurait eu dix, au plus. Vous avez pu constater par vous-même que je jouis d’une certaine popularité auprès des militaires.
- La République… a besoin de vous.
Un nouvel effort surhumain de sa part. Dans sa grande mansuétude, Jagen décida de ne pas pousser plus loin. Enfin, pas beaucoup plus loin.
- J’accepte, mais à une condition.
- Demandez.
- Vous me nommez Commandeur Suprême à vie.
Palpatine devint rouge de colère.
- C’est un honneur qui n’a été fait à personne depuis le général Hoth lui-même !
- Et ? C’est ma seule condition. Appelez ça… une assurance-poste.
Le chancelier sembla réfléchir quelques instants, avant de hocher la tête en signe d’acceptation.
************
- Vous avez donc réussi. Vous l'avez tué vous-même.
Ce n’était pas une question que posait Melena Nash. C’était une affirmation.
- Comment ?...
- J’ai senti votre présence sur le Léviathan, Jagen. J’ai senti tout le combat.
- C’est vous qui avez proposé au Conseil des Jedi de m’accompagner avec Anakin ?
- Je me suis proposée toute seule. Ils ont désigné maître Kenobi pour ma sécurité.
- C’est Anakin qui a tiré les torpilles.
- Vous et moi, Jagen, nous préparons le terrain. Anakin agira.
- Ce qui ne nous empêche pas d’avoir du pain sur la planche.
- Seul Anakin est essentiel. Nous, Jagen, nous sommes remplaçables.
- Oui… et non. La prophétie est ce qu’elle est.
- Les Sith sont réellement de retour.
- Vous ne m’apprenez rien de nouveau.
- J’ai plus d’informations, à présent.
Il lui raconta ce qu’il avait appris sur Kamino. Surpris, il la vit verser une larme.
- J’aimais bien Dooku, après tout, expliqua-t-elle. C’était un meneur d’hommes. Savoir qu’un tel Jedi a rejoint les Sith…
- Le Conseil doit l’ignorer.
- Vous avez récupéré les plans du générateur de gravité.
- T3 et HK sont déjà sur Anoth. Quatre exemplaires seront bientôt opérationnels.
- Bien.
Elle se leva et se dirigea vers la porte, avant de se retourner.
- J’ai peur, Jagen. Peur de ce que les Sith peuvent faire. Mais cela me rassure de savoir que des gens comme vous et moi se dressent contre eux.


Deux teasers :
GN4.JPG
GN3.JPG
Dernière modification par Jagen Eripsa le mer. 14 mars 2012 - 13:27, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Voilà, lecturé :transpire:
Bon chapitre et puis, voir HK-47 en action :love:
Et puis sinon :
Jagen éprouva une impression écrasante
Une impression d'écrasement, non?
- Vous êtes venu dans cette casserole ? Vous êtes plus courageux que je ne l’imaginais.
Voir mon poste précédent
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :Voilà, lecturé :transpire:
Bon chapitre et puis, voir HK-47 en action :love:
Merci :jap:
En fait, Opération Léviathan a été véritablement le pivot dans mon écriture ; c'est la transition entre le style haché et un peu naïf que j'avais dans L'Avènement de l'Amiral, et celui plus fluide et plus profond que j'ai adopté dans La Guerre Noire.
D'ailleurs, je ne te cache pas que je ne suis pas mécontent d'arriver au Tome III, parce que je pense qu'il y aura moins de choses à retravailler :transpire:
Et puis sinon :
Jagen éprouva une impression écrasante
Une impression d'écrasement, non?
C'est corrigé, une petite erreur de formulation :jap:
- Vous êtes venu dans cette casserole ? Vous êtes plus courageux que je ne l’imaginais.
Voir mon poste précédent
Ah, mais si tu commences à relever toutes les références, dans le Tome III tu n'es pas au bout de tes peines :sournois:
Dernière modification par Jagen Eripsa le mer. 14 mars 2012 - 13:57, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Ah, mais si tu commences à relever toutes les références, dans le Tome III tu en seras pas au bout de tes peines :sournois:
J'en prends note :whistle:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Très bon chapitre encore une fois :jap:

Trop fort HK-47 :lol:
Et ça fait plaisir de voir Palpy dégouté comme ça :paf:
Le Tome 3 a l'air Enorme :)

Très beaux Teasers :jap:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Très bon chapitre encore une fois :jap:
Et encore une fois, merci :jap:
Trop fort HK-47 :lol:
Disons que j'ai repris le caractère sarcastique et ses attributs protocolaires pour en faire la solution du chapitre. Il pouvait permettre un dialogue suivi d'un confrontation sans issue trop... abracadabrantesque.
Et ça fait plaisir de voir Palpy dégouté comme ça :paf:

N'est-ce pas ? :paf:
Le Tome 3 a l'air Enorme :)
Mais il le sera :sournois: Rendez-vous ce soir pour un avant-goût ^^
Très beaux Teasers :jap:
Merci, mais là pour le coup je n'ai vraiment retravaillé aucune image. J'ai juste mis du texte :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

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Synopsis
La République est au bord du chaos. Chaque jour, des dizaines de systèmes font sécession et s'allient aux séparatistes du Comte Dooku, un ancien Jedi reconverti en politicien idéaliste. Mais ce n'est pas la Confédération des Systèmes Indépendants qui inquiète Jagen. Il sent que ce n'est qu'un prélude. Quelque chose attend patiemment, dans l'ombre. Une menace oubliée depuis près de mille ans. Il sait qu'il n'a plus le choix. Son serment envers la République est formel. Il doit tout faire pour la protéger. Et il le fera.
Les protagonistes
- Amiral Jagen Eripsa, Commandeur Suprême de la République
- Capitaine Johun Solo, Commandant du Knight's Blade
- Chancelier Suprême Palpatine, Chef d'Etat de la République
- Amiral Jaim Helaw
- Amiral Ait Convarion
- Général Jan Dodonna
- Général Adar Tallon
- Colonel Mell Tinor
- Jango Fett, Mand'alor
- Obi-Wan Kenobi, chevalier Jedi
- Anakin Skywalker, padawan Jedi
- Bail Organa, sénateur et Vice-Roi d'Aldérande


Chronologie
L'ensemble de l'histoire se déroule entre 22 BBY et 19 BBY

Le mot de l'auteur
L'apothéose d'un plan millénaire. C'est ainsi que je qualifie le coup de maître de Palpatine, cette armée clone et l'Ordre 66. D'une seule phrase, il s'est débarrassé de la majorité de ses opposants.
Lorsque j'ai vu La Revanche des Sith pour la première fois, je suis resté sur ma faim. Tout courage avait-il donc disparu au sein de la République Galactique ? N'y avait-il donc plus aucun honneur chez les hommes des Forces Armées ? Puis j'ai découvert l'histoire d'officiers tels que Jan Dodonna, ou Adar Tallon, et ce pauvre Jace Dallin, qui avaient tous osé s'opposer au régime de l'Empereur. Au fur et à mesure que je découvrais l'Univers Etendu, une question m'est venue à l'esprit.
Que se serait-il donc passé si quelqu'un avait uni les Jedi, les sénateurs et les militaires hostiles au pouvoir de Palpatine ?
Jagen Eripsa était né.
Cette histoire fait partie de la catégorie "Infinities".

Introduction

« De commencer vient juste la Guerre des Clones. »

Maître Yoda, suite à la bataille de Géonosis.

« La République sombrera. Et les Sith régneront en maîtres absolus pour l’éternité ! »

Dark Sidious, parlant de ses plans avec son apprenti.

« Il n’y a donc que moi dans toutes la République pour s’apercevoir que quelque chose ne va pas ? Officiellement, nous nous battons pour la démocratie ; officieusement, elle est déjà morte. »

Amiral Jagen Eripsa



Le premier chapitre arrive demain !
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Très alléchant tous ça. Superbe couverture :love:
En y repensant, j'ai une question : le faucon était-il dans le Léviathan lors de son explosion?
Parce que si c'est le cas, on a un petit problème :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

( bave.......) :paf: :paf: :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :En y repensant, j'ai une question : le faucon était-il dans le Léviathan lors de son explosion?
Parce que si c'est le cas, on a un petit problème :transpire:
Non, Tay'haai a eu le temps qu'il fallait pour décoller ^^
PaTaT0ss a écrit :( bave.......) :paf: :paf: :D
Pas d'impatience...
De toute façon, le rythme devra ralentir à un moment, parce que ça prend beaucoup de temps d'écrire un chapitre. J'estime qu'il y a encore quinze jours de provisions. Ensuite... :sournois:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Jagen Eripsa a écrit :De toute façon, le rythme devra ralentir à un moment
:cry: :cry: :cry:
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Message par Patatos »

c'est toujours plus rapide que moi :paf:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Rhooo, faut pas pleurer, les gars ! Tout vient à point à qui sait attendre...


Chapitre 1

« La République est corrompue jusqu’à la moelle. Elle n’est pas de taille à arrêter l’hémorragie, car elle est minée par les querelles incessantes au sein du Sénat. Et, comme sur Naboo, elle ne protège pas ses propres citoyens. Rejoignez-moi, et nous fonderons un nouveau régime. Rejoignez-moi, et nous nous débarrasserons de l’oppression du Sénat ! »

Le Comte Dooku, Discours de Raxus, deux ans auparavant.

Salle de réunion n°29, Centax I.

L’année n’avait débuté que vingt-deux jours plus tôt, mais le Conseil Décisionnaire des F.A.R. qui se tenait à présent était déjà le troisième de ce genre depuis lors.
Les participants étaient tous des habitués. Depuis son retour au sein de la marine républicaine, suite à la crise du Léviathan, Jagen avait entièrement réorganisé ce qui était maintenant l’organe décisionnaire de la flotte et des troupes combattants pour le compte du Sénat. On y trouvait donc l’amiral Jaim Helaw, en charge de la Bordure Intérieure, son homologue Ait Convarion, référant de la Bordure Extérieure, et le colonel Mell Tinor, responsable de la base de Centax et de la défense de Coruscant, pour la gestion de la flotte. Les troupes terrestres étaient quant à elles représentées par le général Jan Dodonna, un vétéran de la Guerre Hyperspatiale de Stark, et le général Adar Tallon, un stratège de génie qui avait auparavant servi au sein d’une milice du système Arkanis. Un sixième siège devait revenir en temps normal au directeur de l’académie de Carida, qui fournissait en hommes l’ensemble des sections et des bases sous contrôle coruscantien ; mais jamais Kendal Ozzel n’avait osé le réclamer, connaissant l’animosité que lui témoignaient bien volontiers les autres participants.
Le septième siège, quant à lui, était réservé au chef de l’assemblée, le Commandeur Suprême ; et cet homme était actuellement Jagen Eripsa.
De nombreux critiques politiques avaient soulignés la composition exclusivement humaine de ce conseil, insinuant par la même occasion que Jagen était raciste ; mais celui-ci avait répliqué par les chiffres des effectifs de l’armée, où les humains occupaient près de quatre-vingt-dix-sept pourcents du contingent. Et, si certaines races fournissaient leur comptant d’officiers ambitieux, à l’instar des duros et des bothans, il n’en était pas de même des autres : ainsi, son vieil ami Galieet n’avait jamais souhaité être promu, préférant conserver son commandement à bord du Forte Tête.
Jagen reporta son attention sur le général Tallon, qui était en train d’exposer son point de vue. Il ne pût s’empêcher de soupirer. De tels débats étaient monnaie courante depuis que la création d’une Grande Armée de la République était sur toutes les bouches. Car tous se posaient la même question : jusqu’où les Séparatistes iraient-ils ?
Deux ans auparavant, le Comte Dooku de Serenno, un ancien Jedi très influent, avait lancé un appel à tous les mondes souhaitant se détacher de la République. Les premiers à le rejoindre avaient été suivis par d’autres, et ainsi de suite jusqu’à ce que plusieurs milliers de systèmes se soient « émancipés ». Maintenant, le Sénat craintif cherchait à garder le contrôle de la situation. La proposition concernant la création de cette armée avait été l’une des premières à surgir, et l’une des plus plébiscitées.
Non pas qu’elle n'ait que des partisans. Les pacifistes s’étaient regroupés derrière la sénatrice du secteur de Chommell, Padmé Amidala, l’enfant-reine qui avait fui Naboo dix ans auparavant. Jagen, en tant que sénateur, la connaissait personnellement, mais leurs relations restaient distantes, bien que cordiales ; il n’avait jamais pu lui pardonner d’avoir proposé la motion de censure qui avait précipité la chute de Finis Valorum et l’avènement de Palpatine.
Son vieil ami, qui était retourné dans la Bordure, lui avait conseillé plusieurs fois de se méfier de Palpatine. Et comme la meilleure solution pour renverser un ennemi était se s’en approcher, Jagen avait conçu l’arme ultime : Bail Organa.
L’honnête sénateur d’Aldérande était devenu en moins de dix ans l’un des personnages les plus plébiscités du Sénat. Son opinion reflétait généralement celle de l’assemblée, et il bénéficiait d’un soutien de choix : celui du chancelier Palpatine.
Mais en réalité, Bail ne partageait pas le moins du monde les vues du chef d’Etat. Mais il rendait malgré tout ce service à son ami Jagen, conscient qu’il pouvait y avoir d’importants enjeux. Ainsi, son positionnement en faveur de la création de cette armée exceptionnelle lui avait permis de devenir le chef du Conseil de Sécurité, le seul organe capable de destituer le chancelier sans l’accord de la majorité du Sénat.
Jagen, pour sa part, n’avait pas pris parti, contrairement à ce que tous ses collègues attendaient. Même au cours des précédents débats au sein du Conseil Décisionnaire de l’Armée, il n’avait pas fait connaître son opinion. Mais cela allait changer.
Voyant que Adar Tallon avait fini, il se redressa et s’avança. Les autres, surpris de le voir enfin réagir, se redressèrent également. L’heure est venue de rebattre les cartes, et de mettre sur la table tout ce qu’il nous faut à présent savoir.
- Mes chers amis, commença-t-il, j’ai gardé le silence jusqu’à présent pour une unique et bonne raison. Parce que je sais que ces interrogations n’ont pas lieu d’être.
Les autres étaient visiblement surpris.
- Que nous soyons pour ou contre la création d’une telle armée, que le public exprime son opinion ou seulement le Sénat, elle existera.
- Mais pourquoi ? demanda le colonel Tinor. Le Sénat n’est-il pas censé représenter le peuple ? N’a-t-il pas le pouvoir de décider l’attribution du budget ? Une telle armée représente une dépense énorme, et pas encore justifiée.
- Le vote ne servira à rien car la Grande Armée existe déjà.
Tous retinrent leur souffle.
- Il y a cinq ans, reprit Jagen, j’ai dû trouver de nombreuses forces pour m’aider dans ma quête de pacification de la Bordure. J’ai notamment repensé à mes anciens amis. Le Mand’alor, Jango Fett, en fait partie.
Ils étaient tous pendus à ses lèvres.
- J’ai eu beaucoup de mal à retrouver sa trace, et en fin de compte c’est lui qui m’a retrouvé. Je l’ai rejoint sur Kamino, une planète située derrière le Delta de Rishi. Et il m’a expliqué qu’il était là pour la création d’une armée de clones. Une armée destinée à la République.
- Une armée destinée à la République ? intervint Dodonna. Voyons, nous le saurions forcément.
- La commande n’a pas été passée par le Sénat. Officiellement, elle a été portée par un Jedi du nom de Sifo Dyas. Officieusement, elle a été réalisée par un Sith.
- Les Sith n’ont-ils pas disparus ? demanda Jaim. Depuis un millénaire ?
- En apparence. Ce Sith se nommait Tyranus. Mais Jango l’a reconnu comme étant le Comte Dooku.
- Le Comte Dooku ! s’écria Adar Tallon. Mais pourquoi ? Il veut détruire la République, pas la renforcer.
- A terme, ces troupes doivent détruire l’Ordre Jedi. Voilà ce que j’en sais. Maintenant, nous allons nous aventurer dans le monde nébuleux des spéculations. Pourquoi les Sith agiraient-ils ainsi ?
- Parce qu’ils souhaitent renverser la République ? suggéra Jaim. Comme toujours, d’ailleurs.
- Oui, mais pourquoi Dooku agirait-il ainsi ? La clé, c’est de savoir que les Sith sont deux. Je pense donc qu’il y en a un au sein de notre propre camp.
- Pas dans l’armée ! s’exclama Mell Tinor. Jagen, tu sais bien que nous sommes tous fidèles à la République.
- Personnellement, je pencherai plutôt pour un des types du Comité de Financement du Sénat. De façon à pouvoir masquer le coût de cette armée.
- Y a-t-il des vaisseaux prévus ? demanda Ait Convarion.
- Oui. J’en ai eu la confirmation hier. Filnis Kuat m’a appris que leur filiale de Rothana travaillait depuis sept ans. Apparemment, le Conseil d’Administration de CNK l’ignorait, à l’exception de sa sœur.
- Qu’allons-nous faire ? demanda Jaim Helaw.
- Rien, pour le moment. J’aviserai en temps utile. Messieurs, vous pouvez disposer.
Alors qu’il remballait ses affaires, Jagen vit que deux messages l’attendaient sur son comlink. Le premier concernait le vote d’une motion à propos des exportations de carburant. Le second provenait de Jango Fett. Jagen lui avait demandé de l’avertir au cas où une prime lui était proposée par Dooku.
Lorsque Jagen eût fini de lire ce message, il était sûr d’une chose.
La guerre était sur le point d’éclater.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Lu !
et ben, ça présage rien de bon tout ça :transpire: ( fais genre que j'ai pas vu les filmes :siffle: )
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Excellent chapitre, très prometteur pour ce troisième tome :jap:
Je l’ai rejoint sur Kamino, une planète située derrière le Delta de Rishi.
Le dédale, non? Ou alors, c'est le nom en VO :?
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :Le dédale, non? Ou alors, c'est le nom en VO :?
Dédale, Delta... Je préfère Delta pour sa forme géométrique :jap: :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

La suite ! On entre en plein dans l'Episode II....


Chapitre 2

« Jagen, le Comte Dooku vient d’appeler. Il souhaite me confier une mission. Je me suis arrangé pour la déléguer à une chasseuse de primes du nom de Zam Wesell. Mais ce n’est pas tout : il souhaite également que je fasse en sorte que les Jedi viennent sur Kamino. J’arrive sur Coruscant demain, je te retrouve au point habituel. »

Jango Fett, dans un message adressé à son ami de longue date, Jagen Eripsa.

Chez Dexter, Coruscant, le lendemain.

Jagen avait pris l’habitude plusieurs années auparavant de déjeuner loin du Sénat lorsqu’il se trouvait obligé de rester sur Coruscant pour la journée. Le petit restaurant du quartier industriel dans lequel il était assis à présent était vite devenu l’un de ses endroits favoris, notamment grâce au dépaysement qu’il offrait vis-à-vis du chic kitsch et extravagant de la cantine sénatoriale.
Il venait à peine de s’installer lorsque la porte s’ouvrit, laissant entrer son vieil ami Jango. Il ne portait pas son armure et se fondait d’autant mieux au sein de la foule, sans les regards tournés habituellement vers lui. Ils échangèrent une poignée de mains avant que le chasseur de primes ne s’assoie.
- Merci de m’avoir informé de la situation, commença Jagen. Cela ne fait que confirmer plusieurs rumeurs qui sont parvenues jusqu’à moi.
- Je m’en doute. Je ne suis sûrement pas le seul pion dont les Sith vont se servir.
- Tu n’es pas un pion. Tu as ta volonté propre.
- Mais eux ne le savent pas.
- Tant mieux. Maintenant, parle-moi de cette Zam Wesell.
- On a travaillé ensemble sur quelques primes. C’est une Clawdite. Très rusée, le genre à avoir toujours un atout dans la poche.
- Et la prime ?
- Une sénatrice, Padmé Amidala.
- Je ne suis qu’à moitié étonné. C’est une pacifiste, qui refuse la création d’une armée exceptionnelle.
- Qu’elle le veuille ou non, les clones sont prêts, à présent. Et j’attends mon paiement.
- Tu l’auras, ne t’inquiète pas. Je m’arrangerai pour te trouver un financement.
- Merci, Jag’ika.
Jagen se redressa. Une question le tourmentait depuis quelques temps, et il voulait la poser à son ami.
- Dis-moi, Jango… Que vas-tu faire de tout cet argent ? Tu n’as pas des goûts de luxe, pas de dépenses inconsidérées, et tu as été logé, nourri et blanchi pendant dix ans !
Le chasseur de primes esquissa un sourire.
- Manda’yaim, lâcha-t-il. Je veux pouvoir disposer d’un foyer sûr, au cas où.
- Au cas où quoi ?
- Si ton plan rate, par exemple…
- Cela marchera. C’est une question de temps.
- Je te fais confiance. Maintenant, je te conseille d’y aller. Si j’ai bien compris, l’attentat contre Amidala aura bientôt lieu.
- Comment le sais-tu ?
- Parce que Zam m’a demandé de lui payer sa prime dès ce soir.
- Et si elle échoue ?
- Tu as déjà entendu parler des kouhuns ?
- C’est une arme ?
- Pas vraiment. Des limaces venimeuses.
- Tu veux dire… pire que les Hutts ?
- Je préfèrerai embrasser un hutt que de me faire caresser par une de ces saletés.
- Ah. Quand même.
- Elle m’a demandé de lui en mettre de côté. Au cas où.
- Les chasseurs de primes sont très précautionneux, en ce moment…
- Tu ferais bien de partir. Elle va bientôt être de retour sur Coruscant, d’après ce qu’elle m’a dit.
Jagen se leva.
- Je te tiens au courant.
- Moi de même. Mais dès que j’aurai réglé le problème causé par Zam, je regagne Kamino. Toi, arrange-toi pour y amener un Jedi. N’importe lequel.
Sur ces mots, Jagen le salua, sortit du café et grimpa dans son airspeeder. Il démarra et mit le cap sur le Sénat.
************
La circulation était dense dans le secteur 1138, mais Jagen arrivait à se faufiler aisément entre les couloirs aériens. Il ne cessait de repenser à ce qui l’attendait.
La guerre. Elle était inévitable, à présent, quoi qu’en dise les pacifistes. Elle aurait lieu.
Mais Jagen n’était pas resté inactif. Tout d’abord, sa flotte secrète avait continué de croître à un rythme soutenu. Il disposait à présent d’une vingtaine de vaisseaux lourds et d’une soixantaine de vaisseaux plus petits, allant des frégates lourdes aux corvettes.
Cependant, cela ne représentait qu’une petite goutte d’eau au sein de son plan. Les F.A.R. en étaient la base et le ciment. Et pour les aider, la flotte avait été entièrement réactualisée. En effet, les premiers vaisseaux de la classe Arrow avaient été conçus peu de temps après la disparition de la flotte Katana. Il avait donc élaboré une nouvelle version avec l’aide du concepteur de la première, Walex Blissex, et de Filnis Kuat, le vice-président de CNK, qui était accessoirement son informateur au sein des chantiers et le chef secret des rebelles kuatis. Les croiseurs de classe Arrow étaient ainsi devenus des destroyers : leur taille était passée de huit cents à mille deux cents mètres, soit une augmentation de moitié. La disposition des canons et de la passerelle avait été modifiée pour correspondre à de nouveaux standards. A présent, le pont tout entier était organisé autour du poste de l’officier supérieur, placé en face de la porte. Il était séparé de la baie par une fosse, qui accueillait tous les techniciens nécessaires au bon fonctionnement du vaisseau. Ces critères innovants, qui permettaient de faire des destroyers Arrow les vaisseaux ayant le meilleur ratio taille/puissance de feu jamais produits, avaient également été appliqués sur les croiseurs Hammerhead NG-2 qui constituaient la base de la flotte républicaine actuelle.
Mais rien de tout cela n’aurait été possible sans son intervention sur le Léviathan, cinq ans auparavant. Jagen repensait à tout cela lorsqu’il vit un magnifique croiseur chromé passer au-dessus de lui avant de se poser sur une des aires d’atterrissage aériennes qui fleurissaient dans le quartier. Le vaisseau était visiblement de style naboo. Mais il n’eut pas le temps de comprendre qui était à l’intérieur.
Alors que la rampe de la navette s’abaissait, une explosion secoua la plateforme et un nuage de fumée s’en éleva. C’était le vaisseau de la sénatrice Amidala. Zam Wesell venait de frapper un premier coup.
************
Atterrissant en urgence sur l’aire d’atterrissage, Jagen se précipita vers les débris du croiseur sénatorial naboo. Deux pilotes de la garde royale se tenaient au chevet d’une troisième personne, en robe noire, visiblement morte.
- Bon sang, la sénatrice Amidala ! Elle…
Il s’interrompit en reconnaissant les pilotes. Le premier était le garde du corps de la sénatrice en personne, le capitaine Typho. Sa présence dans cet uniforme prit tout son sens lorsque Jagen reconnut le second pilote.
C’était Padmé Amidala.
- Une doublure…
- Une stratégie datant du blocus de Naboo, expliqua Padmé. Mais traitez-moi de lâche. Je ne pourrai pas vous en vouloir.
Elle désigna sa sosie. Un filet de sang s’échappait de la bouche de la défunte.
- C’est moi qui aurait dû être à sa place, conclut-elle.
- Les conséquences en auraient été bien pires, répondit Jagen. Autant de morts, et la perte d’une politicienne brillante.
- Sénatrice, amiral, intervint le capitaine Typho, je propose que nous partions. Il pourrait y avoir des tireurs embusqués.
- Bonne idée, approuva Jagen.
Ils montèrent à bord de son speeder. Tout en se dirigeant à nouveau vers le Sénat, Jagen se dit qu’il aurait pu empêcher tout ça. Jango aurait pu refuser tout simplement la prime. Mais il ne pouvait pas risquer d’être compromis. Tant de morts, juste pour servir une cause… des martyrs, tout simplement…mais le sacrifice n’est pas la voix de la République, si ce n’est le sacrifice de soi. C’est une voie Sith. Il faut prendre garde à ne pas devenir ce que nous combattons…
************
Les portes du Bureau de l’Exécutif s’ouvrirent devant lui. La sénatrice de Naboo était au centre, lui à sa gauche, et son garde du corps à droite. Le chancelier les attendait, visiblement accompagné de trois des maîtres Jedi du Conseil.
Jagen reconnut maître Windu, l’imposant escrimeur du Vaapad et maître d’armes Jedi, ainsi que Ki-Adi Mundi, un Jedi céréen qui était reconnu comme un négociateur habile.
Quant au troisième, il était tout simplement trop célèbre pour que Jagen puisse ignorer qui il était. Maître Yoda était unique en son genre, avec sa petite taille, son teint vert et ses oreilles grandes et pointues. Le vénérable Jedi fut le premier à se lever de son siège, preuve s’il en fallait qu’il n’avait rien perdu de ses réflexes. Il se dirigea tout d’abord vers la représentante du secteur Chommell.
- Sénatrice Amidala, vous voir en vie réchauffe mon cœur. Ce drame, sur la plateforme…
- Merci, maître Yoda, répondit Padmé. Je suis très touchée par votre compassion.
Le Grand Maître Jedi se tourna ensuite vers lui.
- Amiral Eripsa, heureux de vous rencontrer je suis.
- Moi de même, maître Yoda. Sachez que je tiens l’Ordre Jedi en haute estime.
- Vos actes par le passé votre grande mansuétude ont prouvés. Un ami de l’Ordre vous êtes.
- En effet, reprit maître Windu. Nous n’avons pas oublié votre opposition au sénateur Tikkes.
Le sénateur Tikkes avait prononcé quelques temps auparavant un discours dans lequel il fustigeait la tendance des Jedi à enrôler les enfants dès leur plus jeune âge.
- Nous ne pensons pas, dans l’armée, expliqua Jagen, que les Jedi kidnappent les enfants. Disons… que nous regrettons qu’ils n’aient pas plus le choix à l’âge adulte. Mais ce n’est pas le sujet du jour.
- En effet, dit le chancelier Palpatine.
Le vieux Palps était face à la verrière.
- Sénatrice Amidala, je souhaiterai que vous soyez protégée des attaques de ces terroristes engagés par les mineurs des lunes de Naboo.
- C’était le Comte Dooku, j’en suis certaine.
Cette affirmation jeta un froid sur l’assemblée.
- C’est un politicien idéaliste, dit Ki-Adi Mundi. Pas un assassin.
- Vous oubliez qu’il a fait partie de notre Ordre, ajouta Mace Windu.
Et voilà le problème. Les Jedi s’imaginent connaître tout le monde. Mais ils ignorent qu’un simple amiral est capable de se cacher sous leur nez. Alors, un Seigneur Sith…
- C’était un Jedi, autrefois, conclut Windu.
- Quoi qu’il en soit, reprit Palpatine, je tremble à l’idée de voir votre vie en danger. Sénatrice Amidala, je souhaite que vous soyez placée sous haute surveillance.
- Je refuse d’être constamment entourée d’un bataillon de gardes du corps, répondit-elle avec arrogance.
- En fait, dit Palpatine d’un ton conciliant, j’avais pensé à deux de vos amis, maître Kenobi et le jeune Skywalker. Ils n’ont pas de tâches en ce moment, il me semble ? demanda-t-il aux Jedi.
- Ils rentrent d’une mission sur Ansion, approuva Windu. Je vais leur dire de vous rejoindre dans vos quartiers, sénatrice.
- Je pense que quelques hommes des F.A.R. devraient accompagner la sénatrice, intervint Jagen.
Palpatine eut un sourire moqueur. Celui qu’il détestait tant.
- Je comprends votre sollicitude, amiral, mais la sénatrice va immédiatement dans ses quartiers. Ne vous inquiétez surtout pas. Par contre, faites bien attention à vous. En ces temps de crise, il serait fort dommage que le leader de notre armée soit assassiné.
************
La nuit était bien avancée sur Coruscant, mais Jagen ne voyait guère la différence avec le jour, dans son bureau de la base de Centax.
Il devait être prêt. Le « conseil » donné par le chancelier tout à l’heure sonnait à ses oreilles comme un aveu. Mais je ne vous laisserai pas faire, Palpatine. Je vous aurai.
Il ajusta les dernières pièces et admira ses créations. Depuis son incursion sur Korriban, bien des années auparavant, il avait décidé de créer son propre sabre laser. Enfin, ses propres sabres lasers. Jagen avait en effet bien étudié toutes les formes, et avait fini par considérer que celle à deux sabres constituait la meilleure alternative entre la puissance du double-sabre et la protection du sabre unique. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire.
Il inséra les cristaux bleus dans les emplacements prévus à cet effet. C’étaient des cristaux de Dantooine, qu’il avait trouvé au sein des affaires de Revan stockées en secret sur Bespin. Ensuite, il inséra un autre cristal dans chaque sabre, destiné à canaliser le faisceau et à en augmenter la puissance.
Le premier était une Ultima-Perle de Mon Calamari, offerte par la Dame Alderana suite à la campagne du Léviathan, en hommage aux efforts faits pour la paix galactique. C’était pour lui la récompense ultime de sa carrière diplomatique.
Quant au second… C’était un cristal rare, trouvé sur Anoth, la planète où il assemblait sa flotte secrète. Tout un symbole de son engagement militaire… Il l’inséra, prit une arme dans chaque main et les activa.
Deux lames bleutées surgirent instantanément. Elles étaient plus fines que celles qui sortaient traditionnellement des manches des armes Jedi. Sûrement grâce à la qualité des cristaux utilisés. Il répéta silencieusement les mouvements sur lesquels il s’était entraîné avec des vibrolames.
Cet exercice exigeait que l’on s’ouvre au monde extérieur, et c’est sûrement grâce à cela que Jagen put percevoir une présence familière qui approchait. Il éteignit les sabre-lasers et se tourna vers la porte.
C’était son fils. Eiran avait dix-sept ans, maintenant, et il était très proche de son père à cet âge, sur le plan physique surtout. Sur le plan psychologique… Eh bien, Vanya refusait de l’avouer, mais c’était sûrement d’elle qu’Eiran tenait son insolence caractéristique et son mépris des règles fondamentales. Exactement comme la guerrière mandalorienne lorsqu’il l’avait rencontrée. Même si, à bien y réfléchir, il n’y était pas non plus étranger.
Quoiqu’il en soit, son fils était la prunelle de ses yeux, et il le chérissait plus que tout. Mais il n’était plus tout à fait le petit garçon curieux. Il avait grandi.
Aussi, lorsqu’il vit la chair de sa chair, la prunelle de ses yeux entrer dans son bureau, Jagen ne put réprimer un sourire.
Auquel son fils ne répondit pas.
- Papa, il y a quelqu’un qui n’arrête pas d’essayer de te contacter. Et comme tu avais oublié ton datapad dans notre appartement…
- Merci, Eiran. De qui est ce message ? Parce que tu l’as ouvert, je suppose.
Son fils prit un air coupable.
- Je sais que je n’aurai pas dû, papa. Le message vient d’un certain Jango Fett. Il dit qu’il y a eu des complications. Il a été obligé de tuer une chasseuse de primes, ou un truc dans le genre. Et les Jedi vont se lancer à sa poursuite.
Dernière modification par Jagen Eripsa le jeu. 15 mars 2012 - 20:47, modifié 1 fois.
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Nicravin »

Très bon, tout ça.
Le vieux Palps
Tu te lâches là :lol:
Et voilà le problème. Les Jedi s’imaginent connaître tout le monde. Mais ils ignorent qu’un simple amiral est capable de se cacher sous leur nez. Alors, un Seigneur Sith…
S'il savait :sournois:
Je sais que je n’aurai pas dû, papa. Le message vient d’un certain Jango Fett. Il dit qu’il y a eu des complications. Il a été obligé de tuer une chasseuse de primes, ou un truc dans le genre. Et les Jedi vont se lancer à sa poursuite.
Tout un programme :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

Nicravin a écrit :
Le vieux Palps
Tu te lâches là :lol:
J'exprime librement mes opinions :ange:
Nicravin a écrit :
Et voilà le problème. Les Jedi s’imaginent connaître tout le monde. Mais ils ignorent qu’un simple amiral est capable de se cacher sous leur nez. Alors, un Seigneur Sith…
S'il savait :sournois:
Qui te dit qu'il ne s'en doute pas déjà ? :sournois:
Nicravin a écrit :
Je sais que je n’aurai pas dû, papa. Le message vient d’un certain Jango Fett. Il dit qu’il y a eu des complications. Il a été obligé de tuer une chasseuse de primes, ou un truc dans le genre. Et les Jedi vont se lancer à sa poursuite.
Tout un programme :transpire:
Bientôt, très bientôt... :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Bon chapitre comme d'hab' :jap:
Jagen Eripsa a écrit : la tendance des Jedi à enrôler les plus jeunes enfants dès l’enfance.
J'ai eu un peu de mal avec cette phrase :transpire:

Sinon ce que je trouve super mais que j'oubli de dire depuis le début, c'est que tu arrive à changer la vision qu'on a de Jango Fett par rapport à AOTC, le faire passer du gros méchant au type respectable :)

Sinon, l'assemblage des sabre, passage émouvant :D
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Bon chapitre comme d'hab' :jap:

Jagen Eripsa a écrit:
la tendance des Jedi à enrôler les plus jeunes enfants dès l’enfance.

J'ai eu un peu de mal avec cette phrase :transpire:
C'est corrigé :transpire:
PaTaT0ss a écrit :Sinon ce que je trouve super mais que j'oubli de dire depuis le début, c'est que tu arrive à changer la vision qu'on a de Jango Fett par rapport à AOTC, le faire passer du gros méchant au type respectable :)
C'est en partie parce qu'il n'est pas comme dans AOTC. Galidraan. Pour moi, c'est le début de la fin pour les Jedi. Sans Galidraan, il n'aurait pas eu cette haine viscérale des Jedi.
PaTaT0ss a écrit :Sinon, l'assemblage des sabre, passage émouvant :D
Merci :jap:
“Gagne la guerre. Protège la paix. Ne recule devant aucun sacrifice.” - Devise de la Garde des Ombres.
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Jagen Eripsa
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

La suite !



Chapitre 3

« Jagen, il faut que vous veniez au Temple rapidement. Le Conseil Jedi s’apprête à débattre de ce qui s’est passé cette nuit. Je suppose que vous y êtes mêlé, alors ramenez-vous au plus vite ! »

Message codé envoyé par maître Melena Nash à l’amiral Jagen Eripsa, suite aux évènements ayant eu lieu la veille.

Hangar du Temple Jedi, Coruscant, quatre heures plus tard.

Pour la cinquième fois depuis le début du trajet, Jagen maudit intérieurement cette manie qu’avaient les Jedi de se lever avec le soleil coruscantien. C’était sûrement dû à leurs longues journées de méditation.
Il amorça la manœuvre d’atterrissage. C’était sûrement cavalier et impoli de sa part, mais il se devait d’intervenir au plus vite. Il coupa les réacteurs une fois sa navette posée et ouvrit le sas.
Melena Nash l’attendait juste devant son vaisseau. La maître Jedi lui avait été d’une grande aide ces dernières années, aussi s’inquiéta-t-il de la voir aussi fatiguée. Elle sourit en le voyant arriver.
- Jagen, enfin. Je me demandais ce que vous pouviez faire.
- Je suis venu aussi vite que possible.
- Des affaires urgentes à régler ?
- Disons que j’ai terminé ce que j’avais commencé il y a longtemps.
Elle pinça ses lèvres, indiquant qu’elle avait compris.
- Vous arrivez trop tard, reprit-elle. Le Conseil a déjà tranché.
Ils sont exactement comme la Société Galactique des Voies Hyperspatiales : Toujours en avance quand il ne le faut pas, mais ne se pressant jamais lorsque c’est nécessaire.
- Alors ? demanda-t-il, résigné.
- Ils ont décidé de cacher la sénatrice Amidala. Elle retourne sur Naboo.
Première nouvelle. Et pas des meilleures.
- Avec le vote qui approche ? Ça ne lui ressemble pas.
- Elle n’a pas eu le choix. C’est son assistant, le délégué Binks, qui la remplace.
Il faudrait penser à éviter le Sénat, les prochains jours. Cette catastrophe ambulante était la dernière chose qu’il voulait croiser.
- Nous allons avoir des ennuis.
- Ce n’est pas tout. Le corps de la chasseuse de primes tuée hier soir a été examiné.
- Alors ?
- Elle s’apprêtait à déclencher une bombe. On peut donc supposer que celui qui l’a tuée nous a aidé.
- Tout va pour le mieux, alors.
- C’était un mandalorien, Jagen.
- Je le sais parfaitement.
- Il était derrière les attentats sur Amidala ?
- La coupable est morte, à présent.
- Il était impliqué.
- Il m’a prévenu. Ce qui signifie que nous avons une longueur d’avance sur le Conseil.
- Qu’allez-vous faire ?
- Le Jedi chargé d’enquêter va devoir aller sur Kamino. Et je l’y accompagnerai.
- Je vous conseille de prendre de la lecture, alors. Maître Kenobi n’est pas le meilleur ami des politiciens.
- Ça tombe bien. Je n’en suis pas un.
************
Le visage monstrueux et ridé de Sidious le fixait encore une fois, de ses grands yeux jaunes, et Jagen ne put s’empêcher de penser qu’il le connaissait déjà. Comme toujours depuis dix ans. Ses cauchemars s’étaient atténués pendant une longue période, mais ils commençaient à revenir. Il savait ce qui allait se passer. La silhouette allait allumer son sabre, puis s’ensuivrait un combat à la fin duquel il serait douloureusement terrassé….
- Amiral Eripsa ? Amiral ?
La voix d’Obi-Wan Kenobi semblait venir des cieux, et elle le tira des limbes de son cauchemar. Il ouvrit les yeux, et vit le visage barbu perché un mètre au-dessus du sien.
Il se redressa énergiquement.
- Que se passe-t-il, maître Kenobi ?
- Un appel pour vous.
- Ce n’est pas important.
- Je crois que si. C’est la troisième fois en une heure.
Jagen soupira. Il n’y avait qu’une seule personne pour être aussi insistante.
Il mit ses bottes et se dirigea vers le poste de pilotage aux côtés du Jedi. Ils n’avaient pas beaucoup discutés, ne parlant que de banalités sur la politique, mais Jagen aurait bien aimé en savoir plus, surtout à propos d’Anakin. La seule chose qu’il avait pu savoir, c’est qu’il était en mission seul sur Naboo. Ce qui semblait déplaire à son maître.
Arrivé dans la soute principale, qui servait de pièce de vie, il activa la console de communication. Une version réduite de sa femme apparut alors.
- Jagen ! Te voilà enfin ! J’étais si inquiète, tu ne peux pas imaginer…
- Je m’en veux de t’avoir fait peur, mais c’était un mal nécessaire. Je suis en mission avec maître Kenobi.
- D’accord.
Elle prit son datapad et écrivit quelque chose dessus. Lorsqu’elle eut finit, elle le retourna pour lui montrer ce qu’elle avait inscrit.

La mission a-t-elle un rapport avec Jango ? [Note de l'auteur : en mandalorien dans le texte original]

La mission a-t-elle un rapport avec Jango ? Il fit « oui » de la tête. Sa femme était décidemment bien clairvoyante.
- Dans ce cas, fais bien attention à toi, ad’ike.
- Toi aussi, Van’ika.
Il coupa la transmission holographique juste à temps pour voir la sortie de l’hyperespace et le retour dans l’espace réel. Une immense planète bleue envahit leur champ de vision.
Kenobi avait l’air content.
- Je n’aime pas voler, dit-il, mais je dois avouer que ce petit cargo est bien plus agréable et rapide qu’un de nos chasseurs, même s’il ne paye pas de mine.
- C’est là le véritable atout du Millenium Falcon, maître Kenobi. Tout le monde a tendance à le sous-estimer, et il surprend pourtant à chaque occasion. Bon, lancez la procédure d’atterrissage et rejoignez moi près de la passerelle.
- A vos ordres, dit-il avec un salut militaire parodique.
Rigole bien, ça ne durera pas…
Le Jedi posa le vaisseau tout en douceur. Dès qu’il sentit qu’ils avaient atteint la plateforme, Jagen ouvrit la rampe et descendit. Il s’était rappelé sa précédente visite sur Kamino avant le voyage, et, cette fois, il avait pris des bottes moins glissantes.
Ce qui n’était pas le cas du Jedi.
- Bon sang ! tempêta-t-il. Je vais finir par visiter tous les paradis, dans cette galaxie ! D’abord Tatooine et Naboo, maintenant Kamino… Les éléments se déchaînent contre moi !
- Il ne vous manque plus que les planètes glaciaires, fit remarquer Jagen avec sagacité.
Ils arrivèrent à la porte. La même Kaminienne que la fois précédente les attendait. Mais elle n’avait pour l’instant d’yeux que pour le Jedi à ses côtés.
- Maître Jedi, commença-t-elle, je m’appelle Taun We. Le premier ministre Lama Su souhaite vous rencontrer.
- Bien volontiers, dit Obi-Wan.
La créature partit une nouvelle fois dans un dédale de couloirs blancs sans aucun repère. Tout était parfait. On ne voyait pas le moindre défaut. Jagen n’y avait jamais pensé auparavant, mais il avait lu un article sur les procédés de clonage le mois d’avant. Le taux d’échec était d’environ 1%, même avec les meilleures technologies. Si les kaminiens étaient aussi rigoureux avec leur production qu’avec leurs bâtiments, de nombreux clones avaient dû être détruits. Détruits. Par la Force, je me mets à les voir comme des objets. C’est horrible. La pensée de tous ces hommes morts pour un petit souci de qualité lui fit froid dans le dos.
Ils arrivèrent dans une salle circulaire où un kaminien les attendait. Jagen savait qu’il s’agissait d’un mâle grâce à la fine crête qui coupait son crâne en deux parties symétriques.
- Maître Jedi, dit Taun We, je vous présente Lama Su, premier ministre de Kamino.
- Enchanté, monsieur le premier ministre.
- Cela faisait longtemps que nous attendions votre visite, maître Jedi.
Obi-Wan parut surpris. Autant qu’il s’y habitue tout de suite, car le pire restait à venir.
- Asseyez-vous, je vous prie.
Il fit descendre deux sièges du plafond, l’un pour Obi-Wan et l’autre pour lui-même. Jagen toussota de façon à le gêner. Le premier ministre, visiblement vexé, appuya sur un bouton à contrecœur pour que Jagen puisse lui aussi avoir son siège.
- Je suis ravi que vous ayez pu venir enfin, maître Sifo-Dyas. J’ai le plaisir de vous annoncer que nous sommes dans les temps. Deux cent mille unités sont prêtes, et un million d’autres seront bientôt disponibles. Nous avons respecté à la lettre votre commande.
- Attendez, s’il vous plaît, interrompit le Jedi. Maître qui ?
Lama Su semblait désemparé.
- Vous n’êtes pas maître Sifo-Dyas, du Conseil des Jedi ?
- Cela fait près de dix ans que maître Sifo-Dyas n’est plus parmi nous, corrigea Kenobi.
Voilà qui est intéressant. Dooku a utilisé un faux nom. Qui sait, peut-être a t-il aussi tué lui-même Sifo-Dyas ?
- Dans ce cas, reprit Lama Su, je pense qu’il serait fier en voyant l’armée que nous lui avons créé.
- L’armée ? intervint Obi-Wan. Quelle armée ?
Lama Su n’était plus aussi sûr de lui, à présent.
- L’armée de clones dont il a passé commande.
Kenobi était de plus en plus perdu.
- Ah, oui, désolé, répondit-il, désemparé.
Il devait se demander vraiment ce qui se passait sur cette planète.
- Voulez-vous que je vous la montre ? demanda Lama Su.
- J’en serai honoré, répondit le Jedi.
- Suivez-moi, je vous prie, dit Taun We.
Elle sortit la première, suivie du premier ministre. Les deux républicains, le Jedi et le militaire, marchaient côte à côte.
- Amiral Eripsa…
- Appelez-moi Jagen, Obi-Wan.
- Très bien, Jagen : que se passe-t-il ici ? Une armée clone ?
- Je pense que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, assura Jagen.
Et il savait de quoi il parlait.
************
Le spectacle des couveuses en verre tournant sous les immenses dômes de Tipoca City était toujours aussi impressionnant. Jagen se souvenait de l’avoir vu, cinq ans auparavant. En fait, presque rien n’avait changé. La grande différence, c’était les armures blanches. En-dessous d’eux, les soldats clones étaient tous identiques à celui que Jagen avait croisé, cinq ans auparavant. A la différence qu’ils paraissaient plus âgés. Jango lui avait parlé de vieillissement artificiel. Quelle cruauté.
- Nous les éduquons jusqu’à l’âge de cinq ans, expliqua Lama Su. Les bases, depuis la lecture jusqu’à l’identification des différents explosifs, en passant bien sûr par un entraînement au tir. C’est ainsi que l’on détecte les plus aptes au combat. Bien qu’ils soient clones, et donc génétiquement identiques, des différences majeures ont pu être observées dans leur capacité au tir, sans que l’on sache pourquoi. Les meilleurs sont devenus les sous-officiers. Les moins bons ont été affectés au pilotage ou à l’entretien, des domaines qui demandent moins ces capacités.
Un groupe de jeunes clones marchant au pas passa à côté d’eux.
- Et après ? demanda Obi-Wan.
- Une fois cette classification faite, nous passons à l’étape suivante. L’entraînement total au combat. La base est la même pour tous les fantassins, et les capitaines ou commandants doivent en plus recevoir une formation d’officier. Les commandos sont entraînés au moyen d’une arène multi-programmable. Nous avons également créé des soldats ARC.
- ARC ?
- ARC pour Advanced Recon Commando. Les Commandos de Reconnaissance Avancée. Entraînés par leur modèle.
- Et qui est-il, ce modèle ?
- Un chasseur de primes du nom de Jango Fett.
Le Jedi fit immédiatement le lien.
- Tes contacts disent que le chasseur de primes venait de Kamino ?
- En effet, répondit Jagen.
- Ce serait donc ce Fett… Il faut le trouver.
Il s’adressa aux kaminiens.
- Serait-il possible de rencontrer ce Jango Fett ?
- Bien sûr, répondit Lama Su. Nous le gardons ici afin de bénéficier de cellules souches stables.
- Je vais vous le présenter, annonça Taun We.
En-dessous d’eux, des bataillons de clones paradaient. Un spectacle grandiose. Les hommes des F.A.R. savaient le faire, certes, mais cet armure blanche conférait une autre impression, plus forte.
Une arme ne sert à rien si elle n’est pas prestigieuse.
Il était temps de savoir si Trevor Willspawn avait raison.
************
La porte de l’appartement de Jango s’ouvrit et un jeune garçon apparut. C’était le portrait craché des autres clones, à juste raison puisqu’il en était un. Mais un clone pur, non modifié.
Un clone nommé Boba Fett.
- Papa ! C’est Taun We.
En voyant les deux hommes derrière Taun We, Jango Fett feignit la surprise.
- Je vous présente Jango Fett, dit la kaminienne de sa voix éthérée.
- Enchanté, dit Obi-Wan en lui serrant la main.
- Moi de même. Que puis-je faire pour vous ? C’est toujours un plaisir d’aider les Jedi.
Le ton sarcastique ne trompa personne.
- Vous êtes un chasseur de primes, reprit Obi-Wan.
- Quand ça paye bien, répondit Jango.
- Des missions un peu partout dans la galaxie ?
- En effet.
- Votre route vous aurait-elle amenée dans le Noyau ?
- C’est possible.
- … Sur Coruscant.
- Deux ou trois fois.
Jagen lui fit signe. C’était le bon moment.
- Dites-moi, reprit le mandalorien, maître Kenobi, si vous voulez savoir si je suis l’assassin de Zam Wesell, pourquoi ne pas me le demander clairement ?
Le Jedi alluma son sabre-laser.
- Comment savez-vous qui je suis ?
- J’ai de bons contacts. Et, à votre place, j’éteindrais mon arme.
Trois blasters étaient pointés vers Obi-Wan, à présent. Celui de Jango, celui de Boba.
Et celui de Jagen.
- C’était un piège, amiral, dit le Jedi avec amertume. Il n’y a jamais eu de contact.
- Non, répondit Jagen. Je n’ai besoin d’aucun intermédiaire pour contacter mon vieil ami Jango. Mais vous vous trompez sur un point. Ce n’est pas un piège. En tout cas, pas un que nous ayons formé.
- Vous mentez.
- Vous êtes bien le padawan de votre maître, dit Jagen. Il a réagi exactement de la même façon lorsqu’il est venu sur Centax.
- Vraiment ? A cause de quoi ?
Jagen ne répondit pas.
- Je croyais que la voie des Jedi était la négociation, ironisa Jango. Il serait peut-être temps que vous éteignez votre sabre-laser, maître Kenobi.
Ce que le Jedi fit. Jango les invita à prendre place.
- Alors, que voulez-vous savoir ?
- Comment se fait-il que l’amiral Eripsa préfère se ranger à vos côtés qu’à ceux des Jedi ?
- C’est à moi de répondre à cette question, intervint Jagen. Cinq mois après la perte de la Flotte Katana, tout juste nommé colonel, j’ai dû escorter un négociateur de la République sur Korda VI. Un négociateur nommé Finis Valorum.
Il laissa au Jedi le temps de digérer les informations.
- Mais c’était un piège, reprit-il. Notre vaisseau a été abattu, et nous serions tous morts si Jango et ses hommes n’étaient pas arrivés. Eux aussi se battaient contre les Death Watch. Finalement, j’ai gagné mes galons au combat, le premier auquel j’ai vraiment participé. En beskar’gam. C’est aussi là que j’ai rencontré ma femme.
- Cela remonte à si longtemps ?
- En effet. Mais il y a eu d’autres occasions depuis. Notamment sur Galidraan.
- Jamais entendu parler.
- Les Jedi ont été abusés par le gouverneur de la planète et ont décidé d’attaquer les mandaloriens pour leurs crimes supposés. Finalement, je suis arrivé juste à temps pour que nous unissions nos forces. Le commando Jedi et les mandaloriens sont venus à bout des Death Watch, ce jour-là. Une grande victoire.
Il jeta un regard en coin à son ami, visiblement énervé. Jagen se souvint qu’il n’aimait pas beaucoup parler de Galidraan. Il y avait beaucoup perdu….
- Ensuite, il y a cinq ans, lorsque j’ai dû démissionner de mes fonctions pour aller combattre le Léviathan – je crois bien que vous étiez là aussi, en tant qu’observateur, maître Kenobi – il y a cinq ans, donc, les mandaloriens me sont venus en aide sur une affaire en parallèle de ma campagne. C’est à cette occasion que j’ai découvert l’existence de cette armée de clones.
Le Jedi se tourna vers Jango.
- C’est maître Sifo-Dyas qui vous a engagé ?
- Jamais vu, répondit le chasseur de primes. Non, l’homme qui m’a engagé répondait au nom de Tyranus.
- Tyranus… répéta Obi-Wan.
Visiblement, il avait saisi les implications.
- Nous verrons cela plus tard, dit le Jedi. Concernant les tentatives de meurtre de la sénatrice Amidala…
- Mes commanditaires sont sur Géonosis. C’est tout ce que je peux révéler.
- Géonosis ? demanda Obi-Wan. Ce n’est qu’un caillou poussiéreux.
- Et rempli d’insectes, reprit Jagen. En plein cœur du territoire séparatiste. Il semblerait qu’Amidala avait raison.
- Nous verrons, conclut Kenobi.
************
La transmission holographique avec Coruscant était très parasitée, malgré la haute priorité de l’appel.
- Cette armée comporte plusieurs millions d’unités, dit Obi-Wan, à côté de lui.
Yoda et Windu échangent un regard. Palpatine reste pensif.
- Cette armée bien étrange est, dit le vénérable maître Jedi. A ce chasseur de primes faire confiance nous pouvons ?
Jagen vit le regard des autres dirigés vers lui.
- Je n’ai pas trahi la République. Aucune des informations livrées n’a mis en danger nos forces ou notre système.
- Vous étiez au courant, pour la sénatrice Amidala, dit Palpatine.
- Je suis arrivé trop tard sur les lieux.
- A-t-il donné le nom du commanditaire de l’armée ?
- Maître Sifo-Dyas, répondit Jagen. Le maître Jedi Sifo-Dyas.
Il décocha un petit coup de pied à Obi-Wan, qui eut le bon sens de se taire.
- Eh bien, il semblerait que l’Ordre fasse quelques cachoteries au Sénat ! s’exclama le chancelier. Mais nous verrons cela plus tard. Il faut réunir le Sénat en session extraordinaire.
- De toute façon, l’armée est là, à présent. Il n’y a plus d’autre choix.
- Obi-Wan, sur Géonosis te rendre tu dois. Des réponses à nos questions nous trouverons là-bas.
- Bien, maître. Je vais y aller de ce pas. Il y a quelques chasseurs stellaires sur cette planète.
- Quant à moi, reprit Jagen, je reste ici pour organiser l’armée.
- Je crains qu’il n’y ait un problème, amiral, dit Palpatine.
- Lequel ?
- Vos agissements ont été douteux, ces derniers temps, et je ne peux pas vous attribuer le commandement de cette armée, en conséquence.
- Je suis le Commandeur Suprême, Palpatine. Ce droit m’appartient.
- Mais en tant du guerre, il est du devoir du Chancelier Suprême de défendre la République. Je souhaiterai que les maîtres Jedi instaurent une chaîne de commandement le plus vite possible.
- Les Jedi ? Ils n’ont pas d’expérience militaire. C’est insensé, vous le savez aussi bien que moi.
- Je pourrai vous retirer votre grade immédiatement, si je le voulais, amiral.
- Vous oubliez que vous m’avez nommé Commandeur Suprême à vie, chancelier.
Palpatine secoua la tête.
- Cette dispute ne nous mènera à rien. Vous pouvez garder le commandement des F.A.R., mais pas de la Grande Armée de la République.
- L’avenir prouvera que j’avais raison.
- Nous verrons.
La transmission prit fin. Jagen se tourna vers le Jedi qui le regardait d’un air instigateur.
- Vous savez que Tyranus est un Sith.
Ce n’était pas une question.
- En effet.
- Depuis quand connaissez-vous leur existence ?
- Je me suis intéressé à l’histoire galactique, durant mon enfance. Et ensuite, j’ai eu un… avertissement.
- Un avertissement ?
- De la part d’un homme qui avait pressenti la crise que nous traversons maintenant. Un homme qui a disparu un quart d’heure après cette conversation avec toute sa flotte dans l’hyperespace.
Le Jedi comprit instantanément.
- La flotte Katana.
- Aiden Corona, approuva Jagen. Je n’en ai plus entendu parler, par la suite. Mais il y a dix ans, j’ai compris qu’ils existaient vraiment.
- Vous avez espionné les conversations du Conseil sur Naboo ?
- J’en ai vaguement entendu parler, avoua Jagen. Non, je parlais de ma disparition.
- Je m’en souviens. Vous êtes réapparu au bout d’un mois.
- Un mois de calvaires. Un mois de souffrances atroces. Un mois sur Korriban.
Il vit le Jedi frissonner.
- Un mois… J’étais en mission sur cette planète il y a peu. Une journée m’a suffi pour le restant de ma vie.
Il avait confiance en ce Jedi. Il savait qu’il pourrait en faire un allié.
- Et vous n’étiez pas dans la Vallée des Seigneurs Sombres. Ou, du moins, pas à l’Oracle des Sith. J’ai failli basculer du Côté Obscur, là-bas.
- Allons, raisonna le Jedi, les non-sensibles ne peuvent basculer…
C’est l’instant que choisit Jagen pour faire léviter ses deux sabres lasers, caché dans un des sacoches accrochées à son ceinturon.
Obi-Wan semblait époustouflé. Il sembla sonder le potentiel qu’il consentait à lui révéler.
- Par la Force… Vous auriez dû être un Jedi. Vous en avez largement le potentiel… Je n’ai rien vu de tel depuis…
- Depuis Anakin Skywalker.
- Comment le savez-vous ?
- Les gens qui ont accès à ce degré de la Force sont rares. La plupart descendent d’une même personne.
- Vous êtes un parent d’Anakin ?
- A la centième génération, plus ou moins. En fait, je suis un descendant de Revan, tout comme lui.
- Revan….
- Le Jedi des Guerres Mandaloriennes. Celui qui a basculé du Côté Obscur avant de trouver la rédemption. Le sauveur de la République.
- Vous êtes puissant, lâcha-t-il. Pourquoi…
- Pourquoi n’ai-je jamais été formé ? Je connais quelques rudiments essentiels à ma propre défense, c’est tout. Pour le reste, je ne souhaitai pas être formé. Je préfère nettement ma vie à la vôtre, Obi-Wan.
- Cela reste à voir… Donc, pour en revenir à ce coup de pied…
- Il vaut mieux que le nom de ce Tyranus ne parvienne pas aux oreilles du Sénat, expliqua Jagen. Car je pense que les Sith ont des agents là-bas.
- Les Sith, au Sénat ? Ridicule.
- Et pourtant, les archives de la République ont été modifiées. Je pense que vous vous rappelez de la dernière fois où cela s’est produit ?
- Troiken. Stark.
- Tout juste. Alors désolé d’être sur les nerfs. La République traverse sa plus grave crise depuis la fin de la Grande Guerre, si vous voulez mon avis. Il va nous falloir être prudent.
- Je le sais. Je pars immédiatement pour Géonosis.
- Dans ce cas, bonne chance, maître Kenobi. Que la Force soit avec vous, Obi-Wan.
- Et avec vous aussi, Jagen.
Jagen observa par la verrière du Millenium Falcon le Jedi entrer dans la cité sur pilotis pour y chercher un chasseur. Oui, j’aimerais bien que la Force soit avec moi. Je vais en avoir besoin. Palpatine essayait peut-être de l’éloigner du combat, mais personne ne lui marcherait sur les pieds. Il était l’Amiral, après tout. Il sortit de son vaisseau, bien décidé à savoir de quoi ces fameuses troupes de soldats clones étaient capables.

La suite dimanche soir !
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Patatos
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Patatos »

Bon chapitre :jap: .
Tu as vraiment bien réussi à modifier AOTC pour la rendre cohérente avec ton histoire sans trop t'éloigner de l'histoire de base, bravo :D
J'attends de voir la suite maintenant. C'est vraiment à partir de ce chapitre qu'on voit que tu rentres dans de l'infinity. Aura-t-on droit à un dénouement de la guerre différent de celui proposé par Lucas ....? :transpire:
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Re: Chroniques de la Marine Républicaine

Message par Jagen Eripsa »

PaTaT0ss a écrit :Bon chapitre :jap: .
Tu as vraiment bien réussi à modifier AOTC pour la rendre cohérente avec ton histoire sans trop t'éloigner de l'histoire de base, bravo :D
Le plus dur dans l'histoire :transpire:
PaTaT0ss a écrit :J'attends de voir la suite maintenant. C'est vraiment à partir de ce chapitre qu'on voit que tu rentres dans de l'infinity. Aura-t-on droit à un dénouement de la guerre différent de celui proposé par Lucas ....? :transpire:
Je te ferai remarquer que Fett ne va pas sur Géonosis.... :sournois:
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Verrouillé

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