[roman fini] Tel'Ay Mi-Nag 2 : Rédemption

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Messagepar Minos » Mar 07 Aoû 2007 - 23:07   Sujet: 

Minos a écrit:[
blessures béguines

Nan, nan, "béguines", je maintiens. "Bégnines" n'existe pas.

Mea culpa maximus, "bégnine" est bien le féminin de "bénin", oubliez-moi sur ce coup-là... :cry:
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Messagepar AJ Crime » Sam 11 Aoû 2007 - 11:09   Sujet: 

Salut,

je viens de finir de prendre connaissance du début de cette histoire palpitante à la l’intrigue très bien ficelée. J'espère en lire un autre bout d'ici à ce que je parte en vacances la semaine prochaine. C'est travaillé, les mots sont bien choisis, l'action est omniprésente. C'est du très bon!

J'attends aussi la suite.
En quête de votre intérêt et de vos suggestions, votre dévoué serviteur dans la force, AJC
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Messagepar Darkliser » Sam 11 Aoû 2007 - 11:53   Sujet: 

0_0 une autre fic qui commence sur Nar Shaddaa.... :lol:
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Messagepar Minos » Sam 11 Aoû 2007 - 19:51   Sujet: 

Merci les gars ! :)

C'est vrai qu'une planète-poubelle comme Nar Shaddaa, c'est bien pour démarrer une histoire où au départ, le héros est un déchet ambulant ! :lol:
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Messagepar Django » Lun 03 Sep 2007 - 0:17   Sujet: 

Salut Minos,

Que devient la suite de Tel'Ay Mi-Nag?


@ plus
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Messagepar Minos » Lun 03 Sep 2007 - 4:23   Sujet: 

Elle frétille d'impatience de jaillir de mes doigts posés sur mon clavier...je vais tâcher de la pondre pour vendredi. :)
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Messagepar Den » Mar 04 Sep 2007 - 15:52   Sujet: 

Ah ben voilà une bonne nouvelle l'ami :)
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Messagepar Minos » Lun 08 Oct 2007 - 21:03   Sujet: 

Rhalala, ça faisait vraiment trop longtemps que j'avais pas mis la main à la pâte ! Voici donc enfin la suite de Tel'Ay II. Bonne lecture à tous !

Chapitre 6

Dark Glaro soupira en entendant la console de communications biper. Que lui voulait son maître, Dark Omberius, cette fois-ci ?
Humain originaire de Jabiim, Dark Glaro avait dépassé la quarantaine depuis peu. Ses longs cheveux blonds étaient tressés et cascadaient jusqu’à ses épaules. Il arborait en outre une épaisse moustache. De haute taille, il était souvent mésestimé par ses ennemis, du fait de son léger embonpoint. Mais celui-ci n’était qu’un leurre. Dès qu’il le fallait ou qu’il le décidait, il bougeait avec une grâce et une rapidité impressionnantes, que plus d’un combattant plus jeune lui aurait envié.
Aussi loin que ses souvenirs remontaient, il avait été l’apprenti de Dark Omberius, et lui avait longtemps servi d’agent de terrain, simple outil entre les mains du maître. Aujourd’hui, il avait dépassé ce stade et Omberius le considérait de plus en plus comme un collaborateur plutôt que comme un séide. Du moins était-ce l’impression que Glaro en avait, même s’il savait que Omberius était passé maître dans l’art de manipuler autrui.

– A votre service, maître, fit-il après avoir ouvert la communication.
– Seigneur Glaro, vous savez que nous entrons dans une phase critique pour nos plans. Nulle interférence ne saurait être tolérée maintenant, or voilà que la République semble sur le point de soutenir ce jeune et stupide Skelor dans la reconquête de son trône. Cette alliance ne doit pas se produire, à aucun prix. Vous allez vous rendre sur Coruscant et éliminer le sénateur Duro, Aar Gamonn. Comme il est le soutien numéro un de Ver’Liu So-Ren, face à Marcus Valorum qui refuse d’engager la République dans ce conflit, sa mort apportera une belle dose de confusion dans un Sénat déjà divisé. De notre côté, cette situation nous permettra de gagner assez de temps pour finir nos préparatifs en vue d’entrer en guerre avec la République.
– A vos ordres, maître. Comment dois-je procéder ? Commanditer le meurtre ou l’exécuter en personne ?
– Occupez-vous en personnellement, seigneur Glaro, rien ne doit être laissé au hasard dans cette histoire. J’ai envoyé les Archanges de Norkaï éliminer le Skelor. Ainsi, ces deux fauteurs de trouble disparaîtront et rien ne s’opposera plus à nous. Que la Force soit votre servante, Dark Glaro.
– Que la Force soit votre servante, maître, conclut Dark Glaro avant de couper la communication.
Le maître ayant parlé, Glaro n’avait plus qu’à obéir. Pourvu d’une longue expérience en matière d’assassinats, fruit de décennies de pratique au service d’Omberius, des idées portant sur la manière de procéder jaillirent spontanément dans son esprit aiguisé. Le temps de rallier Coruscant, son plan serait parfaitement au point.

***
Escorté par quatre gardes de la sécurité du Carolusia, Veckmar Talorin parcourait des corridors de sa station tombés en décrépitude depuis des années. Une semaine s’était à peine écoulée depuis qu’il avait rencontré Ver’Liu So-Ren et transmit sa demande d’aide à la République. Jamais il n’aurait pensé que le demande du jeune Skelor provoquerait un débat aussi passionné au sein du Sénat, les projetant tous deux sous les feux de l’actualité.
L’affaire avait pris une dimension politique d’envergure quasiment galactique, contre toute attente, à partir du moment où le Duro Aar Gamonn avait décidé de se faire le champion de la cause skelorienne. Beaucoup d'êtres, dont Talorin, étaient parfaitement conscients qu’en temps normal, le message de Ver’Liu aurait atterri sur une déjà longue pile de plaintes et d’injustices, et noyé dans les méandres de la bureaucratie.
Aar Gamonn lorgnait vers la Chancellerie de la République, et le prétexte de la « crise » skelorienne était survenu au bon moment pour lui. A deux mois des élections, le Duro avait fédéré tous les ennemis politiques du Chancelier actuel. Ce dernier était candidat à sa propre succession, mais les sondages le donnaient désormais perdant.
Talorin était écœuré par toutes ces manœuvres. Il avait beau être lui-même un homme politique, en tant que commandant du Carolusia, sa philosophie de vie était aux antipodes de celles des sénateurs. Il dirigeait la station en ne perdant jamais de vue le plus important à ses yeux, à savoir le bien commun. D’aucuns l’auraient qualifié de naïf ou d’idéaliste, ce dont il se moquait éperdument. Il menait sa vie en se basant sur ses propres convictions, et refusait d’en changer sous prétexte que le reste de la galaxie était dur et égoïste.

Dans les heures qui avaient suivi la diffusion du discours d’Aar Gamonn, les services de sécurité du Carolusia avaient rapporté à Talorin une certaine agitation dans l’un des secteurs les plus pauvres de la station. Les Skelors avaient appris l’existence de leur roi potentiel et avaient commencé à se regrouper, surexcités par la nouvelle et désireux de le rencontrer.
Talorin avait écarquillé de surprise ses grands yeux globuleux, quand il avait appris que deux cent Skelors vivaient sur la station. Ce peuple d’humanoïdes reptiliens, à l’épiderme composé d’écailles blanchâtres, n’avait jamais attiré son attention jusque-là. Il n’avait pu s’empêcher de ressentir une certaine honte d’avoir côtoyé ces pauvres hères sans les voir, en quelque sorte. Les Skelors étaient catalogués comme des sous-êtres, ou presque, population miséreuse à laquelle nul ne prêtait attention, même pas lui. Un peuple fantomatique avant ces événements.

Quand Talorin avait rejoint Ver’Liu, celui-ci tentait de faire face à ses compatriotes, agglutinés dans et autour des appartements de sa famille d’accueil. La situation menaçant de vite devenir ingérable, le commandant et Ver’Liu étaient tombés d’accord pour octroyer une partie désaffectée de la station aux Skelors. Là, ils pourraient se regrouper à leur aise. Les anciennes salles des machines, désaffectées depuis des décennies, furent choisies pour ce rôle, sur proposition du jeune Skelor, qui y vivait.
Une équipe technique du Carolusia avait donc été dépêchée sur place pour rendre l’endroit vivable et le sécuriser. Elle s’était assurée que les équipements étaient décidément inopérants, pour anticiper tout risque d’accident, et beaucoup d’antiques ordinateurs et de consoles avaient été désossés pour gagner de la place. Des cloisons préfabriquées avaient été montées à la hâte pour créer des quartiers d’habitation, des salles de réunion et une infirmerie. L’électricité et l’eau avaient été très vite acheminés. Il n’avait fallu que deux jours pour que les premiers Skelors, qui avaient participé activement à la réfection des lieux, puissent commencer à s’y installer.
Talorin avait supervisé tous ces changements avec compétence, et son flegme typiquement calamarien. A ses yeux, le seul point inquiétant aurait pu être la réaction de Ver’Liu face à l’écrasante pression qui s’était soudainement abattue sur ses épaules trapues. Il avait vite été rassuré : le Skelor s’était fondu avec une facilité déconcertante dans son rôle de leader, sans rien perdre de sa spontanéité et de sa simplicité. Si on lui en laissant l’occasion, le gamin irait loin, il en était persuadé.

Veckmar, son escorte sur les talons, arriva en vue de l’entrée de la zone skelorienne. Il avait fait aménager une large porte en duracier, à double battant, et dont l’ouverture était automatisée, mais il fut, comme à chaque fois qu’il venait en ces lieux, émerveillé par ce qu’en avaient fait les Skelors.
La porte était ouverte en permanence, pour symboliser que quiconque en franchissait le seuil recevrait accueil et aide. La Force seule savait où les Skelors avaient récupéré du bois de volin, essence célèbre de Skelor I et produit important d’exportation de la planète avant l’invasion zabrak. Quoi qu’il en fut, ils en avaient ornementés l’entrée de leur zone, transformant la porte en une arche végétale finement ouvragée. Deux Skelors montaient la garde, en faction de part et d’autre de l’ouverture, les mains dans le dos. Ils étaient vêtus pauvrement mais arboraient un foulard noir sur le crâne, signe de leur appartenance au semblant de Garde Royale Skelorienne nouvellement reconstituée, ainsi que des vibro-dagues accrochées bien en évidence, sur le devant de leurs ceintures. Veckmar Talorin les soupçonnait aussi de cacher des blasters dans leur dos, mais n’y voyait pas d’inconvénient tant que cela ne provoquait pas de débordement. Les gardes se fendirent d’un bref hochement de tête sur son passage, et demeurèrent par ailleurs impassibles, les sens aux aguets et l’œil brillant de vigilance.
Comme à chaque fois, Talorin ne put s’empêcher de frissonner. Ces gardes, comme l’ensemble des Skelors qu’il croisait désormais, avaient dans les yeux une lueur d’orgueil et de fanatisme qui ne lui inspirait rien de bon. Ils s’étaient jetés à corps perdu dans la cause de leur roi présomptif, et semblaient prêt à tout pour lui. Si jamais Ver’Liu venait à se prendre trop au sérieux ou à déclencher des troubles, il serait suivi aveuglément par ses sujets.

La zone skelorienne était assez fréquentée, et Talorin eut vite l’impression d’être entré dans un ghetto, ce qui n’était au demeurant pas très éloigné de la vérité. Les Skelors, quand ils n’étaient pas esclaves, étaient souvent employés à travers la galaxie comme main-d’œuvre bon marché. Les plus nantis de ceux qu’il croisait étaient vêtus de simples toges sans fioritures. Les plus pauvres d’entre eux portaient des haillons, mais ils étaient de moins en moins nombreux. En effet, suite au discours d’Aar Gamonn, la situation et les espoirs des Skelors étaient connus de tous. Depuis lors, des mécènes et des contributeurs plus ou moins désintéressés ne cessaient de faire des dons pécuniaires au peuple skelorien. Les premières mesures de Ver’Liu avaient été de faire vêtir plus convenablement ses compatriotes, qui le rejoignaient petit à petit, et d’assurer un approvisionnement décent en nourriture.
Ver’Liu avait été sidéré de voir cette solidarité inimaginable se mettre en place, d’une manière aussi spontanée. Il avait dû très vite s’organiser pour gérer cette manne financière et surtout décider quoi en faire. A ce problème s’en étaient ajoutés de nombreux autres, apparus en même temps que son nouveau statut. Et tout ce qu’il croyait savoir et vouloir était tombé en miettes, confronté à la réalité.
Son rôle diplomatique lui avait complètement échappé jusque-là, et les premiers jours furent très difficiles. Plongé au milieu d’une situation totalement inédite pour lui, et qui se complexifiait jour après jour, il avait tenté de faire face à tout directement, avant de se rendre compte qu’il lui fallait impérativement déléguer.

Veckmar Talorin rejoignit Ver’Liu dans la pièce austère et d’importance moyenne qui lui servait de bureau. Le jeune Skelor se leva pour l’accueillir, les yeux gonflés de sommeil et un fin sourire aux lèvres. Il apprenait tout juste à diriger une communauté et Talorin eut un élan de compassion en voyant la lassitude qui imprégnait ses traits. Lui avait eu la chance de grimper peu à peu dans la hiérarchie de la station, ce qui lui avait permis d’en appréhender les rouages. Quand il avait été élu, le Carolusia n’avait plus de secret pour lui.
Ver’Liu, de son côté, devait apprendre sur le tas et rapidement, ce qui nécessitait une force de caractère certaine. Le Skelor semblait bien s’adapter à cette situation, et Talorin en était fort aise, car le gamin était décidé à assumer son rang d’une manière que le commandant approuvait totalement. Hermétique aux corruptions du pouvoir, Ver’Liu n’avait en tête que le bien-être de sa communauté.
– Commandant, c’est un plaisir de vous voir ici, fit Ver’Liu en lui serrant la main. Que se passe-t-il ? ajouta-t-il, après l’avoir enjoint à s’asseoir.
– Et bien…disons que la situation est de plus en plus confuse. La cause skelorienne est toujours âprement débattue au sénat républicain, avec Aar Gamonn en ferveur défenseur de vos droits, tandis que le Chancelier Valorum cherche à faire valoir son autorité en prônant une stricte neutralité.
– Ils se moquent éperdument de Skelor I, commenta Ver’Liu, amer. Pour eux, cette crise n’est qu’un prétexte pour faire avancer leurs propres intérêts.
– En effet. Les élections à la Chancellerie avancent à grands pas., et les manœuvres politiques battent leur plein. J’aurais préféré une aide franche et objective, se basant sur les principes de justice défendus par la République. J’étais bien naïf de penser que la justesse de ma cause suffirait à me donner des alliés.
– C’est de la politique, répondit le Calamarien en haussant les épaules. Nous ne pouvons guère agir de ce côté-là. En fait, je suis venu vous voir car un autre problème est apparu, et qui devient plus préoccupant chaque jour.
– Je vous écoute.
– Cette partie de la station, que je vous ai octroyé, ne va bientôt plus suffire eu regroupement des vôtres. Depuis une semaine que votre cause est connue, il y a déjà une centaine de Skelors à vous avoir rejoint, et il est évident que cet afflux de réfugiés va aller en augmentant.
– Nous allons manquer de place pour accueillir tout le monde, comprit Ver’Liu.
– Exactement. Ces installations provisoires risquent très vite de ne plus suffire. Je pense que vous devriez d’ores et déjà réfléchir sérieusement à un lieu plus approprié pour rassembler votre peuple. Une planète serait sûrement l’idéal.
– Reste à savoir laquelle…il y aura sûrement des dirigeants politiques pour nous accueillir quelque part, mais la colonisation d’un endroit par les Skelors risque de créer des conflits avec des autochtones.

Talorin acquiesça de la tête, sans rien ajouter. De telles tensions surviendraient quel que soit le lieu où les Skelors se rendraient, à moins de trouver un monde vierge de toute occupation…ce qui poserait le problème du manque d’infrastructures d’accueil. En attendant, sur le Carolusia, les conflits commençaient à émerger. Des Zabraks avaient été pris à partie ces derniers jours, et ils en accusaient invariablement les Skelors.
Ces événements risquaient d’aller en augmentant, et les deux dirigeants en avaient parfaitement conscience. Ver’Liu ferma les yeux, las. Tant de problèmes à régler…
Ce qui l’inquiétait le plus était qu’il n’avait pas encore eu le temps de développer une stratégie pour reconquérir son trône. Son tempérament modéré le poussait à privilégier un accord pacifique, mais une petite voix intérieure lui susurrait de temps à autre qu’il était le roi légitime, et que s’il lançait une guerre sainte contre l’occupant zabrak, son peuple le suivrait aveuglément. Il devait être très prudent, à chaque instant, pour éviter que les choses s’enveniment jusqu’à l’explosion.

La sonnerie du comlink de Talorin vint dissiper le silence tendu. Le Calamarien y répondit prestement :
– Oui, Kahaan ?
– Commandant, nous venons de recevoir un appel d’un Chevalier Jedi, du nom de Tchoo-Nachril. Il dit qu’il arrivera dans quelques heures et qu’il mène une enquête pour le compte du Conseil Jedi. Il affirme qu’il a des suspects à appréhender sur le Carolusia et demande officiellement, en vertu des accords qui nous lient à la République, à obtenir toute latitude dans l’accomplissement de sa mission.
– Donnez l’accord, Kahaan. Il y a autre chose ?
– Oui, commandant, diverses affaires réclament votre attention. Rien de grave, néanmoins.
– Je vous rejoins dans quelques minutes, Kahaan, soupira Talorin.
Il prit rapidement congé de Ver’Liu, le laissant se débattre avec la problématique du regroupement skelorien.

***
Les huit Archanges de Norkaï enfilaient les larges coursives du Carolusia, tendus vers leur but : abattre l’héritier du trône, le jeune Skelor à la tache de naissance noire sur le front. Parmi eux, Nassil Veraian n’en menait pas large. Il n’avait pas osé parler à ses camarades du rôle qu’il avait joué dans l’assassinat du sénateur bothan, et espérait que les choses se tasseraient d’elles-mêmes avec le temps. Si ses pairs l’apprenaient, ils se sentiraient sûrement en danger et le chasseraient…dans le meilleur des cas. Au pire, ils seraient fort capables de le livrer pour toucher la substantielle prime que la République n’avait pas dû manquer d’offrir pour sa capture.
Pendant leur voyage en hyperespace, ils avaient mis leur plan au point avec méticulosité : leur cible n’aurait aucune chance de s’en sortir.
Ils passèrent des heures à fouiner dans la station, repérant les caméras de surveillance, notant la fréquence des rondes des gardes, ainsi que leurs parcours. Quand ils s’estimèrent satisfaits de leurs investigations, ils attendirent que le cycle nocturne, avec ses lumières tamisées, se mette en place sur le Carolusia, et ils passèrent à l’action.

Au poste de sécurité 42, deux Calamariens scrutaient avec attention les écrans de surveillance, prêts à alerter leur hiérarchie et les patrouilles de tout incident, notable ou potentiel. Sur l’un des quatre écrans sous sa responsabilité, l’un d'eux vit plusieurs silhouettes encapuchonnées apparaître. Elles marchaient dos à la caméra, qui surplombait une coursive peu fréquentée. Son instinct lui souffla que quelque chose se tramait, et il en eut confirmation quand la dernière silhouette se retourna vers la caméra. Le garde eut le temps de voir un bas de visage se tendre vers l’objectif. deux secondes plus tard, l’image sauta et disparut. Le garde se pencha prestement sur sa console de communications, inquiet, et prit contact avec la patrouille la plus proche.

Le Falleen et Archange de Norkaï Roghmar, dès qu’il eut désactivé le caméra, murmura à ses compagnons :
C’est fait, les gars. En repassant l’enregistrement, la sécurité pensera avoir affaire à un Skelor, fit-il en commençant à enlever la crème dont il s’était enduit le visages et les mains.
Sa carnation naturelle, verte, réapparut vite. Ils parcoururent une cinquantaine de mètres supplémentaires et s’arrêtèrent devant une porte métallique. L’un d’eux s’affaire sur le panneau de contrôle et la porte coulissa quelques secondes plus tard. Ils entrèrent tous les sept, tandis que Roghmar restait faire le guet dans le couloir, et terminait de se débarrasser de son maquillage. Des bruits de coups portés, d’os cassés et des cris d’agonie se firent entendre derrière la porte.

***
Anaria, assise au poste de pilotage du transporteur de Séis, soupira d’aise quand l’astronavigateur l’avertit du passage imminent dans l’espace normal. Elle n’avait jamais été très férue de voyages en hyperespace : rares étaient les navires adaptés à la morphologie wookiee, et le transporteur n’en faisait pas partie. Elle grogna dans l’intercom pour réveiller Tel’Ay et le prévenir qu’ils arrivaient à destination.
Tel’Ay ouvrit les yeux et se redressa aussitôt, pleinement réveillé et reposé. Il avait tenté de mettre à profit ces derniers jours pour mener des expériences avec le Gant de Vèntorqis, mais celui-ci n’avait pas été réactif. Tel’Ay estimait pouvoir reproduire le processus de guérison qu’il avait employé sur Anaria. Même après plusieurs essais, en revanche, il n’avait pas réussi à acquérir d’autres techniques de soins.
Ayant gardé en mémoire les paroles de son maître, prononcées plus d'une année auparavant, il avait utilisé la Force et le Gant de Vèntorqis pour ressentir la technologie et pouvoir agir sur elle, en vain. Il n’était pas parvenu à ne faire qu’un avec le navire. Pensant avoir été trop ambitieux, il s’était concentré sur l’astronavigateur, puis un blaster, avant de finir par un simple fusible. Rien. Il ne parvenait pas à les ressentir dans la Force.

Le Gant de Vèntorqis ne semblait vouloir l’aider qu’à ses heures, ou en des circonstances précises, peut-être. Tel’Ay ne connaissait pas la réponse et n’était pas loin de s’en moquer. Pragmatique, il se consola en sachant qu’il existait d’autres moyens d’apprentissage, qu’il finirait bien par découvrir.
Il enfila rapidement une tunique vert foncé de Séis, légèrement trop grande pour lui, mit sur ses épaules un long manteau à capuche et rejoignit sa compagne de voyage. Il la salua de la tête en réponse au grognement de bienvenue qu’elle émit. Il s’assit dans le siège de copilote et se plongea dans les courants sinueux de la Force.
Par-delà le cockpit apparaissait la station spatiale itinérante Carolusia, amalgame chaotique d’anciens navires de toutes sortes et tailles, et qui semblait être issue du rêve d’un architecte fou.
Un léger picotement prit naissance dans sa nuque. Impression que les prochaines heures seraient déterminantes. Danger latent, calme avant la tempête. Tel’Ay détestait subir ce type « d’avertissement », trop vague pour apporter quelque éclaircissement précis. Encore une chose qu’il devrait travailler à l’avenir, s’il voulait se montrer digne du statut de maître que Maal Gami lui avait octroyé.
– [Comment procédons-nous, Tel’Ay Mi-Nag ? Nous prenons contact avec ton roi et offrons nos services pour le protéger ?]
– Ce n’est pas mon roi, comme je te l’ai déjà expliqué. A mes yeux, il est juste bon à servir d’appât pour attirer mes ennemis. Dès qu’ils se seront dévoilés, il n’aura plus aucune importance et, en ce qui me concerne, il pourra mourir dans la seconde sans que je lève le petit doigt pour l’aider.
– [ Il n’est qu’un outil pouvant s’avérer utile, si je te suis bien, et pas un être vivant à part entière ?], demanda Anaria, tristement.
– Exactement.
– [ Et moi, que suis-je pour toi ?]
– Je l’ignore pour l’instant. je sens juste que tu es à ta place, en quelque sorte. Que ta présence ici et maintenant est…adéquate, en quelque sorte.
– [ Ton cœur est froid comme de la glace, Tel’Ay Mi-Nag. Je te souhaite sincèrement de le voir se réchauffer, pour ton propre bien.]
Tel’Ay planta ses yeux noirs dans ceux d’Anaria et rétorqua sèchement :
– Je n’ai pas besoin de cœur pour accomplir mon destin. Si ça ne te convient pas, tu peux toujours t’en aller, mais nous savons tous deux que tu n’en feras rien, puisque tu t’es liée à mon sort avec ton truc de dette de vie. En outre, sache ceci : si nous survivons à la guerre contre mes ennemis, nos chemins se sépareront.
– [ Seule la mort peut mettre fin à une dette de vie.]
– Je sais.
– [Alors mon sort est d’ores et déjà scellé ?]
– Tu as tout compris, conclut froidement Tel’Ay, tout en sondant Anaria.
Il fut surpris de ne sentir aucune trace de peur en elle. de son être n’émanaient qu’une tristesse lancinante, de la sérénité et de la réflexion. Il en fut troublé mais n’en montra rien. Les êtres rongés par la peur étaient des proies faciles pour les Sith, et Tel’Ay avait toujours été quelque peu désarçonné par ceux qui parvenaient à la tenir à distance, même après qu’on leur eut annoncé leur fin.

La console de communications bipa, et Anaria répondit. Il s’agissait des contrôleurs aériens du Carolusia. Ils donnèrent le cap à suivre, puis demandèrent et obtinrent les codes d’asservissement du navire. Bientôt, ils purent prendre à distance les commandes du vaisseau, qu’ils firent se poser dans une baie protégée par un champ de rétention d’atmosphère.

***
La patrouille du secteur 42 ne parvint pas à mettre la main sur les huit silhouettes encapuchonnées. Par sécurité, en revanche, ils explorèrent minutieusement le secteur, à moitié abandonné, et dont certaines zones étaient squattées par des êtres miséreux.
Dès qu’ils firent la macabre découverte, ils prévinrent aussitôt le chef de la sécurité, et mois d’une demi-heure plus tard, Veckmar Talorin et Ver’Liu So-Ren étaient sur les lieux, révoltés. Le Skelor tremblait d’indignation, de rage et de honte.
Le médecin légiste qui s’occupa des corps déclara, blême, que les victimes étaient toutes zabraks, et au nombre de quatre. Un couple d’adultes et deux enfants en bas âge. Les corps étaient méconnaissables, réduits à l’état de pulpe sanguinolente. Tous les os de leurs corps semblaient avoir été brisés, et ils présentaient d’innombrables morsures et autres griffures. Ils avaient été tués d’horrible manière, sans arme.
Ver’Liu eut du mal à croire que des Skelors aient pu perpétrer un tel acte, mais se rendit à l’évidence quand on lui montra les dernières images de la vidéo-surveillance, avant qu’elle n’ait été désactivée.
Le tension allait immanquablement monter dans les prochains jours entre les ressortissants zabraks et les Skelors. Il devenait plus que jamais urgent pour Ver’Liu de se trouver un nouveau lieu pour rassembler son peuple.

***
Tout se passait comme prévu pour les huit Archanges de Norkaï. Le meurtre des Zabraks et Roghmar se montrant à la caméra « grimé » en Skelor avait suffit à faire sortir Ver’Liu d’un lieu où il était inaccessible. Disséminés entre les quartiers skeloriens et la scène du crime, ils tablaient sur le fait que l’héritier du trône et son escorte – quatre Skelors armés de dagues courbes – prendraient le même chemin quand ils retourneraient auprès des leurs.
Ils repérèrent trois endroits propices à une embuscade et, après en avoir choisi un au terme d’un rapide conciliabule, ils le rejoignirent prestement. Le lieu en question avait peut-être été un hall, au temps où il était entretenu. Désormais, ce lieu de passage était laissé à l’abandon et peu usité. Beaucoup d’appliques lumineuses murales ne fonctionnant plus, le hall baignait dans une lumière crépusculaire permanente.
Ils arrachèrent sur les murs des bouts de tuyaux métalliques pour s’en faire des matraques, ou des bâtons rudimentaires. Ils n’avaient en effet pas pris le risque d’essayer de faire rentrer des armes sur la station, lors de l’inspection douanière qu’ils avaient subis en arrivant.
Ils se scindèrent ensuite en deux groupes : un pour empêcher Ver’Liu et ses hommes de revenir sur leurs pas, et l’autre pour attaquer de front. Chacun se fondit dans les ombres et l’attente commença.

***
Tel’Ay et Anaria passèrent le poste douanier sans la moindre difficulté, d’autant que le Skelor ne tenta pas de faire passer le sabrolaser de Séis, ni le Gant de Vèntorqis. Un sabrolaser était certes extrêmement utile, mais il était tout à fait capable de se débrouiller sans.
Il fit presser le pas à sa compagne dès qu’ils se retrouvèrent dans les larges coursives. En tant que Sith, il pouvait ressentir facilement une atmosphère imprégnée de violence contenue, qui n’allait pas tarder à exploser : exactement la sensation qui l’assaillait en cet instant.

***
Quand les échos lointains de pas se rapprochant lentement se firent entendre, Nassil Veraian serra instinctivement son bout de tuyau. Lourd d’une dizaine de kilos, il suffirait amplement à fracasser les crânes et les os des Skelors qui se dirigeaient droit vers le guet-apens. Autour de lui, dans l’ombre, il sentit que ses camarades étaient eux aussi prêts.
Les Archanges de Norkaï avaient su en arrivant qu’ils ne parviendraient pas à faire passer des armes à la douane de la station, mais ils avaient appris depuis longtemps à improviser avec ce qui leur tombait sous la main, même en dans des lieux où ils n’avaient pas de contacts pour les armer, comme c’était le cas présentement. Il fallait si peu de choses pour donner la mort.
Des ombres se dessinèrent dans le couloir éclairé d’où provenaient le bruit des pas, et les silhouettes des humanoïdes reptiliens qu’ils attendaient ne tardèrent pas à apparaître à leur tour. Comme prévu, ils étaient cinq, les quatre gardes encadrant leur suzerain.
Dès qu’ils eurent franchis l’arche du corridor sombre, Veraian vit quatre de ses congénères se détacher des ombres derrière eux. Sur un signe discret de leur chef, Veraian et les trois Archanges restants se dévoilèrent à leur tour, face aux Skelors.

Les Reptiliens comprirent vite ce qui se passait, et les gardes resserrèrent leurs rangs, tout en sortant leurs dagues courbes. Veraian sourit. Leurs lames ne faisaient que quarante centimètres de long, contre un bon mètre du côté des bâtons improvisés des Archanges de Norkaï. Avec une allonge aussi supérieure, il y allait bientôt y avoir de la bouillie de Skelor sur les murs, se dit Veraian, hilare intérieurement.

Alors que les Archanges marchaient en silence d’un pas déterminé vers leurs victimes, tout en soupesant leurs gourdins, Veraian vit de nouvelles ombres apparaître dans le couloir éclairé. Avant qu’il n’ait eu le temps de jeter un cri d’alarme, un petit humanoïde trapu surgit en courant. Le nouvel arrivant lança son poing en avant, dans le vide, et Veraian vit avec stupéfaction ses quatre collègues être renversés comme des quilles dans un improbable jeu de bowling.
L’être sauta par-dessus les Skelors et se réceptionna fermement sur ses pieds, face à Veraian et ses amis. Roghmar abattit son lourd tuyau sur l’être, qui l’attrapa avec une facilité déconcertante. Il le lui arracha des mains sans effort, avant de le retourner pour porter un coup fulgurant sur le crâne du Falleen. Il n’eut pas le temps d’esquiver, et après un craquement sinistre à l’impact, il s’écroula à terre sans un mot.
Veraian tenta d’attaquer à son tour, mais son adversaire était trop rapide et trop fort, bien plus que le laissait présager sa morphologie. Veraian eut l’impression de frapper un mur de duracier quand leurs tuyaux se téléscopèrent. Il mit toute sa force dans ses deux mains, pour tenter de faire reculer ce démon, mais rien n’y fit.
Du coin de l’œil, Veraian vit un autre Archange attaquer l’être par-derrière, mais ce dernier semblait avoir des yeux dans le dos : sans même se retourner et sans rompre l’engagement avec Veraian, il détendit son pied en arrière. Son talon percuta le menton de l’Archange, dont les dents s’entrechoquèrent, avant de partir à la renverse et tomber sur les fesses, sonné.
Dans le chaos grandissant, Veraian entendit un hurlement sourd et vit un Wookiee se jeter sur ses camarades, tandis que les gardes skeloriens se lançaient à leur tour à l’attaque. Il comprit que tout était perdu, à défaut d’avoir compris comment, aussi tourna-t-il les talons et tenta-t-il de s’enfuir.
Il réussit à faire deux pas, avant de ressentir une grande douleur à la jambe et de s’affaler lourdement au sol, le souffle coupé. Il n’essaya pas de se relever et jeta un regard derrière lui. L’être avait lancé son tuyau dans les pieds de Veraian. Dans un nouvel effort, l’Archange voulut attraper le tuyau, mais il le vit s’élever dans les airs et se loger doucement dans la main tendue de l’inconnu.
C’est à ce moment qu’il comprit réellement que tout était perdu pour lui. Et que l’acceptation de son sort, face à une créature aussi surnaturelle, le rendit incapable du moindre mouvement. Il put enfin distinguer les traits de son ennemi et reconnut avec surprise qu’il avait affaire à un Skelor. Ce dernier lui adressa un sourire sinistre, se pencha sur lui et lui murmura :
– Point de repos pour ton âme. Va donc rejoindre le Chaos.
Tel’Ay Mi-Nag posa sa main sur le front de Nassil Veraian, tétanisé, et broya son âme avec des griffes psychiques. Il resta se délecter de la dissolution de l’esprit de l’Archange de Norkaï, et perdit conscience de son environnement pendant ce bref instant de déconcentration. Pas assez bref, néanmoins. Ce court laps de temps fut suffisant pour le perdre.

Simultanément, il prit conscience d’une nouvelle présence dans la Force, juste derrière lui, et entendit le grésillement caractéristique d’un sabrolaser s’allumer. Il n’eut pas besoin de se retourner pour savoir que l’arme des Jedi était pointée sur lui, à quelques centimètres de sa nuque.
La voix grave de Tchoo-Nachril fit :
– Au nom du Conseil Jedi, tu es en état d’arrestation, adepte du Côté Obscur de la Force.
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Messagepar Titi77 » Lun 08 Oct 2007 - 21:32   Sujet: 

Et bé, je dois dire qu'après cette attente c'est encore meilleur (sans rancune Minos).
Un excellent cliffhanger qui va nous faire ronger nos ongles jusqu'au chapitre 7...
Pour la forme, j'ai déjà signalé ce que j'avais trouvé auparavant, ras de ce côté là donc.
J'ai bien aimé la dissolution psychique de l'esprit du pirate. Mais quel psychopathe ce Tel'Ay (ou ce Minos ?) :D
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Notsil » Lun 08 Oct 2007 - 21:36   Sujet: 

Mais euh, nous laisser sur ce suspens insoutenable, c'est pas du juste !!!!

L'intrigue se développe, Skelors d'un côté, machinations politiques, les Archanges, et ouf Tel-Ay qui arrive à point nommé ^^ mais qui se fait avoir ! Ya des jours comme ça où ça ne marche pas ^^
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.

Novembre approche...
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Messagepar Den » Lun 08 Oct 2007 - 23:04   Sujet: 

Encore un chapitre prenant et bien écrit! Comme on dit, plus on attend, meilleur c'est, et ça a été prouvé avec cette nouvelle partie.
Le coup avec le pirate m'a autant plu que pour Titi! C'est bien trouvé^^
Le côté politique, machination and co me plait vraiment beaucoup dans cette histoire et est traitée avec un brio indéniable!
Mais comme pour toute les bonnes histoires, il y a malgré tout un point noir...




On meurt d'envie de lire la suite :cry:


toujours aussi excellent mon ami :lol:
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Messagepar AJ Crime » Lun 08 Oct 2007 - 23:24   Sujet: 

Je dirais, euhhhh oupsssss.

A part ça, c’est très bien écrit et agréable à lire même à une heure tardive. Stable au cap de l’excellence, c’est appréciable.

J’ai tout de même sorti quelques coquilles que voici :


minos a écrit:et de sa simplicité. Si on lui en laissant l’occasion


« Laissait » je crois


minos a écrit:Les Skelors, quand ils n’étaient pas esclaves, étaient souvent employés à travers la galaxie comme main-d’œuvre bon marché. Les plus nantis de ceux qu’il croisait étaient vêtus de simples toges sans fioritures. Les plus pauvres d’entre eux portaient des haillons, mais ils étaient de moins en moins nombreux. En effet, suite au discours d’Aar Gamonn, la situation et les espoirs des Skelors étaient connus de tous.


Je mène un combat sans merci dans mes textes contre les verbes êtres. Souvent indispensables il y a toujours moyen d’en supprimer quelques-uns.


minos a écrit:avec Aar Gamonn en ferveur défenseur de vos droits


fervant, non ?


minos a écrit:de la sécurité, et mois d’une demi-heure plus tard


moins


On est obligé d’attendre la suite pour la connaître ou tu peux nous faire un petit résumé vite fait bien fait ?
En quête de votre intérêt et de vos suggestions, votre dévoué serviteur dans la force, AJC
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Messagepar Minos » Lun 08 Oct 2007 - 23:44   Sujet: 

Merci tous ! :)
J'avais peur qu'il y ait un peu trop de narration / introspection / explications politiques, mais si ça passe, ouf !

> AJ Crime : bien vu pour les coquilles. Comme d'habitude, j'ai été trop feignant pour me relire !
AJ Crime a écrit:
minos a écrit:Les Skelors, quand ils n’étaient pas esclaves, étaient souvent employés à travers la galaxie comme main-d’œuvre bon marché. Les plus nantis de ceux qu’il croisait étaient vêtus de simples toges sans fioritures. Les plus pauvres d’entre eux portaient des haillons, mais ils étaient de moins en moins nombreux. En effet, suite au discours d’Aar Gamonn, la situation et les espoirs des Skelors étaient connus de tous.

Je mène un combat sans merci dans mes textes contre les verbes êtres. Souvent indispensables il y a toujours moyen d’en supprimer quelques-uns.

Diantre ! Je fais gaffe à d'autres mots, mais celui-là ne m'a jamais titillé. Pourtant, c'est clair qu'il est bateau de chez bateau...surtout 5 fois en 4 lignes ! :lol:
AJ Crime a écrit:On est obligé d’attendre la suite pour la connaître ou tu peux nous faire un petit résumé vite fait bien fait ?

Et la surprise de la découverte, alors ? :sournois:
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Messagepar Minos » Ven 07 Déc 2007 - 15:16   Sujet: 

Aïe, aïe, aïe, je n'avance plus ! Comme ça fait déjà deux mois que j'ai rien posté, voici tout de même et enfin la première partie du chapitre 7. Bonne lecture ! (et promis, la fin du chapitre sera là pour la fin de semaine).

Chapitre 7 (première partie)

Tel’Ay Mi-Nag avait honte. Honte d’avoir laissé un futile plaisir personnel prendre le pas sur sa vigilance. Honte d’avoir été piégé par un Jedi, qui était par principe l’ennemi juré des Sith. Honte de ne pas avoir été digne du titre que son défunt maître, Maal Gami, lui avait conféré. Honte de réfléchir encore comme Tel’Ay Mi-Nag, et non pas comme Maal Kuun.
Cette erreur ne se reproduirait pas, il s’en fit le serment intérieurement.
Alors seulement, il se préoccupa du Jedi Whiphid qui, derrière lui, pointait la lame de son sabrolaser sur sa nuque.

Il n’eut que le temps de tourner la tête lentement vers son adversaire, car Ver’Liu intervenait déjà d’une voix ferme :
– Rengainez votre arme, Chevalier ! Cet homme m’a sauvé la vie. Je ne saurais tolérer qu’il lui soit fait du mal.
Tchoo-Nachril ne bougea pas d’un poil, mais répondit :
– Je sens le Côté Obscur de la Force en lui. Je dois l’emmener avec moi sur Coruscant. Les Maîtres du Conseil Jedi voudront l’interroger.
– Vos histoires de Côté Obscur me dépassent. Quoi qu’il en soit, au vu de son acte, cet homme ne peut pas être aussi mauvais que vous semblez le croire.
– Il y a sûrement une raison cachée à ce sauvetage, rétorqua Tchoo-Nachril.
Tout en prononçant ces paroles, qu’il était persuadé être véridiques, il se rendit compte que personne ne le croirait. Les circonstances faisaient de ce Jedi sombre un héros.
– Vous prenez un gros risque, sachez-le, conclut Tchoo-Nachril en éteignant son sabrolaser et en l’accrochant à sa ceinture.
Il croisa les bras et toisa Tel’Ay, qui se tourna vers lui, une lueur mauvaise dans l’œil. Au moins, il n’a pas l’hypocrisie de jouer un rôle avec moi, pensa le Jedi.
– Que les choses soient claires entre nous, Jedi, fit Tel’Ay. Je suis ici pour protéger le roi de Skelor. (Puis, se tournant vers Ver’Liu) Vous êtes en danger de mort, sire, et pour des raisons qui ne regardent que moi, je veux vous aider à survivre face à vos ennemis.
– Qui sont donc ces ennemis ? demanda Ver’Liu. Les usurpateurs zabraks ?
– Ceux-là même, sire. Et au vu de l’importance que prend votre existence au sénat républicain, ils ne sont pas prêts de laisser les choses se tasser, au contraire.
– Je vois… répondit Ver’Liu, occupé à réfléchir furieusement tandis que ses gardes reprenaient position autour de lui.
Le regard de Ver’Liu balaya les cadavres de ses agresseurs, et quand il se tourna vers le chef de ses gardes, le sourcil levé en signe d’interrogation, ce furent Tel’Ay et Tchoo-Nachril qui répondirent à l’unisson :
– Tous morts, sire.
– Voilà qui est contrariant, fit Ver’Liu. Il sera difficile de remonter la piste.

Tel’Ay, pris d’une inspiration subite et désireux de prendre une longueur d’avance sur le Jedi, mit un genou à terre et baissa la tête, face à Ver’Liu, avant de reprendre la parole :
– Sire, je souhaite me mettre à votre service, afin d’assurer votre sécurité, et si mon offre vous intéresse, bien sûr.
– Relevez vous, mon ami. Le formalisme des anciens rois de Skelor est loin derrière nous, et je ne compte pas le faire revivre. J’accepte avec joie votre allégeance, ainsi que vos services. Dès que nous serons revenus dans le secteur skelorien, je vous nommerais chef de ma garde, et par extension chef de la sécurité. Nous réglerons les détails là-bas, avec mon assistant et mon responsable de sécurité actuel.
– Cette nomination ne posera pas de problème à ce dernier ? s’enquit Tel’Ay.
– Non, il n’occupe ce poste que par défaut, et contre son gré. Notre communauté s’agrandit trop vite pour que nous arrivions à l’encadrer correctement.
– Dans ce cas, j’accepte avec plaisir, sire.
– Quel est votre nom, mon ami ?
– Tel’Ay Mi-Nag, sire.
– J’avoue que je connais pas le nom de ce clan.
– Pour tout vous dire, moi non plus, sire. Poussé par la curiosité, j’ai mené quelques recherches sur ce nom, afin d’en savoir plus, mais elles n’ont jamais débouchées sur rien.
– Nous aurons peut-être plus de chance au quartier général.
– Merci, sire. Ce serait un honneur et un plaisir pour moi de rencontrer des membres de mon clan, répondit poliment Tel’Ay, alors qu’il s’intéressait simplement au taux de midi-chloriens d’autres Mi’Nag, pour éventuellement commencer à rebâtir sa confrérie Sith.

Des dizaines de membres de la sécurité du Carolusia surgirent à ce moment, au pas de course et arme au poing, suite à l’appel au secours que l’un des gardes de Ver’Liu avait lancé via comlink. Le chef de l’escorte pressa Ver’Liu de regagner le secteur skelorien, tandis que lui-même resterait commencer son enquête, avec une partie de son équipe.
Tel’Ay et Tchoo-Nachril imposèrent leur présence à l’officier du Carolusia, pour « l’aider dans son investigation », après avoir promis à Ver’Liu de le rejoindre plus tard dans la journée. De son côté, Anaria était restée à l’écart, mais ne semblait pas désireuse de lâcher Tel’Ay d’une semelle.

L’officier du Carolusia et son équipe s’affairèrent aux premières constatations : ils prirent des holos des cadavres, prélevèrent des échantillons épidermique sur les cadavres, et inspectèrent les lieux à l’aide de divers scanners d’analyse. De son côté, Tchoo-Nachril remarqua un petit rongeur près d’un cadavre, sur le dos, les pattes en l’air. Une bonne partie de sa fourrure avait été brûlée par un tir de blaster, et la créature émettait de pitoyables cris de douleur.
– Tu me poses un problème éthique, Jedi noir, lança Tchoo-Nachril à Tel’Ay, tout en prenant délicatement le rongeur entre ses grandes mains. Par définition, tout utilisateur du Côté Obscur de la Force est mon ennemi héréditaire, et l’une de mes attributions consiste à lutter contre le mal.
Tel’Ay se rapprocha. Il sentit que le Whiphid utilisait la Force sur le rongeur, aussi déploya-t-il ses sens à son tour, désireux de glaner une nouvelle technique de guérison.
– Le bien et le mal ne sont que des données subjectives, Jedi, répondit le Skelor, tout en pensant : intéressant. Il ne guérit pas le rongeur, mais lui « présente » de la Force brute, dans laquelle l’animal peut puiser pour réparer ses dégâts physiques. Les Jedi sont conditionnés pour faire le bien, mais les utilisateurs du Côté Obscur apprennent à se servir de leurs pouvoirs pour leur propre profit, pour les causes qu’ils estiment être justes…pas nécessairement pour faire le mal. Donne-moi cet animal, je vais te montrer.
Tchoo-Nachril déposa prudemment le rongeur dans les mains de Tel’Ay, que ce dernier lui présentait en coupe. Le Skelor concentra son propre pouvoir de guérison, et sa vision vira au noir et blanc. Il insuffla peu à peu de la Force partout où des taches et zébrures noires apparaissaient sur le corps du rongeur, et les zones en question s’éclaircirent peu à peu, signe que les blessures se résorbaient peu à peu.
– C’est exactement ce que je disais, Jedi noir, reprit Tchoo-Nachril. Même tes techniques de guérison sont invasives.
– Que veux-tu dire par là ?
– Tu imposes à cette créature de guérir, sans lui laisser le choix. De mon côté, je lui ai fait comprendre qu’en puisant dans ma Force, elle pourrait guérir, mais seulement si elle le désirait. Je lui ai offert une opportunité, en lui laissant son libre arbitre.
– Tu crois que cette bestiole préférerait mourir plutôt que d’être sauvée ?
– Je ne sais pas. Et c’est précisément la raison pour laquelle je lui laisse le choix.
– Ton raisonnement est intéressant, Jedi, mais également stupide. Cet animal est gravement blessé, il doit souffrir comme jamais auparavant. Il ne doit souhaiter qu’une chose : que ses douleurs cessent. Il est plus facile pour lui de se laisser mourir que de lutter pour sa guérison, qu’il estime peut-être instinctivement comme étant impossible. Toi et moi connaissons le pouvoir de la Force, pas lui. S’il avait refusé de puiser dans la Force que tu lui offrais, tu l’aurais laissé mourir ?
– En effet, répondit Tchoo-Nachril.
– Tu es méprisable, Jedi ! Imagine un être tout le temps courageux, prêt à se battre à tout instant de sa vie. Il se retrouve gravement blessé, et pense sa fin proche. Pour la première fois de sa vie, il cède au désespoir, certain qu’il va mourir. Tu arrives, tu proposes de le guérir mais lui, du fond de sa déprime passagère, estime que c’est impossible et refuse ta proposition. A ce moment-là, tu le laisses crever, si j’ai bien compris ton raisonnement ?
– Je prends soin de lui faire comprendre que je peux le guérir, pour qu’il soit certain d’avoir une alternative à la mort.
– C’est ce que je te reproche, Jedi, rétorqua Tel’Ay en posant à terre le petit rongeur, guéri. Si ton offre est refusée pendant un instant de faiblesse, tu t’en laves les mains, te dis « tant pis pour lui, il a eu sa chance », et tu t’en vas la conscience tranquille, content parce que tu as fait ce qu’on t’a appris à faire, sans chercher plus loin que les apparences.
– Ta démonstration est…pertinente, reconnut le Whiphid du bout des lèvres.

Tandis qu’il suivait des yeux le petit rongeur, qui disparaissait promptement dans une anfractuosité du mur, Tchoo-Nachril se remémora brièvement toutes les occasions où il avait confronté des blessés graves à ce choix. A plusieurs reprises, il n’avait en effet pas insisté quand certains avaient rejeté ses services. Il s’était alors contenté de les accompagner dans la mort, afin qu’ils ne périssent pas seuls. Ce faisant, il avait été persuadé d’avoir bien agi, en accord avec les préceptes qui lui avaient été inculqués. Et s’il avait fait fausse route ? Et si son raisonnement était biaisé ? Avait-il pris le chemin du Côté Obscur sans s’en rendre compte ? Pour en avoir le cœur net, il lui faudrait s’entretenir avec ses Maîtres.
Le plus tôt serait le mieux, mais d’autres contingences passaient avant. Le Whiphid se tourna vers le chef des enquêteurs et demanda :
– Vous avez trouvé quelque chose ?
– Rien de flagrant, monsieur. Je vais faire enlever les cadavres et continuer nos analyses en laboratoire. Et il nous faut aussi découvrir comment ces tueurs sont arrivés là.
Tchoo-Nachril opina du chef et se dirigea vers le cadavre Nassil Veraian, Tel’Ay sur ses talons.
– Tu le connais ? demanda le Skelor.
– C’est à cause de lui que je suis là. Il a assassiné le sénateur bothan sur Coruscant, ainsi que des dizaines d’innocents présents à ce moment.
– Je t’adresserais bien des félicitations pour avoir attrapé ton homme, ironisa Tel’Ay, mais je sens que tu n’es pas très satisfait de la situation.
– En effet. Le tueur est hors d’état de nuire, mais je n’ai pas découvert qui avait commandité le meurtre.
Tchoo-Nachril omit de préciser que les données qu’il avait volé chez les Archanges de Norkaï étaient déjà en route vers Coruscant, et qu’une canonnière républicaine avait été armée à la hâte pour investir leur quartier général. Pour sa part, sa mission était terminée, mais il rechignait à laisser Tel’Ay Mi-Nag sans surveillance. Ce Jedi noir ne lui inspirait aucune confiance. Peut-être serait-il avisé de sa part de rester dans les parages, juste au cas où.
– Et que comptes-tu faire désormais ? demanda Tel’Ay, faussement détaché.
– Poursuivre notre conversation, et me sustenter. Je vous paye une collation, à toi et à ta…compagne ? fit-il en désignant Anaria, sentinelle silencieuse et vigilante, qui ne s’était jamais éloignée bien loin pendant ce temps.
La Wookiee acquiesça bruyamment, et les yeux rivés sur Tel’Ay, elle le défia silencieusement de refuser cette offre. Le Skelor grimaça un sourire forcé, et tous trois se mirent à arpenter les couloirs de la station, à la recherche d’un restaurant.

***
Pourquoi rester toujours caché, quand ses pouvoirs surpassaient ceux de ses ennemis ? Telle était la question que Dark Glaro se posait. Son arrivée sur Coruscant se fit sans le moindre accroc. Masquant ses pouvoirs de Sith, il se rendit sur la rotonde du Sénat. Il eut du mal à retenir un sourire méprisant en croisant deux Jedi, incapables de percevoir sa vraie nature. Il observa pendant une demi-heure les allées et venues des gardes sénatoriaux, habillés d’armures bleues marines privilégiant l’apparat plutôt que l’efficacité, et dont le visage était ceint d’un casque qui dissimulait la majeure partie de leurs traits. Au bout de ce laps de temps, leur gestuelle et attitudes n’eurent plus aucun secret pour lui, et il put passer à l’action.
Il déverrouilla un panneau d’accès à une salle de réunion, en utilisant la Force, après avoir sondé la pièce pour s’assurer qu’il y serait seul. Sur Coruscant, l’incroyable densité d’habitants, et la présence du quartier général des Jedi, terrés dans leur maudit Temple, faisaient que la Force ne cessait de hurler. Nul ne pourrait détecter ses petites utilisations du Côté Obscur dans cette cacophonie spirituelle.
Tout était trop facile. Caché derrière la porte, Dark Glaro, les sens en éveil, avait repéré un garde, occupé à faire sa ronde. Il ne perçut pas d’autre présence proche dans le vaste couloir richement décoré. Dès que le garde passa devant la porte, Glaro la déverrouilla, prit une expression affolée et lança à l’homme en bleu :
– Oh mes dieux ! Aidez-moi, monsieur, il est arrivé un grand malheur !
Dès que le garde se fut retourné vers lui, Glaro s’engouffra à nouveau dans la pièce et se colla contre un mur, tout près de la porte.
Quand le garde entra et passa devant Glaro sans le voir, celui-ci bondit, lui arracha son casque et lui fit une clé imparable au cou. D’une pichenette de Force, il ferma la porte, et desserra légèrement son emprise sur le garde.
– Si tu cries, tu meurs. Si tu me mens, tu meurs. Compris ?
L’autre gargouilla son assentiment, et Glaro se délecta de voir qu’il suintait littéralement de peur.
– Où sont les quartiers d’Aar Gamonn ?
L’homme bredouilla :
– Je l’ignore, mais cette information se trouve dans mon bloc de données.
– Alors, regarde dedans, rétorqua Glaro en lui libérant une main.
Le garde attrapa son bloc de données d’une vois tremblante, et fit la recherche demandée après avoir rentré ses codes d’accès.
– J’ai trouvé, fit-il d’une voix rauque. Treizième bloc, trente-septième niveau, appartement numéro deux.
– Merci l’ami, répondit doucement Dark Glaro, avant de briser d’un geste sec le cou du garde.
Tout cela est trop facile, je m’ennuie, se dit-il en se déshabillant, avant d’enfiler la tenue de garde.

***
– Un peu de vers d’Anada ? demanda Tchoo-Nachril en tendant le plat d’insectes grouillants à Tel’Ay.
– Volontiers. Rapproche ton verre, que je te serve de cette délicieuse cuvée ’93. Alors, Anaria, ton rôti de grenviaru à la sauce vidélienne est bon ?
– [Très, merci], fit-elle en souriant, amusée d’assister à une scène aussi surréaliste.
Le Jedi et le Sith se comportaient avec une dignité à toute épreuve, feignant de trouver normal que deux ennemis héréditaires partagent une table bien garnie. Faisant assaut d’amabilités, ils évitèrent soigneusement de reparler de leur situation respective.

***
Aar Gamonn marchait la tête haute, la démarche fière, dans les couloirs démesurés et richement décorés du Sénat. Ses courtisans l’entouraient, groupe hétéroclite d’une vingtaine de personnes, composé de ses conseillers et de bureaucrates ambitieux, qui ne demandaient qu’à devenir ses collaborateurs.
Son visage reflétait de la compassion et de l’intérêt pour les propos futiles dont sa cour l’abreuvait, et il n’avait pour seule hâte que de se débarrasser de tous ces parasites. Ces insectes l’empêchaient de savourer son triomphe, présent et à venir. Depuis son discours au Sénat, il était en tête des sondages, et la course à la Chancellerie semblait désormais pliée, tellement il avait d’avance sur son rival, Marcus Varolum, décidé à briguer sa propre succession. Valorum peinait de plus en plus à se faire entendre, tandis que lui-même avait le vent en poupe. Le pouvoir était à portée de ses mains, et il devait se retenir pour ne pas pousser un cri de triomphe.
Parvenant enfin à ses quartiers, il s’y engouffra avec ses conseillers. Des gardes sénatoriaux, qui veillaient à l’entrée, empêchèrent les courtisans qui n’appartenaient pas à l’équipe d’Aar Gamonn de le suivre. Las de toute cette agitation, et vu l’heure tardive, il annonça qu’il se retirait dans ses appartements privés. Un sourire radieux barra son visage dès qu’il fut chez lui, le panneau d’ouverture verrouillé derrière lui. Comme la vie était belle !
Il n’eut pas le temps de se rendre compte qu’il n’était pas seul. Sa tête fut détachée de ses épaules par un ample mouvement de sabrolaser, et elle vola à travers la pièce.
Par le Chaos, c’est la mission la plus nulle que j’ai jamais accomplie, se plaignit intérieurement Dark Glaro en rengainant son arme.

Le Sith n’avait plus qu’à ressortir de la même manière qu’il était entré, c’est-à-dire en déformant les perceptions des occupants des quartiers d’Aar Gamonn, qui ne le verraient même pas. Je vaux bien mieux que cela, il est grand temps que Dark Omberius s’en rende compte.

***
Leur repas plantureux terminé, et alors qu’ils buvaient un digestif, Tchoo-Nachril revint aux choses sérieuses :
– Tel’Ay Mi-Nag, tu disais tout à l’heure au roi que tu voulais le protéger. Mais quel est ton véritable but : assurer sa survie, ou détruire ses ennemis ?
– Les deux allant de pair pour l’instant, la question ne se pose pas.
– Si, elle se pose. Je dois en savoir plus sur tes motivations, afin de définir ma propre ligne de conduite.
– Vraiment ? fit Tel’Ay en souriant. Et si je te mens ?
– Tu peux tenter ta chance, mais j’ai un don pour savoir quand on me dit ou non la vérité.
– De mon côté, comme je suis très doué pour mentir, je me demande qui de nous deux gagnerait à ce petit jeu. Si ça peut te consoler, mentir ne m’arrangerait pas dans la situation présente : la vérité servira mieux mes intérêts. Jouons cartes sur table, Jedi. Je me fous éperdument du gamin, et si les circonstances étaient différentes, il pourrait crever sur place sans que je lève le petit doigt pour l’aider. Seulement, celui qui veut l’abattre est mon ennemi mortel et pour l’instant, la meilleure manière pour moi de lui mettre des bâtons dans les roues est de faire en sorte que le gosse reste en vie. Dès que sa sécurité sera vraiment assurée, je me mettrais en chasse, anéantirais la menace qui plane sur lui et disparaîtrais.
– Et quelle est cette menace, cet ennemi mortel ?
– Tu n’as pas à le savoir. Cela ne concerne que les adeptes du Côté Obscur.
– Une lutte pour le pouvoir au sein des ténèbres, si je te suis bien.
– Très poétique, railla Tel’Ay.
Pris d’une inspiration subite, le Skelor poursuivit :
– Si tu veux en savoir plus, il faudra te rendre sur Skelor I. C’est là que tout se trame, et tu pourrais être surpris par ce que tu y découvriras.
– Hum…je dois m’en référer au Conseil des Jedi. Et leur faire part de ton existence comme de tes agissements. Je doute fort que les Maîtres tolèrent qu’un Jedi noir se charge de la sécurité de Ver’Liu So-Ren.
– « Tolèrent » ? Vraiment ? Les Jedi ? On parle bien de ces utilisateurs de la Force n’ont pas levé le petit doigt pour aider la dynastie skelorienne à se maintenir sur le trône il y a trente ans ? Une telle ingérence de leur part pourrait être mal perçue, et maladroite de surcroît.
– Ton roi a appelé la République au secours, et en tant que Chevalier Jedi, je suis le représentant d’une organisation au service de la République. De plus, le fait qu’un Jedi sombre se mette au service d’une cause qui semble juste me titille au plus haut point.
– Là-dessus, tu n’as rien à dire. Le roi a accepté mes services.
– C’est exact. Ceci dit, compte sur moi pour ne pas te lâcher d’une semelle en attendant d’avoir fait mon rapport à mes supérieurs, et d’avoir reçu de nouvelles instructions.

***
– Salutations, Marcus.
– Maddeus, je suis ravi de te voir ! s’empressa de répondre le Chancelier, tout en se levant de son bureau pour venir saluer son ami, Grand Maître de l’Ordre Jedi.
– Comment te portes-tu ? demanda le Jedi, en constatant la mine fatiguée de son interlocuteur.
– Hum, je me demande comment ça pourrait aller plus mal ! Depuis que le corps d’Aar Gamonn a été retrouvé, il y a deux heures, le Sénat est en ébullition ! A peine deux semaines après le meurtre de Jeroed’Erfey, voilà qu’un nouveau sénateur est assassiné. Et cette fois-ci, c’est à peine si on ne m’accuse pas d’être l’instigateur de ce crime odieux.
– Je suis au courant, oui. Pour ne rien arranger, le meurtre de Jeroed’Erfey ne sera pas résolu. Je viens de recevoir un rapport de Tchoo-Nachril : il a retrouvé le meurtrier, mais celui-ci était déjà mort quand il est arrivé. L’homme en question se nommait Nassil Veraian, et tentait d’assassiner Ver’Liu So-Ren quand il a été lui-même abattu.
– So’Ren ? Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans, celui-là ? Par la Force, ces maudits Skelors commencent sérieusement à me taper sur les nerfs !
– Je crains que nous ne soyons pas au bout de nos surprises. D’après Tchoo-Nachril, la sécurité du roi de Skelor est désormais assurée par un Jedi sombre, depuis que celui-ci a déjoué la tentative d’assassinat de So-Ren.
– Celle-là même où ce Veraian est mort ?
– Celle-là même. La situation est confuse et préoccupante.
– Et c’est intolérable, d’autant plus que nous n’avons pas le choix ! Je veux que des Jedi protègent coûte que coûte ce Skelor ! Nous devons montrer que nous maîtrisons la situation, et que les Skelors sont une préoccupation majeure pour nous.
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Messagepar Notsil » Ven 07 Déc 2007 - 15:29   Sujet: 

Un chouette passage ^^

Le dialogue entre le Jedi et Tel'Ay (ayé pas de faute !^^) est très intéressant et bien mené.

J'ai vu qu'il te manquait quelques tirets dans tes dialogues, et à la fin tu parles du "meurtre de X" : il s'appelle vraiment X, ou tu as mis ce X en attendant de trouver un nom au personnage (et tu as oublié en route ?) ?

Ca donne envie de voir la suite et surtout comment vont évoluer les relations entre tout ce petit monde !

Vivement la fin de la semaine pour avoir la suite ^^
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Messagepar Minos » Ven 07 Déc 2007 - 15:39   Sujet: 

X ? Oups, quel c*n ! M'en vais éditer ça sur-le-champ ! (j'avais plus le nom sous la main et la flemme de le rechercher, sur l'instant :roll: ).

Et mici pour l'avis ! C'est vrai que pour une fois, ça dialogue dur, mais je trouvais que ça cadrait pas mal pour les explications. :)
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Messagepar Notsil » Ven 07 Déc 2007 - 15:51   Sujet: 

Héhé, j'ai reconnu parce que je fais souvent pareil ^^ (mais je surligne miantenant pour pas oublier de changer ^^)

Même si ya beaucoup de dialogue ça passe très bien vu que ça apporte des réponses et des perspectives intéressantes au lecteur. Et cette ambiguité entre le bien et le mal est bien mise en lumière de cette façon.
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Messagepar Titi77 » Ven 07 Déc 2007 - 22:25   Sujet: 

Weee un nouveau chapitre !
J'ai beaucoup aimé le fait qu'on ne s'ennuie pas alors qu'il n'y a pas d'action. Mention spéciale au repas entre le Whiphid et Tel'Ay !
J'attends la suite avec impatience !

Une seule coquille :
On parle bien de ces utilisateurs de la Force qui n’ont pas levé le petit doigt pour aider la dynastie skelorienne à se maintenir sur le trône il y a trente ans ?
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Messagepar Minos » Ven 07 Déc 2007 - 22:30   Sujet: 

Merci l'ami ! Je trouvais l'idée du gueuleton intéressante, au sens où je mets un Sith et un Jedi dans une position pour le moins inhabituelle :D

Bien vu pour la coquille, s'pèce de psychopathe !
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Messagepar AJ Crime » Lun 10 Déc 2007 - 13:43   Sujet: 

Très, très bon, toujours aussi sympa ce jedi sombre...

une petite note sur des répétitions du mot cadavres dans le paragraphe suivant:

Minos a écrit:L’officier du Carolusia et son équipe s’affairèrent aux premières constatations : ils prirent des holos des cadavres, prélevèrent des échantillons épidermique sur les cadavres, et inspectèrent les lieux à l’aide de divers scanners d’analyse. De son côté, Tchoo-Nachril remarqua un petit rongeur près d’un cadavre, sur le dos, les pattes en l’air. Une bonne partie de sa fourrure avait été brûlée par un tir de blaster, et la créature émettait de pitoyables cris de douleur.


Voilà si non un bon début de chapitre qui fait avancer le schimili machin. Vivement la suite. Pour ma part au bout de deux mois, j'aurais apprécié un petit résumé des évènements ayant conduit à la situation en cours. (J'aime bien les résumés :ange: )
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Messagepar Minos » Lun 10 Déc 2007 - 20:54   Sujet: 

Merci AJ !

Bien vu pour les répétitions, j'en prends bonne note, c'est vrai que c'est pas terrible !

Pour le résumé, euh...ouaip, ce serait pas un mal de généraliser ce typer de pratique sur les histoires. Je tâcherais d'en pondre un pour le chapitre suivant.

Quant à ma fin de chapitre, promise pour hier, bin elle devra attendre jeudi ou vendredi, finalement.
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Messagepar Den » Mar 11 Déc 2007 - 17:24   Sujet: 

Et voilà j'ai rattrapé mon retard!
Encore une suite digne des précédentes où Minos parvient encore à me surprendre et augmente toujours la pression!
Le passe du dialogue entre le Jedi et Tel'Ay est rondement mené et intéressant à plus d'un point!
Une fois de plus, Tel'Ay se hisse parmi les meilleures fanfic du moment! :lol:
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Messagepar Minos » Mar 11 Déc 2007 - 20:54   Sujet: 

Mici l'ami ! :oops:
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Messagepar Minos » Jeu 20 Déc 2007 - 18:09   Sujet: 

Voilà, j'ai enfin eu le temps de finir le chapitre. Finalement, il est plus court que prévu au départ, car sinon il y aurait eu trop d'informations à digérer. Bonne lecture !

Chapitre 7 (suite et fin)

***
Tel’Ay fut atterré de découvrir le secteur skelorien de la station Carolusia. Tout n’était que chaos indescriptible, entre les gardes qui tentaient vainement de mettre bon ordre dans la cacophonie, et les dizaines de personnes qui s’interpellaient de tous côtés.
Il indiqua à Anaria une arche, non loin de là, gardée par une dizaine de Skelors à l’air revêche, arme à la main. Vu leur posture, Tel’Ay n’eut aucun mal à comprendre que Ver’Liu devait se trouver quelque part derrière ce cordon ce sécurité. Il laissa passer la Wookiee devant lui, et un chemin s’ouvrit prestement devant eux, d’autant plus qu’Anaria faisait facilement deux têtes de plus que le plus grand des Skelors.
L’un des gardes avala sa salive quand Tel’Ay et Anaria lui firent face, et dit :
– Je présume que vous êtes Tel’Ay Mi-Nag. Notre souverain nous a averti que vous voyagiez avec une Wookiee.
– En effet, c’est bien moi.
– Suivez-moi. Son altesse a ordonné que vous soyez amené devant elle dès votre arrivée.

Ainsi fut fait, et Tel’Ay prestement mené à une salle pourvue d’une grande table ronde. Ver’Liu présidait visiblement une réunion : une quinzaine de sièges étaient occupés par ses conseillers. Parmi eux, Tel’Ay avisa deux adolescents, qui devaient avoir sensiblement le même âge que Ver’Liu. Le souverain présomptif de Skelor I l’accueillit avec chaleur et sans formalisme, avant de faire les présentations.
Tel’Ay ne tenta pas de retenir les noms de toutes les conseillers. Il se contenta de ceux du clan qui avait recueilli Ver’Liu : les parents, Amo’Kar et Seleniel, l’oncle Lar’Jon et les enfants, Nal’Kia et Sionarel. Un frisson intérieur parcourut Tel’Ay en posant les yeux sur la fille. Il émanait clairement d’elle un halo de Force, peut-être révélateur d’un potentiel de Force intéressant. S’il s’y prenait bien, il tenait peut-être là sa future première élève, susceptible de l’épauler pour faire renaître de ses cendres la confrérie de Maal Taniet.

Avec l’arrivée de Tel’Ay et d’Anaria, la réunion dévia de son but originel, qui était d’expédier tant bien que mal les affaires courantes. Le Sith fut prestement nommé responsable de la sécurité : son prédécesseur à ce poste, Gok’Ar Li-Var, fut le premier à le féliciter chaleureusement pour sa promotion. Tel’Ay put lire dans son regard un immense soulagement, et sut que la charge avait été trop lourde pour l’individu.
Il eut droit à un résumé de la situation, qui n’était guère brillante : la station Carolusia ne suffisait d’ores et déjà plus à contenir et gérer l’afflux de réfugiés skeloriens, et les incidents entre Skelors et Zabraks se multipliaient, exacerbés par les meurtres perpétrés par les Archanges de Norkaï. De plus, l’attentat récent avait confirmé que Ver’Liu n’était pas en sécurité en ces lieux.
L’esprit de Tel’Ay se retrouva vite à cogiter furieusement, en vue de trouver un nouvel endroit de rassemblement pour le peuple skelorien. Il eut bientôt une idée derrière la tête. Comme elle nécessitait un certain nombre de préparatifs, il décida d’en faire part le plus tôt possible à Ver’Liu, en privé.

Bien qu’il rechignât à l’admettre, Tel’Ay commençait à être conquis par Ver’Liu. Bien qu’entrant à peine dans l’âge adulte, le jeune Skelor faisait montre d’une maturité, d’un calme et d’un respect envers autrui impressionnants. Nulle trace chez lui d’ivresse du pouvoir, uniquement le désir farouche de servir au mieux les intérêts de son peuple. Et Tel’Ay commençait à trouver que tous deux se ressemblaient, par certains côtés. Ils occupaient une position de dirigeants et devaient bâtir pas à pas leur communauté, Ver’Liu en tant que roi, Tel’Ay en tant que maître de confrérie Sith. Ver’Liu voulait redonner à son peuple la dignité dont il avait été privé suite à l’invasion zabrak, et Tel’Ay n’avait pour seule ambition que de pérenniser ce que ses propres maîtres lui avaient appris. Réhabilitation, retour aux sources, et regard tourné vers l’avenir.
Il se prit même à penser que la cause de Ver’Liu, nonobstant ses ambitions propres, valait la peine d’être défendue. Il chassa vite ces pensées parasites, pour se recentrer pour son devoir. La seule menace importante était celle de Dark Omberius, pour lui comme pour Ver’Liu. Il devait s’assurer de la sécurité du souverain skelorien, et abattre son ennemi. Une ébauche d’idée lui vint, et il décida de la mettre en œuvre.
Il confia Ver’Liu aux bons soins d’Anaria et quitta le secteur skelorien, désireux de préparer l’avenir le plus tôt possible.

Tel’Ay rencontra l’officier du Carolusia responsable des archives. De là, il eut accès au dossier de la colonie Velinia III. Avant de l’ouvrir, il poussa un long soupir, la tête pleine de souvenirs d’une autre époque.

***
Quand Tchoo-Nachril sortit de la bulle de communication hyperspatiale sécurisée, après avoir reçu pour instruction de la part du Conseil Jedi de protéger Ver’Liu So-Ren par tous les moyens laissés à sa discrétion, il se retrouva nez à nez avec Tel’Ay.
– Quelles sont les nouvelles, Jedi ? demanda ce dernier avec une insouciance feinte.
– Mon rapport est fait, et j’ai reçu mes ordres. Nous allons avoir un problème, Jedi noir.
– De quel genre ?
– Je suis chargé d’assurer la sécurité de Ver’Liu So-Ren.
– Un peu tard…c’est la mission que je me suis moi-même donné, et je viens d’être nommé responsable de la sécurité du roi. Et il n’y a pas de place pour toi dans mon dispositif de protection, conclut-il en souriant largement.
– Je m’en doute. Pourquoi crois-tu que je te dis que nous avons un problème ? Quoi qu’il en soit, ton roi a fait appel à la République, et la République répond en me détachant à son service.
– Te voilà donc de facto placé sous mes ordres, Whiphid ? demanda Tel’Ay, large sourire aux lèvres.
– Ne rêve pas, Skelor.
– Quels sont tes ordres vis-à-vis de moi ?
– Le Conseil est…perplexe, je l’avoue. L’antagonisme entre les Jedi et les utilisateurs du Côté Obscur fait que je devrais te capturer et t’amener au Temple Jedi, voire te tuer si cela s’avérait impossible. Mais comme tu as la confiance de Ver’Liu, te voilà intouchable.
– Conclusion ?
– On m’a ordonné de collaborer avec toi, dans un rôle d’électron libre, habilité à prendre les décisions que j’estimerais nécessaire pour garder ton roi en vie. Je ne dois pas me dresser contre toi, sauf si les circonstances l’exigent.
– Voilà des ordres limpides, ricana Tel’Ay.
– La situation étant elle-même très confuse, j’ai une latitude assez large pour les interpréter.
– J’en prends bonne note, Jedi. Suis-moi, partenaire, fit-il en prenant Tchoo-Nachril par le bras.

Ils entrèrent dans une bulle de communication et Tel’Ay demanda à l’opérateur de la station une connexion vers la colonie républicaine de Velinia III. Il fallut cinq minutes pour qu’apparaisse une silhouette tridimensionnelle, dont l’image tressautait aussi souvent que le son sautait. Tchoo-Nachril reconnut sans peine un Rodien, de constitution solide.
– Salutations, Seperno, fit Tel’Ay.
– Sal…tations, Skelo…, répondit le Rodien. C’est…quel …ujet ?
– La chose est trop délicate pour en parler via holonet. Sache simplement qu’il s’agit de payer ta dette vis-à-vis de Tel’Ay Mi-Nag et Dibidel Rdan-Emqer. A ce titre, j’aurais besoin que tu viennes sur le Carolusia le plus rapidement possible.
Tel’Ay répéta ses paroles quatre fois, afin d’être sûr que son interlocuteur ait bien tout saisi. Il savait ce qu’impliquait la dette en question, et que Seperno viendrait, même si son ami ne l’avait pas reconnu, du fait de la qualité médiocre de la transmission.
Après un long silence, le Rodien répondit simplement, avant de couper la communication :
– J’arrive.

– Qui est ce Seperno ? s’enquit Tchoo-Nachril.
– Un vieil ami. Je lui ai sauvé la vie et l’ai accompagné, avec ma compagne, quand il a entrepris de mettre sur pied la colonisation de Velinia III. C’est un être en qui j’ai la plus grande confiance, je lui confierais ma vie sans hésiter. Il me croit mort, suite à une attaque d’esclavagistes survenue il y a plus d’un an. Par la suite, je les ai libérés, lui et les autres colons, mais sans dévoiler que j’avais survécu, car je ne voulais pas que quiconque apprenne que je maîtrisais la Force.
– Et qu’a-t-il à voir avec ton roi ?
– Rien, mais Velinia III pourrait servir de planète de rassemblement pour le peuple skelorien. Le Carolusia n’est pas adapté pour cela.
– Une simple planète coloniale me semble être une cible de choix, surtout si Ver’Liu So-Ren a des ennemis puissants.
– Bah, je connais bien Seperno. Un homme de grande envergure qui s’ignore ! D’après le rapport que je viens de lire, lui et les siens sont retournés sur Velinia III après leur libération, et la colonie est assez florissante. A ses débuts, nous étions moins de cinq cent là-bas. Apparemment, ce chiffre a été multiplié par dix cette année.
– Il n’empêche que la sécurité de ton roi ne sera pas assurée dans un tel lieu. Un autre choix me semblerait plus judicieux.
– Je ne suis pas d’accord. La République ayant décidé de soutenir Ver’Liu, elle sera obligée de prendre les mesures nécessaires pour sa survie. S’il décide de s’installer sur Velinia III, la République fera bien l’effort d’y déployer une flotte, ou au moins un vaisseau capital, tu ne crois pas ?
– Je dois admettre que tu as raison. Et la colonie risque de se développer de manière impressionnante.
– Ses habitants sont des réfugiés, qui ont été chassés de partout avant de s’y installer. Ils ont bien mérité une vie meilleure, et l’arrivée de Ver’Liu et de son peuple va le leur offrir.
– Tu m’étonnes grandement, Tel’Ay Mi-Nag. Je n’aurais pas cru possible d’un adepte du Côté Obscur puisse faire preuve d’altruisme.
– Tu as des amis, Tchoo-Nachril, et moi aussi. Je sais que les Jedi n’hésiteraient pas à sacrifier leurs amis si la paix et la justice devaient en résulter, ce qui n’est pas mon cas. Mes priorités ne sont que celles que je définis.
– Echanger des points de vue avec toi est quelque chose de très intéressant, reconnut le Whiphid. Moi qui ne voyais les adeptes du Côté Obscur que comme des êtres ne vivant que pour faire le mal.
Tel’Ay haussa les épaules :
– Bah, Jedi lumineux ou sombres, nos similitudes me semblent plus importantes que nos divergences. La Force transcende toutes ces catégorisations mesquines.
– Je ne serais jamais d’accord avec une telle généralisation, dit Tchoo-Nachril d’un ton placide qui suggérait qu’il comptait bien en rester là dans ce débat. Après un court silence, Il lâcha une phrase de manière presque anodine :
– Tu as fait mention tout à l’heure de ta compagne. Qu’est-elle devenue ?
– Je l’ai tuée, cracha sèchement Tel’Ay Mi-Nag, l’œil dur, avant de tourner les talons.
Très intéressant, songea Tchoo-Nachril. Une perte tragique, que les enseignements des Jedi auraient pu empêcher si ce Skelor en avait bénéficié…un être qui se dévoue pour ses proches...Se pourrait-il que Tel’Ay Mi-Nag puisse devenir un Jedi un jour ?
Modifié en dernier par Minos le Jeu 20 Déc 2007 - 19:26, modifié 1 fois.
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Messagepar Titi77 » Jeu 20 Déc 2007 - 19:14   Sujet: 

Hop, fini.

Bons points : c'est bien écrit (les coquilles que j'ai trouvé ont été renvoyées à l'auteur au fur et à mesure de ma lecture). La description des personnages de Tel'Ay, Ver'Liu et des pensées de Tchoo-Nachril est elle aussi bien faite au sens où l'auteur évite au maximum le manichéisme. Mention au duo Jedi/ Jedi Noir qui promet encore quelques moment sympathiques.

Au registre des points plus négatifs :
- l'idée de revenir sur Velinia III semble un peu trop évidente pour ceux qui connaissent la première fic de Minos,
- par "hasard" la Skelor sur qui lorgne Ver'Liu (si j'ai bien suivi) semble aussi être un atout pour Tel'Ay (je dis pas que c'était pas inattendu, original ou autre mais juste que bah, l'annonce comme ça me déçoit un peu en attendant la conclusion de cette sous-histoire). Je dis pas non plus que je vois comment améliorer (c'est pas le cas) et je suppose/espère que Minos a prévu de nous surprendre sur ce plan là (et les autres).
- je me demande si le rythme ne serait pas un peu trop rapide sur cette partie (une contre opinion, quelqu'un ?)

Pour conclure, je ne vois pas de défauts majeurs jusqu'ici et je trouve le personnage de Tel'Ay bien traité (un Jedi Noir qui ne le semble pas totalement c'est au final assez raffraichissant).
Bonne continuation à l'auteur !
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Messagepar Notsil » Jeu 20 Déc 2007 - 19:50   Sujet: 

Fini aussi, je rejoins Titi pour les coquilles (marrant, j'ai pas vu les mêmes ^^).

Les dialogues entre Tel'Ay et le Jedi sont toujours aussi intéressantes, avec l'apport de ces deux points de vue différents, et pourtant, parfois proches...


Bah, Jedi lumineux ou sombres, nos similitudes me semblent plus importantes que nos divergences. La Force transcende toutes ces catégorisations mesquines.

La phrase que j'aime bien ^^

Pour Vélinia, effectivement, mais le point de vue est justifié par Tel'Ay, et du coup même si c'est prévisible c'est aussi un coup d'oeil au premier opus.

Pour le rythme rapide, vrai que ça va plus vite dans ce chapitre, perso ça ne me gêne pas mais je ne suis pas difficile là-dessus non plus, donc attendons une autre avis :P

Là où la rapidité est plus génante, c'est Tel'Ay qui a une idée, et pouf ! il quitte le roi et va s'enterrer dans les archives : en à peine deux lignes on a l'impression que l'ensemble dure moins d'une minute. Pis boum il a des souvenirs...qui auraient mérités d'être un peu plus détaillés (1 ou 2 lignes de plus ?) pour montrer qu'il se pose après toute cette activité.

Autre question : Tchoo sort de la bulle de communication pour y re-entrer juste après avec Tel'Ay...ok c'est justifié, mais bon, il pouvait pas y rester et attendre que Tel'Ay le rejoigne par exemple ? ^^

Encore une autre question ^^ : pourquoi la communication est pas nette ?

Pour finir, sur la dernière phrase de Tel'Ay, (encore un regard ^^), je trouve que "cracher" et "oeil dur" ne vont pas ensemble pour ce que tu essaies de faire passer, et du coup, je n'arrive pas à cerner l'état d'esprit de Tel'Ay à ce moment-là, pourtant clef...est-il en colère, amer, dépité, en souffrance ?

Ce sera tout ^^ Et j'ai vraiment hâte de voir comment notre couple Jedi / Sith va réussir à cohabiter...
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Messagepar AJ Crime » Jeu 20 Déc 2007 - 19:57   Sujet: 

D’accord avec toi Titi cette partie aurait mérité quelques développement, mais Minos a beaucoup de projets et il me semble qu’il avait besoin de finir ce chapitre. J’adore tes dialogues Minos, tu apportes des informations au fur et à mesure et ça déroule très bien. Moi, le retour sur Velinia III ben j’aime bien pour la cohérence scénaristique entre les deux volets de cette histoire. C’est deux jedi aux antipodes de leurs connaissances sont très interessant et je suis en attente des développements de leurs relations.

Quelques coquilles tout de même :

Minos a écrit: Il émanait clairement d’elle un halo de Force, peut-être révélateur d’un potentiel de Force intéressant.

Force est répété alors que le deuxième me semble inutile.


Minos a écrit: Chassa vite. ces pensées parasites, pour se recentrer pour son devoir

Sur son devoir ?



Minos a écrit:– Je ne serais jamais d’accord avec une telle généralisation, dit Tchoo-Nachril d’un ton placide qui suggérait qu’il comptait bien en rester là dans ce débat. Après un court silence, Il lâcha une phrase de manière presque anodine :

Un retour à la ligne pour la description aurait été nécessaire à mon avis.
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Messagepar Minos » Jeu 20 Déc 2007 - 20:45   Sujet: 

Titi77 a écrit:Bons points : c'est bien écrit (les coquilles que j'ai trouvé ont été renvoyées à l'auteur au fur et à mesure de ma lecture).

Notsil a écrit:Fini aussi, je rejoins Titi pour les coquilles (marrant, j'ai pas vu les mêmes ^^).

AJ Crime a écrit:Quelques coquilles tout de même :

Merci, collègues correcteurs ! Ce chapitre a été écrit en trois fois et aurait dû subir une relecture de ma part...j'en prends bonne note pour la suite !
Titi77 a écrit:La description des personnages de Tel'Ay, Ver'Liu et des pensées de Tchoo-Nachril est elle aussi bien faite au sens où l'auteur évite au maximum le manichéisme. Mention au duo Jedi/ Jedi Noir qui promet encore quelques moment sympathiques.

Notsil a écrit:Les dialogues entre Tel'Ay et le Jedi sont toujours aussi intéressantes, avec l'apport de ces deux points de vue différents, et pourtant, parfois proches...

Notsil a écrit:Et j'ai vraiment hâte de voir comment notre couple Jedi / Sith va réussir à cohabiter...

AJ Crime a écrit:J’adore tes dialogues Minos, tu apportes des informations au fur et à mesure et ça déroule très bien...C’est deux jedi aux antipodes de leurs connaissances sont très interessant et je suis en attente des développements de leurs relations.

Merci tous ! J'adore développer ce type de relations ambigues, je trouve ça très gratifiant et intéressant à écrire...surtout si le lectorat adhère aussi bien que vous ! Et pour ce qui est du dialogue, il avait en effet deux fonctions : distiller les informations, et instaurer une relation entre Tel'Ay et Tchoo-Nachril.
Titi77 a écrit:Au registre des points plus négatifs :
- l'idée de revenir sur Velinia III semble un peu trop évidente pour ceux qui connaissent la première fic de Minos,

Notsil a écrit:Pour Vélinia, effectivement, mais le point de vue est justifié par Tel'Ay, et du coup même si c'est prévisible c'est aussi un coup d'oeil au premier opus.

AJ Crime a écrit:Moi, le retour sur Velinia III ben j’aime bien pour la cohérence scénaristique entre les deux volets de cette histoire.

Arf, quand il y a avis contrasté sur un point, l'explication est souvent très simple : c'est l'auteur qui n'a pas été assez clair, au sens où il n'a pas suffisamment bien écrit son texte.
Pour la piqure de rappel, Velinia III est une colonie majoritairement rodienne, forte de quelques centaines de membres (sans oublier le fait que les colons ont "déserté" la planète, tous enlevés lors de l'opus 1, ont été libérés par Tel'Ay et par Kuun Hadgard). Je trouve original pour ma part que Tel'Ay veuille envoyer son roi là-bas, puisque de prime abord, comme le souligne Tchoo-Nachril, il n'y sera pas en sécurité.
Titi77 a écrit:- par "hasard" la Skelor sur qui lorgne Ver'Liu (si j'ai bien suivi) semble aussi être un atout pour Tel'Ay (je dis pas que c'était pas inattendu, original ou autre mais juste que bah, l'annonce comme ça me déçoit un peu en attendant la conclusion de cette sous-histoire). Je dis pas non plus que je vois comment améliorer (c'est pas le cas) et je suppose/espère que Minos a prévu de nous surprendre sur ce plan là (et les autres).

J'avoue que quand j'ai eu l'idée de faire de la Skelor une Force Sensible, ma première réaction a été "wééééééé, génial !". Ensuite, pour leur rencontre, je trouvais intéressant de juste le souligner au passage, sans développer plus, pour ne pas alourdir le chapitre déjà riche en infos et autre mises au point entre les héros. Et effectivement, j'ai prévu de vous surprendre à ce sujet (enfin, j'espère).
Titi77 a écrit:- je me demande si le rythme ne serait pas un peu trop rapide sur cette partie (une contre opinion, quelqu'un ?)

Notsil a écrit:Pour le rythme rapide, vrai que ça va plus vite dans ce chapitre, perso ça ne me gêne pas mais je ne suis pas difficile là-dessus non plus, donc attendons une autre avis Tirer la langue
Là où la rapidité est plus génante, c'est Tel'Ay qui a une idée, et pouf ! il quitte le roi et va s'enterrer dans les archives : en à peine deux lignes on a l'impression que l'ensemble dure moins d'une minute. Pis boum il a des souvenirs...qui auraient mérités d'être un peu plus détaillés (1 ou 2 lignes de plus ?) pour montrer qu'il se pose après toute cette activité.

J'ai effectivement essayé de gommer cette impression de passer du coq à l'âne (qui est présente, c'est vrai), par des phrases explicatives, mais je ne voulais pas en faire trop de peur d'alourdir le texte. Il faut croire que j'en ai tout de même pas fait assez !
Notsil a écrit:Autre question : Tchoo sort de la bulle de communication pour y re-entrer juste après avec Tel'Ay...ok c'est justifié, mais bon, il pouvait pas y rester et attendre que Tel'Ay le rejoigne par exemple ? ^^

Impossible, il ne savait pas ce que Tel'Ay faisait pendant ce temps, et ignorait qu'il allait le rejoindre à cet endroit !
Notsil a écrit:Encore une autre question ^^ : pourquoi la communication est pas nette ?

Les transmissions sont bien plus nettes dans les films SW, en effet, mais comme l'histoire se déroule vers 400 avant ANH, j'ai estimé judicieux pour le background de montrer une technologie moins au point.
Notsil a écrit:Pour finir, sur la dernière phrase de Tel'Ay, (encore un regard ^^), je trouve que "cracher" et "oeil dur" ne vont pas ensemble pour ce que tu essaies de faire passer, et du coup, je n'arrive pas à cerner l'état d'esprit de Tel'Ay à ce moment-là, pourtant clef...est-il en colère, amer, dépité, en souffrance ?

Un peu de tout ça, à vrai dire...c'est pourquoi j'ai choisi sciemment ces deux mots. A ce moment-là, il ne veut pas entendre d'événements qui le touchent encore, émotionnellement parlant. La prochaine fois, je choisirais mieux mes mots, si ceux-ci n'ont pas fait mouche !
Titi77 a écrit:Pour conclure, je ne vois pas de défauts majeurs jusqu'ici et je trouve le personnage de Tel'Ay bien traité (un Jedi Noir qui ne le semble pas totalement c'est au final assez raffraichissant).

Merci pour lui ! Il y a beaucoup d'ambiguités montrées en lui, en effet...c'est fait exprès, et c'est ce qui le rend touchant, je trouve, même s'il fera ses propres choix par la suite.

En tout cas, grand merci pour les avis, et à + pour la suite !
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Messagepar Den » Lun 07 Jan 2008 - 13:11   Sujet: 

Excellente suite comme toujours! :lol: J'avoue être d'accord avec presque tout ce qui a été dit! Je ne peux qu'ajouter une chose: Tel'Ay, c'est vraiment une chouette histoire :lol:
"Vergere m'a appris à embrasser la douleur et à m'y soumettre. J'en ai fait une partie de moi-même, une partie que je ne pourrai ni combattre, ni nier." Jacen Solo
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Messagepar Minos » Ven 15 Fév 2008 - 15:05   Sujet: 

Bon, voici la suite. Bonnes résolutions de poster plus souvent, ça va dépoter, blablabla, bref, bonne lecture à tous et à toutes !

Chapitre 8

Coruscant, trois ans plus tôt.
Tel’Ay marchait d’un pas rapide, Dibidel sur ses talons, à travers un réseau de ruelles serpentant entre des masures basses et disparates. Ce quartier était sorti de terre deux ans plus tôt, quand des réfugiés, victimes indirectes de conflits mineurs à travers la galaxie, avaient choisi de rallier Coruscant pour prendre un nouveau départ. Entre les guerres rodiennes, les incidents aux frontières Hutt et la guerre de succession dans le secteur Sennex, la zone avait vite été occupée par des dizaines de milliers de nécessiteux, qui s’étaient attelés à se doter d’habitations aussi précaires qu’anarchiques.

Pour lutter contre l’accroissement de ce bidonville, qui menaça vite de prendre des proportions tentaculaires, le Sénat avait lancé des missions d’exploration sur les frontières de la République, dans le but de trouver des mondes colonisables. Les réfugiés furent vivement encouragés à devenir pionniers.
Les deux Skelors n’en menaient pas large, et avaient hâte de quitter les lieux. Les dix croiseurs affrétés pour les colonies partaient ce jour, et Dibidel n’entendait pas rater celui qui les amènerait sur Velinia III. Leurs maigres possessions étaient rassemblées dans un sac porté par Tel’Ay, et ne contenait guère plus que la somme demandée pour l’embarquement.
Une nouvelle vie s’offraient à eux. Par amour pour sa compagne, Tel’Ay Mi-Nag avait renié la voie des Sith, et presque sans regret, il avait désassemblé son sabrolaser la veille. Pour la première fois de sa vie, il était en paix avec lui-même, habité par un sentiment d’invincibilité auquel les sentiments de Dibidel envers lui devaient beaucoup. Nul remords d’avoir accepté de renoncer à la Force pour la suivre. Elle était digne de ce sacrifice.


Tel’Ay commençait tout juste à mesurer les conséquences du sacrifice consenti. Il devait apprendre à vivre sans le recours de la Force, et la nouveauté de cette situation le laissait encore parfois désemparé. Il était comme privé d’un sens primordial.
Un autre problème important avait vu le jour : il n’avait jamais craint grand-chose de la part des êtres dépourvus de la Force, allant même jusqu’à les considérer comme
handicapés, or voilà qu’en rejoignant leurs rangs, il était devenu aussi faible qu’eux. Plus, d’ailleurs, si l’on considérait qu’ils savaient vivre de cette manière, contrairement à lui.
Dans le bidonville infâme, fréquenté notamment par une faune déguenillée et parfois agressive, il n’avait plus les armes pour se défendre efficacement.

Quand Tel’Ay déboucha sur une place minuscule d’où partaient de nouvelles ruelles, il s’arrêta en constatant que le chemin qu’il comptait prendre était le théâtre d’une rixe. Plusieurs personnes avaient encerclé un pauvre hère et semblaient s’acharner sur lui. Ignorant les cris de détresse de la victime et les ricanements des agresseurs, il empoigna le bras de Dibidel et décida d’emprunter une autre artère. Elle se dégagea d’un coup sec.
– Qu’est-ce que tu fais, Tel’Ay ?
– Quelle question ! Le tour, bien sûr.
– Quoi ?
– Je ne tiens pas à ce que tu reçoives un mauvais coup, donc nous allons contourner ces types.
– Le Skelor avec qui j’ai l’intention de passer le reste de ma vie serait-il un lâche, en fin de compte ? demanda-t-elle, méprisante.

– Mais…non. Je suis juste prudent, et ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas.
– Si tu étais à la place de ce malheureux, tu prierais pour qu’on vienne t’aider ! Reste là si tu veux, moi j’y vais !
Elle n’attendit pas sa réponse et se dirigea rapidement vers le groupe. Tel’Ay jura sourdement et la suivit : qu’est-ce que cette femelle arrogante pensait donc pouvoir accomplir, du haut de son mètre cinquante-cinq ? Tel’Ay ne la dominait que de dix centimètres, mais son expérience du combat était celle de toute une vie, Force ou pas.

Dibidel sauta sur le dos d’un des agresseurs, un Barabel aux griffes acérées, et elle lui fit une clé d’étranglement.

Tel’Ay se glissa derrière un Twi’lek armé d’une barre métallique. Dès que l’être aux lekkus leva son arme pour l’abattre une énième fois sur sa victime, Tel’Ay la lui arracha des mains et le frappa lourdement au crâne. Des os craquèrent et le Twi’lek s’écroula comme une poupée de son, un gargouillis indistinct au bord des lèvres.
Un coup d’œil suffit à Tel’Ay pour voir qu’il restait quatre ennemis. Ceux-ci s’étant bien entendu rendu compte de la présence des deux Skelors, ils abandonnèrent leur proie, pauvre silhouette verdâtre affalée sur le sol, un bras pitoyablement levé devant elle dans un vain geste de défense.
Un silence extrêmement pesant s’installa sur les lieux. Tel’Ay tenait sa barre comme un sabrolaser, et ne montrait nulle trace de peur. Dans son dos, il entendait les halètements du Barabel, occupé à tenter de se débarrasser de Dibidel. Un frisson intérieur parcourut Tel’Ay. Il ne pouvait pas l’aider sans se mettre lui-même en danger. Il sentit la Force monter en lui, cogner aux portes de sa conscience, comme si elle le suppliait de la libérer.
Il l’ignora, et chargea.

Trois de ses adversaires étaient armés d’une barre de métal similaire à la sienne, et le dernier de ce qui ressemblait à un morceau de montant de porte en bois. Tel’Ay croisa le fer avec l’un des hommes, un humain qui s’était porté en avant. Mal lui en pris. Tel’Ay écarta prestement la lame adverse d’un violent revers, avant de le frapper vivement à la tempe, sans que l’autre ait compris ce qui lui arrivait. Tel’Ay sut alors que ses ennemis ne possédaient aucune notion d’escrime, et qu’ils ne savaient pas se battre. Vingt secondes lui suffirent pour les mettre tous à terre, inconscients ou morts, sans que lui ne récolte plus que des élancements dans les bras, à manier sa lourde barre.
Dès qu’il eut porté son dernier coup, il se retourna prestement pour secourir sa compagne, mais vit qu’elle n’avait aucunement besoin de lui. Le Barabel était à genoux, la langue pendante, et n’avait plus la force de lutter contre l’étranglement. Une lueur farouche dans les yeux, et malgré les multiples griffures sur ses avant-bras, Dibidel continua à serrer jusqu’à ce que l’être reptilien meure.
Elle reprit son souffle et, rejointe par Tel’Ay, marcha vers la victime, toujours au sol mais consciente. Un humanoïde à la peau verte. Elle s’agenouilla et fit :
– Ne bougez pas avant que nous vous ayons examiné. Je me nomme Dibidel Rdan-Emqer, et voici mon compagnon, Tel’Ay Mi-Nag.
– Seperno. Merci beaucoup, répondit le Rodien en transformant ses grimaces de douleur en un sourire.


***
En descendant du transporteur qui l’avait amené sur le Carolusia, Seperno fut accueilli par un bien improbable trio. Une Wookiee à la fourrure grise zébrée de noir, dont la haute taille était renforcée par sa silhouette longiligne, un Chevalier Jedi Whiphid, à l’apparence inquiétante et, cerise sur le gâteau, par un ami qu’il croyait mort depuis un an : Tel’Ay Mi-Nag.
– Mais que…Tel’Ay ? C’est incroyable ! s’exclama-t-il.
– Je suis ravi de te revoir, Seperno, répondit Tel’Ay avec un large sourire sincère aux lèvres.
Quand les yeux à facettes de Seperno s’emplirent d’émotion, une boule serra la gorge de Tel’Ay. Il n’avait pas pensé que revoir le chef des colons de Velinia III, parmi lesquels il avait vécu deux ans, raviverait avec autant de force des souvenirs, souvent liés à Dibidel. Ils n’en étaient que plus douloureux, et il eut soudainement honte d’avoir fait venir le Rodien. Jamais il n’oserait lui avouer ce qu’il avait fait.
– C’est un miracle, Tel’Ay, un miracle, reprit Seperno, la voix rauque, en se jetant dans les bras du Skelor. Comment une telle chose est-elle possible ? Et…Dibidel ? Elle a survécu aussi ?
Tel’Ay n’eut pas la force de répondre, et se contenta de secouer négativement la tête.
– J’en suis désolé, mon ami, répondit Seperno. Elle était si…si…
Le Skelor crut qu’il allait devenir fou, en voyant tant de compassion et de tristesse dans l’expression de Seperno. Le Rodien allait l’aider, nul doute là-dessus. Mais si Tel’Ay lui annonçait qu’il avait lui-même assassiné Dibidel, Seperno se ferait un plaisir d’essayer de le tuer, et ne se priverait pas de le haïr. Le Skelor se maudit de faire preuve d’autant d’hypocrisie.

Ils passèrent le reste de la journée ensemble.
Tel’Ay raconta à Seperno une version légèrement tronquée de la vérité sur les événements survenus un an plus tôt. S’il ne se présenta pas comme étant un Sith, il reconnut être un utilisateur non-Jedi de la Force, et confia qu’il avait été le sauveteur masqué qui avait libéré les colons rodiens des mines de Geddino, aux côtés de Kuun Hadgard. Il déclara avoir retrouvé Dibidel et leur fils Ro’Lay morts, et ne cacha pas être ensuite tombé dans une longue catatonie qui l’avait amené au bord de la mort.
Il lui résuma ses agissements depuis sa « résurrection » d’une manière très sommaire, en lâchant seulement qu’il avait pris fait et cause pour l’héritier légitime du trône de Skelor I, Ver’Liu So-Ren, et qu’il avait besoin d’un lieu de rassemblement pour son peuple en exil.

Seperno résuma à son tour ses actions. Après leur libération, les Rodiens furent amenés sur Coruscant pour se refaire une santé. Seperno et les siens voulurent retourner sur Velinia III. Ces pionniers ne voulaient pas abandonner leur nouvelle vie. Ils reçurent les moyens de reconstruire la colonie, grâce à de généreux mécènes émus par leurs pérégrinations, et Seperno profita de son séjour dans la capitale de la République pour recruter plusieurs centaines de colons supplémentaires.
A ce jour, ils étaient près de six mille, et avaient réussi à assurer leur autarcie alimentaire en développant suffisamment l’agriculture. Cerise sur le gâteau, la colonie connaissait une forte expansion depuis la découverte de gisements de bronzium, minerai aux capacités anti-radioactives et entrant dans la composition d’alliages recouvrant les vaisseaux spatiaux. Un contrat avait été signé avec un consortium de la République en vue de son exploitation, et les crédits ne cessaient d’affluer depuis, ce qui était d’excellent augure pour l’avenir.

Tard dans la soirée, ils prirent part à une réunion de travail avec Ver’Liu et ses conseillers, en présence du commandant Veckmar et de Tchoo-Nachril. Ver’Liu rassura Seperno concernant les frais qu’engendrerait le déménagement des Skelors, car les sommes que sa cause récoltaient depuis qu’elle était connue gonflaient jour après jour. Veckmar fut soulagé de voir que sa station allait bientôt revenir à une situation normale, et Tchoo-Nachril fut chargé de demander aux instances républicaines le renforcement des défenses de Velinia III, sous la forme d’un croiseur de combat.
Tel’Ay était content de lui. Tout se déroulait selon ses plans, mais ce n’était pas le moment de s’en réjouir. Il n’oubliait pas que le seul but de toute cette planification était de contrecarrer Dark Omberius.

***
La tension était presque palpable dans le vaste amphithéâtre du Sénat de la République. Les échanges étaient vifs, et le chancelier Marcus Valorum devait user de tout son talent de politicien pour éviter que le débat tourne au règlement de comptes. Surtout en cette période préélectorale, où tous les candidats déclarés mettaient un point d’honneur à se montrer, et où les candidats potentiels tâtaient le terrain, en se demandant de quelles failles ils allaient pouvoir profiter pour tenter de s’imposer à leur tour.
Valorum avait repris à son compte la position du sénateur Duro défunt, Aar Gamonn, à savoir la défense de la cause de Ver’Liu So-Ren. En première ligne de ses détracteurs, le sénateur Zabrak, Tol Guela, qui non seulement représentait l’Hégémonie des Cinq Systèmes Zabraks, mais également plusieurs autres planètes vassales, dont Skelor I, désormais république et protectorat de l’Hégémonie. L’assemblée retint son souffle quand il demanda la parole au chancelier, qui la lui accorda sans broncher.
– Mes chers amis, il est hors de question pour moi de faire un discours passionné, comme d’autres ont pu le faire. Il s’agit simplement de revenir à quelques notions simples, et surtout gravées dans le marbre, à savoir les lois galactiques. Je rappellerais donc en préambule l’un des principes fondateurs de la République, à savoir qu’elle n’a pas le droit d’intervenir dans la politique locale de ses membres. Ainsi, l’Hégémonie Zabrak, que je représente, mène sa propre politique comme elle l’entend, du moment qu’elle respecte les valeurs légales de la République, ce qui est précisément le cas. Si l’Hégémonie a passé des accords privilégiés avec d’autres mondes, qu’ils appartiennent ou non à la République, c’est son problème et pas celui de l’institution galactique centrale. Skelor I, de royaume, est devenu une république après une révolution, il y a de cela quelques trente ans. Même si ses dirigeants d’alors ont choisi d’intégrer l’Hégémonie Zabrak, je rappelle que ce monde n’appartient pas à la République galactique. Le Sénat n’a donc pas l’autorité pour décréter je ne sais quelles manœuvres politiciennes ou militaires sur ce monde.
– Je vous remercie pour cet exposé, coupa solennellement Valorum, mais comme vous le soulignez, si Skelor I fait partie de l’Hégémonie Zabrak, elle n’est pas pour autant un monde républicain. La règle de non-ingérence sur les politiques locales ne s’appliquent donc pas ici.
– Notre estimé chancelier a parfaitement raison sur ce point, rebondit Tol Guela avec grâce. Même si je trouve que les réactions concernant Skelor I sont disproportionnées, surtout trente ans après les faits qui sont reprochés aux dirigeants actuels, je ne me permettrais aucun commentaire là-dessus, et laisserait également de côté l’échéance électorale qui se rapproche à grand pas. Quoi qu’il en soit, Skelor I se sent aujourd’hui menacée par l’ingérence du Sénat, et a décidé d’accomplir un geste fort pour y mettre un terme. C’est pourquoi je suis habilité à vous annoncer que ce matin, un nouveau traité a été signé entre l’Hégémonie Zabrak et le monde de Skelor I, qui entre désormais de plein droit dans l’Hégémonie, et de ce fait dans la République elle-même.
A ces paroles, une explosion de cris retentit dans l’hémicycle, de fureur comme de dépit. Tol Guela eut du mal à se faire entendre pour livrer sa conclusion :
– Désormais, toute action de la République contre Skelor I serait illégale, aussi je demande solennellement que toutes les manœuvres allant en ce sens soient suspendues sur-le-champ.
Il fallut cinq bonnes minutes à Marcus Valorum pour ramener le calme parmi les sénateurs déchaînés. Lui-même réfléchit fébrilement pendant ce laps de temps, mais ne trouva aucun argument valide à opposer au Zabrak, qui lui avait coupé l’herbe sous le pied d’une manière magistrale. Dès que le brouhaha ambiant eut baissé d’intensité, Tol Guela porta l’estocade finale :
– Une dernière chose. J’ai appris de source sûre que les Jedi ont délégué l’un des leurs pour assurer la protection de ce prétendu héritier du trône skelorien. Maintenant que ce monde et ses dirigeants légitimes font partie de la république, il serait pour le moins étrange et incongru de voir un Jedi protéger l’ennemi d’un monde républicain.
La perfidie de cette dernière attaque fit mouche, et Marcus Valorum, rouge de colère, n’eut pas d’autre choix que d’ajourner la séance. Il fallait qu’il parle le plus vite à Maddeus Oran Lijeril, Grand Maître de l’Ordre Jedi.

. ***
Alors que les détails du plan de déménagement des Skelors se mettaient lentement en place, Tel’Ay et Anaria éprouvèrent le besoin de changer d’air, et quittèrent le secteur skelorien, assez oppressant de fébrilité ces derniers temps, surtout après les mauvaises nouvelles reçues de Coruscant. D’héritier légitime soutenu par la République, Ver’Liu risquait de passer au statut de trouble-fête sectoriel, surtout s’il s’installait en exil sur un monde républicain. Seperno était prêt à argumenter qu’en tant que dirigeant de monde, il accueillait qui il voulait, mais la situation était encore très confuse au vu des derniers rebondissements au Sénat.
– Par le Chaos, la République est vraiment dirigée par des incompétents ! lança Tel’A à Anaria, alors qu’ils marchaient sur la Grande Promenade du Carolusia. Pas foutus de prendre une décision et de s’y tenir !
– [Les choses ne sont jamais simples en démocratie. Il faut faire preuve de patience et de diplomatie], expliqua Anaria.
– Ssss…dans des moments pareils, je trouve que les dictatures ont du bon. Justes ou non, leurs principes sont appliqués !
– [Jusqu’à ce qu’elles soient balayées par des révolution internes], tempéra la Wookiee.
Tel’Ay n’insista pas sur le sujet, d’autant plus qu’il avait toujours regardé l’appareil politique avec une méfiance certaine.
– [Si tu scrutes les événements], reprit Anaria, [tu t’apercevras que tous les…]
Elle se tut, s’arrêta brusquement, et une vive tension l’envahit. En suivant son regard figé, Tel’Ay vit la cause du trouble de sa compagne. Deux Wookiees à la fourrure châtain allaient bientôt croiser leur route. Ils étaient lancés dans une conversation animée, et se tournaient fréquemment vers Anaria et Tel’Ay. Ce dernier eut un mauvais pressentiment, vite confirmé par sa compagne quand elle lui dit :
– [Quoi qu’il arrive, quoi qu’ils me fassent, je te conjure, je te supplie de ne pas intervenir. C’est une affaire exclusivement wookiee.]
Entendre de telles paroles n’augurait rien de bon pour elle, mais comme elle semblait savoir ce qu’elle faisait, ou plutôt être résignée à ce qui allait se produire, Tel’Ay acquiesça de la tête. Les deux gigantesques Wookiees changèrent leur trajectoire et vinrent droit vers eux, à grand renfort de grognements menaçants. Suffisamment pour que tous les passants s’écartent prestement de leur route.
L’un d’eux se planta face à Anaria, qui restait immobile, et la toisa avec mépris, les mains sur les hanches. L’autre se colla presque à Tel’Ay, qui put à peine planter ses yeux dans ceux de la créature, au vu de leur différence de taille. Quand il beugla à Tel’Ay de déguerpir s’il ne voulait pas se faire démembrer, le Skelor ne cilla pas. Il se contenta d’esquisser un sourire froid, dégagea d’un geste nonchalant le pan de sa cape qui cachait son sabrolaser, et croisa les bras.
L’éclair de peur dans les yeux et l’instinctif mouvement de recul de son vis-à-vis indiquèrent à Tel’Ay que son attitude bravache avait fait mouche. Le Wookiee rejoignit son camarade, après avoir haussé les épaules et grogné dans sa barbe.

Tel’Ay assista alors à un spectacle dont il se serait bien passé, et il dut se faire violence pour ne pas intervenir. Les Wookiees abreuvèrent Anaria d’injures, la traitant de lâche et de honte pour leur clan, et que si la décision n’avait tenu qu’à eux, elle serait morte depuis longtemps. Et ils frappèrent. Tels d’improbables boxeurs se déchaînant sur des sacs d’entraînement, ils martelèrent le corps d’Anaria pendant cinq bonnes minutes. Elle ne laissa pas échapper une plainte. Ses lèvres furent explosées, son nez fut cassé, ses yeux pochés, plusieurs de ses dents cassées. Des tâches sanguinolentes apparurent ça et là sur sa fourrure grise, là ou ses adversaires frappaient. A chaque fois qu’elle tomba, elle se releva et fit face dignement à ses tortionnaires.
Après ce qui sembla une éternité à un Tel’Ay bouillonnant de colère soigneusement gardée sous contrôle, les Wookiees se fendirent d’une dernière bordée d’insultes et de crachats, maudirent Anaria et quittèrent les lieux. Une équipe de sécurité, arrivée entre-temps mais qui n’avait pas osé intervenir face à ce déchaînement de violence, leur emboîta le pas à bonne distance, pour les surveiller en attendant que des renforts arrivent.

Tel’Ay la rejoignit et perçut son immense douleur. Mais pas seulement : il fut sidéré de ressentir qu’un sentiment de honte surpassait la souffrance chez sa compagne.
– Tu m’expliques ? demanda-t-il sèchement.
Elle secoua négativement la tête.
Il se garda d’insister, comprenant que le moment n’était pas propice. Il lui fit signe de le suivre, et ils repartirent lentement vers le secteur médical de la station. Anaria avait du mal à mettre un pied devant l’autre, et Tel’Ay ne lui proposa pas de l’aider, sentant qu’une telle offre serait rejetée.
Sur le chemin du retour, Tel’Ay eut une prise de conscience. A chaque fois qu’Anaria avait été frappée, il avait intérieurement souffert avec elle. il n’avait eu qu’une envie : bondir sur les deux agresseurs et les réduire en miettes, ce qu’il aurait été capable de faire sans problème. Il repensa à la conversation qu’ils avaient eu tous les deux, au cours de laquelle il lui avait avoué qu’elle n’était qu’un outil à ses yeux, et qu’il s’en débarrasserait une fois son but atteint. Il sut dès lors qu’il lui avait menti, pire, qu’il s’était menti à lui-même. Il éprouvait une affection certaine pour elle. Il ne pourrait ni la tuer ni la laisser tomber.


***
– La situation nous échappe totalement, tempêta Valorum en faisant les cent pas dans son bureau. Techniquement, Tol Guela a raison !
– J’en ai bien conscience, répondit Maddeus Oran Lijeril.
Mains croisées devant le visage, engoncé dans un fauteuil cossu face au bureau du chancelier, le Grand Maître de l’Ordre Jedi était l’image même d’une sérénité qu’il ne ressentait pas.
– Nous n’avons donc pas d’autre choix que de relever Tchoo-Nachril de sa mission, pesta Valorum.
– En effet, nous sommes pieds et poings liés dans cette affaire. Néanmoins…
– Néanmoins ?
– Toute cette affaire concernant les Skelors a un effet déstabilisant sur la République. Or les Jedi sont là pour servir la République et maintenir la paix en son sein. Je ne crois pas que nous puissions nous permettre de négliger ou d’ignorer la menace potentielle que représente cette crise.
– Que proposez-vous, Maddeus ?
– Maintenant que Skelor I fait partie de la République, il me semble frappé du bon sens que le Sénat y envoie une équipe plénipotentiaire, ne serait-ce que pour mieux connaître ce monde resté trop longtemps sous l’éteignoir.
– Vous avez parfaitement raison ! Je vais faire ouvrir une procédure d’ouverture de voies diplomatiques. Et si nous découvrons qu’il règne là-bas une dictature, nous aurons peut-être l’ouverture nécessaire pour remettre en cause ses dirigeants !
– Prenez garde, Marcus. Ce type de raisonnement pourrait vous conduire à mener des actions militaires, si vous n’y prêtez pas attention. Nous ne devons pas chercher la faille, mais dresser un portrait objectif de la situation.
– Certes, reconnut Valorum, soudainement ramené à la raison. Il est parfois tentant de céder à la facilité quand, en tant que chancelier, on a les ressources et la puissance de la République à sa disposition. Cette grande responsabilité implique de marcher sur des œufs, je m’en rends compte tous les jours, comme une éternelle leçon qu’il faut réapprendre sans cesse.
– Vous êtes un bon chancelier, Marcus : le doute et la remise en question sont indispensables à l’évolution saine d’un individu.
– Allez dire ça aux sénateurs, rétorqua Valorum avec un sourire sans joie. Sans les Jedi pour nous rappeler les valeurs fondamentales que sont le bien commun et la compassion, je me demande ce que deviendrait la République ? Mais ceci est un débat qui nous éloigne de nos préoccupations. Je vais faire préparer une équipe diplomatique sur-le-champ.
– Encore une chose, Marcus. Nous ne connaissons pas Skelor I, et il y a toujours le risque que l’équipe que vous envoyiez ne voit qu’une version édulcorée de la réalité effective sur la planète.
– Il nous suffit d’inclure un ou plusieurs Jedi dans cette mission.
– Ce serait en effet un plus indéniable. Mais je pense aller plus loin.
– C’est-à-dire ?
– Envoyer un Jedi en mission secrète sur Skelor I, pour découvrir ce que ses dirigeants passeraient éventuellement sous silence.
– Une telle mesure serait illégale ! Imaginez qu’on l’apprenne ?
– Une intervention serait illégale, nuança Lijeril. Dans le cas présent, il ne s’agirait que d’une mission d’observation. Tchoo-Nachril serait parfait pour cette mission. S’il est découvert, nous le lâcherons, en prétendant qu’il a agi de son seul chef, furieux d’avoir été écarté de sa mission initiale.
– Vous parlez de le sacrifier ?
– Dans le pire des cas, oui. C’est un Jedi, il fera son devoir.
Marcus Valorum ne sut quoi répondre. Les Jedi faisaient parfois montre d’une froideur glaçante. Il finit par donner son accord du bout des lèvres, en priant pour que le pot aux roses ne soit jamais découvert. L’amalgame serait vite fait avec lui, et il perdrait les élections à coup sûr.
– Je vais donner ses nouveaux ordres à Tchoo-Nachril, fit Maddeus Oran Lijeril, avant de se lever et de prendre congé de son auguste hôte.

***
Dès qu’il eut reçu ses instructions, Tchoo-Nachril ne perdit pas de temps en tergiversations. Il savait que Maître Lijeril était désolé de lui imposer une telle mission, mais ils savaient tous deux qu’elle pouvait avoir une importance capitale : comme souvent, la connaissance était la clé de tout.
Ne restait plus au Chevalier qu’à faire ses adieux avant de partir.

Il dut affronter l’humeur massacrante de Ver’Liu So-Ren. La République avait annoncé qu’elle l’abandonnait à son sort. Pire, il était désormais considéré comme une menace pour la stabilité d’un monde républicain. Et voilà que son protecteur mandaté par le Conseil Jedi le quittait à son tour. Il avait été fou de croire qu’exposer la légitimité de sa cause suffirait à le faire reconnaître, et il s’en voulait d’avoir fait montre d’autant de naïveté.
Ver’Liu eut l’impression de mieux comprendre ses ancêtres, qui n’avaient jamais daigné adhérer à la République, et son opinion sur les sénateurs et les Jedi en prirent également un coup.
Tchoo-Nachril encaissa la bile que déversa Ver’Liu sur ses soi-disant alliés sans broncher. Il n’y pouvait rien et devait subir en silence. Il n’était pas habilité à révéler au jeune Skelor qu’il allait mener une mission secrète sur Skelor I, et qu’elle pourrait avoir une incidence sur un éventuel retour au pouvoir de la maison régnante. En fin de compte, il fut renvoyé comme un malpropre, ce qu’il ne releva pas. La réaction de Ver’Liu était parfaitement compréhensible, et le Jedi que Tchoo-Nachril était ne se préoccupait pas le moins du monde que son propre orgueil soit blessé.

Tel’Ay assista silencieusement à la scène. Pour une fois, sa compagne Wookiee n’était pas présente. Tchoo-Nachril avait appris que suite à une altercation avec des membres de son espèce, elle avait été contrainte d’effectuer un séjour dans une cuve à bacta, dans laquelle elle se trouvait encore à cette heure. A ses questions, Tel’Ay avait grogné une réponse inintelligible, et Tchoo-Nachril se l’était tenu pour dit.
Quand le Jedi quitta le secteur skelorien, Tel’Ay lui emboîta le pas.
– Tu me surveilles, Sith ? s’amusa Tchoo-Nachril.
– Non, Jedi. Je m’interroge. Le désintérêt dont fait soudainement preuve la République et le Conseil Jedi me semblent pour le moins suspect. Il y a un aspect officieux derrière tout cela, n’est-ce pas ?
Tchoo-Nachril ne répondit pas et resta pensif jusqu’à ce qu’ils atteignent le hangar dans lequel était parqué son chasseur. En temps normal, il aurait été aberrant qu’il donne des indications à quiconque sur une mission secrète. Qui plus est à un Sith. Sauf qu’un pressentiment troublant envahissait le Jedi. Comme s’il n’allait jamais revoir le Skelor. Et après tout, il était impliqué dans la situation présente jusqu’au cou, et leurs objectifs semblaient concorder. Il décida donc de faire montre de franchise, alors qu’ils étaient arrivés au pied de son chasseur.
– Bon, Tel’Ay Mi-Nag, écoute-moi attentivement. La République est dans une impasse, mais elle souhaite tout de même savoir ce qui se passe réellement sur Skelor I. Je suis donc envoyé là-bas en mission secrète, pour en avoir le cœur net.
– Je suis ravi de voir que la République compte encore s’impliquer dans cette crise. Mais fais attention à toi, Tchoo-Nachril. Je sens un grand danger planer au-dessus de ta tête.
– Moi aussi, Sith, moi aussi. Cela ne m’empêchera pas d’accomplir mon devoir.
– Si tu as besoin d’aide, et si jamais je peux te l’apporter, voici la fréquence de mon communicateur, dit Tel’Ay en lui communiquant les chiffres.
– Et voici la mienne, répondit Tchoo-Nachril pour ne pas être en reste.
– Bonne chance, Jedi, et que la Force soit ta servante !
– Merci, Sith. Que la Force soit av...hum, en fin de compte, je pense qu’il serait malvenu de ma part de recommander à la Force de veiller sur un être tel que toi.

Tandis que Tchoo-Nachril procédait à la séquence de décollage, Tel’Ay s’éloigna en réprimant un sourire. Alors comme ça, cet imbécile allait mener son enquête sur Skelor I ? Planète aux mains de Dark Omberius, puissant seigneur Sith ? Le fou !
Tel’Ay n’avait pas été tout à fait honnête avec Tchoo-Nachril. Ce n’était pas un grand danger qu’il avait senti pour le Jedi, mais bien sa mort. Ce dont le Skelor se lavait les mains. Un Jedi aussi doué que celui-là était assez dangereux pour qu’il se réjouisse de sa disparition prochaine. Bon débarras !
De plus, Omberius serait peut-être obligé de se dévoiler à cause de Tchoo-Nachril, ce qui ne pourrait que servir les intérêts de Tel’Ay. Sans parler du fait que les Jedi ne laisserait pas la mort de l’un d’entre eux impunie. Oui, décidément, les prochains événements ne pouvaient pas manquer de le servir !
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Messagepar Notsil » Ven 15 Fév 2008 - 15:52   Sujet: 

Héhé, enfin la suite ! Depuis le temps qu'on attendait ^^

Peu de coquilles dans l'ensemble, un joli retournement de situation, et une conclusion qui laisse présager le pire et le meilleur ^^

Le Grand Maître de l’Ordre Jedi était l’image même d’une sérénité qu’il ne ressentait pas.

J'ai bien aimé cette phrase ^^ Mais même si on sait du coup qu'il n'est pas serein, on ne sait pas ce qu'il cache derrière son masque ^^

S’il est découvert, nous le lâcherons, en prétendant qu’il a agi de son seul chef, furieux d’avoir été écarté de sa mission initiale.
– Vous parlez de le sacrifier ?
– Dans le pire des cas, oui. C’est un Jedi, il fera son devoir.

C'est beau d'être un Jedi parfois...quoique...un Jedi n'est pas censé être furieux non ? :P


– Bonne chance, Jedi, et que la Force soit ta servante !
– Merci, Sith. Que la Force soit av...hum, en fin de compte, je pense qu’il serait malvenu de ma part de recommander à la Force de veiller sur un être tel que toi

Roh, il aurait pu faire un ptit geste quand même ^^ Bien qu'il ait bien jugé Tel'Ay...quel être machiavélique et retors !


Faudra attendre Avril pour la suite ? ^^
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.

Novembre approche...
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Messagepar Minos » Ven 15 Fév 2008 - 16:28   Sujet: 

J'adore tes première et dernière phrases, espèce de...Normande ! :D

Et oui, le Jedi n'est pas censé être furieux, et c'est pas le genre de Tchoo-Nachril, mais c'est juste l'excuse officielle à lancer au grand public, au cas où.
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Messagepar Den » Ven 15 Fév 2008 - 16:37   Sujet: 

Youhouuuu! La suite tant attendue de Tel'Ay! :lol:

Une fois de plus, je tiens à te féliciter pour le personnage qu'est TEl'Ay! Je pense que beaucoup d'auteurs pro devrait prendre exemple sur toi pour rendre un personnage comme l'est monsieur Ming-Na intéressant et attachant!
Ensuite, ce chapitre m'a vraiment plu sur le point des détails tels que ce qui se dit dans les citations mises en évidence par Notsil! De petites phrases tels que "– Bonne chance, Jedi, et que la Force soit ta servante !
– Merci, Sith. Que la Force soit av...hum, en fin de compte, je pense qu’il serait malvenu de ma part de recommander à la Force de veiller sur un être tel que toi " rendent les personnages vraiment plus crédible tout comme cela sert l'histoire dans le sens où l'on s'impregne vraiment de l'univers.
De plus, tu as réussi à manier le suspence avec un brio que j'espère égaler un jour
Mesnssion spéciale à la scène où les Wookiees abreuvent Anaria d’injures! Elle est très réussite et est à nouveau une preuve que tu connais bien l'univers que tu utilises!

Voilà, ce chapitre m'a donc vraiment plu et confirme ce que je pensais: Tel'Ay est la FF que j'ai le plus de plaisir à lire sur ce forum
"Vergere m'a appris à embrasser la douleur et à m'y soumettre. J'en ai fait une partie de moi-même, une partie que je ne pourrai ni combattre, ni nier." Jacen Solo
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Messagepar Minos » Ven 15 Fév 2008 - 16:48   Sujet: 

Tu exagères sur certains points, mais c'est gentil quand même ! Merci beaucoup l'ami ! En espérant que ça continue à te plaire autant ! :)
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Messagepar AJ Crime » Sam 16 Fév 2008 - 11:38   Sujet: 

Je plussoie Totalement Den! C'est de la qualité quasi professionnelle, que ce soit sur le fond comme sur la forme, tout s'enchaîne à merveille, mon niveau de français (pas bien haut) ne me permet pas de détecter les fautes. Bref, c'est du grand Tel'Ay, un conseil abandonne l'humour... je plaisante, écrit comme bon te semble, aussi vite que tu le désires. Pour lire des chapitres comme celui que tu viens de nous livrer, tu peux prendre 3 mois si tu le veux et nous abreuver de moult texte humoristique entre temps. Ce n'est que peu de choses comparés au plaisir de lire un morceau comme celui-ci.

quelques remarques tout de même:

Minos a écrit:lança Tel’A à Anaria, alors qu’ils marchaient

Tu as trouver un diminutif mignon comme tout à ton perso principal ?

souffert avec elle. il n’avait eu qu’une envie

après le point une majuscule !

question : Est ce qu’un skelor et une wookiee peuvent avoir une descendance ?

merci pour ça et à bientôt pour la suite des aventures de Tel’Ay Mi-Nag.
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Messagepar Darkliser » Sam 16 Fév 2008 - 12:04   Sujet: 

Alors voilà mes impressions mais je n'ai pas tout lu:
c'est sûr, des descriptions des scène digne d'un romancier et des noms trés bien inventé.
C'est tout ce que je peux dire pour le moment vu que je ne suis qu'au début.

Sinon pareil que pour AJ crime, je serais incapable de détecter des fautes sur d'autres FF :oops:

Je lirais bientôt la suite
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Messagepar Minos » Sam 16 Fév 2008 - 14:01   Sujet: 

Waouw, que d'enthousiasme, merci les gars !

Pour ce qui est d'un niveau "pro", on en reparlera quand je saurais alterner des structures de phrases variées, quand mon voca sera beaucoup plus élaboré, quand je saurais conjuguer les verbes, et quand j'éviterais d'accoler des mots qui se ressemblent. Bref, y'a encore un sacré paquet de taf ! :D

> AJ : bien vu pour les deux coquilles !
Et la réponse à ta question est non : un Skelor et une Wookiee ne peuvent pas avoir de descendance.

Pour le rythme, c'est quand même pas très satisfaisant. Je vais tâcher de passer à la vitesse supérieure (aïe, une promesse à la Minos :D ).
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Messagepar Titi77 » Sam 16 Fév 2008 - 17:12   Sujet: 

Ayé, j'ai lu moi aussi et je vais tâcher de me faire l'avocat du diable pour une fois (sur la forme au pire).

Donc, la forme.

il avait désassemblé -> démonté ?
Quand Tel’Ay déboucha sur une place minuscule d’où partaient de nouvelles ruelles -> normal pour une place non ?
et décida d’emprunter une autre artère -> le terme convient-il alors que tu pas parlé de ruelles plus tôt ?
Elle n’attendit pas sa réponse et se dirigea rapidement vers le groupe. Tel’Ay jura sourdement et la suivit : qu’est-ce que cette femelle arrogante pensait donc pouvoir accomplir, du haut de son mètre cinquante-cinq ? Tel’Ay ne la dominait que de dix centimètres, mais son expérience du combat était celle de toute une vie, Force ou pas.

Et Tel'Ay est un utilisateur du côté obscur ? Bon, c'est plutôt du fond là mais je trouve que même si c'est intéressant pour la psycho du perso (Tel'Ay), on s'éloigne de son caractère de base.
Dibidel sauta sur le dos d’un des agresseurs, un Barabel aux griffes acérées, et elle lui fit une clé d’étranglement. -> pas besoin du elle je pense
Dibidel continua à serrer -> de ?
Il déclara avoir retrouvé Dibidel et leur fils Ro’Lay morts, et ne cacha pas être ensuite tombé dans une longue catatonie qui l’avait amené au bord de la mort. -> Répétition ! Au fond de l’abîme ?
la découverte de gisements de bronzium, minerai aux caractéristiques anti… / imperméable aux radiations/ résistant aux radiations …. capacités anti-radioactives
ce qui était d’excellente augure
car les sommes que sa cause récoltaient -> récoltait
sous la forme d’un croiseur de combat -> en général, un croiseur sert à ce battre, c’est même sa raison de vivre :p d’un croiseur / vaisseau de guerre / vaisseau capital ? (bof pour le dernier).
Ce type de raisonnement pourrait vous conduire à mener des actions militaires, si vous n’y prêtez pas attention. -> Je croyais que la République n’avait plus d’armée à cette époque ? ^^
Dans le pire des cas, oui. C’est un Jedi, il fera son devoir. -> Wow, venant du grand maître de l’Ordre je trouve ça très cruel !
et le Conseil Jedi me semblent pour le moins suspect -> semble
Un Jedi aussi doué que celui-là était assez dangereux pour qu’il se réjouisse de sa disparition prochaine. Bon débarras ! -> Tel’Ay a des hauts et des bas dans son caractères qui sont parfois assez peu cohérents entre eux

Et maintenant le fond.

Ici, on assiste à un nouveau rebondissement qui déclenche les évènements qui promettent d'être les plus importants du roman. La scène au sénat est bien décrite et rappelle surtout ce que l'on voit dans l'épisode 1 (en plus complexe tout de même et ce n'est pas plus mal).
Pour le personnage de Tel'AY Mi Nag, il a des hauts et des bas comme je l'ai dit plus haut : il fait preuve d'un caractère digne du côté obscur sur la fin (ce à quoi on s'attend quand on le connaît). Par contre, on le voit faire preuve d'attachement, de compassion, enfin bref de traits clairement associés aux Jedi habituellement. Même si la confrérie Tanietienne n'est pas à fond côté obscur, je trouve que ça cloche quelque peu. Si c'est une évolution du personnage que tu veux montrer, il faut soit la rendre plus subtile soit faire en sorte que le perso s'en rende compte et essaye de lutter contre elle car il ne veut pas devenir une chocotte de Jedi non ? :roll:
Pour la scène des Wookies : oui c’est bien décrit mais je ne rajouterai rien pour le moment car je ne vois pas où tu veux en venir Minos.
Là c'est à peu près tout sur le fond je crois.

Maintenant, un ptit comm à propos d'une remarque de Den (juste une constatation).
« Je pense que beaucoup d'auteurs pro devrait prendre exemple sur toi pour rendre un personnage comme l'est monsieur Ming-Na intéressant et attachant! ».

Malheureusement pour Minos, les auteurs pros n’ont pas attendu notre ami breton pour rendre attachants des personnages classés méchants. Si je ne devais en citer qu’un, je vous conseillerais de jeter un œil du côté de Waylander de David Gemmell … (ah et bien sûr Traitor mais on le savait déjà ;) )

And now, la conclusion !
Comme toujours, Minos nous livre un chapitre bien écrit avec des personnages attachants et assez complexes. On a réellement (enfin moi en tout cas) envie de connaître la suite pour savoir comment ils vont finir !
Il reste malgré tout des fautes de frappe et des termes qui ne collent pas. Le tout est tout de même très plaisant à lire.

Piti post-scriptum : j'ai par contre eu un peu de mal à me remettre dans l'ambiance depuis la dernière fois. Tu pourrais soit mettre un mini résumé comme chez AJ ou chez moi, soit tu adoptes la méthode que j'envisage depuis un bon moment : tu t'enfermes pour écrire le plus de chapitres à la suite de manière à avoir un texte cohérent et tu nous les livres à la "queue-leu-leu" sur le fofo une fois terminé. De cette manière, on pourra lire en un bloc et on pourra aussi repérer les défauts de rythme.


Voilà voilou, bonne continuation !
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Messagepar AJ Crime » Sam 16 Fév 2008 - 18:19   Sujet: 

heuuuu, déjà que l'on attend deux mois pour un chapitre même long mais si Minos choisi d'en faire quatre ou cinq à la suite pour nous les donner d'un coup ça va être très long à lire d'une part et ensuite ça ne sera qu'une fois par an. D'où la nécessité du petit résumé! :sournois: comment ça je prêche pour ma paroisse ? :perplexe: l'oiseau qui m'a précédé a bien raison quand au changement de rythmes entre les différents chapitres. Pour ce qui est de la dualité de Tel'Ay entre côté humain et sentiments très humanisés moi je trouve que cela fait tout son charme. Il a abandonné le coté sombre et la Force par amour (ce qui n'était déjà pas commun pour un Sith) alors pourquoi ne pas baser toutes ses évolutions sur ce plan oscillant mais servant toujours ses seuls interèts ?

Enfin moi, c'est ce que j'en pense, Minos tranchera dans le vif comme à son habitude de toutes façons.
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Messagepar Minos » Sam 16 Fév 2008 - 21:26   Sujet: 

Waouw, sacré comm, Titi ! Bon, quelques réactions :

Titi77 a écrit:il avait désassemblé -> démonté ?

Je trouve mon mot mieux adapté, puisqu'on parle d'"assembler" voire de "fabriquer" un sabrelaser. Le "monter" sonnerait bizarrement, je pense, d'où mon choix de ne pas utiliser son opposé.
Titi77 a écrit:Quand Tel’Ay déboucha sur une place minuscule d’où partaient de nouvelles ruelles -> normal pour une place non ?

Grmbl. Pas faux...y'a un défaut dans ma description. Faudra qu'on en reparle, car je suis sûr qu'il y a moyen d'incorporer cette notion de nouvelles ruelles dans la phrase, sans que j'ai l'air d'enfoncer des portes ouvertes.
Titi77 a écrit:et décida d’emprunter une autre artère -> le terme convient-il alors que tu pas parlé de ruelles plus tôt ?

C'est justement parce que je parlais de ruelles un peu plus haut que j'ai cherché un synonyme. J'ai été assez feignant pour m'arrêter à celui-là, le premier qui me soit venu à l'esprit...tout en ayant conscience que c'était pas le nirvana. Tss, pas bien de ma part !
Titi77 a écrit:
Elle n’attendit pas sa réponse et se dirigea rapidement vers le groupe. Tel’Ay jura sourdement et la suivit : qu’est-ce que cette femelle arrogante pensait donc pouvoir accomplir, du haut de son mètre cinquante-cinq ? Tel’Ay ne la dominait que de dix centimètres, mais son expérience du combat était celle de toute une vie, Force ou pas.

Et Tel'Ay est un utilisateur du côté obscur ? Bon, c'est plutôt du fond là mais je trouve que même si c'est intéressant pour la psycho du perso (Tel'Ay), on s'éloigne de son caractère de base.

J'ai pas tout compris, faudra qu'on en reparle.
Titi77 a écrit:Il déclara avoir retrouvé Dibidel et leur fils Ro’Lay morts, et ne cacha pas être ensuite tombé dans une longue catatonie qui l’avait amené au bord de la mort. -> Répétition ! Au fond de l’abîme ?

Argh, j'avais pas vu la répétition, honte à moi ! "Au fond de l'âbime" ça ferait trop "grands mots", je trouve, surtout dans un dialogue. Mais j'y réfléchirais.
Titi77 a écrit:la découverte de gisements de bronzium, minerai aux caractéristiques anti… / imperméable aux radiations/ résistant aux radiations …. capacités anti-radioactives

Je plussoie. Ma formule est pas terrible.
Titi77 a écrit:ce qui était d’excellente augure

Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, "augure" est masculin ! (ceci dit, j'ai quand même dû vérifier avant de l'écrire, car je ne le retiens jamais).
Titi77 a écrit:sous la forme d’un croiseur de combat -> en général, un croiseur sert à ce battre, c’est même sa raison de vivre :p d’un croiseur / vaisseau de guerre / vaisseau capital ? (bof pour le dernier).

Hum...terme à repenser.
Titi77 a écrit:Ce type de raisonnement pourrait vous conduire à mener des actions militaires, si vous n’y prêtez pas attention. -> Je croyais que la République n’avait plus d’armée à cette époque ? ^^

Heu...oups ? J'aurais pensé que la République a quand même un minimum de troupes, juste au cas où. Me trompé-je ?
Titi77 a écrit:Dans le pire des cas, oui. C’est un Jedi, il fera son devoir. -> Wow, venant du grand maître de l’Ordre je trouve ça très cruel !

Vrai que ça peut titiller. Ceci dit, dans la novellisation de ROTS, il y a une scène entre Obi-Wan et Yoda, où l'un affirme (et vice-versa) qu'il n'hésiterait pas à tuer l'autre si la paix devait revenir plus vite, même une heure plus tôt. C'est dans cet esprit que j'ai écrit cette ligne de dialogue.
Titi77 a écrit:Un Jedi aussi doué que celui-là était assez dangereux pour qu’il se réjouisse de sa disparition prochaine. Bon débarras ! -> Tel’Ay a des hauts et des bas dans son caractères qui sont parfois assez peu cohérents entre eux

Je constate la même chose et je le sais depuis le début, rassure-toi. Seulement, lui-même ne s'en est pas encore rendu compte. Et ça viendra...
Titi77 a écrit:Ici, on assiste à un nouveau rebondissement qui déclenche les évènements qui promettent d'être les plus importants du roman. La scène au sénat est bien décrite et rappelle surtout ce que l'on voit dans l'épisode 1 (en plus complexe tout de même et ce n'est pas plus mal).

Yep, la suite promet d'être agitée. J'ai un certain nombre de scènes que j'espère marquantes à écrire.
Titi77 a écrit:Pour le personnage de Tel'AY Mi Nag, il a des hauts et des bas comme je l'ai dit plus haut : il fait preuve d'un caractère digne du côté obscur sur la fin (ce à quoi on s'attend quand on le connaît). Par contre, on le voit faire preuve d'attachement, de compassion, enfin bref de traits clairement associés aux Jedi habituellement. Même si la confrérie Tanietienne n'est pas à fond côté obscur, je trouve que ça cloche quelque peu. Si c'est une évolution du personnage que tu veux montrer, il faut soit la rendre plus subtile soit faire en sorte que le perso s'en rende compte et essaye de lutter contre elle car il ne veut pas devenir une chocotte de Jedi non ? :roll:

Comme dit plus haut, il ne se rend pas encore compte de l'incohérence de ses actions. C'est l'un des enjeux majeurs du bouquin.
Titi77 a écrit:Pour la scène des Wookies : oui c’est bien décrit mais je ne rajouterai rien pour le moment car je ne vois pas où tu veux en venir Minos.

Arf, moi je sais où je vais, mais c'est clair que ça fait très "cheveu sur la soupe", livré tel quel. J'en ai bien conscience mais ne voyais pas comment procéder autrement. On verra par la suite si ça se coule dans le reste.
Titi77 a écrit:Comme toujours, Minos nous livre un chapitre bien écrit avec des personnages attachants et assez complexes. On a réellement (enfin moi en tout cas) envie de connaître la suite pour savoir comment ils vont finir !
Il reste malgré tout des fautes de frappe et des termes qui ne collent pas. Le tout est tout de même très plaisant à lire.

Merci l'ami !
Titi77 a écrit:Piti post-scriptum : j'ai par contre eu un peu de mal à me remettre dans l'ambiance depuis la dernière fois. Tu pourrais soit mettre un mini résumé comme chez AJ ou chez moi, soit tu adoptes la méthode que j'envisage depuis un bon moment : tu t'enfermes pour écrire le plus de chapitres à la suite de manière à avoir un texte cohérent et tu nous les livres à la "queue-leu-leu" sur le fofo une fois terminé. De cette manière, on pourra lire en un bloc et on pourra aussi repérer les défauts de rythme.

AJ Crime a écrit:heuuuu, déjà que l'on attend deux mois pour un chapitre même long mais si Minos choisi d'en faire quatre ou cinq à la suite pour nous les donner d'un coup ça va être très long à lire d'une part et ensuite ça ne sera qu'une fois par an. D'où la nécessité du petit résumé!

Je crains que vu la multiplicité de mes projets, le rythme de parution continuera à être assez lent. Je vais adopter la méthode du résumé.
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Messagepar Den » Dim 24 Fév 2008 - 19:20   Sujet: 

Titi a écrit:Malheureusement pour Minos, les auteurs pros n’ont pas attendu notre ami breton pour rendre attachants des personnages classés méchants. Si je ne devais en citer qu’un, je vous conseillerais de jeter un œil du côté de Waylander de David Gemmell …
J'en prends bonne note :D
"Vergere m'a appris à embrasser la douleur et à m'y soumettre. J'en ai fait une partie de moi-même, une partie que je ne pourrai ni combattre, ni nier." Jacen Solo
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Messagepar Minos » Jeu 28 Fév 2008 - 21:37   Sujet: 

Et oui, incroyable, voilà déjà le chapitre 9 ! Enjoy (ou pas), et bonne lecture à tous et toutes !

Chapitre 9

Alors qu’il se plaçait sur le bon vecteur hyperspatial, Tchoo-Nachril fit défiler sur son écran les maigres informations que le Conseil Jedi lui avait transmis concernant Skelor I. La plupart d’entre elles dataient d’avant la révolution survenue trente ans plus tôt.
La planète se caractérisait surtout par des marécages, même si de vastes plaines dites centrales parcouraient un continent plus vaste que les autres. On y trouvait également la capitale, Billolougue, construite dans le fond d’une vallée entourée de crêtes, non loin de la côte est. Restait à savoir si le lieu existait encore.
Peu de ressources intéressantes, à l’exception du bois de volin et de quelques espèces animales quelque peu exotiques, du moins aux yeux du Whiphid.

Tchoo-Nachril mit son chasseur au point mort, et se pencha sur les données relatives au système spatial de Skelor. Aucun élément naturel ne semblait exister pour faciliter une approche discrète. Ni champ d’astéroïdes, ni pluies de comètes, ni anneaux planétaires. Le climat n’offrait pas de couverture intéressante, telle que des orages magnétiques ou autre élément perturbant la bonne marche des senseurs.
Son arrivée serait forcément détectée. Si la défense de la planète était drastique, il y laisserait peut-être la vie. Il se fit cette réflexion de manière détachée, car être un Jedi exposait très souvent au danger. Non pas qu’il s’en moquait ou mésestimait le danger, mais il vivait avec le spectre de cette épée de Damoclès chaque jour. Elle n’était qu’une donnée parmi d’autres dans son existence.
Il décida rapidement de sa ligne de conduite et rentra les coordonnées hyperspatiales dans l’astronavigateur…après avoir pris soin de modifier une décimale. Un pari osé, mais qui pouvait s’avérer payant.

***
Le fait que la République abandonne Ver’Liu relança d’autant la question de l’émigration skelorienne. La situation à bord du Carolusia était déjà suffisamment explosive pour que le commandant Veckmar Talorin permette aux Skelors de demeurer là. Malheureusement, lui et Ver’Liu savaient que désormais, la République n’affréterait pas de navire pour permettre l’exode, et encore moins pour protéger l’héritier du trône sur Velinia III.

La solution vint au cours d’un briefing informel que tinrent Ver’Liu, Tel’Ay, Anaria, Seperno, ainsi que les frère et sœur Nal’Kia et Sionarel, ces deux derniers conviés par Ver’Liu. Le jeune dirigeant tenait surtout à la présence de Sionarel. Il était fortement attiré par elle, et pensait lire des promesses d’avenir commun dans ses yeux. Il ne souhaitait néanmoins pas s’engager d’une quelconque manière tant qu’il ne saurait pas ce que l’avenir lui réserverait. Constater que le République l’avait abandonné le confortait dans son attitude. Il était sur la corde raide et pouvait aussi bien chuter que grimper, même si cette dernière option semblait s’éloigner à grand pas.
Il s’adressait à elle d’un ton formaliste, presque guindé, et elle avait adoptée la même attitude. Ni l’un ni l’autre ne l’aurait avoué, mais ils avaient du mal à s’empêcher d’être ensemble. Pour couper court à toute rumeur, Ver’Liu l’avait officiellement nommée conseillère, tout comme son frère Nal’Kia.
Tel’Ay, qui s’intéressait à Sionarel pour son potentiel dans la Force, suivait avec attention et un brin d’amusement les relations entre les trois jeunes Skelors. Pour ses sens de Sith, il crevait les yeux que Ver’Liu et Sionarel s’aimaient. Les sentiments de Nal’Kia n’en étaient pas moins marqués : il était partagé entre la fierté qu’il éprouvait à l’idée que sa sœur puisse un jour devenir la reine des Skelors, et une méfiance instinctive de frère aîné, qui lui ordonnant de ne jamais laisser ces deux-là seuls.

Lors de la réunion, Ver’Liu afficha un calme d’autant plus méritoire que Tel’Ay sentait qu’il bouillonnait intérieurement. Seperno émit l’idée d’affréter des cargos indépendants pour effectuer le transfert de population, avec l’inconvénient que venir à bout de cette tâche prendrait sans doute des mois d’allers-retours incessants, au vu de la taille limitée de ce type de vaisseaux.
Ils venaient de passer deux heures à chercher une solution au problème, en vain. Les échanges animés s’étaient tus depuis quelques minutes déjà, et chacun réfléchissait dans son coin, jusqu’au moment où Anaria émit un grondement de triomphe, s’attirant ainsi l’attention de tous. Elle se mit à parler en shyriiwook avec volubilité, à tel point que Tel’Ay, qui traduisait ses paroles, avait de la peine à la suivre.
– [Seperno, si j’ai bien compris la situation sur Velinia III, vous avez signé un contrat avec un consortium industriel ?]
– En effet, répondit le Rodien. Avec les Industries Percecœur, un groupe coruscanti, pour être plus précis.
– [Ils disposent de croiseurs pour convoyer le bronzium. Demandez-leur de nous en prêter ou de nous en louer un.]
– Mais…je ne suis pas sûr qu’ils veuillent se mêler de politique. Ils ne sont là que pour amasser de l’argent, aussi je doute fort qu’ils puissent quoi que ce soit pour nous.
– [Avec tous les dons que vous avez reçu, sire, reprit la Wookiee en se tournant vers Ver’Liu, vous devriez avoir les moyens de louer un de leurs croiseurs.]
– Cela ne changera rien à un fait essentiel, intervint Tel’Ay. Acheminer les Skelors sur Velinia III est une chose, mais les protéger en est une autre. Ce qu’il faudrait, c’est qu’un navire armé reste en permanence en orbite de la planète, par sécurité. Il faudrait donc acheter un croiseur, l’armer et embaucher un équipage. Cela prendrait des mois.
– Il ne faut pas forcément un croiseur pour se protéger, Tel’Ay, dit Seperno. Des batteries anti-aériennes au sol, voire un canon à ions et/ou un générateur de bouclier, peuvent remplir le même rôle de manière efficace.
– Cette dernière idée me semble la plus raisonnable, répondit Ver’Liu. Je vais demander au commandant Talorin de m’aider à acquérir de telles armes.
– J’ai peut-être ce qu’il nous faut pour transporter les Skelors, reprit pensivement Seperno. Nous pourrions demander au Corps Agricole Jedi.
– Les Jedi dépendent de la République, ils refuseront, répondit Tel’Ay.
– Je suis dirigeant d’un monde appartenant à la République, et le Carolusia du commandant Talorin est un allié de la République. Velinia III a toujours besoin de colons, et si les Skelors restent ici, les troubles iront en s’intensifiant. Nous ferions d’une pierre deux coups. Les Jedi devraient se sentir obligés d’intervenir, au nom du bien commun. De plus, le projet de mettre en place des colonies sur les frontières de la République a été initié par le Corps Agricole, à l’origine.
– Je suis contre, grogna Tel’Ay.
– Mon ami, je sais que vous n’aimez pas les Jedi, rétorqua Ver’Liu, mais cette idée vaut le coup d’être creusée. Suivez-moi, Seperno, nous allons contacter Talorin et lui présenter cette solution.

***
Quand une alarme discrète se fit entendre dans le cockpit, Tchoo-Nachril quitta instantanément sa transe Jedi. Il avait programmé l’ordinateur de bord pour le réveiller dix minutes avant le retour en espace normal. A compter de cet instant, il devrait faire preuve d’une concentration sans faille. Tout pouvait mal tourner, à n’importe quel moment.
Sa stratégie était d’atterrir le plus vite possible. Plus il sortirait de l’hyperespace loin de la planète, plus ses éventuels ennemis auraient du temps pour l’intercepter. La trajectoire qu’il avait rentré ne l’amenait donc pas en position orbitale, mais traversait la planète elle-même. Bien sûr, cela n’arriverait pas. L’ordinateur de bord plongerait le chasseur dans l’espace normal, assez brutalement sans doute pour griller le circuit hyperspatial. Et pas assez pour détruire le chasseur lui-même, espérait Tchoo-Nachril, qui avait confiance en la robustesse de son appareil.
Repartir serait un tout autre problème, mais cela n’inquiétait pas le Chevalier Jedi. Tant de choses pouvaient se produire d’ici là…Un problème après l’autre. En attendant, il devait compter sur la Force vivante, afin d’être capable de réagir très vite à tout événement survenant à court terme.

Même s’il s’y était préparé, le basculement hors de l’hyperespace surprit Tchoo-Nachril par sa violence, surtout qu’il fut accompagné par un bang sonore qui mit à mal ses tympans. Des alarmes retentirent à bord et une épaisse fumée envahit le cockpit. Le chasseur désemparé partit en vrille, indifférent aux efforts du Jedi, qui s’arc-bouta en vain sur les commandes inertes.
Un raclement de mauvais augure se fit entendre à l’extérieur, comme si une partie de l’appareil menaçait de se désolidariser. Tchoo-Nachril mit la Force à contribution pour stabiliser son appareil, puis lança le programme de détection d’avaries sur sa console. Comme il l’avait prévu, l’hyperpropulseur avait fondu. Il le coupa car même dans son état, il tentait encore de pomper de l’énergie dans d’autres systèmes, provoquant des anomalies et autres courts-circuits. Le Jedi reprogramma en quelques secondes les paramètres afin de répartir équitablement l’énergie. Il coupa tous les circuits pour réinitialiser ces changements, et les ralluma. Tous les voyants passèrent au vert, à l‘exception des boucliers et du moteur bâbord, dont la puissance oscillait.
Le système de ventilation se mit à ronronner et chassa la fumée. Enfin, les commandes répondirent et la console des senseurs revint à la vie. Tchoo-Nachril reprenait la main. Il mit en marche tous les enregistreurs, dans un large spectre d’analyse.
Voilà qui est mieux, nota-t-il mentalement, jusqu’à ce que la Force le prévienne d’un péril imminent. Il poussa les moteurs à leur maximum et repartit en vrille, volontairement cette fois-ci. Deux traits de laser fendirent l’espace à l’endroit où il se tenait une seconde plus tôt.
Au temps pour l’approche discrète, regretta-t-il. Les données affluèrent sur le panneau des senseurs, et l’œil aguerri de Tchoo-Nachril interpréta instantanément ce qu’il y vit : des dizaines de navires différents, de toutes tailles. La plupart bien au-dessus de sa propre position, en orbite haute, mais une douzaine de navires plus petits, sans doute des chasseurs, était sur ses talons.

Le Jedi fonça droit sur la planète, à plusieurs centaines de kilomètres à l’heure, et mit le cap sur l’ancienne capitale de Skelor I. Il estima qu’il lui faudrait quinze minutes pour arriver au niveau du sol. Il lança une recherche sur les modèles de chasseurs ennemis dans ses bases de données, et la réponse apparut au bout de quelques secondes. Des Ailes-Triangials, à la vitesse de pointe moins élevée que son propre chasseur Effilium.
Il se fondit dans la Force et ne fit plus qu’un avec son navire, une fois sa stratégie arrêtée. Il devait esquiver ses adversaires avec le minimum de manœuvres, sinon il serait immanquablement rattrapé. Pour ce faire, et même si cette poursuite n’avait rien à voir avec un combat au sabrolaser, il s’inspira de la troisième forme de combat au sabrolaser, le Soresu, pour se défendre. L’économie de mouvement dans un périmètre réduit. Il esquiva au plus juste les tirs ennemis, dont plus d’un roussit sa carlingue sans lui faire de dommage plus conséquent.
Il fut bientôt hors de portée, mais ses adversaires ne semblaient pas prêts à abandonner la poursuite. Devant lui, à travers le cockpit, le sol n’était pas visible, caché sous une épaisse nappe de brouillard. L’idéal pour se cacher. Par contre, ce qui l’inquiéta fut, paradoxalement, de constater que nul vaisseau ne surgissait de la brume pour l’intercepter. Ce fait, rassurant en soi, l’était moins pour Tchoo-Nachril. Il se dirigeait vers Billolougue, or si l’ancienne capitale tenait encore ce rôle, il était logique de penser que ses défenses seraient opérationnelles. Si ce n’était pas le cas, le Jedi allait devoir enquêter pour trouver trace de la nouvelle capitale, et trouver un moyen pour s’y rendre.
Dès qu’il plongea dans l’épais rideau cotonneux, il réduisit sa vitesse, coupa tous les systèmes non vitaux et régla les senseurs sur leur portée minimale. Les émissions dégagées par son appareil seraient ainsi bien moindres et, avec un peu de chance, elles ne seraient pas détectées par les autochtones.
Dans leur nouvelle configuration, les alarmes de bord ne l’avertiraient qu’au dernier moment d’un éventuel obstacle. Il pouvait encore moins compter sur ses yeux, qui ne distinguait rien d’autres que les épaisses chapes de brume au-delà du cockpit. Pour anticiper d’éventuels problèmes, ne lui restait que la Force, dans laquelle il devait rester immergé.

Après deux heures de vol, il atteignit presque son but, s’il en croyait ses instruments gyroscopiques. Il réduisit sa vitesse au maximum et fit descendre lentement son chasseur. Il était toujours impossible de distinguer quoi que ce soit, mais les senseurs lui indiquèrent quand le sol ne se trouva plus qu’à cinquante mètres de sa position. Il surveilla attentivement son environnement, afin d’éviter un éventuel obstacle surgissant du brouillard dense. Une tache verte finit par apparaître sous son appareil, et Tchoo-Nachril put enfin voir qu’il surplombait une prairie.
Il analysa la topographie par écholocalisation. D’après ses données, la crête derrière laquelle Billolougue avait été bâtie se trouvait à deux cents mètres de là. Il s’y dirigea prudemment, et dès qu’il en eut atteint les contreforts, il se posa et coupa tous les circuits.
Un froid glacial s’insinua dans le cockpit dès qu’il l’ouvrit. L’air était gorgé d’humidité et chargé de lourdes flagrances de plantes en décomposition. Rien d’insurmontable pour un Whiphid, surtout Jedi. Son épaisse fourrure protégeait le natif de Toola des températures basses.
Il fut ravi de s’extirper enfin du chasseur, et de pouvoir se dégourdir les jambes. Le sol était recouvert d’une mousse gorgée d’eau, tel un épais tapis de verdure. Sabrolaser au flanc, macrojumelles autour du cou, il escalada prestement la crête. Arrivé en haut, il se retrouva à surplomber une brume blanchâtre et insondable, à couper au couteau. Si une ville se trouvait là-dessous, rien ne l’indiquait. Ni lumière ni son. Le silence omniprésent était très pesant, et donnait à Tchoo-Nachril la sensation aiguë de se trouver dans un cimetière.
Il porta les jumelles à ses yeux et les régla sur une vision 3D qui devait pouvoir percer le brouillard. Il ne fut pas déçu par le résultat, qui confirma ses pires craintes.

L’endroit était mort. Intégralement. Tchoo-Nachril ignorait quelles armes avaient été à l’œuvre en ces lieux, mais ne restaient que des ruines, des pans de murs noircis qui émergeaient difficilement d’une végétation vivace et sauvage, comme désireuse d’effacer les traces de Billolougue.
Le Chevalier Jedi éprouva de la pitié pour tous les êtres qui avaient vécu à cet endroit, et qui avaient été privé de leur demeure. Peut-être même de leur vie. Il se rendit compte qu’il éprouvait un malaise certain en contemplant la ville fantôme. La Force semblait lui murmurer que des événements atroces avaient eu lieu ici. Comme hypnotisé par cette sensation persistante, il descendit la crête et entra dans la ville.
Une fine brise, pas assez forte pour dissiper les volutes vaporeuses, le fit frissonner. Il ressentit énormément de souffrances, à un point tel qu’il manqua vaciller. Il reprit son contrôle et s’arrêta au beau milieu d’une artère, qui avait due être importante au temps de sa splendeur. Alors qu’il se rendait compte de la vulnérabilité de sa position, il ressentit une distorsion dans la Force, sorte d’anomalie comme il n’en avait jamais connue. Une vague sensation de gêne, de déformation de son environnement.

Un ricanement parvint à ses oreilles, et une ombre émergea de la brume. La créature était de taille modeste, et Tchoo-Nachril l’identifia comme étant un Skelor aux écailles ternies. L’être, qui semblait âgé de centaines d’années, claudiqua maladroitement vers lui. Les haillons dont il était vêtu rappelaient vaguement une tenue Jedi, et la distorsion de la Force, erratique, émanait clairement de lui.
Les yeux du Skelor brillaient d’une lueur fiévreuse qui n’était pas sans rappeler le regard d’un fou. Il s’arrêta à quelques pas de Tchoo-Nachril et prit la parole, d’une voix rocailleuse :
– Quoi toi faire ici, Jedi ?
– Je cherche des renseignements sur cette planète. Que s’est-il passé ici ?
– Zabraks venir, il y a longtemps. Raser la ville pierre par pierre. Tuer ou déporter tous les habitants.
– Où se trouve la capitale, désormais ?
– Continent Terdra, mille clicks au sud-est. Ville de Zabraks.
– Hum…qui es-tu, mon ami ?
– Moi être Jedi, avant, répondit tristement la créature, avant de se taire, comme perdue dans ses pensées.
– Et qu’est-il arrivé ? demanda doucement Tchoo-Nachril.
– Moi céder à attachement. Peur de perdre cause attachement, et bien sûr perdre elle. Haine venir alors. Perdre voie des Jedi aussi.
Un élan de compassion envahit Tchoo-Nachril à ces paroles, et il reprit :
– Je peux t’aider, si tu le souhaites. Quand je quitterai ces lieux, je retournerai sur Coruscant, au Temple. Si tu veux venir avec moi, tu retrouveras tes frères et sœurs Jedi. Nous serons tous là pour toi.
Le Skelor resta longtemps silencieux.
– Etre trop tard pour moi. Perdre chemin, seulement trouver vide.
– Je peux te guider sur la route du retour.
– Autre aider moi. Remplir vide en moi. Remplir avec noir, mais mieux que pas remplir du tout. Moi retrouver utilité ici.
– Laquelle ?
– Fantôme parmi les fantômes, moi veiller sur les lieux. Moi gardien de Billolougue.
– Et quel est ton rôle, en tant que gardien ?
Le vieux Skelor planta ses yeux tristes dans ceux de Tchoo-Nachril, et celui-ci comprit plusieurs choses, simultanément. L’être qui lui faisait face déformait volontairement la Force pour atténuer les perceptions du Jedi. Dans le seul but d’endormir sa méfiance, afin de mieux le trahir. Il l’avait piégé. Il sut qu’il était encerclé, avant même d’entendre les cliquetis caractéristiques de blasters dont la sécurité était déverrouillée.
Comme en réponse à un geste négligent de l’ancien Jedi décrépi, la brume se dissipa lentement, dévoilant une trentaine d’humanoïdes cornus, armes braquées sur Tchoo-Nachril.

***
Au Temple Jedi, on avait coutume de dire qu’un Chevalier n’était jamais désarmé tant qu’il avait la Force à sa disposition. Fruit d’une longue expérience, cette maxime n’exprimait qu’une stricte vérité, qui avait le don de toujours émerveiller Tchoo-Nachril. Comme en ce moment, au milieu des ruines de Billolougue, cerné par les Zabraks. Par un réflexe acquis et développé dès son plus jeune âge, son cerveau travailla furieusement à lister toutes les manières possibles de se sortir de ce mauvais pas. Trois secondes plus tard, après avoir ébauché plusieurs dizaines de scénarios, il en choisit un et entra aussitôt en action.
Une pierre surgie de nulle part heurta violemment le front du vieux Skelor, qui poussa un cri de douleur avant de s’écrouler inconscient. Cette diversion au pied levé laissa à Tchoo-Nachril le laps de temps nécessaire pour plonger derrière un pan de mur noirci. N’étant plus sous la menace de ses quelques trente agresseurs, il put se concentrer sur les sept Zabraks qui l’avaient dans leur ligne de mire. La lame d’énergie jaillit de son sabrolaser et sembla repousser d’elle-même les tirs ennemis. Le Jedi faillit lâcher son arme quand un trait de blaster lui transperça l’épaule, mais il serra les dents et se pinça mentalement les nerfs véhiculant la douleur. Trois des tirs qu’il retourna atteignirent chacun une cible, tandis que les quatre derniers Zabraks s’abritaient à leur tour.
La Force le prévint d’un péril imminent, aussi élargit-il ses perceptions. Il « visualisa » la roquette qui fut lancée dans sa direction. Aidé de la Force, il n’eut que le temps de bondir sur ses pieds et d’accomplir un saut vertical de cinq mètres, que le muret derrière lequel il s’était abrité explosait sous l’impact.
Tchoo-Nachril pria la Force pour que dans le tumulte et le feu de l’action, nul ne l’ait vu sauter. Ce vœu pieux resta lettre morte, et plusieurs tirs de blaster s’abattirent sur le Chevalier Jedi avant qu’il ne touche à nouveau le sol. L’un d’eux lui brûla la cuisse, et il n’eut pas d’autre réflexe que de placer sa main gauche en opposition à un autre trait qui filait droit vers son cœur. Une explosion de douleur l’assaillit quand sa main fut carbonisée, mais il n’en eut cure, concentré pour atterrir le moins brusquement possible au pied d’un pan de mur haut de trois mètres.
Il ne put éviter de prendre appui sur sa jambe blessée et s’affaissa lourdement, immobile. Sa main droite lâcha son sabrolaser, qui roula un peu plus loin après s’être éteint. Les Zabraks se précipitèrent vers sa position, le doigt sur la gâchette, même si plus d’un fut rassuré de voir Tchoo-Nachril inconscient. Exactement ce que ce dernier escomptait. Il puisa dans toutes ses ressources pour faire s’abattre le mur. S’engagea alors une épreuve de force entre la résistance de la paroi et la volonté du Jedi. Alors que le Whiphid allait céder à l’épuisement, le mur s’affaissa avec fracas sur ses ennemis. Entendre leurs cris et l’écrasement de leurs corps ne lui procura aucune satisfaction.
Profitant de la confusion, il rampa maladroitement pour s’éloigner, tout en étant conscient qu’il ne s’en sortirait pas. Au mieux, il avait éliminé une dizaine de Zabraks, soit à peine un tiers de leurs forces. Il n’arrivait plus à réfléchir, le sang battait à ses tempes. Même la Force le fuyait : il avait trop puisé dans ses réserves. Quand un tir de blaster, réglé pour paralyser, l’atteignit en plein dans le dos, il sombra dans l’inconscience.

***
Quand les Zabraks apprirent que le Conseil Jedi acceptait de mettre un de ses navires à la disposition des Skelors, en vue de les amener sur Velinia III, ils tentèrent de provoquer une esclandre au Sénat, en accusant la République et les Jedi d’aider Ver’Liu So-Ren en sous-main, au risque de provoquer des troubles futurs.
Marcus Valorum ayant fait passer des consignes à ses alliés, l’événement fut minimisé. Côté Jedi, Maddeus Oran Lijeril souligna qu’indépendamment de la situation politique sur Skelor I, les membres de ce peuple n’en avaient pas moins le droit de se regrouper en tant qu’espèce. Il insista également sur le fait que puisque Skelor I avait intégré la République, il était du devoir de la noble institution de veiller au bien-être de ses habitants, fussent-ils en exil, d’autant que les autorités officiellement reconnues de la planète ne remplissaient pas leur rôle à ce niveau-là. Ce dernier argument, aussi logique que perfide, eut le don de calmer les ardeurs belliqueuses des Zabraks.

***
Tout le monde poussa un grand « ouf » de soulagement le jour où le croiseur du Corps Agricole arriva et s’amarra au Carolusia. Deux journées supplémentaires furent nécessaires pour mettre les derniers détails au point, et les Skelors purent enfin embarquer. Une heure après que le dernier Skelor, Ver’Liu, ait posé le pied à bord du croiseur, celui-ci reprit son envol.

Tel’Ay sentit la présence de quelques Jedi à bord, mais aucun ne montra le bout de son nez, ce dont il leur fut reconnaissant. Au troisième jour de voyage, en revanche, et alors qu’il errait sans but parmi les coursives, il s’arrêta, avec l’impression d’être épié. Ce n’était pas la première fois qu’il le ressentait depuis qu’il avait embarqué et cette fois-ci, il voulut en avoir le cœur net. Il lança une sonde mentale…qui lui permit de percevoir qu’un utilisateur de la Force se trouvait non loin.
Instinctivement, sa main se porta à son sabrolaser, et il lança :
– Montre-toi, je sais que tu es là.
Indécision, excitation, peur…puis prise de décision. Tel’Ay sut que la personne allait se montrer avant qu’elle n’apparaisse.
Visiblement adolescent, indubitablement humain, il émergea d’une coursive secondaire. Tenue de Jedi, le sabrolaser en moins, ses cheveux blonds et lisses étaient coiffés à la mode des Padawan. De grands yeux gris lui mangeaient le visage, sous un front haut. L’air extrêmement nerveux, il se dandinait d’un pied sur l’autre.
– Bonjour, jeune homme.
– Heu…bonjour, monsieur, bredouilla-t-il.
– Padawan Jedi ?
– Euh…non, monsieur. Ancien Padawan, répondit-il presque sans amertume.
– Vous êtes le Sith ? reprit-il brusquement après quelques secondes de silence.
– Les nouvelles vont vite, répondit Tel’Ay en transformant son sourire en un rictus carnassier.
– Comment…comment un Sith peut-il protéger des gens ? Je croyais que vous ne viviez que pour faire le mal ?
– Les gens changent, rétorqua le Skelor. Regardes-toi. Tu dis que tu es un ancien Padawan, ce qui implique tu en as été un par le passé, donc que tu ne vivais que pour faire le bien. Qu’en est-il aujourd’hui ?
– Je fais toujours le bien, répliqua l’humain, piqué au vif.
– Alors comment se fait-il que tu sois un ancien Padawan ?
– J’ai…échoué dans ma formation, avoua-t-il, honteux.
– Ah ? Manque de potentiel, je suppose ? C’est un critère classique pour séparer le grain de l’ivraie.
– Ça n’a rien à voir ! J’ai le potentiel ! C’est…mon attitude qui n’est pas assez jediesque.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Mais pourquoi est-ce que vous m’interrogez comme cela ? Vous croyez peut-être que je vais adhérer à vos vues ? Si c’est le cas, vous vous mettez le doigt dans l’œil !
– C’est toi qui es venu me voir, sourit Tel’Ay, et c’est toi qui m’a questionné le premier. Mais si tu veux que nous en restions là, pas de problème.
Le Sith salua et tourna les talons. Quand l’ancien Padawan lui cria « Attendez !», Tel’Ay ne put réprimer un sourire. Situation très intéressante. Il reprit un air impénétrable avant de refaire face au jeune humain.
– Je…j’ai prouvé que je n’étais pas digne d’être un Jedi. Je suis trop…émotionnel, m’ont dit les maîtres.
– Et tu les sers toujours après ça ?
– Bien sûr ! Leurs objectifs sont nobles !
– Hum…de mon point de vue, ça se discute, mais c’est une toute autre question. Il n’empêche que les Jedi ne manquent pas d’air.
– Comment cela ?
– A quel âge as-tu commencé ta formation ?
– Comme tous les futurs Padawans, je suis arrivé au Temple avant d’avoir eu six mois.
– Et tu as quel âge aujourd’hui ?
– Quinze ans.
– Donc, tu es en train de me dire que tes maîtres Jedi t’ont inculqué ce qu’ils savaient durant tout ce laps de temps ?
– Oui. Enfin, ils ont essayé, vu que j’ai échoué.
Tel’Ay ne put s’empêcher de ricaner, et l’humain s’empourpra de honte et de fureur.
– Qu’est-ce qui vous fait rire ?
– L’Ordre Jedi existe depuis plus de vingt mille ans. Depuis six cent ans dans sa forme actuelle, n’est-ce pas ?
– Exact.
– Depuis tant de millénaires qu’il forme des Jedi, tu ne crois pas que l’Ordre devrait être parfaitement au point au niveau de l’apprentissage de ses recrues ?
– Tout le monde n’est pas fait pour être Jedi.
– Là, je suis bien d’accord avec toi. Tes formateurs ont une pédagogie et un savoir inégalés, et tu vas prétendre que ce sont les apprentis qui échouent dans leur formation ? Pour ma part, je trouve que c’est un déni de responsabilité assez grave de la part de tes professeurs, pour masquer leur incompétence. Et j’ose espérer qu’on retire le droit d’enseigner aux maîtres qui échouent.
– Vous n’y connaissez rien, et vous déformez la vérité ! Les choses ne se passent pas ainsi.
– Si tu le dis, je ne demande qu’à te croire. Mais changeons de sujet, car je sens que chacun de nous va s’arc-bouter sur ses positions. Que fais-tu, maintenant que tu n’es plus un Padawan ?
– J’ai été versé dans le Corps Agricole, où j’officie au sein de la logistique.
– Mais pourquoi t’habiller toujours en Padawan ?
– Parce que je suis toujours au service de l’Ordre. C’est une manière de lui rendre hommage.
– Vraiment ? Où se trouve ton sabrolaser ?
– Je n’ai pas le droit d’en porter. Et puis il ne me serait d’aucune utilité à bord.
– Pas le droit de… ? Je trouve ça incroyable ! Comme tous les apprentis, tu as grandi en apprenant à te servir d’un sabrolaser, je me trompe ?
– C’est exact.
– Et quand tes maîtres ont décrété que tu avais échoué dans ta formation, ils t’ont privé de sabrolaser ? Et bien, voilà qui est pour le moins cruel. Il ne manquerait plus qu’ils t’aient interdit d’utiliser la Force !
Le silence qui suivit fit comprendre à Tel’Ay qu’il avait fait mouche.
– Seuls les Jedi ont le droit de se servir de la Force et d’un sabrolaser, finit par répondre l’humain, sur un ton monocorde de récitation.
Les yeux brillants et le sourire aux lèvres, Tel’Ay porta l’estocade finale :
– Je ne suis pas un Jedi, or j’utilise la Force et un sabrolaser.
Sur ce, le Skelor salua de la tête, tourna les talons et s’en fut. S’il avait réussi à semer les graines de la confusion dans l’esprit de l’humain, il ne tarderait pas à le revoir. Il se pouvait même qu’il tint là son premier apprenti.

***
Quand Dark Glaro surgit de l’hyperespace, non loin de la Station Spatiale Carolusia, il était pour le moins furieux. Une panne d’hyperdrive l’avait contraint à atterrir en catastrophe sur une planète de troisième zone, où il avait perdu trois semaines, le temps que les pièces nécessaires à la réparation parviennent à la ville minable dans laquelle il s’était retrouvé coincé.
Depuis qu’il avait quitté Coruscant, suite au meurtre d’Aar Gamonn, son maître Dark Omberius lui avait ordonné de se rendre en personne sur le Carolusia afin de tuer Ver’Liu So-Ren, vu que les Archanges de Norkaï avaient échoué dans cette mission. Glaro avait été d’autant plus ravi de recevoir un tel ordre qu’il savait trouver sur son chemin Tel’Ay Mi-Nag. Il avait hâte d’affronter ce défi à sa mesure, et prouver la supériorité des successeurs de Dark Bane sur ceux de Maal Taniet.
Il ouvrit une fréquence avec les autorités d’appontement de la station, et se présenta comme un Jaabimien faisant régulièrement des affaires avec les Skelors. La réponse qu’on lui fit l’irrita au plus haut point : ceux qu’ils cherchaient avaient été évacués vers Velinia III, quatre jours auparavant.
Alors qu’il cherchait dans son répertoire astrographique la localisation de cette planète, sa console de communications bipa, sur une fréquence qu’il ne connaissait que trop bien. Il ouvrit la liaison et dit :
– Je suis à vos ordres, maître.
– Je l’espère bien, seigneur Glaro, rétorqua froidement Dark Omberius. Où êtes-vous ?
– Je viens d’arriver sur le Carolusia, et j’apprends à l’instant que les Skelors sont tous partis. Je m’apprête à partir à leur recherche.
– Oubliez cela. Il y a du nouveau.
– Des ennuis, maître ?
– D’une certaine manière, oui. Un Jedi a été capturé alors qu’il fouinait sur Skelor I. J’ai donné l’ordre qu’il soit envoyé sur Moltok. Je veux que vous vous y rendiez pour l’interroger, avant de le livrer à nos scientifiques Ho’Din. Il sera très utile à leurs recherches.
– A vos ordres, maître, soupira Glaro, frustré de comprendre que le combat auquel il aspirait ne serait pas livré de sitôt.
– Que la Force soit votre servante, Dark Glaro.
– Qu’elle soit votre esclave, maître.
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Messagepar Notsil » Jeu 28 Fév 2008 - 22:36   Sujet: 

Et voilà tout ce petit monde en voyage vers des terres inconnues !

J'ai cru que le Jedi allait y passer, mais ouf toujours en vie (quoique vu où il est tombé, ça ne risque d'être qu'un sursis ^^), la conversation entre Tel'Ay et l'ex-Padawan était sympa, même s'il manque peut-être un soupçon de je ne sais quoi... Car le fait qu'il dise "Vous croyez peut-être que je vais adhérer à vos vues ? " montre qu'il y a pensé tout de même ^^

Ceci dit l'estocade finale est bien portée pour l'achever ^^

Pauvre Dark Glaro toujours un temps de retard ^^ J'aime bien leur façon de se dire au revoir, ça change du classique Jedi ^^
"Qui se soumet n'est pas toujours faible." Kushiel.

Novembre approche...
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Messagepar Titi77 » Jeu 28 Fév 2008 - 22:37   Sujet: 

Ayé, lu !

Alors on commence par la forme :

Tchoo-Nachril mit son chasseur au point mort -> stoppa ses moteurs ? (au point mort ça fait un peu chauffeur de taxi tout de même)
mais il vivait avec le spectre de cette épée de Damoclès -> (je crois pas qu’on ait besoin de préciser spectre)
rentra les coordonnées hyperspatiales dans l’astronavigateur… après avoir (ajout d'un espace après les points)
La situation à bord du Carolusia était déjà suffisamment (trop ?) explosive pour que
Un raclement de mauvais augure se fit entendre à l’extérieur, comme si une partie de l’appareil menaçait de se désolidariser. Tchoo-Nachril mit la Force à contribution pour stabiliser son appareil -> répétition
Voilà qui est mieux, nota-t-il mentalement, jusqu’à ce que la Force
. Il se dirigeait vers Billolougue -> le nom est différent avec le début du chapitre !
Il pouvait encore moins compter sur ses yeux, qui ne distinguait rien d’autres que les épaisses -> distinguaient rien d'autre
Après deux heures de vol -> et pas 15 min ?,
Quand les Zabraks apprirent que le Conseil Agricole -> le corps ou la banque :roll:?

Sur le fond maintenant :

Minos écrit toujours aussi bien, le texte est fluide et on rentre dans l'histoire sans problèmes.
Les personnages sont intéressants et de nouveaux éléments viennent ajouter peu à peu à leur complexité comme la discussion entre Tel'Ay et le Padawan raté (où le Skelor fait preuve d'une logique implacable même si c'est d'un certain point de vue).
Globalement, ce chapitre est assez court et est axé sur deux évènements principaux : les péripéties du Whipid et le départ des Skelor de la station spatiale. La petite déception que je verrais est le fait que malgré ses efforts, Tchoo-Nachril s'est peut-être fait avoir un peu trop facilement. (Mais sinon, comment le faire aller là où l'auteur le veut ? ^^)
Malgré tout, je suis cette histoire avec toujours autant d'intérêt que lors du début de Tel'Ay 1. Au prochain chapitre donc :)
"And gradually their bittersweet laughter floated from the wooden table [...], up, ever up into stars too numerous to count [...], vectoring out across space and time, as if destined to be heard in galaxies far, far away..."
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Messagepar Minos » Jeu 28 Fév 2008 - 22:54   Sujet: 

Merci à mes deux psychopathes préférés traqueurs de coquilles et autres maladresses. Avec toutes vos remarques, je serais mûr pour avoir un peu de boulot de réécriture. En tout cas, je trouve sacrément gratifiant et enrichissant que votre niveau d'exigence, dans la forme et dans le fond, soit à la hauteur de la rigueur à laquelle j'essaie de m'astreindre dans l'écriture.
Et y'a encore du boulot, à ce que je vois ! Continuons comme ça :)
Minos
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Messagepar Den » Ven 29 Fév 2008 - 0:05   Sujet: 

En directe du travail! Den, le super groupie! 8) (roooh j'ai honte de me servir du pc de la direction pour ça :oops: ) Mais les nuits sont longues!
En tant que groupie (comme tu le dis si bien :D ) Je dois t'avouer que j'ai vraiment aimé! :lol:
L'apparition du personnage de l'ancien pada m'a bien plu, la discussion qui s'en est suivie encore plus! Et sa façon de parler est space, mais originale, je trouve! Ca me fait penser à Villie :lol:
Tchoo-Nachril est toujours aussi éclatant! Décidément, je suis fan de ce personnage! :lol: D'ailleurs, je rejoins Titi sur le fait que je trouve qu'il se fait avoir un peu trop facilement
pour ce qui est de Dark Glaro, j'avoue que si j'étais son maître, je l'exploserais littéralement! Il arrive toujours en retard :lol: C'est ma seule déception en fait! J'ai hate de voir ce qu'il vaut vraiment!
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Messagepar Darkliser » Ven 29 Fév 2008 - 11:23   Sujet: 

Bon ben j'ai tout lu même la partie 1 ( j'aurais du commencer par là)
C'est une superbe histoire, l'écrivain est trés bon :D et les personnages sont tous intéressants.
J'ai pas grand chose à dire concernant une critique vu que je ne vois rien de vraiment mauvais :x

Continue comme ça et j'espère la suite!!
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Messagepar Minos » Ven 29 Fév 2008 - 11:40   Sujet: 

Merci à tous les deux !

Concernant Tchoo-Nachril, je lui avais prévu une grosse course-poursuite dans le chapitre, mais avec tout ce qu'il s'est pris dans la g**** à partir de son arrivée, j'ai estimé qu'il n'aurait pas la force de tenir jusque-là.

La suite pourrait arriver (vive le conditionnel :D ) en début de semaine prochaine, si j'ai l'inspiration dans le train dimanche ! (6 heures, ce serait dommage de pas en profiter).
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Messagepar Den » Ven 29 Fév 2008 - 12:46   Sujet: 

Yeah! La suite, très vite donc! Ca c'est une excellente nouvelle :lol:
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Messagepar Minos » Ven 28 Mar 2008 - 15:16   Sujet: 

Voici la suite. Bonne lecture à tous !

Chapitre 10

Quand Tchoo-Nachril revint à la conscience, il était perclus de douleurs. Il entra aussitôt dans une transe de guérison superficielle, pour restaurer ses forces. Prenant garde à rester immobile, pour ne pas se trahir aux yeux d’une éventuelle surveillance, il repensa aux événements qui l’avaient amenés là.
Il fut brièvement honteux de n’avoir pas su mieux résister aux Zabraks, avant de se consoler en se remémorant qu’il n’avait cessé de tirer sur ses réserves depuis qu’il était sorti d’hyperespace. Néanmoins, à la réflexion, il fut assez contrarié en se rendant compte qu’il n’avait pas déployé toute sa puissance, afin d’en garder sous le coude en cas de nécessité. Jamais il n’aurait dû faire ce type de calcul. Il lui aurait fallu prendre chaque problème après l’autre, plongé pleinement dans la Force vivante, plutôt que de s’économiser en pensant à moyen terme. Pour le restant de son existence, sa main manquante serait là pour lui rappeler son erreur flagrante.

Cette leçon intégrée, il appela toute la puissance de la Force, et une explosion de douleur jaillit dans sa tête. Haletant et en sueur, il cessa aussitôt son effort et sentit la souffrance refluer pas à pas, lentement, pour laisser place à des élancements violents qui lui martelèrent les tempes.
Il perçut qu’une sorte de bandeau lui enserrait le front, telle une improbable couronne. Il était allongé, nu, sur ce qui ressemblait à un lit métallique comme en employaient certains hôpitaux de la galaxie, et quand il tenta de bouger, il s’aperçut que ses membres et son cou étaient entravés, le clouant au lit. Au-dessus de sa tête, un plafond grisâtre était orné d’un néon fatigué, qui diffusait une lumière fantomatique.
Il émit un sifflement de frustration, et perdit assez de sa maîtrise pour laisser échapper un gémissement impuissant.

Il entendit le chuintement d’ouverture d’une porte automatisée, et un humanoïde de très grande taille ne tarda pas à le surplomber. Peau verdâtre, longiligne, visage surplombé d’une touffe d’organes sensoriels en mouvement permanent, et qui rappela à Tchoo-Nachril des serpents. Un Ho’Din.
L’être était l’image de la sérénité, et il arborait un sourire discret. Tchoo-Nachril y vit l’expression d’un être en pleine confiance, qui se sait inattaquable et supérieur.
– Que…Qui êtes-vous, et qu’est-ce que vous me voulez ? demanda le Chevalier Jedi d’une voix hésitante, une lueur de peur dans les yeux.
– Restez calme, mon ami. Vous énerver ne vous servira à rien.
– Pourquoi…pourquoi est-ce que je ne peux pas utiliser la Force ? Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
Le sourire du Ho’Din s’élargit.
– Remarquable artefact que ce…appelons-le un inhibiteur de Force, pour simplifier. Une invention de génie, assurément, fruit de travaux très poussés. Savez-vous d’où jaillissent les impulsions de midi-chloriens dans un cerveau humanoïde ?
– De nulle part et de partout tout à la fois, répondit Tchoo-Nachril, l’air perplexe.
– Bien sûr que non, s’esclaffa le Ho’Din. En fait, quand un être fait appel à la Force, nos analyses ont montré que les impulsions de midi-chloriens provenaient du cerveau reptilien, du moins chez les mammifères.
– Mensonge ! Nul n’a jamais déterminé avec précision les mécanismes inhérents à la Force !
– Nous, si, se rengorgea l’être originaire de Moltok.
– Vous dites n’importe quoi, ricana Tchoo-Nachril. Je suis sûr que vous avez simplement branché votre truc inhibiteur sur l’activité cérébrale en général. Plus de précision est impossible.
– Croyez ce que vous voulez, rétorqua l’autre, méprisant. Quoi qu’il en soit, les Jedi ne seront bientôt plus qu’un souvenir. Grâce à votre contribution à nos recherches.
– Je ne me soumettrai jamais, je lutterai jusqu’au bout ! s’écria nerveusement Tchoo-Nachril.
– Vous avez déjà lutté, et perdu. Vous n’avez plus aucun espoir de vous en sortir. Bientôt, vous aurez perdu la Force d’une manière définitive !
–Vous êtes un imbécile, fit Tchoo-Nachril d’une voix glaciale, toute trace de fébrilité envolée.
– Que…commença le Ho’Din, décontenancé par le changement soudain de ton du Whiphid.
– Pensez-vous sérieusement qu’un Chevalier Jedi soit si facile à briser ? Croyez-vous vraiment que je suis votre prisonnier ?
– Mais…
– Votre arrogance vous a poussé à me dévoiler vos buts, ce qui était évidemment le but de ma petite comédie. Je suis ravi de voir que ma prestation, bien que fort médiocre, ait eu un tel succès.
Le Ho’Din fit deux pas en arrière, machinalement.
– Je vois que votre propre cerveau reptilien, qui commande l’instinct de survie, fonctionne bien, persifla Tchoo-Nachril. Voyons ce qu’il en est du mien, qui est capable d’agir sur ses midi-chloriens !

Le Chevalier Jedi effleura la Force, et une pointe de douleur surgit. Quand il augmenta son contrôle, son mal de crâne se renforça d’autant. Serrant les dents, il se jeta soudainement dans la Force, tel un nageur dans un océan. Une vague de souffrances le repoussa, à tel point qu'il eut l’impression d’être frappé de centaines de coups de poignard, laissant son corps pantelant et agité de tremblements. Il fit appel à toute la puissance de sa volonté pour faire exploser la Force en lui, s’engageant ainsi dans une bataille mortelle contre l’appareil qui le maintenait prisonnier.
Jamais, de toute sa vie de Chevalier Jedi, il n’avait autant souffert qu’à cet instant, mais cela ne le fit pas reculer. Il avait dit au Ho’Din qu’il lutterait jusqu’au bout et qu’il ne serait pas brisé, et était pleinement décidé à adapter ses actes à sa déclaration d’intention. Tchoo-Nachril était au cœur d’un réacteur en fusion, son corps n’était plus qu’une coquille brisée, compressée de toutes parts. Il ne fut bientôt plus capable de penser sciemment, et s’accrocha désespérément à la Force, minuscule lumière fuyante dans un néant de noirceur. Son esprit se déconnecta de son physique, ce qui ne l’empêcha pas de percevoir un bruit terrible digne d’un holocauste.

Et il se retrouva dans son corps, presque en état de choc. La douleur avait disparu, le laissant presque vidé de toute force. Il perçut des étincelles, vit de la fumée autour de lui, et parvint à bouger la tête. L’appareil qui lui emprisonnait le crâne avait été brisé.
Il s’assit laborieusement, le souffle court. Ses yeux larmoyants tombèrent sur le Ho’Din qui, en proie à la panique, avait gagné la porte de la pièce et tentait d’y rentrer un code d’une main tremblante.
Un geste de Tchoo-Nachril et le Ho’Din fut projeté contre la porte. Son geôlier tomba au sol avec un cri de surprise, sonné.
Tchoo-Nachril aurait dû être au bord de la mort. Peut-être l’était-il, d’ailleurs. Et pourtant…peut-être était-ce dû au fait de s’être connecté à la Force avec une intensité qu’il n’avait atteinte jusque-là, mais il la sentit plus réceptive que jamais à son contrôle. Il s’en drapa avec une facilité déconcertante et son corps fut comme neuf, en meilleur état qu’au summum habituel de sa force.

Le Ho’Din parvint à se relever, et activa l’intercom.
– Alerte ! Le prisonnier tente de s’échapper ! fut tout ce qu’il parvint à dire avant de s’écrouler à nouveau.
Tandis que des alarmes se mettaient à retentir derrière la cloison, Tchoo-Nachril marcha sur la porte et empoigna le Ho’Din terrorisé comme s’il ne pesait rien.
– Le code ? demanda-t-il.
– Je…je ne peux pas vous le dire. Il me tuera si je vous le donne !
Le Jedi le toisa, avant de le lâcher, car il sentit qu’étonnamment, même si Tchoo-Nachril lui inspirait une peur bleue, le Ho’Din ne dévoilerait rien. Qu’à cela ne tienne. La Force n’avait jamais été aussi puissante en Tchoo-Nachril. Il se concentra sur le boîtier de commande et les touches qui le composaient. Il visualisa l’objet, et en projeta une version 3D dans son esprit. Explorant le dessous des touches de cette image virtuelle, il s’en rapprocha pour voir lesquelles étaient le plus usées, signe qu’elles étaient les plus utilisées. Il en identifia six, et s’attela aussitôt à entrer les deux cent dix combinaisons possibles, à une telle vitesse que le Ho’Din ne vit qu’une tache floue à la place de la main de Tchoo-Nachril. Trente secondes suffirent pour que la porte s’ouvre dans un chuintement.
Le Whiphid releva le Ho’Din et l’attrapa par le bras.
– Vous venez avec moi. Le Conseil Jedi aura bien des questions à vous poser.
– Mais…vous êtes complètement fou ! Vous n’espérez pas sortir vivant d’ici, tout de même ?
Le sourire carnassier qui apparut sur le visage de Tchoo-Nachril donna sa réponse au Ho’Din.
– Où est mon sabrolaser ?
– Je ne vous dirais rien !
Mais tout en prononçant ces paroles, une image apparut dans l’esprit de l’ex-geôlier, et dans l’état d’hyperréceptivité dans lequel il se trouvait, Tchoo-Nachril n’eut aucun mal à la capter. Son sabrolaser tournait lentement, prisonnier d’un champ de force portatif, dans une pièce encombrée qui ressemblait à une salle de trophées, ou à un musée. Le Ho’Din ne contrôlait pas ses pensées, et Tchoo-Nachril en extirpa deux nouvelles informations. La localisation de la pièce en question (niveau 7, salle B-11), qui lui fit se rendre compte qu’il était à bord d’un navire de taille respectable, et surtout une nouvelle image : celle d’un humain de haute taille engoncé dans une bure, au visage buriné par les ans et encadré par de longs cheveux blonds dont les pointes étaient tressées, tout comme sa barbe. Le visage de l’homme qui terrorisait le Ho’Din, encore plus que Tchoo-Nachril.
– Merci, lâcha laconiquement ce dernier, avant de tenter de s’orienter.
Tout allait se jouer dans les prochaines minutes. Le Chevalier Jedi n’était pas un féru de l’utilisation du sabrolaser, car il adhérait pleinement au principe qui disait que ce n’était pas le sabrolaser qui faisait le Jedi, mais la Force. Ceci dit, il n’était pas obtus pour autant, et dans la situation présente, avoir son sabrolaser lui faciliterait énormément la tâche.
Ne pas traîner dans ce couloir. L’ennemi était en route. Si le Ho’Din ne lui serait d’aucun secours, Tchoo-Nachril sentit qu’il suivrait tout de même sans se rebiffer, trop inquiet pour sa sécurité pour se rebeller. Le Whiphid lâcha brièvement son prisonnier, avant de le plaquer contre un mur avec son moignon.

Il fit courir sa main sur le mur, à la recherche de…, il avait trouvé ! Les impulsions électriques qui partaient du boîtier de commande de la porte se déplaçaient de relais en relais, et le mèneraient au plus proche terminal informatique. Il se mit en marche, bras dessus bras dessous avec le Ho’Din. Ses sens aiguisés entendirent, en marge des alarmes tonitruantes qui continuaient de retentir allègrement, des bruits de pas métalliques qui se rapprochaient. Ils enfilèrent un couloir sur la gauche, puis un autre, avant que Tchoo-Nachril ne s’arrête devant une porte.
Blindée. Probablement anti-explosion, et dont le boîtier était désactivé. Le niveau de sécurité de cette pièce, d’où les impulsions électriques étaient les plus importantes du secteur, selon la Force, était à l’évidence plus élevé que dans l’ancienne cellule de Tchoo-Nachril. Voilà qui supposait une chose intéressante, à savoir que le lieu de son emprisonnement avait été improvisé. Peut-être que la machine infernale à laquelle il avait été soumise n’était qu’expérimentale, ou avait été installée à la hâte.
Sans trop y croire, Tchoo-Nachril tenta d’ouvrir la porte à l’aide de la télékinésie. Comme il l’avait pressenti, elle ne bougea pas d’un pouce. Le système hydraulique qui la commandait était trop puissant pour ses pouvoirs.
Main sur le mur, il chercha une faille dans les circuits qui couraient en dessous, mais s’aperçut vite que la commande d’ouverture ne pouvait se faire que d’un terminal…comme celui qu’il percevait derrière la porte, justement. Frustrant. C’est alors qu’il détecta une onde particulière émettant sur un spectre ténu, à tel point qu’il n’avait fait qu’effleurer son existence jusque-là, sans plus la remarquer. Elle provenait de la pièce hermétique, mais aussi du Ho’Din.
Bien sûr ! Il se tourna vers son prisonnier, et sourit de toutes ses dents quand il l’obligea à faire face à la porte. L’autre obtempéra sans un mot, avant de déglutir nerveusement quand Tchoo-Nachril s’empara de son avant-bras, dans lequel avait été implantée une puce de commandement, utilisable dans les cas d’extrême urgence. Reliée au système nerveux de son porteur, celui-ci pouvait la déclencher pour agir sur certains systèmes du vaisseau, et la captation des ondes alentours indiqua à Tchoo-Nachril qu’en l’occurrence, le Ho’Din était capable d’ouvrir la porte.
Il implanta de l’inquiétude, un malaise latent, puis de la peur dans l’esprit de son prisonnier, avant d’enchaîner par une légère pointe de douleur, issue de sa récente expérience en la matière, et lui dit :
– Soit tu ouvres cette porte, soit je fais de toi un légume, après t’avoir annihilé l’esprit.
– Vous bluffez, les Jedi ne font pas ce genre de choses, s’étrangla le Ho’Din.
– Avertir le Conseil Jedi de ce qui se trame ici en plus important que tout, et je suis prêt à tout pour remplir cette mission, rétorqua Tchoo-Nachril en priant pour son bluff fonctionne.
Il sentit l’indécision qui déchirait son interlocuteur, et découvrit avec surprise que ce dernier avait déjà subi des sévices mentaux par le biais de la Force. Un ou des Jedi Noirs étaient liés à cette affaire, nul doute là-dessus. Les ennemis de Tel’Ay Mi-Nag, peut-être ? Mais avant qu’il ne puisse réfléchir plus avant à ces implications, le Ho’Din répondit d’une voix chevrotante :
– Pitié, je ne veux pas revivre ça. Je vais ouvrir.

Dès qu’ils furent entrés et que la porte se fut refermée derrière eux, Tchoo-Nachril endormit le Ho’Din après lui avoir imposé la main sur le front, et il se jeta sur le terminal principal de la pièce. Il navigua de manière intuitive, handicapé par sa main manquante, mais ne fut pas long à trouver un plan du vaisseau. Il repéra leur position, celle du hangar des navires, dans lequel, s’il en croyait les données sous ses yeux, il trouverait un transporteur susceptible de leur faire quitter les lieux. Comme de juste, son sabrolaser ne se trouvait évidemment pas sur le chemin. Il mémorisa les plans de la moitié du navire avant de réveiller le Ho’Din. Les choses avaient été relativement faciles jusque-là, mais cela n’allait pas durer.
Pour les déplacements à bord des navires de grande taille, il existe tout un réseau d’ascenseurs. Il arrive néanmoins qu’ils soient en panne, ou désactivés. Pour éviter que dans le premier cas, nul ne puisse se déplacer, des couloirs de maintenance, étroits, sillonnent les vaisseaux capitaux. C’est tout naturellement vers le plus proche que Tchoo-Nachril entreprit de se diriger.
Dès qu’il eut ouvert le panneau derrière lequel il savait trouver le couloir, il jeta un coup d’œil dedans. Eclairé tous les dix mètres par un néon blafard, le conduit était carré et ne faisait pas plus d’un mètre de côté. Il poussa le Ho’Din en avant, en ignorant ses faibles protestations.
Tout en cheminant laborieusement, presque cassés en deux comme ils l’étaient, Tchoo-Nachril se demanda combien de temps il allait pouvoir tenir sur ce rythme. La Force brûlait en lui telle une torche, mais il ignorait tout des mécanismes qui alimentaient ce processus. C’était comme si une porte s’était ouverte dans son esprit, le connectant à…à quoi, au juste ? Il n’en avait aucune idée, mais sentait que cette aubaine ne durerait pas. D’une manière ou d’une autre, le feu s’éteindrait, la porte se refermerait. Quel que soit ce phénomène, il avait forcément ses limites, et le Jedi pria la Force pour qu’il dure suffisamment longtemps.
Vingt minutes leur suffirent pour se retrouver non loin de la salle où était exposé le sabrolaser de Tchoo-Nachril. Le Whiphid percevant clairement la présence d’une patrouille de droïdes derrière le panneau, grâce aux émissions électriques qu’elle émettait, il fit reculer de cinq mètres le Ho’Din, passa devant lui, et se jeta sur le panneau qui ouvrait sur le couloir, tout en projetant un coup de boutoir de Force devant lui. Le panneau céda aisément, et le Jedi effectua un roulé-boulé dans le couloir, au terme duquel il se releva face à ses adversaires. Une poussée de Force ravageuse les envoya s’écraser au sol et contre les murs, démantibulés avant même d’avoir eu le temps de tirer.
Tchoo-Nachril enregistra leur image dans un coin de son esprit, sans s’y arrêter plus avant. Il se consacrerait à leur étude plus tard. Il ordonna au Ho’Din de le rejoindre, ce qu’il fit après une brève hésitation. Un simple regard à son prisonnier suffit pour que celui-ci comprenne qu’il devait ouvrir la porte, ce qu’il fit en tremblant.
La pièce des collections était la jumelle de celle où Tchoo-Nachril avait eu accès au terminal informatique. Dix secondes plus tard, le Jedi avait désactivé le champ de force qui retenait son sabrolaser, et il éprouva de la satisfaction à sentir son arme, si familière, dans le creux de sa main. Ils ressortirent aussitôt. L’étape numéro un de son plan était achevée, et ils devaient désormais quitter les lieux.

Tchoo-Nachril, même avec son sabrolaser, éprouvait toujours le besoin de s’entourer d’autant de précautions que jusque-là. Il ne disposait plus que d’une main pour se battre, et devrait adapter son style en conséquence, alors qu’il n’y était pas habitué. De plus, se déplacer au grand jour dans le vaisseau faciliterait leur interception, et leur parcours renseignerait trop vite l’ennemi sur les intentions de Tchoo-Nachril. S’il n’avait pas déjà compris, ce qui était fort probable.
Le Jedi eut une mauvaise surprise en voulant regagner le conduit de maintenance. Une cloison anti-explosion l’obturait désormais. Il la fixa quelques secondes, perplexe. La détruire, ainsi que toutes celles qui suivraient, déclencherait probablement des alarmes indiquant des anomalies au centre technique du vaisseau, et leur piste serait dès lors aisément traçable. Tchoo-Nachril avait perdu l’avantage de la surprise. Puisque quel que soit le chemin qu’il choisisse d’emprunter, il serait repéré, il décida de rester dans les couloirs principaux, où il aurait plus de champ pour se défendre. Il donna le signal du départ au Ho’Din effrayé.

Le Jedi, aux aguets, mit ses pouvoirs à contribution pour éviter de tomber nez à nez avec des patrouilles ennemies, quitte à effectuer quelques détours. Dès qu’il estimait que changer de route les éloignerait trop de leur objectif, il se jetait sur ses adversaires. Par deux fois, ils tombèrent sur un groupe de droïdes. Tchoo-Nachril eut peu de tirs de blasters à repousser, juste le temps de lancer une poussée de Force, qui fut à chaque fois suffisante pour se débarrasser des soldats artificiels.
Le troisième et dernier écueil avant d’arriver au hangar ne fut pas aussi facile à franchir. Cinq Niktos et Zabraks, armés et retranchés derrière un canon-laser portatif. Tchoo-Nachril s’arrêta juste avant de franchir le coude du couloir qui le mettrait dans leur ligne de mire. Dévier un tir de blaster était une chose, mais celui d’un canon-laser en était une toute autre. La puissance de l’impact ne pouvait être contrée au sabrolaser que si on tenait la garde de celui-ci des deux mains, et qu’on prenait la précaution de renforcer la puissance de ses bras avec la Force. Tactique impossible à mettre en place pour le Whiphid, au vu de son état physique.
Qu’à cela ne tienne. Il projeta ses sens sur le canon-laser et étudia sa structure, ainsi que les circuits qui le composaient. Bien que peu familier avec la technologie ho’din, de laquelle était issue l’arme, il ne tarda pas à identifier le moyen de la désactiver, même s’il ressemblait fort à une technique que n’aurait pas renié un utilisateur du Côté Obscur.
Il allait passer à l’action quand il sentit une détermination nouvelle émerger chez son compagnon. Il fit aussitôt volte-face et lui lança, menaçant :
– Oublie ça tout de suite.
Cela fut suffisant pour dégonfler toute velléité de rébellion chez le Ho’Din. Si le Jedi lisait dans ses pensées, il était bel et bien piégé. D’un autre côté, il commença à se rendre compte que sa meilleure chance de survie, paradoxalement, était l’intraitable Whiphid. Même s’il ne l’avait aidé qu’à son corps défendant, ses employeurs ne s’embarrasseraient pas de ses explications et le feraient sans nul doute passer de vie à trépas dès qu’ils auraient analysé les événements. S’il devait être fait prisonnier par le Conseil Jedi, celui-ci, au moins, épargnerait sa vie.

Tchoo-Nachril se concentra à nouveau sur le canon. Sur toute arme existait un système de sécurité, pour prévenir les accidents. En l’occurrence, il était régi par un bouton qui, une fois enclenché, envoyait une impulsion électrique en direction du tube et provoquait deux choses. L’obturation du tube, et le blocage des commandes. Tchoo-Nachril crut qu’il n’allait pas réussir sa manœuvre subtile, après quelques essais infructueux, mais il parvint finalement à tromper les systèmes de sécurité du canon, en altérant un signal électrique. Le conduit du tube se ferma à sa base, tandis que la gâchette de tir était de son côté toujours opérationnelle.
Les bras le long du corps, sabrolaser allumé au cas où, il s’avança dans le couloir. Ses ennemis le repérèrent aussitôt et le servant du canon déclencha le tir…et l’explosion de l’engin meurtrier.
Le Jedi soupira. Il devrait répondre de la vie de ces cinq hommes. Devant le Conseil, mais également et surtout devant sa propre conscience. Plus tard.

Il fit signe au Ho’Din de le rejoindre et ils se faufilèrent parmi les débris du canon-laser. Juste derrière, la porte du hangar, enfin. Le Ho’Din l’ouvrit, toujours grâce à la puce implantée dans son avant-bras. Le double battant commençait à peine à s’effacer qu’une lame pourpre en surgit et transperça de part en part le crâne du Ho’Din. Tchoo-Nachril sentit son pelage se hérisser. Il n’avait rien perçu, aucun signe avant-coureur ni avertissement de la Force ! Il franchit l’ouverture, sabrolaser activé à la main. Face à lui, une silhouette noire, encapuchonnée, sabrolaser rouge sang tenu à deux mains, comme sortie d’une légende Jedi . Ou plutôt Sith.

***
Le Maître Jedi Berio Mateseeres était pour le moins contrarié. La situation n’avait rien de simple. Détaché auprès du Corps Agricole, il avait reçu l’ordre du Conseil Jedi de mettre son navire, le Metak Tenak, à disposition de Ver’Liu So-Ren et des siens, afin de les convoyer jusqu’à Velinia III. Le Conseil l’avait essentiellement mis en garde contre le chef de la sécurité de So-Ren, qui revendiquait son héritage Sith. Pour des raisons politiques, l’existence de ce Sith était tolérée, mais Mateseeres avait conscience de l’explosivité potentielle de la situation.
Ses ordres étant d’éviter tout contact avec l’adepte du Côté Obscur, il avait donné des instructions en ce sens à ses aides, et ce Tel’Ay Mi-Nag semblait avoir adopté la même attitude de son côté. Mateseeres espérait donc que l’équilibre fragile qui régnait à bord perdurerait jusqu’à l’arrivée sur Velinia III. Ce vœu pieux ne fut plus qu’un souvenir quand la sonnette de ses quartiers retentit. Il alla déverrouiller la porte, et sa sérénité de Jedi fit place à un torrent d’émotions violentes quand il vit l’être qui se tenait devant lui. Le Sith skelorien, Tel’Ay Mi-Nag.
Celui-ci, l’air grave, s’inclina profondément, tout en prenant le soin de présenter ses paumes en avant, comme en signe de paix, et dit :
– Veuillez m’excuser de vous déranger, Maître Mateseeres. Je suis confronté à un événement qui, à mon grand regret, m’oblige à prendre contact avec vous, contrairement à la ligne de conduite que je m’étais fixé en embarquant sur ce navire.
– Je vous écoute, répondit Mateseeres d’une voix ferme, dès que l’entraînement de toute une vie lui eut rendu presque instantanément sa sérénité Jedi.
– J’ai conscience que mon existence n’est tolérée que parce que je suis sous la protection de Ver’Liu So-Ren, et qu’au moindre acte de traîtrise ou d’agressivité, je serai traqué et exterminé, quoi que puisse dire ou faire mon roi. Or je me trouve dans une situation délicate, que je souhaite clarifier de suite avec vous.
– Laquelle ?
– L’un de vos anciens Padawan est venu à moi et nous avons eu une conversation ensemble. Je tiens à vous assurer que cette rencontre n’a pas eu lieu de mon propre fait, afin de ne pas être en porte-à-faux vis-à-vis de vous. Quelle attitude souhaitez-vous que j’adopte si une telle situation venait à se renouveler ?
– La réponse me semble évidente, répondit Mateseeres en fronçant les sourcils. Je vous interdis formellement d’adresser la parole aux miens, et le coupable va recevoir des instructions fermes de ma part. Qui est-ce ?
– J’ignore son nom. c’est un jeune humain, qui doit avoir quinze ou seize ans standard. Blond et ancien Padawan, à ce qu’il m’a dit.
– Marton Karr, laissa échapper Mateseeres. Je lui parlerai, et cet incident ne se reproduira pas. Je vous remercie de m’avoir averti de ce qui se passait.
– Je ne suis pas assez fou pour défier des Jedi, répondit Tel’Ay en haussant les épaules.
Il s’inclina une nouvelle fois et prit congé. Mateseeres ne vit pas le sourire en coin que le Skelor se permit tandis qu’il s’éloignait des quartiers du Maître Jedi.

Marton Karr subit les remontrances de Berio Mateseeres, et sembla contrit sur le coup, quand le Maître lui eut fait comprendre qu’il aurait pu compromettre gravement la sécurité de tous à bord. Si les excuses qu’il proféra semblèrent satisfaire Mateseeres, elles parurent creuses à ses propres oreilles.
Les braises du conflit existaient en Karr avant sa rencontre avec Tel’Ay, et ce dernier avait suffisamment soufflé dessus pour que les flammes de la frustration et de la discorde jaillissent chez le jeune humain.
Celui-ci se réfugia dans un mutisme boudeur pendant les deux jours suivants, ressassant sans cesse de sombres pensées. L’idéal des Jedi, qu’il avait soutenu toute son existence, s’éloignait de lui à grands pas, sans qu’il parvienne vraiment à comprendre pourquoi.
La seule conclusion, qui revenait de plus en plus souvent au terme de ses réflexions tumultueuses, était que les Jedi ne lui permettraient jamais de réaliser son potentiel de Force. Pire, ils lui avaient menti, en lui présentant les Sith comme étant tous des monstres assoiffés de sang. Or, il avait l’intime conviction que Tel’Ay Mi-Nag n’était pas de ceux-là, qu’il était différent. Si Marton Karr avait cru, depuis son éviction de la voie des Jedi, qu’il pourrait se contraindre à ne plus utiliser la Force pour le reste de sa vie, il se rendait désormais compte que celle-ci, qui faisait partie intégrante de son être, lui manquait terriblement. Il la sentait en lui, le tourmentant chaque seconde un peu plus, désireuse de sortir, de jaillir, de briller.

Quand il n’y tint plus, il se faufila subrepticement hors de ses quartiers, lors du cycle nocturne du navire, désireux de voir Tel’Ay Mi-Nag. Il en voulait au Sith de l’avoir vendu auprès de Mateseeres, et les sentiments qui bouillonnaient en lui exigeaient une explication. Sa frustration avait trop grandi, il lui fallait la déverser.
Il enfila les coursives désertes et se présenta à un corps de garde tenu par deux Skelors, avant de demander à voir Tel’Ay Mi-Nag. L’un d’eux, après lui avoir lancé un long regard méfiant, partit à la recherche de son supérieur et moins de cinq minutes plus tard, il revint, le Seigneur Sith à ses côtés.
Tel’Ay avait une lueur triste dans les yeux. Il demanda à ses hommes de garder pour eux la visite de Marton karr, et il l’entraîna dans une petite pièce vide.
– Tu prends de grands risques en venant ici, Marton Karr, dit-il d’une voix douce.
– Je me sens trahi, cracha l’ancien Padawan. Pourquoi avez-vous été dire à Maître Mateseeres que nous nous étions vu ? Nous n’avons rien fait de répréhensible, nous avons juste eu une conversation. Et pourtant, vous n’avez rien eu de mieux à faire que de courir voir mon maître pour me dénoncer, comme si j’avais commis un crime !
– Tu es aveuglé par tes émotions, mon garçon. Reprends ton contrôle. Un utilisateur de la Force doit réfléchir au-delà des apparences, au-delà du court terme. Ne te rends-tu donc pas compte que ton acte a failli déclencher une guerre à bord du Metak Tenak ?
– Vous vous moquez de moi ?
– Pas le moins du monde, mon garçon. Les pratiques Sith sont interdites sur le territoire de la République, ce qui aurait déjà dû conduire à mon extermination. L’an dernier, j’ai affronté un Jedi du nom de Yoda. Il m’a vaincu avec une facilité déconcertante, mais m’a pourtant laissé la vie sauve, pour une raison que j’ignore. Aujourd’hui, je bénéficie de la protection temporaire de Ver’Liu So-Ren, et ma présence peut aider à stabiliser un peu la confusion ambiante. Par contre, il n’y a aucun doute à mes yeux que dès que la crise sera résolue, les Jedi s’empresseront de me mettre hors d’état de nuire, c’est-à-dire de me tuer, car pour eux, quoi que je fasse et quoi que je dise, je suis un ennemi héréditaire et mortel.
– Quel rapport avec moi ?
– Je suis comme un équilibriste, qui doit faire attention à ne froisser personne, car mon existence même est considérée comme une menace. En venant me voir, tu as failli rompre cet équilibre précaire. Si les Jedi à bord avaient décidé que j’avais essayé de te corrompre, comme ils disent, ils auraient pris les armes contre moi sans hésiter, et je sais que mon roi ne l’aurait pas toléré. S’en serait suivie une guerre, Skelors contre Jedi, qui se serait sans nul doute poursuivie sur Velinia III, entraînant mon ami Seperno, responsable de la colonie républicaine sur cette planète, dans ce conflit où tout le monde aurait quelque chose à perdre, et rien à gagner. Diplomatiquement, j’étais obligé de rendre compte de notre conversation à ton Maître. Tu comprends cela ?
Marton Karr réfléchit longtemps, et se rendit effectivement compte de l’extrême imprudence dont il avait fait montre. Et dont il faisait encore étalage en ce moment même, en ayant provoqué cette nouvelle rencontre. La tête basse, repentant, il dit d’une voix éteinte :
– Je suis désolé. Je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle. Je…
Il se tut. Tel’Ay, faussement compatissant, posa la main sur son épaule, avant de lui dire :
– Chacun de nous suit la voie qu’il s’est tracé. Je n’irais pas contre ma nature, de cela je suis certain. De même que toi, élevé en Jedi, qui continuera pour le restant de tes jours à servir l’Ordre, puisque tu crois en ses idéaux.
A ses mots, Marton Karr, les yeux brillants d’une lueur farouche, releva la tête et rétorqua :
– Je ne crois plus en leurs idéaux. La Force est en moi, j’ai toujours vécu en elle et à travers elle, et je veux pouvoir m’en servir à nouveau ! Sans elle, je suis handicapé, brimé !
Tel’Ay fit mine de réfléchir un long moment.
– Comment comptes-tu faire pour user de la Force ?
– Je…en aucun cas auprès des Jedi, de cela je suis sûr. Ils ne le permettraient pas.
Quand il leva des yeux suppliants vers Tel’Ay, celui-ci sut que le fruit était prêt à être cueilli. Le Skelor sembla hésiter longtemps, puis acquiesça de la tête en soupirant.
– Je vais t’aider, mon jeune ami. Malgré les difficultés que cela risque d’engendrer, j’estime que tu mérites qu’on te laisse ta chance.
Tel’Ay s’empressa de réfréner la joie qui inonda alors Marton Karr.
– Ecoute, nous ne devons plus nous revoir. Voici mon comlink, réglé sur ma fréquence personnelle. Je te contacterai dès que j’aurais mis au point les détails de ton débarquement sur Velinia III. En attendant, nous ne nous connaissons plus. Cache au plus profond de toi ce que tu ressens, et ne commets pas d’imprudence.
Mélange de soulagement et de fierté, Marton Karr s’empressa d’acquiescer et s’empara du comlink. Tel’Ay le renvoya, prétextant que plus ils s’attarderaient, plus ils auraient de chances d’être découverts.

Un sourire satisfait illumina ses traits quand il fut seul. Maître Maal Kuun avait désormais un élève.

***
La tranquillité à bord du Metak Tenak dura une semaine, avant de prendre fin la veille de l’arrivée sur Velinia III. Ce soir-là, Ver’Liu s’octroya un repos bien mérité, lui qui passait seize heures par jour à organiser l’accueil des Skelors avec Seperno, via communication hyperspatiale. Régler des centaines de détails s’avérait très fastidieux, et tant qu’à se relâcher, il invita Sionarel à partager son dîner. Ils passèrent un excellent moment dans le calme, dans une ambiance feutrée, sans avoir conscience que le terme le plus judicieux qui s’appliquait à ce genre de soirée était « romantique ».
Un peu de vin alderaanien avait accompagné leur repas délicat, et Ver’Liu tombait un peu plus amoureux à chaque seconde qui passait. Il en arriva à un point où il envisageait de déclarer sa flamme à Sionarel, dans les yeux de laquelle il croyait lire de l’attente.
Après qu’il leur eut servi du thé orsunc, il y eut un silence gêné, moment d’éternité pendant lequel tout paraît possible. Instant où une décision, un acte, peuvent changer des avenirs. La question qui tiraillait Ver’Liu était : dois-je l’embrasser ? Le problème était qu’il ignorait la réponse. Pour se donner une contenance, il porta son verre de thé à sa bouche et avala une gorgée du breuvage traditionnel skelorien. Il fit la grimace et reposa brusquement le verre. La pièce se mit à tourner, de plus en plus vite. Il vit Sionarel, qui se mouvait au ralenti, avancer lentement vers lui, une expression de peur sur le visage, tout en prononçant des mots qu’il n’entendait pas. Il aurait voulu la rassurer, lui dire qu’il n’avait jamais été aussi heureux que ce soir-là, car elle était à ses côtés. Lui dire qu’il l’aimait, et que nulle n’était aussi belle qu’elle. Lui dire qu’il avait sommeil, qu’il sentait qu’il s’y enfonçait doucement, et qu’il ne craignait plus rien, puisqu’elle était là. Il ne put prononcer aucune de ces belles paroles.

Tel’Ay et Marton venaient de se retrouver pour faire un dernier point sur l’arrivée sur Velinia III. Le Sith avait tout organisé. Une de ses équipes de sécurité prendraient en charge Marton, et lui feraient quitter le navire par la soute à bagages, au cas où les Jedi montrent le bout de leurs appendices nasaux lors du débarquement des Skelors. Il n’eut pas le temps de rentrer dans les détails qu’un cri déchira les entrailles du vaisseau.
Tel’Ay déploya ses sens, et sentit Marton faire de même, maladroitement. Le Skelor sentit la panique de Sionarel, et s’y accrocha comme à une balise, tandis qu’il courait à travers les couloirs pour la rejoindre. Son sang se glaça dans ses veines quand il vit que la Force le menait aux appartements de Ver’Liu.
Les gardes étaient déjà entrés et entouraient leur roi, qui gisait inerte, bave aux lèvres, dans les bras de Sionarel. Tel’Ay s’ouvrit un passage et se pencha sur Ver’Liu. Il ne respirait plus.
– Faites venir un docteur ! cria Tel’Ay, avant de se tourner vers Sionarel.
« Que s’est-il passé ? » fit-il en la secouant, tandis qu’elle pleurait toutes les larmes de son corps.
Elle parvint à balbutier le mot « thé », et Tel’Ay se jeta sur le breuvage. Il fit passer une gorgée dans sa bouche, et ses sens de Sith détectèrent immédiatement le poison. La formation de tout Sith passait notamment par l’apprentissage de tous les poisons, aussi Tel’Ay l’identifia sur-le-champ. Du vinauriais, connu pour déclencher des réactions chimiques empêchant l’oxygène d’atteindre le cœur.
Il s’agenouilla à nouveau aux côtés de Ver’Liu, et posa sa main sur le torse glacial de l’adolescent. Il regretta de ne pas avoir le Gant de Vèntorqis avec lui et se mit à l’œuvre. Voyageant dans l’infiniment petit, comme il l’avait fait pour guérir Anaria, il repéra l’agglomérat de molécules de vinauriais, qui obstruait les artères coronaires du myocarde de Ver’Liu. Il tenta de détruire ces cellules infectieuses en les faisant exploser, mais prit conscience de la vanité de ses efforts, qui lui prendraient des heures. Heures que Ver’Liu n’avait pas à vivre. Il tenta une mesure désespérée, dont il n’était même pas certain qu’elle fut possible. Il repoussa le groupe de vinauriais un peu plus avant dans l’artère, et provoqua une explosion de Force légèrement plus importante. Le dosage fut bon, mais les cellules restantes se regroupèrent à nouveau et repartirent vers leur but. Il réitéra sa manœuvre délicate à trois reprises, avant de s’estimer satisfait. Les cellules de vinauriais n’étaient plus assez nombreuses pour causer de dommages irréparables.
Un docteur arriva sur ces entrefaites et entreprit un massage cardiaque. Bientôt, le cœur de Ver’Liu se remit à battre.
Légèrement tremblant, Tel’Ay se remit debout. Il ne fit pas attention au regard éperdu d’admiration que lui lança Marton. Il avait un problème majeur sur les bras. Il y avait un assassin, sans doute skelorien, à bord de ce navire.

***
Combien de temps la Force allait-elle continuer à affluer en Tchoo-Nachril, telle était la question qu’il se posait tandis qu’il faisait face à son adversaire, qui se contentait de le jauger en silence. Ses yeux brillaient d’un éclat d’or, sous l’obscurité de sa capuche. Une barbe blonde, tressée, descendait jusqu’à sa poitrine. L’homme correspondait parfaitement à l’image mentale que le Jedi avait capté dans l’esprit du Ho’Din défunt. Tel était donc l’ennemi ? Intéressant. Il engagea la conversation, espérant glaner des informations supplémentaires à rapporter au Conseil Jedi.
– As-tu un nom, Jedi dévoyé ?
– Je ne suis pas un Jedi dévoyé, comme tu dis, répondit le Jaabimien d’une voix rauque. Je suis un Sith, et je m’appelle Dark Glaro.
Sith ? Dark ? Voilà qui ne plaisait pas du tout, mais alors pas du tout à Tchoo-Nachril. Après Tel’Ay Mi-Nag, voilà qu’il rencontrait un autre être héritier des ennemis séculaires des Jedi. Mais à la différence du Skelor, qui ne semblait pas décidé à se laisser entièrement absorber et diriger par le Côté Obscur de la Force, l’humain se paraît du titre de Dark, qui avait été porté par les plus farouches ennemis de la République en d’autres temps.
– Et n’espère pas rapporter ces informations à quiconque, Jedi. Ta fuite s’achève ici.
L’interpellé ne répondit rien, et se contenta de se mettre en garde. Chaque adversaire se connecta à la Force. Tchoo-Nachril décida de sa tactique : renforcer son bras grâce à la Force, et utiliser la forme III du combat au sabrolaser, le Soresu, technique principalement défensive, du moins tant qu’il n’en saurait pas plus sur les capacités de son ennemi. Il se mit en position et attendit sereinement que Dark Glaro passe à l’attaque.

De son côté, Dark Glaro rayonnait. Il était enfin mis à l’épreuve ! Dark Omberius, son Maître, estimait qu’ils étaient prêts à affronter la République, et il lui revenait le privilège d’être le premier à porter un coup direct à l’ennemi tant haï. L’heure de la vengeance avait sonné, et à titre personnel, Dark Glaro était d’autant plus ravi qu’il allait enfin pouvoir évacuer toute la frustration emmagasinée ces derniers temps. Et ce combat ne pourrait que lui servir, à titre personnel. L’expérience qu’il en tirerait ne pourrait que lui être bénéfique, dans le but qu’il caressait depuis qu’il était en âge de penser : prendre la place de son Maître.

Il passa à l’attaque sans plus attendre, en assenant plusieurs coups puissants, de taille, rien que pour juger de la valeur de son adversaire. Il se méfiait du Whiphid : après tout ce qu’il avait encaissé, celui-ci ne semblait même pas affaibli, et la perte de sa main n’avait pas l’air de l’handicaper. La Force était très puissante en lui.
Tchoo-Nachril, imperturbable, ne céda pas un pouce de terrain. Intérieurement, il commençait déjà à s’inquiéter. Même s’il mettait le plus grand soin à le cacher, il ne parvenait à contenir les assauts du Sith qu’avec difficulté. Si l’un et l’autre ne changeaient pas de tactique, Glaro finirait par l’emporter. Malheureusement pour le Jedi, Glaro continua à se battre de la même manière, se faisant plus pressant à chaque seconde. Tchoo-Nachril rompit l’engagement en exécutant un saut périlleux arrière, et décida de répondre à la violence par la violence. L’Ataro devrait être plus efficace, pensa-t-il, d’autant que le vaste hangar s’y prête.

Il se jeta sur Dark Glaro, bien décidé à ce que ce combat soit le plus bref possible. Il chercha à le déborder, à le faire douter, en exploitant toutes les failles qu’il croyait percevoir dans la défense de son ennemi. Quand il n’en décelait pas, il frappait tout de même comme un sourd, en espérant transpercer la défense du Sith. Rien n’y fit. Au contraire, le visage de Dark Glaro s’illuminait de plus en plus. Il s’amusait comme un fou. Il avait la totale maîtrise du combat. Il avait compris, dès que Tchoo-Nachril avait abandonné la technique du Soresu, que celle-ci n’était pas efficace face à lui. L’Ataro ne pouvait pas le vaincre, car les techniques se basant sur l’attaque étaient la spécialité des Sith.
Tchoo-Nachril s’entêtait pourtant. Bien qu’ayant conscience de la précarité de sa position, car il ne voyait nul moyen évident de vaincre Dark Glaro, il s’obstinait. S’il parvenait à prolonger le statu quo entre eux, la différence se jouerait à l’endurance. Et il était particulièrement bien pourvu de ce côté-là.
Il lui fallut quinze minutes de combat acharné, quasiment sans temps mort, pour percevoir que Dark Glaro jubilait et ne faisait que jouer avec lui. Même au jeu de la résistance, Tchoo-Nachril, qui commençait sérieusement à fatiguer, ne faisait pas le poids. Le Jedi, bien conscient de se rapprocher à grands pas de ses limites, décida d’abandonner toutes les techniques qu’on lui avait inculqué, pour se concentrer sur ce qui faisait réellement sa force : l’improvisation.
Lors de l’assaut furieux suivant, et alors que le sabrolaser de Dark Glaro fonçait à la rencontre du sien, il se laissa tomber à terre et faucha les pieds du Sith, déséquilibré par son attaque avortée. Glaro parvint à lever une jambe juste à temps, mais son pied d’appui fut sectionné sur le coup, entraînant sa chute.
Quand Tchoo-Nachril, toujours à terre, voulut porter un nouveau coup à Glaro, celui-ci parvint à intercepter la lame verte du Jedi. Son sourire avait disparu au profit d’une grimace de douleur, et son front dégoulinait de sueur, ce qui donna du baume au cœur de Tchoo-Nachril.
Chacun voulut lancer une poussée de Force sur l’autre, simultanément, et tous deux furent balayés par la puissance du choc. Ils roulèrent sur quelques mètres. Tchoo-Nachril bondit sur ses pieds et marcha résolument sur Glaro, qui se contenta de se mettre à genoux, irradiant de haine. Alors que le Jedi allait frapper, il eut la surprise de voir le Sith lâcher son sabrolaser et tendre les mains vers lui.
Des éclairs bleu-blanc jaillirent de l’extrémité de ses doigts et percutèrent Tchoo-Nachril de plein fouet. Etourdi et sous le choc, celui-ci en lâcha son sabrolaser, tandis que Glaro, lèvres serrées, continuait de bombarder son corps d’arcs électriques.
Tchoo-Nachril se sentit sombrer dans les ténèbres, et tenta de lutter, malgré la douleur. Le fait qu’elle soit moins importante que celle distillée par l’inhibiteur de Force comptait bien peu, tandis qu’il sentait son corps à bout de forces s’abandonner. Il eut un dernier réflexe. Le sabrolaser de Glaro reposait à la droite du Sith, allumé, et Tchoo-Nachril projeta sa télékinésie sur l’arme. Elle transperça le Sith au niveau de l’estomac.
La dernière vision de Tchoo-Nachril, avant de s’écrouler inconscient, fut Dark Glaro en train de cracher des gerbes de sang.
Minos
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