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[RP] Mission : Mastaria

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Messagepar Super-Bern » Lun 14 Mar 2022 - 21:01   Sujet: Re: [RP] Mission : Mastaria

Fi Kchabec

La troisième lune de Mastaria continuait de fournir à la planque un éclairage magenta, soutenant le sentiment d’apaisement qui régnait dans l’équipe. La nuit tirant à sa fin, Fi profitait du moment d’accalmie en admirant l’astre à travers la fenêtre d’une des chambres. Comme il l’avait prédit, Lysto III leur avait permis de conclure un chapitre dans leur mission pour libérer sa planète. Leur offensive nocturne allait porter un grand coup aux factions extrémistes des Défenseurs. Narrac était mort, ce qui permettrait au Conseil de se reformer sans être contrôlé par l’esprit malsain du Jawa. Ils avaient également retrouvé Miri, Lenya et Anya, même si cette dernière n’aurait plus l’occasion de se faire pardonner. Lenya avait rejoint Faahiëo dans la pièce principale et les sentiments de Fi envers leur ancienne chef étaient mitigés. Il ne lui en voulait pas d’avoir tiré sur la Mandalorienne parce qu’elle l’avait fait pour les défendre, ce qui n’empêchait pas qu’il aurait souhaité qu’elle lui laisse une chance de s’expliquer au lieu de l’abattre. Il se demandait si, après ce qu’elle a vécu, elle espérerait reprendre la tête de la mission. Le Mastarien était sceptique sur les capacités de la Kiffar à donner des directives aux vues de son état, mais lui-même n’était pas un leader de nature et n’arrivait pas à décider de la prochaine étape.

Quant à l’autre Mandalorienne, le Gand et elle étaient occupés à régler son problème d’amputation du mieux qu’ils le pouvaient avec les ressources disponibles. En pensant à cette blessure, Fi tourna la tête vers le petit lit de la pièce. Miri y était étendue, inconsciente, les mains et le visage recouverts de bandages et de pansements. Elle avait indéniablement besoin d’une cuve de bacta, mais ils ne pouvaient pas prendre le risque de se faire remarquer en amenant la jeune femme à l’hôpital, puis ils n’avaient pas les moyens d’en louer une. La bonne nouvelle était qu’elle était vivante et que son état semblait s’être stabilisé grâce aux connaissances médicales combinées de tout le monde. La Jedi était tout de même allée chercher plus de matériel et de nourriture au cas où ils en auraient besoin. Fi s’approcha du lit et s’assit sur la chaise qu’il avait apportée. Il prit délicatement la main de Miri sur laquelle le bandage camouflait les trois doigts qui lui avaient été enlevés, réfléchissant à ce qu’il allait lui dire à son réveil. Tout avait tellement changé depuis son enlèvement, en commençant par leur nouveau repaire, l’aide des chasseurs de primes qui furent leurs ennemis, puis la réapparition de Kanno et son alliance avec Valor et pourtant, ce que redoutait le plus l’homme, c’était de lui apprendre le sacrifice d’Ukel. Il savait que Miri et lui s’étaient rapprochés et qu’elle tenait à lui malgré les apparences. Il ne savait pas comment elle réagirait, mais il voulait être celui qui le lui dirait, il pensait être le mieux placé pour le faire. Il caressait amicalement la main de sa coéquipière quand Ney cogna timidement sur le cadre de la porte ouverte.

- Comment elle va? demanda le prince.

- Elle va s’en remettre, je ne sais juste pas dans combien de temps, répondit Fi sans lâcher la main de Miri.

- Et toi?

- Ça pourrait aller mieux. On est arrivés à les ramener, Lenya et elle, c’est l’important. Comment va Lenya?

- Ce n’est pas la grande forme non plus, mais elle tient debout. Elle est encore avec le Laïzien à lui expliquer ce qu’elle a subi. Elle est forte même en ayant été enlevée et torturée, je comprends pourquoi mon frère l’a choisie pour l’assister.

- Je pourrais dire pareil pour Miri. Ce n’est pas n’importe qui qui serait encore vivant après tout ce que Narrac lui a infligé.

- Je suis d’accord, elles m’impressionnent, toutes les deux. Cela dit, je suis là parce que les autres veulent savoir ce qu’on fait maintenant.

Fi soupira. Il se le demandait aussi.

- Est-ce que Lenya a proposé quelque chose?

- On lui a dit que l’attaque était ton idée et elle veut que tu décides de la suite des choses.

- Bon, alors j’ai pensé à ce qu’on doit régler… Premièrement, il y a l’esclave et Valor dont on n’a pas eu de nouvelles depuis le métro, on ne sait toujours pas ce qu’ils veulent à court terme. Ensuite, on a le Comte Varol. J’ai réfléchi à l’empoisonnement pendant le repas et je crois que Narrac disait la vérité pour son innocence sur ce coup. Il voulait contrôler les Défenseurs, il ne les aurait pas tués devant nous. Le Comte était au bon endroit au bon moment pour que ses gardes puissent nous évacuer sans avoir à ouvrir le feu.

- Je ne connais pas bien Varol, mais ça ne me surprendrait pas qu’il ait empoisonné le vin dans le but de s’emparer du trône. Il a été élevé dans le même environnement que Valor et moi, toutefois, il est membre de la famille royale par alliance. Son père est le frère de ma mère, il n’a donc pas le sang des Ranol, ce qui ne lui confère pas le droit de régner. Il partage peut-être la soif de pouvoir de mon frère.

- Sans vouloir vous manquer de respect, à vous et à vos ancêtres, ça me paraît assez injuste pour quelqu’un qui a grandi comme un Ranol.

- Je comprends, mais c’est la tradition depuis des générations et personne ne s’y était opposé avant…

- Avant le putsch… Maintenant que vous êtes l’héritier légitime, si on arrive à arrêter Valor, vous pourrez mettre en place de nouvelles traditions. Vous voyez ce que cette quistie de guerre a fait à Mastaria, je n’ai pas envie qu’elle continue si… quand vous serez le nouveau roi.

Le prince se contenta de baisser les yeux sans dire un mot. Fi lisait la culpabilité dans ses yeux, il espérait néanmoins que le futur souverain arriverait à faire changer les choses pour éviter que le conflit s’éternise.

- Revenons-en à la prochaine étape, reprit-il pour faire redescendre la tension. Avec la mort de Na’rrac’sev, le Conseil des Défenseurs devra se trouver un nouveau chef et si on intervient dans la décision, on aura une chance qu’ils fassent le bon choix. Finalement, il y a l’Empire qui alimente les Bourreaux et on n’est pas du tout en mesure de les affronter directement. Donc vu qu’on n’a pas de nouvelles de Kanno ni du Comte, je pense que notre meilleure option est d’aller voir ce qui reste du Conseil et d’essayer de les rallier à notre cause. On va devoir attendre le retour de la Jedi de toute façon, donc pour l’instant, on reste ici.

- Je vais passer le message aux autres.

Ney disparut et Fi se perdit dans ses pensées. Il tenait toujours la main blessée, puis sursauta quand, après quelques minutes, la poigne du membre se resserra sur la sienne. La femme bougea légèrement, pas totalement consciente, et essaya de prononcer quelques mots. Même si son discours était en grande partie incompréhensible, Fi en déduisit qu’elle voulait savoir ce qui se passait. Il tenta de la rassurer en lui disant doucement qu’elle était en sécurité, cependant, il ne sût pas quoi répondre quand il comprit qu’elle demandait à voir Ukel. Le moment de lui révéler la vérité se rapprochait chaque minute et il espérait naïvement que la nouvelle ne la fasse pas souffrir plus qu’elle souffrait déjà.

En fin de compte, Miri retomba dans son sommeil et après avoir vérifié que ses signes vitaux ne s’étaient pas détériorés, Fi retourna à la fenêtre. Ce spectacle de lumière l’éblouissait, d’autant plus qu’il se disait qu’il le voyait peut-être pour la dernière fois. La fenêtre donnait sur la maison voisine, à moitié rasée par la guerre et sur laquelle quelques plantes grimpaient sur les murs. Depuis combien de temps cette rue était abandonnée, il ne pouvait pas le dire, mais l’idée que Mastaria puisse revenir dans l’état qu’il l’avait connue jadis lui fournissait la motivation qu’il avait besoin pour continuer sa quête d’y ramener la paix. Sa réflexion fut une fois de plus interrompue, cette fois par la porte principale qui s’ouvrait.

Fi s’accota contre le cadre de porte, c’était Kira qui revenait, suivie par un Togruta adulte, plus grand, plus costaud et habillé d’une tunique blanche. En remarquant que l’homme portait à sa ceinture un sabre laser, Fi se dit qu’il devait s’agir du maître de Kira. Cette dernière le présenta effectivement comme tel, un Jedi du nom de Py-Quos. Elle fit ensuite le tour de chaque personne dans la pièce, le Mastarien fit un signe de tête approbateur comme salutation quand vint son tour. Kira guida son maître vers Fi qui les laissa entrer dans la chambre. Le Jedi examina la souffrante, puis se tourna vers l’homme.

- Elle a de la chance d’être avec vous tous, dit calmement Py-Quos. Vous l’avez bien aidée d’après ce que m’a raconté ma Padawan. Je peux soigner ses blessures légères et la réveiller, mais pour le reste, elle aura encore besoin de temps pour s’en remettre.

- Allez-y, accepta Fi. Kira m’a dit beaucoup de bien sur vous et elle nous a prouvé qu’on pouvait lui faire confiance, donc je vous fais confiance.

La jeune Jedi ne devait pas s’attendre à ce compliment, car il la vit afficher un sourire en coin et détourner le regard. Le Togruta s’approcha de Miri et posa sa main sur le front de la femme. Puis, lentement, il releva le bras et passa de la tête aux pieds à la manière d’un scanner. Kira et Fi observaient attentivement la manœuvre Jedi, la première semblant davantage comprendre ce qui était en train de se produire. Après quelques secondes d’attente, Miri reprit peu à peu conscience et inspecta les alentours. Fi alla aussitôt la voir, ce qui l’apaisa, et l’aida à s’asseoir.

- Fi… articula-t-elle du fond de sa gorge.

- Ça va, je suis là, prends ton temps.

- Où sont… les autres?

- Ils sont dans l’autre pièce, juste à côté.

- Je veux… voir Ukel.

Fi baissa les yeux, c’était maintenant ou jamais. Il devait lui apprendre ce qui s’était passé. En relevant le regard, il vit celui de sa coéquipière, son amie, qui le suppliait de lui répondre. Il aurait tellement voulu lui dire qu’il l’attendait avec les autres, qu’il les avait aidés à la sortir de sa cellule, mais il allait plutôt lui dire la seule phrase qu’elle ne voulait pas entendre.

- Miri… à propos d’Ukel…
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Messagepar darkCedric » Dim 15 Mai 2022 - 21:40   Sujet: Re: [RP] Mission : Mastaria

Zeyyna



De gros nuages noirs avaient envahis le ciel, jetant une ombre grisâtre sur les alentours. Une fine bruine ne tardait pas à tomber à la manière d’un voile s’agitant au vent, se transformant en grosses gouttes au contact de sa visière et dégoulinant tout du long. Zeyyna les essuya d’un geste sec. Les autres avaient plus que besoin de sa vision.
Au moins, cette pluie devrait les rendre moins repérable, songea-t-elle.
Pour le moment, elle ne faisait que mettre en valeur la déchéance qui entourait le QG des Défenseurs. Les immenses bâtiments en pierre qui devaient jadis respirer la noblesse dressaient à présents leurs sommets à demi en ruine. Tout ce qui avait de la valeur - objets et pierres précieuses, peintures dorés, sol en marbre, avaient depuis longtemps été dérobés par des pillards. L’éclatement de certains dallages montraient encore leur passage à coup de marteau. De l’époque dorée dont Fi ne cessait de leur rabâcher les oreilles, il ne restait plus que ces fantômes sur lesquels une fine poussière noire s’était déposée. Malgré la pluie, Zeyyna pouvait sentir l’odeur des décharges de lasers dans l’air.
Mandalore ressemblera-t-elle un jour à ça ? se demanda-t-elle. Nos descendants marcheront-ils parmi les ruines de notre grandeur ?
Elle secoua la tête : ce n’était pas le moment de jouer aux philosophes. Elle se leva et sauta de la corniche où elle se trouvait pour atterrir sur le toit quelques mètres en dessous. Elle se réceptionna souplement, sans presque un bruit lorsqu’elle sentit sa jambe gauche s’engourdir brusquement. Son pied dérapa sur la surface mouillée et se sentit partir en arrière pour glisser le long du toit en patte. Elle arqua brutalement le dos en poussant un grognement et se stabilisa de justesse. Lentement, elle ramena sa jambe gauche et avança doucement jusqu’à une surface en triangle formant le dessus d’une antique fenêtre sur laquelle elle se hissa. Depuis son combat contre ce guerrier Kaleesh, des crampes impromptues la prenait parfois, souvenir d’une blessure encore récente. Mais le pire, c’était sa main. Mécaniquement, la mandalorienne baissa les yeux sur son moignon. Un crochet remplaçait à présent sa main droite. La mandalorienne l’avait bricolé à partir de divers pièces trouvées chez Fi, sous le regard protecteur de Kira. Lorsque la jedi lui avait demandé pourquoi elle ne se faisait pas simplement posé une main artificielle, elle avait sourit.
– Ce que tu as perdu et qui a été perdu, tu le referas de tes mains : Tel est la Voie. Et puis, je ne risque pas de trouver une prothèse sur cette planète minable.
La plupart du temps, elle ne sentait rien, mais il arrivait que la blessure la fasse souffrir attrocement. La nuit dernière, elle s’était réveillée en la sentant brûler. Seule la fierté l’avait empêché de hurler à pleins poumons. Elle avait donc serré les dents pendant de longues minutes, son membre pressé contre sa poitrine, jusqu’à ce que la douleur se rendorme. Elle connaissait bien ce phénomène. Son grand-père avait perdu ses deux jambes lors de la Grande Chasse. Lorsqu’il regardait ses entraînements d’adiik, il lui disait parfois, le regard lointain :
– Voilà vingt cinq ans que j’ai perdu mes jambes, et voilà vingt cinq ans que je rêve chaque nuit que je les aies toujours. Et que je me réveille le mâtin, je peux encore les sentir. Alors, j’essaie de me lever. Et puis, je me souviens.

Une file de silhouettes surgit d’une ruelle adjacente en contrebas, se frayant un chemin au travers de colonnes à demi effondrées. Zeyyna porta une main à son casque et sa vision fit aussitôt une embardée. A présent, à travers un mince rideau de pluie elle les distinguait aussi bien que si elle s’était trouvée uniquement à un mètre de distance d’eux.
Kira était à la tête du groupe, vêtue de sa tenue de jedi, son sabre laser se balançant à sa taille. Ses sourcils froncés de concentration, elle jeta un coup d’oeil rapide aux rues qui s’ouvraient à elles. Fi la suivait de près, servant par son imposante taille de bouclier à la troisième personne, vêtu pour sa part d’une grande cape brune à capuche. Aanks’ol fermait la marche, la tête tournée pour surveiller leur arrières. Lenya et Miri étaient restées dans leur repaire : leur état était encore trop précaire pour leur faire prendre part à cette mission. L’assassin, surtout, l’inquiétait. La nouvelle de la mort du professeur Anto l’avait poussé dans un état psychologique instable : elle s’était mise à hurler à pleine gorge, pendant de longues minutes, avant d’éclater en sanglots. Depuis, son état variait entre les deux. Le Laizeen était resté à leurs côtés, pour veiller sur elle. Il était impossible de le séparer de la kiffar maintenant qu’il l’avait retrouvé.
La jedi toucha le communicateur à son poignet et Zeyyna entendit aussitôt sa voix dans son casque, comme si elle lui parlait au creux de l’oreille. Seul un léger grésillement trahissait le procédé.
– On approche du nid, dit-elle en suivant le nom de code qu’ils avaient mis en place au cas où leurs communications seraient interceptées.
Tout en parlant, la jedi avait fait signe à ses compagnons de la suivre avant de s’élancer à petits pas dans la rue qui faisait face à son perchoir, lui tournant à présent le dos.
– Je sais, je t’ai en visuel. Beau déhanché d’ailleurs.
La togruta s’arrêta soudainement, obligeant tout le groupe à piller derrière elle. Elle se retourna, le poignet au niveau de la gorge, pour fixer l’endroit où se trouvait la mandalorienne et lui jeta un regard noir. Zeyyna éclata de rire.
– Je ne vous dérange pas, j’espère ?
Osi'kyr ! jura-t-elle.
Elle tourna vivement la tête. Py-Quos se tenait debout derrière elle, la fixait d’un regard calme, un sourire vaguement ironique flottant sur ses lèvres. Le maître de Kira ne semblait pas incommoder par la pluie qui s’écoulait lentement le long de ses mantrals. Ils étaient plus long que ceux de son ancienne apprentie, et arboraient non pas ce bleu si séduisant qu’elle avait, mais un rouge sanguin.
La mandalorienne se sentit rougir en pensant qu’il avait pu se faufiler derrière elle - et sans doute sans vraiment chercher à être discret - sans qu’elle le remarque. Elle étouffa un grognement et s’adressa à lui le plus naturellement possible
– Vous n’avez pas croisé de soldats dans votre coin ?
– Non, mais il y a des traces de combats assez récent aux alentours.
– C’est la guerre, au cas où vous n’auriez pas remarqué, commenta la mandalorienne d’un ton acide.
– Certes, répondit l’autre en inclinant légèrement la tête comme s’il admettait la véracité de ses propos.
La mandalorienne grogna. Elle aurait préféré qu’il l’insulte plutôt que de l’approuver de cette manière si condescendante et pleine de morgue. Mais après tout, c’était un jedi : on ne pouvait pas en attendre des miracles.
– Vous savez que nous autres, jedi, avons une politique très stricte en matière d’attachement, n’est-ce pas ? lui dit-il avec un sourire moqueur bien que teinté de compassion.
– Pitié, ne me faîtes pas le coup du saint homme geste, rétorqua-t-elle en retournant son attention sur l’avancée du groupe. Mon père était à vos côtés lors de la crise candorienne, et d’après ce qu’il m’en a raconté vous n’étiez pas le dernier à flirter.
– Ah, ce vieux Dema... Que devient-il ?
– Il est mort. Vous êtes sur son testament d’ailleurs.
Du moins, c’était une manière de parler. Sur son lit de mort, son paternel lui avait dit :
– Si jamais tu revois cette enflure de jedi, enfonce-lui son sabre dans le fondement de ma part !
Cette révélation, Zeyyna la gardait toutefois pour une de leur prochaine joute verbale. Il ne fallait pas user toutes ses cartouches de suite.
Le groupe avait presque atteint l’extrémité de la rue à présent, avançant à présent rapidement. Un mouvement au sommet d’une tour attira soudain son attention. Une sueur froide lui coula le long du dos. D’un geste, elle activa la vision thermique de son casque : trois tâches rouges se matérialisèrent aussitôt dans son champ.
– Planquez-vous ! lança-t-elle dans son comlink. Il y a trois gardes au-dessus de vous.
Kira ne perdit pas de temps. Zeyyna la vit aussitôt entraîner les autres à l’ombre des colonnes, hors de vue des Défenseurs.
– Je me charge d’eux, lâcha simplement Py-Quos en posant une main sur son épaule.
Avant qu’elle n’ait le temps de lâcher un mot, le jedi s’élança, comblant d’un saut la distance de plusieurs mètres le séparant du prochain toit, avant de se laisser souplement tomber.
– Frimeur, souffla la mandalorienne.

Elle vit le jedi effectuer des sauts plus courts, bondissant de toits en balcons, atterrissant sur des terrasses avant de continuer sa course. Elle tâchait de garder son regard attaché aux trois formes chaudes qui déambulaient dans cette tour ouverte, surmontée d’une coupole à demi-effondrée. L’une d’entre elle, après en avoir parcouru deux fois la largeur, se tourna vers l’horizon. Là où se trouvait le togruta.
Cet imbécile va se faire voir, jura-t-elle intérieurement.
Sans réfléchir, elle se mit debout sur la corniche qui surplombait la fenêtre et agita les bras.
– Oh, les gars ! Vous cherchez de la compagnie ?
Les trois formes rougeâtres se tournèrent vers elle à l’unisson. En contrebas, la mandalorienne vit Kira sursauter puis se ruer hors de sa cachette. Zeyyna désactiva sa vision thermique et elle put apercevoir un peu mieux les trois hommes à présent qu’ils lui présentaient leur visage. Le premier avait un visage grignoté par la barbe, des yeux farouches surmontés de sourcils broussailleux. Son compagnon le plus proche n’avait comme face qu’un amas de cicatrices raturés et un crâne rasé où s’étalait un tatouage. Quand au dernier, il ne devait pas avoir encore dix huit ans.
Surprise ou pas, il ne s’écoula qu’une seconde avant qu’ils ne lèvent leur armes dans sa direction. Au même moment, Py-Quos se laissa tomber derrière eux. Il n’y eut pas d’éclat de sabre laser, pas de décharge de blasters. Le jedi se contenta de lever la main et les trois hommes furent projeter contre un pilier avant de s’effondrer, inconscient.
La mandalorienne admira le spectacle, une jambe en avant, genou plié et mains sur les hanches d’un air triomphant. Un long sourire s’étira sur son visage. Son comlink crépita :
– Ne refais jamais ça, espèce de sombre idiote ! éclata Kira dans ses oreilles. Crétine de mandalorienne ! Ne refais jamais ça, ou sinon...
– Sinon quoi ? demanda Zeyyna d’une voix provocante. Tu vas me donner une fessée ?
La togruta lâcha un cri de rage à l’autre bout de la ligne et coupa brutalement la communication. Zeyyna éclata de rire. Elle prenait un plaisir tout particulier à taquiner la togruta. Elle ne sait pas à quelque point elle est mignonne dès qu’elle se met en colère.
Elle activa son jetpack et vola jusqu’au rebord de la tour. Elle s’apprêtait à moquer le jedi sur la gestion de la colère de sa padawan, lorsqu’elle le vit pencher sur les blasters des soldats. Elle s’agenouilla à côté de lui.
– Alors ? demanda-t-elle.
– Ce sont des armes classiques.
Zeyyna prit l’arme qu’il lui tendait et examina les munitions : il disait vrai. Elle en ressentit un vif soulagement. Fi avait entendu des rumeurs dans les ruelles entourant leur cachette, sur un nouveau type de blaster utilisant des balles en glastinum. De telles armes n’auraient pu être paré par un sabre laser.
– Je n’ai donc plus besoin de jouer aux imbéciles pour vous éviter de vous trouer la peau, commenta-t-elle en se relevant.
– Parce que vous jouiez ? releva-t-il d’une voix faussement innocente.
Zeyyna retint de justesse une bordée de jurons qui aurait fait rougir un marchand de beskar, se hissa sur la rambarde ceinturant la tour et s’envola.

La mandalorienne surveilla le groupe depuis les cieux tandis qu’ils évoluaient au milieu des ruelles. Ils débouchèrent finalement sur une grande place vide, à l’extrémité de laquelle se trouvait le QG des Défenseurs, imposant bâtiment en pierre toujours intact. L’absence de bâtiments dans un rayon proche rendant toute protection depuis les airs inutile, Zeyyna fondit sur le groupe. Tout le groupe tourna la tête vers elle lorsque ses pieds touchèrent le sol. Seul Kira ne lui jeta pas un regard, le visage obstinément tourné vers leur objectif. Zeyyna marcha à sa hauteur, tout en maintenant un œil protecteur sur le troisième membre du groupe.
– Pour le moment, tout ce passe bien. Mais je ne suis toujours pas convaincu que nous ayons bien fait de venir.
– Tu as peur ? lui demanda la jedi d’un ton acide.
– A part toi, rien ne me fait peur, balaya la mandalorienne.
– Je le prends comme un compliment.
Au milieu de la place gisait une carcasse de navette, dont les pointes écorchées étaient battues par la pluie. Zeyyna vit Kira froncer les sourcils.
– Elle n’était pas là, la dernière fois où nous sommes venus, commenta Fi derrière eux.
La mandalorienne sentit son corps se tendre. Elle dégaina ses deux blasters au moment où des soldats Défenseurs surgissaient derrière l’épave et ouvraient le feu. Kira se jeta aussitôt devant elle, son sabre illuminant le rideau de pluie d’une lueur bleuté qui ruisselait sur elle. Elle para les tirs d’un geste fluide, les envoyant sur le sol quelques pas devant leurs assaillants. Ces derniers observaient désormais la jedi d’un œil blanc, terrorisé.
– Nous ne sommes pas venus pour nous battre, uniquement pour discuter, intervint Py-Quos.
Le jedi se fraya un chemin depuis l’arrière du groupe, son sabre allumé, avant de venir se poster à côté de sa padawan. L’un des soldats, le plus jeune, laissa tomber son arme et se mit à genoux, les mains levées en signe de pitié.
– Je vous en prie, Noble Jedi, ne me tuez pas !
Son chef lui aboya de se relever, mais son visage prouvait qu’il était aussi peu rassuré que son subordonné.
– Qu’est-ce que vous voulez ? grogna-t-il.
– Uniquement parler avec vos chefs, expliqua le togruta d’une voix douce. Nous avons des informations à leur donner qui pourraient faire changer le conflit.
Les Défenseurs échangèrent un regard perdu, alors que la pluie tambourinait sur leurs casques. Finalement, celui qui les dirigeait se tourna vers le groupe.
– C’est d’accord. Suivez-nous.


***



Les soldats, au nombre de cinq, ne tardèrent pas à les encadrer tandis que leur chef prenait la tête du groupe. Zeyyna les suivait d’une démarche détendue. En cas de pépin, elle avait peu de soucis à se faire d’une si piètre escorte. Contrairement à ce à quoi elle s’attendait, les soldats ne les amenèrent pas directement à leur QG. Ils effectuèrent un long détour vers l’arrière du bâtiment, jusqu’à un escalier, encadré par deux stèles à demi-effritées, qui s’enfonçait dans l’obscurité.
– Vous nous faîtes passer par la porte de derrière ? lança la mandalorienne. Trop peur qu’on voit nos trognes ?
– La ferme, lui intima le chef des soldats d’un ton maussade.
Zeyyna allait lui lancer une réplique cinglante, mais Kira lui intima du regard de garder le silence. La mandalorienne marmonna entre ses dents en rongeant son frein.
Ils descendirent l’escalier jusqu’à un long souterrain qui filait en ligne droite à travers les ténèbres. Il s’agissait sans aucun doute des fondations du QG, au vu des immenses poutres en pierre qui venaient soutenir le plafond. Quelque part, un filet d’eau coulait, dont la chute des gouttelettes résonnait comme un tambour. Ils grimpèrent finalement une longue suite de marche raides. Leur guide écarta la tenture qui en masquait la sortie, révélant un long couloir sur les parois desquels s’étalaient de grandes tapisseries dorés. Zeyyna ne put s’empêcher de siffler d’admiration, s’attirant un regard désapprobateur de Fi. Tout cela devait valoir une fortune à la revente !
Ce qu’elle vit ensuite lui fit échapper quelques jurons à voix basse. Le corridor était surchargé d’hommes en armes, aux poses les plus diverses. La plupart étaient adossés contre les murs tapissés, d’autres se tenaient penchés en avant, appuyés sur leurs armes, alors que quelques uns étaient carrément assis par terre, comme s’ils se trouvaient autour d’un feu de camp à la belle étoile. L’ambiance était si lourde qu’elle aurait pu la toucher du doigt. Ce mélange de laisser-aller et cette tension toute militaire lui donnait des sueurs dans le dos. Décidément, quelque chose ne tournait pas rond.

Leur escorte s’arrêta. Un soldat s’inclina devant eux et leur ouvrit une petite porte avant de la refermer derrière eux.
Deux hommes d’âges murs se tenaient au garde à vous autour d’un grand lit. Une petite créature toute fripée se cramponnait aux draps, relié à d’imposants appareils médicaux. Ce n’est qu’en s’approchant qu’elle se rendit compte qu’il s’agissait d’un dug. Sa peau, d’un violet maladif, pendaient sur ses os comme des morceaux de viande flasque. Mais ses yeux, eux, n’avaient rien perdu de leur vigueur. Zeyyna le vit se redresser difficilement à la seule force de ses bras jusqu’à s’adosser contre son oreiller, non sans une quinte de toux. Ses yeux se posèrent sur eux.
Le vieux guerrier déglutit, les lèvres crispées.
– Vous... Vous avez du culot... Oui, du culot de revenir ici, après avoir fui comme des criminels à la mort du conseil.
Il leva un doigt maigre et tremblant en direction du membre encapuchonné de leur groupe, et sa face se fripa de colère.
– Et vous, VOUS, vous êtes un meurtrier qui assassine ses propres sujets, un patin des sith !
– Ce n’était pas moi, mais mon frère Valor, lâcha le Prince Ney en relevant sa capuche. Jamais je ne me suis accoquiner avec les sith.
Malgré la fatigue et la lassitude qui se peignait sur ses traits après ses jours passer dans leur planque, Zeyyna lui trouvait toujours un air de majesté.
– Peut-être bien, répondit le dug d’un air peu convaincu. Après tout, vous avez des jedi avec vous...
Ses yeux plissés lorgnaient sur les sabres lasers deux togrutas dans un mélange de fascination, de peur et de dégoût. Il reprit, d’une voix plus lente :
– Mais le Peuple, lui, vous prend pour un psychopathe. Et je ne le pense pas près à croire à une histoire de frère jumeau de mèche avec les sith.
– Les gens n’ont pas oublié, intervint alors Fi de sa voix grave. Dans les maisons, on se souvient encore des princes jumeaux Ney et Valor qui accompagnaient leur père lors de ses discours sur la Place Ranol. Si nous leur disons la vérité, et que maître Py-Quos apporte son témoignage de maître jedi, alors notre prince sera lavé de tout soupçon et le peuple pourra de nouveau espérer.
Rodada ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais le jedi le prit de court :
– Croyez-moi Fi, rien ne me ferait plus plaisir que de dévoiler la vérité. Mais le conseil m’a envoyé ici pour observer et - au besoin - vous donner un discret coup de main. A vrai dire, en vous suivant jusqu’ici, j’ai de loin dépassé les limites posées par le conseil. Si je témoignai en faveur du prince, j’engagerai la responsabilité de la République dans cette affaire, ce qui pousserai dès lors l’Empire a lancé un assaut de grande envergure sur Mastaria. La guerre atteindrai alors des proportions que vous ne pouvez imaginé.
– Je ne savais pas que les jedi manquaient à ce point de courage, lâcha Zeyyna d’un ton sarcastique. Ils vous coupent les babioles utiles à votre entrée au Temple ?
Elle s’attendait à une réplique cinglante, voir à une claque bien placée de la part de Kira, mais cette dernière ne fit rien. Les sourcils froncés, elle fixait son maître d’un regard intense et Zeyyna compris qu’elle détestait autant qu’elle cette passivité. Pour sa part, Fi fixait d’un œil non point empli de colère, mais simplement déçu.
Dans son lit, le dug renifla avant de se tourner vers Ney :
– Qu’est-ce qui vous a poussé à venir ici, Votre Majesté ?
– Vous apprendre la mort de Narrac. Il avait séquestré l’une d’entre nous dans un ancien bunker dans le désert nord. Mes compagnons ont réussi à la délivrer lors de l’apparition de Lysto III et ont tué le jawa.
– Quand notre Prince dit que « nous » avons tué le jawa, il veut dire moi, intervint Zeyyna Son corps doit nourrit les vers des sables à l’heure qu’il est.
Même si elle tenait à rappeler son acte, elle n’en tirait aucune fierté particulière. La petite créature avait certes été un adversaire redoutable d’après ce que Fi lui avait raconté, mais sa mort n’avait pas été l’occasion d’un combat glorieux. Elle l’avait simplement abattu pour sauver l’assassin. Elle aurait préféré pouvoir s’enorgueillir de la mort du kaleesh que Kira avait réussi à vaincre. Lui, pour le coup, avait représenté un défi de poids.
Le dug écarquilla les yeux et se redressa brusquement. Nulle tristesse ne transparut dans ces yeux, uniquement l’effarement, comme si la mort de ce jawa qui avait su merveilleusement tissé sa toile dans le bourbier d’intérêts et de complots qu’était Mastaria était inconcevable. Finalement, sa bouche se tordit en un sourire amer.
– Alors, la guerre est perdue.
– Vous êtes prêts à vous avouer vaincu et à laisser la planète sous le joug des Bourreaux ? lança Fi d’un ton calme mais ferme.
– Je me battrai jusqu’à la mort ! aboya le général. Mais je sais quand une cause est perdue : sans les armes que nous fournissait le jawa, nous ne pourrons faire face à l’artillerie de ces Massanaken de Bourreaux.
– Chaque fusil qu’il vous vendait, il en fournissait l’équivalent aux Bourreaux, commenta Kira. Il n’a cessé de trouver des expédients pour prolonger le conflit : jamais vous n’auriez eu la victoire avec lui.
– C’est ce qu’on a raconté, oui..., en convint le dug.
– Maintenant qu’il n’est plus là, reprit Ney, le conseil va pouvoir reprendre la bonne voix e...
– Le conseil ? le coupa le général d’un ton suffoqué. Le conseil est mort. Narrac était le dernier encore en vie, avec moi... Et Varol.
Il cracha quasiment ce dernier nom.
– Rien ne vous empêche de le reformer avec des gens loyaux et sages. Vous commandez toujours les Défenseurs après tout.

Cette fois-ci, le dug éclata de rire, un rugissement qui le plia en deux avant de s’achever dans une quinte de toux si forte que Zeyyna craignit qu’il ne bascule dans la tombe.
– Parce que... Parce que vous croyez que je suis encore aux manettes ? ricana-t-il d’une voix sifflante. Les autres gisaient à peine mort que les charognards se pressaient déjà, attirés par la vue du sang.
Devant elle, Zeyyna vit Ney froncer les sourcils tandis que Kira échangeait un regard avec son maître.
– Qui dirige alors ? demanda le Prince.
– Personne. Et tout le monde a la fois. Sans doute ont-ils appris la mort du jawa au plus tôt - ça semble logique maintenant. Il suffit que le chef de meute meurt pour que les jeunes louveteaux se battent entre eux pour décider qui dirigera. La majorité de nos anciennes forces sont derrière Feth Kruth. Aux dernières nouvelles, il s’en prenait à nos territoires du quartier Selor. D’autres se sont rangé derrière Skork Res, un trandoshan transfuge des Bourreaux. Lui et ses hommes se sont emparés des chars que nous avait fourni Narrac, et il use ses forces contre Feth. Le reste c’est dispersé entre plusieurs autres seigneurs de guerre. Les milices qui avaient juré loyauté aux Défenseurs ont renié leur serment : même les clans dugs - mes propres frères ! - ont choisi de se retirer dans leurs mines. Les seuls hommes qu’ils me restent sont ceux qui sont dans ce bâtiment et aux alentours.
Ça pue encore plus sévère que le derrière d’un gundark, songea Zeyyna.
Ils étaient venus en espérant pouvoir influencer le conseil des Défenseurs, et ils se retrouvaient avec un semi-cadavre barricadé avec quelques fidèles. Quant aux Défenseurs, voilà qu’ils apprenaient qu’il n’en restait rien, mis à part des parasites s’en disputant les restes et s’entre-déchirant entre eux.
Ney était décontenancée, Kira révulsée. Quant à Fi... Zeyyna avait compris en se mêlant aux conversations qui fleurissaient dans leur planque que ces deux parents avaient été des défenseurs avant d’être tués. Comment, elle ne le savait pas, sûrement au combat. Fi lui même n’était pas un grand bavard sur le sujet.
Le Prince fut le premier à reprendre la parole :
– Et Varol ?
– Ce traître ? renifla le dug d’un ton méprisant. Il a creusé son trou dans un bunker. On raconte qu’il a construit une véritable ville souterraine là-dessous, où il soigne des centaines de familles.
A son ton, on comprenait tout de suite ce qu’il pensait de ce gaspillage de ressources.
– Vous pensez que c’est lui qui a empoissonné le conseil ?
– Narrac le pensait, et je partage son avis. Varol s’est éclipsé juste avant le banquet, et ses hommes ont été les premiers à faire irruption dès le début de la boucherie.
Zeyyna vit le visage du Prince se refermer. La mandalorienne savait qu’il avait rencontré son cousin quelques jours plus tôt, sois après l’empoisonnement. Aanks’ol l’avait accompagné comme garde du corps. Quand elle lui avait demandé ce qu’ils s’étaient dit, le gand avait haussé les épaules :
– J’étais trop occupé à guetter les alentours, au cas où il s’agirait d’une embuscade, pour écouter ce qu’ils avaient à se dire. Le comte n’a cessé de l’assurer de sa loyauté, à lui parler des souffrances du Peuple et à lui conseiller de se méfier de tout le monde... sauf de lui, évidemment. Sa Majesté n’en tirera pas grand-chose, si tu veux mon avis.
Le silence dura quelques instants avant que Ney ne reprenne la parole :
– Varol m’a donné un moyen de le contacter, ainsi que les coordonnées de son bunker. Le moment est peut-être venu que j’ailles le voir.
– Vous n’y pensez pas ! Il vous tiendra en otage, ou vous livrera aux Bourreaux.
– Je suis bien protéger, général, répondit le Prince en esquissant un mince sourire. Avec vous, Valor est le dernier membre vivant du conseil et il dispose de ressources conséquentes. S’il est innocent de ce dont vous l’accusez, il peut nous aider. Dans le cas contraire, justice devra être faîtes. Venger le conseil pourra peut-être rassembler ceux qui sont encore loyaux au nom des Ranols.
– Acceptez que quelqu’un de mes hommes vous accompagnent, alors.
Le sourire de Ney se fit plus grand et Zeyyna vit un éclat briller dans ses yeux.
– Cela signifie que vous m’engagez votre allégeance ?
– De grand cœur... Mon Roi.
Comme un seul homme, les deux soldats qui encadraient son lit de chaque côté posèrent un genou à terre avant de plaquer le poing gauche contre leur cœur.
Une sonnerie retentit dans le casque de la mandalorienne, la détournant de ce réjouissant spectacle.
– Oui ? demanda-t-elle, s’attirant un regard interloqué de Kira.
La voix qui lui répondit appartenait à Faahiëo, mais elle était à point teintée de terreur pure qu’elle sentit tous ses poils se hérisser.

– C’est Lenya ! Il faut l’amener dans un hopital ! D’URGENCE !
« Tout cul tendu mérite son dû »

Amara débarque en section fanfic !
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Messagepar Super-Bern » Mer 13 Juil 2022 - 4:58   Sujet: Re: [RP] Mission : Mastaria

Fi Kchabec

Une bombe, encore?! pensa Fi en rageant intérieurement. La pluie fine tapait sur le visage dur de l’homme alors qu’il filait sur sa motojet en direction de la planque. Les rues de ce quartier de la ville étaient assez calmes à part pour quelques mendiants installés ici et là, ce qui lui permettait d’accélérer sans mettre en jeu la vie d’un passant.

- J’espère que vous avez déjà conduit une motojet sous la pluie, dit une voix venant de derrière qui ne semblait pas rassurée.

À l’arrière du véhicule se trouvait Py-Quos qui s’était proposé d’accompagner le Mastarien pour offrir son aide à Lenya. Les bras agrippés à la taille du chauffeur, il affichait une posture confiante, mais Fi sentait par la poigne du Jedi qui se resserrait sur son ventre à chaque virage que celui-ci n’était pas tout à fait à l’aise dans son rôle de passager.

- Plusieurs fois, répondit sèchement l’intéressé pour calmer son compagnon.

Les yeux rivés sur la route, Fi manœuvrait l’engin avec précision et fermeté, éclaboussant la rue à chaque virage avec l’eau qui s’accumulait sur la motojet. Il essayait de se concentrer sur son itinéraire pour arriver à destination le plus rapidement possible, il n’allait pas laisser une autre personne exploser sous sa supervision.

***


À la planque, Faahiëo leur expliqua la situation tandis que son amie s’était enfermée dans une chambre. Le Laïzien faisait les cent pas entre les deux murs, ajoutant des jurons et des insultes envers Narrac et le jumeau de Ney à chaque occasion dans son monologue. Fi et Py-Quos apprirent que le Jawa avait fait livrer Lenya à Valor avec un traceur dans la nuque dans le but de découvrir sa cachette, puis que quand ce dernier l’eut appris, il la lui avait renvoyée avec un collier explosif sous-cutané à la place du traceur pour qu’elle le tue. Elle s’était alors fait conduire jusqu’au bunker du désert où Narrac l’enfermait tantôt dans une cellule, tantôt dans son bureau pour lui arracher des informations. La Kiffar prétendait n’avoir rien dit de peur que la bombe s’active, puis avait profité des secousses provoquées par les vers des sables pour échapper à ses gardes. C’est à ce moment qu’elle était tombée sur Zeyyna et qu’elles avaient rejoint l’équipe.

Fi comprenait mieux maintenant pourquoi Lenya n’avait presque rien dit depuis qu’ils étaient revenus ici. Elle s’était enfin ouverte à son ami pendant leur absence après que ce dernier l’eut convaincue de lui raconter toute l’histoire, puis s’était recluse dans l’appréhension du déclenchement de l’explosif. Faahiëo ajouta que selon la femme, il exploserait si on essayait de l’enlever, si elle mourait ou si Narrac n’était pas mort une semaine plus tard. La dernière éventualité pouvait être mise de côté, mais la deuxième rappela à Fi l’explosion de Sorvairs et l’avertissement d’Ukel. Le Jenet avait donc probablement une bombe du même genre en lui comme il l’avait pensé. Seulement, c’était leur ancienne chef qui était dans cette situation en ce moment et le drame pouvait encore être évité. Il se tourna vers le Jedi.

- Vous pouvez faire quelque chose?

- Je crains que non, se désola le Togruta. Je pourrais très bien retirer le collier avec la Force, mais pas sans grièvement blesser votre coéquipière au mieux ou la faire exploser si le mécanisme s’active. Si l’appareil fait effectivement le tour de son cou, le risque est qu’on lui déchire la peau et ce à quoi il est attaché à l’intérieur en même temps. Elle a besoin d’une équipe expérimentée ou d’un droïde médical. Comme vous l’avez dit en nous appelant, continua-t-il en regardant le Laïzien, le mieux serait de l’amener à l’hôpital.

- C’est ce que je lui répète depuis tout à l’heure, mais elle refuse de mettre des innocents en danger, objecta le jeune humain. Elle préfère rester enfermée seule que risquer de blesser quelqu’un d’autre.

Fi laissa échapper un soupir. Lenya avait raison, le jeu n’en valait pas la chandelle. Faute de meilleure idée, il sortit son holoprojecteur et contacta le reste de l’équipe pour leur transmettre les informations et entendre les leurs. C’est Kira qui répondit avec l’appareil de son maître qui lui avait été confié. Il lui résuma la situation et la Jedi enchaîna avec l’état des choses de leur côté.

- Varol nous jure qu’il n’est pas responsable de l’empoisonnement. Il répète qu’il était seulement au bon endroit au mauvais moment. Il nous a fait une visite guidée de son aménagement souterrain pour nous montrer ce qu’il y fait et nous prouver qu’il est de notre côté. Ceux qui se font soigner ici ne sont pas des soldats, ce sont des familles, des réfugiés, des marchands qui ont tous trop peur de rencontrer des milices pour aller dans des hôpitaux à la surface. Honnêtement, je pense qu’il dit la vérité. Maître, je ressens à travers la Force qu’il n’est pas mauvais, mais qu’il cache quelque chose. Je ne sais pas si on devrait lui faire confiance.

- La Force ne nous dit pas tout, ma jeune Kira, les réponses viendront en temps voulu. Si tu sens que ses motivations sont sincères, tu dois faire ce…

- Ce qui me semble juste, coupa l’ancienne Padawan. Oui, Maître, je comprends. C’est que je ne pense pas que Zeyyna et Aank…

Kira se fit interrompre à son tour par le Comte. Sa silhouette apparut dans la projection lorsqu’il mit la main sur l’épaule de la jeune femme.

- Ah, voilà le reste du groupe, s’exclama chaleureusement Varol. Quand est-ce que vous venez visiter mes hôpitaux souterrains? J’ai appris la nouvelle pour Na’rrac’sev et je dois vous dire que je suis extrêmement soulagé. Comme je l’ai déjà dit à vos amis, je ne suis pas responsable de l’empoisonnement et je n’étais allié à ce Jawa que parce que j’étais membre du Conseil des Défenseurs et qu’il m’accordait une immunité diplomatique sur le développement des hôpitaux. Maintenant qu’il n’est plus parmi nous, nous pouvons revoir notre tactique face aux Bourreaux. Tout ce que j’ai dit lors de notre dernière rencontre est vrai, vous devez me croire.

Le silence que Fi laissa planer en dit long sur son hésitation. Il voulait croire que le Comte disait vrai, mais les circonstances de l’événement qui avait coûté la vie à deux de ses coéquipiers et aux Défenseurs étaient contre l’ancien conseiller. Une idée lui passa alors par la tête, mais elle allait être dangereuse.

- Notre coéquipière a un collier sous la peau qui va exploser si on essaie de l’enlever. Avez-vous une idée qui nous permettrait de le faire sans l’activer?

Le Comte haussa les sourcils à cette révélation déconcertante. Il jeta un regard derrière lui vers quelqu’un ou quelque chose que l’hologramme ne captait pas.

- Moi non, mais je peux mettre une équipe sur ce cas. Si vous dites qu’il y a un risque élevé d’explosion, on peut sans problème la placer en isolement avec un droïde médical supervisé par des médecins.

Fi se tourna vers le Laïzien en attente de son approbation.

- Je trouve que c’est une bonne idée. Je vais aller demander à Lenya si elle accepte.

Faahiëo fit demi-tour et les regards des deux hommes restants se croisèrent. Py-Quos haussa les épaules en signe d’approbation. L’idée était celle du Mastarien, ce serait lui le responsable des conséquences, mais il était prêt à les assumer. Faahiëo revint une minute plus tard avec Lenya à ses côtés. Fi fut frappé par l’état de leur ancienne chef. Elle s’était arrêtée à bonne distance d’eux et son visage avait perdu toute la confiance, toute l’assurance dont elle faisait preuve depuis leur première rencontre. Ses cheveux étaient ébouriffés, elle croisait les bras, ce qui démontrait son inconfort, et ses yeux regardaient le sol. Lorsqu’elle se décida à les lever vers Fi, il vit la peur et la honte qui la traversaient. Il était clair qu’elle avait été brisée durant son enlèvement et même si elle était en meilleure forme physique que Miri, c’était son état psychologique qui s’était détérioré le plus, ce à quoi Fi n’avait pas réellement prêté attention après l’avoir retrouvée.

- Je suis d’accord, dit-elle d’une voix timide qui n’améliorait pas son image.

La voir de cette manière confirma à l’homme qu’il devait absolument agir pour aider la Kiffar.

- Si vous êtes en mesure de lui retirer la bombe en sécurité, dit-il au Comte, je serai prêt à vous croire sur tout ce que vous avez dit.

- Merci, répondit Varol humblement. Je vais avertir mes hommes immédiatement, on vous attend.

Il disparut de l’hologramme, il ne restait plus que Kira. Faahiëo offrit de transporter la petite équipe dans son vaisseau, ce que chacun approuva. La Jedi leur transmit les coordonnées de leur emplacement et lança un « Que la Force soit avec vous » pour clore la conversation.

***


Le Mastarien regarda la Kiffar à travers la vitre qui les séparait. La pièce dans laquelle elle se trouvait ressemblait à une cellule de prison, mais le mal était nécessaire pour assurer la sécurité de tout le monde. L’équipe s’était rassemblée pour soutenir Lenya comme ils le pouvaient. Seul son ami le plus proche, Faahiëo, était resté dans son vaisseau à l’extérieur parce que l’image présente lui faisait trop mal. La seule compagnie qu’elle avait de son côté était le droïde médical qui allait accomplir l’opération. Dans le couloir vitré faisant office de pont entre la pièce principale et la sortie étaient rassemblés trois hommes en tenue médicale pour mener le tout. Le droïde s’apprêtait à plonger la patiente dans une cuve de bacta, Fi fit un signe approbateur de la tête à la Kiffar avant de la voir s’immerger complètement dans le liquide. Le destin de Lenya était maintenant entre les mains de cette équipe réduite de professionnels. Ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient du cousin de Valor, il avait pourtant pris toutes les précautions essentielles et Fi n’en était pas mécontent.

Les heures suivantes avaient été assez calmes, en partie parce que tout le monde se sentait à l’abri, mais globalement à cause de la situation de Lenya et de Miri. Cette dernière cachait mieux son jeu, elle avait également reçu des soins plus poussés qu’à la planque et elle s’entêtait à prétendre qu’elle allait bien. Fi aurait pu la croire, si ce n’était pas de son impression qu’elle le tenait responsable pour la mort d’Ukel après la lui avoir annoncée. Elle n’avait rien presque dit depuis sa crise de nerfs qu’elle avait déchaînée sur le Mastarien, elle ne faisait que suivre les autres sans discuter et affirmer qu’elle s’était remise de ses blessures.

Le groupe déambulait dans les couloirs des souterrains, escorté par les hommes du Comte Varol et ceux du Général Rodada. Ce que ce dernier avait prétendu sur la ville était vrai, les installations étaient impressionnantes tout en étant minimes. Dans d’autres circonstances, Fi en aurait été charmé. Il reconnaissait la culture mastarienne dans les constructions, aussi modestes fussent-elles. Le plus surprenant était de voir à quel point les hommes et les femmes qui ne participaient pas à la guerre pouvaient être créatifs et persévérants dans le développement de cette vie sous la terre quand ils n’étaient pas submergés par les fusillades et les raids. La marche se prolongea jusqu’à une zone de déchargement de marchandise entourée de plusieurs corridors, là où la réalité de la surface allait les retrouver et briser leurs illusions. Kira et Py-Quos s’arrêtèrent sec, ce qui interrompit l’avancée du reste du groupe. Les deux Jedi s’échangèrent un regard inquiet.

- Vous avez senti ça? demanda la première à son maître.

- Oui, une perturbation dans la Force… On dirait que c’est…

Avant qu’il eût pu terminer sa pensée, un tir de blaster fonça droit sur lui. Il eut tout juste le temps d’allumer son sabre laser pour le dévier vers le sol. Tout le monde dégaina son arme et se mit à couvert derrière les piles de boîtes qui se trouvaient un peu partout. Le maître Jedi était le seul à être encore debout après qu’une salve de tirs provenant du même endroit ricocha sur son sabre et fut renvoyée à l’attaquant. L’homme en question s’effondra, momentanément éclairé par ses projectiles. Fi tendit son blaster vers le corridor, mais son attention fut déviée vers un sabre laser à la lame rouge qui virevolta en une seconde jusqu’à Kira, sur qui l’homme avait un bon aperçu. Fi n’eut pas le temps de réagir, il vit la pointe de la lame qui s’arrêta à quelques centimètres du cou de la femme. Il remarqua alors que Py-Quos utilisait la Force pour la retenir, le bras tendu vers l’arme. De longues secondes s’écoulèrent pendant lesquelles la jeune Togruta était figée de terreur et le maître forçait en grognant pour ne pas lâcher sa prise. D’un coup, la lame rouge repartit en fendant l’air jusqu’à son propriétaire. Celui qui avait tout l’air d’être un Sith rattrapa son sabre laser et sortit d’un couloir. L’homme à la peau rouge et noir et aux cornes, visiblement un Zabrak ou un Elomin, s’approcha lentement. Il révéla son habit noir, une toge décorée du logo de l’Empire avec un capuchon qu’il laissa tomber avec sa main libre. Il parcourut la pièce des yeux, dévisageant les membres visibles du groupe dont Fi. Il s’arrêta face à Py-Quos, afficha un sourire menaçant en le fixant, puis d’un mouvement gracieux du poignet, positionna son sabre à l’horizontale devant lui. À quelques mètres l’un de l’autre, le Jedi et le Sith étaient placés en position de combat, jaugeant leur adversaire.

- L’Oppresseur… mentionna sérieusement le Jedi.

Comme seule réponse du Sith, une deuxième lame rouge sortit de l’autre extrémité de son sabre.
Fan-Fiction courte : Les Aventures du Colonel Wilson
Nouvelle : Pirates
RolePlay : Mission : Mastaria
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