Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession [FIN]

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Messagepar Clonedroïd92 » Mar 20 Fév 2018 - 19:55   Sujet: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession [FIN]

Hello ! Me revoilà !
Mesdames, messieurs, après plus d'un an de silence suite à ma fan-fic sur le Premier Ordre, les Héritiers du Trône, me revoici avec une nouvelle fic. Explications.

Si les Héritiers a été ma première fic, répondant à un désir de combler un blanc suite à TFA, des histoires Star Wars, y en a eu plusieurs qui ont germé dans ma tête avant. La première qui depuis revient tout le temps concerne la Guerre des Clones. Vous connaissez le principe des histoires Infinities ? On change un détail, et effet papillon oblige, tout change. On l'a tous fait au moins une fois. Et si Vador avait tué Palpatine ? Et si Luke avait rejoint Vador ? Et si les Jar Jar n'avait pas existé ? Et si les storm n'étaient pas pris de cécité dès qu'ils voient un héros ? Bref vous voyez le délire.

Et bien c'est exactement ça que je vous propose. Laissons la postologie et revenons à une question qui me hante depuis la prélogie :

Et si Anakin n'avait pas tué Dooku et l'avait ramené au Conseil vivant ?

Tout bête, hein, mais ça change absolument toute l'histoire. Ce moment est pour moi le plus gros coup de poker de Palpatine. Là où tout aurait pu foirer. Du coup ? Happy end ? Palpy arrêté et les Seps et Loyalistes qui jettent les armes et font l'amour à même le champ de bataille ? Pas vraiment.
Pour moi, la guerre des clones n'est pas juste un complot Sith. C'est surtout surtout la rupture et la chute d'un système. Du coup, les choses auraient peut être pris une tournure pas si sympa que ça si Palpy n'avait pas sonné la fin de la recré. C'est le sujet ici.

Cette fic n'est pas LA réponse, mais je pense que c'est une évolution possible des choses. Dans les gros traits bien sûr. Les personnages inventés et leurs histoires personnelles, qui influent fortement sur le récit, sont complètement de mon invention, et tous autres perso et événements auraient pu avoir lieu. mais derrière le cadre des perso, il y a le cadre de la guerre et je vous la montre tel qu'elle aurait évolué selon moi si elle avait continué plus longtemps.

Alors niveau chrono et spoiler :

C'est du INFINITIES, donc tout ce qui existe après la Bataille de Coruscant n’est ni Legends, ni Canon. Cependant, il y beaucoup de référence sur AVANT la bataille de Coruscant. Du coup, j'ai fait comme pour les Héritiers du Trône. Les sources canons avant la bataille de Coruscant ont été respectées au maximum de telle sorte que le canon est intacte et lorsque j'avais envie de développer j'ai soit user du Legends, soit inventé, mais sans que cela ne nuise au canon. Ca complète. Pyramide de Kelsen version Star Wars (ceux qui font du droit apprécieront).

Niveau Spoiler, ça spoil pas mal d'oeuvres canon : Si vous n'avez PAS LU OU VU les oeuvres suivantes, NE LISEZ PAS ma fic (où alors vous vous en foutez :

- SOMBRE DISCIPLE (spoiler majeur)
- SON OF DATHOMIR (Spoiler majeur)
- CATALYST (Spoiler moyen)
- TCW (Spoiler majeur mais faut quand même pas déconner)


Au niveau de l'histoire, je la développe d'un point de vue qui me tient à coeur : ce sera côté Séparatistes. L'un des camp des plus muet et délaissé de tout l'univers SW. Il y aura beaucoup de batailles (piou piou), beaucoup de politique, de l'eau de rose et du osé (et oui j'y reviens là aussi, c'est une histoire mature donc oublié le chaste), des insultes comme il faut (désolé), du comique (non je ne bosse pas chez Marvel) et du sombre. Il y aura une pluralité de personnages narrateurs (trois) à contrario de ma précédentes fic et de nombreux perso développés, parfois connus, parfois inconnus.

Je compte partir sur une publi par semaine, le mercredi, comme la dernière fois. Ma fic est déjà finie, il y aura donc une fin, je ne vais pas vous lâcher en cours de route. je tiens à préciser que je n'ai lu aucune fic sur le même principe et la même trame. S'il y a des ressemblances avec un autre, c'est totalement fortuit, mais je doute qu'il y en ait. Au fait, elle est longues. De la taille d'un roman. J'ai mis plus d'un an à l'écrire. Plusieurs centaines de pages. :paf: :diable:

Voilà ! Je vous balance le prologue histoire de teaser comme un porc. A la semaine prochaine !




STAR WARS


GUERRE DE SÉCESSION



PROLOGUE




«  Je le confesse. Tout ceci n'est rien que du théâtre. Habitants de la galaxie. Je le maintiens, nous courrons à notre perte. J'ai quitté l'Ordre Jedi pour un seul but : dépasser les limites. Je désirais obtenir le pouvoir, les savoirs interdits par l'Ordre. Mais je ne désirais pas ce pouvoir pour moi. Au cours de ma carrière de Jedi, j'ai pu constater la violence, le désordre, l'anarchie, le chaos...
J'ai tenté en vain de limiter la soif de pouvoir de dirigeants tyrannique. J'ai lutté de toutes mes forces pour que des mondes ne se déchirent pas dans la rage et la haine. Mais j'étais bien le seul, les Jedi étant inféodés à une République obnubilée par ses intérêts économiques , le confort des conglomérats industriels et la faim cupide et dévorante de ses Sénateurs corrompus.
J'ai vu des Sénateurs faire des moratoires sur l'esclavage et les crimes commis par les pirates, tout en laissant la Bordure Extérieure pourrir sous la pression des cartels, gangs et esclavagistes, restants sourds à la souffrance quotidienne de milliards de personnes. Meurtres de masses, esclavage, viols, coups d’État, révoltes et tyrannies... tout ceci arrivait au nom du pouvoir, de l'argent ou simplement du goût du sang. On devait mettre un terme à tout cela. C'était notre devoir. Mais le Sénat fermait les yeux au profit de ses ambitions. Les Sénateurs, à l'abri sur Coruscant, ont laissé leurs populations mourir, se déconnectant de la réalité, quand ils n'étaient pas à la solde des corporations responsables de ces actes. Ils ont abandonné leurs propres peuples.
Quant aux Jedi, malgré leurs bonnes intentions, leur allégeance envers cette « démocratie » les paralysaient. Ils n'avaient ni les moyens légaux, ni les moyens matériels pour arrêter ce chaos. Je m'étais engagé dans l'Ordre Jedi, renonçant à mon rang de Comte et mes privilèges, pour lutter au nom du bien, de la justice, et de la paix. Pas pour servir une bureaucratie.
Au fil du temps, j'ai compris. La politique est la seule solution pour changer les choses. Pour rendre les choses meilleures. Du moins dans un premier temps.

C'est avec cette idée en tête, et avec de réelles bonnes intentions, que j'ai suivi le projet du Sénateur Palpatine, devenu Chancelier.
Il a écouté mes idées, mes aspirations. Nous sommes devenus amis. Nous partagions le même rêve. Celui d'une galaxie unie autour d'un même drapeau, d'une même loi qui régirait équitablement le Noyau comme la Bordure. Celui d'une galaxie dirigée par une seule voix incorruptible, libérée des antres de la politique et de la corruption du Sénat. Un règne militaire, régie par la loi des Sith, qui saurait apporter la paix et l'ordre à la galaxie.

Pour ce faire, pour réaliser le règne des Sith, je me suis initié au Côté Obscur de la Force. J'ai appris la voie des Sith. Je pensais que seul le Côté Obscur me donnerait la force de sauver la galaxie et d'instaurer un régime fort. Je l'ai fait autant par intérêt que par nécessité. La galaxie se vautrait dans la décadence et l'individualisme superficiel. Il FALLAIT agir.

Pour cela il fallait révéler aux mondes la réalité de la situation. Depuis mille ans, la crasse qui pourrit la galaxie était soigneusement cachée par une couche de compromis et de corruption, tel un oignon. On empilait encore et encore, enterrant toujours plus profondément les cadavres et la honte. Il fallait montrer la vérité. Il fallait que la galaxie prenne conscience de sa situation. Il fallait que les gens ouvrent les yeux. La République était un système finit. La civilisation que nous connaissions était morte, et un nouveau monde devait voir le jour.

Sur ordre du Chancelier Palpatine, j'ai donc fait le tour de la Bordure Extérieure, me posant en défenseur de la cause des oubliés. Je me suis élevé en protecteur de la liberté, de l’indépendance, du droit à la souveraineté, appuyant là où ça faisait mal : les lacunes et les manquements outrageants de la République. Je n'ai rien fait de particulier. J'ai juste appuyé sur les bons boutons. J'ai cristallisé les problèmes et les injustices qui régnaient au sein de notre civilisation. La rage populaire et l'envie de justice à fait le reste. J’étais devenu l'icône de l'idéal séparatiste, le visage du changement, mais la Guerre des Clones était inévitable. Les oubliés se sont réunis derrière moi et la cupidité des corporations, avides des profits qu'engendrerait une guerre, puis la vie dans le nouveau régime confédéré, ont donné de quoi répandre le feu et la mort dans la galaxie.

Parallèlement, avec mon ami et complice, Palpatine, nous avons délibérément joué la carte des négociations pour poser le Chancelier en homme bon, incorruptible défenseur de la paix et de la République. Son image était sauve, alors qu'il venait de tuer dans l'oeuf tout espoir d'éviter cette guerre de rupture qui mènerait la galaxie à sa perte. Palpatine à tout fait pour accélérer et intensifier le conflit.

Nous sommes les créateurs originaux de l'armée des clones. Nous avions, plus de dix ans auparavant, secrètement commandé cette armée auprès des Kaminoiens dans le but que la République ait une puissance de feu nécessaire pour ne pas tomber tout de suite et puisse ravager les mondes séparatistes. Mais nous avons fait en sorte que le mouvement séparatiste soient mieux armé afin que la guerre perdure et engendre des milliards de morts. L'équilibre des forces était assuré. Palpatine empêchait la République de se défendre efficacement et de régler ses soucis internes, la corruption du Sénat facilitant grandement la tâche, permettant d'entretenir l'image de leader honnête aux mains liées, quant à moi je faisais en sorte de contrôler les peuples séparatistes et l'action de guerre afin que la République soit à feu et à sang mais pas vaincue.

Notre but était de créer le pire conflit de l'histoire galactique. De diviser tous les peuples de la galaxie, d'anéantir toute forme de loi et d'ordre pour ne laisser place qu'au chaos. Plus les peuples s'entre-déchireront, plus les amis et voisins d'hier prendront les armes pour s'entre-tuer, plus la galaxie serait mûre pour accepter notre rêve. Un Empire qui assurerait l'ordre et la paix pour des millénaires. Notre but était de purger, de détruire, d'anéantir pour mieux reconstruire. Avec de meilleures bases, de meilleures fondations.

Je vous le dis, aujourd'hui, tout n'était que théâtre. Mensonges. Manipulation. Je pensais le faire pour de bonnes raisons. Mais lorsque ma lame s'est retrouvée autour de mon coup avec la lame de Skywalker, mon passé de Jedi a rattrapé mon présent de Sith. Et j'ai compris. Mes intentions étaient certes bonnes mais je les ai pervertis. J'ai perdu mon âme, ma conscience, et je me suis trahis moi même. Je pensais être un architecte, mais lorsque le Chancelier a ordonné mon exécution, moi, son plus fidèle et ancien complice, j'ai tout compris. Je n'ai été qu'une marionnette, un pion au nom de la soif de pouvoir de l'être le plus machiavélique que je n'ai jamais vu. J'aurais dû le voir, la trahison est la voie des Sith. Je me suis aveuglé comme l'avait fait la galaxie.
Palpatine est un monstre. Il ne tolérera aucune opposition à son pouvoir, il tuera et décimera au nom de la peur. Personne ne sera épargné, ennemis comme alliés. Il tuera encore et encore. Il ambitionne déjà de créer une arme capable de détruire des planètes entières. J'ai été aveugle. Mais entre ces sabres, j'ai recouvré la vue. Je ne peux plus me taire. De toute façon, je suis fini. Je le sais, pour moi c'est la fin de la route. Mais tant que Palpatine vivra, personne ne sera en sécurité. Tant qu'il vivra, mon rêve d'une galaxie unie, en paix et guidée par la justice ne pourra jamais voir le jour. Vous devez l'arrêter...

Mais j'ai bien peur que ce que nous ayons réveillé ne soit pas arrêtable. La purge de cette galaxie a commencé, nous avons réveillé des passions et des espérances violentes qui ne peuvent être étouffées. La galaxie n'en a pas fini avec elle même, et c'est peut-être la seule chose dont je suis fier. L'abcès est crevé. Les temps vont être durs. Cette guerre ne finira pas de si tôt, mais si l'après se fait sans Palpatine, alors cela vaudra toujours mieux que l'état où la galaxie se trouvait auparavant...

J'espère qu'un jour vous aurez la force de me pardonner, et si ce n'est pas le cas qu'un jour j'aurais la force de me pardonner moi même. »




Confession enregistrée du Comte Dooku pour l'Ordre Jedi et le Sénat, capturé par le Chevalier Jedi Anakin Skywalker lors de la Bataille de Coruscant.
Modifié en dernier par Clonedroïd92 le Sam 02 Fév 2019 - 20:33, modifié 2 fois.
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Messagepar L2-D2 » Mer 21 Fév 2018 - 22:49   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Prologue lu!

J'adore! Le concept, l'époque, le style : belle progression depuis "Les Héritiers du Trône"! La tirade de Dooku est magnifique.

Vivement mercredi prochain! :oui:
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Messagepar Kanji-Wan » Mer 21 Fév 2018 - 23:26   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Très belle confession de Dooku. Ton texte est très bien écrit, avec très peu de fautes d'orthographe :oui:

En tout cas, ton prologue me donne vraiment envie de lire la suite. Bravo :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 22 Fév 2018 - 0:38   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Hey L2 ! Ravi de te voir de retour ! :jap:

Merci à vous deux. Oui, j'ai vraiment pris le temps de poser et de bosser cette fic. J'espères vraiment qu'elle vous plaira. :oui:
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Messagepar Jagen Eripsa » Ven 23 Fév 2018 - 22:45   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Ma foi, voilà un incipit alléchant ! :sournois:

J'ai moi-même imaginé un passage du genre, fut un temps... Et je l'avais retranscris d'une façon somme toute assez proche, avec Dooku devenant le témoin-clé contre Palpatine. Mais dans mon récit, Palpatine s'arrangeait pour s'en débarrasser. :D

Sur la forme, j'ai noté quelques petites fautes, genre un "à" au lieu de "a", mais dans l'ensemble c'est mieux que pour les Héritiers du Trône. :ange:

Bon courage pour mener ce récit à bien !
“La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.” - Confucius
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 28 Fév 2018 - 16:57   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Bonjour a tous ! La premiere publi est prete a sortir, mais, typique de ma chance, le travail ne me laissera pas rentrer chez moi avant demain. Du coup soit je vous le poste tard cette nuit, soit demain. Desolé de ce souci bien indpendant de ma volonté :transpire:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 28 Fév 2018 - 23:21   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Bon, ma chance ayant tournée en ma faveur je suis plus tôt chez moi. Donc : voici le début du chapitre 1 de ma fic ! Ce chapitre sera le plus court de l'histoire. Bonne lecture !!


STAR WARS

LA GUERRE DE SECESSION



Chapitre 1 : L'essor de la Confédération



«  Citoyens de la République, Messieurs les Sénateurs, Mesdames les Sénatrices,

Nous nous présentons ici, ce soir, devant vous car l'heure est grave. Après les révélations du Comte Dooku, nous avons décidé de mettre en état d'arrestation le Chancelier Palpatine le temps qu'une enquête soit diligentée. Conformément aux ordres selon les contingences de la Grande Armée de la République, nous avons fait usage de l'Ordre 65 en conformité avec nos statuts de Généraux de la GAR. Nos vaillants soldats ont tenté de mettre aux arrêts Palpatine. Ce dernier nous a alors révélé sa véritable nature en usant de ses pouvoirs maléfiques pour se soustraire à la Garde de Coruscant. Le Commandant Thire et la totalité de ses hommes ont perdu la vie dans cette tentative d'arrêter le traître.
Il ne fait donc plus aucun doute que les révélations de Dooku sont réelles. Palpatine est le Seigneur Sith qui, avec l'aide de Dooku, a instrumentalisé et déclenché cette guerre atroce.
Nous ne pouvons donc pas ignorer plus longtemps les autres révélations de Dooku. Les corporations ainsi que nombre de Sénateurs ont été partie prenante à cette mascarade et se sont rendus coupables de crimes contre les êtres vivants. Nous n'avons que trop ignoré la corruption et la malhonnêteté qui gangrènent ce Sénat depuis si longtemps.
Dès lors, dans le but de préserver les institutions de la République, la continuité de son combat pour la liberté et la démocratie, et maintenir l'ordre au sein de son administration et de son armée, le Conseil des Jedi prend le commandement exclusif de la GAR ainsi que de la totalité des institutions. Le Sénat est donc temporairement placé sous tutelle, et ce afin de garantir la sécurité de la République et permettre les réformes nécessaires à sa survie.
Nous resterons ouverts à toutes doléances, à toutes réclamations et à l'avis du peuple. Cependant, les forces armées et de sécurité de la République répondront de leurs actes devant nous. Nous ne tolérerons ni la duplicité, ni l'agitation. Nous devons rester unis afin de prendre les bonnes décisions et trouver une issue à cette situation. Sénateurs, soyez en avertis, nous sommes avec vous, mais nous ne tolérerons plus le chaos. »

Discours du Maître Jedi Mace Windu prononcé devant le Sénat de la République, deux jours après la capture du Comte Dooku.


Saleucami dans la Bordure Extérieure
5 mois après l'arrestation de Dooku et la chute de Palpatine



- Gardez votre formation !! ordonna Thodes.
- On se prend un barrage de tirs, tonna Zi'rel.
- Escadron Zeta 052, passez devant !
- Bien reçu, bien reçu, accusa réception de l'ordre le chasseur Vautour sur le HUD tactique de Thodes.

Les Vautours se jetèrent sur la masse de chasseurs loyalistes. Nombreux d'entre eux furent pulvérisés avant d'avoir pu ouvrir le feu, mais la seconde vague put détruire des V-Wings. La formation ennemie se scinda en deux pour éviter plus de pertes.

- C'est le moment ! Rompez la formation et engagez le combat ! ordonna Thodes
- Ouais, faisons en sorte que les micro-ondes ne se soient pas sacrifiés pour rien, rajouta sur le ton d'une semi-plaisanterie, Mayla la Twi'lek.

Thodes fit vrombir son Rogue P-38 et vira de bord. Il prit un intercepteur V-Wing dans son viseur. L'indicateur d'acquisition de cible holographique du tableau de bord indiqua que le clone ne pouvait plus rien espérer. Thodes décocha une salve qui emporta le loyaliste.

- Joli tir ! le félicita Antius
- Un de moins, annonça Kaylin
- Drankar ! Dégage, ils sont sur toi ! avertit Rial

Drankar vira d'un demi-tour sur lui-même. Le P-38 était un chasseur de conception utai particulièrement agile, rapide, robuste et doté de deux puissants canons laser.
Drankar plaça plusieurs tirs directs sur le V-Wing. Ce dernier s'enflamma pour exploser plus loin. Mais Drankar ne put échapper à l'ARC-170. Un éclair vert percuta le P-38 de Drankar.

- La vache, bordel, j'ai perdu 65% de mes boucliers !
- Entamez la procédure d'évasion, BT-1605, suggéra un droïde Vautour. Vous avez une vélocité potentielle de 38 % supérieure.
- C'est Drankar, sale tas de boulon ! J'arrive pas à le semer !
- Tiens bon ! l'encouragea Thodes. J'arrive !

Thodes verrouilla le Républicain. Son premier tir toucha l'imposant réacteur gauche du chasseur lourd. Il le toucha encore à l'aile gauche, puis au châssis.
L'ARC-170 ne moufta pas et continua de traquer Drankar.

- Mais pourquoi ils ont foutu des boucliers aussi balèzes sur ces trucs ? ragea Thodes.
- Pour qu'ils puissent me pourrir la vie ! rigola Drankar alors qu'il s'apprêtait à se faire descendre.

Complètement barré.

Thodes avait toujours l'ARC-170 de verrouillé. Ce dernier n'avait pas ce qu'il fallait pour semer un P-38. Mais il possédait des boucliers très solides, trop solides, et de puissants canons laser. Partout. Y compris en poupe. Un détail que Thodes avait tendance à oublier, surtout lorsqu'il pensait son ennemi prit au piège. Thodes dû faire une embardée pour esquiver le tir de l'artilleur arrière de l'engin.

- Wooh woh woh …

Ce petit temps gagné permit au pilote adversaire d'aligner son tir sur le chasseur de Drankar.

- J'suis touché ! J'sui touché ! s'alarma Drankar, plus du tout amusé.

Thodes se décala sur la gauche du chasseur lourd, là où il l'avait précédemment touché et mitrailla le 170. L'aile se décrocha et le réacteur gauche explosa, emportant la moitié du tri-cockpit. Thodes regarda l'appareil en perdition exploser plus bas.

- Drankar ! Situation ? demanda Antius
- Tu vois une bonne grosse bouse d'un Hutt ? J'sui en plein dedans !
- Dégage de là, Drankar, t'es hors-combat. Retourne sur l'Abnegator !
- Déstressez. J'suis encore dans la course !

Le fuselage du P-38 était percé en deux endroits de l'aile droite du chasseur. Drankar était en feu et perdait de l'énergie à vue.

- Ça suffit, Drankar ! On a perdu assez d'hommes comme ça ! Tu rentres sur le vaisseau, c'est un ordre ! dit Thodes sur un ton ne souffrant d'aucune mollesse.
- Bien reçu, bien reçu … lâcha Drankar sur un ton agacé.
- Formation, on se réveille ! On doit partir de ce secteur ! Y-Wings en approche ! intervint Mayla.

Thodes vira de bords avant que l'inévitable se produisit. Une immense explosion secoua la frégate de classe Munificent devant eux sur toute sa longueur.

- Merde ! On vient de perdre l'Acéré !!! piailla Rial
- On était à découvert sur ce secteur depuis sept minutes ! réprimanda Mayla, la Twi'lek au caractère de combattant revêche légendaire.
On doit se charger de ces sacs à viande et les écarter de la flotte, surtout les Y-Wings !
- Non ! contredit Thodes.
- Quoi ? s'exclama t-elle.

Le ton de la Twi'lek ne souffrait lui non plus d'aucune mollesse. Mais vraiment d'aucune...

- Les Vautours peuvent se charger de ça. On subit notre propre assaut. On doit passer à l'attaque !
- Je suppose que t'as un plan ? demanda Mayla entre ses dents.
- A tous les escadrons ! Formation de protection de proximité sur les unités principales. Cibles prioritaires : les Y-Wing. Tactique des cisailles. En avant !
- Bien reçu, bien reçu, convertit le casque de vol de Thodes les réponses des Vautours.
- Les Vautours ne sont pas assez bons pour faire face aux clones ! Et si tous les escadrons sont en défense, comment veux-tu que l'on mène l'assaut ?
- Aie confiance Mayla, ils ont l'avantage du nombre. En se fixant sur les Y-Wings ils devraient les empêcher de bombarder nos vaisseaux capitaux.
Escadron Delta 471, Echo 231 et Zeta 850, regroupez-vous derrière notre formation. Formation d'approche en quinconce. Tenez-vous prêts à rompre la formation pour acquisition de cibles à mon ordre. D 471, vous passez devant.
- Bien reçu, bien reçu. On vous suit, Commandant.
- Même avec trois escadrons de Tri-chasseurs on y arrivera pas ! Tu veux faire quoi face à des Venator ? s’interrogea Antius.
- Général Kaizer, vous me recevez ?
- Cinq sur cinq, commandant. Je tiens à vous dire que votre stratégie défensive a 72,6% de chance de réussir mais notre niveau de pertes serait à plus de 61% nous rendant vulnérables et rendant improbable tout assaut sur les vaisseaux capitaux ennemis.
- Rangez votre super programme analytique et écoutez. Préparez les escadrons de Hyena. Qu'ils se tiennent prêts à foncer sur les cibles !
- La probabilité que des bombardiers Hyena puissent passer les rangs de chasseurs de défenses de la République et puissent causer des dégâts incapacitants aux destroyers Venator est inférieure à 13%. Je déconseille cette attaque.
- Les Hyena ne donneront l'assaut qu'à mon ordre ! Nous allons constituer la première vague d'assaut. On va créer un couloir d'assaut pour les bombardiers.
- Vos chances de survivre ne sont que de 41,3...
- … ensuite je ne demande pas aux Hyena de détruire les Venator. Juste de détruire leurs générateurs de boucliers sur les tourelles de commandement, continua Thodes en ignorant le droïde à bord de l'Abnégator.
- C'est pour ça que t'as re-déployé tous nos effectifs pour la défense de nos vaisseaux capitaux, hein ? s'amusa Mayla. Allé, je marche !
- Sans les boucliers déflecteurs, un barrage de tirs aurait 94% de chances de détruire la totalité de la flotte ennemie. Mais la première phase du plan reste aléatoire, tempéra le super droïde tactique.
- Laissez-moi le facteur aléatoire, Kaizer. Occupez-vous de coordonner les Hyena.
- Comme vous voudrez. J'écrirais sur vos cartes de décès pour vos familles que je vous aurais prévenus des statistiques défavorables.
- Ça ne vous protégera pas de la fureur de mon frère, rigola Kaylin, la Mirialan.
- Allez, les Raiders, en avant ! ordonna Thodes.

L’escadron de Tri-chasseurs D 471, passa devant. E 231 et Z 850 prit les flancs droit et gauche. Les Raiders prirent la position de commandement au centre de la formation.

La plupart des chasseurs de la République essayaient tant bien que mal de sauver leurs bombardiers de l'acharnement des Vautours, mais le commandant de la formation ennemie avait laissé une vague de défense de V-Wings à proximité des destroyers. Les Venator effectuaient un barrage de tirs et déjà trois frégates Munificent et un destroyer Recusant avaient succombé. Il fallait agir vite.

- Clones en approche ! Des V-Wings, annonça Zi'rel.
- Attendez, attendez … fit Thodes.
- Ils sont sur nous ! intervint Kaylin

Les deux formations s'entrechoquèrent. Les V-Wings firent feu les premiers et plusieurs Tri-chasseurs disparurent dans les flammes. La formation Séparatiste ouvrit le feu et ce fut au tour des V-Wings de voir plusieurs des siens exploser. Les Loyalistes commençaient déjà à rompre leur formation pour contourner la vague Séparatiste, et les encercler.

- Rompez la formation et engagez le combat ! Neutralisez toutes vos cibles ! Pas de pitié pour les sacs de viande !
- Bien reçu, bien reçu ! Détruisez les ennemis de la Confédération, acquiesça le leader Tri-chasseur des Echo.

Thodes verrouilla un V-Wing qui s'apprêtait à passer au-dessus de la formation et le pulvérisa. Il prit un virage serré sur la gauche et vit deux V-Wings prendre en chasse deux Tri-chasseurs.

- Ne peux pas semer l'ennemi. Demande assistance.

Bien que ce ne fut que deux droïdes, l'instinct d'escadron de Thodes prit le dessus et il ne put ignorer l'appel de détresse de ses équipiers.

- Tenez bon !

Il détruisit le premier V-Wings facilement, ce qui permit à un Tri-chasseur de décrocher et de le rejoindre pour éliminer le dernier Loyaliste. Le V-Wing toucha légèrement le Tri-chasseur, mais le blindage limita les dégâts.

- Tir groupé !
- Sac de viande verrouillé, confirma le droïde.

Thodes et le Tri-chasseur piégea le clone au milieu d'un tir croisé. Ce dernier tenta un vain looping mais fut pulvérisé en pleine manœuvre.

Thodes refit une embardée et vit Antius poursuivit par un ARC-170. Le Tri-chasseur qui tenta de le sauver fut abattu par l'artilleur arrière après lui avoir asséné quelques coups.

- J'sui tout seul !
- Non, tiens bon, je suis là !

Thodes prit de la hauteur et plongea sur le chasseur lourd. Le point faible de l'ARC-170, hormis sa vitesse médiocre et sa maniabilité exécrable, était sa taille. L'engin était massif, avec un gros volume. Et aucune tourelle n'était prévue pour couvrir le dessus et le dessous du chasseur et de ses trois pilotes.

Thodes n'eut aucun mal à mettre son P-38 en position de piqué et ouvrit le feu. Les boucliers tinrent les premiers coups avant de céder. L'explosion coupa le 170 en deux avant que l'équipage ne puisse se rendre compte d'où venait l'attaque.

- M.. Merci …
- T'en prie.
- Ça marche, les 170 viennent les assister. Le couloir sera bientôt dégagé, ils se fixent sur nous !

Mais Thodes n'eut pas le temps de lui répondre que son alarme de proximité sonna.

- J'ai un clone au train !

Il tenta une manœuvre en tonneau mais le clone était meilleur pilote que la plupart de ses semblables. Il sentit un coup sourd sur son aile gauche. Une autre alarme résonna, mais cette fois c'était une alarme de dégâts.
Boucliers étaient à 72 %.
Thodes commença à engager des manœuvres aléatoires démentielles. Les manœuvres d'un homme désespéré. De quelqu'un qui lutte comme un diable pour survivre et qui refuse l’étreinte de la mort. Mais parfois on ne peut rien faire.
L’alarme de verrouillage résonna de nouveau. Un autre coup sourd, puis un autre. C'était une rafale.
Boucliers à 10%

- Je suis touché ! J'peux pas le semer !!
- J'suis trop loin, commandant ! lui répondit Rial.
- J'arrive ! Tiens bon vieux, lui dit Antius sur un ton peu encourageant.

Antius était loin. Trop loin pour l'assister. Thodes tentait des manœuvres en zig zag serrés quand l'alarme de proximité s'activa encore. Thodes était verrouillé et aucun de ses équipiers n'était à distance d'intervention. Cette fois c'était là fin, il fallait l'accepter. C'était dommage, surtout après avoir survécu à Coruscant. Il espérait juste une chose, c'est que son père l'attendrait de l'autre côté. Il eut une pensée pour sa mère. La Guerre des Clones lui aura vraiment prit tout ce qu'elle avait.

Thodes entendit une détonation, mais ce ne fut pas celle de son chasseur. L'éclair de lumière n'était pas vert mais rouge. Thodes profita de ces précieuses secondes de répit et sortit de la mire du V-Wing et put voir ce dernier, une aile arrachée, les réacteurs en feu, tournoyer comme un fou avant d'exploser dans un hurlement d'agonie.
Le Séparatiste chercha des yeux son sauveur et n'identifia qu'un chasseur Tri-chasseur.

- Cible éliminée, annonça l'automate aux yeux rouges. Vos boucliers sont à 10%, je reste en couverture, monsieur.
- Merci 'tit gars ! J'ten dois une !
- Vous allez bien, commandant ? s'inquiéta Rial.
- Grâce à cette création divine, oui.
- La situation est à notre avantage, rajouta Mayla sur un ton soulagé. On a notre couloir dégagé jusqu'aux destroyers.

Elle était en train de descendre un 170. Thodes remarqua qu'elle disait vrai. Les chasseurs Loyalistes étaient dispersés.

- Général Kaizer, envoyez les Hyena.
- Ils sont déjà sur secteur. Escadron Omega 892, lancez votre assaut sur les cibles désignées.

Thodes n'eut pas l'accusé réception de l'ordre par les bombardiers, mais il n'avait pas besoin de cela. Il vit une trentaine de bombardiers Hyena s'engouffrer dans le couloir sécurisé pour fondre sur les Venator. Le Général Kaizer avait pré-positionné les bombardiers à la limite de la zone d'action pour rendre l'intervention rapide et précise. Efficace comme d'habitude.

Les turbolasers des destroyers firent un barrage de tirs sur les bombardiers mais les Hyena était suffisamment agiles et rapides pour passer outre, même si quelques bombardiers refusèrent de rompre la formation et furent détruits.
Les bombardiers se divisèrent en petit groupes et balancèrent leurs torpilles protoniques sur les générateurs de boucliers qui surplombaient les tourelles de commandement.
Immédiatement, les Loyalistes reformèrent une formation de chasseurs pour s'en prendre aux bombardiers, défendant désormais le terrain. Les Raiders allèrent à leur rencontre.

- En approche ! annonça Zi'rel.
- Bordel, ils sont trop nombreux ! cracha Kaylin
- En formation. En avant ! commanda Thodes

Les deux formations massives s'entrechoquèrent de nouveau. Thodes abattit un V-Wing, puis un autre. Il enchaîna une rafale bien placée sur un ARC-170, le détruisant sur le coup.

- J'sui touché ! cria Zi'rel
- Ah merde, mes réacteurs me lâchent ! maugréa Mayla.
- Mes boucliers vont céder ! paniqua Antius.

Les deux Vautours en formation avec Thodes furent pulvérisés par un Y-Wing qui attaqua de front. Thodes lui asséna une salve frontale, mais l'engin dévia sa trajectoire. Il lui asséna d'autres tirs directs mais le bombardier continua sa course. L'artilleur arrière rapprocha dangereusement ses tirs du cockpit vitrée du P-38 de Thodes.
Les BTL-B Y-Wing était des bombardiers avec une grande puissance de feu et des boucliers plus puissant encore que ceux des ARC-170.

Vous avez vraiment un problème avec les boucliers, les gars !

Le chasseur de Thodes n'eut aucun mal à re-verrouiller le bombardier, puis lui asséna une mitraille continue qui finirent par détruire l'engin.

- Nos bombardiers se font anéantir, marmonna Rial.
- Leur chasse s'est faite décimer, bien joué ! Général ? demanda Thodes au super droïde tactique.
- Nos pertes sont drastiques mais avant d'être mis en déroute, les bombardiers Hyena ont détruit les générateurs de boucliers de cinq des huit destroyers de la République.
- Je vous laisse à votre art, alors, général.
- A toutes les unités, alignement de votre vecteur d'attaque sur 12,7. Barrage de tirs. Cibles désignées : la formation de destroyers ennemie. Cibles prioritaires, les destroyers Venator dénués de boucliers déflecteurs. Utilisation de toutes les batteries. A mon commandement. Feu !

La bataille tourna réellement au carnage. Les Venator subirent de nombreuses explosions à tous les niveaux. Le destroyer de tête explosa littéralement. Celui du flanc droit vit son blindage central, au niveau du hangar, céder. Les explosions coupèrent littéralement le vaisseau en deux.
Le vaisseau du flanc gauche subissait le barrage de tirs du destroyer Recusant restant et d'une frégate Munificent. Les destroyers Recusant et Munificent étaient des vaisseaux d’attaque. Certes, leurs bouliers étaient solides, mais une fois tombés, leur blindage était minimaliste. Ces destroyers séparatistes étaient des cibles faciles pour les bombardiers et ne pesaient pas lourd face aux solides Venator de la République. Mais leur puissance de feu était extraordinaire. Le canon de tête du Recusant pouvait faire fondre un continent et les deux canons lourds de la frégate Munificent pouvaient percer la croûte terrestre d'une planète. Le Venator se fragmenta en trois morceaux enflammés.

- Ah ! Ils se font tailler en pièces ! rugit Mayla.

Les trois derniers destroyers Venator dotés de boucliers passèrent devant pour couvrir les deux autres destroyers restant dans un état pathétique.

- Général Kaizer ? appela Thodes.
- Préparation du mur de feu, l'avertit le droïde. Torpilles chargées.

L' Abnegator était un destroyer de classe Providence de 1088 mètres de longs bardé de turbolasers lourds de très haute puissance. Mais le comble de son armement était les 102 lanceurs de torpilles à protons capables de percer n'importe quel bouclier déflecteur et de tailler en pièces un vaisseau majeur. La seule condition était qu'il fallait que le destroyer soit à courte portée pour faire un barrage de tirs précis, et Thodes et ses camarades avaient réussi à éliminer la plupart des chasseurs de la République, permettant à l'Abnegator de se mettre à portée de tir. C'était la fameuse technique du "mur de feu".

- Feu !

Ce fut comme un spectacle. Une pluie de lumière dessinèrent un sillage dans l'espace pour venir s'écraser contre le Venator le plus proche. Les lumières enflammées ignorèrent les boucliers déflecteurs du mastodonte d'acier puis percèrent son blindage entraînant une explosion titanesque. Le ventre s'enflamma. Ses tourelles de commandement explosèrent. Sa peau de duracier blindée s’effrita et se déchira en tous points. Le destroyer piqua du nez avant de disparaître sous mille explosions.

La suite se passe plus vite que de raison. Les deux Venator valides firent feu commun sur le Recusant et réussir et l'endommager sévèrement sur son flanc droit puis s'éloignèrent de la formation séparatiste.

- Ils vont sauter ! Appliquez le mur de feu !! s'indigna Mayla.
- Ils sont hors de portée et les Munificent ne pourront pas les abattre avant leur saut, l'informa Kaizer.

Les prédictions du super droïde tactique se réalisèrent une fois de plus. Les Loyalistes venaient de sauter dans l'hyperespace, abandonnant deux de leurs vaisseaux.

- Bande de lâches, siffla Kaylin.
- Que fait-on des vaisseaux endommagés ? demanda Zi'rel.
- Général Kaizer, la décision vous revient, décida Thodes.
- Notre mission est d'assurer le contrôle de l'orbite pour permettre un déploiement massif de troupes pour venir en aide à la milice séparatiste de Saleucami. La présence des troupes de la République est importante sur place. Nous ne pouvons nous permettre de laisser un risque à gérer alors que nous devons établir un contrôle complet de l'orbite. De plus, ces destroyers possèdent encore de l'armement pouvant menacer nos troupes au sol. Je recommande l'élimination complète de la flotte loyaliste.
- Soit, général.
- A tous les vaisseaux, barrage de tir programmé. Cibles désignées : les deux destroyers de classe Venator restants.



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Thodes retira son casque ce qui ébouriffa ses cheveux châtains. Ils avaient les cheveux plutôt courts, mais le casque intégral de vol des pilotes de chair et de sang de la Confédération faisait toujours cet effet sur sa chevelure rebelle.
Tout autour de lui ce fut la cohue. Les droïdes de sécurité postés au hangar principal de l'Abnegator s'étaient réunis autour des pilotes victorieux. Ils brandissaient des poings mécaniques en émettant des cris de joie et des slogans de victoire.
Les droïdes Vautours paradaient sur leurs « pattes », reconfigurés, autour de ce public improvisé. Seul les Tri-chasseurs allèrent sagement se ranger dans leur box de lancement pour se mettre en veille sans faire plus de vague de joie, retrouvant la lassitude de leur vie d’esclave mécanique.
Thodes joua le jeu. Il brandissait lui aussi le poing en chantant à la gloire de la Confédération des Systèmes Indépendants.

- Tiens l'ami, dit-il à un droïde de sécurité. Donne ta main.

Le droïde émis ce qui pouvait le plus ressembler à une mimique de surprise sur son « visage » inexpressif. Puis il tendit son appendice mécanique.
Thodes lui prit, le referma pour former un poing et lui tapa dedans à la manière d'un « check ».

- Fais tourner, mon pote !

Le droïde resta une seconde à regarder son poing puis se tourna vers un autre droïde.

- Tends ta main, et ferme tes doigts, dit-il à son camarade.

Les droïdes commencèrent à « checker » un peu partout ce qui ne manqua pas de faire rire les pilotes de l'escadron Raiders. On avait beau dire qu'ils étaient limités, à raison, Thodes les savaient capables d'apprendre, d'assimiler et de copier. Il avait déjà vu les droïdes adopter des comportements humains au cours du conflit. Bien qu'ils ne soient que des tas de boulons programmés à l'avance, censés ignorer la peur, la joie où la tristesse, il avait vu des droïdes de combat fuir, d'autre tenter de sauver un camarade en s'exposant volontairement. Et là, ils manifestaient une joie tout à fait humaine, ça ne pouvait pas être simulé. Bien qu'il ait conscience que ce ne soit que des machines et qu'il privilégierait toujours un membre vivant de son escadron sur eux, il ne pouvait les traiter comme des objets esclaves, comme le faisait tant d'autres. Il les avait trop côtoyé au combat. Il repensa tout à coup à ce Tri-chasseur qui lui avait sauvé la vie, puis posa ses yeux sur les engins qui étaient désormais en sommeil dans leurs stations de rechargement, en train de bourdonner. Il ne savait même pas s'il avait « survécu », si on peut le dire ainsi, à la bataille.

Thodes porta son regard sur Mayla, la Tw'lek à la peau verte et aux motifs tatoués blanc qui recouvraient la moitié de son visage. Elle avait encore ce regard revêche et elle repoussa un pauvre droïde, qui avait exulté son enthousiasme un peu trop près d'elle, d'une droite. Il ne put s'empêcher de sourire.
Il détourna le regard sur les petits Utai en train de s’affairer à prendre soin des P-38 de type Rogue. Kuroko, le seul Utai parlant le basic s'avança vers lui.

- Vous avez bousillé mes vaisseaux, commandant !

Thodes leva les yeux aux ciels. C'était reparti pour une joute verbale avec le chef mécanicien.

- Ce ne sont pas vos vaisseaux, Kuroko. Ils appartiennent à la CSI. Cessez de chialer et réparez-moi ces oiseaux. Va falloir vous faire à cette idée.
- Vous l'ouvrez beaucoup, mais vous seriez dans ce qui ressemble à ce qui sort du cul d'un Rancor si je venais à malencontreusement déboulonner le mauvais boulon et que vous explosiez en pleine bataille...
- Faites ça, et la Twi'lek vous fera connaître 78 nuances de douleurs avant de vous achever sous vos supplications. Et vous savez que je n'exagère rien.

Il jeta un regard sur Mayla et émit un grognement.

- Elle pourrait ne pas savoir.
- Je pense qu'elle vous tuera quand même, preuve ou pas, Kuroko.

Il émit un nouveau grognement.

- Vous savez, si servir la CSI vous est si insupportable, vous pouvez quitter le service. Nous n'avons plus besoin de vos talents.
- Et vous laisser torturer ces bijoux ? Hors de question ! Peu importe que vous me sortiez que ce sont des propriétés de la CSI, ce sont des créations Utai !

Le chef mécanicien partit en grognant dans sa langue natale. Thodes ignora toujours pourquoi Kuroko et les siens étaient encore à bord. Un peu comme Mayla d'ailleurs...
Les Utai avaient été embarqués de force pour construire le P-38 de modèle Rogue qui devinrent le chasseur standard pour les pilotes organiques Confédérés. Ils avaient été contrains de construire et d'optimiser les machines de fabrication et de mettre au point les protocoles d'entretiens pour automatiser la construction et l'entretien des P-38 sans leur concours. Une fois finit, et la CSI capable de produire et réparer ses propres P-38, ils avaient eu le droit de retourner sur leur monde natal, Utapau. La plupart l'avaient fait, à l'exception de Kuroko et de ses équipiers. Thodes n'avait jamais découvert pourquoi, mais malgré la mauvaise humeur permanente du chef mécanicien, il était des plus content d'avoir les Utai à bord pour veiller sur leurs chasseurs et non pas des droïdes. Les Utai étaient des mécanos et pilotes exceptionnels, et, fit des menaces de Kuroko, Thodes savait que les Utai ne pourraient pas supporter de ne pas bichonner leur fierté nationale. Au fond Thodes pensait qu'ils restaient car à travers les P-38, les Utai, naturellement soumis dans la société Utapauienne aux Pau'an, participaient à une grande page de l'Histoire. Ils avaient un statut, un très bon salaire, les chefs Séparatistes n'ayant jamais osé espérer que des Utai resteraient au service, et leurs talents de mécaniciens étaient reconnus.

Thodes quitta le hangar puis prit les coursives qui remontèrent jusqu'à la passerelle de commandement. Il pénétra dans cette salle aux lueurs verdâtres, entourée d'une baie vitrée en transparacier donnant sur l'espace. En face régnait fièrement Saleucami, dont l'orbite était maintenant sous contrôle Séparatiste.

- Je vous présente mes félicitations, commandant, commença le super droïde tactique. Vous avez fait preuve d'une grande capacité d'adaptation, déjouant les statistiques objectives de ma programmation.
- Ça vous étonnera toujours, général, hein ? Alors c'est quoi la suite, monsieur ?
- Nous sommes relevés.
- Quoi ?
- Le Passager et deux frégates Munificent viennent renforcer la flotte. Le Passager reprendra le contrôle des opérations. Il s'agit d'un vaisseau de commandement Lucrehulk.
- On a commencé quelque chose ici. On doit le finir. Ce n'est pas le protocole habituel.
- Je suis d'accord. Mais ces ordres viennent d'en haut. Votre permission annulée vous est ré-attribuée sur demande du Parlement Séparatiste, notamment à la demande du Sénateur Rainar. Il vous demande sur Raxus.
- Oh, merde, fait chier …
- Je pensais que la ré-attribution de votre permission vous satisferais. Vous autre, les Humains, vous avez besoin de repos, non ?
- Oui, général, mais j'espérais pouvoir faire ce que je voulais de mes permissions. Notamment pouvoir rentrer chez moi, sur Esseles plutôt que d'aller faire la grue au milieu des politiques de Raxus.
- Raxus est une planète des plus agréables d'après les standards de bonheur moyens des êtres organiques.
- Mais ce n'est pas chez moi...
- Je ne comprendrais jamais l'attrait que vous portez à la patrie et à vos mondes d'origine.
- C'est bien regrettable, car c'est le fondement même du mouvement Séparatiste, général.

Thodes laissa le droïde à ses débats binaires intérieurs puis partit ensuite se rafraîchir dans la seule cantina du vaisseau conçu pour l'équipage organique du destroyer.
Sur le chemin, il croisa un droïde B1 aux marquages jaunes. Bien qu'il fût semblable à tant d'autres, Thodes pouvait reconnaitre sa démarche, ses « expressions » parmi mille autres droïdes. Étrange quand on sait que les droïdes n'avaient pas « d'expressions ». Thodes avait appris a les humaniser et les droïdes adoptaient des attitudes et comportements qui pouvaient les distinguer. Leur donner des « expressions ».

- Sweezie ! Comment ça va mon vieux !
- Euh … bien , commandant. Merci. Je ne m'appelle pas Sweezie. Je suis B4-86...
- Ouais, Sweezie ça me va. Tu t'y feras.
- Toutes mes félicitations pour votre victoire sur les sacs de viande !
- Merci Sweezie. On les a écrasés. Tas de boulons 1 – sacs de viande 0 !

Sweezie parlaient des « sacs de viande » à Thodes sans la moindre gêne. Si au début le droïde évitait ce genre de remarque devant son collègue organique, les choses avaient changé lorsque, à force de proximité et de combats côte à côte, les Raiders avaient fini par adopter l'expression naturellement pour désigner les clones et les Loyalistes. Au fond c'était les droïdes contre les organiques sur le front, et lui et ses camarades étaient dans la « team Tas de Boulons ». C'était devenu naturel. Eux contre les sacs de viande. Les droïdes avaient fini par les considérer comme des leurs, et n'hésitez plus à utiliser cette expression devant eux, sans arrières pensées.

- Alors, tu es au courant ? Tu ne descends plus, continua Thodes.
- Oui je sais. Ce que je ne sais pas, c'est ce que je vais faire de ce temps libre.
- C'est des vacances, vieux frère ! Va te faire un re-calibrage de tes servomoteurs ! Vous adorez ça vous, non ?

Le droïde se frappa la tête, puis regarda pendant deux secondes le vide devant lui.

- Oh ouais ! Ça va me faire un bien de dingue !
- Prends soin toi, mon pote ! Tiens au fait, tend ta main et ferme tes doigts !

Sweezie était un droïde un peu particulier pour Thodes. Il l'avait rencontré lors de la libération d'Esseles et s'était battu à ses côtés. Lorsqu'il avait été affecté à l'Abnegator, Sweezie l'avait reconnu, ce qui n'était pas le cas de Thodes. Depuis ils avaient passé deux ans à combattre et vivre à proximité et d'après les récits de Sweezie, ce dernier avait été construit et mis en service juste avant la bataille de Géonosis. Ce petit droïde de combat avait survécu à tous les conflits de la Guerre des Clones, un exploit en soit tant les droïdes étaient régulièrement sacrifiés au champ de bataille. Il était devenu par conséquent une véritable mine d'informations historiques, et Thodes trouvait ses conversations avec lui nettement plus intéressantes que celles qu'il pouvait partager avec les autres organiques, en dehors des Raiders. L'attention que lui portait Thodes avait surpris le droïde, d'ordinaire ignoré, et ce dernier avait tissé une complicité avec son commandant organique, autant qu'un droïde et un humain puissent le faire. L'intérêt et l'importance qui lui conférait Thodes avait permis à Sweezie de se développer en tant qu'individu, et des changements limités mais tangibles avait eu lieu dans son comportement. Certains avaient voulu réinitialiser le droïde de peur que cela perturbe sa fonction, mais Thodes s'était toujours battu pour conserver sa personnalité et ses souvenirs historiques. Pour Thodes, c'était son droïde.

Il trouva comme d'habitude les Raiders autour de la grande table centrale de la cantina, face à la large baie vitrée donnant sur l'espace. Les Raiders étaient les seuls êtres organiques de tout le vaisseau, et avaient sanctuarisé la cantina pour eux. Les droïdes y étaient interdits, sauf urgence vitale. Cette fois c'était Gener Rial, l'ancien esclave Nikto qui rêvait d'anéantir ses anciens maîtres Hutt et la République pour son indifférence complice, qui était au service des boissons. Celui qui avait le moins de clones au compteur à la fin de la bataille était de corvée. Drankar était épargné, les pilotes touchés ou abattus étant exemptés de compétition.
Natekel Drankar, était un humain massif de Jabiim avec une barbe hirsute comme la plupart de ses semblables. Il avait rejoint les Raiders après avoir combattu aux côtés des nationalistes Jabiimites pour libérer son monde de la République. Ils étaient, avec Antius et Thodes, les seuls humains de l'escadron.
Milo Antius était un jeune homme aux cheveux noirs jais, aux traits doux et au physique filiforme. Il pouvait paraître fragile, mais Thodes connaissait mieux que quiconque Antius. C'était son meilleur ami depuis Esseles. Il disposait d'une force de caractère et d'un courage extraordinaire, ce que même le brutal Drankar avait fini par respecter. Il était aussi un pilote exceptionnel. Mais surtout il était un compatriote de Thodes. Lui, Antius, Kaylin et Zi'rel étaient tous les quatre originaires d'Esseles, et avaient connu les horreurs tragiques ayant touché leur monde natal.
Harb Zi'rel était un imposant Herglic à la peau noire luisante. Comme la plupart de ses semblables, il faisait plus de deux mètres de haut et trois fois l'épaisseur d'un humain standard. Ses muscles et sa puissance étaient extraordinaires, mais le mammifère aquatique était plus à l'aise dans un vaisseau qu'au sol, ce qui avait posé problème pour adapter le cockpit, pourtant large, du Rogue P-38 à son physique. Sur Esseles, il y avait une importante population Herglic historique qui avait participé au développement technologique de la planète, devenue une pointure dans le domaine. Ils étaient devenus des Esseliens à part entière, et Zi'rel s'était sentit extrêmement concerné par la liberté de son monde natal.
Sané Kaylin était une jeune et belle Mirialan à la peau verte foncée et aux tatouages faciaux noirs en forme de losanges. Kaylin était issue d'une des rares familles Mirialan parti immigrer sur Esseles. Il s’agissait d'une des espèces immigrantes récentes, datant de moins de quarante ans, bien que certaines espèces se soient installées dans ce même laps de temps mais de manière plus intensive comme les Gungans ou les Géonosiens.
Kaylin était la seule femme de l'escadron avec Mayla, la Twi'lek, elle de couleur verte pâle. Elle possédait elle aussi des tatouages faciaux mais blancs et de formes indescriptibles descendant jusqu'à sous ses vêtements, traditionnels des tatouages de gangs faits dans la pègre galactique.
Auparavant elles étaient trois avec Senopa, la Cathar. Elles étaient surnommées « le trio du charme » par Rial, ce qui lui valu nombre de coups au visage. Mais les filles avaient fini par revendiquer ce surnom et en jouait. Le « trio du charme » avait cependant cessé d'exister lorsque Senopa perdit la vie au cours de la Bataille de Coruscant. Elle fit partit des cinq autres victimes de l'escadron qui avaient perdu la vie au-dessus de la capitale de la République Galactique.
L'escadron n'avait jamais perdu le moindre de ses membres avant cela. Tout au long de la guerre, les Raiders avaient su montrer leur supériorité absolue sur les pilotes clones de la République, décimant leurs rangs et commandant avec brio la chasse droïde au cours de leurs combats. Ils avaient connu beaucoup de victoires pour si peu de défaites, avec à chaque fois aucune victime à déplorer. Leur talent, leur agressivité, avait fini par leur donner un nom : Les Raiders. Ceci était dû à leur style et leurs tactiques agressives. Thodes et les siens étaient souvent utilisés au sein des flottes d'interventions embusqués de la CSI. Ils sortaient de l'hyperespace, puis, à peine déployés, fonçaient au sein de la formation adverse, au mépris des barrages de tirs de turbolasers, pour prendre de face les pilotes loyalistes qui sortaient à peine de leur hangar. Ils arrivaient alors à asséner des pertes sèches avant même le début des combats, et à désorganiser et paniquer l'adversaire, cassant leur formation. La suite ressemblait le plus souvent à une boucherie. D'où leur nom. Les Raiders. Ils avaient gagné leur petite réputation au sein de la Marine Républicaine, mais ils n'avaient jamais eu à connaître le prix du sacrifice. Coruscant le leur avait appris. C'était de loin la plus massive , la plus meurtrière et désespérée des batailles qu'ils avaient eu à mener. Il fallait être complètement dingue et suicidaire pour s'en prendre à la capitale de la surperpuissance galactique. Mais Thodes est les siens l'ignoraient. Sûrs, confiants et aveuglés par l'ivresse de la victoire, ils pensaient qu'ils participaient à LA bataille historique de toute l'histoire de la galaxie. Qu'ils allaient mettre fin, ce jour-là, à cette guerre et faire chuter la toute puissante et glorieuse République. Mais la réalité a repris le dessus une fois le bourbier installé. Ce n'était absolument pas la fin du conflit, mais juste la pire défaite des Séparatistes depuis le début de la guerre. La flotte avait été décimée, et les Raiders n'arrivaient pas à s’extraire du conflit. Un par un , Thodes avait vu les siens mourir, impuissant. Depuis il s'était fait une promesse : ne plus jamais ignorer la valeur d'une journée en vie. Ils avaient connu le sacrifice et la prochaine fois qu'ils mettraient les pieds sur Coruscant, ce serait pour mettre un terme définitif à cette guerre, en vainqueur.
Depuis Coruscant, Thodes n'avait pas complété l'escadron avec d'autres volontaires. Il n'était pas prêt. Ils étaient comme une famille, et pour lui, remplacer un des leurs, c'était tourner la page. C'était oublier. Il refusait d'oublier.

- Bon les gars...
- Hum, hum, se racla la gorge Mayla
- Et mesdames, rajouta-t-il en s'inclinant.
- J'vais le frapper, grogna t-elle pour le reste de l'escadron.
- Soit, dit-il dans un sourire. Nous sommes relevés. Vous êtes tous en permission.

Une vague de protestations s'éleva de ses camarades qui eurent la même réaction que lui quelques minutes plus tôt.

- Calmez-vous, calmez-vous ! Réfléchissez-y. Depuis combien de temps n'a-t-on pas pris de vacances, hein ? Je pense qu'une semaine de repos pour revoir nos familles et nos amis nous fera le plus grand bien. Nous avons tous besoin de nous ressourcer après... Coruscant. De nous retrouver. Puis la guerre ne va pas se finir la semaine prochaine.
- Au train où vont les choses, on ne peut pas vraiment le prédire, ça, rigola Kaylin.
- Le Parlement pense qu'il serait temps qu'on se repose un peu, on va quand même pas gueuler la-dessus ?
- Qu'ils se mêlent de leurs affaires de politicard et qu'ils nous lâchent ! C'est pas eux qui vont gagner cette guerre ! cria Mayla avec un geste obscène.
- Ce n'est pas négociable. L'Abnegator retourne sur Raxus demain. Préparez vos bagages pour débarquer. En attendant buvons à notre victoire !!

Thodes allait s'asseoir avec ses camarades quand Antius le prit par l'épaule et l'éloigna du groupe.

- Dit, vieux, c'est le Parlement qui demande notre repos, où c'est ce bon vieux Rainar ?

Thodes ne sut quoi répondre et se contenta d'un mouvement d'épaule gêné.

- T'en fais pas, ça me va, moi, perso, continua Antius. Tu sais pourquoi il fait ça ?
- Il veut me voir sur Raxus demain. C'est pas vraiment un repos, j'sui convoqué.
- Il fait ça sur tes perm' ? Le salaud. T'as quand même de bons contacts toi. Il ne m'a jamais fait les yeux doux comme avec toi.
- Tu parles d'un piston. C'est pas comme si j'allais finir Chef de l’État, hein ! J'avoue que j'aurais préféré pourvoir aller voir ma mère sur Esseles, mais parler à Rainar ne sera pas plus mal. On a besoin de savoir ce qui se passe dans la CSI. Surtout en ce moment...
Les combats nous maintiennent trop souvent éloignés de la vie réelle au risque de ne même plus savoir au nom de quoi on se bat précisément. On saura où on en est.
- Il va peut-être te nommer Chef de l’État ? se moqua-t-il.
- Ta gueule et va boire, veux-tu ?

Antius se mit au garde-à-vous et le salua.

- A vos ordres, commandant !








Voilà pour ce soir ! Fin du chapitre 1 (qui est un peu l'introduction) mercredi prochain ! La prochaine partie sera beaucoup plus courte, j'ai privilégié la cohérence du découpage à l'égalité de contenu :jap:
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Messagepar Kanji-Wan » Jeu 01 Mar 2018 - 23:56   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

J'ai lu la première partie du premier chapitre et c'est d'un excellent niveau ! :oui: Les personnages introduits sont très bien définis et sont immédiatement attachants :oui: Également, tu abordes la question de "l'humanité" des droïdes du CSI, chose très peu présente dans les œuvres de l'univers canon comme The Clone Wars :oui: Par contre, je ne comprends pas vraiment ce que sont les Loyalistes, mais je suppose que tu en parleras dans la prochaine partie.
En tout cas, j'ai vraiment hâte de voir la réaction des peuples de la République à propos de la prise de pouvoir de l'Ordre Jedi, élément qui m'avait beaucoup intrigué lorsque Windu parle de leur coup d'état dans La Revanche des Sith :cute:
Je ne peux que te féliciter pour le travail de grande qualité que tu nous a fournit là :oui:
"Oh, vous êtes venu dans cette casserole. Vous êtes plus brave que je le pensais." Princesse Leia
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Messagepar Clonedroïd92 » Ven 02 Mar 2018 - 0:26   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Salut ! Tout d'abord merci pour ton comm' et ton retour sur la lecture, ça m'a fait plaisir :wink:
Pour ce qui est des "Loyalistes", ce terme regroupent tout simplement les forces de la République et leurs alliés. Loyaliste est par définition ceux qui sont et demeurent loyaux au pouvoir en place par opposition aux Séparatistes, qui combattent la République.
Donc, en somme, lorsque je parleraient des Loyalistes, je parlerai des Républicains tout simplement :wink: que ce soit les clones et non clones de la Grande Armée, ou bien les populations qui sont restées loyales à la Rep', tout en faisant le distingo dans le texte entre les militaires et les civils. T'en fais pas, ce sera clair :oui:
T'as raison de demander, car le terme "Loyaliste" sera grandement utilisés par la suite.

En tout cas encore merci, et donc au plaisir de te revoir sur les autres publi de la fiction ! :jap:
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Messagepar Code 44 » Ven 02 Mar 2018 - 16:12   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Dire que je caressais depuis longtemps l'idée d'une fic uchronique de victoire des Jedi dans l'ep.III et l'utilisation de l'ordre 65, voilà qui m'apprendra à attendre et à toujours repousser les choses à plus tard. :D
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Messagepar Clonedroïd92 » Sam 03 Mar 2018 - 19:59   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

L'avantage du Infinities, c'est qu'on peut être 100 à partir du même postulat de départ, et créer 100 histoires différentes :transpire:
De même que je suis persuadé que je ne suis pas le premier à écrire sur une fin alternative à l'après Guerre des Clones
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Messagepar L2-D2 » Lun 05 Mar 2018 - 13:55   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Première partie du Chapitre 1 lue !

Que c'est bien écrit !

On sent vraiment une progression par rapport aux Héritiers du Trône, je trouve. Le teste est mieux écrit, le style est plus fluide, les coquilles beaucoup moins nombreuses. C'est vraiment un réel plaisir que de te lire ! :oui:

Dans le fond : j'ai été surpris, je pensais naïvement que nous allions suivre les Jedi tenter d'arrêter Palpatine... mais non ! Du coup, l'extrait de Mace Windu au début me fait penser à du Karen Traviss, qui aime à nous caler des citations en début de Chapitre elle-aussi. Contexte posé, on se lance donc à la découverte de plusieurs personnages inédits au sein de "l'ennemi", la CSI, que tu nous humanises parfaitement. Le mouvement a donc continué, même après la capture et le témoignage de Dooku. Voilà qui promet ! :oui:
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Messagepar Ve'ssshhh » Lun 05 Mar 2018 - 15:18   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Lu!

Ce chapitre présente la C.S.I sous un meilleur jour: il rappelle qu'elle n'est pas composée que de Sith et de ploutocrates, mais aussi de gens (presque) ordinaires qui ont de bonnes raisons de combattre la République.
La camaraderie qui s'esquisse entre les "tas de boulons" et leurs collègues "sacs de viande" est touchante et "humanise" les droïdes.
C'est, dans l'autre camp, la contrepartie des relations d'amitié établies entre certains Jedi et leurs soldats clones.

Le combat est palpitant, fort bien mené et permet de s'attacher rapidement aux pilotes.
Une fort belle bataille comme on aimerait en lire plus souvent :oui:
- Bougez pas! Les mains sur la table! Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur, et des flingues de concours.
- Si ces messieurs veulent bien me les confier...
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Messagepar Clonedroïd92 » Lun 05 Mar 2018 - 17:09   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

L2-D2 a écrit:Première partie du Chapitre 1 lue !

Que c'est bien écrit !

On sent vraiment une progression par rapport aux Héritiers du Trône, je trouve. Le teste est mieux écrit, le style est plus fluide, les coquilles beaucoup moins nombreuses. C'est vraiment un réel plaisir que de te lire ! :oui:

Dans le fond : j'ai été surpris, je pensais naïvement que nous allions suivre les Jedi tenter d'arrêter Palpatine... mais non ! Du coup, l'extrait de Mace Windu au début me fait penser à du Karen Traviss, qui aime à nous caler des citations en début de Chapitre elle-aussi. Contexte posé, on se lance donc à la découverte de plusieurs personnages inédits au sein de "l'ennemi", la CSI, que tu nous humanises parfaitement. Le mouvement a donc continué, même après la capture et le témoignage de Dooku. Voilà qui promet ! :oui:


Merci beaucoup L2 ! Le fait d'écrire pendant plus d'un an, on va pas se mentir, ça fait progresser !
Comme je voulais une histoire côté CSI, les Jedi auront forcément un rôle particulier. Quant à Palpy...il n'est pas mort, vous noterez :sournois:
Content que t'ai remarqué mon inspiration de Traviss ! En effet, c'est en lisant ses bouquins Republic Commando que j'ai découvert et adoré ce procédé qui permet de poser un contexte tout en te permettant de sortir de ta trame historique, le temps de quelques lignes. Wendig à fait de même avec Aftermath :wink:
Ça reviendra à chaque début de chapitre.

Ve'ssshhh :

Merci de ton retour ! En effet, c'est un peu mon cheval de bataille. Prendre les "méchants" et les humaniser et montrer leurs raisons et ambitions. A ceci près que cette fois, je ne parle pas au nom de l'Empire ou du Premier Ordre, humanisables mais difficilement cautionnables, mais de la CSI, dans un contexte beaucoup plus ambigu, contrasté et plus du tout manichéen. Les films se sont concentrés sur le complot Sith derrière la guerre. Là j'éclipse le complot Sith, ce qui nous permet de voir réellement que la guerre et les hommes qui l'a font. Quant aux droïdes, c'est un régal de les développer ! :D

Ravi que le combat te plaise ! :jap: mais dans cette fic il y aura aussi d'autre aspect que le combat. Le prochain post portera sur l'aspect politique de la fic ! :wink:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 07 Mar 2018 - 20:58   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Suite et fin du Chapitre 1 (qui fut court) :





Chapitre 1 : L'essor de la Confédération (Partie 2)






- Tant que nous n'avons pas fait la lumière sur les révélations de Dooku, un climat de suspicion et de résistance perdurera au Parlement.
- Ces idiots fanatiques ne seront pas une force d'opposition. Dooku est fini et personne n'ira le pleurer.
- Son aura perdure malgré lui. Nos forces armées sont produites et commandées par les corporations. Seul Dooku les maintenait dans le rang. Beaucoup le conserve comme l'icône du mouvement séparatiste.
- Même après Mahranee ? Même après que l'on sache qu'il n'en avait rien à faire de la Confédération et qu'il l'a volontairement saboté ?
- Ne vous en prenez pas à moi ! Je fais juste toucher du doigt le problème que l'on va rencontrer au Parlement ! Depuis les révélations, une frange pense qu'il s'agit de mensonges orchestrés par la République pour décrédibiliser notre cause. Et le coup d’État des Jedi n'arrange rien.
- Dooku ne contrôlait pas les corporations. En tout cas pas pour notre bénéfice. Au contraire. Il faut maintenant agir et vite.
- Mesdames, messieurs, chers collègues, calmez-vous je vous prie ! coupa Rainar.

Les huit autres Sénateurs se tournèrent vers lui.

- Vos peurs et vos doutes sont légitimes. Je suis du même avis, il va y avoir encore une partie non négligeable du Parlement qui va refuser de voir la vérité en face et nous le savons tous. Le but est justement là. Si nous voulons que notre projet de réformes passe et que le rêve Séparatiste survive, il va falloir rassembler et fédérer un maximum de voix autour de nous. Nous aurons déjà les corporations contre nous, alors tâchons de ne pas aborder en profondeur le cas de Dooku devant le Parlement. Les corporations disposent d'un pouvoir des plus alarmant depuis que le Conseil Séparatiste n'est plus sous tutelle de qui que ce soit, c'est un fait. Elles dirigent maintenant l'effort de guerre et la totalité de nos forces armées. Cette situation est trop dangereuse pour perdurer, on ne peut pas leur faire confiance, c'est évident.
- Il reste le Général, glissa Makari, le sénateur de Neo-Bornalex.
- Je vous en prie. Grievous est plus un problème qu'une solution. Certes il possède un nombre de victoires inestimable, mais pouvons-nous vraiment confier notre effort militaire à un monstre qui a commis les pires atrocités contre des civils derrière le dos du Parlement et des peuples Confédérés ?
Non seulement nous devons avoir un nouveau Chef de l’État mais nous devons mettre Grievous hors d'état de nuire définitivement. On ne peut laisser une brute comme lui entacher le projet séparatiste plus longtemps. Surtout qu'il est fort probable, qu'en tant que proche de Dooku, il ait joué un rôle dans ce complot.

Une série d'approbations parcouru le comité.

- Mais revenons au projet que je présente. Notre projet, chers collègues. Parlons de l'avenir de la Confédération.

Rainar appuya sur le bouton tactile de son panneau de commande et un hologramme d'un bâtiment massif de forme hexagonale semblable à l'emblème Confédéré apparut.

- Chers confrères, je vous présente le Complexe de Centralisation des armées de la Confédération. Le CCC.
- Le CCC ? Un bâtiment ? C'est ça qui est censé sauver la CSI ? demanda Rekett, le sénateur de Jabiim.
- Mes amis, nous sommes à un carrefour grave de notre histoire. Certes, la République n'a jamais été aussi faible qu'aujourd'hui. Ses troupes sont en constante diminution, elle ne dispose plus d'aucune emprise dans la Bordure Extérieure. On vient de me confirmer que nous venions de lui arracher Saleucami, qui devrait prochainement rentrer dans notre Parlement.

Les sénateurs applaudirent à cette nouvelle.

- Économiquement, elle est déjà en faillite, et politiquement, c'est un échec complet. Le Conseil Jedi a dû faire un Coup d’État et court-circuiter le Sénat pour maintenir l'ordre dans les rangs. Une majorité de Sénateurs ne reconnaissent pas leur autorité et ont décidé de ne plus participer au gouvernement. Les troupes de la République sont contraintes à occuper leurs propres mondes pour mater la dissidence dans leurs rangs. Chaque jour nous avons de nouvelles demandes d'adhésion. Des mouvements populaires se battent en notre nom sur les terres loyalistes. Clairement, on peut parler de début de la fin.
Pourtant, chers confrères, nous ne sommes que dans une position à peine plus confortable.

Un silence parcourut l'assemblée. Rainar commença à marcher de long en large tout en continuant sa pensée.

- Comme je vous l'ai dit, nous sommes dans une situation où les corporations qui ont militarisé notre mouvement se retrouvent seules aux manettes de nos troupes, sans Dooku pour les contrôler. C'est un mal pour un bien. Sans Dooku, nous allons pouvoir prendre notre destin en main, mais pour cela nous devons engager des réformes et agir vite.

Nouveau murmure d'approbation parmi les Sénateurs.

- Nous savons tous pourquoi nous avons fait défection et quitté la République. Nous avons rêvé d'un système où nos mondes seraient égaux et pourraient vivre librement sans suivre des lois et règles généralistes au mépris de nos nations, de nos cultures, de nos identités et de notre souveraineté. La corruption de la République découlait des corporations en grande partie. Elles avaient acquis un tel pouvoir politique et économique que le Sénat n'était devenu que leur terrain de jeu préféré où elles décidaient comment elles allaient pouvoir engendrer des bénéfices futurs.
- En réaffirmant nos lois et nos autorités planétaires, nous ne sommes plus dépendants d'une autorité supérieure, et par conséquent le rôle des corporations dans notre Parlement est considérablement plus réduit qu'au sein du Sénat Républicain, remarqua Drant, le sénateur Quarren de Pammant, l'un des plus puissants allié de Rainar. Alors où voulez-vous en venir ?
- Oui Drant, ils n'ont guère de pouvoir au sein du Parlement, car notre Parlement ne gère que les affaires de défense et de maintien de la paix entre les mondes Confédérés. Et non plus les affaires économiques et politiques, délégués aux souverains planétaires. Mais qu'est-ce que contrôle les corporations sans Dooku maintenant ?
- Le Conseil, conclut Drant.
- Et par conséquent la totalité de nos forces armées. Sans Dooku pour nourrir leur appétit féroce de profit et les canaliser, qu'est-ce qui pourrait les empêcher de retourner leurs immenses forces droïdes contre nous ? Et nous soumettre ?
- Nos lois l'interdisent. C'est définit dans les articles de Sécession. Les forces armées des corporations ont été données à la CSI et ne peuvent servir qu'au maintien de la paix et à la défense de la Confédération, riposta Zayek, le sénateur de Falleen.
- De vulgaires lois sur un bout de papier, lâcha Rainar en balayant l'argument d'un geste de la main. Notre but est effectivement de donner corps et forces à ces lois, Sénateur Zayek. C'est là tout l'objectif, et seul la coercition et la force nous permettra d'atteindre cet objectif.

Rainar se pencha sur la station hologramme et contempla le bâtiment hexagonal.

- C'est tout le but du CCC. Messieurs, mesdames, le CCC aura deux rôles. Le premier sera de coordonner et de piloter la totalité des forces armées depuis ce centre afin de disposer d'une politique de défense cohérente et unifiée.
L'autre but, plus officieux, est de s'assurer de la transparence et de la destination de chacun des ordres donnés aux forces armées et de garantir que l'Armée et la Marine Confédérée ne seront utilisées que dans les buts pour lesquels elles ont été levées. Nous créerons un État-Major des armées en résumé, comme tout gouvernement légitime. Cela permettra d'institutionnaliser la direction des ressources militaires et de la rendre transparente, au moins pour le pouvoir exécutif. Les militaires dirigeants ce Complexe ne seront pas des droïdes, mais des officiers de nos forces armées désignés par le Chef de l’État, lui-même élu par le Parlement Séparatiste. Dès lors il n'y aura plus aucun lien entre les corporations et le commandement des forces militaires et une garantie de l'utilisation de celles-ci pour le bien commun.
- Est-ce bien raisonnable de centraliser cet État-Major en un unique endroit ? demanda Drant.
- C'est malheureusement le seul moyen d'avoir une politique d'utilisation des forces militaire contrôlée, transparente et cohérente, répondit Rainar dans un soupir. Cependant, si c'est d'une attaque extérieure sur le centre qui vous fait peur, le CCC n'aura pas vocation à piloter tous les droïdes techniquement. Les vaisseaux de contrôles garderont cette prérogative et les corporations garderont leurs générateurs de signal, ce qui permet une continuité de nos forces même avec la destruction d'un seul signal.
- Nous avions déjà parlé de ce genre de projet, et c'est pour ça que nous sommes tombés d'accords et que nous vous soutenons, intervint Gale, le puissant sénateur de Fondor. Mais vous parlez d'une simple institution, comme si la créer allait résoudre nos problèmes. Or le signal contrôlant les droïdes restera entre les mains des corporations …
Et comme vous l'avez dit vous-même, la loi n'est rien sans coercition …

Tous les regards se posèrent sur Rainar.

- Si je vous ai réunis que vous, mes amis, ici, ce soir et non pas le reste de mes partisans, c'est que nous sommes des compagnons de route de longue date. Depuis le début de la Confédération, et même pour certains avant cela , nous partagions déjà nos idées au temps de la République.

Il attendit un autre moment avant de continuer, conscient de la portée de ce qu'il allait dire.

- Mes amis, j'ai déjà trouvé le moyen de prendre le contrôle du signal contrôlant la totalité des forces armées Confédérées, issues de toutes les corporations. Un moyen fiable, indétectable et offrant une emprise totale sur le signal.

A ces mots, les Sénateurs se rehaussèrent dans leurs fauteuils. Un tel piratage, en l'état actuel des choses et des lois, était tout bonnement de la haute trahison.

- Comment ? demanda Gale.
- Mes amis, je vous demande de me faire confiance, d'accord ? Je ne peux vous en dire plus aujourd'hui.
- Vous faire confiance ? Vous nous dites que vous vous êtes emparé de la totalité des forces de la CSI, de manière totalement illégale et vous exigez de nous notre soutien, mais vous refusez de nous dire comment vous allez réaliser cela ? Je désire savoir à quoi mon vote va porter ! intervint Gale en se levant.
- Gale à raison, dit plus calmement Makari. Vous nous demandez de naviguer à l'aveugle en eaux troubles. De vous donner les clés du château sans savoir ce que vous ferez des lieux.
- Je comprends vos craintes, mes amis. Mais nous nous connaissons depuis longtemps. Tous autant que nous sommes avons été guidé par la liberté, l’honnêteté et l'intégrité. J'ai confiance en chacun d'entre vous. Vous ai-je donné la moindre raison de douter de ma bonne foi et de mon intégrité au cours de ces années ?
- Personne ne remet cela en question, coupa Zayek. Votre réputation n'est plus à faire. Ce n'est pas pour rien que c'est vous, parmi tous les autres, que nous avons choisis pour porter nos idées au Parlement. Mais cela ne vous ressemble pas de ne pas être transparent, et cela inquiète.
- Encore une fois, je le comprends. Mais si j'étais habité de mauvaises intentions j'aurais gardé cette information pour moi et l'aurait utilisé pour mon compte plus tard, sans avertir personne de ce moyen. Je n'ai qu'un but en tête, garantir l'intégrité de la Confédération et m'assurer qu'elle ne plonge pas dans les travers de la République. Nous avons tout un nouveau monde à créer, et cela doit se faire sur les meilleures intentions du monde et en accord avec celles-ci, ce qui est plus rare.
- Admettons que l'on marche. Tout ce projet devra être expliqué au Parlement pour le vote. Comment comptez-vous vous y prendre ? demanda Seviss, la sénatrice de Raxus.
- C'est évident Seviss, répondit Gale. Vous comptez omettre que le détournement du signal est prêt et faire croire qu'il n'est qu'une idée. Officiellement vous n'aurez violé aucune loi, et le Parlement régularisera votre initiative. Un peu comme l'a fait la République avec la création de l'armée de clones.
- Mais pourquoi violer la loi alors, si son adoption est régulière ? s'interrogea Seviss.
- Pour la même raison que celle de la République, termina Drant. Le timing.
- Vous avez peur que si votre projet passe, les corporations agissent... devina Gale.
- Vous comprenez maintenant. Je ne peux pas plus me compromettre en vous révélant le « comment ». Cela protège le projet, moi, vous et le reste de la CSI.
- C'est ridicule, commenta Seviss en levant les mains au ciel. Les corporations n'ont aucun intérêt à agir, pas maintenant. En temps de paix, sans ennemi à vaincre, je ne dis pas que cela ne serait pas possible. Mais à l'heure actuelle, les corporations ne peuvent pas s'emparer par la force des mondes séparatistes ! Ils ont besoin de notre consentement pour leurs usines, pour les bases, les routes hyperspatiales ! Certes, ils peuvent nous arracher tout ça par la force ! Mais ils se priveraient totalement du marché libre dont ils rêvaient tant ! Et avec la mise sous tutelle du Sénat et la chasse aux sorcières des Jedi, ils n'ont plus aucun soutient ou pied à terre dans l'autre bord ! Ce serait un suicide. Pour eux, comme pour la CSI.
- Je suis bien d'accord, sénatrice Seviss. Je suis moi-même venu à la même conclusion que vous. Mais j'ai pris un autre facteur en compte. Jusqu'à présent cette guerre a été pilotée par des forces dont nous ignorions totalement l'existence. La galaxie a été le fruit de manipulations, de mensonges et d'agissements aussi sordides que secrets. Nous avons été que de vulgaires marionnettes dans ce jeu. Nous avons parlé, revendiqué, combattu en pensant construire notre destin. Mais nous n'avons été que de vulgaires pions, contrairement aux corporations qui ont été actrices de cette illusion, personne ici ne l'ignorent. Tout ceci s'est joué sous nos yeux et nous n'avons rien vu. Nous avons été totalement bernés. Je ne sais pas pour vous, Seviss, mais j'en ai assez d'être un pion. Je veux enfin devenir acteur de mon destin. De notre destin. Alors certes, les corporations n'ont aucun intérêt à faire un coup de force... au vu des paramètres que nous connaissons. Mais j'ai tendance à croire que l'on ne peut pas vraiment se fier à nos connaissances et notre analyse. Avez-vous vraiment envie de prendre le pari ?

Seviss baissa les yeux et ne répondit pas.

- Je vous suis Rainar, finit par dire Gale. Cette discussion ne devra pas sortir d'ici, mais si demain nos peuples pourront grandir dans la paix et la liberté par nos actes, je veux bien en prendre le risque.
- Moi aussi, ajouta Seviss.
- Moi aussi, rajouta Drant.
- Pas besoin d'un tour de table, coupa Zayek. Est-ce que quelqu'un à un problème avec ce qui a été dit ici ?

Personne ne prit la parole. Les regards étaient déterminés, volontaires.

Ils sont prêts, pensa Rainar. On va changer la face de la galaxie.

- Je vous remercie tous, mes amis. Et je vous ne vous remercierais jamais assez. Ensemble, nous allons sauver la CSI.


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



Thodes attendait près de la salle de conférence C3 comme lui avait indiqué Elconse, l'assistante du Sénateur Rainar. Il vit plusieurs Sénateurs sortir, dont Drant le sénateur de Pammant, Zayek le sénateur de Falleen ou encore Makari de Neo-Bornalex. Kade Rainar sortit à son tour, avec sa taille moyenne, ses cheveux bruns grisonnant sur les tempes et son bouc soigneusement taillé. Il était habillé de la toge blanche et rouge réglementaire des Sénateurs Séparatistes, en contraste avec les tenues immensément coûteuses et tape-à-l’œil des sénateurs de la République. Il prit congé de ses confrères et se dirigea vers Thodes.

- Vaik, mon ami ! Comment vas-tu ? entama Rainar en prenant Thodes dans ses bras et en lui mettant de bonnes claques franches dans le dos.
- Mieux si tu arrêtais de me sucrer mes permissions, Kade, répondit Thodes sur un ton amical.
- Oh, je suis désolé mon vieux. Je me plains souvent de ne pas voir assez Esseles, mais ce n'est rien à côté de toi. Cette guerre nous éloigne trop souvent, tous les deux, de nos terres.
- Du moment que je sais que tu es là pour la représenter depuis le Parlement...
- Que l'Empereur d'Esseles m'en soit témoin. D'ailleurs Sa Majesté est vraiment fière qu'un de ses compatriotes enchaîne autant de victoires sur le front, il voulait te le faire savoir.
- Qu'il se contente de veiller sur ma famille en mon absence, ça m'ira très bien.
- Ils vont bien, dit Rainar sur un ton ferme et rassurant. Ne t'en fais pas. Je m'excuse de te faire venir ici plutôt que sur notre monde, mais je pensais que tu ne voudrais pas manquer les trois prochains jours.
- Alors, ça y est ? Tu leur as présenté le CCC et … tu leur a parlé du dispositif ?

Rainar regarda à droite à gauche, puis répondit dans un murmure.

- Oui. Évidemment, ça a soulevé des inquiétudes, mais ils me suivent. On va le faire, Vaik. On va proposer notre projet au Parlement.
- Enfin l'ombre des corporations ne planera plus sur nous... elles se contenteront de faire leurs affaires et leurs bénéfices et seront définitivement hors de la politique, dit Thodes dans un soupir de soulagement. Mais est-ce une bonne idée d'avoir Drant dans la confidence ? Tikkes est membre du Conseil Séparatiste...
- Tikkes ne défend pas une corporation, c'est un membre à part du Conseil.
- Ça reste un extrémiste de première, lui et sa Ligue d'Isolation. Si Drant venait à nous balancer, il n'hésiterait pas à tout faire pour préserver le pouvoir du Conseil. Il est corrompu.
- Tikkes est une ordure, on le sait, mais c'est aussi un leader pour nos alliés Quarren. Si ça peut te rassurer, Drant a plus de liens avec les Volontaires Libres de Dac que Tikkes. Et il soutient ce projet ! Tous les industriels n'ont pas oublié le sens de l'honneur et de la liberté …
- Je l'espères … pour toi comme pour la CSI.
- Ne t'en fais pas. Je connais Drant depuis longtemps, il est honnête et surtout, il désire plus que nous la tête de Tikkes. Drant est un modéré et ne partage pas les convictions nationalistes et racistes de Tikkes. Ça ne se sait pas trop encore, car Tikkes a le monopole politique, mais il souhaite un rapprochement avec les Mon Calamariens. C'est quelqu'un de bien, je lui fais confiance. Et puis avoir un Sénateur acteur des chantiers de Pammant dans nos rangs est un appui politique dont on ne peut pas se passer !
- Je te fait confiance sur les sujets politiques, Kade. Tu vas défendre le projet demain ?
- Je ne défendrais pas le projet. Ce sont mes alliés qui le feront.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Tu prépares ce projet depuis plus de deux ans maintenant !
- Vaik …

Rainar gonfla sa poitrine et un sourire se dessina sur son visage. Il voulait se donner un air comme pour une annonce théâtrale mais Thodes voyait bien qu'il bouillonnait d'excitation intérieurement.

- Tu as devant toi un candidat au poste de Chef de l’État de la Confédération des Systèmes Indépendants !
- Kade ! Merde ! Ça alors ! lâcha Thodes sur un ton enthousiaste.
- Tu imagines ? Un Esselien au plus haut poste de la plus grande puissance galactique !
- En dehors de ce paramètre, tu le mérites, Kade. De tous les politiciens que j'ai pu rencontrer, tu es le rare, voir le seul, qui s'est toujours battu pour ses idées plus que pour soi-même. La CSI serait entre de bonnes mains.
- Arrête vil flatteur, tu vas me foutre mal à l'aise.

Il lui mit un coup de coude.

- Ce n'était pas prévu bien sûr. Lorsque je me suis attaqué au projet de Réforme des Forces Armées Confédérées, je pensais le défendre moi-même en tant que Sénateur. Mais la capture de Dooku et ses... révélations ont laissé toute la CSI à poil. On a plus de visu sur les actions du Conseil Séparatiste, plus aucun retour sur nos actions militaires. De facto, le Conseil et Grievous dirigent la CSI, et ça ne rassure aucun Sénateur. Alors ils ont décidé d'élections en urgence pour élire le nouveau Chef de l’État. Et près de quatre-vingt trois sénateurs m'ont demandé de me présenter. Je me suis dit « pourquoi pas » ?
- Qui se présente d'autres ?
- Juluter de Sluis Van, Ratch de Kooriva, le Comte Garrey de Serenno et le sénateur Ampt de Ruusan. Mais très honnêtement avec déjà quatre-vingt trois soutiens officiels, et sans doute d'autres beaucoup d'autres à venir, je devrais être limité en terme d'adversaires potentiels. Surtout que l'élection est prévue en un vote avec victoire à la majorité relative.
- Quand aura lieu le vote ?
- Dans trois jours.
- Comment se fait-il que je n'en ai pas entendu parler ?
- Les sénateurs étaient chargés d'informer les populations de leurs systèmes, de présenter les candidats. Libre à eux de faire des élections à leur niveau ou non pour encadrer leur choix. J'ai gagné sur Esseles hein !
- Encore heureux.
- Mais il nous est revenu qu'effectivement l'info n'était pas allée jusqu'au front, ni aux mondes séparatistes sous occupation de la République … désolé.
- D'ailleurs en parlant du front. Nous aussi on a peu d'infos...
- La prise de Saleucami va nous permettre de boucler et de sécuriser la Route Commerciale Perlemian au niveau de la Bordure Extérieure. On a enfin nos couloirs d'accès libre pour intensifier nos opérations dans les Régions d'Expansion et la Bordure Médiane.

Thodes resta un moment silencieux, avec une légère anxiété sur le visage.

- Qui y a-t-il ? demanda Rainar qui avait vu l'expression de son ami.
- Je pense que la République est complètement désorganisée. Coupés de leur hiérarchie, les clones pourraient se montrer plus agressifs que prévu.
- Qu'est ce qui te fait penser que les troupes Loyalistes sont coupées de leur hiérarchie ?
- La Force de Défense de Saleucami était composée de huit destroyers Venator. Et à notre arrivée … il y en avait huit.
- Le compte est bon alors ? Où est le problème ?
- Y aurait dû en avoir que cinq. Nos infos venant de nos agents étaient fiables. Elles l'ont toujours été.
- Nous devons vraiment créer un pôle du renseignement officiel pour optimiser notre action dans ce domaine. C'est compris dans la construction du CCC.
- Il ne s'agit pas de leur fiabilité. Ils sont fiables. La République avait prévu de déplacer trois bâtiments sur Frésia pour renforcer leur défense devant notre percée dans le secteur. C'est même le dégagement temporaire de trois de leurs vaisseaux capitaux qui avait motivé notre attaque. Le déplacement est ordonné au dernier moment comme toujours. Mais dans les hautes strates militaires de la République, le planning logistique était déjà posé.

Rainar s'arrêta et le dévisagea. Il commençait à voir où Thodes voulait en venir.

- Alors pourquoi y avait-il avait la force de défense complète ? continua Thodes. Sachant que le déplacement était prévu depuis un moment.
- Il a peut-être été annulé ?
- Non, la situation et la menace sur Frésia n'a pas évolué. En tout cas pas dans le bon sens pour eux. Et Frésia dispose d'un intérêt stratégique largement supérieur à Saleucami pour la République. Tous leurs Z-95 et leurs 170 sont conçus majoritairement sur ce monde. Incom y a son siège.
- Cela veut dire que la République n'est plus capable d'organiser les déplacements militaires logistiques sur le front ?
- Du moins dans les zones les plus isolées. Est-ce que ça vient d'un blocage institutionnel suite au Coup d’État des Jedi, de révoltes intérieures ou juste de l'incompétence bureaucratique, je ne sais pas. Mais c'est un fait. La République n'est plus aussi réactive. Ses forces sont isolées, coupées, livrées à elle-même.
- C'est une bonne nouvelle, non ?
- Oui et non. La plupart de nos actions militaires dépendent du renseignement que l'on récupère. Or après Saleucami, ce que je peux te dire, c'est qu'on ne peut plus se fier à nos infos. On a eu chaud sur Saleucami. Heureusement que l'on avait prévu une force d'intervention conséquente sinon le résultat aurait été moche. On doit faire plus attention, nos ressources sont vastes mais limitées par rapport à nos prétentions, surtout depuis...
- Depuis Coruscant, termina Rainar d'une voix étouffée.
- Oui...
- Ne t'en fais pas. Avec le vide politique laissé par Dooku et la... passation de pouvoir prévue avec Grievous, nous sommes nous même dans le flou. On a plus aucun recul sur nos actions militaires. Aucune nouvelle opération ne sera prévue avant un moment. On bloque tout pour l'instant.
- C'est ce qu'il y a de mieux à faire. Il nous faut une accalmie dans le conflit pour nous reconstruire mais on doit le faire vite. La République est aveugle et dispersée. Il faut profiter de notre avantage pour faire une percée significative dans le conflit.

Rainar lui mit une main sur l'épaule.

- Ne t'en fais pas. Dès que moi, ou un autre, aura le poste de Chef de l’État, on réformera ce qui doit être réformé et on reprendra cette guerre. Et cette fois, personne ne conspira dans notre dos pour nous freiner. La République connaîtra enfin la véritable colère de la galaxie.



Voilà pour ce soir ! La semaine prochaine, le début du Chapitre 2 : Passation de pouvoir ! :hello:
Modifié en dernier par Clonedroïd92 le Ven 09 Mar 2018 - 20:02, modifié 1 fois.
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Messagepar mat-vador » Mer 07 Mar 2018 - 21:23   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Salut!

Pour l'instant je n'ai lu que le dernier extrait, mais je dois reconnaître que ca m'a intéressé! même si apparemment tu t'inspires surtout du Canon (J'aime pas trop l'UEO du peu que j'en ai lu :grrr: , parole d'un fanatique primaire Pro Legends).

En tout cas, bonne continuation! :jap:
Mat: Bonjour, je suis vapodoucheur et masseur de talons! / Dark Krayt: Vous êtes embauché!

Fics: Pius Dea 1ère partie, Jedi corellien, Chroniques de Jedi corellien
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 07 Mar 2018 - 21:28   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Alors si ça t’intéresse je t'invite à lire le reste si l'envie t'en prends :wink:
Effectivement, je me base sur le canon. Mais comme je l'ai dit en prologue, il y a de nombreuses inspirations du Legends. L'Ordre 65, Jabiim, Tikkes ... etc etc.

Merci de ton retour en tout cas ! :)
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Messagepar Darth Eluar » Ven 09 Mar 2018 - 13:44   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Lu.
Bon, j'avoue que je n'ai pas encore eu le temps de lire les Héritiers du Trône (toute remarque sur le staff qui ne glande rien sera immédiatement accompagnée d'un carré rouge :paf: ), donc je te découvre :transpire:
Ben c'est très agréable à lire. L'idée de se placer du côté des "méchants de l'histoire" et d'en parler exactement comme les œuvres habituelles parlent des Républicains est excellente. :oui: J'aime beaucoup ta manière d'utiliser les droïdes, aux antipodes de ce qu'on voit en général :oui:
J'ai hâte de voir l'évolution de l'histoire et la suite des manœuvres politiques qui s'annoncent :oui:

Au niveau de la forme, des fautes mineures, surtout des "s" qui partent en vacances ou qui s'invitent inopinément, ce qui peut, quand ça concerne des verbes, causer des petits problèmes de concordance des temps. Je n'ai pas vu de faute majeure. :wink:
Le style est fluide et agréable. Les dialogues et les descriptions sont maîtrisées. Rien à dire d'autre de ce côté. :cute:

J'attends la suite :oui:
A single spark of courage can ignite the fires of hope. Commandant Suprême Jace Malcolm.
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Messagepar Clonedroïd92 » Ven 09 Mar 2018 - 14:02   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

No souci ! Aucune de mes fic n'est accompagnée d'obligation de lecture :paf:

Merci de ton retour ! Si tu vois des fautes qui peuvent nuire à la compréhension d'une phrase et qui m'aurait échappé, n'hésite surtout pas à me le dire par MP, je la corrigerais dans la foulée.

Sinon au plaisir de t'avoir comme lecteur :jap:
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Messagepar L2-D2 » Lun 12 Mar 2018 - 16:14   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Deuxième partie du Chapitre 1 lue !

Je l'ai peut-être davantage préféré à la première partie, en fait ! Tout cela m'a paru plus fluide, plus naturel, peut-être parce que je me suis davantage habitué à ton style, c'est possible... En tout cas, ce Rainar a l'air d'être un Bail Organa version CSI ! Nul doute qu'il a de bonnes intentions et qu'il est sincère dans sa démarche, mais s'il venait à être élu, qui dit qu'il ne finirait par renoncer à tous ses beaux discours ? Encore faudrait-il pour cela que Grievous se laisse faire et obéisse, ce dont je doute !

On verra bien dans le Chapitre 2 ! :)
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Messagepar Clonedroïd92 » Lun 12 Mar 2018 - 16:57   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Ah marrant que tu le vois comme un Bail Organa. C'est pas du tout à lui que je le comparerais. Il a de bonnes intentions, très clairement, mais tu verra aussi que Rainar est un homme plein d’ambiguïtés :sournois: :D
Le pureté se survit jamais à la politique. Et la guerre s'en est déjà bien chargé avant.

Comment ça tu pense que Grievous ne va pas se rendre et accepter le résultat des urnes ? Roohhh :diable: :diable:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 14 Mar 2018 - 13:53   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

STAR WARS

LA GUERRE DE SECESSION


Chapitre 2 : Passation de pouvoir (Partie 1)


«  A la Une, ce jour, nouveau rebondissement au Sénat. Le Conseil des Jedi a mené aujourd'hui de vastes opérations d'arrestations à tous les niveaux de la bureaucratie du gouvernement. Vingt huit Sénateurs ont été mis aux arrêts, tôt ce matin, par la Garde de Coruscant pour corruption et complot conte l’État. treize autres sénateurs sont suspendus de toutes fonction.
Comble des opérations de police menées par le Conseil, la totalité des Sénateurs de la Fédération du Commerce, du Clan Bancaire et de la Techno-Union ont été mis en état d'arrestation à leur tour. Le Conseil affirme ne pas donner de succession aux sièges laissés vacants par les corporations, estimant que celles-ci étaient manifestement en lien avec « leur faction d’extrémistes » ayant fait défection pour la CSI.
Plus d'une centaine de sénateurs se sont élevés pour dénoncer une véritable « chasse aux sorcières » et une tyrannie théocratique de la part de l'Ordre Jedi, autant de sénateurs qui refusent désormais tous siège dans la chambre jusqu'à la destitution du Conseil.
Parmi les opposant aux Jedi, la quasi-totalité des planètes en lien avec les corporations visées ainsi que la majorité du Comité Loyaliste regroupant les Sénateurs autrefois partisans de Palpatine et considérant les récentes révélations comme des mensonges montés de toute pièce par l'Ordre pour prendre le pouvoir.

Côté front, un arrêt des offensives a été décrété par le Conseil Jedi. Bien trop dispersée, les généraux de la GAR estiment impossible la continuité des opérations militaires surtout après le re-déploiement sur Bothawui, Malastare, Anaxes, et dans près de deux cents autres systèmes suite aux émeutes populaires pour dénoncer la corruption et l'autoritarisme de la République. La question du manque de troupes et de moyens se pose plus que jamais, surtout depuis la déclaration de faillite des nombreux budgets de la République, qui peine fortement à financer ses opérations militaires. De nombreuses hypothèses ont été avancées, parmi lesquelles la nationalisation des industries de guerre et des installations de clonage par la force afin de garantir la continuité de l'effort de guerre, mais aussi une possible conscription de masse des citoyens majeurs de la République pour renforcer le front. Cette dernière hypothèse est de loin la plus redondante dans les hautes sphères du pouvoirs, tant la priorité a été mise au recrutement de volontaires non-clones cette dernière année.
Cette solution aurait pour avantage de ne pas froisser Kuat Drive Yards, Incom et Subpro Corporations et les cloneurs Kaminoans, peu partisans de la nationalisation de leurs industries, mais bat des records d'impopularité auprès de la population civile selon nos derniers sondages.
La Délégation des 2000, elle, représentée par le sénateur Bail Organa propose l'ouverture de pourparler de paix afin d'arriver à un accord de fin des hostilités avec les Séparatistes. Selon le sénateur d'Alderaan, cette solution permettrait à la République de se réformer dans la calme, de stabiliser son économie et surtout permettrait d'épargner de nombreuses vies en mettant un terme aux tueries et en évitant la conscription de citoyens de la République. Cette proposition est soutenue ardemment par la sénatrice Amidala de Naboo. Bien que retirée des affaires politiques depuis 5 mois suite à la naissance de ses jumeaux, la sénatrice a fait valoir à travers sa suppléante que la République devait plus que jamais reconnaître enfin sa responsabilité dans ce conflit et prendre les décisions qui permettraient d'organiser un futur plus serein pour les prochaines générations. Elle a en outre rappelé la futilité de ce conflit, instrumentalisation d'êtres corrompus et malveillants. Un appel sans doute pour le Conseil Jedi qui n'a pas donné de réponse claire aux problèmes posés pour le moment ».


- Dernières nouvelles sur Vox Galactica, première chaîne d'information galactique


Raxus, dans la Bordure Extérieure
4 ans après la Bataille de Géonosis,
5 mois après l'arrestation de Dooku et la chute de Palpatine


Thodes était à l'étage, dans sa chambre d'enfance, en communication avec Lizine, sa petite amie. La petite brune l'exhortait de la rejoindre, de s'éloigner de la ville pour plus de sécurité. Elle pensait que Calamar n'était plus sûr par les temps qui court. Thodes l'aimait, mais il ne pouvait pas partir. Pas maintenant. Il devait rester avec ses parents. Il devait les soutenir.
Elle faisait une allusion sur son caractère de cochon et son obstination de militaire quand Thodes entendu des bruits de pas pressés, des portes qui claquaient et des ordres aboyés dans le bâtiment résidentiel.
« Qu'est-ce qui se passe ? » avait demandé Lizine. Thodes lui répond de ne pas s'en faire, qu'il va aller voir et qu'il la recontacte dans la foulée. Il la rassure et lui dit qu'il l'aime, puis coupe l'hologramme de son holopad.
En descendant dans le salon, il voit sa mère et son père faces à la porte, reculés jusqu'au mur du fond dans une posture de fuite.
Il allait demander ce qui se passait quand il entendit la sonnette retentir. Ses parents lui firent signe de se taire et personne ne dit mot.
Cette fois, on se mit à tambouriner violemment à la porte.
« Au nom de la République, ouvrez ! On sait que vous êtes là, les voisins nous l'ont confirmé ! »

- La porte est blindée, ils ne pourront pas l'ouvrir comme ça, lui murmura sa mère. Va te cacher dans ta chambre, si on ne fait pas de bruit ils vont être contraints de s'en aller.

Mais sa mère avait faux. Les troopers avaient trouvé le moyen d'accéder au système de verrouillage de l'immeuble et la porte blindée finit pas coulisser. Six silhouettes en armures blanches, équipées de blasters DC-15, rentrèrent et pointèrent leurs armes sur la famille. Ils étaient accompagnés d'un officier non-clone Humain aux cheveux brun court et avec un regard hautain. Son accent trahissait un jeune privilégié des Mondes du Noyau, d'environ vingt-cinq ans, à peine plus âgé que Thodes. Il portait le grade de lieutenant sur son uniforme gris.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Comment osez-vous débarquer ici ?
- Madame Thodes nous venons pour mettre aux arrêts des ennemis de la République dans ce bâtiment, et un passage dans cet appartement s'imposait.
- C'est ridicule, je suis membre du Parti Démocratique Populaire d'Esseles depuis plus de dix ans. Nous sommes Loyalistes !
- En effet, mais je ne viens pas pour vous, madame Thodes.

Le jeune officier se tourna vers son père.

- Erwin Thodes, vous êtes en état d'arrestation pour crimes contre la République, crimes contre les êtres vivants, trahison, sédition et complot en vu de commettre des actes terroristes.

L'Humain se tourna ensuite vers les soldats.

- Emmenez-le.

Trois des soldats en armures blanches contournèrent la table du salon. Sa mère tenta de s'interposer mais le soldat la jeta violemment contre une armoire. Les deux autres soldats immobilisèrent son père contre la table. Thodes n'écouta que ses tripes et mit un violent coup de pied chassé dans l'articulation du genou du clone qui tomba et lui remit un coup de pied circulaire en pleine tête comme il l'avait appris lors de sa formation à l'armée.
Là il releva la tête et vit un soldat pointer son arme sur lui. Il était prêt à tirer et manifestement, il allait le faire. Il s'apprêtait à recevoir la décharge mortelle lorsque quelqu'un le plaqua au sol et l'immobilisa. C'était le visage de son père qui se tenait au-dessus de lui.

- Arrête Vaik ! Bon sang, arrête !
- Je ne les laisserais pas t'emmener !
- Tu veux me faire plaisir ? Tu veux m'aider ? Survis, ok ? Survis, pour veiller sur ta mère, pour continuer à te battre et à dénoncer ce qu'ils font. Survis pour être meilleur qu'eux. La galaxie ne pourra pas ignorer éternellement ce genre de choses, mais pour cela, il faut que des gens survivent. Fais ça pour moi ok ?
- Mais, papa … gémit-il les larmes aux yeux.

Les deux autres soldats arrivèrent et prirent son père par les aisselles, le plaquèrent de nouveau sur la table et lui mirent les menottes de rétention. Une botte se posa sur le torse de Thodes et une arme de poing fut brandie sur sa tête.

- Reste à terre, gamin.
- Passe la trentaine, et tu pourras l'ouvrir !
- Vaik ! aboya son père.
- Vaik Thodes, commença l'officier comme s'il répétait un dossier apprit par cœur. Membre de l'armée impériale Esselienne pendant la gouvernance Séparatiste. Dans la Garde, précisément.
- Laissez mon fils ! intervint sa mère. Il a quitté l'armée lors de l'invasion droïde ! Ce n'est pas un Séparatiste !
- Je n'en suis pas aussi sûr, madame Thodes. Il a, certes, quitté les rangs de l'armée suite à l'occupation de la planète par la Confédération, mais il a servi le gouvernement financé par la CSI ayant fait défection à la République.
- Ça s’appelle la loyauté envers sa patrie, bouffon, ça veut pas dire que j'étais d'accord avec notre Empereur, rétorqua Thodes entre ses dents.

Le type fit tournoyer son arme autour des yeux de Thodes.

- Oui, le commandement voit la chose du même œil que toi, gamin. Sans doute ne veut-il pas se mettre à dos la population, ça ferait trop de gens à arrêter sinon …
Mais ne te méprends pas. Tu n'es qu'une ordure de Séparatiste, je le sais et tu le sais et lorsque l'ordre d'arrestation tombera, ne soit pas étonné de me voir venir te chercher.
- Je t'attendrais trou du cul, et t'en aura pour ton grade !
- Dommage que la pomme soit tombée plus près de son arbre que du vôtre, madame, dit-il à l'adresse de sa mère. Mes sincères condoléances.

Sa mère resta là, sans oser répondre, ni même respirer, de peur que le moindre mot n'aggrave la situation. Elle n'essayait même plus de sauver son époux, elle voulait juste que les clones repartent sans son fils.

Thodes se releva et vit les soldats emmener son père. Ce dernier se débattit pour lâcher un dernier « je vous aime » avant de disparaître. Le dernier soldat à quitter les lieux était celui qui avait mis en joue Thodes. Il le regarda un instant et Thodes vit ses doigts se crisper sur son arme. Puis il rejoignit ses camarades.

Thodes se réveilla en sursaut dans son lit. La sueur coula sur ses tempes. Il regarda à côté de lui. Mayla était encore endormie, le drap coulant sur sa cuisse, dévoilant en partie son corps nue.

En faisant attention de ne pas réveiller la Twi'lek, Thodes se leva et mis une robe de chambre. Il alla à la fenêtre de leur chambre luxueuse prêtée par le Sénateur Rainar pour regarder Raxulon marcher au ralenti dans les ténèbres de la nuit profonde.
La capitale était tellement plus calme, plus sereine que Coruscant, tout le temps en ébullition de jour comme de nuit. Ici, il y avait des heures pour tout, cela avait encore du sens.

- Tu as fait un cauchemar ?
- Désolé, je ne voulais pas te réveiller.

Elle mit sa tête dans le creux de son cou.

- Ce n'était pas un cauchemar. Plutôt... des souvenirs.
- Encore ? Ça faisait un moment que tu n'en avais pas fait mais ça s'est accéléré depuis...
- Coruscant, oui, la coupa Thodes.
- Tu ne devrais pas consulter ?
- Aucun médecin ne pourra soigner ça, je le crains.
- Ce sont les mêmes que d'habitude ?

Mayla était la seule personne de sa vie à être au courant pour ses terreurs nocturnes, sans doute car c'est la seule personne qui ait pu les vivre en partageant son lit avec lui. Elle connaissait les grandes lignes du passé de Thodes.

- Oui... toujours cette même scène. J'aimerais tellement pouvoir en changer l'issue. Faire quelque chose.
- Tu n'aurais rien pu faire et tu le sais.
- Je le sais. Mon père aussi le savait. Tu sais, sur place j'ai agressé un clone. Je voulais sauver mon père. Celui qui m'en a empêché, c'était mon père lui-même. Il m'a dit que je devais survivre. Que ce n'était que de cette façon que je pouvais faire quelque chose qui comptait vraiment.
- C'était un homme sage. Sinon tu serais mort ce jour là. Et tu n'aurais pas pu conduire cette guerre, tu n'aurais pas réunis les Raiders, la CSI n'aurait pas eu autant de victoires, et toi et moi … on ne se serait jamais connu. Je serais sans doute encore une pirate acceptant des contrats pour vivre.

Il la regarda et sourit. Elle souriait aussi. Dans leur intimité, Mayla perdait totalement sa colère qui la caractérisait. Sa carapace cassait, et Thodes pouvait vraiment profiter de la réelle Mayla. Et il était tombé amoureux de cette Mayla. Ou il le croyait. Il ne savait pas trop ce qu'était leur relation. Aucun des deux ne savait. Mais c'était l'une des rares choses qui lui apportait réellement du bonheur dans cette foutue guerre.

- J'aimerais tellement pouvoir le remercier pour ça.
- Qui sait ? Tu le feras peut-être un jour. Tu ne sais pas ce qu'il est devenu, si ?

Les yeux de Thodes s'humidifièrent instantanément.

- Il est mort, Mayla. Comme tous les autres.
- Tu n'en sais rien
- Si. Écoute, tu n'y étais pas ! Chaque jour il y avait des dizaines, des centaines d'arrestations ! A chaque fois on disait qu'ils allaient être déportés soit dans des prisons sur la planète, soit dans des camps de travail de la République en dehors du système ! Mais personne n'a jamais su où ils allaient. Personne n'a jamais pu rendre visite à leurs proches en prison. Ils disparaissaient tout simplement.
Puis un jour, après que la CSI ait libéré la planète, on a découvert les fosses. Les charniers. Il y en avait de près de cinq mètres de profondeur ! Remplis de cadavres ! Ils les montaient dans les transports pour leur faire croire qu'ils les emmenaient dans des prisons secrètes, puis loin de la ville, au niveau des fosses, les faisaient débarquer et les fusillaient !
- Ces fosses remontent sans doutes aux Cinq Sanguinaires ! C'était un carnage pendant ces cinq jours ! Tout le monde tuait tout le monde, même moi j'en ai entendu parler !

Mayla faisait référence aux Cinq Sanguinaires. Dans les premières heures de la Guerre des Clones, la question de l'alignement de l'Empire Esselien se posait. L'Empereur avait donc avancé les élections du gouvernement afin de voir quelle tendance sortirait vainqueur et décider de la politique étrangère en fonction. Le Parti National de la Liberté, favorable à la sédition et au rapprochement avec la CSI avait gagné de peu les élections. Les Séparatistes, par les corporations, avaient massivement financé le parti pour lui faciliter la victoire et pouvoir rattacher l'Empire à la CSI. Mais ceci destinait Cambira Ralle, Président du gouvernement et Gabrial Atanna, le sénateur Loyaliste, à la retraite. Ils avaient alors monté les partisans Loyalistes contre le nouveau gouvernement et une guerre civile avait éclaté. Dans les premiers jours du gouvernement, avant que la guerre n'éclate, Thodes, qui servait dans la Garde Impériale Esselienne, avait déjà participé à de multiples arrestations d'opposants violents et à une manifestation ayant tournée à l'émeute. Les émeutiers saccageaient la ville et s'en prenaient aux soldats. En réponse, Thodes avait fait son devoir, obéit aux ordres et tiré sur la foule incontrôlable, causant de nombreux morts. Les arrestations ne s'arrêtaient plus et personne n'acceptait le résultat des urnes parmi les Loyalistes. La boîte de Pandore avait été ouverte.
Lorsque Kerimi, le nouveau Président, craignant une invasion de la République en réponse à ces émeutes, avait autorisé l'armée droïde de débarquer et d'occuper la planète pour la protéger, Thodes estimait qu'il s'agissait d'une mise sous tutelle, et refusa l'idée que son gouvernement s'affranchisse de la République, soi-disant tyrannique, pour finalement autoriser une autre faction étrangère d'occuper la planète. Il démissionna de l'armée à ce moment là, ne supportant plus d'avoir du sang sur les mains. Il était jeune et idéaliste. Il n'avait pas compris que l'invasion était inévitable que ce soit par la République ou la CSI. A l'époque il n'était pas spécialement « Séparatiste ». Il concédait volontiers que la République était pourrie de l'intérieur et tout autant impérialiste que laxiste. Elle se fichait pas mal d'Esseles. Mais à l'époque il voulait seulement que sa planète puisse vivre en paix, hors de la guerre. La guerre avait fini par le rattraper. La République envahit la planète presque en même temps que la CSI et la bataille pour Esseles avait commencé. Les deux puissances avaient rasé des villes entières de la carte, déplacé des populations, procédé à des épurations et des massacres partout sur la planète. Pendant cinq jours, on tua. Encore , encore et encore. Des voisins, des amis, parfois même de la famille, furent divisés entre les Loyalistes et les Séparatistes et s'entre-tuèrent alors que deux mois avant ils mangeaient autour de la même table. La fureur et la folie s'étaient emparés de son monde. La folie meurtrière s'était emparée de chacun. Il avait dû lui-même tuer une trentaine de personnes au cours de ces cinq jours, tous des civils qui avaient décidé de s'en prendre à lui ou à sa famille pour le lien que son père entretenait avec le gouvernement ou a contrario pour le soutien que sa mère apportait aux Loyalistes. Sa famille elle-même avait été déchirée par le conflit mais avait su rester unie pendant les Cinq Sanguinaires. Personne, pas même l'armée ou la police ne pouvait les sauver. L'armée et la police avait été balayées par la République. Il n'en restait rien.
Finalement le conflit avait cessé lorsque la République fit un bombardement orbital sur Calamar, la capitale, détruisant les forces Confédérées assiégées et tuant au passage plus d'un million de personnes. Les Séparatistes vaincus, les Loyalistes reprirent le pouvoir et l'armée de la République, lors du dernier jour, fit une vague massive d'épuration en attaquant les derniers foyers séparatistes sur la planète, vidant villes et villages et massacrant tous les combattants restant. Le but était de pacifier définitivement la planète et pour toujours. Mettre fin à la tuerie. Dans les deux camps les pertes étaient catastrophiques. Les épaves des vaisseaux de guerre avaient ravagé le paysage, et des continents continuaient de brûler encore aujourd'hui à cause des bombardements.
Les Loyalistes avaient alors laissé une chance à la faction Séparatiste Esselienne. L'exil ou les arrestations.
Des millions de personnes, près de la moitié de la population planétaire, avait donc décidé de fuir, laissant leur monde natal derrière eux pour éviter les persécutions et une mort certaine. Pas son père. Il avait décidé de rester. Il s'était battu pour la liberté et l'indépendance de sa planète, alors il était hors de question pour lui qu'il fuit la queue entre les jambes sur demande des Loyalistes. Il fut arrêté le mois qui suivit la fin des Cinq Sanguinaires.
Les réfugiés Esseliens avaient trouvé refuge au sein de la CSI, qui leur avait offert asile, notamment sur Raxus. Environ un an et demi plus tard, des réfugiés s'étaient armés et avaient rejoint le Corps de Volontaires des Armées de la CSI . Avec l'aide de l'armée droïde et de la Marine Confédérée, ils donnèrent l'assaut sur la planète pour la reprendre. A l'époque, la République menait le siège de la Bordure Extérieure et n'avait pas de renforts à envoyer sur Esseles. Thodes, lui, après l'arrestation de son père, avait rejoint la milice nationaliste séparatiste, un mouvement de résistance qui avait pour objectif de pourrir la vie à la République et de faire dégager les troupes qui occupaient leur monde. Là-bas il fit la connaissance de Z'irel, Antius et Kaylin, membres aux aussi de la milice. Ils sabotèrent les boucliers planétaires et les relais comm' de la planète pour l'isoler avant le début de l'assaut. C'est à cette occasion que Thodes était devenu un pilote de chasseur habile. Il pilotait un Mankvim-814 de la Techno-Union, issu d'un stock abandonné par les Confédérés lors de la première défaite. Une belle bête mais en rien comparable au P-38 Rogue. Ils avaient finalement joint l'effort de guerre avec les troupes Séparatistes et libéré son monde. Le gouvernement Séparatiste eut la reconnaissance de l'Empereur, désireux de mettre fin aux révoltes et aux instabilités. Kade Rainar, qui faisait partie des exilés revenu combattre pour libérer la planète, avait été élu Sénateur au Parlement Séparatiste. Contrairement aux Loyalistes, le nouveau gouvernement ne fit pas la chasse aux opposants et tentèrent une réconciliation nationale entre les ennemis d'hier. Ensemble ils étaient en train de reconstruire leur monde, mais une telle épreuve laisse des profondes cicatrices. L'instabilité, le fanatisme, la méfiance et la violence continuaient de peupler Esseles et Thodes était bien conscient qu'une simple maladresse pouvait mettre le feu à la poudrière et son monde se consumerait de nouveau. Il était d'autant plus attentif à cela que sa mère avait soutenu les Loyalistes et se retrouvait donc exposée, bien que ses positions aient drastiquement évolué depuis l'arrestation de son père. La passé laisse des traces indélébiles et la mémoire des gens est particulièrement sélective...

- Les charniers dataient bien des Cinq Sanguinaires, Mayla. Mais les deux dernières « couches » de cadavres, les plus récentes, dataient d'après le conflit. Ce sont des victimes de l'occupation républicaine. Ces salauds ont rendu les corps méconnaissables pour éviter une éventuelle identification future.
- Les Jedi sont des enfoirés d'hypocrites, mais je n'arrive toujours pas à croire qu'ils aient laissé de telles choses se produire.
- J'y étais Mayla. Et c'était bien réel. Les Jedi n'y sont pour rien. Ils ont été dépassés par le conflit, et n'avaient pas trouvé d'autres solutions que les méthodes radicales proposées par les militaires pour remporter la victoire. Pour eux, on étaient fous à lier et déterminés à mourir, et ils n'avaient pas tort. Mais les Jedi n'ont commandé que lors de la conquête. Les exactions qui ont suivi durant l'occupation étaient l’œuvre de la République. Les Jedi étaient retournés au front, pour des affaires plus... importantes.

Elle l'enlaça dans ses bras par derrière.

- Un jour tu dépasseras tout ça. Je te le promet.
- Quand cette guerre prendra fin, peut être...

Parfois Thodes se demandait ce qu'il avait fait pour mériter Mayla. Il faut dire que leur rencontre ne s'est pas passé sous les meilleurs auspices. Thodes, au début, s'était demandé pourquoi Mayla se battait pour la CSI. Son peuple, les Twi'leks, avait subi une invasion brutale de la CSI, dirigée par la cupide Wat Tambor. Cet émir était le chef de la Techno Union et avait fourni ses troupes au mouvement uniquement pour profiter du libre marché Séparatiste et pour pouvoir piller des mondes entiers. La Confédération ne levait pas la voix contre ce mégalomane car ses usines produisaient le gros des troupes terrestres Séparatistes, dont les fameux droïdes de combat.
Tambor avait soumis Ryloth à un blocus, affamant et réduisant les Twi'leks à l'esclavage. Ryloth étant un monde loyaliste, son invasion suivait une logique militaire. Les modalités d'occupation clandestines de Tambor, nettement moins. De fait des souffrances et des nombreux morts découlant de l'occupation, la totalité des Twi'leks de la galaxie, à quelques rares exceptions, vouaient une profonde haine envers la CSI. Thodes pouvait le comprendre, mais cela rendait énigmatique l'engagement de Mayla. Il faut dire que Mayla ne s'est jamais vraiment « engagée » pour la CSI, et les réponses se tenaient dans son passé.

Mayla n'était pas née sur Ryloth et n'avait jamais connue le monde d'origine de son espèce. Mayla était la fille de deux esclaves, au service du gouverneur d'Anoat dans la Bordure Extérieure. Ses parents avaient été vendus par des esclavagistes agissant sur Ryloth de manière ouverte. La République n'avait jamais levé le petit doigt ou même abordé le sujet au Sénat, le sort de quelques Twi'leks l'indifférant totalement. Le Sénateur Orn Free Taa était au courant des machinations tout en laissant faire les esclavagistes, les rumeurs laissant entendre qu'il touchait des pots de vins sur les « transactions », à moins que cela soit juste une parfaite indifférence. Quoiqu'il en soit, lorsque Mayla arriva à l'adolescence et que ses parents furent exécutés sur un caprice du gouverneur, les choses s'aggravèrent. Il tenta de faire de Mayla son esclave sexuelle, et Mayla dû faire, pour la première fois, le nécessaire pour survivre : elle assassina le gouverneur lors de leur « nuit de noce » en lui enfonçant une fourchette si profondément dans l’œil qu'on n'en voyait même plus le manche. Ce meurtre fut le premier d'une longue série. Elle ne s'arrêterait plus. Elle tua gardes et membres de la famille du gouverneur par pure vengeance, puis quitta la planète après avoir libéré les autres esclaves. Ce sera son dernier acte d'altruisme avant longtemps. Elle survécut dans la Bordure Extérieure sous son seul prénom de Mayla, n'ayant jamais eu de patronyme, refusé aux esclaves, voyageant de planète en planète, et vendant ses services au plus offrant. Tueuse, voleuse, dealeuse... Mayla ne recula devant aucun travail pour survivre, et finit par ne plus ressentir le moindre sentiment, tuant implacablement tous ceux qui se dressaient sur son chemin, ne faisant aucune distinction entre « alliés » ou « ennemis ». Seules limites qu'elle s'imposa, elle refusa de vendre son corps ou de travailler pour des esclavagistes, qu'elle n'hésitait pas à massacrer gratuitement à vue. Cela lui valu d'avoir sa tête mise à prix par les Hutts, le Soleil Noir et bien d'autres. Elle travailla pendant un temps comme tueuse et chef d'opération pour les Pykes avant de voler une cargaison entière pour la revendre, lui valant d'être aussi recherchée par les Pykes.
Elle finit par devenir la femme à tout faire du gang Skadan, officiellement dirigé par Tence Nomea, une pourriture de Selkath, mais en réalité à la solde du Sénateur Corrj, représentant d'Atzerri au Sénat Galactique. Mayla participait donc à maintenir les intérêts du Sénateur sur le « monde du libre marché » comme à l'extérieur de celui-ci. Et son manque absolu de scrupules avait totalement charmé le politicien.
Mais les choses changèrent quand la Confédération donna l'assaut, il y a un peu plus d'un an, et envahit la planète pour s'approprier son libre marché, et éviter qu'il fasse ainsi concurrence au sien et aux corporations. Thodes menait alors plusieurs escadrons de chasseurs Séparatistes, et ses Raiders avaient mitraillé les spatioports pour éviter que les pirates de transit ne s'allient aux clones pour défendre la planète. Au cours d'un raid de bombardement sur les positions Loyalistes, Thodes avait été abattu par un intercepteur Jedi, non sans l'avoir touché avant. La chance a voulu que le crash ne tue pas Thodes. Le Jedi eut moins de chance. Le mauvais côté était qu'il s'était crashé derrière les lignes ennemies, coupé de tout renfort. Conscient que sa balise de détresse le ferait localiser par les Loyalistes, il l'avait coupé, puis, avec pour seules armes son blaster E-5 et trois détonateurs thermiques, il s'était mis en tête de rejoindre à pied les positions Séparatistes. Mais la bataille avait mal tourné. Plusieurs Raiders étaient à terre, le débarquement était un échec total, et la flotte Séparatiste accusait de lourdes pertes suite à l'arrivée massive de renforts de la République. Le seul espoir de la Confédération de pouvoir évacuer tranquillement la planète était de localiser les générateurs de boucliers de la République. Leur destruction et l'exposition des villes et troupes Loyalistes aux bombardements orbitaux obligerait la République à disperser ses troupes pour éviter la destruction complète et permettrait aux Séparatistes de gagner du temps.
Alors qu'il regagnait son camp, en longeant une rivière au bord d'une lisière de forêt au crépuscule, Thodes fut attaqué par une bande de pirates. Il se battit vaillamment et tua quatre des malfrats avant d'être littéralement tabassé et dépassé par un adversaire au corps à corps. Il fit la rencontre de Mayla. Il s'attendait à ce que la Twi'lek le tue sommairement, mais il apprit de sa bouche que les Séparatistes venaient de tenter un « tout pour le tout » et que la totalité des forces qui n'avaient pas réussi à évacuer avaient donné l'assaut et réussi à percer les lignes ennemies. Dans ce vague et indéterminé « No Man's Land » , la Twi'lek avait décidé de garder le Séparatiste en vie pour avoir une monnaie d'échange au cas où ça tournerait mal. Pendant plus de trois jours, alors que Mayla et sa bande tentaient de regagner les lignes Loyalistes, ils trimballèrent leur prisonnier. Captivé par la jeune femme, Thodes avait cherché à créer un lien , autant pour survivre que pour en savoir plus. A l'époque, elle ne lui avait rien révélé de son passé. La seule chose que Thodes avait pu tirer d'elle c'est qu'elle était impitoyable, sans amis, sans famille et qu'elle n'hésiterait à le tuer pour le fun. Mais ces échanges forcés par Thodes, s'ils avaient pu l'agacer, avaient fini par la prendre au jeu. Elle s’intéressa à son prisonnier, notamment sur ses capacités de combat terrestre, peu commune pour un pilote. Y voyant une opportunité, Thodes lui raconta son passé dans la Garde Impériale Esselienne, et l'histoire de sa planète. Et pour la première fois, sans doute depuis longtemps, la carapace de la Twi'lek s'était fendue. Ils avaient en commun cette même douleur et cette même haine de la corruption et de l'injustice, mais surtout la Twi'lek était troublée de l'absence de jugement de cet Humain qui ne la voyait pas comme une vulgaire criminelle, mais comme une femme, qui avait dû sacrifier sa conscience pour survivre. Ils avaient aussi ça en commun, dans une moindre mesure.
Puis, alors qu'ils arrivaient au campement de la République, Mayla eu la désagréable surprise de voir des droïdes et des super-droïdes de combat l'attendre en embuscade. La totalité de son groupe fut tué et, alors qu'elle était à découvert, sur le point de se faire descendre, Thodes revendiqua son statut de commandant du Corps des Chasseurs Volontaires de la CSI pour ordonner un cessé le feu. Les droïdes reconnurent Thodes grâce à leur base de données à reconnaissance faciale et épargnèrent la Twi'lek. Cependant, conscient qu'il ne pourrait pas lui éviter la mort ou l'emprisonnement, il lui somma de lui révéler l'emplacement des générateurs de boucliers de la République. Devant la résistance de la jeune femme, il lui demanda si la République avait ne serait-ce qu'une fois fait quelque chose pour elle. Il lui demanda ce qu'elle lui devait, à elle et à son sénateur véreux, et si cela valait la peine de mourir pour ça. Devant les demandes sincères de Thodes pour lui offrir une échappatoire et lui sauver la vie, Mayla avait donné l'emplacement des générateurs. Leur destruction avait permis aux forces Séparatistes de quitter la planète et de ne pas tout perdre dans cette défaite.

« On fait vraiment quelque chose de bien, tu sais ? lui avait-il dit. Quelque chose qui compte. On se bat pour changer la galaxie, la balayer de ses travers et de ceux qui nous ont laissé crever si longtemps. Tu pourrais avoir ta place parmi nous si tu le voulais. »

Il se revoit lui tendre une main.

«  Alors Mayla, ça te dit de ne plus être seule ? »

Mayla s'attendait sans doute qu'on la laisse pourrir sur Atzerri au milieu des cadavres, comme on l'avait toujours fait. Pas que quelqu'un se soucie d'elle. Réellement. Mayla avait pris cette main tendue et avait … difficilement rejoint les Raiders. Mais son talent, son courage et, au grand étonnement de tout le monde, sa loyauté avait eu raison des critiques sur son sale caractère. Thodes s'était porté garant d'elle. Un pari très risqué quand on connaît son tempérament. Puis ils s'étaient rapprochés, jusqu'à l'intimité, sans que l'un comme l'autre ne le voit arriver. Cela s'était fait naturellement. Ils n'étaient pas en couple. La notion de couple n'existe pas lorsqu'on est en guerre. Ils ne savaient pas eux-mêmes ce qu'ils étaient, mais Thodes soupçonnait sincèrement Mayla de se battre sans en avoir rien à faire de la CSI et de sa cause. Elle n'était certainement pas une idéaliste, et ne portait aucun amour à sa « patrie » comme Thodes. Elle n'en avait jamais eu après tout. Elle n'avait jamais dit pourquoi elle continuait chaque jour de se battre à leurs côtés, à risquer sa vie ainsi, pour quelque chose qui ne la touchait pas. Thodes se risquait à penser qu'elle le faisait parce qu'elle avait enfin trouvé une stabilité, une famille, des amis. Parce qu'elle n'était enfin plus toute seule. Elle se levait le matin et se battait pour autre chose que sa survie, et ça, ça pouvait avoir une importance cruciale dans la vie d'un être : avoir un but, quand bien même on ne croit pas en sa finalité. A moins qu'elle se batte aussi pour Thodes, pour eux deux ? Ou alors elle se battait pour la paye, conséquente pour les combattants organiques de la CSI, et ne voyait cette guerre que comme un boulot de plus. Un contrat plus risqué que la moyenne mais avec une bonne paye fixe.

Il sortit de ses pensées lorsque Mayla le lâcha et retourna se coucher. Son corps musclé et marqué, bien qu’athlétique, aux multiples cicatrices et aux tatouages blancs de gang descendant jusqu'à sa hanche gauche, se dessina dans les ombres de la chambre. Son allure n'avait rien à voir avec la minceur et la douceur des canons de beauté des mannequins, mais Mayla, dans tout son être, n'avait rien d'une mannequin. Comme ce corps, elle était affûtée, dure, puissante, rêche et c'est pour ces raisons que Thodes la désirait tant. Il ne l'échangerait jamais pour le moindre mannequin de la galaxie.

- Retourne te rendormir, Mayla. J'arrive.
- Je sais que non. Mais c'est gentil d'essayer.

Elle avait raison. Lorsque les démons de son passé venait le titiller, il retrouvait rarement le sommeil. Il regarda l'holo-horloge. Il était cinq heures du matin. Dans sept heures, le Parlement élirait lors de la session de midi le nouveau Chef de l’État de la CSI, et cela serait retranscrit en direct.

Il prit son courage à deux mains, et retourna se blottir contre Mayla. Il devait être en forme demain pour accueillir son ami, quel que soit le résultat. Tandis qu'il remuait son passé, la moitié de la galaxie allait décider de son avenir. Comment pouvait-il trouver le sommeil au milieu de tout ça ?



Voilà pour cette semaine ! Bonne lecture à tous :jap:
Modifié en dernier par Clonedroïd92 le Jeu 15 Mar 2018 - 16:41, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 15 Mar 2018 - 16:16   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Première partie du Chapitre 2 lue !

Beaucoup aimé ! Voilà un Chapitre qui nous en apprend beaucoup sur deux des personnages de ton récit, en particulier Thodes. Tonnerre, la République a les mains sales, c'est peu de le dire ! Voilà qui change par rapport à l'intégralité des récits tirés de la Guerre des Clones, où la gentille et irréprochable République faisait face à la vile CSI... :sournois: même si la barque est un peu "chargée", tu en fais peut-être un peu beaucoup dans ce registre. Mais pourquoi pas, après tout, cela fait du bien !

L'élection du nouveau Chef d'Etat de la CSI se rapproche... Curieux de voir si Rainar va l'emporter aussi "facilement" qu'on semble le penser ! Et pendant ce temps, les Jedi se font de plus en plus d'ennemis... :sournois:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 15 Mar 2018 - 16:32   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Les Cinq Sanguinaires sont autant le fait des Loyalistes, des Séparatistes (qui ont tous deux participé, les Seps ayant envahit la planète en premier) que de la population elle même qui s'est entredéchirée dans le conflit.
La chasse aux Seps, une fois la victoire acquise par la République ne me paraissait pas forcément outrancière dans le sens où n'importe quel camp aurait fait de même. C'est la guerre. Pareil pour les exactions malheureusement. Tu verra dans la fic que les Seps ne font guère mieux. Il y a des mondes martyres dans les deux camps, mais vu Thodes, c'est forcément Esseles qui compte. Si tu trouve la barque chargée, accroche toi, car ça va aller de mal en pis :lol: :sournois:

Pour info, pour les plus curieux, vous pouvez faire des recherches sur le Wookieepedia pour savoir ce qui est canon, légends ou inventé pour la fic. Il y a bien eu cinq jours de combats meurtrier sur Esseles suite à l'arrivée d'un gouvernement Seps et à la réponse militaire de la République. Il y a bien eu un nombre indécent de mort dans les deux camps et les Esseliens Seps ont bel et bien été contraints à fuir la planète pour éviter des persécutions (source Legends non contredite ou précisée par le nouveau Canon). Toutes les dorures autour, là par contre, c'est pour approfondir et mettre l'ambiance :paf:
Pour Atzerri, si l'ambiance "corrompue et illégale" et le marché libre est Legends (non contredit ou précisé par le Canon), la bataille est une pure invention de ma part.

Voilà pour les précisions :jap:
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Messagepar L2-D2 » Jeu 15 Mar 2018 - 16:43   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Précisions fort appréciables, qui montrent tout le travail de recherche que tu as effectué ! :jap:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 15 Mar 2018 - 16:49   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Merci L2 ! :jap:
Oui, j'ai passé pas mal de temps à parcourir le Wookiee pour me rappeler des trucs que j'avais lu, sur les mondes, les espèces, les vaisseaux ... je voulais que ce soit vraiment dans la continuité de ce qui a déjà été fait. J'ai essayé de manger tous les détails de la guerre des Clones, et des choses anodines comme l'histoire d' Esseles, y en a plein toute la fic. D'où le temps que ça m'a pris pour l'écrire. J'ai aussi du parfois réadapter la fic avec les nouvelles sources canons qui sortaient, sans dénaturer le fil rouge de l'histoire. Mais je me suis éclaté :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 21 Mar 2018 - 14:17   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession


Chapitre 2 : Passation de pouvoir (Partie 2)







Un silence de cathédrale régnait au Parlement Séparatiste, ce qui collait parfaitement à l'aspect de celui-ci. Ancienne bâtisse des pouvoirs publics de Raxus, le majestueux bâtiment abritait désormais le Parlement Séparatiste, l'organe législatif de la CSI, où les planètes libres pouvaient régler les affaires politiques extérieures et intérieures. Tous étaient des Sénateurs dégoûtés de la corruption de la République, souvent laissés pour compte, ou bien des planètes qui n'avaient jamais pu faire entendre leur voix au Sénat, car rejetées par la République. Il y avait quelque chose dans le Parlement Séparatiste qui manquait au Sénat Galactique : l'idéalisme. L'idéalisme avait construit ce Sénat, et bien que les corporations aient eu leur place, encore, au sein de l'organe législatif, leur influence était plus limitée. Ici on pouvait dire « non ». Cet idéalisme avait tendance à déchaîner les passions, et il était régulier que le Parlement soit couvert par les voix, les cris, parfois les injures des représentants des mondes indépendants, ce qui rendit ce silence si surnaturel, si anormal …

Thodes pouvait admirer cela depuis le balcon des invités, situé en hauteur de l'immense salle rectangulaire ou des milliers de Sénateurs exerçaient leur droit de vote pour élire le nouveau Chef de l’État.

Un son de cloche indiqua que tous les votes avaient été recueillis.

Bien je vois que nous avons tous réussi à nous décider. Les votes sont officiellement clos, annonça la Présidente du Parlement Séparatiste, la Sénatrice Seviss de Raxus. Sénateurs du Parlement ! Voici les résultats !

Seviss appuya sur une touche du pupitre du maître de conférence et le vote de chaque sénateur apparut.
Contrairement à la République où le vote était secret, et permettait des alliances secrètes et des complots, le Parlement Séparatiste avait mis en avant la transparence avant tout. Le vote de chaque Sénateur était rendu publique, que ce soit par voix portée avec enregistrement de la réponse, ou par vote silencieux via le panneau de commande comme c'était le protocole pour l’élection du Chef de l’État. Certes ce mode de scrutin exposait le Sénateur avec sa décision, mais il permettait aussi de savoir les pensées et alignement de chacun et permettait aux mondes indépendants de savoir lorsque leur Sénateur votait contre leur intérêt. Cela permettait aussi de voir les liens que les Sénateurs avaient les uns avec les autres, en particulier les liens avec les corporations. Le secret ne pouvait plus vicier de l'intérieur le système. Encore une mesure montrant la lutte absolue des Séparatistes contre toutes formes de corruption.


Une fois les votes de chaque sénateur affichés, une répartition en pourcentage se fit automatiquement entre les candidats.
Seviss regarda les résultats et s'adressa aux caméras volantes diffusant en direct le vote dans les systèmes indépendants.

- Est élu Chef de l’État de la Confédération des Systèmes Indépendants avec 45 % des voix de cette assemblée, Kade Rainar, Sénateur d'Esseles !!

Un sourire en coin apparut sur l'expression normalement neutre et impartiale requise pour un Président du Parlement.

Dans la chambre, un tonnerre d'applaudissements et d'exclamations retentit, mais aussi un nombre important de sifflets, et de quolibets.

- Silence ! Je demande le silence ! ordonna Seviss. En seconde position se trouve le Comte Barrett, Sénateur de Serenno. Puis viennent dans l'ordre : Juluter, Sénateur de Sluis Van, le Sénateur Ratch de Kooriva, et la Sénatrice Ampt de Ruusan.


La défaite du remplaçant de Dooku, représentant de Serenno et rassembleur des partisans de Dooku et du Sénateur de Koorivar, très lié aux corporations, ravissait au plus haut point Thodes, mais les voir en deuxième et quatrième place montrait aussi que Rainar était loin de faire l'unanimité. Il avait nombre d'adversaires politiques dans cette assemblée …

- Notre nouveau Chef de l’État souhaite t-il nous dire quelques mots ?

Rainar se leva et quitta son rang de Sénateur pour monter au pupitre. Une fois qu'il domina l'assemblée, il la regarda un instant, puis il prit une inspiration.

- Parlement Séparatiste, chers collègues, peuples de la Confédération, c'est avec un immense plaisir et un plus grand honneur encore que je prends ces fonctions que vous me confiez. J'ai toute connaissance de la tâche ardue qui m'attends en ces temps troublés. La Confédération a été fragilisée, de la manière la plus violente qui soit depuis le début de notre courte histoire. Nous avons été trahis. Nous avons tous été trahis.

Des huées se levèrent des rangs des sénateurs partisans de Dooku. Rainar ne dit rien et attendit le silence.

- Nous avons été trahis, répéta Rainar. Et cela nous montre, que malgré tous nos efforts, toute notre bonne foi et nos convictions, nous ne sommes pas à l'abri du mensonge, de la corruption comme au temps où nous étions membres de la République Galactique.

Nouvelles vagues de sifflements et de huées.

- C'est un fait ! cria-t-il cette fois pour couvrir les huées. Nous avons été manipulés, trahis, aveuglés, violés ! Je ne le permettrai plus !
Les sénateurs Seviss, Gale et Drant vont ont présenté le projet du CCC avant ce vote. Je ne me suis jamais caché de soutenir un tel projet, ayant activement participé au travail de réflexion sur celui-ci. Par conséquent je propose immédiatement de voter l'adoption ou le rejet du CCC. Il est absolument indispensable que les forces droïdes soient coordonnées, contrôlées et utilisées en accord avec la volonté du Chef de l'État, mais aussi du Parlement Séparatiste ! Mais surtout des peuples Confédérés! Nous devons balayer définitivement le risque de corruption mais aussi de détournement des pouvoirs de la CSI, non pas que dans cette chambre, chers amis, mais aussi au sein de nos forces armées ! Les armées droïdes ont été faites don par nos amis des corporations pour permettre à notre rêve de se réaliser ! Celui de la liberté ! Il est donc naturelle que nous mettions tous en œuvre pour que cette force reste dédiée au bien public et utilisée dans l'intérêt des peuples Confédérés !

Cette dernière tirade eut bien moins d'opposition que les précédentes, mais de plus nombreux applaudissements.

- Soutenez-vous que nous puissions utiliser nos forces contre la Confédération, Chef de l’État Rainar ? s'emporta Voe Atell, sénatrice représentante de l'Alliance Intercorporations.
- Non, mais ce que je soutiens, Sénatrice Atell, c'est que vous pensiez qu'il s'agisse encore de vos forces comme vous venez de le faire remarquer ! Et ce n'est pas le cas ! Pourtant, dans les faits, ni le Chef de l’État, ni le Parlement Séparatiste n'a de contrôle total et transparent sur ces forces ! Que ce soit un contrôle d'autorité ou un contrôle technique. Ceci est une erreur qui se doit d'être corrigée !
- L'Alliance Intercorporation s'y opposera ! Vous nous rabaissez et nous accusez de corruption devant cette assemblée ! C'est de la diffamation ! Je demande aux Sénateurs de la CSI de s'opposer à cela ! Nous ne laisserons pas une telle chose arriver !! cria t-elle aux autres sénateurs.
- Êtes-vous en train d'exiger du Parlement un alignement sur les intérêts des corporations, Atell ? Est-ce une menace ? s'insurgea Juluter, l'ancien concurrent de Rainar.
- Non, je …
- Car ça y ressemblait drôlement ! Nous ne sommes plus en République, quand est-ce que vous allez vous mettre ça dans le crâne ! Nous sommes libres, vous ne nous tenez pas ! Monsieur le Chef de l’État a raison, bon sang ! Ça n'a échappé à personne ! Il est normal que nous ayons un contrôle direct sur les forces dont vous nous avez fait don ! De quoi avez-vous peur ? Vous avez votre libre marché, non ? Alors laissez la question de la défense des mondes indépendants à ceux que cela concerne réellement ! termina le Sénateur Juluter.
- Vous n'avez aucun pouvoir ici, cracha le sénateur Kushi.
- Pour qui vous prenez-vous ? harangua le sénateur Bluss.

Atell fut prise entre les injures, les huées et l'opposition de la majorité du Parlement, tandis que ses soutiens se turent dans leur coin.

- Je vous en pris, mes amis, retrouvons notre calme, coupa Rainar. Je vous rassure Atell, les corporations garderont leurs sièges au Conseil Séparatiste, et pourront toujours bénéficier de nos forces pour protéger leurs échanges et leur commerce, sans payer le moindre impôt en échange de votre contribution à notre militarisation. Rien ne changera pour vous, je pense que cela ne vous posera pas de problème, n'est-ce pas ?
- Je ferais tout pour bloquer ce projet !
- Seul le vote décidera de cela. Et je tiens à préciser que le vote portera sur l'ensemble de la motion déposée par les Sénateurs Gale, Seviss et Drant, à savoir qu'un membre du Sénat, sans lien avec les corporations, devra être élu pour devenir le représentant officiel du Parlement au sein de Conseil Séparatiste...
- Une honte !!! reprit de plus belle Atell.
- Dans un souci permanent de transparence, termina Rainar le sourire aux lèvres.

Cette fois, la quasi-totalité du Parlement applaudit vivement à cette annonce.




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- Alors, qu'en pensez-vous Juluter ?
- Je … oui bien sûr ! Ce serait un immense honneur d'abriter le CCC sur Sluis Van.

Le Sluissi gesticulait d'excitation sur son siège.

- Vous êtes un homme plein de surprises Kade Rainar. Nous sommes adversaires à la course pour le poste de Chef de l’État, puis, après votre victoire, vous offrez à mon peuple votre projet.
- Il ne s'agit pas de mon projet.
- S'il vous plaît, vous étiez le pionner sur la problématique de gestion des forces armées. Vos sympathisants ont juste porté vos idées pour que vous puissiez briguer le poste suprême.

Rainar fit un sourire sans le moindre sens clair et accueillit dignement la pique déguisée de Juluter.

- Je n'essaye pas de vous acheter, Juluter, si c'est cela que vous craignez. Mes collègues et moi-même avions pensé à Sluis Van bien avant la chute de Dooku et ces élections. Et bien que vous soyez un adversaire politique, je ne doute pas de votre honneur. Votre peuple a véritablement subit les injustices de la République, et la famine due au siège de la Bordure Extérieure vous a fait terriblement souffrir. Entre la crise économique et la famine massive, entrecoupées des agressions militaires de la République, le peuple Sluissi a plus que prouvé son intégrité, son dévouement et son incroyable ténacité. J'admire Sluis Van et j'admirais autant Ludar que vous. Paix à son âme …
Je vous fais confiance, reprit Rainar, et j'ai confiance en les Sluissis.
- Et nous vous remercions de votre confiance, monsieur le Chef de l’État, dit Juluter en s’inclinant légèrement. Mais vous aviez dit que vous désiriez une Confédération multi-pôles pour plus de justice contrairement à la République. Nos chantiers servent déjà massivement l'effort de guerre. Certains pourraient penser que vous nous privilégiez.
- Justement. Mon but est de faire une Confédération avec plusieurs centres d'impulsions pour faire bénéficier à tous les oubliés des bienfaits de la Sécession, mais il ne faut pas confondre décentralisation et dispersion. Nous devons garder en tête le souci logistique et pratique. Le CCC réponds à un impératif militaire, nous ne pouvons sacrifier son efficacité pour des raisons politiques. En concentrant le CCC aux même endroits que les chantiers de la CSI, nous pouvons protéger deux points capitaux de la CSI sans disperser notre flotte plus que de raison. Sluis Van reste un monde de la Bordure Extérieure, un centre d'impulsion politique et économique pour cette zone de non-droit. Vos prouesses technologiques sont reconnues jusqu'au Noyau. Et votre peuple fut l'un des premiers à dénoncer les injustices et la corruption de la République, puis à faire sédition pour la CSI. Vous avez le profil parfait.
Imaginez les retombées économiques pour la région ? Entre Raxus dans la Bordure Extérieure nord, Sluis Van dans la Bordure Extérieure Sud, nous allons faire rayonner des territoires laissés à l'abandon depuis toujours ! Nous allons revitaliser des zones mortes, établir des lois là où règne le chaos. Là où le progrès économique est en marche, suit toujours le progrès politique. Le CCC et les chantiers navals vont changer du tout au tout votre économie.
- Je vais soumettre votre requête à notre Khedive sur le champ, Rainar. Si ma fierté de candidat vaincu ne m'empêchait pas de le faire, je vous remercierais sincèrement pour ça.
- Je ne demande pas vos remerciements, Juluter, dit il en lui serrant la main. Juste votre accord.

Juluter rampa en dehors du bureau du Chef de l’État. Il s'agissait d'une longue pièce rectangulaire, dominée par un simple bureau métallique couleur chêne bordé de lumières vertes. Derrière le bureau se trouvait une énorme baie vitrée blindée donnant sur Raxulon et au-delà. L'accès de la porte jusqu'au bureau était balisé par un chemin là encore de métal aux couleurs chênes bordé par des lumières discontinues vertes. De part et d'autre de ce chemin se trouvait deux imposants jardins aux gazons verts, aux mares transparentes, et aux hauts arbres de formes extravagantes alternant saules pleureurs et arbres plus vivants. Le très haut toit était composé de boucliers déflecteurs de protection donnant l'impression que le bureau était à ciel ouvert, laissant passer les rayons solaires. Seul manquait les oiseaux gazouillant pour compléter le tableau, mais les décorateurs y avait renoncé pour des questions pratiques évidentes.

Rainar vit la silhouette de Thodes sortir de l'ombre du jardin.

- Pourquoi m'avoir convoqué ? Ce genre de conversation ne concerne que les politiciens.
- Pas en l'espèce, répondit Rainar. Vaik, je compte donner l'assaut sur Utapau. Je vais ordonner l'élimination de Grievous.
- Il n'a pas reconnu ton élection ? Il refuse de céder le pourvoir ?
- Je ne l'ai pas prévenu du changement de pouvoir.

Thodes garda le silence et détourna le regard. Il eut l'air confus par ce qu'il venait d'entendre.
Rainar se mit à faire les cents pas.

- Tu te demandes pourquoi j'agis de la sorte ? C'est simple, mon ami. Si je préviens Grievous de mon élection, il y aura deux scénarios possibles. Soit il reconnaît mon autorité, et dans ce cas je n'aurais plus aucune raison légale de me débarrasser de ce monstre, et il continuera à tuer en mon nom. Soit il ne la reconnaît pas mais sera en capacité d'anticiper la suite et prendre la fuite.
- Le système de contrôle fantôme est opérationnel non ? On détient déjà le pouvoir d'user de l'armée droïde ?
- Mais le Parlement ne le sait pas. Je dois attendre que le CCC soit construit avant de dévoiler cette information. Et je ne veux prendre aucun risque avec Grievous. La surprise jouera en notre faveur.
- Je suppose que tu désires que je dirige la chasse ?
- Non. En fait je te tiens informé par pure amitié. Mais j'ai une autre mission pour toi et les Raiders.

Thodes fronça les sourcils. Que pouvait-il y avoir de plus important que l'élimination de Grievous dans cette phase de transition de pouvoir ?

- C'est pour cette raison que je voulais que tu assistes à cette conversation avec le Sénateur Juluter, continua Rainar. Je compte implanter le CCC sur Sluis Van, comme tu le sais, mais la zone n'est pas sécurisée. Un bastion loyaliste demeure dans la Bordure. Un bastion tenace.
- Eriadu …
- Ce système est résolument fidèle à la République. Et le fait que l'éminent Amiral Tarkin soit originaire de ce monde n'arrange pas les choses.
- Étonnant que ce cinglé de Tarkin ait survécu à la purge orchestrée par le Conseil. Il était proche de vieux Palpatine.
- Mais sans doute pas dans la conspiration …
Mais en effet, son arrestation aurait donné de quoi à réfléchir à Eriadu. Ils auraient pu nous rejoindre. Qui sait, les Jedi ont peut-être fait preuve de réflexion politique pour une fois. En gardant Tarkin il s'assurait que le Grand Seswenna ne fasse pas défection et conservait donc un centre militaire majeur dans la Bordure. Ce qui n'arrange pas nos affaires. Eriadu est frontalière avec Sluis Van, et il faut absolument sécuriser ce secteur si on veut en faire un point d'importance de la Confédération.

Thodes se gratta le menton.

- Hummm... Sluis Van était le principal fournisseur de vaisseaux de la flotte de défense du Grand Seswenna, autrefois commandée par Tarkin. Et maintenant les Sluissis sont de notre côté.
- Les Eriaduans ont toujours eu la main mise sur cette force, répliqua Rainar. Puis ça ne change rien. En tant que bastion de la République, une importante flotte stellaire et un contingent important de troupes sont sur place. Sans parler d'une station de défense lourdement armée.
- Un combat difficile s'annonce. Le plus violent depuis Coruscant. A combien estimons-nous leurs forces ?
- D'après nos dernières informations, environ cent Venator et près de dix mille chasseurs. A cela il faudra rajouter une centaine de vaisseaux de la force de Défense du Grand Seswenna. Nos infos datent d'avant Coruscant, mais avec l’instabilité politique qui en a découlé, et les soucis logistiques militaires qui ont entraîné le gèle des forces, il y a très peu de chance que la République ait envoyé des renforts à Eriadu. Et encore moins de chance qu'ils aient délaissé ce secteur en retirant des vaisseaux. Donc nos infos devraient êtres justes.
- Devraient ? C'est rassurant … Combien de troupes au sol ?
- En comptant les troupes paramilitaires du Seswenna, environ sept cent mille.

Thodes poussa un soupir.

- Les 1ère, 4ème, et 5 ème Flottes Confédérées seront mobilisées pour l'assaut. Ça sera du cinq contre un en notre faveur, continua Rainar.
- Ça fait beaucoup d'effectifs.
- Nos rendements n'ont jamais été aussi élevés. Nous avons assez de droïdes pour tenir une telle force de frappe.

Thodes garda le silence et hocha la tête, plus pour lui-même que pour son interlocuteur.
Rainar mit une main sur son épaule.

- C'est une importante bataille qui nous attends, mais c'est à la hauteur des gains. Si on prend Eriadu, on sécurise définitivement Sluis Van. On établira le CCC, et on boutera pour de bon la République hors de la Bordure. Ce sera un tournant majeur dans cette guerre.

Il s'éloigna et rajouta :

- Pendant l'assaut du Eriadu, je commanderais une force de frappe sur Utapau. On fera une pierre, deux coups.
- On part quand ?
- Dans deux jours. Je te laisse informer tes hommes. J'ai encore deux ou trois détails à régler...


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



- Monsieur, nous entamons notre approche de la Lance.

Rainar contempla la sphère blanche qui se dressait devant lui. Belsavis. Une planète totalement oubliée de tous. Autrefois, on racontait que c'était un ancien monde appartenant à une civilisation disparue. On pouvait encore y voir les stigmates d'une vie qui avait grouillé il y a des millénaires à la surface. Rainar avait fait de nombreuses recherches sur Belsavis et la fameuse civilisation perdue, mais les informations à ce sujet étaient elle-même très succinctes et perdues depuis longtemps. Une ancienne prison gardant les maux les plus horribles de la galaxie aurait trôné ici. Une sorte de boîte de Pandore qu'il convenait de ne jamais ouvrir, sous peine de voir toutes formes de vie anéanties. La civilisation qui aurait vécue ici aurait été pré-républicaine et remonterait à plus de dix mille ans. Leur pouvoir et leur niveau technologique auraient été tels qu'ils auraient régné sans partage pendant plusieurs centaines, voir des milliers d'années. Rainar ignorait ce qui était vrai de ce qui était faux, mais la technologie ancestrale en ces lieux était effectivement extrêmement développée. Et totalement inconnue.
Les bâtisses d'autrefois étaient toujours aussi puissamment solides qu'il y a dix mille ans. C'est à la fois pour le fait que Belsavis ait disparu de toutes les cartes depuis longtemps, tout comme pour le fait qu'il y ait de puissantes structures enterrées sur des dizaines de niveaux pouvant accueillir de la très haute technologie, que Rainar avait choisi de jeter son dévolu sur ce monde.
Puis la symbolique lui avait plu. Un monde autrefois sous le contrôle d'une puissance ancestrale qui gardait en son ventre les pires horreurs de la galaxie qui devenait le monde qui assurerait pour toujours la sécurité d'un nouveau monde. Belsavis continuerait à protéger les étoiles.

La navette Sheathipede se posa sur une antique piste d’atterrissage. Là, le pilote, un membre de la Légion d'Honneur Confédérée, les protecteurs du Chef de l’État triés sur le volet par ce dernier, le salua et l'attendit sur le vaisseau.
C'était un ancien membre de la Garde Impériale Esselienne, reconnu pour sa loyauté absolue. Rainar, concernant ce projet, ne s'entourait que de personnes qui préféreraient se suicider plutôt que de révéler quoique ce soit. C'était d'ailleurs leurs instructions. Il n'avait alors choisit que des anciens membres de la Garde Impériale Esselienne. Cependant, si le soldat était au courant de l'existence de Belsavis et de la « Lance » il ignorait tout de sa nature.

Là un Anomide à la peau blanche, à la limite du translucide, au masque respiratoire gris et aux yeux dépourvus d'âme l'attendait. Il portait une tenue d'ingénieur, utilitaire et pratique d'un gris austère, mais on pouvait apercevoir sur son épaule l’hexagone bleu et blanc de la CSI.

- Chef de l’État Rainar, dit-il en s'inclinant. La dernière fois je vous ai salué en tant que Sénateur.
- Les choses évoluent plus vite qu'on ne l'avait imaginé, professeur Sapciel. Mais toujours dans le sens que l'on voulait. Comment avance notre projet ?
- Il a abouti, venez.

L'Anomide et Rainar s'enfoncèrent dans une structure de pierre épaisse de plusieurs mètres. Toute la structure était sublimée par une tour culminant à plus de cent mètres de hauteur. Des écriteaux dans un langage totalement inconnu grimpèrent jusqu'au sommet de la tour.
Rainar ignorait totalement à quoi pouvait servir cet édifice, mais son matériel technologique au sous-sol et ses pièces totalement adaptées à l'installation des composants essentiels du projet avait convaincu Rainar de s'installer ici.
Cette structure abritait l’émetteur permettant de prendre le contrôle absolu de l'armée droïde partout dans la galaxie. Pour cela, ils avaient utilisé les technologies les plus pointues en matière d'émission-réception, de codage de signal, et de diffusion qu'il pouvait exister, voir qui n'existaient pas encore officiellement. Pour arriver à un tel niveau d'ingénierie, il avait embauché le professeur Sapciel, éminent ingénieur spécialisé dans le domaine de la robotique, du cryptage et des technologies expérimentales de communication. Sapciel avait été de nombreuses fois démarché par la République pour lui donner l'avantage pendant la guerre, mais tous les projets militaires de la République n'avait jamais stimulé l'imaginatif de Sapciel. Il avait toujours refusé leurs propositions.

Rainar savait donc qu'il serait extrêmement difficile de le convaincre d'accepter, surtout au vu des contraintes personnelles que cela impliquait pour Sapciel. Mais lorsque Rainar lui avait fait part de son projet, totalement irréalisable au vu des connaissances de l'époque, et de l'enjeu historique qui en découlerait, la curiosité scientifique et l’ego de Sapciel avaient été directement touchés.
La cerise sur le gâteau, permettant d'acquérir définitivement Sapciel à sa cause, était la promesse de travailler sur les vestiges d'une civilisation perdue, dans un endroit vierge de toute intervention depuis des millénaires, et sur une technologie alien de pointe radicalement différente. La seule trace de modernité était une petite colonie Jedi marginale, détachée du Conseil depuis des années, à l'autre bout de la planète que Rainar avait fait supprimer.
Sapciel avait accepté. Il avait pour ça réunis les meilleurs ingénieurs Anomides qu'il connaissait et, ensemble, avaient travaillé pendant plus de trois ans, sans aucun répit, sur ce projet, coupés de toute civilisation. L'emplacement de Belsavis était tellement tenue secrète, que personne, à l'exception de Rainar et des membres sélectionnés de sa garde, puis de sa Légion, n'était au courant de l'existence de la planète. Sapciel et ses confrères n'avaient donc pas eu le moindre contact avec leurs amis et leurs familles depuis le début des travaux. Leur seul contact venant du monde extérieur était Rainar et un transmetteur shadowfeed secret et sécurisé pour se tenir au courant de ce qui se passait dans la galaxie. Ce dernier avait pris sur lui de les ravitailler et de combler tous leurs besoins. Pour le reste de la galaxie, ils avaient tout simplement disparus, y compris pour les Séparatistes.

- Après plus de trois ans de travail acharné, je vous confirme ce que je vous avais annoncé, commença t-il alors que l'ascenseur antique s'enfonça dans le ventre de l'installation.

La plateforme descendit jusqu'à faire apparaître un couloir de pierre dans lequel avait été rajouté un échafaudage moderne en métal bordé de lumières de balisage.

- Nous avons enfin réussi à comprendre et à maîtriser la technologie alien. Nous avons réussi à concevoir un émetteur crypté capable de transmettre un signal d'une puissance suffisante pour vos besoins en nous basant uniquement sur la technologie moderne.
- Pourquoi ne pas avoir utilisé la technologie alien ?
- Nous en sommes au début de sa compréhension. Baser tout le dispositif dessus aurait été un choix d'une logique tout à fait discutable, continua l'ingénieur en marchant rapidement le long du couloir. Nous voulions avoir une esquisse sur des bases solides : notre technologie anomide.
- Mais cela ne rend t-il pas notre dispositif plus … vulnérable ?
- Il s'agit d'une technologie anomide unique et révolutionnaire. Mes pairs eux-mêmes ne pourront sans doute pas faire aussi bien avant des décennies. On parle de progrès inconnus de tous, y compris de la République et des corporations... répondit-il sur la défensive. Son ton était celui d'un homme véxé.
- Mes excuses, professeur, mais les intérêts en jeu sont tellement importants que je ne veux rien laisser au hasard.

L'Anomide s'arrêta devant une porte lourdement blindée capable d'arrêter un tir de turbolaser lourd.

- Je comprends, monsieur le Chef de l’État, mais soyez sans crainte. Nous avons repoussé toutes les limites existantes dans le domaine ! affirma t-il d'une voix surexcitée. Sapciel était, de tout évidence, très fier.

Là il mit une main devant un lecteur d'empreinte digitale. Puis soumis son œil blanc dépourvu de rétine à un lecteur d’électrons présents uniquement dans les yeux d'Anomide en vie, et dont chaque électron est personnel d'un individu à un autre. Pour compléter le tout, il prononça un mot de passe personnel. La porte se déverrouilla. Là, Rainar et le professeur arrivèrent dans un sas où un lecteur de reconnaissance facial identifia les deux individus et leur déverrouilla une seconde autre porte blindée. Rainar pouvait lui aussi passer toutes ces sécurités seul. Il en avait l'accréditation.
Dans son projet, Rainar comptait autoriser l'accès à ces installations qu'au Chef de l’État et au Commandant Suprême des Forces de la CSI, nommé par le Chef de l’État en personne. Rainar travaillait sur la conception d'une procédure qui permettrait au Président du Parlement de pouvoir y rentrer lui aussi au cas où le Chef de l’État se retournerait contre la CSI ou en cas de décès de celui-ci combiné à une urgence majeure.

Rainar et Sapciel pénétrèrent dans une série de sas où ils enfilèrent des combinaisons de sécurité et passèrent encore plusieurs contrôles avant d'arriver devant une énorme console, criblée d'écrans de contrôle. De cette console, émergeait une tour de métal qui partait vers des cieux impossibles à voir depuis leur position. Cette tour était elle-même entourée de la structure initiale en pierre qui descendait sous la terre pour abriter ces sous-sols et donc le laboratoire de l'équipe. La « Lance » de métal était donc invisible de l'extérieur, dissimulée dans la lourde structure en pierre. Des bannières bleues avec un rond blanc central et un hexagone bleu dessiné dessus indiquaient le propriétaire des lieux

- Alors pourquoi avoir fait ces efforts pour maîtriser la technologie alien si ce n'est pas pour l'utiliser ?
- J'ai dit qu'elle ne constituait pas le cœur du dispositif, monsieur. Pas qu'elle n'avait aucun rôle. Nous avons réussi à faire « collaborer » ces deux technologies pour qu'elles travaillent en symbiose parfaite et qu'elles se complètent mutuellement. C'est ceci qui fût sans aucun doute le plus dur, et ceci qui rend chacun d'entre nous tellement fier ! De quoi nous faire rentrer au Panthéon des ingénieurs !
La technologie alien « dialogue » avec la technologie anomide les rendant optimisées au-delà du concevable ! Et autonome !
- A quel point ?
- Pas au point de créer une conscience artificielle, détendez-vous ! ricana t-il après avoir lu dans les inquiétudes de Rainar.
- Cette technologie nous a, en autre, permit de décupler par mille la force, la qualité et la stabilité du signal. En outre, nos informaticiens ont pu utiliser la technologie alien pour l'encoder de tel manière que les corporations, même en mettant les meilleurs des pirates informatiques sur le coup, y compris nous, ne pourraient pas trouver la moindre trace de ce signal de contrôle ! Ils ne pourront rien faire, et surtout pas le remonter !

Rainar le coupa d'un geste de la main.

- J'ai parfaitement confiance dans le respect du cahier des charges que je vous ai imposé, professeur. Je ne vous aurais pas choisi sinon. Mais une autre question se pose. La sécurité. Cet endroit va devenir un point sensible pour la Confédération, et je vous ai donné des exigences particulières.
- Comme convenu, la station pourra être défendue, entretenue et gérée par du personnel automatisé.
- Des droïdes pourront-ils remplacer votre génie ?
- Le nôtre ? Jamais. Mais il s'agit de nos droïdes, conçus et programmés par nous, optimisés avec la technologie alien. Ils connaissent le dispositif par cœur et maîtrisent tous les cas de défaillances et de catastrophes possible et savent apporter la solution adéquate. Aux dernières estimations, ils avaient la parade à près de 2 789 457 situations. C'est évolutif. Et puis il reste nous, en dernier recours...
- En parlant de ça professeur, je sais que vous et vos collaborateurs êtes très fiers de ce que vous avez réalisé ici, mais …
- Je sais, je sais... notre génie ne pourra jamais être révélé au monde. Vous avez été clair dès le début et avez su vous montrer des plus … persuasif, dit-il en se taponnant le crâne.

L'équipe de Sapciel ne devait jamais évoquer le projet une fois finit et chacun pourrait reprendre une vie normale. Cependant, ils étaient d'astreinte à vie. En cas de souci sur le dispositif, ils étaient rappelables sur simple ordre et devaient, toute affaire cessante, faciliter leur localisation pour se faire embarquer pour Belsavis. Aucun motif ne pouvait être opposé. Mais surtout, au vu de leur immense savoir et de l'importance de leurs connaissances, ils représentaient une faille. Un danger immense. Rainar s'était tâté à tous les faire exécuter une fois le projet finit, mais cela aurait été un gâchis immense, et il pourrait avoir besoin d'eux à l'avenir malgré les droïdes pour les remplacer. A la place, ils avaient convenu de leur placer à chacun une puce de contrôle au niveau du cortex cérébral. On pouvait l'y placer mais elle avait été mise de telle façon qu'on ne pouvait la retirer sans tuer le sujet. Cette puce avait pour but d'avertir Rainar si un scientifique sortait des territoires de la Confédération ou s'il était capturé. Ainsi il y avait une localisation en temps réel, précise au mètre près et sans aucune possibilité de la cour-circuiter.
Les ingénieurs savaient tous qu'ils avaient une telle puce dans le cerveau. Ils avaient accepté cette nécessité. Rainar avait renoncé à faire des puces explosives. Les Anomides n'auraient jamais accepté, et il avait besoin de leur consentement pour être sûr de la bonne réalisation de la Lance. La motivation avait toujours été plus efficace que la terreur. En échange, ils avaient la garanti que la Confédération feraient engageraient tous les moyens nécessaires en cas de danger envers leur personne, au vu de leur importance et le plus rapidement possible. Ou de s'assurer de leur silence si cela venait si un sauvetage demeurait malgré tout impossible...
Les Anomides avaient aussi eu la promesse d'un paiement pharamineux, de quoi leurs financer une vie de rêve, où leur recherches, ce qui, pour ces scientifiques, revenait au même. Maintenant que Rainar était au sommet de la hiérarchie, il aurait les fond pour tenir cette promesse.

- Nous connaissons parfaitement les enjeux et les conséquences si nous venions à être … défaillants, continua Sapciel. Et s'il y a quelque chose sur laquelle vous pouvez vous reposer, c'est notre sens logique. Personne ne ferait quelque chose qui pourrait mettre en jeu sa sécurité.
- Parfait. Je vous laisse continuer.
- Comme vous l'avait demandé, les droïdes ingénieurs, d'entretien et de sécurité sont des unités autonomes avec leur propre émetteur. Aucune création des corporations séparatistes ou loyalistes. Risque zéro.
- Combien de droïdes de sécurité ?
- A tous les niveaux ? Au total plus de deux mille cinq cents répartis sur les quinze niveaux étanches. Tous sont sécurisés par de nombreux sas comme ceux que vous venez de passer mais je ne vous apprends rien.
Afin que notre technologie ne soit pas découverte par des scanners orbitaux nous avons couplé la Lance avec un dispositif de brouillage identique au signal fantôme encodé mais qui agit localement. Indétectable par tous types de vaisseaux et l'architecture ancestrale protège aussi de toutes les tentatives de localisation visuelles. Aux yeux de tous, c'est un monument d'une civilisation ancienne. On ne peut trouver la Lance que si on sait déjà ce que l'on cherche précisément et où chercher.
La Lance est équipée d'un système de détection de verrouillage. Ainsi, si un ennemi venait à connaître pour une raison x ou y l'existence et la localisation précise de la Lance et qu'il venait à verrouiller cette dernière, nos capteurs le détecteraient aussitôt et, en deux secondes standards, déploieraient un bouclier de protection fait par nos soins. Technologie anomide.
- Son efficacité ?
Il pourrait endurer un bombardement lourd d'un milliers de Venator pendant une semaine avant de commencer à faiblir. De quoi laisser de mou à la CSI pour préparer un assaut minutieux.
- Ça ne fera qu'obliger à une attaque au sol. Et malgré vos deux mille cinq cents droïdes, c'est insuffisant pour protéger la Lance face à de l'artillerie et des walkers.
- Nous avons bardé le périmètre de brouilleurs terrestres. Impossible pour de l'artillerie de se verrouiller. Les walkers devront viser et tirer manuellement. Le revêtement du monument puis ensuite de la Lance résisteront sans problème à plus d'une centaine de RT-TT. La structure est aussi protégée par des tourelles anti-véhicules lourds et anti-personnels dissimulées.
- Et pour les troupes au sol ?
En dehors du fait qu'ils ne pourront pas passer les sas aux lourdes portes anti-explosions capables de résister à des tirs de turbolasers ? Nos couloirs d'accès sont tous équipés de tourelles anti-personnels allant de la mitraille aux canons lourds. Et si malgré tout, les troupes ennemies venaient, par un miracle que je ne serais imaginer et j'ai une grande imagination, à passer tout ceci dans le goulot d'étranglement que représente les couloirs d'accès, nous avons mis, en dernier recours, un système de minage thermique et ionique sur toute la structure. De quoi enterrer tout le monde vivant ou mort et interdire définitivement l'accès à la Lance.
- Je vois. Vous vous êtes surpassés, professeur, je vous félicite. Même la Grande Armée de la République ne pourrait rien y faire. Et plus important encore, même l'Armée Droïde ne pourrait rien y faire...

L'Anomide s'inclina devant Rainar pour le remercier de son compliment.

- Il ne reste plus qu'à l'activer, monsieur. Après quoi, vous aurez le contrôle total des armées droïdes.
- Non, après quoi, les peuples de la CSI auront le contrôle total des armées droïdes, rectifia Rainar.

Au milieu des consoles, se trouvait un pupitre circulaire directement accolé à la Lance. Là, un Anomide enclencha quelques boutons et procédures, puis se tourna vers Rainar.

- Monsieur le Chef de l’État, si vous voulez bien vous permettre ? dit-il en désignant un levier d'activation.

Rainar s'avança et regarda un instant le levier de métal aux marquages hachurés blancs et rouges.

L'instrument de son pouvoir, plus globalement du pouvoir du Chef de l’État, des peuples séparatistes et l'avenir de leur indépendance et de leur liberté se trouvait là, au bout de ce levier.

- Que cette Lance puisse t-elle nous protéger de la République, mais aussi de nous même, de notre soif de pouvoir et de notre cupidité.

Il attrapa fermement le levier et le tira vers lui.

Des lumières rouges s'activèrent sur les panneaux de contrôle circulaire. Puis une alarme résonna dans tout le laboratoire. La Lance s'activa et des lumières rouges sur son flanc s'illuminèrent.

Les Anomides étaient à leurs postes et usèrent de leur langage technique pour contrôler toutes les fonctions de la Lance et s'assurer de son bon fonctionnement suite à son activation.

- Activation réussie. Monsieur, vous avez le contrôle de la plus puissante armée jamais crée..., annonça un technicien.

Rainar acquiesça de la tête. Un profond frisson le parcouru. Maintenant, il était temps de remettre de l'ordre au sein de la Confédération.
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Messagepar L2-D2 » Jeu 22 Mar 2018 - 16:35   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Deuxième partie du Chapitre 2 lue !

Grievous risque de passer un sale quart d'heure sur Utapau ! :diable:

L'idée d'Eriadu en tant que cible militaire se défend parfaitement. Et on apprend donc que Tarkin est toujours là, dans l'Armée Républicaine... en vue d'une possible apparition ? :sournois: Voire même d'une discussion entre lui et le nouveau Chef d'Etat de la Confédération ? Car pas de faux suspense en vue : nous ne passerons pas 5 chapitres à attendre les résultats... et du coup, les précédentes idées de Rainar se lancent très vite. On ne traîne pas, c'est vraiment agréable. La suite ! :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Dim 25 Mar 2018 - 9:36   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Effectivement L2 ! Sans les Sith, la CSI va pouvoir exister pour ce qu'elle était censé être de par ses revendications, de la même que plus rien ne paralysera la République dans ses moyens de s'opposer aux Séparatistes :sournois:

Dès lors, comme tu l'as dit, je voulais pas de faux suspense. Mais ramener l'ordre au sein de la CSI ne résout qu'un problème, il reste la République et ... d'autres choses :sournois:

:jap:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 28 Mar 2018 - 12:18   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Chapitre 2 : Passation de pouvoir (Partie 3)



« Tous les vaisseaux parés au lancement ! Tous les vaisseaux parés au lancement ! »
« Sortie de l'hyperespace dans cinq minutes. »


Thodes était déjà dans son cockpit. Il avait ses petites habitudes avant un combat d'envergure et Eriadu allait être une sacrée bataille. Il avait fait son briefing depuis des heures aux restes des Raiders. Ils avaient leurs objectifs, ils mèneraient la chasse contre l'axe central de la flotte Loyaliste afin de dégager une voie d'assaut pour les vaisseaux de guerre Séparatistes. Une dizaine d'escadrons d'organiques, tous des pilotes triés sur le volet, étaient prévus pour la bataille, dirigeant une partie de la chasse droïde contre des objectifs définis. Les escadrons étaient déployés depuis des destroyers Providence, qui commanderaient, chacun, une parcelle de la flotte, mais l'ensemble de la force d'attaque serait dirigée par le vaisseau de contrôle Lucrehulk Le Téméraire.

« Si on arrive à détruire leur vaisseau amiral et à paralyser les défenses de leur station spatiale, c'est gagné » leur avait-il dit. Mais devant l'immensité de la tâche à accomplir, tous s'étaient mués dans le silence à part Drankar et sa grande gueule qui affirmait que les déesses de Jabiim allaient pouvoir se restaurer en « sang de clones ». Coruscant était encore dans toutes les têtes. Eriadu venait trop tôt.
Il leur avait dit de tout faire pour survivre. Qu'ils devaient veiller les uns sur les autres. Pas question que cela se termine comme sur Coruscant.

Thodes regardait son casque de vol. Il était renforcé à partir du front et englobait tous le crâne et les joues avec du plastacier étanche, allégé et renforcé. Sur la partie centrale du front remontant sur le crâne, on pouvait y voir l'emblème confédéré blanc et bleu. Les renforcements des joues en plastacier se terminaient par un masque à oxygène dissimulant l'ensemble de la bouche. Un tube à transfert gazeux, partant sur la droite du casque hermétique, au départ du menton, le reliait à la boîte de contrôle de l'oxygène de forme cylindrique sur le torse du pilote. Les P-38 étant équipés de système de survie, cette réserve de soixante douze heures d'oxygène ne s'activait qu'en cas d'éjection ou de dépressurisation du cockpit.
Une vitre avec HUD holographique recouvrait le reste du visage, du nez au front, ne laissant aucune parcelle de peau à l'air libre. Bien sûr, la combinaison de vol et le casque étaient climatisés de manière optimale, l'écran faisait le contraste de lumière offrant une visibilité parfaite et améliorée, mais il ne fallait pas être claustrophobe pour autant.
Mais l'outil précieux du casque était son émetteur-récepteur traduisant les ondes de communications des chasseurs droïdes de la CSI au pilote tout en traduisant sa réponse pour permettre une communication en temps réel entre les machines et le leader. Le contrôle qu'offrait la combinaison et le casque sur les forces droïdes la rendait sensible en cas de capture. Il suffisait d'utiliser un mot de passe pour couper l’émetteur du reste des forces droïdes et déclencher un signal de détresse pour les équipes de sauvetage. En cas de décès, le signal se coupait et transmettait la dernière position connue aux vaisseaux ou troupes Séparatistes les plus proches.

« Sortie de l'hyperespace dans 15 secondes » annonça la voix artificielle du droïde officier de pont.

Thodes enfila son casque et verrouilla le système étanche. Le HUD s'activa. Tout était en ordre et ses camarades étaient à leurs postes, dans leurs chasseurs.

Le maelström de l'hyperespace laissa place au vide noir et aux étoiles brillantes.

- Attention à vous les Raiders. Vous connaissez la procédure. Plein gaz dans leur formation.
- Bien reçu, leader, accusa réception Kaylin.
- Dansons ensemble jusqu'à mélanger nos entrailles, mes damnés ! chanta Drankar.
- Brûlons-les, rajouta Mayla d'une voix glaciale.


Les lumières de lancement de la rampe passèrent du rouge au vert, suivit d'un signal sonore.

Les P-38 quittèrent le hangar de l'Abnegator à toute vitesse et foncèrent vers la formation de destroyers Venator qui encerclaient la planète. Après avoir fait l'appel des pilotes, les Raiders, suivit des tri-chasseurs d'interception, plongèrent sous les vaisseaux. Les batteries de turbolasers fit pleuvoir leurs tirs sur les chasseurs Séparatistes mais les tri-chasseurs et les P-38 étaient petits et trop agiles pour se faire avoir.

- Messieurs, mesdames, semons la mort, ordonna Thodes

Les P-38 se séparèrent par trois suivis par des tri-chasseurs, remontèrent au dessus des destroyers puis et se mirent à re-plonger sur le Venator, au niveau des vastes portes du hangar dorsal qui s'ouvraient lentement, un défaut majeur des Venator.

Thodes vit les V-Wing tenter de sortir en formation le plus rapidement possible mais il verrouilla le chasseur de tête et le détruisit. Mayla fit de même, de même que Zi'lar. Les tri-chasseurs, qui couvraient les angles obliques et la longueur du hangar dorsal, firent de même. Deux, trois, quatre, cinq … ils détruisirent environ une douzaine de chasseurs avant même leur sortie du hangar, mais au moins une demi-douzaine d'autres se percutèrent et se crashèrent dans leur propre hangar en tentant des manœuvres évasives hasardeuses et trop brusques au vu de leur faible marge de manœuvre. Cela augmenta le nombre de pertes côté Loyaliste et permit de faire de lourds dégâts aux Venator avant même le début de la bataille.

La formation de destroyers Venator se brisa et tenta de se re-articuler pour se mettre dans une formation de combat plus adaptée à une lutte désespérée face à un ennemi plus important qu'eux. Tout se fit dans l'urgence, et plusieurs vaisseaux manquèrent de s'entrechoquer, exposant leurs flancs aux attaques séparatistes. Les Loyalistes paniquaient.

- Les Raiders ont frappé, tyrans ! Et pour vous, c'est le début du cauchemar ! lâcha Thodes.

Les Loyalistes lâchèrent des V-Wing par la baie ventrale pour tenir éloigné les Séparatistes de la baie dorsale, le temps de permettre aux ARC-170 et aux Y-Wing de décoller. Mais pris de court et face à l'infériorité numérique, les V-Wings explosèrent à tous bout de champ. Cela relevait du sacrifice plus que de la protection. Mais les 170 finirent par décoller, assaillis au sein de leur propre formation.

En remarquant que les Loyalistes n'étaient même plus en sécurité chez eux, Thodes ne put s'empêcher de faire le parallèle avec Grievous. Les opérations avaient dû commencer sur Utapau, ou alors allaient commencer sous peu.

- On gère ici, mon vieux, dit Thodes en pensant à Rainar. On compte sur toi.





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- Monsieur, nous venons d'apprendre que nos forces viennent d'arriver sur Eriadu et d'engager la flotte de la République.

Rainar se contenta d'un hochement de tête. Une bataille titanesque avait lieu, mais il ne doutait pas de la victoire des Séparatistes. Il espérait juste que les Raiders s'en sortiraient. S'ils réussissaient aujourd'hui, la transition serait une complète réussite.

- Quand arrivons-nous, général ? demanda-t-il au super droïde tactique appelé Duna.
- Navigateur ? appela le général.
- Nous sortirons d'hyperespace dans une minute, monsieur, répondit le B1 aux épaules bleues mettant en avant son statut de navigateur.
- Adoptez la formation Thesh. On boucle tout le système. Rien ne rentre, rien ne sort. Vous abattrez tous appareils tentant de sortir du système, commanda Rainar.
- Même les appareils autochtones ? demanda Duna

Les Utai et les Pau'an étaient sous blocus de la Confédération et ne pouvaient quitter leur monde. Il n'y avait aucune raison qu'un appareil civil innocent quitte le système.

- Surtout les appareils autochtones, général.
- Comme vous voudrez, Monsieur.

Le droïde navigateur annonça la sortie de l'hyperespace et la planète verdâtre d'Utapau apparût par la baie d'observation.

- Déployez la flotte, ordonna Duna.

Les quelque cinquante vaisseaux se dispersèrent pour couvrir tous les angles de la planète. Rainar avait privilégié la vitesse et la puissance de feu. Il ne s'agissait pas vraiment d'une équipe de blocus, mais d'une force d'interception. Cinq destroyers Providence composaient le gros de la puissance de feu, couplés avec une quinzaine de destroyers Recusant et une trentaine de frégates Munificent. Des centaines de chasseurs droïdes et quatre escadrons de P-38 se déployèrent autour de la planète.

Bien que le statut de Rainar aurait commandé qu'il dirige la flotte depuis un Providence, Rainar dirigeait les opérations depuis l'Esseles, le destroyer Recusant depuis lequel Rainar avait combattu la flotte Loyaliste lors de la libération de sa planète, jusqu'à la victoire. Bien que les Providences étaient en tout point supérieur à l'Esseles, il avait une attache sentimentale avec ce vaisseau.

- Envoyez les équipes d'assaut, ordonna Rainar le regard fixe et la mâchoire tendue.
- Bien reçu, bien reçu, accusa réception le droïde chargé des communications.
- Monsieur, les senseurs orbitaux ont dû nous repérer maintenant, ajouta le droïde responsable des radars.
- Mettez-moi en communication avec le commandant sur place, dit-il à l'adresse du droïde comm'.
- Bien reçu, bien reçu.

Quelques secondes plus tard, un droïde B1 aux marquages jaunes apparut à l'écran. A la vue de Rainar, le droïde fit un salut militaire.

- Monsieur ?

Bien, la nouvelle de mon élection n'est pas parvenue jusqu'à Utapau, mais le droïde reconnaît mon autorité, pensa Rainar. Le dispositif marche.

- Commandant, écoutez-moi bien. Le Général Grievous est-il à proximité ?

La droïde regarda autour de lui.

- Non, monsieur mais si vous voulez, je peux...
- Parfait, commandant, coupa Rainar. Voilà mes ordres. Le Général Grievous est coupable de trahison et de complot contre la CSI, mais aussi de crimes contre les êtres intelligents. Par autorité du Parlement Séparatiste et du Chef de l’État, il est désormais un ennemi prioritaire. Est-ce clair ?

Le droïde parut surpris, autant qu'il pouvait l'être, et resta silencieux un petit moment avant de répondre.

- Quels sont vos ordres, Monsieur ? Désirez-vous que j'ordonne son élimination ?
- Non, commandant. Vous et vos hommes allez boucler le périmètre. Si Grievous vous demande le pourquoi de l'arrivée de cette flotte, dite-lui qu'il s'agit d'une visite officielle du Parlement et que vous n'en savez pas plus. Des navettes sont en train de débarquer. Je veux que vous cachiez à Grievous cette information par tous les moyens. Est-ce compris ?
- Bien reçu, bien reçu !
- Ne tentez rien d'imprudent. Des renforts sont en route. Attendez mes ordres sur ce canal.
- Bien reçu, bien reçu, répéta le droïde.

Rainar coupa la communication.

- Combien de temps avant le débarquement ?
- Nos navettes atterrissent sur les sites désignés, Monsieur, et nos renforts aériens tiennent déjà les cieux, répondit un droïde de la passerelle. Mais nous n'avons toujours pas la localisation du Géné... euh de Grievous, Monsieur.
- Ce n'est pas un problème. Il doit sans doute être au centre de commandement de la base. Il est temps de faire intervenir les troupes aux sols. Établissez le contact ! ordonna Rainar à la passerelle.

Un écran géant reliez aux holocams des soldats organiques du 28ème bataillon du Corps de Volontaires des Armées de la CSI s'activa. Rainar voyait le chef de section sortir en courant d'une navette et se rapprocher du complexe du Pau City.

- Capitaine Bayles, vous êtes en position ?
- Oui, Monsieur. Nous avons encerclé les lieux. Nous prenons la tête avec les Forces Spéciales, comme convenu.

Rainar ne voyait pas les droïdes commandos des Forces Spéciales, mais ils attaquaient par un angle différent pour ensuite faire jonction dès qu'ils auraient trouvé Grievous. Les droïdes de combats, tant ceux débarqués que ceux en postes sur Utapau, avaient bouclé toutes les issues de la ville, en position de combat.

- Bien, capitaine. Continuez votre progression. Il est temps de localiser ce monstre.

Rainar coupa la communication mais garda le visuel de la progression du 28ème. Il donna ordre qu'on lui repasse le commandant droïde.

Monsieur ?
- Commandant, avez-vous un visuel sur Grievous ?
- Bien sûr. Des droïdes sont avec lui en ce moment même au centre de commande. Mais il pose des questions et … s’énerve, Monsieur. Je crois qu'il se doute de quelque chose.
- Ça n'a plus d'importance, commandant. Mobilisez tous vos hommes. Éliminez Grievous. Tirez à vue, tirez pour tuer.

Le droïde se raidit et le salua.

- Bien reçu, bien reçu !

Rainar recontacta Bayles.

- Capitaine, nos troupes sur Utapau viennent d'engager Grievous. Il se trouve au centre de commande, comme prévu.
- Bien reçu, Monsieur. On sera sur site dans cinq minutes. Les Forces Spéciales sont déjà sur place.

Déjà ? Ces droïdes commandos étaient vraiment surprenant.

La suite, Rainar ne put que la contempler impuissant.

- CONTACT ! Au premier étage ! hurla un homme du 28ème.

Là ! Grievous au niveau d'une plate-forme en train de repousser les tirs d'un commando. Il détruisit un B2 et renvoya les tirs sur un B1 non loin, avant de renvoyer les attaques vers un commando. Le droïde commando, touché mais pas à terre, se releva et lança un détonateur à contact qui explosa non loin de Grievous, le projetant. A une vitesse folle les deux commandos épaulèrent leur E-5 et mitraillèrent le Général déchu. Ce dernier, à une vitesse encore plus folle, esquiva les deux tirs ultra-précis et para les autres avec trois sabres lasers bleus et verts. Là, il fonça d'une rapidité sur-humaine (et sur-kaleesh au passage) sur le commando le plus proche et le trancha en deux tout en renvoyant deux tirs sur deux autres droïdes commandos. Les commandos lâchèrent leurs armes, sortis des vibro-lames pour aller tuer Grievous au corps à corps.
Les commandos enchaînèrent les coups à revers, les torsions, les coups précis, brutaux et rapides. N'importe quel adversaire, même un Morgukai, même un Jedi aurait pu se faire avoir par de telles attaques violentes et précises. Mais pas Grievous. Il para le premier et tandis qu'il se concentra sur le deuxième assaillant, empala le premier qui arrivait de dos pensant avoir un flanc exposé. Avoir quatre bras rotatifs et des sens sur-développés aidait sans doute. Le commando s'écroula, « mort ». Grievous enchaîna les coups rotatifs sur le commando qui, malgré ses esquives éclairs, subissait et reculait, utilisant sa vibro-lame pour se protéger du déluge de sabre. Trop concentré sur les sabres qui s'abattaient sur sa défense, il ne put pas recalculer un itinéraire de fuite lorsque Grievous l'empala par deux sabres et le jeta dans le vide, derrière la plate-forme, dans un gouffre sans fond. D'autres droïdes et plusieurs commandos rejoignirent la plate-forme, mais Rainar ne pu voir ce qui se passait.
Les soldats du 28ème étaient rentrés dans le centre de commandement et arpentaient un dédale de couloirs pour rejoindre Grievous.

- Il est niveau 1 ! Il rejoint la salle de maintenance 2-J, annonça un soldat.
- Ok, regardez sur vos HUD on va lui couper la route sur l'aile est. Aller ! Aller !
- Ils se font massacrer ! On a de lourdes pertes ! piailla un autre.
- Pensez pas à ça ! Tirez pour tuer ce monstre ! Ne prenez aucun risque !

Les soldats arrivèrent à un carrefour, avec un escalier montant au niveau 1 du complexe. Les soldats commencèrent à l'emprunter pour couper la route au cyborg.

Unghh..

Un cadavre tomba des escaliers, violemment projeté.

- Il est là !!
- Feu à volonté ! ordonna le capitaine. Tuez-le !
- Abattez-le ! confirma un autres soldat.

Grievous coupa un soldat en deux, pris un autre de ses griffe et l’égorgea à lui en briser la nuque avant de le jeter sur un de ses camarades. Il courut à une vitesse folle tranchant les deux bras d'un homme, le laissant en vie et hurlant, éventrant un autre et d'une pirouette, décapita deux autres postés sur les flancs de l'escalier. Il se trouvait maintenant en bas de celui-ci.

- Descendez-le !! hurla le Bayles.

Du couloir faisant face à l'escalier, une dizaine de B2 et B1 arrivèrent et ouvrit le feu sur Grievous, de concert avec le 28ème.
Le monstre renvoyait tous les tirs, fauchant deux hommes à sa droite, détruisant les trois premiers B2 et un B1.

Bayles s'accroupit dans un coin de couloir, mais son binôme eut moins de chance et un tir lui explosa la tête.

- Grenade ! cria Bayles avant de lancer un détonateur sur Grievous.

Ce dernier sauta de cinq mètres et s’accrocha à une poutre de métal. L'explosion de l'atteint pas. Mais les droïdes B2 n'avaient pas encore dit leur dernier mot, et envoyèrent deux roquettes de poignée. Grievous sauta de nouveau mais fut projeté par l'explosion, évitant de peu la mort. Il prit appui sur le mur, juste au dessus de l'entrée du couloir central, puis se laissa tomber, sabre en avant, empalant un soldat de Bayles, un jeune Quarren, et un B2. Puis il se mit à faire tournoyer ses quatre sabres, avant de tournoyer lui-même, éventrant, détruisant, massacrant soldats et droïdes au niveau du couloir central, avant de s'enfoncer dedans par un saut périlleux arrière. Il atterrit sur une jeune femme blonde dont il broya la tête avec les griffes de sa jambe gauche métallique, répandant son sang et sa cervelle sur le sol, puis éventra son camarade, taillada un autre dans la longueur et cisailla deux autres pauvres bougres derrière eux.

Bayles resta deux secondes figé par ce spectacle d'horreur avant de reprendre les tirs sur le dément.L'un d'entre eux lui revint instantanément au niveau de l'épaule droite et il tomba à la renverse. Grievous n'avait même pas pris la peine de se retourner pour parer son attaque et ne prit pas le peine de venir l'achever. Tout comme il laissa un soldat agoniser, sabré au niveau des côtes gauches et un autre éventré se débattre et hurler à la mort.

Bayles sembla regarder son épaule. L'armure de protection noire de la CSI avait paré le gros du coups mais la douleur le faisait tressaillir.

- Par où est-il parti ? demanda-t-il dans son comlink.
- … flanc sud ! Je peux pas.. AHHH !
Degels ? DEGELS ?!
- Il part sur le flanc sud ! reprit une voix de femme. Il a tué Degels ! Il nous massacre ! Raks !! Tire-toi à couvert !! OU SONT NOS RENFORTS ?

Bayles courut le long du couloir et veillant à ne pas chuter sur les membres et les cadavres tapissant le sol, d'organiques comme de droïdes. Le jeune gars éventré s'était enfin tut, emporté par la mort.

Bayles demanda des rapports et n'entendit que le son d'ordres de retraite, de supplications, de cris et de gargouillements sinistres. Après avoir suivi l'holocarte de son HUD, il trouva une sortie secteur sud hors du complexe et vit au moins une cinquantaine de droïdes en pièces et une trentaine d'hommes et de femmes dans un état proches.

Ses hommes tenaient leurs positions devant l'avancée de Grievous avec des B2, des B1 et des commandos à leurs côtés.

- Gardez vos distances ! ordonna t-il dans son comlink. Tirez-vous, mettez-vous à couvert avant de l'allumer bon sang !!

Mais ça n'empêcha pas Grievous de trancher et de tuer encore quatre soldats Séparatistes et de mettre au tapis douze droïdes, y comprit trois commandos, tout en parant les tirs des droïdes et soldats, à couvert en hauteur.

Bayles arriva derrière Girevous. Ce dernier, aux prises avec un droïde commando, ne le vit pas arriver. Bayles prit sa position et ouvrit le feu et le toucha à quatre reprises.
Le cyborg grogna et tomba au sol, avec quatre impacts noircissant sa carcasse dorsale.
Bayles approcha du cyborg, en le maintenant en joue.

- Ennemi à terre, je répète ennemi à terre.

Rainar n'en croyait pas. Le monstre était-il enfin mort ? Il semblait pourtant invulnérable. Inarrêtable. Tant de Jedi avaient échoué, que Rainar ne put s'empêcher de se sentir inquiet, menacé devant son écran.

Confirmez sa mort, capitaine.
- Je vais voir, Monsieur

Il était à hauteur du cadavre du Général.

- Non, capitaine ! répondit Rainar sur une voix aiguë, déformée par l'anxiété. Restez à distance ! Tirez-lui dessus ! Tirez-lui tous dessus !

Mais ce fut trop tard. Grievous bondit, et empala Bayles qui mourra dans un râle d'agonie. Les yeux jaunes reptiliens de Grievous étaient juste devant l'holocam de Bayles et regardait fixement Rainar. Puis un rire sinistre, diabolique et métallique remplit l'atmosphère.

Grievous se retourna et renvoya les tirs des droïdes de combat, qui reprirent la traque, de manière infatigable, fauchant leurs premières lignes. Puis il fit un bond démesuré pour tomber sur une plate-forme surélevée, abritant des immeubles arrondis de Pau'an dédiés à l'habitation. Ces quartiers longeaient le complexe sphérique de la CSI pour ensuite border le bord de la falaise d'une part. De l'autre côté, la plate-forme s’élargissant pour finalement s'engloutir dans un centre-ville.
Il décapita le tireur embusqué, trancha un second avant de jeter le troisième dans le vide du gouffre.

Rainar le savait. Il allait regagner le centre-ville et il deviendrait impossible de le traquer. Sans parler du nombre de victimes qu'ils feraient en chemin, tant civiles que militaires. Il fallait mettre fin à ce carnage, et il fallait le faire maintenant.
Toujours depuis l'holocam du défunt capitaine, il vit un char d'assaut blindé estampillé du logo de la CSI aux couleurs bleues. Son immense et très puissant canon était visible de là. Grievous était maintenant aux prises avec des droidekas et se faisait asmaté par les troupes en contre-bas. Il n'avait pas longtemps, quelques secondes pour agir.
Il ouvrit la ligne avec le commandant en espérant qu'il ait survécu.
Le B1 aux marques jaunes répondit.

- Monsieur ?
- Commandant, ordonnez à l'artilleur de ce CAB de faire feu immédiatement sur Grievous ! Canon lourd et torpilles, la total !
- Mais monsieur nous avons nos forces d'engagées dans la zone. Et c'est un quartier résidentiel habité. Les pertes civiles seront …
- Obéissez ! Maintenant !

Le droïde baissa légèrement la tête d'un air contrarié en accusant réception de l'ordre de Rainar.
Immédiatement, le canon du CAB prit la zone de Grievous en joue. Le cyborg sentant le coup arriver tenta de sauter par-dessus les droidekas pour échapper à la détonation. Le laser lourd concentré impacta le bâtiment juste derrière lui et Grievous disparut dans une immense explosion. Les lances-torpilles du CAB firent aussi feu, et les ogives finirent de détruire toute la zone, emportant les droïdes présents et mais aussi en réduisant en cendre plusieurs immeubles résidentiels habités.

Rainar ferma les yeux et réprima une nausée, tremblant encore de sa décision prise. Il détestait la perte de civils innocents, c'est même ceci qu'il l'avait motivé à en finir avec Grivous, et voilà que pour l'éliminer, il dut faire la même chose. Ils ré-ouvrit les yeux et se força à regarder la scène dont il était responsable. De se la graver dans la rétine. Il se battait pour que ce genre de chose n'arrive plus jamais. Si Grievous était mort et la galaxie sauvée de sa soif de sang, alors ces sacrifices en valaient la peine.
Là, il se rappela un mantra qu'il se répétait tout le temps avec Thodes sur Esseles. Une simple phrase qu'ils se répétaient lorsqu'ils devaient faire quelque chose de compliqué, ou lorsque l'horreur de la guerre leur prit trop d'eux même et qu'ils se mettaient à douter. Une phrase qui cimentait leur être depuis le martyr subit par leur monde natal et le prix qu'ils avaient tous dû payer.

- De notre haine naîtra l'espoir …
- Monsieur ? demanda Duna en se retournant vers lui.
- Envoyez des renforts au sol. Qu'on quadrille la zone avec les Vautours, scanners à fond. Qu'on porte secours aux blessés et qu'on me confirme que cette ordure est passée de vie à trépas ! Un doigt ! Un bras ! Sa tête idéalement ! N'importe quoi.
- Bien, Monsieur.
- Et général ? Maintenez le blocus. Personne ne sort.
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Messagepar L2-D2 » Mer 04 Avr 2018 - 10:41   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Lu !

Juste à temps pour la suite me diras-tu, et tu auras raison ! :oops:

Rainar a gagné sa noirceur, on dirait ! :shock: Il n'y est pas allé de main morte et pour l'instant, rien ne dit que l'objectif soit atteint et que Grievous ait bien été éliminé... Et il serait même intéressant de le voir survivre ! Et de l'autre côté, la bataille d'Eriadu a commencé, avec Thodes aux commandes de son escadron de Raiders ; je l'ai trouvé assez "guerrier" ("semons la mort !"). Mais cela permet de davantage caractériser tes deux protagonistes, ce qui n'est pas un mal !

Curieux de connaître désormais la réaction Républicaine face aux conflits d'Eriadu et d'Utapau... :sournois:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 04 Avr 2018 - 12:35   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

La suite va arriver ce soir en effet !

Et oui, si Rainar à un côté Organa, il a aussi du Tarkin en lui :sournois: Rainar est un homme compliqué.

Comme dit dans les précédentes publications, les Raiders ont gagné leur réputation au sein de la Marine Républicaine. Tu me connais à force, je n'aime pas les "héros" :paf: :sournois:
Et le but n'est pas de faire passer les Séparatistes pour des mecs irréprochables, mais pour ce qu'ils sont. Des êtres venant de toute la galaxie, chacun avec leurs raisons, unis par une même radicalité : renverser le système et détruire la République pour gagner leur liberté.
Comme on en parlait plus haut, la CSI comme la République auront les mains sales.

Merci de ta fidélité L2 ! Ca fait vachement plaisir !
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 04 Avr 2018 - 19:47   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Dernière partie du Chapitre 2 :)



Chapitre 2 : Passation de Pouvoir (Dernière partie)




Nous subissons de lourdes avaries !

… en perdition. Évacuez le navire ! Évacuez le navire ! 

… avons perdu nos déflecteurs... va pas s'en sortir .

Barrage de tirs sur la cible ! Détruisez là ! 



Thodes entendit les rapports de dégâts des vaisseaux capitaux de la CSI. Partout, les officiers droïdes et organiques déclaraient un vaisseau détruit ici, un appel de détresse là.
Lui-même et Mayla étaient en train de slalomer entre les débris d'une frégate Munificent pulvérisée.
Mais la vision de la flotte ennemie lui donnait du baume au cœur. Un Venator explosa en centaines de morceaux de carlingue en flammes, tandis qu'un autre tomba dans l'atmosphère de la planète, en perdition, sa coque sertie d'explosions tout son long.
Thodes entendit une détonation massive et tourna la tête sur la gauche. Un destroyer prit dans le barrage de tirs de trois Munificent et d'un Providence venait de céder.
Mais sa cible était devant lui. Un destroyer Venator parmi les autres. Le vaisseau amiral loyaliste trônant fièrement, encore au milieu de la formation, et la station spatiale de défense derrière lui qui faisait feu de ses multiples lances torpilles haute précision et de ses turbolasers lourds pour éventer les vaisseaux Séparatistes.
Le destroyer de soutien du vaisseau amiral avait perdue une tour de commandement et le barrage de tirs lourd de l'Abnegator, combiné aux assauts répétés et obstinés des bombardiers Hyena avaient détruit ses turbolasers lourds, ses générateurs de boucliers, ses stabilisateurs et ses hangars, causant de graves dommages internes. Il n'était plus une menace.

- Ils reviennent ! annonça Antius.
- Raiders en formation ! Théta devant. Alpha et Bêta en couverture. Charlie et Delta en soutien, maintenant ! ordonna Thodes aux Vautours et Tri-chasseurs.
- On est derrière toi, indiqua Rial.

Une vague de plus d'une cinquantaine de V-Wing, de Z-95 et d'ARC-170 se dirigeaient sur eux. Les Séparatistes accusaient de lourdes pertes tant en vaisseaux capitaux qu'en chasseurs depuis un quart d'heure, mais contre toute attente, c'était un bon indicateur. Ces pertes étaient dues aux tactiques devenues agressives de la République qui envoyait massivement ses forces affronter de face celles de la CSI. Une tactique maladroite, improvisée et désespérée. Ses positions se faisaient déborder, et la défaite était certaine, alors les Loyalistes envoyaient leurs troupes faire un maximum de dommages dans les rangs des Séparatistes. Sans doute pour les faire hésiter ou reculer. Il n'y a rien de plus dangereux qu'un chien blessé et enragé. Mais les Séparatistes étaient déterminés. Ils ne faibliraient pas. C'était la dernière ligne droite, d'ici quelques minutes Eriadu tomberait et toute cette audace de la République ne sera qu'un bien bel baroud d'honneur !

- Armes verrouillés, dit Antius pour lui-même.

Les deux formations arrivèrent à portée de tirs. Tout en faisant des tonneaux de concerts pour éviter des attaques, Thodes, Mayla et le reste des Raiders ouvrit le feu en premier, par-dessus l'escadron de Vautours passé devant. Les droïdes firent de même. Thodes détruisit un V-Wing. Un autre explosa à sa droite détruit par Mayla. Deux autres explosèrent suite aux attaques d'Antius et Zi'rel.
Un Z-95 verrouilla Thodes qui esquiva les éclairs bleus frôlant son cockpit, puis riposta, lui arrachant son aile droite avec une rafale bien placée.
Thodes vit deux explosions, puis des lasers verts désintégrer un Vautour volant en formation juste devant lui. Thodes riposta sans vraiment regarder son assaillant et s'aperçut en une fraction de seconde, après que l'engin encaissa une salve directe sans broncher, que celui qui le prenait de face était un 170 .

Lâchant un juron, il fit un tonneau dans une embardée violente, de manière totalement improvisée, manquant de percuter un Tri-chasseur. La rafale mortelle du 170 passa à quelques dizaines de centimètres de son aile droite, échappant de peu à la pulvérisation. Il se retourna pour finir le 170 qui venait de le dépasser, quand il aperçut une mitraille rougeâtre percer les solides boucliers de l'engin et lui exploser son imposant réacteur droit. Le 170 partit en vrille et percuta un Y-Wing venu en renfort.

- Il vous embêtera plus, Commandant, répondit la voix enjouée de Kaylin.

Thodes la remercia d'un salut militaire de deux doigts. Deux autres Vautours explosèrent et un autre en flamme tournoya comme un dément pour exploser plus bas. Quatre V-Wing en formation menèrent la vie dure à la formation de Tri-chasseurs qui se faisaient harceler par les Loyalistes. Thodes allait les secourir quand un P-38 leur fonça dessus. D'une rafale il détruisit le V-Wing de couverture, puis l'ailier gauche, puis l'ailier droit. Le dernier V-Wing fuit hors de la zone de combat mais le P-38 le pourchassa comme un Nexu pourchasse un Grophet apeuré.

- Tu vas mourir, mon doux agneau. Alors laisse-moi te brûler la peau ! chanta Drankar sur un air d'opéra alderaanien populaire revisité à la sauce « barjot ».


Malgré la fuite à folle vitesse du V-Wing, Drankar arriva au niveau des réacteurs de ce dernier et ouvrir le feu à bout portant. Le chasseur disparut dans une boule de feu et Drankar la traversa, signe qu'il n'avait pas ralenti une seconde dans sa course folle.

Les Vautours et les Tri-chasseurs dispersèrent les quelques survivants, tandis que Thodes ordonna le rassemblement de l'escadron. En formation d'attaque, ils se mirent à ouvrir le feu sur le générateur de champ déflecteur du vaisseau amiral, mais même avec huit P-38 qui mitraillaient sans discontinuer, le champ ne laissait voir comme signe de fatigue que quelques instabilités énergétiques.
Ils n'avaient pas ce qu'il fallait pour faire des dégâts à un Venator.

- On va avoir besoin de Hyena, ici, indiqua Thodes. Et envoyez un groupe d'assaut, la voie est dégagée.

Thodes n'eut même pas la confirmation de la réception de son ordre qu'une rafale de couleur verte s'abattit sur Rial, qui vit son propulseur droit exploser et son chasseur partir en vrille.

- J'suis touché ! J'suis touché !!
- Ça venait d'où ?! demanda Kaylin.
- Éjecte-toi, Rial ! Maintenant ! commanda Thodes.

Sans un mot de plus, Thodes vit une petite forme être expulsée du cockpit, quelques secondes avant que l'engin de Rial n'explose.

- Signaux multiples en approches, annonça Antius.
- Ne les laissez pas vous verrouiller !! cria Thodes.

Mais ces pilotes n'étaient pas comme tous les autres. Antius, Mayla, Zi'rel, Drankar, Kaylin se dispersèrent et firent des manœuvres évasives. Mais les V-Wing ne les lâchaient pas, même en alternant looping, tonneaux, vrilles et le tout à une vitesse maximum.

- Mais qui sont ces types ?? se plaignit Kaylin.
- J'en sais rien mais ça va être intéressant, hahaha ! répondit Drankar.
- Il est derrière moi ! Aidez-moi !! implora Antius.

Pas Coruscant. Pas deux fois.

- J'arrive Milo ! rassura Thodes.

Thodes se mit à portée de tir et alluma le Loyaliste. Mais ce dernier fit une vrille démentielle, et passa au-dessus de la tête de Thodes.
Furieux, ce dernier se retourna, mais l'intercepteur lui repassa au-dessus et verrouilla Antius. Les tirs saturèrent les boucliers et la carlingue de son vaisseaux se déchira sur la longueur, en flamme.

- Il m'a eu ! Je perds de la puissance ! Éjection ! Éjection !

Deux en moins.

- Protégez la zone !!! On a deux des nôtres dehors ! rugit Thodes.
- On ne peut pas ! On a tous ces connards au train ! lui répondit Mayla.

Puis ce fut Kaylin qui parla.

- Je suis touchée ! J'ai perdu mes déflecteurs et mes réacteurs sont en train de me lâcher. Je passe en manuel !

N'ayant personne le pistant, Thodes fonça aider Kaylin. Pas question d'échouer cette fois.

- Il est sur moi !!

Thodes le verrouilla en une seconde. Le V-Wing descendit en piquet pour s'échapper. Mais la seconde d'après une gerbe de feu rouge percuta et explosa l'intercepteur sans qu'aucun pilote, aussi doué soit-il ne puisse faire quoique ce soit.

- Cible abattue.
- Merci ! Mais mes réacteurs n'ont plus de puissance ! Je suis bloquée ! Quoi ? On me verrouille encore !
- Kaylin ?

Thodes vit Kaylin s’éjecter par précaution. Un bon réflexe. Son vaisseau partit en débris une dizaine de mètres plus loin, abattu par un autre V-Wing.

Puis Thodes vit une explosion un peu plus loin. Il pria pour que ce ne soit pas l'un des siens et quand il vit le chasseur de Mayla passer, il souffla un bon coup. Elle venait de descendre son poursuivant.

Puis ce fut au tour de Thodes. Une alarme de verrouillage sonna dans son cockpit. Immédiatement, et vu le niveau de leurs adversaires, Thodes parti dans une folle course faite de zigzags et de vrilles. Il ne savait pas d'où venait son adversaire, ni par quel vecteur il comptait l'attaquer, mais les nombreux lasers verts passant non loin de son appareil lui suffirent pour comprendre qu'il l'avait aux fesses.

- Ici BT-4181, je demande renforts immédiats sur notre position. Infériorité numérique et trois pilotes éjectés en flottaison. Terminé.

C'était Mayla qui reprenait les rennes sur le canal, tandis que Thodes luttait pour sa survie.

- Un coup de main serait pas de refus, appela Thodes.
- Tendu ? lui demanda Drankar.
- Tendu ? Non, penses-tu. Agacé plutôt.
- C'est vrai qu'ils sont chiants. Bon bouge pas, je vais voir ce que je peux faire.
- Loin de moi l'idée de te contrarier, mon bichon, mais « pas bouger » c'est à peu près ce que je ne dois PAS faire, lui répondit Thodes tout en faisant un looping à pleine vitesse qui le colla contre son siège et lui fit monter et redescendre l'afflux sanguin beaucoup trop vite.
- Tu compliques toujours tout...

Thodes tenta une manœuvre. Il attendit que son adversaire lui colle au train, puis mit le rétro-freinage à fond tout en faisant un tonneau. Le P-38 était assez agile pour cela, mais c'était tout juste.
Le V-Wing lui passe devant comme prévu. Il fit un sourire. Son sourire disparut presque aussi vite que la générosité d'un Muun lorsque le V-Wing fit un demi-tour sur lui-même tout en avançant, à tel point qu'il fut à reculons, face à Thodes.

- Putain, c'est une blague ?

Le Loyaliste ouvrit le feu et Thodes eut juste le temps d'un réflexe sur les manettes de contrôle pour éviter une rafale venant de plein fouet. Cependant il entendit trois coups directs secs sur son appareil, et toutes les alarmes finirent par sonner.

- Je suis à 31%, avaries légères !
- Vous nous refaites le Balai de Corellia, là ! Arrête de bouger !

Sans répondre, Thodes mit les gaz à fond et plongea sous le V-Wing pour éviter un autre tir direct. Le V-Wing se tourna et lui suivit, tandis que Thodes fonça entre les tours de commandement du vaisseau amiral en contre-bas.

- Mais ils foutent quoi, les droïdes ?
- Ils sont déjà là, répondit Drankar.
- Je ne les voient pas.
- Ils sont passés par la droite de la formation.
- Sans déconner ?
- Personne n'a dit qu'ils étaient malins.

A présent, Thodes zigzagua entre les tours. Évidemment, cela n’apeura pas deux secondes le dingue qui le suivait en canardant toujours plus près de lui. Mais Thodes voulait tenter quelque chose. Une fois sortit du creux des deux tours, il remonta en flèche au dessus de la tour droite, puis se laissa tomber en piqué, utilisant la gravité artificielle légère du Venator, espérant faciliter la manœuvre de descente et harponner son assaillant d'en haut.
Sa manœuvre marcha, mais le V-Wing s'était déjà retourné, comme ayant prévu le coup, et fonçait vers lui. Thodes, prit de panique de voir un tel coup se retourner contre lui, vira de bord à gauche dangereusement, mais le V-Wing ne freina pas percutant violemment son aile droite et lui retirant ce qui lui restait de boucliers. Les deux chasseurs tanguèrent un peu et Thodes prit ces deux secondes de répit pour évaluer la chose.

- Et voilà qu'ils se rentrent dedans maintenant, si c'est pas mignon.
- Drankar, bouge-toi le fion, et débarrasse-moi de lui, répondit Thodes énervé et légèrement apeuré.
- Je n'ai pas réussi à avoir un vecteur d'attaque ! Pas un ! Ce gars te colle aux fesses comme personne donc c'est comme si j'essayais de t'abattre toi ! Tu sais que tu voles vachement bien ?

Thodes regarda autour de lui, et, figé dans le temps il vit une solution. L'Abnegator était pratiquement à portée de tir du vaisseau amiral. Avec une frégate Munificent de soutien, ils étaient aux prises avec un autre Venator, en train d'exploser de tous bords, sur la fin de vie et avec un croiseur Acclamator.
Les échanges étaient violents. Les turbolasers lourds bombardaient les vaisseaux ennemis. Les explosions étaient gigantesques. L'Abnegator, bien que visiblement victorieux du combat qu'il menait, avait ses boucliers de saturés, et sa carlingue se faisait violemment déchiqueter par endroit où les turbolasers frappaient. La Munificent était aussi dans un état critique et encaissait trop de dommages. Elle allait céder.

- Voyons si tu vas me suivre en enfer, du con.

Thodes plongea vers les destroyers aux prises les uns avec les autres.

- Ok, vieux, même moi je vois ce que tu veux faire, et franchement c'est une idée de merde. S'il te suit c'est vraiment... oh... bah il te suit. Sérieux, tu ne veux pas le recruter plutôt ? Il est aussi débile que toi.
- Commandant, appela la voix métallique du général droïde Kaizer. J'ai déjà suffisamment à gérer avec les dégâts sur mon vaisseau sans devoir tâcher d'éviter de vous abattre.
- Ne faites pas attention à moi, général ! Tirez !
- Votre logique d'organique est profondément défectueuse.
- Allez donc commenter avec Drankar, si vous voulez.

Thodes passa entre les tirs bleus et rouges et les explosions firent tout trembler dans la zone. Des morceaux de carlingue bien plus gros que Thodes furent projetés par les explosions à une vitesse ahurissante. Les chocs et la chaleur radioactive des tirs perturbèrent tous les scanners du P-38. Les instruments étaient HS dans cette fournaise.

- Et maintenant, tu gères le psychopathe ?

Thodes vit un obus thermique être tiré juste devant lui. Ces engins, copiés des missiles Driller de la République, perçaient les boucliers pour exploser dans les entrailles, et le rendu était assez explosif. Une des nombreuses innovations permettant de s’entre-tuer toujours plus efficacement dues à la Guerre des Clones.

Thodes accéléra à en faire frémir ses commandes et passa juste derrière l'obus avant l'impact. Le V-Wing freina à fond, ayant compris le coup fourbe de Thodes mais fut violemment secoué par l'explosion et partit en vrille. Thodes le verrouilla en remontant son propre chasseur et l'anéanti d'un tir, ses boucliers ayant fondus dans l'explosion.

Un autre V-Wing apparut, concentré sur Thodes, mais Dranker l'abattu avant qu'il ne le verrouille.

- Bordel... celle-là je la retiendrais, commandant. T'es encore plus fêlé que moi.

Les autres V-Wings menaient la vie dure aux Raiders, mais ils se mirent à tous fuir d'une traite, loin de leur secteur.

- Ils fuient ? Pourquoi ? demanda Mayla.

Thodes regarda ses instruments.

Un destroyer Recusant avait atteint le vaisseau amiral et l'avait affronté, mais seul, face à un Venator, il avait été sérieusement endommagé au point que son hyperpropulseur soit touché.

- Son hyperporpulseur ! Il va exploser ! Tirez-vous !! cria Zi'rel.

Le vaisseau amiral, fier d'avoir remporté cette bataille, cherchait maintenant à fuir le plus rapidement possible loin du Recusant. Mais il ne pourrait pas. Ses boucliers lourdement diminués seraient inefficaces face à l'explosion d'un hyperdrive de destroyer en fusion.
Tout en fuyant, Thodes regarda les balises de ses pilotes éjectés. Ils étaient trop loin pour être pris dans le souffle, mais ils pouvaient très bien être touchés par un débris.

Pitié, pas ça !

Il était de nouveau impuissant, s'en remettant au destin.
L'hyperpropulseur rentra en fusion et une explosion aveuglante réduisit en poussière le vaisseau amiral de la République et causa de graves dégâts à la station spatiale par projection de débris. Thodes et ses camarades eut leurs appareils de soufflés et partirent en vrille pendant des dizaines de secondes, qui parurent une éternité et donnèrent envie de vomir à Thodes.

Quand Thodes reprit le contrôle, il vit que ses pilotes éjectés étaient encore en vie et remercia la Force pour ça. Il vit aussi sur son radar que les vaisseaux survivants de la République ayant réussis à sortir de la bataille, bien peu nombreux, plongèrent dans l'hyperespace. Mais la majorité furent promptement anéantis sur place.

La bataille d'Eriadu était gagnée. Déjà, des frégates et destroyers se mettaient en position en orbite.

- Cibles acquises. Début de la séquence de bombardement sur vos ordres.

Tous les officiers de vaisseaux attendirent là, l'ordre improbable.

- Qu'est-ce … qu'est-ce qu'ils font ? demanda Zi'rel.
- Thodes ? demanda Antius depuis son siège éjecté.

Thodes connaissait la vérité.

- Le plan consistait à prendre l'orbite pour bombarder ensuite leurs bases militaires, leur voies de circulation, leurs industries et leurs spatioports.
- C'est un Base Delta Zéro... conclut Mayla.
- On évitera autant qu'il le faut les centres civils, tempéra Thodes.
- Mais tu sais bien qu'il y aura un nombre de dégâts collatéraux énorme ! cria Kaylin sur un ton accusateur depuis son siège éjecté, elle aussi.
- Ce n'est pas moi qui ai décidé du protocole d'action ! se défendit Thodes.
- Mais tu aurais dû nous prévenir ! lui rétorqua Mayla.
- Et après ? Eriadu est l'un des mondes les plus snobs, les plus impitoyables de la République ! Aux mains de nobles esclavagistes de surcroît ! C'est eux qui ont engendré des monstres comme Tarkin ! C'est la guerre bon sang ! C'est pour épargner les nôtres une fois au sol qu'on fait ça !
- Ça on peut le comprendre, dit Mayla sur un ton étonnamment doux. Mais pourquoi nous l'avoir caché ?
- Parce que... parce que je ne voulais pas que vous pensiez à ça en combattant. Je ne voulais pas que vous doutiez, que vous hésitiez. Que vous soyez distraits. Je ne voulais pas d'un autre Coruscant.

Personne ne dit rien sur les ondes.

- C'est tout. Et je ne regrette rien.


A ces mots, l'ordre de l'amiral Iriuun tomba. L'Umbaran ordonna aux vaisseaux de faire feu, et une pluie de lasers lourds rouges déchirèrent l'atmosphère pour se perdre sur la planète. Bien que perdus de vue, ils réapparurent lorsque Thodes et le reste de la flotte Séparatiste aperçurent des champignons de flammes se former un peu partout sur la planète.
Sur le fait de rien regretter, Thodes avait été sans doute un peu trop catégorique.

- De notre haine naîtra l'espoir …



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



- Toujours rien à signaler ?
- Non, monsieur, répondit le droïde comm'.
- Fais chier …

Rainar faisait les cents pas sur la passerelle du vaisseau. Les droïdes continuaient leurs tâches comme si de rien n'était. Seul le Général Duna le regardait sans dire un mot.

- Et parmi les autochtones ?
- Aucun rapport mentionnant qu'il fut aperçu, continua le droïde.
- C'est trop long. On ne cherche plus de corps maintenant. C’est évident, il est en vie.

Rainar reprit les cent pas avant de se poser devant la baie d'observation. Il ne pouvait se sortir de la tête les quarante-trois victimes civiles confirmées suite à son ordre, mortes pour rien.

- Mais c'est pas vrai ! vociféra-t-il en donnant un coup de poing dans la baie.
- Désirez-vous que j'envoie plus de Vautours quadriller la zone en renfort aérien, monsieur ? lui demanda Duna.

Il n'arrêta pas de se poser la question, mais la prudence était de mise.

- Non. Non Général. Il va essayer de quitter la planète, c'est certain. C'est la seule chose à faire. Si j'envoie plus de chasseurs, il aura de nombreuses fenêtres pour s'échapper. Je veux qu'on garde le contrôle de tous les secteurs orbitaux de la planète.
- Monsieur, une navette Sheathipede vient de passer nos cordons de sécurité et ne réponds pas à nos injonctions, l'avertit le droïde affecté au radar.
- Une Sheathipede ? Comment est-ce possible, toutes les navettes affectées à Grievous sont blacklistées et ont ordre de rester au sol !
- Il s'agit d'une de nos navettes, affectée aux équipes de soutien.

Derrière les lignes de combat, pensa Rainar. Alors il a réussi à passer tous nos barrages sans se faire repérer. Il n'est pas qu'une brute, après tout.

- Elle a pu aller aussi loin car ses codes étaient valides, mais ce déplacement n'était prévu sur aucun planning, et n'a fait l'objet d'aucune notification de nos équipes au sol, reprit le droïde comm'.
- Il savait qu'il serait repéré, mais il voulait juste passer le cordon de chasseurs et gagner du temps !
- Devons-nous l'intercepter ?
- Évidemment, pauvre abruti ! Que tous les chasseurs ouvrent le feu pour abattre la cible ! Que les destroyers convergent pour empêcher le saut dans l'hyperespace !
- Bien reçu, bien reçu.
- Chasseurs sur cible dans une minute. Les couloirs hyperspatiaux seront bloqués dans cinq minutes, informa le droïde radar.

C'est trop long. Grievous a déjà gagné de précieuses minutes pour rentrer des coordonnées de saut.

- Qu'ils fassent plus vite que ça !

Un droïde B-1 apparut en hologramme sur le canal d'urgence.

- Monsieur, ici le commandant B-1026 ! Nous venons d'arriver sur le site Cresh suite à une perte de communications. Les droïdes affectés au soutien logistique ont été réduits en pièces et une navette Sheathipede a disparue.
- Perspicace, commandant, répondit Rainar d'un ton sec avant de couper la communication.
- Les chasseurs sont sur la cible. Elle est verrouillée. Ils ouvrent le feu, annonça le droïde radar.

Allez ! Allez !

- Et les destroyers ? demanda-t-il au droïde comm'.
- Tous les axes ne sont pas encore bloqués. La navette s’engouffre dans un couloir de saut, mais ses boucliers vont céder sous peu.


Les Sheathipede transportaient autant des troupes que du matériel sensible ou des dignitaires de la CSI. Elles étaient peu véloces et faiblement armées, mais leur blindage et leurs boucliers étaient solides. Elles pouvaient encaisser bon nombre d'assauts des Vautours avant de céder.

Le droïde radar se remua dans son siège et fit mine de tourner la tête vers Rainar avant de refixer sa console, comme s'il avait pris une seconde pour prendre son courage à deux mains ou vérifier ses écrans, avant de se retourner vers Rainar.

- La navette vient de sauter, monsieur. On essaye de trianguler sa destination, mais le couloir offre de nombreuses dessertes.

Autant dire que Grievous venait de s'évaporer dans la galaxie. Il avait échoué. Il devait maintenant se concentrer sur le plus important. Il devait savoir ce qui s'était passé sur Eriadu.
Il serra les poings et sa mâchoire pour se retenir de frapper une console ou un droïde, puis quitta la passerelle.

- Levez le dispositif. Ne laissez qu'une équipe réduite pour maintenir les opérations de secours aux autochtones et faites un dernier balayage planétaire. Cap sur Eriadu.



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



- Vous pensez qu'on va être décorés, commandant ?

Thodes rigola franchement. Un droïde qui pensait aux médailles, cela aurait fait sursauter bon nombre d'ingénieurs de la Techno-Union.

- Non Sweezie, j'en doute fortement. Mais je lui glisserais un mot en ta faveur si tu veux.
- Sérieusement ? Je suis en service depuis Géonosis, et je n'ai eu aucune félicitation, pas de médaille, pas de nomination... rien du tout. Même pas de permission.
- Je te donne régulièrement du repos, dit Thodes en fronçant les sourcils.
- Je parlais en dehors du vaisseau, commandant.

Ça alors...
Après Saleucami, Sweezie avait eu du mal à appréhender la notion de temps libre, et voilà qu'il lui prenait des envies de voyages maintenant !
Il imagina un instant Sweezie avec un baluchon et une carte touristique sur une planète exotique et ne pu s'empêcher de rire à nouveau.

- Tu as pourtant vu plus de mondes que la plupart des habitants de la galaxie.
- On ne peut assimiler des opérations militaires à du tourisme.
- C'est pourtant la seule forme de tourisme qui court en ce moment. Mais si ça te branche, je pourrais te montrer Esseles dans un cadre hors-militaire après la guerre ou pendant une perm'.

Sweezie regarda un instant Thodes, et malgré son absence totale d'expression, Thodes vit qu'il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Il avait du mal à assimiler cette possibilité. Thodes cru même y voir de la reconnaissance et de l'excitation mais il se dit que son esprit devait interpréter toutes les réactions de Sweezie à force de le côtoyer.

- Ça... ça me ferait très ... comment dites-vous, vous les organiques ? Plaisir, commandant.

Thodes ressentit un vrombissement et des alarmes annonçant l’atterrissage résonnait dans le vaisseau.

- Le rendez-vous est prit, alors.

Les portes de la navette Sheathipede s'ouvrit dans un des immenses hangars du Téméraire. Un droïde B1 quelconque les attendait.

- Mes respects, commandants, dit-il en saluant les deux arrivants.
- Amenez-nous au Chef de l’État, soldat.

Thodes et Sweezie parcoururent les coursives du Lucrehulk en grav-tram jusqu'aux ascenseurs de secteurs. Il s'agissait d'une salle circulaire immense d'où on ne voyait pas le plafond. Des centaines d'ascenseurs parcouraient la salle permettant de desservir toute la sphère de contrôle du vaisseau.
Ils arrivèrent au niveau de l'immense passerelle circulaire. Le siège du capitaine trônait au centre de la pièce, face aux baies vitrées. Les fosses de contrôle encerclaient le siège, à ses pieds, avec à l'intérieur des droïdes navigateurs aux épaules bleues qui s'activèrent à leurs tâches quotidiennes.
Rainar était derrière le siège, dos aux fosses, et parlait avec l'amiral Iriuun. L'Umbaran à la peau pâle et aux marquages bleus le regarda de ses yeux laiteux mais perçants. Iriuun avait la réputation d'être logique, pragmatique, froid, calculateur et impitoyable. Rien ne l'empêchait d'atteindre son objectif, ni la morale, ni les sentiments. Mais Iriuun n'avait rien d'un boucher comme Grievous. Il n'infligeait que les pertes qui étaient nécessaires à sa réussite et minimisait les dégâts collatéraux.

- Commandant, dit-il en le voyant arriver.
- Amiral, lui répondit Thodes en se mettant au garde à vous et en le saluant.
- Très jolie performance. Vous et vos pilotes avez une nouvelle fois démontré votre talent. Content de voir qu'ils s'en soient tous sortis.
- Et moi donc …
- Je vous prie de m'excuser, Amiral, coupa Rainar.
- Je vous en prie, monsieur le Chef de l’État.


Rainar prit Thodes par une épaule et le détourna de l'Umbaran qui retournait déjà à ses occupations.

- Comment vont les autres ? demanda-t-il, soucieux.
- Bien, bien. Heureusement, personne n'a été blessé. Mais ils ont été plutôt … secoués. C'est la première fois depuis Coruscant qu'on passe si près de la catastrophe.
- Pourtant tu as l'air préoccupé.

Thodes ne put s'empêcher de détourner le regard et de souffler. Il y avait pensé durant ces deux jours, stationné dans l'espace Eriaduan.

- Sur Coruscant, j'ai perdu mes pilotes parce que nous faisions fasse à un ennemi en surnombre, déterminé et avec une énorme puissance de feu en appui. Nous étions débordés, dépassés, isolés. Mais là...

Rainar ne dit rien, et se contenta de le fixer.

- Là, on était pratiquement à arme égale. Et pourtant, ils nous ont surclassés. Je n'avais jamais vu des gars voler comme eux. Ils étaient nerveux, impulsifs, inventifs... C'est la première fois que je vois ça. Je n'avais jamais vu des clones aussi bons pilotes.
- Tu dis que vous vous êtes fait surclasser ? Pourtant vous n'avez aucune perte à déplorer et eux, ils ont perdu quatre des leurs.
- De la chance, ni plus, ni moins. J'ai eu trois pilotes au tas. Ça ne s'est joué qu'à l'éjection.
- Je me suis renseigné sur ces pilotes après ton rapport.

Thodes tourna ses yeux vers lui. Était-ce pour cela que Rainar avait mis autant de temps avant de le convoquer ?

- Si tu n'as jamais vu des clones piloter ainsi, c'est essentiellement parce que ce n'était pas un escadron de clones. Il y en avait que trois en fait, et d'après ce que je sais, deux d'entre eux se seraient fait abattre par ton équipe. Le reste est composé d'organiques volontaires, triés sur le volet et formés dans les Académies Loyalistes. Sur Corulag, essentiellement. Ils se sont déjà illustrés individuellement au cours du conflit, mais leur escadron n'a qu'un an d'existence, issu du programme de militarisation des volontaires de la République. Cela va de paire avec la part croissante du personnel non clone dans leurs troupes.
- Qui sont-ils ? demanda sur un ton sec et un peu trop déterminé, Thodes.
- Nous n'avons pas leurs noms à tous. Mais on sait que cet escadron se fait appeler « Les Ailes de Coruscant ».
- C'est une blague ?

N'importe quel pilote digne de ce nom connaissait au moins de nom les Ailes de Coruscant. La légende raconte que, lors des guerres civilisationnelles d'il y a plus de 3500 ans ayant opposé la République aux Sith, celle-ci aurait rassemblé parmi tous ses alliés, qu'ils soient Jedi, contrebandiers, issus de la pègre de ses forces militaires, tous les pilotes les plus doués et en aurait fait une force d'intervention d'élite. Les Ailes de Coruscant. Cette force d'intervention se serait illustrée en défendant le Noyau et pour avoir enchaîné les victoires. La légende raconterait qu'à chaque fois que les Ailes de Coruscant entraient en action, la République remportait la bataille, ces derniers éventrant la Marine Sith et décimant sa chasse, logiquement inférieure et dépassée.
Mais l'inexistence de réelles sources historiques retraçant cette période, oubliée de tous depuis des siècles, rendait impossible l'authentification de ces récits. Personne ne savait réellement si les Ailes de Coruscant avaient existé ou non. Porter ce nom relevait donc soit de la frime pour intimider, soit d'un signe de mauvaise augure pour Thodes et ses camarades.

- Tu as dit qu'on n'avait pas tous leurs noms. Du coup, on en a au moins un ?
- Oui, nos agents ont réussis à identifier leur leader et l'architecte de leur escadron. Il s'agirait de Garven Dreis, un ancien de la Cavalerie Aérienne de Virujansi. Il a volé aux côtés du Général Skywalker contre nos forces fut un temps, lors de la bataille de Virujansi. Maintenant il vole pour le compte de la République à temps complet.

Thodes se jura d'étudier son cas avec attention. Avec les pertes infligées à ce Dreis aujourd'hui, Thodes ne put s'empêcher de penser qu'il venait de se faire de nouveaux ennemis.

- Et... Grievous ?

La mine de Rainar s'assombrit immédiatement. Il alla camper à l’extrémité gauche de la baie vitrée de la passerelle. Il regarda l'espace, les mains dans le dos, comme s'il choisissait ses mots.

- Disons qu'il ne tuera plus au nom de la CSI, maintenant.
- Mais il tuera toujours, n'est-ce pas ?

Rainar ferma les yeux, et soupira.

- Si tu l'avais vu, Vaik. Ce monstre. Il les a tués. Il les a tous tués. Il les démembrait, les décapitait, les laissait parfois encore vivants, en train se souffrir le martyre. Et il riait. Ses propres troupes tentaient de le tuer, il venait de se faire trahir, et ce monstre riait de la souffrance qu'il rependait.

Rainar ne retourna vers Thodes.

- Bayles est mort. Je le croyais invincible, pourtant. J'ai voulu mettre fin à cela, il fallait absolument l'arrêter. Nous ne pouvions pas le laisser partir. Nous n'avions pas le droit de laisser partir cet assassin.

Thodes ne parla toujours pas, laissant Rainar finir d'expier ce qu'il avait à expier.

- Il y a eu des dégâts collatéraux, Vaik. Des innocents morts. A cause des choix que j'ai fais, des mesures que j'ai prises pour l'arrêter.
- Ce n'est pas ta faute. C'est Grievous le responsable. C'est un dément, et un danger pour toute la galaxie. Si des gens sont morts pour arrêter sa folie, alors ce sont des victimes à rajouter au tableau de cette « chose ».
- Je me suis motivé en me disant ça. Mais Grievous a survécu, je ne sais pas comment. Et il nous a filé entre les doigts. Ces gens sont morts pour rien.
- On a rien sans rien. Des innocents massacrés, il n'y en jamais autant eu que dans cette guerre, Kade. Et il y en aura encore beaucoup. C'est la fin d'un monde, la fin d'un système. Pour en créer un nouveau, il faut l'imposer. Il faut détruire ce carcan qu'est la République pour renaître. Ces dégâts collatéraux seront perdus au milieu d'un carnage qu'on entretient depuis plus de quatre ans maintenant. Un carnage nécessaire pour construire un monde serein. Il faut accepter que pendant cette période, la vie n'a plus de valeur et peut être broyée pour un rien. C'est ainsi. La galaxie oubliera ces dégâts collatéraux, Kade. Elle oubliera les crimes de chacun d'entre nous, perdu au milieu de cette boucherie.
- Pas ma morale.
- On vit avec. Pardonne-toi. Ce ne sont pas avec les remords qu'on construit quelque de chose de meilleur. Si on gagne un jour notre liberté, et que notre idéal se réalise, alors ça n'aura pas été vain.
- De notre haine, naîtra l'espoir, hein ?
- Exactement. Et connaissant Grievous, il ne réussira pas à se terrer bien longtemps. Il va re-tuer. On y peut rien. Mais quand il le fera, on le localisera. Et on en finira avec lui, pour de bon.

Rainar gonfla sa poitrine après les mots de son ami, comme requinqué. Il regarda de nouveau l'espace, et la planète Eriadu, encore déchirée par les immenses incendies dus au bombardement orbital.

- Tu as raison. On ne peut pas se permettre de se morfondre sur le passé. Je vais cesser d'allouer des ressources à la traque de Grievous, hormis les consignes de surveillance et de recherches données à nos agents. Le système de Sluis Van est sécurisé de même que ses routes hyperspatiales. La construction du CCC a débuté. Concentrons-nous sur « l'après ».
- C'est-à-dire ?
- Il faudra plusieurs mois pour que le CCC soit opérationnel et rôdé. La prudence voudrait qu'on attende sa mise en service et la ré-organisation de notre structure militaire avant de repartir à l'attaque. Mais la République n'a plus pied dans la Bordure Extérieure. Ses troupes sont isolées, divisées.  Et sa flotte vient de subir un sérieux revers. Frésia est vulnérable.Tout comme les Régions d'Expansion et les Colonies. Nos troupes sur Fondor sont prêtes à attaquer les mondes du Noyau...
- Sans parler des troubles intérieurs de la République.
- On ne sait pas quand les Jedi stabiliseront tout ça, même si tel que c'est partit il y ait peu de chances qu'ils y arrivent sans envahir leur propre territoire avec leurs troupes. Ils sont faibles. A terre.
- Et nous, nous nous sommes stabilisés, continua Thodes. C'est le moment de frapper comme jamais. Eriadu était un avertissement. Le top-départ. On doit redoubler nos efforts. Être plus agressifs.
- La chute de la République a commencé, dit Rainar d'un ton doucereux.
- Je regagne l'Abnegator. Je vais préparer mes hommes. Donne tes ordres, et on passe à l'action.

Thodes tourna le dos à Rainar et prit la direction de l'ascenseur, Sweezie sur ses talons.

Rainar resta là, sur place, à regarder Eriadu brûler.





Voilà pour la fin du Chapitre 2 !
La semaine prochain, début du Chapitre 3 : Justice Séparatiste !
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Messagepar L2-D2 » Jeu 05 Avr 2018 - 15:46   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Fin du Chapitre 2 lue !

Bon, cette fois-ci, je n'ai pas traîné !

C'est une superbe bataille d'Eriadu que tu nous fais suivre là ! :shock: Franchement, on y est, on s'y croit, et comme son camarade Chef d'Etat, Thodes va lui aussi devoir faire face aux conséquences de sa mission. Je m'imaginai la CSI prendre la planète, pas lui faire subir ce qu'ils font... et cela finit par m'étonner, d'ailleurs : certes, c'est la guerre, certes les illusions volent en éclat, mais tout de même ! Thodes absout bien vite Rainar en lui disant qu'après tout, c'est la faute de Grievous si 43 civils sont morts sur Utapau. Sauf que c'est Rainar qui a donné l'ordre, pas Grievous !

Du coup, j'ai été surpris, mais dans le bon sens du terme. J'ai trouvé la lecture haletante, le rythme trépidant, je ne me suis pas ennuyé une seconde ni trouvé qu'il y avait des longueurs... bref, vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 05 Avr 2018 - 16:30   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Ah ouais t'as tracé là ! :lol:

Et oui, je te l'avais dit ! La République avait l'air monstrueuse sur Esseles, dans les mémoires de Thodes, mais la CSI ne fait guère mieux ! On en vient presque à regretter que Palpy n'ait pas pu mettre fin au carnage, maintenant qu'il ne tient plus les rennes ! :sournois:

C'est pas une réelle absolution. Dans un carnage comme la Guerre des Clones, si on tombe sous le remord à chaque civil tué suite à une décision mal venue, on pète un câble. Faut bien trouver un coupable. Et d'une certaine façon, j’essaye de vous mettre à la place d'un officier qui aurait eu la main lourde dans un conflit sanglant. Que faire ? On devient fou ou on continu dans l'espoir que la fin justifie les moyens ? Le mantra qu'ils se répètent est aussi un leitmotive dans ce sens.
Si tu trouve donc ça totalement discutable moralement, t'en fais pas, c'était le but ! :lol:

Ravi que ça te surprennes toujours en tout cas ! Car ça va s'enrichir encore plus, tout ça ! :jap:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 11 Avr 2018 - 20:12   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Bonsoir a tous ! En raison d'une bonne journee de taff et de raisons personnelles, je ne vais pas pouvoir publier aujourd'hui. Mais rassurez vous, demain sans faute, il y aura le post du debut du chapitre 3 ! Et on reprendra le rythme du mercredi la semaine d'apres. Merci a vous, les amis ! :jap:
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Messagepar L2-D2 » Jeu 12 Avr 2018 - 13:42   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Aucun souci ! Prends le temps nécessaire ! :jap:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 12 Avr 2018 - 18:51   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Chose promise, chose due ! Le début du Chapitre 3 ! Nous sommes environ 3 ans après le chapitre 2.
Il s'agit d'une introduction au chapitre, on va dire, dans la mesure ou l'arrêt brutal du récit d’aujourd’hui"hui reprend sur une autre planète, et qu'on ne peut pas le couper ensuite. Si je mettais tout, ça faisait un bloc de 20 pages ou plus, ce qui serait indigeste, donc vous aurez une partie plus courte cette semaine. Mais un bon bloc arrive la semaine pro. :diable:

Bonne lecture !

STAR WARS

LA GUERRE DE SECESSION





Chapitre 3 : Justice Séparatiste







«  Et dans l'édition de ce soir, nous recevons Randon Stak, Délégué aux affaires Publiques du Sénat, la sénatrice Mon Mothma de Chandrila et le Conseiller militaire du cabinet du Chancelier – détaché auprès du Conseil Jedi depuis- Miron Osslick.
Le sujet de notre édition portera sur la situation politique et militaire de la République.
Monsieur Stak, on commence par vous. De nombreux experts affirment que la République pourrait ne pas passer l'année, et ce dû aux nombreux troubles qui la secoue en interne. Qu'avez vous à répondre à cela ?

Stak : Et bien Ellis, je ne serais pas aussi pessimiste que ces soi-disant experts, mais je les rejoins plus que jamais sur un fait, si nous ne faisons pas preuve d'unité, nous perdrons ce conflit. Et c'est bien là le propos du Conseil Jedi depuis la prise de ses fonctions. Il est regrettable que nous devions en arriver à ce désastre pour que des « experts » en viennent à ces conclusions.

Présentatrice : Mais ne pensez-vous pas que la conscription massive des citoyens majeurs, ainsi que la répression des émeutes par la force, les arrestations des « traîtres » à la République et la loi martiale ne soit pas source de divisions ? Il s'agit bien là des mesures prises par le Conseil ?

Stak : Je tiens à clarifier la situation une bonne fois pour toute. Tous ces citoyens qui s'opposent à leur devoir sont considérés comme des traîtres. Mais il ne s'agit pas là d'une considération, mais d'une réalité. Ces citoyens nous opposent leur droit à la liberté, à la conscience, et nous traitent de tyrans. Mais ces bons droits, inculqués dans leurs esprits, comment sont-ils arrivés là ? Ces peuples ne sont libres que parce que des gens se sont battus lors des heures sombres pour protéger ces droits. Il est facile de se prévaloir de ces droits, lorsque ceux qui meurt pour les protéger sont des Jedi ayant fait vœux d'altruisme, de dévotion et de sacrifice. Ces mêmes Jedi désignés en tyrans par ces consciences révoltées ! C'était facile de se prévaloir de ces droits lorsque ceux qui allaient mourir en leur nom étaient des armées de clones conçus et élevés dès la naissance, sans la moindre considération, sans le moindre libre arbitre pour aller mourir pour ces principes. Il s'agissait ni plus ni moins que de l'esclavage de masse de personnes sensitives et intelligentes. Ceci allait TOTALEMENT à l'encontre de tous nos principes les plus fondamentaux, niant jusqu'à l'essence même de la République. Pourtant, lorsque les Séparatistes menaçaient les mondes Loyalistes, ces citoyens outrés n'ont jamais émis la moindre indignation à envoyer autrui mourir à leur place, du moment que leur petit confort n'était pas touché. Aujourd'hui nous sommes face à un ennemi puissant, en nombre et déterminé. Nous n'avons plus le temps pour l’hypocrisie ou pour respecter le fragile individualisme de notre peuple. Si les citoyens veulent un jour se prévaloir des droits garantis par la République, ils n'ont pas le choix. Ils vont devoir la sauver. Et ça ne passera que par le devoir. Nous ne faiblirons pas. Nous ne renoncerons pas. La conscription continuera, et ce tant que ce sera nécessaire. Et les récalcitrants seront punis en conséquence. Plus que jamais nous devons faire preuve de courage et d'unité. Et non d'égoïsme et de division.

Présentatrice : Monsieur Osslick, je vois que vous voulez intervenir ?

Osslick : Oui, Ellis merci. Pour commencer je soutiens les propos de monsieur Stak quant à la responsabilité que nous avons tous quant à la survie de la République. Je maintiens que la conscription massive, aussi pénible et regrettable qu'elle puisse être, est la seule option viable pour assurer notre défense. Mais pour atténuer son propos, je dirais aussi que l'unité de la République est encore bien réelle. Le nombre de volontaires n'a jamais été aussi élevé au sein de nos forces, symbole d'un véritable attachement à nos valeurs, menacées par les Séparatistes.
Cependant nous devons regarder la vérité en face. Malgré la conscription, la situation ne s'inverse pas, bien au contraire. Ces trois dernières années, nous n'avons cessé de subir de lourdes pertes. Nous avons perdu la Bordure Extérieure. Eriadu a fini en cendres. Puis Rothana a bien tenue avant de céder, le tout dans une évacuation des projets militaires sensibles de la République et de la population catastrophique, faite dans l'urgence. Kashyyyk a fini par tomber à son tour, signant le début de la chute de la Bordure Médiane. Naboo a suivi, tout comme Malastare. Notre contre-attaque depuis Bothawui, que certain voyait comme la chance de retourner la situation, a été un désastre, et après un impitoyable siège Séparatiste et malgré six mois de résistance, la planète a fini par tomber, elle aussi. Frésia a tenue quatre assauts, mais ne tiendra sûrement pas un cinquième. Nous ne pouvons non plus nier l’existence des mondes-bastions Séparatistes des Régions d'Expansions comme Thustra ou Ando, et ce ne sont que des exemples. Où encore des forces Séparatistes de Fondor qui ont fini de prendre Atzerri et ont permi d'étendre les combats dans le Noyau, notamment sur Carida. Toute notre structures défensive s'écroule, car nous nous éparpillons pour éteindre des incendies qui éclatent absolument partout. Un constat s'impose, un constat que nous n'avons pas réussi à accepter encore aujourd'hui. Les Séparatistes disposent d'une puissance militaire sans précédent. Chaque jour des centaines de milliers de droïdes, de véhicules et vaisseaux sortent des usines de la Bordure, usines qui sont elles-mêmes plus nombreuses chaque jour. Le rapport de force est estimable à 1 pour 100 en l'état actuel des choses, même en comptant le renforcement de nos forces par la conscription. Et cela, c'est sans compter les volontaires qui s'engagent dans les forces armées confédérées ! Ce nombre, bien que difficile à estimer, a du être multiplié par au moins quarante depuis le début du conflit ! Nous sommes témoins de l'émergence d'une véritable armée d'organiques chez les Séparatistes. Nous faisons face à la plus puissante et la plus imposante armée jamais vue !

Stak : Proposez-vous que nous capitulions ?

Osslick : Non, mais que nous prenions pleine conscience de ce que cela implique. Nous nous évertuons à tenter d'éteindre les incendies partout où ils s'en déclarent, mais c'est souvent en oubliant qu'il y a beaucoup plus de pyromanes que de pompiers. Ils peuvent déclencher tous ces incendies en même temps, mais nous ne pouvons tous les éteindre. Plutôt que de disperser nos forces sans en avoir les moyens, et augmenter ainsi le nombre de nos pertes de manière drastique, je pense que nous devrions repenser la stratégie de déploiement de nos forces autour des axes et des mondes dont nous pouvons assurer la sécurité...

Stak : Vous proposez... que nous abandonnions des systèmes stellaires entiers aux Séparatistes ? Que nous abandonnions des peuples Loyalistes à nos ennemis ? C'est tout bonnement inconcevable ! Ce serait nier la République ! Ce serait nier l'unité qui nous caractérise comme une nation ! Vous vous rendez-compte de ce que vous nous proposez ?

Osslick : Ce que je me rends compte c'est que vous faites de la politique et des déclarations de grands principes, mais que si on veut que la République et ses principes survivent, nous devons être prêts à faire ce qui est nécessaire. Il s'agit du même argument rationnel que vous avez avancé plus tôt pour la conscription.
Je dis juste que quand l'arbre brûle, il faut savoir couper certaines branches pour éviter que le feu embrase tout l'arbre. Au vu de nos moyens actuels, et de la situation au front, nous ne pouvons pas assurer la sécurité de la Bordure Médiane et encore moins la reprendre. Et je pense qu'il en est de même des Régions d'Expansions au vu de nos ressources et de nos effectifs, conscription comprise. Si nous voulons assurer la pérennité de la République et avoir une défense cohérente et efficace, nous devons repenser notre ligne de front et notre déploiement sur des zones sécurisées et défendables, comme les Colonies et le Noyau.

Présentatrice : Nos invités avancent des idées, mais vous ne semblez ne pas réagir à leurs propositions, Sénatrice Mothma. Qu'en pensez-vous ?

Mothma : Comme vous savez, Ellis, j'ai soutenu l’initiative du Conseil Jedi après « l'épisode Palpatine », car je partage l'idée que nous devons faire preuve d'unité en ces temps difficiles.
Mais alors que j'entends mes collègues sur ce plateau parler de conscription forcée ou de redéploiement en laissant des zones sans défense, je n'entends personne parler d'une véritable solution. A savoir, au lieu de mettre toute notre énergie à trouver un moyen de continuer la guerre, trouver un moyen de l'arrêter. Tous ces sombres événements évoqués par monsieur Osslick ont coûté la vie à des milliards de personnes. Et comme pour saler un peu plus l'addition, voilà que la répression sur nos mondes libres et Loyalistes est responsable, là aussi, de plusieurs milliers de victimes parmi NOS citoyens de NOTRE main.Ce n'est plus tolérable. Nous nous sommes tellement embourbés dans ce conflit, que, tous, nous avons perdu de vue les raisons qui ont fait qu'il a éclaté. C'en est trop. Nous devons accepter le fait que les Séparatistes soient devenus une Confédération. Nous devons reconnaître leur indépendance et leur légitimité. Nous devons venir à un accord de paix durable entre nos gouvernements. Mais cela ne se fera que si nous discutons des propositions de paix avec leur Parlement. Chose qui ne sera elle-même possible que si nous mettons fin à la crise politique qui secoue notre République. En mettant fin à la tutelle du Conseil Jedi qui n'a que trop duré, en réhabilitant les Sénateurs qui n'ont pas de charges pour corruption qui pèsent sur eux et en rétablissant le dialogue au sein de nos institutions. Nous devons le faire maintenant. C'est urgent et c'est là un bien meilleur moyen d'assurer la sécurité de la République et de sauver des milliards de vies. Avant que cette guerre ne nous emportent tous. »

Édition spéciale sur le conflit sur Vox Galactica.





Ithor
7 ans après la Bataille de Géonosis
4 ans après l'arrestation de Dooku et la chute de Palpatine




- Ça explose !
- Que quelqu'un explique à Rial le principe d'une bataille ! grogna Kaylin.
- Je crois qu'il essaye de dire que ça explose de manière plus intensive, là maintenant, répondit calmement Zi'rel.
- Ouais, voilà, c'est ça ! appuya Rial
- Il serait temps, alors, que tu étendes ton vocabulaire. Tu aurais pu dire que « ça chauffe », « que ça se complique », « qu'on va tous crever », que « ton gros cul de Nikto va finir brûlé »... tu vois, un peu d 'éloquence, bordel ! railla Drankar en explosant un ARC-170. Un peu d'effort, diable !

Thodes ne pu s’empêcher de rigoler franchement sur le canal tandis qu'il poursuivait deux Z-95. Mais il ne participa pas aux joutes verbales habituelles des Raiders. La bataille lui prenait toute son attention et il se demandait comment ses hommes pouvaient en livrer une seconde en parallèle entre eux, sans commettre une erreur de pilotage. Car la situation était explosive, pour reprendre les termes de Rial.
Il détruisit l'aile gauche de sa première cible qui allait s'écraser contre le Venator le plus proche, puis dans la foulée, il verrouilla son compagnon dont le chasseur explosa en mille débris.

Il ne put souffler, car il fut trop occupé à éviter les débris d'une frégate Munificent qui venait d'exploser. Des débris en combustion furent projetés à toute vitesse et ce fut comme si une vague de missiles hasardeuse s'écrasait contre la formation des Raiders. Immédiatement, il remonta son P-38 en piqué pour passer au-dessus des débris, mais il sentit la résistance atmosphérique le plaquer contre son siège. Le Rogue P-38 était suffisamment agile, puissant et robuste pour endurer des combats de hautes voltiges en basse et haute atmosphère, mais cette résistance se faisait sentir et dénotait avec l'habitude du combat spatial, à gravité zéro, dans le vide.

Alors qu'il remontait, il vit un Venator prit entre deux destroyers Recusant. Il ne l'aperçut pas bien longtemps, ce dernier cédant sous le barrage de tirs et explosa dans une immense boule de feu et une autre myriade de débris.
Lâchant un juron, Thodes vira de bords en catastrophe et le choc de quelques débris fit saturer ses boucliers.

- Où sont nos foutus renforts ? demanda Thodes. Ça va vite devenir moche par ici.

Comme pour souligner son propos, Thodes vit un destroyer Providence, à la dérive, parsemé de flammes et d'explosions, s'écrasant inexorablement vers le sol.
Mais l'attention de Thodes fut retenue par le croiseur Acclamator qui venait de se détacher de sa formation. Il vit que les deux destroyers Recusant ayant détruit le Venator n'étaient pas sortis indemnes du combat, et le commandant du vaisseau voyait là sans doute une occasion de briller.
De ses turbolasers bleus, l'Acclamator pilonna le Recusant le plus proche qui vit des explosions éventrer sont flanc gauche, non loin de la passerelle. Mais les tirs convergèrent rapidement vers le point faible du destroyer. D'aspect long et dépouillé, le Recusant était un croiseur de guerre efficace tant que ses boucliers tenaient. Sans ceux-ci, son blindage était des plus minimalistes et les entrailles du vaisseau étaient facilement atteignables. Mais son plus gros point faible était sans doute l'imposant tube de maintenance qui reliait ses puissants réacteurs au reste de sa structures. Sans ses boucliers, quelques tirs puissants bien placés permirent de sectionner en deux le destroyer, le coupant de ses moyens de propulsions et de sa source d'énergie.
Les réacteurs explosèrent dans un fracas et le « reste » du vaisseau tomba en flèche sous un déluge d'explosions, rejoindre les autres vaisseaux abattus.

Le second destroyer Recusant mit alors toute la puissance sur ses réacteurs pour fuir le téméraire Acclamator qui se voyait bien abattre le second ennemi.

Thodes, sans un mot, tapota sur sa console de commandement holographique.

- Escadron Gamma, nouvelle cible désignée à ces coordonnées. Cible prioritaire.

L'escadron de Hyena accusa réception de l'ordre et les bombardiers se rassemblèrent pour se mettre en formation pour fondre sur l'Acclamator.
Immédiatement, des chasseurs Loyalistes allèrent à la rencontre des bombardiers droïdes. Thodes intercepta un V-Wing, arracha l'aile d'un autre qui partit en vrille , puis fonça de face sur un Z-95 ayant verrouillé la formation de bombardiers. Juste avant la collision, Thodes ouvrit le feu en plein sur l'appareil qui explosa à raz de son cockpit.
Deux autres Z-95, un V-Wing et un ARC-170 furent détruits ou mis hors combat par les autres Raiders venus à la rescousse.
Les Hyena larguèrent plus d'une vingtaine de torpilles à protons qui se transformèrent en une vingtaine d'explosions qui déchirèrent la coque de l'Acclamator en tout point. Deux torpilles percutèrent de plein fouet la passerelle de commandement qui disparut dans deux explosions simultanées.
Le croiseur, téméraire quelques minutes plus tôt, était devenu une carcasse fumante qui, en l'absence de passerelle de commandement, commença à tomber, happé par la gravité planétaire.
Thodes pensa que c'était une question de temps avant que le centre de commandement interne du croiseur reprenne la main sur les stabilisateurs mais de nouvelles explosions éventrèrent un peu plus le croiseur, qui continua sa chute.

- On a gagné un répit, mais sans nos renforts alliés prévues, on va manger, constata Mayla.

Un soupçon de panique s'empara de Thodes. Tout s'était déroulé comme prévu. La flotte Séparatiste était sortie de l'hyperespace, puis avait engagé de front la formation Loyaliste, alors en infériorité numérique. Les chasseurs et destroyers légers Séparatistes avaient tenté de briser la formation Loyaliste, comme d'habitude, pour isoler un maximum d'unités et creuser l'écart numérique, mais les Loyalistes avaient choisi une tactique... surprenante.
Ils avaient alors prit pour parti de s'enfoncer dans l'atmosphère basse de la planète et de resserrer la formation, pour forcer les Séparatistes à les suivre et à subir une rentrée atmosphérique, les obligeant eux aussi à resserrer leur formation pour garder en efficience. Ils avaient alors constitué un goulot d'étranglement. Cette tactique avait des défauts. Elle interdisait la retraite, et causerait des dommages effroyables au sein des populations civiles par la chutes de débris, qui n'étaient plus ralentis ou détruits par l'atmosphère, assurant la destruction de villes entières. Mais le goulot d'étranglement atténuait la supériorité numérique et assurait de lourdes pertes pour les Séparatistes. Et ça marchait. La posture d'assaillant était des plus inconfortables dans une telle situation et les pertes étaient importantes. A ce niveau de la guerre, les Loyalistes ne cherchaient plus à fuir, et considérait que chaque bataille donnerait soit sur la victoire soit sur des pertes terribles pour les Séparatistes.
Ils étaient à la fois désespérés, déterminés, et transcendés. Cela ne les rendait que d'autant plus dangereux, un changement que Thodes avait remarqué ces dernières années, depuis Eriadu.
De même que leurs ennemis n'avaient plus beaucoup de considération pour les pertes civiles collatérales, ayant accepté que cette guerre entraînerait des sacrifices massifs. La mort ne leur faisait visiblement plus peur, seul comptait la victoire. Tout était bon pour sauver la République agonisante.
Mais les Séparatistes avaient encore un atout dans leur manche. S'il daignait à se montrer...
Puis son alarme des scanners s'activa vivement.

- Nombreux signaux en approches ! indiqua Antius.

Les Raiders gardèrent le silence. C'était soit les sauveurs, soit la République qui avait décidé de finir le boulot.
Puis une voix résonna sur le canal général des forces Séparatistes.

- Ici l'amiral Alamka, de la Monarchie Indépendante de Thustra, annonça la voix en appuyant sur le « indépendante ». La flotte royale engage les tyrans de la République à vos côtés.

Les scanners indiquèrent qu'une formation d'une cinquantaine de croiseurs lourds et de frégates moyennes de conception Sephi engageaient l'arrière de la formation Loyaliste. Cela expliquait le temps de réponse des Sephi. Ils avaient pris le temps de contourner la flotte Loyaliste pour les prendre en « étau ».
La République, qui avait mis toute la puissance dans ses déflecteurs frontaux et ses turbolasers, avaient laissé ses arrières à découvert. Le barrage de tirs des Sephi détruisit les réacteurs des Venators, qui subirent de lourds dommages. Immédiatement, les Loyalistes tentèrent de briser leur formation pour couvrir les deux fronts, mais leurs possibilités de manoeuvre et de repli était nulle.
Les intercepteurs kamikazes Sephi engagèrent la chasse Loyaliste, ce qui ne fit que la diviser un peu plus et rendre l'infériorité numérique insupportable. Les destroyers Séparatistes en profitèrent et redoublèrent d'assauts sur les Venators exposant leurs flancs au cours de leur manœuvres. L'Abnegator, ainsi que deux autres destroyers Providence déclenchèrent un « mur de feu » . Les torpilles à protons déchiquetèrent trois Venators exposés.
La flotte de la République combattit jusqu'au bout, jusqu'à n'être qu'un tas de débris. Les Séparatistes ne leur proposèrent aucune offre de reddition. Ils n'en demandèrent aucune.





A mercredi prochain :D
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Messagepar L2-D2 » Jeu 12 Avr 2018 - 19:25   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Première partie du Chapitre 3 lue !

Grâce à ton enregistrement en italique, tu nous permets de faire un bon point sur l'avancée du conflit. Alors certes, le Chapitre est court, mais ce n'est pas plus mal, ça permet au lecteur de se faire à l'évolution du conflit, aux défaites successives de la République... pour l'instant. Car te connaissant, je n'imagine pas que la Confédération va gentiment progresser vers les mondes du Noyau, non... tôt ou tard, la République va reprendre l'avantage, j'en suis sûr ! Peut-être avec la présence d'un Anakin Skywalker ou d'un Obi-Wan Kenobi dans les rangs, même ? Car après tout, j'y pense, dans ton récit, Anakin n'est pas passé du Côté Obscur... :sournois:

J'ai hâte d'être à la semaine prochaine, du coup ! :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 12 Avr 2018 - 20:25   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Ah, même une fois Palpatine hors course, c'est pas forcément le happy end imaginé par certains fans, n'est ce pas ? :diable:
La République est en bordel politiquement. L'absence de prévision d'un conflit à long terme et l'absence de durabilité des clones se fait sentir. La conscription est inévitable, et les Jedi doivent serrer la vise pour éviter l'éclatement, tandis que toujours plus de mondes se retournent contre la République ou tombent sous le contrôle de la CSI qui a le vent en poupe sans Dooku pour la ralentir ...

C'est compliqué d'éteindre tous les feux allumés par Palpy !

Mais la République doit survivre, n'est ce pas ? :sournois: Forcément ! D'une manière ou d'une autre ! Ou pas ... :sournois: :sournois:

Mais que je te rassure, L2, tu ne peux pas prévoir la suite :transpire: sinon, je serais décevant :paf:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 18 Avr 2018 - 11:49   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Partie 2 du chapitre 3 ! Comme annoncé la semaine dernière, vu qu'on attaquait un nouveau bloc après la bataille introductive d'Ithor, la publication est plus importante. Bonne lecture !




Chapitre 3 : Justice Séparatiste (Partie 2)





Thodes commençait à avoir l'habitude, mais aussi d'être agacé, d'être rappelé au cours des campagnes militaires menées contre la République. Sa place était sur le terrain, au front contre les Loyalistes. Pas auprès de Rainar. Ce dernier ne cessait de le mettre dans les confidences politiques de la Confédération et Thodes avait fini par penser que le point de vue d'un militaire, en dehors du monde politique et des « filtres » verbaux vicieux de ce domaine, l'aidait à tenir le cap. Il comprenait, mais quoiqu'il en soit, il pouvait utiliser l'holonet séparatiste au lieu de lui faire traverser la moitié de la galaxie à chaque fois. A moins que son but était d'éloigner autant que possible son ami du front ?
La navette Sheathipede quitta l'Abnegator et Thodes fut toujours aussi étonné par le nombre incroyable de vaisseaux de guerre Séparatistes autour de Sluis Van. Il ne se rappellait pas en avoir vu autant sur Sluis Van, avant la construction du CCC. Sa navette passa entre les soixante destroyers Providence et le triple, au moins, de frégates Munificent et destroyers Recusant, puis slaloma entre une dizaine de Lucrehulk et finit par percer l’atmosphère de la planète.
La planète recouverte tantôt de montagnes arides et tantôt de forêts-jungles interminables, présentait aussi de véritables villes industrielles immenses servant à la conception des matériaux utiles à la construction des destroyers lourds en orbite. Il y avait aussi de nombreuses raffineries. La planète accueillait surtout les indigènes, les Sluissis et des Bith avant son alignement sur la CSI. Mais depuis, le développement économique faramineux fit que l'on pouvait trouver de nombreuses communautés aliens et humaines sur la planète, en quête de travail. La planète était devenue un pôle majeur de la Bordure Extérieure, et déjà, les chantiers de grandes métropoles futuristes étaient visibles au loin. La planète était en pleine mutation économique et démographique, comme l'avait promis Rainar à Juluter, plus de trois ans plus tôt...
La navette survola un terrain recouvert de forêt où, au milieu de clui-ci, l'on pouvait voir de nombreux bâtiments militaires, un immense bouclier à particules et au moins plus d'une centaine de postes d'artillerie et de turbolasers. Au cœur du dispositif ultra-protégé, sur le haut d'une montagne, était niché un bâtiment de forme hexagonale, dont un autre bâtiment hexagonale en son cœur était relié à toutes les extrémités de la première forme par d'imposants bâtiments en forme de tubes. Le tout avait la forme de l'emblème de la Confédération. C'était le CCC. La navette se posa sur l'une des nombreuses pistes d’atterrissage, non sans avoir passé une dizaine de check-points et donné les codes d'autorisation valables au préalable.
A la sortie de la navette,Thodes vit un soldat humain, portant la combinaison bleue foncée et l'armure de protection noire standard des soldats organiques de la CSI par dessus. Son visage était partiellement recouvert par un casque de combat noire et des protège-joues en duracier. L'emblème bleu et blanc de la CSI était visible sur le haut du casque. Le tout était tenu par une mentonnière. Ses yeux étaient dissimulés derrière des lunettes tactiques bleues intégrées au casque, avec HUD. Des instruments de communication auditifs recouvraient ses oreilles et un micro descendait jusqu'à sa bouche.
L'individu ne tenait pas d'arme, mais Thodes vit un E-5 attaché sur le porte arme magnétique dans son dos. Cependant les quatre autres soldats qui le rejoignit possédaient leur E-5 en main. L'individu portait le grade de lieutenant sur sa poitrine, fixement posé sur son armure.
Thodes n'avait pas l'habitude de voir les soldats organiques de la CSI, ceux-ci restaient minoritaires au sein des forces armées Confédérées, mais le Corps des Volontaires des Armées de la CSI avait considérablement gagné en nombre ces dernières années. Thodes se rappela que Rainar lui avait dit que le CCC, par soucis de sécurité, serait protégé par du personnel organique non lié aux corporations, répondant uniquement à la hiérarchie militaire et au Chef de l’État.

- Commandant, salua le lieutenant. Bienvenu au CCC. Monsieur le Chef de l’État vous attends dans la salle tactique.
- Vous a t-il dit pourquoi voulait-il me voir ? Je n'ai pas eu d'autres informations.

Le militaire fit non de la tête.

- J'ai reçu l'ordre de vous accueillir et de vous conduire à lui. Je ne pose pas de question. J'ignore la plupart des décisions et des actions entreprises ici.

Thodes suivit les soldats en passant les nombreuses sécurités du CCC. Thodes ne put qu'admirer la beauté de l'installation. Elle était construite de manière militaire, épurée, pragmatique, loin de la beauté plus artistique et chaleureuse de Raxus. Ici tout était froid, métallique mais les nombreuses baies vitrées, les lumières blanches, les formes hexagonales des coursives et les nombreux terminaux avec leurs interfaces holographiques bleues, ici et là donnait un tout autre charme au bâtiment. Seul aspect décoratif visible, de nombreuses bannières bleues flanquées d'un cercle blanc et du symbole Confédéré pendaient le long des couloirs. Thodes aimait bien l'ambiance retranscrite ici. Il s'attendait à aller au centre de Commandement militaire, comme les rares autres fois où il était venu, mais il tourna à gauche dans un couloir sans nom.

- Nous n'allons pas à l’État-Major ?
- Non, commandant. J'ai ordre de vous emmener à la salle tactique de l'OSC.
- Les services secrets …

L'OSC (appelée aussi OSCSI dans sa version longue) était l'Office de la Sécurité de la Confédération. Cette direction était issue de la volonté de Rainar de créer un pôle institutionnel de centralisation du renseignement et de coordination des opérations sécrètes et clandestines des agents Séparatistes, éparpillés aux quatre coins de la République, comme de la CSI.

Le bâtiment prenait un quart de l’hexagone central de la structure. Contrairement au reste des bâtiments, très ouverts, tout ici était cloisonné, et le secret emplissait l'air. La circulation elle-même se faisait à base de codes d'accréditation, de sécurité, de portes interdites...
Au détour d'un couloir, Thodes vit de multiples salles fermées par d'épaisses portes blindées. Le lieutenant se posa près d'une des portes et appuya sur un bouton du panneau de commande. Le groupe attendit un instant avant qu'un voyant vert, indiquant que la porte avait été déverrouillée de l’intérieur, s'alluma.
Les soldats s'arrêtèrent là et Thodes rentra dans la salle.
Rainar était seul, devant un énorme holoprojecteur. L'ensemble de la pièce était tamisée, la seule source de lumière semblait venir de l'énorme projection holographique à la fois familière et inconnue d'un énorme vaisseau. Le style du vaisseau était séparatiste, semblable à un destroyer Providence mais dans de toutes autres dimensions.
Thodes s'attendait à ce que Rainar coupe la projection à son arrivée, mais il n'en fit rien, et se tourna vers son ami avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Ah ah ! Si tu es arrivé jusqu'à moi c'est que tu apportes de bonnes nouvelles du front !
- Je suppose que tu es déjà au courant, Kade ?
- L'Agent Cinéké m'a fait son rapport juste avant ton arrivée, avoua Rainar dans un mouvement de tête. Ithor est à nous !
- A nous, à nous … tempéra Thodes dans une moue. Nous ne maîtrisons que l'orbite. Il reste l'élimination des troupes Loyalistes au sol.
- Et les Ithoriens ? Tu penses qu'ils vont prendre les armes contre nous ?

Thodes contempla le vaisseau, l'air pensif un moment, puis finit par nier de la tête.

- Non, je ne pense pas. Ils ont soutenu la République mais uniquement par loyauté et soumission. La force de l'habitude, je dirais. Les Ithoriens sont un peuple ouvert et pacifique. A part ceux qui ont été enlevés pour devenir Jedi et les conscrits de force, aucun Ithorien n'a jamais pris les armes contre nous.

Thodes marqua une pause de quelques secondes, puis reprit.

- Et vu les événements récents, je doute qu'ils se dressent contre nous.
- C'est-à-dire ?
- Les Ithoriens abhorrent la violence, et la République les a contraint, comme tant d'autres, à donner leurs jeunes pour la guerre. Et puis les Loyalistes, dans l'espoir d'équilibrer le combat, nous ont contraints à nous battre en basse atmosphère.

Rainar à cette nouvelle, retira la main de son menton, et fixa Thodes avec ce regard de l'homme qui comprend ce qui était dit sous silence.

- Quels sont les dégâts ?
- Je l'ignore, dit Thodes dans un haussement d'épaules. Mais des impacts de croiseurs entiers ont du créer des tremblements de terres, des raz de marée, sans parler des villages et centres urbains non loin qui ont reçu des débris. En emmenant le combat à ce niveau, la République condamnait des millions d'Ithoriens.
- Mais... pourquoi ? Ils savaient qu'on irait les chercher. Ce genre de choses ne nous a jamais fait reculer.
- Sans doute pour compenser la supériorité numérique, commença Thodes. On a eu de lourdes pertes. On aurait peut-être pas gagné aussi... facilement, si les Sephi n'étaient pas intervenus pour mettre fin au combat. Les Loyalistes espéraient sans doute convaincre les Ithoriens que nous étions responsables de ce massacre. Pour les pousser à prendre les armes contre nous et combler le déficit de troupes. Puis un peu de propagande gratuite à nos frais ce n'est pas du luxe pour eux, en ce moment.
- Espérons que ça ne marche pas.
- Les Ithoriens mettront du temps à appréhender leur nouvelle indépendance, mais ils finiront par suivre la Confédération. C'est dans leur nature. Ils ne se fermeront pas à la galaxie. Je ne m'en fais pas pour cela, mais il faudra leur apporter un soutien humanitaire dans les années à venir.

Rainar hocha de la tête.

- Les Sephi ont donc tenu parole.
- Ils sont nos alliés depuis le début du conflit, fit remarquer Thodes. La République est responsable de la mort du roi Alaric. La chute d'Ithor va permettre de sécuriser nos bases arrières dans les Régions d'Expansion. Notre victoire à Ithor nous ouvre toutes les routes vers Thustra. C'était dans leur intérêt autant que dans le nôtre. On va enfin libérer leur système de l'occupation agressive qu'ils subissent depuis plus de six ans.
- Les Sephi disposent d'une influence politique dans toutes les Régions d'Expansion et au-delà. Sans parler d'une véritable force militaire. Les libérer ne fera que donner plus de force et de crédibilité à la Confédération.
Tout comme ce projet, rajouta Rainar avec un sourire, en désignant de la tête l'imposant vaisseau.
- Ce vaisseau m'est familier. Il ressemble aux Providences, mais il est plus imposant. Pourquoi me parle t-il ainsi ?
Parce que ce projet n'est pas une innovation mais une... réhabilitation d'un projet enterré. Je te présente le projet Malveillant.
- « Le » Malveillant ?
- Pas exactement. Le Malveillant a été détruit lors de la bataille de la Nébuleuse Kaliida, au début du conflit. Il s'agit du cuirassé expérimental Subjugator. Cet engin formidable est équipé de deux immenses canons ioniques puisant leur énergie directement dans son réacteur principal. Il s'agit d'une vague d'énergie à évolution croissante capable d'englober une flotte entière. Dooku et Grievous l'ont plusieurs fois utilisé au début du conflit, et ce projet s'est révélé être un succès total. Des flottes entières de la République ont été pulvérisées.
- Mais ce vaisseau a été détruit, n'est-ce pas ? Nous n'étions pas encore au service de la CSI à l'époque, mais j'en ai entendu parler par la suite.
- Oui, le Général Skywalker et ses pilotes ont réussi à détruire ses armes expérimentales puis à saboter l'engin pour qu'il s'écrase. J'ai toutes les notes sur le « retour d'expérience » ici. Ce cuirassé reste vulnérable aux bombardiers, comme tous croiseurs.
- S'il fut une réussite, pourquoi ne pas le produire en masse ?
- Les raisons avancées dans les archives justifient cela par le fait que la CSI était encore en développement et très loin d'égaler la République. Tous les efforts financiers des corporations étaient portés à la sécurisation des routes hyperspatiales, puis à étoffer notre Marine et nos armées... et à faire leur bénéfice évidemment. Ils n'avaient pas le temps et l'argent pour des projets de « superarmes » fantaisistes.
- Tu n'as pas l'air d'y croire.
- Dooku avait une énorme influence sur les corporations. Je doute qu'aucune d'entre elles aurait remis sa parole en question. Au vu de ce que nous avons appris sur Dooku et Palpatine, je pense que Palpatine avait juste demandé à Dooku de concevoir des prototypes de superarmes qui auraient pu servir pour leur futur « Empire ». Pour tous nous asservir. On sait maintenant que Dooku ne voulait pas la victoire des Séparatistes. Si Dooku et Palpatine avaient autorisé la construction de plus de ces vaisseaux pour le compte de la Confédération, celle-ci aurait pris l'avantage et aurait remporté la guerre. Ce n'était pas dans leur intérêt...
Mais c'est dans le nôtre, continua-il d'un ton déterminé après une seconde pause. Tous les schémas ont été retrouvés dans les archives de Dooku. Et de nos amis Quarrens de Pammant, rajouta t-il avec un clin d'oeil.
- Drant... il sert à quelque chose finalement, se réjouit Thodes dans un sourire.
- Je t'avais dit de lui faire confiance. Drant est un ami précieux.

Rainar se tût un instant, comme pour chercher ses mots.

- Mais ce n'est pas pour parler du projet Malveillant que je t'ai invité. Mais pour parler de Dooku.
- Il n'y a pas grand chose à dire, répliqua Thodes en fronçant les sourcils d'interrogation. Cette ordure pourrit dans une prison au cœur de Coruscant. Il n'est plus un problème pour nous.
- En fait si.

Rainar commença à faire les cents pas, tournant autour de l'holoprojecteur, en regardant ses pieds.

- Dooku en lui-même ne pose plus de problèmes, mais son aura persiste. Nombreux sont ceux qui pensent encore que tout ceci n'était qu'une conspiration visant à affaiblir la CSI. Difficile de gommer son image de leader de la liberté aux gants de velours.
- Les révélations sont appuyées par des preuves, fit remarquer Thodes. Et même sans ça, les massacres qu'il a commis suffisent à le condamner.
- Pour encore de nombreux sénateurs au Parlement, tout ceci n'est que mensonges. Pour ces sénateurs, Dooku est et restera le leader de la Sécession. Et le souci, c'est que l'aura de Dooku continu de s'opposer au mien. Plusieurs réformes sont systématiquement bloquées ou passent avec une avance trop juste. Non seulement à cause des corporations, mais ça on pouvait l'anticiper, mais aussi à cause de l'image d'usurpateur ou de Chef de l’État par intérim que j'ai au-dessus de la tête. Bref, le Parlement et la Confédération, bien qu'uni officiellement, demeure divisé dans l'arène politique. Cela doit prendre fin.
- Je comprends, mais comment veux-tu que les sénateurs voient la vérité en face, alors qu'il y a toutes les preuves devant leur nez ?
Je me fiche que les sénateurs acceptent la vérité. Il est temps de tout simplement tourner la page et d'arrêter de vivre dans le passé. Et pour cela, il faut faire ce qui est nécessaire. Nous devons tuer Dooku.

Thodes redressa la tête, les yeux ronds. Un sourire de surprise apparut sur son visage.

- T'es sérieux ? Non, mais si t'as d'autres idées du genre, comme faire buter le Conseil Jedi dans leur temple, n'hésite pas, on casera ça entre deux batailles rangées.
- Je suis très sérieux, répondit Rainar, non sans un sourire.
- Kade, il est emprisonné sur Coruscant, on ne sait où. Le localiser sera déjà difficile, mais réussir à pénétrer dans la capitale sera impossible. Toute la planète est devenue une foutue forteresse !
- C'est une analyse exagérée, répondit calmement Rainar. Le commerce s'est certes effondré, et la planète est peut-être sous la loi martiale permanente, mais elle reste le centre politique et économique de la République. Ils ne peuvent pas contrôler étroitement les milliers de vaisseaux qui rentrent et sortent.
- Sans les codes adéquats, on approchera jamais l'orbite.

Rainar leva une main pour faire barrage aux propos de Thodes.

- Cet aspect pourra être traité. La situation est moins désespérée que tu ne le crois. Nos agents de l'OSC en poste sur Coruscant ont déjà localisé Dooku. Et ils ont les codes nécessaires pour passer la flotte, de même qu'un site d’atterrissage sécurisé.
- Vraiment ? Ou est-il enfermé ? Dans le Centre de Détention Central Judiciaire ? Dans le Centre des Opérations ?
- Dans le Temple Jedi.
- Oh bah oui, tiens, j'avais oublié l'option du temple rempli de Jedi. T'es vraiment sûr de pas vouloir lancer une mission contre le Conseil en même temps ? On sait jamais.
- Je sais de quoi ça à l'air …
- Et laquelle des escouades des Forces Spéciales va avoir l'honneur d'éliminer un Seigneur Sith au milieu de milliers de Jedi, sur la planète la plus militarisée de toute la République ?
- Justement, aucune. Du moins pas toute seule en tout cas. C'est la raison de ta venue. Il y a bien quelqu'un qui pourrait accomplir cela. Quelqu'un qui a les capacités pour mener à bien cette mission et qui pourra l'approcher. Mais pour se faire je dois le convaincre de la faire. Je compte donc lancer une mission diplomatique officieuse. Et vu qu'elle doit être discrète, je ne peux pas bouger avec la flotte derrière moi.
- Tu as des diplomates pour cela. Pourquoi faut-il que ce soit toi ?
- Je veux que cette affaire reste discrète. J'ai eu cette idée, c'est à moi de la mener à bien. Et puis, je préfères négocier de vive voix avec notre individu.
Je souhaiterais que ton escadron soit chargé de ma protection rapprochée et de l'appui aérien.

Thodes se détendit. Il regarda le sol et re-fixa ses yeux sur Rainar.

- D'accord, mais je veux t'accompagner au sol, lorsque tu rencontreras ce type.
- Vendu.
- Bon, tu vas me dire qui est le fou qui va se taper le boulot.

Rainar tapota sur un panneau de commande et le Malveillant disparut pour laisser place à une tête humaine. C'était un homme entre la trentaine et la quarantaine, mâte de peau, avec des cheveux sombres en dreadlocks et un tatouage en bande jaune qui lui traversait horizontalement le visage.

- Je te présente...
- Le Général Quinlan Vos, termina Thodes. Agent d’infiltration de l'Ordre Jedi et général de la 147 ème division du Corps Stellaire de la République. Même quand la République avait perdue la Bordure Extérieure, et était en train de se faire déborder dans les Régions d'Expansion, Vos était l'un des rares à obtenir encore des victoires. Mais il a disparu non ?
- La rumeur disait qu'il était mort, mais une autre rumeur parlait de trahison et de désertion. Nos agents ont bossé dessus pendant des mois, et ce qu'ils ont trouvé s'est révélé intéressant. Vos a quitté volontairement les forces de la République. D'un commun d'accord avec le Conseil Jedi.
- Que s'est-il passé ?
- Vos était le Jedi le plus déterminé à arrêter notre progression. Il mettait un point d'honneur à tout faire pour nous stopper. Ça en était agaçant. Il était l'un des Jedi qui était le plus favorable à la décision du Conseil de rendre la conscription obligatoire.
Lors du siège de Bothawui, Vos et ses troupes avaient ordre de reprendre au plus vite, la ville de Kormos et ses aires d’atterrissage, afin d'éviter la consolidation des positions de nos forces et un débarquement plus massif. Il leur fallait mettre un frein au plus vite à notre invasion, ou la planète ne tiendrais pas un mois de plus. Vos a émis des rapports indiquant qu'il lui était impossible, au vu de ses moyens et de ses troupes, de reprendre la ville. Ils étaient isolés et n'avaient ni renforts, ni soutien logistique et aérien. Mais l'ordre de prendre la ville est quand même tombé. Les conscrits, majoritairement inexpérimentés, on prit peur, et ont refusé de lancer une attaque qui s'apparentait à un suicide. Vos ne les a pas forcé. Il ne croyait pas non plus à cette attaque, qu'il estimait être un ordre précipité et stupide. Il a fait son rapport indiquant la mutinerie de ses troupes espérant que ça motive le commandement de la République à envoyer plus de renforts et de faire au plus vite la jonction avec les troupes de Vos pour reprendre Kormos.
A la place, le haut commandement à ordonner que Vos utilise les clones et les volontaires sous ses ordres pour mettre aux arrêts les mutins et d'en faire fusiller les fortes têtes pour faire un exemple. Ils étaient coupables de désertion, haute trahison et mutinerie. Le Code de justice militaire de la République prévoyait l’exécution comme sentence. Vos a refusé estimant que si un tel ordre était en accord avec les lois de la République, il était en profond désaccord avec les principes Jedi, ce qui le plaçait lui aussi dans un état de mutinerie. Avant que le commandement puisse ordonner aux troupes restantes de démettre Vos de ses fonctions, nos forces ont lancé l'attaque au petit matin, alors que Vos avait laissé les conscrits partir rejoindre les lignes arrières. Vos et ses troupes étaient dispersées. Ils n'étaient pas prêts à faire face à l'attaque brutale qu'on avait lancé. La plupart des hommes de Vos sont morts ce jour-là. Son armée s'est faite balayer. Vos risquait la cour martiale mais en raison de ses états de service et pour des raisons plus obscures, le Conseil a décidé de donner son accord à sa demande de démission. Vos est parti et n'a plus jamais combattu pour la République depuis.
- Ok, il ne doit pas aimer des masses la République aujourd'hui. Mais ce type a passé son temps à nous pourrir la vie et tout faire pour qu'on ait un maximum de pertes dans nos rangs. Je doute qu'on soit devenu son inspiration. Pourquoi accepterait-il ?
- Parce que la véritable raison, celle que je t'ai dit être « obscure », à l'accord du Conseil de laisser Vos tranquille, c'est que ces cachottiers avaient déjà demandé à Vos de tuer Dooku.

Thodes resta bouche bée. Les Jedi refusaient le meurtre. Certes, ils tuaient. Ils tuaient même en masse, les populations Séparatistes ayant leur lot d'exemples de massacres conduit par les Jedi, mais jamais de manière « premier degré ». Les Jedi tuaient quand ils n'avaient pas d'autres choix ou lorsque cela se faisait dans l'intrigue d'une bataille. C'était la guerre, et les Jedi avaient pris parti pour la République. Aujourd'hui, ils la dirigeaient. Ils ne pouvaient pas se défiler et acceptaient avec fatalité tout ce qui se produisait aujourd'hui. Mais l'idée de commanditer de sang-froid, dans la préméditation clandestine, le meurtre d'un être vivant était une injure profonde à toutes leurs croyances. Ces croyances, c'était quelque chose que Thodes respectait. Thodes avait toujours eu le plus profond respect pour les Jedi. Ils représentaient ce qui filait encore droit dans cette République en perdition. La dernière garde des valeurs de la République. Une lueur d'intégrité au milieu de ce merdier sans nom. La considération de Thodes pour les Jedi avait chuté en flèche après avoir vu les massacres dans la Bordures Extérieure commis par la République et le rôle actif des Jedi dans la guerre. En tuant sans sourciller pour la République, ils avaient entaché la dernière chose qui rattachait tant de citoyens à l'âme de la République. Et les décisions brutales et impitoyables de ces dernières années, avec les carnages qui en découlaient, n'avaient que conforté Thodes dans son opinion. Il n'y avait plus aucun respect de quelconque valeur dans cette guerre. Même les Jedi avaient cédé à la folie de la mort. Malgré tout, il se surprit de cette nouvelle. Bien qu'à leur place, il aurait mis à prix la tête de Comte depuis longtemps.

- Et bah dis-donc, siffla Thodes.
- Oui et ce n'est pas tout. Pour arriver à ses fins, Vos a fait équipe avec quelqu'un d'inattendu.
- Au point où on en est, je m'attends à ce que tu me sortes Padmé Amidala.
- Asajj Ventress.

Thodes bloqua à nouveau. Ventress était une commandante de l'armée Séparatiste au début de la guerre et un lieutenant proche du Comte Dooku. Ventress avait mené les armées droïdes de nombreuses fois à la victoire, et dans ces affrontements, les rencontres avec les Jedi étaient quotidienne. Ventress avait tué de sa main de nombreux Jedi. Tout la portait à une glorieuse carrière au sein des forces Confédérées, mais un jour, pour des raisons que Thodes ignorait, Ventress avait trahi la Confédération. A l'époque, Thodes avait pris cela pour un avertissement. Même les héros Séparatistes les plus dévoués pouvaient être tentés par la trahison. On avait alors plus entendu parler de Ventress pendant un moment avant que des rapports affirment que Ventress avait été rattrapée par la justice séparatiste sur Christophsis, lors d'une opération contre les intérêts confédérés. Il n'y avait pas d'autres détails sur sa mort.

- Ventress est morte comme tu le sais bien, continua Rainar. Mais il se trouve que Ventress a perdu la vie de la main de Dooku, justement lors de la tentative d'assassinat menée par Vos. Ça devrait le motiver.
- Ça ne veut rien dire, répondit dans un haussement d'épaules Thodes. Ventress était une Sith. Vos, un Jedi. Ils ont sans doute fait équipe de part les circonstances sans que sa mort ait peiné Vos.
- Les archives secrètes du Comte laissent croire que Vos et Ventress ont développé une relation... passionnelle entre eux. Ça vaut le coup de creuser de ce côté.
Et puis il y a l'autre révélation des archives du Comte. Te souviens-tu du fugace « Amiral Enigma » ?

Thodes fronça les sourcils en repensant à ce mystérieux Amiral Confédéré ayant fait les gros titres de la République, il y a plus de quatre ans. Il avait asséné des coups violents à la République avant de disparaître à tout jamais, aussi rapidement qu'il était apparu. Un mystère de plus de la CSI.

- Vos a combattu... pour la CSI ? devina Thodes
- Très temporairement apparemment. Mais j'ignore pourquoi. Quoiqu'il en soit, si Vos a déjà tenté d'éliminer Dooku, ait fait équipe avec Ventress, une ancienne Sith à laquelle il s'est attaché, puis l'a vu mourir de la main de Dooku tout ayant combattu pour la CSI à une époque, je pense que ça vaille la peine d'essayer le convaincre. Il pourrait être l'homme dont on a besoin.

Rainar regarda dans les yeux Thodes, qui lui rendit un regard incertain. Thodes n'était pas convaincu par le plan bancal et très conditionnel de Rainar.

- C'est un Jedi, continua Rainar pour convaincre Thodes de l'atout qu'il représentait.
- Ancien Jedi, corrigea Thodes.
- Cesse t-on vraiment de l'être un jour ? Il pourra atterrir sur Coruscant. Il pourra approcher le Temple, rajouta Rainar sur un ton se voulant convaincant.
- Il pourrait très bien décider de te décapiter. Ce serait un coup dur pour la CSI.
- Les Jedi ne tuent pas de sang froid.
- On parle bien du gars chargé d'une mission d'assassinat par le Conseil ? Puis tu es une cible militaire légitime. Y a trop de choses en jeu.
- C'est pour ça que j'aurais une escorte.
- Une escorte qui sera capable de neutraliser le célèbre Général Vos au besoin ? J'en doute.

Rainar lui mit une main sur son épaule, comme il avait l'habitude de le faire pour rassurer quelqu'un. C'était son truc de politicien, mais il était toujours sincère avec Thodes.

- Ton escadron n'aura que la mission d'escorte aérienne. J'ai des spécialistes qui me suivront au sol.

Au même moment, un signal sonore retentit, indiquant que quelqu'un attendait à la porte. Rainar regarda la console un moment, puis déverrouilla la porte.

- En parlant du loup...

Thodes se retourna et vit une femme rentrer dans la salle. C'était une Twi'lek, comme Mayla. Thodes était des plus étonné de voir une autre Twi'lek travailler pour la Confédération. Mais contrairement à Mayla, celle-ci était de couleur bleue terne. Ses yeux étaient de couleur violet et ses lèvres avait un hâle pâle. Son corps comme son visage étaient fins, raffinés, sveltes. On était loin de l'aspect dur, implacable et martial de Mayla. Mayla était capable d'une grande violence. Elle était impitoyable et n'était pas au-dessus de choses comme la torture ou l’exécution de gens désarmés, mais elle gardait une certaine ligne morale. Elle ne s'en prenait jamais à des innocents ou à des personnes si elle n'y était pas contrainte. Pourtant Thodes, derrière l'aspect subtil et charmeur de la Twil'ek bleue en face de lui, sentait en elle quelque chose de différent de Mayla. Une noirceur, un fond insidieux. Thodes se doutait qu'il eut en face de lui quelqu'un d'immensément plus dangereux que Mayla, qui derrière un masque de beauté et d'innocence, cachait une personnalité vicieuse et cruelle. Il ne pouvait l'expliquer, ce n'était qu'une impression. Mais Thodes était fort à ce jeu. Il avait su voir derrière le masque de Mayla. Il était convaincu de voir derrière le masque de cette femme, même si Thodes la suspectait de savoir dissimuler beaucoup de choses.

- Commandant Thodes, voici l'Agent Yuka de la division des opérations clandestines de l'OSC. C'est elle qui sera chargée de commander mon escorte et d'assurer ma sécurité.
- J'espère que vous serez à la hauteur et que vous vous rendez compte de la charge qui vous incombe, commença Thodes d'un ton dur en tendant une main comme premier contact.

Elle le jugea un instant, en tripotant le bout d'une de ses lekkus. Elle sourit d'un sourire innocent et séducteur à la fois, tout en lui serrant sa main.

- Nous vous en faites pas, commandant. Les missions sensibles et désespérées hors des territoires Séparatistes, ça me connaît.
- Cette mission n'est pas désespérée, répliqua Thodes. Et hors de question qu'elle le soit.
- Oulà, il mordrait pour votre protection, monsieur, répondit-elle en s'adressant à Rainar. C'est à lui que vous devriez confier votre vie.

Thodes écarquilla les yeux. Il pouvait se permette de parler ainsi à Rainar en privé au vu de leurs liens amicaux, mais cette femme n'était qu'une subalterne. Une arme à la disposition de Rainar. Elle ne pouvait se permettre un tel écart de révérence. Pour autant, Rainar n'eut pas l'air de s'en émouvoir et se contenta d'un sourire amusé.

- Votre équipe est prête, Yuka ? demanda Rainar pour couper les présentations.
- Oui, monsieur. Ils sont briefés et prêts à partir à votre ordre.
- Et qui est cette équipe ? demanda Thodes.
- En plus des Raiders, l'équipe au sol sera donc commandée par l'Agent Yuka. Elle sera composée de l'Agent Hidelson, et de l'Agent Doonrett, tous deux de la division des opérations clandestines de l'OSC. Et enfin elle sera complétée de deux Légionnaires. Slevz et Yorch.

Thodes fut rassuré par la présence de deux soldats de la Légion d'Honneur Confédérée. Ces soldats d'élites étaient surentraînés et totalement dévoués à Rainar. De plus, c'était deux Esseliens que Thodes connaissait. Ils étaient dans les Forces Spéciales Impériales Esseliennes, c'étaient des combattants d'élites aguerris. Ils avaient combattu aux côtés du gouvernement indépendantiste lors de l'arrivée de la Confédération sur la planète, quand Thodes avait quitté la Garde Impériale par contestation. Ils avaient par la suite mené une guérilla acharnée dans la milice nationaliste avec Thodes, pour ensuite faire jonction avec les forces Séparatistes lors de la libération. Depuis, ils avaient rejoint le Corps des Volontaires des Armées de la CSI. Après l'élection de Rainar en tant que Chef de l’État, ils avaient eu tous deux un poste dans la nouvelle Légion d'Honneur chargée de la protection du Chef de l’État.
Thodes aurait été bien plus rassuré si un officier de la Légion se chargeait de commander l'escorte plutôt que ces barbouzes de l'OSC.

- Et où va-t-on au juste ?
- Nar Shaddaa, ça vous parle ? répondit la Twi'lek avec un sourire lubrique.
- Moins qu'à vous, visiblement.
- Le chaos et l'absence de règles c'est pas votre truc, hein ? dit-elle d'une voix susurrante.

Thodes s'immobilisa un instant, en regardant Yuka. Cette femme était bel et bien redoutable. Elle lisait et décodait l'attitude de Thodes. Elle lisait en lui, même au cours d'un briefing innocent.

- En effet. La galaxie a besoin de règles claires, d'un ordre. Nar Shaddaa n'est qu'un dépotoir pour le crime, la décadence et les pires rats de la galaxie.

Yuka fût à peine touchée par les propos de Thodes et conserva un sourire amusé.

- Qu'est-ce que ce type est parti faire sur la lune des contrebandiers ? demanda Thodes. Y a pas grand chose de «Jedi » là-bas.
- Vos passait son temps à s’infiltrer dans ce genre de milieu lorsqu'il servait la République et les Jedi. C'est son univers. Et pour quelqu'un doué de la Force, la planète des joueurs peut vite devenir un paradis, répondit Rainar.
- C'est aussi une ecumenopolis. Comment le localiser là dedans ?
- On sait déjà où il est, répondit Yuka. En fait c'est mon équipe qui l'a retrouvé sur ordre du Chef de l’État. On était en poste sur Nar Shaddaa.
- M'étonne pas. Du coup si vous êtes là, qui le surveille ?
- J'ai encore des gars là-bas.
- J'espère qu'ils sont bons, il est difficile de surveiller un Jedi spécialisé de l'infiltration sans se faire avoir.
- Ils le sont, répliqua la Twi'lek. Mais tout le temps qu'on passe à discuter, c'est des risques en plus de le perdre ou qu'ils se fassent détroncher. On doit agir vite.
- Cette dame vient de donner le mot de la fin, coupa Rainar. Commandant, rappelez-vos hommes, s'adressa t-il à l'attention de Thodes. On part demain. Merci à vous deux. Rompez.

Thodes sortit de la salle, avec Yuka sur les talons.

- Vous ne m'aimez pas, hein ? dit-elle sans transition, avec un sourire espiègle.

Thodes se retourna et la considéra un moment.

- Ça n'a aucune importance, finit-il par dire d'un ton sec.
- Je ne suis pas d'accord. Cette mission peut être dangereuse. Il sera peut-être nécessaire de faire ce qui doit être fait, et dans ce cas-là, la capacité à travailler ensemble pourra déterminer de la réussite de la mission... et de la survie du Chef de l’État.
- Comme je vous l'ai dit, ça n'a aucune importance. Que vous me soyez agréable ou pas, je ferais mon devoir. Peut-être que pour les gars de l'OSC, le feeling et la confiance sont importants, mais les Raiders sont des militaires. On a juste besoin d'un ordre et d'un objectif. Le reste ne rentre pas en considération.
- J'ai entendu parler de vous, vous savez ? Les Raiders. Vous êtes un escadron de pilotes de P-38 réputé pour ses tactiques agressives et fourbes. Détruire l'ennemi au réveil avant même de le saluer. Vous êtes une bande de pilotes d'élites déterminés et loyaux à la cause séparatiste, avec la réputation de n'avoir que des victoires à votre actif. Enfin, presque que des victoires …

Sur sa dernière phrase, l'agent de l'OSC prit un rictus et observa attentivement Thodes. Ce dernier savait mettre ses sentiments de côté, mais tout au fond de lui, Thodes sentait bouillir la rage dans ses veines et une envie violente de fracasser le crâne de la Twil'ek le prit. Mais Thodes resta impassible, droit et rigide et ne laissa transparaître aucune émotion. Elle le jaugeait, il en était certain. Ce pique était voulu et précis, en référence à Coruscant. Elle cherchait à le déstabiliser pour y voir une faille, quelque chose d'exploitable. Thodes ne lui laisserait pas ce plaisir. Il avait raison de se méfier de cette femme, mais malgré qu'il ait conservé sa superbe, Thodes vit son sourire s'élargir. Elle savait ce qu'il ressentait. Son corps et son visage étaient restés de marbre, mais son regard avait dû prendre une autre lueur et Yuka était du genre à lire dans les regards. Tous les agents clandestins de l'OSC étaient des menteurs, des tueurs et des manipulateurs hors pair. Savoir lire et décrypter les expressions, comme les regards, pour savoir qui ils avaient en face d'eux était vital dans leurs missions.

- En tout cas le Chef de l’État vous tient en estime, et je comprends pourquoi. On se voit demain alors, termina t-elle en passant près de lui pour aller se perdre dans les dédales de couloirs du CCC.




La suite de cette nouvelle aventure la semaine prochaine. Ou vous retrouverez cette deuxième vague de personnages :wink:
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Messagepar L2-D2 » Jeu 19 Avr 2018 - 19:47   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Salut!

Je n'ai pas le temps de lire ton Chapitre en ce moment, mais je ne l'oublie pas! Au pire, j'en aurais deux à lire avec le suivant! :jap:
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Messagepar Clonedroïd92 » Jeu 19 Avr 2018 - 20:03   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

No problem, L2 ! :lol:
Lis quand tu peux et quand ça te chante surtout :wink:
De toute façon je vois bien au compteur de vue qui progresse chaque mercredi qu'il y a des lecteurs, c'est aussi ça qui fait plaisir. :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 25 Avr 2018 - 12:45   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

On continu notre quête de notre Jedi perdu avec ces nouveaux personnages. En vous souhaitant bonne lecture.



Chapitre 3 : Justice Séparatiste (Partie 3)







Thodes avait averti dans la foulée les Raiders de leur nouvelle affectation, et ils étaient venus dans les heures qui avaient suivi, sans l'Abnegator pour une fois. Les P-38 Rogue avaient des hyperpropulseurs capables de voyages autonomes, mais cela n'arrivait pratiquement jamais que les Raiders mènent des missions en solo, loin de leur vaisseau de ligne.
Après un rapide briefing et une très longue liste de questions, les Raiders avaient profité des joies de Sluis Van le temps d'une soirée. Et Thodes avait profité de Mayla. Cette dernière n'avait pas émis la moindre curiosité particulière après avoir su qu'une autre Twi'lek travaillait pour la CSI, mais après tout, Mayla n'avait aucun réel lien avec Ryloth et le reste de son peuple. Les Twi'leks étaient aussi dispersés que les Humains dans la galaxie, et une énorme partie d'entre eux n'avait jamais vu Ryloth. Même si la majorité devait se sentir concernée et touchée par la souffrance des Twi'leks de Ryloth lors du blocus séparatiste, des cas comme Mayla, indifférente à ce genre de chose, devait être plus monnaie courante que ne l'avait pensé Thodes.
Maintenant, les Raiders étaient dans l'hyperespace, dans ce moment où l'on ne peut qu'attendre, sans rien pouvoir faire d'autre que penser. Un moment détestable que les Raiders auraient d'ordinaire comblé par des vannes grossières et verbeuses, suivies des menaces habituelles de Mayla. Mais cette fois-ci, c'était les contestations et les grognements des Raiders que l'on entendait dans le circuit comm' fermé de l'escadron.

- Mais pourquoi l'OSC est sur l'affaire ? C'est de la diplomatie, pas une élimination de Loyalistes ! grogna Drankar.
- Je n'ai absolument pas confiance en ces cinglés, reprit Antius. Ces gars sont derrière les assassinats des syndicalistes sur Sullust. Ils ont posé des tas de bombes sur Coruscant et Kuat. Les premières victimes ciblées, c'étaient les civils.
- On est plus dans la spéculation qu'autre chose, là. Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances, tenta de tempérer Thodes sans y croire lui-même une seconde.
- Ose dire qu'ils n'auraient pas pu faire de telles choses ? le titilla Drankar.

Thodes garda le silence.

- C'est bien ce que je pensais, conclut Drankar.
- En tout cas si cette pétasse a le moindre regard ambigu sur toi, je te promets que j'ouvrirais le feu jusqu'à qu'il n'en reste plus la moindre molécule dans l'univers , lâcha Mayla d'une voix froide et particulièrement effrayante.

Thodes ignora si cette réplique était une marque d'affection et de préoccupation de Mayla envers lui, où si c'était seulement sa camaraderie radicale habituelle. Ou même si c'était uniquement sont attrait naturel pour la violence qui revenait à la charge. Dans le doute, Thodes prit la réponse qu'il lui convenait le plus.

- Heu, vous vous rendez compte qu'on s'apprête à débouler en plein territoire Hutt, sans puissance de feu, pour venir demander l'aide d'un ancien Jedi qui ne peut pas nous encadrer afin d'aller buter notre ancien patron sur la capitale de la République ? Et que le négociateur principal au milieu de la lune des contrebandiers, sera le Chef de l’État de la plus grande puissance galactique avec pour seul escorte six types ? Et vous, le seul truc qui mérite votre attention, ce sont les gars de l'OSC ? Y a que moi qui trouve que ça ressemble drôlement à une idée de merde ? intervint Rial.
- Ferme là, Rial, et rendort toi, le coupa Kaylin.
- Il a raison, c'est carrément une idée de merde, l'appuya Zi'rel.
- Ah, merci ! Voilà ! Content de voir que quelqu'un se rend compte qu'on va tous y rester pour des conneries sans nom, s'exclama Rial.
- Mais qu'on l'abatte... souffla Kaylin.

Un bip résonna sur le tableau de bord de Thodes lui indiquant qu'ils arrivaient à destination. Il balaya de ses pensées les remarques de Rial sur la nature de la mission et se concentra sur leur objectif.

- Rial, arrête de pleurer. Kaylin, n'abat pas Rial et Zi'rel... reste comme t'es, ne change rien.
- Moi aussi j'vous aime, Commandant, répliqua Zi'rel amusé.
- Allez les Raiders, sortie de l'hyperespace et début de la reco de secteur avant l'arrivée du VIP.

Les sept P-38 quittèrent l'hyperespace à bonne distance de la lune des contrebandiers qui brillait de mille feu. Les auréoles chaotiques de lumières à sa surface étaient liés par des chaînes infinies de vaisseaux qui approchaient ou quittaient la lune. C'était magnifique.
Thodes et les autres mirent leurs senseurs en état d'alerte maximum pour détecter les éventuels chasseurs venant à leur rencontre mais personne ne vint.

- Comme on pouvait s'en douter, les branleurs des autorités Hutts ne regardent pas quels sont les vaisseaux qui arrivent ou qui partent. Même s'il s'agit de sept chasseurs Séparatistes, constata Antius.
- A moins d'arriver avec une flotte d'invasion, je suis même sûr qu'on aurait pu glisser un destroyer Providence et qu'ils n'auraient rien capté, ricana Thodes.
- Pourquoi ne pas le faire alors ? demanda Rial. Ce serait pas du luxe.
- 'Pas moi qui fais le planning, répliqua Thodes. En position pour la sortie du VIP.

Mais Thodes ne pouvait ignorer les remarques de Rial. Il avait raison, cette mission était déraisonnablement risquée. Les Hutts et les Séparatistes étaient loin d'être les meilleurs amis du monde. Avec l'influence grandissante des Séparatistes dans la Bordure Extérieure, les Hutts s'étaient sentis menacés en voyant la CSI marcher sur leurs plates bandes. Mais comme toujours lors d'un conflit galactique, les limaces avaient adopté la neutralité, jouant sur les deux bords, pour s'enrichir et afin d'avoir leurs entrées avec le vainqueur de la guerre. Mais cette neutralité avait été bien vite mise en péril lorsqu'un Hutt, Ziro, à la grande surprise de tout le monde, avait fait affaire avec les Séparatistes. Enfin, avec Dooku surtout. En échange d'un accès aux routes dans l'espace Hutt, Dooku captura le fils du rival de Ziro, Jabba, afin de faire plier ce dernier à la volonté de Ziro. Une sorte de coup d’État Hutt en faveur des Séparatistes. Mais les conséquences avaient été catastrophiques. Jabba avait fait appel aux Jedi et à la République pour retrouver son fils. Au final, Ziro avait été mis hors-course, et Jabba, et les Hutts en général, avaient fait un accord avec la République. Leurs ennemis avaient pu profiter librement des voies de navigation des Hutts, de leurs mondes et de leurs ressources pour installer des bases, des stations d'écoutes et des chantiers navals. L'accès à ces routes avait permis à la République de s'enraciner dans la Bordure Extérieure puis le siège des mondes Séparatistes, empêchant toute avancée significative vers le Noyau et faisant s'éterniser le conflit. Thodes ne put s'empêcher de penser que tout cela avait été prévu par Dooku et Palpatine dans le but d'ancrer les bases de leur futur Empire dans la Bordure Extérieure. Les Séparatistes n'étaient pas censés remporter quoique ce soit là-dedans.
Ce siège avait mis les Séparatistes dans une position intenable au sein de leur propre zone de confort : la Bordure Extérieure. Mais le coût en vies était bien pire. En dehors de la cadence astronomique des pertes Loyalistes, dont l’espérance de vie durant le siège était de trois jours en moyenne, et des quelques rares organiques de la CSI à l'époque, les pertes civiles avaient été inimaginables. Saleucami avait subi pas loin de cinq génocides et sa population avait été décimée de plus de 50%. Mon Cala pleurait une véritable guerre civile ayant donné lieu à une fracture de la société et des purifications se chiffrant en millions. Garqi avait été bombardée massivement par la flotte Loyaliste et, outre les millions de morts dus aux combats et aux bombardements, la destruction des réserves agricoles, seul moyen de subsistance pour la planète, avait condamné encore plus de monde Séparatistes à la famine. Et des exemples de ce genre étaient légions. Lorsque Rainar était monté au pouvoir et après avoir réussi à bouter la République hors de la Bordure après la chute d'Eriadu, il était particulièrement désireux de punir les Hutts pour leur soutien envers la République, et leur responsabilité indirecte dans ces massacres. Sans la flotte de la République pour les protéger, les Hutts étaient vulnérables. La Marine Confédérée avait pris position autour de Tatooine et de Nal Hutta. Pour Tatooine, une cinquantaine de frappes lourdes avaient été ordonnées contre le Palais de Jabba tuant la majorité des habitants, dont Jabba. Des droïdes commandos étaient descendus pour achever les survivants.
Pour Nal Hutta, les choses étaient bien pires. La flotte Séparatiste avait bloqué la planète et les chasseurs avaient abattu tous les vaisseaux quittant le monde sans distinctions. Puis les destroyers avaient fait usage de leurs turbolasers lourds pour détruire la totalité des palais Hutt et leurs autres résidences sur la planète. Tous les membres du Grand Conseil Hutt avaient perdu la vie dans ces bombardements. Pour finir le travail et faire bonne figure, la flotte Séparatiste avait réduit Bilbousa, la capitale Hutt, en cendres et réduit sa population à néant, envoyant un message très clair à la pègre galactique quant à leur alignement dans le conflit, et les conséquences de celui-ci.
De facto, les Hutts de Tatooine et de Nal Hutta étant hors-course, c'était les Hutts de la lune des contrebandiers qui avaient récupéré la direction du Cartel. Rainar et les Séparatistes étaient des gens raisonnables. Faire la guerre de manière totale et irrémédiable aux Hutts n'étaient dans l'intérêt de personne. Ni des Hutts, ni des Séparatistes. Faire la guerre aux Hutts serait un travail à plein temps, et la CSI ne pouvait gérer deux guerres de front. Il y avait des priorités, et la priorité restait la République. Le message était passé et justice avait été rendue pour tous les innocents de la Bordure Extérieure massacrés à cause de l'alliance Hutts-Loyalistes. Les Hutts de Nar Shaddaa, sentant le vent tourner et sans protection, avaient signé un nouveau traité où le Cartel et la Confédération des Systèmes Indépendants devint alliés. Le Cartel promettait de laisser libre accès à leurs routes au nouveau maître de la Bordure Extérieure, en échange de quoi, les Séparatistes laisseraient vivre librement les Hutts et ne s'opposeraient pas à leurs activités au sein de l'espace Hutt. Mais malgré cette paix de bonne volonté, Thodes n'avait vraiment pas envie de savoir comment les Hutts accueilleraient la nouvelle que l'homme responsable de leur humiliation et du massacre de Nal Hutta était sans défense, ou presque, sur la lune des contrebandiers.

- Leader Raiders pour Alpha 1, dispositif d'appui en place. Zone verte. Secteur sécurisé pour approche.
- Ici, Alpha 1, bien reçu. Dernier saut engagé. Sortie d'hyperespace dans trente secondes.

Un transport Gozanti aux allures « civil » sortit d'hyperespace. Bien que d'apparence inoffensive, le transport disposait de puissants boucliers de niveau militaire et des turbolasers moyens rétractables cachés sous sa coque. C'était l'un des nombreux vaisseaux de l'OSC, modifié pour ses opérations.

- Ici le contrôle des flux de l'Autorité Hutt de Nar Shaddaa. Vous entamez une phase d'approche. Déclarez identité et chargement immédiatement, annonça une voix grognarde.
- Je m'en occupe, annonça Mayla au reste de la formation Séparatiste. J'avais l'habitude de gérer ce genre d'abruti, avant.
- Pauvre gars, commenta Antius.
- Ici l'escorte de transport Joyau Nebula, qu'est-ce que ça peut vous foutre de connaître notre identité et notre chargement ? gueula Mayla dans le circuit comm' pour la planète.
- Quoi ? Ma belle, tu vas te calmer où les Hutts te calmeront eux-mêmes !
- C'est pas aux limaces que je m'adresse ! J'ai envoyé un code pour un dépôt de vaisseaux. On va dans le secteur 37-B privé du spatioport Mezenti ! Nos codes viennent d'un « particulier » de la lune et ils sont valables ! On te demande pas à rentrer dans le spatioport des Hutts, alors va bien te faire te faire bouffer la croupe de Bantha avec tes questions ! Ça te regarde pas ce qu'on transporte !

Un silence s'établit un instant sur le canal. Thodes était livide. L'Autorité n'allait jamais accepter de se faire parler sur ce ton. Mayla allait tous les tuer. Il s'attendait à voir débarquer des chasseurs pour les pulvériser, mais à la place la voix grognarde et remontée résonna dans son chasseur.

- Autorisation accordée, mais vous devriez surveiller vos paroles si vous ne voulez pas disparaître prématurément sur la lune …
- Ce sont des menaces ? M'en fout de ton autorisation, je pose le vaisseau sur un emplacement privé. Par contre je te conseille de surveiller derrière toi. Je pourrais bien te fumer à l'occasion.
- Ouais, fais la queue et prend un ticket !

Sur ces dernières menaces, grognements et insultes, les voix se turent et les vaisseaux purent commencer leur descente sur la planète.

- En voilà une autre qui connaît bien Nar Shaddaa, résonna la voix taquine et insupportable de Yuka. Vous avez parfaitement bien géré la situation.
- Géré ? J'ai cru qu'on était tous morts ! s'exclama Kaylin.
- Elle était dans son droit. Sur Nar Shaddaa, si vous ne défendez pas vos droits par la force, vous vous faite broyer, répondit d'un ton sinistre la Twi'lek de l'OSC.

Rapidement, les lumières se matérialisèrent en tours immenses de formes anarchiques et chaotiques s'étendant dans tous les sens. Les vapeurs brunâtres et puantes se marièrent aux enseignes lumineuses outrancières et vulgaires. Tout respirait la luxure, la décadence et l'anarchie. La structure architecturale ordonnée et créative d'Esseles ou le calme raffiné de Raxus lui manquèrent tout d'un coup.
Après avoir esquivé une dizaine de véhicules hasardeux fonçant dans toutes les directions, ne respectant nullement les couloirs de circulations, qui n'existaient tout simplement pas d'ailleurs, les chasseurs et le transport se posèrent dans le hangar qui leur était dédié. Cet emplacement avait été privatisé par un contact de Yuka pour l'occasion, mais était accolé au spatioport Mezenti sous contrôle des Hutts. Légalement, Thodes se demandait comment on pouvait privatiser de tous droits et contrôle une partie d'un spatioport, mais il se ravisa en comprenant que le sens de « légal » ici était bien différent du reste de la galaxie. Les crédits devaient être les seuls textes légaux ayant cours sur Nar Shaddaa.

Une fois au sol, Thodes sortit de son chasseur. Yuka sortit du transport avec Hidelson et Doonrett sur les talons. Les Légionnaires et Rainar étaient restés à l'intérieur du transport.
Hidelson était un humain de grande taille, solide, à la peau noire. Il possédait un œil cybernétique de même qu'une partie de sa mâchoire laissant penser à un ancien traumatisme violent. Le reste de sa mâchoire valide était couverte d'une barbe grisonnante. Son regard laissait y voir une violence et une dureté inouïe mais aussi une certaine tristesse. Thodes se demandait ce qu'il avait pu bien vivre autrefois pour devenir ainsi.
Doonrett, quant à lui, était un Phindien vert de plus petite taille aux membres longs et fins. Son énorme crâne remontant à l'arrière, était flanqué d'un visage armé d'un sourire glauque aux dents pointues. Ses petits yeux jaunes étaient à la fois farceurs et terrifiants. Thodes ne put s'empêcher de penser que, dans un groupe de barbouzes, ce type avait sans doute le rôle du tortionnaire.

En face d'eux, un Epicanthix, au teint blafard avec un trench coat en cuir et deux blasters lourds à la ceinture, les attendait. Il était flanqué d'un autre individu avec une capuche, un trench coat noir lui aussi et un masque de combat intégral noir faisant penser à une mouche stylisée. Il portait un fusil blaster lourd à répétition.
Thodes ordonna à ses pilotes de rester dans leur cockpit tout en approchant l'Epicanthix avec Yuka et les agents de l'OSC.

- Rida, c'est quoi ça ? demanda t-il d'un ton anxieux en désignant les P-38 de classe Rogue et Thodes dans sa combinaison de vol. Depuis quand t'es en chevilles avec les Seps ?
- Ça te pose problème, « Gonk » ? T'as reçu le paiement comme convenu, alors qu'est-ce que ça peut faire ? répliqua d'un ton lassé Yuka.
- Ce que ça peut faire ? répéta ulcéré le surnommé « Gonk ». Rida, j'sui prêt à beaucoup de choses pour tes beaux yeux et tes crédits. Mais pas impliquer la Confédération !

Il regarda un instant Thodes dans sa tenue de pilote Séparatiste. Ce dernier resserra ses doigts sur le E-5 qu'il tenait en main au cas où le presque-humain eut envie de jouer avec ses blasters lourds.

- Si les Hutts savent que j'ai aidé à préparer une invasion de la CSI, je suis foutu dans toute la Bordure, et même au-delà !

Yuka se crispa. Elle en avait assez.

- Détends-toi, Gonk. Ils viennent envahir personne. Ce sont juste des clients qui viennent faire affaire sur la lune. Ils font ce qu'ils ont à faire et ils repartent. Y a pas de lézards. Maintenant, tire-toi. Moins t'en sais, plus tu peux nier en cas de questions.
- J'en sais déjà trop, Rida ! Bordel, je savais que tu bossais avec des types dangereux, mais là tu fais vraiment l'intermédiaire pour n'importe qui. Les Séparatistes... non, mais on va où là ?
- Du moment que la paye tombe, tu sais …

L'Epicanthix fit un dernier geste de la main, comme pour abandonner et quitta le hangar désert avec son associé.

- La vache, il n'a même pas supposé une seule seconde que vous puissiez bosser avec nous, fit Thodes quand ils furent hors de vue.
- J'ai bien préparé le terrain. Croyez-le ou non, mais quand on me voit, on ne pense pas que je sois une fervente militante anti-République politisée.
- Tu m'étonnes, souffla Thodes pour lui-même. Et pourquoi « Rida » ?
- Ça fait « nom de bimbo ». Ça collait bien au rôle de mon personnage.

Thodes s'arrêta et bloqua deux secondes.

- Et pourquoi « Gonk » ?
- Y a plusieurs versions. Certaines disent que c'est son vrai nom parce qu'il était pas désiré par ses parents. Moi, je pense plutôt que c'est dû au fait qu'il est pratique, pataud, agaçant et l'air d'un parfait crétin.
- Ça se tient.

Thodes fit signe à son escadron et les Raiders commencèrent à rallumer leurs moteurs pour décoller. Ils serviraient de soutien aérien en cas d'un très probable pépin dans cette opération bancale.

- Vous devriez vous changer, fit Yuka. La combi' bleue et le casque intégral au sceau de la CSI, ça va pas passer inaperçu sur la promenade.

Thodes acquiesça et retourna à son chasseur pour troquer sa tenue de vol avec une tenue civile composée d'un pantalon de pilote gris, d'un manteau en blizz noir pratique où il pouvait cacher ses munitions, son comlink et ses gadgets. Il planqua un blaster SE-14, pistolet réglementaire séparatiste, dans un holster discret dissimulé dans le creux de ses reins sous son manteau. Il garda en main le E-5.

- Vous pouvez sortir, Monsieur, annonça Yuka dans son comlink.

Rainar sortit, habillé en civil lambda, escorté des deux légionnaires Esseliens lourdement armés eux aussi.

- Bon, on va pouvoir y aller, fit Rainar avec le sourire aux lèvres. Vous en avez un pour moi, commandant ? dit-il avec un clin d’œil à l'adresse de Thodes.

Thodes lui rendit son sourire, et attrapa un autre fusil E-5 dans son cockpit qu'il balança à Rainar. Ce dernier l'attrapa au vol et vérifia que l'arme était correctement armée et approvisionnée.

- Hey ! commença à répliquer Yorch, l'un des Légionnaires. C'était pas prévu au programme, ça !
- Du calme, Donny, fit Rainar en mettant une main sur la poitrine de son garde. Il a pris ce fusil sur mes ordres. Je savais que vous alliez me faire un speech sur la sécurité, alors j'ai préféré... esquiver.
- Vous pensez que c'est judicieux, Monsieur ? demanda Yuka.
- Ma chère amie, sachez qu'avant d'être ce Sénateur beau et fringant, j'étais un militaire et un résistant sur ma planète. J'ai passé pas mal de temps à manipuler des flingues et à dessouder des gens. Donc si ça part en vrille sur ce dépotoir, j'aime autant avoir une arme avec moi.
- Perso, ça me va, Yuka, fit Hidelson. Si on va au charbon, j'aime autant que le Chef de l’État puisse se défendre sans qu'on ait à le materner en plein combat.
- C'est moi qui vous maternerais Hidelson, répliqua Rainar toujours avec son sourire. Allez fin de l'histoire, on a un Jedi à recruter.

Yuka, Hidelson et Doonrett étaient montés dans le speeder de tête. Ils connaissaient Nar Shaddaa comme leur poche et pouvaient rejoindre le lieu où Vos avait été aperçu pour la dernière fois.
Thodes et Rainar étaient dans le speeder de queue avec Yorch et Slevz. Thodes pilotait le speeder bien entendu. Et il fallait au moins un pilote vétéran de chasseur stellaire pour pouvoir manœuvrer sans accident mortel entre la circulation, les immeubles et les niveaux de Nar Shaddaa. Rien que sur le trajet, Thodes vit trois accidents dont les personnes impliquées étaient, sans le moindre doute, toutes mortes. Et tout le monde avait l'air d'en avoir strictement rien à faire.

Thodes finit par garer son speeder derrière celui des agents Séparatistes. Ils avaient finit par atterrir sur une rue piétonne, à des dizaines de niveaux en dessous de la surface. Les enseignes brillaient toujours , mais d'une lueur terne, obstruées par les dépôts de graisses toxiques issues de l'activité de la surface. Les Séparatistes marchèrent sur une place aux lumières bleuâtres avec des holo-arbres ici et là. Thodes était persuadé que personne ici ne savait à quoi ressemblait un véritable arbre. L'endroit était désert à part quelques clochards, à moitié morts, avachis contre un mur, ou des rôdeurs tournant comme à la recherche d'une occupation. Ou d'une personne à agresser.
Dans les épais murs constituant la partie gauche de l'imposante place, une ruelle en arc de cercle se dessinait. Dans cette ruelle peu éclairée, avec de faibles éclats jaunes de lampadaires, une enseigne rouge bordée d'or annonçait « Chez Lydie. Export et bazar ». Thodes se disait que ce « commerce » était la définition de « louche » dans le dictionnaire, mais sur la lune, chercher un commerce honnête serait la définition de louche.

Yuka s'arrêta et mit sa main sur son implant auditif amovible qui recouvrait sa « corne » auditive gauche.

- C'est ici ?

Elle attendit une réponse.

- Ok, garde le visu sur le secteur. On va voir ça.
- A qui parliez-vous ? demanda Rainar.
- A mon agent. Celui qui a pisté Vos tout ce temps sur Nar Shaddaa. Il l'a perdu ici, à peine quelques minutes avant qu'on arrive. Mais Vos n'avait pas l'air de se savoir débusqué sans quoi il s'en serrait pris à lui pour savoir qui le pistait. Vos est paranoïaque. Il fait des évasions quotidiennement par mesure de sécurité. Cette fois ça a marché.
- Génial, grommela Slevz. C'est quoi la suite ?
- La suite, c'est qu'on va interroger les tenants de ce commerce. Je m'en charge avec Doonrett et Hidelson. On a l'habitude d'y faire avec les gens du coin. Les militaires vous restez dehors. A trois vous pourrez établir un périmètre de sécurité autour du Chef de l’État. Et mon agent vous couvre depuis sa cache.
- Où est-il ? demanda Yorch.
- Pas loin. C'est son boulot de ne pas se faire voir, rajouta t-elle avec un sourire.

Yuka se dirigea vers la porte d'entrée, avec l'homme défiguré et le Phindien.

- Je vais avec eux, fit Thodes.
- Tu ne fais pas confiance à Yuka ? lui demanda Rainar.
- Bien sûr que non. C'est de notre sécurité dont il dépend. Je veux un œil autre que ceux de l'OSC pour voir ce qui se dit et se fait durant cette opération.

Voyant qu'il était des plus déterminé, Rainar acquiesça de la tête.

- Vous pouvez gérer avec un de moins ? demanda par acquit de conscience Thodes aux Légionnaires.
- On devrait pouvoir se passer d'un pilote. Mais si on a besoin, on hurlera, fit Yorch.

Il l'avait dit sur le ton de la plaisanterie. Yorch et Slevz connaissaient le passé de Thodes dans la Garde Impérial Esselienne puis dans la milice nationaliste. C'était aussi un soldat compétent.

Thodes poussa la porte battante, juste après que Hidelson soit rentré. Yuka et Doonrett se retourna, surpris. Puis la Twi'lek roula des yeux en signe d'abandon et se reconcentra sur le commerçant Trandoshan bedonnant qui lui fit face.
Thodes remarqua que Hidelson restait en retrait et avait verrouillé la porte. Doonrett se tenait légèrement derrière Yuka, face à la porte discrète donnant derrière le comptoir où se trouvait un Humain adolescent d'à peine dix-sept ans et une femme Humaine blonde, sur la cinquantaine. Sûrement la fameuse « Lydie ». Il s'agissait d'une triangulation d'approche. Bien que les expressions étaient détendues et les mains loin des holsters, les agents de l'OSC étaient prêts à se battre.

- Bonjour, monsieur. Je viens vous voir pour vous poser quelques questions, commença Yuka avec son ton le plus innocent. Thodes lui-même se serait laissé berner. Elle paraissait si fragile et polie, ainsi.
- Pas pour acheter du coup, hein ? répondit le Trandoshan.
- Voilà, j'ai rencontré un homme au Piment Hyperdrive, un petit bar sympa...
- Un ramassis d'ordures, coupa sèchement le Trandoshan, une main sur la hanche en écoutant la Twi'lek.
- Oui... oui vous avez sans doute raison, dit elle en baissant les yeux avec un petit sourire gêné. Je ne le savais pas au début. J'ai rencontré cet homme. Il s’intéressait à moi. Il voulait savoir pourquoi j'avais atterri ici. Il semblait m'écouter, ce qui est rare... enfin vous devez vous en ficher.
- Si ça déboule pas sur des crédits, totalement.
- Bref, on a sympathisé et … en se.. fricotant, il m'a dérobé une gourmette en or. Pas de l'or extra, mais j'y tenais. Elle appartenait à ma mère quand on est … arrivés ici, pour... travailler. Elle représente beaucoup pour moi. Vous l'aurez t-il vendu à tout hasard ?

Le Trandoshan plissa les yeux.

- Comment le saurais-je ? Vous ne m'avez même dit qui était cet homme.
- Oh oui, pardon... fit la Twi'lek en perdant son sang froid. Elle semblait chercher ses mots et ses yeux allaient dans tous les recoins de la pièce. Il s'appelle Quinlan Vos. Enfin, je crois. Des connaissances m'ont dit l'avoir vu rentrer ici il y a peu.

Elle pointa du doigt le Phindien.

- Il vient juste de partir. Il est peut-être un habitué ? Vous le connaissez ? Vous savez où je peux le trouver ?
- Je connais Vos. C'est un escroc, oui, mais je le vois mal escroquer une jeune fille frêle comme vous. Et non, il ne m'a rien vendu qui ressemble à une gourmette en or.
- Moi aussi je le voyais mal faire ça, répliqua t-elle en s'agaçant mais sur un ton implorant. C'est pour ça que ça a si bien marché, rajouta t-elle avec un sourire gêné, une nouvelle fois.
- Désolé, je ne sais pas où il crèche ni où vous pouvez le trouver.
- Je comprends, c'est un client régulier, vous le connaissez bien. Mais voyez-vous, je tiens VRAIMENT à cette gourmette.

Elle mit une poignée de crédits sur la table.

- Prenez-les mais je veux savoir où le trouver en échange. Promis, il ne saura pas que l'info vient de vous.

Trandoshan regarda une seconde les crédits, puis le Phindian et l'Humain toujours aussi impassibles et détendus.
Sa main griffue pleine d'écailles jaunâtres, aux même tons que la ruelle, s'empara des crédits.

- Ok, mais ça ne vient pas de moi. Il réside régulièrement à l'entrepôt condamné dont la porte donne dans le vide, sur les docks abandonnés du niveau -42. Pas de rampe, pas d'ascenseur. Juste une porte condamnée blindée donnant sur huit mètres de vide. On ne peut pas y rentrer sans abandonner un speeder à chaque fois. Je ne sais pas comment il fait, mais c'est ce qui garantit sa tranquillité.
- Oh merci ! Vraiment mille fois merci ! On en a terminé.

Sans crier gare, où même sans changer le ton de sa voix, Yuka sortit son blaster de son holster de cuisse et tira une balle en pleine tête du Trandoshan. Lydie et le jeune adolescent eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait, que le Phindien avait aussi dégainé et fait un trou fumant dans leur poitrine à chacun.











La suite de la quête la semaine pro ! :jap: Bonne
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Messagepar L2-D2 » Sam 28 Avr 2018 - 15:17   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Lus!

Quinlan Vos! :love:

Excellente idée! Se baser sur le roman (foireux) Sombre Apprenti pour l'exploiter et poursuivre ton intrigue, c'est très bien trouvé! L'idée de lancer la CSI aux trousses de Dooku se justifie. J'ai hâte de lire la suite! :oui:
"Bonjour. J'apprécie ce câlin, moi aussi. Câlin câlin câlin. Un câlin, c'est comme de la violence faite d'amour." Monsieur Os

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Messagepar Clonedroïd92 » Lun 30 Avr 2018 - 9:21   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Ah j'avais pour ma part beaucoup aimé ce roman ! :transpire:

Effectivemment on est dans le spoil complet de Sombre Apprenti. D'ailleurs, à tous les eventuels lecteurs ayant rattrappé le fil, pour eviter les eventuels spoils de romans canons, vous trouverez les oeuvres exploitées pour ma fic avec le niveau de spoil lors du tout premier post. Pour eviter les mauvaises surprises ...

A mercredi pour la suite les gens !
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Messagepar Clonedroïd92 » Mer 02 Mai 2018 - 16:02   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession [Chap 3,P4

La suite ! Notre psychopathe de Yuka venait de tuer de pauvres marchands après avoir trouvé Vos. :sournois:
Bonne lecture !





Chapitre 3 : Justice Séparatiste (Partie 4)








- Hey, mais vous n'êtes pas bien ! cria Thodes en ouvrant les bras. 
- On procède. Go, commanda t-elle sur un ton sec et froid. La tueuse professionnelle avait repris le dessus.

Doonrett tira plusieurs coups de blasters dans les objets sur les étagères, derrière les cadavres, puis visa méticuleusement les corps de la femme et de jeune garçon pour faire des impacts hasardeux sur eux, comme pour imiter des tirs précipités. Hidelson passa derrière le comptoir et fit le tour de la boutique.

- RAS, personne d'autre, finit-il par dire.
- Cinq minutes, annonça Yuka.

Les agents de l'OSC retournèrent la boutique et prirent le contenu de la caisse et les crédits dans la main congestionnée du Trandoshan mort.

- Mais vous faites quoi ? demanda Thodes.
- Faut que ça ait l'air d'un énième braquage violent. Il sont arrivés, ils ont mitraillé, puis piqué la caisse. Fait à l'arrache, salement, précipité... bref au style Nar Shaddaa, répondit Yuka. Comme ça, si Vos entend parler de ce qui s'est passé ici, il ne fera pas le lien avec lui.
- Qu'est ce qui se passe ici !?

C'était Yorch, rentré avec son blaster lourd DC-17m, pointant les individus encore vivants dans le magasin.

- Je réitère la question de Donny, dit d'un ton grave la voix de Rainar derrière lui. Que s'est-il passé ici, par la Force ?
- Ces fous furieux ont abattu de sang froids ces deux commerçants et ce gamin alors qu'on avait nos infos ! On sait où est Vos ! répondit outré Thodes.
- C'est vrai ? fit Rainar à Yuka.
- Pas exactement. Ces « commerçants » étaient des escrocs amoraux qui nous auraient vendu pour une poignée de crédits comme ils ont vendu Vos. On ne pouvait pas prendre ce risque. S'ils avaient un contact avec Vos, ils l'auraient prévenu et il nous aurait filé entre les doigts. Ou pire, pris l'avantage sur nous. La mission et notre sécurité passe avant tout. Maintenant, le problème de sécurité est réglé.
- Il y avait un gamin, dans votre « problème de sécurité ».

Thodes était tout proche du visage froid et impassible de Yuka.

- Oh, un pauvre garçon est mort ? J'ai des news pour vous ! Des gamins qui meurent sur Nar Shaddaa, c'est tous les jours. C'est comme ça ici. Puis c'est pas comme si les Raiders n'avaient pas participé à des batailles où les victimes civiles ont été légions. C'était bien, Eriadu ?
- Il y a des dégâts collatéraux dans une guerre ! fit-il les dents serrées. C'est ainsi. Mais à moins d'y être obligé ou de recevoir un ordre de dernier recours, je suis un soldat. Je ne cible pas des civils si je peux l'éviter. Vous confondez guerre et crimes.
- Ce n'est pas moi qui confonds, commandant. Cette guerre n'est qu'une succession de crimes depuis qu'elle a commencé. Et comme vous l'avez dit, on ne peut pas éviter les dégâts collatéraux.

Elle pointa les cadavres.

- Ils menaçaient la mission. On a dû les abattre. Dégâts collatéraux.
- Vous aviez prévu de les abattre depuis le début.
- Je fais le sale boulot qui doit être fait pour que notre cause l'emporte. Le boulot que vous êtes incapables de faire. Blâmez-moi si ça soulage votre conscience, commandant. J'ai l'habitude. Mais n'entravez pas la mission.
- Ça suffit ! s'exclama Rainar. Ça suffit. Commandant, l'Agent Yuka à raison. On doit faire ce qui doit être fait, et on ne peut pas revenir sur ce qui a été fait ici.

Yuka prit un sourire cruel en regardant Thodes.

- Mais, Agent Yuka, je vais être clair. Vous avez peut-être l'habitude de prendre des libertés avec la morale lors de vos missions en autonomie, mais, bien que je vous ai laissé gérer le volet opérationnel de la mission, je demeure le Chef de l’État de la Confédération des Systèmes Indépendants. Vos méthodes n'ont pas lieu d'être sans mon aval sur ma mission. Avec moi on ne tue que si on est attaqué ou si le choix ne nous est pas offert. Vous me consulterez systématiquement avant chaque idée de ce genre. Et vous n'agirez pas sans mon accord, sans quoi je vous promets que vous et vos équipiers finirez devant une cour martiale où vous serez traités comme des criminels de guerre. Ce sera mon seul avertissement. Me suis-je bien fait comprendre ?

Yuka posa un regard surpris sur Rainar. Elle fut estomaquée de la soufflante verbale et du fait que, pour la première fois depuis longtemps, son action rentrait dans un moule hiérarchique, avec des ordres et une chaîne à respecter.
Ce fut Thodes qui se mit à sourire, tandis que Yuka le regarda d'un air emplit de haine.

- Bienvenue dans l'armée, lui souffla t-il.

Sans un autre mot, toute la troupe reprit leurs speeders et partit au niveau -42 sur les docks abandonnés. Au niveau d'une série de passerelles, légèrement cachée par des brouillards polluants, une porte incrustée dans un mur se dessinait à environ huit mètres de hauteur. Il devait y avoir eu une passerelle menant à celle-ci à une certaine époque, mais il n'y en avait plus aucune trace.

- Comment on procède, Monsieur ? demanda Yuka à Rainar.
- Vous préconisez quoi, Agent Yuka ? répondit l'intéressé.
- On fait péter la porte ?
- Votre agent nous suit-il toujours ? demanda Yorch.
- Affirmatif, pourquoi ?
- Il devrait s'assurer que la ou les pièces derrières cette porte ne débouchent pas sur des fenêtres derrière la bâtisse. Si vous voulez faire péter cette porte, ou pas d'ailleurs, il faut couvrir les arrières.
- Donny à raison, trancha Rainar. Mettez votre mystérieux observateur en poste derrière. Et quand il sera en position, on passe à l'action. Mais on ne fait péter aucune porte. On va tenter de lui faire ouvrir cette porte tranquillement. On vient pour négocier, pas pour le neutraliser.

Les trois agents de l'OSC se retournèrent en même temps vers Rainar avec de grands yeux.

- Monsieur, sauf votre respect, il s'agit d'un Jedi. Et pas du plus pacifique d'entre eux. Si on se met devant son juda, il va se sentir menacé, personne n'est censé savoir qu'il vit là. Il va massacrer celui qui se présentera à la porte.
- Et en la faisant exploser, c'est sûr qu'il va être détendu, hein ? On y va doucement Agent, finit par conclure Rainar. Je devrais aller toquer.
- Hors de question. Et peu importe que vous soyez le Chef de l’État, Monsieur. Si vous essayez de passer devant, je vous assomme. Ce n'est pas négociable, intervint Slevz.
- Très bien, alors qui se dévoue ? répliqua Rainar les bras ouverts.

Yuka roula des yeux.

- C'est bon j'm'en occupe.
- Vous ? Mais vous étiez favorable pour faire exploser la porte y a deux minutes, s'étonna Thodes.
- Vous savez ce qui fait un bon agent de l'OSC ? L'adaptabilité. Savoir faire avec ce qu'on a pour finir la mission. Je ne peux pas faire sauter la porte ? Ok, bougez pas, je vais nous obtenir une invitation.
- C'est entendu. Passez devant. On reste derrière. Si on doit rentrer va falloir garder nos pilotes pour tenir les speeders. Thodes, Slevz et Yorch sont des soldats entraînés. Ils restent avec moi et l'Agent Yuka chez Vos. Si on arrive à rentrer. Les Agents Doonrett et Hidelson restent en contrebas, dans les speeders, prêts à partir au besoin. Il connaissent les rues de Nar Shaddaa et seront plus efficaces en cas de fuite sûre et rapide.

Les deux intéressés s'apprêtaient à émettre des protestations, mais ces derniers préférèrent se taire. Thodes soupçonnait Rainar de vouloir dissocier Yuka de son équipe pour s'assurer de maîtriser l'entrevu avec Vos. Doonrett et Hidelson étaient des combattants plus que capables. Certes, il leur manquait la rigueur et le sens tactique des militaires, mais ils maîtrisaient les individus du coin et le terrain. Ils savaient au mieux s'adapter aux genres de complications que pouvaient entraîner un Jedi. Pour Thodes, il y avait une raison dissimulée à cette éviction.

Yuka était dans le premier speeder, avec Thodes et Hidelson aux commandes. Les Légionnaires, Rainar et Doonrett étaient derrière eux.
Yuka se mit à tambouriner de toutes ses forces dans la large porte.

- Vos ! On sait que tu es là ! Ouvre-nous ! Nous venons en amis !

Aucune réponse. Yuka tambourina de nouveau. Thodes resserra ses mains sur son E-5.

- Aller Vos !! Ouvre-nous ! Je te promets qu'on te veux aucun mal ! Regarde, je ne suis pas armé. Allez vas-y. Ouvre. On doit te parler.

Toujours pas la moindre réponse.

- Il n'ouvrira pas, finit par lâcher Hidelson.
- Je suis d'accord, fit Thodes. Je crains qu'on doive ouvrir cette porte de force.
- Rooh aller Vos !! Ils veulent faire péter la porte ! Tu peux au moins nous éviter cette peine ?

Le silence devint réellement stressant. Yuka demanda un rapport à son « homme de l'ombre » derrière la bâtisse, mais ce dernier ne vit aucun mouvement, sans réellement savoir par quelle ouverture Vos pouvait filer.

- Vos !! Si ça continue les gens vont finir par entendre que je scande ton nom devant cette porte ! Et même si tu n'ouvres jamais, ça pourrait finir aux oreilles de gens qui ne t'apprécie pas sur Nar Shaddaa. Si tu ouvres cette porte, on pourra parler sans hurler, c'est dans ton intérêt, et dans le nôtre. S'te-plaît !!

Ses derniers mots étaient sur le ton geignarde d'une petite fille suppliante. Était-ce cette dernière intonation qui avait fait ouvrir la porte ? Ou les arguments plus que valables de Yuka qui laissaient entendre que la planque de Vos allait être compromise ? En tout cas, la porte disparut et la silhouette musculeuse d'un humain au teint sombre, au regard noir et avec un sabre laser éteint en main apparu. Il examina Yuka, puis Hidelson et enfin Thodes et le speeder derrière d'un rapide coup d'oeil.

- Lui, il est armé, dit-il en désignant Thodes.
- C'était juste au cas où vous seriez mal luné, général Vos, répondit Thodes en le fixant.
- Général ? Vous êtes de la République ? demanda-t-il d'un ton anxieux.
- Pas vraiment, répondit Yuka dans un sourire. Pourrions nous entrer ?
- Juste vous, alors.
- Ça ne va pas être possible. Mis à part nos pilotes, nous devons tous rentrer.

Vos la regarda fixement en fronçant les sourcils. Ses doigts se crispèrent sur son sabre laser.

- Vos, on ne vous veut strictement aucun mal. Si c'était le cas, on vous aurait attaqué. Mais au vu de notre... situation on ne peut pas se séparer, expliqua Thodes. Ni se désarmer. S'il vous plaît ? Pouvons-nous entrer ?
- Votre situation ?
- On va tout vous expliquer, mais là nous sommes tous exposés.

Vos les regarda encore un moment et essaya tant bien que mal de voir les autres individus sur le speeder à l'arrière. Puis, sans un mot, s'écarta en les laissant rentrer. Yuka et Thodes entrèrent les premiers, suivit des Légionnaires et de Rainar, qui resta derrière, tapis dans l'ombre. La porte se referma.
Au bout d'un couloir étroit, Thodes pénétra dans une vaste pièce sans fenêtre où devait se trouver des engins de déchargement des docks et d'imposants conteneurs. Plusieurs de ces conteneurs avaient été re-utilisés pour ranger divers choses, allant des denrées aux armes et matériel informatique. La lumière de la lune rentrait via une bouche d'aération grillagée équipée d'un énorme ventilateur qui filtrait l'air, avec une efficacité douteuse, pensa Thodes. Un tapis avec une table basse se trouvaient au centre de la pièce. Un canapé confortable étaient posé contre le mur où se trouvait le ventilateur. Une station Holonet raccordée se trouvait dans le dos de Thodes et faisait face au canapé.

- Prenez tous des chaises dans le vieux conteneur derrière et expliquez-moi pourquoi vous êtes venus me pourrir l'existence jusqu'à ce trou puant ? Et vous allez me dire qui vous êtes. Si vous n'êtes pas des Renseignements de la République, bien sûr. Eux seuls seraient intéressés par ma localisation et d'y consentir autant d'effort. Ils sont revenus sur mon autorisation de vivre libre c'est ça ?
- Vous vous méprenez, répondit Rainar en sortant de l'ombre. Nous ne sommes définitivement pas des Renseignements de la République. Ce sont des gens qu'on préfère éviter, nous aussi.

Thodes n'avait pas vu Vos une seule fois surpris ou désemparé depuis leur récente rencontre. Il pensa même qu'il devait être impossible de surprendre le Jedi. Ils avaient manifestement mis la barre très haute, car Vos fut totalement abasourdi de voir le Chef de l’État de la CSI, devant lui, dans sa cache.

- Vous ? Mais vous êtes...
- Kade Rainar, Chef de l’État de la Confédération des Systèmes Indépendants, se présenta l'intéressé. Enchanté, général. Je pense que vous pouvez vous détendre, nous ne sommes pas suffisamment idiots pour vous attaquer chez vous avec le leader Séparatiste dans les rangs. Cela explique aussi pourquoi nous devions tous venir et armés. Question de sécurité. Vous comprenez, j'en suis sûr.
- Vous prenez des risques inconsidérés en venant ici. Je pourrais vous tuer, ici et maintenant. Vous êtes une cible de grande valeur, et votre Confédération est responsable de milliards de morts.
- Oh c'est la guerre plus que la CSI qui est responsable de milliards de morts. Les torts sont partagés et vous le savez très bien, sans quoi vous n'auriez pas démissionné de votre poste de général de la Grande Armée de la République. Et je doute que ce soit si inconsidéré que ça. Vous êtes un Jedi. Tuer autrui sans qu'il vous ait fait quoique ce soit n'est guère dans votre nature.
- Oh croyez-moi, on me l'a déjà demandé et j'ai accepté de le faire.
- Oui mais je suis sûr que vous savez faire la différence entre un Séparatiste de conviction et le Comte Dooku, Général. Je suis loin de représenter le mal, comme ce Sith, et vous et moi nous le savons très bien.

Pour la deuxième fois en peu de temps, Vos fut pris au dépourvu et se relâcha par la surprise. Il devait se demander comment Rainar, un homme exclut de tout le complot Sith et n'ayant aucun lien avec le cercle restreint du Conseil Jedi pouvait être au courant d'une information aussi sensible.

- Quand bien même, vous êtes sur Nar Shaddaa. Des gens comme vous tous meurent par milliers chaque jour sur cette lune et pour bien moins que ça. S'il y a le moindre badaud un peu plus calé en politique que la basse moyenne de ce taudis, vous ne pourrez pas faire dix mètres sans être mitraillés.
- On connaît Nar Shaddaa, coupa Yuka. Moi et mes agents sommes en poste ici depuis un moment. C’est comme ça qu'on a pu vous pister et vous retrouver.

Le regard de Vos se durcit puis un sourire se dessina sur son visage.

- Ah ! Je savais que j'étais suivi. Cela fait des jours que ça dure, même des semaines. Je le sentais. Mais malgré tous les pièges et mes précautions, je n'ai pas réussi à trouver les pisteurs. J'ai cru que je devenais fou.
- On est bon dans notre domaine, lui répondit Yuka en lui rendant son sourire.
- L'OSC, hein ? Y a que les rats de l'OSC qui peuvent se fondre si bien dans cette déchetterie.
- Je vais prendre ça pour un compliment.

Vos se retourna sur Rainar.

- Alors, pourquoi les services secrets séparatistes et leur grand chef prennent l'énorme risque de venir sur une lune Hutt remplie de psychopathes pour trouver un Jedi, ancien général Loyaliste ?
- Parce que nous voulons tuer le Comte Dooku, et qu'on a besoin de vous pour y parvenir.

Vos souffla et se posa sur le canapé avec lourdeur.

- Ça ne va pas recommencer, dit-il dans un soupir en se tenant d'une main le front.

Yuka prit l'initiative de s'asseoir à côté de lui et posé une main sur la sienne.

- Nous sommes au courant de ce qui s'est passé. De ce que tu as perdu. Et chacune des personnes présentes ici le comprend. Crois-le.

Elle avait dit ces mots avec une voix si douce et compatissante que Thodes fut persuadé qu'on avait encore interchangé Yuka avec une autre Twi'lek, comme chez Lydie. Mais Thodes avait aussi vu avec quelle facilité elle revenait cette tueuse implacable, une fois qu'elle avait obtenu ce qu'elle cherchait.
Vos retira vivement sa main de la sienne et lui jeta un regard des plus noirs. Le numéro de Yuka ne marchait pas avec le Jedi. Il pouvait sûrement voir clair au fond de son âme.

- Vous savez très bien que j'ai de lourds griefs contre le Comte. Mais vous ? dit-il en désignant l'assemblée. Pourquoi voulez-vous sa mort ?
- Vous vous demandez réellement pourquoi ? répondit Thodes d'un ton plus vindicatif qu'il ne l'aurait voulu. Dooku nous a tous manipulé, sans le moindre scrupule. Nous étions une alliance libre de mondes qui avaient pour but de se libérer de la République, de rendre cette galaxie meilleure. Chacun d'entre nous à ses propres raisons de se battre, mais ce sont des raisons honnêtes, entières, réelles. Nous étions prêts à sacrifier nos vies, notre honneur et notre considération pour cette cause. Et cette cause, c'est Dooku qui nous l'a insufflé. Il était notre guide, notre repère. Il a su cristalliser plus de mille ans d'injustice, de corruption, de violence et de mépris et nous a donné le courage de prendre les armes, de briser ce système pour en créer un nouveau. Nous étions prêts à mourir pour lui et plus encore, à tuer pour lui . Et tout ça pour quoi ? Pour n'être de que de vulgaires instruments entre ses mains afin de lui permettre, à lui et Palpatine, notre ennemi, de créer un Empire autoritaire où ils seraient les seuls maîtres à bord ? C'est très justement contre quoi nous nous battons chaque jour. Nous n'étions que des pions aisément sacrifiables pour leurs intérêts à eux. Dooku comptait tous nous anéantir une fois son plan réalisé. Il n'a jamais voulu la victoire de la Confédération. Il n'a jamais eu le moindre intérêt pour notre cause. Il mentait, mais chacun d'entre nous y croyait, et y croit toujours. Nous sommes de vrais Séparatistes. Les premières victimes des complots de Dooku et de sa folie des grandeurs, c'est nous. Et il est hors de question que cet enfoiré s'en sorte avec ce simulacre de justice complaisante et laxiste qu'il a pu obtenir des Jedi. Il va connaître la véritable justice. La justice Séparatiste. Seule la mort est envisageable pour un monstre comme lui.

Vos acquiesça lentement.

- Je ne doute pas que vous partagiez tous ce sentiment et que tout ce que vous venez de dire soit vrai, déclara Vos.

Puis il tourna sa tête vers Rainar.

- Mais je suis sûr qu'il y a aussi une raison plus pragmatique à cette décision, n'est-ce pas ?
- Ce qu'a dit le commandant Thodes est on peut plus vrai, Vos. Ce sentiment, nous le partageons tous chaque jour et il nous dévore. Mais je ne vais pas vous mentir. Il y a bien une raison politique qui motive ce passage à l'acte mais elle est loin d’éclipser notre besoin de justice. Elle le complète même.
- Je vous écoute.
- La Confédération a eut bien du mal à se remettre de l'épisode « Dooku » mais nous y sommes finalement parvenu. Nous avons réformé et conforté nos institutions pour faire face à la crise. Pour autant, la soudaineté du complot, son ampleur et son caractère terriblement occulte a laissé nombre de partisans séparatistes dans le doute, et ce doute se propage jusqu'au Parlement. Beaucoup refusent de croire à la culpabilité du Comte et estiment que tout ceci n'est qu'un vulgaire complot fomenté par les Jedi pour déstabiliser la CSI.
- Je vois. Et cette partie non négligeable qui dispose d'un poids politique remet donc en cause la légitimité de votre autorité et ça vous dérange. J'ai bon ? continua Vos avec le sourire lassé de l'homme qui ne connaît que trop bien le monde dans lequel il évolue.
- Vous avez en partie juste. Mais vous vous méprenez sur la nature de ma démarche. Tout ceci dépasse largement ma personne. L'ombre du Comte continue de peser sur le Parlement et à vicier le débat politique. Notre Confédération était meurtrie, j'ai réussi à recoudre ses plaies. Mais tant que nous n'éradiquerons pas le mal en profondeur, tant que l'ombre de Dooku continuera à avoir une aura néfaste sur la CSI, ces plaies peuvent se ré-ouvrir à tout moment. Le génocide généralisé, que nous appelons « guerre », et que nous vivons tous est suffisamment horrible comme ça. Les mondes de la Bordure, et maintenant des Régions d'Expansion et les mondes médians, commencent tout juste leur processus de guérison. Si de nouvelles déchirures explosent, tout ceci se transforma en apocalypse. En un bain de sang qui n'épargnera personne. C'est cela que je veux éviter. Je veux bannir Dooku de la mémoire des Séparatistes. Je veux que justice soit rendue, car tant que le Comte sera en vie, ses supporters fantasmeront sur son hypothétique et peu probable retour. Et tant que le Comte vivra, le Chef de l’État, quel qu'il soit, souffrira d'un défaut de légitimité et de reconnaissance. Et les risques pèsent sur bien plus de têtes que la seule tête du Chef de l’État. Dooku a déjà sali considérablement notre cause et notre personne en commettant des crimes de guerres monstrueux derrière notre dos et en notre nom. Je refuse qu'il détruise plus de vies et fasse plus de mal qu'il nous en a déjà fait.
- Donc vous faite ça pour la justice et pour sauver des vies ? J'ai déjà entendu ce raisonnement foireux, vous savez.
- Nous ne sommes pas les Jedi. Nous assumons nos choix. Et je vois cela comme une entreprise profitable à tous. Vous vengez la mort de celle que vous aimiez, et nous, nous sécurisons la Confédération en évitant une possible guerre civile. Et de tous cela, nous sauvons la vie de milliards de personnes, tant séparatistes que loyalistes. Pour ce dernier point, c'est un profit pour nous deux. Nous vous donnons l'occasion de sortir de cette lune et de sauver des vies, Maître Jedi. Pas de mener une guerre. Pas d'aller au front. Mais d'apporter justice à tout le monde et de sauver des vies. N'est-ce pas la raison qui motivait les Jedi avant qu'ils ne deviennent généraux militaires puis dictateurs ?

Vos prit sa tête entre ses mains, puis passa quelques minutes à réfléchir.

- Je peux prendre le temps de réfléchir ?
- Malheureusement non. Nous ne pouvons prendre le risque que vous contactiez la République ou vos anciens camarades Jedi pour les prévenir de notre projet, répondit Rainar sur un ton calme. Il nous faut une réponse sous peu. On peut vous laisser de l'air quelques minutes le temps que vous y pensiez si vous désirez.
- Et si je refuse ?
- Nous nous en irons sur le champ. Et je tâcherais de faire au mieux avec ce que j'ai, comme d'habitude. Mais nous ne pénétrerons jamais le Temple Jedi sans votre aide.
- Laissez-moi réfléchir un moment.

Thodes et les autres quittèrent le salon pour se mettre à l'autre bout de la grande pièce, près des conteneurs. Vos faisait les cents pas près de son canapé, comme en plein débat avec lui même.

- Que fait-on s'il refuse ? demanda Thodes.
- On le tue ? demanda Yuka.
- Hors de question, répondit Rainar en balayant la proposition de la main. Vos n'est plus un danger pour la CSI. Il ne combat plus pour l'ennemi. Sans parler du fait que je doute qu'on puisse le tuer vu notre effectif. C’est un Jedi, Yuka.
- J'ai déjà tué des Jedi, répondit Yuka dans un mouvement d'épaules.
- Pas des comme lui, je pense, rétorqua Yorch.
- S'il ne se joint pas à nous, pouvez-vous nous faire rentrer sur Coruscant ? demanda Rainar
- Sur la capitale, oui, dit Yuka pensive. Mais comme vous l'avez fait remarquer, Monsieur, il nous sera impossible de rentrer dans le Temple. Nous n'avons que très peu d'agents sur Coruscant, surtout depuis ces dernières années. Mais il est totalement impossible d'avoir un contact dans le Temple. Il nous faut un Jedi. Il nous faut Vos.
- Et vous me demanderez rien d'autre ? demanda la voix de Vos dans leur dos en faisant sursauter tout le monde. Pas d'engagement au sein de la CSI ? Je ne jouerais pas votre « Général Jedi » ou votre « Amiral Enigma » ?
- Rien d'autre, promit Rainar. Nous ne sommes pas la République. Nous ne demandons pas à autrui de mener nos guerres. Pour nous, la place des Jedi n'a jamais été d'être sur le champ de bataille. Vous êtes des gardiens de la paix. Pas des militaires. Rien de cette opération ne vous engagera à quoique ce soit avec la CSI. Il n'est d'ailleurs pas question d'ébruiter notre... participation... à cette acte. C'est pour cela que l'OSC existe. Le mystère planera.
- Pas pour moi.
- Je doute que la République vous en veuille si vous veniez à vous venger de votre ancien bourreau, et il n'est pas question de tuer des Jedi, ou des soldats. Pas si on peut l'éviter. En cas de besoin vous aurez un asile total sur les mondes Séparatistes évidemment. Raxus est bien plus charmante que Nar Shaddaa, croyez-moi.

Il hésita encore quelques secondes.

- Ok. Je le ferais. Je tuerais Dooku pour vous.



La suite la semaine prochaine avec le début de la mission :jap:
Modifié en dernier par Clonedroïd92 le Jeu 03 Mai 2018 - 18:24, modifié 1 fois.
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Messagepar L2-D2 » Mer 02 Mai 2018 - 16:55   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Quatrième partie du Chapitre 3 lue !

Ah ah ! Vos est dans la place, et j'ai retrouvé le personnage de Republic, ça fait plaisir ! :oui: Ses doutes sont légitimes, et j'ai apprécié de le voir ne pas être dupe des arguments de Rainar. Et la mission va donc démarrer dès le prochain Chapitre, tant mieux ! Ce sera peut-être l'occasion de (re)voir des Jedi comme Obi-Wan, Anakin, Windu ou même Yoda ! :sournois:

En tout cas, Rainar fait preuve d'autorité face à Yuka, j'ai bien aimé la relation entre la twi'lek et Thodes. Vivement la suite ! :oui:
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Messagepar Clonedroïd92 » Sam 05 Mai 2018 - 15:35   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Content que tu arrives a voir Vos. Faire retranscrire un perso qu'on a pas fait soi même est un exercice assez compliqué. Vos n'a jamais été dupe. Même si les intentions louables qui cachent les motivations politiciennes sont sinceres aussi. Cependant, Vos obéit a ses propres buts.

Ah j'esperais que Yuka plaise. Elle est venu assez subitement lorsque j'ecrivais. Comme une envie de rajouter ce personnage en un eclair. Et ce fut l'un des personnages que j'ai le plus aimé caracteriser. Et même moi je ne comprends pas vraiment Yuka :transpire: .
En esperant que son developpement ne te deçois pas. C'est clairement un perso qu'on ne pourrait pas inclure normalement dans SW. Un peu un concentré d'interdits et de provoc. Bon en fait doit bien y avoir quelques cingles de son style dans l'UE si on cherche bien.
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Messagepar Clonedroïd92 » Ven 11 Mai 2018 - 0:23   Sujet: Re: Star Wars Infinities : La Guerre de Sécession

Hey ! Désolé pour le retard, mais le travail fut très prenants en ces jours féries festifs. Mais rectifions le tir ! Voila la suite !





Chapitre 3 : Justice Séparatiste (Partie 5)








- Ok. Je le ferais. Je tuerais Dooku pour vous.
- Encore une fois, Maître Vos, nous ne demandons pas aux autres de faire nos guerres à notre place. Vous ne serez pas seul pour accomplir cette tâche. L'Agent Yuka et son équipe vous assistera.

Yuka acquiesça de la tête.

- Je vais rejoindre Doonrett et Hidelson. On va préparer notre départ.
- Il nous faut déjà trouver un moyen d'atterrir sur Coruscant, rajouta Vos. Depuis plus de trois ans, c'est une véritable forteresse, totalement sous contrôle de la GAR.
- T'en fais pas, c'est déjà vu, répondit Yuka. On sait comment atterrir. On te demande juste de trouver Dooku et le tuer. Le reste, on gère.

Puis elle disparut dans le couloir menant à la sortie.
Thodes en profita pour prendre Rainar à part.

- Kade, tu comptes laisser Vos seul avec Yuka et ses sbires ? Je dois être sur cette mission.
Vaik, reste à ta place, répondit Rainar sur un ton calme et posé. Je t'ai fait venir ici avec Slevz et Yorch car j'étais sur cette mission, et que j'avais besoin de la meilleure escorte terrestre et aérienne qu'il puisse exister. Mais je ne suis pas sur celle de Coruscant. Les expéditions clandestines en territoire ennemi sont la spécialité de l'OSC et de son ressort exclusif. Il n'y a aucune raison d'envoyer un pilote de la marine régulière là-bas. Et Yuka est bien plus douée que toi ou moi pour ce genre de mission. Il faut savoir l'accepter. C'est son univers.
- Vos ne marchera que s'il n'y a pas de dégâts collatéraux, plaida Thodes. Que s'il n'y a pas de mort, ni chez les Jedi, ni chez les soldats et encore moins chez les civils. Tu as vu comment Yuka gère les problèmes ? Elle est secrète et incontrôlable. Ça va partir en vrille.
- Ça suffit, Vaik, répondit Rainar sur un ton toujours aussi calme mais autoritaire. Je connais l'Agent Yuka depuis quelques années déjà. Certes, c'est une manipulatrice, une menteuse et un assassin sans le moindre scrupule. Mais c'est aussi un excellent élément qui connaît son métier et qui sait faire preuve d'une grande discipline dans l'accomplissement de sa mission. Elle obéit aux ordres sans poser de question et met absolument tout en œuvre pour atteindre son objectif, coûte que coûte. C'est cela sa grande force. Si pour réussir la mission, aucune personne ne doit mourir à part Dooku, je te garantis qu'elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu'aucune personne ne meurt à part Dooku.

Thodes ne contra pas Rainar, et même s'il avait voulu, celui-ci était déjà partit vers Vos. Parfois, Thodes oubliait qu'il était son supérieur et qu'il s'agissait du leader de la plus puissante organisation militaire actuelle. Et il savait le rappeler au besoin.
Thodes contacta Mayla en communication privée.

- T'es là, mon cœur ? lança t-il dans son comlink
- Mon cœur ? Non mais tu te fous de ma gueule ? T'as cru qu'on était quoi ? Un couple d'ados roucoulants ? Crétin ignare décérébré.
- Ok, ok j'ai pigé. Calme-toi, lui répondit-il, le sourire aux lèvres d'avoir réussi à la faire sortir si vite de ses gonds. Elle détestait toute la « mièvrerie » qu'il faisait autour de leur relation.
- Alors que se passe t-il ? demanda t-elle, après encore quelques insultes.
- Il marche. Vos marche. Mais c'est l'OSC qui mènera la danse en solo sur Coruscant.
- Tant mieux, comme ça y aura qu'eux qui crèveront là-bas.
- Ouais, du moment que Dooku y passe avant...
Préparez-vous. On sort avec Alpha 1 et Vos. On regagne le hangar et on se tire de cette lune de malheur. Maintenez la formation d'escorte pendant notre trajet. Antius garde le commandement jusqu'à que je vous rejoigne.
- Faites vite alors, répondit-il. Je crois que les déchets locaux commencent à trouver suspect que six chasseurs P-38 séparatistes tournent en rond dans le secteur. Je commence à le sentir mauvais, ce coup-là.
- Bien reçu. Tenez-vous prêts.

Il se dirigea vers tous les protagonistes encore présents dans la cache.

- Votre attention s'il vous plaît !
- Commandant, je dois encore régler quelques détails … commença Rainar.
- Et bien vous le ferez sur le chemin du retour, Monsieur. Mes gars me disent qu'il devient difficile de tenir la formation de protection et qu'on doit partir maintenant avant d'être exposés. Je suis chargé de votre protection aérienne, donc sauf votre respect, cette fois on obtempère sans discuter.

Il se tourna vers Slevz et Yorch en leur faisant comprendre du regard qu'ils devaient vraiment bouger. Ils acquiescèrent et se tournèrent vers Rainar.

- Entendu, soupira Rainar. Nous discuterons des derniers détails dans ma navette avant que vous montiez à bords du vaisseau de l'Agent Yuka pour Coruscant, Maître Vos.




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Vos regardait les traits du maelstrom de l'hyperespace se dessiner devant lui. Il était seul dans le cockpit du transport Gozanti modifié, les agents Séparatistes étant dans la soute en train de se préparer. Comment avait-il pu replonger là-dedans ?
Après la tentative d'assassinat ratée du Comte, il y a plus de quatre ans et la mort d'Assajj, il s'était juré de ne plus replonger dans ce genre d'expédition. Il avait promis à la seule personne qu'il n'ait jamais réellement aimé que plus jamais il ne se laisserait dompter par les ténèbres. Il ne pouvait oublier le mal qu'il avait fait. En tant qu' « Amiral Enigma » bien sûr, mais aussi en tant que lui-même. Il ne pouvait oublier les soldats clones qu'il avait tué, comme il ne pouvait pas oublier son meilleur ami Desh, mort par sa faute. Chaque jour, cela le hantait. Et il ne pouvait pas, bien sûr, oublier Assajj. Son regard horrifié et effrayé lorsqu'il avait tenté de la tuer sur Serenno. Et sa douleur lorsqu'elle avait senti les ténèbres en lui alors que tous les Jedi étaient restés dupe de sa tromperie. Cela lui rappelait ce qu'il avait fait. Lui servait d'avertissement. Ses actes, ses décisions lui avait arraché tout ce qu'il avait de plus cher. Son meilleur ami. Son âme sœur. S'il n'avait pas voulu démasquer tout le complot Sith, s'il l'avait écouté lorsqu'elle lui avait demandé de s'enfuir avec elle, alors elle serait toujours en vie. L'obscurité ne l'aurait pas consumé, Desh serait vivant et Assajj et lui auraient pu vivre leur vie librement, à la chaleur de leurs sentiments pour toujours. Palpatine et Dooku auraient chuté quoiqu'il arrive, lorsque Skywalker aurait capturé le Comte et que ce dernier se serait mis à parler. Tout cela pour rien. Quel gâchis. La seule chose qui restait de toute cette douleur, c'était cette promesse. Plus jamais Vos ne se laisserait consumer par l'obscurité. Une promesse non pas faite à lui, mais à elle.
Et c'est au nom de cette promesse qu'il avait refusé de suivre les ordres lorsque ceux-ci brisaient la ligne morale qu'il s'était fixé. Lorsqu'on lui avait ordonné de donner l'attaque contre la ville de Kormos, alors qu'il n'avait que quelques milliers de soldats, dont une majorité de conscrits apeurés, sans divisions blindées. Lorsqu'on lui avait ordonné d'attaquer cette position Séparatiste, avec un ennemi largement en surnombre, fortifié, et une importante population civile retenue en otage. Lorsqu'on lui avait ordonné de faire un exemple en faisant exécuter les conscrits mutins, refusant de se suicider pour rien. Lorsqu'on lui ordonna de se constituer prisonnier pour sa propre mutinerie lorsqu'il refusa de tuer des gamins. Il comprenait la nécessité d'être intransigeant alors que la CSI les écrasaient sur tous les fronts, et que la République s’effondrait chaque jour un peu plus. Il comprenait les ordres. Mais sa promesse passait et passerait toujours avant n'importe quelle République. Assajj passerait avant tout. Il n'y aurait plus de compromis avec lui même. Alors, pourquoi être ici ? Pourquoi repartir dans un énième assassinat, et cette fois aux côtés des Séparatistes ? Ces mêmes ennemis qu'il avait tant combattu ? Ces mêmes gens qui avaient tué Assajj ?

- On devrait arriver dans l'orbite de Coruscant d'ici quinze minutes.

Vos sursauta.

- Je t'ai fait peur ? demanda Yuka sur un ton enjoué.
- Surpris plutôt.
- Je ne pensais pas qu'il serait possible de te surprendre. Un ancien Jedi au milieu d'un groupe de l'OSC, seul, j'aurais pensé que tu serais sur les dents H24. Perdu dans tes pensées ?

Vos la regarda.

- Dans tes souvenirs, peut-être ? rajouta t-elle.
- On peut dire ça. Je n'ai pas remis les pieds sur Coruscant depuis longtemps. Depuis mon départ de l'Ordre en fait.
- Home, sweet home, hein ?
- Et comment une femme comme toi a t-elle pu finir dans l'OSC ? demanda Vos pour changer la cible désignée de ce jeu des énigmes.

Yuka le regarda sans répondre.

- Tu es une Twi'lek, précisa t-il devant sa non réaction.
- La vache, tu es doué. On m'avait pas menti sur les Jedi.
- Et de toute ma carrière au sein des forces de la République, je ne crois pas avoir rencontré la moindre Twi'lek du côté des Séparatistes, continua Vos en ignorant le pique de la jeune femme. Ce qui peut se comprendre après le siège de Ryloth. Alors comment as-tu pu finir dans leurs services secrets ?
- Non, je t'arrête de suite, on ne va pas faire ça.
- Faire quoi ?
- Ça. Ce petit jeu des « partenaires » ou chacun se dévoile et raconte sa vie. Ce n'est pas nécessaire. On a un boulot à faire. On tue Dooku, tu repars te planquer où tu veux ensuite, je continue le cours de mon existence, et ça va très bien à tout le monde. Pas besoin qu'on se lance dedans. Ma vie n'a aucune importance, on s'en fout, tout comme j'en ai rien à battre de la tienne.
- Pourtant tu en sais plus sur moi, que moi sur toi. Tu sais pour ma carrière, mes infiltrations, mes talents, ma mission pour Dooku, et … mon partenariat avec Ventress. Mais moi, je ne sais rien sur toi.
- C'est mon boulot de tout savoir. Et c'est mon boulot que tu en saches le moins sur moi. N'y voit rien de personnel. Ta vie passée, tes cas de conscience et ton amourette avec Ventress, j'en ai rien à faire.
- Je suis sûr que c'est faux. On ne fait pas ce boulot sans intérêt. Sans passion. Tu aimes tout savoir. Tu aimes espionner, avoir le contrôle. Je l'ai senti dès que je t'ai vu.
- Ouais j'adore ça. Tu as résumé toutes mes motivations qui font que je suis là aujourd'hui. J'aime mon boulot, avec tous les aspects qui y sont attachés. J'aime aussi l'action, les bagarres et tuer des gens. Y a pas à chercher c'est comme ça. Fin de l'histoire.
- Tu as suggéré de me tuer ? reprit Vos après un bref silence. Sur Nar Shaddaa, quand vous attendiez ma réponse. Je suis un Jedi, j'entends des choses que je ne suis pas censé entendre.
- Oui, j'ai suggéré de te descendre.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi avoir suggéré de me descendre ?
- Parce que tu étais au courant de notre projet et que tu étais un danger potentiel. Les dangers potentiels, je les élimine.
- Pourquoi ne pas le faire ? Qui me dis que tu ne vas pas essayer ?
- Ce n'est plus à l'ordre du jour.
- Et... c'est tout ?

Yuka soupira et leva les yeux au ciel. La discussion commençait sérieusement à l’agacer.

- Quoi : « c'est tout » ?
- Juste parce que j'étais un danger potentiel, tu étais prête à me tuer ? Et tu ne le feras pas juste parce qu'on t'a dit de ne pas le faire ?
- Oui, bordel tu t'attendais à quoi ?
- La vie d'un homme a donc si peu de valeur à tes yeux ?
- On ne vaut rien, Vos. C'est comme ça. Y a des choses qui nous dépassent, et ces choses prévalent sur chaque vie qui les entraveraient. Je pensais que la guerre t'avais au moins appris ça. Non, tu ne vaux rien. Personne ne vaut rien. Donc oui, je tue des gens sur commande. Et non, ça ne me pose pas le moindre problème de conscience. Je dors très bien la nuit. Et maintenant, arrête ton interrogatoire à la con. On va arriver.

Bientôt le tunnel disparut pour laisser place aux étoiles. Du moins, c'est ceci qu'ils auraient dû voir. A la place, Vos et Yuka purent contempler de gigantesques couloirs de circulation surchargés, remplis de lumières vives de toutes les couleurs trahissant les propulseurs des vaisseaux. Mais le plus surprenant fut le spectacle offert autour de ces couloirs. Des centaines de destroyers Venator et de croiseurs Acclamator, peut-être même des milliers, comblaient le vide spatial tout autour d'eux, et ce jusqu'à la planète. Celle-ci était d'ailleurs suffisamment loin pour ne pas être aperçue. On ne distinguait que de vagues contours lumineux obstrués par la masse de vaisseaux alignés progressant lentement vers la capitale de la République.
Entre les appareils civils et tout autour d'eux, des milliers d'intercepteurs V-Wing patrouillaient pour contrôler les couloirs de circulation, prêts à intercepter au moindre geste suspect. A proximité des destroyers, hors de la circulation, rôdaient des ARC-170 au cas où une puissance de feu supplémentaire serait nécessaire.

Yuka émit un sifflement.

- Et ben ! Je m'attendais pas à ça. Je savais que Coruscant serait sous bonne garde, mais j'ignorais les Jedi si maniaque du contrôle. Tu aurais pu me prévenir.
- J'ignorais tout de … ça.
- Sérieux ?
- Quand j'ai quitté Coruscant, il y avait des centaines de vaisseaux dispersés sur l'orbite proche. La sécurité était maximale. Mais ça n'avait pas grand chose à voir avec ça. Ça s'est considérablement empiré.
- C'est tout juste si on ne peut pas s'endormir aux commandes sans se faire pulvériser, conclut Yuka.
- Ne me dit que vous ne faites pas la même chose sur Raxus ? Ou Sluis Van ?
- Honnêtement, non. Je te mentirais si je te disais que ce n'est pas protégé, bien sûr. Il y a des dizaines de vaisseaux de guerre pour assurer le maintien de l'ordre et la sécurité de l'espace orbital, mais rien de comparable à ce bordel. Au sein de la Confédération, on considère que la meilleure protection des zones sensibles, ça reste le contrôle de l'ennemi et du territoire. La République ne pourrait pas lancer un assaut sur Raxus sans conquérir préalablement une centaine de systèmes stellaires. Et c'est un minimum. Pourquoi gaspiller autant de ressources à sa protection, alors qu'on pourrait les envoyer au front ?
- Visiblement le Haut Commandement de la République ne partage pas votre doctrine de défense.
- Faut dire qu'on a nettement plus d'axes exploitables pour attaquer Coruscant. Toutes les routes mènent à Coruscant. Et la République est loin d'être dans notre situation. La Bordure Médiane est perdue et leurs forces reculent chaque jour dans les Régions d'Expansion. On a commencé nos campagnes militaires dans la Bordure Intérieure, les Colonies et le Noyau. Coruscant est chaque jour de plus en plus exposée.
- Il n'y a pas que ça. Ces derniers temps la République remettait systématiquement en cause sa stratégie de défense et de déploiement militaire. Elle essaye de sauver les meubles, et de s'adapter. De se sauver. Ça passait régulièrement sur l'Holonet. Et ce conseiller militaire, Osslick, un logisticien, a une énorme influence sur les stratégies de défense militaire de la République. Ça ne m'étonnerait pas qu'il soit derrière ce « retranchement » de Coruscant.
- Osslick ? C'est pas ce type qui proposait de lâcher la Bordure Médiane et Intérieure, et de fuir les Régions d'Expansion pour se planquer dans les Colonies et le Noyau ? Avec sa théorie à la con de l'arbre qui brûle ou j'sais pas quoi ?

Vos acquiesça et allait répondre quand une voix masculine autoritaire envahit le cockpit.

- Transport Gozanti, ici le Contrôle de la Régulation de Coruscant. Veuillez nous transmettre vos codes d’identification, l'ensemble des ID de votre équipage et la raison de votre venue sur Coruscant.
- Bien reçu, Contrôle. Je vous transmets nos codes et nos ID. Nous venons pour embarquer des marchandises. Nous sommes attendus sur les docks industriels, plateforme 41-B avec notre sous traitant.

Un silence lourd s'imposa et un frisson parcourut l'échine de Vos. En cas de pépin ils étaient faits comme des rats.

- Vos ID et vos codes sont valables, transport Gozanti. Préparez-vous à être scannés. Je vous avertis qu'en cas de détection de matériel militaire quel qu'il soit sur votre transport, vous serez mis immédiatement en état d'arrestation. Je vous informe aussi que la possession d'arme ou de matériel militaire personnel est strictement interdit à la surface de la planète, sauf autorisation officielle valable, et vaudra aussi un emprisonnement et une confiscation dudit matériel ou armes. Avez-vous compris, transport Gozanti ?
- C'est bien compris, Contrôle. Allez-y. Vos gars peuvent débuter le scan.

Vos coupa le haut-parleur.

- Quoi ? T'es pas bien ? Ce transport est modifié lourdement à tous les niveaux ! Et on transporte un véritable arsenal dans la soute !
- Relax, Vos, répliqua Yuka en croisant les mains derrière sa tête. Tu crois sincèrement que l'OSC envoie ses agents derrières les lignes ennemies sans un déguisement parfait ? On se ferait pincer à chaque fois sinon. Ce transport dispose du meilleur dispositif de camouflage expérimental qui puisse exister, capable de tromper les plus puissants scanners militaires. Les turbolasers, les boucliers lourds, les propulseurs modifiés, l'unité d'interception et de transmission comm' dernier cri, notre soute bourrée d'armes et d'explosifs …
Tout ceci est protégé par une sorte de cage de protection électromagnétique. Puis des flux de données « corrigées » sont envoyés dans un temps identique aux vaisseaux « scanneurs ». Ils n'y voient que du feu. Ça passe à chaque fois.

Vos fronça les sourcils. Un tel dispositif lui paraissait improbable.

- Si les Séparatistes disposaient d'une telle avancée technologique, pourquoi ne pas massivement l'utiliser en équipant vos vaisseaux de guerre ?
- Parce qu'une flotte de guerre ne cherche pas à être discrète. Elle est là pour tout casser. Et on a jamais réussi à étendre une telle cage à des vaisseaux de guerre qui sont par nature, bah ... des vaisseaux de guerre. Pourquoi essayer de camoufler quelque chose qui ne cherche même pas à se camoufler soit même ? C'est pour l'infiltration ce dispositif.
- Ça se tient, concéda Vos.
- Transport Gozanti, le scan est terminé. Autorisation de vous poser sur la plateforme 41-B de la zone des docks industriels. Mais faite la queue comme tout le monde.
- Bien reçu, Contrôle. Merci et bonne journée à vous, répondit Yuka sur son ton le plus poli.

Vos regarda la planète-ville luminescente se rapprocher de plus en plus. Ils devaient en avoir pour pas plus de dix minutes avant d'êtres dans l'atmosphère.


Leur vaisseau atterrit sur une vaste plateforme rattachée aux docks de la zone industrielle. Avant la guerre, cette zone avait été depuis longtemps délaissée, à l'abandon. Ceci se produisit après que les corporations et autres entreprises aient découvert que l'absence de lois dans la Bordure Extérieure permettait l'exploitation pour un rien de travailleurs, quand il ne s'agissait pas purement d'esclavage, et que la proximité des matières premières étaient une source de bénéfices exponentiellement plus important que l'ouvrier Coruscantis, pourtant déjà largement exploité. Entre le prix de la main d’œuvre et le prix de l'import-export, toute activité de la gigantesque zone industrielle de Coruscant s'était éteinte depuis des centaines d'années. Mais ironiquement, la guerre ayant ravagée la Bordure Extérieure, et les mondes riches en ressources étant tous tombés entre les mains des Séparatistes au cours de leur avancée vers le Noyau, la zone industrielle avait été réhabilitée en urgence, permettant de donner un emploi à chacun des très nombreux réfugiés de la Bordure Extérieure, Médiane, des Régions d'Expansion et maintenant de la Bordure Intérieure qui se massaient dans le Noyau. On aurait pu penser que c'était une bonne chose, mais le nécessité de pourvoir aux besoins militaires faisait que la zone était tombée sous le contrôle de l'armée. Les réfugiés étaient exploités et travaillaient au minium quatorze heures par jours pour une « indemnisation de contribution à l'effort de guerre » dérisoire.
Les docks avaient beau être sous contrôle de la GAR, leur immensité, ainsi que les millions d'individus de toutes espèces qui le couvrait rendait extrêmement difficile les opérations de surveillance et de contrôle douanier. Aussi, les entreprises franchisées ne faisant l'objet d'aucun soupçon se trouvaient laissées tranquilles dans la gestion de leurs docks attribués et de leurs vaisseaux.
C'était le cas pour Slay&Kapreni, une petite entreprise chargée de pourvoir des travailleurs aux « emplois » et d'assurer la logistique des ressources organiques et matérielles. Officiellement, Slay et son camarade Kapreni étaient deux Loyalistes des plus patriotiques pourvoyant à tous les besoins de la République en ouvriers et en matériel, se démenant sans compter pour la victoire de la République, et peu importe le coût moral. Officieusement, les deux esclavagistes des temps modernes étaient des agents dormants de l'OSC, menant une double vie. Bien qu'ils contribuaient réellement à l'effort de guerre, pour maintenir leur couverture, la Confédération acceptait ce préjudice qui serait compensé par leur utilité le jour où le besoin se ferait sentir. Ce jour était arrivé. C'est Slay qui les accueillit.
C'était un Humain brun, trapue, a l'air de contremaître baroudeur et expérimenté, aux cheveux gras peignés en arrière. Il avait une barbe fournie. Vos remarqua qu'il était autorisé à porter un blaster malgré l'interdiction, sans doute à cause des milieux qu'il fréquentait pour trouver la main d’œuvre.
Yuka s'approcha de lui tandis que des droïdes « s'occupaient de décharger » le vaisseau.

- Tout est prêt ? demanda-t-elle sans formule de politesse en jetant un œil aux droïdes.
- Vous en fait pas, ce sont mes droïdes personnels. Ils sont programmés pour faire ce que je leur dis de faire. Et oui, tout est prêt. Votre vaisseau restera ici, mais en cas de décollage intempestif, il faut qu'un agent reste. Je ne peux compromettre ma couverture en cas de pépin. Je dois pouvoir nier.
- Impliqué ou pas, vous nous hébergez. Si quelque chose va mal, vous êtes grillé. Les troopers ne prendront pas de risques.
- Je préfère optimiser mes chances en ne participant pas directement à votre opération, dont j'ignore tout et ça me va très bien. Je dois rester en poste sur Coruscant. Les agents ici sont trop rares.

Il mit sa main dans sa poche et sortit une carte codée.

- Tenez, dit-il en la tendant à Yuka. C'est le passe qui déverrouille l'écoutille 6 du secteur H-16 de la zone industrielle. Cette zone de stockage est trop éloignée des docks et des usines pour être rentable. C'est donc une zone de stockage longue durée, pour des déchets, matériaux et objets non essentiels. La surveillance y est minimale, voir nulle. C'est bien l'un des tous derniers endroits sur Coruscant qui ne soient pas sur-surveillés par les Loyalistes. Derrière cette écoutille de maintenance oubliée depuis des siècles, il y a une cache aménagée. Vous aurez de quoi tenir plus de quatre mois sans sortir en attendant que votre transport passe vous chercher. En espérant que la République ne vous traque pas pendant quatre mois et lâche l'affaire à un moment.
- Rien n'est moins sûr.
- Je ne veux pas savoir, répondit Slay en tendant une main devant lui. Tenez, un datapad avec holo-carte de toute la zone, de la Cité Galactique, des spatioports et des sous-niveaux. Au cas où...
Si vous ne pouvez atteindre la zone H-16, il y a un rodien. « Black Scar », qui tient « l'Entrée du Nouveau Monde », un bar moyen hors de la Cité Galactique, au niveau 1889. Il pourra vous planquer pendant quelques heures tout au plus et vous fournir un moyen de fuir. Vous lui dites que vous venez de ma part. Il obtempéra.
Les codes d'authentification et la raison de votre venue sur la planète sont béton. C'est à ça que je sers. Tant que vous ne faites pas … ce pourquoi vous êtes là, vous pouvez vagabonder dans Coruscant comme bon vous semble sans avoir les autorités qui vous embêtent. Après, ce sera à vous de gérer.
- Ok, Slay. Merci pour tout. On va vous laisser retourner à votre couverture et se mettre en route.
- Pour la Confédération, dit-il sans cérémonie mais avec conviction.
- Pour la Confédération, répondit Yuka.

Vos et Yuka passèrent devant plusieurs check-points sans encombre et remontaient l'avenue des commerces jusqu'à la Cité Galactique, cœur institutionnel de la République et quartier du Temple Jedi. Hidelson était resté au vaisseau et Doonrett les suivait de loin, avec un fusil de haute précision dissimulé, au cas où l'opération tournerait court.
Vos n'était pas rassuré. Ils n'avaient subi aucune fouille corporelle sérieuse, sans quoi les troopers ne mettraient pas longtemps à trouver les armes dissimulées de Yuka. Vos laissait son sabre laser apparent, conscient de l’impact qu'il pouvait avoir sur les troopers. Il possédait encore ses ID de Maître Jedi au cas où ils tomberaient face à un troopers un peu trop curieux.
Alors qu'ils remontaient l'avenue, la nuit était tombée. Les enseignes brillaient de mille feux, mais le nombre de personnes dans la rue avait considérablement baissé en comparaison d'antan. Bien que l'avenue des commerces et la Cité Galactique ne fassent pas partie des zones soumises à un couvre-feu, l’omniprésence des troopers, et les instabilités chroniques de la planète avait découragé nombre de personnes à vivre de nuit et consommer, au grand dam des commerçants. Il fut un temps très proche, cette planète vivait de jour comme de nuit, dans la démesure permanente. Elle était la lumière de la galaxie, la personnification du divertissement et de l'excitation. Aujourd'hui, la chute de la République avait éclipsé tout cela. Coruscant était l'image de la République : à l'agonie, terrifiée.
Ce n'était pas le seul changement que Vos constatait.
Un énorme écran lumineux était visible sur le flanc gauche de l'avenue. On pouvait y voir trois troopers, arme à la main, sur fond du drapeau Loyaliste rouge avec son symbole aux huit branches noires sur cercle blanc. « Unité, Loyauté, Liberté » était inscrit aux pieds des troopers.
Sur une autre affiche, on pouvait voir un paysage aride, dévasté, jonché de corps inertes. Retranché, trois troopers faisaient face à des centaines de droïdes qui avançaient inexorablement, brûlant tout sur leur passage. En légende, on pouvait lire : « Ils se battent pour empêcher la haine de détruire la civilisation. Et vous, que faites-vous ? »
En plus gros on pouvait lire : « Soutenez la Grande Armée de la République ».
Quelques centaines de mètres plus loin, Vos vit un autre panneau lumineux géant. On pouvait y voir un officier, visage semi-dissimulé par sa casquette, flanqué de deux troopers, regarder une section parfaitement alignée, marchant au pas. Il s'agissait de jeunes garçons et de jeunes filles décasqués, en uniforme.
La légende, cette fois, disait :
« La conscription, le seul rempart pour préserver ceux que vous aimez ». Plus bas et plus gros était écrit :
« Citoyen, remplit ton devoir envers ta République ! »
Vos connaissait ces affiches. Elles étaient déjà là, avant qu'il ne quitte la GAR. A l'époque il avait soutenu la mise en place de ces affiches. Il avait soutenu l'idée de la conscription. Elle était nécessaire, pour sauver la République, mais elle ne pouvait pas se faire sans communication. Une fois le parti prit de la conscription, il fallait y aller à fonds, pour faire en sorte qu'elle se passe le plus consensuellement possible, avec la minimum de coercition. Les propagandistes de la République avaient pris la relève. Il fallait vraiment que les citoyens ne sentent enfin impliqués dans le conflit et qu'ils aient conscience que tout pouvait disparaître s'ils ne faisaient rien. A cette époque, il n'avait pas anticipé les effets de la circonscription sur le moral des jeunes citoyens et de ce qu'il faudrait entreprendre pour qu'elle soit efficace. Une limite qu'il avait vu sur Bothawui, et refusé de franchir.
Il était d'autant plus défavorable, maintenant, à la conscription, qu'il connaissait les limites de celle-ci et que rien, à part un miracle, ne pouvait épargner la République de sa défaite certaine.

- Tout ça, toutes ces vies pour rien …
- Hum ? fit Yuka.
- Non, rien, répondit Vos pour noyer le poisson.
- C'est naturel, tu sais.
- De quoi ?
- Le déni. De Coruscant. De la GAR. Des Jedi. La République est la super-puissance la plus ancienne qui ait jamais existé. La seule. Coruscant, le Noyau, les Colonies et la Bordure Intérieure... ils ont fait la galaxie. Cette galaxie, c'est leur galaxie. Ils en ont toujours été les maîtres. C'est leur civilisation selon leur vision et leurs règles. Et cette vision perdure depuis tellement longtemps, que toute existence en dehors de celle-ci semble inacceptable. Inimaginable. Même pour les Jedi. Alors ils refusent l'idée de leur fin. Ils refusent que l'ordre des choses change, pour toujours. Que leur temps est fini. Quand on est dans le déni, on fait tout, absolument tout, pour empêcher l'inévitable de se produire. Au pire, ils diront qu'ils ont vraiment tout essayé.

Alors qu'ils se rapprochaient de la Cité Galactique, deux soldats se dirigèrent vers eux. Il ne s'agissait pas de troopers conventionnels. Leurs marquages rouges indiquaient qu'ils avaient affaire à la Garde de Coruscant, des soldats d'élites chargés de la sécurité de Coruscant, du Sénat et du Chancelier. Ou dans le cas actuel, du Conseil Jedi. La Cité Galactique était surveillée exclusivement par ces soldats.

- Halte ! annonça un trooper, une main vers Yuka. Veuillez nous fournir vos ID, et déclarez la raison de votre venue dans la Cité Galactique à cette heure tardive.
- De suite, soldat, répondit Yuka.

Vos reconnut à la voix que le soldat venant de les intercepter n'était pas un clone. Cependant, son comparse, plus gradé, lui mit un coup de coude et désigna le sabre-laser à la ceinture de Vos.

- Euh … mes respects, général ! fit le jeune non-clone.
- Désolé, général. Il est encore un peu bleu sur les bords, répondit le gradé. Vos reconnut immédiatement la voix d'un clone. Mais il est plein de bonne volonté.
- Aucun souci, sergent, répondit Vos. Je rentre au Temple au fait.
- Aucun problème, vous pouvez y aller, général. En vous souhaitant une bonne soirée, conclut calmement le clone.

Vos salua les soldats et mit de la distance entre eux, Yuka sur ses talons.

- Bon sang, la Garde ! s'exclama à voix basse Yuka Je pensais qu'on était foutu. Tu vois, c'est pour ça qu'on avait besoin de toi. Sans un Jedi, on aurait jamais pu approcher le Temple.
- On a surtout eu de la chance d'avoir un clone. C'est un vétéran.
- Le plus gradé ? C'était un clone ? Je ne sais pas faire la différence sous leurs casques.
- Moi si.
- La vache, c'est rarissime de voir un clone en ce moment. Depuis qu'on a pris Kamino et les usines de clonages, et que la République a compris qu'elle ne pourrait faire des fournées de clone à temps, on en voit plus tant que ça.
- Pourtant, vous savez que la République a déménagé des usines de clonage, ici, sur Coruscant et dans le Noyau. Y a toujours des clones. Ils sont juste pratiquement plus envoyés sur le front.
- Pourquoi garder des machines de guerre, sur-entraînées depuis l'enfance à l'arrière et envoyer des bidasses stopper les Séparatistes ? demanda Yuka. Je comprends pas.
- Si on envoyait les clones au front, qui se chargerait d'aller récupérer chaque jour des milliers de jeunes conscrits récalcitrants à aller faire son devoir de bidasse et ainsi alimenter le front ? répondit Vos sur un ton blasé.
- Oh, fit Yuka. Les flics peuvent pas s'en charger ?
- On parle de milliers de conscrits par jour, Yuka. Faudrait mettre l'ensemble des polices du Noyau H24 sur le dossier, c'est impossible. Il faut les policiers et les militaires pour ça. Et seul un clone obéira aux ordres sans poser de questions et n'aura pas d'hésitation à foutre un môme couinant dans un transport pour une mort quasi-certaine. Pas de famille, pas d'attache en dehors de la République. Les clones n'ont que l'armée dans leur vie. Alors que si on demandait aux conscrits, ou même aux volontaires, d'aller chercher les autres conscrits, y aurait des défaillances.
- Mais le premier était pas un clone.
- Un jeune volontaire, sans doute. Sur l'arrière front il n'y a que des clones et des volontaires. Ils font tourner les régiments pour en envoyer quand même au front, mais surtout pour commander et encadrer les conscrits. A l'exception de la Garde. L'état de danger est tel pour Coruscant et la République, que la Garde reste sur Coruscant.
- Le bon poste, en gros.
- Ouais. Pour l'instant. Mais vu le nombre croissant d'émeutes et leur violence en augmentation, ça va pas durer. Coruscant est devenue une poudrière. Tous ces types de la Garde sont de véritables guerriers urbains. Ils connaissent Coruscant comme leur poche, et savent se battre dans ce milieu particulier. On aura du mal à s'en défaire si ça tourne mal.
- T'en fais pas, les milieux urbains ça me connaît. Tu n'étais pas le seul à avoir dû survivre sur Nar Shaddaa. Ça peut pas être pire.

Vos rigola.

- Rien n'est pire que Nar Shaddaa.


Le Jedi et la Twi'lek arrivèrent devant le Temple et son grand escalier. La nuit noire les dissimulaient aux yeux des curieux.

- Il vaut mieux que tu y ailles sans moi, lui dit Yuka. Je resterais pas loin derrière, mais tu seras seul à l'intérieur du Temple.
- C'est plus sage, acquiesça Vos. Mais soit prête à agir au moindre souci.
- J'ai ordre de tout faire pour te ramener en vie, déclara t-elle dans un haussement d'épaules. Compte sur moi.

Tandis qu'elle s'éloigna, Vos fit un mouvement de tête dans un sourire agacé. Il passa devant les gardes qui le salua de la tête.

- Maître Vos, bienvenu au Temple.
- Merci, messieurs.
Modifié en dernier par Clonedroïd92 le Mar 15 Mai 2018 - 18:46, modifié 1 fois.
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