[Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

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Messagepar Code 44 » Ven 06 Mai 2011 - 17:15   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Notsil a écrit:Pour ma part pas encore d'inspiration, j'avais une magnifique idée d'un homme de ménage au Temple Jedi, sauf qu'ils utilisent des droïdes à cet effet :transpire: raté ;)


Pourtant, si j'en crois le wookie :
Maids and cleaners were tasked with polishing statues, buffing marble, dusting holobooks, and other tasks to beautify the Temple


Et il il avait un paquet d'employés non forceux qui travaillaient là bas...
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Messagepar Notsil » Ven 06 Mai 2011 - 17:49   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Oh tu me redonnes espoir :)
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Ven 06 Mai 2011 - 18:50   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Et pourquoi ton personnage principal ne serait-il pas justement un droïde, Notsil? :x Sinon, je vois que t'étais en forme aujourd'hui, j'ai vraiment des progrès à faire en conjugaison^^

-> alors là perso j'ai du mal avec la transition entre tes 2 phrases. Un saut de ligne qui manque ? Enfin au début on est en plein avec les pensées du personnage, on pense qu'il va illustrer ses propos par un exemple concret... et au final, on part totalement à côté sur une description ^^


Ah non, justement, à la base, la transition se faisait sans le passage qui conclue sur les raisons pour lesquelles Shan est de plus en plus distante avec son métier ; puis j'ai trouvé que c'était pousser le jeu sur les sous-entendus un peu loin, donc j'ai rajouté cette phrase, mais j'ai bien l'intention de m'arrêter là puisque l'objectif du récit est justement d'illustrer cette réflexion.

-> Là un peu pareil. On a une fin de phrase qui claque bien ("moi, je suis agent des FSC") et bim, on passe à autre chose alors qu'il y aurait eu moyen de développer, ou au moins conclure, les pensées du personnage.


Justement, ça claque tellement que je préfère laisser mon lecteur là-dessus s'interroger sur le fait que le personnage est au cœur des luttes politiques dans ce qu'elles ont de plus concret tout en étant finalement assez dépolitisé ; c'est une réflexion qu'il se fait sur le fait que les gens ne comprennent pas vraiment ce qu'il se passe. Là encore, je laisse mon lecteur en tirer les conséquences, j'ai trouvé que ça ferait vraiment lourd de les expliciter.

là je me demande pourquoi "Max Cyn" et pas un simple "mon travail" ? La précision "agent des FSC" est inutile vu qu'on le sait déjà, donc là, à part présenter son nom (en a-t-on besoin ?)... ça casse la narration en "je" à mon sens :)


Ben, euh, c'était juste pour insister sur le fait qu'il considère qu'il a une fonction précise à remplir, et rappeler son nom au passage, il rappelle qui il est et pourquoi il ne se pose pas plus de questions que cela, parce qu'il se définit (d'où la justification du rappel de son nom) comme un agent des FSC plutôt que comme un citoyen :neutre:

Ça renvoie plus ou moins aux théories sur l'acceptation du pouvoir et la monopolisation par l’État de la violence légitime de Max Weber... D'ailleurs, c'est à lui que le narrateur doit son prénom.

-> Je pense que ta phrase gagnerait à être découpée. Un point après "présent", éventuellement un retour à la ligne, pour montrer qu'on passe aux pensées du personnage et non à la suite du dialogue (à ma 1ère lecture, j'ai pensé que le "je crois" faisait référence à Shan).


Mouais. Le problème, c'est que ça casse la présentation de Grellish, du coup, et on comprend moins vite que je parle du type auquel parle Shan, non?

-> "le réflexe immédiat" Je trouve cependant étrange que Vador arrive à les surprendre... entrée discrète avec une 10aine de véhicules ? Ils n'ont pas fait gaffe aux véhicules vu qu'il y avait déjà les leurs ? Il s'est approché en apnée ? :)


J'y ai pensé, mais l'avantage de ce texte, c'est qu'on a aucune notion de distance :D On sait que Vader est assez près pour pouvoir leur parler au moment où il répond à Max, on sait que les flics peuvent voir les speeders des Stormtroopers lorsqu'ils se retournent vers eux, mais c'est tout, il n'est donc pas sûr qu'au moment où Vader intervient, il soit assez près pour avoir attiré leur attention, plongés qu'ils étaient dans la discussion, même s'ils le remarquent évidemment lorsqu'il prend la parole. Sans oublier que Coruscant est une planète très bruyante.

Mais je reconnais que c'était un peu facile :D

-> "s'explique" vu que ton texte est au présent. Au passage, ton Vador ne me semble pas suffisamment... je sais pas, sec, impressionnant, menaçant ? On dirait presque un gentil officier supérieur qui vient expliquer qu'il faut y aller, sinon il va leur botter les fesses :)


Ah bah mince, j'ai raté mon effet, alors... L'objectif était que le lecteur, connaissant a priori Vader, ou du moins sachant que les flics en ont une peur bleue, comprenne la menace alors même que Vader n'en précise rien ; il n'a pas besoin d'en parler, il est Darth Vader, on sait ce qui se passera si on ne lui obéit pas, et c'est ce qui fait sonner faux tout son beau discours. D'ailleurs, il ne me semble pas que dans la Trilogie on entende souvent Vader faire des menaces explicites et directes à ses subordonnés, si?

(étrange que sa respiration vienne si tard, même si c'est assez cliché de partir là-dessus, je te l'accorde).


Tiens, c'est vrai que j'aurais dû en toucher un mot avant, par contre.

-> qu'elles ne soient pas


Moui, ou alors "qu'il ne soit pas", enfin dans les deux cas, c'est faux^^

-> un être sensé ou il est censé s'assurer que ?


Un être sensé^^

-> un double "chose", pour pinailler, et parce que le terme "chose" est assez moche à mon goût ^^


J'en suis désolé, mais la répétition est volontaire pour mettre en valeur le parallélisme :D

Un texte globalement sympathique, mais je pense que tu aurais pu approfondir les réflexions de Max ^^


:x
Eh, il nous reste quelques chapitres, hein, je ne vais pas régler ma problématique dès l'intro :transpire:
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Messagepar Notsil » Ven 06 Mai 2011 - 20:51   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ahhh c'était que l'intro :) Purée je suis à côté de la plaque :p

Je comprends ton point de vue sur les transitions, de mon côté c'est juste un côté brutal que j'ai du mal à comprendre quand je lis (j'aime pas devoir revenir en arrière d'une phrase ou deux en me disant "attends, mais j'ai raté un truc, ou bien ?"). Bref, ça me paume :p

Droïde bof, ça cogite pas assez, c'est un bloc de logique :)
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Messagepar Code 44 » Sam 07 Mai 2011 - 8:57   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Notsil a écrit:Droïde bof, ça cogite pas assez, c'est un bloc de logique :)


Ca dépend du robot...
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Messagepar Notsil » Sam 07 Mai 2011 - 9:02   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ouais, rares exceptions, m'enfin je préfère les êtres de chair :) (quoique y'a des idées sympa aussi en droïdes, m'enfin, pas au programme pour l'instant ^^).
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Messagepar AJ Crime » Dim 08 Mai 2011 - 11:16   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

notsil a écrit:Pour ma part pas encore d'inspiration, j'avais une magnifique idée d'un homme de ménage au Temple Jedi, sauf qu'ils utilisent des droïdes à cet effet :transpire: raté ;)
ouais, mais il faut bien un humain ou quelque bestioles sympatoch et intelligentes pour s'occuper des "robots ménagers" .... :) sic :wink: Pendant la révision d'un droïde de ménage il peut voir et ou entendre quelque chose qu'il n'était pas sensé voir ou entendre et apporter l'éclairage de son point de vue détaché... M'enfin, Notsil, moi, je dis ça, je dis rien.
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Messagepar Notsil » Mar 12 Juil 2011 - 17:22   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Bien, j'ai finalement réussi à trouver un peu d'inspiration, voici mon petit texte :

Au cœur du Temple

Je m’appelle Siam Narset. Ma profession ? Employé au Temple Jedi de Coruscant.
Beaucoup trouvent que j’ai de la chance de côtoyer ces héros légendaires. C’était aussi mon rêve, enfant, la raison pour laquelle j’ai persévéré dans mes efforts. Malgré son simple intitulé, ma profession est complexe. Nos tâches couvrent un large domaine de compétences, ce qui implique un cursus long et difficile.
J’ai pourtant failli échouer. Involontairement. Les voisins de mes parents, qui m’hébergeaient durant mes études, mirent au monde un petit être sensible à la Force.
Cet élément joua en ma défaveur lors de mon entretien d’embauche. Fort heureusement, notre grande différence âge me permit de prouver que je n’entretenais aucun lien avec cet enfant. Un soulagement. Je m’imaginais mal échouer à cause de quelques kilos de chair braillarde.

En y repensant, j’ai quand même savouré mon arrivée au Temple. De loin, la construction est impressionnante. Différente aussi de l’architecture générale de Coruscant : une pyramide tronquée, que viennent couronner cinq tours cylindriques. Nul autre bâtiment ne vient lui faire d’ombre. Il est simplement là, silhouette massive et grise. Le contraste avec l’intérieur est alors saisissant. Un frisson de ravissement. Le sol en pierre polie, lisse et brillante, aux motifs sobres, qui nous accueille à l’entrée ; les arches, aériennes, qui délimitent les couloirs, ou plutôt, les allées. Quant aux plafonds, ils sont si hauts que je ne saurais dire combien de mètres nous en séparent. L’ensemble dégage légèreté et luminosité, apportant une sensation de paix, de plénitude.

On ne peut qu’en admirer la magnificence.
Et les Jedi. Ils sont l’âme et le cœur du bâtiment. Ils le font vivre.
Des Jedi ! Des êtes quasi légendaires ! Oh, ils font souvent la une de l’Holonet. Sauvetage d’otages, négociations délicates, avis politiques. Sans compter les innombrables holofilms qui subliment leurs talents guerriers.
Dans la vraie vie, on les côtoie rarement dans la rue. On les aperçoit parfois de loin, avec de la chance. Alors en voir une telle concentration, en chair, en os, en carapace, en écailles, en fourrure, en plumes… Une sensation qui donne des frissons. L’accomplissement d’un rêve.

J’allais cependant les descendre très vite du piédestal sur lequel je les avais mis en lumière.
Comprenez bien : les Jedi sont des êtes comme vous et moi. Ils ont beau avoir la Force, ils ont aussi des caractères bien trempés. De mauvaises habitudes. De mauvaises manières.
Je sais qu’ils sont censés respecter leur Code. Je sais aussi qu’il n’y a pas assez de Maitres Jedi qui vérifient que leurs confrères se comportent de façon civilisée. Le libre-arbitre, la liberté, tout ça… ou comme ils disent, les voies de la Force.
La première fois qu’un Jedi m’a abordé directement, j’étais dans le hangar, occupé à superviser les réparations d’un vaisseau endommagé par un missile avec un droïde mécano.
Une navette du corps diplomatique s’était posée à côté de nous, et deux Jedi en étaient sortis. Tunique beige et bure chocolat, tenue classique du Chevalier en mission. S’ils ne m’avaient pas salué en m’apercevant, ils m’avaient quand même balancé leur cape lourde de poussière avec ordre d’aller les porter à laver. Sur le moment, je ne songeais même pas à protester. J’étais abasourdi. A la fois naïvement ravi qu’un Jedi m’adresse la parole et atterré par leur manquement aux règles élémentaires de la politesse. Puis je me raisonnais en songeant que leur mission avait dû être épuisante. Bon. J’étais jeune, et il allait me falloir encore quelques « contacts » pour m’ôter mes dernières illusions. Après tout, pour un Jedi, je vaux à peine plus qu’un droïde.

Alors pourquoi suis-je resté, avez-vous envie de me dire ? Je ne renonce pas si facilement face à l’adversité. J’ai décidé de leur montrer qu’ils étaient dans l’erreur. Que les « non-Jedi » méritaient leur considération en tant qu’êtres vivants.
J’ai donc retourné mon statut contre eux. Vous pouvez à peine vous imaginer à quel point de multiples menus détails peuvent vous rendre la vie impossible.
Dans mon équipe de travail règne une bonne ambiance. Avec notre polyvalence, nous gérons nos postes comme il nous arrange. Aussi n’ai-je pas hésité à solliciter un remplacement auprès d’un collègue lorsque j’ai décidé d’agir.
Certains parleront de vengeance ; je préfère dire « inculquer les bonnes manières par la force ». Sans majuscule.
Tout avait commencé avec le retour triomphant de Fenrir Nos. Des négociations menées de main de maître, entendis-je. Quelque part, j’étais heureux pour ce jeune Chevalier dont c’était la première mission en solo. Il faut dire que de nombreuses années s’étaient écoulées depuis mes premiers pas au Temple ; après avoir remarqué le dédain des Jedi, je m’étais intéressé aux plus jeunes. Je l’avais côtoyé tout au long de son apprentissage de padawan au Temple Jedi. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous étions amis. Pourtant, j’avais toujours entretenu de bonnes relations avec les novices, n’hésitant pas à leur distribuer quelques bonbons quand je les croisais au détour d’un couloir, ou à les distraire en improvisant quelques jongleries.

Aussi fus-je désagréablement surpris quand je croisais Fenrir Nos à la fin de mon service. À mon salut poli ne répondit qu’un regard glacé empli de suffisance. Ma décision fut prise dans l’instant. J’avais supporté leur prétention de trop nombreuses années. J’en avais assez de leurs manières supérieures, assez d’être autant considéré qu’une poubelle de rue, assez que ces êtres arrogants prêchent l’humilité pour les autres.
Je connaissais par cœur le labyrinthe des couloirs du Temple ; il me fut facile de prévoir l’itinéraire de Fenrir Nos.
La Force est un concept difficile à appréhender pour un non-initié. De par mon expérience, je savais qu’elle permettait de percevoir les dangers, les pièges, les mauvaises intentions.
Pourtant, la Force peut être dupée. Ce qu’apprit Fenrir Nos à ses dépens lorsqu’il s’étala de tout son long sur le sol fraichement lessivé. Son air furieux et humilié n’eut d’égal que mon rire irrépressible. Rapidement suivi d’un brusque plaquage contre le mur. La Force permet aussi ce genre d’effets. Cependant, j’avais fréquenté assidument la bibliothèque Jedi, passionné par sa richesse.
– La vengeance appartient au Côté Obscur, lui énonçais-je doctement.
Difficile d’avoir l’air détendu quand vous faites l’étoile de mer à cinquante centimètres du sol, mais je fis de mon mieux. Savez-vous combien quelques secondes peuvent paraitre une éternité ? J’en fis l’expérience avant de m’écraser lourdement au sol.
Fenrir épousseta ses vêtements avec plus de force que nécessaire, avant de s’éloigner sans un regard pour ma personne. Le soulagement qui m’envahit me fit prendre conscience de la tension qui m’habitait jusqu’à lors.
Je savourais ce premier succès quelques jours avant d’organiser une opération similaire. Deux mois plus tard, la multiplication de ces petits incidents finit par remonter en haut de l’organisation.
Aussi ne fus-je pas vraiment surpris d’être convoqué par le Grand Maitre de l’Ordre Jedi. Yoda m’accueillit dans son bureau, arrivant tout juste à ma taille.

Comment un être si petit arrivait à paraitre si grand ? Jamais je ne m’étais senti aussi minuscule.
Une véritable aura de maitrise l’entourait. Comme si, moi aussi, je pouvais soudainement « voir » la Force.
Et son regard... Intense. Pétillant. Sage. Amusé.
Je l’écoute m’expliquer, la gorge nouée, comment les Jedi humiliés sont venus le trouver. Comment il les a reçus. Comment ils sont repartis.
Ses paroles sont graves mais son regard limpide. J’apprends qu’il sait depuis longtemps que je suis au cœur de ces petits incidents qui émaillent la vie tranquille du Temple. S’il ne peut cautionner officiellement mes actions, il a invité les Jedi à se remettre en question, à se voir autrement.
– Des tourments, bientôt vont arriver. Être prêts, nous devrons. De ces moments de paix, tu dois profiter.
Lorsque je quitte son bureau, je suis soulagé. Si ma sanction était cette entrevue, alors la sanction fut un rêve. Je peux continuer à exercer mon métier. J’ai compris que les Jedi étaient faillibles. Que je n’étais pas le seul à me préoccuper d’eux. Désormais, j’ai aussi une protection. Un devoir. Je veillerai sur eux.
– Bonsoir, Siam.
Surpris, je sors de mes pensées.
– Bonsoir, Fenrir.
Sourire fugace.
Complicité partagée.
J’ai retrouvé la paix.
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Messagepar Darth Piejs » Mar 12 Juil 2011 - 17:57   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Lu!
J'aime beaucoup.
Concept sympa et lecture agréable.
En revanche je trouve la chute un peu précipitée en comparaison avec la construction de l'histoire. :neutre:
Bien vu l'entrevue avec Yoda :) Même si finalement ce récit aurait pu être totalement intemporel.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Mar 12 Juil 2011 - 19:42   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Décidément, quand on compare les textes postés ici, il ne fait pas bon être dans l'Ombre des héros :transpire: Mais ça m'a plu, notamment la fin, qu'on ne voit pas venir :)

Et merci de remonter ce topic désert! :shock:

Bon, faudrait que je finisse Un Simple Policier, moi, mais je n'ai plus du tout d'idées, je ne sais pas pourquoi :neutre:
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Messagepar Notsil » Mer 13 Juil 2011 - 19:18   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Merci !

Je suis d'accord pour la chute finale, elle ne me satisfait pas totalement non plus, mais trois semaines que je planche sans succès. Le truc c'est qu'en plus ce n'est pas vraiment la fin qui m'intéressait, pour une fois, mais tout le processus avant, du coup j'ai galéré à trouver une fin relativement potable.

Bon courage pour finir Mitth' ;)
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Messagepar AJ Crime » Lun 18 Juil 2011 - 20:46   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ah, du Notsil, voyons voir cela avec mes remarques au fur et à mesure de ma lecture en direct :

C’était aussi mon rêve, enfant, la raison pour laquelle j’ai persévéré dans mes efforts.
j'aurais mis "enfant" en premier... la phrase deviendrait alors : "Enfant, c’était aussi mon rêve; la motivation de tous mes efforts." enfin, c'est ainsi que je la vois.

son simple intitulé
pour la signification je proposerais "son intitulé simple" mais bon, ça se discute. En revanche, "employé au temple jedi de coruscant" n'est pas forcément un intitulé simple.

Nos tâches couvrent un large domaine
ce mot oblige à généraliser à toute la profession alors que jusqu'ici tu emploies la première personne et donc la narration est focalisée sur un unique personnage... je me demande si "mes" n'aurait pas été plus adapté.

Les voisins de mes parents, qui m’hébergeaient durant mes études, mirent au monde un petit être sensible à la Force.
je pense que tout cela devrait être un peu développé élément par éléments... les études, les parents, les voisins, la naissance (Et pourquoi tout d'abord être hébergé par des "voisins" censés par définition habiter géographiquement à côté des parents ?) bref, répondre à toutes les questions de base pour donner de l'information aux lecteurs... QQOQCP: http://heilenia.fantastique.free.fr/ind ... c&t_id=548 .

Fort heureusement, notre grande différence âge me permit de prouver que je n’entretenais aucun lien avec cet enfant. Un soulagement. Je m’imaginais mal échouer à cause de quelques kilos de chair braillarde.
A fortiori, je ne vois pas le rapport... j'espère que c'est plus explicite dans la suite du développement parce que là, ça provoque en moi une foule de questions.

De loin, la construction est impressionnante... Il est simplement là,... avec l’intérieur est alors saisissant... ils sont si hauts que
dommage tous ces verbes êtres... ils manquent de sens et la description perd de son charme et de sa qualité... à voir pour rendre des verbes de sens.

de l’Holonet. Sauvetage d’otages,
et pourquoi pas ":" ici juste avant l'énumération.

je les avais mis en lumière.
"placé", "valorisé", "sublimé"...

respecter leur Code.
"le" afin d'amplifier cette majuscule placé à "Code".

assez de Maitres Jedi qui vérifient que leurs confrères
ce "qui" me gène, phrase à reformuler peut-être.

J’ai donc retourné mon statut contre eux.
il va falloir que tu m'expliques plus précisément ce que tu entends pas "retourner" un status contre quelqu'un, y a quelque chose de mal tourné là-dedans.... :)

Dans mon équipe de travail règne une bonne ambiance. Avec notre polyvalence, nous gérons nos postes comme il nous arrange. Aussi n’ai-je pas hésité à solliciter un remplacement auprès d’un collègue lorsque j’ai décidé d’agir.
voilà une mise en situation bien légère... on ne sait pas qui, et comment, c'est vague... de plus, ces "fonctions" ne sont pas très explicites. De plus, je pense qu'un employé doit être spécialisé pour être efficace alors que les chefs se doivent d'élargir leurs compétences afin de juger sur un ensemble de critères.

À mon salut poli ne répondit qu’un regard glacé empli de suffisance.
excellente cette phrase.

Rapidement suivi d’un brusque plaquage contre le mur.
outre le style narratif un peu trop détaché, à mon avis. Je pense que ce mot exprime mal ce que tu souhaite exprimer... lorsque je lis "plaquage" ainsi je pense aussitôt au rugby et tout cela se passe au sol... peut-être qu'en deux phrases en prenant le temps de découper les sensations entre la force impalpable qui le saisit, et la sensation de s'écraser contre le mur comme une chaussette sale... Enfin, tu vois ce que je veux dire ?

La Force permet aussi ce genre d’effets.
effet spécial alors ???? c'est trop cinématographique tout cela.

quand vous faites l’étoile de mer à cinquante centimètres du sol
excellent...

m’écraser lourdement
cette adverbe est-il utile au vue de la force d'écraser comme verbe ?

avec plus de force que nécessaire
"insistance" ? pour évacuer la colère plus que la saleté ?

soulagement qui m’envahit me fit prendre conscience de la tension qui m’habitait
un peu bof la formulation... et la répétition d'un vilain mot.

la multiplication de ces petits incidents finit par remonter
et pourquoi pas "remonta".

arrivant tout juste à ma taille.
Il faudrait d'autres éléments de description avant d'en arriver à celui-ci... non ?

si petit arrivait à paraitre si grand
pas terrible ça... "paraissait-il" ?

Je l’écoute m’expliquer,
c'est du présent ça non ? pour qu'elle raison ? en quel honneur nous propulses-tu ainsi dans le temps ? Il aurait peut-être fallu dire dans les premiers paragraphes de la nouvelles dans quel situation délicate il se trouve... parce que si non, ce retour au présent me choque un peu par manque de transition en début de ce dernier passage.

il a invité les Jedi à se remettre en question, à se voir autrement.
en voilà une gageure ? Il compte les ramener à plus d'humanité avec cela ? combat perdu d'avance.

Lorsque je quitte son bureau, je suis soulagé.
comme si beaucoup de temps avait passé pendant un sermon qui aurait duré très longtemps mais que tu n'as pas détaillé, en revanche, toujours du présent.... étrange. Cela passerait mieux au passé de narration.



Je rejoins un peu la critique de Darth Piejs dans le sens où il aurait fallu détailler un peu plus, partager des moments juste effleurés par une narration froide avec le personnage, développer les actions, les descriptions et les schémas de réflexion.

Pour ma part, je trouve la chute excellente et bien tournée. Voilà pour mon avis, Notsil, dans l'espoir que cela te permette de trouver des solutions pour une éventuelle réécriture de cette nouvelle...

Merci pour cet agréable moment de lecture, Notsil.
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Messagepar Notsil » Mar 19 Juil 2011 - 11:26   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Merci AJ pour tes remarques pertinentes ;)

Le présent est présent (^^) dès le départ du texte, avec une suite au passé pour raconter son passé et comment il en est arrivé là, et un retour au présent pour le moment présent, qui n'est pas le présent davantage "intemporel" du départ.

Bon, je n'ai pas l'habitude d'écrire au présent, donc le mélange vient possiblement de là, faudra que je me renseigne sur ces subtilités :)

Après pour les développements, ça reste à mon sens une nouvelle courte, donc où je ne vais pas développer l'ensemble de sa vie dans le détail. C'est vrai que du coup, l'épisode du bébé se retrouve inutile, puisqu'à part être un évènement mineur de la vie du personnage, il ne sert à rien. Là j'aurais pu rajouter une touche personnelle sur son avis sur la question (est-ce bien de les prendre si petit, tout ça).
Et ce sont ses parents et non ses voisins qui l'hébergent, ça me paraissait logique mais la tournure de la phrase prête en effet à confusion.

Pour le plaquage, c'est vrai qu'en relisant je pense aussi au côté rugby, cependant couper en 2 phrases ôterait le côté rapide / brutal / surprenant de l'idée. Faudra que je réfléchisse à un meilleur terme.

Bon, j'essaierai de revoir tout ça un peu plus tard, quand j'aurais pris du recul ;)
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Messagepar AJ Crime » Mar 19 Juil 2011 - 13:27   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ok ok... bon, ben bon courage pour les corrections... je crois sincèrement que quelques développements seraient souhaitables parce que si tu réduit à la seule action surprenante / rapide / brutal / captivante... il ne restera rien de ce texte hormis une enveloppe vide de sens. Parce que je crois que c'est justement le point fort de cette histoire, la réflexion de ce personnages non jedi sur les jedi et leurs manières mal venues de la guerre des clones. Le débat est ouvert et personnellement je partage l'opinion de ton personnage principal. Ce débat, c'est à toi d'en faire l'écho dans ce texte qui t'offre cette opportunité dans des dialogues et des réflexions philosophiques.

Pour ce qui est du présent, il n'est pas choquant en soit et s'explique très bien, à la condition d'utiliser une pirouette narrative afin de bien situer l'action pour le lecteur. J'aime pas non plus le présent ainsi que l'usage de la première personne... en tant qu'écrivain. Je reconnais sans peine qu'écrire ainsi nécessite de la maitrise pour réussir à le faire correctement.
En quête de votre intérêt et de vos suggestions, votre dévoué serviteur dans la force, AJC
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Messagepar Hiivsha » Ven 30 Sep 2011 - 21:07   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Je vais faire de la peine à notre ami AJ, mais pour changer de mes romans au passé, je vais utiliser le présent ! :whistle:

Et d'abord, je viens de découvrir ce "recueil" ! Na !
En fait je ne connaissais pas ces recueils qui sont une brillante idée. Ce n'est que parce que j'ai demandé à Darkwilliam si ma demande d'intégration de mon roman/FF "les aventures d'une jeune Jedi - Tome 1 : Le Cercle Sombre" avait été pris en compte par le staff de SWU, et qu'il m'a répondu qu'il lui fallait d'abord achever le "recueil n°4" en priorité avant de se "pencher sur mon cas"... que je me suis posé la question : "mais diantre fichtre fouchtre, qu'est-ce donc que ce recueil ?" :idea:

Du coup, j'ai épluché SWU à la recherche du recueil mystérieux et j'ai fini par trouver :x
Et franchement, ça m'a plu.
Du coup, j'en ai déduit que le recueil n° 5 était toujours ouvert et ça m'a tenté de faire un "essai" d'un texte court sur un thème imposé pour savoir si je pouvais écrire quelque chose qui tienne la route en moins de 487 pages ! :ange:

Mon plus gros handicap, c'est la méconnaissance de l'UE vu que je n'ai lu qu'un seul roman : "Alliance fatale". J'ai donc décidé de rester dans l'Ancienne République à laquelle je me suis intéressé, SWTOR oblige.

Voici donc ma contribution au recueil n° 5.

____________________________________________________________________________

ACTE D'AMOUR

(Grande Guerre Galactique : -3671 ABY)

Je meurs pour elle.

Le froid du néant m'a enseveli et je me sens glisser dans le gouffre sans fin d’une obscurité insondable. Qui saura que c’est par amour que je suis mort pour elle ? Si jamais quelqu’un a le temps de prononcer deux ou trois mots en guise d’épitaphe, il dira sans doute que j’ai agi en bon soldat pour protéger mon chef. En bref, il suggèrera simplement que je n’ai fait que mon devoir et que le sacrifice fait parti du métier de militaire. Peut-être me donnera-t-on une médaille à titre posthume comme celle du Mérite Républicain ? Et pourquoi pas la croix de l’Ordre Galactique ? En fait, il y a de grandes chances que je n’obtienne ni l’une ni l’autre. D’abord je ne suis qu’un cadet, un élève officier qui n’a pas encore ses dix-neuf printemps, ensuite parce que, même « elle », n’est sans doute pas assez importante pour qu’on s’attarde sur celui qui lui a sauvé la vie en perdant la sienne !

Et pourtant, j’ai toujours senti au fond de moi qu’elle était promise à une grande destinée. Pas parce qu’elle a fait battre mon cœur depuis tous ces jours et toutes ces nuits que nous avons passées ensemble sur cette planète hostile, non. D’ailleurs, ne vous y trompez pas. Quand je dis « ensemble », je veux dire elle, moi et toute la compagnie B du bataillon bleu de la deuxième brigade d’intervention au sol. Ça en fait des hommes, environ cent-cinquante personnes qui partagent notre intimité ! Et encore, quand je dis « intimité », je ne parle que pour moi, de cette place qu’elle a prise dans mon âme sans même qu’elle ne le sache. À moins qu’elle ne s’en doute un peu ? Je ne sais pas. Je guette dans chacun des regards que nous échangeons, le moindre signe que je représente pour elle plus qu’un simple subordonné. Un sourire plus appuyé, une phrase plus caressante qu’une autre, un mot plus doux qu’un autre.

Je vais mourir sans savoir si elle a pour moi ne serait-ce qu’un millionième de l’amour que je lui porte.

Peut-être aurais-je dû le lui dire ? Lui faire mieux sentir qu’elle était pour moi bien plus que mon chef sur un champ de bataille ! Que pour elle j’étais prêt à tous les sacrifices, à tout endurer, à renoncer à tout jusqu’à mon existence entière !

Tout m’avait séduit en elle : sa beauté, sa jeunesse, la même que la mienne, son regard, ses lèvres, son corps, sa gentillesse avec les hommes, son franc-parler, son esprit de décision, son autorité lorsque c’était nécessaire, le son de sa voix…

Hier, j’ai failli le lui dire. La nuit était tombée et nous bivouaquions dans cette forêt qui était sans doute la dernière zone de calme avant la tempête que nous allions devoir affronter pour déloger les régiments Sith de cette position classée stratégique par l’État-major. Stratégique en quoi ? Sur cette planète perdue de la bordure extérieure ! On se le demande ! Je sais bien qu’un militaire se doit d’obéir sans discuter ni chercher à comprendre, à fortiori lorsqu’on se destine à la carrière d’officier ! Du moins, tant qu’on n’est pas soi-même en position de définir la stratégie à mettre en œuvre pour remplir les objectifs c'est-à-dire tant que le terme d’obéir est supérieur à celui de commander.

Hier, sa silhouette se découpait sur la toile de sa tente dans laquelle elle se déshabillait et je suis resté là à contempler cette ombre qui se mouvait avec grâce et une lenteur toute sensuelle. J’ai pu admirer les doux contours arrondis de ce corps qui m’apparaissait si parfait et je devinais l’éclat de ses yeux verts parfois si brillants qu’ils ressemblent alors à deux émeraudes du plus pur éclat, brillant au soleil. Je n’avais que quelques pas à faire pour franchir la distance qui nous séparait l’un de l’autre afin de la prendre dans mes bras, de l’étreindre, de lui offrir le plus pur baiser qui puisse exister dans toute la galaxie. C’eut été alors mon tout premier baiser ! Ben oui, je n’ai jamais embrassé une fille ! Je suis parti à l’Académie Militaire avant d’en rencontrer une qui compte assez pour moi, et je n’ai jamais voulu galvauder ce premier geste de tendresse, comme les autres garçons le faisaient dans quelque sombre cantina mal famée ou dans le coin sombre d’une rue défraîchie au lampadaire éclaté. J’ai volé d’un regard la courbe de ses seins que j’ai imaginés écrasés contre mon torse dans une étreinte torride au contact voluptueux éclatant de milles plaisirs.

Et puis, je n’ai pas bougé et j’ai regardé son ombre s’asseoir sur le sol pour se mettre dans cette position si typique qu’elle prend, comme ses semblables, pour méditer, assise, les jambes croisées en tailleur. Comme tous les Jedi, cette jeune Padawan se réfugiait dans ce qu’« ils » appellent la Force pour se ressourcer et puiser je ne sais quelle énergie qui leur donne ces pouvoirs si extraordinaires.

Comment ai-je pu espérer être aimé un jour par l’une d’entre eux ? On dit d’elle, qu’après avoir été arrachée à ses parents, surtout à son père qu’elle adorait, elle a fini par renoncer à tout sentiment qui ressemble de près ou de loin à l’amour. Oh certes, il lui reste ce qu’ « ils » appellent la compassion ! J’ai entendu l’autre jour son Maître Jedi Togruta nommé Dar’nala lui en parler. Et il est vrai qu’elle fait grand cas de ses hommes contrairement à certains commandants qui ne se préoccupent que d’eux, de leur carrière et du résultat pour lequel peu importe le prix à payer !

Pourtant, une fille comme elle devrait être faite pour l’Amour, avec un grand A ! Quelle pitié que cette règle imposée par cet Ordre qui interdit à ses membres la noblesse du sentiment le plus pur qui puisse y avoir chez l’homme ! Je crois que je ne comprendrai jamais ces Jedi et leur Code si particulier. En tout cas, ce que j’avais fini par comprendre, c’est que l’amour que je lui portais ne serait jamais qu’à sens unique et cela me faisait souffrir !

Une patrouille m’a tiré de ma rêverie et je suis retourné sous ma tente en attendant le lendemain.

Nous nous sommes préparés avant que le jour ne se lève pour ne pas manquer l’assaut coordonné prévu par le Général Dar’nala depuis son poste de commandement d’où elle se devait de synchroniser les attaques des différentes compagnies. Les hommes étaient fébriles et heureux à la fois de sortir des bourbiers des jours précédents afin de passer enfin à l’action. Satele Shan, c’est le nom de cette Padawan que j’aime, nous a rassemblés pour donner à la compagnie les ultimes consignes venues de l’Etat-major. Et puis elle a trouvé les mots justes, ceux qui tombent de la bouche directement dans le cœur des hommes pour leur insuffler le courage et l’enthousiasme nécessaires à toute victoire. Malgré la jeunesse de ses dix-huit ans, chacun a écouté dans un silence quasi religieux, buvant chacune de ses paroles comme un nectar magique qui aurait eu quelque pouvoir d’invincibilité et, pensais-je en moi-même en rougissant, quelque vertu aphrodisiaque.

Alors nous nous sommes mis en marche tandis que l’artillerie se mettait à pilonner les positions ennemies dans un grand fracas d’orage apocalyptique. J’ai essayé de ne pas la perdre de vue. La seule pensée qu’il pouvait lui arriver quelque chose m’était devenue au fil des jours, insupportable. J’avais conscience que cette préoccupation nuisait au commandement que je me devais d’exercer sur ma colonne et soudain, il m’est venu à l’idée que c’était peut-être pour cela que ces Jedi prohibaient toutes ces choses rassemblées sous le terme générique d’« émotions ».

Le choc a été terrible. Les troupes Sith ont défendu âprement leurs positions et très vite, l’horizon entier s’est embrasé sous le formidable impact des différentes compagnies qui arrivaient de toutes les directions. Les tirs de blasters fusaient à travers la plaine fumante, zébrant l’air de leurs sinistres traits rougeâtres au bout desquels parfois, un homme s’effondrait en hurlant. La progression a été lente puis nous sommes arrivés au pied des murs de l’objectif quand l’ennemi a fait une sortie. Des sabres lasers sont apparus au milieu des troupes Sith. Aussitôt, une frégate d’intervention est apparue au-dessus de la forêt en contrebas de la colline, et des troupes de réserves formées de Jedi ont sauté dans l’herbe rougie par le sang des soldats pour venir à la rencontre des sabres lasers écarlates.

C’est à ce moment que je l’ai vu. Il était camouflé au sommet d’un des toits du bâtiment avec son fusil de sniper à grosse lunette. C’est l’éclat du soleil sur le verre bombé qui m’a frappé dans l’œil et j’ai tourné la tête. Une fraction de seconde pour comprendre, une autre pour apercevoir le point lumineux sur la nuque de Satele, une dernière pour m’interposer et recevoir le coup à sa place avant de m’écrouler. Le temps de tomber, j’ai pu voir une ultime fois son visage encore juvénile mais si beau qui cherchait à comprendre, puis sa lame verte s’est levée pour contrer un nouveau tir du tireur embusqué qu’elle lui retourna avec une précision absolument extraordinaire, le tuant sur le coup. Enfin je glissais dans l’obscurité froide et sans fond du néant de la fin de la vie.

Je sais que je ne vais pas rejoindre ce que « ma » Satele appelle la Force. C’est un truc réservé à eux, à ces créatures si spéciales qu’ils peuvent par leur seule pensée déplacer les objets les plus lourds ou projeter leur adversaire en arrière. Les Sith font même des éclairs avec leurs doigts !

Je ne vais que rejoindre l’immensité éternelle des soldats qui tombent sur les champs de bataille sans savoir pourquoi.

Le temps ne compte plus et je ne sens plus mon corps. Suis-je devenu immatériel ? Il y a une douce chaleur qui irradie mon âme et une lumière brillante qui forme un petit point au milieu de ce néant. Dois-je essayer de m’avancer vers elle ? Est-ce un passage vers une nouvelle vie comme j’ai parfois entendu dire ou devrais-je m’en méfier et rester là où je suis, dans l’ombre. Quelle est donc cette odeur qui chavire mon cœur à cet instant précis ? Une odeur que j’ai respiré avec bonheur à chaque fois que je m’approchais d’« elle » ! Est-elle morte aussi et présente à mes côtés ? Mon cœur se révulse à cette pensée mais aussitôt, l’espoir fou, égoïste, de la penser pour toujours avec moi et peu importe le lieu, prend le dessus. Si c’est cela l’éternité, alors va pour l’éternité. Avec elle, je ne demande rien de plus.

Mon cœur se met à battre plus vite. Bizarre. Je croyais que quand on était mort, le cœur ne battait plus. Je sens un contact chaud contre ma peau. Une douceur sans pareille, caressante comme une promesse divine. La lueur devant moi se fait plus intense. Il faut que je la regarde pour voir ce qu’il y a de l’autre côté. J’entrouvre les yeux et j’entends une exclamation de joie. D’abord je ne vois rien. Il fait sombre. Mais en baissant les yeux vers ma poitrine, je vois la lueur : deux mains posées sur mon torse qui semblent phosphorescentes tellement elles brillent d’un feu intérieur. Mais ce feu ne brûle pas au contraire, il est vivifiant. Je commence à distinguer des formes et les doux contours d’un visage. Les lignes de deux lèvres humides d’un rose de fruit printanier qui murmurent.
- Il est sauvé !

C’est « elle ». C’est Satele Shan qui est penchée sur moi. Depuis combien d’heures me soigne-t-elle grâce à la Force, je ne le saurai jamais mais certains soldats m’ont dit qu’une fois la bataille gagnée elle était restée plusieurs jours à mon chevet sans bouger, les mains posées sur moi, les yeux clos, comme pétrifiée. Je ne sais si je dois le croire.

Je ne lui ai jamais dit que je l’aimais mais je crois qu’elle l’a lu dans mes yeux. Elle m’a dit « merci » avant de me laisser aux soins des médecins pour l’évacuation vers un hôpital. La Padawan m’avait ramené d’entre les morts. Pourquoi ? Parce que je lui avais sauvé la vie et qu’elle voulait me la rendre ?

Aujourd’hui je sais qu’elle va devenir un grand Jedi et parfois, j’ai comme l’impression que je vais la retrouver un jour, au hasard d’un bond hyperespace et que je lui sauverai peut-être de nouveau la vie. Nos destins se croiseront de nouveau, j’en suis certain !
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Sam 01 Oct 2011 - 15:57   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

C'est très bien écrit :) Le devoir du soldat qui se combine à son amour pour la Padawan (un sujet qui te tient à cœur, décidément^^) sont très bien rendus, on s'attache à ce personnage.

(Ce qui me fait penser qu'il faut absolument que je fasse quelque chose pour Un Simple Policier :transpire: )
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Messagepar Hiivsha » Sam 01 Oct 2011 - 21:19   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Mitth'raw Nuruodo a écrit: (un sujet qui te tient à cœur, décidément^^)


C'est vrai je l'admets, c'est mon côté "fleur bleue" et "éternel amoureux" depuis bientôt 30 ans que j'ai rencontré celle qui partage ma vie amoureuse sans que le lien qui nous unis ne se démente, bien au contraire... j'ai parfois l'impression qu'il se renforce avec les années. :love:

Je ferme la parenthèse sur moi :D pour préciser qu'en toute conscience, je pense que les lecteurs des courtes nouvelles des "recueils" ne sont peut-être pas les mêmes que ceux qui ont pu ingurgiter mon roman de 500 pages. Du coup, c'était tentant de faire une variation sur un thème similaire d'autant que je m'étais fixé à titre de défi personnel 3 pages word standard en times new roman 12 pour éviter de trop en faire. Peut-être au final, est-ce trop condensé ? Mais au moins ça se lit vite :lol:

Ces recueils sont une excellente idée et un exercice pas forcément plus simple que d'écrire un roman dont on a la parfaite maîtrise. D'ailleurs, je ne sais pas ce que j'aurais pu écrire dans les premiers recueils étant donné ma méconnaissance de l'UE et de ses personnages de l'époque des films et la suite. Peut-être pour la destruction d'Alderande aurais-je fait un couple d'amoureux en train de faire l'amour sur une plage déserte ? :whistle:

En tout cas, je ne pouvais pas laisser un recueil ouvert sans quelques lignes de ma main après ce que je vous ai fait endurer avec Isil ! :ange:
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Sam 01 Oct 2011 - 21:24   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Peut-être au final, est-ce trop condensé ? Mais au moins ça se lit vite :lol:


Non, non, c'est très bien comme ça :)

Pour moi aussi, l'exercice de raccourcir mes textes était nouveau avec ce recueil -je devais déjà essayer sur Perle Rouge, mais ma folie a repris le dessus et je n'ai pas pu m'arrêter avant la page cent quatre-vingt-un :transpire: C'est très intéressant à faire quand on est habitué à des textes longs, en tous cas.

... Allez, zou, au boulot, j'ai une nouvelle à terminer depuis Mai, moi :paf:
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Messagepar Notsil » Dim 02 Oct 2011 - 15:34   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

J'aime bien aussi le concept de ces recueils, ça permet de se frotter à certains types de contraintes, et même en connaissant l'UE, on est souvent amené à rechercher des renseignements sur ces périodes précises :)

J'ai bien aimé ton texte en tout cas, un autre regard encore sur l'amour d'un simple soldat envers sa chef Jedi ^^
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Messagepar Hiivsha » Lun 03 Oct 2011 - 6:47   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Merci...

J'en profite pour souhaiter un bon anniversaire à AJ Crime qui semble être né le MEME JOUR QUE MOI !!!! :lol:
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Messagepar Code 44 » Lun 10 Oct 2011 - 19:51   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Hiivsha a écrit:Peut-être pour la destruction d'Alderande aurais-je fait un couple d'amoureux en train de faire l'amour sur une plage déserte ?


T'aurais été plus ou moins grillé par un précédent, je pense :D
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 10 Oct 2011 - 20:13   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

T'es vraiment un floodeur acharné, toi :x
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Messagepar Code 44 » Lun 10 Oct 2011 - 21:46   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

A Minos le St Siège du Retard, à moi le Trône de l'Empire du Flood :P

En même temps, j'ai plus ou moins (et d'ailleurs plus que moins) lâché les FFs SW mais pour le flood, je suis toujours là ! :D
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 10 Oct 2011 - 22:24   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

C'est gentil de nous tenir compagnie, mais on a surtout besoin d'auteurs/lecteurs, là, où ils sont tous partis? :transpire:
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Messagepar Hiivsha » Jeu 13 Oct 2011 - 9:23   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Code 44 a écrit:
Hiivsha a écrit:Peut-être pour la destruction d'Alderande aurais-je fait un couple d'amoureux en train de faire l'amour sur une plage déserte ?


T'aurais été plus ou moins grillé par un précédent, je pense :D


J'aurais varié en ne faisant pas un couple de lesbiennes... (si ma mémoire ne me trahi pas) :ange:
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Mer 26 Oct 2011 - 0:01   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Eh bien, vous n'y croyiez peut-être plus, mais me revoilà avec une nouvelle contribution dans la poche! Je me suis remis à Un Simple Policier et j'ai enfin réussi à la terminer ; je vous prierais d'aller relire le premier chapitre ici, ce n'est pas long et ça fait quand même pas moins de six mois que j'avais laissé l'idée en plan... L'histoire ne fait au total pas plus de dix-sept pages, donc vous seriez gentils de lire tout cela et de me dire ce que vous en pensez :) D'une façon générale, j'aimerais lancer un appel à la mobilisation pour ce recueil qui n'a pas l'attention qu'il mérite! Bon, assez parlé, je vous envoie ça :

II.


N'importe quel bon policier le sait, la peur est le meilleur rempart contre la violence. C'est pourquoi notre entrée dans la faculté est pour ainsi dire fracassante ; les portes verrouillées, largement renforcées par les étudiants, cèdent brutalement à l'assaut de mes collègues, et nous nous engouffrons dans un gigantesque hall plongé dans l'obscurité... L'attaque ne se fait pas attendre, évidemment ; il y a quelques cris d'alarme, et une nuée de jeunes gens courent à notre rencontre, équipés de diverses armes de fortune, férocement décidés à nous repousser... Le choc est à la hauteur de leur détermination : nous ne nous laissons pas surprendre, ils sont stoppés net par des coups assénés avec le plus grand professionnalisme dès qu'ils parviennent à notre portée, les imprudents sont vite maîtrisés, attrapés par des mains vigoureuses puis plaqués au sol avant d'avoir pu saisir ce qui leur arrivait...
Si nous sommes si brutaux d'entrée de jeu, paradoxalement, c'est parce que personne n'a envie que les choses prennent une tournure tragique comme l'espère probablement Vader, et ce n'est pas cette présomption de légitime défense pour nous qui va y changer quelque chose, car les lois sont beaucoup moins effrayantes que notre propre jugement... Enfin, je l'espère, parce que sinon, c'est cela qui est vraiment effrayant.
En attendant, les étudiants en prennent pour leur grade, et je ne suis pas le dernier à frapper les jeunes gens qui s'approchent de moi ; ça n'a rien de personnel, je ne suis même pas sûr d'être en désaccord avec eux, mais mes opinions ne comptent pas. Si je refuse de frapper des opposants aux réformes de l'enseignement supérieur, un extrémiste refusera de frapper des membres du Bloc Renaissance Coruscantie, un humain refusera de relâcher un Aqualish, et ainsi de suite... Nous avons tous une fonction à bien différencier des individus que nous sommes.
Du côté des étudiants, c'est la déroute, la plupart d'entre eux tentent de fuir alors que nous nous enfonçons rapidement dans le hall, une masse quasiment compacte de policiers s'efforçant d'intercepter leurs cibles... Décidés à entériner notre avantage, plusieurs de mes collègues commencent à lancer des grenades assommantes, et des groupes de silhouettes noires s'abattent brusquement comme des châteaux de cartes. Une autre fois, nous nous serions peut-être contentés de les mettre en fuite, mais on ne peut pas vraiment s'en contenter avec Vader derrière en train de vérifier que nous sommes de bons élèves...
C'est curieux, quand même, au vu des descriptions de Grellish, je m'attendais à ce que les étudiants soient plus combatifs. Enfin, tant mieux. À présent, ils semblent comprendre qu'il ne leur servira à rien d'essayer de sortir de la faculté sinon à se faire capturer, mais ils préfèrent s'engouffrer en masse dans les escaliers qui mènent, j'imagine, dans les profondeurs de leur faculté... À quoi bon, vraiment ? Mais peut-être veulent-ils nous occuper le plus longtemps possible, histoire d'avoir leur quart d'heure de gloire... C'est pathétique, ils vont faire perdre du temps à tout le monde. Heureusement que nous sommes là pour les ramener sur terre et pour éviter que Vader et ses clones s'en chargent...
« Max, attention, sur ta gauche ! » j'entends me prévenir Neekl.
J'ai tout juste le temps de me retourner avant de prendre en pleine figure un vigoureux coup de poing d'une haute silhouette noire ; je riposte automatiquement d'un furieux coup de matraque, mais mon agresseur a esquivé... Je le vois un peu mieux, maintenant, un grand humain mince à la peau très mate ; mes collègues accourent pour m'aider, mais deux autres types surgissent, lui ressemblant suffisamment pour être ses frères... Je me jette sur le premier, enchaînant un coup de genou droit dans son ventre et d'implacables balayages de ma matraque droit vers sa tête sans me soucier des coups que je reçois ; je le sens qui m'en assène quelques-uns, et il sait s'y prendre, j'ai l'impression que ma tête va exploser, mais lui-même s'effondre sous mes coups... Je crois avoir gagné jusqu'à ce que je le vois se relever, mais cette fois, je vois luire la lame d'un poignard dans sa main...
Soudain terrifié, je recule précipitamment pour éviter le coup... Mais il est dingue, celui-là ! Avant que je n'ai pu tenter de riposter, Neekl est là, une vraie montagne de muscle à la peau aussi sombre que celle de mon agresseur qui le saisit brutalement à la gorge avant de l'assommer une fois pour toutes.
« Ils ne se battaient pas comme des étudiants, ceux-là... grince Neekl.
-Non, j'approuve. Des voyous qui profitent de l'occasion pour foutre un peu plus de bordel, j'imagine...
-Ou pire, réplique mon interlocuteur. Je ne serais pas étonné que certains opposants s'imaginent faire un joli coup d'éclat en tuant l'un d'entre nous... »
Je hoche la tête ; Neekl est un virulent défenseur d'une police puissante pour un ordre strict, je le trouve parfois un peu paranoïaque, mais là, il n'a probablement pas tort, hélas... Quand je pense que nous sommes pris en étau entre ces voyous et Vader... Mais c'est comme ça, quand on essaie de changer les choses, ça doit souvent être le même dilemme pour Palpatine à son échelle...
En attendant, on ne nous laisse guère le loisir de nous imaginer que notre boulot va s'arrêter là ce soir...
« Retrouvez tous ceux qui se sont enfuis ! hurle Grellish quelque part au fond du hall. Retrouvez-les même si ça doit prendre le temps de fouiller toute la faculté, vous m'entendez ? Nous ne reviendrons pas dire à Vader que nous n'en avons pas pris autant que possible !
Je soupire et je suis sûr que beaucoup d'agents font de même, mais nous savons tous que Grellish a raison... C'est ça ou nous retrouver à la botte du BSI. Et ça n'arrangerait les affaires de personne, croyez-moi. 

C'est ainsi qu'une demi-heure plus tard, nous nous retrouvons à six dans un turbo-élévateur qui nous emmène tout en haut d'une aile de la faculté pour une partie de cache-cache idiote avec des étudiants... Ça s'annonce long et ennuyeux, surtout si l'architecture de cette faculté est aussi déroutante que celle de la faculté de droit où j'ai passé un an avant d'abandonner mes études.
« Soyez prudents, tout de même, nous souffle Shan. Aussi idiot que ce soit de traquer comme ça des manifestants en fuite, n'oubliez pas que certains sont peut-être dangereux... Max en a fait l'expérience tout à l'heure.
Je confirme d'un hochement de tête, puis la porte s'ouvre sur un large couloir désert, plongé dans l'obscurité jusqu'à ce que Shan mette en marche l'éclairage ; un amphithéâtre est indiqué d'un côté, diverses salles de travail probablement plus petites de l'autre.
-S'il y en a à cette étage, ils ont dû se retrancher dans l'amphithéâtre pour avoir la place de nous affronter, remarqua l'un de mes collègues, d'autant qu'il doit y avoir plusieurs issues...
Shan hoche la la tête.
-Oui, on y va... Max, toi et Plihak, allez quand même voir les petites salles, on ne sait jamais ; vous nous préviendrez s'ils sont trop nombreux...
-OK. Bonne chance, sergent. 
Plihak, c'est un grand type barbu à la peau pâle et aux cheveux noirs, plutôt mince mais il est plus solide qu'il n'en a l'air. Cynique, provocateur et misanthrope. Et un type plutôt sympathique derrière tout ça, accessoirement. Tandis que nos collègues prennent la direction de l'amphithéâtre au pas de course, Shan s'attarde un instant, l'air de vouloir dire quelque chose sans oser le faire.
-Vous aussi, bredouille-t-elle finalement devant mon regard insistant avant de se retourner.
J'aimerais savoir ce qu'elle voulait dire, mais la jeune femme s'éloigne déjà pour rattraper les autres...
-Tu viens ? me demande Plihak. Il faut qu'on aille sortir les rats de leur trou...
-Ouais, ouais...
Plihak et moi nous engageons dans le corridor qui se rétrécit en nous efforçant de nous faire discrets, contrairement à nos collègues ; nous ne sommes que deux, après tout... Je prend néanmoins le risque de murmurer :
-Tu ne la trouves pas bizarre, Shan, depuis quelques temps ?
Plihak hausse les épaules.
-Écoutes, c'est une femme, je ne suis même pas sûr qu'elle se comprenne elle-même, alors...
Je lève les yeux au ciel.
-Oui, bien sûr, ça tombe sous le sens...
Nous continuons à progresser dans le corridor dans un silence plus professionnel, écoutant aux portes des salles, guettant attentivement le moindre signe de présence ennemie, mais il n'y a rien ; arrivés au bout du corridor, nous n'avons toujours perçu aucun signe des étudiants...
-Personne, et on a pas de nouvelles des autres non plus... Tu veux qu'on ouvre carrément les salles, pour voir ? j'interroge mon collègue à voix basse.
-Si tu y tiens, mais j'ai plutôt l'impression qu'ils ne sont tout simplement pas à cet étage...
-Ils doivent être dans l'amphithéâtre, tout simplement...
-Possible, mais dans ce cas le groupe de Shan devrait être déjà tombé sur eux...
-C'est vrai. On la prévient que nous n'avons rien trouvé ?
Plihak ne me répond pas ; apparemment plongé dans une intense réflexion, il étudie avec attention le couloir complètement vide à part nous et deux grosses armoires au fond. Dans le même temps, mon comlink sonne.
-Max ?
-Oui, sergent ? Nous n'avons repéré personne pour l'instant, et vous ?
-Non plus, l'amphithéâtre est vide...
-Bon... Vous nous rejoignez pour qu'on prenne le temps de visiter les salles, ou on change d'étage ?
-Rejoignez-nous devant le turbo-élévateur et on demandera un autre endroit où chercher, ça suffira... De toute façon, ce n'est pas comme si on trépignait d'impatience à l'idée d'arrêter de pauvres étudiants, pas vrai ?
-Non, c'est sûr.
Je romps la communication ; j'ai parlé à voix haute, mais même si les étudiants sortent de leur trou maintenant, ils auront bientôt affaire au groupe de Shan...
-Plihak ?
-Cette armoire n'a rien à faire ici, déclare brusquement mon collègue en désignant celle en face de nous.
-Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
-Elle ne ressemble pas du tout à l'autre, pour commencer...
-Tu sais, avec les budgets qu'ils ont en ce moment, ils doivent récupérer un peu tout ce qu'ils trouvent...
-Non mais même... Elle est beaucoup trop encombrante, elle couvre en partie la porte et elle n'est pas si loin du plafond... Moi, je dirais qu'elle a été placé là sciemment pour couvrir une autre porte.
-Je n'en sais rien, mais Shan nous attend...
-Si Shan a des subordonnés à son service et pas des droïdes, c'est pour qu'ils pensent par eux-mêmes, grogne Plihak. Allez, on essaie de la tirer, on verra si elle n'est pas trop grosse... Je parle de l'armoire, bien sûr.
-Bon, si tu veux... Tu prends ce côté-là ? Alors on y va...
Dès que je commence à tirer la masse métallique, je sens quelque chose d'anormal ; c'est beaucoup trop facile, l'effort est conséquent, mais elle me suit néanmoins... Elle est difficile à manœuvrer, mais absolument pas trop lourde.
-Ouais, on dirait que tu avais raison... Elle est vide. Ils l'ont déplacé.
Je recule lentement, tirant toujours fermement l'armoire avec Plihak... Mes doigts glissent, mais c'est faisable...
-Voilà, c'est bon, tu peux lâcher... Viens voir, la porte est là.
-Ah oui, j'admets devant la petite porte grise. Bien joué, mon vieux...
-Ne te fais pas de soucis, toi aussi tu aurais compris tout de suite si tu regardais plus de séries holonet...
-Si tu le dis... Je préviens Shan. Il vaut mieux que nous allions voir d'abord à deux, non ?
-Oui... Ça doit mener à une sorte d'amphithéâtre central où ils ont décidé de tous se regrouper, un truc comme ça... On va voir s'ils sont bien là, et on revient avec les copains.
-En espérant que ce ne soit pas eux qui nous repèrent les premiers...
-Te fais pas de bile, petit... S'ils savaient se battre, ils n'auraient pas besoin de faire des études.
-Tu es irrécupérable... » je soupire avant de saisir mon comlink.

Derrière la porte, Plihak et moi commençons à descendre un long escalier plongé dans l'obscurité ; je pensais que nous arriverions vite à destination, mais ce n'est pas le cas, aussi je me demande pourquoi quelqu'un s'était ennuyé à bâtir un si long escalier plutôt que de tout simplement le remplacer par un turbo-élévateur...
« Je crois que je sais où nous allons, me signale doucement Plihak. Quand la Guerre des Clones a commencé à traîner en longueur, certains bâtiments se sont dotés d'issues de secours sans turbo-élévateurs ni aucune technologie électronique, pour tromper les détecteurs des droïdes en cas d'attaque... Mais je ne savais pas la faculté si récente...
-Peut-être que la première a été détruite pendant le bombardement, alors ils l'ont transféré dans ce bâtiment? je suggère.
-Possible, oui... Mais tais-toi, on arrive. »
En effet, en-dessous de nous jaillit une lumière d'un jaune crû dans l'encadrement d'une porte ouverte... Après avoir consulté mon collègue du regard, nous nous accroupissons et continuons à progresser lentement... Une fois parvenu juste au-dessus de l'entrée de la salle, craignant d'arriver directement en face de la porte ouverte et d'être repéré, je m'agrippe des deux mains à la rambarde pour sortir de l'escalier sur le côté, les jambes pendantes dans le vide... Plihak suit le même chemin et, estimant la hauteur suffisamment faible, nous nous laissons tous deux tomber dans le vide... Je me reçois sur le sol avec un bref éclair de douleur, personne ne semble faire attention au bruit... Une conversation animée semble en effet avoir lieu à l'intérieur de la salle entre deux voix féminines pendant que Plihak et moi nous glissons juste à côté de l'encadrement, accroupis dans l'obscurité... Nous distinguons des tables à l'intérieur de la salle, de l'autre côté...
Le plus simple serait sûrement de prévenir immédiatement Shan que les étudiants sont bien là, mais c'est que je suis curieux, et Plihak ne fait rien de son côté non plus... Si on nous pose des questions nous pourrons toujours soutenir que nous avons progressé très lentement vers la salle pour ne pas nous faire repérer...
Ceci dit, je ne suis pas sûr de pouvoir argumenter de quelque façon que ce soit en face de Vader...
« C'était le dernier groupe à évacuer, normalement, signale une voix masculine parlant avec un accent exotique, coupant la conversation entre deux femmes que j'avais crû entendre. Je crois qu'il faut se faire à l'idée que les autres se sont tous fait prendre.
-Les prisonniers sont sortis, au moins ? demande l'une des voix féminines.
-Oui, aucun problème à craindre de ce côté-là.
-Tu te doutes bien que je ne le ferais pas dans le cas contraire, renchérit la deuxième voix féminine. Je suis avec vous de tout cœur. C'est bien pour cela que je dois le faire.
La première femme soupire.
-Je déteste déjà l'idée de les abandonner, mais...
-Ça faisait partie du plan dès le début et ils le savaient, affirme sèchement la deuxième voix féminine.
-Oui, d'accord pour ça, j'ai dit que je n'aimais pas cette idée, c'est tout ; mais tu ne peux pas me demander d'aller jusque-là ! Je t'ai dit que j'étais prête à jeter toutes mes forces dans la bataille, je suis prête à faire des sacrifices, mais pas ceux-là ! Il y a des limites !
-Et pourquoi donc ? Si c'est tout ce qui marche ?
Je réfléchis tout en écoutant les paroles des étudiants...Si je comprends bien, cette salle donne sur une sortie secrète comme l'avait supposé Plihak, et la plupart des étudiants ont déjà fuis... Je me glace en pensant à la réaction de Vader, pourvu qu'on réussisse à rattraper les étudiants d'une façon ou d'une autre... De toute façon, excepté en ce qui concerne ceux encore à l'intérieur, je n'y peux plus grand chose.
Enhardi par l'idée qu'ils ne sont probablement plus si nombreux à l'intérieur de la salle, je risque un rapide coup d’œil vers l'intérieur... J'ai le temps de voir une sorte de grand amphithéâtre donnant sur de multiples issues, sans doute un refuge en cas de bombardements ; à l'intérieur, une poignée de jeunes gens sont assis sur les tables. Je distingue un Zabrak, une jeune humaine aux cheveux châtains et un jeune homme à l'expression buté qui me parut être de la même famille, tous trois assis en face d'une autre femme un peu plus âgée aux cheveux d'un noir de jais, je lui donne à peu près mon âge, et d'un Elomim qui observe la discussion avec une sorte de sourire narquois... Je me retire alors que Plihak passe à son tour la tête à travers l'encadrement ; il me fait la moue en se détournant, comprenant aussi bien que moi ce que signifierait la capture de si peu d'étudiants...
Autant continuer à écouter... Mon comlink vibre, mais je ne lui prête aucune attention...
-Peut-être parce que ça s'appelle un assassinat ? intervient sur un ton glacial une nouvelle voix que je présume être celle de l'humain.
Je sens un frisson me parcourir... De quoi parlent-ils ? Que projettent exactement ces étudiants maintenant qu'ils ont permis l'évasion de leurs camarades ?
-Ça s'appelle un acte de résistance contre l'oppression, martèle la deuxième femme, dont un second coup d’œil furtif m'apprend que c'était celle aux cheveux noirs. Mettez-vous en tête que nous n'avons pas le choix, nous défendons notre liberté et celle de la Galaxie par le seul moyen possible ! Abandonnez toutes ces distinctions infantiles...
-Ce n'est pas le seul moyen possible, soupire la première femme.
-Si, ça l'est, et si tu crois le contraire, ils te tueront ! J'essaie de garder mon espoir vivant, Sophill, j'essaie vraiment de continuer à croire en une Galaxie meilleure, mais tu sais aussi bien que moi que nous ne pouvons pas combattre ces assassins avec des manifestations et des pétitions ! Les étudiants en philosophie ont essayé, et nous avons tous vu le résultat ! Et maintenant, ils s'imaginent qu'ils ont gagné à nouveau... Mais cette fois, ces brutes de policiers vont comprendre à qui ils ont affaires ; cette fois, toute la Galaxie va être forcée de regarder le problème en face ! Nous devons montrer que nous sommes là, montrer à quoi nous sommes forcés à cause de la tyrannie de Palpatine !
Je sens mon sang bouillir de colère ; ces brutes de policiers se battent tous les jours pour empêcher cette planète de sombrer dans le chaos et les protéger des vraies brutes de Palpatine ! S'ils ne veulent pas de nous, autant laisser ces imbéciles d'étudiants à Vader ! Mais je suis aussi troublé par toute cette amertume dans la voix de la jeune femme... Est-ce qu'on en est à ce point-là ? J'ai conscience des défauts de l'Empire, mais je trouve dérangeante l'idée qu'on puisse lui vouer tant de haine...
-D'accord, d'accord, admet la dénommée Sophill, mais les agents des FSC n'y sont pour rien si Palpatine a décidé de broyer toute la Galaxie sous son joug ! Ils font leur boulot comme ils le faisaient sous la République, c'est tout !
-J'ai choisi mon camp, ils peuvent choisir le leur, lâche son interlocutrice. S'ils ne le font pas, c'est parce qu'ils sont aussi lâches que tout le reste de la Galaxie qui regarde sans rien faire Palpatine devenir le pire despote de l'Histoire... Face à quelqu'un comme lui, rien ne s'est jamais accompli sans faire couler le sang et tu le sais.
-Peu importe qu'ils n'aient pas la force de se rebeller contre leurs supérieurs... Tu me demandes d'agir comme ce que nous combattons... Ce n'est pas pour cela que nous avons fondé le réseau Dalsa Blanche...
-Ça s'appelle la guerre. Oui, on va agir comme eux et j'en suis désolée, mais ils ne nous laissent pas le choix si nous voulons vivre libres, si nous voulons que nos enfants vivent libres ; nous en avons le droit ! Ils nous en donnent le droit ! Le système Impérial écrasera tout ce qui résiste à son pouvoir si nous ne le faisons pas ! La peur du sang est tout ce qui empêche le régime de tomber, comme toutes les tyrannies qui l'ont précédé... Et si nous échouons, nous nous devons de tomber les armes à la main.
-En tuant des innocents ?
-Des innocents ? Qui est innocent ? Le gentil comptable qui partira à la retraite demain après avoir été un salarié modèle doublé d'un père de famille exemplaire a sur les mains le sang de toutes les victimes de Palpatine.
-C'est bien gentil, toutes vos discussion philosophiques, commente une autre voix masculine, sans doute le Zabrak ou l'Elomim, mais on a plus trop le temps, là... Sophill, toi et ton frangin, dégagez ou mourrez, parce que nous, on a bien l'intention de le faire.
-Ce n'est pas ce qui était prévu à l'origine, souligne l'humain.
-Ulrike... Ne fais pas ça. Je t'en prie. Je sais que tu n'es pas un monstre... Ne deviens pas comme eux...
-Je vais devenir ce qui permettra d'abattre le pouvoir Impérial. Rien de plus, rien de moins. Tu comprendras, le jour où tu auras vu celui que tu aimes assassiné par l'Empire pour rien... Si tu trouves encore cela normal à ce moment-là, c'est que tu mérites d'être l'esclave que Palpatine veut faire de toi.
-Et tu crois que quelqu'un trouvera normal de tuer tous ces gens ! s'exclame Sophill, épouvantée.
-Mais j'espère bien que non ! Ils ne trouveront pas cela normal, non, et ils seront forcés de se demander pourquoi nous l'avons fait ; ils verront que nous sommes en guerre, et ils devront choisir leur camp !
-Tu es folle !
-Je préférerais, Sophill, je préférerais... Mais si ce n'était que ça, tu n'aurais pas si peur ; si tu as peur, c'est parce que tu sens bien que loin d'être folle, je vois enfin la réalité telle qu'elle a toujours été... La réalité, c'est que nous sommes menacés de tout perdre, menacés par Palpatine, menacés par tout un système mis en place dès la République, menacés par tous ceux qui servent ce système comme les FSC... Nous allons enfin riposter, nous allons enfin nous défendre. »
Plihak et moi nous retournons l'un vers l'autre dans la pénombre, effarés... Ça tombe sous le sens : ils vont faire sauter la faculté ! Ils veulent nous tuer ! Ces jeunes sont complètement cinglés, comment avons-nous pu penser un seul instant à retenir nos coups contre eux ?
Je me sens m'enflammer sous le coup de la peur et de la colère... Nous avons essayé de les protéger, et en réponse, eux vont tous nous tuer, me tuer moi, tuer mes collègues, Shan, Plihak, Neekl... Nous devons à tout prix les en empêcher et leur montrer ce qu'ils méritaient...
Ulrike est la plus folle de tous, et pourtant c'est elle qui a raison, la vérité m'apparait maintenant dans toute son horreur : nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre parce que ces fous ont décidé de tuer sans pitié tous ceux qui servent l'Empire... L'Empire m'a beaucoup déçu, mais qu'est-ce que cela valait encore face à la violence que ces étudiants s'apprêtent à déployer ? Entre Vader et eux, voilà que nous sommes perdus dans l'ombre de tous ces fanatiques, elle nous étouffera tous si nous ne faisons rien...
J'inspire profondément tandis que Ulrike exhorte encore Sophill et son frère à quitter les lieux...
« On y va tout de suite, j'indique à Plihak. Je sais qu'ils sont cinq, mais on a pas le temps de prévenir Shan...
-OK, on y va. 
Nous nous relevons prestement et nous engouffrons dans l'amphithéâtre, le sang brûlant d'agir...
-Rendez-vous immédiatement ! ordonne Plihak.
-Attention, les flics !
Le jeune humain aux cheveux châtains se jette sur moi, manifestement paniqué, mais malgré sa détermination, il n'est pas du tout de la même trempe que le voyou qui m'a agressé dans le hall, un coup de matraque bien placé me suffit à l'assommer.
-Filez ! ordonne le Zabrak, aux prises avec Plihak.
Les mains bloquées par le non-humain tandis que les trois autres étudiants cherchent à gagner une sortie dans le coin opposé de la salle, Plihak décoche un puissant coup de pied dans l'entrejambe de son adversaire pour le forcer à lâcher prise... Je cours vers la sortie à la poursuite des autres tandis que Plihak étale son adversaire de quelques coups de poings énergiques ; je ne suis pas sûr de pouvoir rattraper les deux jeunes femmes et l'Elomim... Je pourrais leur tirer dessus, évidemment, et ils le mériteraient sûrement, mais je n'en ai pas le courage...
Tout en poursuivant ma course dans un couloir sombre, je saisis mon comlink :
-Sergent Frankland, nous avons suivi les escaliers jusqu'à une sorte d'amphithéâtre qui donne accès à des sorties dissimulées, des étudiants sont en train de s'enfuir à peu près au niveau de...
-C'est bon, Max, je sais où vous êtes, le seigneur Vader a fait part à Grellish de ces issues secrètes, nous avons des gens pour les accueillir... On attendait juste que les rats quittent le navire.
-Ah ? Eh bien ça aurait été gentil d'intervenir avant, alors, ces tarés allaient faire sauter la fac !
-Quoi ? s'étrangle Shan. Attendez-moi, j'arrive de votre côté !
-Arrêtez-vous, c'est un piège ! hurle Sophill d'une voix stridente, devant moi.
Évidemment, ils m'ont entendu aussi... Je vois les trois silhouettes noires se retourner brusquement vers moi et je me prépare à les intercepter, de toute façon Plihak ne doit pas être bien loin derrière... Soudain, je vois la femme aux cheveux noirs, Ulrike, sortir un objet noir d'une poche de son pantalon... Terrifié, j'ai tout juste le temps de me jeter sur le côté avant que ne jaillisse une salve rouge mal ajustée. Les trois jeunes gens me passent devant sans davantage se soucier de moi. Un peu plus et j'y passais, il faut vraiment qu'on les arrête...
-Plihak, fais gaffe, ils sont armés ! je préviens en hurlant alors que je retourne dans l'amphithéâtre, sur les talons des étudiants...
Cette fois, plus d'hésitations à avoir, je sors mon arme de service... J'aperçois Plihak qui fait de même, mais les étudiants lui passent devant sans même le regarder...
-Arrêtez-vous ou nous tirons ! ordonne mon collègue, sans obtenir la moindre attention.
Ils sont perdus de toute façon, car ils ont à peine le temps de se faufiler entre les tables que surgissent Shan et deux autres de mes collègues par la porte où Plihak et moi sommes passés juste avant.
-Arrêtez-vous ! ordonne Shan.
L'Elomim se fige, apparemment désespéré, mais les deux femmes poursuivent leur course vers Shan... Qui s'écarte pour les laisser passer.
Stupéfaits, les deux autres agents s'apprêtent à se lancer à la poursuite d'Ulrike et Sophill dans les escaliers, mais Shan leur barre la route et assène même un coup de matraque au premier d'entre eux !
-Shan, arrêtes, qu'est-ce que tu fais ? je crie.
Le premier agent est un peu sonné, mais le second saisit Shan par les épaules avant de lui attraper la gorge... La policière ne se défend pas. Plihak et moi accourons.
-Shan, qu'est-ce que tu...
-Il n'y a personne là-haut ! s'exclame furieusement l'agent qui retient ma supérieure. Personne, ils étaient tous partis les attendre aux issues secrètes, il n'y avait que nous six pour les empêcher de fuir par ici ! Et elle les a laissé s'échapper !
-Shan, tu sais qu'on parle de terroristes, là ? je questionne, choqué.
-Elle a fait ce qu'il fallait, contrairement à vous tous, grommelle l'Elomim, mais personne ne lui prête attention.
À quel point faut-il être dément pour laisser s'échapper des gens qui projetaient de tous nous tuer... Sophill, à la limite, mais laisser s'échapper Ulrike la fanatique... Je n'arrive pas à croire que c'est Shan qui a fait cela... Elle reste muette, on lui libère la gorge, nous sommes bien assez nombreux pour la maîtriser, de toute façon.
-Laissez-la partir, nous demande Plihak. Elle a foiré, on est bien d'accord, mais c'est une des nôtres quand même, on ne va pas la laisser à Vader...
-Elle nous a trahi ! se révolte l'un de mes collègues.
-Oui, mais on ne va pas l'abandonner à une hiérarchie délirante qui ne comprend rien à notre boulot ! Max, t'es d'accord avec moi, non ?
Je regarde Shan, laquelle ne dit toujours pas un mot... Elle paraît nous observer avec un mélange de terreur et de pitié...
-Je ne sais pas...
-Elle reste là ! On ne va pas risquer notre boulot et encore moins nos vies pour une traîtresse !
Et soudain, alors que nous sommes toujours en train de discuter, indécis, soudain il n'y a plus aucun choix ; une nuée d'autres agents des FSC menés par Grellish surgissent par les issues secrètes pour envahir l'amphithéâtre, et derrière viennent les soldats-clones... Mon cœur se serre lorsque je regarde à nouveau Shan. Et derrière les soldats, eh bien...
-Seigneur Vader ! s'exclame l'un de mes collègues. Recevez toutes nos excuses, mais le sergent Frankland a empêché la capture des agents ennemis...
La haute silhouette de métal noir s'avance vers nous, mon cœur bat un peu plus vite à chaque fois que j'entends siffler sa respiration inhumaine...
-Sergent Frankland, énonce lentement la voix désincarnée...
Shan ne répond toujours pas, mais elle a pâli, beaucoup pâli.
-Vous avez une explication à nous donner ? interroge Vader.
-Si je dois vous la donner, c'est que vous ne la comprendrez pas de toute façon, parvient à murmurer Shan, blême.
Grellish approche à son tour.
-Seigneur Vader, soyez assuré que l'ensemble du corps des FSC condamne fermement l'action irréfléchie du sergent Frankland... Nous la ferons durement punir, et nous nous assurerons que tout agent qui voudrait lui emboîter le pas sache qu'il n'a pas sa place parmi nous...
-Ce ne serait pas utile, Capitaine, car ce n'est pas dans les FSC que n'ont pas leur place ceux qui s'opposent à l'Ordre Nouveau, mais bien dans cette Galaxie toute entière. Il ne doit rien exister en-dehors de l'Empire.
Nous échangeons des regards discrets entre agents des FSC, mal à l'aise ; nous savons très bien ce qu'a essayé de faire Grellish, il a essayé de sauver Shan et notre organisation toute entière... Je ne comprends pas comment Shan a pu faire une chose pareille, mais j'ai trop peur de ce que Vader pourrait lui faire... Eh, c'est peut-être une traîtresse, mais ça reste Shan, la Shan gentille et courageuse que je connais depuis mon entrée dans les FSC... Je la connais. Je tiens à elle. Ce n'est pas une étudiante anonyme, encore moins une folle furieuse comme Ulrike...
Vader nous balaye tous du regard.
-Le sergent Frankland est le symbole de tout ce qui ne va pas chez les FSC, de votre mécanique sclérosée incapable de s'adapter à l'Empire... Ces jeunes gens vous auraient tous tués sans hésiter, et elle, toujours sous l'emprise des vieux mensonges des Jedi, elle les a aidé à s'échapper... L'Empire ne peut tolérer que des gens au cerveau si limité aient le droit de vivre ; si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème.
Je frissonne à ces terribles paroles... Quand on entend ça, on a vraiment l'impression d'être insignifiant, une pauvre petite chose qui ne peut que supplier les monstres de la laisser vivre... Lorsqu'il se retourne vers Shan, je me mets à supplier intérieurement pour qu'elle s'en sorte vivante... Et s'il doit lui faire quelque chose, pas maintenant, par pitié, je ne peux pas voir une femme souffrir, encore moins une amie...
Je repense aux paroles de Ulrike... « J'ai choisi mon camp, ils peuvent choisir le leur »... Et si là, maintenant, j'ouvrais le feu sur le seigneur Vader ? Et si je le tuais ?
-Et tout problème doit être réglé, conclut Vader, indifférent au tourbillon émotionnel qui m'agitait...
Je regarde Plihak, qui a l'air aussi troublé que moi... Nous sommes probablement nombreux à nous demander ce que nous devons faire en cet instant... Que va faire Vader, pour commencer ?
Et puis je vois, épouvanté, Shan se soulever légèrement du sol, comme soulevée par un formidable poing invisible... Un cri étranglé jaillit de sa bouche, elle étouffe... Horrifiés, nous nous retournons tous vers Vader, lequel n'a pas bougé mais regarde fixement Shan... Il l'étrangle sans même la toucher.
À ce moment-là, je ne peux plus rien faire, je suis paralysé par effroyable vision... Je ne suis rien, nous ne sommes tous rien face au pouvoir de Vader, mon corps tout entier se révolte contre cette folie qui voudrait me pousser à affronter un tel pouvoir, et je reste là, glacé... Mon cerveau enregistre chaque image de la scène, mais je sais maintenant que je n'aurais jamais le courage d'agir...
C'est une traîtresse. C'est une traîtresse, je me martèle. Et Vader est le seul à pouvoir nous protéger des gens comme Ulrike. Ils nous auraient tous tués. Mais qui est-ce que je crois tromper ? Je ne veux pas mourir, c'est aussi simple que cela... Je ne sais pas qui me fait le plus peur entre les terroristes rebelles et Vader, mais je veux vivre...
Shan ne sera bientôt plus, si personne ne fait rien. Sa bouche se déforme, ses yeux nous appellent désespérément à l'aide. Seule la respiration effroyablement régulière de Vader se fait entendre, la mise à mort se déroule dans un silence assourdissant. Shan voudrait crier, elle doit respirer, mais l'air ne dépasse pas sa gorge, alors elle reste crispée dans un rictus de douleur, s'efforçant de se raccrocher à la vie pour ne pas tomber dans le vide infini... Mais il n'y a rien à faire, parce que Vader a décidé qu'elle ne méritait pas de vivre... Nous fixons son visage intensément, guettant avec un voyeurisme malsain l'instant précis où le manque d'air aura neutralisé son cerveau... Vader doit resserrer son étau au fur et à mesure car nous finissons par entendre quelque chose se briser, et les traits agonisants de Shan se relâchent soudain ; la poupée au cou brisé retombe soudain sur le sol.
Shan n'est plus rien. Ce n'est plus une amie, ce n'est plus une collègue, ce n'est même plus une traîtresse, ce n'est plus qu'un corps sur le sol.
-Emmenez-la si vous le voulez, sinon qu'elle demeure ici, lâche laconiquement Vader, comme si ce qu'il vient de faire est parfaitement ordinaire.
Je suis sûr que nous sommes tous incapables de nous détacher de la scène qui vient de se dérouler sous nos yeux pour revenir dans le présent... Toutefois, j'interpelle Plihak.
-On s'occupe d'elle ?
-C'est le moins qu'on puisse faire, j'imagine, me souffle-t-il.
C'est vraiment troublant de le voir aussi sonné... D'habitude, il semble que rien ne puisse l'atteindre... Nous saisissons le corps de Shan.
Il est encore tiède.
Portant le corps, nous sortons avec les autres de la faculté par les fameuses issues secrètes... Dehors, d'autres soldats clones nous attendent avec la foule des étudiants capturés. Leurs armures et leurs blasters dénoncent toute la mascarade, tout ce qui s'est passé ce soir n'a rien à voir avec une opération de police, et l'Empire n'a rien à voir avec les gouvernements que la Galaxie a connu jusqu'alors... Sur ce point, au moins, Palpatine n'a pas menti.
Alors que nous nous éloignons de la faculté, j'aperçois quelque part sur le toit d'un immeuble au-dessus la silhouette indistincte d'une jeune femme vêtue de blanc qui nous observe de loin... Ulrike ? Il faut vraiment qu'elle soit folle pour être restée si près de nous. Voit-elle que celle qui l'a sauvée ne marche plus ?
J'apprendrais plus tard que les dons de Vader lui permettent probablement de sentir la présence ennemie au-dessus de nous, et qu'il savait même probablement depuis le début ce que Ulrike et ses camarades projetaient avant de nous envoyer dans cette maudite faculté.
III.

Tout le reste de cette tragique soirée, je n'ai de cesse de me demander dans quel cauchemar je suis tombé ; qu'est-ce qui arrive à cette Galaxie, et qu'est-ce qui m'arrive à moi, pour commencer ? Moi et mes collègues nous disons au revoir sans rien ajouter, n'importe quel mot mal placé à propos de Shan, à propos de Vader, à propos de ce que nous aurions dû ou n'aurions pas dû faire, nous plongerait dans des abîmes de folie insondables... Je rentre chez moi par un speeder-bus complètement vide à cette heure-là, ça fait bizarre sachant qu'on a du mal à respirer dedans le reste de la journée... Comme si j'étais le dernier être pensant sur Coruscant malgré toutes les lumières de la cité galactique que j'aperçois par les vitres... Le dernier à penser et ressentir dans un monde artificiel, beau mais entièrement fabriqué par l'Empire... Je frissonne.
Les dernières expressions du visage de Shan ne me lâchent pas, comme si elle était encore là, devant moi...
Elle est morte. Je ne la verrais plus, elle est partie pour l'éternité là où personne ne pourra la retrouver... C'est long, l'éternité.
J'ai l'impression que je vais m'effondrer sur place... Quel est ce monde qui s'offre à mes yeux, maintenant, quelle est cette vie qui va être la mienne... Une vie faite de peur, non plus seulement la peur des criminels comme autrefois mais aussi la peur des seuls à pouvoir me protéger contre eux... Et pourtant, servir l'Empire est la seule solution, je l'ai su en écoutant Ulrike... Il faut choisir son camp, on fait partie du problème si on ne fait pas partie de la solution... Mais quel monde sinistre. La réflexion devrait me paraître infantile, elle l'est sûrement, mais elle sape en moi toute énergie, tout espoir...
J'arrive à mon immeuble, bien ordinaire, mais je ne lui en demande pas plus. Lorsque je monte dans le turbo-élévateur, je me demande déjà où je vais trouver la force d'en sortir... De renouer le contact avec le monde. D'admettre qu'il a changé. Mais, non sans soupirs de découragement, je parviens à me traîner jusque chez moi... Il est grand temps que je dorme...
Quand j'étais petit, j'avais l'impression que le simple fait de dormir pour passer à une autre journée pouvait venir à bout de tous les problèmes... Je pénètre dans ma chambre... Ma compagne, une jeune femme très aimable que j'ai connu en faculté de droit, est-elle encore éveillée ? Ça m'étonnerait, vu l'heure, mais elle en serait capable... J'ai ma réponse lorsque j'entends son murmure dans l'obscurité :
« Ça va ? Vous êtes restés tard... Des problèmes particuliers ?
Des problèmes particuliers ? Si elle savait !
-Je... Je préfère ne pas en parler pour le moment, chérie. Je suis... Très fatigué. »
Comment pourrait-elle comprendre... J'ai déjà assez de mal moi-même à accepter l'ide de cette nouvelle galaxie qui se construit sous mes yeux... Je crois que personne ne peut comprendre ce que l'on ressent lorsqu'on est ainsi prisonniers de l'ombre sinistre de gens comme Vader ou les étudiants fanatiques... Nous sommes pris dans un combat de géants, ils se fichent complètement de nous broyer, tout à leur lutte absurde...
Si c'est cela, être dans l'ombre des héros, croyez-moi, je me passerais bien de héros. Comment peut-on accepter de vivre dans une telle oppression ? Comment ? Car le plus effrayant, c'est que c'est bien ce que je m'apprête à faire.

La veille, nous avons failli perdre la vie à cause d'une bande d'étudiants en Histoire, notre supérieure a été exécutée par celui qui devait la protéger, et aujourd'hui, nous allons travailler au commissariat comme s'il s'agissait d'un jour ordinaire. Non, ce n'est pas tout à fait vrai, je suis venu nettement plus tôt, aujourd'hui. La raison n'en est pas un excès de zèle, mais je n'ai dormi que deux heures, et impossible de me rendormir ensuite... Par ailleurs, la seule idée de parler à ma compagne de ce qui s'est passé hier, de lui dire que j'ai regardé tuer une collègue sans rien faire, ça me rend malade ; seuls ceux qui y étaient peuvent comprendre. Je ne me suis jamais senti faire à ce point corps avec les FSC... Nous sommes tous pareils, au fond, pris en étau entre Vader et les rebelles...
À l'holonet Coruscanti, d'après ce que j'ai pu voir ce matin, on ne parle plus que de la tentative manquée d'attentat et de ce réseau Dalsa Blanche, qui serait apparemment très influent parmi les étudiants... On décrit Ulrike et ses camardes comme des monstres sanguinaires, je ne peux pas vraiment en vouloir aux journalistes, mais cela me fait un peu mal au cœur pour Sophill et l'autre humain... J'espère que lui ne s'en sortira pas trop mal et qu'elle ne se fera pas prendre, à propos.
Je ne suis pas le seul à être venu plus tôt cette fois ; je croise Plihak et Neekl, entre autres. Nous ne devrions rien avoir à faire avant un moment, nous allons nous asseoir dans un coin désert pour pouvoir discuter tranquillement.
« Vous n'avez pas beaucoup dormi non plus, j'imagine ? je leur demande.
-Tu me connais assez bien pour savoir que je n'ai pas pour habitude de faire du zèle, assure sombrement Plihak.
Neekl hoche la tête.
-Shan était vraiment une bonne flic, et c'était quelqu'un d'aimable... Ça fait vraiment mal de savoir qu'elle a fini comme ça, elle ne le méritait pas...
De telles paroles ont un certain poids dans la bouche du féroce partisan de l'Empire qu'est Neekl...
-Ne m'en parles pas, je soupire, elle avait tout de suite fait en sorte que je m'intègre bien aux FSC, dès que je vous ai rejoint... Je ne supporte pas l'idée que nous l'avons perdue. Mais ce n'est même pas ça, le pire ; je commence sérieusement à me demander combien de temps je vais pouvoir continuer à faire ce boulot... Ce n'est plus la même chose qu'il y a trois ans, bordel, ces étudiants ont vraiment de quoi faire peur, et Vader aussi... Et si c'est nous qui nous faisons étrangler devant tout le monde, la prochaine fois ? Si c'est l'un de vous deux, je devrais le laisser faire aussi ?
-Écoutes... Comme je viens de le dire, j'avais vraiment du respect pour Shan. Elle méritait mieux que ça. Mais franchement... Elle avait pété les plombs. Elle a laissé s'échapper deux terroristes dangereuses, et ce alors même qu'elle savait qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir... Ce n'était pas une trahison, ce qu'elle a fait était idiot, c'était un suicide ; elle ne supportait plus son boulot. Ça devait arriver.
-D'accord avec toi, approuva Plihak, mais ce n'était pas une raison pour l'abandonner à Vader... Elle était des nôtres, Vader n'avait aucune idée de qui il jugeait, il n'avait pas à faire ça. J'en ai marre de ces dignitaires Impériaux qui croient pouvoir tout faire mieux que tout le monde ; les autorités de la République étaient peut-être incompétentes, mais elles laissaient la police et la justice faire leur vrai travail, elles, au lieu de tout transformer en opération de propagande géante !
-Dis-moi franchement, Plihak... je demande anxieusement. Tu penses que nous aurions dû essayer de faire quelque chose contre Vader ? Si nous nous y étions mis tous ensemble, il n'aurait rien pu faire, même avec tous ses pouvoirs mystiques...
C'était une pensée étrange, sachant à quel point j'étais paralysé par la peur lorsque Vader étranglait Shan sous mes yeux... Mais c'est que nous attendions tous qu'un autre donne le signal de la révolte...
-Ça aurait été la dernière chose à faire, grogna Plihak. Shan était des nôtres, mais toi, Neekl et tous les autres, même cet abruti de Grellish, vous l'étiez tout autant ; on aurait peut-être pu neutraliser Vader, et après ? Après, c'était les soldats clones, petit. Et eux, ils ne sont pas du genre à se rebeller. On se serait fait massacrer, tu crois que c'est ce que Shan aurait voulu ?
-Non, bien sûr. Mais... Maintenant que nous savons qui nous commande, je me demande si je ne devrais pas tout simplement démissionner... On va se retrouver pris en étau entre Vader et des dissidents encore plus allumés que lui...
-Justement ! affirme fermement Plihak. On se sortira de là ensemble ou on ne s'en sortira pas, mais si nous commençons à nous abandonner les uns les autres, on ne s'en sortira pas ! Les imbéciles idéalistes qui tournent le dos à tous ceux qui ont besoin d'eux parce qu'ils croient tout savoir mieux que tout le monde, non merci, hein, on a déjà donné, le réseau Dalsa Blanche est là pour ça. Écoutes, ça me fend le cœur de te reconnaître ça, mais t'es un type sympa et ça fait un moment qu'on bosse ensemble, même chose pour Neekl même si c'est un pro-Impérial fini, même chose pour plein de types au sein des FSC, alors tant qu'il y aura des gens que j'estime pour servir au sein de la police de Coruscant, je serais avec eux. Et puis, c'est quoi qu'il nous reste comme alternative, sinon ? On peut passer du côté des opposants complètement barges du genre Ulrike, et ils sont bien pires que Vader, ou on peut devenir de futures victimes innocentes. Cette Galaxie part en morceaux, il faut bien que quelqu'un y remédie, et on est assez bien placés pour ça, dans les FSC, c'est encore nous qui sommes du côté de la loi ; t'as une copine, non ? Et tu auras peut-être des enfants, un jour. Si tu veux qu'ils vivent dans une Galaxie sûre, il faut faire quelque chose dès maintenant, aussi atroce que ce soit. Choisis ta place. La mienne, j'ai déjà décidé qu'elle était avec vous. Alors ne me lâches pas.
Je ne sais quoi répondre, touché par la franchise de Plihak... Mais l'idée de rester au service d'un régime qui commence sérieusement à m'inquiéter par solidarité avec mes camarades me paraît très étrange... D'un autre côté, c'est vrai que c'est pire en face, et si je démissionne, ça n'arrangera pas les affaires de grand monde. Encore une fois, si on ne fait pas partie de la solution, on fait partie du problème...
-Tu ne peux pas quitter les FSC comme ça, tu en fais partie, conclut Plihak avec un haussement d'épaules. Ton travail n'est pas seulement ta fonction dans la société, c'est aussi une bonne partie de ta vie... Et puis, ça servirait à quoi ? Tu aurais le courage d'entrer en résistance, tout seul ? Tu vas te faire flinguer sans servir à grand chose et tu le sais très bien. Sachant qu'à ta place je ne compterais pas trop sur l'aide d'Ulrike et ses potes...
-Non, j'admets, non, je n'en aurais pas le courage, et non, je n'abandonnerais personne... C'est juste que... C'est vraiment trop dur d'admettre qu'on en est au point où on peut regarder une collègue se faire étrangler sans rien faire...
Neekl reprend la parole :
-Les gars... Ne vous leurrez pas. Évidemment que la construction de l'Empire va avec son lot d'injustices, et évidemment que ça fait mal ; mais ça en vaut la peine. L'objectif final, c'est d'éradiquer la violence et les injustices, de créer quelque chose de contrôlé, de rétablir un ordre durable, et ça, ça mérite ce que nous endurons... Les rebelles n'apportent que le chaos avec eux, mais ils n'ont jamais rien réussi d'autre ; on a construit un pouvoir au service de tous à l'échelle de la Galaxie, ça a été la République, et maintenant, si on accepte tous de faire des sacrifices, nous passerons à l'étape supérieure... C'est l'aboutissement logique de la République, pas une rupture. Construire cela, ça demande du courage, mais je suis sûr que vous en avez.
-Ouais... Enfin, tout ce baratin, ça ne m'a jamais convaincu, remarque Plihak. Tu me diras, je n'étais pas très convaincu par celui de la République non plus, et encore moins par celui de la Confédération des Salauds Intéressés...
-Pitié, les gars, ça fait deux ans que vous avez sans arrêt la même conversation, je signale.
-Bon, bah en tous cas vous connaissez mon point de vue sur le sujet, rappelle Neekl, mais je vais vous dire autre chose, alors, c'est que personne aujourd'hui n'est en mesure de gérer une Galaxie, personne d'autre que l'Empire. Si vous ne croyez pas en l'Empire, dommage pour vous, mais le jour où quelqu'un d'autre aura les moyens de maintenir en ordre trop de systèmes pour qu'on puisse les compter, vous me ferez signe... Abattre le pouvoir Impérial à l'heure actuelle, c'est abattre l'ordre ; vous êtes flics comme moi, vous savez ce que font les gens quand il n'y a plus personne pour les surveiller... Et ça, c'est bien pire. Les gens qui n'approuvent pas Palpatine le savent très bien, et c'est pour cela qu'ils ne font rien contre lui... Prenez-en de la graine.
-Ça, par contre, je suis d'accord avec toi, l'appuie Plihak. Le réseau Dalsa Blanche et tout ce qui s'en rapproche, c'est juste des imbéciles qui veulent jouer aux héros sans connaître rien à rien... On peut parler de lutte des classes, de lutte des espèces, des genres ou de je ne sais quoi d'autre tant qu'on veut, mais le fait est que pour que l'oppressé prenne vraiment les armes contre l'oppresseur, il faut qu'il ait l'impression de pouvoir améliorer son sort en cas de victoire... Il faut qu'il ait certaines capacités, ce qui se traduit bien souvent par des connaissances... Le savoir, c'est le pouvoir, et pour l'instant, il ne reste personne parmi les opposants à l'Empire qui en ait suffisamment pour fédérer une action massive.
-Autant être réaliste, ça ne sert à rien de se révolter contre quoi que ce soit si on est seul à le faire, à part à se faire tuer, j'énonce, désabusé. Et je ne veux pas me faire tuer pour rien...
-Non, et ça ne fait pas de toi un monstre pour autant, me rassure Plihak. N'importe qui ferait pareil. 
-Je trouve quand même ça terrible, Shan est morte, et nous allons faire comme si de rien n'était... j'explique.
-On va surtout faire en sorte de ne laisser tomber personne, Max... L'amitié, l'amour, la solidarité, c'est peut-être démodé, tout ça, mais c'est à peu près tout ce qui nous reste à une époque où l'injustice et la violence sont de règle... C'est ce qui fait que nous continuons à vivre et que nous restons humains dans cet enfer... Toute cette conversation restera entre nous, hein, Neekl ?
-Bien sûr ! Ça va, je ne suis pas un agent du BSI, non plus... Tu l'as dit toi-même, quand on est dirigés par des gens comme Vader, les amis, c'est tout ce qui reste... Bon, on retourne bosser ?
-Ouais, on y retourne. » j'approuve avant de me lever.
Une nouvelle journée de travail commence.
Modifié en dernier par Mitth'raw Nuruodo le Jeu 27 Oct 2011 - 9:36, modifié 2 fois.
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Messagepar Code 44 » Jeu 27 Oct 2011 - 9:27   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Haaa, une belle MAJ sur une belle histoire, ça fait plaisir.
Même si je pensais que la mininouvelle irait au delà du raid contre les étudiants, ça reste une FF très sympa avec de belles références : die Weiße Rose, les Scholl ou le "rien ne doit exister en dehors de l'Empire", qui sonne bien comme le Tout dans l’État, rien contre l’État, rien hors de l’État de Mussolini.
Et que la crise de conscience du héros et de ses collègues peut aussi renvoyer à celle des agents de l'Orpo ou de la Kripo en Allemagne nazie. Ou de façon plus générale, à n'importe quelle organisation policière sous un régime totalitaire.

'fin bref, moi je dis, bien joué :)
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Jeu 27 Oct 2011 - 9:43   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Même si je pensais que la mininouvelle irait au delà du raid contre les étudiants,


J'y ai pensé, mais j'ai préféré rester sur une photographie des FSC à un moment donné pour ne pas trop me disperser.

die Weiße Rose, les Scholl ou le "rien ne doit exister en dehors de l'Empire", qui sonne bien comme le Tout dans l’État, rien contre l’État, rien hors de l’État de Mussolini.


Bien vu :jap: Tu vois aussi pourquoi l'extrémiste s'appelle Ulrike et qui a dit "Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème" ?

'fin bref, moi je dis, bien joué :)


Merci :)
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Messagepar Code 44 » Jeu 27 Oct 2011 - 10:14   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Je suppose que Ulrike est une starwarisation du prénom Ulrich mais de là à voir à qui tu faisais référence...et pour la réplique, je dirais bien les Shadoks avec "si y a pas de solution, c'est que y a pas de problème" mais ça doit pas être ça :D
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Jeu 27 Oct 2011 - 10:49   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Je suppose que Ulrike est une starwarisation du prénom Ulrich mais de là à voir à qui tu faisais référence...


Perdu, je savais bien que je t'aurais, un jour :D Ulrike doit son prénom à Ulrike Meinhof, figure particulièrement médiatisée de la Fraction Armée Rouge.

et pour la réplique, je dirais bien les Shadoks avec "si y a pas de solution, c'est que y a pas de problème" mais ça doit pas être ça :D


"Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème", non, c'est du Lénine, déjà repris dans L'Étoile Noire :wink:
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Messagepar Code 44 » Jeu 27 Oct 2011 - 10:55   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Mitth'raw Nuruodo a écrit:Perdu, je savais bien que je t'aurais, un jour :D Ulrike doit son prénom à Ulrike Meinhof, figure particulièrement médiatisée de la Fraction Armée Rouge.


Ha bah voilà, sauf que les années de plomb, moi, j'y connais pas grand chose. Et puis il était pas tout seul l'autre, dans la bande à Baader ? ^^

"Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème", non, c'est du Lénine, déjà repris dans L'Étoile Noire :wink:


J'aime pas les citations de Lénine...un bon vieux "le Pape, combien de divisions ?" de l'Oncle Joe, ça avait quand même plus de gueule :o
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Messagepar Notsil » Dim 13 Nov 2011 - 19:55   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Cette 2ème partie est sympa ^^

Je trouve que les bonhommes réfléchissent beaucoup sur le système et s'il est bien / mal, par contre même s'ils semblent pouvoir "faire avec", aucun ne se pose la question "et si ça avait été moi, à sa place, j'aurais fait quoi ? " ou même "et si c'était moi, le prochain, à mourir par le caprice de Vador ?" lorsqu'ils discutent "sécurité" de l'emploi ^^

Sinon j'ai une petite question à propos de ça :

enchaînant un coup de genou droit dans son ventre et d'implacables balayages de ma matraque droit vers sa tête


Si le gars ne cherche pas à tuer il n'a aucune raison d'envoyer la matraque dans la tête du gars il me semble, non ?
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Messagepar Minos » Lun 28 Nov 2011 - 23:17   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Code 44 le 10 octobre a écrit:A Minos le St Siège du Retard, à moi le Trône de l'Empire du Flood :P

Y'a des moments, j'ai l'impression d'être une légende en ces lieux, c'est presque émouvant ! :paf:

Ceci dit, y'a longtemps que j'ai écrit ma nouvelle sur le thème, moi !

Et I'll be back dans pas longtemps, genre la semaine prochaine, pour des corrections, des lectures et même des textes inédits...
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Jeu 08 Déc 2011 - 14:13   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Je trouve que les bonhommes réfléchissent beaucoup sur le système et s'il est bien / mal, par contre même s'ils semblent pouvoir "faire avec", aucun ne se pose la question "et si ça avait été moi, à sa place, j'aurais fait quoi ? " ou même "et si c'était moi, le prochain, à mourir par le caprice de Vador ?" lorsqu'ils discutent "sécurité" de l'emploi ^^


Implicitement, si. S'ils discutent sécurité de l'emploi, c'est justement parce qu'ils se sentent oppressés entre un Vader qui n'hésite pas à punir de mort une trahison et des rebelles qui ne reculent devant rien. Mais Vader leur fait finalement moins peur, car ils ne comprennent pas l'attitude de Shan.

Si le gars ne cherche pas à tuer il n'a aucune raison d'envoyer la matraque dans la tête du gars il me semble, non ?


Ah, j'ai eu la main trop lourde? :D

Merci de ta lecture, en tous cas, merci aussi d'être encore présente sur ce recueil désert...

(Une réponse avec un retard digne de Minos :transpire: )
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Messagepar Notsil » Jeu 08 Déc 2011 - 14:22   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

La main trop lourde, je ne sais pas, mais si c'est comme "notre" police, je sais qu'il y a des règles précises concernant le maniement de la matraque (ou du tonfa, un doute), genre tu tapes jamais le dos, la nuque ou la tête, car ça peut faire méchamment mal ^^ (genre tuer ^^).

Bon, à peine plus d'un mois, y'a du progrès à faire si tu veux égaler Minos un jour :ange:
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Messagepar Minos » Lun 12 Déc 2011 - 0:37   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Mes lectures en retard :

"Un simple policier", de la Mite :
- Première partie, j'ai bien aimé, ça retranscrit bien le changement de régime, la mutation des forces officielles passant de la République à l'Empire. L'apparition de Vador est sympa, même si je trouve que la terreur qu'il inspire manque de "peps" (par contre, ses lignes de dialogue sont très bien). Reste quelques coquilles et autres maladresses de formulation, et une erreur récurrente (remarquée au moins deux fois) : on ne dit pas "On était pas" mais "On n'était pas". Et en typo, laisse toujours un espace entre un mot et un point d'interogation, mécréant !
- Deuxième partie : les défauts pointés ci avant ont disparu, bonne nouvelle. Sinon, toujours aussi chouette : le thème de la mutation politique est le même en approfondi, ce qui est très bien, avec les bonnes questions concernant le positionnement des membres de la FSC, et Vador est bien rendu.

"Au coeur du temple", de Notsil :
L'idée est sympa, mais je trouve son traitement trop rapide. Je dirais que ça pèche au niveau de la personnalisation du héros, qu'il aurait fallu quelques dialogues pour qu'on s'attache à lui. De manière générale, j'ai trouvé que ça manquait de spontanéité.

"Acte d'amour", de Hiivsha :
Comme je suis un intermittent de la section et que j'ai la flemme de vérifier, je ne crois pas avoir jamais lu quelque chose de toi, Hiivsha. Quoi qu'il en soit, je suis fan du style : j'ai trouvé ça fort bien écrit. Le thème aussi est plutôt bien trouvé. Bon, je ne connais pas la Padawan en question, mais l'histoire en elle-même vaut le coup : on croit en la mort du soldat, et on n'a jamais la réponse quant à un amour réciproque, ce qui entretient le mystère. Du tout bon !
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 12 Déc 2011 - 21:40   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

"Un simple policier", de la Mite :
- Première partie, j'ai bien aimé, ça retranscrit bien le changement de régime, la mutation des forces officielles passant de la République à l'Empire. L'apparition de Vador est sympa, même si je trouve que la terreur qu'il inspire manque de "peps" (par contre, ses lignes de dialogue sont très bien). Reste quelques coquilles et autres maladresses de formulation, et une erreur récurrente (remarquée au moins deux fois) : on ne dit pas "On était pas" mais "On n'était pas". Et en typo, laisse toujours un espace entre un mot et un point d'interogation, mécréant !
- Deuxième partie : les défauts pointés ci avant ont disparu, bonne nouvelle. Sinon, toujours aussi chouette : le thème de la mutation politique est le même en approfondi, ce qui est très bien, avec les bonnes questions concernant le positionnement des membres de la FSC, et Vador est bien rendu.


Très bien, merci :wink: Pour l'espace avant les points, j'avoue que je n'y fais jamais attention ; la nouvelle version de Open Office le fait pour moi, cependant, et c'est tant mieux.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Dim 13 Mai 2012 - 1:11   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Bon, troisième texte pour ce recueil, un OS de dix pages sur lequel j'ai passé la journée, j'en suis assez content, j'espère que cela vous plaira :wink:

Désorientation


Mais qu'est-ce que je fous là, moi ?

Je tentais de conserver mon sang-froid tout en courant à moitié pour rattraper ma camarade au milieu de la foule des autres élèves -qu'avait-elle mangé aujourd'hui pour aller si vite ? C'était mon premier jour à l'Académie Militaire Spatiale de Coruscant, je m'étais attendue à me sentir complètement perdue, mais pas à ce point...
Ce qui me perturbait, outre que je n'avais pas la moindre idée de comment allait s'organiser cette année, c'était que j'avais l'impression que cette Académie n'était pas faite pour moi ; le cadre prestigieux avait paradoxalement tendance à me repousser, pour commencer, et je commençais à me soupçonner sérieusement de m'être leurrée totalement en choisissant cette orientation à la fin de l'année dernière...
C'était beaucoup trop coté de nos jours, à quoi est-ce que je m'attendais ? Avec l'avènement de l'Empire Galactique, les fonctions militaires étaient devenues très respectées, trop au dire de certains ; les meilleurs élèves y venaient poussés par leurs professeurs, les audacieux et les inconscients venaient y tenter leur chance. Et la plupart échouaient, cela allait sans dire, il n'y avait pas tant de postes à pourvoir même dans la flotte en pleine expansion de Palpatine...
« Tu pourrais m'attendre ? demanda-je à Methka, un rien plus sèche que je ne l'aurais voulu.
-Oui, oui... De toute façon, on y arrive, tu vois, amphi 200, c'est celui-là... Plus qu'à attendre les autres, maintenant...
-On aurait peut-être pu commencer par-là, remarqua-je en levant les yeux au ciel.
-Non, parce qu'avec tout ce monde, on a intérêt à se mettre près de l'entrée si on veut pouvoir s'asseoir ! »
Je ne rétorqua pas, Methka avait raison, de toute évidence. C'était simplement que son enthousiasme au bord de l'inconscience m'agaçait un peu, dans ces circonstances... Et entre nous, je me demande bien où une Wroonienne pouvait trouver tant de confiance dans la flotte Impériale, même à l'époque.
Nous demeurâmes quelques minutes à attendre seules au milieu de la foule d'étudiants ; eux aussi me donnaient l'impression de ne pas être à ma place ici, de toute évidence issus d'un milieu bien plus aisé que moi, ne pensant qu'à leurs futures soirées, prenant de haut dans leurs conversations ceux qui entreprenaient des études moins valorisées...
Mais comment vais-je survivre au milieu de tout ça, bordel ?
Bon, après tout, j'avais mes motivations pour tenter de rejoindre la flotte Impériale... Une carrière au service de l'ordre public, de la sécurité, passionnante de voyages... Néanmoins, entre l'atmosphère étouffante de tous ces étudiants débordant d'ambition, le cadre délibérément intimidant de l'Académie et pour couronner le tout un soleil qui tapait bien trop fort même pour ma peau basanée, je voyais mes rêves partir beaucoup trop loin pour être rattrapés, à croire que je poursuivais un mirage depuis le début... À vrai dire, j'en avais toujours eu le sentiment, au fond de moi...
Cependant, il était trop tard pour reculer, et cette fois je ne serais pas seule, alors j'étais bien décidé à faire de mon mieux pour réussir cette année... Malgré mes craintes, c'était une nouvelle vie qui s'offrait à moi, et ça, j'en avais vraiment envie.
-Naivn ? Les voilà... me signala Methka.
En effet, deux jeunes hommes se frayaient un chemin parmi la foule ; je connaissais vaguement le premier, c'était Krint, un gars brun mal rasé et un peu enveloppé, fils d'un célèbre avocat désireux de se démarquer de la carrière tranquille de son père. Malgré l'avantage que lui procurait sa puissante famille, Krint ne m'était pas antipathique a priori comme les autres étudiants présents, il avait deux centres d'intérêts, les jeux vidéos et les speeders, et on ne le voyait jamais prendre qui que ce soit de haut, il ne se prenait absolument pas au sérieux. Le second était grand et mince, avec de longs cheveux blonds jusqu'aux épaules qui lui donnaient un air détendu particulièrement surprenant eu égard au cadre de l'Académie ; je connaissais son nom, Samuó, un ami de Methka et de Krint, mais je ne l'avais jamais rencontré.
-Salut les filles ! s'exclama Krint. Prêtes à entrer en enfer ?
-Arrête, le contra aussitôt Methka, tu sais bien qu'il ne faut pas écouter tout ce qu'on raconte sur l'Académie, c'est pour nous décourager, tout ça... J'en connais plein qui s'en sont très bien sortis...
-De toute façon, si nous n'y arrivons pas, nous n'aurons qu'à rejoindre les rangs de ceux qui disent que c'est l'enfer et qu'il est impossible de s'en sortir sans être pistonné, commenta-je avec un sourire sarcastique. 
Le dénommé Samuó me regarda d'un air surpris ; j'imagine pourquoi, j'ai souvent entendu dire que mon humour cynique contrastait un peu avec mon apparence de jolie fille un peu niaise.
-Bah, je ne me fais pas de soucis, moi, dit-il, travailler beaucoup pour me faire remarquer, ça ne me fait pas peur ; nan, par contre, j'ai entendu dire qu'il y avait eu pas mal de changements radicaux depuis l'arrivée de l'Empire, que ce soit dans les enseignements ou dans la façon dont sont faits les recrutements...
Krint leva les yeux au ciel avec un large sourire.
-Arrête, c'est des conneries qu'on entend à chaque fois qu'on veut changer quelque chose dans cette Galaxie, ça...
-De toute façon, ce n'est pas vous qui en souffrirez le plus si c'est le cas, paraît-il, commenta-je.
C'était évident, d'après le tour que semblaient prendre les choses aux dires de certains : je serais plus rapidement désavantagée en tant que femme, Methka en tant que femme et non-humaine. Krint, lui, étant un homme entièrement humain issu d'une famille puissante, n'avait aucun soucis à se faire.
-Palpatine n'est pas un monstre, mes amis, rappela Methka, cela fait même plus d'une décennie qu'il dirige la Galaxie, il nous a permis de gagner la Guerre des Clones... Il faut arrêter ces comparaisons à tout bout de champ avec des crimes du passé... Moi, je ne suis pas humaine et j'ai confiance en lui, je suis sûre que tout le monde ou presque au sein de l'Empire est prêt à travailler avec des non-humains dès lors que ceux-ci démontrent une réelle volonté de s'intégrer...
-Peut-être, répondis-je en haussant les épaules, peu enthousiasmée par cette conversation vue et revue. Bon, ça ouvre, allons-y...
Nous nous engageâmes dans l'entrée en même temps que toute une masse d'étudiants, pénétrant dans un amphithéâtre aux dimensions colossales, aux murs noirs et aux tables blanches... J'étais impressionnée, mais je ne me sentais vraiment pas à ma place.
-On se met devant ? suggéra Samuó.
-Fayot, railla gentiment Krint.
-Non, je propose ça parce qu'avec la chaleur qu'il fait, m'est avis qu'il doit faire déjà plus frais en bas que sous les fenêtres...
-Ça me va, approuva-je avec nonchalance.
Nous nous dirigeâmes donc vers des tables très proches de l'estrade ; plusieurs professeurs âges étaient assis devant une longue table, nous observant en bavardant... Au premier coup d’œil, je n'étais pas sûre de les trouver sympathiques, je pouvais me tromper, mais décidément, je me sentais mal à l'aise... Moi et mes camarades nous installâmes devant l'étroite table blanche, je me demanda vaguement si l'inconfort des sièges était volontaire, pour empêcher les élèves de s'endormir...
« Mesdemoiselles, Messieurs, bienvenu à l'Académie Impériale de formation militaire spatiale, commença un grand professeur décharné à la barbe blanche et au crâne dégarni. Pendant cette première journée, nous allons vous présenter les différents enseignements et les possibilités professionnelles qui en découleront pour vous, je souhaiterais d'abord vous assurer que chacun ici peut réussir et que nous serions ravis de...
Je cessais d'écouter là, assommée par le manque d'entrain manifeste de l'enseignant, qui commençait déjà à se perdre dans des formulations aventureuses et des exploits rhétoriques dont je n'avais que faire... Eh bien, s'ils étaient tous pareils, ici, cela promettait... Je retins vaguement du discours que l'individu était le directeur de l'Académie et qu'il avait un profond mépris pour tous ceux qui échouaient ici, convaincu que c'était par manque de travail. Charmant, vraiment.
-Il a une bonne tête de Seigneur Sith, lui, me glissa Samuó avec le plus grand sérieux.
-C'est quoi, un Seigneur Sith ? me questionna Methka.
-Les ennemis des Jedi, expliqua-je brièvement, ils étaient sans arrêt en guerre avant la réforme de Ruusan, mais ça fait juste un millier d'années...
-Ah, les Jedi Sombres, c'est ça ?
-Voilà, c'est plus ou moins la même chose, je crois...
-Merci de ne pas parler en même temps que moi, grinça fermement le professeur à l'adresse de nous et des nombreux étudiants à faire de même.
Bah écoute, si tu n'as rien d'intéressant à nous dire, autant que ce soit nous qui parlions, hein... Un autre professeur succéda au vieillard qui se retira de l'amphithéâtre pour nous donner des explications plus pratiques sur l'organisation de l'Académie, mais pas autant que je ne l'aurais crû ; quand comptaient-ils nous donner nos emplois du temps, exactement ?
-... Et à présent, pour ceux que cela intéresse (Mais pourquoi est-ce que quand quelqu'un dit ça, j'ai toujours l'impression que je ne serais pas dedans?), voici une intervention sur la carrière à laquelle vous vous préparez d'un invité de marque : l'Amiral Adar Tallon !
Un tonnerre d'applaudissements s'abattit soudain sur tout l'amphithéâtre, à croire que cet Amiral Tallon avait fait un virement d'un million de crédits à tous les étudiants présents. Un amiral de la flotte, je devais avouer que ça s'annonçait intéressant... Je rejoignis les applaudissements. L'Amiral Tallon s'avéra être un homme de taille moyenne auquel je n'avais pas prêté attention, relativement jeune ; il se leva avec un léger sourire, il paraissait satisfait de se voir attribuer une telle attention mais ses traits trahissaient une certaine fatigue.
-Qui est-ce exactement pour susciter une telle réaction ? demandais-je discrètement à Samuó lorsque les applaudissements se furent un peu calmés.
Ce fut Krint qui me répondit :
-Un héros de la Guerre des Clones, il a affronté l'Amiral Ssran en personne, a brillamment mené de grandes batailles contre la Confédération... C'est lui qui a mis au point plusieurs tactiques, et il a écrit des essais sur la bonne gestion d'une force armée spatiale... Beaucoup de gens dans la flotte Impériale et dans la flotte Loyaliste avant cela sont en désaccord avec ses conclusions, mais il a fini par s'imposer comme une voix respectée...
Je hocha la tête. Enfin quelqu'un d'intéressant... En tous cas, je l'espérais...
-Chers étudiants, commença l'Amiral d'une voix claire et bien tranchée, je vous vois nombreux ici, signe de l'engouement que suscite aujourd'hui l'engagement dans la flotte Impériale ; croyez bien que je suis heureux de voir des jeunes gens décidés à se mettre au service de l'ordre galactique, à rejoindre une flotte au service de tous. Cela n'a trop longtemps pas été le cas à l'époque de la République.
Oh, je vois, un pro-Impérial fini... Il baissait un peu dans mon estime, ce Adar Tallon. Non que j'étais en désaccord avec ce qu'il venait de dire, mais l'Empire me laissait sceptique sur certains aspects, à commencer par le traitement qu'il réservait aux gens comme Methka, quoi qu'on en dise... Je restais convaincue que l'intolérance était quelque chose d'omniprésent ; même avant que nous ne rencontrions des civilisations étrangères, nous nous hiérarchisions entre humains, cherchant des critères de distinction comme la couleur de la peau ou la religion... Aujourd'hui, naturellement, cela paraît parfaitement absurde, ma peau sombre et mes yeux clairs ne sont que des traits physiques héréditaires comme les autres pour tout le monde, mais nous avons trouvé d'autres gens à mépriser ou haïr... J’espérais vraiment me tromper, parce que mon envie de m'engager dans la flotte était réelle. Tallon poursuivait son discours :
-Cependant, tous ceux qui viennent ici ne ferons pas nécessairement de bons officiers. À chaque époque ses travers. Il y en a ici qui viennent sans aucune peur, la tête déjà pleine de batailles spatiales où ils jouent un rôle héroïque ; ceux-là n'ont pas leur place dans la flotte Impériale. Nous ne pouvons nous contenter de gens qui ne comprennent pas la responsabilité qui pèsera demain sur leurs épaules d'officiers ! Si vous n'avez pas peur dans l'engagement que vous allez prendre, c'est que vous ferez un officier non seulement incompétent mais surtout irresponsable ! Un véritable officier de la flotte Impériale ou de n'importe quelle autre flotte qui se respecte a peur parce que c'est ce qui le maintient en vie, ce qui lui permet de prendre toute la mesure la mesure de la gravité de la menace qui pèse sur lui et ses hommes et d'agir en conséquence ! Un véritable officier a peur, surtout, parce qu'il comprend la responsabilité qui pèse sur ses épaules ! N'oubliez pas que les Hommes, et j'entends par-là tous les êtres civilisés à travers la Galaxie, n'oubliez pas que les Hommes ont fait des armées pour les Hommes et non pour les armées ; vous êtes au service de la population et pas l'inverse ! Vous pourrez être fiers de vous, vous pourrez attendre de la reconnaissance de ceux que vous protégez ; mais vous devrez toujours vous demandez si vous les servez au mieux, d'autant que ce n'est pas vous qui jugerez de l'utilité de vos actions en définitive ! Alors, vous devez avoir peur, peur pour tous ceux qui en subiront les conséquences si vous ne faites pas votre devoir ! Vous aurez peur, constamment, une peur qui vous poussera à vous demander ce que vous pouvez faire pour accomplir votre mission et non ce que vous devez faire pour cela ! Si vous concevez votre existence future différemment, alors vous n'aurez pas la trempe d'un officier, sortez d'ici et faites autre chose !
L'Amiral Tallon paraissait bien plus féroce, à présent, on sentait que le sujet lui tenait à cœur, et je commençais à comprendre pour la première fois de ma vie comment on pouvait se laisser gagner par le charisme de quelqu'un. C'était très étrange, je ne me sentais pas perdre tout sens critique sur la personne, simplement j'éprouvais un très grand respect pour ses opinions, pour la ténacité avec laquelle elle les défendait. Et ce que disait Tallon n'était pas idiot, et correspondait même plutôt bien à l'idée que je me faisais de mon éventuel engagement dans la flotte... C'était justement cela que je recherchais, et je me sentais tout à coup bien plus à ma place que tous ces étudiants qui me paraissaient si arrogants autour de moi...
-Cependant, vous vous en doutez, je ne suis pas venu ici vous faire une apologie de la peur. Si je vous parle de la peur, c'est parce que sans peur, il n'est pas de courage possible, ce qui ne peut laisser place qu'à la lâcheté ou à la stupidité, voir aux deux ! Le courage est ce que doit posséder un combattant, bien au-delà de sa ruse, de son sang-froid ou de son habileté. Je ne vous dirais pas que si vous n'en avez pas, vous pouvez sortir d'ici tout de suite ; je ne crois pas que le courage puisse réellement s'apprendre, en revanche je crois que personne ne peut dire si vous en avez ou pas et à quelles conditions tant que vous n'aurez pas été dans la situation adéquate. En vérité, beaucoup de gens se sous-estiment, soit par manque d'objectivité soit par commodité ; n'est-il pas bien utile, lorsque le moment est venu de prendre une décision difficile, de se dire « Je ne peux pas faire ça », quitte à s'accabler de regrets par la suite ?
Là, malgré l'intérêt certain que je portais aux paroles de Tallon, je sentais à nouveau poindre un désaccord : n'était-il pas en train d'accabler les gens ordinaires qui n'avaient pas la force de s'opposer à l'injustice ? Cette vision me paraissait bien dure... Néanmoins, c'était peut-être plus compréhensible de la part d'un ancien amiral de la République qui n'avait pas hésité à risquer sa vie pour la liberté, il savait que lui-même avait ce courage, contrairement à beaucoup de gens qui jugeaient sans connaître.
-Ceci dit, n'ayez pas peur si c'est votre cas, c'est parfaitement compréhensible, nuança Tallon, et même assez normal. Seulement, pour le bien de tous à commencer par le vôtre, il y a des fois où il faut cesser de fixer sa propre peur et avoir le courage d'admettre qu'on a du courage. Et si vraiment ce n'est pas votre cas, alors n'approchez jamais d'un champ de bataille, vous n'avez rien à y faire. Il n'y a rien de honteux à cela, vous êtes tel que vous êtes et personne n'a à vous le reprocher.
Je hocha la tête presque inconsciemment, stupéfaite de voir que le point de vue de Tallon n'était somme toute pas si différent du mien. Je réalisais que son discours commençait sérieusement à me séduire ; peut-être me plairais-je dans la flotte Impériale, après tout ?
-Mais alors, Messieurs et Mesdemoiselles, je voudrais vous demander ce qu'est ce fameux courage que vous devrez trouver en vous ? Affronter sa peur, oui, mais en quelles circonstances, quel est le champ d'application de cette notion ? Je ne vous ferais pas l'insulte de vous parler de braver le risque pour votre propre vie ; vous savez tous ce qu'il en est, et je vous ai expliqué précédemment qu'il était normal et même souhaitable d'avoir peur dans une bataille, une peur que vous aller devoir surmonter, inévitablement. Mais la vie d'un officier, ce n'est pas cela, ce n'est même que la partie immergée de l'iceberg ; car les batailles ne seront que l'aboutissement de toutes sortes de décisions que vous aurez prises auparavant, et qui vous demanderont parfois plus encore de courage !
« Le courage, c'est d'abord de savoir se résoudre à remplir sa mission même lorsqu'elle ne nous plait pas, et cela vous arrivera sûrement ! Croyez bien que je suis heureux que notre Empereur ait insisté là-dessus. Car votre mission est de neutraliser toutes les menaces qui se présentent pour la sécurité objective de la Galaxie, pas de combattre je ne sais quel « empire du mal » ! Vous n'êtes pas là pour porter un jugement moral sur vos adversaires, mais un jugement sur le danger qu'ils représentent, qu'ils représentent de manière directe et immédiate ! Supposons que vous soyez confrontés à un conflit dû à des raisons économiques, beaucoup le sont, même en simple toile de fond ; on ne vous demande pas de dire si les gens qu'on vous envoie combattre sont bons ou mauvais, ni même si vous auriez fait pareil à leur place ! Évidemment, vous pouvez avoir vos opinions sur la question, vous pouvez tout à fait penser que la cause défendue par vos adversaires n'est pas injuste, dans le fond ; mais demandez-vous ceci : est-ce à la flotte de se charger des carences du pouvoir politique ? Est-ce à la force armée de décider quelles politiques auraient dû être ou ne pas être menées pour empêcher un conflit ? Non ! Cela s'appellerait une dictature militaire, or le pouvoir est exercé au nom du peuple, que cet exercice se fasse dans la forme par une République ou par un Empire ! Et parce que vous n'avez pas de jugement moral à porter sur vos adversaires, parce que vous ne faites que votre devoir, vous ne devrez juger des moyens que vous employez contre eux qu'à l'aune de leur utilité ; vous ne devez pas laisser la haine guider vos actions, votre devoir de militaire n'est pas de détruire quelque chose de mauvais par tous les moyens mais de mettre fin à une menace pour la société !
« Pour autant, je ne prône évidemment pas une obéissance aveugle ; vous vous trouverez parfois confrontés à des situations où vos supérieurs, voir le pouvoir politique lui-même, vous demanderont d'agir d'une façon qui n'a rien à voir avec votre mission ! Car c'est à dessein que j'ai parlé de votre mission et non de vos ordres ; votre mission sera toujours la même dans la flotte, assurer la sécurité de tous contre toute menace objective, vos ordres changeront avec la politique en cours, c'est simplement la manière dont ceux qui vous commandent vous demandent d'assurer votre mission. Or, il se peut tout à fait que l'on vous demande d'agir contre quelque chose qui ne représente pas une menace objective pour qui que ce soit, il se peut que l'on vous demande de vous en prendre à quelqu'un dont le seul crime est d'être né ou de s'être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ; cela s'est produit par le passé, j'ose espérer que nous sommes aujourd'hui parvenus à un niveau de civilisation supérieur. Mais si par malheur cela devait se produire, au nom de tout ce qui fonde l'engagement pour une puissance publique, vous devrez refuser. Et ça, ça demande encore plus de courage. Rares sont ceux qui l'ont, j'espère que vous en ferez partie, vous qui aurez bientôt un rôle potentiellement dangereux pour tout le monde !
Je buvais les paroles de l'Amiral. C'était très étonnant, j'avais parfois l'impression d'être sur le point de m'insurger contre ses paroles, et finalement, il décortiquait le problème de façon à me montrer que les choses n'étaient pas si simples et que nos points de vue n'était pas différents...
-Le courage, reprit Tallon, c'est aussi de savoir accepter l'idée que vos adversaires ne sont pas différents de vous. Ce ne sont pas des sous-hommes que vous allez combattre, ni aucune représentation abstraite que vous puissiez vous faire d'eux, même positive ; vos adversaires sont des êtres sensibles, et comme tous les êtres sensibles, ils sont bien trop grands pour pouvoir entrer tout entier dans une case bien faite de votre esprit ! Certains, plus encore maintenant qu'autrefois, se réfugient derrière l'idée que leur adversaire est un homme ou une femme, un humain, un Twi'lek ou un représentant de n'importe quelle espèce, un ennemi de telle ou telle sorte, un commandant expérimenté ou non... Si c'est ainsi que vous pensez, je ne vous donne que très peu de temps à vivre dans une guerre, car des surprises, vous en aurez sans cesse ! Vos adversaires seront toujours plus lâches ou plus courageux, plus intelligents ou plus stupides que ce que vous imaginez ! Chaque individu est unique ! Lorsque j'explique cela, on m'accuse de compliquer vainement la tactique et de ne pas tenir compte des réalités statistiques ; lorsque je vous demande de voir dans votre adversaire un individu comme vous, est-ce à dire que vous ne pouvez former aucune présomption sur ce qu'il fera ou ne fera pas ? Certes non ! Ce serait tout simplement un suicide tactique, or le devoir d'un officier est de se montrer pragmatique. Mais se voiler la face est contraire au pragmatisme, justement. Alors sachez-le, vous ne pouvez faire que des estimations sur ce que va faire ou ne va pas faire un adversaire ; ces estimations vous seront utiles, mais vous ne devez pas vous y accrocher comme des désespérés ! Vous devrez faire l'effort de vous adapter à chaque mouvement de votre adversaire qui pourrait vous donner un indice supplémentaire sur sa personnalité ! Admettez qu'en face de vous, il y a un être qui a aussi peur que vous et qui est susceptible de se montrer aussi rusé et imprévisible que vous ! Vous ne pourrez jamais tout à fait le cerner psychologiquement, alors il vous faudra le poursuivre !
« Et quand je vous dit que votre adversaire est comme vous et qu'il a aussi peur que vous, cela ne signifie pas seulement que vous devrez adapter vos tactiques à celles qu'il est susceptible de déployer ; cela signifie aussi que vous devrez adapter vos tactiques à lui ! Et non, ce n'est pas la même chose ! Admettre que votre adversaire a aussi peur que vous, cela signifie comprendre que le champ de bataille n'est pas seulement dans l'espace, il est aussi dans la tête de votre adversaire ! Vous devrez tout faire soit pour le décontenancer et le pousser à commettre un faux-pas, soit au contraire pour lui donner des certitudes erronées ! Vous ne pourrez jamais vous arrêter à l'aspect matériel du combat, prenez toujours en compte l'effet psychologique de vos manœuvres sur votre adversaire, sans quoi c'est une bonne partie de l'affrontement qui vous échappera ! Et bien sûr, n'oubliez pas que votre adversaire est lui aussi susceptible de manipuler votre état d'esprit ! Il est comme vous, vous dis-je !
Paradoxalement, la conversation avait davantage sa place dans une académie militaire à présent, et pourtant elle m'intéressait légèrement moins, elle devenait plus technique, même si cela restait passionnant lorsque comme moi on s'intéressait au sujet ; j'étais par ailleurs impressionnée de voir comment l'Amiral Tallon parvenait à tirer des conclusions tactiques d'un présupposé philosophique.
-Le courage, et je terminerais là-dessus, c'est aussi d'accepter que les vôtres ne sont pas vous ; vous devrez toujours composer avec des gens qui n'auront pas les mêmes opinions, le même genre, les mêmes origines sociales ou ethniques que vous. Toujours ! Chaque individu est différent, vous ai-je dit, ça a toujours été vrai et ça l'est plus encore à l'heure des civilisations galactiques ! Mais le courage, c'est de savoir aller au-delà de ça, au-delà de ce qui ne manquera pas de vous repousser affectivement ou intellectuellement, pour voir ce en quoi vous êtes aussi semblables : vous pensez, et vous avez peur, alors vous êtes prêts à lutter ensemble. Certains vont m'accuser de faire de l'anti-spécisme borné comme il a eu cours sous la République suivant l'idée dominante aujourd'hui... On pourrait discuter longtemps pour savoir si l'anti-spécisme était justifié ou non sous la République, le problème est bien plus compliqué que vous ne le percevez probablement pour la plupart d'entre vous, mais en l'occurrence, ça n'a rien à voir. Car il n'y a rien d'idéologique dans ce que je dis, depuis le début ! Nous sommes dans une académie militaire, je n'ai pas à vous apprendre ce que vous devez penser ou non, je suis là pour vous aider à devenir des officiers ! Or, cela implique de partager certaines valeurs sans lesquelles une armée ne peut survivre longtemps ! Et au premier rang de celles-ci figure le pragmatisme ; on ne crache pas sur un allié fiable ! Ceux qui vous incitent à haïr la différence sont soit des imbéciles qui vous pousseront à vous diviser encore et encore jusqu'à ce qu'il ne reste rien de vous, soit des démagogues qui ne cherchent qu'à vous masquer les vrais problèmes pour vous manipuler ! Là encore, ne déformez pas mes propos : je ne suis pas en train de vous dire que vous ne devez pas prendre en compte certains critères pour décider si vous pouvez ou non vous fier à quelqu'un. Vous pouvez tout à fait considérer que certaines personnes ont a priori des intérêts opposés aux vôtres pour une raison ou pour une autre -j'ai bien dit a priori, et j'ai bien dit vous pouvez. Mais il est hors de question de vous borner à cela ! Une vision exclusivement déterministe de la confiance à accorder à autrui est une vision profondément réductrice de l'univers, révélatrice d'un esprit paresseux !
« Je vois des yeux s'ouvrir ronds autour de moi, aussi je crois devoir encore une fois préciser mon propos. Il se trouve que notre Empereur a choisi de mettre en avant l'héritage historique de la culture des descendants des Zhells, considérant qu'il présente un intérêt particulier pour la Galaxie et se trouve aujourd'hui menacé ; c'est un point de vue qu'on partage ou ne partage pas, mais dîtes-vous bien que la neutralité absolue de l'État n'est pas possible, c'est une asymptote. D'ailleurs, la neutralité n'est-elle pas en elle-même une notion qui n'est pas admise par tous ? Ce que je suis en train de vous dire, c'est que ce choix politique ne doit pas être interprété comme un rejet de qui que ce soit ; c'est au contraire la volonté de rassembler sous une nouvelle bannière, laquelle est, en l'occurrence, fabriquée par des humains, ce qui ne signifie pas qu'elle doive rester leur apanage exclusif. Tant qu'il ne s'agira pas d'exclure des individus innocents, l'Empire ne sera pas injuste et vous devrez lui obéir en tant que sa force armée.
J'étais soufflée par cette brillante démonstration qui collait si bien avec ce que je ressentais, néanmoins j'étais perplexe : l'Amiral Tallon tirait-il vraiment toutes les conclusions de ses propres constatations ? L'argument selon lequel Palpatine ne faisait qu'un choix politique comme un autre rejoignant une culture précise paraissait épouvantablement faible au vu des discours haineux qui se faisaient de plus en plus entendre... J'attendais des explications supplémentaires, mais cette fois, il n'y en eut pas.
-Voilà ce que je voulais vous dire sur le courage, conclut l'Amiral, et j'espère que vous ne l'oublierez pas ; j'aurais pu vous en dire bien plus, car le courage, on y recourt dans toute vie et dans trop de situations différentes pour qu'on puisse toutes les imaginer... Mais ces trois formes de courage me paraissent centrales dans le rôle que vous devez remplir. L'armée est une institution dangereuse, vous allez prendre part à quelque chose qui a été créé pour broyer les individus ; je suis de ceux qui croient que c'est inéluctable, alors il faut que des principes stricts encadrent la force armée. Dans cette Académie, vous passerez des années à apprendre toutes sortes de tactiques pour venir à bout d'un adversaire et gérer vos forces ; j'en ai moi-même mis au point un certain nombre, d'ailleurs. Mais tout ce que l'on pourra vous apprendre restera vain si ce que je viens de vous dire ne continue pas à sous-tendre ce que vous faites !
« Alors je suppose que certains sont déjà en train de penser que ce n'est que mon opinion et qu'ils n'en ont rien à faire... Ah, pardon d'essayer de vous élever un peu l'esprit, hein ! Parce que oui, ce n'est que mon opinion et vous savez que vous êtes tout à fait libres d'en avoir une autre, mais figurez-vous que vous ne vous forgerez une opinion personnelle digne de ce nom qu'en la confrontant avec celle d'autrui ! D'autres, peut-être, pensent que tout cela, ce ne sont que de belles phrases, de la pure théorie qui n'aura pas grande importance sur le champ de bataille... Avez-vous oublié qui vous parle ? Dois-je vous rappeler que théorie et pratique ne sont que deux faces d'une même pièce ? Si la théorie ne correspond à la pratique, c'est que celui qui l'a élaboré est un con qui n'y connaît rien. Libre à vous d'émettre des doutes sur mes facultés intellectuelles, mais rappelez-vous que vous avez affaire à un amiral de la République expérimenté et estimé, alors dîtes-vous bien que j'ai sans doutes de bonnes raisons de dire cela et que la voie que certains vous présenteront peut-être comme la seule possible pour le maintien de l'ordre galactique n'est certainement pas exclusive.
Tallon laissa le silence s'installer une longue minute, manifestement fatigué d'avoir tant parlé ; je le soupçonnais de manquer de sommeil.
-S'il vous plait, reprit-il, la voix étonnamment adoucie. Je vous ai donné mon idée de ce que doit être le rôle d'une armée ; sans doute vous ferez-vous la vôtre, mais n'oubliez pas ceci, c'est qu'il n'y a que les fous qui s'arment pour le plaisir. Je vous ai dit en introduction que vous seriez au service des gens, ça, ce n'est pas moi qui le dit, c'est une réalité juridique, sociologique et historique ; si c'est pour cela que vous êtes là, tant mieux, et le jour où vous aurez l'impression que ceux qui vous commandent ne servent plus la population sera celui où vous devrez quitter l'armée. Ce que je dis peut avoir l'air banal, mais c'est parce que l'Histoire a fini par l'imposer comme une évidence. Alors tenez-en compte. Une chose n'est pas moins vraie parce qu'elle est couramment admise. Si vous avez compris, je vous remercie de m'avoir écouté, je reste là si vous avez des questions particulières à venir me poser.
Je retins ma respiration l'espace d'un instant, encore subjuguée par l'incroyable talent d'orateur de l'Amiral et par les problèmes qu'il mettait en évidence. Je crois que tout le monde faisait pareil en cet instant, car ce n'est qu'ensuite qu'éclata un nouveau tonnerre assourdissant d'applaudissements, bien plus intense que précédemment, moi-même j'applaudissais à tout rompre avec tout le monde... L'air de rien, malgré les doutes que j'avais sur la xénophobie de l'Empire, l'Amiral Tallon venait de me convaincre que j'avais toute ma place dans la flotte Impériale...
-On descend le voir ? proposa Methka, manifestement admirative.
Je hocha la tête avec véhémence, j'avais beaucoup de questions à lui poser.
-Ouais, ça me va aussi, signala Krint.
-Bon, bah je n'ai pas grand chose à dire, mais je viens aussi, alors, approuva Samuó.
Nous quittâmes la rangée un par un pour nous engager dans la cohue des étudiants qui descendaient poser leurs questions à l'Amiral, et ils étaient nombreux. Très vite, nous cessâmes d'avancer, coincés entre d'autres étudiants qui s'y étaient pris avant nous pour descendre. L'Amiral Tallon était en train de répondre aux questions quelques rangs d'étudiants admiratifs plus loin, généralement assez brièvement, je supposa que la plupart des questions étaient sans grande importance.
-J'étouffe, souffla Methka.
Cela n'avait rien d'étonnant, la petite Wroonienne était prise entre les étudiants humains...
-C'est moi ou tout presque le monde nous est passé devant ? observa Samuó.
-Non, ce n'est pas toi, confirma-je.
La file désordonnée des étudiants avançait plutôt vite, mais pas assez pour nous empêcher de cuire sur place entre nos camarades...
-Euh, ouais, je vote pour qu'on laisse tomber, moi, suggéra Krint, mes questions trouveront bien réponse chez un clampin quelconque de l'Académie...
-Ah bah moi, je sors de toute façon, prévint Methka, je n'en peux plus...
-OK... Naivn ? me questionna Samuó.
-Non, je reste là, moi, ça ne devrait pas trop tarder... Allez m'attendre dehors, si vous voulez.
-OK, bon courage, nous, on y va, m'informa Samuó.
Mes trois camarades se dégagèrent de la file d'étudiants pour remonter l'amphithéâtre vers la sortie, me laissant toute seule... Je songeais qu'au vu de la nature des questions que j'allais lui poser, il serait peut-être plus simple de voir Tallon seule... Je me décida donc à laisser passer les rares étudiants derrière moi, qui prirent ma place en me remerciant. Les étudiants devant moi passèrent les uns après les autres, posant pour la plupart des questions sur les exploits passés de l'Amiral ; ceux-là, Tallon leur répondait de manière rapide et évasive, réservant son temps à ceux qui lui parlaient de leurs connaissances stratégiques, des possibilités de carrière que leur offraient l'Académie ou qui demandaient des éclaircissements sur son discours.
Il semblait cependant que je sois la seule à venir avec une question aussi politisée, et il me vint à l'esprit que ce n'était peut-être pas une très bonne idée... Néanmoins, Tallon n'avait fait qu'ajouter à mes incertitudes, je devais savoir, et il m'inspirait confiance...
Un couple d'étudiants passa devant moi, et Tallon commença à ranger ses affaires, n'ayant manifestement pas vu la jeune femme à la peau mâte qui s'avançait à son tour devant lui.
-Monsieur ? demanda-je, rassemblant mon courage.
Tallon leva les yeux vers moi et me sourit avec bienveillance.
-Excusez-moi, je ne vous avais pas vue... Des questions ? Assez courtes, j'espère...
Ce n'était pas le cas, de toute évidence, mais tant pis, je ne voulais plus m'arrêter.
-Monsieur, je voulais savoir... Que pensez-vous, franchement, de la politique de l'Empire à l'égad des non-humains, actuellement ?
-Ah, je suis désolé, mais je ne vous donnerais pas mon opinion personnelle. Ce n'est pas mon rôle, et à vrai dire, je n'en ai pas envie. Si c'est tout...
-Non, posons la question autrement, m'acharna-je. Je crois en tout ce que vous avez dit cet après-midi. Sincèrement, vous m'avez impressionnée, et si ce sont là les qualités requises pour faire un bon officier selon vous, au-delà du talent pur et simple je veux dire, je suis tout à fait prête à essayer. Mais, sincèrement... Quand vous parlez de la flotte Impériale, je trouve qu'elle ne correspond à votre description. Je n'ai pas l'impression qu'y soient appliqués les principes que vous avez donnés. Alors je voudrais une opinion fondée sur, euh, votre expérience d'amiral : est-ce que je me trompe ?
L'Amiral Tallon hocha la tête.
-Je suis venu ici pour vous dire ce que j'attendais d'un officier de la flotte pour qu'il remplisse son rôle, pas pour parler de politique ; il va de soi que j'ai dû y associer l'Empire, je n'aurais pas eu le choix quand bien même je ne l'aurais pas pensé. Mais si vous êtes sincèrement d'accord avec moi sur le fond du propos, bravo, vous avez toute mon estime ; est-ce que cela correspond à la flotte Impériale, ça, je n'ai pas à vous le dire, je crois que vous et les autres étudiants serez assez grands pour en juger, et juger si c'est cela que vous voulez. Néanmoins, je peux vous dire qu'il y a effectivement une poussée xénophobe au sein de l'Empire, pas nécessairement du côté de la flotte, mais au sein des multiples organismes qui forment le COMPORN... Ce sont des idées auxquelles je m'oppose, toutefois je n'ai pas vocation à juger le pouvoir politique, l'Empereur choisira donc ce que bon lui semblera. J'ai bien conscience du caractère incomplet de ma réponse, mais j'ai bien peur de ne pas pouvoir vous en dire plus.
-D'accord, répondis-je doucement en hochant la tête, glacée en réalisant que l'Amiral avait manifestement peur que je sois une espionne, glacée par la machine effrayante que paraissait soudain être l'Empire...
-De toute façon, je crois que tout cela se fera bientôt sans moi, soupira Tallon. Des prises de parole telles que celles-ci ne me font pas beaucoup d'amis, et je ne pense pas rester amiral Impérial longtemps... Vous devrez vous faire votre propre opinion, désolé.
-C'est ce que je ferais, Amiral. C'est ce que je ferais, affirma-je avec conviction.
Tallon me sourit, éclatant.
-Si vous êtes du côté de ceux qui veulent pouvoir penser par eux-mêmes, alors vous êtes déjà du mien. Au revoir.
-Au revoir. »
Tallon quitta l'amphithéâtre par une petite porte dans l'angle, tandis que je remontais vers la grande porte retrouver les camarades... Mes pas s'étaient faits bien lourds en pensant à la peur qui bâillonnait l'Amiral Talon au sein de l'Empire...

On peut dire que de l'eau a coulé sous les ponts, depuis, mais je n'ai jamais oublié ce troublant après-midi où j'ai vraiment commencé à me demander dans quel piège monstrueux me menait cette Académie... C'était le même que celui où la Galaxie toute entière s'était déjà engouffrée, de toute évidence.
Tout le monde sait ce qu'est devenu l'Amiral Adar Tallon aujourd'hui... Le héros de la Guerre des Clones a fuit l'Empire, et on l'a retrouvé au sein de l'Alliance Rebelle par la suite ; à l'instar de Jan Dodonna, de l'Amiral Ackbar ou de Garm Bel Iblis, il est devenu un formidable adversaire de l'Empire, une véritable tête pensante de l'organisation des forces spatiales Rebelles qui a permis à cette fragile Alliance de peu à peu s'imposer comme un adversaire de taille pour l'Empire.
Si je dois repenser à mon propre destin, j'ai eu beaucoup de chance, je dois le dire... J'ai passé un an à l'Académie, de plus en plus mal à l'aise face aux changements politiques ; je travaillais sûrement assez pour pouvoir continuer, même si cela n'aurait pas été facile, mais j'ai abandonné car malgré l'attrait d'une carrière d'officier spatial, je ne pouvais plus cautionner les dérives de Palpatine. Le même Amiral Tallon qui m'avait montré tout l'intérêt qu'une telle carrière aurait pour moi m'a aussi montré qu'elle était impossible au sein de l'Empire. Je n'ai pas vraiment pris les armes contre la tyrannie de Palpatine non plus, je l'avoue ; les premiers mouvements Rebelles ne m'inspiraient pas confiance, et le temps que s'établisse une Alliance Rebelle véritablement à même de proposer une alternative à l'Empire, j'étais déjà trop vieille pour pouvoir prétendre reprendre ma carrière là où je l'avais laissée. Non, je me suis tout simplement mise à coucher mes rêves et ma vision de plus en plus cynique de la Galaxie sur le flimsi, je suis devenue une romancière connue à travers plusieurs secteurs de la Galaxie ; la critique détournée du pouvoir Impérial comprise dans nombre de mes œuvres n'a pas toujours échappé à la censure, mais je me suis défendu tant bien que mal et cela ne m'a pas vraiment affectée du reste, j'ai toujours été têtue et je savais qu'il n'y avait rien de tel pour assurer la promotion de mes écrits... Une fois Coruscant tombée au mains des Rebelles, Mon Mothma en personne m'a même remis un prix pour des décennies d'opposition culturelle à l'Empire. Il en faut des comme moi pour que d'autres rejoignent le front, m'a-t-elle dit.
Non, vraiment, je n'ai pas à me plaindre, et c'est en partie à l'intervention de l'Amiral Tallon que je le dois.
Mes camarades d'alors ont été moins chanceux... Krint a mené de brillantes études, il avait manifestement du talent, les relations de son père l'ont un peu aidé aussi, mais je pense sincèrement que cela n'aurait pas suffit s'il n'avait pas eu en lui-même la trempe d'un bon officier ; il est devenu officier sur le pont d'un Destroyer Stellaire. Il n'a jamais pris part aux crimes de guerre, mais je crois qu'il faut admettre qu'il s'est voilé la face jusqu'au bout sur la véritable nature de l'Empire. Il a fini par se faire promouvoir Capitaine, je me rappelle qu'il était fou de joie. Je ne savais pas comment lui expliquer qu'il était au service d'un système qui broyait la Galaxie depuis plus de vingt ans. Il est tombé à Endor, comme beaucoup d'autres.
Samuó est mort, lui aussi. Nous sommes vite devenus de proches amis durant ma première année à l'Académie, c'était un très, très bon travailleur, je ne comprenais pas comment il faisait pour soutenir un rythme pareil sans devenir dingue. Lui aussi, il a démarré une belle carrière dans la flotte Impériale, il a commencé par s'occuper de la coordination de chasseurs mais tout le monde savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il devienne officier supérieur ; mais il en a vite eu marre, lui et plusieurs de ses compagnons d'armes ont fui l'Empire et participé à divers mouvements de résistance naissants. Finalement, il a rallié le groupe de Garm Bel Iblis, l'ancien Sénateur Corellien, et il est demeuré à ses côtés lorsque celui-ci a quitté l'Alliance Rebelle, après ce qui est arrivé à Alderaan. Lui a vécu pour voir l'Empereur mourir, c'est neuf ans plus tard qu'il a fait partie des morts de la bataille de Coruscant, alors que le Grand Amiral Thrawn frappait si durement la Nouvelle République.
Methka est vivante, elle... Mais elle n'a pas réussi à se distinguer suffisamment pour pouvoir rejoindre la flotte malgré ses origines non-humaines. Elle a pu vivre normalement pendant quelques temps, elle s'est mise à travailler pour une petite compagnie marchande spatiale, et puis un jour, après avoir refusé de satisfaire aux caprices d'un Moff qui avait de bonnes relations avec le COMPORN, elle s'est retrouvée dans la Zone de Protection Alien, cet endroit misérable de Coruscant où tant de gens issus de peuples non-humains ont été contraints de demeurer. Après cela, quand les rebelles ont pris Coruscant et libéré les non-humains de la Zone, Methka était toujours vivante, mais elle n'a plus jamais été la même, la Zone de Protection Alien était une horreur comme on en avait plus vu depuis une éternité ; il paraît évident qu'elle a vécu tout ce temps avec une faim et une exposition aux maladies qui paraitraient insupportables à qui n'a pas subi cela, elle m'a aussi confiée s'être fait violer, mais je crois qu'on ne peut tout simplement pas se représenter l'existence là-dedans tant qu'on ne l'a pas vécue. Je crois qu'elle ne s'en est jamais remise et qu'elle ne s'en remettra jamais.
J'ai eu de la chance, vraiment. De ne pas mourir comme de ne pas avoir de sang sur les mains, de ne pas devoir haïr ma propre vie. J'ai écouté l'Amiral Talon, flamme de raison brûlant dans la tempête, et je crois vraiment que tout le monde s'en serait mieux porté si certains l'avaient écouté eux aussi, l'avaient vraiment écouté.
Il y a des fois où les paroles d'un grand homme suffisent à sauver des existences entières.
Modifié en dernier par Mitth'raw Nuruodo le Lun 14 Mai 2012 - 20:49, modifié 1 fois.
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 14 Mai 2012 - 18:59   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

J'ai lu toutes les histoires, et je les ai appréciées, mais je dois avouer que j'ai une nette préférence pour la dernière (Comme toujours lorsqu'il s'agit de la Flotte ^^) !

Je m'attelle dès maintenant à l'écriture d'une histoire en deux parties, je poste dès que j'ai fini :jap:
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 14 Mai 2012 - 20:30   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ah, parfait, content de te voir :)
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 14 Mai 2012 - 21:13   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Le Mécano


Partie 1 : Le Père

Lorsqu’il entra dans le hangar, la première chose que remarqua Nhert fut la planète Tythe, immobile, au-delà du champ de Force en face de lui. Il n’y prêta cependant pas attention. Il ne savait rien de cette planète. Il n’avait appris son nom qu’en regardant les ordres de mission. Mais cela ne l’impressionnait plus. À près de cinquante-cinq ans, il était définitivement blasé. Cela faisait plus de trente ans qu’il servait au sein de la Flotte ; il avait connu la Guerre Hyperspatiale de Stark, de nombreux conflits avec les pirates, et il était toujours là. Il avait même échappé de peu à la mort, lorsque sa demande d’affectation à bord du Katana avait été refusée. Aujourd’hui, avec cette Guerre des Clones, le conflit avait pris des proportions incroyables, et il savait qu’il était en danger de mort à chaque instant. Mais cela ne le dérangeait pas. Il faisait son boulot. Il réparait les chasseurs. Il faisait son boulot, et il le faisait bien.
Les clones étaient trop précieux pour ça, bien entendu. C’était de la chair à canon, ni plus ni moins. De la chair à canon hors de prix. Il n’aimait pas les clones. Il n’aimait pas non plus les droïdes, d’ailleurs, sauf les astromecs. De bons petits engins. Les seuls capables de faire comme il faut le boulot. Pas comme ces rebuts de série DUM qui sautent dans tous les sens dès qu’on leur tape sur le nez.
Il jeta machinalement un coup d’œil autour de lui. Il connaissait les moindres recoins de ce hangar, après toutes les heures passées à travailler sur les vieux chasseurs ARC. Mais l’un des modèles, de couleur jaune, attira son attention. Méfiant, il alla au poste de contrôle pour voir son supérieur. Lorsqu’il entra dans la salle, adjacente au hangar, il vit que Xal était déjà là.
- S’lut, Xal, dit-il machinalement.
- Salut, Nhert, répondit l’autre. Qu’y a-t-il ?
- Un nouveau vaisseau.
- Oh, je vois. Ne t’inquiète pas, ce n’est pas une erreur. Y a eu pas mal de dégâts à Beldérone, et le Général n’a pas eu le temps de s’en occuper en personne.
- Ah.
- Je t’ai envoyé un plan des modifs. Il est prioritaire, alors répare-le ce matin.
- Okay. Des nouvelles du front ?
- Ils ont repéré le vieux, à ce que j’ai compris. Qui sait, on va peut-être gagner la guerre ?
- Mouais. Y aura toujours l’autre psychopathe. Un vrai cinglé, celui-là. Les récits de Duro font froid dans le dos…
Xal acquiesça d’un air absent. Nhert ressortit sans un mot de plus et s’installa en-dessous du chasseur. C’était sans conteste l’appareil le plus beau et le plus perfectionné sur lequel il ait jamais travaillé. Il travaillait généralement sur les vaisseaux d’Incom, mais il avait longtemps officié sur des Kuat, ce qui expliquait sans doute qu’on l’ait sélectionné pour cette opération délicate. Mais il y avait autre chose. Le chasseur avait été modifié, cela ne faisait aucun doute. L’homme qui était à l’origine de ça était un artiste.
Il manipula les circuits à remplacer avec précaution, comme s’ils étaient en cristal. Il était impressionné par ce déploiement de technologie. Il procéda lentement, sans se presser comme il le faisait d’habitude. Il était en train de rebrancher le compensateur d’inertie lorsque l’alarme de bord retentit.
- À toutes les unités, Code Cinq ! Je répète : Code Cinq ! répétèrent plusieurs fois les haut-parleurs.
Nhert acheva son opération et sortit avec précaution. Il repéra Xal et le héla. Le chef s’approcha de lui, visiblement stressé.
- Que se passe-t-il, Xal ? demanda-t-il.
- Apparemment, les Seps viennent d’attaquer Coruscant, répondit l’homme d’un air sombre. Le Chancelier serait entre leurs mains.
- Bon débarras, grommela Nhert.
- Modère tes propos, lui conseilla son chef.
- C’est un politicien comme les autres, répondit le mécanicien. On pourra le remplacer par qui on veut.
- Peut-être, mais ça ne nous empêchera pas de rappliquer sur Coruscant pour lui sauver la peau…
Nhert se détourna et acheva les réparations du contrôle d’ouverture de l’aileron droit. Il venait de terminer lorsqu’il sentit quelqu’un derrière lui. Il ne l’avait jamais vu, mais il savait de qui il s’agissait.
- Général, dit-il d’un ton respectueux qu’il n’usait que rarement.
- Vous avez fait du bon travail, commenta le Jedi.
- Merci. Votre chasseur est remarquable.
- Je le sais, répondit l’homme avec un sourire. Avez-vous terminé ?
- Oui, Général. J’ai également remplacé la valve du turbo-propulseur qui s’était encrassée.
- Bien. Très bien, dit-il en montant dans son appareil.
Le Jedi enclencha le décollage et s’éleva dans le hangar avant de plonger dans les profondeurs de l’espace. Nhert resta silencieux alors que les étoiles s’allongeaient et qu’ils passaient en vitesse-lumière pour rejoindre la capitale galactique assiégée.
Il se jura de ne jamais, au grand jamais oublier le chasseur d’Anakin Skywalker.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Lun 14 Mai 2012 - 21:35   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Woush, la fin en forme de tremplin vers ROTS est bien amenée :) Oui, ça m'a bien plu, ce vieux mécano qui visite avec émerveillement le chasseur d'Anakin Skywalker. D'après le titre, soit il rencontrera Luke (ou son fils), soit il aura un fils au service de Vader, j'imagine^^
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Messagepar Jagen Eripsa » Lun 14 Mai 2012 - 21:36   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

C'est plutôt la première hypothèse :wink:
Mais l'histoire sera plus triste :cry:
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Messagepar Nicravin » Jeu 17 Mai 2012 - 12:19   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Lu tout le recueil. Voici mes impressions :

Raalracheen de AJ Crime :
Une histoire bien écrite. L'idée de raconter une action déjà connue d'un point de vue Wookie donne un second souffle à ce pan de l'UE déjà vieux. Ce texte, dont le but est d'écrire une histoire à l'ombre d'un personnage célèbre, est une réussite :cute:

TR-889 de Mitte :
J'ai bien aimé celui-ci. Les pensées de Tierce, du début à la fin, étaient bien retranscrites. Le côté chaotique ne me dérange pas, contrairement à Minos ; je trouve que ça se marie bien avec la nature du texte, à savoir, un instantané des pensées du narrateur.

Le texte sans nom de Code 44 :paf: :
Explorer les sentiments d'un padawan quelconque au service d'un maitre particulièrement puissant cadrait parfaitement avec le sujet. On entre d'entrée de jeu dans son monde et dans sa paranoïa. La fin cependant m'a légèrement déçue. J'aurais trouvé ça plus ironique et même plus logique si le maitre avait survécu à l'explosion, mais bon :neutre:

Coniwen Redstorm de Minos
L'évolution des sentiments de ce petit fermier de Tatooine fait plaisir. Voir la confrontation finale entre ses illusions sur les Jedi et la réalité fait plaisir. J'ai juste trouvé que c'était un poil manichéen, il y a quand même d'autres point de vue que celui qui consiste à idolâtrer les Jedi et celui de vouloir leur extermination. De plus, sur Tatooine ce genre d'incidents sont monnaie courantes, je vois mal un natif de cette planète être choqué justement par cet événement.

Un Simple Policier de Mitte
La passation du régime républicain au régime impériale à travers la vie d'un simple policier est plaisante. Les personnages ont des caractères bien développés et bien fouillés. Un Vador très fidèle à celui de ANH, un aspect de SW encore inconnu et les références.Tout cela donne un rendu final très agréable :oui:

Au cœur du Temple de Nostil :
Ce texte est sans doute mon préféré avec Désorientation, je n'ai qu'un seul reproche lui à faire en fait : c'est trop court. A peine est on rentré dans l'histoire que c'est déjà la fin :cry: Pour le reste, c'est du tout bon. Le héros est attachant et Yoda est fidèle à lui-même.

Acte d'amour de Hiivsha :
Je suis assez partagé sur ton texte. A son actif, il est très bien structuré. L'histoire est, somme toute, assez banale mais comme ta description des sentiments du soldat est vraiment réussie c'est sympa. Pour le coté négatif je dirais qu'il y a quand même des lourdeurs. Les phrases du genre "Enfin je glissais dans l’obscurité froide et sans fond du néant de la fin de la vie." personnellement, je trouve ça plutôt indigeste.
Mais bon, dans l'absolu j'ai plutôt aimé :)


Désorientation de Mitte :

Comme je l'ai dit plus haut, c'est mon préféré avec celui de Nostil. La montée de l'Empire et les interrogations d'un cadet avec au final sa décision, assez prévisible, de quitter l'armée. J'ai bien aimé la fin. Je ne m'attendais pas à ce que la narration se passe dans un futur aussi lointain. Bref, j'ai beaucoup aimé :jap:

Le Mécano de Jagen :
Comme Mitte j'ai bien aimé le rebond vers ROTS, ça fait plaisir. Hâte de lire la deuxième partie comme ça je pourrai me faire un avis plus complet.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Jeu 17 Mai 2012 - 20:49   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Merci beaucoup, Nicravin, ravi que mes textes t'aient plu :) Tu écris, toi? Je ne me rappelle pas avoir vu quelque chose de toi?
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Messagepar Nicravin » Jeu 17 Mai 2012 - 21:21   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Mitth'raw Nuruodo a écrit:Merci beaucoup, Nicravin, ravi que mes textes t'aient plu :) Tu écris, toi? Je ne me rappelle pas avoir vu quelque chose de toi?

Je travaille sur une fic période Emergence de l'Empire et je posterai sans doute quelque chose pour le recueil si l'inspiration me vient :cute:
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Jeu 17 Mai 2012 - 21:25   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

D'accord, merci :wink:
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Messagepar Nicravin » Ven 18 Mai 2012 - 12:03   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Nicravin a écrit: je posterai sans doute quelque chose pour le recueil si l'inspiration me vient :cute:

Quelques heures après, l'inspiration vint. Un texte assez court dans lequel je vais essayer de réhabiliter ce personnage mal-aimé, souvent bafoué, toujours sous-estimé. Rassurez-vous je ne parle pas de Jar-Jar :paf:.


Aller simple


Depuis que Maitre Yoda le lui avait annoncé, Asokha Tano était terrifiée. Evidemment, elle savait que son opinion en la matière n’avait aucune importance mais cela n’empêchait pas la terreur de lui nouer les tripes. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Pas grand-chose, elle devait obéir aux ordres comme tout padawan docile.
Enfin, à proprement parler elle n’était pas encore Padawan tout au plus Apprentie, jusqu’à ce que son maitre la prenne définitivement. Tout le problème était là ; elle ne voulait pas devenir la padawan d’Anakin Skywalker. Tout son être se tordait de peur à cette idée. Elle sentit son estomac se contracter. Dans quelques heures, elle atterrirait sur Christophisis et devrait se confronter à lui, ce maitre célèbre.
Elle savait déjà ce qui lui arriverait. Dés cette instant, elle vivrait dans son ombre. Tous ses succès paraitraient pâles à coté de ceux de son Maitre. Ces échecs sembleraient deux fois plus grands ; la padawan d’un maitre aussi illustre se devait de briller. Sa vie durant on ne la considérerait que comme l’Apprentie de Maitre Skywalker.
N’importe quel Jedi eut mieux convenu à ses yeux, car Anakin Skywalker n’était pas qu’un Jedi. Il était l’Elu. Elle ne savait pas ce qu’il devrait faire précisément et, pour être franche, elle s’en moquait. Tout ce qui l’intéressait c’était qu’il était considéré comme le plus grand Jedi de sa génération voire de tous les temps. Les Maitres n’avaient pas formé Asokha pour une telle situation, bien sur.
Il n'y a pas d'émotion, il n'y a que la paix.
Asokha sourit. Elle ignorait s’il n’y avait pas d’émotion mais une chose était sure : il y avait autre chose que la paix, ce qu’elle ressentait en était la preuve. Comment les Maitres avaient-ils pu lui faire cela ? C’était injuste. Elle s’était toujours bien débrouillée avec la Force et avec son sabre laser, certes, mais pas à un niveau suffisamment élevé pour qu’on la confiât à un maitre aussi illustre.
Ce n’était pas une récompense, c’était une punition. Le problème était qu’elle ne savait pas pour quel crime on l’avait punie. Qu’avait-elle bien pu faire pour mériter ce sort ? Le pire était qu’elle ne savait quasiment rien de cet Anakin Skywalker. Elle l’avait croisé une ou deux fois tout au plus dans les couloirs du Temple. Elle n’était même pas sure qu’il l’aie vue.
Asokha tenta de méditer, d’évacuer le stress en elle. Généralement, cela produisait de bons résultats. Elle ferma les yeux et se concentra sur le Vide…Qu’elle ne trouva pas. Partout dans son esprit, tout était agité. Pas une fibre de son être qui ne se révoltât pas à l’idée de cette injustice. Asokha soupira et rouvrit les paupières. Son regard tomba sur le chrono. Encore quelque heures et son sort serait définitivement lié, ou plutôt, soumis à celui d’Anakin Skywalker et cette idée, elle s’en rendait compte maintenant, la terrorisait.
Un instant, elle caressa l’idée de fuir, de tout laisser tomber ; quitter l’Ordre. Déserter. Ce n’était pas sa guerre. Elle n’en connaissait même pas la cause, si ce n’était que certains systèmes voulaient quitter la République. Elle n’était pas sure de les désapprouver. Si une organisation n’était pas capable de satisfaire ceux qui vivaient sous son giron, elle ne voyait pas pourquoi ceux-là devraient rester. Elle était cependant pleinement consciente de ne connaitre qu’une partie du tableau. La République et l’Ordre Jedi avaient surement d’excellentes raisons de ne pas vouloir du départ des Confédérés. Mais elle ne les connaissait pas, naturellement.
Elle dut renoncer à cette idée par pure pragmatisme : elle était dans l’hyperespace et sitôt arrivé dans l’espace réel, elle serait livrée à Skywalker. Sa vie se finirait dés cette instant.
De nouveau, elle sentit une douleur poindre au niveau de son ventre. Son estomac se contracta encore une fois. Elle se demanda, pour la énième fois depuis le début du voyage si sa vieille protection ne pouvait pas marcher. La jouer décontracté, dissimuler ses sentiments derrière un mur de bravache mais là, c’en serait trop. Cette solution ne marcherait qu’un temps. Si elle faisait semblant que tout allait bien, si elle jouait la provocation, un jour ou l’autre, elle le savait, elle se briserait et tout ce qu’elle ressentait en elle se déverserait ; la laissant vide de sa substance.
Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle devait affronter son destin et si pour cela elle devait mentir en permanence, soit. Cela ne durerait pas mais cela lui permettrait de gagner du temps. Tôt ou tard, elle devrait dire la vérité mais pour l’heure sa décision était prise.
A peine eut elle déterminer de sa future ligne de conduite que déjà, elle se sentit mieux. Pas bien mais mieux, c’était déjà un progrès en soi. De nouveau, elle regarda le chrono. Trois heurs avant la sortie de l’hyperespace. Elle eut peur un instant que cette attente émousse sa détermination nouvelle, mais elle se rappela qu’elle n’avait pas le choix.
Renforcée dans sa décision, Asokha décida de dormir un peu. Elle se dirigeait vers une zone de front, qui savait quand elle en aurait de nouveau l’occasion ? Trois heures de sommeil valaient mieux que rien du tout. Elle se carra confortablement dans son siège et se laissa gagner par le sommeil.
Une voix de droïde, sortant des haut-parleurs, la réveilla.
- Cinq minutes standards avant entrée dans l’espace réel, cinq minutes standards avant entrée dans l’espace réel.
Asokha se dirigea vers les hangars et entra directement dans la petite navette qui devrait l’amener à la surface. Le pilote clone la salua et elle lui rendit son salut. Il entama les manœuvres de décollage aussitôt sorti de l’hyperespace. Le voyage entre la haute orbite et l’atmosphère fut étonnamment court aux yeux d’Asokha. Lorsque la navette atterrit, Asokha se dirigea vers les portes de l’engin et appuya sur le bouton d’ouverture automatique ; elle avait une énorme boule dans la gorge.
Elle vit les portes s’abaisser.
-Et à qui avons-nous l’honneur, exactement ?
C’était le pompon. En plus, il ne savait même pas qu’elle arrivait. La boule dans sa gorge grossit mais elle parvint à ne rien en laisser paraitre. Elle articula péniblement.
-Je suis Asokha. C’est Maitre Yoda qui m’envoie. On m’a chargée de vous dire que vous devez immédiatement retourner au Temple Jedi, c’est pour une urgence.
Modifié en dernier par Nicravin le Mar 29 Mai 2012 - 16:21, modifié 3 fois.
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Messagepar Mitth'raw Nuruodo » Sam 19 Mai 2012 - 21:01   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Ahsoka, mais non, pourquoi? :paf:

Bon, la narration est bien faite, tu arrives à donner un intérêt au texte dans le cadre du recueil :) Mais tout cela reste de l'Infinities complet pour moi :D

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Messagepar Nicravin » Dim 20 Mai 2012 - 11:52   Sujet: Re: [Recueil SWU #5:] Dans l'Ombre des Héros

Essayez de donner un peu de profondeur à un personnage :chut:
Mitth'raw Nuruodo a écrit:Mais tout cela reste de l'Infinities complet pour moi :D

Le personnage d'Asokha entier devrait être infinities :diable:
Mitth'raw Nuruodo a écrit:Un truc, on dit "tenir compte", pas "tenir conte" :x

Tu peux me donner la phrase? Parce que j'ai relu le texte deux fois mais j'ai pas trouvé :transpire:
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