StarWars-Universe.com utilise des cookies pour faciliter votre navigation sur le site, et à des fins de publicité, statistiques, et boutons sociaux. En poursuivant votre navigation sur SWU, vous acceptez l'utilisation des cookies ou technologies similaires. Pour plus d’informations, cliquez ici.  
Chapitre 8 : Home, Sweet Home
 
Les senseurs de l'Arc de Cristal avaient une forte portée, mais ne décelaient toujours pas de traces de vie humaine. L'appareil avait certes réagi à quelques reprises, mais c'était à chaque fois pour signaler la présence d'un gros serpent des sables, dotés d’une tête de chaque côté de sa queue, d'un groupe d'oiseaux aux multiples ailes multicolores, ou d'une colonie de petits rongeurs rougeâtres, semblables aux rats womps de Tatooine. La faune locale était peu originale.
Kano avait repris les commandes, et Edo se concentrait sur les radars. Le pilote scrutait également l'horizon avec sa propre vue et ses pouvoirs pour localiser le canyon au creux duquel sa vision lui avait révélé la présence de la forteresse.

Après plusieurs heures de recherche, le labeur porta enfin ses fruits. Les radars bipèrent au moment même où Kano apercevait le canyon. Il s'approcha prudemment, tout en gardant ses boucliers et ses lasers chargés, pour parer à une éventuelle attaque. Il commençait à avoir l'habitude des mauvaises surprises… Peu après, il se trouvait au-dessus du canyon étroit, et ne pouvait pas encore voir ce qui s'y trouvait. La lumière y parvenait faiblement, et il était difficile d'en voir le fond. Il activa le projecteur du vaisseau pour essayer d’y voir quelque chose.
Lentement, il amorça sa descente à l'aide des répulseurs de l'appareil. Il prenait particulièrement garde à ne pas percuter les parois rocheuses du canyon. Il était devenu aussi maniaque que Marvic en ce qui concernait l'Arc de Cristal, et ne supporterait pas de le voir abîmé. Ce qui n'était rien en comparaison de la crise que piquerait Edo. Le malheureux droïd grillerait probablement tous ses circuits si l'Arc de Cristal était endommagé. Ils avaient déjà perdu une antenne en fuyant de Tabal, et Edo ne s'en était toujours pas remis.
Enfin, Kano distingua des habitations tout au fond du canyon. Il vit même un petit fleuve qui serpentait au milieu, ce qui expliquait probablement que les seuls habitants se trouvaient là.
Puis, il vit enfin la fameuse forteresse. Accrochée aux rochers, elle surplombait le village. En fait, Kano ne vit que ce qu'il en restait : elle n'avait plus rien à voir avec sa vision. La moitié de ses murs s'était effondrée, de la végétation avait envahi la pierre noire, et l'ensemble menaçait de s'écrouler sur le village en contrebas. En fait, tout cela rendait l'édifice encore plus sinistre. La vue depuis le village devait être sympathique. Kano se dit que le maître des lieux devait les avoir quittés depuis un moment. Mais le village paraissait encore habité.
Par bonheur, personne n'ouvrit le feu quand Kano se posa sur l'unique plate-forme d'atterrissage du village. Après avoir vérifié la présence de son sabre laser à sa ceinture, il ouvrit la rampe d'accès et descendit. Comme d'habitude, Edo avait préféré rester à bord. Il refusait de laisser son copain vaisseau sans surveillance en terrain inconnu.
Quelques personnes s'étaient amassées pour voir arriver le bel engin. Les étrangers qui découvraient ce coin paumé n'étaient certainement pas légion, et voir des inconnus ne devait pas être une animation fréquente.
La plupart des habitants étaient des humains à la peau mate, et l'un d'entre eux, d'une carrure plus imposante que les autres, s'avança hors de la foule. Il s'exprima dans un basic des plus classiques.
– Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il sans animosité particulière.
– Des réponses. J'espérais qu'on pourrait m'aider.
L'homme le fixa un moment, et semblait le jauger du regard.
– Venez avec moi.

Kano traversa la foule et suivit son interlocuteur à travers des ruelles sombres, mais parfaitement propres et entretenues. Le village paraissait calme et serein. Les gens s'activaient, les petites boutiques emplissaient les rues, et chacun paraissait avoir son rôle dans cette société. Kano n'y remarqua pas le moindre soldat, que ce soit républicain ou impérial. La galaxie s'était bien détendue depuis le Traité de Paix.
Ils arrivèrent devant une petite maison, et l'homme l'invita à y entrer. Kano ne pressentit pas de menace, et entra. Une femme assez âgée lui sourit à son arrivée. Elle échangea quelques mots avec son mari et disparut dans la cuisine. Elle en revint avec des boissons et quelques biscuits. Malgré le fait que cette planète soit un peu perdue, la maison était moderne et confortable, ce qui contrastait avec son apparence extérieure délabrée.
L'homme s'assit et invita Kano à en faire de même. La femme les rejoignit peu après.
– Vous dites avoir besoin d'aide, commença l'homme. Dites-moi d'abord ce qui vous amène.
Kano lui fit confiance et se lança.
– Je suis amnésique. Une vision m'a montré cet endroit. Je pensais y trouver des réponses. Où suis-je exactement ?
– Vous êtes dans la seule ville de Litonia, qui s'appelle tout simplement Litonia. Et vous devriez le savoir.
– Pardon ? répondit Kano, interloqué.
Une vieille femme entra et ouvrit de grands yeux ronds.
– Kano ! s'écria-t-elle.
Le jeune homme se leva, et la femme le serra dans ses bras.
– Maman ? se hasarda-t-il.
– Mais non, sourit la bonne femme. Je suis Autum, ta vieille nourrice. Tu ne te souviens même pas de moi ? C'est vrai, ça doit bien faire huit ans. Moi, je t'ai reconnu dès ton arrivée ! Qu'est-ce qui te ramène ainsi au bercail ? Ca y est, te voilà un Chevalier Jedi ?
– Autum… Je ne me souviens plus de rien. Je suis désolé. Mais je pense que vous êtes en mesure de m'aider. Dites-moi qui je suis. S'il vous plaît.
Autum l'observa en souriant.
– Tu es né ici, Kano. Ta mère était Nicoma, une femme extraordinaire. Quand la planète s'est révoltée, il y a huit ans, la pauvre femme est morte, et toi tu es parti. Tu as toujours été un bon garçon. Quand ta mère est morte, tu as réalisé son souhait et tu es parti pour l'Académie Jedi de Yavin. Tu n'avais que douze ans… mais je t'ai quand même reconnu !
Kano hocha la tête pensivement. Oui, il était bien Kano. Oui il était bien un Jedi. La sensation était déconcertante. Savoir qui il était…
– Et mon père ? s'enquit-il.
Autum se figea. Elle baissa les yeux et fixa un moment le plancher. La tension était palpable, l’homme et sa femme évitèrent à leur tour le regard de Kano. Celui-ci les regarda tour à tour, intrigué.
– Je ne sais rien, fit Autum. Excuse-moi, j'ai du travail. J’ai vraiment été ravi de te revoir, mon grand. A bientôt Kano. Passe me voir à l'occasion. Je suis désolée.

Kano fut surpris par la réaction de la vieille femme. A l'évidence, elle souhaitait cacher quelque chose. Il se tourna vers l'homme et sa femme. Il revenait après des années, et une simple question douchait littéralement son enthousiasme. Bizarre…
– Vous pourriez m'aider ? Vous avez connu mon père ?
– Je vous ai connu vous, Kano. Mais j'ignore tout de votre père.
– Parlez-moi de cette planète.
L'homme, un certain Sileso, entama le récit historique de la planète. Ce qu'il apprit à Kano le surprit au plus haut point. Litonia avait été une planète impériale, et la forteresse fut un lieu de résidence de l'Empereur en personne. Palpatine avait massacré le peuple extraterrestre qui vivait ici, parce qu'il refusait de servir l'Empire. Il avait rasé la planète, autrefois fertile, à l'aide de ses stardestroyers. Des décennies plus tard, Litonia n'était pas parvenu à se recréer. Certains affirmaient que c'était la présence de l'Empereur et du Côté Obscur de la Force qui avait empêché l'écosystème de se régénérer.
Palpatine était venu avec ses esclaves, et avait fait bâtir sa forteresse. Il venait vivre de temps en temps quelques jours sur Litonia. Il y avait fort à parier qu'il venait sur place pour y diriger une de ses éternelles manigances douteuses. Palpatine avait programmé tant de coups tordus, il était impossible de déterminer ce qu'il y avait fait.
Après la mort de l'Empereur, une garnison était restée et un Moff avait emménagé dans la forteresse. Kano était né cette année-là.
Mais il y a huit ans, alors que Kano n’avait que douze ans, les villageois s'étaient révoltés, et le Moff avait été tué, sa forteresse dévastée et la planète libérée. Depuis, Litonia était une planète indépendante, hors de l'Empire et de la Nouvelle République. Le village, bâti sur la seule rivière de la planète, vivait en autarcie. Les habitants paraissaient heureux, enfin libres de prendre en main leur destin.
La forteresse avait été partiellement détruite, et les esclaves avaient préféré ne pas savoir ce que l'Empereur y avait fait. Ils avaient tout mis à sac, détruisant le matériel bizarre dont ils ignoraient l'utilité. En fait, dont ils préféraient ignorer l’utilité.
Sileso, l'hôte de Kano, avait été le leader de la Résistance. Il avait naturellement fini chef du village. Mais apparemment, la mère de Kano avait été tuée lors des représailles impériales. En effet, les troupes de choc avaient mené des expéditions punitives après les premiers signes de révolte. Cela n’avait servi qu’à raffermir la détermination des villageois. Les troupes de la garnison avaient toutes été massacrées par la foule en colère. Depuis la victoire finale, plus aucun impérial n'avait mis les pieds sur Litonia.

Kano remercia chaleureusement ses hôtes. Sileso lui rétorqua que c'était son devoir que d'accueillir les rares visiteurs, et le pria d’excuser et de comprendre le comportement d’Autum. Le jeune homme déambula alors un moment dans les ruelles remplies de boutiques et d'étalages. Les gens papotaient tranquillement, tout était paisible. Kano finit par se sentir chez lui, et des bribes de souvenirs lui revinrent, de façon très encourageante. Il se remémora ses parties de sabbac avec des copains, les farces dangereuses faites aux dépens de la garnison impériale, les bagarres avec la bande rivale... Néanmoins, il avait quitté la planète à l'âge de douze ans, et n'y avait donc passé que sa petite enfance. Puis des images de sa mère l'assaillirent. Une femme belle et douce, mais en même temps très triste. Bien évidemment, il ne se rappela rien de son père. C'était peut-être sa faute si sa mère était si triste. Il ne se rappela pas non plus ce qu'il lui était arrivé après son départ de Litonia. Il se décida à visiter l'Académie Jedi un jour ou l'autre. Mais la Nouvelle République était encore à ses trousses, et l'Académie devenait le dernier endroit où aller.

Intrigué par ce mystère autour de son père, Kano se décida à interroger à nouveau la vieille Autum. Sileso lui avait donné son adresse, et il eut vite fait d'atteindre la maison de la vieille femme. Celle-ci étendait du linge sur des cordes et Kano sut instantanément que cette maison était la sienne. Sa sensation ne le trompait pas. Il avait vécu ici, grandi ici, sous le regard bienveillant de sa nourrice et de sa mère. Mais pas de son père. Logiquement, Autum avait dû récupérer la maison après la mort de Nicoma et le départ du fiston.
Autum se retourna et contempla tristement Kano.
– Je savais que tu viendrais. J'espère que cette maison réveillera tes souvenirs.
– Autum, je dois savoir qui était mon père. C'est important. Il s'agit de ma vie. Vous ne pouvez pas me le cacher. Vous me devez au moins ça.
– Je te l'ai dit mon petit, j'ignore tout. Ta mère ne m'en a jamais parlé. Tu sais, elle était une servante des impériaux. Et s'ils avaient abusé d'elle… Non, elle me l'aurait dit. Il reste que j'ignore tout de ton père. Personne ne l'a jamais vu. Peut-être est-il mort peu avant ta naissance. Tu sais, les impériaux exécutaient tant d'esclaves, pour un oui ou pour un non. J'étais une amie de ta mère. Quand tu es né, je l'ai aidée à s'occuper de toi. Jusqu'à sa mort…
Ils rentrèrent dans la maison, décorée avec un goût évident. Kano s'arrêta devant un petit tableau holo. Une belle femme portait sur ses genoux un bambin agité.
– Vous étiez tous deux si beaux, murmura Autum. Si tu savais comme je regrette ta pauvre mère.
– Que lui est-il arrivé ? s'enquit soudain le jeune homme. Elle est morte au cours de la révolte …
– Ca, c'est ce qu'on dit. Mais moi je sais ce qui s'est passé. Elle a été assassinée par des troupes spéciales, délibérément. Je le sais. Mais je sais aussi que personne ne me croit. Tous disent que l'Empire ne pouvait rien avoir contre une innocente femme comme ta mère.
– Pourquoi l'ont-ils tuée alors ? s'exclama Kano. Qui a pu l'ordonner ?
– C'est à toi qu'ils en voulaient. Nous avons toujours su que la Force était puissante en toi. Et le Moff Disanta devait le savoir aussi. Il a dû ordonner de te capturer, il devait avoir l'intention de t'élever à sa manière, d'utiliser tes pouvoirs pour faire le mal. Ta mère est morte en tentant de te protéger. Mais je crois aussi qu'elle savait quelque chose de gênant. Je ne suis pas une Jedi, mais je percevais qu'elle cachait un secret. Ca lui a coûté la vie… Je souffre encore du fait qu’elle ne m’ait rien dit. C'est moi qui t'ai caché dans le foin de nos banthas. Puis j'ai fui. Nos résistants ont éliminé les impériaux, mais j'ai préféré t'envoyer à l'Académie Jedi pour que tu soies en sécurité et que tu puisses être en mesure de te défendre. Ta mère et moi n'aurions jamais accepté que qui que ce soit te mène au Côté Obscur de la Force. Je suis si heureuse de voir que tu as suivi le bon chemin …

Kano s'assit sur un petit fauteuil. Autum pouvait très bien avoir raison. Sa mère était morte pour lui. Ou alors, elle avait été purement et simplement assassinée. Sans lever la tête, il remercia la nourrice qui lui avait sauvé la vie. Sans son aide, l'Empire se serait emparé de lui. Soit ils l'auraient tué, soit pire encore ils l'auraient élevé comme un Jedi Sombre, faisant de lui une machine à tuer. Un autre Darth Vader. Il fut également reconnaissant envers tous les habitants de la planète, qui avaient écarté définitivement la menace impériale de cette planète. Il fallait du courage pour s'attaquer à l'Empire. La mort de l'Empereur avait dû renforcer leur détermination.
– Tu sais Kano, il y a quelque chose d'assez étonnant, reprit la femme. Tu es né le jour de la Bataille d'Endor. Le jour où cette pourriture d'Empereur Palpatine est mort. Ta mère et moi avons tout de suite su que tu serais un grand Jedi. Tu remplaces l'Empereur, mais du bon côté. Tu es là pour rétablir un équilibre.
Kano sourit sans joie. La bonne femme se faisait des idées, lui savait que ses talents de Jedi, bien qu'importants, n'avaient rien d'exceptionnels. Il ne disposait pas du même potentiel que des gens comme Anakin Skywalker dans le passé ou Kyp Durron plus récemment.

Il remercia et embrassa une dernière fois Autum, qui avait tenu à ce qu'il prenne l'holo représentant sa mère, en lui promettant de revenir la voir un de ces jours. Il se mit en quête de son vaisseau, que des techniciens avaient emmené jusque dans un hangar, avec l'autorisation d'Edo, bien sûr. La rumeur de sa présence s'était propagée, et il eut à saluer un bon nombre de personnes qui le reconnurent dans la rue. Des amis d'enfance se présentèrent à lui, mais il dut leur avouer ses lacunes mémorielles.
Finalement, il parvint à regagner son vaisseau. Il allait se mettre en quête d'informations sur son père. En entrant, il trouva Edo en plein travail.
– Ces braves humains m'ont aidé à remettre en état le couplage énergétique. Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ?
– Oui et non, répondit Kano. Je sais partiellement qui je suis. Ca me fait tout drôle.
Edo haussa ses épaules mécaniques. Ca, c'était bien une réponse de Jedi…

Un instant plus tard, Kano faisait décoller l'Arc de Cristal, adressant un dernier salut de la main aux personnes venues pour le voir repartir. Il décida d'inspecter les ruines de la forteresse impériale. Cela ne lui apprendrait rien sur lui, mais il voulait satisfaire sa curiosité. Visiter une résidence de l'Empereur, même en ruines, était assez rare. La Nouvelle République ne devait certainement même pas avoir connaissance de l'existence de ce site. Les habitants de Litonia tenaient à leur tranquillité et à leur neutralité, et Kano avait promis de ne pas révéler cette information. De toute façon, il n'était actuellement pas en très bons rapports avec la Nouvelle République…
Il survola les ruines rocheuses, braquant le faisceau lumineux de l'Arc de Cristal pour éclairer les zones d'ombre. Installé devant une autre console, Edo inspectait aux rayons X certains des objets calcinés qui attiraient son attention. Des colonies d'animaux avaient envahi les lieux, et aucun humain n'avait eu l'idée de réaménager cet endroit, considéré comme maudit.
Kano ressentit néanmoins les traces de la présence de l'Empereur. Beaucoup de Jedi avaient prétendu que la présence de Palpatine en certains lieux pouvait être ressentie même vingt ans après sa mort. C'était le cas en orbite d'Endor, où son corps avait été détruit pour la première fois. Le même type de phénomène se produisait près de Byss, où Palpatine avait été abattu par une de ses propres tempêtes de Force. Mais il était encore revenu…Et cette forteresse n'échappait pas à la règle. La sensation était plutôt désagréable, un contact avec le Côté Obscur étant toujours une expérience éprouvante pour un Jedi. Mais Kano fit appel à la Lumière pour chasser l'Obscurité qui tentait d'envahir son esprit. Même mort, Palpatine continuait à hanter les vivants…

Autum lui avait confirmé que les appareils de Palpatine avaient été détruits lors de la prise de la planète (qui s'était en fait limitée à la prise du village, seul lieu habité). Kano avait encore du mal à comprendre pourquoi Palpatine avait établi cette demeure sur une planète aussi isolée. Finalement, cela avait été une sage décision de la part des Résistants de détruire ce matériel étrange. Encore aujourd'hui, des officiers impériaux récupéraient les idées maléfiques de l'Empereur, dans un ultime sursaut pour tenter de réhabiliter l'Empire.
Qui pouvait savoir ce que Palpatine avait manigancé en ces lieux ? Le Moff Disanta avait dû être au courant, mais il avait également été tué. Autum prétendait que sa mère Nicoma savait quelque chose qui avait justifié son assassinat. Et si, en servant l'Empereur, elle avait eu vent de ses manipulations ? Elle représentait donc un danger pour l'Empire, et Disanta l'avait fait supprimer, tout comme son mari auparavant. Nul ne le savait. Quant à lui, il était tout à fait crédible que Disanta ait voulu le récupérer. Si lui aussi croyait qu'il remplaçait l'Empereur, en naissant le jour de sa mort, il devait avoir une interprétation différente de ce fait. Nicoma et Autum pensait qu'il rétablirait un équilibre. Disanta, lui, devait plutôt penser à une sorte de réincarnation (Palpatine était familier des manipulations obscures de corps…), et devait vouloir faire de Kano un nouvel Empereur. Par bonheur, Autum l'en avait empêché. Peut-être l’Empereur lui-même était-il venu sur Litonia pour repérer l'enfant à naître et se préparer à le former à sa naissance. Mais il y avait tant de Jedi potentiels dans la galaxie, malgré l’éradication menée par Vader. Pourquoi Kano ?

Conscient qu'il ne trouverait rien et dégoûté par cet endroit, Kano redressa le nez de son appareil et monta vers les rares nuages de Litonia. Il eut vite fait de quitter l'orbite de la planète. Une partie du mystère de ses origines était élucidée. Mais il y avait un autre problème immédiat à régler. Les renégats de l’Empire voulaient sa peau. La Nouvelle République était à ses trousses, ainsi que des hordes de chasseurs de primes. Bref, les individus qui n'avaient rien contre lui se comptaient sur les doigts de la main. Et encore.
La question était : pourquoi ? Les chasseurs de primes étaient payés, probablement par les impériaux, qui le pourchassaient après sa fuite de Tabal. Mais était-ce la seule raison ? Quant à la Nouvelle République, ses motivations étaient inconnues. Censée représenter la justice, elle s'en prenait à un homme qui se pensait innocent. Qui se savait innocent
Or son amnésie cachait encore bien des secrets. Et s'il avait enfreint la loi sans s'en souvenir ? Il était alors peut-être plus sage de se rendre aux autorités pour simplifier les choses.

Une fois éloigné de Litonia, Kano réfléchit pour choisir sa prochaine destination. Il avait besoin de plus d'informations.
– Edo, demanda-t-il, tu connais les coordonnées de Coruscant ?
– Bien sûr monsieur, pour qui me prenez-vous ?
– Alors on est partis.
Le droïd se précipita sur la console de navigation, sans cacher son enthousiasme. Lui aussi partait à la découverte de l'univers (ses dernières escapades datant de la naissance d’Alera) et leur première escale avait été un coin perdu. A présent, ils partaient pour la capitale de la galaxie connue : Coruscant. Il entra les coordonnées, 00-00-00, pour ce qui était considéré comme le centre de la galaxie.
Ce que Kano ne vit pas, ce fut le petit vaisseau d'exploration qui jaillit d'entre les rochers pour suivre l'Arc de Cristal hors de l'orbite de la planète. Un vaisseau léger, discret, rapide et indétectable aux radars classiques. Et le pilote n'était pas n'importe qui. Quelqu'un d'efficace, qui n'avait pas l'intention de perdre la trace de l'Arc de Cristal.