Quand je parlais du no-life (sans lien avec les jeux vidéo) avec une passion débordante sur la vie, en fait, j'imaginais plus quelqu'un qui passe des heures sur son portable avec des
applications etc. Même au boulot, en vacances, qui n'est jamais là (mentalement) quand il est avec les gens (repas, soirée, boite, etc) parce qu'il est accroché sur son portable. On en connaît tous. Pour moi ce sont des no-life et leur comportement est "geek". Après je ne dis pas que je ne me trompe pas, mais je ne pense pas être si loin de la réalité.
Je ne dis pas non plus que les "geek" sont no-life ! Je dis juste que ça m’étonnerait qu’un no-life ne soit pas "geek". Ce qui est valable dans un sens ne l’est pas dans l’autre…
Que le "geek" soit passionné/fanatique, ça ne fait pas de doute. Mais les passionnés/fanatiques ne sont pas tous des "geek", la nuance est là aussi. Sinon pourquoi aller chercher un mot qui existait déjà ?
Je suis fan
atique de SW. Parce que j'adore me plonger dans cet univers. Je suis fanatique du principe des énergies renouvelables autant que je suis un grand fanatique du chocolat...
Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas aimer une seule chose "être geek" sinon il existe déjà un mot encore une fois : "Fanboy"
Je pense qu'enlever le côté
technologie pour parler du "geek", c'est le dénaturer.
Tenez un exemple concret : sur
BFMTV il y a une chronique "geek". De quoi on parle dedans ? Star Wars ? nan. Star Trek ? non plus... de passionnés ou de fans des boutures de rosiers ? Pas vraiment

!
On parle plutôt de passionnés/fans de pc, d'apple ou d'I-pad qui font la queue dans la rue le jour de la sortie d'un bidule. On y parle que de nouvelles technologies, de gadgets, de "goodies". Après on peut dire que c'est une approche journalistique erronée, mais il n’en reste pas moins que c'est cette approche (à mon humble avis) la plus répandue.
Ensuite, accrocher un côté philosopho-culturel à la "geek attitude" permet, à mon sens, de dé-marginaliser une mode naissante et d'en faire quelque chose de plus large, plus "in", plus populaire, bref un produit plus commercial. Déjà « geek attitude » en voilà un bon terme commercial. Une vraie surface de vente assurée en aval !
En attachant tout ce qui est plus marginal (les livres SF en France par exemple), on peut vendre des produits jugés difficiles. ça créé une ambiance, un côté "terre des découvertes". Une marginalisation populaire qui n'a de marginale que le nom...
De mon passé de libraire, c'est ce que je retiens de la SF et de sa non-considération française. Il manquait juste une étiquette pour vendre le produit. Aujourd'hui, si on se met à considérer que lire de la SF c'est "geek", être à fond dans
Dune ou
Fondation devient "geek"...
Les gens qui s'intéressent au phénomène "geek" vont très vite s'intéresser aux livres pré-cités juste pour "faire comme". Des succès comme
Warhammer ou plutôt sa "popularisation" sont des moteurs (parmi d'autres) pour ramener une clientèle en magasins/librairies. C'est juste pour l'exemple du livre dans ce cas précis. Mais pas seulement. Un mot populaire touche d'emblée plus de monde. Plus c'est large mieux c'est.
J'y vois une façon de ratisser plus large d'un point de vue commercial (je ne dis pas
c'est bien ou
ce n'est pas bien, c'est juste un constat de vendeur).
D'un seul coup les gens se re-découvrent :
-
tiens serais-je "geek" moi ??? Pis c'est quoi un "geek" ? Et là il y a une réponse commerciale qui déboule de la part marginale des médias mais surtout des vendeurs. Une réponse qui n'est pas parole d'évangile (ou de Larousse) mais qui est parfaitement adaptée à la vente de produits difficiles :
-
mais vous savez madame/monsieur, un "geek" ça lit ça aussi, pis ça regarde ça, pis ça... Vous le faites ? Nan ? ben vous n'êtes pas "geek" (alors dans les yeux de la cliente on peut lire qu'elle se dit "
merde je pensais être une originale moi, une Djeune" et là hop il suffit d'enchaîner).
Ah mais si vous faites ça/avez déjà lu ça, on peut considérer que vous êtes "geek". Et avec ça + ça + ça vous aurez la "geek" attitude !
Et voilà comment on transforme un phénomène marginal en phénomène de mode

Et qui dit mode, dit pognon.
Pour ce qui est de ma gêne d'être considéré comme "geek" c'est que je côtoie un envers du décor pas très folichon. Et je trouve que le mot rime très bien avec pigeon... (jettez-moi des pierres, je vous enverrais des miettes de pain ou du bon grain

).
Sans rire, c'est un terme générique, dénaturé, popularisé, permettant de caser avec classe des produits difficiles (je ne parle pas seulement du rayon SF librairie : il y en a qui trouve ça "geek" de lire du
Meyers).
Pour ce qui est, à mon sens, la nature proche du "geek", il y a déjà 80% du boulot du commercial et du marketing de fait quand le "geek" entre dans le rayon des tel-portable, I-pad, liseuses, etc... Un progrès encouragé par toute la filière commerciale car il y a là des produits chers à vendre, et la surenchère/concurrence technologique entre "geek" est une aubaine pour les vendeurs !