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La Fédération Impériale [T2]

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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 14 Mar 2021 - 9:27   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

On change de camp !



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Chapitre 5

— Je ne vois pas comment nous pourrions y arriver.
La sentence et, pis encore, le ton sur lequel elle était prononcée, acheva de serrer le cœur de Leia. Ce qu'elle voyait n'avait aucun sens. Mon Mothma avait toujours été l'âme de la Rébellion, la plus déterminée de ses fondateurs. Elle avait personnifié à merveille le combat mené contre l'Empire pendant près de trois décennies.
Pour la jeune princesse d'Aldérande, elle avait été un modèle, une voie à suivre.
Et voilà qu'elle semblait avoir perdu espoir. Sa force de conviction avait laissé place à la mélancolie. Assise derrière un bureau de verre blanc, dans la lumière crépusculaire qui baignait cette pièce où des tapisseries aux armes de la Nouvelle République avaient été installées à la va-vite pour masquer les symboles impériaux, elle se morfondait face à son incapacité à gérer la crise actuelle.
S'il s'était agi d'une invasion impériale ! Là, elle aurait sans doute retrouvé son tempérament, mélange de flegme et de détermination. Elle serait redevenue Mon Mothma, telle que la galaxie la connaissait. Mais le mal était différent, cette fois. L'agression ne venait pas de l'extérieur. C'était la Nouvelle République elle-même qui était malade, qui connaissait sa première grande crise gouvernementale.
Certes, les Impériaux y étaient étroitement mêlés. Les victoires simultanées de Kuat et de Bilbringi avaient marqué l'opinion. Mais le plus grave était la capture de l'amiral Ackbar, le Commandeur Suprême de la Nouvelle République, en qui Mon Mothma avait placé son entière confiance. Leia, amie de longue date de l'officier MonCal, déplorait également cette perte... Comme la plupart des partisans du jeune régime. Cependant, les conséquences de cette défaite dépassaient largement le champ personnel, ou même stratégique.
Gial Ackbar était encore vivant, et il existait un espoir - mince, certes - qu'il puisse un jour reprendre son poste... Seulement, d'ici là, la Nouvelle République devait lui désigner un remplaçant.
C'était là que la situation s'était passablement compliquée.
Dans la hiérarchie de la Nouvelle République, l'officier occupant la seconde place après Ackbar était le sullustéen Sien Sovv. Il ne s'était guère distingué sous la Rébellion, mais avait gagné, après Endor, une réputation de bon organisateur ainsi que le prestige d’un commandant victorieux en raison de la défaite qu'il avait infligée à l'arrogant Sander Delvardus, lorsque le « Suprême Général » avait tenté de conquérir Sullust. À la suite de cela, Sovv avait rapidement gravi les échelons, jusqu'à devenir amiral aux commandes d'une des quatre grandes flottes de la Nouvelle République. Les mauvaises langues disaient qu'il devait plus cet avancement à ses liens avec le conglomérat sullustéen SoroSuub, fournisseur de la flotte, qu'à ses propres talents... Et c'était une hypothèse que Leia ne pouvait pas totalement repousser. Sian Tevv, dirigeant de la compagnie et représentant de la planète au sein de la Rébellion depuis l'époque de la bataille de Yavin, était très doué pour soutenir ses protégés.
Bien sûr, le fait que Sovv passe devant nombre d'officiers plus expérimentés que lui - Carlist Rieekan, Crix Madine ou Hiram Drayson - avait fait grincer quelques dents. Mais il avait créé un certain consensus. Au sein de la flotte, il n'avait guère de rivaux, car personne n'imaginait confier le poste à l'amiral Firmus Nantz, qui s'était attiré de nombreuses antipathies. Parmi les autres éventuels prétendants, Rieekan était vu comme trop proche de Leia, et Drayson comme l’homme de confiance de Mon Mothma. Quant à Madine, malgré son implication depuis bientôt dix ans au service de l’Alliance Rebelle, il devait encore composer avec son ancien rôle d’officier impérial, qui lui valait quelques inimitiés. Sovv avait donc recueilli plusieurs soutiens de poids, dont celui de Borsk Fey'lya.
C'est alors qu'un autre candidat s'était déclaré, quelqu'un dont les prétentions ne pouvaient être écartées d'un revers de la main. Ni plus ni moins que le co-fondateur de l'Alliance Rebelle et ex-sénateur de Corellia, Garm Bel Iblis.
Représentant d'un secteur de premier plan, ennemi personnel de l'Empereur, Bel Iblis était célèbre avant même la fin de la Guerre des Clones. La perte de sa famille, tuée par les agents impériaux, et sa réputation de jusqu'au-boutiste lui avaient attiré une certaine sympathie. Surtout, c'était un tacticien d'un talent rare, capable de remporter la victoire face à des forces bien plus imposantes que les siennes. Ce n'était pas pour rien que la défense de Coruscant lui avait été confiée, au moment où la Nouvelle République s'attendait à ce que la prochaine attaque de Thrawn s'y déroule.
Le général, fidèle à lui-même, s'en était pris directement à son rival pour le poste. Sovv, disait-il, avait fait preuve de stupidité en se repliant juste avant l'assaut sur Tangrene, lorsqu’il avait appris les défaites de la Nouvelle République sur Kuat et Bilbringi. Lui, Bel Iblis, avait détruit cette même base quelques années plus tôt, avec seulement trois cuirassés dépassés sous ses ordres. Avec une flotte telle que la sienne, Sovv aurait pu créer une tête de pont dans les régions impériales, s'en prendre au Secteur Corporatif et s'assurer que l'Empire ne puisse pas trop profiter de la victoire.
Des arguments pertinents qui avaient rencontré un certain écho chez les militaires, et bien au-delà. Le tonitruant Corellien disposait d'un charisme que n'avait pas le Sullustéen, avec sa mauvaise maîtrise du Basic. Des voix s'étaient élevées pour appuyer sa candidature, divisant jusqu'au Conseil Provisoire. C'est là que s'était joué le dernier acte du drame, la veille, lorsque la réunion censée assurer la nomination de Sovv avait échoué, faute d'accord à la majorité des deux-tiers. Mon Mothma avait mal pris l'affaire. Elle avait soutenu le Sullustéen au début de sa campagne, sans voir arriver les protestations. Sa propre inimitié avec Bel Iblis n'avait rien arrangé. Les deux fondateurs de la Rébellion, aussi orgueilleux l'un que l'autre, étaient toujours à couteaux tirés malgré le retour du Corellien dans le giron néo-républicain.
Elle souhaitait toujours la nomination de Sovv, mais, à présent, disait-elle... Elle ne voyait plus comment y arriver.
— Peut-être avez-vous des idées sur la question ?
Leia ne répondit pas immédiatement. Elle avait son opinion sur la question, bien sûr. Garm était pour elle une figure familière... Et il était surtout indéniablement plus talentueux que Sien Sovv. Mais comment l'exposer à Mon Mothma ?
— Les deux camps ne vont pas se réconcilier dans l'immédiat, commença-t-elle. Les partisans de l'amiral Sovv accusent ceux du général Bel Iblis de soutenir les ambitions personnelles d'un homme plutôt que la bonne cohésion de la Nouvelle République, tandis que dans l'autre sens... Nous savons ce qu'il en est. Nous aurons du mal à les convaincre de soutenir l'autre camp. En revanche, nous pourrions proposer un troisième nom.
— Lequel ?
— Le général A'baht. Je ne le connais pas beaucoup… Mais on m’a rapporté beaucoup de bien à son sujet. Il s’est montré des plus efficaces depuis que nous avons perdu Gial. C’est un vétéran disposant d’une longue expérience, qui s’est battu sur Endor aux côtés de l’Alliance et a repoussé l’Empire de son système avec des forces largement inférieures à ce dont disposaient les Impériaux. Il est réputé pour sa compétence et a toujours combattu l'Empire, ce qui devrait plaire aux soutiens de Garm. Et ceux de l'amiral Sovv ne pourront pas l'attaquer sur ses objectifs politiques, puisque c'est nous qui le proposerions.
Mon Mothma secoua la tête avec tristesse.
— Je ne pense pas que ce soit envisageable. Il a rejoint la Nouvelle République bien trop récemment pour cela. Et Dornéa a beau être un système prospère... Ce n'est pas Corellia, ou Sullust. Nous sommes encore trop faibles pour nous priver du soutien de mondes aussi prospères en écartant leurs candidats d'un revers de la main.
— Corellia n'a pas rallié la Nouvelle République, remarqua Leia. Le Diktat est plutôt proche de l'Empire.
— C'est vrai, acquiesça la présidente du Conseil Provisoire sans quitter du regard sa conseillère.
Le sous-entendu était clair : « le général Bel Iblis n'est pas un bon candidat, lui non plus ». Leia s’en voulut de s’être ainsi laissé mener par le bout du nez. Elle soupira et reprit, plus offensive :
— Si un troisième candidat est inenvisageable, alors nous devons envisager de soutenir Garm. Je sais quels sont vos différents avec lui, Mon, mais il faut que nous puissions les dépasser. Il a en partie raison sur ce qu'il avance. L'amiral Sovv est contesté dans les rangs. Nous sommes dans la même situation que lorsque les Rogues sont partis pour libérer Thyferra, il y a trois ans : aux yeux de l'opinion, ils représentaient plus l'esprit de l'Alliance que nous. C'est la même chose avec Garm aujourd'hui.
Mon Mothma acquiesça doucement, mais Leia sentit qu'elle n'était pas convaincue.
— Si nous nommons Garm, reprit-elle, savez-vous ce qui se passera ? On m'accusera d'avoir nommé un humain à la place occupée auparavant par un non-humain, alors même qu'un non-humain était plus légitime pour prendre ce poste. Les cicatrices de l'Empire sont encore trop vives pour que nous prenions ce risque.
L'argument était de ceux qui agaçaient Leia, et elle ne se fit pas prier pour le faire savoir.
— Alors, que devrions-nous faire ? Confier le commandement de notre armée à quelqu'un de moins compétent, sous prétexte qu'il est non-humain ? Nous ne pouvons pas attribuer des rôles selon les espèces et les origines. Ce genre de raisonnement est dangereux, surtout alors que nous sommes en guerre, à un moment où l'ennemi a repris l'avantage.
La présidente du Conseil Provisoire resta silencieuse pendant plusieurs secondes.
— Vous avez raison, bien sûr. Mais tous les conseillers ne le verront pas de cette façon. Notre équilibre politique est trop précaire pour que nous risquions une nouvelle crise. Le plus simple serait que le général Bel Iblis accepte de servir comme conseiller de l’amiral Sovv, afin de respecter la préséance de celui-ci. Mais vous savez comme moi qu’il n’acceptera pas.
Leia devait admettre que le compromis était raisonnable… et qu’elle était malheureusement du même avis que Mon Mothma.
— Peut-être qu’en lui expliquant la situation…
— Je connais Garm Bel Iblis depuis plus de trente ans, l’interrompit la Chandrilienne. Il est fier d’être Corellien jusqu’à la moelle. Il a symbolisé leur indépendance pendant la Guerre des Clones, puis sous l’Empire. Il est aussi l’un des plus beaux exemples de leur propension à se montrer têtus jusqu’à l’obsession.
Cette fois, le constat fit sourire Leia.
— Je pense que Han pourrait le battre à ce petit jeu…
L’irruption d’une sonnerie empêcha Mon Mothma de répondre.
— Oui ?
— Conseillère, votre rendez-vous est arrivé, annonça une voix masculine. Le directeur Malltick des Industries Soro-Mall.
— Merci. Faites-le entrer. Leia, ajouta-t-elle en revenant vers son interlocutrice, si vous pensez qu’il y a la possibilité d’inciter Garm à accepter un compromis, faites votre possible… Peut-être que le respect qu’il éprouvait envers Bail Organa l’incitera à écouter sa fille. Mais n’ayez pas trop d’espoir.
— L’espoir était la base de la Rébellion, contra la jeune femme avec un sourire.
— Et le général Bel Iblis s’en est détourné, rappela Mon Mothma d’un ton ferme.
Ces paroles raisonnaient encore dans la tête de Leia lorsqu’elle quitta le bureau de la Chandrilienne. Elle sentait que le nœud du problème était là. Mon Mothma n’avait jamais pardonné à Garm Bel Iblis d’avoir abandonné la Rébellion après la destruction d’Aldérande. Le Corellien l’avait accusée de se prendre pour une nouvelle Palpatine, une insulte des plus offensantes pour celle qui avait défendu la cause rebelle dès le premier jour. Et Leia ne pouvait s’empêcher de garder un peu de rancune pour Bel Iblis, elle aussi. Dans les années difficiles qui avaient suivi Yavin, l’aide qu’un militaire de cette envergure aurait pu apporter se serait révélée précieuse. Certains combats auraient pu mieux tourner… Et elle savait que Mon Mothma pensait de même.
Et elle a perdu un fils sur Hoth, songea-t-elle en entrant dans ses appartements. Peut-être pense-t-elle, au fond d’elle, que Jobin serait encore en vie si Garm nous avait apporté son soutien dès le début.
Si c’était là la cause de son obstination à rejeter les services de Bel Iblis, Leia pouvait le comprendre, à présent.
Elle était mère, elle aussi.
Elle entra dans la chambre des jumeaux. L’après-midi était bien avancé et c’était l’heure de la sieste des deux nourrissons, qui allaient sur leurs trois mois. Winter était assise dans un fauteuil à côté d’eux et épluchait des rapports – ou plutôt, elle les enregistrait, grâce à sa mémoire quasi-infaillible. Après des années à infiltrer les rangs de l’Empire et à mener des opérations secrètes, la surveillance de deux nouveaux-nés ne l’occupait pas assez pour qu’elle renonce à se tenir informée des dernières nouvelles.
Mais elle n’était pas seule. Il y avait un autre visiteur, observant les jumeaux, appuyé sur le bord de leur berceau. Sa présence ne surprit pas Leia.
Elle avait perçu sa présence avant même d’atteindre ses quartiers.
Luke Skywalker tourna légèrement la tête et sourit en voyant approcher sa sœur. Il donnait l’impression d’être apaisé, même si Leia sentait quelques fêlures sous son vernis de tranquillité. Des failles qu’elle n’avait pas ressenties jusque lors. Était-ce l’effet de ses pouvoirs qui se développaient peu à peu, ou s’agissait-il d’un changement chez Luke ? Elle n’aurait su le dire.
D’un signe de tête, il l’invita à le suivre, ce qu’elle fit après avoir jeté un coup d’œil aux jumeaux, curieuse de ce qu’il pouvait avoir à lui dire.
Il la conduisit sans un mot vers le salon, la pièce que Leia préférait dans ses appartements. Niché dans l’une des nombreuses tourelles qui saillaient le Palais Impérial, il offrait, grâce à une immense baie vitrée, une vue panoramique à deux-cent-soixante-dix degrés sur les immenses plaines artificielles de Coruscant et les buildings aux formes gracieuses qui les hérissaient. Le spectacle était particulièrement beau à l’heure du coucher du soleil, ce qui allait encore devoir attendre quelques heures. Mais même pendant le reste de la journée, il était facile de se laisser prendre au jeu de l’observation des interminables files de speeders du trafic aérien ou des vaisseaux de livraison qui approvisionnaient de leur noria incessante ce monde incapable de se sustenter à lui-même.
Quand Leia entra à la suite de son frère, une femme observait ce panorama. La Conseillère ne l’avait jamais rencontrée, mais il suffit d’un coup d’œil sur quelques détails – rousse, sportive, approximativement son âge, un sabre-laser à la ceinture – pour deviner de qui il s’agissait.
Son premier réflexe fut de se tourner vers Luke pour lui demander des explications. C’étaient là ses instincts protecteurs de mère qui avaient pris le dessus. Luke ne se souvenait-il pas que cette femme, Mara Jade, lui avait avoué vouloir le tuer, à peine quelques mois plus tôt ? Comment pouvait-il la conduire ici, auprès de ses enfants, en sachant qu’elle était autrefois l’un des agents les plus mortels de l’Empereur ?
Sa colère devait être palpable, car Luke et son invitée se tournèrent vers elle d’un air inquiet. Mais Leia étant ce qu’elle était, ses instincts diplomatiques reprirent vite le dessus.
— Désolé, dit-elle en sachant que son interlocutrice avait parfaitement perçu les sentiments exprimés à son égard. Luke ne m’avait pas prévenue qu’il vous avait invitée ici.
Mara Jade la fixa étrangement.
— Ne vous en faites pas, je comprends.
Elle hésita, et ajouta :
— Vos enfants ont de la chance d’avoir une mère prête à les défendre.
Leia se morigéna pour sa réaction. Elle connaissait par son frère les grandes lignes de l’enfance de son invitée et aurait dû prévoir cette réaction.
— J’ai surréagi, assura la Conseillère. L’effet de la fatigue… Et je dois avouer que je ne m’attendais pas à vous trouver chez moi. À en croire mon frère, vous étiez retournée auprès de votre employeur.
— C’est vrai. C’est justement ce qui m’amène auprès de vous.
— Karrde a découvert des faits inquiétants, indiqua Luke. Tu devrais écouter ce que Mara a à dire.
Leia acquiesça. Revenant à ses devoirs d’hôtesse, elle les invita à s’asseoir.
— Je vais faire venir des rafraîchissements pendant que vous me racontez tout ça… 3PO ? 3PO ?
La porte qui menait à la cuisine coulissa, mais sans laisser apparaître le droïde de protocole doré. Leia écarquilla les yeux en voyant jaillir de la pièce son mari, un tablier sale autour de la taille.
— Han ? Je peux savoir ce qui nous vaut ce nouvel uniforme ?
— Oh, crois-moi, chérie, tu ne veux pas que je te raconte cette histoire, lui répondit le Corellien d’un air sombre.
Il fronça les sourcils en voyant leurs invités.
— Salut, Luke. Mam’zelle, ajouta-t-il avec un signe de tête à destination de Mara. Désolé pour la tenue, mais je suis un peu occupé…
— Han, où est 3PO ?
— Ah, ne m’en parle pas, de celui-là ! grommela-t-il. Figure-toi qu’il s’est trouvé une nouvelle lubie de spécialiste de l’éducation. Et notre cher professeur, tout pédant comme à son habitude, a décrété que je n’étais pas un bon modèle pour les petits ! Que j’étais incapable de m’occuper d’eux comme il le faudrait !
— J’espère que tu ne l’as pas désintégré.
— C’est pas l’envie qui m’en manquait, mais je ne voulais pas donner du boulot en plus à Chewie… Il a déjà assez à faire sur le Faucon. Du coup, j’ai voulu montrer à Bouton d’Or que je suis plus que largement capable de préparer le repas des p’tits.
Elle fixa le tablier, sur lequel des taches bien fraîches et colorées s’étalaient joyeusement.
— Oui, ça saute aux yeux.
— Ne m’en parle pas ! Cette catastrophe ambulante… Il m’a suivi en cuisine pour m’assommer de ses conseils. Et il a causé tellement de dégâts que j’ai dû le désactiver pour avoir la paix.
— Parfait. Dans ce cas, c’est toi qui vas nous apporter des boissons… Et vite !
Il se raidit sous l’effet de cette saillie, mais ne se rebiffa pas.
— D’accord. Une tisane aux fruits sauvages chandrilliens pour toi ?
C’était un parfum qu’elle appréciait, mais qui lui rappelait trop Mon Mothma – celle qui le lui avait fait découvrir – pour pouvoir le boire sans arrière-pensées ce jour-là.
— Plutôt une concoction corellienne. Avec une touche de brandy.
— Un chocolat pour moi, commanda Luke. Si tu as, bien sûr.
— L’un ou l’autre, éluda Mara.
Han fit mine de tout noter et salua à la manière d’un domestique. Il se tourna vers la cuisine, mais, avant d’y retourner, jeta un dernier coup d’œil à son épouse.
— Comment ça s’est passé, avec Mon Mothma ?
— Aussi bien que tu l’avais prévu, soupira Leia.
Il lui adressa un regard désolé avant de disparaître sans un mot de plus. C’était l’un des côtés qu’elle aimait le plus, chez lui : malgré son côté hâbleur, il savait se montrer plein de retenue quand il sentait que c’était ce dont elle avait besoin.
Elle prit place dans le siège le plus proche d’elle. L’assise était confortable et lui rappelait les moments douillets qu’elle y avait passé avec Han… Elle s’y serait volontiers affalée, mais ce n’était pas le moment.
— Alors, Mara, quel est le message que vous souhaitiez me faire passer ?
— C’est mon patron, en fait, qui souhaitait contacter la Nouvelle République… Mais pas officiellement.
— Je vois, lâcha Leia.
Elle se demanda avec une pointe d’appréhension dans quel genre de bourbier elle venait de s’embarquer.
— Talon Karrde est un contrebandier, n’est-ce pas ?
— À la base, oui… Il préfère être qualifié d’homme d’affaires. La contrebande fait partie de ses domaines d’action, mais il a beaucoup d’autres activités légales : la collecte d’informations, l’acquisition de pièces de collection… et le transport de marchandises.
— Et des activités moins légales, sans doute… commenta Leia en glissant en regard à Luke.
Sa passivité la surprenait. Avait-il si vite oublié que Karrde l’avait retenu prisonnier ?
— Quand une occasion se présente. C’est un homme pragmatique. Et prudent. C’est la raison pour laquelle il a évacué Myrkr, quand j’ai contrevenu aux termes de mon contrat avec Thrawn…
Il fallut un instant à Leia pour se souvenir que le Grand Amiral avait tenté de faire de Mara Jade son agent personnel auprès du Jedi fou Joruus C’baoth sur Jomark… Sachant qu’elle avait joué un rôle-clé dans la destruction du même C’baoth sur Wayland, « contrevenir aux termes du contrat » n’était qu’un euphémisme.
— Karrde a relocalisé ses opérations sur Rishi, poursuivit la jeune femme. Le mois dernier, il a décroché un contrat de fret avec les chantiers de Sluis Van. Les tarifs étaient suffisamment élevés pour l’intéresser.
— Nous avons dû les relever pour trouver de nouveaux prestataires après l’attaque du Grand Amiral Thrawn.
— Karrde est l’un d’eux. Seulement, la semaine dernière, on lui a signalé que les chargements livrés par ses vaisseaux arrivaient souvent incomplets. Il a mené son enquête et découvert que trois de ses capitaines avaient passé un marché avec un homme peu recommandable : un voleur de vaisseaux du nom de Niles Ferrier.
— Ce nom ne me dit rien.
— Ce n’est qu’un petit escroc, avec un équipage réduit. Un type sans scrupules qui n’hésite pas à travailler avec les Seigneurs de Guerre impériaux… Si ça paye bien.
— Je vois où vous voulez en venir. Qui est le commanditaire ?
— C’est bien là le problème. En menant ses investigations, Karrde s’est rendu compte qu’il n’était pas le seul à se faire dérober des marchandises. Plusieurs autres opérateurs ont le même problème et ont diligenté des enquêtes en interne… En recoupant les informations, il a découvert que les chargements partaient vers des mondes-forteresses du Noyau Profond : Hakassi, Kalist VI ou Kampe.
Leia comprit aussitôt où Mara voulait en venir.
— D’après nos données, ces mondes appartenaient à des Seigneurs de Guerre différents… Les frères Teradoc, Blitzer Harrsk et Sander Delvardus. Des rivaux. Mais ils n’auraient pas adopté la même tactique s’ils ne travaillaient pas ensemble.
— Exactement.
Elle jeta un coup d’œil à Luke.
— Qu’en penses-tu ?
— Il se passe quelque chose dans le Noyau Profond. Quelque chose que nous ne comprenons pas.
Son visage se durcit.
— Je perçois depuis des mois que l’obscurité se renforce… Je pensais que ce sentiment était lié aux agissements de C’baoth. Mais il est mort, et rien n’a changé.
— Tu ne crois pas que cela peut être lié au renforcement de l’Empire, à travers cette… « Fédération Impériale » ?
— C’est une hypothèse, admit-il. Mais elle ne me convint pas. Mara et moi avons travaillé avec les utilisateurs de la Force missionnés par Poldrei. Ils ne sont pas du Côté Obscur. Ils suivent plutôt une philosophie proche de celle des Jedi…
— Mais il y a d’autres menaces qui subsistent, ajouta Mara. Thrawn m’a dit que l’Empereur avait d’autres Mains… Et je sens qu’il disait la vérité.
— Donc d’autres utilisateurs de la Force, formés par Palpatine, déduisit Leia. L’un d’eux aurait pu unifier les Seigneurs de Guerre ?
— C’est possible, admit Mara. Difficile mais possible. Et il y a les Inquisiteurs… Certains, comme Antinnis Tremayne, ont été entraînés par Vador en personne. Ils représentent tous une menace pour votre Nouvelle République.
Leia ne pouvait qu’approuver. Elle se tourna à nouveau vers son frère.
— Tu comptes agir ?
— Oui, répondit-il avec fermeté. Je vais partir dans le Noyau Profond, et Mara va m’accompagner. Elle connaît les codes impériaux, et a quelques repères dans cette région. Nous nous infiltrerons derrière leurs lignes en suivant les itinéraires des contrebandiers. Avec un peu de chance, nous découvrirons ce qui se prépare.
— Quel est votre intérêt dans cette affaire ? demanda aussitôt la Conseillère à l’ex-Main. Vous ne travaillez pas pour la Nouvelle République…
— Karrde a horreur d’être floué, répondit-elle. Il veut lui aussi des informations, ainsi qu’un moyen de faire payer Niles Ferrier. Et je suis son employée…
Même sans ses sens Jedi, Leia aurait perçu que cette réponse manquait de franchise. Mara voulait peut-être passer pour une simple exécutante sans états d’âme, mais elle était bien plus que cela.
— Tu es sûr de toi ? insista-t-elle vis-à-vis de son frère. Vous serez en territoire hostile, sans moyen de nous contacter…
— Je sens que c’est ce que je dois faire.
À nouveau, il affichait toute l’assurance des Jedi, si bien que Leia se sentit céder.
— Très bien… Dans ce cas, que la Force soit avec toi.
Il sourit à cette remarque et glissa un regard à Mara.
— Elle le sera.
Il y avait dans ses yeux bleus une étrange lueur, et Leia eut envie de le prendre à part pour lui poser une dernière question ; mais avant qu’elle ne le fasse, Han fit à nouveau son entrée, un plateau dans les bras.
— Les rafraîchissements sont servis !
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 14 Mar 2021 - 17:06   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Ah content de retrouver la Fédération Impériale. Le générique d'introduction m'a sacrément hypé, j'espère que c'était pas trop dur à faire, en tout cas bon sang ce que c'était génial ! :lol:

J'ai rattrapé mon retard, et je dois dire que ces 5 premiers chapitres sont excellents et augurent du meilleur pour la suite ! :love:

J'ai une petite préférence pour le cinquième, même si j'ai beaucoup apprécié celui avec Thrawn, Poldreï et Gilad (voir ce dernier récompensé à la hauteur de son mérite était un régal :jap: )

J'ai trouvé ce dernier chapitre vraiment excellent, les difficultés internes de la Nouvelle République et la lassitude de Mon sont parfaitement retranscrites. Sacré affaire que trouver un successeur à Ackbar, j'aime beaucoup l'idée de Bel Iblis, que je connaissais pas, mais que tu nous as, l'air de rien, présenté comme un rival potentiel à Thrawn. Du coup l'idée de voir ces deux là s'affronter me régale d'avance :x

Si ça doit arriver bien sûr :transpire:

J'ai bien aimé la réflexion sur le fait que Mon ne "peut pas" nommer un humain comme amiral, à cause des réactions outrées que cela pourrait susciter. Ca fait un peu écho à ce qu'on peut voir parfois dans notre réalité. On pourrait presque croire que Mon redoute les réactions sur twitter :transpire:

Sinon, la scène avec Leia, Luke, Mara et Han était vraiment géniale, j'ai franchement ri quand Han Solo parle de C3PO bien décidé à faire de lui un père modèle, ou quand on le voit jouer les hommes au foyer/domestiques :D

Ceci dit, j'espère que son activité au sein de la Nouvelle République ne se limite pas à ça, sinon ça serait un peu du gâchis :transpire:

D'ailleurs, ne pourrait-il pas être un choix crédible pour être désigné successeur de Ackbar ? Certes ce n'est pas le meilleur stratège de la Galaxie, mais il doit quand même être bon en stratégie, et niveau charisme et approbation des hommes, il doit avoir ce qu'il faut ! Et puis, Han Solo en Amiral, je demande à voir :transpire:

Et bien évidemment, l'annonce finale que Luke et Mara vont partir en exploration dans le Noyau Profond me hype complètement, il va bientôt y avoir du sacré remue-ménage. :sournois:

Bref, un début de Tome 2 excellent ! :D
Dark Palgueïss
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 14 Mar 2021 - 19:53   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci Plagueïss ! Ravi de voir que ce début du second tome te plaît autant que le premier ! :jap:

Dark Palgueïss a écrit:Ah content de retrouver la Fédération Impériale. Le générique d'introduction m'a sacrément hypé, j'espère que c'était pas trop dur à faire, en tout cas bon sang ce que c'était génial ! :lol:

En fait, une fois que j'ai trouvé comment faire, ça s'est révélé assez simple à monter :cute:

Dark Palgueïss a écrit:J'ai trouvé ce dernier chapitre vraiment excellent, les difficultés internes de la Nouvelle République et la lassitude de Mon sont parfaitement retranscrites. Sacré affaire que trouver un successeur à Ackbar, j'aime beaucoup l'idée de Bel Iblis, que je connaissais pas, mais que tu nous as, l'air de rien, présenté comme un rival potentiel à Thrawn. Du coup l'idée de voir ces deux là s'affronter me régale d'avance :x

C'était un peu comme ça que Zahn avait créé Bel Iblis dans Dark Force Rising et qu'il l'a développé ensuite dans The Last Command et les deux volumes de la duologie de la Main de Thrawn. :wink: Mais, pour génial qu'il soit, Bel Iblis était quand même présenté comme étant un cran en-dessous de Thrawn. Plutôt un équivalent d'Ackbar, en moins conventionnel.

Dark Palgueïss a écrit:Sinon, la scène avec Leia, Luke, Mara et Han était vraiment géniale, j'ai franchement ri quand Han Solo parle de C3PO bien décidé à faire de lui un père modèle, ou quand on le voit jouer les hommes au foyer/domestiques :D

Moi je me suis bien marré en l'écrivant :lol: À la base il ne devait pas intervenir, il était prévu que ce soit C-3PO qui apporte les rafraîchissements... Mais j'hésitais sur la façon de l'introduire, et cette idée m'est venue en tête. :D

Dark Palgueïss a écrit:Ceci dit, j'espère que son activité au sein de la Nouvelle République ne se limite pas à ça, sinon ça serait un peu du gâchis :transpire:

D'ailleurs, ne pourrait-il pas être un choix crédible pour être désigné successeur de Ackbar ? Certes ce n'est pas le meilleur stratège de la Galaxie, mais il doit quand même être bon en stratégie, et niveau charisme et approbation des hommes, il doit avoir ce qu'il faut ! Et puis, Han Solo en Amiral, je demande à voir :transpire:

Eh bien, à ce moment-là, Han Solo n'est tout simplement plus membre de l'armée de la Nouvelle République ! Plus d'informations à ce sujet dans Le Mariage de la Princesse Leia... :transpire:

Cela étant, il est fort possible qu'il finisse par être enrôlé à nouveau, selon l'évolution de la situation... :siffle:

Dark Palgueïss a écrit:Et bien évidemment, l'annonce finale que Luke et Mara vont partir en exploration dans le Noyau Profond me hype complètement, il va bientôt y avoir du sacré remue-ménage. :sournois:

:sournois:
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Messagepar L2-D2 » Dim 14 Mar 2021 - 20:42   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Jagen Eripsa a écrit:
Dark Palgueïss a écrit:Ah content de retrouver la Fédération Impériale. Le générique d'introduction m'a sacrément hypé, j'espère que c'était pas trop dur à faire, en tout cas bon sang ce que c'était génial ! :lol:

En fait, une fois que j'ai trouvé comment faire, ça s'est révélé assez simple à monter :cute:

Hmmh... ah oui, le générique, bien sûr, il fallait cliquer sur l'image bien sûr... :oops:

(Disparaît pour aller le regarder vite fait bien fait :whistle: )
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Messagepar L2-D2 » Lun 15 Mar 2021 - 12:36   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 5 lu !

Ah, ça fait du bien de voir un peu ce qu'il en est du côté de la Nouvelle République, après 4 Chapitres du point de vue Impérial ! Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est en souffrance depuis les récentes défaites de Kuat et de Bilbringi... et c'est sans compter ce qu'il se trame dans le Noyau Profond !

D'ailleurs, le fait que Luke et Mara partent enquêter pour découvrir ce qu'il en retourne est à la fois un bon moyen de les faire disparaître de l'intrigue dans l'Espace Connu... pour mieux les faire revenir (un seul ? les deux ? aucun ?) plus tard ! Et j'avoue que tu piques ma curiosité avec l'idée du duo face à celui qui tire les ficelles dans le Noyau Profond... :sournois:

Et d'ailleurs, rapprochement en vue entre Luke et Mara ? :oops:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Alfred M. » Lun 15 Mar 2021 - 12:42   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Aussi dur pour la NR que pour un auteur de choisir un Commandant Suprême pour remplacer Ackbar :transpire: . Nantz est l'officier de marine le plus gradé (après Ackbar, c'est comme ça qu'il est introduit dans La Crise de la Flotte Noire et c'est aussi le cas du temps de la Bataille d'Endor) et le plus expérimenté (il a conduit l'une des campagne les plus efficaces de la NR, avec justement Sovv sous ses ordres) mais il ne fait aucun doute que son poids politique est négligeable et qu'il s'est fait bien plus d'opposants que de partisans malgré autant qu'à cause de ses succès :transpire: . Presqu'aussi controversé on a ensuite Bel Iblis mais le problème principale c'est Mon Mothma, après tout c'est elle qui nomme le Commandant Suprême :transpire: . Toujours aussi plaisant à lire, franchement comment ne peut-on pas aimer la politique dans SW ? :D

Par contre tu vas finir par me faire regreter de pas suivre Mara Jade si elle part avec Luke pour le Noyau Profond. Je remarque que ça se réchauffe rapidement entre eux, à croire qu'ils sont destinés l'un à l'autre.

Jagen Eripsa a écrit:Cela étant, il est fort possible qu'il finisse par être enrôlé à nouveau, selon l'évolution de la situation... :siffle:


Il suffit que sa femme lui demande :whistle: . Et pour Lando la règle c'est que Coruscant soit envahi :D .

L2-D2 a écrit:Hmmh... ah oui, le générique, bien sûr, il fallait cliquer sur l'image bien sûr...


Je l'avais vu aussi bien sûr :paf:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 15 Mar 2021 - 19:57   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci à vous deux ! :jap:

L2-D2 a écrit:D'ailleurs, le fait que Luke et Mara partent enquêter pour découvrir ce qu'il en retourne est à la fois un bon moyen de les faire disparaître de l'intrigue dans l'Espace Connu... pour mieux les faire revenir (un seul ? les deux ? aucun ?) plus tard ! Et j'avoue que tu piques ma curiosité avec l'idée du duo face à celui qui tire les ficelles dans le Noyau Profond... :sournois:
Alfred M. a écrit:Par contre tu vas finir par me faire regreter de pas suivre Mara Jade si elle part avec Luke pour le Noyau Profond. Je remarque que ça se réchauffe rapidement entre eux, à croire qu'ils sont destinés l'un à l'autre.

Je vois que j'ai réussi à piquer votre curiosité à ce sujet. Mais non, on ne les suivra pas là-bas. :D

Alfred M. a écrit:Aussi dur pour la NR que pour un auteur de choisir un Commandant Suprême pour remplacer Ackbar :transpire: . Nantz est l'officier de marine le plus gradé (après Ackbar, c'est comme ça qu'il est introduit dans La Crise de la Flotte Noire et c'est aussi le cas du temps de la Bataille d'Endor) et le plus expérimenté (il a conduit l'une des campagne les plus efficaces de la NR, avec justement Sovv sous ses ordres) mais il ne fait aucun doute que son poids politique est négligeable et qu'il s'est fait bien plus d'opposants que de partisans malgré autant qu'à cause de ses succès :transpire: . Presqu'aussi controversé on a ensuite Bel Iblis mais le problème principale c'est Mon Mothma, après tout c'est elle qui nomme le Commandant Suprême :transpire: . Toujours aussi plaisant à lire, franchement comment ne peut-on pas aimer la politique dans SW ? :D

On est d'accord ! :D

Et la politique sera d'ailleurs très présente dans les chapitres à venir...
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Messagepar mat-vador » Lun 15 Mar 2021 - 20:33   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Ouh là, chui à la bourre :shock: ! Mais ouf, retard rattrapé :whistle: !

Les Impériaux qui se posent des questions à propos du clone d'Isard et d'isard elle-même... vivante, pas vivante :whistle: ? Et Jahan Cross, mister 007 version SW, va s'y coller :diable: !

La NR qui panse ses plaies tant bien que mal et cherche un sauveur militaire de la trempe de Thrawn... pas facile à trouver sans provoquer des tensions dans un régime fragilisé par ses débâcles.

Et le Noyau Profond monopolise l'attention de Luke et Mara... c'est la dyade Legends :love: :love: :love: :love: !!!!


Bref, la suite :sournois: !
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 15 Mar 2021 - 21:02   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci Mat ! :jap:
mat-vador a écrit:Et le Noyau Profond monopolise l'attention de Luke et Mara... c'est la dyade Legends :love: :love: :love: :love: !!!!

Oui, alors non, y a des mots qu'il ne faut pas utiliser et des concepts qu'il ne faut pas pérenniser... :paf:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 21 Mar 2021 - 12:41   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Allez, on découvre notre dernier personnage principal ! :cute:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 6

Une paire de dossiers en flimsi sous le bras, Siveline remontait le flot de diplomates et de conseillers qui venaient de sortir de la salle de réunion du Conseil Provisoire. La plupart regagnaient leurs bureaux installés dans d’autres ailes du Palais Impérial. C’était d’ailleurs ce qu’elle souhaitait faire, également. Mais elle était l’assistante de Leia Organa Solo, dont les services étaient installés juste à côté du cœur actuel de la Nouvelle République… Ce qui était plutôt pratique, d’ordinaire, mais pas en cet instant.
Évitant d’un vif pas de côté un imposant Sluissi qui glissait dans sa direction, elle s’engouffra dans le couloir qui menait à la tourelle qui abritait la Conseillère et ses assistants. Les quatre derniers étages de ce qui aurait rivalisé avec un gratte-ciel sur une planète commune étaient occupés par des salles de liaison qui permettaient de garder des contacts permanents avec les milliers d’ambassadeurs de la Nouvelle République disséminés sur ses planètes membres et dans les secteurs neutres. En tant que numéro deux du gouvernement, Leia Organa Solo était chargée de la diplomatie, une tâche d’ampleur mais qui, de l’avis de Siveline, convenait parfaitement à l’énergie dégagée par la jeune femme.
Une autre tâche de Leia consistait à accueillir des requérants. Souvent, il s’agissait de représentants de mondes désireux d’adhérer à la Nouvelle République ou de peuples souhaitant présenter officiellement une requête. Plus rarement, les contacts étaient d’ordre personnel. La Conseillère était réputée pour prêter une oreille bienveillante à tous ceux qui demandaient son aide, dans la mesure du possible. Aussi y avait-il souvent une petite foule qui patientait dans le hall d’accueil dans lequel Siveline venait d’entrer.
À sa grande surprise, elle reconnut deux des personnes qui attendaient près d’un écran d’information. Ils ne l’avaient pas repérée, mais elle décida de se diriger vers eux malgré tout.
— Wedge ? Corran ?
Les deux Rogues interpellés regardèrent autour d’eux avant de la repérer. Le visage du vétéran de Yavin se détentit.
— Siveline ! Ravi de te revoir.
— Difficile de te reconnaître sans ton uniforme, ajouta Corran en souriant.
Elle s’en permit un, elle aussi. Ses relations avec ses deux ex-supérieurs n’avaient pas toujours été au beau fixe pendant qu’elle servait au sein de l’escadron Rogue. Mais elles avaient évolué en une amitié teintée de respect mutuel. Elle savait qu’ils étaient des pilotes d’un niveau rarement vu, et ils connaissaient tout de sa situation et de son engagement.
Elle remarqua les nouvelles étoiles qui étaient épinglées sur la poitrine de Wedge.
— Tu es général, maintenant ? Toutes mes félicitations !
— Merci, répondit-il avec un sourire las. J’aurais préféré gagner mes galons lors d’une victoire plutôt qu’à cause d’une défaite… Mais la Nouvelle République a apparemment besoin de nouveaux officiers supérieurs, et je n’ai jamais su lui dire non.
Corran toussota de façon un peu exagérée.
— Et la Guerre du Bacta… ?
— Presque jamais, corrigea aussitôt Wedge. Et comme l’escadron Rogue est au repos forcé, c’était le moment ou jamais d’accepter cette promotion qu’on voulait m’attribuer depuis un long moment.
Il y avait un peu d’amertume dans ces derniers mots, et elle serra le cœur de Siveline.
— Comment se portent les autres ? demanda-t-elle doucement.
— Tycho continue d’assurer le commandement en second. C’est lui qui se charge d’assurer le test des nouvelles recrues, avec Gavin, Asyr et Corran. Les autres ont été dispatchés comme instructeurs dans d’autres escadrons, le temps que nous ayons sélectionné les meilleurs candidats.
— Il y a pas mal de bons pilotes qui se sont présentés, commenta Corran. Mais le choix est très difficile. Remplacer Khe-Jeen, c’est une chose… Il avait du potentiel, mais il n’était pas là depuis très longtemps. Par contre, pour Myn, Hobbie ou Wes, c’est un autre problème…
— Le plus difficile, c’est de savoir qu’ils sont en vie, de savoir où ils sont et de ne rien pouvoir faire pour eux, décréta Wedge. Nous sommes impuissants et incapables d’agir.
Siveline acquiesça doucement.
— Leia est inquiète, elle aussi, confia-t-elle. Cela se voit. Elle ne semblait pas attendre grand-chose de la réunion d’aujourd’hui.
— Tu connais le résultat ?
— Pas encore, mais je miserais sur le statu quo. Il y a encore trop d’indécis pour qu’un nouveau Commandeur puisse être nommé.
Corran secoua la tête.
— Ça devient ridicule… Un spectacle aussi pitoyable que celui offert par les Seigneurs de Guerre à la mort de l’Empereur.
— Quelle est la tendance, au sein de l’escadron ? s’inquéta Siveline. Sovv ou Bel Iblis ?
— Tu poses la question à des Corelliens, signala Wedge avec un sourire désolé.
— Je m’en doute, mais il y a d’autres peuples représentés au sein des Rogues…
— Ils te répondront Bel iblis quand même. J’en suis presque certain. L’amiral Sovv…
Il jeta un coup d’œil autour de lui et baissa la voix pour être certain que personne ne l’entende.
— Il a sans doute quelques qualités, mais ce n’est pas Bel Iblis. Il n’a aucune aptitude tactique ou stratégique particulière… C’est davantage un organisateur, un logisticien. En temps de paix, ce genre de profil conviendrait peut-être tout à fait au poste de Commandeur Suprême, mais nous sommes en guerre. Pire encore, nous risquons de la perdre, cette guerre. Jusqu’à l’arrivée de Thrawn, la progression de la Nouvelle République avait été presqu’irrésistible… Mais ce n’est plus le cas, et il faut en tenir compte.
— Tu penses que Bel Iblis saurait se débrouiller avec cette donne ?
— Si quelqu’un en est capable, c’est lui. Et nous ne sommes pas les seuls à le penser au sein de la Flotte. Il y a des voix qui s’élèvent contre Sovv. De plus en plus virulentes…
Le ton qu’il employait, plein de sous-entendus, fit naître un sentiment d’appréhension chez Siveline.
— Au point de déclencher des mutineries s’il venait à être confirmé ?
— Nous n’en sommes pas encore là.
— Mais ça ne saurait tarder, intervint Corran. Le ressentiment est palpable. La cote de popularité des nos dirigeants ne cesse de baisser… Celle de Fey’lya en particulier. Beaucoup de questions se posent autour du désastre de Kuat et de l’intervention de son cousin dans la bataille. Nous avons subi d’importantes pertes là-bas, qui auraient pu être moins élevées si les forces bothanes avaient rompu l’engagement à temps.
— Beny’lya l’a payé de sa vie, rappela Siveline.
— Et c’est donc Fey’lya qui est le seul pouvant en répondre. Il est de notoriété publique qu’il a soutenu Bel Iblis lors de son retour – et même auparavant, à ce qu’en disent certains. Maintenant qu’Ackbar est prisonnier, il s’en détourne pour choisir un nouveau candidat que tout le monde pense plus malléable. Politiquement, il a ses raisons… Mais ça ne passe pas auprès des troupes.
Siveline allait répondre quand un homme barbu de très grande taille, revêtu d’un uniforme sans insignes, s’approcha du petit groupe.
— Me revoici, annonça-t-il aux deux pilotes. C’était bien le commandant Farr. Elle était plus que surprise de me revoir, si longtemps après Hoth ! Mademoiselle, salua-t-il d’un signe de tête en se rendant compte de la présence d’une jeune femme surprise auprès de ses compagnons.
— Urlor, je te présente Siveline Jaderan, déclara Corran. Elle travaille auprès de la Conseillère Organa Solo. Siveline, voici Urlor Sette, la raison de notre présence ici.
— Ravie de faire votre connaissance, répondit prudemment la jeune Polcaphréenne.
— De même !
— Urlor était l’un des prisonniers du Lusankya, poursuivit Corran.
Surprise, Siveline tourna vivement la tête vers lui.
— Les prisonniers d’Isard ? Ceux que tu recherchais ?
— Ouais, il m’a aidé à m’enfuir lorsque j’étais retenu prisonnier à bord.
— Bien joué, commenta Siveline. Et comment êtes-vous parvenu à vous échapper ?
— Je ne me suis pas échappé, répondit le géant avec un sourire d’excuse. J’ai été relâché il y a cinq jours, avec la plupart des autres prisonniers.
— Relâché ? s’étonna la jeune femme.
— Par décision expresse du Consul Poldrei, confirma Sette.
Du coin de l’œil, Siveline perçut le regard inquisiteur que lui lançaient Wedge et Corran. Ils savaient que ce nom suffisait bien souvent à la faire bouillir ; mais elle parvint néanmoins à se contenir.
— Je vois. Je n’étais pas informée.
— Urlor et les autres prisonniers étaient retenus sur Ciutric, expliqua Wedge.
— Ah.
Cela coïncidait, bien sûr, avec la visite de son père.
— Siveline, reprit Corran avec une certaine impatience, Urlor a d’autres informations que Leia Organa Solo doit entendre de toute urgence.
— C’est essentiel, insista le géant. Le général Dodonna est toujours retenu captif, et…
La main de Wedge se leva, l’incitant au silence.
— Je vais faire passer le message, promit la jeune femme. Je suis sûre qu’elle fera le nécessaire pour vous recevoir. Attendez ici.
Elle s’éloigna avec un sourire de façade, en direction des turboascenseurs qui pouvaient la conduire vers le dernier étage, où se trouvait le bureau de la Conseillère. C’était sa destination initiale, et la conservation lui avait seulement donné une raison de plus de s’y rendre.
Elle entra dans une cabine que venait de libérer un groupe d’Ithoriens et appuya sur le bouton pour refermer la porte.
Elle ferma les yeux pour tenter de se calmer autant que possible.
Arrête, Siveline, s’ordonna-t-elle à elle-même. Oui, il avait de la reconnaissance dans la voix, mais ce n’est pas pour autant qu’il appréciait… mon père.
Mon père.
Elle serra les dents sous le coup de la rage. Ces mots lui avaient toujours inspiré un profond dégoût. Depuis son plus jeune âge, ils étaient associés à un souvenir : celui d’une scène de dispute, dans le salon de la maison où elle était née.
Étrangement, elle ne se souvenait pas de ce premier foyer, hormis cette pièce qu’elle pouvait encore décrire avec précision : les murs argentés, les rideaux verts, la grande table ovale en verre opacifié, les causeuses antigrav organisées autour de l’holoprojecteur…
Et, au milieu de tout ça, cet homme – ce démon – qui repoussait sa mère, la faisant chuter au sol.
Le choc.
Le fauteuil qui basculait à la renverse.
Le sang de cette petite blessure, provoquée par le contact avec l’holoprojecteur.
Cet échange confus, et l’homme qui, finalement, s’éloignait à grands pas pour passer la porte.
Elle n’avait que trois ans, mais ce genre de scènes était capable de vous marquer à vie.
— Siveline ?
Elle ouvrit brusquement les yeux. Sans s’en rendre compte, elle était arrivée au dernier étage, et les portes de la cabine s’étaient ouvertes. Un autre assistant de Leia, un Aldéranien affable nommé Cal Omas, se tenait devant l’entrée.
— Siveline, ça va ?
— Un simple petit coup de fatigue, mentit-elle. Leia est-elle disponible ? J’ai des informations pour elle.
— Je viens de la laisser. Faites vite, elle devait partir voir Doman Beruss…
Elle le remercia d’un signe de tête et sortit du turboascenseur pour traverser l’antichambre en direction du bureau, dont les portes s’ouvrirent à son approche.
Les panneaux laissèrent apparaître Leia, assise derrière une grande table de plastoïde blanc, en train de consulter un datapad. Elle releva la tête en voyant son assistante entrer.
— Bonjour, Siveline, la salua-t-elle.
— Bonjour, Leia, répondit la Polcaphréenne. Désolée pour le retard…
— Il n’y a aucun problème, assura la Conseillère.
— J’ai croisé Wedge et Corran dans le hall d’accueil. Ils ont un message à vous délivrer.
Elle narra rapidement l’échange et les révélations narrées par Urlor Sette. Elle s’attendait à ce que Leia accueille favorablement la nouvelle, mais son visage paraissait plus angoissé que rassuré.
— Je devrais être ravie d’apprendre que le général Dodonna est en vie… soupira-t-elle. Et pourtant, la première pensée qui me vient à l’esprit, c’est que l’Empire – enfin, la Fédération Impériale – retient à présent deux de nos anciens Commandeurs en captivité, pendant que nous peinons à leur trouver un successeur.
— La réunion n’a rien donné, devina Siveline.
— Pire que cela, confia Leia. Garm n’était pas présent. Il a dépêché sa commandante en second, la capitaine Irenez, pour parler en son nom pendant qu’il supervisait les essais d’un prototype. Tout ça pour montrer qu’il agit, pendant que Sien Sovv se plie au jeu politique… Il y a eu suffisamment de protestations pour rejeter d’avance toute proposition de vote. J’ai demandé à rencontrer Garm, mais Irenez m’a répondue qu’il ne serait pas disponible au cours avant trois semaines. Trois semaines !
— Vous pensez que nous les avons ?
— Cela ne dépend pas de nous. Quelles sont les informations du général Cracken ?
Siveline lui tendit les dossiers de flimsi qu’elle avait acheminés jusqu’ici. Leia lui adressa un grand sourire.
— Et la version condensée ?
Il se dirige vers le Secteur Corporatif. Probablement pour en négocier l’annexion, comme il l’a fait sur Ciutric.
La Conseillère acquiesça.
— Ce serait logique, en effet. Votre mère pensait aussi qu’il ferait ce choix. Cela lui permettrait de capitaliser sur un nouveau succès.
— Les analystes des holochaînes fédérales n’arrêtent pas de répéter en boucle à quel point l’annexion de l’Hégémonie va soutenir l’économie de ce secteur de la galaxie et de tous ceux qui l’avoisinent…
— …Et les nôtres se demandent dans quelle mesure cela va renforcer l’industrie impériale, soupira Leia.
Elle feuilleta rapidement les feuilles de flimsi, puis reprit :
— Vous feriez mieux de dire à Wedge et à ses amis de nous rejoindre. Il vaudrait mieux savoir ce qu’ils ont à nous dire et ce qu’ils peuvent nous apprendre. Dans un combat contre des ennemis comme le Grand Amiral Thrawn ou votre père, n’importe quel petit détail peut avoir son importance…
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Messagepar Alfred M. » Dim 21 Mar 2021 - 14:37   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Jagen Eripsa a écrit:Allez, on découvre notre dernier personnage principal ! :cute:


Oh ça va, c'est pas parce qu'on se souvient plus de son nom qu'on la connait pas :paf: .

Combien de temps la NR va-t-elle subir au lieu d'agir ? Si même Fey’lya ne soutient plus Bel Iblis ça risque de durer. Ce dernier s'occupe en testant un nouveau prototype, le MC.90 :think: ? Encore du teasing en tout cas :whistle: . Reste plus qu'à garder le rythme de parution hebdo maintenant :D .
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Messagepar L2-D2 » Dim 21 Mar 2021 - 21:16   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 6 lu !

Quelle brillante idée que d'avoir fait de Siveline l'assistante de Leia ! Non content de nous permettre de voir au plus près les événements du point de vue de la Nouvelle République - peut-être plus encore que dans le tome 1 avec Corran Horn chez les Rogues - c'est un bonne "réponse" scénaristique aux assistants de Poldrei dans ce même tome 1. C'est bien vu ! Comme le fait que Leia l'ait prise sous son aile finalement : d'autres que la Princesse aurait pu y trouver à redire, mais au vu de sa filiation, Leia est bien quelqu'un qui se fiche presque de qui est le parent des gens avec qui elle travaille. Bref, que des bonnes idées ! :jap:

Vivement la suite ! Ce tome 2 démarre vraiment de façon accrocheuse ! :jap:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 22 Mar 2021 - 10:16   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci à vous deux ! :jap:

Alfred M. a écrit:Ce dernier s'occupe en testant un nouveau prototype, le MC.90 :think: ?

Non. :P

Alfred M. a écrit:Si même Fey’lya ne soutient plus Bel Iblis ça risque de durer.

Comme tu dis :transpire:

L2-D2 a écrit:Quelle brillante idée que d'avoir fait de Siveline l'assistante de Leia ! Non content de nous permettre de voir au plus près les événements du point de vue de la Nouvelle République - peut-être plus encore que dans le tome 1 avec Corran Horn chez les Rogues - c'est un bonne "réponse" scénaristique aux assistants de Poldrei dans ce même tome 1. C'est bien vu ! Comme le fait que Leia l'ait prise sous son aile finalement : d'autres que la Princesse aurait pu y trouver à redire, mais au vu de sa filiation, Leia est bien quelqu'un qui se fiche presque de qui est le parent des gens avec qui elle travaille. Bref, que des bonnes idées ! :jap:

Ravi que ça te plaise ! :jap: L'idée s'est imposée d'elle-même alors que j'écrivais le tome 1. Ce tome 2 est de fait plus politique, même si l'action sera bien présente. :cute:

Alfred M. a écrit:Reste plus qu'à garder le rythme de parution hebdo maintenant :D .

Je me suis fait un planning des parutions sur Excel, et je vais tout faire pour le tenir... :transpire:
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Messagepar Alfred M. » Lun 22 Mar 2021 - 11:26   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Jagen Eripsa a écrit:
Alfred M. a écrit:Si même Fey’lya ne soutient plus Bel Iblis ça risque de durer.

Comme tu dis :transpire:


A mon sens c'est pas forcément très cohérent avec le personnage parce que c'est son plan depuis le début d'amener Bel Iblis au plus haut, de préférence à la place d'Ackbar. Et on l'a vu aller dans le sens du vent (des héros, de la population) en cas de faiblesse (dans L'Ultime Commandement) voir même juste quand il sait qu'il n'a pas l'avantage (La Crise de la Flotte Noire) et je le vois au pire rester neutre. Si il a fait de Sovv son Commandant Suprême c'est parce qu'il était chef d'état et en temps de paix. Dans ces conditions ça pourrait être comprehensible qu'il n'ait pas choisi Bel Iblis (dans les faits on ne sait pas que je sache, il est tout aussi probable que le "vieux rebelle" ait trouvé que c'était un bon moment pour prendre sa retraite) mais si Fey'lya n'est pas chef d'état, il a tout interet à mettre une forte tête qui a des inimités affirmées avec le chef actuel. Surtout qu'il a des affinités avec Bel Iblis (plus qu'avec Sovv au final... et final je veux bien dire Etoile après Etoile :transpire: ).
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 22 Mar 2021 - 12:08   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Effectivement, il y a eu un petit retournement de situation... Mais l'explication sera donnée en temps voulu. :D
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 28 Mar 2021 - 12:50   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

De retour du côté de la Fédération !



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 7

— Capitaine, nous allons sortir de l’hyperespace.
Il fallut quelques secondes à Anthara avant qu’elle ne réalise que c’était à elle qu’on s’adressait ainsi.
— Merci, lieutenant Weyser, répondit-elle avec un signe de tête à destination du navigateur, avant de se tourner vers l’opérateur comm’. Lieutenant Dirann, dès que nous aurons regagné l’espace réel, contactez le contrôle opérationnel de Bilbringi pour coordonner la procédure d’arrimage.
— À vos ordres, Madame.
Weyser devait avoir le même âge qu’elle, à peu de choses près. Dirann, lui, semblait avoir la trentaine bien tassée. Une petite dizaine d’années de plus qu’elle.
Comment percevait-il le fait de recevoir des ordres de la part d’une si jeune femme ?
C’est irréel, songea Anthara en inspectant l’équipage de la passerelle du regard. La moitié au moins des officiers sous mes ordres sont plus âgés que moi. Certains le sont suffisamment pour avoir servi depuis le début du conflit contre la Rébellion. Et c’est vers moi qu’ils se tournent pour recevoir leurs instructions, à présent…
Jamais elle n’aurait imaginé se retrouver aux commandes d’un cuirassé stellaire à l’âge de vingt-sept ans. Pourtant, c’était bien elle qui gérait à présent au quotidien le Guardian pour le compte du Grand Amiral Thrawn. Elle se chargeait de tous les petits détails du commandement – lecture des rapports des équipes de maintenance, gestion des quarts et autres tâches banales – pour laisser le Stratège de la Fédération Impériale libre de se pencher sur des sujets autrement plus intéressants.
Elle adorait ça.
Elle n’éprouvait plus ce sentiment d’illégitimité qui la perturbait souvent lorsqu’elle avait dû transmettre les ordres du Moff Poldrei à ses subordonnés – souvent plus gradés qu’elle. Cette fois, on lui obéissait parce que c’était elle qui dictait la conduite à suivre.
Elle dirigeait vraiment la passerelle – sauf quand le Grand Amiral Thrawn s’y trouvait.
Le silence se fit encore plus absolu qu’à l’ordinaire quand le non-humain entra. Les sentinelles avaient pris l’habitude de ne pas annoncer son arrivée, ainsi qu’il l’avait ordonné. Thrawn voulait que le vaisseau soit exemplaire à tout moment, et pas seulement en sa présence. C’était une règle qu’elle entendait suivre à la lettre.
— Amiral, salua-t-elle en se mettant au garde-à-vous à son approche. Nous arrivons en vue de notre destination.
— Repos, capitaine Brenko, répondit le non-humain avec un signe de tête approbateur. Je venais justement observer la manœuvre.
— Bien sûr.
Elle aurait dû s’en douter, après tout : qui se refuserait à contempler le site de sa plus grande victoire ?
Le Guardian passa en vitesse subluminique à une centaine de kilomètres du périmètre extérieur des défenses de Bilbringi. Aussitôt, les senseurs du cuirassé signalèrent la présence d’une myriade d’autres vaisseaux, de toutes tailles et de tous genres. Les plus impressionnants, bien sûr, étaient les six destroyers de classe Impériale qui croisaient près des plateformes Golan placées face aux points d’émergence de l’hyperespace. Ils étaient accompagnés d’une kyrielle de vaisseaux plus petits, allant du classe-Victoire à des corvettes de patrouille des Douanes Impériales. Étaient également présents de nombreux appareils de ferrailleurs conventionnés, qui se chargeaient de la collecte des débris issus de la bataille qui avait eu lieu ici deux mois plus tôt.
Enfin, à mesure que le Guardian progressait vers sa destination, Anthara découvrit une autre catégorie de vaisseaux : les trophées du Grand Amiral Thrawn.
Une dizaine d’appareils appartenant à la flotte néo-républicaine étaient amarrés aux docks des chantiers de Bilbringi. Il s’agissait pour la plupart de croiseurs capturés lors de la bataille, même si Anthara repéra également la présence du Democracy, un destroyer de classe-République qui avait été capturé sur Kuat et conduit ici. Le plus imposant de tous ces vaisseaux était bien sûr le Home One, qui avait couvert la retraite des Néo-Républicains.
Anthara jeta un coup d’œil furtif à son supérieur, mais ne remarqua aucun sentiment sur son visage. S’il n’y avait eu la couleur de sa peau, elle aurait pu le prendre pour une statue de marbre datant de l’ère du royaume de Cron, avec son air impassible en toutes circonstances.
Il resta ainsi tandis qu’Anthara gérait les procédures d’accostage du Guardian, particulièrement complexes en raison de la taille du vaisseau. Puis, alors qu’elle transmettait les ordres pour les opérations de maintenance à effectuer, elle le vit finalement s’animer.
— Faites préparer une navette et suivez-moi, ordonna-t-il alors.
Voyant sa brève hésitation, il ajouta :
— Les équipes de Bilbringi sont compétentes et savent quelles sont les vérifications à effectuer.
— Bien sûr, Amiral, répondit-elle en s’exécutant.
Elle transmit les dernières consignes, puis s’engagea à sa suite dans les coursives du vaisseau.
Les membres d’équipage qu’ils croisèrent se mirent au garde-à-vous sur leur passage. Il y avait sans doute un peu de peur, dans le regard, lorsqu’ils observaient le duo formé par les deux officiers passant devant eux. Mais Anthara avait l’impression qu’un autre sentiment prédominait.
De la fierté.
Ils ont retrouvé une raison de servir, comprit-elle alors qu’ils entraient dans le hangar. C’étaient de jeunes hommes, mais aussi certains plus âgés ; et, même si elles étaient encore rares, il y avait quelques femmes. Pas de non-humains, pour l’heure ; mais elle ne doutait pas qu’ils finiraient par se rallier au nouveau régime.
Et ils étaient fiers de le servir, ce régime. Pas terrorisés. Fiers.
Elle remonta la rampe de la navette Lambda à la suite du Grand Amiral et s’installa à ses côtés dans la soute, tandis que les pilotes gagnaient le cockpit.
Ils étaient à présent seuls, dans l’habitacle. Anthara saisit l’occasion pour s’adresser à son supérieur.
— Amiral, puis-je vous poser une question ?
— Allez-y.
La voix était froide et n’incitait guère à la confession, mais la jeune femme rassembla son courage pour parler malgré tout.
— Pourquoi moi ?
Thrawn haussa un sourcil et posa son regard ardent sur son aide de camp.
— Vous pouvez trouver une meilleure formulation.
— Eh bien… Pourquoi m’avez-vous choisie comme second ?
— Voilà qui est plus précis, commenta le Grand Amiral. Mais je suis certain que vous pouvez faire mieux encore. Estimez-vous que vous n’êtes pas compétente pour ce poste ?
— Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, répondit précipitamment Anthara. Je voulais savoir pourquoi vous m’aviez choisie, moi, alors que j’étais l’assistante du Consul Poldrei… L’homme qui est, en quelque sorte, votre rival à la tête de la Fédération.
Cette fois, Thrawn se fendit d’un mince sourire qui n’avait rien de joyeux.
— À en croire notre ami Carth, il n’y a pas de rivalité mais un équilibre, commença-t-il. C’est assez vrai pour le moment. Nous n’avons pas les mêmes domaines d’action. À lui le politique, pour lequel je n’ai guère d’attrait, tandis que je me charge des questions militaires. Cette répartition me convient, et je pense qu’il en va de même pour lui.
— Vous lui faites confiance ? s’étonna Anthara.
— Je le respecte, et réciproquement. Mais nous avons tous deux notre agenda. Bien qu’il s’en défende, le sien ne place pas le bien de la Fédération Impériale en priorité. Vous le savez mieux que moi.
Elle acquiesça doucement.
— J’ai mené mon enquête après ce qui s’est passé lors de la bataille de la flotte Katana, révéla-t-elle.
— L’acquisition de ces vaisseaux se serait révélée particulièrement profitable pour l’Empire, mais il a préféré privilégier la survie de sa fille, pourtant affiliée au camp ennemi. (Thrawn secoua la tête d’un air désapprobateur.) Et j’imagine que vous savez aussi qu’il a rencontré son ancienne épouse quelques semaines plus tard ?
— Je l’ai découvert, admit Anthara. Il était resté très secret à ce sujet, mais en rassemblant les informations que j’avais à ma disposition…
— Il a passé un marché avec la Nouvelle République, un marché qui s’est forcément fait au détriment de notre effort de guerre, commenta Thrawn. J’ignore encore de quoi il s’agit… Peut-être a-t-il livré à l’ennemi des informations sur le centre de clonage du Mont Tantiss ? Avec, j’imagine, la promesse de le mettre hors-service tôt ou tard.
— Ce serait du sabotage caractérisé… murmura la jeune femme. Je ne l’imagine pas aller jusque-là. Ce qui s’est passé lors de la bataille de Katana était différent ; c’était une réaction à chaud, instinctive. Un coup de folie.
— Peut-être, admit le Grand Amiral. Il n’empêche que je ne suis guère satisfait de la version officielle. Je ne crois pas à cette armée de clones en furie. Ou plutôt, je ne crois pas qu’elle aurait pu être une menace après la mort de C’baoth. Privés de leur guide, ils auraient pu être détruits facilement. Cela signifie bien que la destruction de l’usine servait d’autres buts…
Il plissa les yeux.
— Ces points mis à part, nous sommes en accord sur beaucoup d’autres sujets. La préparation de l’avenir, notamment. Lorsque je suis revenu des Régions Inconnues, il m’a fallu faire appel à un officier compétent et reconnu, capable de donner corps à ma vision de la reconquête impériale. À présent que nous disposons d’une base solide, mon objectif est de préparer une nouvelle génération de commandants qui sauront mener à bien mes plans de bataille. Vous êtes l’une des premières recrues de ce programme informel.
— C’est un honneur, Amiral, répondit Anthara avec émotion.
— Et une lourde tâche, assura Thrawn. Cette guerre est loin d’être terminée. La Nouvelle République a peut-être subi ses premiers revers depuis la mort de l’Empereur, elle est peut-être déstabilisée par la perte de quelques-uns de ses meilleurs commandants, mais elle saura se battre lorsque la situation l’exigera. C’est quand ils sont acculés, dos au mur, que les Rebelles donnent le meilleur d’eux-mêmes, comme ils l’ont montré à Yavin, Hoth ou Endor. La seule solution, pour nous, sera de nous montrer plus efficaces que jamais dans les années à venir.
— Les années ? répéta la jeune femme.
— J’estimais à cinq ans la durée des combats nécessaires pour reprendre la majeure partie de la galaxie aux mains des Rebelles. Mais c’était avant ce qui s’est produit sur Wayland, ajouta-t-il en laissant entendre une fois encore son amertume. Ce sera plus probablement dix à quinze ans, à présent.
Une voix se fit entendre dans l’intercom du vaisseau.
Amiral, nous approchons de notre destination.
Thrawn se leva de son siège, l’air impatient.
— Vous n’avez pas tout à fait répondu à ma question, remarqua Anthara. Vous ne m’avez pas dit pourquoi vous m’aviez sélectionnée, moi, plutôt qu’une autre recrue de mon âge.
— En effet, confirma le Grand Amiral, légèrement amusé. Vous vous êtes vous-même chargée d’apporter cette réponse-là.
La jeune femme se tut quelques instants, repassant leur conversation dans son esprit. Elle comprit très vite où Thrawn voulait en venir.
— Parce que je connais le Consul Poldrei. J’ai été tenue à l’écart de ses secrets, mais j’ai appris à le découvrir, lui.
— Et la connaissance de l’adversaire est la meilleure des voies vers la victoire, déclara Thrawn. Il existe diverses méthodes pour acquérir ce savoir… L’étude de l’art en est une que j’affectionne particulièrement, mais ce n’est pas la seule.
Je suis donc un moyen pour le Grand Amiral d’atteindre Poldrei, si jamais celui-ci venait à se retourner contre nous, résuma intérieurement Anthara tandis qu’ils quittaient la navette. Elle ne savait pas si elle devait se sentir vexée ou pas de cet état de fait. Elle n’aurait même pas pu dire si cela lui déplaisait.
Avec ses tuyaux apparents, son sol patiné voire brûlé par endroits, et ses niches dans les parois, le hangar du Home One dans lequel ils s’étaient posés n’aurait pas pu être plus différent de celui qu’ils avaient quitté quelques minutes plus tôt. Seuls les stormtroopers au garde-à-vous semblaient être les mêmes.
Le colonel qui commandait le vaisseau vint à leur rencontre et se proposa pour les guider. Il agrémenta de ses commentaires leur parcours au sein du navire.
— Oui, c’est un système qui fonctionne très bien, déclara-t-il à un moment. Garder les prisonniers à bord de leur propre croiseur était une excellente idée, Amiral. Ils sont dans un environnement familier qui ne provoque pas trop de stress. Nous leur laissons un petit peu de liberté de circulation dans leurs quartiers et les espaces de vie en commun. Bien sûr, ils ont l’interdiction formelle d’approcher des zones stratégiques : les réacteurs, les hangars, les postes d’artillerie ou la passerelle. Ils ont plutôt bien respecté les règles jusqu’ici.
Ils passèrent dans un couloir où la paroi de droite était constituée de panneaux de transparacier, qui offraient une vue superbe sur le module central du vaisseau, où les concepteurs avaient recréé un paysage semi-naturel, avec lagon d’eau turquoise, plage de sable fin et arbres tropicaux.
— Les MonCals avaient conçu ces vaisseaux pour la plaisance, avant de les transformer en engins de guerre, commenta le colonel tandis qu’ils traversaient cette zone. Des endroits comme celui-ci le rappellent…
Anthara se demandait vaguement si le Grand Amiral allait finir par faire taire ce bavard impénitent quand ils finirent par atteindre leur destination. Deux stormtroopers encadraient la porte. Le colonel se plaça à leur côté et laissa le Grand Amiral entrer, immédiatement suivi de son aide de camp.
La cabine qu’ils venaient de rejoindre avait sans doute été l’une des suites du navire, à l’époque où celui-ci était encore réservé à la croisière. Ils se trouvaient à présent dans une vaste antichambre aux murs épurés, qui s’ouvrait sur un salon également immaculé, doté d’une baie d’observation laissant apparaître les chantiers de Bilbringi.
La seule touche de couleur dénotant dans cet environnement très lumineux, en dépit de son atmosphère extrêmement humide, venait de la peau saumonée de l’occupant des lieux.
Anthara sentit son cœur s’accélérer. L’amiral Ackbar ressemblait trait pour trait aux hologrammes qu’elle avait pu voir de lui. Le visage du Commandeur Suprême de la Nouvelle République était connu de tous les officiers impériaux depuis la bataille d’Endor.
Il se positionna de profil, les dardant d’un regard perçant de son immense œil droit.
— Grand Amiral Thrawn, salua-t-il prudemment de sa voix rocailleuse.
— Amiral Ackbar, répondit doucement le Stratège. Je suis venu m’assurer en personne que les promesses faites lors de notre dernier entretien étaient respectées.
Le MonCal resta silencieux quelques instants.
— C’est tout à votre honneur, finit-il par lâcher.
Thrawn s’approcha de lui.
— Vos hommes sont pour la plupart sains et saufs, commença-t-il. Le colonel Brikker m’a appris qu’il n’y avait eu que vingt-huit pertes depuis votre reddition : vingt-six blessés qui n’ont pu être sauvés et deux hommes qui ont tenté de s’enfuir. Les autres sont indemnes. J’estime donc avoir rempli ma part du contrat.
— J’imagine que c’est le cas, en effet, admit Ackbar, presque avec réticence.
— Comme je vous l’avais dit, je ne suis pas le Grand Moff Tarkin… Et vous n’êtes pas mon esclave.
— Votre venue n’est toutefois pas une simple visite de courtoisie.
Thrawn ne répondit pas, se contentant d’approcher d’un petit meuble où était disposé l’un des rares éléments décoratifs de la pièce.
— C’est bien un plateau de Nageur calamarien que vous avez là ? demanda-t-il à Ackbar.
— Oui…
— Une édition en nacre, à ce que je vois, dit-il en observant de plus près les pions. De toute beauté. Je dois admettre que je suis fasciné par ce jeu, si révélateur de la société calamarienne.
— Vraiment ? lâcha l’amiral néo-républicain avec suspicion.
— Bien sûr. La plupart des cultures ont développé des jeux de plateau pour deux camps, en face-à-face. Le nageur calamarien est l’un des rares exemples comportant trois camps. Et cette disposition en triangle… Quoi de plus emblématique de l’histoire de votre peuple, prêt à faire face aux adversaires venus d’ailleurs mais aussi à vos propres rivaux locaux, les Quarrens ?
— C’est une analyse intéressante, admit Ackbar.
Thrawn lui adressa un mince sourire.
— Je crois me souvenir que vous avez remporté quelques prix dans les tournois organisés sur votre monde, déclara-t-il à l’intention de son adversaire. Seriez-vous partant pour une nouvelle partie ?
— Il nous faut un troisième joueur, signala le MonCal.
— Très juste. Capitaine Brenko, vous prendrez les Verts. Je prendrai les Bleus. Amiral Ackbar, à vous les Blancs.
D’un air contrit mais n’osant pas refuser cette proposition qui avait tout d’un ordre, le Néo-Républicain les invita à s’installer autour d’une petite table et amena lui-même le précieux plateau de jeu. Anthara s’assit en regardant les pions de nacre.
La connaissance de l’adversaire est la meilleure des voies vers la victoire, avait dit Thrawn.
Visiblement, il comptait déjà lui apprendre quelques astuces en la matière. Du bout des doigts, il bougea son premier pion, et plongea son regard écarlate dans celui chargé de suspicion de l’amiral Ackbar.
— À vous de jouer, lança alors le Grand Amiral.
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 28 Mar 2021 - 14:26   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Supers chapitres ! :lol:

J'ai bien aimé le premier, avec Siveline qui nous en apprend plus sur ce personnage si important.

Mais le second est encore mieux et me paraît encore plus riche en révélations importantes. Notamment l'information que Thrawn nourrit une certaine méfiance envers Poldreï. C'est tout à fait logique et compréhensible, d'ailleurs. Je pense qu'il n'a pas tort de dire que Carth ne met pas le triomphe de l'Empire au dessus de tout. Serait-il prêt à sacrifier sa fille pour sa Fédération ? Non, sans doute pas, et si c'est aussi pour ça qu'on aime ce personnage, je comprends que Thrawn se méfie d'un tel allié, j'aurais des doutes moi aussi.

Et la fin du chapitre est géniale, Thrawn et Ackbar qui vont jouer à un jeu de stratégie :love:

J'aimerais bien savoir qui a gagné. :sournois:
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Messagepar Alfred M. » Dim 28 Mar 2021 - 18:18   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Oula des références à des œuvres les plus obscures de l'UEL :D .

Thrawn se croit toujours plus malin que tout le monde mais entre Ackbar et lui, c'est le Mon Calamarien qui a le plus à apprendre de lui (surtout que ses batailles sont beaucoup moins bien documentées que celles d'Ackbar) et il devrait se méfier :whistle: . Thrawn imagine peut-être ce "plan à trois" comme une confrontation entre impériaux face à Poldrei en plus de la NR mais le troisième camp pourrait être dirigé par une autre personne :sournois: . Hâte de voir où ça va nous mener parce que je suis sur que tu as prévu de nous amener quelque part avec ça.
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Messagepar L2-D2 » Lun 29 Mar 2021 - 12:47   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 7 lu !

J'aime toujours ton découpage en deux demi-Chapitres, cette façon dont une discussion ou un événement s'achève pour en lancer un deuxième dans la foulée ! Ici, ça ne loupe pas non plus, et voilà qu'on découvre Antahra en action sur sa passerelle de commandement avant u'elle ne clarifie les choses avec Thrawn. Le "Stratège" (j'adore ce titre ! :love: ) ne se méfie peut-être pas d'elle mais clairement de Poldrei, tout en le respectant et en reconnaissant ses qualités, et ça fait du bien de voir deux leaders à ce point accepter leurs désaccords respectifs tout en se respectant mutuellement ! :jap:

Et on enchaîne avec une très belle scène avec Ackbar, et un jeu de stratégie à trois camps. Tiens tiens, comme c'est curieux... :sournois:

Et la petite mention à un conflit qui prendrait fin dans une quinzaine d'années... je serai curieux de voir les Vongs face à Thrawn, tiens ! :love:

Vivement la suite (et bravo pour tenir le rythme) ! :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 29 Mar 2021 - 15:04   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci à tous ! Ravi de voir que ce chapitre vous a plu ! :jap:

Dark Palgueïss a écrit:J'ai bien aimé le premier, avec Siveline qui nous en apprend plus sur ce personnage si important.

Mais le second est encore mieux et me paraît encore plus riche en révélations importantes. Notamment l'information que Thrawn nourrit une certaine méfiance envers Poldreï. C'est tout à fait logique et compréhensible, d'ailleurs. Je pense qu'il n'a pas tort de dire que Carth ne met pas le triomphe de l'Empire au dessus de tout. Serait-il prêt à sacrifier sa fille pour sa Fédération ? Non, sans doute pas, et si c'est aussi pour ça qu'on aime ce personnage, je comprends que Thrawn se méfie d'un tel allié, j'aurais des doutes moi aussi.

Alfred M. a écrit:Thrawn imagine peut-être ce "plan à trois" comme une confrontation entre impériaux face à Poldrei en plus de la NR mais le troisième camp pourrait être dirigé par une autre personne :sournois: .

L2-D2 a écrit:Le "Stratège" (j'adore ce titre ! :love: ) ne se méfie peut-être pas d'elle mais clairement de Poldrei, tout en le respectant et en reconnaissant ses qualités, et ça fait du bien de voir deux leaders à ce point accepter leurs désaccords respectifs tout en se respectant mutuellement ! :jap:

Je suis content que cette construction vous plaise. :cute: Il me semblait nécessaire de montrer les tensions existantes entre ces deux leaders dont les objectifs ne sont pas tout à fait les mêmes. Le tout est de savoir dans quel sens leur relation va évoluer... :sournois:

L2-D2 a écrit:J'aime toujours ton découpage en deux demi-Chapitres, cette façon dont une discussion ou un événement s'achève pour en lancer un deuxième dans la foulée !

Tant mieux, parce que j'ai encore une paire de chapitres conçus comme ça :transpire:

Alfred M. a écrit:Thrawn se croit toujours plus malin que tout le monde mais entre Ackbar et lui, c'est le Mon Calamarien qui a le plus à apprendre de lui (surtout que ses batailles sont beaucoup moins bien documentées que celles d'Ackbar) et il devrait se méfier :whistle: .

Sauf que Thrawn est libre et Ackbar enfermé... :D

Dark Palgueïss a écrit:Et la fin du chapitre est géniale, Thrawn et Ackbar qui vont jouer à un jeu de stratégie :love:

J'aimerais bien savoir qui a gagné. :sournois:

L2-D2 a écrit:Et on enchaîne avec une très belle scène avec Ackbar, et un jeu de stratégie à trois camps. Tiens tiens, comme c'est curieux... :sournois:

Pour la petite histoire, c'est inspiré d'une scène d'ouverture que j'avais écrite pour l'un des tomes de ma première version des Chroniques de la Marine Républicaine. :cute:

L2-D2 a écrit:Et la petite mention à un conflit qui prendrait fin dans une quinzaine d'années... je serai curieux de voir les Vongs face à Thrawn, tiens ! :love:

:sournois:

L2-D2 a écrit:Vivement la suite (et bravo pour tenir le rythme) ! :oui:

Merci ! Pour le moment, j'ai encore un peu d'avance. :transpire:
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Messagepar Dark Palgueïss » Mar 30 Mar 2021 - 15:23   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Oui je pense que cette scène avec Thrawn, ce moment où il exprime ses doutes sur Poldreï était assez nécessaire, du coup bien joué de l'avoir faite.

D'ailleurs quand il parle du moment où Carth a rencontré son ex-femme il suggère qu'ils ont dû négocier quelque chose. De mémoire ce "marché", c'est Carth qui s'engage à ne pas révéler la vérité sur Vador et ses enfants et en échange, la Nouvelle République tient à l'écart sa fille, non ?

Si c'est bien ça et que Thrawn l'apprend, il risque de pas aimer... et peut être vouloir passer outre cet arrangement. :sournois:

Question que je me pose aussi : il me semble que dans la "Fédération Impériale", Thrawn n'a jamais dit explicitement qu'il rejetait Palpatine... Je veux dire, là il est plutôt "gentil", en tout cas pas malfaisant, mais dans le fond qu'est-ce qu'il pense du virage idéologique que Carth propose ?

Parce que la question qui me taraude un peu, c'est comment il va réagir quand Palpatine va faire son grand retour ? :transpire:

Je vois Thrawn comme un pragmatique. Je me demande si, voyant le retour de Palpatine, il va pas faire son petit calcul, en arriver à la conclusion logique qu'il y a plus de chances de victoire en s'alliant avec Palpatine qu'en le combattant et du coup abandonner le navire et rejoindre Palpy..
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 30 Mar 2021 - 16:23   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Dark Palgueïss a écrit:D'ailleurs quand il parle du moment où Carth a rencontré son ex-femme il suggère qu'ils ont dû négocier quelque chose. De mémoire ce "marché", c'est Carth qui s'engage à ne pas révéler la vérité sur Vador et ses enfants et en échange, la Nouvelle République tient à l'écart sa fille, non ?

Exactement :jap:

Dark Palgueïss a écrit:Question que je me pose aussi : il me semble que dans la "Fédération Impériale", Thrawn n'a jamais dit explicitement qu'il rejetait Palpatine... Je veux dire, là il est plutôt "gentil", en tout cas pas malfaisant, mais dans le fond qu'est-ce qu'il pense du virage idéologique que Carth propose ?

Parce que la question qui me taraude un peu, c'est comment il va réagir quand Palpatine va faire son grand retour ? :transpire:

Je vois Thrawn comme un pragmatique. Je me demande si, voyant le retour de Palpatine, il va pas faire son petit calcul, en arriver à la conclusion logique qu'il y a plus de chances de victoire en s'alliant avec Palpatine qu'en le combattant et du coup abandonner le navire et rejoindre Palpy..

Tout ce que je peux dire sans spoiler divulgâcher, c'est que tu te poses une très bonne question. :whistle:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 04 Avr 2021 - 12:08   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Place à la politique ! :sournois:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 8

Le fauteuil était confortable, la salle élégante et le spectacle animé. Pour un peu, Carth se serait cru de retour au théâtre.
Malheureusement, ce qu’il avait sous les yeux n’était pas une fiction, mais bien le comportement réel de responsables politiques.
— La raison d’être du Secteur Corporatif est, depuis toujours, son indépendance ! grondait Tsom Tyrris.
Cet homme sec aux cheveux rares, qui devait avoir quelques années de plus que Carth, était l’ExO – l’Officier Exécutif – dirigeant le Secteur Corporatif depuis la mort de l’Empereur. Il y avait quelque chose, dans ses traits, qui rappelait au Consul le visage du Grand Moff Disra – et ce n’était pas un compliment, tant celui-ci était peu avenant.
— L’Ancienne République, puis l’Empire, ont respecté notre souveraineté ! poursuivit Tyrris. Croyez-vous donc que votre Fédération Impériale, bien moins puissante que ces deux régimes, peut se permettre de nous dicter sa loi ?
Il faisait preuve d’une arrogance considérable pour le chef d’un régime dont la flotte avait été neutralisée par l’irruption surprise d’une flotte impériale, quelques semaines plus tôt. Les reliques de la Guerre des Clones ou d’avant qui servaient de vaisseaux de combat pour l’ASC – l’Autorité du Secteur Corporatif – avaient à peine eu le temps d’ouvrir le feu contre le Gatherer de l’amiral Rogriss avant d’être contraints au silence.
— Je dis non ! tonna l’ExO. Nous ne nous soumettrons pas ! Non ! Non !
— Non ! cria une femme au nez en forme de bec à sa droite.
— Non ! reprit un autre homme, équipé d’un bras prothétique.
— Non ! Non ! enchaînèrent en cœur les autres Direxs – directeurs exécutifs.
Les cinquante-cinq voix reprenant ces mots raisonnaient dans la vaste pièce comme autant de coups de tonnerre. Quel contraste avec l’accueil charmant qui a été organisé face aux holocams… songea le Consul, un brin amusé.
Face à tant d’agressivité, Carth garda pendant quelques instants un air impassible ; puis, voyant que la véhémence menaçait de tourner aux insultes, voire aux actes, il se contenta de lever la main droite et de claquer des doigts.
Aussitôt, les invectives se transformèrent en cris de surprise et d’effroi, tandis que les hiérarques découvraient les douze Shadowtroopers qui venaient d’apparaître, sous leurs yeux, armés jusqu’aux dents.
Le Consul attendit que le silence revienne avant de reprendre la parole, en cachant tant bien que mal son sourire.
— En fait, je crois que vous allez être ravis de m’obéir.

* *
*


Cinq heures plus tard, il lisait un rapport, confortablement enfoncé dans l’un des fauteuils rembourrés de la luxueuse suite qu’on lui avait attribuée, quand quelques brefs coups retentirent à sa porte.
Il fut aussitôt aux aguets. Il savait que l’hôtel tout entier était sécurisé et que ses hommes y patrouillaient – visible ou pas. Mais il vérifia tout de même le terminal de sécurité avant d’ouvrir la porte à son visiteur.
— Entrez, Firmus, je vous en prie, l’accueillit-il avec convivialité. J’espère que vous avez fait bon voyage…
— Très bon, merci, lui répondit le gouverneur Dowes.
Tandis qu’il passait le seuil, Carth observa son visage. Il lui trouva l’air vieilli par rapport à leur dernière entrevue, quelques semaines plus tôt. Ses cheveux clairsemés et sa courte barbe semblaient plus pâles, et par contraste plus visibles sur son visage sombre que quelques nouvelles rides venaient sillonner.
— Cela faisait longtemps que je n’avais pas voyagé sur un vaisseau civil, poursuivit Firmus Dowes. La nourriture est aussi immonde que dans mes souvenirs, mais, pour le reste, le confort s’est largement amélioré.
— Il faut bien que le progrès se sente, quelquefois. Et puis cela vous aura permis de prendre le pouls de la population, comme nous le souhaitions, non ?
— Une expérience intéressante, je dois l’admettre.
— Vous allez me raconter tout ça, dit Carth en l’invitant d’un geste à s’asseoir. Vous prendrez bien un verre ? J’ai là une bouteille de brandy de Gachagnor, une excellente cuvée vieillie quinze ans en fûts de bois, à l’ancienne… Un délice. Je l’ai fait analyser par mes services, bien sûr.
— Vous méfieriez-vous de nos hôtes, par hasard ? s’amusa Dowes.
— Disons qu’ils seraient sans doute ravis de m’offrir un aller simple vers le trou noir le plus proche.
— L’entretien s’est si mal passé ?
— Vous voulez dire, avant ou après l’intervention des Shadowtroopers ?
Dowes acquiesça doucement.
— Il a donc fallu en arriver là.
— Ils se sont montrés beaucoup plus coopératifs ensuite. Je pense qu’ils accepteront la transition sans rechigner.
— Et si ce n’était pas le cas ?
Achevant de verser le précieux breuvage mordoré dans deux verres de cristal, Carth glissa un regard vers son ami.
— Je suis l’homme qui a fait tuer les Seigneurs de Guerre, non ? Quelques pontes de l’industrie en plus ne me saliront pas davantage les mains. Si c’est le prix à payer pour nettoyer ce secteur, je m’en acquitterai bien volontiers.
Il prit les deux verres, en confia un au gouverneur et tira du sien une gorgée avant de poursuivre, avec une grimace :
— Des esclaves. On pourrait croire que près de vingt mille ans de perfectionnement des droïdes auraient fait disparaître ce fléau. Mais non… Il est toujours tellement plus simple d’exploiter des êtres pensants ! Ils ne coûtent pas cher à produire, pas cher à entretenir, et c’est tout juste s’il faut les alimenter !
— Ils utilisent ce terme d’esclaves ?
— Ce serait mauvais pour leur image, grinça Carth. Ils préfèrent parler de travailleurs logés, nourris mais non-rémunérés. Mes services estiment qu’ils sont près de dix milliards dans tout le secteur… Enfin… Parlons d’un sujet plus agréable, si ça ne vous dérange pas, dit-il en reprenant place dans le fauteuil qu’il avait quitté quelques minutes plus tôt. Que vous a appris votre voyage ?
Dowes était en train de savourer le brandy, et c’est à regret qu’il reposa son verre.
— Que le travail sera encore long ! J’ai veillé à m’attarder dans les salles de repos des trois classes du vaisseau pour prendre la température dans différentes strates de la société… Et je crois que j’ai bien fait.
— Vos camarades de la première classe étaient-ils enthousiastes ?
— La proclamation de la Fédération en inquiétait la plupart, confia Dowes. L’Empire représentait pour eux un gage de stabilité. Il y avait deux familles qui immigraient dans le Secteur Corporatif en vue de s’installer hors de notre territoire… Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas douché leurs espoirs. Vous vous en chargerez vous-mêmes demain.
Carth acquiesça doucement.
— Les autres ?
— En deuxième classe, certains s’inquiètent de l’abolition des politiques pro-humaines. Souvent, ce sont des hommes et des femmes qui pratiquent des métiers où ils savent que les non-humains pourront mieux réussir qu’eux… Grâce à leurs compétences non-humaines, justement. C’est une vraie crainte pour eux, et je pense qu’il faudra prendre ce facteur en compte dans nos prochaines annonces…
— Sans doute, oui. Et les autres ?
— Quelques enthousiastes, beaucoup de sceptiques qui ne voient pas ce que cela changera dans leur quotidien. Certains étaient de notre âge et ont déjà connu le passage de la République à l’Empire, alors… Enfin, il y a la troisième classe. C’est surtout là que j’ai vu des non-humains. Vous avez suscité beaucoup d’espoirs chez eux, apparemment…
Le Consul ne releva pas, préférant demander :
— Pas de partisans de la Nouvelle République ?
— Pas ouvertement, non.
— J’imagine qu’ils ont encore trop peur pour l’afficher… Mais il doit bien y avoir des sympathisants.
Il savoura une nouvelle gorgée de brandy avant de poursuivre :
— Nous avons donc en présence des impérialistes, des pro-républicains… Et entre les deux, des fédéralistes.
— Et surtout beaucoup de sceptiques, rappela Dowes.
— Bien sûr, soupira Carth. C’était inévitable. En toute franchise, à leur place, je serais également dubitatif. Ce que je propose va à l’encontre des quarante dernières années. Un tel changement n’a rien d’anodin, rien d’évident… Et pour réussir, il se doit d’être vraiment marquant.
Il acheva son verre, le reposa sur la table devant lui et entreprit de s’en verser un second – le dernier pour ce soir, jura-t-il intérieurement. Dowes l’imita.
— Quel est le programme, à présent ? demanda-t-il pendant que Carth le servait. Vous allez sur Corellia ?
— C’est ce que je vous avais dit la dernière fois ?
— C’est ce que j’avais compris, en tout cas.
— Eh bien, non. J’ai d’autres projets.
— Les négociations se passent mal ?
— Elles ne se passent pas, soupira le Consul. Les rapports de Jan se suivent et se ressemblent : le Diktat et ses conseillers font traîner les choses. Rien de surprenant quand on connaît l’histoire politique corellienne.
— Vous n’envisagez pas de recourir à la même astuce que ce matin ?
— Non. Ce serait beaucoup trop risqué. Même Palpatine a pris des pincettes quand il a traité avec les Corelliens… Il lui a fallu des années avant d’être en mesure d’envoyer le Moff Vorru dans les mines d’épices de Kessel. Vorru qui, je vous le rappelle, était affilié au Soleil Noir, corrompu jusqu’à la moelle… Et s’en cachait à peine. J’ai préféré une autre solution pour Corellia : un ralliement diplomatique. Il prendra du temps, mais il finira par advenir.
— Vous en êtes certain ? demanda Dowes d’un air dubitatif.
— Agir autrement, par un coup de force, provoquerait à coup sûr une invasion par la Nouvelle République, assura Carth.
Il laissa tomber quelques glaçons dans son verre à l’aide d’une pincette, puis les fit tourner doucement. Ils s’entrechoquèrent doucement, avec un léger tintement.
— Nous pourrions sans doute la repousser, reprit-il. Mais la situation n’est pas propice. Et nous aurions sans doute une forte résistance à combattre… Sans compter que Corellia est encore loin de nos lignes. C’est déjà difficile de réapprovisionner Kuat, alors, le Secteur Corellien tout entier… Non, vraiment, la solution diplomatique est la seule qui convient.
— Et vous êtes sûr que Jan Stefside est à la hauteur ?
— Il a été sénateur de Corellia et connaît leur système politique mieux que n’importe quel autre dignitaire de la Fédération, rappela le Consul.
Il avala une nouvelle gorgée et ferma les yeux, le temps de la savourer.
— Nous savions, au moment de lancer ces négociations, qu’il serait seul à la barre. Nous devons éviter au maximum d’ouvrir des lignes directes entre nous et le Diktat. La Nouvelle République surveille Corellia comme une bombe à retardement, et nous devons retarder au maximum sa prise de conscience de la situation. Dans ces conditions, Jan est le seul en qui j’ai confiance pour remplir nos objectifs.
La sentence avait un ton définitif, et Firmus Dowes ne tenta pas d’argumenter à nouveau.
— Donc, si vous n’allez pas sur Corellia, quelle sera votre destination ?
— J’ai une quinzaine de visites prévues dans les secteurs qui nous séparent d’Orinda, expliqua Carth. Voilà pour le chemin du retour. Ensuite… Ensuite, je m’installerai pour de bon dans mon nouveau rôle.
— Comme chef du gouvernement ?
— Exactement.
Le gouverneur marqua d’un hochement de tête son approbation.
— Vous avez commencé à réfléchir à votre équipe, j’imagine ?
Pour toute réponse, le Consul lui tendit l’un des datapads qu’il avait gardés sur le guéridon adjacent à son fauteuil. Il guetta les réactions de son ami à la lecture de la liste.
— Villa Mumian ? dit-il en arrivant en bas du document. C’est vraiment une Etti ?
— Pas n’importe laquelle, répondit Carth avec un sourire. Elle mène depuis des années un mouvement de révolte clandestin contre l’ASC.
— Une Rebelle en puissance…
— La Rébellion – même depuis qu’elle est devenue la Nouvelle République – ne s’est jamais confrontée au Secteur Corporatif. Mumian n’est pas affiliée. Mais elle a toujours lutté contre l’esclavage. C’est une ancienne institutrice, précisa-t-il en reprenant ses notes. Elle dispensait des cours dans les quartiers pauvres de Mondder, avant d’être chassée lorsque le bidonville a été rasé pour créer une usine Cybot Galactica. Elle est venue au militantisme assez progressivement.
— Ce n’est pas vraiment le profil qu’on attend d’une Secrétaire du futur gouvernement.
— Comme vous l’avez sans doute vu, je compte lui attribuer le portefeuille de l’Instruction. Elle a les qualifications requises, je pense. Et j’ajouterais que son histoire personnelle me la rend éminemment sympathique…
La remarque amusa Dowes.
— En fait, vous êtes un Rebelle dans l’âme, plaisanta-t-il.
— J’ai été à leur place, rappela Carth. Je les comprends. Je ne doute pas que Villa Mumian verra dans cette proposition la reconnaissance de la légitimité de son combat qui, après tout, correspond à nos valeurs. Elle sera de plus un beau symbole pour les populations de l’actuel Secteur Corporatif… Qui n’est pas assuré de garder ce nom, soit dit en passant.
— Entendu.
— Que pensez-vous du reste de l’équipe ?
— Il a l’air cohérent. Vous avez beaucoup de profils différents. Et des profils efficaces qui plus est.
— Mais vous n’y êtes pas, souligna Carth.
— Effectivement, admit Dowes, impassible.
Ils se jaugèrent respectivement du regard pendant quelques instants.
— Si vous estimez que ma place est ailleurs… lâcha finalement le gouverneur d’une voix monocorde qui cachait mal sa déception.
— Exactement. Il n’y a pas que mon gouvernement que je compte présenter à mon retour sur Orinda. Je profiterai de ce même discours pour annoncer la tenue de nos premières élections… Et je compte sur vous pour mener notre liste à la victoire.
Cette fois, Firmus Dowes ne put masquer sa surprise. Il savait, tout comme Carth, à quel point ce moment allait être crucial.
Les deux hommes avaient longuement discuté, avec leurs co-conspirateurs Jan Stefside et Gavrius Gavrescu, du système politique auquel ils comptaient donner naissance. Carth avait pesé de tout son poids pour que ses alliés le soutiennent dans sa grande ambition : l’organisation d’élections à l’échelle galactique.
Les systèmes électifs n’avaient rien d’inédit ; ils existaient, sous différentes formes, depuis avant même la création de la République. L’ancien système avait d’ailleurs, des millénaires durant – malgré quelques interruptions – désigné ainsi son Chancelier Suprême. Mais il s’agissait, le plus souvent, d’élections très indirectes : le chef du Sénat était élu par les sénateurs, lesquels étaient le plus souvent choisis par les gouvernements des secteurs qu’ils représentaient. Gouvernements qui pouvaient être électifs, héréditaires, voire un mélange des deux.
Ce que Carth avait en tête était différent : il comptait donner à chaque citoyen de la Fédération Impériale le droit de voter, au même moment, pour ses instances dirigeantes. Une promesse qui allait bien au-delà des idées les plus folles exprimées par la Nouvelle République.
Mû par ses convictions de jeunesse, qui lui revenaient souvent à l’esprit depuis quelques mois, le Consul espérait marquer ainsi d’un geste fort, bien plus concret qu’un bon discours, le changement de régime.
Ses connaissances historiques et politiques, ajoutées aux propositions de Dowes, Stefside et Gavrescu, l’avaient aidé à concevoir le système. Il savait que le principal écueil était la juste représentation des électeurs. Comment donner le même poids à un habitant de la très urbaine Taris et à une éleveuse de nerfs de Garqi la rurale, sans que cette dernière planète soit éclipsée des débats du fait de sa faible densité de population ? La meilleure solution, avait-il compris, était le bicamérisme : la constitution de deux chambres législatives, une révolution par rapport aux systèmes qui avaient régi la galaxie jusque-là.
Ainsi, lors des élections à venir, les citoyens allaient être invités à désigner leurs gouvernements sectoriels dans le cadre d’un scrutin majoritaire, qui devait assurer localement une certaine stabilité. Ces gouvernements désigneraient ensuite chacun un représentant, lequel siégerait ensuite à la bien-nommée Chambre des représentants.
Mais les scrutins seraient aussi comptabilisés une deuxième fois, à l’échelle galactique, pour déterminer ensuite la composition proportionnelle de l’Assemblée fédérale. Celle-ci aurait donc une vocation plus politique que la première, puisque les députés ne seraient pas liés à des intérêts sectoriels comme l’étaient les représentants.
Les deux Chambres auraient à voter et amender les grandes lois régissant la politique interne de la Fédération. Les prérogatives du gouvernement fédéral étaient limitées à un petit nombre de domaines : la sécurité, la justice, l’éducation – à chaque fois, afin de garantir une certaine harmonie entre les systèmes membres – et surtout l’économie. La politique extérieure demeurait exclusivement entre les mains du Triumvirat, composé du Consul (choisi au sein du parti majoritaire), du Stratège… et de l’Empereur, une fois qu’il serait désigné.
— C’est une grande responsabilité que vous voulez me confier, commenta Dowes. Mais je ne suis pas certain d’avoir le profil requis. Je ne suis pas un grand orateur…
— Mais vous êtes quelqu’un sur qui je sais pouvoir compter, le coupa Carth. Et c’est exactement ce que je veux pour cette fois. Ces élections sont un test… Et nous sommes pratiquement assurés de les remporter.
— Vous croyez ?
— C’est grâce à nous que ce scrutin aura lieu, rappela le Consul. Nous apportons la promesse d’une troisième voix, entre les erreurs de l’Empire et le chaos annoncé de la Nouvelle République. Et l’usure du pouvoir ne nous guette pas encore… Nous avons des atouts. Ce qu’il me faut, à présent, c’est un homme loyal en mesure de structurer nos partisans en un parti. Vous ferez campagne et vous dénicherez d’éventuels talents qui pourraient être utiles à notre cause.
— Très bien, si vous insistez… accepta finalement le gouverneur. Et, une fois les élections achevées… ?
— Vous serez le président de l’Assemblée fédérale… Ou celui de la Chambre des représentants, si vous préférez.
— Il faudra que je donne ma réponse pour quand ? demanda Dowes, amusé.
— Après le scrutin, répondit Carth avec beaucoup de gravité. Car j’ai eu une autre idée, que je souhaiterais vous soumettre…
— Je vous écoute.
— Le système de l’Ancienne République n’était pas mauvais, mais il a pâti, dans ses dernières décennies, de la corruption généralisée. L’Empire était censé la balayer, mais il n’a fait que déplacer le problème ; les sénateurs vénaux ont été remplacés par des Moffs avides et des officiers ivres de pouvoir… Un problème de ce genre pourrait à terme gangréner aussi la Fédération Impériale. Il sera difficile d’y remédier, mais on pourrait commencer, par exemple, par rendre le clientélisme plus compliqué.
— Donc…
— Des listes anonymes. Les électeurs voteront pour un parti, et pas pour des candidats.
Dowes le regarda avec gravité.
— C’est une idée originale, effectivement, mais je vois mal comment la mettre en application… Il y aura forcément un chef de parti par planète, par secteur, au niveau galactique…
— Bien sûr, mais ils ne seront pas élus pour une fonction. Ils pourront être remplacés facilement, par exemple s’ils entrent en dissidence par rapport à la ligne politique de leur camp ou même en rejoignent un autre. Nous éviterons ainsi ce sentiment de démesure que les suffrages favorisent chez les candidats.
Le gouverneur resta songeur un moment, avant de lâcher :
— Nous pouvons toujours tenter cette solution, en effet.
Carth sentit son anxiété baisser d’un cran.
— Grâce à cette solution, je suis sûr que ces élections seront un succès, assura-t-il dans la foulée. Elles offriront à notre nouveau régime la légitimité nécessaire.
Dowes savoura une nouvelle gorgée avant de répondre.
— Vous savez, Carth, le meilleur symbole de légitimité pour la Fédération, ce serait la désignation d’un nouvel Empereur. Le trône ne peut rester vacant trop longtemps.
Le stress du Consul remonta d’un cran.
— Je sais, lâcha-t-il.
— Dans les discussions à ce sujet, il y a un nom qui revient souvent.
— Lequel ?
— Le vôtre.
L’ex-Moff jeta un coup d’œil à la bouteille de brandy de Gachagnor et décida que, finalement, un troisième verre n’était pas de trop. Il se le servit, le goûta et le reposa doucement avant de hocher la tête en signe de dénégation.
— Ce serait la pire des erreurs politiques. Passer d’un poste où l’on est censé accéder par le suffrage du peuple à une fonction à vie ouvrirait la voie à d’autres dérives… Ce serait marcher sur les traces de Palpatine, et je m’y refuse. De plus, les lois de la Fédération seront claires en ce qui concerne la succession au trône : elle doit se faire par le sang. C’est le seul moyen d’éviter des luttes de pouvoir qui pourraient être aussi sanglantes que celles que nous avons connues depuis Endor. Or, mes enfants ne seraient pas en mesure de me succéder. Ils sont toujours sur le territoire de la République… Et ma fille me déteste suffisamment pour avoir pris les armes contre moi. Non, vraiment, ce n’est pas une bonne idée.
— Alors, quel serait le profil idéal, selon vous ?
— Quelqu’un de jeune, qui pourrait imprimer sa marque pour contrebalancer l’héritage laissé par Palpatine, décréta Carth. Le candidat idéal serait déjà reconnu pour ses actes, doté d’une certaine légitimité, et avec possiblement des héritiers, ou la possibilité d’en avoir… Il lui faudrait un bon sens politique, et surtout la possibilité d’agir en tant que réconciliateur dans une galaxie divisée depuis trop longtemps. C’est pour cette raison que je préfère attendre la fin de la guerre : comment les habitants des mondes encore contrôlés par la Nouvelle République pourraient-ils accepter un empereur qui a mené la lutte contre eux ?
— C’est une perle rare que vous décrivez là, commenta Firmus Dowes. Est-ce que vous avez quelqu’un de précis en tête ?
— Peut-être, admit le Consul avec un sourire un peu gêné.
Cette réponse vague était la plus honnête qu’il puisse faire à son ami sans divulguer l’identité de la personne en question. L’idée de lui confier ce poste lui était venue quelques semaines plus tôt, lors de la longue attente qui avait précédé la bataille de Kuat… Et il ne cessait depuis de se dire que c’était un coup de maître, la solution à de nombreux problèmes.
Il ne restait plus qu’à la convaincre d’accepter le poste.
Carth se fendit d’un sourire d’excuse et ajouta :
— Mais je vais garder son nom pour moi, si vous le voulez bien…
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Messagepar L2-D2 » Dim 04 Avr 2021 - 20:17   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 8 lu!

Voilà un Chapitre qui nous rappelle qu'aussi modéré soit-il, Poldrei est tout sauf un enfant de choeur. Après le massacre des Seigneurs de Guerre en fin de tome 1, voilà donc un coup d'État dans le Secteur Corporatif. Il vaut mieux ne pas trop s'opposer à lui quand même!

Et dans la foulée, tu nous en apprends beaucoup sur le fonctionnement politique de la Fédération ainsi que sur les modes de scrutins et la constitution du Triumvirat avec donc Poldrei, Thrawn... et un nouvel Empereur! :shock: Mais de qui peut-il s'agir? Ce serait en tout cas une femme, mais pas sa fille... Connaissons-nous ce personnage? On peut jouer au jeu des suppositions? :whistle:

Vivement la suite, ce deuxième tome est toujours aussi passionnant à lire! :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 04 Avr 2021 - 21:51   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci L2 ! :jap:

L2-D2 a écrit:Voilà un Chapitre qui nous rappelle qu'aussi modéré soit-il, Poldrei est tout sauf un enfant de choeur. Après le massacre des Seigneurs de Guerre en fin de tome 1, voilà donc un coup d'État dans le Secteur Corporatif. Il vaut mieux ne pas trop s'opposer à lui quand même!

Disons que c'est quelqu'un pour qui la fin, le plus souvent, justifie les moyens. :D

L2-D2 a écrit: Mais de qui peut-il s'agir? Ce serait en tout cas une femme, mais pas sa fille... Connaissons-nous ce personnage? On peut jouer au jeu des suppositions? :whistle:

Le féminin, c'est pour "la personne en question". Donc le panel de choix ne se limite pas à ces dames. :sournois:

L2-D2 a écrit:Vivement la suite, ce deuxième tome est toujours aussi passionnant à lire! :oui:

:jap:
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Messagepar Ve'ssshhh » Dim 04 Avr 2021 - 21:58   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Ces huit premiers chapitres présentent la nouvelle donne politique.
Tandis que la République digère tant bien que mal ses défaites et se débat dans les dissensions internes, la fédération impériale se met en place et l'on découvre ses futures institutions.
Le projet de Poldrei semble murement réfléchi et laisse une place à la démocratie, même si le nouveau Consul reste adepte des méthodes directes, voire brutales :diable: .
Pour les prisonniers, en tous cas, le changement de régime est une bénédiction: ils sont bien mieux traités, avec un certain respect, même. Sur ce point , le Stratège et le Consul sont sur la même longueur d'onde, mais la lune de miel pourrait ne pas durer.
Et pendant ce temps, le sombre monarque prépare son débarquement: son intervention pourrait rebattre les cartes et mener la galaxie au chaos...

Une future Impératrice? Pas si sur: le "la" peut tout aussi bien désigner "la personne"... :perplexe:
Un Fel? Jag est trop jeune (est-il déjà né, d'ailleurs?) et Soontir Fel est avant tout un pilote.

Il n'empêche;: un nom m'est spontanément venu à l'esprit quand Poldrei en a tracé les contours. Sens politique, sens de la conciliation, origines ( officielles ou officieuses, le Consul connait les deux) impeccables, des héritiers...
Le problème, c'est que "la personne" est pour le moment dans l'autre camp... Et fait partie des instances dirigeantes, qui plus est.

La réponse dans le tome trois? C'est loin...
Pas grave, je serai toujours fidèle au poste :oui:
Il y a deux réponses à cette question, comme à toute les questions : celle du poète et celle du savant. Laquelle veux-tu en premier ?
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Messagepar L2-D2 » Dim 04 Avr 2021 - 22:41   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Ve'ssshhh a écrit:Il n'empêche;: un nom m'est spontanément venu à l'esprit quand Poldrei en a tracé les contours. Sens politique, sens de la conciliation, origines ( officielles ou officieuses, le Consul connait les deux) impeccables, des héritiers...
Le problème, c'est que "la personne" est pour le moment dans l'autre camp... Et fait partie des instances dirigeantes, qui plus est.

Je pense que nous pensons à la même personne ! :sournois:

Mais une autre proposition m'est venue à l'esprit. Un certain jeune homme pour qui Poldrei semble s'être pris d'affection, un certain jeune homme qui maîtrise de mieux en mieux la Force... :whistle:
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 04 Avr 2021 - 23:54   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Excellent chapitre !

J'ai aimé comment Carth a corrigé le Secteur Corporatif :D

Ils faisaient trop les malins, ceux-là, surtout qu'il me semble que sous l'Empire, leur indépendance était fictive

On en apprend aussi plus sur ce que prévoit Carth pour sa Fédération, un projet d'élection est un sacré défi... pas sûr que ce soit une si bonne idée, on verra. :transpire:

C'est à l'échelle de toute la Galaxie (donc une fois la guerre terminée) ou à échelle du territoire de la Fédération que ça va se passer ?

Quant à l'impératrice que Carth envisage serait-ce... Leïa ? :sournois:
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 04 Avr 2021 - 23:55   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

L2-D2 a écrit:
Ve'ssshhh a écrit:Il n'empêche;: un nom m'est spontanément venu à l'esprit quand Poldrei en a tracé les contours. Sens politique, sens de la conciliation, origines ( officielles ou officieuses, le Consul connait les deux) impeccables, des héritiers...
Le problème, c'est que "la personne" est pour le moment dans l'autre camp... Et fait partie des instances dirigeantes, qui plus est.

Je pense que nous pensons à la même personne ! :sournois:

Mais une autre proposition m'est venue à l'esprit. Un certain jeune homme pour qui Poldrei semble s'être pris d'affection, un certain jeune homme qui maîtrise de mieux en mieux la Force... :whistle:


J'avais aussi pensé à Celric, mais il a pas, à la fin, mentionné une femme ? :sournois:
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Messagepar Dark Palgueïss » Lun 05 Avr 2021 - 0:37   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Jagen Eripsa a écrit:Le féminin, c'est pour "la personne en question". Donc le panel de choix ne se limite pas à ces dames. :sournois:


Aaaaaah d'accord. :D

Je reste quand même sur mon idée de Leïa, c'est pour moi le choix le plus brillant. Après, ça dépend de l'agenda de Carth :

- Soit il veut nommer le nouvel Empereur (ou impératrice) après la guerre et la victoire de l'Empire : et dans ce cas, le choix de Leïa serait un symbole fort de réconciliation et de concorde retrouvée pour la Galaxie.

- Soit il veut le nommer prochaînement, pendant la guerre et dans ce cas, il semble difficile d'envisager que Leia devienne impératrice... Sauf si Carth parvient à la convaincre, auquel cas, ça serait une victoire diplomatique et politique majeure, une défaite pour la Nouvelle République, plus cinglante encore que n'importe quelle défaite militaire.

Après, reste la question de Palpatine qui pourrait bien changer tout ça : quand il va surgir il ne sera pas impossible que la Nouvelle République et la Fédération Impériale s'unissent contre lui, ce qui serait le choix logique, car même alors la victoire serait difficile à obtenir. Après, ça reste difficile à envisager, mais si ça se fait, alors le choix de Leïa sera encore plus évident.

Comme autre choix possible, il y a Celric, le choix de la nouveauté et d'une certaine "innocence" et je n'en vois pas trop d'autre.

J'ai envie de dire Han Solo, juste pour le plaisir de l'imagine Empereur. :transpire:

Mais ça ne tient pas, j'en ai conscience. :lol:
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 05 Avr 2021 - 12:46   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci pour tous ces retours ! Ravi de voir que cette question vous titille... :lol:

J'ai lu beaucoup d'hypothèses intéressantes et pertinentes. Je ne vais pas répondre dans le détail pour ne pas lâcher d'indices... Mais je vous dirai quand même qu'il y aura bien quelqu'un sur le trône à la fin de ce tome 2 ! Toutefois, beaucoup de choses peuvent encore se produire d'ici là... :sournois:

Bon, par contre,
Dark Palgueïss a écrit:J'ai envie de dire Han Solo, juste pour le plaisir de l'imagine Empereur. :transpire:

Y a des limites à pas franchir quand même. :paf:

Dark Palgueïss a écrit:J'ai aimé comment Carth a corrigé le Secteur Corporatif :D

Ils faisaient trop les malins, ceux-là, surtout qu'il me semble que sous l'Empire, leur indépendance était fictive

C'était marrant à écrire, comme scène. :D

Dark Palgueïss a écrit:C'est à l'échelle de toute la Galaxie (donc une fois la guerre terminée) ou à échelle du territoire de la Fédération que ça va se passer ?

Sur le territoire de la Fédération ! Et le scrutin arrivera assez vite.

Ve'ssshhh a écrit: Pas grave, je serai toujours fidèle au poste :oui:

Merci Ve'ssshhh ! :jap:
Et il y aura un tome 4 ensuite, d'ailleurs... :transpire:
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Messagepar mat-vador » Lun 05 Avr 2021 - 18:36   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Retard rattrapé :whistle: !

Alors que dire... la NR a toujours mal à la tête après ses récentes débacles :wink: ... Thrawn qui vient voir Ackbar en mode : "Nous allons jouer à un jeu :transpire: !".

Le dernier extrait est mon préféré avec de la poliiittiiqueee :love: ! Les dirigeants du Secteur Corporatif qui se font remettre à leur place, j'ai bien aimé... j'ai jamais pu sentir moi, ces gus : bien fait pour eux :diable: !

Et que dire pour le choix de l'Empereur :whistle: ? Moi perso, je verrais bien Mara Jade :idea: !
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 07 Avr 2021 - 11:22   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci Mat ! :jap:

mat-vador a écrit:Et que dire pour le choix de l'Empereur :whistle: ? Moi perso, je verrais bien Mara Jade :idea: !

Encore une hypothèse intéressante... :sournois:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 11 Avr 2021 - 14:59   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

La suite !



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 9

Avec sa longue crinière et sa moustache, toutes deux d’un blanc argenté, Garm Bel Iblis avait tout du vieux fauve, jusqu’au caractère irascible et même borné.
— Je ne retirerai pas ma candidature, si c’est ce que vous venez me demander, dit-il à Leia en la voyant entrer.
C’étaient des salutations bien directes, auxquelles la princesse avait rarement été confrontées, même de la part du têtu Corellien. Sa tension était perceptible, et il gardait le regard fixé sur l’écran de sa tablette, faisant défiler des documents du bout du doigt.
— Je ne suis pas venue pour vous ça, promit-elle en s’asseyant face à lui sans y être invitée. Je ne suis là que pour discuter, Garm.
— Humpf. Vous m’excuserez d’avoir du mal à le croire. Mon Mothma ne veut pas de moi à ce poste.
Il releva finalement la tête pour observer sa réaction.
— J’ai raison, n’est-ce-pas ?
— Elle a quelques réticences, admit Leia.
— Ben voyons…
— Votre départ a fait du mal à l’Alliance après Yavin, lui rappela-t-elle. Nous étions extrêmement vulnérables, et vous avez préféré nous tourner le dos et partir dans votre propre aventure plutôt que de nous soutenir.
— C’est vrai.
Il joignit ses mains sous son menton.
— Je m’inquiétais à l’époque de la dérive potentielle de Mon Mothma. Vous devez comprendre, Leia, que j’ai connu Palpatine bien avant elle. Comme votre père, je l’ai côtoyé alors que nous étions de jeunes assistants parlementaires, quand il siégeait comme simple sénateur du secteur Chommell. Plus tard, quand nous sommes à notre tour devenus membres de l’assemblée, j’ai pu l’observer jouer son rôle de Chancelier. Et il en jouait bien. C’était un homme charismatique, avec des discours entraînants, capable de mobiliser les foules – un peu comme Mon Mothma aux premières heures de la Rébellion.
— Je vous assure qu’elle n’est pas une nouvelle Palpatine, dit Leia d’une voix solennelle.
— Je le vois, à présent, acquiesça Garm. Mes griefs envers elle n’ont plus aucune raison d’être. Mais elle ne me pardonne pas.
Entrevoyant une fenêtre de tir, la jeune femme tenta une nouvelle approche :
— Si vous lui présentiez vos excuses…
— Je ne m’humilierai pas devant elle pour avoir agi selon ma conscience, trancha abruptement le Corellien. J’ai mon honneur. Si pénitence il doit y avoir, elle passera par les actes. J’ai plus que contribué à la capture de la flotte Katana…
— Personne n’a dit le contraire…
— Ce n’est pas tout. Je me propose pour un poste qui n’aura rien de simple, rappela-t-il. La situation globale de nos forces est déplorable, et je ne parle pas que des récentes victoires impériales. L’amiral Ackbar est un bon stratège et un excellent tacticien, mais son commandement a révélé plusieurs lacunes en matière de gestion de notre armée.
— De quoi voulez-vous parler ? s’inquiéta Leia.
— De notre matériel.
Bel Iblis pianota quelques touches sur le clavier intégré à son bureau, faisant apparaître la représentation holographique d’un vaisseau entre eux.
— Vous connaissez ce croiseur ?
Leia se pencha légèrement, inclina la tête et avança le bras pour faire tourner l’image virtuelle.
— C’est le prototype de la classe Majestic, je crois.
— Une classe qui porte bien mal son nom, si vous voulez mon avis, assura le général. J’ai assisté à des essais la semaine dernière. Ce sont des vaisseaux convenables, mais le problème n’est pas là.
— Où est-il, alors ?
— La puissance de feu. Nous développons actuellement des croiseurs légers, alors que ce sont les destroyers qui nous manquent le plus cruellement.
— Nous ne sommes pas l’Empire, rappela Leia. Et je crois me souvenir que vous avez fait beaucoup de dégâts avec quelques cuirassés moins puissants encore que le Majestic.
— C’était la Rébellion, contre-attaqua Bel Iblis. Si nous sommes de fait, et pas seulement de nom, la Nouvelle République, alors il nous faut nous comporter comme tel. Nous ne pouvons pas nous contenter, comme ça a été le cas jusqu’ici, de vaisseaux impériaux capturés, de croiseurs de ligne convertis et de cargos réquisitionnés. Il nous faut une véritable armada qui nous permettra de tenir face à l’Empire, de défendre nos planètes, de lutter contre la piraterie… Et ça ne nous empêchera pas de recourir aux tactiques de la Rébellion si le besoin s’en fait sentir, ou même si l’occasion se présente.
— Mais vous ne m’apprenez rien, Garm, s’agaça la Conseillère. Ce travail de modernisation a déjà été engagé…
— Je sais. Le programme Nouvelles Classes. Quand doit-il commencer à être déployé, déjà ? Dans deux ans ? Trois ? Aurons-nous encore la capacité de produire ces vaisseaux, à ce moment-là ?
Leia était forcée d’admettre qu’il tenait là un argument pertinent. Le temps jouait contre eux. Lors de son lancement deux ans plus tôt, le programme de modernisation apparaissait comme une solution pour lutter contre les derniers Seigneurs de guerre à une échéance assez lointaine. Mais le Grand Amiral Thrawn était revenu, les Impériaux avaient repris l’offensive… Et la Fédération Impériale unifiait à présent leurs territoires. La situation avait radicalement changé.
Elle décida d’expérimenter une autre approche.
— Si vous étiez nommé Commandeur, comment agiriez-vous ?
— J’investirais un maximum de ressources dans les programmes déjà aboutis ou sur le point de l’être, trancha Bel Iblis. La classe République, par exemple, ou les E-Wings qui devraient bientôt entrer en service. Une production à la chaîne, sur nos principaux chantiers navals. Je pense qu’en mobilisant ceux qui travaillent actuellement sur les réparations de vaisseaux endommagés et l’adaptation de navires capturés, nous devrions être en mesure de produire deux cents unités en un an.
— Mais ces tâches sont également essentielles…
— Nous pourrions les assurer dans des chantiers civils ou, mieux encore, avec des docks mobiles que nous fabriquerions dans ces chantiers civils et qui pourraient à terme augmenter notre capacité d’intervention. Et ne parlez pas du prix, ajouta-t-il, la main tendue comme pour faire taire les objections. Nous sommes en guerre. Nous nous inquiéterons du budget plus tard.
Bel Iblis se leva et lui tourna le dos pour contempler le panorama coruscanti.
— Vous savez, reprit-il, je comprends les raisons qui ont poussé l’amiral Ackbar à se fier avant tout à son propre peuple. Il se souvient comme moi de la Guerre des Clones, et de la trahison de Palpatine. Mais le fait de nous avoir rendus dépendants de la flotte calamarie est une grande erreur. Oui, je suis au courant pour le projet MC90, ajouta-t-il avant que Leia n’ait pu intervenir, mais il arrive une fois encore trop tard. Cette guerre évolue plus vite que nous. Jusqu’à présent, nos ennemis s’affaiblissaient autant, voire davantage, entre eux que du fait de nos actes. Ce n’est plus le cas à présent. Nous devons donc nous adapter en conséquence…
Il se tourna à nouveau vers Leia.
— Et il y a un dernier point : la Nouvelle République doit faire confiance à ses officiers. La guerre est une affaire trop sérieuse pour la laisser entre les mains des politiciens.
— Vous en êtes un vous-même, rappela la Conseillère.
— J’en étais un, corrigea Bel Iblis. Et je sais donc d’autant plus de quoi je parle. On ne peut pas mener une carrière politique et intervenir dans le même temps dans les affaires militaires. Pour remporter un combat, il faut savoir prendre des décisions impopulaires, ou s’allier à un adversaire. Les politiciens ont du mal avec ses notions.
L’amertume qui perçait dans sa voix interpella Leia.
— Vous parlez d’expérience, devina-t-elle.
— Comme toujours.
— Qui…
— Le conseiller Fey’lya. Il m’a contacté pour que j’intervienne dans le déroulement de la bataille de Kuat, juste après le début des combats. Il souhaitait que j’ordonne la retraite aux vaisseaux, en court-circuitant la chaîne de commandement. Je lui ai répondu que son cousin était toujours le commandant en poste.
Le regard de Bel Iblis se fit plus dur.
— Beny’lya était sans doute un crétin, mais il était sur place et assurait le commandement des forces de Kuat depuis près d’une semaine. Par ailleurs, la requête du Conseiller est survenue avant même que la flotte surprise des Impériaux ne débarque… C’était une décision purement politique qui ne prenait aucunement en compte les réalités du terrain. Je n’aime pas qu’on joue ainsi avec la vie de nos hommes, et je l’ai fait comprendre à Borsk Fey’lya.
— Voilà pourquoi il soutient Sien Sovv, comprit Leia. Je n’arrivais pas à saisir pourquoi il se défiait de vous après tous les contacts que vous avez pu avoir ces dernières années…
— Il était persuadé que son aide à mon mouvement faisait de moi son débiteur, lâcha le général sur un ton qui en disait long sur ce qu’il pensait de cette idée.
Leia réprima un sourire. Ce n’était pas la première fois que le Bothan montrait son incompréhension complète de l’honneur et des humeurs des Corelliens.
Au loin, les tours qui couronnaient les monts Manarai et surplombaient Monument Plaza commençaient déjà à masquer le disque solaire. L’heure avançait, mais la Conseillère avait l’impression que ses objectifs et son interlocuteur, eux, n’avaient pas bougé d’un pouce. Elle décida donc de jouer carte sur table et exposa à Bel Iblis sa proposition de lui confier un poste de numéro deux de la flotte, comme conseiller prioritaire de Sien Sovv.
— C’est hors de question, décréta aussitôt le général. Je suis désolé, Leia, ajouta-t-il tout de suite après. Ce n’est pas une question d’orgueil, mais de responsabilité. Si nous étions en paix, je me serais effacé face à l’amiral Sovv, qui a sans doute les qualités requises pour assurer un tel commandement en l’absence de conflit. Mais la situation est trop grave pour que je me dérobe à mon devoir. Et c’est mon dernier mot.
— Et si l’amiral Sovv est confirmé dans cette fonction ? s’enquit l’Aldéranienne.
Bel Iblis réfléchit quelques instants, en silence, avant de répondre.
— Je retournerai sans doute à la clandestinité. Pas pour lutter contre la Nouvelle République, assura-t-il en voyant son inquiétude, mais afin d’être prêt pour de nouvelles actions contre l’Empire, au moment opportun.
Mais ces mots ne suffirent pas à rassurer Leia, qui les ressassa dans son esprit tandis qu’elle regagnait la tour qui abritait ses services. Le sentiment d’impuissance qui s’emparait d’elle lui était insupportable. Elle voyait des années d’effort s’effriter sous ses yeux, et elle avait de plus en plus l’impression de ne rien pouvoir y faire. Elle en venait presque à regretter le temps de la Rébellion et de la lutte clandestine contre un Empire qui paraissait invincible. À l’époque, la situation ne pouvait que s’améliorer, songea-t-elle en franchissant la porte de son bureau. Alors que maintenant…
La nuit était tombée, à présent, et la lumière de la pièce s’activa à son entrée. Aussitôt, un gémissement de douleur retentit, interrompant aussitôt les réflexions de Leia qui examina rapidement les lieux pour découvrir la source de ce bruit incongru. Elle ne tarda pas à la trouver.
— Siveline ? dit-elle sans cacher sa surprise. Que faites-vous ici ?
— Navrée, marmonna la jeune femme en se redressant du fauteuil dans lequel elle s’était avachie.
Elle se frotta doucement les paupières.
— J’ai dû m’endormir…
— Je le vois bien, s’amusa Leia. Il est tard, vous devriez déjà être rentrée chez vous…
— Il y a du nouveau sur le Secteur Corporatif.
Elle cligna des yeux, puis, l’air à présent parfaitement réveillée, reprit d’une voix claire :
— Mon père a annoncé comme prévu l’annexion du SecCorp. Mais jetez un coup d’œil là-dessus…
Elle récupéra un datapad qu’elle avait laissé sur la table près d’elle et le tendit à Leia qui s’en empara. L’écran de l’appareil affichait la retransmission d’un discours. La Conseillère reconnut sans peine Poldrei, qui s’adressait aux spectateurs depuis un podium, un pupitre devant lui. Mais il n’y avait rien d’inhabituel à cela, puisque cette mise en scène rappelait celles des précédentes annonces du Consul, sur Ciutric, Sartinaynian ou même Orinda.
— Donc…
— À côté de lui.
Leia regarda plus attentivement le parterre d’humains qui se tenaient à proximité de Poldrei. Certains étaient particulièrement pâles, et cette couleur légèrement bleutée…
— Des Ettis ? comprit-elle.
— Et quelques Brosins à côté d’eux.
— Deux espèces de Proches-Humains… Mais persécutés par l’Autorité du Secteur Corporatif, si je me souviens bien.
— C’est ça.
Le message était limpide. Une fois de plus, Poldrei mettait en scène sa différence par rapport à la politique pro-humaine de l’Empire… Sapant davantage à chaque coup les raisons qui avaient poussé des millions d’êtres à prendre les armes.
Une fois de plus, Leia maudit intérieurement Derth Beny’lya et son attaque sur Polcaphran, qui avaient provoqué la rencontre entre Thrawn et Poldrei. Sans cela, elle en était certaine, le Moff aurait fini par abandonner le combat et se rendre à la Nouvelle République. Elle échangea un regard avec Siveline et vit dans les yeux gris de la jeune femme une détermination froide, presque implacable.
— Il finira par faire une erreur, décréta-t-elle. Et ce jour-là, on pourra le vaincre.
C’était presque choquant d’entendre la jeune femme parler ainsi de son père. Mais Leia la comprenait. Elle se demandait souvent comment elle aurait vécu la période de la Rébellion si elle avait su à ce moment-là qu’elle était la fille de Dark Vador. Sans doute aurait-elle montré autant de hargne que Siveline, une même volonté de vaincre son géniteur.
Dans ces moments-là, elle finissait toujours par penser à Luke, qui avait su la vérité et s’était montré pourtant certain de pouvoir racheter son père, de pouvoir faire revenir Anakin Skywalker des profondeurs obscures où il s’était plongé.
Et il avait eu raison.
Carth Poldrei n’était pas Dark Vador. Il n’usait pas de la Force, et, même s’il pouvait se montrer implacable, son comportement n’était finalement pas si différent de celui de certains Rebelles, parmi les plus extrémistes. Et cela le rendait d’autant plus difficile à combattre.
Mais Leia n’était pas du genre à capituler sans combattre, et elle voyait dans le regard de son assistante le même genre de détermination. Pour difficile qu’elle soit, leur situation n’était pas désespérée. Un nouveau retournement de situation était toujours possible : un événement qui n’aurait pas été prévu par Thrawn, que Poldrei ne parviendrait pas à gérer et qui permettrait à la Nouvelle République de reprendre pied.
Après tout, quelles étaient les chances de la Rébellion quand nous avons décidé de renverser Palpatine ? songea Leia. Elle se permit un sourire et dit à Siveline :
— Vous avez raison. On le vaincra.
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Messagepar Dark Palgueïss » Dim 11 Avr 2021 - 15:34   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Non elles le vaincront pas ! :grrr:

Chapitre lu, très très bon, comme d'habitude ! :jap:

J'ai bien aimé cette discussion avec l'amiral Ibis, même si je trouve qu'il critique beaucoup sans proposer de solutions :neutre:

Par exemple quand il dit que la Nouvelle République manque de croiseurs, mais dit ensuite que le projet "Nouvelle Classe" est trop tardif, j'entends bien mais qu'est-ce qu'il propose ? :whistle:

Les nouveaux croiseurs République et les E-wings dont il parle vont suffire à compenser ce manque ? :whistle:

Hâte en tout cas de voir qui va succéder à Ackbar.
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Messagepar Alfred M. » Dim 11 Avr 2021 - 16:25   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Pas le MC.90 mais le Majestic du coup que Bel Iblis testait :sournois: . Bon par contre le résumer à un simple croiseur alors qu'il vaut largement les destroyers impériaux :transpire: . Très bon chapitre qui continue sur l'intégration compliqué de Bel Iblis dans la NR, surtout si il est trahi par son allié le plus important.

Dark Palgueïss a écrit:Les nouveaux croiseurs République et les E-wings dont il parle vont suffire à compenser ce manque ? :whistle:


Si le Starfighter Command se converti complétement au E-Wing, je pense que les commandants impériaux vont pleurer des larmes de sang :paf: .

Pour en revenir au chapitre précédent je penche aussi pour Leia, après tout même les Hapiens étaient prêts à vendre leur âme pour l'avoir :D .
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 12 Avr 2021 - 12:02   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci Alfred et Palgueïss ! :jap:

Dark Palgueïss a écrit:J'ai bien aimé cette discussion avec l'amiral Ibis, même si je trouve qu'il critique beaucoup sans proposer de solutions :neutre:

Par exemple quand il dit que la Nouvelle République manque de croiseurs, mais dit ensuite que le projet "Nouvelle Classe" est trop tardif, j'entends bien mais qu'est-ce qu'il propose ? :whistle:

Les nouveaux croiseurs République et les E-wings dont il parle vont suffire à compenser ce manque ? :whistle:

Il propose effectivement d'intensifier la production de ces vaisseaux-là, ce qui est déjà une différence par rapport au Legends :transpire:

Alfred M. a écrit:Pas le MC.90 mais le Majestic du coup que Bel Iblis testait :sournois: . Bon par contre le résumer à un simple croiseur alors qu'il vaut largement les destroyers impériaux :transpire: .

Il fait quand même très frêle par rapport à un bon vieux destroyer... :transpire:

Alfred M. a écrit:Si le Starfighter Command se converti complétement au E-Wing, je pense que les commandants impériaux vont pleurer des larmes de sang :paf: .

Il leur faudra bien ça pour lutter contre la Chasse Impériale... :sournois:
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Messagepar L2-D2 » Lun 12 Avr 2021 - 12:37   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 9 lu !

Qu'est-ce que j'aime ce récit ! :love: C'est toujours prenant, toujours passionnant, toujours très bien écrit. Les discussions donnent l'impression de pouvoir basculer en un rien de temps d'un côté comme de l'autre (j'ai cru un instant que Bel Iblis allait claquer la porte !)...

Ah, et au fait :
Jagen Eripsa a écrit: Pour difficile qu’elle soit, leur situation n’était pas désespérée. Un nouveau retournement de situation était toujours possible : un événement qui n’aurait pas été prévu par Thrawn, que Poldrei ne parviendrait pas à gérer et qui permettrait à la Nouvelle République de reprendre pied.

Alors pas sûr que l'événement en question puisse permettre à la Nouvelle République de prendre pied, mais quelque chose non-prévu par Thrawn et Poldrei ? Ne t'en fais pas Leia, ça arrive ! :diable:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mar 13 Avr 2021 - 14:11   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci L2 ! :jap:

L2-D2 a écrit:C'est toujours prenant, toujours passionnant, toujours très bien écrit. Les discussions donnent l'impression de pouvoir basculer en un rien de temps d'un côté comme de l'autre (j'ai cru un instant que Bel Iblis allait claquer la porte !)

Ça n'aurait pas été étonnant, c'est un impulsif. :D

L2-D2 a écrit:Alors pas sûr que l'événement en question puisse permettre à la Nouvelle République de prendre pied, mais quelque chose non-prévu par Thrawn et Poldrei ? Ne t'en fais pas Leia, ça arrive ! :diable:

:sournois:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 18 Avr 2021 - 19:55   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Pour l'heure, je tiens le rythme ! :sournois:



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 10

La porte s’ouvrit dans un sifflement d’air, soulevant un nuage de poussières étincelant sous le mince rayon de soleil qui passait à travers l’ouverture.
Celric se permit un sourire en voyant que tout était resté parfaitement en ordre – ou plutôt, en désordre – depuis sa précédente visite, des mois plus tôt.
— Bon sang ! lâcha sa mère. Dire qu’Edwin était si fier de ses produits d’entretien… S’il voyait dans quel état est la maison !
— Ça fait quatre ans que cet endroit n’est plus habité, rappela Celric. Je n’y suis revenu que deux fois après votre départ… La première, pour stopper les installations, après avoir appris…
Il ferma les yeux, incapable de continuer. Sa mère lui posa une main réconfortante sur l’épaule.
— Je comprends, lui assura-t-elle. Ne t’en fais pas, ce n’était pas un reproche.
— Je préférais garder dans mon esprit l’image des jours heureux…
— Je sais.
Il resta immobile sur le seuil, pendant quelques instants.
— Bon, je vais remettre les droïdes d’entretien en service, décida-t-il finalement. On peut aller attendre sur la terrasse, le temps qu’ils remettent tout ça en état.
— Bonne idée.
Il la laissa poser ses affaires et ressortir pendant qu’il descendait au sous-sol. Il lui fallut quelques minutes pour rallumer tous les droïdes et réactiver leur programmation depuis l’ordinateur central de la maison.
En remontant, il traversa la salle de réception, ouvrit une baie vitrée et arriva sur la terrasse. Il chercha sa mère, puis ne la vit pas. J’aurais dû m’en douter, songea-t-il avec un sourire en portant son regard plus loin.
Elle était assise sur un banc en pierre, installé sur une petite butte au pied d’un grand arbre qui trônait au centre du jardin. Les hautes branches couvertes de feuilles vert pâle offraient à cet endroit un ombrage appréciable, et Celric savait que sa mère avait toujours apprécié s’y rendre. Il l’avait souvent vue, enfant, s’installer là avec une bonne lecture, levant un œil de temps à autre pour s’assurer qu’il s’amusait toujours sur l’herbe avec les amis qui lui avaient rendu visite.
Il la rejoignit. Elle avait laissé une place libre à sa gauche, sur laquelle il s’installa à son tour. Ils restèrent là, en silence, à apprécier ce paysage qu’ils avaient si souvent vu mais qu’ils savouraient plus que jamais.
— Tu veux qu’on discute ? demanda finalement Lysie.
Celric retint son souffle. Sa mère était encore en convalescence, mais elle semblait être redevenue assez forte, à présent. Il était sans doute temps qu’il lui pose les questions auxquelles il avait redouté de ne jamais avoir de réponse.
— Eh bien… commença-t-il, hésitant. Tu sais, on a parlé de ce qui m’est arrivé depuis toutes ces années, et de ce que tu as subi, aussi. J’aimerais qu’on évoque un autre sujet, maintenant.
— Vas-y, dis-moi lequel, l’encouragea-t-elle.
— Ta jeunesse. L’époque où tu étais une Jedi… Et comment tu as survécu à tout ça.
Elle posa sur lui son regard émeraude, et il la fixa aussi. Ses sens Jedi l’aidaient à comprendre le trouble qu’il voyait dans ses yeux : le trouble, le doute, la douleur.
— Ce qu’il faut que tu comprennes tout d’abord, c’est que je n’étais pas une apprentie modèle, commença-t-elle doucement. Je n’ai jamais été très puissante au sein de la Force.
Elle s’appuya un peu plus contre le dossier en pierre et baissa la tête.
— En fait, je crois bien que c’est ce qui m’a permis de survivre, confessa-t-elle. Je n’ai jamais tout misé sur mon utilisation de la Force, préférant m’en remettre à mes autres capacités. J’étais plutôt débrouillarde, rusée même, travailleuse et curieuse. Mais ce n’étaient pas vraiment toutes les qualités recherchées chez les padawans modèles…
— Je ne vois pas ce qu’il y a de mal dans tout ça, dit Celric.
Elle se permit un sourire.
— L’obéissance, la discipline, la patience étaient davantage prisées, lui expliqua-t-elle. L’époque était différente. J’ai grandi dans une galaxie qui n’était pas encore déchirée par la guerre… Enfin, pendant mes premières années. Mais mon acharnement à faire mes preuves a fini par payer, et j’ai été choisie comme apprentie par une Jedi nommée Chankar Kim.
Son regard s’assombrit alors.
— Malheureusement, elle a été tuée trois mois plus tard en accompagnant la mission Jedi de Géonosis. La guerre des Clones venait de commencer, et je n’étais plus qu’une apprentie sans maître.
Il lui posa une main réconfortante sur le poignet.
— Que s’est-il passé, ensuite ? demanda-t-il doucement.
— Je suis restée deux ans au Temple, à attendre qu’on m’attribue un nouveau maître. Je redoutais d’être envoyée à l’Agricorps.
— L’Agricorps ?
— Une mission Jedi qui rassemblait les novices ayant échoué aux épreuves ou n’ayant pas trouvé de maître, lui apprit-elle. On y apprenait à faire pousser des plantes pour accélérer le rythme des récoltes… C’était une organisation caritative à but honorable, mais qui avait tout d’une punition pour un aspirant.
— Je n’en avais jamais entendu parler, avoua Celric.
— C’était une organisation reconnue sur certains mondes de la Bordure, mais guère plus, commenta sa mère.
— Elle a été aussi éradiquée par l’Empire ?
— Dans le meilleur des cas, répondit Lysie en fronçant les sourcils. J’ai entendu des rumeurs qui racontaient bien pire. Selon elles, l’Agricorps a été un terreau fertile pour les Inquisiteurs qui ont mené la chasse aux Jedi aux débuts de la Purge. Beaucoup sont morts des mains de ceux qu’ils traquaient, mais ceux qui ont survécu sont devenus très puissants.
— Tu crois que c’est vrai ?
— Bonne question…
Elle sembla méditer ces mots le temps d’une poignée de secondes, puis reprit la discussion d’une voix beaucoup plus enjouée pour lui parler des Jedi de l’Ancienne République.
Malgré les trois décennies écoulées depuis la chute de l’Ordre, elle avait conservé des souvenirs particulièrement détaillés de cette époque. Elle lui décrivit avec de nombreux détails le Temple, même si elle semblait manquer de superlatifs pour lui faire imaginer la majesté de la Salle aux Mille Fontaines et les immenses colonnes du Grand Hall. Celric n’avait aucun mal à se représenter ce lieu disparu avant sa naissance, car il en avait visionné quelques représentations… et davantage encore. Mais il écoutait, fasciné, ce récit de première main de la vie quotidienne des Jedi d’autrefois.
— C’était une existence hors du monde, résuma finalement sa mère. Elle semblait faite uniquement pour nous donner envie de partir à l’aventure aux quatre coins de la Galaxie. Et, pourtant, lorsque mon heure est venue, je peux t’assurer que j’ai amèrement regretté le confort qui m’avait été si familier.
— Lorsque l’Empire est arrivé, c’est ça ?
— Et même un peu plus tôt, lui confia-t-elle avec un sourire peiné.
Son regard se fit un peu plus brillant.
— J’ai fini par être choisie pour devenir la padawan d’un autre chevalier Jedi. Il s’appelait Jai Maruk, et j’espérais vraiment, cette fois, pouvoir remplir mon rôle à ses côtés.
— Mais ça n’a pas été le cas, devina Celric.
— Il est mort au cours de notre première mission commune, confirma Lysie. Tué par une Jedi Obscure, sous mes yeux.
— Comment as-tu survécu ? lui demanda son fils, surpris.
— Nous n’étions pas seuls. Il y avait…
Elle hésita.
— Maître Yoda était présent, lâcha-t-elle finalement. Nous devions le protéger, mais c’est lui qui m’a sauvé en provoquant une diversion. Nous avons continué le voyage ensemble, jusqu’à notre retour au Temple.
Celric sentit qu’elle ne lui avait pas tout dit, mais il n’insista pas.
— Quelques mois plus tard, les Séparatistes attaquèrent Coruscant. J’ai assisté à la bataille depuis le sol. Je me souviens comme hier de l’espoir que nous avons ressenti en apprenant la déroute de leur flotte, et la mort de leur chef, Dooku… La victoire nous semblait enfin à portée.
Elle fronça les sourcils.
— Et une semaine plus tard, le Temple était attaqué.
Lysie garda alors le silence, et son fils l’imita. Ils restèrent quelques minutes ainsi, le regard plongé dans la contemplation du paysage, à profiter du silence que ne troublaient que quelques chants d’oiseaux retentissant dans le lointain.
— Beaucoup de Jedi sont morts à ce moment-là, reprit finalement Celric. Mais tu as survécu.
— On peut dire ça, lâcha sa mère.
— Comment ?
Elle mit quelques secondes avant de lui répondre.
— J’ai eu beaucoup de chance, confia-t-elle finalement. J’étais dans les salles d’entraînement du Temple avec une vingtaine d’autres jeunes quand j’ai entendu les premiers tirs. J’ai compris très vite qu’il y avait un problème.
Elle ferma les yeux.
— On sentait la mort des nôtres, lâcha-t-elle. Partout dans la Galaxie. La Force était déchirée comme jamais… Et surtout au-dessus de nos têtes. Je l’ai dit à mes amis… Et nous avons compris que notre seule chance de survivre était de quitter le Temple. Il y avait dans les souterrains, à des centaines de mètres de la surface, quelques accès de maintenance… Des voies pour le personnel ou les marchandises. On a tenté de sortir par l’une de ces portes, mais elle était surveillée.
Elle tourna la tête vers son fils, qui vit alors deux larmes discrètes qui coulaient le long de son visage. Elle les essuya d’un geste fugitif. Il s’en voulait de lui faire revivre des moments aussi terribles, mais était trop captivé par son récit pour lui dire d’arrêter.
— Deux des nôtres ont été abattus par les clones avant qu’on ne comprenne ce qui se passait. Nous avons réagi… C’était un petit peloton, ils ne s’attendaient visiblement pas à voir un grand groupe s’en prendre à eux… Nous les avons tués. Ensuite, il a fallu prendre une décision. Nous savions que d’autres allaient arriver, que nous devions avancer très vite… Nous avons décidé de nous séparer. Certains ont voulu tenter leur chance au spatioport le plus proche, en espérant qu’il n’était pas déjà bouclé. Moi, je me suis enfoncée dans les niveaux inférieurs. J’ai erré pendant des heures jusqu’à trouver une caisse de marchandises électroniques en partance pour Brentaal. Un vaisseau de contrebandiers, en fait, qui ne suivait pas les circuits officiels. Une fois à destination, j’ai rencontré une autre Jedi en fuite… Et une pilote qui avait une cachette à nous proposer.
— Tu lui as fait confiance ?
Lysie décocha ce coup-ci à son fils un vrai sourire.
— Si tu avais connu Nyreen Vollen, tu te serais aussi fié à elle, assura-t-elle. Elle nous a bien conduits vers une cachette… Un repaire de soldats clones déserteurs et de mercenaires mandaloriens traqués par le nouvel Empire.
Celric se souvint alors d’un détail.
— C’est bien sur Mandalore que tu as rencontré Papa, non ?
— C’est vrai, quelques années plus tard… Je suis resté aux côtés de ce groupe pendant un petit moment. Nous avons vécu une vie aussi normale que possible, vu les circonstances… Puis il a fallu fuir vers d’autres cachettes, dans l’espace Mandalorien et au-delà. Je suis resté six ans à leurs côtés avant de finalement faire la connaissance d’Edwin lors d’une mission à Keldabe.
Celric sentait la nostalgie et la tristesse de sa mère, et comprit que les souvenirs liés à son père étaient encore trop douloureux pour qu’elle puisse encore en parler sans chagrin. Il décida donc de lui poser la dernière question qui lui venait à l’esprit.
— Et mon sabre laser ? demanda-t-il doucement. Tu as dit que tu connaissais son ancien propriétaire…
Il perçut alors, au sein de la Force, la détresse croissante de sa mère, tandis qu’elle se tournait vers lui, les yeux à nouveau humides.
— C’est vrai.
— Il s’est passé quelque chose, commença-t-il en cherchant les mots qui pourraient l’aider à ne pas rendre sa mère trop malheureuse. Je veux dire, quand j’ai pris cette arme… J’ai eu une vision.
Lysie fronça les sourcils.
— Qu’as-tu vu ?
— Je crois que c’était sa mort. Je veux dire, le jour de l’attaque du Temple, enchaîna-t-il aussitôt. La salle avec d’immenses colonnes, les clones qui attaquaient, la fumée, l’odeur de brûlé… Et Skywalker.
— Skywalker ?
— Anakin Skywalker. C’est lui qui l’a tué.
Elle semblait totalement perdue.
— Mais pourquoi…
— Dark Vador, lâcha Celric. C’était lui. C’est Luke – son fils – qui nous l’a confié.
Lysie s’appuya un peu plus contre le dos du banc, et pencha la tête en arrière, comme pour contempler les étoiles.
Je suis si heureux que tu ne sois pas venu pour me tuer
C’était au tour de Celric d’être dérouté par ce qu’il entendait.
— Comment ?
Elle se tourna à nouveau vers lui.
— Je pense que ce n’est pas un hasard si tu as eu cette vision de Force en te saisissant de l’arme, expliqua-t-elle alors. Whie… Whie était puissant au sein de la Force. Très puissant. Et il voyait des choses à travers elle… Peut-être qu’un vestige de ses anciens pouvoirs s’est manifesté lorsque tu t’es emparé de l’arme.
Elle n’ajouta rien de plus, laissant à Celric la difficile tâche de briser le silence.
— Il… Quand il est mort…
Il avait du mal à prononcer les mots qu’il avait à l’esprit. Pourtant, il savait qu’il n’y aurait pas de moment plus approprié pour livrer à sa mère un dernier secret.
— Il pensait à toi, acheva-t-il. J’ai vu certains… Des flashs… Et le dernier, c’était toi. Scout.
Cette fois, Lysie ne cacha pas ses larmes.
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Messagepar mat-vador » Dim 18 Avr 2021 - 21:23   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Retard rattrapé sur les deux derniers chapitres !

Et cette maîtrise du Legends toujours aussi amazing :love: :love: :love: :love: !!!!! Garm Bel Iblis fidèle au personnage que l'on connaissait dans la trilogie de Zahn :sournois: ... cette méfiance en Mothma :roll: !

Et cette chère Scout qui nous raconte sa vie, l'Ordre 66, Whie... raahhaaa quel plaisir ! Elle a donc rencontré le clan Skirata, ou je m'avance trop ? :whistle:


La suite :oui: !
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Messagepar Alfred M. » Dim 18 Avr 2021 - 21:32   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Jagen Eripsa a écrit:Pour l'heure, je tiens le rythme ! :sournois:


On a failli attendre :paf: .

Super chapitre qui revient sur ta version de la survie de Scout. J'avais d'ailleurs totalement oublié qu'elle avait eu un maitre avant Dark Rendezvous. Moins de teasing du coup, on se demande juste si les vacances de Celric vont durer :D .

mat-vador a écrit:Elle a donc rencontré le clan Skirata, ou je m'avance trop ? :whistle:


Je te dirais bien de lire Imperial Commando pour le savoir :sournois: .
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Messagepar mat-vador » Lun 19 Avr 2021 - 12:59   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Ah, faut que je le relise, ça commence à dater :transpire: ...
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 19 Avr 2021 - 20:01   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci Mat et Alfred ! :jap:

Ravi que ce chapitre vous ait plu, au moins j'aurai pas relu Dark Rendez-vous pour rien. :paf:

Alfred M. a écrit:J'avais d'ailleurs totalement oublié qu'elle avait eu un maitre avant Dark Rendezvous.

Je ne m'en suis souvenu que parce que j'ai potassé sa fiche à fond quand j'ai créé l'histoire de la filiation de Celric... :transpire: D'ailleurs, le second prénom de Celric, Jaykim, est directement lié aux deux maîtres de Scout ! :cute:
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Messagepar L2-D2 » Mar 20 Avr 2021 - 20:16   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 9 lu !

Je n'ai guère le temps de développer, je me contenterais juste de dire que je ne te connaissais guère dans le registre de l'émotion, et que pourtant tu t'en es sorti haut la main ! C'est un passage émouvant ! :jap:

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Mer 21 Avr 2021 - 9:46   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci L2 ! :jap:

L2-D2 a écrit:Je n'ai guère le temps de développer, je me contenterais juste de dire que je ne te connaissais guère dans le registre de l'émotion, et que pourtant tu t'en es sorti haut la main ! C'est un passage émouvant ! :jap:

Il y avait quand même quelques morceaux du genre dans le premier tome... Mais c'est vrai que c'est un thème que j'ai rarement mis autant en avant qu'ici. :cute:
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 25 Avr 2021 - 23:06   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

La suite !



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 11

— Bienvenue sur Kuat, général Tierce.
Grodin serra avec vigueur la main de l'officier qui était venu l’accueillir, un homme grisonnant d'une cinquantaine d’années dont l'uniforme présentait quelques signes d'usure.
— Merci, colonel… ?
— Gannett, Monsieur. Je suis l'agent de liaison entre les forces impériales et les autorités civiles kuatis. L’amiral Rogriss m'envoie pour vous briefer et vous conduire à lui.
— Dans ce cas, je vous suis…
Tandis que l’officier le conduisait hors de la piste d'atterrissage, Grodin jeta un dernier coup d’œil au croiseur Tartan qui l'avait conduit ici. Sa silhouette, qui paraissait si frêle quelques minutes plus tôt quand ils avaient traversé la flotte et les immenses chantiers navals, écrasait ici l'ensemble des autres vaisseaux. Des équipes de manutention s'affairaient déjà à décharger le matériel destiné à la garnison de Kuat.
Gannett le conduisit jusqu’à un petit speeder blindé et prit lui-même les commandes. Par réflexe, Grodin s'installa à ses côtés.
— Vous ne montez pas à l'arrière, Général ?
— Oh… lâcha Tierce en s'apercevant de son erreur. Eh bien, ce sera plus facile pour discuter, comme ça.
La remarque arracha un sourire à Gannett.
— C'est vous qui voyez.
L’appareil s’éleva rapidement et s’éloigna du spatioport. Très vite, les installations portuaires laissèrent place à des quartiers ouvriers, avec leurs grandes tours d’habitation et les parcs attenants. À mesure qu’ils avançaient, le bâti se faisait moins dense ; le relief naturel des lieux rendait la construction moins aisée qu’en plaine.
— On a un peu de temps de vol devant nous, l’avertit Gannett. Il y a un autre spatioport, plus près du quartier général, mais nous ne pouvions pas y faire atterrir votre croiseur…
— Aucun problème, affirma Grodin. Profitez-en pour me briefer sur la situation.
L’ordre maquillé en suggestion sembla amuser le colonel.
— C’est assez calme, en fait, commença-t-il. Les Rebelles n’ont pas fait durer le combat après la déroute de leur flotte. L’amiral Rogriss avait négocié la reddition de la garnison, et il l’a obtenue. Ils ont laissé leurs armes ici et ont été autorisés à repartir pour le Centre Impérial. Ils n’étaient pas bien nombreux, apparemment.
— Et la population ?
Gannett se permit une moue, et répondit sans quitter des yeux la piste sur laquelle l’airspeeder avançait désormais à pleine allure.
— Ce sont des Kuatis.
— Et… ? dit Tierce en espérant lui en faire dire davantage.
— Vous avez entendu des histoires à propos de ce monde ?
— Deux-trois trucs, pas davantage. Il n’y avait pas beaucoup de Kuatis dans les Forces spéciales, à fortiori dans la Garde Impériale. On les retrouve davantage dans la Flotte, et encore !
— Oui, ils n’ont pas vraiment la fibre militaire, soupira Gannett. Les vieilles familles ne jurent que par leurs participations aux grandes sociétés qui ont fait la réputation de Kuat… Et dans Kuat Drive Yards avant tout. Le jeu matrimonial est la clé de leur haute société. Comme personne ne vend de parts, c’est par le mariage que les échanges se font… Et si aucune alliance avantageuse ne se présente, ils ont recours à ce qu’ils appellent des telbuns : des Kuatis de moindre souche qui servent plus ou moins de reproducteurs.
Grodin lui jeta un coup d’œil. Le ton était vraiment amer.
— On a tenté de vous recruter ?
Gannett serra les dents.
— Ou vous êtes Kuati vous-même, devina le général.
— Gagné, répondit le colonel.
Il n’ajouta rien, mais cela n’était de toute façon pas nécessaire. Le speeder survolait à présent des villes-crevasses et des zones industrielles. Si Kuat avait installé la majeure partie de ses usines en orbite, certaines étaient toujours en activité sur la planète-même pour suppléer les énormes besoins des chantiers navals. Et il fallait évidemment une main-d’œuvre abondante pour les faire tourner. Les riches Kuatis étaient nombreux, mais ils ne représentaient qu’une goutte d’eau par rapport à la population totale de la planète.
Ils finirent par arriver devant un immense complexe militaire qui était tout à fait dans le style impérial, avec son aspect massif et ses lignes droites. Un hangar à chasseurs était visible près du sommet, ainsi qu’une tour de commandement proéminente. Le speeder s’éleva pour rejoindre la piste d’atterrissage, surplombant le hangar, et se faufila entre plusieurs navettes déjà disposées pour venir se garer au pied de la tour. Deux stormtroopers encadraient un sas d’accès.
Grodin remercia son chauffeur et descendit du véhicule. Un soldat lui annonça qu’il était attendu et le conduisit au sommet de l’édifice.
En quittant l’ascenseur, il se retrouva sur une étroite passerelle qui surplombait les équipes au travail un étage plus bas. De là où il se trouvait, le général avait à présent une vue dégagée sur une vingtaine de kilomètres autour du bâtiment, ce qui lui permit d’embrasser d’un seul regard tout le trajet qu’il avait parcouru avec Gannett depuis le spatioport.
L’amiral Rogriss était en discussion autour d’une table de conférence installée au bout de la passerelle, à un endroit où elle s’élargissait jusqu’à embrasser entièrement l’une des huit baies vitrées circulaires qui encadraient la tour. Il se leva en voyant Grodin approcher.
— Général Tierce, je présume, le salua-t-il.
— Amiral Rogriss, répondit-il en échangeant une poignée de mains vigoureuse avec lui. C’est un honneur.
— Je vous en prie. Vous connaissez déjà le colonel Carson, je crois…
Il désigna le seul autre homme présent, que Grodin avait reconnu dès qu’il était sorti de l’ascenseur. Il lui jeta un regard rapide, par politesse envers leur hôte ; et ses yeux accrochèrent alors ceux, bruns, de Daiven.
— Nous avons travaillé ensemble quelques fois, éluda le général en tournant la tête vers l’amiral.
Il ne supportait pas cette expression de culpabilité, qui était déjà celle qu’arborait Carson lorsqu’ils s’étaient quittés au retour de Wayland. Il lui fallait absolument penser à autre chose.
— Je suis navré pour mon retard, annonça-t-il alors pour changer de sujet. Le trajet a été plus compliqué que prévu.
Rogriss hocha tristement la tête.
— Je le sais bien. Notre ravitaillement est très compliqué. Carth a ses raisons pour ne pas vouloir de confrontation avec la Nouvelle République, mais c’est une difficulté majeure au quotidien…
D’un geste, il invita le général à s’asseoir.
— Il vous a sans doute expliqué ce en quoi consiste votre mission ? reprit-il quand ils furent tous deux installés.
— Oui, il m’a transmis quelques ordres.
— Considérez-les en suspens pour le moment. Nous ne pouvons pas préparer d’invasion alors que nous manquons déjà de tout.
— À ce point ?
— Hélas, oui. Vous pouvez en témoigner vous-même : les détours que nous sommes contraints de mettre en place pour éviter la flotte néo-républicaine vous ont coûté trois jours. Et ça ne risque pas de s’arranger. Le général Bel Iblis conduisait dernièrement des manœuvres près d’Humbarine, et le secteur grouille toujours de vaisseaux…
— Pourquoi faire des exercices si près de nous ? demanda Grodin en fronçant les sourcils. Notre flotte aurait pu faire une incursion rapide et leur causer beaucoup de dégâts.
— Bel Iblis est tout sauf idiot. Je pense que c’est l’un des premiers dans leur camp à avoir compris que nous n’avions plus l’intention d’attaquer… Du moins, tant qu’ils ne l’auront pas fait. Les deux camps se livrent une bataille d’opinion, à présent, et ils savent que le premier à tirer bénéficiera d’un sérieux désavantage pour la suite des événements. Et pendant ce temps, notre garnison ici est en attente de nouveau matériel… Alors, faire venir de nouveaux hommes me semble inconcevable.
— Je comprends, assura le général. Et pour les vivres et le carburant ?
— C’est ce que nous faisons venir en priorité, assura Rogriss. Je pense qu’il n’y aura aucun problème dans l’immédiat. À plus long terme, par contre…
Il laissa sa phrase en suspens.
— Donc, reprit Grodin, si je ne forme pas de nouvelles troupes… Quelle sera ma mission ?
— Le commandement de la garnison. Et… appuyer le colonel Carson, ici présent, dans ses propres tâches.
Le général se résolut à jeter un nouveau regard à Daiven.
— La formation d’unités spéciales, c’est ça ?
— Plus ou moins, acquiesça le colonel, mal à l’aise.
— C’est ce que le Consul m’a indiqué…
— Il y avait un autre volet dans mon ordre de mission, lui apprit Carson. Je dois mener l’enquête sur les vaisseaux fantômes de Kuat Drive Yards.
— Les vaisseaux fantômes ? répéta Grodin, perplexe.
— Les destroyers qui ont disparu lorsque la Nouvelle République s’est emparée de la planète, expliqua l’amiral Rogriss avec gravité. Nous ne savons pas exactement ce qui s’est produit à ce moment-là. Pour ma part, j’étais déjà le commandant de la garnison de Kuat… Et pourtant, je n’ai jamais pu découvrir quels étaient les projets en cours de création dans les docks de haute sécurité des chantiers navals ! Tout ce que je peux dire, c’est qu’alors que nous évacuions la zone, les senseurs ont détecté d’immenses masses en mouvement sur la face opposée de la planète, précisément là où étaient censés se situer les prototypes en cours d’assemblage.
— Et vous voulez découvrir ce que les Rebelles ont appris à ce sujet, devina le général.
— Oh, non, pas vraiment… En fait, ils n’en savent rien de plus que nous, admit Rogriss. Et pourtant, eux aussi ont enquêté.
— Mais nous avons un avantage qu’ils n’ont pas, enchaîna Daiven. Des codes de maîtrise impériaux qui nous permettent de passer tous les pares-feux de KDY et de ses filiales… Avec un peu de chance, nous devrions même pouvoir exhumer des données effacées qui nous permettront de mieux comprendre l’ampleur du problème.
L’amiral acquiesça doucement. Grodin, de son côté, n’était guère emballé par l’idée de se lancer dans une enquête aussi sensible ; mais il avait une affectation, et il lui fallait s’y tenir.
— Très bien, lâcha-t-il finalement. Puisque de toute façon, je ne peux pas remplir ma tâche initiale, autant vous aider sur celle-ci.
Il regarda l’amiral dans les yeux, puis se risqua à croiser une nouvelle fois le regard de Daiven, qui se montrait toujours aussi nerveux.
— En fait, lui répondit Rogriss, j’ai l’impression que vous serez bien plus utiles, tous les deux, en travaillant sur ce dossier que vous ne l’auriez été avec vos missions respectives…
En son for intérieur, Grodin ne put s’empêcher d’espérer que l’amiral se trompait.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 29 Avr 2021 - 17:32   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Chapitre 11 lu !

Voilà un Chapitre un peu plus court que les précédents, mais bien mystérieux ! Tierce retrouve Carson, et s'il n'est pas ravi de faire équipe avec lui, les circonstances ne semblent guère lui laisser le choix...

Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Jeu 29 Avr 2021 - 19:08   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

Merci L2 ! Effectivement, un chapitre plus court, mais bon, je ne peux pas faire des pavés à chaque fois... Surtout que le prochain équilibrera bien avec celui-ci. :D
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Messagepar Jagen Eripsa » Dim 02 Mai 2021 - 18:19   Sujet: Re: La Fédération Impériale [T2]

On termine le deuxième tour des personnages ! :)



<<Chapitre précédant<< Sommaire >>Chapitre suivant>>

Chapitre 12

Se tenant en retrait sur l'une des cinq plateformes d'aérobus qui entouraient le Palais impérial, Siveline jeta un coup d'œil à son chrono.
Elle n'avait plus que vingt minutes devant elle, et elle savait qu'il lui en faudrait au moins dix pour rejoindre la salle de réunion où elle était attendue. Si elle n'est pas dans le prochain, il faudra que j'y aille... songea-t-elle avec une pointe de tristesse.
Redressant la tête, elle observa avec intérêt la circulation dense qui croisait à quelques centaines de mètres de là. Les puissants ordinateurs de régulation du trafic installés sur Coruscant à l'époque de l'Ancienne République parvenaient ce jour-là encore à assurer une circulation parfaitement fluide, sans accroc. C'était un spectacle toujours aussi étonnant par son ampleur pour n'importe quel visiteur, même pour quelqu'un comme Siveline qui avait grandi sur des mondes plutôt urbanisés.
Elle aperçut enfin un airspeeder plus imposant que les autres se détacher des voies aériennes pour se rapprocher de la plateforme où elle patientait. L'aérobus portait les couleurs et les marquages de la ligne Aurek-357 : il desservait le Palais impérial après être passé par le spatioport Délivrance, l'immense complexe qui s'était jadis appelé Chancelier-Palpatine et qui constituait le plus grand accès à Coruscant depuis les systèmes extérieurs.
Une vingtaine de personnes sortirent dès l'ouverture des portes, croisant ceux qui allaient prendre leur place. Il s'agissait pour l'essentiel de fonctionnaires de bureau, des employés de l'administration de la Nouvelle République qui venaient prendre leur poste ou qui finissaient leur journée. Mais il y avait aussi quelques visiteurs venus découvrir l'immense édifice ou attendus pour un quelconque rendez-vous. Il s'agissait, bien souvent, de non-humains qui ne pouvaient s'empêcher de lever la tête pour contempler les sommets de cet ensemble de tours qui leur avait été interdit d'accès sous l'Empire.
Dans toute cette foule bigarrée, Siveline aperçut enfin le visage qu'elle recherchait. Avec un sourire, elle quitta sa position pour rejoindre sa mère.
Le visage d'Athalée s'éclaira lorsqu'elle vit sa fille.
— Tu es venue m'accueillir, constata-t-elle avant de l'embrasser sur la joue.
— J'avais hâte de te revoir, lui assura la jeune femme.
Elle prit la valise des mains de sa mère et l'entraîna à l'abri de l'immense bâtiment. Ils traversèrent un grand hall aux reflets cuivrés d'où partaient une dizaine de couloirs et s'engagèrent dans l'un d'eux, qui devait les mener vers leur destination. C'était l'un des moins fréquentés, et ils purent y parler sans avoir à hausser le ton pour couvrir la rumeur des conversations.
— Alors, comment te sens-tu ? demanda Siveline à sa mère.
— Ça va, assura Athalée. J'ai pris un coup de vieux, c'est vrai, mais je peux t'assurer que ça vaut le coup. Ton frère est tellement heureux...
— C'est ce que j'ai cru comprendre !
— Il t'a envoyé des photos de Martann ?
— Une ou deux...
Athalée sortit alors son datapad de sa poche et, sans cesser de marcher, fit apparaître de nouvelles images sur l'écran.
— Tiens, dit-elle en le lui tendant.
Siveline l'attrapa de sa main gauche, tandis que sa mère lui reprenait sa valise pour qu'elle puisse faire défiler du bout des doigts les photos.
— Il est magnifique, commenta-t-elle doucement.
Quelques instants plus tard, les deux femmes arrivèrent à un hall de turboascenseurs et entrèrent dans l'une des cabines. Siveline profita de cette pause pour rendre à sa mère l'appareil.
— Hormis ce coup de vieux, comme tu dis... Qu'est-ce que ça te fait d'être grand-mère ?
Athalée lui jeta un regard amusé.
— Et toi, qu'est-ce que ça te fait d'avoir un neveu ?
— Je suis contente pour Thalas, assura-t-elle. Et pour Catlin aussi, bien sûr.
— Et ça ne te donne pas envie de fonder aussi une famille, toi aussi ?
Siveline sentit aussitôt son enthousiasme baisser de plusieurs crans.
— Non, pas vraiment.
— Mais peut-être que Zev...
— Nous ne sommes plus ensemble, avec Zev, annonça la jeune femme.
Elle guetta la réaction de sa mère et réalisa qu'elle restait impassible.
— Ça n'a pas l'air de t'étonner, remarqua-t-elle.
— Une relation où votre principal point commun est votre détestation pour vos pères respectifs n'avait pas un grand avenir, soupira Athalée. Je m'y attendais, mais ça ne veut pas dire que je m'en réjouis...
Siveline ne répondit rien, sans doute parce qu'elle savait que sa mère avait raison. Elle avait rencontré Zev un an et demi plus tôt, lors d'une session de formation. Lui aussi était l'enfant d'un officier impérial de haut rang qu'il haïssait. Leur relation avait été passionnée tant qu'ils étaient retenus chacun sur des terrains d'opération différents ; mais Zev avait été affecté au Commandement des Opérations Spéciales quelques semaines avant que Siveline ne soit éjectée de l'escadron Rogue. Ils s'étaient retrouvés sur Coruscant et avaient vécu deux mois ensemble, avant de comprendre qu'ils n'étaient finalement pas compatibles.
La cabine ralentit puis s'arrêta, ses portes s'ouvrant aussitôt. Athalée récupéra sa valise et commença à avancer, mais s'interrompit en voyant que sa fille ne la suivait pas.
— Eh bien ?
— Je suis attendue, avoua Siveline d'un air pincé.
L'ouverture tenta de se refermer, mais Athalée l'en empêcha en la retenant de sa main.
— Dis-moi tout.
La jeune femme hésita.
— C'est que...
Elle vit alors sa mère reprendre sa place à bord de la cabine.
— Tu es encore en congés, lui rappela-t-elle aussitôt. Tu n'es pas obligée...
— Cela concerne Carth, n'est-ce pas ?
Siveline se rembrunit.
— Oui, admit-elle à contrecœur.
Sa mère acquiesça doucement.
— Alors ?
— Il doit prononcer un discours dans quelques minutes, et Leia voulait que nous y assistions en direct, dans la mesure du possible...
— Donc elle sera ravie de pouvoir compter sur mon analyse, non ?
Voyant que sa fille ne répondait pas, elle insista :
— Non ?
— Oui, bon, peut-être, s'agaça Siveline.
Athalée soupira ostensiblement.
— Je suppose que tu as assez d'entendre parler de ton père ?
— Ce n'est pas ça. J'en ai assez de le voir marquer des points et de ne rien pouvoir faire.
Elle s'appuya contre la paroi de la cabine.
— Quand j'étais chez les Rogues, je combattais vraiment contre lui. Depuis que je suis ici... D'accord, les missions que me confie Leia sont intéressantes, mais j'ai l'impression de ne plus avoir le moindre moyen d'action. Tout le monde semble éprouver un certain respect pour ce qu'il a fait, cette Fédération Impériale, et personne ne semble se souvenir qu'il a ordonné des meurtres pour la fonder.
— Carth a joué un coup de maître, commenta Athalée. Il a fait exécuter une poignée de Seigneurs de guerre que personne n’allait pleurer. En une seule action, il a gagné des mondes, des vaisseaux et des hommes, mais surtout il s’est taillé une popularité qui sera difficile à contrer.
Elle hocha légèrement la tête pour signifier son dépit.
— J’aurais dû le voir venir…
— Tu n’as pas…
— Il savait parfaitement ce qu’il faisait, à cause de sa propre expérience. Quand il a exécuté mon oncle Palder lors de la prise du Palais du gouverneur, tout le monde a vu en lui un héros. Il a juste répété le même scénario, à une autre échelle.
— C’est un monstre, lâcha Siveline.
À sa grande surprise, elle vit que sa mère était choquée par le terme qu’elle venait d’employer.
— C’est ton père, quand même, lui fit-elle remarquer.
— Tu ne vas quand même pas le défendre, s’emporta sa fille. Pas après ce qu’il t’a fait !
— Ça ne regarde que lui et moi.
— Je me souviens du coup qu’il t’a porté. J’étais là, rappela Siveline. J’ai vu qui il était vraiment.
— Tu n’étais qu’une enfant. Tu n’as pas tout compris.
— Tu ne vas quand même pas l’excuser !
Athalée la darda d’un regard ardent.
— Carth sait comme moi que ce qu’il a fait est inexcusable.
Puis, après un instant, elle ajouta :
— Mais je l’ai pardonné.
— Tu viens de dire l’inverse !
— Non. L’excuse est une affaire de raison, alors que le pardon… Le pardon, c’est une histoire de sentiments…
— Et ça remonte à longtemps, ce pardon ?
— Non… C’est assez récent, en fait.
— Quand tu l’as vu, devina sa fille. Il t’a retourné la tête !
L’expression du visage d’Athalée se fit plus dure.
— N’oublie pas que c’est à ta mère que tu parles, conseilla-t-elle d’une voix qui ne souffrait aucune contradiction. Notre rencontre n’y était pour rien, ou presque. Ce qui m’a conduit à le pardonner, c’est ce qu’il a fait pour te protéger. Au cas où tu l’aurais oublié, il a ordonné la retraite de sa flotte, puis il a pris le risque de contacter Leia pour négocier ta mise à l’écart. Que tu le veuilles ou pas, il s’est vraiment comporté comme un père… Ton père.
— L’homme qui m’a élevée, c’est Leight, répliqua Siveline d’un ton acerbe.
— Je le vois bien, soupira sa mère. Il t’a transmis sa détestation de Carth… Ces deux-là n’ont jamais pu se comprendre. Mais en définitive, tu es bien la fille de ton père. Ton tempérament le prouve largement.
Athalée jeta un coup d’œil aux écrans indicatifs de la cabine d’ascenseur, et ajouta :
— On devrait peut-être y aller, non ?
Entre leur discussion, la distance jusqu’à leur destination et l’erreur qu’elles firent à un embranchement qui les mena dans la mauvaise tour, elles arrivèrent finalement dans la salle de réunion alors que la retransmission du discours était déjà bien entamée. Le mur du fond était entièrement occupé par l’image diffusée par une projection en deux dimensions d’Holonet News Edition, qui retransmettait apparemment en direct le discours du Consul. Siveline sentit ses tripes se nouer en voyant le visage, et plus encore en entendant la voix, de son géniteur.
…de cette équipe sera la création d’une nouvelle synergie entre les mondes membres de la Fédération Impériale, annonçait Carth Poldrei en cachant à peine son air satisfait. Ses objectifs…
— Que s’est-il passé ? chuchota Siveline à Cal Omas, lorsqu’elle s’assit près de lui.
— Il vient d’annoncer la constitution de son gouvernement, lui répondit son collègue assistant à voix basse. Ce sera à vérifier, mais il me semble avoir entendu plusieurs noms de non-humains dans le lot.
— Ce serait bien son genre de nous retirer un argument anti-Empire de plus, grommela Siveline.
Cal haussa les épaules.
— On ne va pas se plaindre d’avoir un adversaire antispéciste, tempéra—t-il. Dis-toi qu’au final, ce sont nos idées qui l’emportent, plutôt que celles de l’Empire.
Installée un peu plus loin, Leia leur fit signe d’un geste de se taire. Poldrei avait arrêté de parler, lui aussi. Il semblait reprendre son souffle. Siveline se résolut à fixer son père.
Mais pour accomplir toutes ces missions, il faudra à mon gouvernement une certaine légitimité, reprit-il. Celle-ci ne pourra être issue que de ceux qui seront les premiers concernés par l’action que nous allons engager. Je veux, bien sûr, parler des citoyens de la Fédération Impériale. C’est pourquoi je vous annonce aujourd’hui la tenue, dans un mois jour pour jour, des toutes premières élections galactiques de notre nouveau système.
Pas un mot ne fut prononcé dans la salle, mais Siveline sentit nettement que la tension venait de s’accroître d’un cran. Elle jeta un coup d’œil en direction de sa mère, dont l’attention était entièrement captée par la projection.
Les électeurs seront invités à se prononcer sur la politique qu’ils veulent voir mener dans les secteurs et au niveau galactique, poursuivit le Consul. À l’issue de ce scrutin, que j’espère représentatif des opinions ayant court sur nos milliers de monde, l’équipe précédemment annoncée sera confirmée ou remplacée par une autre, selon les résultats. Dans tous les cas, nul ne pourra plus dire que la Fédération Impériale n’est pas à l’écoute de son peuple.
Il salua les participants, et la retransmission s’arrêta. La lueur de l’holoprojecteur fut rapidement remplacée par l’éclairage de la salle.
Tous les regards se tournèrent vers Leia, dont le visage, bien plus tendu que d’habitude, ne cachait guère le malaise qu’elle éprouvait. Mais, fidèle à sa réputation d’inébranlable, elle tenta de faire bonne figure malgré tout.
— Merci d’être venue, Athalée, salua-t-elle d’abord. Bon… Vous avez tous entendu, comme moi, le discours de Poldrei. Vos avis ?
— L’offensive médiatique continue, soupira Cal Omas. Il faut s’attendre à ce que les journalistes mettent en avant le fait que la Fédération organise des élections au bout de quelques semaines, alors que la Nouvelle République, six ans après sa création, reste dirigée par un « Conseil Provisoire ».
— Je suis d’accord, approuva la Conseillère. Il nous prend de vitesse, une fois de plus.
— C’est du Carth tout craché, commenta Athalée. Mais sa précipitation peut se retourner contre lui, à condition que vous ne tombiez pas dans son piège.
— Donc vous préconisez une réponse militaire plutôt que diplomatique ? demanda le général Rieekan, à la droite de Leia.
Tout comme Omas, Athalée ou encore Siveline elle-même, il faisait partie de la petite équipe de conseillers réunie par Leia pour lutter contre le Consul : la cellule Peth, comme Poldrei.
— Non. La pire des erreurs, ce serait de répondre à sa provocation. Si vous choisissez la force, vous ne ferez que renforcer la portée de son discours. Quant à la voie diplomatique… Si vous décidez d’organiser à votre tour des élections, si vite après cette annonce, vous passerez par de pâles imitateurs. Le mieux est de faire comme s’il n’y avait rien.
Leia acquiesça doucement, puis se tourna vers son assistante.
— Et vous, Siveline ? Vous ne vous êtes pas encore exprimée.
La jeune fille jeta un coup d’œil à sa mère avant de répondre.
— Moi, je pense qu’il faut agir, lâcha-t-elle finalement. Nous subissons depuis trop longtemps. C’est bien pour ça que vous avez constitué cette cellule, non ?
— Et comment pensez-vous que nous devrions agir ? demanda Leia d’une voix tranchante.
Siveline réfléchit. Elle avait répondu sur un coup de tête, obéissant à son cœur plutôt qu’à sa raison. Tout se mélangeait dans son esprit : la haine qu’elle éprouvait envers son père, cette distance qu’elle éprouvait parfois entre sa mère et elle, son désir d’aider la Nouvelle République…
Elle avait beau chercher, elle ne trouvait pas.
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