[Fini/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

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Messagepar Minos » Mar 22 Jan 2008 - 22:17   Sujet: 

Hum, je préfère les corrections spontanées, pour ma part, dans la mesure où chacun, ayant sa sensibilité propre, voit des choses différentes. Si on se met tous à suivre les mêmes règles de lecture, on finira par voir les mêmes erreurs, avec risque de stagnation dans le style.

Ceci dit, un deuxième regard extérieur semble décidément très intéressant, voire indispensable pour qui veut gommer des imperfections qui semblent évidentes pour certains.
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Messagepar AJ Crime » Mer 23 Jan 2008 - 0:10   Sujet: 

Oui, bon je flood là mais c'est ce que nous faisons déjà en quelque sorte. Nous nous relisons déjà chacun avec sa sensibilité et nous marquons (là où on peut) les règles parfois mal suivies de la langue française afin que nous progressions dans notre art.

De toutes manières nous sommes des personnes différentes avec des sensibilités différentes donc pour chaque lecteur il ne verra pas la même chose sortir du même texte.

Ce que je proposais c'est que pour des relectures complètes. On se partage le travail (chez nous, ici c'est difficilement faisable) que l'on s'organise pour le petit groupe que nous sommes et qui se relisent fréquemment se concerte pour faire une double relecture des textes lorsque l'auteur le désire (bien évidemment). Par exemple Minos fait une relecture détaillée de telle scène, et ensuite AJC sur la même. Chacun des deux pouvant bien évidemment lire et donner quelques propositions sur tous les autres chapitres sans se donner la peine d'une correction détaillée.

Mais bon, cela revient à écrire plusieurs textes en commun ce qui reste de l'utopie et un travail de fourmis, surtout lorsque l’on a quatre ou cinq écrivains cela représente un nombre de chapitre très important par semaine et l'on n’a pas tous autant de temps les uns les autres. J'ai tout de même le droit de rêver à un petit monde parfait où chacun se ferait lire par les autres en détails et rende la pareille pour le bien de tous.

C'est une maison bleue,
accrochée à ma mémoire,
ceux qui vivent là ont jeté la clé.
lalala lalala lalala
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Messagepar Titi77 » Mer 23 Jan 2008 - 0:18   Sujet: 

Hmm le système que tu proposes là AJ est déjà utilisé en partie par les forum de tfn il me semble. Après c'est sûr que c'est une organisation beaucoup plus compliquée à mettre en place, même entre nous. (Il n'y a qu'à voir mon temps de réaction moyen par rapport à tes posts sur le 1er Jedi)

Pour l'instant, je reste sur le système de : 1 correcteur/relecteur attitré qui parle du fond et de la forme (surtout la forme au final mais il faut quand même essayer) et les posts plus ou moins réguliers sur un forum pour avoir l'avis des candides par rapport au texte (le beta lecteur étant intégré au processus de création, il sera moins innocent que les autres).
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Messagepar Den » Mer 23 Jan 2008 - 15:49   Sujet: 

Aaaah on l'a attendu, mais ça n'en est que meilleur! Et oui, c'est vraiment toujours aussi chouette! cette fois on se penche un peu plue sur l'enquête des agents imp, ce qui n'est pas pour me déplaire! l'intrigue avance et ne cesse de surprendre!
J'en redemande encore et encore!
Bravo!
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Messagepar Titi77 » Jeu 03 Avr 2008 - 21:46   Sujet: 

Petit up pour annoncer que oui, je suis toujours sur cette histoire. Je vous demande juste un peu plus de patience (comme tout bon Jedi ;) ).

Voilà, à la prochaine !
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Messagepar Minos » Jeu 03 Avr 2008 - 22:11   Sujet: 

Que voilà une bonne nouvelle ! Des tonnes de corrections psychopathiques en perspective ! :D
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Messagepar Den » Ven 04 Avr 2008 - 10:02   Sujet: 

Yeah! T'inquiète, on sera patient :wink:
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Mai 2008 - 11:50   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bonjour à tous, en attendant le chapitre 4 qui ne devrait plus trop tarder (sauf si je décide de bien avancer le 5 avant, mais c'est surtout une question d' "inspiration"), j'ai décidé de mettre à jour le début de la fic. Pour aujourd'hui, j'ai mis en ligne les corrections apportées au prologue et au chapitre 1. (dans les posts dédiés). Pas de grosses mises à jour, surtout des corrections de problèmes de style etc.

D'ailleurs je tiens à remercier une fois de plus Minos pour accepter de jouer le rôle de mes "yeux d'aigles" comme le disent souvent les auteurs anglo-saxons ;)
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Messagepar Minos » Dim 25 Mai 2008 - 13:03   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Titi77 a écrit:D'ailleurs je tiens à remercier une fois de plus Minos pour accepter de jouer le rôle de mes "yeux d'aigles"

Très joli, merci ! Surtout pour un type qui, comme moi, est myope comme une taupe ! :lol:
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
Blaise Pascal.
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Messagepar Titi77 » Lun 16 Juin 2008 - 22:38   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Hop là, petit up pour indiquer que maintenant la nouvelle version du chapitre 2 est en ligne.

Normalement, demain soir c'est au tour du chapitre 3.


Sinon, si j'étais vous, je zieuterais ce topic ce week end, sait-on jamais ? :ange:
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Messagepar Titi77 » Mar 17 Juin 2008 - 21:19   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Allez, on continue l'autopromotion avec la mise en ligne de la révision du chapitre 3. Prochaine deadline : ce week end, stay tuned !
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Messagepar Titi77 » Dim 22 Juin 2008 - 14:17   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Tadaaaaaaaaaaaaaaa ! The story continues...

Partis de Koros Major vers le secteur boreo-tyrénien, le groupe de Sanaz fut intercepté par les forces de l'amiral Waldemar dans les environs du système Boreus. Pour mener à bien leur mission, il leur faudra traverser la ligne de front, mais surtout se faire reconnaître comme des impériaux par leurs alliés.


Le chapitre 4 est assez court de par sa nature : il sert a mettre au point un certain nombre d'informations et à préparer la suite. En somme, on prend une grande inspiration avant le plongeon. Attendez-vous à de la parlote :) (Et un de ces 4 j'espère, le chapitre 5 ici, en exclusivité mondiale !!)

=================================================

Chapitre 4 - Préparatifs




ISD Retaliator, près du système de Boreus


Seul occupant de la salle de conférences, le contre-amiral Waldemar était assis en bout de table ; perdu dans ses pensées, il attendait l’arrivée des « prisonniers » avec un brin de curiosité. Lorsque le cargo Emerald Sparrow s’était arrimé dans le hangar du Retaliator, son capitaine avait contacté la passerelle du vaisseau de guerre pour s’identifier par un code militaire à haut niveau de sécurité. Où avaient-ils bien pu se procurer un tel code ? Il était tout à fait possible quoique peu probable que le destroyer ait arraisonné un groupe d’agents de renseignements ou de forces spéciales en mission secrète. On annonça à Waldemar par l’intercom que les prisonniers étaient sur le point d’être introduits dans la pièce. L’officier supérieur se leva pour les accueillir. Il serait le seul membre de l’équipage du destroyer à participer à cette entrevue car le code possédait un tel niveau de sécurité que seul lui et le capitaine Joris étaient habilités à accéder à de telles informations. Or, la situation actuelle dans la zone étant incertaine – les Boreo-Tyréniens pouvaient passer à l’attaque à tout moment – le commandant du Retaliator était resté sur la passerelle.
La porte s’ouvrit en sifflant et les « prisonniers » entrèrent. Ils étaient au nombre de quatre, deux hommes et deux femmes dont une Zabrak, aisément reconnaissable à ses cornes et ses tatouages faciaux. Ces derniers, loin d’être repoussants, rehaussaient sa beauté naturelle tout en lui donnant une aura de mystère. L’autre femme avait la peau noire et les cheveux coupés en brosse selon un style militaire. Elle était relativement jeune comparée aux deux autres humains, une vingtaine d’années standard d’après l’amiral. Quand il posa son regard sur son visage, elle détourna les yeux, visiblement intimidée. Son attention se porta ensuite sur les hommes.
Le plus grand des deux arborait un air espiègle et une combinaison de travail le désignant comme le chef mécanicien du cargo. A sa ceinture pendait une trousse à outils, préalablement vidée de son contenu par les équipes de sécurité qui avaient accueilli le quatuor à son arrivée à bord. Le dernier homme d’équipage, trapu, ne cessait de faire aller et venir son regard d’un point à l’autre de la pièce, en s’attardant plus particulièrement sur Waldemar, comme pour le jauger. L’officier supérieur songea que le prendre pour la petite brute dont il avait l’air serait une grave erreur et décida de ne pas le sous-estimer.
Les quatre « prisonniers » se placèrent alors sur une seule ligne et se mirent au garde-à-vous avant d’exécuter un salut militaire impeccable. Etonné de ce geste, Waldemar les examina plus attentivement. Ils lui étaient vaguement familiers, bien qu’il fut incapable de se souvenir d’une rencontre antérieure. Ce fut un nouveau regard sur la Zabrak qui lui apporta la réponse. Il fit abstraction des tatouages, des vêtements civils et de la coiffure et se rappela alors des cinq survivants d’Ouranos V. Parmi eux, il y avait une Zabrak, qui avait été promue du grade de caporal à celui de sergent par le commandant de son bataillon.
Souriant, il rendit leur salut avant de prendre la parole :
« Repos, sergent Miren. Soyez tous les bienvenus à bord du Retaliator. Prenez place », les invita t-il avant de se rasseoir dans son fauteuil.
« Je dois avouer, continua-t-il, que le fait que vous soyez en possession d’un code d’accès à si haut niveau nous a tous surpris, moi le premier. Maintenant que je sais que vous n’êtes pas de simples civils, je suppose qu’il vous a été donné par vos supérieurs des Renseignements ?
- C’est exact, répondit Sanaz. Je ne suis pas censée vous le révéler, mais vous le dire vous permettra de nous aider plus efficacement. Voilà, notre mission consiste à faire la lumière sur les causes de l’incident d’Ouranos V. En fait, nous recherchons les deux archéologues à l’origine de tout ceci et surtout les documents qu’ils ont dérobés.
- Intéressant. Votre piste vous amènerait donc en plein secteur boreo-tyrénien ?
- Oui. »
Il y eut une pause, puis la jeune Zabrak reprit son souffle et déclara :
« En vertu du contenu de la directive AT3 de la charte des Services de Renseignements Impériaux, nous demandons toute l’aide possible de votre part afin de franchir la ligne de front et poursuivre notre mission. Nous désirerions aussi communiquer avec notre chef de mission.
- Je sais en quoi consiste la directive AT3 et j’obtempère, répondit l’officier d’un air grave. J’avais fait préparer au cas où une liaison sécurisée avec le Centre Impérial dans l’éventualité où j’aurais à contacter l’Ubiqtorate. », fit Waldemar en désignant le projecteur holographique intégré à la table.
Sanaz le remercia et demanda aussi à ce que Jia puisse aller chercher leurs rapports à bord de l’Emerald Sparrow. Waldemar accepta et appela l’un des gardes postés hors de la pièce pour l’escorter. Les trois autres agents ne perdirent pas une minute et utilisèrent le terminal pour contacter le quartier général de l’Ubiqtorate. Ils venaient de terminer les procédures d’identification lorsque Jia revint avec les datablocs demandés. Elle était à peine installée que le buste du directeur Isard apparut sur le projecteur.
« Salutations à vous et à votre équipe, agent Miren, déclara l’image bleutée. Amiral », continua t-elle en se tournant vers Waldemar, qui répondit d’un hochement de tête.
Isard se retourna vers les quatre agents et leur déclara, un mince sourire aux lèvres :
« Je dois bien avouer que la teneur de votre dernier rapport m’a quelque peu surpris. Qui aurait pu prévoir que ce soit vous qui auriez trouvé une piste valable dans le cadre de Gloire Impériale, alors que jusqu’ici mes meilleures équipes ont fait chou blanc ? »
Ils furent tous abasourdis par les implications de cette déclaration mais ce fut Ashoka qui, recouvrant ses esprits le premier, s’en étonna à haute voix :
« Vous voulez dire que nous n’étions pas les seuls agents sur cette opération ? »
Cette fois, Isard rit franchement.
« Et ça vous étonne ? Je n’allais tout de même pas confier une telle mission à des débutants, quels que soient vos états de service dans l’armée !
- Mais alors pourquoi nous l’avoir donnée ? Pourquoi nous avoir détachés dans les services de renseignements ? interrogea Sanaz.
- Il s’agissait d’un test pour évaluer vos compétences d’infiltration. En effet, suite à vos « exploits » sur Ouranos V, le commandement des forces spéciales désirait vous évaluer de façon plus approfondie afin de déterminer si vous pouviez intégrer de telles unités. En vertu d’un accord de coopération entre nos deux services et aussi parce que la sous-direction « action » aurait pu être intéressée, je me suis chargé de ce test. Trêve de bavardages, votre dernier rapport et votre présence à bord du Retaliator me font dire que vos investigations vous ont mené au secteur boreo-tyrénien, n’est ce pas ?
- C’est exact, Monsieur le Directeur, répondit Sanaz. Nous cherchions à traverser le blocus mais les forces de l’amiral Waldemar ne l’ont pas entendu de cette oreille. »
Isard sourit de nouveau.
« Au moins, la flotte fait son travail. C’est un maigre réconfort dans toute cette histoire car la situation s’est passablement compliquée. Avant de continuer, je vous précise à tous – y compris vous, amiral – que ce dont je vais vous faire part est classé top secret. Moins de vingt personnes dans tout l’Empire sont au courant de tout ou partie de ces informations. »
La tension dans la pièce grandit à cette annonce. De tels secrets étaient jalousement gardés et leur mauvaise utilisation, lourde de conséquences. Les cinq occupants de la pièce se tendirent et écoutèrent attentivement le directeur de l’Ubiqtorate. Ashoka arrêta même de se contorsionner dans son siège.
« L’opération Gloire Impériale n’est pas la seule à conduire au secteur boreo-tyrénien. Voyez-vous, au moment où nous perdions tout contact avec la Mission Archéologique Impériale et la garnison d’Ouranos V, un groupe de Jedi en fuite fut capturé par un vaisseau non identifié dans le système de Chorax. Le Seigneur Vador, qui se charge personnellement de cette affaire, a pu remonter la piste des « kidnappeurs » jusqu’à Kuar.
- Kuar ? s’exclama Jia. C’est dans le Noyau Central, mais quel rapport avec Gloire Impériale ?
- Une intuition du Seigneur Vador et… des hypothèses de mes enquêteurs. Les livres d’Histoire nous apprennent que cette … Forge Stellaire, capable de produire une flotte en un temps record, consommait une énergie phénoménale, dont une partie venait de ce que le défunt Ordre Jedi appelle “Force”. Or, qui mieux qu’un Jedi est à même de capter cette énergie ?
- Je ne vous suis pas, Directeur, remarqua à haute voix l’amiral. Le récit que vous nous faites indique que les Jedi auraient été capturés. Pourquoi ne pas les avoir escamotés discrètement ? Puisque si le gouverneur Rees est bien derrière tout cela, les Jedi et lui ont un ennemi commun, ça ne tiendrait donc pas debout, non ?
- J’y ai réfléchi. Il est fort probable est que les captifs aient été emmenés contre leur gré. Une histoire d’éthique, je pense. D’ailleurs, les moyens employés ne laissent guère de doute à ce sujet.
- Admettons, enchaîna Sanaz. La piste de ceux qui sont en possession des plans de cette fameuse usine converge vers le secteur boreo-tyrénien. Vous nous affirmez qu’il en va de même pour les commanditaires de cet enlèvement. Cela signifie donc que la sécession boreo-tyrénienne peut poser de plus graves problèmes qu’une mauvaise image de marque si jamais ils arrivent à fabriquer une réplique fonctionnelle de cette usine d’armements. En ont-ils au moins la capacité ?
- Oh oui, toute la politique intérieure du Moff Rees visait à rendre autosuffisant son secteur. Il y est arrivé, d’après les derniers rapports à nous être parvenus. Mais il y a plus important : nous ne parlons pas d’une simple usine d’armement ultra-rapide. Ce dont il est question est d’une usine capable de construire n’importe quoi à partir de presque rien, un constructeur universel si vous préférez. C’est un vieux rêve des physiciens et si il venait à se concrétiser, les conséquences pourraient être désastreuses. »
Un silence pesant s’abattit sur la pièce. Isard attendit quelques instants, pour laisser ses paroles marquer les esprits, avant de reprendre.
« La situation actuelle m’oblige donc à modifier le cours de l’opération Gloire Impériale. Ecoutez bien, agent Miren. Votre groupe devra s’infiltrer dans le secteur boreo-tyrénien afin de : primo, poursuivre la mission actuelle consistant à retrouver ces documents et identifier les commanditaires des « incidents » d’Ouranos V. Secundo, dans le cadre de l’opération Marteau Tyrénien, vous devrez contacter le chef de station des Services de Renseignements en poste sur Tyra et évaluer sa loyauté. Si il s’avère qu’il travaille toujours pour nous et que vous avez besoin d’aide, il vous faudra entrer en contact avec lui car dès que vous aurez franchi la ligne de front, vous ne pourrez compter sur aucune assistance. La procédure de contact vous sera communiquée ultérieurement. Si vous avez besoin de contacter l’extérieur, l’amiral Waldemar vous fournira un émetteur crypté.
- A t-on une idée des personnes sur lesquelles nous pourrions cibler notre enquête ?
- Vous pourrez commencer par le gouverneur Rees. C’est un amateur d’antiquités, ce qui vous donnera une opportunité de l’approcher. De plus, son dossier le désigne comme le principal instigateur de cette sécession. Je vous en ferai parvenir une copie. Quant à vous, amiral, je suis chargé de vous transmettre de nouveaux ordres. En plus de maintenir le blocus du secteur, vous devez vous tenir prêt à tout instant à envoyer vos forces attaquer l’éventuel site de construction de cette usine. Les moyens et le modus operandi de cette partie de l’opération sont laissés à votre appréciation.
- En ce cas, répondit Waldemar, je désirerais votre appui afin d’obtenir le soutien de quelques unités supplémentaires.
- J’en déduis donc que vous avez un plan ? constata le directeur de l’Ubiqtorate.
- Oui et non, avoua Waldemar. Le plan que je mûris actuellement est destiné à gérer mon affrontement avec le gros de la flotte tyrénienne. Flotte qui ne sera pas loin si je décide d’entrer dans le secteur.
- Nous verrons bien. Avez-vous encore des questions ?
- Moi, oui, annonça Ashoka en levant une main. Comment allons-nous franchir la ligne de front ? Si on se présente aux avants-postes tyréniens directement après avoir quitté le Retaliator, je pense qu’ils vont se méfier et ce n’est pas moi qui irais les blâmer. »
Isard fit la moue face à ce « léger » détail. Il songeait à la meilleure réponse à donner quand Waldemar prit la parole.
« Avec votre permission, monsieur le Directeur, j’ai réfléchi à une idée qui mérite qu’on s’y attarde.
- Soit. Allez-y, amiral. »

***


Quelque part dans le secteur boreo-tyrénien


Le gouverneur Rees ne décolérait pas. Non seulement son conseiller spécial l’avait réveillé pour une nouvelle réunion d’information qui aurait pu attendre le lendemain, mais en plus il venait de lui annoncer un nouvel échec ! Et malgré cela, il se permettait d’être optimiste :
« … et bien que les assassins que j’ai embauchés aient échoué dans leur mission, j’ai la certitude que ces éventuels agents impériaux ne pourront pas remonter notre piste. Le Hutt n’a rencontré que moi, il ne connaît pas mon visage et je n’apparais dans aucun dossier officiel. Enfin, je le répète : le blocus impérial joue en notre faveur dans ce cas de figure.
- Que vous dites, lança le gouverneur. Nous devons quand même nous préparer à tout ! Commodore : tout vaisseau, même civil qui arrivera à forcer le blocus doit être considéré comme un ennemi potentiel et ne devra se déplacer qu’en convoi sous escorte armée. Nos services de sécurité devront eux aussi redoubler de vigilance afin de déjouer toute tentative d’action de la part d’éventuels espions impériaux.
- A vos ordres, gouverneur. Bien que la majorité des forces impériales semble immobilisée devant le système Boreus, j’ai pris l’initiative d’intensifier les patrouilles dans tout le secteur. Une fois la cargaison « spéciale » prête, ce qui ne prendra guère longtemps si j’ai bien compris, je pourrais commencer à m’attaquer à leur blocus. Il me faudra certainement plusieurs tentatives avant de le désorganiser car ils sont assez nombreux et l’amiral Waldemar est tout sauf un incompétent.
- Battre votre ancien mentor sera une victoire personnelle pour vous, n’est-ce pas ?
- Oh que oui. Mais, rassurez-vous : je ne laisserai pas mon orgueil m’aveugler. Nous prouverons à notre peuple et à la galaxie qu’il peut y avoir une alternative viable à l’Empire. »

***


ISD Retaliator, près du système de Boreus


Le hangar principal du vaisseau de guerre bourdonnait d’activité. Partout, des techniciens s’affairaient à réparer les chasseurs stellaires endommagés lors des derniers affrontements, ou à préparer ceux partant en patrouille.
Des sirènes d’avertissement retentirent près de la baie de décollage, ce qui provoqua l’évacuation du personnel se trouvant dans cette zone. Quelques instants plus tard, quatre chasseurs Nimbus firent leur apparition dans la baie et, repliant leurs volets stabilisateurs, se dirigèrent vers l’aire d’atterrissage dégagée pour eux.
Dans une partie isolée du hangar et protégée par un cordon de soldats à la mine patibulaire, on préparait l’Emerald Sparrow pour la prochaine partie de sa mission.
Sous la tuyère du réacteur central, Ashoka et une équipe de mécaniciens du destroyer révisaient les moteurs. Pour détendre l’atmosphère, le technicien de première classe, promu chef mécanicien du cargo, racontait de temps à autre quelques blagues salaces, déclenchant l’hilarité de ses collègues. Un observateur non averti aurait aisément pu croire qu’Ashoka n’ était rien d’autre qu’un pitre. Il aurait eu tort car Ashoka savait rester concentré lors d’une opération délicate et retenait bien les conseils que lui prodiguaient ses collègues.
A une dizaine de mètres du vaisseau, Jia discutait technique avec un jeune officier des Services de Renseignements de la Marine Impériale qui semblait être attiré par sa personne. Cela la gênait car elle n’aimait guère être le point de mire de ses interlocuteurs dans une conversation. L’homme lui apportait l’appareil qu’ils utiliseraient pour envoyer un message à la flotte si la situation l’exigeait.
« On dirait une bouteille d’alcool, avait déclaré la jeune femme, surprise.
- Effectivement. » Il brandit un objet cylindrique et prononca, sur un ton doctoral, « ceci est un enregistreur de données quelque peu modifié. Vous enregistrez votre message en le connectant à n’importe quel type de databloc et ensuite, vous le glissez dans la bouteille par le goulot et vous refermez le bouchon.
- Et après ?
- Après, vous lancez la bouteille dans l’espace, en la jetant dans votre vide-ordures par exemple. Le froid va geler le liquide à l’intérieur, ce qui aura pour effet d’activer le mécanisme de transmission intégré. L’alcool sera brûlé pour faire de la place et le message sera envoyé deux fois de suite sur une fréquence hyperspatiale protégée.
- Ça évite donc de passer par les relais Holonet. Pas bête, commenta Jia.
- C’est cela. Par contre, assurez-vous de ne pas vous trouver dans une zone de fortes anomalies électromagnétiques et qu’il y ait une ligne droite dégagée avec le récepteur, c’est-à-dire nous.
- Oui, j’ai compris, répondit-elle rapidement pour essayer de se débarrasser de l’officier car son regard s’attardant sur ses formes la rendait mal à l’aise.
- Voilà, c’est tout ce qu’il y a à savoir. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas, déclara-t-il, sourire aux lèvres.
- Oui, oui. Je vous remercie enseigne…
- Orvaj. Enseigne Kyle Orvaj, à votre service.
- Merci, enseigne, » répondit-elle en saluant.
Elle s’empressa de tourner les talons et de repartir vers le Sparrow avec l’appareil, avant que son visage ne rougisse de façon visible. Bon sang ! Qu’est ce qu’elle détestait ces pseudos-conférences données par des officiers désireux d’impressionner le personnel féminin par l’étendue de leur savoir.
Elle continuait encore de ressasser cette pensée lorsqu’elle vit Sanaz descendre la rampe d’accès de leur vaisseau. Elle repensa aussitôt à leur première mission ensemble, sept mois plus tôt, et songea que bien des choses les séparaient. Au départ, Sanaz avait le même grade qu’elle et venait à peine d’arriver dans la section. Mais, les évènements aidant, c’était la jeune Zabrak qui avait secondé le lieutenant Jarek lorsque le sergent Hoffie avait été blessé. Sanaz avait gagné son grade de sergent grâce à ses compétences et une meilleure aptitude au commandement que Jia. Derek et Ashoka pensaient qu’elle serait la suivante à être promue et l’avaient souvent rassurée à ce sujet. Elle savait cependant qu’il n’en serait rien car elle paniquait à la seule idée des responsabilités associées. Pire encore : Derek, Ashoka et tous ses éventuels futurs subordonnés lui voueraient une confiance quasi aveugle pour la seule raison qu’elle serait leur supérieur. Or, si Jia commettait une erreur, ils seraient les premiers à en pâtir et cela, elle ne le souhaitait pas. Elle ne voulait pas trahir leur confiance.
« C’est pour l’apéritif ? questionna ironiquement Sanaz.
- Euh… non. C’est le communicateur hyperspatial qu’on devait nous confier. » répondit Jia, brusquement arrachée à ses pensées.
Elle se lanca dans un résumé de l’exposé que venait de lui faire l’enseigne. A la fin, Sanaz hocha la tête, impressionnée.
« Pas mal. Ce petit gadget pourra nous servir. Tu as l’air songeuse. C’est cet officier qui t’as perturbée ?
- Oui… non. Enfin… Je pensais à ce qui nous attendait et je me disais que… au vu de mes capacités… J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ce qui nous attend, sergent.
- Comment cela, pas à la hauteur ? »
Secrètement heureuse de trouver enfin quelqu’un prêt à l’écouter, Jia décida de s’ouvrir :
« J’ai bien réfléchi et je me suis rendue compte que j’ai toujours eu du mal à assumer mon rang. Je redoute l’inconnu et je n’ai jamais osé prendre d’initiatives. Sur Ouranos V, il y avait toute la section, alors cela ne s’est pas trop vu mais à la fin, dans la grande salle alors que nous n’étions plus que cinq, j’ai vraiment pris peur et si j’ai aidé le lieutenant c’est parce que je n’avais pas le courage de dégainer mon pistolet blaster. Je n’avais pas le courage de… »
Elle avait baissé le regard et parlait avec difficulté, tout à la fois soulagée de s’exprimer et honteuse de voir ses peurs exposées au grand jour.
« Tu n’avais pas le courage de voir la mort en face ? Jia hocha la tête.
- Mais moi aussi j’avais peur, reprit Sanaz. J’avais peur de me faire tuer en essayant de fuir et de me cacher dans les souterrains. Et je suis sûre que Derek, Ashoka et le lieutenant Jarek avaient peur eux aussi. Ecoute, Jia : tu ne dois pas douter de toi. Nous avons tous confiance en toi ici. Quelles qu’aient été tes craintes à ce moment là, tu t’es bien défendue lorsque le Sparrow a été attaqué sur Koros Major, tu as correctement analysé les réactions du Dévaronien que nous avons rencontré sur Ruan, ainsi que celles de tous nos autres interlocuteurs. Derek et Ashoka ont confiance en toi, j’ai confiance en toi. Ne te laisse pas abattre, tu y arriveras, j’en suis certaine.
- Merci, sergent, fit-elle d’un sourire triste mais plein de reconnaissance. Je… je vais aller cacher le transmetteur. Encore merci pour ces paroles. »
Sans plus attendre, Jia gravit vivement la rampe d’accès sous le regard de Sanaz. Au fond d’elle-même, la Zabrak était un peu inquiète pour Jia. La suite de la mission serait éprouvante pour tous, aussi Sanaz se promit-elle de garder un œil sur la jeune femme. Elle songea avec ironie que lorsque Jia l’avait surprise en train de dessiner ses tatouages faciaux rituels, c’était elle qui doutait de sa capacité à les commander. Et qui doutait encore au fond d’elle-même. Elle se ressaisit et prit un air impassible – le capitaine d’un vaisseau ne pouvait se permettre d’afficher ses craintes au grand jour. Du coin de l’œil, elle aperçut les techniciens s’éloigner et Ashoka se diriger vers elle.
« Moteurs contrôlés et en parfait état, sergent, fit-il en la saluant.
- Alors, il ne nous reste plus qu’à préparer le décollage. Allons-y. »
Modifié en dernier par Titi77 le Jeu 26 Juin 2008 - 22:01, modifié 3 fois.
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Messagepar Minos » Dim 22 Juin 2008 - 20:10   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bon, pas grand-chose à dire pour ma part. Faut dire qu'après y avoir passé quelques bonnes heures... :D

Court mais intense, dirais-je, avec les révélations qu'il faut et la préparation de la suite.
La personnalisation des persos, si j'ose dire, est un plus indéniable. Il va juste faloir continuer à la bosser pour qu'on se les représente vraiment.

Bref, en deux mots, j'aime. :)
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Messagepar Den » Lun 23 Juin 2008 - 14:56   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Voici que je viens de passer un agréable moment de lecture avec la suite de l'Ordre Nouveau.
Comme l'a dit Minos, il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est que je trouve ce chapitre bien meilleur que le précédent (que j'ai relu un peu avant pour me remettre dans le bain). De plus, tu exploites tes personnages à la perfection!
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Messagepar Titi77 » Lun 23 Juin 2008 - 21:15   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

je trouve ce chapitre bien meilleur que le précédent
Héhé, c'est là qu'on voit l'effet du travail accompli ;) Merci en tout cas :) (oups mes chevilles :ange: )

En tout cas c'est bien que ça t'ait plut car je vais m'efforcer de personnaliser de plus en plus mes persos, ça sera crescendo voire totalement décorrelé par rapport au début mais je pourrais toujours faire une v2 (enfin v2.5 car les premiers chapitres sont déjà en v2, dingue non ? )
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Messagepar AJ Crime » Lun 23 Juin 2008 - 22:12   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bien, deux trois petites choses et je passe à la suite....

Titi77 a écrit: un groupe d’agents de renseignements ou de forces spéciales en mission secrète. On annonça à Waldemar par

je verrais bien un retour chariot après le point pour marquer le changement tenporelle avec la description

Titi77 a écrit: Maintenant que je sais que vous n’êtes pas de simples civils, je suppose qu’il vous a été donné par vos supérieurs des Renseignements ?

Etrange, je m'attendais à autre chose en lisant le début de la phrase. Parce que la fin est liée à la phrase d'avant a propos du code d'accés. Alors que la première partie concerne leur état de militaire... m'enfin, c'est pas parce que ça me paraît étrange que cela n'a pas été fait exprès...

Titi77 a écrit: Voilà, notre mission consiste à faire la lumière sur les causes de l’incident d’Ouranos V.

le "voilà" m'a fait penser qu'il se mettait à table au cours d'un interrogatoire alors que l'autre ne lui a rien demandé après tout.

Titi77 a écrit: et identifier les commentaires des « incidents » d’Ouranos V.

les "commantaires" ? tu es sûr là ??? pas plutôt les commanditaires comme notés un peu plus haut ???

Voilà vraiment pas grand chose à dire, c'est fouillé, bien écrit (pas de doute la dessus), fort à propos et avec une petite dose de révélations. Les préparatifs vont bon train avant qu'ils ne passe "en territoire ennemie", les doutes d'avant le combat (ça fait un peu tâche alors qu'ils viennent de suivre la formation de l'Ubiqtorate et qu'on leur a bourré le mou avec les nouvelles capacités qu'ils allaient maîtriser), les craintes et les apprioris qui tombent pour renforcer les liens de l'équipe et prevenir les défaillances... Très bon, et on sent bien la prise d'apnée avant de plonger dans des eaux troubles.
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Messagepar Titi77 » Lun 23 Juin 2008 - 22:33   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

les "commantaires" ? tu es sûr là ???
Sorry, mon clavier a fourché et mon correcteur était en pause (mais pourquoi je le défend d'ailleurs ? Au bûcher !!!!!)
(ça fait un peu tâche alors qu'ils viennent de suivre la formation de l'Ubiqtorate et qu'on leur a bourré le mou avec les nouvelles capacités qu'ils allaient maîtriser)
Oui mais ce sont des soldats à la base donc a priori moins "doués" pour jouer aux barbouzes (enfin sauf quand il s'agit de tout faire péter ou de défourailler ;)).

le "voilà" m'a fait penser qu'il se mettait à table au cours d'un interrogatoire alors que l'autre ne lui a rien demandé après tout.
Ben pour ma défense on a quand même un ptit sergent qui parle à l'amiral de service. Il n'est certes pas son supérieur hiérarchique mais doit jouir d'une certaine autorité naturelle (privilège des galons :) )

m'enfin, c'est pas parce que ça me paraît étrange que cela n'a pas été fait exprès...
Je reviendrais là-dessus plus tard, je te suis pas.

je verrais bien un retour chariot après le point pour marquer le changement tenporelle avec la description
Moi j'ai laissé pour avoir une unité d'action. Perso ton avis est tout à fait valable mais je pense/crois/espère que le mien l'est aussi donc je touche pas :p

Merci de ton avis ! (Maintenant faut que je finisse le suivant histoire que le correcteur ne s'ennuie pas pendant ses congés).
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Messagepar AJ Crime » Mar 24 Juin 2008 - 22:44   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Ton texte est très bon, mes avis ne sont que des propositions. A toi de faire les choix que tu désires, je n'insisterai pas !

Et on reviendra sur tous les points que tu voudras, j'ai moi même mis longtemps avant de trouver le motif de mon trouble et encore plus longtemps pour l'exprimer par des mots et ensuite par écrit.... Compliqué la manipe, je te dis pas...

Pour le correcteur, n'hésite pas à le harceler un peu, ça lui fera du bien ! Mais il risque de t'envoyer sur les roses s'il a un bon livre en cours ouo s'il prefère rester à s'ennuyer.... Bon courage !
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Messagepar Minos » Jeu 26 Juin 2008 - 18:38   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Le correcteur lit "Allégeance", boit du pineau, se dit qu'il faudrait qu'il fasse sa vaisselle pour pouvoir manger, le tout avant 20h45, heure du coup d'envoi.

...

Je crois que t'as raison, AJ, il est temps que j'ai le prochain chapitre entre les mains. :D
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Messagepar Notsil » Jeu 26 Juin 2008 - 20:19   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Plop, lu aussi ^^

Attention, ton correcteur devient moins fiable en période footeuse :P

Ils lui étaient vaguement familier,

->familiers ?

« Repos, sergent Miren. Soyez tous les bienvenus à bord du Retaliator. Prenez place », les invita t-il avant de se rasseoir dans son fauteuil. Il continua :
« Je dois avouer que le fait que vous soyez en possession d’un code d’accès à si haut niveau nous a tous surpris, moi le premier. Maintenant que je sais que vous n’êtes pas de simples civils, je suppose qu’il vous a été donné par vos supérieurs des Renseignements ?

Le "il continua" casse le rythme je trouve, ouvrir le guillemet juste après "fauteuil" me paraitrait plus logique ^^

surtout les documents qu’ils ont dérobé.

->dérobés ^^

Le plus probable est que les captifs aient été emmenés contre leur gré car ils n’auraient de toute manière pas été d’accord.

->là je trouve la phrase bancale, dans le double sens que s'ils sont emmenés contre leur gré c'est logiquement qu'ils ne sont pas d'accord, et une lourdeur avec le "le plus probable que" suivi d'un "car" ^^. Alors qu'un "il est fort probable que les captifs aient été emmenés contre leur gré" est par exemple plus léger...

Partout, des techniciens s’affairaient à réparer les chasseurs stellaires endommagés lors des derniers affrontements, ou à préparer les appareils envoyés en patrouille.

Comment les techniciens présents sur le vaisseau peuvent préparer des appareils déjà envoyés en patrouille ? ou en fait il fallait comprendre "à envoyer en patrouille" (mais peut-être le double "à" gênait alors ? ^^) ?

Secrètement heureuse d’enfin trouver quelqu’un de prêt à l’écouter, Jia décida de s’ouvrir :

"de trouver enfin quelqu'un prêt à l'écouter" supprime efficacement quelques "de" qui rajoutent de la lourdeur ^^

Mis à part ces détails, c'est un très beau chapitre où toute la situation est bien expliquée, une bonne mise en bouche pour poser le décor du chapitre suivant si j'ai tout compris^^
On voit un approfondissement des perso, ça n'en sera que mieux pour la suite ^^
Bon courage ;)
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.

Novembre approche...
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Messagepar Titi77 » Jeu 26 Juin 2008 - 21:57   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Hum, effectivement, ce sont des fautes et des belles :)

En tout cas ça prouve mon opinion : le football est la déchéance de l'Homme ! :ange:

Bon j'arrête mes envolées lyriques et je vais corriger. Merci Notsil ;)
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Messagepar Titi77 » Mar 05 Aoû 2008 - 22:00   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Jouez hautbois, sonnez musettes, le nouveau chapitre arriveeeee-euh !

Après un briefing sur le destroyer Retaliator, Sanaz et ses trois compagnons d'armes continuent leur mission et s'apprêtent à traverser la ligne de front. Cette entreprise risque fort de ne pas être de tout repos...

Et oui, maintenant l'action se lance et les quatre protagonistes ne peuvent plus faire marche arrière.

=======================================================


Chapitre 5 - Insertion




Système de Foerost, terrain d'exercice de la Marine Impériale


C'était jour de grandes manœuvres dans le système de Foerost. Comme le veut le règlement de la Marine Impériale, chaque déploiement opérationnel d'un groupe de combat est précédé d'une série d'exercices à grande échelle, mettant en œuvre les capacités des unités concernées. Projection de troupes, patrouilles anti-contrebande, opérations d'assaut combinées sur une planète ou une station spatiale… Tout était passé en revue dans l'objectif d'affûter les compétences des hommes d'équipage, de les familiariser avec le matériel mis à leur disposition, bref de les aguerrir.
Le thème de l'exercice en cours était l'affrontement entre deux groupes de vaisseaux de ligne. Des éléments de la flotte 787, rentrant de patrouille sur l'artère commerciale entre Primus Goluud et Vulpter, jouaient le rôle des défenseurs, tandis qu'une partie du groupe de combat destiné à le remplacer tenait celui des attaquants. Le thème n'était pourtant pas entièrement celui - classique - d'un affrontement au corps à corps entre vaisseaux de premier rang. En effet, un groupe d'officiers de la Marine Impériale, majoritairement composé de jeunes capitaines, prétendait pouvoir défaire les unités les plus lourdes de la flotte par un emploi intelligent de frégates et de corvettes. Les plus anciens étant comme de juste incrédules, les représentants de cette "jeune école" avaient décidé d’étayer leurs théories dans le cadre de cet exercice. Ils alignaient donc un groupe de croiseurs légers Carrack assistés d'une paire de destroyers Venator contre deux vaisseaux du même type et un Imperator. Ils pouvaient aussi compter sur le soutien d'une paire de frégates CC2200, d'un Dreadnought reconverti en porte-chasseurs …et d’un plan audacieux.
A bord du cuirassé modifié, l'officier commandant le groupe d'attaque jeta un regard à l'hologramme tactique montrant l’ennemi se déployer en fer de lance, et donna ses propres ordres :
« En demi-cercle ! Les Venator au centre et les frégates à l'arrière. Que les chasseurs d'assaut attendent mon ordre pour décoller. »
Une fois en position, les vaisseaux s'avancèrent lentement vers les défenseurs. Quand la distance qui les séparait se trouva réduite à moins de deux kilomètres, les hostilités débutèrent et les pièces d'artillerie entrèrent en action. Comme on était dans le cadre d’un exercice, les armes ne tiraient pas réellement : les lasers étaient remplacés par d'inoffensifs rayons lumineux et les salves de missiles étaient simulées par ordinateur.
Le début de la bataille fut assez chaotique : les attaquants manœuvraient pour encercler les trois destroyers, en profitant de leur maniabilité supérieure, tout en tentant d'échapper au pilonnage méthodique des batteries ennemies. Les défenseurs avaient depuis longtemps fait décoller leurs chasseurs, qui tentaient de forcer le barrage adverse.
Sur la passerelle du cuirassé reconverti, le commandant résistait aux demandes de ses officiers et refusait le lancement de ses propres bombardiers, comme le préconisait le manuel.
« Ce n'est pas le bon moment », répétait-t-il.
Il ordonna toutefois à son vaisseau de se rapprocher de l'affrontement. Puis, voyant une ouverture dans la mêlée de chasseurs, il déclara :
« Lancement des bombardiers, maintenant ! Objectif : le destroyer Imperator, droit devant. »
Aussitôt, les pilotes, impatients d'en découdre, quittèrent les hangars du porte-chasseurs. Plus de quarante appareils de type Arc 170 modernisés et lourdement armés firent route à plein régime vers leur cible.
Dans le chasseur de tête, le commandant de l'escadrille était confiant : ils avaient maintes fois répété leur manœuvre en simulation et personne n'avait trouvé de parade plus efficace qu'un rideau de chasseurs. Or, ce même rideau tentait avec plus ou moins de succès de s'attaquer aux destroyers Venator du groupe d'assaut. Un coup d’œil lui montra ses copilotes et canonnier concentrés sur leurs tâches respectives et parés pour la suite des événements.
Les Arc 170 arrivèrent par la proue et foncèrent vers la passerelle en suivant au plus près la superstructure du destroyer.
Parfait, songea le commandant, nous volons trop bas pour la DCA et il n'y a aucun chasseur pour nous attaquer.
Puis, s'adressant à ses hommes :
« Attention, parés pour l'attaque à mon ordre… Maintenant ! »
Sans hésitation, ils se séparèrent en trois groupes, chacun visant un point précis de l'îlot. Deux secondes plus tard, ils avaient dépassé le destroyer et se dirigeaient vers ses escorteurs.
Virtuellement touché par trois salves de vingt missiles, l'îlot de l'Imperator fut considéré comme détruit. A bord de l'immense vaisseau de guerre, la surprise et la consternation avaient frappé l’équipage. Se reprenant, il activa la passerelle secondaire et décida de fuir l'affrontement grâce à un saut hyperspatial, ce qui mettrait fin à l'exercice.
C'était exactement ce qu'attendait le commandant de la force attaquante : voyant le destroyer commencer à reculer, il donna un ordre aux frégates CC2200 qui, jusque-là, étaient restées passives. A leur bord, des opérateurs s'activèrent sur des consoles spécifiques à ces vaisseaux. Cela eut pour effet de stopper la fuite de l'Imperator.
Son équipage croyait en effet être hors d'atteinte et s'apprêtait à quitter l'engagement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il s'aperçut que l'hyperpropulsion refusait de s'activer ! Tous les systèmes étaient au vert, excepté l'ordinateur de navigation qui indiquait la présence d'une planète à proximité. Ils étaient pourtant dans une zone dite "libre" d'après leurs cartes. Perdant du temps à essayer de comprendre ce qui se passait, le capitaine de l'Imperator rappela trop tard ses escorteurs pour l'accompagner à un nouveau point de saut. La flotte attaquante - même réduite par les lourdes pièces d'artillerie du destroyer et des deux Venator - n'eut aucun mal à le rattraper et à l'achever.
Au soir de l'exercice, les vainqueurs fêtèrent leur succès. Et, à la table des officiers, le commandant félicita les équipages des chasseurs pour leur audacieuse manœuvre et loua cette technologie exotique dite du "puits de gravité", qui leur avait permis de porter l'estocade à leurs adversaires. En plus d'être fier d'avoir été l'un des premiers officiers à lui trouver une utilité militaire, il était certain qu'elle serait promise à un bel avenir malgré le faible nombre de vaisseaux équipés ainsi que leur relative fragilité.

***


Près du système de Boreus, secteur boreo-tyrénien


« Emerald Sparrow, ici l'amiral Waldemar. Vous êtes autorisés à décoller. Votre escorte vous attend au-dehors. Bonne chance, sergent.
- Merci, amiral. Emerald Sparrow terminé. »
Sans plus attendre, Sanaz augmenta la puissance des moteurs à répulsion et poussa le manche en avant, vers la baie de décollage. Lorsque le cargo eut traversé le champ de rétention d'atmosphère, elle enclencha progressivement les trois propulseurs subluminiques du vaisseau.
Les quatre chasseurs d'escorte rejoignirent alors le Sparrow et l'encadrèrent. Par la verrière en transparacier, elle remarqua que leurs volets stabilisateurs étaient déployés en position d'attaque. L'amiral n'a décidément rien laissé au hasard, songea-t-elle. Des grommellements de Derek la détournèrent de ses réflexions.
« Bon sang, quel plan ! Y a encore un millier de trucs qui pourraient tout faire rater lamentablement. Et dire que dans S.R., il y a le mot "Renseignements" ! Comme si on en avait, des renseignements fiables !
- Arrête un peu, tu veux ? Lui intima sa supérieure. Concentre-toi plutôt sur la navigation.
- A vos ordres, chef. »
Comprenant que Sanaz ne souffrirait plus de remarques désobligeantes à propos du plan - pour le moins audacieux – dont elle était à l’origine, il se reporta sur la tâche présente. A ses côtés, Sanaz héla Ashoka par l'intercom :
« Comment vont les moteurs ?
- Bien, ils sont comme neufs. D'ailleurs c'est le cas vu qu'ils ont à peine huit mois.
- Reçu. »
Coupant l'intercom, elle se concentra sur ses commandes. Du siège de copilote, Derek remarqua qu'elle serrait le manche plus fermement que d'habitude. Il tourna la tête pour s'assurer que Jia était toujours en train de travailler sur la tourelle située sur le dos de l'appareil.
« Nerveuse, chef ?
- Oui, un peu. Le trac, en fait. J'espère vraiment que ça va marcher, sinon je ne vois pas comment nous allons faire.
- Bah, mon instructeur disait toujours : "un problème à la fois, c'est déjà beaucoup".
- Exact. Et Derek… Merci.
- De rien, chef. »

Sur la passerelle du Retaliator, Reiner Waldemar contemplait stoïquement le cargo être guidé aux côtés des dizaines d'autres vaisseaux civils interceptés alors qu'ils tentaient de se rendre dans le secteur boreo-tyrénien. Ça y est, les premiers pions ont bougé. Les pièces plus importantes vont pouvoir commencer à sortir.

***


Station de surveillance Etjark, frontière du secteur boreo-tyrénien


Son quart durait déjà depuis quatre heures et il en avait encore deux à tirer. Fatigué, l'opérateur senseurs de première classe Woneng Athilim l'était sans aucun doute. Il avait l'habitude des périodes de veille longues et ennuyeuses, même si le blocus impérial avait supprimé ce dernier qualificatif. Avisant son supérieur hiérarchique qui entrait dans le central veille, Woneng attendit qu'il se rapproche, dans l'espoir d'engager la conversation. Ce n'était guère réglementaire lors d'un quart sous niveau d'alerte élevé, mais il tenait l'enseigne Haltersk en haute estime et voulait lui demander conseil sur la meilleure des manières pour demander sa petite amie en mariage. Il commença donc par faire son rapport :
« Aucune autre activité que les patrouilles habituelles dans les lignes impériales, enseigne. »
Il y avait bien sûr eu l'arraisonnement de ce cargo léger puis son escorte vers le point de rassemblement des civils trois heures auparavant. Comme c’était le dernier en date d'une longue série, Woneng passa cet événement sous silence dans son compte-rendu.
L'enseigne Haltersk allait s'en aller, quand Woneng, ayant rassemblé son courage, demanda :
« Enseigne… Cela ne concerne pas le service mais… Je voulais vous demander si…
- Si quoi ? »
Woneng allait poursuivre quand plusieurs alarmes se déclenchèrent sur sa console et celles de ses voisins.
« Qu'y a-t-il ? Hurla l'enseigne pour se faire entendre par-dessus le vacarme.
- Les cargos essayent de s'échapper et les Impériaux les attaquent ! Répondit l'un des opérateurs sans prendre la peine de se retourner.
- Leur cap les amène droit sur nos lignes, monsieur, ajouta Woneng. »
L'intercom se mit à sonner lui aussi, ce qui ajouta à l'excitation qui régnait désormais dans le central.
Haltersk décrocha, c'était le commandant de la station qui venait aux nouvelles.
« Commandant, les cargos retenus par les forces impériales tentent de forcer le blocus. Les impériaux ripostent surtout avec des chasseurs car, pour le moment, leurs plus grosses unités sont encore à quelques minutes.
- Bien reçu, enseigne. J'en avise nos troupes sur-le-champ. Prévenez-moi de tout changement de la situation.
- A vos ordres. »
Il avait à peine raccroché que les sonneries mugissantes appelant aux postes de combat retentissaient dans toute la station.

***


Vaisseau amiral de la flotte tyrénienne, frontière du secteur boreo-tyrénien


La surprise et l'affolement régnaient sur la passerelle du Shaer'Lis Tyra. Les avis divergeaient sur la réponse à adopter face à cette situation inattendue. Ordres et contrordres fusaient lorsqu'une voix autoritaire intima le calme.
Sorti précipitamment de sa cabine où il étudiait des rapports, le commodore Phanteras vint prendre le commandement. Au lieu de se diriger vers la radio et de lancer ses ordres à la flotte, il prit le temps de parler calmement à chacun des officiers présents. L'heure n'était pas à la causette mais le commodore savait que des hommes en proie à la panique n'étaient pas fiables. Des batailles se perdaient de cette façon. Cela lui permit aussi d'affiner le plan qui se formait dans son esprit depuis qu'il avait pris connaissance de la cause de l'alerte.
« Aux postes de combat, contactez la flotte : envoyez le Vainqueur aider les cargos à franchir nos lignes. Le Briseur restera ici pour aider les stations à se défendre en cas de contre-attaque.
- Et nous, commodore ?
- Le 'Tyra attaquera la flotte ennemie avec l'aide du Feu de Vishii et du Tempête d'Elshii. Nous nous replierons dès que suffisamment de cargos seront en sécurité dans nos lignes. »
Les ordres furent exécutés avec diligence, et lorsque le Shaer'Lis Tyra et les deux cuirassés s'avancèrent de façon menaçante vers les forces impériales, Waldemar fut contraint de répondre à cette provocation. Il ne put donc envoyer que deux vaisseaux de moindre importance s'occuper des cargos en fuite.
Constatant qu'il obtenait la réaction souhaitée, Phanteras se permit un sourire avant d'ordonner :
« Pivotez pour leur présenter notre flanc tribord. Feu à volonté pour toutes les batteries sauf les lance-missiles. Ne déployez pas les chasseurs, et relayez au Feu de Vishii et au Tempête d'Elshii.
- A vos ordres, commodore. Transmission en cours. »
Je me souviens de vos cours, amiral. Oh oui, vous allez voir…

***


Une salve de lasers provenant d'un chasseur Alpha 3 frôla le cargo et vint s'écraser sur la coque du vaisseau qui le précédait, projetant une nuée de débris dans le vide spatial.
« Bon sang ! Il n’est pas passé loin, celui-là ! Hurla Derek tout en consultant l'écran du radar. On a trois chasseurs sur nos talons, ajouta-t-il.
- Compris », répondit Sanaz en virant brusquement à bâbord pour éviter le cargo qui dégageait sur tribord.
La manœuvre fit décrocher un de leurs poursuivants, qui s’acharna alors sur l'autre vaisseau.
« Jia, ça va en haut ? Pourquoi tu ne tires plus ? Demanda Sanaz.
- On bouge trop ! Je n'arrive pas à les garder dans mon viseur !
- C'est pas vrai… dit-elle tout bas. Puis plus fort : on s'en moque ! Contente-toi de tirer dans leur direction.
- Reçu. »
Quelques secondes plus tard, la tourelle dorsale du Sparrow rouvrait le feu sur les chasseurs, sans plus d'effet que de les disperser momentanément.
« Tu es sûre que c'était bien dans le plan ? Demanda Derek, luttant pour garder le contrôle de son estomac durant un tonneau serré.
- Parfaitement, si ils nous tirent dessus c'est pour donner le change, répondit Sanaz sans se laisser distraire.
- Tu m'en vois ravi, mais je commence à croire que ce n'était peut-être pas une bonne idée de pousser les cargos à passer en force… Hééé ! »
Au même moment, Sanaz avait tiré brusquement le manche vers elle, faisant "remonter" l'Emerald Sparrow en chandelle de toute la puissance de ses trois réacteurs. Au bout de deux secondes, elle se lança aussi dans une série de tonneaux rapides pour désorienter les chasseurs.
Il n'en restait plus qu'un car l'autre, surpris par la manœuvre et handicapé par sa trop grande vitesse, avait continué sur sa lancée et s'était finalement rabattu sur des cibles plus intéressantes. Le second chasseur avait pu suivre l'Emerald Sparrow. Ne se laissant pas décontenancer par les tonneaux, il aligna son collimateur sur le nez du cargo et attendit. Lorsque Sanaz ralentit le rythme des tonneaux pour amorcer un piqué sur tribord, le pilote impérial fit feu.
Les ordres étaient clairs : les chasseurs devaient ouvrir le feu sur le cargo, sans l’endommager gravement. L’officier avait donc choisi sa cible sciemment, malgré la proximité du poste de pilotage. Il vit les deux traits de lasers filer droit sur le vaisseau. Pendant une fraction de seconde, il crut avoir mal visé, avant que l’un des lasers touche la face inférieure du nez du cargo, qui était toujours face au pilote impérial.
Dans le mille !
Il ne put admirer son œuvre plus longtemps car son stabilisateur inférieur bâbord fut pulvérisé. Il pensa un instant à une réponse de l’Emerald Sparrow avant de comprendre. Instinctivement, il vira pour faire face et lança dans sa radio :
« Du leader, des chasseurs tyréniens attaquent, regroupez-vous sur moi. On laisse tomber les cargos. »
Tandis que les appareils impériaux se regroupaient, l’Emerald Sparrow avait viré vers la couverture providentielle des forces sécessionnistes et se retrouva rapidement au milieu d’une dizaine de cargos qui avaient échappé aux chasseurs Nimbus.
« Ashoka, quelle est l’étendue des dégâts ? Se renseigna Sanaz.
- A part la parabole du radar que le chasseur a détruite, il n’y a rien d’autre. On a eu de la "chance", répondit le mécano.
- Non, on a un bon pilote. », renchérit Derek, appuyant sa remarque d’un clin d’œil.
Mais Sanaz ne l’écoutait pas, elle regardait les autres vaisseaux autour d’eux. Beaucoup étaient endommagés, la plupart bien plus gravement que le Sparrow. Sur bâbord, on pouvait voir un cargo lourd ayant perdu un moteur et une partie de sa coque. Et au beau milieu de l’amas de métal tordu, retenus dans l’enchevêtrement des débris…
Elle détourna le regard. L’infiltration se déroulait comme prévu mais elle ne pouvait s’empêcher de se rappeler qu’elle était responsable de la mort de ces gens car elle les avait poussés à forcer le blocus.
En effet, une fois parqués avec les cargos interpellés par les forces impériales, la première action de Sanaz fut de contacter leurs équipages afin d’organiser leur « évasion ». Il y eut d’abord beaucoup de réticence mais son argumentation réussit à convaincre les capitaines de ces vaisseaux. Certains d’entre eux habitaient dans le secteur boreo-tyrénien, d’autres ne portaient pas l’Empire Galactique dans leur cœur, et tous ne comprenaient pas qu’on puisse les arrêter alors qu’à leurs yeux ils n’avaient commis aucun crime. Il fut donc décidé de foncer en groupe vers l’intérieur du système, leur nombre garantissant que les pilotes impériaux ne puissent tous les rattraper.
Toujours est-il qu’une fois de plus, Sanaz avait accompli un acte que sa morale répréhendait. En plus d’éprouver du remords et de la tristesse, elle avait le sentiment qu’une partie d’elle-même s’était envolée, ce qu’elle ne voulait pour rien au monde.
C’était la seule manière de continuer la mission, et elle laissait une chance à ces pauvres gens, se dit-elle.
Ah oui, tu crois vraiment ça ? Tu crois que cette excuse tient ? Tu les as envoyés à leur perte et tu comptes t’en laver les mains ? Lui rétorqua une voix au fond d'elle-même.
Mais je n’avais pas le choix ! Et je ne les ai pas contraints à le faire !
La belle affaire ! Arrête de t’aveugler : tu t’es abaissée à faire ce que tu déteste le plus. Sauras-tu quand t’arrêter ? Pourras-tu deviner à quel moment celle qui s’appelait Sanaz Miren aura disparu ?
Elle ne put répondre à cette dernière répartie cinglante, réalisant que cette voix avait raison : en continuant ainsi, elle disparaîtrait. La radio subspatiale l’arracha à ses pensées morbides.
« Ici le destroyer Vainqueur, des forces d’autodéfense boreo-tyréniennes. Que chaque vaisseau envoie son nom, la liste de sa cargaison, la composition de son équipage et la raison de sa présence dans le secteur sur la fréquence qui vous sera communiquée. Si vous avez des blessés ou des avaries importantes à bord, contactez-nous sur la fréquence courante plus cinq. Je répète…
- Derek, tu as entendu ? Ne laisse pas "Reddy" faire attendre ces messieurs. Jaan, tu peux éteindre la tourelle et redescendre. Allez, du nerf ! »
L’heure qui suivit parut interminable à l’équipage du Sparrow : les vaisseaux furent d’abord séparés entre ceux trop endommagés pour continuer et les autres. Le premier groupe fut guidé vers l’une des stations spatiales pour y recevoir de l’assistance tandis que le second, sous bonne escorte, effectua un saut hyperspatial qui l’amena près de la quatrième planète du système.
Les équipages des vaisseaux n’eurent guère le temps d’admirer la ceinture d’astéroïdes toute proche ou d’essayer de percer de leurs yeux l’épaisse couche nuageuse qui recouvrait une majeure partie de Boreus IV. Ils durent en effet se soumettre à une inspection particulièrement minutieuse de leurs appareils. Quand vint enfin le tour de l’Emerald Sparrow, deux heures d’attente s’étaient écoulées, que l’équipage avait mises à profit pour préparer l’arrivée de l’équipe de fouilles. Il n’y avait au final pas grand-chose à faire, à part s’assurer que l’équipement "non déclaré" était correctement dissimulé dans la soute, là où un œil exercé et du matériel sophistiqué ne verraient pas la différence avec la cargaison officielle.
Sanaz ne pouvait cependant s’empêcher de craindre d’avoir oublié un détail qui les perdrait, et la vision de la passerelle télescopique s’avançant depuis l'imposant vaisseau de guerre vers le cargo léger ne la rassurait pas.
A ses côtés, Derek conservait son habituel sang-froid et ne laissait rien transparaître de ses pensées, concentré sur son rôle. Plus loin, Ashoka tapotait nerveusement sur un panneau sous le regard de Jia, adossée contre la paroi. Depuis sa discussion avec Sanaz juste avant l’embarquement, elle s’était concentrée sur ses tâches et évitait de nourrir de trop sombres pensées.
La passerelle s’accoupla enfin et les systèmes environnementaux du destroyer travaillèrent à équilibrer la pression. Quelques minutes plus tard, l’écoutille s’ouvrit et laissa entrer deux officiers accompagnés de six fantassins en armes. L’influence impériale était telle dans la coupe et le matériau des uniformes que l’équipage du Sparrow crut un moment se retrouver à bord du Retaliator. Les insignes étaient la seule différence notable, car portés sur les épaules et non sur la poitrine comme dans les forces armées impériales.
« Capitaine Nesim ? Interrogea le premier officier, un homme maigre et élancé, au visage respirant la confiance en soi.
- C’est moi, répondit Sanaz en s’avançant.
- Lieutenant Marek des forces d’autodéfense boreo-tyréniennes. Je suis chargé de fouiller votre cargo afin de vérifier vos dires concernant la nature de la cargaison. L’enseigne Elthir est chargé de passer chacun d’entre vous au scanner pendant ce temps. »
Sans attendre l’ordre de son supérieur, l’enseigne s’avança, suivi de l’un des soldats qui sortit un scanner miniature. Arrivé près de Derek, il lui demanda de lever les bras. Le petit Tanaabien répondit par un sourire carnassier et resta planté là, bras croisés. Aussitôt, les autres soldats portèrent leurs mains à leurs armes.
« Reddy ! » Lança Sanaz, accompagnant l’injonction d’un regard noir à l’encontre de l’intéressé.
Ce dernier obtempéra non sans réticence, et la fouille put commencer. Les cinq soldats s’éparpillèrent à travers le vaisseau tandis que les trois derniers militaires continuaient, les uns l’examen de l’équipage et l’autre l’interrogatoire de Sanaz.
La réticence de Derek n’était que feinte : les quatre soldats impériaux avaient en effet décidé de ne se plier à la fouille qu’avec difficulté mais sans trop résister, afin de ne pas paraître plus suspects que nécessaire.
« Quelle est la raison de votre présence ici, Mlle Nesim ?
- Nous sommes antiquaires et, après être passés sur Koros Major, nous voulions continuer notre tournée dans la région. L’histoire du secteur boreo-tyrénien en fait un endroit propice à la découverte de pièces rares.
- Tiens donc ? Et quel genre de pièces rares ? De la céramique ithorienne peut-être ? Demanda l’officier d’un ton narquois.
- Non, ça on en a déjà à bord, répondit Ashoka. D’ailleurs on peut vous faire un prix si vous êtes intéressé.
- Vous parlerez quand je vous interrogerai, M. Hanokio. Alors, Mlle Nesim ?
- Voyons, deux vagues de colons à un millénaire d’intervalle, la présence de plusieurs cultures non-humaines et une volonté de rester indépendant du reste de la galaxie, ça ne peut que conduire à une forme d'art introuvable ailleurs, je me trompe ?
- Même si il faut traverser un blocus militaire ?
- Au vu des gains potentiels, oui. Et puis, nous ne transportons pas de matériaux stratégiques ou des armes modernes.
- Très bien, Mlle Nesim. Je vois que la fouille est terminée, aussi je ne vous dérangerai pas plus longtemps. D’ici quelques heures, un transporteur lourd reconverti et un croiseur Carrack arriveront pour vous escorter vers Tyra, la capitale. Vous ferez le voyage amarrés au transport. Bon voyage. »
Sans attendre de réponse, les militaires boreo-tyréniens quittèrent l’Emerald Sparrow, laissant un équipage plus ou moins rassuré quant à la qualité de sa couverture.

***


ISD Retaliator, près du système Boreus


L’engagement contre les forces boreo-tyréniennes s’était soldé par un match nul. Les vaisseaux lourds n’avaient fait qu’érafler leurs peintures respectives et c’étaient les chasseurs qui avaient supporté le plus gros de l’engagement, sans vraiment en souffrir car les forces tyréniennes n’avaient attaqué que mollement, se contentant de retenir les impériaux et d’esquiver les contre-attaques.
Waldemar reconnaissait bien là la patte de son meilleur élève. Tenace et malin, prêt à prendre des risques pour arriver à ses fins. Comme il savait que les convoyeurs n'étaient pas tous aussi honnêtes qu’ils le prétendaient et les ferait fouiller. Il avait pourtant mordu à l’hameçon pour montrer sa finesse tactique et faire entrer des marchandises dans l’économie locale, utiles pour la cote de popularité du gouvernement provisoire. Il montrait ainsi que le blocus n’interrompait pas vraiment les importations.
Mais l’heure n’était pas aux considérations tactiques. L’image du directeur Armand Isard apparut devant lui.
« Monsieur le directeur, Gloire Impériale est entrée dans sa nouvelle phase.
- Excellent, amiral. Tenez-moi informé de l’évolution de la situation. »
Isard coupa la transmission avant que Waldemar ait pu répondre. L’officier supérieur retourna donc à l’animation du debriefing de l’engagement tout en encourageant l’équipage de l’Emerald Sparrow de ses pensées.

***


Emerald Sparrow, hyperespace


Sanaz abattit son sabre de bois sur le mannequin puis frappa plusieurs fois de taille avant de porter un coup d’estoc, comme si elle voulait l’empaler. Satisfaite de cette heure d’exercice, elle souffla un peu.
Depuis qu’elle avait découvert cette épée sur Ouranos V et obtenu l’autorisation de la garder, elle s’était mise à l’escrime. Ce n’était guère utile pour un fantassin, qui se battait principalement avec des blasters. D’ailleurs, elle ne gagnerait jamais une compétition, ce n’était pas tellement son truc ; mais cela lui permettait de calmer son anxiété et de se consacrer sur une seule tâche. Un dérivatif bien utile en ce moment, avec ce voyage en hyperespace qui les amènerait en plein cœur du territoire ennemi sans réel espoir de fuite.
Un bruit métallique, plus loin dans la soute, attira son attention. Laissant de côté son sabre d’entraînement, elle partit en quête de l’origine du bruit mais n’eut pas plus de succès que lors de ses précédentes inspections. Ces bruits l’intriguaient et elle commençait à craindre un problème dans la structure interne du vaisseau, problème qui ne pourrait être identifié que par un séjour prolongé en cale sèche. Comme ils n’en avaient pas le temps, il fallait bien continuer. Ne voyant rien de suspect, elle décida de reprendre son entraînement.

***


Chaque heure qui passe me rapproche de lui. Bientôt, très bientôt, il regrettera ce qu’il m’a fait subir et il payera. Oh oui, il payera pour ses actes et je détruirai sa vie comme il l’a fait de la mienne. Bientôt…
Modifié en dernier par Titi77 le Jeu 14 Aoû 2008 - 14:59, modifié 3 fois.
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Messagepar Minos » Mar 12 Aoû 2008 - 0:26   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bon, je serai donc le premier à commer le nouveau chapitre (quel scandale, une histoire si bien écrite qui est boudée !!!).

Le kriegspiel continue : la "bataille" est très bien décrite, et notre équipage de choc et de charme va pouvoir continuer sa mission. Les personnalités des persos continuent à se mettre en place, et il serait intéressant que cela continue...même si ça aurait mérité d'être plus défini dès le début. Chose pas simple, je te l'accorde...bref, au boulot ! :D
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Messagepar Titi77 » Mar 12 Aoû 2008 - 21:31   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

quel scandale, une histoire si bien écrite qui est boudée !!!

Je pense que c'est un problème de pub de ma part mais je n'ai pas trop d'idées pour améliorer la situation à part finir l'histoire et la publier en vrai sur le site. Donc au boulot comme tu dis.

la "bataille" est très bien décrite, et notre équipage de choc et de charme va pouvoir continuer sa mission.

Merci pour ce comm, mais par bataille tu entends la poursuite de l'Emerald Sparrow et pas les affrontements inter vaisseaux capitaux ? Ou le passage au début ? Précise ta pensée, comme ça je pourrais voir ce que je peux améliorer en prévision des prochains engagements.
Sinon, équipage de charme... Je n'ai pas encore mis les deux filles (sur quatre membres) en situation/tenue suggestive non ? Pourquoi parler de charme ? :)
et il serait intéressant que cela continue...même si ça aurait mérité d'être plus défini dès le début.

Là tu touches au point le plus problématique. L'explication tient au fait que j'apprends au fur et à mesure ce genre de choses et que je suis plutôt du genre dilettante pour l'écriture (cf les délais entre les posts ;) )
Bizarrement, les traits de caractère les plus importants étaient définis depuis la première fic (sauf pour Jia et dans une moindre mesure Derek) mais je n'ai jamais vraiment pensé/voulu en faire usage et les développer. Celà fait quelques chapitres (et révisions du début d'ailleurs) que je m'efforce de changer la donne mais comme tu l'as constaté, c'est difficile à mettre en place. En tout cas, je te rassures : le développement des persos (tous je l'espère) continuera par la suite. J'ai même d'autres projets pour nos héros mais chut, et en premier lieu, finir la fic serait une bonne idée :)
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Messagepar Notsil » Mer 13 Aoû 2008 - 10:38   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Cool le retour de nos héros ^^

Pratique le mini-résumé du début en tout cas, ça aide à se remettre dans le coup ;)

Au tout début j'ai trouvé une phrase au présent et pas au passé comme le reste, c'était voulu ? :

Comme le veut le règlement de la Marine Impériale, chaque déploiement opérationnel d'un groupe de combat est précédé d'une série d'exercices à grande échelle, mettant en œuvre les capacités des unités concernées.


Un coup d’œil lui montra ses copilotes et canonnier concentrés

->y'a qu'un seul canonnier parmi les chasseurs ? Ou dans le vaisseau y'a le pilote, les copilotes et un canonnier ? (j'avoue que je ne suis pas familière de ce type là ^^)

Cela eu pour effet de stopper la fuite de l'Imperator.

->cela eut :P

Reiner Waldemar contemplait stoïquement le cargo être guidé aux côtés des dizaines d'autres vaisseaux civils interceptés alors qu'ils tentaient de se rendre dans le secteur boreo-tyrénien.

->là perso j'ai du mal avec le "être guidé aux côtés", je trouve la tournure bizarre mais je suis peut-être la seule ^^

aucun ne comprenaient pas qu’on puisse les arrêter

->aucun ne comprenait qu'on puisse les arrêter non ? ou tous ne comprenaient pas ?
Le truc de la double négation il me semble :)

La seule différence notable était les insignes, portés sur les épaules et non sur la poitrine comme dans les forces armées impériales.

->Là j'aurais préféré "les insignes étaient la seule différence notable", vu que c'est vraiment le sujet de la phrase ?

Oh oui, il payera pour ses actes et je détruirais sa vie comme il l’a fait de la mienne.

->et je détruirai (pour rester dans l'ambiance futur ^^).

En tout cas un très très chouette moment ;) On sent les caractères des perso qui s'affinent et prennent forme, toujours au milieu de cet affrontement entre le maitre et l'élève ^^

Et pis les phrases de fin sont bien intrigantes :sournois:
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Messagepar Titi77 » Mer 13 Aoû 2008 - 13:53   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Au tout début j'ai trouvé une phrase au présent et pas au passé comme le reste, c'était voulu ?

Méheu ! Minos était déjà de ton avis mais j'ai voulu garder la phrase tournée comme ça. Mes raisons : utilisant un présent de vérité générale (merci les cours de français de collège et trop la classe en plus ce terme :)) je désirais faire une digression dans le texte : ce jour là, un exercice avait lieu à cet endroit car, d'habitude dans la marine impériale on fait comme ça etc.

Ou dans le vaisseau y'a le pilote, les copilotes et un canonnier ?

En fait il y a 3 personnes : pilote, copilote et cannonier. Pour te donner une idée, ce sont les appareils qui épaulent nos deux pauvres Jedi au début de l'épisode 3. Donc je pense qu'il y a faute dans la formulation si c'est pas clair...

je trouve la tournure bizarre mais je suis peut-être la seule

Aux dernières nouvelles, le correcteur n'avait pas tiqué :)

Et pis les phrases de fin sont bien intrigantes

J'espère aussi que ça surprendra les lecteurs. C'est ce que je souhaite. (Croisons les doigts)

Pour le reste, je corrige les fautes.
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Messagepar Notsil » Mer 13 Aoû 2008 - 14:02   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Oki pour la phrase en français, j'y ai pensé, mais comme la phrase suivante (qui pourtant se réfère aussi à cette même généralité) est au passé, j'avais écarté cette hypothèse ;)
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Messagepar Titi77 » Jeu 14 Aoû 2008 - 15:00   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Tiens, un peu de flood ne fait pas de mal en cette période estivale mais je viens de constater que cette histoire à un an et deux jours déjà !

Vive l'ON2 et souhaitons que je puisse le terminer correctement sans attendre trop longtemps... :wink:
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Messagepar AJ Crime » Sam 16 Aoû 2008 - 23:14   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Lu,

Joli chapitre de transition. La préparation de scènes du bouquet approchent et l'intrigue monte d'un cran pour se révéler bientôt.

je n'ai pas de correction à proposer. Je n'ai vu qu'une faute ou deux, ce n'est pas ce qui m'intéresse en priorité et tu les trouveras certainement lors d'une relecture ultérieur.. Le présent du début ne m'a pas choqué, j'ai au contraire bien aimé la tournure.

j'ai apprécié la lecture, c'était excellant comme d'habitude, bien mené et équilibré entre action, intrigue et réflexion. Dommage que je n'ai pas eu le temps de lire plus tôt. j'ai encore pas mal de lecture en retard et pas de temps à y consacrer ce soir... J'ai déjà pas mal lu cette après midi sur Galéir. Encore merci pour ce moment et à bientôt j'espère pour la suite.
En quête de votre intérêt et de vos suggestions, votre dévoué serviteur dans la force, AJC
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Messagepar Titi77 » Dim 17 Aoû 2008 - 11:50   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Merci pour ton comm' AJ.
Si par bouquet tu entends bouquet final, sache qu'on n'y est pas encore (vers la moitié plus exactement). En tout cas, on a clairement atteint le fameux point de non retour.
Donc, c'est pas tout ça mais j'ai quelques chapitres sur le feu là :)
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Messagepar Den » Lun 18 Aoû 2008 - 15:19   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Un excellent chapitre que voici, avec un plaisant équilibre entre l'action et l'intrigue habilement cousue.
Et que dire des personnages? Ils ont tous une personnalité propre et intéressante. Et ce qu'il y a de mieux, c'est le "réalisme" qui ressors de l'histoire.
Vraiment, bravo!
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Messagepar Titi77 » Sam 22 Nov 2008 - 17:00   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bonjour à tous,

Petit dépoussiérage de ce topic pour vous annoncer que, non, je n'ai pas oublié cette histoire et que je compte bien la terminer.
Quand ? Je n'en ai aucune idée mais je me pose une deadline pour fin 2009 (soit 31 décembre 23h59 et 99 centièmes, cachet du site faisant foi).
Par contre je compte arrêter jusqu'à nouvel ordre la publication chapitre par chapitre pour me permettre de continuer sur ma lancée (et peut être avoir une meilleure cohérence). Bon le chapitre en cours étant "presque" terminé, je pourrais pitet vous faire un petit cadeau, enfin je verrais ;)
Patience donc, l'histoire de Sanaz trouvera sa conclusion un jour mais ce n'est pas pour tout de suite.

Voilà, vous pouvez reprendre le cours normal de vos activités et laisser la poussière retomber... :)
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Messagepar Minos » Sam 22 Nov 2008 - 20:45   Sujet: Re: [En cours/"roman"]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Titi77 a écrit:Bon le chapitre en cours étant "presque" terminé, je pourrais pitet vous faire un petit cadeau, enfin je verrais ;)

Chouette, vivement demain que tu le postes ! :ange:
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:02   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Le désert aride résonnait des coups de pelle du professeur. Il touchait au but, il en était sûr ! Cela faisait trois ans qu’il avait commencé la recherche de cette tombe et aujourd’hui, il allait y pénétrer. Sa vanité l’avait même poussé à inviter l’un de ses plus illustres confrères pour se vanter de sa découverte.
Une dernière pelletée de sable révéla un bloc de pierre massif gravé d’inscriptions mystérieuses.
« Ça y est ! J’ai réussi mon cher confrère ! J’ai enfin retrouvé la tombe d’un de ces mystérieux auteurs de fan fictions !
– Vous avez raison, professeur : les signes sur cette dalle indiquent clairement qu’il s’agit de la tombe de Titi77, auteur d’une novella mettant en scène des impériaux dans l’univers Star Wars.
– J’en étais sûr ! Je saurais enfin s’il a réussi à terminer le deuxième volet de cette histoire !
– Il y a peu de chances, les écrits de cette époque indiquent qu’il a abandonné le topic du forum pendant plusieurs années sans donner signe de vie.
– Il me semble que non, cher confrère. Regardez-ici : Moi, Titi77 ait pu terminer l’histoire intitulée L’Ordre Nouveau II : Sécession. Il a donc réussi…
– Et nous la publierons pour lui…
– Exactement ! En tout cas il faudra trouver une bonne accroche pour attirer le public.
– Certes. Que pensez-vous de s’inspirer de ce qu’a fait Minos pour lancer ses nouvelles sur Jocasta Nu ?
– Trop prévisible, et puis nous ne sommes pas des pilleurs de tombes, comme les personnages qu’il a utilisé, mais des scientifiques !
– Pourtant depuis le début on a plagié son entrée en matière, professeur…
– Ah… »

***

Ainsi donc, après moult péripéties (ou pas), cette fan fiction arrive enfin à son terme. Vous pouvez donc dès maintenant lire les derniers chapitres (1 par post) et vous rafraîchir la mémoire avec des versions mises à jour des précédents. Je vous souhaite donc à toutes et à tous une bonne lecture !
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:10   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 6 – Dans l’inconnu




Tyra, résidence du gouverneur


La grande porte-fenêtre montrait un jardin soigneusement entretenu et baigné par un soleil de début d’été. Les allées parsemées de fleurs aux couleurs éclatantes auraient dû rendre le gouverneur Rees d’humeur plus enjouée mais ce n’était pas le cas. Sur le bureau, les dossiers s’accumulaient et, avec eux, leurs cohortes de soucis. Les affaires courantes étaient gérées d’une manière exemplaire par son équipe en attendant les élections prévues d’ici six mois et qui verraient accéder au pouvoir un gouvernement démocratiquement élu.
Six mois… Plus de temps qu’il n’en fallait pour ruiner ses espoirs. Les forces du commodore Phanteras tiendraient-elles jusque-là ? Son plan avait été longuement mûri. Il savait que l’Empire ne resterait pas les bras croisés pendant qu’il réaliserait son rêve de liberté et d’indépendance pour ce secteur. Cette connaissance ne lui était pourtant pas d’une grande aide alors qu’il devait supporter la tension nerveuse née de la situation actuelle. Il sentit ses épaules s’affaisser un peu plus en songeant au poids des espoirs des quelques quatre milliards d’habitants dont il avait la charge. Leur avenir dépendait de lui. Si jamais il échouait, l’Empereur serait sans pitié et exécuterait sommairement nombre d’habitants, pour l’exemple…. Au cours de sa longue carrière dans le corps diplomatique de la République puis dans l’administration territoriale de l’Empire, il avait déjà eu à effectuer des choix difficiles mais aucun ne pouvant avoir d’aussi graves conséquences.
Il y avait aussi des objections morales à son geste : était-il légitime d’entrer en rébellion contre le gouvernement galactique qui, tout dictatorial qui soit, n’en était pas moins l’autorité légitime ? Avait-il aussi le droit de rendre la région boreo-tyrénienne libre et indépendante par la force ? Ne risquait-il pas de devenir un autre tyran ? D’ailleurs, ne l’était-il pas déjà devenu, en décrétant la loi martiale à cause des affrontements aux frontières et du risque d’insurrection pro-impériale à l’intérieur ? Toutes ces questions tourbillonnaient dans sa tête depuis des mois et revenaient à chaque fois de plus en plus fortes.
Il gratta nerveusement son front dégarni, en détournant le regard de la pile de dossiers. Au fond, songeait-il, la solitude – au pouvoir comme dans sa vie privée – finissait par le gagner. Ou était-ce de la culpabilité ? Il avait bien changé, le jeune diplomate idéaliste frais émoulu sorti de l’école il y a trente-sept ans. Il croyait pouvoir changer la galaxie à l’époque mais avait vite été ramené à la réalité par la bêtise et la cupidité de ses habitants.
Malgré tout, le dernier message de Phanteras lui redonnait un peu de baume au cœur : cinquante cargos chargés de toutes sortes de marchandises ! La nouvelle avait été annoncée en grande pompe et la population attendait leur arrivée avec impatience, de même que les équipes du contre-espionnage. Le secteur avait beau ne manquer de rien, cette démonstration de l’impuissance des forces impériales à instaurer un blocus portait les gens aux nues et leur donnait confiance en l’avenir.
Rees avait aussi été agréablement surpris par la présence de ce vaisseau chargé d’antiquités : l’art ancien était une de ses passions. Peut-être aurait-il l’occasion de faire quelques bonnes affaires. Le gouverneur sourit légèrement à cette pensée et tourna la tête vers la fenêtre. Autant profiter de ce qui s’offre à moi tant que je le peux encore.

***


Emerald Sparrow, hyperespace


Objet de la recherche : gouverneur du secteur Boreo-Tyrénien.
Résumé de la biographie :
Hayden Rees, humain de sexe masculin. Né sur Commenor il y a soixante-deux ans. Deuxième enfant d’une famille aisée ayant fait fortune dans la finance au niveau sectoriel. Les relations de son père lui facilitèrent l’admission à l’école des sciences politiques de Coruscant où ses qualités le firent se distinguer. À sa sortie, il intégra le corps diplomatique en tant qu’ambassadeur assistant. Il fut remarqué en obtenant un règlement pacifique à la guerre civile qui déchirait le secteur Boreo-Tyrénien. Suite à ce succès, il fut nommé gouverneur du secteur environ deux ans avant la Guerre des Clones. Il sut profiter du fait que la région fut épargnée par le conflit pour la faire prospérer. Promu Moff à l’avènement de l’Empire Galactique, Hayden Rees était jusqu’à maintenant considéré comme un administrateur modèle.
Fin du résumé, désirez-vous d’autres informations ?


Sanaz s’éloigna un instant de l’écran pour assimiler tous ces renseignements. Les dossiers sur le personnel de l’administration impériale étaient toujours très complets et celui-ci ne dérogeait pas à la règle : il y était joint des copies des diplômes du Moff, les rapports des enquêtes de routine le concernant ainsi que les avis de ses supérieurs – qui ne tarissaient pas d’éloges sur lui. Rees était donc sans nul doute quelqu’un de brillant, doublé d’un non moins fin politicien. Pourquoi une personne aussi douée trahirait-elle son gouvernement ? Parce qu’elle ne l’a jamais approuvé ? Il ne peut pas être extrêmement attaché au secteur puisqu’il n’y est pas né. Hmm, il est célibataire et n’a plus l’air d’avoir de contacts avec ce qui lui reste de famille. Étrange.
Elle jeta un œil à son chrono : encore une bonne heure avant leur arrivée dans le système de Shar’Lis Tyra et la venue à bord du pilote qui les guiderait jusqu’à l’astroport de la capitale. Ayant épuisé la biographie du personnage, Sanaz demanda une photo de Rees et le dernier profil psychologique en date, établi par le médecin agréé.
L’image présentait un homme bien portant au visage sec. Il avait le haut du crâne dégarni et ce qui lui restait de chevelure était d’un blanc de neige. Une apparence de monsieur tout-le-monde, si on faisait abstraction de ce regard vif dénotant une redoutable subtilité dissimulée sous un air affable.
Le texte, quant à lui, confirmait les réflexions de Sanaz tout en soulignant l’intelligence du gouverneur ainsi que ses qualités de diplomate ; qualités qui lui avaient permis de résoudre la crise boreo-tyrénienne… Encore cette crise ! Décidément ça a dû causer un sacré choc à l’époque. L’auteur s’attardait ensuite sur les deux passions de Rees : l’art ancien et la musique. Il ajoutait aussi que le Moff s’efforçait de ne jamais manquer une représentation à l’opéra de Tyra. Il y a des choses intéressantes mais ce n’est pas très passionnant tout ça… Sanaz se força toutefois à aller jusqu’au bout de la conclusion. Bien lui en prit car le médecin indiquait que le gouverneur était par moments assez utopiste. Enfin quelque chose à se mettre sous la dent ! Il veut à tout prix le « bien » de ses administrés et il doit avoir en horreur certains préceptes impériaux… La jeune Zabrak avait donc le mobile, même si ce n’était au fond qu’une confirmation de ses propres soupçons car elle aussi était répugnée par certains aspects du régime impérial.
Satisfaite de ses recherches, elle éjecta la carte de données contenant le dossier qu’elle venait de parcourir et alla la replacer dans le compartiment secret caché dans le plafond, juste derrière l’éclairage principal de sa cabine, avant d’éteindre l’ordinateur. Elle partit ensuite rejoindre ses trois compagnons afin de préparer la dernière partie de leur voyage.

***


Tyra, orbite haute


« Cargo Emerald Sparrow, ici le contrôle de l’astroport. Vous êtes autorisés à vous poser sur l’aire 47-A. Suivez la balise radio pour l’approche. Répétez et confirmez, à vous.
– Contrôle, ici Emerald Sparrow. Aire 47-A, nous nous calons sur la fréquence de la balise. À vous.
– Reçu, bienvenue à Amesh’Tag Tyra, Sparrow. Contrôle, terminé. »
Poussant le manche en avant, Sanaz amorça la descente du cargo léger vers sa destination. A sa droite, le pilote désigné par les autorités pour les guider jusqu’à l’astroport observait le trafic aux alentours. De temps à autre, il jetait un œil aux instruments pour vérifier la trajectoire du vaisseau.
On entrait maintenant dans les couches supérieures de l’atmosphère. Tout le monde à bord gardait le silence car cela restait après tout la phase la plus dangereuse : une simple défaillance des boucliers pouvait conduire à la destruction totale du vaisseau et de ses occupants.
Installé sur un des sièges dans le fond du cockpit, Derek ruminait ses pensées. Guère causant ce gars-là. Et c’était mieux comme ça, continua-t-il, vu qu’à part les « conseils » habituels à l’équipage – en réalité des ordres à peine déguisés – il n’avait fait que reposer les mêmes questions que les militaires qui les avaient abordés près de Boreus. Ils avaient donc donné les mêmes réponses, sans toutefois faire preuve de mauvaise volonté, vu qu’il n’était pas là pour les espionner – officiellement.
La descente se poursuivait et, après avoir traversé la couche nuageuse, le vaisseau se trouva enfin en vue de la capitale de Tyra. Ils étaient suffisamment près pour pouvoir distinguer le tracé des rues et les contours des bâtiments les plus importants. Intrigué par l’une des grandes places de la cité, Derek questionna le pilote :
« Vous connaissez cette place, là sur la droite ? »
A sa grande surprise, l’autre répondit avec tout le sérieux d’un guide touristique chevronné :
« Bien sûr, il s’agit de la place de l’Unité. En son centre se dressent les statues de Shaer’Lis Tyra et Amesh’Tag Tyra, les fondateurs du secteur. C’est en quelque sorte la place centrale de la ville. Le grand bâtiment au nord est l’unique opéra de la région. La cantatrice zeltronne Juno Scandarii s’y produit actuellement. En face, c’est le musée d’histoire. On y retrouve une exposition permanente consacrée à l’histoire de la région. Il y a aussi un certain nombre de salles consacrées à la faune et à la flore locales. Si vous le désirez, vous pouvez visiter également le jardin botanique ; il se trouve non loin du palais du gouverneur.
– Merci », fut tout ce que trouva à répondre un Derek subjugué par un tel flot d’informations.
Sanaz, qui n’avait rien perdu de la conversation, sourit face au désarroi de son subordonné.
Ce fut enfin l’atterrissage du cargo sur l’aire prévue. Le pilote prit congé non sans saluer l’équipage et lui avoir souhaité un bon séjour sur Tyra. Les employés de l’astroport prirent le relais pour les formalités d’usage. A leur départ, deux hommes se présentant comme fonctionnaires aux affaires commerciales vinrent annoncer que la population était prévenue de l’arrivée d’antiquaires et que des clients potentiels ne manqueraient pas de se manifester d’ici une heure ou deux.
Tels de vrais commerçants attirés par l’appât du gain, les quatre membres de l’équipage de l’Emerald Sparrow se mirent à décharger leur cargaison et l’exposèrent au pied du vaisseau.
Les visiteurs se succédèrent pendant des heures, allant du simple badaud aisément impressionné au parfait connaisseur. Les affaires conclues ce jour-là auraient rendu fou de joie n’importe quel commerçant.
Mais pour les quatre impériaux, le clou du spectacle fut – à plus d’un titre – la venue d’un personnage important : le gouverneur du secteur boreo-tyrénien.
Sanaz fut surprise de rencontrer en personne l’instigateur de la sécession du secteur et leur suspect principal dans leur mission.
« Salutations, Mlle Nesim. Je suis le gouverneur Rees. Vous êtes, à ce qu’on m’a dit, le capitaine de ce vaisseau et la directrice de l’affaire ?
– Enchantée de faire votre connaissance, fit la jeune Zabrak en acceptant la main tendue. C’est exact, c’est moi qui ai créé ce magasin itinérant. Y a-t-il quelque chose qui vous intéresse en particulier ?
– Pas vraiment. J’ai pour habitude de chercher au hasard.
– Dans ce cas, puis-je vous montrer nos collections ?
– Je vous en prie », répondit le gouverneur en souriant à la vue du dynamisme de cette entrepreneuse.
Elle lui fit donc faire le tour des céramiques ithoriennes, vases en cristal aldéraanien, sculptures, estampes… sans oublier la panoplie d’armes échanis et mandaloriennes. En fin connaisseur, Rees ne perdait pas une miette du discours de sa guide tout en examinant les pièces. Il remarqua plusieurs sculptures susceptibles d’orner ses appartements et une superbe carafe en cristal taillé. Ce serait le comble du raffinement que de servir les liqueurs que je garde dans ma cave dans un tel objet, se dit-il. C’est au final une bonne chose que ces gens aient réussi à se rendre sur Tyra.
« Et maintenant, gouverneur, voici les trois pièces les plus rares de notre inventaire », annonça Sanaz.
Son intérêt piqué au vif par la déclaration solennelle de la jeune « femme », il suivit du regard les deux employés masculins amener théâtralement les pièces mentionnées depuis la soute du vaisseau. La première était une carcasse de droïde de combat. En position d’attaque, la machine conservait encore un aspect menaçant malgré le poids des années.
« Désolé, mais ce genre de « jouet » ne m’intéresse guère : je préfère charmer mes invités et non les intimider. »
Sanaz acquiesça et se décida à sortir le grand jeu : si cela avait marché avec le Hutt, ils avaient l’espoir de préciser d’un coup les soupçons à l’encontre du gouverneur. Retenant son souffle, elle fit signe à Ashoka et Derek d’apporter leur pièce maîtresse.
Il fallut quelques minutes aux deux hommes pour amener l’imposant autel devant le gouverneur. Ce dernier put ainsi admirer à loisir la qualité du travail des sculpteurs dans l’exécution des bas-reliefs.
« Un travail admirable, mais je crains que le thème pour le moins guerrier ne me convienne pas. Après tout, ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai pris la décision de faire sécession avec l’Empire. Il faut dire que la région a déjà eu son lot de conflits, expliqua Rees, l’air grave.
– Je comprends », répondit Sanaz, déçue devant l’absence de réaction particulière de la part de leur « client ».
Tout en allant chercher elle-même le coffret contenant la dernière pièce de la collection spéciale, elle se prit à espérer que Rees était un bon acteur, car si il n’avait aucun lien avec leurs investigations, la suite de la mission serait particulièrement délicate.
Sanaz présenta le coffret et l’ouvrit. A son grand étonnement, les yeux du gouverneur s’agrandirent sous l’effet de la surprise et ses mains tremblèrent légèrement. L’homme se reprit pourtant :
« Ce n’est guère courant de voir des sabres lasers de nos jours. Je dois dire aussi que les Jedi sont peu appréciés par ici depuis que l’un d’entre eux échoua dans l’obtention d’un règlement négocié à la guerre civile qui déchira le secteur il y a une vingtaine d’années. »
Comprenant qu’ils avaient involontairement manqué de tact, Sanaz fit ses excuses :
« Si nous vous avons offensé gouverneur, nous vous demandons pardon. Soyez assuré que nous garderons cet objet sous clé durant toute la durée de notre séjour sur Tyra.
– J’accepte vos excuses, mademoiselle : comment auriez-vous pu savoir ? Et bien, je suis en tout cas très impressionné par vos articles. Je compte d’ailleurs faire l’acquisition de certains d’entre eux. »
Sanaz afficha alors son plus beau sourire et entreprit les négociations avec leur nouveau client.

***


Tyra, résidence du gouverneur


Une fois ses acquisitions confiés aux bons soins de son majordome, Rees fut ramené à la réalité par la pile de dossiers trônant sur son bureau. Il se permit de songer à nouveau aux affaires de la matinée et à l’assurance que lui avait donnée son chef du contre-espionnage quand il lui avait demandé si ces commerçants étaient au-dessus de tout soupçon. Et étant donné que leur chef est une non-humaine, avait souligné l’homme, cela diminuait grandement les possibilités d’avoir affaire à un groupe d’agents impériaux. De plus, la surveillance autour de tous les vaisseaux ramenés depuis Boreus et de leurs équipages ne se relâchait pas. Rassuré, Rees inspira longuement et ouvrit le premier dossier de la pile.

***


Astroport de Tyra, aire d’atterrissage 47-A


Sanaz était dépitée : Rees n’avait pas réagi à la vue de l’autel d’Ouranos V. Il ne l’avait donc jamais vu ou était très bon comédien. Mais ne l’avoir jamais vu ne signifiait pas forcément qu’il n’avait rien à voir avec leur mission. Après tout, comme l’avait fait remarquer Jia lors de leur briefing après le départ des clients, si le Hutt était bien l’intermédiaire principal dans l’affaire, il était le seul à avoir vu cet autel. Résultat des courses : ils n’étaient pas plus avancés qu’auparavant. Sanaz avait donc décidé de poursuivre la mission en contactant le chef de station des Renseignements Impériaux sur Tyra. Elle partirait le plus rapidement possible avec Derek pour lui fixer un rendez-vous.
Rentrée dans sa cabine pour se changer et trouver quelque chose de plus élégant à se mettre que sa combinaison de vol, Sanaz allait ouvrir l’armoire murale quand quelque chose attira son attention : on avait déposé un objet sur son bureau. Elle crut un moment à une plaisanterie d’Ashoka. Comme il s’agissait d’un holo, elle décida de l’activer par curiosité. Elle découvrit une image fixe représentant deux jeunes mariés, l’homme lui semblant vaguement familier. Bah, sans doute un quelconque acteur d’holofilms à son mariage, se dit-elle. Elle fourra l’objet dans sa poche et n’y songea plus.

***

Derek était à bout de nerfs : cela faisait presque deux heures qu’ils avaient quitté l’astroport et il passait son temps à faire le pied de grue dans les magasins tandis que Sanaz fouinait partout et faisait des essayages.
Bon sang, mais pourquoi est-ce qu’elle n’est pas partie avec Jia ? J’ai l’air de quoi moi, à attendre qu’elle daigne bien passer à l’enseigne suivante ?
A cet instant, sa supérieure reparut, l’air ravie – comme depuis le début de leur sortie. Elle s’arrêta une dernière fois devant l’écran interactif faisant office de catalogue et y effectua une nouvelle recherche. Après deux minutes – qui parurent deux heures à Derek, Sanaz s’écarta de la console et se dirigea vers lui, sans se départir de son sourire radieux.
« Les clients sont contents, les affaires marchent ; bref, tout va pour le mieux », déclara-t-elle sur un ton enjoué une fois dans la rue.
Se penchant vers Derek, elle ajouta plus bas, ponctuant sa remarque d’un clin d’œil :
« Et je vais pouvoir m’offrir une nouvelle garde-robe »
Derek leva les yeux au ciel, découragé. Si seulement elle pouvait passer à la mission…
« Tiens, le fameux jardin botanique n’est pas loin. Allons-y », proposa-t-elle.
Dites-moi que je rêve…
Le cadre enchanteur du parc, jardin d’acclimatation pour des espèces de plantes rares, ne laissa pas Derek de marbre et contribua à améliorer son humeur. Cependant, cela ne dura qu’un moment car au début du troisième tour, il crut qu’il allait craquer à force de revoir les mêmes allées et les mêmes massifs.
« Et si on s’arrêtait un peu au lieu de tourner en rond ? lança-t-il, excédé.
– Bonne idée. Tournons à droite, je crois y avoir vu un banc. »
Elle n’avait pas menti, à une quinzaine de mètres de là se tenaient deux bancs dos à dos, cachés par un tournant. L’endroit était ombragé et on y entendait le bruit d’une chute d’eau à proximité. Ils s’assirent sur le banc situé du côté opposé au sentier et Derek ferma les yeux, bien décidé à souffler un peu. C’était d’ailleurs la première occasion qu’il avait de se reposer réellement depuis leur départ du Retaliator, il y avait presque deux jours.
Les yeux clos, l’esprit vagabondant, il se laissait bercer par le bruit de la cascade quand il entendit un passant s’approcher et s’asseoir sur le banc derrière lui. Il s’était à peine replongé dans ses rêveries qu’une voix grave déclara :
« Sur Tyra, le septième mois de l’année est généralement ensoleillé.
– Il est toujours variable sur Corellia », répondit la voix de Sanaz.
A ces mots, Derek ouvrit brusquement les yeux et voulut se retourner pour dévisager leur interlocuteur mais un léger coup de coude ainsi qu’un regard noir de la part de sa partenaire l’en dissuadèrent.
« Je m’attendais bien à ce que le Centre Impérial envoie une équipe sur place mais peut-être pas aussi rapidement.
– Nous étions déjà dans une région voisine quand cette affaire a commencé, expliqua Sanaz.
– Puisque vous le dites. Alors, que désirez-vous de moi ?
– Vous avez correctement répondu à l’invitation et aux phrases codées convenues, donc vous êtes soit actif, soit du côté des Boreo-Tyréniens. »
L’autre eut un petit rire sarcastique.
« Excellente déduction. Vous avez ma parole que je suis toujours au service de l’Empire. Bien évidemment, ce ne sont que des mots. Il va vous falloir me faire confiance.
– C’est d’accord, répondit Sanaz, vu qu’elle n’avait pas vraiment le choix. Nous avons besoin d’informations sur le gouverneur Rees, lança-t-elle.
– Des informations, voyez-vous ça. Et de quel genre si je puis me permettre ?
– Tout ce qui n’est pas dans le dossier de l’Ubiqtorate.
– Je vais voir ce que je peux faire. Rentrez à votre vaisseau, je vous recontacterai plus tard. En partant, je vous conseille de tourner à droite, par la rue des Colons ; les affiches qui s’y trouvent peuvent vous intéresser. Une dernière chose : vous avez de la chance que vos « anges gardiens » aient lâché prise durant votre tournée des grands magasins car je ne serais pas venu dans le cas contraire. Une bonne journée à vous », conclut-il en se levant.
Une fois parti, Derek interrogea Sanaz :
« Qu’entendait-il par « anges gardiens » ?
– Les agents du contre-espionnage local qui nous filaient depuis l’astroport, gros malin. C’est pour ça que j’ai pris mon temps dans les magasins et n’ai lancé la procédure de contact que dans le dernier.
– Que ?
– Le catalogue interactif : j’ai consulté des produits dans un ordre donné et voilà ! Le tour est joué ! C’était l’un des moyens qu’on m’avait donnés sur le Retaliator. »
Elle se pencha pour enfoncer le clou, large sourire aux lèvres :
« Et oui, l’appeler n’aurait pas pris plus de vingt minutes. La vie est dure, hein ? » Remarqua-t-elle avec un sourire narquois.
Je déteste ces trucs d’espions ! Vivement un bon combat, que je puisse casser quelques figures.
Il se leva du banc et remarqua que le chef de station avait laissé un prospectus à sa place. « Agmeninis S.A, entretien de locaux, protection contre les animaux nuisibles… », lut-il à haute voix.
« Garde-le, on ne sait jamais », répondit la Zabrak à sa question muette.
Ils quittèrent donc le parc et se dirigèrent ensuite vers la rue des Colons comme suggéré par leur interlocuteur. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre ce qui pouvait bien les intéresser : des panneaux couverts d’affiches électorales étaient disposés tout le long des trottoirs. Toutes les tendances possibles et imaginables – exception faite des pro-empire – s’affrontaient pour ces élections qui devaient élire le chef du nouveau gouvernement boreo-tyrénien. Un gouvernement qui garantirait l’indépendance et la prospérité du secteur. Arrivés au bout de la rue, les deux agents impériaux se rendirent compte qu’un détail clochait. Pour s’en assurer, Sanaz refit quelques mètres en arrière. Aucun doute possible : ni le gouverneur Hayden Rees ni aucune personne se réclamant de sa mouvance ne faisait partie des candidats.
« Ça n’a aucun sens, dit-elle à haute voix.
– Hé, peut-être qu’il ne veut pas être vu comme avide de pouvoir. Comme ça, il garde un certain prestige dans le coin.
– Ce n’est pas si bête ce que tu dis là. Pour une fois. En tout cas, c’est un point de plus à se faire préciser par notre nouvel ami. Allons, rentrons au vaisseau. »

***

Une fois revenus à la rampe menant à ce cargo qu’ils commençaient à apprécier, ils furent accueillis par une Jia affolée et une Ashoka rouge de colère.
« Qu’est-ce qui se passe ici ? demanda Sanaz.
– Il y a qu’on est complètement infestés d’insectes ! lança Ashoka en piétinant sauvagement l’un des intrus qu’il avait fait tomber de sa veste.
– Comment ça se fait ? Le vaisseau à été stérilisé à l’astroport de Cinnagar et je ne parle pas des contrôles sanitaires qu’on a subi tout le long du voyage !
– Je n’en ai aucune idée, répondit Jia, reprenant son souffle. Peu après votre départ, deux agents des douanes en civil sont venus inspecter le vaisseau à la recherche de produits de contrebande. Une heure après, les premiers insectes sont apparus et leur nombre n’a pas cessé d’augmenter depuis. On a essayé tous les insecticides présents à bord mais rien n’y a fait. Alors, on a appelé les services sanitaires de l’astroport. Ils sont venus, ont fait le tour des coursives et examiné une des bestioles. D’après eux, c’est une variété endémique à cette planète. Elle est inoffensive mais a la fâcheuse habitude de se reproduire en masse. Ils sont repartis en nous collant deux semaines de quarantaine, équipage inclus.
– C’est pas vrai… commença Derek.
– Du calme, il doit bien y avoir un moyen de s’en débarrasser avant la fin de la quarantaine. Voyons… »
Il lui fallut un quart de seconde de réflexion pour se souvenir du prospectus abandonné sur le banc du parc.
« Derek, fais voir la publicité que tu as gardé.
– Oui chef, fit-il en obtempérant.
– Alors… Sanaz lut à haute voix la feuille de papier glacé : Agmeninis S.A, entretien de locaux… protection contre les nuisibles ! Se pourrait-il que… Jia, de quoi avaient-ils l’air, ces inspecteurs des douanes ?
– Ils étaient assez anodins. N’étaient leurs cartes, je n’aurais jamais songé qu’ils travaillent pour les douanes.
– Essayons ça alors, conclut-elle en donnant le prospectus à Jia. Appelle-les et explique-leur notre affaire. Au pire, demande toujours un devis. »
Moins de dix minutes plus tard, un rendez-vous avait été pris et, pour prouver que sur Tyra on prenait l’arrivée de nouveaux hommes d’affaires très au sérieux, on leur apprit que le directeur de la société viendrait superviser l’affaire en personne.

***

C’est ainsi qu’ils purent se rendre compte une heure plus tard, que le directeur d’Agmeninis S.A n’était autre que leur contact sur Tyra. Ses employés s’attachèrent sans plus tarder à éliminer les insectes au moyen de dispositifs à ultra-sons ayant « la fâcheuse tendance à perturber les comlinks. Mais pour quelques minutes, ça ne vous posera pas de problèmes, pas vrai ? » À l’initiative de Sanaz, Kainthus Agmeninis et l’équipage de l’Emerald Sparrow s’installèrent au carré pour « négocier le prix de la prestation ». En s’asseyant, la Zabrak perçut un drôle d’éclat dans les yeux de leur invité ainsi qu’une moue… de dégoût ?
« Le nettoyage devrait prendre une bonne heure car ces bestioles sont très coriaces. En tout cas, d’ici ce soir vous pourrez faire constater aux douaniers que le problème est réglé et ils lèveront la quarantaine. Maintenant, passons aux choses sérieuses. J’ai bien peur de ne pas avoir beaucoup plus sur Rees que son dossier. Sachez juste que c’est un héros national ici vu qu’il a négocié la fin de la guerre civile. L’homme de la rue le voit comme le politicien le plus honnête qui soit. Et encore, c’est un euphémisme.
– D’accord. Voyez-vous une raison au fait que ni lui, ni ses amis ne soient candidats aux prochaines élections ?
– L’honnêteté, justement. En tout cas, c’est ce qu’il n’arrête pas de clamer sur les ondes depuis le début de l’affaire. La vérité c’est sans doute qu’il va avoir fort à faire pour conserver cette indépendance et que, de surcroît, il est proche de la retraite.
– Ouais, enfin ce n’est pas l’âge qui empêche certains de… » commença Ashoka, vite rabroué par un coup de coude de Jia et un regard noir de sa supérieure.
Agmeninis reprit comme si de rien n’était :
« Ne sachant pas ce qui vous intéresse exactement chez lui, j’ai donc bien peur que vous deviez aller fouiller dans ses archives personnelles. Et le seul créneau disponible à court terme, c’est ce soir : Rees doit assister à une représentation à l’opéra. C’est une de ses passions – avec les antiquités.
– Certes, mais ça va être difficile de nous introduire dans son bureau au siège du gouvernement. Surtout si, comme vous l’affirmez, nous sommes surveillés.
– Je peux faire rentrer l’un d’entre vous le plus légalement du monde et l’amener à l’étage où se trouve son bureau.
– Comment cela ?
– Agmeninis S.A détient depuis un an le contrat d’entretien de l’immeuble. À l’origine, mon rôle se bornait au contre-espionnage. Maintenant…, fit-il avec un geste de la main pour ponctuer sa dernière remarque.
– Donc, vous pourriez me faire passer pour l’une de vos employés ? » interrogea Sanaz.
Le visage de son interlocuteur se ferma soudainement.
« J’aurais préféré que ce soit un humain qui se porte volontaire. Rapport au fait que vous êtes la seule Zabrak dans tout le secteur.
– Permettez-moi d’insister ; en tant que chef de la mission, c’est à moi que revient ce rôle. » Elle rabattit des mèches de cheveux pour cacher ses cornes.
« Je me suis déjà fait passer pour une humaine et j’ai berné la hiérarchie militaire pendant quelques années.
– Bon, puisque vous insistez. Avec un peu de maquillage, une perruque et une tenue de travail appropriée, vous devriez faire l’affaire. Par contre, vous avez parlé de hiérarchie militaire. Je croyais pourtant que vous apparteniez aux Renseignements Impériaux comme moi ?
– Ce n’est vrai que depuis huit mois seulement. A la suite d’une opération secrète, nous avons été détachés à l’Ubiqtorate. Il s’agit d’un nouveau programme d’entraînement et d’évaluation pour les forces spéciales.
– D’accord… fit-il la mine renfrognée. Passons aux détails : il va vous falloir sortir d’ici sans êtres filés et y revenir ensuite. Sans parler de l’opération en elle-même. Écoutez-moi bien, mesdemoiselles et messieurs les militaires… »

***


Cantina du Gnaar Invisible, près de l’astroport de Tyra


Ce soir là, l’ambiance était tout aussi enjouée qu’à l’accoutumée à la cantina du Gnaar Invisible. Point de rencontre des équipages faisant la navette entre les différentes planètes du secteur boreo-tyrénien. Les affaires du reste de la galaxie ne s’immisçaient que rarement dans les conversations et ce jour ne faisait pas exception à la règle. Un cargo revenant de Moreus faisait relâche pendant deux jours, le temps qu’on lui confie une nouvelle cargaison. Son équipage fêtait joyeusement la réussite de ce voyage – sans risques aucun du point de vue de l’observateur impartial, mais pas de celui de ces hommes.
Assis seul à une table, un homme vêtu d’une combinaison de travail de docker observait distraitement la scène. Il sirotait tranquillement sa boisson tout en jetant des coups d’œil discrets vers l’holoécran diffusant la retransmission du dernier championnat local de landspeeders. Sous ce même écran, un trio d’étrangers arrivé ce matin de la frontière du secteur se préparait à ce qui allait être une longue soirée. Enchaînant chansons et éclats de rires sans pour autant négliger leurs consommations, le couple le plus bruyant essayait d’entraîner une humaine avachie sur son siège. Il était évident qu’elle avait eu son content d’alcool pour la soirée, aussi les autres se dirigèrent-ils vers la sortie avec force transports de joie en laissant là leur camarade.
L’homme solitaire espéra que son collègue posté dehors dans un landspeeder arriverait à les suivre. De son côté, il commanda un nouveau verre et se prépara à une longue soirée. Au moins elle n’ira pas bien loin, celle là…
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:23   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 7 – Visite nocturne




ISD Retaliator, système de Boreus


La salle de réunion allouée au contre-amiral Waldemar résonnait du bruit d’une conversation enjouée. Comme chaque semaine, le commandant de la flotte invitait à dîner les officiers supérieurs du vaisseau où il avait établi son commandement, ainsi que certains des capitaines des autres unités de la flotte de blocus. Il y avait là le capitaine Joris et son second ainsi que les commandants du Manticore, du Hornet et du Krayt Dragon. Tandis que des droïdes faisaient circuler le vin et les plats entre les convives, la discussion tournait autour des mérites comparés des musiciens dits « classiques », des écrivains à la mode… Sans oublier les rumeurs à propos des dernières innovations technologiques – entre autres le fameux champ gravifique d’interdiction, vieux rêve de toutes les armées de la galaxie. Bref, on ne pouvait être plus loin du conflit en cours.
Reiner Waldemar appréciait ces pauses, qui lui permettaient en fait de connaître ses officiers autrement que par leurs dossiers. C’était presque aussi bien qu’une visite d’inspection à bord, où il s’intéressait aux attitudes des hommes d’équipage sous couvert de constater la qualité de l’entretien des lieux. En s’assurant de leur moral, il s’assurait par la-même de leur efficacité au combat. Il n’en attendait pas moins une stricte discipline mais savait récompenser zèle et initiative ; un trait de caractère qui avait tendance à se perdre, remplacé par un strict respect du manuel et de la doctrine impériale. Waldemar vit le capitaine Joris rire de bon cœur à une plaisanterie lancée par le commandant du Hornet. L’amiral ne se faisait guère de soucis à propos du capitaine du Retaliator, il regrettait juste une certaine rigidité liée à son propre manque d’expérience. D’un autre côté, c’était tout à fait normal, vu que Waldemar était l’unique officier à cette table à avoir déjà mené un vaisseau au combat. Ces hommes s’étaient tout de même très bien tirés de leur baptême du feu. L’officier de quart rentra discrètement dans la pièce pour annoncer à son commandant et à Waldemar que tout était calme dans le système Boreus. Ce n’était pas bon signe pour l’amiral, qui se doutait que son ancien subordonné attendait simplement des renforts avant d’attaquer. L’annonce faite, l’officier quitta la pièce, laissant l’amiral et ses convives rassurés et certains que les senseurs de leurs vaisseaux détecteraient toute menace avant qu’il ne soit trop tard.

***


Opéra de Tyra


La salle, illuminée par des dizaines de lustres en cristal taillé, résonnait du bruit des instruments que les musiciens accordaient à l’abri des regards du public dans la fosse d’orchestre. Le brouhaha des conversations allait crescendo au fur et à mesure que les spectateurs étaient menés à leurs places par les ouvreuses.
Capable d’accueillir deux mille personnes, l’opéra de Tyra n’était pas l’un des plus grands de la galaxie mais sa décoration classique faisait l’admiration de tous : des balustrades sculptées et plaquées à la feuille d’or au plafond peint dans une fausse perspective, la salle était une œuvre d’art à elle seule.
Assis dans sa loge, le gouverneur Rees faisait courir son regard au plafond, admirant les représentations des bustes des dramaturges et compositeurs les plus connus de la galaxie. Chaque buste était entouré de personnages tirés des plus grandes créations de l’auteur en question. Et, au centre, une représentation figurative d’une ascension vers les cieux, expression de la nature quasi-divine des arts lyriques. Rees baissa les yeux et observa les gens s’installer tout en haut, au « paradis ». Les places les plus éloignées de la scène mais où l’acoustique était la meilleure. Les moins chères aussi ; ce qui permettait finalement à tous d’assister aux représentations, pas seulement à la bonne société qui occupait les loges et les fauteuils d’orchestre. A propos des places du « paradis », Rees se dit qu’au moins ils avaient une vue directe sur l’ensemble de la scène ; lui n’en voyait que la partie droite, gêné par la configuration de sa loge. Il ne serait pas fâché quand il la quitterait après les élections pour aller dans les fauteuils d’orchestre.
Le visage du gouverneur pivota vers la salle et le public, toujours plus nombreux. Il fit un signe de tête à des gens qui l’avaient remarqué et le saluaient. Il faudrait qu’il se montre à l’entracte pour rassurer tout le monde à propos du blocus impérial. Dans le même temps, le sentiment d’avoir oublié quelque chose lui revint à l’esprit. Mais quoi ? En tout cas, ce ne devait pas être urgent, sinon ses assistants se seraient chargés de le lui rappeler. Son examen de la salle terminé, il se mit à feuilleter le programme que lui avait remis l’ouvreuse qui l’avait guidé jusqu’à sa loge. La mezzo-soprano Juno Scandarii, de Zeltros, tenait le premier rôle féminin dans l’opéra Seïranja, histoire d’amour tragique tournant autour du personnage éponyme. Le livret avait beau n’être qu’une histoire imaginaire, sa portée était universelle. Et en même temps, tout ça était si réel… Rees referma vivement le programme pour éviter que des idées noires ne viennent gâcher sa soirée et jeta un œil à la fosse d’orchestre, observant distraitement le rituel des musiciens.
Quelle chose incroyable que d’écouter cette apparente cacophonie produite par les musiciens avant une représentation ! Entendre chaque instrument chercher séparément le La, tout en sachant que d’ici quelques minutes, ce chaos laisserait la place à la plus grande des harmonies était source d’un plaisir intense pour Rees. Laissant son esprit vagabonder, il ferma les yeux et se laissa porter par les instruments dissonants.

***


Tyra, bureaux du gouverneur


À cette heure, même les employés les plus zélés avaient quitté leur poste, laissant la place aux veilleurs de nuit. Ces derniers n’avaient plus qu’à effectuer leur ronde et à attendre l’arrivée de l’équipe d’entretien. Ponctuels comme à leur habitude, leur speeder se présenta à l’entrée du parking des véhicules de service. Toujours selon la même routine, le garde en poste leur ouvrit la barrière.
À l’intérieur de l’engin, les employés de l’entreprise Agmeninis bavardaient joyeusement tout en lançant de temps en temps un regard en coin à la petite nouvelle qui allait passer sa première soirée à nettoyer cet immeuble. Une demoiselle très mignonne avec sa tignasse rousse ramenée en queue de cheval et un visage délicat que venaient à peine troubler quelques mèches rebelles. Elle avait aussi du cran car, alors qu’ils chargeaient le speeder, Nereïa – c’était son nom – avait coupé court à nombre de sous-entendus par un regard lourd de reproches. Il fallait aussi dire que la joue d’un des employés se rappelait encore de la punition infligée pour certains gestes déplacés. En guise de « cadeau » de bienvenue, les plus anciens avaient secrètement décrété qu’elle se chargerait seule du dernier étage de bureaux. La sécurité y était la plus intransigeante et ces « vétérans » endurcis du nettoyage de nuit se réjouissaient déjà à la perspective, quelque peu iconoclaste, d’aller en griller une dans les sanitaires du siège de leur gouvernement.
Une fois dans le hall d’entrée, le chef d’équipe assigna les tâches à ses subordonnés. Enfin, vint le tour de Nereïa :
« Pour toi, ce sera le dernier étage – celui où le gouverneur tient ses bureaux. Attention, tout doit être irréprochable. Eskin et Lorem s’occuperont de la cage d’escalier. Voilà, c’est tout. Au travail et à dans trois heures ici même. »
Les différents groupes se séparèrent, chacun guidé par un vigile. Enfin seule, Nereïa sourit intérieurement et pressa le pas : un étage en trois heures, cela allait être court.

***


Tyra, non loin des bureaux du gouverneur


L’immeuble de bureaux abritant les sièges de plusieurs sociétés locales était endormi. Deux ombres bougeaient pourtant sur le toit, allongées derrière le muret faisant face au siège du gouvernement. Elles portaient toutes deux des radios cryptées et des lunettes de vision nocturne. L’une d’elles observait un écran portatif relié à une mini-caméra posée sur le rebord du muret.
« Ils sont entrés, chuchota l’observateur.
Vous croyez qu’elle arrivera à être seule pour visiter le bureau du gouverneur ?
Bien sûr, le chef d’équipe est un agent à moi. Il trouvera un moyen. Nous n’avons plus qu’à attendre que votre copine nous appelle.
OK. »
Derek – car c’était lui – leva le pouce à l’intention d’Agmeninis. Il avait toujours un peu de mal à faire confiance à cet homme et le mépris à peine voilé dont le chef de station faisait preuve à l’égard de Derek et de ses compagnons – dû à leur qualité d’ex-militaires et de novices du renseignement – n’aidait pas la situation. Il activa sa radio et contacta Ashoka, resté à bord du Sparrow.
« Nid d’aigle à Tour d’Ivoire, répondez.
Ici Tour d’Ivoire, à vous.
L’Aiglon s’est posé, je répète : l’Aiglon s’est posé. Tenez-vous prêt.
Reçu Nid d’Aigle. Tour d’Ivoire, terminé. »
C’est parti… se dit Derek.
A bord de l’Emerald Sparrow, Ashoka avait activé son terminal informatique, prêt à recevoir toute transmission de données provenant de Sanaz. Du coin de l’œil, il surveillait aussi le biper que Jia ne manquerait pas d’activer si un problème pointait son nez à la cantina de l’astroport.

***


Opéra de Tyra



La salle était maintenant presque pleine comme à chaque représentation. Cette affluence venait principalement des tarifs très compétitifs pratiqués par l’opéra et aussi du manque de concurrence dans la région. Et puis, il y avait Juno Scandarii. La chanteuse lyrique zeltronne était en tournée dans les mondes du Noyau quand le gouverneur Rees avait déclaré l’indépendance du secteur boreo-tyrénien. Le blocus impérial l’empêchant de quitter Tyra, elle avait accepté de participer – au pied levé – à la suite de la saison lyrique dans le secteur et sa réputation avait fait le reste. À moins que ce ne soit la réputation des Zeltron qui attire les foules, songea Rees.
La sonnerie indiquant que la représentation allait bientôt commencer se déclencha alors. Les derniers arrivants se dépêchèrent de rejoindre leurs places. Quelques minutes plus tard, les lumières de la salle s’éteignirent et un tonnerre d’applaudissements salua l’arrivée du chef d’orchestre sur son estrade. Il s’inclina pour remercier le public et pour saluer les musiciens avant d’empoigner sa baguette. Un silence de mort s’établit, bien vite remplacé par les premières mesures de l’ouverture. Une musique joyeuse, festive, destinée à préparer le public au lever du rideau.
La scène se découvrit enfin. Le décor était celui d’une grande salle de réception où l’on célébrait la dernière victoire d’un groupe d’officiers pilotes. Chants, danses… Une mise en scène grandiose pour l’exposition du protagoniste, nommé Jhullyo. Il était membre de l’escadrille victorieuse et participait activement à la fête mais n’y trouvait guère de plaisir.
Et c’est alors qu’elle entra en scène : Seïranja, femme fatale, bohémienne, séductrice. Elle alla danser au centre de la scène alors que tous les regards et projecteurs étaient tournés vers elle. Un peu plus loin, on apercevait Jhullyo, tombé amoureux au premier regard. Un amour fatal débutait…

***


ISD Retaliator, système de Boreus


Les convives avaient maintenant presque achevé le plat principal. L’officier de quart fit de nouveau irruption et alla voir le capitaine Joris. Du coin de l’œil, l’amiral observa l’horloge murale et constata que ce n’était pas l’heure du rapport. La mine soudain déconfite du commandant du Retaliator acheva de le convaincre que quelque chose de grave était à l’œuvre. L’officier se leva et annonça la nouvelle aux personnes présentes :
« Amiral, messieurs. Nous sommes sur le point d’être attaqués par les Tyréniens. »
Comme pour ajouter à la gravité de ses propos, les alarmes appelant aux postes de combat retentirent brusquement. Aussitôt les officiers prirent un air affolé, prêts à céder à la panique avant de retourner à leurs vaisseaux.
« Du calme messieurs, les rassura Waldemar. La bataille n’a pas encore commencé. Vous allez être escortés jusqu’à vos vaisseaux. De mon côté, je vais sur la passerelle pour coordonner la défense. Lieutenant Oberran, fit-il au second du Retaliator, veuillez raccompagner ces messieurs jusqu’au hangar. Qu’une de nos escadrilles de chasse soit prête à les escorter. Capitaine Joris, je vous suis. »
Les paroles confiantes de leur amiral eurent raison des craintes de la plupart des officiers mais ils n’en voulurent pas moins rallier leurs postes le plus vite possible, pris de court par cette attaque.

***

Tyra, bureaux du gouverneur


La jeune femme s’activait à la tâche sans mot dire. Elle était seule car le vigile qui l’accompagnait s’était assis près de la cage d’escalier pour consulter son journal. Quant à ses « collègues », les plus proches étaient à l’étage du dessous ; donc rien à craindre de ce côté-là. Elle était toute proche de son but mais devait attendre une diversion promise par Agmeninis avant de pénétrer dans le bureau de Rees et d’y accomplir sa mission.
« Aiglon, ici Nid d’Aigle. On m’informe que la diversion est pour bientôt. Tour d’Ivoire est paré. Tenez-vous prêt. »
Pour toute réponse, Sanaz / Nereïa tapota le comlink miniature dissimulé dans le creux de son oreille comme si elle se grattait, montrant ainsi qu’elle avait bien reçu le message.
Quelques minutes plus tard, alors qu’elle finissait un bout de couloir, elle entendit des voix venant de l’escalier : un de ses collègues discutait joyeusement avec le vigile. Le moment d’agir était venu.

***


Opéra de Tyra


Le rideau venait de se refermer, concluant ainsi le premier acte. Il s’achevait sur un certain suspense – théorique, car le public connaissait l’histoire par cœur, mais toujours accueilli avec la même attention.
La première partie était centrée sur l’exposition des protagonistes et l’amorce de l’histoire : on y suivait la séduction de Jhullyo par la beauté sensuelle de Seïranja, la bohémienne galactique. Or, tout opposait ces deux êtres : l’officier pilote qui avait voué sa vie à pourchasser les criminels pour faire régner la justice et la femme issue de la « frange », qui côtoyait jour et nuit contrebandiers, mercenaires et pirates de la pire espèce. Pour rejoindre Seïranja, Jhullyo aurait à sacrifier tout ce pourquoi il avait vécu. Y arriverait-il ? Qu’en tirerait-il en fin de compte ?
L’acte deux apporta les premières réponses à ces questions. Le répertoire musical se fit plus dramatique. Une part de l’allégresse du premier acte subsistait encore mais le spectateur était mal à l’aise. Bien que Jhullyo ait tout abandonné pour rejoindre Seïranja et que le couple semblât heureux, les cieux ne souriaient pas pour autant aux deux amants. Les premiers signes d’un prochain malheur étaient là car la jeune femme se mettait à flirter avec d’autres hommes pour asticoter son compagnon. Ce dernier feignait de ne pas s’en rendre compte, croyant toujours à l’amour que Seïranja éprouvait pour lui. Cela dura jusqu’au moment où, dans un fracas de tambours, Jhullyo fut trahi par sa bien-aimée et Nazen, l’amant de celle-ci. De part et d’autre du héros s’avancèrent les membres du chœur habillés en policiers impériaux. Chaque côté chantant alternativement, ils annoncèrent qu’ils venaient pour arrêter Jhullyo. Ce dernier leur répondit qu’il ne se laisserait pas prendre vivant. Il brandit son arme et disparut dans un éclair aveuglant alors que l’éclatement des cymbales vint conclure l’acte.
Une fois le rideau baissé, les lumières furent rallumées pour l’entracte. Les conversations allaient bon train. Chaque spectateur donnait son avis sans se faire prier et le consensus ne fut pas long à émerger : une mise en scène grandiose, un chef d’orchestre en grande forme et des comédiens inspirés. Tout cela n’augurait que du bon pour la suite.
De son côté, le gouverneur Rees était sorti de sa loge. Il aurait été fort heureux de se lancer dans les discussions à propos du mérite des acteurs mais c’était bien de politique et plus particulièrement de la sécurité de ses administrés qu’il aurait à parler. C’est bien mieux que de signer des dossiers… Bon sang ! La proposition de réforme du système éducatif ! Elle doit être présentée demain au conseil provisoire et je n’ai pas eu le temps de la viser !
Il s’arrêta un moment pour réfléchir. Cette signature lui fournissait une occasion rêvée de couper à son devoir de rassurer la bonne société. D’un autre côté, cela signifiait repartir à son bureau et manquer une bonne partie du troisième acte. Le choix était pourtant vite vu : son travail passait avant son agrément personnel. Il releva la tête et se dirigea à pas décidés vers la sortie et le parking où l’attendait son landspeeder.

***


Tyra, bureaux du gouverneur


Sans hésitation, Sanaz ouvrit la porte et pénétra dans le bureau en traînant son chariot à balais. Son regard effectua un inventaire rapide de la pièce : aménagée comme il seyait au gouverneur d’un système mineur mais sans plus. Un bureau en bois verni encombré de dossiers, un terminal informatique, trois armoires dont une à vocation plutôt décorative, un fauteuil en vrai cuir et deux sièges relativement confortables constituaient le mobilier de la pièce.
Sans plus se soucier de son environnement, la Zabrak déguisée se mit à balayer le sol. Ce ne fut que quelques minutes plus tard et après avoir passé l’aspirateur sur le tapis qu’Ashoka la contacta :
« Tour d’Ivoire à Aiglon. Les détecteurs signalent que la pièce est « OK » : juste une caméra dans le coin droit. Pas d’autres mouchards détectés. Approche-toi du terminal pour y fixer le « rémora » ».
Sans mot dire, la jeune femme empoigna un chiffon pour épousseter les meubles. Elle débuta par le grand bureau et se rapprocha petit à petit du terminal. Aucun bruit de pas à proximité – parfait. Sa main gauche effleura discrètement sa poche et s’assura que le mouchard y était. Plus que quelques centimètres. Elle posa le chiffon sur le rebord du meuble. Une inspiration la plus discrète possible – elle avait beau être de dos par rapport à la caméra, elle ne savait pas pour autant ce que l’engin pouvait filmer, ni si il était le seul dans cette pièce. Le moment était venu.
Sans prévenir, son pied se décala de quelques centimètres et, en faisant mine de reculer, elle trébucha et bascula en arrière. Une chute calculée et parfaitement réussie. Sanaz se releva péniblement en s’appuyant sur le lourd meuble abritant le terminal. Ce faisant, sa main effleura la partie arrière de la machine et déposa le « rémora » – génial mouchard informatique créé par les services secrets impériaux – sur une prise réseau inoccupée. Sa tâche accomplie, elle n’avait plus qu’à terminer le ménage et à quitter l’immeuble.
Si son père n’avait pas été aussi différent en caractère d’une société Zabrak où la dextérité occupait une place prééminente aux côtés du courage et de la détermination parmi les qualités primordiales du guerrier-citoyen, il aurait été fier d’elle. Enfin, ça ne sert à rien de remuer un passé douloureux… Tiens, qu’est-ce que c’est ?
Perdue dans ses pensées, elle avait machinalement mis ses mains dans ses poches et y avait rencontré un objet inattendu. Il s’agissait de l’holo qu’elle avait trouvé dans sa cabine avant son départ en mission, avec les deux mariés. Ou l’était-ce vraiment ? Et puis comment diable était-il arrivé jusqu’ici ? Ses idées furent soudain embrouillées mais s’éclaircirent très vite quand l’unique conclusion logique s’imposa à elle : elle avait tout simplement entraîné dans sa chute l’un des rares objets personnels trônant dans le bureau du gouverneur Rees.
Sanaz s’empressa de le reposer à sa place légitime et s’en retourna à son nettoyage tiraillée par la tentation d’examiner de plus près les dossiers trônant sur le bureau. Mission réussie, il ne reste plus que l’exfiltration. Au travail ma fille.

***

Non loin de là, le chef des vigiles effectuait sa ronde. Il était seul pour le moment car l’équipe d’entretien n’ayant pas encore terminé, il ne pouvait réaffecter leurs « chaperons » à leurs patrouilles habituelles dans le bâtiment. Actuellement dans la cage d’escalier principale, le garde se dirigeait vers l’étage du bureau du gouverneur où l’attendait un de ses hommes et d’où il pourrait commencer à rapatrier les agents d’entretien.
Évidemment, il fallait que ce fichu collègue manque à l’appel : encore un bon à rien. Il commençait à en avoir plus qu’assez. Et à en juger par les éclats de rire étouffés et l’odeur de cigarette provenant des sanitaires, il s’en grillait une bien pépère. Quand il fit irruption au beau milieu de la joyeuse conversation entre son collègue et l’un des agents d’entretien, le second gardien se trouva bien embarrassé et eut le plus grand mal à bredouiller des excuses incohérentes au beau milieu de la fumée de cigarette. Contenant sa fureur à grand-peine, le chef des vigiles renvoya les deux olibrius en bas, non sans avoir promis un rapport bien senti à son subordonné. Une fois partis, il ouvrit la lucarne pour aérer – il ne manquerait plus qu’un détecteur de fumée ne se déclenche ! – et alla chercher l’agent d’entretien chargé du bureau du gouverneur.

***

Sur le toit, Agmeninis eut un hoquet de surprise et fit part de son inquiétude à Derek :
« J’espère qu’elle n’est pas en train de lire les dossiers de Rees ! »
Le soldat comprit aussitôt et ouvrit la fréquence vers Sanaz tout en sachant que son avertissement arriverait trop tard.

***


Système de Boreus


Une tension palpable régnait sur la passerelle du Retaliator : l’attaque tyrénienne avait pris de court les forces impériales et leur ligne de bataille donnait des signes de faiblesse. Si jamais elle se brisait, les sécessionnistes pourraient engager les unités de Waldemar dans une multitude de duels et plus particulièrement leur vaisseau amiral.
Le contre-amiral Waldemar en était parfaitement conscient : si le Retaliator tombait ou était privé de ses moyens de communications, le groupe de combat impérial perdrait toute efficacité.
« Colonel Taras, veuillez envoyer deux escadrilles de chasse pour intercepter les bombardiers sur notre flanc bâbord », ordonna l’amiral.
Après quelques instants de réflexion face à l’affichage holographique retransmettant le ballet mortel que se livraient les deux forces, Waldemar lança une nouvelle volée d’ordres :
« Capitaine, ordonnez aux batteries de proue d’ouvrir le feu sur ce Dreadnought droit devant. Préparez les tubes lance-missile pour cette vague de chasseurs et faites reculer nos escorteurs pour qu’ils ne se tirent pas dessus mutuellement. Que le Manticore lance un tir de barrage vers le Dreadnought.
– À vos ordres, amiral.
– Amiral, lança l’officier des communications : le Nexu et le Krayt Dragon se sont placés derrière nous en position d’escorte. Le Basilisk soutient les tirs du Shar’Lis Tyra et demande l’aide du Rancor. »
Waldemar fut tenté d’accorder au commandant du Basilisk l’aide qu’il demandait, mais si le Rancor quittait sa position défensive – à bâbord du Retaliator – il n’y aurait pas le temps d’envoyer un autre croiseur Carrack pour combler la brèche. De plus, le contre-amiral avait besoin de ses deux escorteurs pour soutenir l’assaut lancé par les Tyréniens. S’il n’aidait pas le Basilisk, il perdrait son flanc gauche. S’il l’aidait, il prenait le risque de briser en deux sa formation et de tout perdre.
« Amiral, s’aventura le capitaine Joris, le groupe du Persecutor est à peine à deux minutes-lumière de nous. »
Une suggestion plus qu’alléchante : avec les sept vaisseaux de premier et second rangs de ce groupe, sans compter les escorteurs, il pourrait sans peine écraser l’attaque ennemie, anéantir leur flotte, s’emparer des défenses du système de Boreus et marquer une brillante victoire militaire. Seulement voilà : ses ordres étaient d’établir un blocus. Il ne devait s’opposer que de manière défensive à la flotte sécessionniste. Certes, il savait qu’il lui faudrait tôt ou tard attaquer en force, mais pas avant d’en avoir reçu l’ordre. Ordre qui n’arriverait que lorsqu’il aurait transmis au Centre Impérial un hypothétique message du sergent Miren. Il soupira intérieurement avant d’annoncer sa décision :
« Négatif capitaine, nous nous débrouillerons parfaitement sans eux. Ordre au Rancor de tenir sa position. Transmettez mes encouragements au Basilisk. Colonel Taras, envoyez là-bas nos deux escadrilles d’assaut. »
Ces ordres avaient à peine été envoyés que l’un des opérateurs senseurs lança d’une voix alarmée :
« Ils avancent sur nous ! »
Waldemar se prépara au choc en gardant un apparent calme olympien. Du coin de l’œil, il vit les regards en coin lancés par ceux de ses officiers qui avaient pu jauger la situation. Il fit mine de ne pas les remarquer malgré le poids des reproches muets. Après tout, il ne valait mieux pas qu’ils apprennent que sa stratégie reposait sur un coup de sabacc.

***


Opéra de Tyra


Le gouverneur Rees était presque arrivé à l’escalier menant à la sortie quand il fut interpellé par un groupe de spectateurs. La sortie n’était qu’à deux mètres, en deux pas il pourrait… Mais non. Il pesta intérieurement contre sa conscience et se retourna, sourire aux lèvres, pour faire face à ses administrés et à leurs interrogations.
« Gouverneur, est-il vrai que l’Empire s’est emparé du système de Boreus ?
– Est-ce que nos forces tiennent ?
– Lancerez-vous des négociations avec l’Empereur ?
– Mesdames et messieurs, du calme. »
Il parlait sur un ton apaisant et s’efforçait de clarifier au maximum ses explications.
« Tout d’abord, je tiens à vous assurer que les forces du commodore Phanteras sont parfaitement à même de résister aux attaques impériales tant en nombre qu’en équipement. En ce qui concerne le blocus imposé par Coruscant, il ne nous gênera pas car nous sommes auto-suffisants. C’est pourquoi j’espère qu’avec le temps, les éléments les plus modérés du gouvernement impérial accepteront d’ouvrir des négociations afin d’entériner notre indépendance. J’ai aussi bon espoir qu’elle soit au final tolérée étant donné que le secteur Boreo-Tyrénien n’a aucune importance stratégique aux yeux l’Empire Galactique. »
Il continua à répondre aux questions qui lui étaient posées jusqu’à ce que sonne la fin de l’entracte. Sur une dernière parole rassurante et un dernier salut cordial, il retourna à sa loge. Il ne manquerait pas le troisième acte finalement. Et c’était tant mieux, car la narration y devenait beaucoup plus sombre : le désespoir du héros – qui avait bien entendu survécu contre toute attente – qui se mue en désir de vengeance lorsqu’il apprend que Seïranja prépare son mariage avec Nazen, ce vil félon. Musicalement, on aurait droit à l’un des plus grands monologues du répertoire lyrique. Rees se cala dans son siège et attendit le lever de rideau, notant mentalement de retourner à son bureau dès la fin de la représentation pour y signer le dossier.

***


Tyra, bureaux du gouverneur


Derek n’eut pas le temps d’avertir Sanaz car le gardien chef ouvrit la porte du bureau du gouverneur à l’instant où il cherchait à la joindre. Le vigile découvrit une jeune femme plutôt jolie en train de cirer le parquet.
« Bonsoir, lança-t-elle en le remarquant.
– Bonsoir mademoiselle. Je suis désolé, mais vous ne pouvez pas rester ici plus longtemps.
– Très bien. De toute façon, j’ai presque terminé. Il faudra prévenir M. le gouverneur que le sol sera encore glissant demain.
– Je n’y manquerai pas, répondit l’homme, perdant patience. Maintenant, si vous voulez bien me suivre, je vais vous raccompagner à l’entrée du bâtiment. »
Lors du retour, il la suivit, quelque peu hypnotisé par ses formes et sa démarche. Dommage qu’il soit en service, songea-t-il. Il aurait apprécié faire plus ample connaissance.
Sur leur toit, Derek et Agmeninis poussèrent de concert un soupir de soulagement. Le soldat impérial se permit même de lever le pouce en signe de victoire à l’intention du chef de station. Ce dernier se contenta de hausser les épaules car il savait pertinemment que la mission ne serait terminée que lorsque cette Zabrak serait de nouveau à bord de son vaisseau.

***


Système de Boreus


Le plan de Waldemar fonctionnait pour le moment : les vaisseaux qui attaquaient le Retaliator avaient envoyé chasseurs et bombardiers en premier, pour occuper les batteries impériales. À aucun moment ils n’avaient songé que les tubes lance-missiles d’un destroyer stellaire de classe Imperator pouvaient servir à d’autres fins que de s’en prendre à des unités lourdes. Résultat des courses : la salve avait fait paniquer les pilotes tyréniens qui s’étaient jetés dans sa propre formation de chasseurs et voyaient leur retraite coupée par le Krayt Dragon et le Nexu. Les deux escorteurs s’étaient avancés pour refermer le piège et orienter leurs flancs bâbord vers les croiseurs sécessionnistes.
À tribord, le Manticore et le Hornet avaient progressé et pilonnaient la formation adverse de toute la puissance de leur artillerie. La situation à bâbord était plus critique mais le Basilisk tenait bon face aux coups répétés du Shar’Lis Tyra et des deux Victory qui l’accompagnaient. Le Rancor, engagé par un essaim de chasseurs ennemis, ne pouvait de toute manière pas lui être d’une grande aide.
Tout à coup, alors que la fureur de la bataille s’était encore accentuée, les Tyréniens se replièrent. Les officiers impériaux furent trop étonnés et soulagés pour songer à poursuivre les chasseurs sécessionnistes qui s’étaient aventurés trop loin. Sur la passerelle du Retaliator, le capitaine Joris salua Waldemar :
« Amiral, veuillez accepter mes excuses pour avoir douté de votre tactique.
– Vous n’avez pas à vous excuser, capitaine : ce n’est pas à cause de mes manœuvres qu’ils ont battu en retraite.
– Amiral, intervint le responsable des communications. Les Tyréniens nous ont envoyé un message holo.
– Passez-le ici. »
L’image du commodore Phanteras apparut au centre de la passerelle.
« Mes respects, amiral. Et toutes mes félicitations pour votre ténacité. Sachez que si nous nous sommes repliés, ce n’est pas à cause de votre résistance mais parce que je désirais juste vous tester. Soyez assuré qu’à notre prochain engagement je ne me contenterai pas d’un simple examen. Ah, et à propos, j’ai remarqué que vous étiez prêt à sacrifier l’un de vos flancs pour préserver le vaisseau amiral de votre formation. Ça ne ressemble guère à l’officier que j’ai connu et qui ne laissait jamais personne derrière lui. »
L’image fit un sourire ironique avant de disparaître.
« Oui, mais ce qu’il ne sait pas c’est qu’au prochain engagement je ferai intervenir le groupe deux. Capitaine, à vous la passerelle. Rapport des dégâts dans ma cabine d’ici une heure. »

***


Opéra de Tyra


L’acte Trois fut émouvant mais n’était rien comparé au chaos du quatrième. Jhullyo fait irruption au mariage de Seïranja et accuse cette dernière de trahison. Il se bat en duel avec Nazen et l’assomme. S’ensuit une terrible scène où il explique ses sentiments à la femme qu’il aime et se rend compte à quel point il est tombé bas par amour. Il lui propose une dernière fois de le suivre, comme dans les premiers moments de leur amour mais elle refuse et, dans un geste gracieux et implacable, elle jette à ses pieds la bague que Jhullyo lui avait offerte et qu’elle avait conservée. Prenant sa décision, ce dernier se relève et la poignarde en plein cœur. Un chœur funèbre évoquant le terrible châtiment réservé au meurtrier retentit alors que Jhullyo est arrêté sans résistance.
Le rideau se referma dans un tonnerre d’applaudissements. Le public fit un véritable triomphe aux comédiens, plus particulièrement au trio principal. Une ovation comme on n’en voyait que trop rarement mais largement méritée : l’œuvre était chargée d’émotion et de beauté. Les applaudissements rappelèrent la troupe pendant plus d’une vingtaine de minutes et à chaque fois elle revint. La peau de la soprano avait rougi sous le coup de l’émotion car elle avait une fois de plus démontré que même une non-humaine était digne de l’approbation d’un public aussi exigeant que celui d’un opéra.
Une fois les acclamations terminées et les lumières revenues dans la salle, le gouverneur Rees put revenir à des pensées plus terre à terre : allait-il rentrer chez lui ou obéir au sens du devoir et s’occuper de cette proposition de réforme ? Il était presque décidé à partir à son bureau quand il se dit que ce dossier pourrait bien attendre jusqu’au lendemain. Il était tard et il était las.
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:35   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 8 – Gloire Impériale, phase finale




Cantina « Au Gnaar invisible », astroport de Tyra


Cela faisait longtemps que l’agent du contre-espionnage tyrénien chargé de surveiller les allées et venues de l’équipage de l’Emerald Sparrow avait perdu toute notion du temps. Ses seules préoccupations étaient de faire durer au maximum ses consommations et de garder un œil sur l’outre à vin dont il était « l’ange gardien ». Ça n’était guère difficile de surveiller ses allées et venues, vu qu’elle ne faisait que boire. Enfin plus maintenant : elle dormait depuis un certain temps déjà, abrutie par la quantité d’alcool ingurgitée. Une tâche facile, pas comme pour son collègue ! Lui, il risquait gros : arriver à perdre les deux autres soudards – dont une Zabrak, espèce inexistante dans le coin – dans une filature basique ! Franchement, il y a des coups de pieds au c… qui se perdaient. L’agent songea que s’il avait été à la place de son supérieur, le fautif n’aurait pas mis longtemps à se retrouver au poste le plus miteux qui soit, ou pire, viré pour faute grave…
À ce moment, la porte de la cantina s’ouvrit et laissa le passage au petit humain et à la Zabrak dont on avait perdu la trace. Leur démarche peu assurée et leur air absent trahissaient leur taux d’alcoolémie – preuve qu’ils avaient dû bien faire la fête. Ils réveillèrent leur compagne sans ménagement et la traînèrent plus qu’elle ne les suivit hors de la cantina. L’homme attendit quelques minutes après leur départ avant de régler ses consommations et de sortir en se donnant la démarche du poivrot de base. Une fois dehors, il suivit à quelque distance le trio afin de s’assurer qu’ils regagnaient comme prévu leur vaisseau. Ses suppositions confirmées, il quitta l’astroport avec une autre pensée en tête : celle que la tête de son collègue était peut-être sauvée vu que ces « suspects » avaient l’air bien innocents…

***


Tyra, siège du gouvernement provisoire


Un nouveau jour s’était levé sur Tyra. Une journée de liberté de plus, songea le gouverneur Rees. Le temps travaillait pour le projet d’indépendance si cher à son cœur. Chaque heure qui passait était mise à profit par ses hommes de confiance pour assurer le succès final de ses plans.
En attendant, il devait toujours gérer les affaires courantes ; à commencer par viser le projet de réforme du système éducatif qu’il avait laissé en plan la veille au soir. D’un autre côté, cette soirée à l’Opéra lui avait permis de se détendre, ce dont il avait bien besoin.
Sa patrie d’adoption avait beau être en état de guerre ouverte avec l’Empire Galactique, certaines choses ne changeaient pas de l’ordinaire, comme le salut du gardien lorsque son landspeeder franchit l’enceinte du parking ou encore le sourire enjoué de la réceptionniste à l’entrée du bâtiment. Quelques minutes plus tard, il était dans son bureau et s’apprêtait à s’asseoir dans son fauteuil quand il se figea. Ce… C’est impossible ! Il mit une bonne minute à reprendre sa respiration et à calmer les spasmes de son corps. Sans plus tarder, il actionna l’intercom et alerta la sécurité. La journée ne serait pas si bonne que ça, finalement…

« Quelqu’un s’est introduit dans mon bureau et y a déposé cet hologramme, annonça-t-il sans préambule aux agents répondant à l’alerte. Il y a peut-être d’autres surprises : passez le bureau au peigne fin et trouvez-moi qui a fait ça. »
Rees quitta la pièce sans plus attendre, laissant les hommes à leur tâche. Dans le couloir, il fut abordé par une secrétaire qui l’informa que le commodore Phanteras cherchait à le joindre.
Dans la salle de conférence où on le mena, une autre mauvaise nouvelle attendait Rees :
« Mon attaque sur les forces impériales a échoué, gouverneur.
– Quoi ?
– Je suis arrivé à faire reculer leurs lignes et à isoler plusieurs de leurs unités. J’étais sur le point d’attaquer leur vaisseau amiral et je pensais que Waldemar réagirait en faisant intervenir ses renforts.
– Oui, je me souviens que votre plan était d’évaluer sa force exacte à partir des renforts qu’il mettrait en jeu.
– Exact. Seulement voilà : il n’a pas fait intervenir ses renforts et s’est contenté d’un tour auquel je ne m’attendais pas. En bref, il a réussi à repousser mon attaque sans sourciller. Je n’ai perdu aucun vaisseau lourd mais la correction fut sévère.
– Bon sang, vous m’aviez pourtant assuré que vous étiez à même de vaincre votre ancien professeur !
– Et je le suis. Seulement, nous étions d’accord sur le fait que cette bataille ne devait avoir lieu qu’au moment opportun et ça n’a pas été le cas. Je me contentais de jauger ses forces. Sur ce point, mon avis est simple : pour l’amener à attaquer avec tous les vaisseaux à sa disposition, il faudra un appât juteux.
– Oui, vous avez raison, soupira le gouverneur. Le gouverneur soupira. Pardonnez-moi de m’être emporté mais nous devons nous dépêcher : on s’est introduit dans mon bureau et je ne sais pas encore si mes archives sont compromises. Vous superviserez donc personnellement la phase finale de l’opération. Je ne vous recontacterai pas tant que la sécurité n’aura pas fini son enquête. Bonne chance, commodore. »
Phanteras ne répondit rien mais on pouvait voir sa fureur à l’idée que Rees ait pu commettre un impair qui mettrait leurs projets en péril. Quand l’image du gouverneur eut disparu du projecteur, il lâcha une flopée de jurons datant de ses années à l’Académie Navale Impériale. Et il avait de quoi être furieux : leur plan était encore loin de son déclenchement qu’il était déjà en péril !

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Emerald Sparrow, astroport de Tyra


Une fois rentrés à bord, Sanaz et ses deux compagnons prirent un peu de repos vu qu’Ashoka devait maintenant craquer les codes d’accès aux données du gouverneur. Finalement, ce n’est pas l’expert informatique du groupe qui les réveilla comme convenu mais le chef de station des Renseignements Impériaux. Ils le découvrirent au pied de la passerelle, attendant qu’on daigne bien lui permettre de monter à bord.
« Mais que faites-ici ? lui demanda Sanaz.
– Je viens pour vous aider dans vos recherches. J’ai ici, ajouta-t-il en montrant ostensiblement la mallette qu’il portait, de quoi recouper vos découvertes d’hier soir.
– D’accord, allons voir où en est notre « expert ». »
Ils retrouvèrent Ashoka dans le carré. Avec ses traits tirés et ses yeux injectés de sang, il avait l’air tout droit sorti d’un holofilm d’épouvante mais le sourire avec lequel il accueillit tout le monde était éloquent :
« Ça n’a pas été évident mais je suis enfin arrivé à pénétrer dans cette machine. Que cherchons-nous exactement ?
– Tout ce qui sortirait de l’ordinaire pour un secteur aussi reculé, répondit Agmeninis. Transferts de fonds suspects, disparitions de biens, des choses qui ne devraient pas se trouver là, un journal intime…
– Vous ne savez pas ? » s’étonna Jia.
L’espion la fusilla du regard mais il fut coupé par Sanaz avant d’avoir pu lancer une répartie cinglante :
« Ashoka, essaie de trouver un inventaire de pièces détachées pour stations spatiales : Ce fameux constructeur universel était installé sur l’une d’elles. Et comme elles sont toutes déployées dans le système Boreus…
– Compris, chef. »
S’ensuivit alors une longue attente pendant laquelle Ashoka s’acharnait furieusement sur son clavier, engagé dans une conversation technique avec un Agmeninis qui n’était pas en reste lui aussi et recoupait toutes les informations relevées par l’ex-fantassin. La matinée était bien avancée quand les deux hommes firent un point sur leurs investigations :
« Nous avons effectivement une piste possible au niveau des pièces détachées, résuma Ashoka. Ils en ont commandé plus que de raison. Évidemment, ils pourraient juste être prudents et avoir anticipé le conflit.
– Sauf que ? enchaîna Sanaz.
– Sauf que nous n’avons plus aucune traçabilité de ces pièces ou d’aucun autre inventaire militaire dès leur arrivée dans le secteur, répondit Agmeninis.
– C’est inconcevable, s’étonna Jia. Ils doivent bien garder une trace quelque part !
– Oui, continua l’agent de renseignements. Et ces traces sont certainement au quartier général de leurs forces. Je n’ai aucun moyen d’y accéder, car jusqu’à la sécession, l’armée tyrénienne était l’armée impériale. Donc, aucune raison de les surveiller.
– Nous ne sommes donc pas plus avancés, en conclut Derek. Que fait-on ?
– Il y a encore une option, décréta Sanaz : rechercher toute les disparitions de vaisseaux, attaques de pirates et autres ayant eu lieu récemment dans le secteur et les superposer à une carte. »
Quatre paires d’yeux, pour le moins intriguées, la dévisageaient comme si elle venait d’annoncer qu’elle était l’Empereur en personne.
« Écoutez, s’expliqua-t-elle, si ils ont construit cette machine, ils l’ont fait dans un endroit reculé du secteur. C’est le plus logique, non ? Ils doivent aussi la garder jalousement et tout faire pour éloigner les curieux ou les plus malchanceux pour tomber dessus par hasard. Et ça signifie qu’ils pourraient être allés jusqu’à organiser une série de disparitions « mystérieuses » pour couvrir leurs traces. Vous pouvez faire cette vérification ? demanda-t-elle à Agmeninis.
– Bien sûr. Par contre, ça risque d’être un peu long. Jusqu’à quelle date voulez-vous que je remonte ?
– Tout ce qui s’est passé depuis huit mois. »
L’homme acquiesça et se mit au travail avec sérieux.

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Tyra, siège du gouvernement provisoire


Le bureau du gouverneur Rees s’était transformé en champ de bataille : une dizaine d’inspecteurs du contre-espionnage examinaient minutieusement chaque centimètre carré de la pièce, ils tâtaient les fonds de tiroir, passaient la tête sous les meubles, utilisaient de complexes – et coûteux – détecteurs électromagnétiques. Il ne fallut pas longtemps à l’un des agents agglutinés autour de l’ordinateur pour découvrir l’étrange appareil connecté à l’une des prises réseaux de la machine.
Ce truc ne devrait pas se trouver là, raisonna l’homme. Cela pourrait n’être qu’un support de données amovible mais il ne portait aucune marque pour le prouver ou l’infirmer. Il aurait dû porter cet évènement à l’intention de son supérieur mais sa nature consciencieuse le poussait à poursuivre l’examen de l’ordinateur, de crainte qu’un indice important ne lui ait échappé. Il songeait aussi à ses dettes de jeu et à cet homme à l’air sympathique qui lui avait promis de les effacer et qui lui avait suggéré de ne pas s’affoler face à ce genre d’indices importants. Tout cela à condition que l’agent lui raconte un peu les anecdotes de son travail autour d’un verre. La pause était dans deux heures, constata-t-il. Il n’aurait qu’à donner l’objet à son chef un peu avant.
Au poste de sécurité, une autre équipe d’agents visionnait les enregistrements des caméras de sécurité. Rees les y rejoignit, non pas pour les surveiller mais tout simplement car il aimait bien savoir ce qui se passait. Un examen minutieux des bandes indiqua que seule la femme de ménage avait pénétré dans le bureau du gouverneur la nuit précédente. Tout ce que les agents purent tirer de ce passage était que la jeune femme était bien celle qui avait déposé l’hologramme sur le bureau de Rees. Elle n’avait apparemment rien commis de suspect même si sa chute devant l’ordinateur éveilla les soupçons de plus d’un agent.
« Interrogez-là, ordonna le gouverneur. Contactez la société où elle travaille et ramenez-la. Je veux savoir pourquoi elle a déposé cet objet sur mon bureau et d’où elle le tient. »
Certain d’avoir une réponse à ses interrogations – même si il redoutait la nature de celle-ci, Rees se mit à transpirer. Ce n’est que lorsque le chef de la sécurité vint lui faire un rapport qu’il se rendit compte que ses mains tremblaient. Il les croisa derrière son dos pour les cacher et écouta le rapport :
« D’après la société Agmeninis, cette personne était une intérimaire embauchée en remplacement il y a deux jours. Elle ne s’est pas représentée depuis hier soir. »
Rees jura et voulut tourner les talons mais l’autre n’avait pas fini. Visiblement encore plus mal à l’aise que le gouverneur, il continua :
« Il y a autre chose… Mes hommes ont trouvé un appareil espion accroché à votre ordinateur. Il permettrait à n’importe qui pouvant craquer les codes d’accès de consulter vos fichiers. Au vu des enregistrements des holocaméras, seule cette femme de ménage a pu le poser, même si nous n’en avons aucune preuve formelle.
– l’Empire… fut tout ce que les lèvres du gouverneur purent exprimer. Un espion impérial sans aucun doute ! Si elle a posé cet engin hier soir c’est qu’elle faisait partie du convoi que Phanteras nous a envoyé depuis Boreus ! Je croyais que ces personnes étaient sous surveillance, commandant ?
– Effectivement, gouverneur. Je peux même affirmer qu’aucune n’a été perdue de vue plus d’une min… commença-t-il en consultant un databloc. Sauf que… l’équipe chargée de surveiller les antiquaires indique que deux d’entre eux – un des hommes et la Zabrak – ont échappé à leurs « anges gardiens » durant plusieurs heures. Apparemment ils auraient fait la tournée des bars mais les horaires correspondent avec ceux de l’équipe d’entretien.
– Quoi ? Rees manqua de s’étrangler de rage. Ces agents seront jugés pour faute grave ! Ramenez-moi l’équipe d’entretien et ces antiquaires. Passez leur vaisseau au peigne fin et ne laissez rien passer cette fois ! »

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Emerald Sparrow, astroport de Tyra


Une exclamation d’Ashoka fit sursauter tout l’équipage du Sparrow :
« J’ai été déconnecté !
– Hein ?
– J’ai perdu la connexion à la machine du gouverneur. Impossible de la retrouver, je coupe la liaison avec le vaisseau, décréta-t-il.
– On dirait qu’on a été découverts, affirma Derek. Je vais activer le préchauffage des moteurs. »
Une dizaine de minutes plus tard, le comlink d’Agmeninis retentit. La communication fut brève et l’annonce qu’il fit à l’équipage du Sparrow, éloquente :
« Votre mouchard a bien été découvert par la sécurité du gouverneur. Ils ont l’ordre de vous arrêter et de me retrouver pour m’interroger au sujet de la remplaçante envoyée nettoyer le bureau de Rees.
– On a un sérieux problème, là, remarqua Ashoka.
– Oui. Je ne peux que vous conseiller de fuir la planète sans plus tarder. Voici un rapport de mes activités depuis le début de la crise. Si vous avez l’occasion de le transmettre au Centre Impérial, n’hésitez pas. Dans le cas contraire, détruisez-le.
– Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ? demanda Jia.
– Parce que ce serait avouer ma culpabilité. Rassurez-vous, je sais comment me cacher de la police locale. Ah, ajouta-t-il en jetant un œil à son terminal, j’ai quelques résultats préliminaires de ma recherche. Je vais vous les transférer sur un databloc. Sinon, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance et à vous demander pardon pour les préjugés dont j’ai fait preuve à votre égard, sergent Miren. Je reste quand même sur ma position : des militaires ne devraient jamais s’occuper des affaires du renseignement. Et on ne devrait pas accepter n’importe qui dans l’armée », finit-il dans un murmure.
Sur ce, il rassembla ses affaires et quitta le vaisseau. La dernière vision qu’ils eurent d’Agmeninis était celle d’un passant tout ce qu’il y a de plus commun, déambulant tranquillement dans l’astroport.

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ISD Retaliator, système de Boreus


Le lieutenant Oberran, commandant en second du destroyer s’était attablé à la rédaction du rapport sur la dernière attaque. Tâche fastidieuse mais nécessaire car elle permettrait d’évaluer précisément les pertes subies par les Tyréniens. Le contre-amiral pourrait donc en retirer de précieuses informations. À ses côtés, un enregistrement holographique de la bataille se jouait en boucle. Il l’interrompait de temps à autre lorsqu’il désirait obtenir plus d’éléments sur un point particulier de l’engagement.
Il venait de terminer la partie dévolue aux chasseurs et s’attardait sur l’attaque frontale menée par les forces de Phanteras sur le Retaliator quand un détail l’arrêta. En fait de détail, il s’agissait plutôt d’une impression de déjà-vu. Il mit l’enregistrement en pause et zooma sur ce qui l’intriguait. Après un instant de réflexion, il se tourna vers son terminal et chargea l’holo de l’engagement précédent. Plusieurs minutes de comparaison plus tard, il frappa des mains et sortir précipitamment de sa cabine, non sans avoir effectué une copie des données sur son databloc.
Il arriva à moitié essoufflé sur la passerelle, où le contre-amiral Waldemar discutait avec le capitaine Joris et les chefs d’escadrons embarqués de la meilleure manière de déployer la chasse en cas de combat rapproché.
« Amiral, commandant… Vous devez voir ça ! »
Sans autre forme de procès, il connecta son databloc au projecteur holographique central et appela les deux enregistrements, effaçant par là-même les supports de la discussion des officiers.
« Voilà : sur votre gauche, il s’agit de la dernière attaque tyrénienne. À droite, le combat qui a suivi notre arrivée dans le système. Regardez ces deux Dreadnoughts. »
Le collège d’officiers examina attentivement les deux images. Au bout de quelques minutes, Waldemar, qui n’en tenait plus, interrogea Oberran :
« Et bien, lieutenant, que devrions-nous remarquer au juste ?
– Il s’agit du même cuirassé.
– Hein ? s’exclama le capitaine Joris. Comment arrivez-vous à cette conclusion, lieutenant ? Je vous rappelle que le Dreadnought de droite a été détruit à plus de 80 pour cents, les Tyréniens n’ont remorqué qu’une épave et ne disposent pas de chantier spatial digne de ce nom.
– Justement, ils en ont forcément un car c’est bien le même vaisseau qui a été réparé et que nous avons affronté à nouveau. Il interrompit de la main un autre officier qui s’apprêtait à le contredire. Mais ce n’est pas tout, poursuivit-t-il. Regardez sur ces images : les turbolasers du Retaliator frappent près du poste médical. Beaucoup de débris sont éjectés mais aucun corps.
– Que voulez-vous dire ? lança Waldemar. Il n’y avait peut-être pas encore de blessés à ce moment de la bataille. Peut-être qu’ils ont réaménagé leurs cuirassés.
– Impossible car il avait été durement touché juste avant. Non, pour moi cela signifie qu’en plus d’avoir réparé une épave en un temps record, ils ont remplacé une bonne partie de l’équipage par des droïdes. »
Un long moment de silence suivit cette annonce fracassante. Waldemar finit par briser le silence :
« Les évènements viennent de prendre une tournure plutôt inattendue, on dirait. Capitaine, veuillez préparer un rapport à l’intention du Centre Impérial et demandez-leur si cela affecte nos ordres. Lieutenant, pensez-vous pouvoir déterminer si d’autres vaisseaux tyréniens ont subi les mêmes modifications ?
– C’est possible mais ce sera sans doute assez long : je dois revisionner tous nos enregistrements et…
– Alors il n’y a pas un instant à perdre. Prenez tous les hommes de la section renseignements et attelez-vous à la tâche. Allons messieurs, au travail avant qu’ils ne nous envoient une flotte flambant neuve aux trousses. »
Waldemar s’écarta pour laisser passer les officiers et laissa ses pas le porter jusqu’à la baie de transparacier qui ornait la passerelle. Par les os noirs de Dooku, comment ont-ils pu trouver le temps et les ressources pour accomplir tout ceci ?

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Emerald Sparrow, astroport de Tyra


Assis dans le siège du copilote, Derek surveillait d’un œil l’extérieur du vaisseau, prêt à avertir ses compagnons de l’arrivée des forces de sécurité boreo-tyréniennes. De l’autre, il contrôlait l’avancement de la séquence de démarrage des moteurs du cargo léger. Allez, allez… Dépêche-toi…
De son côté, Ashoka était dans la salle des machines et s’acharnait à mettre en œuvre toutes les astuces qu’il connaissait pour accélérer le préchauffage des moteurs subluminiques. En même temps, il prêtait une oreille distraite au débat plutôt animé qui accaparait Sanaz et Jia à propos de l’analyse des résultats de la recherche lancée par Agmeninis.
« Il y a eu pas mal d’attaques du côté de Boreus et des nuages de gaz de Vishii et Elshii, constata Jia.
– Non, ça ne colle pas, répondit Sanaz. Boreus est à la frontière, c’est trop fréquenté. Pour les nuages de gaz, ça peut être intéressant mais je ne les placerais pas en tête de liste.
– Pourquoi ça ? lança Ashoka tout en manipulant un panneau de contrôle.
– Ils auront besoin de beaucoup d’énergie pour faire fonctionner leur usine, et construire ou importer la centrale nécessaire aurait été trop compliqué et pas assez discret. D’après les analyses de certains historiens, la Forge Stellaire pompait l’énergie d’une étoile naine à proximité.
– C’est quand même se donner beaucoup de mal pour un gain pas si évident que ça, constata Ashoka.
– Il n’y a pas une étoile sans système habité dans la région ? demanda Sanaz, ignorant la remarque de son subordonné.
– Si, une naine blanche du côté de ce qu’ils appellent le « Puits ». Une sorte d’amas de trous noirs et d’anomalies gravifiques.
– Et a-t-on des résultats à ces endroits ?
– Et bien… Une seule disparition dans le coin. Un yacht de plaisance. Équipage retrouvé dans une capsule de sauvetage quelques jours plus tard. Amnésie complète. Aucun indice sur ce qui a pu arriver au vaisseau.
– C’est là ! décréta Sanaz.
– Hein ? » S’exclamèrent Jia et Ashoka, interloqués.
Ils n’eurent pas le temps d’entendre la réponse de Sanaz car Derek les héla par l’intercom.
« Alerte, la police tyrénienne arrive ! Je décolle immédiatement. »
Le vaisseau frémit une demi-seconde plus tard et se mit à tanguer légèrement, signe que Derek venait d’activer les répulseurs pour les arracher à l’attraction planétaire.
« Jia, dans la tourelle dorsale, tout de suite ! ordonna Sanaz. Ashoka, tu surveilles les moteurs, ce n’est pas encore le moment de sortir la tourelle ventrale. »
Sur ce, elle courut vers le poste de pilotage et s’installa dans son siège.
À l’extérieur, on apercevait un chaos indescriptible : à moitié pris de court par le décollage en catastrophe du Sparrow, les agents des forces de sécurité tyréniennes s’agitaient dans tous les sens. Certains, plus avisés que d’autres, tiraient sur le cargo en fuite mais leurs pistolets-blasters n’avaient aucun effet. De toutes manières, le vaisseau avait déjà levé ses boucliers.
« Maintenant il s’agit d’échapper aux chasseurs qu’ils ne manqueront pas de nous envoyer. Jia, ouvre l’œil.
– Reçu. Tourelle en service, je suis prête à faire feu.
– Derek, charge les coordonnées du saut d’urgence, que nous quittions le système au plus vite. Ensuite, une série de quatre à cinq sauts pour masquer nos traces. Du point d’arrivée, nous devrons pouvoir envoyer un signal hyperspatial à destination de la flotte qui assure le blocus. Ensuite, direction le « Puits ».
– Ok, sergent. » Répondit-il, faisant pour une fois usage du grade réel de sa supérieure ; preuve de sa concentration.
Les minutes qui suivirent furent interminables. Ils avaient peu de chances d’être interceptés alors qu’ils traversaient les couches supérieures de l’atmosphère de Tyra mais ils étaient presque aveugles pendant cette partie de leur trajet, et n’avaient donc aucun moyen de savoir ce qui les attendait en orbite.
« Ça y est, nous avons quitté l’atmosphère, annonça Sanaz. Pas le temps de se mettre en orbite pour bénéficier de l’accélération, je coupe tout droit jusqu’à ce qu’on sorte du puits gravifique. Des contacts sur le radar ?
– Oui, quatre chasseurs qui font mouvement pour nous intercepter. Ils seront à portée de tir d’ici une minute. Leur vecteur d’approche les placera dans nos sept heures, Jia.
– Noté, je les attends.
– En selle, alors. Ashoka, je vais mettre la gomme sur les propulseurs subluminiques. Préviens-moi s’ils chauffent trop.
– Reçu. Tout est nominal pour l’instant. »
La minute parut durer une éternité. Les conversations s’étaient tues à bord, chaque membre d’équipage se concentrant sur la manœuvre du vaisseau ou la surveillance des alentours. Jia eut les chasseurs tyréniens en visuel alors qu’ils venaient de franchir la moitié de la distance qui les séparait du cargo. Elle les reconnut comme étant des Alpha-3, identiques à ceux embarqués par la Marine Impériale. Le leader de la formation les héla alors par la radio subspatiale :
« Emerald Sparrow, ici les forces d’autodéfense du secteur Boreo-tyrénien. Coupez immédiatement vos moteurs et préparez-vous à être arraisonnés ou nous ouvrons le feu. Attention, il n’y aura pas d’autre avertissement. »
Pour toute réponse, Sanaz ouvrit un peu plus la manette des gaz. Il ne fallut pas longtemps aux quatre chasseurs pour rattraper les Impériaux et ouvrir le feu sur eux en tir croisé. Un tonneau rapide sur bâbord évita au vaisseau le plus gros des lasers mais les boucliers eurent quand même à absorber une partie des tirs.
« Trois minutes avant la sortie du champ gravitationnel de Tyra, annonça Derek. »
L’annonce fut ponctuée d’une rafale partant du Sparrow. Jia venait d’entrer en action. Son coup manqua les chasseurs tyréniens mais les força à s’éparpiller. Ils s’éloignèrent de leur proie deux par deux, avec l’intention de faire demi-tour et de la prendre en tenaille.
« Jia, essaie d’endommager leurs stabilisateurs latéraux, ça les rendra moins maniables, lui conseilla Sanaz.
– Compris. Attention, ils reviennent. Je m’occupe d’abord de ceux à neuf heures. »
Cette fois, la jeune femme n’attendit pas le dernier moment pour tirer et ouvrit le feu le plus tôt possible. Les appareils tyréniens esquivaient les tirs mortels comme si il s’agissait de simples insectes et se rapprochaient inexorablement.
Les quatre chasseurs firent feu simultanément, mais cette fois, le Sparrow ne tenta pas d’éviter les coups. Le réacteur tribord fut endommagé ainsi que l’aileron bâbord, tout près du cockpit. Jia n’avait touché aucune cible jusqu’à présent, mais, à l’instant où les Tyréniens se croisèrent au-dessus du cargo, elle visa le second groupe qui amorçait une chandelle et réussit à toucher l’un des Alpha-3 au niveau du stabilisateur bâbord.
La pièce était encore en place mais, quand le pilote voulut transformer la chandelle en looping, elle s’arracha violemment du vaisseau et s’encastra dans la tuyère tribord du second chasseur. Une grande flamme apparut, puis, en un éclair éblouissant, le vaisseau se transforma en boule de feu. Les flammes moururent presque aussitôt, ne laissant qu’un nuage de débris.
« Joli tir, Jia ! cria Sanaz, impressionnée. Derek, combien de temps ?
– Une minute.
– Ça n’ira pas, décréta Jia. Cette fois, ils viennent de tous les côtés et sous mon angle de tir.
– Reçu, je vais balancer le vaisseau de droite à gauche. Préviens-moi quand ils seront sur nous. »
Le Sparrow entama alors une série de demi-tonneaux pour permettre à la tourelle d’arroser tout à tour leurs adversaires.
Les Alpha-3 se rapprochaient et tiraient comme des déments. Le contrôle auxiliaire bâbord partit en fumée ainsi qu’une partie de l’alimentation de secours. Dans les coursives du cargo léger, les lumières clignotaient à chaque impact malgré les manipulations frénétiques d’Ashoka dans la salle des machines pour conserver les fonctions critiques.
Les trois appareils tyréniens furent soudain tout près et Jia le signala à Sanaz. Sans prendre le temps de répondre, la Zabrak dirigea le Sparrow vers le chasseur le plus proche. Ce dernier fit une embardée pour les éviter et se jeta contre l’un des ses ailiers qui suivait le cargo. Le dernier appareil fut secoué par les débris de l’explosion et dut faire un long virage pour revenir vers sa cible. Le temps qu’il soit en position, l’Emerald Sparrow avait sauté en hyperespace.

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Siège du gouvernement provisoire, Tyra



Le gouverneur Rees écumait de rage : non seulement le dénommé Agmeninis, directeur de la société éponyme et soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Empire Galactique était introuvable mais, de surcroît, des quatre chasseurs envoyés à la poursuite de l’Emerald Sparrow, un seul était rentré – bredouille – à sa base. Rees ne se voilait pas la face : la situation était critique. Bien qu’il ait veillé avec le plus grand soin à ce qu’aucune trace de ses plans ne se trouve sur son terminal, il devait considérer que les agents impériaux avaient découvert la localisation de son chantier de construction secret et la transmettrait sans tarder aux vaisseaux de guerre assurant le blocus de Boreus.
Il inspira à fond pour se calmer ; il devait à tout prix garder l’esprit clair pour pouvoir agir au mieux. Il prit quelques instants pour se remémorer les briefings de sécurité qu’il avait eus avec le commodore Phanteras. L’hypothèse de la mise au jour de leurs plans par l’Ubiqtorate avait été évoquée maintes fois et la meilleure parade qu’ils avaient trouvée consistait à prendre les devants. C’était aussi simple que cela. Une bataille près du chantier en résulterait certainement mais ce n’était pas pour rien qu’il était défendu. Rees contacta donc Phanteras pour lui ordonner de rallier les abords du chantier avec tous les vaisseaux dont les défenses de Boreus pourraient se passer. Avant de se rendre personnellement sur place avec sa navette, il ordonna aussi au personnel du chantier de redoubler d’efforts.
« La liberté et l’indépendance du secteur boreo-tyrénien commencent ici », conclut-il.

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Emerald Sparrow, hyperespace


Loin de Tyra, le cargo léger suivait une série de sauts programmés par Derek pour dérouter d’éventuels poursuivants. Les quatre membres d’équipage avaient donc mis à profit ces moments de répit pour organiser un conseil de guerre. La question qui était sur toutes les lèvres : que faire après avoir envoyé leur rapport au Retaliator ?
« Nous devons découvrir la localisation exacte de ce chantier spatial, c’est un fait, décréta Sanaz. Nos ordres stipulaient jusqu’à présent que nous étions à la recherche des plans subtilisés sur Ouranos V. Ils ne prévoyaient pas que quelqu’un puisse rendre fonctionnelle une telle chose en si peu de temps.
– Tu suggérerais que nous la détruisions ? demanda Jia.
– Au moins la rendre inopérante, répondit Sanaz du tac au tac.
– Sans vouloir paraître défaitiste, avança Derek, ça me paraît assez difficile : attaquer à nous quatre une station spatiale sans doute puissamment défendue, et cela dans une région de l’espace où abondent les anomalies gravifiques. Ne peut-on se contenter d’envoyer les coordonnées à la flotte ?
– Et comment va-t-on se procurer les plans, môssieur le stratège ? s’enquit Ashoka.
– J’attendrais que Waldemar ait capturé le chantier pour le faire étudier par des ingénieurs qualifiés.
– Nous ne sommes pas sûrs que la flotte puisse capturer intacte cette station, fit remarquer Jia. C’est pour cela que je suis plutôt d’accord avec Sanaz : il va falloir monter à bord pour au moins espérer en trouver les plans.
– Je nous vois mal arriver à bord « comme ça », surtout que le Sparrow doit dorénavant trôner en bonne place de leur liste de cibles prioritaires », constata Derek, sarcastique.
La discussion se poursuivit ainsi pendant de longues minutes. Le ton s’envenimait au fur et à mesure. Finale, après un échange particulièrement vif entre Derek et Ashoka, Sanaz intervint :
« Ça suffit, gardez votre salive pour une meilleure occasion. Voilà ce que nous allons faire : notre rapport part comme prévu à destination du Retaliator. Ensuite, Derek et moi calculons une série de sauts jusqu’à la dernière position connue du vaisseau civil qui a disparu. De là, nous rechercherons ce fameux chantier et nous nous introduirons à bord. Ne vous inquiétez pas, je crois avoir une idée à ce sujet », les rassura-t-elle.
Leur mine déconfite lui prouva pourtant qu’elle avait obtenu le résultat contraire.
« Une fois à bord, nous nous séparerons en deux groupes : Ashoka et moi rechercherons les plans et un maximum d’informations sur le chantier, tandis que Derek et Jia saboteront le plus d’installations possibles – ou essaieront de détruire la station, nous aviserons sur place. Pareil pour l’extraction : il faudra improviser là-bas. Maintenant, remuez-vous. Ashoka, tu vérifies ton matériel de piratage. Sortez les armes des cachettes. Je veux tout le monde en tenue de combat deux heures avant notre arrivée dans ce fameux « Puits ». Exécution : »
Les trois subordonnés de Sanaz auraient normalement dû acquiescer explicitement à ces ordres mais ils n’avaient pas vraiment le cœur à cela. Ils savaient fort bien qu’ils s’embarquaient dans une mission suicide. Sanaz le savait aussi et se demandait encore si c’était son sens du devoir ou de l’orgueil teinté d’inconscience qui l’avaient poussée à tenter à tout prix de s’infiltrer dans ce chantier spatial. Cerise sur le gâteau : si le plan réussissait, Ashoka, Derek et Jia l’encenseraient comme si elle avait gagné la Guerre des Clones à elle seule alors qu’elle aurait juste eu de la chance. « Ah, les joies de l’ironie… », se dit-elle.

***

Une dizaine de minutes plus tard, l’Emerald Sparrow sortit de l’hyperespace pour se positionner sur le premier des vecteurs devant l’amener à sa destination. Il en profita aussi pour larguer ses ordures comme le stipulaient les procédures habituelles avant un saut hyperspatial. Au beau milieu du nuage de débris trônait une bouteille à l’apparence anodine qui dissimulait en fait un émetteur hyperspatial.
Le zéro absolu régnant dans le vide spatial avait gelé le liquide depuis l’éjection de la bouteille. Ce qui déclencha un mécanisme ingénieux : grâce à une cellule énergétique intégrée, l’alcool fut brûlé. La place ainsi libérée permit à une antenne miniaturisée de se déployer et d’effectuer une brève émission codée dans la direction du système de Boreus. Le dernier rapport de l’Emerald Sparrow venait de partir.

***

Une intense activité avait gagné la soute du cargo : Sanaz et ses compagnons avaient ouvert une série de compartiments secrets et s’acharnaient à en sortir les armes et autres équipements militaires entreposés là depuis le début de leur mission. L’éclairage avait beau être au maximum, Sanaz ne remarqua pas la silhouette encapuchonnée assise en tailleur entre deux piles de caisses d’antiquités. Et la silhouette sourit au passage de Sanaz.
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:40   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 9 – L’insertion




ISD Retaliator, système de Boreus


L’ambiance était plus que tendue sur la passerelle du Retaliator. Depuis qu’il avait ordonné de retransmettre en priorité maximale au Centre Impérial le message crypté en provenance du secteur boreo-tyrénien, le contre-amiral Waldemar tournait en rond comme un rancor en cage. La réponse du haut commandement tardait et chaque personne présente savait que trop de temps perdu pouvait signifier une cuisante défaite.
Seuls Waldemar et le capitaine Joris avaient pu consulter la transmission, aussi l’équipage du destroyer se perdait-il en conjectures sur ce mystérieux message. L’hypothèse généralement admise était qu’un commando impérial se préparait à capturer le traître Rees et qu’il annonçait l’imminence du passage à l’action à ses supérieurs.
Si l’amiral ne s’était pas trouvé à cet instant aussi absorbé par ses pensées, il aurait pu ricaner en son for intérieur en songeant combien ses hommes étaient loin de la vérité. Il aurait même ajouté que laisser la conduite sur le terrain d’une telle opération à une équipe aussi peu adaptée que celle de Sanaz Miren était pure folie.
Et c’est à cet instant précis que le récepteur Holonet du vaisseau de guerre annonça l’arrivée de la réponse tant attendue. Waldemar bondit vers la console attenante pour y lire la transcription du message chiffré, ignorant sciemment les quelques soupirs de soulagement à ses côtés. Après dix minutes passées à lire et relire le texte, il le montra au capitaine Joris et ordonna au lieutenant Oberran d’organiser un briefing des officiers supérieurs des deux groupes de combat.
Moins d’une heure plus tard, le contre-amiral se tenait au centre de la salle de conférences du Retaliator et détailla ses nouveaux ordres aux commandants présents. Il conclut la réunion en ces termes :
« Nous partirons lorsque les renforts demandés à Foerost seront en position et prêts à suivre les forces que nous laisserons ici sous la direction du Claymore. »
L’officier en charge du Dreadnought – un capitaine de frégate que la fortune n’avait jamais laissé faire ses preuves – rayonna de joie à la perspective de son premier commandement d’une escadre.
« Cette flottille, poursuivit Waldemar, attaquera les défenses tyréniennes de Boreus pour permettre aux groupes du Retaliator et du Persecutor de se rendre à leur destination. Pour plus de sécurité, elle sera annoncée le plus tard possible. Sachez seulement que la navigation sera périlleuse et nous obligera à la plus extrême prudence à cause des patrouilles tyréniennes. J’insiste sur la plus absolue discrétion : il est primordial pour le succès de notre mission que nous ne soyons pas détectés avant d’arriver sur l’objectif. »
Il marqua une pause afin de laisser l’assistance digérer ses paroles.
« Messieurs, bien que l’avenir de tout ce que nous avons jurée de défendre par notre sang ne soit pas mis en jeu lors de cette bataille, nous ne pouvons nous permettre de perdre. Il y a dix ans à peine, la Galaxie est sortie exsangue d’une guerre civile déclenchée au nom de motifs similaires à ce que l’on nous oppose aujourd’hui. Nous ne devons pas céder car la force de la Galaxie est son unité. Laisser impunies de telles sécessions ne fera que mener l’Empire Galactique à sa perte et la Galaxie connaîtra de nouveau les malheurs d’une guerre totale. Pour autant, il est inutile de s’acharner à détruire jusqu’au dernier ceux qui s’opposent à nous en ce jour. Certains d’entre vous peuvent avoir des amis de l’autre côté de la ligne de front. Ne laissez pas la haine vous aveugler : nous combattons des idées, pas des personnages. Oui, l’Empire Galactique peut avoir des défauts, comme tout régime quel qu’il soit. Et ce n’est qu’en restant unis que nous pourrons combler les fossés qui nous séparent et œuvrer pour un avenir meilleur. Messieurs, il est l’heure. Bonne chance à tous et gloire à l’Empire.
– Gloire à l’Empire ! » répondit l’assistance comme un seul homme.

***


Région du « Puits », secteur Boreo-tyrénien


La sinistre quiétude de cette région de l’espace venait d’être troublée par l’irruption d’un intrus. Le cargo léger YT-1760 était sorti de l’hyperespace il y a quelques minutes et dérivait lentement. À son bord, l’équipage s’affairait autour des senseurs.
« Que recherchons-nous au juste ? demanda Jia.
– Tout ce qui ne devrait pas se trouver là. L’idéal serait une balise de guidage », lui répondit Sanaz.
La jeune femme ne répondit rien et continua ses recherches, tenant compte des suggestions de sa supérieure. Au bout de quelques minutes passées à filtrer les données renvoyées par les senseurs, Jia cria victoire : une série de radiobalises s’était affichée sur une carte tridimensionnelle des environs.
« Elles délimitent une route vers le centre de l’amas, précisa-t-elle.
– Alors, il va nous falloir les suivre, conclut Sanaz. On s’arrêtera dès que les senseurs passifs auront trouvé une station ou un vaisseau quelconque. Ashoka, tu cas vas couper tous les systèmes non essentiels à la navigation : plus de feux de position, de radar, aucune lumière dans le cockpit et les systèmes environnementaux au minimum vital.
– Mais on va se les geler… Bon d’accord, d’accord », fit-il en voyant le regard insistant de la Zabrak.

***

Au bout de deux heures d’une navigation hasardeuse qui mit leurs nerfs à rude épreuve, l’équipage de l’Emerald Sparrow se rassembla dans le poste de pilotage pour contempler son objectif.
La parenté de la station spatiale avec celles assurant la défense des frontières du secteur dans le système Boreus était évidente. Les mêmes superstructures, les mêmes systèmes d’armes… Le regard ne pouvait cependant manquer les ajouts opérés : deux énormes blocs de métal tenant lieu à la fois de dock spatial et de hangar pendaient de part et d’autre du corps principal de la station, telles les deux titanesques mandibules d’un insecte de cauchemar.
À l’arrière du bloc central dépassait une autre annexe dont le rôle était indiscernable d’ici. On apercevait cependant un flux d’énergie qui montait vers cette annexe de la station en tourbillonnant, comme aspiré, d’une naine blanche toute proche. À l’arrière du bloc central dépassait un autre module, vers lequel un flux d’énergie se déversait en tourbillonnant depuis une naine blanche toute proche.
Enfin, à chacun des blocs latéraux était amarré un destroyer Venator en cours d’achèvement. Même à la distance où il se trouvait, l’équipage du Sparrow constata que, nonobstant des parties de la coque encore manquantes, ces vaisseaux pourraient peut-être participer à un combat en cas d’attaque impériale.
Sanaz s’arracha à sa contemplation et consulta les informations recueillies par leurs senseurs passifs.
« Voyons voir… nous avons un vaisseau capital et deux plus petits en poste près de la station, plus cinq autres de même type qui ont dû arriver juste avant nous et qui prennent position juste à côté des autres. Les senseurs détectent aussi des émissions radio courte portée tout autour de la station.
– Sans aucun doute des patrouilles de chasseurs, avança Jia.
– Tu as raison. Allons, au travail. Vous vous souvenez tous du plan ?
– Oh, ça oui… fit Ashoka, visiblement peu motivé par la suite des évènements.
– Alors on y va ! » Ordonna la Zabrak.
Quelques minutes plus tard, le cargo alluma ses moteurs subspatiaux et se dirigea vers l’imposante station, en prenant garde de rester le plus éloigné possible du groupe de vaisseaux de guerre.
À bord, Jia et Ashoka occupaient les deux tourelles et les boucliers déflecteurs étaient à leur puissance nominale. Dans le poste de pilotage, Sanaz était aux commandes tandis que Derek ne quittait pas des yeux l’écran des senseurs, s’attendant à chaque instant à voir les Boreo-tyréniens ouvrir le feu sur eux sans sommation. Ces derniers respectèrent finalement les usages et c’est par l’intermédiaire de la radio qu’ils furent interpellés.
« Vaisseau non identifié, ici les forces d’autodéfense du secteur boreo-tyrénien. Vous êtes actuellement dans une zone interdite. Coupez vos moteurs et préparez-vous à être abordés ou nous ouvrons le feu. »
Ils ignorèrent royalement l’appel et le Sparrow continua sa route.
« Ça y est, annonça Derek. J’ai deux patrouilles de quatre chasseurs qui convergent pour nous intercepter à bâbord et à tribord. Ils détachent aussi un Victory pour nous barrer la route de la station. »
Sanaz ne répondit pas et poussa la manette des gaz à fond et fit faire un piqué à leur vaisseau pour éviter les deux groupes de chasseurs. Les sécessionnistes ne s’attendaient apparemment pas à ce qu’on tente de leur échapper car les intercepteurs hésitèrent un moment avant de poursuivre le Sparrow.
Rivée sur les commandes, Sanaz était obsédée par une seule idée : arriver le plus près possible de la station avant qu’ils n’ouvrent le feu. Le Victory semblait maintenant vouloir se positionner parallèlement par rapport à eux. De plus, ses batteries se taisaient toujours – sans doute par crainte de toucher leurs camarades. Les chasseurs, eux, étaient maintenant arrivés à portée et ne se privèrent pas de tirer sur le cargo.
Grâce à une série de tonneaux bien exécutés, Sanaz put éviter le gros de la première salve, le reste se dispersant sur les boucliers du Sparrow. Ashoka et Jia ripostèrent copieusement. L’effet de surprise leur permit de forcer deux des pilotes adverses à dégager, stabilisateurs rompus et tuyères endommagées. Cela obligea aussi les chasseurs restants à s’éparpiller, diminuant leur efficacité.
La poursuite continua encore près d’une minute jusqu’à ce que les six appareils lancés à leurs trousses abandonnent la poursuite.
« Au tour de la DCA de la station, maintenant », grogna Derek, peu rassuré.
En effet, l’objectif des impériaux remplissait maintenant la quasi-totalité de la verrière du cockpit.
« Ashoka, Jia, quittez les tourelles et préparez-vous, ordonna Sanaz.
– Et nous ? demanda Derek.
– Pas encore. On n’est pas assez près… »
À cet instant, les défenses de la station se réveillèrent et entourèrent le Sparrow d’un rideau d’énergie mortel.
« Il faut y aller, Sanaz ! hurla Derek.
– Un instant, on y est presque ! » Répondit-elle sans quitter les commandes des yeux.
Un trait de laser vint détruire la tourelle supérieure ; Derek prit alors sa décision et tira Sanaz hors de son siège et l’emmena de force vers la soute, ignorant ses tentatives désespérées pour garder les commandes. Pendant les quelques secondes que dura leur trajet dans les coursives du vaisseau, le moteur bâbord fut détruit, le choc les jetant à terre. Les alarmes se déclenchèrent, inondant les coursives de leurs clignotants rouges. Sanaz se releva la première et empoigna Derek, guidant l’humain vers la sécurité toute relative de la soute.
Ils y retrouvèrent Jia et Ashoka, le casque de leurs combinaisons étanches fermé. Sanaz et Derek ne perdirent pas de temps à faire de même. Ensuite, chacun fixa à sa combinaison un sac d’armes et d’équipement. Enfin, Sanaz se dirigea vers la commande d’ouverture d’urgence de la soute et fixa ses compagnons du regard.
Ils étaient tous parés et avaient empoigné des caisses d’outils qu’ils utiliseraient pour simuler des débris. Un autre coup vint frapper le stabilisateur tribord, faisant vaciller l’éclairage de la soute. Sanaz y vit leur signal et appuya sur la commande d’ouverture d’urgence.
La soute s’ouvrit, entraînant une décompression majeure du vaisseau. Les systèmes de sécurité réagirent et les portes étanches se fermèrent, isolant le compartiment du reste du cargo. Les quatre soldats avaient, eux, été aspirés hors du Sparrow au beau milieu des caisses qu’ils avaient détachées. Leurs combinaisons étanches spécialement conçues pour de telles occasions les camouflaient aux yeux des senseurs de la station. Aussi n’avaient-ils qu’à se laisser dériver jusqu’à la coque de leur objectif.
À travers sa visière, Sanaz vit l’Emerald Sparrow être happé par des rayons tracteurs avant qu’il ne s’écrase à la surface de ce monstre de métal. Elle le perdit ensuite de vue et se concentra sur son atterrissage. Elle alluma ses répulseurs dorsaux au dernier moment et se réceptionna en douceur contre le métal nu. Elle balaya les environ du regard et aperçut ses compagnons qui l’attendaient. Sans utiliser leurs comlinks de peur d’être repérés, elle les guida sur la surface de la station, évitant hublots et baies d’observation, jusqu’à un sas ayant de grandes chances d’être désaffecté. Leur périple les avait emmenés de l’autre côté du module principal, près de la jonction vers la section alimentation.
Sur un signe de Sanaz, Ashoka alla examiner le panneau du sas, promenant un détecteur le long de la surface. Après quelques minutes d’examen, il leva le pouce à l’attention du groupe : aucun piège ou alarme n’était relié à la commande d’ouverture. Pour plus de sécurité, il ouvrit le panneau de commandes et débrancha quelques fils avant d’activer l’ouverture manuelle du sas. Une fois le groupe à l’intérieur, Ashoka refit le même examen sur l’autre écoutille avec un résultat identique. Sanaz referma la porte extérieure et ils entamèrent le cycle de pressurisation. Au bout d’une attente insupportable, la porte intérieure s’ouvrit avec un faible sifflement et ils quittèrent le sas, arme au poing.
Ce dernier donnait sur un long couloir de maintenant. À en juger par l’éclairage défaillant et la poussière accumulée sur le sol, l’endroit était désaffecté. Derek et Jia se mirent en position défensive, couvrant chacun un côté du couloir tandis qu’Ashoka refermait le sas. Sanaz, elle, découvrit un vieux plan des environs, fixé au mur non loin de là. Il s’agissait d’un plan d’évacuation en cas d’incendie. La teinte jaunâtre du flimsiplast utilisé laissait quant à elle penser qu’il n’était peut-être pas à jour. Se promettant de demander à Ashoka d’en télécharger la dernière version au premier terminal rencontré, elle grava un maximum de détails dans son esprit : localisation des turbolifts, coursives d’entretien, passages de secours… et ordonna à ses compagnons d’en faire de même avant d’improviser un nouveau briefing.
« Écoutez-moi, on va se séparer en deux groupes. Derek : toi et Jia vous allez dans le module d’alimentation principal et vous trouvez un moyen de faire sauter tout ça ou au moins de mettre hors-service l’usine. Avec Ashoka, je vais me diriger vers le module de commandes. Si les plans de ces « constructeurs universels » sont quelque part, c’est certainement là-bas. Rendez-vous ici-même dans quatre heures. Si vous êtes repérés, envoyez trois clics avec vos comlinks. En cas de capture imminente, ou si on vous force à contacter les autres, envoyez deux signaux courts et un long. Des questions ? Alors en route et bonne chance ! »

***

Pendant ce temps, dans l’un des hangars du module principal, le chef de la sécurité à bord de la station contemplait la carcasse martelée par la DCA de l’Emerald Sparrow. Les rayons tracteurs avaient pu happer le cargo avant qu’il ne s’écrase sur la station et l’avaient mené dans ce hangar où plusieurs sections d’infanterie étaient montées à bord pour le fouiller minutieusement.
Cela faisait maintenant près d’une heure que le chef de la sécurité tapait du pied devant la passerelle d’accès en attendant le rapport définitif des chefs de section. Les « rien à signaler » qui revenaient sans cesse dans son comlink commençaient sérieusement à l’agacer. Il appréhendait aussi l’arrivée imminente du gouverneur Rees car lui annoncer que les agents impériaux couraient toujours – ici-même – ne le mettrait certainement pas de bonne humeur. « Pourvu qu’ils soient tous morts là-dedans… » songeait-il.
Absorbé par ses pensées, ni lui – ni d’ailleurs les gardes en faction dans le hangar – n’avaient remarqué la silhouette encapuchonnée sortir du vaisseau sans un bruit et s’enfoncer dans les profondeurs de la station, un large sourire aux lèvres.
Finalement, les équipes de fouilles sortirent du vaisseau et vinrent faire leur rapport au chef de la sécurité.
« C’est bien le vaisseau signalé par le contrôle de Tyra : nous avons trouvé plusieurs caches à bord – vides – dissimulées derrière des vieilleries. Il y avait aussi ceci dans l’une des cabines. »
L’officier brandit un coffret vieilli par le temps et comportant des inscriptions dans une langue inconnue du chef de la sécurité.
« Ce coffret contient une sorte de nécessaire de tatouage. Les traducteurs automatiques ont analysé cette écriture comme étant de l’Iridonien – du Zabrak si vous préférez. Je ne suis pas au fait de leur culture mais se tatouer le visage marque leur passage à l’âge adulte et…
– Venons-en au fait, lieutenant. Si ce coffret ne contient rien d’illégal vous pouvez aller le reposer dans le cargo. Selon vous, il appartiendrait à la capitaine du vaisseau.
– Oui, commandant.
– Avez-vous trouvé une trace de leur passage ? Leurs corps peut-être ?
– Aucune forme de vie à bord, pas de cadavres non plus.
– Quoi ? s’exclama le commandant en manquant de s’étrangler.
– Il y a plus : quatre combinaisons de survie manquent à l’appel et la soute à été ouverte grâce à la commande d’urgence un peu avant que le cargo ne soit capturé.
– Alors nous avons quatre agents impériaux à bord, conclut le commandant sur un ton lugubre. Écoutez-moi, lieutenant : nous allons passer en alerte rouge dans toute la station, mais je veux qu’aucune alarme ne soit déclenchée et aucun message passé en diffusion générale. Tout doit sembler normal. Nous allons établir des barrages dans le module d’alimentation principal et ici, près du poste de commandement et des archives. Capturez-les vivants si possible. »

***

Ignorant tout de ces récents développements, Sanaz et Ashoka étaient revenus dans le module principal. En chemin, Ashoka avait pu télécharger le plan complet des coursives de la station, ce qui leur avait donné un itinéraire précis vers leur objectif supposé. Ils suivaient actuellement une galerie de service donnant sur l’étage où se situait la salle des archives. En tête, Sanaz progressait par bonds de part et d’autre du corridor, se couvrant mutuellement avec Ashoka. Le duo était en vue de l’écoutille de sortie et se préparait à l’ouvrir quand leurs comlinks grésillèrent et trois clics bien distincts retentirent. Un nouveau grésillement et une détonation de blaster se répercuta dans leurs écouteurs.
Sanaz resta figée devant la porte, incapable de penser à quoi que ce soit d’autre : c’était sa faute, elle avait ordonné qu’ils se séparent et avait envoyé Derek sur cet objectif. Elle n’aurait jamais du séparer ses forces, elle…
Ashoka la secoua.
« Et maintenant ? » demanda-t-il par comlink.
La réponse était évidente mais la Zabrak s’accorda un instant de réflexion. À travers la visière de son casque, elle observa Ashoka, s’efforçant de le voir en tant que camarade, au lieu de l’armure grise qui se trouvait devant ses yeux. Peine perdue. Elle se remémora certains souvenirs de Jia et Derek mais ne put se résoudre à partir voir ce qu’il était advenu d’eux. Il y avait encore une chance que les Tyréniens croient que ses deux coéquipiers étaient les seuls Impériaux à bord.
« On continue », répondit elle.
Elle se positionna devant l’écoutille, le doigt sur la détente de son arme. À son signal, Ashoka déclencha l’ouverture de la porte. Rien au-dehors. Sanaz bondit hors du corridor et se posta en couverture. Ashoka la suivit immédiatement. Le sas menant aux archives se trouvait devant eux et ils étaient seuls. Sans même songer que tout cela était trop facile, la Zabrak s’accroupit près du sas, protégeant Ashoka pendant qu’il tentait de déverrouiller le sas.
Il avait presque terminé lorsque deux escouades de soldats tyréniens surgirent simultanément des deux extrémités du couloir. Les deux Impériaux se préparèrent à défendre chèrement leur vie mais la salle des archives s’ouvrit, dévoilant une nouvelle escouade ennemie qui les attendait. À contrecœur, Sanaz et Ashoka jetèrent leurs armes et levèrent les mains. « J’ai échoué… » réalisa la Zabrak.
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:43   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 10 – Le calme avant la tempête




Nuage de gaz d’Elshii, secteur boreo-tyrénien


Il y a plusieurs milliards d’années, l’accumulation de gaz et de poussières dans cette partie du Noyau Central engendra les amas gazeux de Vishii et Elshii. S’étendant de part et d’autre du secteur boreo-tyrénien et ce, sur plusieurs centaines d’années-lumière, ils constituaient un obstacle de plus à la navigation hyperspatiale dans une région déjà bien chargée.
Les différents gaz présents dans le nuage d’Elshii ont donné naissance à des formes fantastiques aux couleurs que beaucoup qualifieraient de poétiques. Les scientifiques s’accordent pourtant pour déclarer que les nuages de gaz du secteur boreo-tyrénien n’ont rien de particulier en comparaison d’autres formations bien plus spectaculaires dans la Bordure Extérieure.
Aujourd’hui, point de curieux venus admirer le nuage mais un cuirassé tyrénien et son escorte en patrouille. Quelques heures plus tôt, les forces stationnées dans le système de Boreus avaient lancé une alerte générale car les impériaux avaient quitté les lieux, ne laissant derrière eux qu’une paire de cuirassés. Le commodore Phanteras avait aussitôt ordonné de renforcer toutes les patrouilles, y compris celles vers les amas gazeux de Vishii et Elshii.
On avait donc adjoint un croiseur d’escorte au cuirassé et la fréquence des rotations entre le nuage et le système de Moreus avait presque triplée. Les deux vaisseaux de guerre avaient fini de contrôler la zone et étaient repartis en hyperespace vers leur point de départ.
La quiétude du vide spatial fut troublée quelques minutes plus tard par l’irruption de nouveaux vaisseaux de guerre ; sauf que cette fois-ci, il ne s’agissait plus d’une patrouille tyrénienne mais des groupes de combat du Retaliator et du Persecutor.
À bord du vaisseau amiral, Waldemar fut soulagé de constater qu’aucune unité ennemie ne les attendait. Les senseurs passifs de la flotte confirmèrent ses observations. Il donna un databloc à l’officier de navigation et lui ordonna de transmettre les nouvelles coordonnées de saut aux autres vaisseaux. Moins de dix minutes plus tard, les deux groupes de combat étaient repartis vers leur destination finale.
Ce saut n’était pas passé inaperçu car, près du nuage, un droïde sonde tyrénien sortit de son sommeil électronique. Ses caméras avaient filmé le passage de la flotte impériale et ses processeurs avaient analysé le danger. Suivant sa programmation, il fit surgir une antenne de communications hyperspatiale de ses flancs et envoya un message codé à l’intention du QG des forces d’autodéfense tyréniennes.
Quand il eut prit connaissance du message, le commodore Phanteras ne put s’empêcher de ressentir de l’admiration pour l’audace dont faisait preuve son ancien mentor.
« Ainsi, Waldemar a pris le cap de notre chantier secret. Quoiqu’il fasse, nous y serons avant lui. Commandant, fit-il au capitaine du Tyra, la flotte part dans cinq minutes. Nous aurons tout le temps d’organiser nos défenses une fois sur place. »

***


La base secrète boreo-tyrénienne


Solidement attachée à une chaise inconfortable, les yeux éblouis par une vive lumière, Sanaz n’était pas vraiment en état de réfléchir à sa situation. Elle en avait malgré tout eu le temps ces dernières heures car, à sa grande surprise, les Tyréniens n’avaient pas employé de sphères d’interrogatoire. Ils avaient commencé par la laisser mariner sur sa chaise pendant quelques temps. Impossible à dire précisément car elle n’avait plus aucun repère temporel – avant que ses interrogateurs n’entrent en scène.
Il y avait un officier de renseignement qui parlait sur un ton calme, presque apaisant, et une espèce de grande brute qui semblait prendre plaisir à hurler dans les oreilles des gens et à les secouer comme de vulgaires poupées. C’était bien entendu l’officier qui avait commencé l’interrogatoire, l’autre se contentant d’observer Sanaz d’un air renfrogné, les bras croisés sur la poitrine pour se donner l’air plus intimidant.
« Nous savons que « Zara Nesim » n’est que la couverture d’un agent impérial. Quelle est votre véritable identité ? Quelle était votre mission ? À quels fichiers avez-vous eu accès dans les dossiers du gouverneur Rees ? Je vous saurais gré de répondre, sinon mon collègue devra malheureusement intervenir. »
Sanaz avait cligné des yeux, cherchant à distinguer les traits de son interlocuteur malgré la lumière. Elle n’avait rien répondu. L’autre s’était obstiné pendant quelques temps avant de faire signe à son comparse. La partie la plus pénible de l’interrogatoire avait alors débutée par les hurlements de possédé de ce personnage. Au bout d’une série de cris particulièrement stridents, il avait frappé Sanaz avec une telle force qu’elle avait été violemment renversée au sol, avec sa chaise. Une fois la Zabrak à terre, l’officier était venu lui reposer les mêmes questions, sur le même ton, comme si rien n’avait changé. L’autre avait alors relevé la chaise avant de décocher une gifle qui avait éclaté les lèvres de Sanaz.
Le goût du sang dans la bouche, cette dernière avait finalement déclaré à contrecœur :
« Je m’appelle Sanaz Miren, j’ai grade de sergent dans l’armée impériale. Matricule ST-305812. »
Croyant la victoire proche, l’officier était revenu à la charge avec une nouvelle série de questions sur la nature de sa mission, ses contacts dans le secteur boreo-tyrénien…
Peine perdue ; car Sanaz répétait dorénavant la même réponse comme un leitmotiv :
« Sergent Sanaz Miren, matricule ST-305812… »
L’officier finit par s’en lasser et son « assistant » expédia une série de coups de poings magistraux à la Zabrak et projeta de nouveau la chaise au sol. Ils avaient ensuite quitté la pièce, laissant Sanaz seule avec ses pensées et un visage ruisselant de sang.

Et maintenant, elle était toujours là, seule. L’espace d’un instant, ses pensées allèrent vers ses coéquipiers. Elle avait appris que Jia et Derek avaient eux aussi été capturés. Étaient-ils interrogés en ce moment même ? Résistaient-ils ? La Zabrak prit peur car leur formation accélérée à l’Ubiqtorate ne les avait guère préparés à ce type de situation. D’où le recours de Sanaz au mot d’ordre des militaires : « Si vous êtes capturés, tout ce que vous pouvez dire, c’est : nom, prénom, grade et matricule. Rien d’autre. » Elle espéra que Derek et les autres faisaient de même.
Elle était encore plongée dans ses réflexions quand la porte de la pièce s’ouvrit de nouveau. Des mains invisibles la relevèrent tandis qu’une voix vaguement familière demandait à ce qu’on les laisse seuls. Levant le regard, elle discerna les traits du nouvel occupant de la pièce : le gouverneur Rees.
Il l’examina longuement avant de prendre la parole :
« On me dit que vous résistez bien à mes interrogatoires. Ceci est tout à votre honneur. Néanmoins, je dois avouer que je suis étonné de la loyauté dont vous faites preuve envers l’Empire Galactique. Après tout, vous avez certainement dû ressentir les effets de l’idéologie pro-humaine instaurée par Palpatine. »
Il se tut, attendant une réaction quelconque de la part de Sanaz mais cette dernière se contenta de le fixer du regard. Le gouverneur décida alors de continuer dans la même veine.
« Je suis tout aussi surpris du fait que vous ayez pu vous engager dans l’armée impériale et vous élever au-delà du rang de simple soldat. Il s’agit après tout d’une institution quelque peu conservatrice. »
Une nouvelle pause et toujours le même regard déterminé.
« Puisque vous préférez que je fasse la conversation… D’un autre côté, je ne vais pas verser dans l’holodrame de série B en vous détaillant mes plans dans leur intégralité. Sachez juste que je n’ai pas l’intention d’envahir la galaxie, de renverser Palpatine ou autre chose. Tout ce que je désire c’est que l’Empereur laisse le secteur boreo-tyrénien et ses habitants en paix. Notre région est loin d’être stratégique aux yeux du Centre Impérial et, de plus, quasiment isolée. Je veux juste que mes concitoyens puissent vivre en paix, heureux d’oublier les problèmes de la Galaxie et d’être oubliés par elle. Cette station m’en donne les moyens. La construction de vaisseaux de guerre armés d’un équipage droïde permettra de protéger les frontières le temps que la Marine Impériale se lasse. Quand je pense qu’on me considère comme un fou sanguinaire », ricana-t-il.
« Quant à vous et à vos collègues, reprit Rees, vous resterez prisonniers ici en tant que monnaie d’échange. Pas de torture, pas d’exécution sommaire. Une dernière chose, continua-t-il en fouillant dans sa poche, où avez-vous trouvé ça ? »
Sa main exhibait l’holo que Sanaz avait posé sur son bureau la nuit où elle s’était introduite au siège du gouvernement provisoire.
« Au cas où vous vous poseriez la question, ce fringant jeune homme en costume de marié, c’est moi. »
Cette fois, Sanaz laissa transparaître sa surprise et ses lèvres remuèrent involontairement. Elle voulut parler mais se ravisa, baissant les yeux.
« Donc, vous m’avez bien entendu. Et je constate avec joie que la personne chargée d’apporter quelques modifications à mon dossier a bien travaillé. Rien d’autre à déclarer ? Réfléchissez bien, car la personne qui a dû vous fournir ce bibelot est – si c’est bien l’individu que je soupçonne – assez instable mentalement. »
Nouvelle pause.
« Vous êtes sûre ? Ah oui, je sais : vous avez dû trouver l’holo dans votre poche par « hasard » et l’avez machinalement posé sur le bureau. Et vous avez tout oublié de l’incident moins d’une minute plus tard… Oubliez donc ce que j’ai dit. »
Il la contourna et posa la main sur la porte de la pièce.
« Avant de partir, je tenais à vous confirmer que la flotte du contre-amiral Waldemar – sans doute contactée par vos soins – a été repérée faisant route vers cette position. N’ayez crainte, elle sera reçue comme il se doit. »
Et il quitta la pièce. Il aurait dû être confiant mais ce qu’il avait deviné des réactions de la Zabrak en sortant l’holo de sa poche le troublait. Pour dire la vérité, il était même terrorisé à l’idée que la personne qui avait donné l’objet à l’impériale soit encore en vie. Et bien décidée à se venger…

***


Système de Boreus, secteur boreo-tyrénien


Depuis le départ de la majeure partie de la flotte impériale pour une destination inconnue, les forces tyréniennes étaient en état d’alerte maximale. Sur chacune des consoles senseurs à bord des stations et des différents vaisseaux de guerre, les opérateurs ne quittaient pas des yeux la paire de cuirassés assurant le blocus tandis que leurs supérieurs se rongeaient les ongles en échafaudant toute une série de scénarios improbables. Cette appréhension était nourrie par le dernier message du commodore Phanteras :
« Attendons attaque impériale majeure. Défendez Boreus à tout prix. Bonne chance. »
L’arrivée d’une nouvelle force impériale dans le système fut presque une délivrance pour les Tyréniens. Leur entraînement reprit le dessus et ils réagirent d’une manière qui aurait rendu fiers leurs instructeurs impériaux.
« Des vaisseaux ennemis sortent de l’hyperespace dans le secteur 12-B. Je compte cinq cuirassés – classe Dreadnought confirmée – et deux frégates de type inconnu. Ils se déploient en arc de cercle.
– Bien compris, enseigne, répondit le commandant tyrénien. Messieurs, vous savez tous ce que vous avez à faire. Déployez les chasseurs en écran de protection. Les bombardiers à la poupe. Attendez mon signal pour lancer l’attaque. Nous les laisserons venir jusqu’ici et nous nous occuperons d’eux un par un. Pour Tyra !
– Pour Tyra ! » Répondit-on en chœur sur toutes les fréquences.
En face, les impériaux avaient rejoint leurs alliés et effectivement déployé les cuirassés selon un arc de cercle tandis que les frégates restaient à l’arrière de la formation. Aucun chasseur n’avait encore décollé côté impérial et la flotte fonçait à plein régime sur les défenses tyréniennes.
À une minute du contact effectif, les chasseurs impériaux décollèrent et se placèrent derrière les boucliers de leurs vaisseaux porteurs.
Lorsque les deux formations furent au contact, les assaillants firent feu de toutes leurs batteries. Les Tyréniens attendirent que les chasseurs impériaux se lancent à la rencontre des leurs pour lâcher une bordée dévastatrice de lasers et de missiles qui décima la première vague ennemie.
La tactique des sécessionnistes ne marcha qu’à peine une minute avant que les impériaux ne se mettent à avancer inexorablement. D’un côté comme de l’autre, les équipements se valaient et, malgré la fureur des Tyréniens qui défendaient leur patrie, les impériaux se révélaient de bien meilleurs combattants.
Face à la précarité de sa situation, le commandant des forces sécessionnistes se résolut à demander de l’aide à sa hiérarchie.
« Contactez immédiatement Tyra : nous avons besoin de renforts !
– Impossible, commandant ! Lui répondit le visage blême du radio, ils brouillent les transmissions hyperspatiales !
– Alors faites décoller une navette ! Un saut intra système devrait l’éloigner suffisamment du brouillage.
– Décollage immédiat, lui répondit le contrôleur du hangar. »
Moins d’une minute plus tard, un nouveau cri d’alarme retentit sur les fréquences tyréniennes :
« Mon commandant, impossible de sauter en hyperespace. Nos instruments sont comme déréglés : ils indiquent la proximité d’un immense puits de gravité, je n’ai jamais rien vu de pareil ! »
Il ne fallut pas longtemps pour que tous les ordinateurs de navigation rapportent le même incident : les forces sécessionnistes étaient piégées dans le système sans espoir de fuite !

***


La base secrète boreo-tyrénienne


Des gardes étaient finalement venus pour emmener Sanaz dans une cellule mal éclairée où elle avait retrouvé ses compagnons. Excepté quelques coupures et contusions, ils semblaient en bon état et n’avaient donc pas dû être interrogés. Elle leur offrit un sourire d’encouragement et alla s’adosser contre un mur. La cellule était très certainement sur écoute et elle se devait de ne rien laisser échapper que leurs geôliers puissent exploiter. Sanaz ferma les yeux et laissa son esprit vagabonder. Elle refusait de s’avouer vaincue et se devait de monter une tentative d’évasion. C’était non seulement le soldat impérial qui parlait mais aussi la Zabrak. Elle avait beau être née sur Kuat et avoir passé une grande partie de sa vie sur Coruscant, son père lui avait transmis une culture qui aurait fait la fierté de n’importe quel Iridonien. Et l’une des bases de cette culture axée vers la guerre et l’affrontement – héritage d’un monde âpre où la nature ne faisait pas de cadeaux – était de se battre jusqu’au bout. Dans toute l’histoire d’Iridonia et de ses colonies, aucun guerrier ne s’était jamais rendu. Mais pour s’évader de leur cellule, il allait falloir plus que de la volonté : un sérieux coup de chance.

***


Destroyer boreo-tyrénien Shar’Lis Tyra


Le commodore Phanteras était calmement assis dans son fauteuil sur la passerelle du vaisseau et attendait que les hommes de quart lui annoncent l’arrivée de la flotte impériale. Il était bien conscient qu’il pouvait s’être trompé et que Waldemar soit en ce moment même en train d’attaquer la capitale du secteur. Le mouvement sécessionniste pouvait cependant se permettre de perdre temporairement Tyra, car la station serait opérationnelle d’ici à la fin de la journée et commencerait à produire des vaisseaux de guerre à la chaîne. La qualité des réparations apportées aux unités endommagées lors des premiers affrontements dans le système de Boreus était d’ailleurs remarquable au vu de leur rapidité.
Phanteras songea ensuite à son ancien mentor : quelle audace d’être passé en hyperespace si près de l’amas gazeux ! Le jeune commodore n’était d’ailleurs pas sûr qu’il aurait été aussi téméraire que Waldemar. Il devrait donc retenir que le vieil officier avait encore plus d’un tour dans son sac. Les alarmes retentirent à cet instant ; son regard se porta aussitôt sur la projection holographique montrant la flotte impériale quittant l’hyperespace et se mettant en ordre de bataille. Ses propres forces étaient déjà disposées selon une ligne de bataille perpendiculaire au cap que devra emprunter Waldemar pour atteindre la station.
« Commodore, ils veulent vous parler, indiqua le capitaine du Shar’Lis Tyra.
– Passez la communication. »
L’image du contre-amiral apparut sur le projecteur holographique. Sans autre forme de politesse, elle déclara :
« Commodore Phanteras, c’est votre dernière chance de vous rendre. En cas de reddition sans combat, je vous garantis que seuls les officiers supérieurs et M. Rees seront traduits en justice. Tous les autres membres des forces d’autodéfense boreo-tyréniennes repartiront libres à condition qu’ils ne reprennent jamais les armes contre l’Empire Galactique. Les civils ne seront pas persécutés mais devront accepter la tutelle impériale. Dans le cas contraire, je ne réponds de rien.
– Nous avons déjà eu cette conversation, amiral. Et vous savez tout comme moi que votre parole ne pourra nous protéger du courroux de l’Empereur. Je me vois donc contraint de décliner votre offre de reddition. Que les meilleurs combattants gagnent. Terminé. »
Phanteras interrogea alors du regard les officiers et hommes d’équipage présents sur la passerelle. Tous étaient prêts : ils le suivraient jusqu’au bout ; pour Tyra.
« Commandant, je crois que vous pouvez rappeler l’équipage aux postes de combat. »


***


La base secrète boreo-tyrénienne


Même à l’intérieur de leur cellule, les quatre soldats entendirent les sonneries stridentes appelant l’équipage de la station aux postes de combat.
Le timing devenait critique : Sanaz avait l’intention de tenter une évasion dès qu’on viendrait leur apporter à manger ou qu’on voudrait leur faire subir un nouvel interrogatoire. La bataille bouleversait tous ses plans. Elle s’était mise à faire les cents pas dans la minuscule pièce quand un déclic annonça l’ouverture de leur geôle.
Un unique garde se tenait sur le seuil de la porte, le visage en sueur et l’air hagard. Il entra dans la cellule en titubant et, lentement, d’une main tremblante, il sortit un blaster dont il enfonça le canon dans sa bouche. Les impériaux étaient stupéfaits et ne réagirent que trop tard au regard suppliant que l’homme leur lança. Mais c’était trop tard : il avait déjà appuyé sur la détente. Il fallut un long moment avant que Sanaz ne prenne le blaster encore fumant des mains du cadavre et n’entraîne ses compagnons à sa suite.
La station spatiale n’ayant pas été conçue pour être une prison, le quartier de détention n’était pas très grand et les impériaux mirent peu de temps avant de trouver la sortie. Une grande bataille avait beau être sur le point de débuter, ils ne rencontrèrent aucun garde et le passe de leur ex-geôlier leur ouvrait toutes les portes. Sanaz n’en revenait pas mais ils n’avaient pas le temps de chercher à comprendre.
Le poste de garde à l’entrée du quartier de détention était quant à lui occupé par un autre cadavre arborant une blessure béante en pleine poitrine. L’odeur de chair brûlée était écœurante mais Sanaz la surmonta pour se connecter au terminal à l’autre bout de la pièce. L’identifiant de leur gardien était valide et la Zabrak découvrit que leur propre matériel avait été entreposé dans une armurerie toute proche.
L’accès à cette dernière n’était pas gardé et la serrure électronique reconnut le badge en leur possession. Une fois à l’intérieur, ils s’empressèrent de reprendre leur matériel et, sur ordre de Sanaz, d’enfiler des armures d’infanterie peintes d’un camouflage gris clair. Le modèle était le même que dans l’armée impériale, seul le casque différait par l’absence de masque et une visière protectrice offrant une meilleure vision périphérique.
« Écoutez-moi, commença Sanaz. Nous allons nous séparer en deux groupes. Derek : tu emmènes Jia et Ashoka au générateur principal. Trouvez un moyen de le faire sauter ou de couper l’alimentation de la station. Ils ne doivent à aucun prix terminer les réparations sur ces Venator. Ensuite, direction les hangars. Je vous retrouve là-bas, on vole un appareil et on dégage. Compris ?
– Et vous, chef ? demanda Derek.
– Je vais essayer de trouver Rees. Si j’arrive à le capturer, on doit pouvoir arrêter la bataille sans trop de casse de part et d’autre.
– Et la mission ? Les plans ? continua l’humain.
– On n’a plus le temps ! s’emporta Sanaz. Il faut aider la flotte du mieux qu’on peut : en mettant la station hors de combat. Nous sommes des soldats, pas de fichus espions ! Les Renseignements se débrouilleront avec ce qui restera. Allez, pas de temps à perdre. »
Sur son ordre, ils sortirent et se dirigèrent vers leurs objectifs respectifs.
En progressant dans les coursives de la station, Sanaz fit basculer le fourreau de son épée courte de son dos vers sa hanche afin de pouvoir dégainer plus aisément si le besoin s’en faisait sentir. Elle comptait tout de même sur un bon blaster pour se sortir des situations délicates.
La solitude et le calme trompeur qui régnaient dans cette partie de la station firent ressurgir les doutes du fond de son esprit. C’était un suicide d’aller seule à la rencontre de Rees car il était sûrement bien gardé mais accomplir la mission d’origine ne l’intéressait guère maintenant. Elle ne pouvait détester un Empire qui, malgré une xénophobie latente, l’avait acceptée – même à contrecœur – au sein de son armée alors qu’elle n’avait nulle part ailleurs ou aller. Elle n’éprouvait non plus aucune sympathie pour Rees et ses plans – il mettait en danger le peuple qu’il prétendait protéger sans avoir complètement assuré ses chances de succès. Non, la seule voie possible c’était que cette station ne profite à personne. L’Empire se débrouillerait très bien sans ce constructeur universel et si elle s’occupait de Rees, elle devrait pouvoir convaincre les Tyréniens de jeter l’éponge. Le tout était de ne pas se rater…
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:49   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 11 – Entre le marteau et l’enclume




ISD Retaliator


Waldemar ne put réprimer un soupir devant le refus de son ancien élève.
« J’ai fait tout ce que j’ai pu pour épargner des vies. La Galaxie en est témoin. Que nos crimes nous soient pardonnés car notre cause est juste. » murmura-t-il en employant une antique formule rituelle.
Il se demanda s’il ne se mentait pas à lui-même pour justifier sa passivité depuis la fin de la Guerre des Clones.
Il revint rapidement au présent. Des hommes – ses hommes – attendaient les ordres qui les mèneraient à la victoire. Et qui limiteraient les pertes dans leurs rangs.
« Capitaine Joris, transmettez à la flotte : formation en double colonne derrière le Retaliator et le Persecutor. Chasseurs parés au décollage à mon ordre.
– À vos ordres, amiral. Mais comment comptez-vous briser leurs lignes ? » répliqua le commandant du destroyer stellaire.
Une très bonne question en effet, car les Tyréniens avaient disposé leurs forces – douze vaisseaux de guerre emmenés par quatre destroyers Venator – selon une ligne de bataille à deux niveaux. L’ensemble ressemblait fortement à un mur concave qui se refermerait impitoyablement sur les assaillants. « C’est comme tenter de forcer un roque aux holo-échecs », songea Waldemar. De nombreuses théories avaient été écrites sur le sujet à l’Académie Navale Impériale et plusieurs manœuvres testées lors d’exercices mais rien de décisif n’en était jamais sorti.
La tactique la plus communément admise consistait à former une ligne de bataille parallèle pour bombarder l’autre à distance. L’artillerie et les chasseurs d’assaut devaient mettre hors-service le ou les plus faibles vaisseaux de la ligne ennemie. Cela créerait alors une brèche dans leurs rangs où la force attaquante pourrait s’engouffrer. Cette tactique supposait bien entendu de consentir à de lourdes pertes.
Or, si Waldemar disposait de presque deux fois plus de vaisseaux que Phanteras, plus de la moitié d’entre eux étaient des croiseurs légers Carrack, qui ne supporteraient pas un affrontement selon ces règles. Avec l’appui de l’artillerie de la station, les Tyréniens pourraient très bien les déborder.
« Nous allons percer leurs lignes, commandant, répondit Waldemar du même ton que si on lui avait demandé l’heure.
– Mais voyons, amiral, leurs défenses sont solides. Et le manuel…
– Au diable le manuel ! Rugit Waldemar. Nous ne sommes plus à l’Académie, ici, et nous n’avons pas le temps. Lieutenant Oberran : pleine puissance sur les écrans déflecteurs avant. Navigation : machines en avant toute.
– Mais sans manœuvres d’évitement, les colonnes vont se faire pilonner, hasarda Joris.
– Je me moque de ces manœuvres, rétorqua Waldemar. Navigation : foncez-leur dessus ! »
Et les deux colonnes impériales s’ébranlèrent en ordre parfait. Devant eux, les chasseurs sécessionnistes se déplacèrent pour leur faire face. La ligne de bataille, elle, restait impassible.
Sur la passerelle du Retaliator, les écrans des senseurs clignotaient furieusement, signe que les radars de tir adverse étaient braqués sur eux. Dès que les impériaux seraient à portée, une salve de missiles et de torpilles fondrait sur les deux colonnes. Tous, du commandant de bord au plus infime homme d’équipage, se représentaient la coque de leurs vaisseaux tordue et disloquée sous l’effet des tonnes d’explosif à haute puissance. Seul Waldemar affichait un visage imperturbable : assis dans son siège, il tapotait les accoudoirs du bout des doigts. Comme s’il était pressé.
En réalité, son esprit s’évertuait à imaginer les impondérables, les effets du hasard et leurs conséquences ; au premier rang desquelles les pertes en vies humaines.
La flotte impériale venait de couvrir la moitié de la distance qui la séparait de son objectif. D’un moment à l’autre, ils seraient à portée des batteries ennemies, sans possibilité de répliquer, l’amiral ayant ordonné de ne pas tirer avant d’être au contact.
« Alerte ! Contacts multiples en approche rapide droit devant nous ! Hurla l’officier chargé de l’autodéfense du Retaliator. Classifions contacts comme missiles tyréniens. Temps estimé avant impact : une minute.
– Renforcez les déflecteurs de proue ! réagit aussitôt Waldemar. Que les batteries de DCA se préparent à la manœuvre Aurek sept : interception longue portée puis tir de barrage. Brouilleurs en action. Et vous, lieutenant, calmez votre ton, nous ne sommes pas à la Bourse du Centre Impérial », admonesta-t-il l’officier qui avait lancé l’alerte.
La voix autoritaire de leur amiral fut comme un déclic pour les occupants de la passerelle. Ils retrouvèrent leurs réflexes acquis après un entraînement rigoureux et exécutèrent les ordres. Sur tous les vaisseaux impériaux, les batteries laser à tir rapide pivotèrent et firent face à la menace. Sur simple pression d’un bouton, ces canons passèrent en mode automatique : les radars de tir sélectionnèrent les cibles les plus proches, calculèrent la distance, le relèvement et l’angle de tir et envoyèrent ces informations aux armes.
Avec une précision qui aurait rendu fiers leurs concepteurs, les canons firent feu. Une fois, deux fois, trois fois. De nombreuses ogives furent réduites en cendres par les traits d’énergie pure mais autant d’autres continuèrent leur course.
« Impact dans trente secondes, annonça-t-on sur le Retaliator. La moitié des missiles a été abattue. Les défenses passent en tir de barrage. »
Les canons pivotèrent alors selon des plans préétablis et ouvrirent le feu en continu. Chaque vaisseau impérial était maintenant entouré d’un rideau d’énergie mortelle.
« Impact dans quinze secondes. Contact avec le tir de barrage. Le barrage fonctionne. Attendez, il y a des fuites ! Trente missiles, dirigés contre le Retaliator et vingt-six contre le Persecutor. Impact dans sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un… Impact ! »
Les missiles frappèrent de plein fouet les boucliers déflecteurs. Ces derniers tirent bon au début mais un groupe de quatre missiles explosa au même moment sur une partie moins protégée. L’énergie de l’explosion fut absorbée, mais pas suffisamment. Le générateur du bouclier dut se couper pendant moins d’une demi-seconde pour éviter la surchauffe. Une période suffisamment longue pour laisser passer deux autres missiles qui s’écrasèrent contre la coque du destroyer impérial. La gerbe de flammes s’éteignit presque aussitôt mais deux compartiments étanches avaient été exposés au vide spatial.
« Rapport des dégâts ? Demanda le capitaine Joris.
– Les compartiments un et deux de la tranche bâbord avant ont été détruits, commandant. Le feu ne s’est pas étendu. Les compartiments adjacents rapportent que les portes étanches tiennent le coup. »
« Bon sang, il y avait cinquante personnes dans ces compartiments », songea le commandant.
« Les Tyréniens ouvrent le feu avec leur artillerie principale, annonça une autre voix.
– Plus que deux minutes avant l’arrivée au contact », informa le navigateur.
Cette fois, les boucliers soutinrent le déluge de feu qui s’acharnait sur eux au prix de la perte d’une partie de la mobilité et de la puissance de feu du destroyer.
« Tubes lance-missiles parés à mon ordre, annonça Waldemar. Nous allons les secouer un peu. »


***


A bord du Shar’Lis Tyra, Phanteras avait très bien compris ce que tentait de faire son ancien professeur même si il ne savait pas pourquoi ce dernier n’avait pas encore tiré ses missiles – ils n’auraient pas drainé l’énergie des déflecteurs contrairement aux turbolasers. Plus qu’une minute avant le contact. Pourquoi ne tirait-il pas ?


***


« Trente secondes avant contact.
– Alerte collision, répondit Waldemar. »
Les alarmes entonnèrent leur mugissement dans tout le vaisseau.
« Vingt secondes !
– Tubes lance-missiles : feu pour la salve un ! Feu pour la salve deux ! Navigation, faites-nous passer entre ces deux Victory. Faites passer à la flotte : chaque colonne entame une manœuvre d’encerclement de la flotte adverse. »
Pendant que les ordres étaient relayés, les regards se tournèrent vers les superstructures des deux destroyers qu’ils allaient frôler. Beaucoup crurent qu’une collision était inévitable et quelques-uns fermèrent même les yeux. Le Retaliator passa pourtant, suivi de près par les autres vaisseaux de la colonne et vira et à bâbord, entamant la manœuvre d’encerclement.
« À toutes les batteries : feu à volonté ! Faites décoller les chasseurs ! Colonel Taras, rappelez-vous : tout appareil à moins d’un kilomètre d’un de nos vaisseaux sera abattu ! »
Cette fois la mêlée avait commencé pour de bon et il n’y aurait pas de quartier.


***


La station spatiale boreo-tyrénienne


Le trio emmené par Derek courait à perdre haleine dans une des galeries annexes menant au module des générateurs. Il savait que leur survie ne tenait qu’à un fil et ne pouvait comprendre la décision de Sanaz d’aller arrêter Rees seule.
Il était pourtant trop bon soldat pour lui désobéir et comptait bien s’acquitter de sa tâche. À sa droite, Jia lui fit signe qu’ils approchaient du but.
Ils franchirent le sas blaster au poing et se retrouvèrent dans un enchevêtrement de passerelles sur plusieurs niveaux. Elles suivaient les canalisations qui transportaient le fluide de refroidissement aux réacteurs, les conduites d’alimentation qui partaient du module, ainsi que les nœuds de contrôle principaux et secondaires. Sans hésiter, ils gravirent une échelle vers la sous-station de refroidissement la plus proche. Ashoka se mit immédiatement à l’œuvre une fois là-bas.
Leur plan consistait à pirater le terminal de la sous-station, couper ou rerouter le système de refroidissement et quitter les lieux en quatrième vitesse pour admirer le feu d’artifice. C’était aussi simple que cela.
Les trois soldats avaient cependant négligé un léger détail : ils étaient presque seuls. Derek entrapercevait bien des techniciens à l’une des stations principales mais cet endroit aurait dû grouiller d’animation. À cause de la bataille en cours, il aurait dû y avoir au moins les équipes de contrôle des dégâts. Tandis que là, personne : pas de gardes, même pas un droïde de maintenance.
Derek ruminait ces pensées quand l’enfer se déchaîna autour d’eux. Un déluge de tirs de blasters encadra leur position, endommageant une partie des contrôles de la sous-station. Derek se jeta immédiatement à terre et tira plusieurs rafales au jugé, plus dans l’espoir de forcer les assaillants à se mettre à couvert que d’en toucher un. Profitant d’un instant de répit, il s’assura de l’état de Jia et d’Ashoka. Soulagé, il leur fit signe de se déployer un peu mieux que ça.
Une minute et trois chargeurs plus tard, les soldats impériaux occupaient une meilleure position défensive mais n’étaient guère plus avancés. Ashoka ne pouvait s’occuper du générateur car les commandes avaient été détruites par la première rafale et un groupe de soldats tyréniens faisait mouvement pour leur couper la retraite.
Du coin de l’œil, Derek vit au loin trois ombres menaçantes faire mouvement vers eux. « De mieux en mieux », songea-t-il.
À côté, Jia serra son arme plus fort pour empêcher ses mains de trembler. Ils étaient pris au piège et elle ne voulait pas que cela se termine ainsi…


***


Système de Boreus



La bataille faisait rage depuis près d’une heure et aucun camp n’avait le dessus. Le commandant tyrénien avait pu fortement endommager un des cuirassés impériaux au prix de la perte de la moitié de ses bombardiers et d’un tiers de ses chasseurs. Ceux qui lui restaient avaient fort à faire pour le défendre de la contre-attaque impériale. Il avait dû abandonner un de ses Victory, trop sévèrement frappé après les premières escarmouches au début du conflit ; les réparations n’avaient pas tenu. Maintenant, ce dernier dérivait au milieu du champ de bataille, se désagrégeant un peu plus à chaque salve de turbolaser perdue.
« Mon commandant, appela un enseigne. J’ai pu déterminer la cause de nos problèmes d’hyperdrive. Ce sont ces deux frégates qui émettent un signal imitant la signature d’un puits de gravité. »
L’officier supérieur faillit rejeter cette conclusion comme absurde mais se rendit à l’évidence que les deux vaisseaux restaient derrières les lignes impériales, comme s’ils attendaient quelque chose ou…
« Bravo, enseigne ! » S’exclama-t-il.
Puis, s’adressant aux commandants des deux derniers Victory qui lui restaient :
« Ce sont ces frégates qui nous prennent au piège. Opérez une percée et détruisez-les ! À tous les autres vaisseaux : tir de couverture ! Lancez les bombardiers qui nous restent pour dégager un corridor d’attaque ! »
Les forces tyréniennes réagirent instantanément. Les quatre cuirassés doublèrent la cadence de tir de leurs pièces et les bombardiers fondirent sur le vaisseau impérial le plus proche. La DCA préleva un lourd tribut dans leurs rangs mais les impériaux furent contraints de s’écarter, ouvrant la voie aux Victory tyréniens qui s’engouffrèrent dans la brèche, artillerie déchaînée.
Le commandant des forces sécessionnistes s’octroya un sourire : il avait surpris ses adversaires et possédait maintenant l’avantage tactique.


***


La station spatiale boreo-tyrénienne


D’après le plan, Sanaz se trouvait près du pont d’observation principal.
« Encore un lieu de détente converti en hall à la gloire du despote local », décida-t-elle.
Avec du courage et un peu de chance, elle pourrait stopper cette guerre maintenant. Elle inspira un grand coup et franchit le sas. Comme elle s’y attendait, on avait changé la fonction primaire de l’endroit en un bureau surdimensionné pour le gouverneur. Elle le vit assis dans un confortable fauteuil, le regard rivé sur la bataille qui se déroulait au-dehors.
« C’est fini, gouverneur. Vous avez perdu », annonça la Zabrak en pointant son arme sur lui.
Le fauteuil pivota et Rees lui sourit.
« J’avoue que vous me surprenez, sergent Miren. Je ne pensais pas que vous arriveriez à vous échapper ; encore moins aussi rapidement. Toutes mes félicitations. Je ne puis cependant m’avouer vaincu si facilement : comme vous, je me bats jusqu’au bout, précisa-t-il.
– Cessez cette folie maintenant, lui ordonna-t-elle. Vos concitoyens meurent par centaines pour vos rêves utopiques. L’Empereur sera sans pitié, ajouta Sanaz.
– Des rêves utopiques ? Peut-être, mais tout ce que je fais, je le fais dans l’espoir de donner aux habitants de ce secteur une vie bien meilleure que tout ce l’Empire peut leur offrir. Songez un instant aux arrestations arbitraires, à la police secrète, aux procès expéditifs, à ce régime de terreur instauré au seul nom de l’Ordre. L’Empereur promet la sécurité et enlève effectivement toute sécurité à ses sujets. Moi, je me bats pour offrir au boreo-tyréniens la possibilité de vivre leur vie, sans qu’on cherche à leur imposer une vision unique de la Galaxie.
– L’Empire a ramené la Paix dans la Galaxie, il a mis fin à tous les conflits qui minaient la République. Il lutte contre la corruption et les querelles de bas-étage en centralisant le pouvoir ; il…
– Vous voyez ? Vous avez bien appris votre propagande : oui, l’Empire a centralisé le pouvoir mais uniquement pour le concentrer entre les mains de Palpatine. Le pouvoir absolu aux mains d’une seule personne ? Cela ne ressemble-t-il pas à la définition d’une dictature ? Je ne parle même pas de la discrimination envers les non-humains, érigée au rang d’institution.
– Et moi alors ? L’armée impériale a reconnu mes compétences, elle m’a donné un idéal. »
Rees émit un ricanement sarcastique.
« Mais voyons, sergent, vous n’êtes qu’un instrument de propagande. Si l’armée impériale vous a conservé dans ses rangs, c’est uniquement pour se dédire de toute accusation de discrimination, pour faire croire aux non-humains que l’Empire songe réellement à leur bien-être !
– Vous mentez ! Et maintenant, ça suffit : rendez-vous !
– Me rendre alors que cette station est sur le point de remplir son objectif et de me fournir tous les vaisseaux nécessaires à la défense du secteur ? L’Empire aura tout intérêt à nous oublier plutôt que de s’efforcer de nous exterminer. D’ici moins d’une heure, ces deux destroyers pourront rejoindre la flotte du commodore Phanteras. Dans quatre heures, la paire suivante sera prête.
– À condition que Phanteras gagne, précisa Sanaz.
– Nous verrons bien. Assez discuté, puisque vous vous intéressez tant à mes plans, je vais vous montrer le modèle de droïde qui armera les forces d’autodéfense boreo-tyréniennes. »
Rees appuya sur un bouton et une alcôve s’ouvrit sur la droite de Sanaz. La machine qui sortit lentement, d’une démarche presque solennelle, était humanoïde avec des photorécepteurs rouges en guise d’yeux afin de lui donner un aspect plus menaçant. Elle portait un grand bâton dans la main droite. Tandis que la machine avançait, Sanaz essayait désespérément de se remémorer où elle l’avait déjà vue. Quand elle s’en souvint, le droïde s’était déjà posté à la droite de Rees.
« Et oui, déclara ce dernier, comme s’il lisait dans ses pensées, il s’agit d’un IG-100 capturé par la République à la fin de la Guerre des Clones. Un « Magna-Guard » si vous préférez. Je dispose de six unités : ce garde du corps, deux utilisés comme modèles par le constructeur universel et les trois derniers qui assurent la sécurité des générateurs de la station. »
Sanaz ne put s’empêcher de blêmir.
« Je suis parfaitement au courant de l’intrusion de vos coéquipiers dans cette zone. Rendez-vous maintenant, ordonna-t-il, et ils pourront partir librement. »
En guise de réponse, Sanaz tira sur Rees. Le droïde fut plus rapide qu’elle et s’interposa.
« Bien essayé, sergent, mais vous auriez dû me tirer dessus plus tôt. Maintenant, mon garde du corps va devoir vous mettre hors d’état de nuire. »
Le Magna-Guard s’avança et activa son électrostaff. Sanaz continua de tirer, visant les photorécepteurs du droïde, mais ce dernier était trop rapide pour elle et parait avec une aisance déconcertante, l’électrostaff interceptant les tirs du blaster.
Sanaz se retrouva vite à court de munitions et voulu recharger mais la machine était trop près. La Zabrak lui jeta son fusil-blaster au visage mais il l’écarta d’un simple revers de main. Le droïde leva son arme et l’abattit sur Sanaz. Il ne l’atteignit jamais car l’électrostaff rencontra la lame de l’épée courte de l’impériale.
« Stop ! » Ordonna le gouverneur.
Pendant plusieurs secondes, on n’entendit plus que le vrombissement de l’arme du droïde. De la sueur perlait sur le front de Sanaz. Elle avait eu à peine le temps de parer et savait qu’elle ne ferait pas le poids dans un duel à l’arme blanche.
« Nous sommes décidément bien semblables, sergent. Vous ne vous avouez pas facilement vaincue. Pour vous « récompenser » de cette ténacité, mon garde du corps va vous donner un petit cours d’escrime. Contente-toi de la mettre hors de combat pour l’instant, j’ai encore quelques questions à lui poser », ordonna-t-il au droïde.
Le Magna-Guard recula d’un pas pour laisser un peu de place à son adversaire. Sanaz en profita pour dégainer son couteau de combat de la main gauche. Une deuxième lame l’aiderait grandement à parer, malgré son manque flagrant d’ambidextrie.
Le droïde fondit sur elle avec une rapidité telle qu’elle eut du mal à éviter la première volée de coups. La puissance de frappe de son adversaire n’arrangeait rien et, à chaque fois que leurs armes se rencontraient, la violence du choc manquait de la désarmer.
Sanaz tenta une feinte vers la jambe droite de son adversaire et enchaîna par une pirouette qui aurait dû l’amener dans le dos du droïde si ce dernier ne l’avait pas jetée violemment à terre d’un coup de pied bien placé. Elle roula aussitôt sur elle-même pour se relever quelques mètres plus loin mais c’était inutile : le Magna-Guard attendait docilement qu’elle reprenne le combat.
Sanaz voulut changer de tactique et fonça sur Rees ; peine perdue car elle fut interceptée et forcée de reprendre le combat contre le droïde.


***


Près du générateur, la situation empirait pour Derek et ses coéquipiers. Ils tenaient en respect les soldats tyréniens mais ils ne pouvaient pas fuir. Il y avait aussi ces trois droïdes de combat qui avançaient inexorablement vers eux en s’aidant des abris offerts par les innombrables passerelles et autres canalisations.
Leur situation désespérée sur Ouranos V leur revint à l’esprit. Ils ne pouvaient fuir, ils n’avaient aucune aide extérieure à espérer et ils n’avaient pas le temps de préparer leur défense.
L’œil du soldat impérial aperçut du mouvement sur sa gauche. Il fit feu et un Tyrénien tomba, blessé ou tué. À ses côtés, Ashoka tirait sporadiquement sur les droïdes, tentant de ralentir leur progression. Ils connaissaient ce modèle de par les nombreux comptes-rendus de la Guerre des Clones et ne se faisaient guère d’illusions sur leur capacité à survivre s’ils les laissaient venir au corps à corps.
Profitant d’un moment de répit, Derek jeta un coup d’œil à Jia et la vit complètement tétanisée, trop effrayée pour réagir à ce qui se passait autour d’elle.
« Derek, si on arrive à faire sauter la canalisation devant nous, on coupe l’alimentation des stabilisateurs, fit remarquer Ashoka entre deux rafales.
– Et alors ? Nous n’avons que des grenades en guise de charges explosives. De toutes manières, les stabilisateurs ne nous feront pas détruire la station.
– Si, car elle sera happée par le puits de gravité de l’étoile.
– Ils ont certainement un circuit de secours. Attention ! »
Une rafale de blaster passa à un cheveu de leurs têtes.
« Pas sûr qu’ils aient le temps de rerouter l’énergie nécessaire. Mais tu as raison, sans explosifs… »
Ashoka soupira et tira de nouveau sur les droïdes, sans autre effet que d’érafler leur peinture.


***


ISD Retaliator


La mêlée faisait rage et les pertes du côté impérial étaient sévères : deux croiseurs légers avaient été détruits et trois autres étaient si endommagés que Waldemar ne pouvait plus compter sur eux.
Il ne broncha pas quand l’artillerie du Retaliator détruisit un groupe de chasseurs tyréniens qui tentaient de tirer leurs missiles sur la coque du destroyer. Plus loin, dans la formation sécessionniste, un destroyer Victory succomba aux coups répétés de l’artillerie impériale et s’embrasa.
Toute idée de plans à long terme avait disparu de l’esprit de Waldemar ; seul comptait l’instant présent : détecter la meilleure opportunité et en profiter, protéger ses propres vaisseaux d’une réaction ennemie. Il était parfaitement dans son élément et ne détachait pas ses yeux de la projection holographique pour donner ses ordres.
La situation était grave pour le Retaliator : en tant que vaisseau amiral, il était la cible du gros des attaques tyréniennes. Il avait déjà perdu deux batteries de turbolasers et un dôme senseur. Plusieurs compartiments détruits à bâbord et tribord du hangar principal compliquaient la tâche des équipes de sauveteurs.
« Amiral, nous sommes isolés du reste de la flotte ! Avertit l’un des officiers.
– Ordonnez au Basilisk d’opérer une percée pour nous dégager, répondit Waldemar.
– Et le groupe du Persecutor ? Hasarda Joris.
– Négatif, ils sont trop loin. Colonel Taras, envoyez vos bombardiers sur ces deux Venator et… »
Seul un grésillement lui répondit.
« Ici le capitaine Valisj, le colonel est hors-véhicule. Il ne me reste que huit bombardiers, amiral.
– Alors regroupez les et trouvez-vous une escorte de chasseurs pour soutenir le Basilisk.
– Bien reçu. »
Il était déjà trop tard pour sauver le Retaliator car le Shar’Lis Tyra et ses trois escorteurs ouvrirent le feu sur le destroyer impérial. Sur ordre de Phanteras, les canonniers avaient tous la même cible : la passerelle. Les boucliers tombèrent à la fin de la première salve et la seconde déchira l’immense superstructure comme si elle n’était que du papier de soie.
Le dernier dôme senseur vola en éclats, accompagné de la partie bâbord du château qui dériva lentement vers la poupe et les tuyères des réacteurs du Retaliator.
Par miracle, les baies vitrées de la passerelle elle-même tinrent bon mais des chocs violents firent s’écrouler une large partie du plafond sur les hommes postés dessous tandis qu’une série de courts-circuits détruisait les ordinateurs et moyens de communications.
« Évacuez la passerelle ! » Hurla Waldemar par-dessus le vacarme apocalyptique.
Fidèles à la tradition, lui et le capitaine Joris attendaient à l’entrée du dernier turbo-élévateur fonctionnel que le personnel ait évacué. Le capitaine eut un haut-le-cœur quand il aperçut son second, empalé par une poutrelle d’acier tombée du plafond.
Le dernier membre d’équipage était parti et les deux officiers supérieurs allaient le suivre quand une nouvelle explosion retentit. Elle fut accompagnée d’une gerbe d’étincelles et de débris qui frappèrent Waldemar de plein fouet. L’amiral s’écroula, l’abdomen transpercé de multiples éclats de métal. Il refusa l’aide du capitaine Joris.
« C’est fini pour moi, capitaine. Vous commandez la flotte à présent. Allez à la passerelle secondaire et sauvez le vaisseau ! Vous m’entendez, cria-t-il presque entre deux haut-le-cœur qui lui firent cracher du sang, si le Retaliator est détruit ils auront l’avantage psychologique ! Ne les laissez… pas… faire… »
Le contre-amiral Reiner Waldemar de la Marine Impériale, vétéran de la Guerre des Clones, venait de rendre son dernier soupir. Il était mort en soldat, comme il l’avait voulu ; piètre consolation pour le capitaine Joris qui avait une carcasse de vaisseau à sauver et une bataille à gagner.
Plus loin, sur les flancs de la station spatiale, le premier des deux Venator commença à se dégager de sa forme de construction.


***


La station spatiale boreo-tyrénienne


La situation de Sanaz était sans issue : le Magna-Guard l’empêchait de s’attaquer à Rees et se jouait d’elle et de ses maigres compétences d’escrime.
Une parade trop tardive lui avait arraché son poignard, et maintenant, elle brandissait son épée à deux mains, secrètement heureuse que le métal de la lame résiste à un électrostaff. Le visage en sueur, les poumons en feu, les bras et jambes qui agissaient automatiquement, comme dans un rêve, elle avait perdu toute notion du temps et se battait comme un automate.
Elle n’entendit pas Rees qui ordonna au droïde de la mettre hors de combat mais elle sentit le violent coup de pied au ventre et le choc magistral qui la projetèrent au sol quelques mètres plus loin. Elle était désarmée et, quand elle tenta de bouger, une douleur vive la contraignit à rester immobile. La partie de l’esprit de la Zabrak qui pouvait encore raisonner diagnostiqua une ou plusieurs côtes brisées.
Un bruit de pas métallique se fit entendre : le droïde venait s’assurer qu’elle était bien hors de combat. Comme elle ne pouvait pas se relever, elle tenta de s’éloigner en rampant mais dut s’arrêter au bout de quelques centimètres, terrassée par la douleur, la fatigue et la certitude de l’échec de sa mission.
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:51   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Chapitre 12 – Rêves brisés




Système de Boreus, secteur boreo-tyrénien


À bord de la principale station de défense, le commandant tyrénien savait qu’il avait échoué. Au début, sa contre-attaque avait pris les impériaux par surprise et ses deux destroyers avaient percé leurs lignes. Ils avaient engagé les deux frégates qui empêchaient les défenseurs de sauter en hyperespace, les forçant à se mettre sur la défensive. La victoire était à portée de main.
Cela n’avait pas suffi. Par un coup de chance inimaginable, les impériaux avaient détruit l’un de ses cuirassés. Comme ça. Il n’avait suffi que d’un tir de turbolaser bien placé. Les boucliers de poupe étaient déjà affaiblis et n’avaient pas tenu. Le coup avait détruit la tuyère d’un des moteurs principaux, entraînant des dégâts aux circuits de refroidissement et déclenchant une réaction en chaîne qui avait fait exploser le vaisseau. Les lignes tyréniennes avaient été subitement désorganisées et les impériaux avaient envoyé l’un de leurs cuirassés pour assister les frégates.
Quelques minutes plus tard, tout était dit : un nouveau Victory avait été détruit et l’autre, sous le feu de deux cuirassés et des frégates avait cessé le tir, trop endommagé pour continuer le combat. Un second Dreadnought tyrénien dérivait, coupé en deux, et un troisième – éventré sur presque toute sa longueur – avait pu se replier mais ne serait plus d’un grand secours aux sécessionnistes. Quant au dernier cuirassé, il avait cessé tout contact radio depuis son abordage par des navettes impériales.
Sa flotte perdue, le commandant tyrénien ne disposait plus que des stations comme moyen de défense. Leur artillerie, bien que non négligeable, n’était pas mobile et se feraient sans nul doute tailler en pièces par les impériaux. La chasse, elle, n’existait pour ainsi dire presque plus : la quinzaine d’appareils qui avait survécu ne pourrait même pas détourner une attaque.
C’était donc fini, les impériaux allaient s’emparer du système de Boreus. De là, ils pourraient lancer des raids sur Moreus, voire Shar’Lis Tyra et même isoler Mes’Tyra en occupant la seule route hyperspatiale viable.
Malgré cela, le commandant se battrait encore. Il lui restait l’espoir que le commodore Phanteras batte le principal groupe impérial et vienne à leur secours avec la nouvelle flotte que le gouverneur Rees leur avait promis. Ses hommes non plus n’abandonneraient pas la lutte. Tant qu’il leur resterait de l’espoir, ils verseraient leur sang pour l’idéal que représentait un secteur boreo-tyrénien libre et indépendant.
« Commandant, le dernier Victory s’est rendu et on dirait qu’ils ont pris le contrôle de notre dernier cuirassé. Ils se remettent en formation et… je… je crois, déglutit l’enseigne, qu’ils vont attaquer nos stations une à une.
– Ils seraient stupides de ne pas le faire, soupira le commandant. À tous : préparez-vous à l’assaut. Bonne chance ! »


***


ISD Retaliator


Le Retaliator était plus que le premier vaisseau capital qu’avait commandé le capitaine Joris, c’était toute sa vie. Il y avait passé trois ans, en connaissait chaque recoin et, par-dessus tout, il en était devenu une pièce maîtresse, plus encore que les moteurs ou les boucliers. Il était le lien entre l’équipage et la machine. Aujourd’hui, tout cela disparaissait devant ses yeux. Il courait à perdre haleine vers la passerelle secondaire, suivi par ce qui restait de son équipe de pont. Tout autour, des relais électriques disjonctaient dans de grandes gerbes d’étincelles. Les lumières vacillaient à chaque coup porté par l’artillerie sécessionniste, d’horribles craquements retentissaient dans toute la superstructure, comme si le destroyer était sur le point de se déchirer en un million de pièces. Et partout, le chaos : des hommes d’équipage qui erraient sans but, l’air hagards ; d’autres qui tentaient d’accomplir leur devoir malgré tout mais qui, sans ordres précis, s’éparpillaient et étaient inefficaces.
Au détour d’un énième corridor, il arriva enfin à la passerelle secondaire. Il ne fallut pas plus de deux minutes pour que les hommes s’installent à leur poste et activent les ordinateurs leur donnant le contrôle des systèmes critiques du destroyer. Le capitaine Joris n’attendit même pas les premiers rapports de situation pour contacter la flotte impériale et leur ordonner de passer à l’abordage des vaisseaux ennemis, le Tyra en tête. Son ordre suivant fut d’éloigner le Retaliator des batteries sécessionnistes par tous les moyens.
Heureusement pour le destroyer, le Basilisk avait pu briser l’encerclement et faisait maintenant barrage aux Tyréniens. Un autre Venator, l’Hydra vint à couple du Retaliator et activa ses rayons tracteurs pour l’éloigner.
Partout, l’engagement était à son paroxysme : les formations de chasseurs et de bombardiers étaient engagées dans une mêlée terrible où chaque pilote se retenait de tirer jusqu’au dernier moment, de peur de frapper un camarade. Missiles et torpilles traversaient le champ de bataille et frappaient sans distinction impériaux et sécessionnistes. De-ci de-là, des petits groupes s’articulaient autour des vaisseaux les plus importants et se défendaient férocement. Les traits de turbolaser illuminaient l’espace ; partout, ce n’étaient que coques éventrées, explosions éphémères éteintes par le vide spatial, débris s’entrechoquant…
Les navettes Kappa et Lambda impériales payèrent un lourd tribut aux défenses tyréniennes mais des équipes d’abordage réussirent à s’introduire à bord des vaisseaux sécessionnistes, ajoutant encore au chaos.
Sur la passerelle du Tyra, le commodore Phanteras était parfaitement conscient du danger auquel il faisait face, même s’il ne pouvait guère que s’en remettre à ses soldats pour défendre le vaisseau amiral contre les équipes d’abordage impériales. Il avait espéré un temps pouvoir compter sur le premier Venator à sortir de cale sèche mais il fut presque aussitôt pris à partie par le groupe de cet autre classe Imperator. Près de lui, on annonça qu’un Carrack venait de rompre le contact radio après son abordage.
Phanteras laissa le commandant du Shar’Lis Tyra s’occuper de repousser les fantassins impériaux et contacta plusieurs vaisseaux pour lancer une attaque coordonnée contre un point des lignes ennemies.


***


La station spatiale Boreo-tyrénienne


Le contact glacial du sol métallique était la seule sensation autre que la douleur que Sanaz pouvait percevoir. Elle n’entendait même plus les pas du droïde. Une nouvelle fois, elle essaya de bouger mais rien n’y fit : ses blessures l’empêchaient de fuir. Son instinct de conservation autant que son entraînement militaire et ses origines zabrak lui criaient de faire quelque chose, qu’elle ne pouvait se faire capturer de nouveau. Peine perdue : elle n’était plus qu’une simple spectatrice.
Au-dessus de la non-humaine, le droïde s’était approché pour se saisir d’elle et permettre au gouverneur de mener un nouvel interrogatoire. Ce dernier était apparemment travaillé par des sentiments contradictoires.
Il n’eut pas le temps d’annoncer sa décision car une nouvelle voix retentit :
« Assez ! Éloignez-vous d’elle ! »
La voix était indiscutablement féminine et âgée, mais encore ferme et pleine d’une colère refoulée depuis trop longtemps.
Surprise elle aussi, Sanaz leva les yeux et vit le droïde être soulevé du sol par une main invisible, son arme arrachée, son blindage pectoral comprimé comme par une gigantesque presse hydraulique avant d’être projeté contre un mur où il éclata en un millier de morceaux.
Incapable de tourner la tête pour dévisager sa sauveuse providentielle, Sanaz ne pouvait qu’observer la réaction du gouverneur. Il était terrorisé, non pas par le sort du Magna-Guard mais par cette mystérieuse personne.
« Toi… articula-t-il.
– Oui, moi, répondit la vieille femme. Celle que tu as trahie après toutes tes belles promesses. »
Il n’eut pas le temps de répondre car le plafond se mit à vibrer férocement jusqu’à ce que de nombreuses pièces métalliques s’en détachent et viennent frapper l’endroit où se tenait Rees. Sanaz le vit, immobilisé par une poutrelle de duracier, un filet de sang à la bouche et le regard plein de souvenirs et de regrets. Un bruit de pas. Elle sentit que la femme se penchait sur elle et lui posait une main sur l’épaule. Quelques secondes plus tard, Sanaz découvrit que, même si la douleur était encore présente, elle pouvait de nouveau bouger. Elle entreprit de se lever, aidée par la vieille femme. Une fois debout, Sanaz la dévisagea et reconnut en elle la mendiante sur Koros Major.
« Oui, la pauvre vieille Rima, répondit l’autre comme si elle avait lu dans ses pensées. Rima à qui on avait promis plein de choses. Rima qu’on a trahie et laissée pour morte. Rima qui s’est vengée. »
Sanaz voulut répondre mais une explosion lointaine secoua la station. L’éclairage se coupa et fut remplacé par la lumière rouge sang des lampes de secours.
« Fuyez, jeune femme. Cette station sera bientôt détruite. Et laissez là la pauvre vieille Rima. Sa vengeance a détruit tout ce qui restait de bon en elle. »
Rima se détourna et se dirigea lentement vers Rees, agonisant, alors que Sanaz partait vers une hypothétique sécurité aussi vite que ses blessures le permettaient.


***


Dans la salle des systèmes de refroidissement, les trois soldats impériaux avaient gagné un répit momentané grâce à un jet de grenades qui avait éliminé un groupe de soldats tyréniens, ouvrant ainsi une voie de repli. Derek et Ashoka dégageaient à grands renforts de blasters un chemin vers la sortie quand ils se rendirent compte que Jia ne couvrait plus leurs arrières.
La jeune femme était terrifiée et ses jambes refuseraient sans nul doute de la porter si elle cherchait à se déplacer. Heureusement, son plan impliquait qu’elle reste immobile. Derrière elle, un relais d’alimentation des stabilisateurs principaux et sa musette de grenades. Devant, les trois droïdes de combat se précipitaient pour la curée.
Sa terreur initiale oubliée, Jia se préparait à un acte qui sauverait ses compagnons et pourrait peut-être leur permettre d’accomplir leur mission.
Ils étaient tout proches maintenant. Son fusil blaster n’avait plus de munitions, aussi dégaina-t-elle son arme de poing pour les ralentir encore un peu. De la main gauche, elle prit une grenade et en activa le détonateur. L’explosion aurait lieu cinq secondes après avoir relâché l’engin. Les droïdes n’étaient qu’à quelques mètres quand Ashoka lui arracha la grenade des mains pour la jeter vers les machines avant de l’emmener de force vers le sas le plus proche.
Devant, Derek défendait leur porte de sortie contre plusieurs groupes de soldats tyréniens. Jia et Ashoka étaient encore à une dizaine de mètres de Derek quand la grenade explosa, entraînant avec elle la musette, les trois droïdes et l’alimentation des stabilisateurs principaux. Jetés à terre par le souffle de l’explosion, les trois impériaux, que leur armure avait protégé efficacement, se relevèrent et gagnèrent la sortie, ne s’arrêtant même pas pour contempler le chaos qu’ils avaient engendré.
Le système de stabilisation de la station consistait en un ensemble de réacteurs qui la maintenait en orbite autour de la naine blanche. La destruction de l’alimentation de ces réacteurs donna une trajectoire erratique à la station et entraîna des fluctuations d’énergie dans les boucliers qui la protégeaient du rayonnement de l’étoile. Quand l’équipage constata que les stabilisateurs secondaires ne leurs seraient d’aucun secours, l’ordre d’abandonner la station fut donné.
Le groupe de Derek ne fut pas pris à parti durant sa fuite vers les hangars où ils espéraient trouver un vaisseau, les Tyréniens étant trop occupés à chercher des capsules de sauvetage. Au détour d’un couloir, ils tombèrent sur Sanaz, adossée au mur pour reprendre sa respiration. Ses mains étaient agrippées à la poignée de son épée qu’elle utilisait comme une canne – elle boitait suite à ses blessures.
D’abord surpris de la retrouver si facilement, les trois impériaux esquissèrent un sourire qui ne dura pas longtemps car il leur fallait fuir cette station au plus vite.


***


ISD Retaliator


Le capitaine Joris pouvait enfin souffler. Ses équipes d’abordage avaient pu se rendre maîtres du Shar’Lis Tyra et avaient capturé vivant le commodore Phanteras. Partout, les dernières poches de résistance sécessionnistes cessaient le combat. Le commandant du Persecutor lui apprit enfin que la station tyrénienne était en cours d’évacuation par son équipage et qu’elle serait bientôt détruite par la naine blanche. La victoire était leur, mais à quel prix !
Il espérait que cette équipe de l’Ubiqtorate s’en était sortie, Waldemar semblait bien les apprécier. Joris empêcha son esprit de vagabonder car il lui fallait organiser le sauvetage des pilotes éjectés, le transfert des blessés et s’occuper des prisonniers. Ensuite, il serait plus que temps de reprendre le contrôle du secteur boreo-tyrénien, au nom de l’Empire Galactique.


***


La station spatiale boreo-tyrénienne


Rima se pencha sur Rees.
« Ne t’inquiète pas, maintenant que j’ai ruiné ta vie et tes espoirs comme tu l’as fait pour les miens, tu n’as plus rien à craindre, expliqua-t-elle.
– Rima…, déglutit Rees avec difficulté. J’ai honte de ce que j’ai fait… Mais j’étais terrifié par ce que l’Empire aurait pu faire s’il avait découvert que… »
Une violente quinte de toux le força à s’interrompre.
« Je te demande pardon. »
Rima lui sourit et lui prit la main.
« Je te l’accorde, Hayden. »
Le gouverneur du secteur boreo-tyrénien eut une nouvelle grimace de douleur et regarda les dégâts autour de lui.
« Rima… J’ai échoué. Je voulais les libérer de l’Empire, qu’ils puissent vivre oubliés de la Galaxie. Maintenant, la colère de l’Empereur va s’abattre sur eux et ils vont mourir pour avoir cru en moi.
– Hayden, il n’y a pas de mort…
– … Il n’y a que la Force », répondit-il en rendant son dernier soupir, soulagé par la présence de la femme qu’il aimait, mais ses rêves gisant en ruines.


***


La station finit par subir de plein fouet le rayonnement de l’étoile. Rapidement, la coque de plusieurs modules se mit à fondre et fut vaporisée par la chaleur extraordinaire. D’autres parties de la station se détachèrent et quelques secondes plus tard, elle explosa en une immense boule de feu et de débris.
Les vaisseaux de la flotte impériale s’avancèrent alors pour récupérer les dernières capsules de sauvetage. Dans le champ de débris, dernier vestige de la sécession armée du secteur boreo-tyrénien, se trouvait un cargo léger à la dérive, sans aucun signe de vie à son bord. L’Emerald Sparrow.
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Messagepar Titi77 » Dim 25 Juil 2010 - 21:53   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Épilogue



« Ici Tev Dorik, de la Tribune Impériale, en direct du Sénat Impérial, où vient à l’instant de se terminer une session extraordinaire ayant pour objet la récente sécession du secteur boreo-tyrénien. Grâce à nos reporters, vous avez déjà pu apprendre que cette sécession a été écrasée il y a une semaine par une flotte commandée par le contre-amiral Waldemar. Aujourd’hui, notre bien-aimé Empereur a pris la parole devant le Sénat pour rendre compte de cette intervention militaire.
Il a tout d’abord loué le courage et le dévouement de nos forces armées qui durent livrer une dure bataille dans des circonstances défavorables pour faire triompher l’Ordre et la Paix dans cette partie de la Galaxie. Il a également regretté le décès du contre-amiral Waldemar lors de cette bataille, suite à l’infâme trahison de l’un de ses anciens subordonnés. Il va sans dire que l’officier supérieur sera décoré à titre posthume.
L’Empereur a enfin célébré le retour du secteur boreo-tyrénien au sein de l’Empire Galactique et l’avènement de l’Ordre Nouveau dans cette région de la Galaxie. Il s’est aussi félicité que cette crise grave n’ait pas contaminé d’autres parties du Noyau Central, région éminemment stratégique de par sa proximité avec le Centre Impérial. Son discours s’est conclu sous un tonnerre d’applaudissements suite à l’annonce de l’envoi d’un contingent de fonctionnaires impériaux et de la création d’une garnison permanente dans le secteur pour y maintenir l’ordre et ramener les habitants dans le droit chemin.
Sans transition, nous apprenons également que le commodore Phanteras s’est suicidé dans sa cellule à la veille de son procès en cour martiale pour haute trahison. Ici se termine ce flash spécial. C’était Tev Dorik, en direct du Sénat pour la Tribune Impériale. »


***


Extraits du rapport officiel sur la sécession du secteur boreo-tyrénien


[…] Le débriefing du chef de station de nos services de renseignements sur Tyra ainsi que ceux des quatre soldats chargés de l’opération Gloire Impériale a permis d’établir sans nul doute possible que le gouverneur Rees avait :
Premièrement : commandité l’incident d’Ouranos V ayant entraîné l’assassinat des membres de la mission archéologique impériale, ainsi que la destruction complète de la garnison locale et celle de la quasi-totalité du contingent chargé de l’opération de sauvetage ;
Deuxièmement : commandité le vol dans les arsenaux de Foerost de six Magna-Guard entreposés là depuis la Guerre des Clones ;
Et enfin : fait réaliser un constructeur universel opérationnel lui permettant d’armer deux destroyers de classe Venator avec un équipage droïde.
Les plans séditieux du gouverneur Rees et du commodore Phanteras ont été défaits par l’action conjuguée des opérations Marteau Tyrénien et Gloire Impériale dont les détails précèdent. Il est toutefois regrettable que la destruction du constructeur universel fut nécessaire pour assurer la victoire à nos troupes car une telle technologie aurait rendu notre Marine virtuellement invincible et aurait facilité le projet de construction <classifié>.

L’auteur de ce rapport émet les recommandations suivantes :
1 – que le secteur boreo-tyrénien soit étroitement surveillé afin de déterminer si un éventuel membre de la conspiration de Rees nous aurait échappé ;
2 – mettre en œuvre une propagande renforcée avec les unités répressives habituelles afin de calmer la population locale. Dans cet ordre d’idée, une plus grande présence militaire aura un effet dissuasif bienvenu ;
3 – pour ses actions déterminantes et sa loyauté sans faille, le chef de la station Tyra des Renseignements Impériaux devrait être récompensé, idéalement par une citation et une médaille ;
4 – la nomination au grade de sergent du caporal Derek Sandy pour bravoure au combat et pour son comportement exemplaire tout au long de l’opération Gloire Impériale ;
5 – appuyer la demande de transfert du sergent Sandy dans son unité d’origine ;
6 – pour avoir fait preuve d’exceptionnelles qualités de leader et pour ses actions décisives, le sergent Sanaz Miren devrait – en plus de la décoration proposée par ses supérieurs – être proposée favorablement pour une nomination au grade de lieutenant avec transfert dans les unités de commandos de l’infanterie impériale. L’auteur recommande également de bloquer jusqu’à nouvel ordre toute nomination à un grade supérieur à celui de lieutenant. Un non-humain ne saurait être l’égal de nos meilleurs officiers.

Fin du rapport.
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Messagepar Notsil » Lun 26 Juil 2010 - 9:18   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Ah ouais quand même, quand tu envoies la sauce tu n'y vas pas de main morte :)

Bon, reste plus qu'à re-lire le début pour rafraichir la mémoire, pis attaquer la suite ;)
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Messagepar Notsil » Lun 26 Juil 2010 - 10:44   Sujet: Re: [En cours/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Bon ben lu et relu :p

J'adore la dernière petite phrase de fin ^^
La bataille spatiale est également très sympa ; après j'ai eu du mal à rentrer dans la peau de certains perso, à part Waldemar et Joris, voire Saniz, le sort des autres m'a laissé assez indifférente. M'enfin dans l'ensemble c'était chouette ;)
Bravo d'en avoir terminé :)
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Messagepar Titi77 » Lun 26 Juil 2010 - 20:16   Sujet: Re: [Fini/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

Merci de ton avis Notsil :)
Effectivement, je reconnais que les persos secondaires sont une de mes faiblesses. J'ai bien tenté d'y remédier mais comme je ne leur accorde guère de temps pour être autre chose que de simples persos "secondaires" (adjuvants/ opposants)...
Et pour Rees, tu as un avis au fait ?
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Messagepar Notsil » Lun 26 Juil 2010 - 21:14   Sujet: Re: [Fini/novella]L'Ordre Nouveau 2 - Sécession

J'ai trouvé sympa son amour pour l'opéra et le parallèle avec sa mort, mais j'ai quand même eu du mal à le trouver attachant, du coup, sa mort ne m'a pas vraiment émue.
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