StarWars-Universe.com utilise des cookies pour faciliter votre navigation sur le site, et à des fins de publicité, statistiques, et boutons sociaux. En poursuivant votre navigation sur SWU, vous acceptez l'utilisation des cookies ou technologies similaires. Pour plus d’informations, cliquez ici.  
1. Le comic-book en quelques mots...
 
Un oiseau ? Un avion ?Le comic-book, c’est le nom donné à la bande dessinée aux Etats-Unis.

En Europe, la BD est publiée dans des formats assez luxueux, le plus souvent de 48 pages, et avec un rythme très irrégulier en librairie. Aux Etats-Unis, le mode de publication des comics est très différent. La BD y est beaucoup plus populaire et on peut trouver ses comics préférés au supermarché. (Bien que cette habitude ait quasiment disparue).

Le genre majeur qui porte le marché depuis plus de quarante ans, ce sont les super héros. Superman et Spiderman sont les figures de proue des deux géants de l’édition américaine : DC et Marvel.

Les comics sont publiés sous forme de fascicules de 22 pages (ou plutôt 32 pages, le reste étant de la publicité) qui paraissent mensuellement ; on les appelle single-issues. Les séries les plus populaires durent ainsi depuis des décennies. Ce format permet de narrer des aventures très étalées dans le temps, au contraire des BD européennes qui fonctionnent le plus souvent sur le principe « une histoire = un album ».

Historiquement, les lecteurs pouvaient suivre une histoire complète par mois. Mais de plus en plus, les aventures se déroulent sur quatre numéros en moyenne. Elles constituent ce que les anglophones nomment des story-arcs. Depuis quelques années, les éditeurs, s’inspirant des formats européens, pratiquent une politique de réimpression de leurs histoires les plus populaires en Trade PaperBack (TPB). Un TPB est fréquemment dédié à un story-arc.

Très concrètement, dans la série Dark Times, le story-arc The Path to Nowhere se compose de 5 single-issues que voici :

Path to NowherePath to NowherePath to NowherePath to NowherePath to Nowhere


Le tout collecté dans un Trade Paperback que voici :

Path to Nowhere


Puis publié en France directement en Trade Paperback chez Delcourt, comme ceci :

Dark Times chez Delcourt


ATTENTION ! Ceci est un exemple SIMPLE, mais les TPB US ne correspondent pas toujours aux TPB français ! Parfois même les séries ne sont pas les mêmes, c’est dire la liberté que Delcourt prend éditorialement !
2. Les comics Star Wars Legends
 

1977 - 1986


Le Numéro 1...... et le numéro 100 de la série parue chez marvel.

Comme toute bonne franchise qui se respecte, Star Wars se doit d’exploiter tous les supports à disposition permettant de poursuivre le rêve dans l’esprit des fans (et dans leurs portefeuilles). George Lucas est un précurseur dans ce domaine, et les comics constituaient un média ultra populaire quand ANH est sorti. En un rien de temps, Marvel s’est retrouvé détenteur des droits pour adapter les films en BD et poursuivre l’aventure entre chaque film. 107 numéros seront publiés entre 1977 et 1986. Pour plus d’informations, reportez-vous à ce dossier SWU.



 


Première époque : 1993 - 1998


Vient ensuite le temps des vaches maigres. Cela dura quelques années qui nous amenèrent au début des années 90. Une relance de la franchise Star Wars est organisée et les comics sont de la partie. Les droits sont confiés à Dark Horse qui se met au travail avec le fameux Dark Empire.

Depuis, Dark Horse a largement rempli son deal et est toujours fidèle au poste. Jusqu’en 1998, l’éditeur a exploité l’UE de diverses manières : en adaptant des romans (La Croisade Noire du Jedi Fou, Les Ombres de l’Empire…), en rééditant les comics Marvel (ce qui a été fait très récemment) sous l’appellation A Long Time Ago…, en créant des histoires inédites pour les périodes entre les films ou pour l’univers post-ROTJ, ou encore en allant dans une direction inattendue, c'est-à-dire 4000 ans dans le passé avec les Tales of the Jedi.

Dark Empire Heir to the Empire Tales of the Jedi

 


 


Seconde époque : 1999 - 2014


En 1999, la prélogie débarque et Dark Horse lui emboîte le pas. Pour la première fois depuis Marvel, une série régulière mensuelle est lancée. Sobrement nommée « Star Wars », elle prendra le nom de Republic pour son cinquantième numéro. Les comics suivent les sorties des films et développent l’UE prélogique. Après AOTC, le temps était venu d’attaquer la fameuse Guerre des Clones qui continue de battre son plein à l’heure où nous écrivons ces lignes.

En 2002, Dark Horse crée également une seconde série mensuelle, Empire, qui comme son nom l’indique se déroule à l’époque de la trilogie. (Ce qui explique au passage pourquoi sa série sœur a été rebaptisée).
Les comics se portent donc très bien. La qualité n’a certainement jamais été aussi bonne mais ce sera à vous d’en juger.

Republic, la saga emblématique de cette nouvelle génération Obsession, lune des nombreuses séries crées par le cheval sombre Empire, lautre saga



Puis on a vu l’apparition de nouvelles séries « phare » pour Dark Horse-le club des 4 : Knights of the Old Republic, Dark Times, Rebellion et Legacy qui ont permis à DH de s’essayer au crossover avec la série Vector pour laquelle je vous invite à consulter ce dossier.

LegacyKOTORRebellionVector crossover



The Clone Wars, Invasion, The Old Republic ou Knight Errant.

The Clone WarsThe Old Republic



Toutes ces histoires sont publiées au format single-issue pour un prix moyen de 2,99€. Puis elles sont reprises en TPB, comme c’est le cas depuis le début du bail de Dark Horse. Le format TPB revient un peu moins cher et la qualité est supérieure, mais il vous faut attendre un certain nombre de mois avant de retrouver vos histoires favorites.

Dark Horse représente un peu plus de 6% de part de marché. C’est le troisième éditeur derrière Marvel et DC (environ 35% chacun).

Avec le rachat de la licence par Disney à la fin de l'année 2012, c'est Marvel qui reprend l'exploitation des comics Star Wars dès début 2015. Le géant du comic lance alors de multiples séries, les premières du nouvel UE, qui marquent ainsi le début d'une nouvelle ère. Nous détaillerons tout cela dans un futur dossier consacré aux œuvres littéraires de l'univers officiel...

3. Et les Webcomics dans tout ça ?
 

Eh non ! L’ère Dark Horse, ça n’aura pas été que du comic-book ! Le développement d’Internet a en effet vu naître un nouveau type de bandes dessinées : les fameux Webcomics, publiés directement sur la toile. Dès 1999 et la sortie au cinéma de La Menace Fantôme, l’éditeur au cheval noir s’essaie au concept avec la publication des Podracing Tales le site officiel Star Wars, qui nous permettaient de faire plus ample connaissance avec certains pilotes ayant participé à la célèbre course de modules.

Mais l’âge d’or du Webcomic Star Wars ne débute que quatre ans plus tard, avec la mise en ligne de A Hunter’s Fate : Greedo’s Tale, une remarquable adaptation d’une nouvelle datant de 1995 qui développait le background du Rodien. 2004 est également marquée par la publication des premières planches de Evasive Action (publication qui se prolongera sur quatre tomes, jusqu’en 2006), une formidable aventure qui reste encore aujourd’hui LA référence en matière de Webcomics Star Wars. D’ailleurs je dirai même qu’il s’agit d’un des meilleurs comics Star Wars jamais paru. D’innombrables liens avec l’UE, du suspens, des personnages attachants … Tout y est, ou presque !

La suite sera malheureusement un peu moins florissante. La série Rookiees, basée sur le scénario d’un jeu de rôle, verra sa publication stoppée nette en 2006 alors que deux autres tomes étaient encore prévus (voir par ici). Exit aussi le webcomic ambitieux envisagé sur Shaak Ti. On ne mentionnera qu’à peine Vision of the Blade, crossover raté avec l’univers Soulcalibur sorti en 2008.

La machine repart un peu à la fin de cette même année 2008, avec les webcomics relatifs à la série The Clone Wars. La promotion du MMO-RPG The Old Republic s’accompagne elle aussi de son lot de Webcomics, avec Threat of Peace, très lié aux magnifiques trailers du jeu, et Blood of the Empire.

A noter que certains webcomics ont été depuis republiés en album, à l’image des Podracing Tales dans l’Omnibus Wild Space Vol. 2 et des webcomics ToR. Malheureusement, le format particulier de ces comics a toujours posé des problèmes de droits à Delcourt, si bien que seuls les webcomics ToR ont été publiés chez nous.

4. Quand les comics traversent l’Atlantique !
 

Deux numéros de TitansLa France n’est pas en reste ! Les comics Marvel ont été adaptés dans les années 80 dans le défunt magazine Titans de l’éditeur Lug. Ici aussi je vous renvoie au dossier correspondant. Puis, 10 ans plus tard, c’est l’éditeur Dark Horse France qui s’est chargé d’adapter les créations de son homologue américain.

Un des nombreux exemple de foirage made by DHFMais parfois, les erreurs sont absentesAvec plus ou moins de talent, Dark Horse France a fait plus que sa part de boulot en adaptant bon nombre de comics Star Wars de l’époque. Ces BD sont très recherchées aujourd’hui et tous les détails de cette aventure sont rapportés dans le dossier A la recherche des BD Perdues. Puis subitement, l’éditeur a disparu et la période sombre a commencé pour les lecteurs français.

Dark Maul, le premier comic-book SW paru chez Delcourt qui nest pas une novélisationQuelques temps plus tard, comme l’Empire s’élevant sur les cendres de la République, Delcourt s’est approprié les droits de Star Wars. Une maison d’édition avec pignon sur rue comme Delcourt ne pouvait qu’être profitable à la cause des comics Star Wars en France. Que nenni ! Alors que les comics connaissaient un succès certain aux Etats-Unis, Delcourt menait une politique d’austérité, se contentant de publier les adaptations des films et quelques mini-séries les touchant de près.


Puis fin 2003, Delcourt est enfin passé la vitesse supérieure en mettant en place une vraie politique. Pour la faire courte, les amateurs de comics Star Wars ont été vernis puisque Delcourt a jusqu'en 2015 publié la quasi-totalité de ce qui s'est fait sous l'ère Dark Horse, en album ou en kiosque dans La Saga en BD puis le Star Wars Comics Magazine. L'éditeur au triangle rouge a fourni un travail très intéressant et respectueux de l’univers des fans, avec un rythme de parution très élevé (les TPB Delcourt sont parfois sortis avant certains TPB US !) pour des prix en somme raisonnables (de 12 à 15 euros). Leurs albums ont souvent repris à l’identique le contenu des TPB US, mais ce ne fut pas toujours le cas. 

 class=

 

Vous retrouverez donc chez l’éditeur entre autres les grandes séries :

Depuis 2015, la licence Star Wars est partagée entre Delcourt et Panini. Ce dernier est en charge de la publication des œuvres relatives à l'univers officiel, tandis que Delcourt continue d'exploiter la licence Legends, avec des rééditions. Le mode de publication de Panini diffère toutefois quelque peu de celui de Delcourt, dans la mesure où certaines séries voient d'abord le jour en kiosque avant de paraître à nouveau en album.

 

Mais au fait, entre Delcourt et Dark Horse, ça se passait comment ? Une interview tout droit sortie de nos archives vous explique tout ci-dessous !

5. De Dark Horse à Delcourt : explications de Thierry Mornet
 

Chez SWU, on s’est demandé ce qui se « cachait » derrière les albums Delcourt : comment les histoires publiées aux Etats-Unis arrivaient-elles quelques mois plus tard entre nos mains dans la langue de Molière ? Nous nous étions donc tournés vers le responsable comics chez Delcourt, Thierry Mornet, pour lui poser la question. C’est avec une vraie gentillesse et passion qu’il avait accepté de nous accorder une interview pour nous parler de son métier, tout simplement, et de Star Wars en particulier. Thierry Mornet était (et est toujours d'ailleurs, vu que Delcourt détient toujours une partie de la licence ^^) pour ainsi dire au cœur du processus, à la fois coordinateur et moteur de la publication de ces albums en France. C’est avec lui que nous vous proposons ce voyage, de Dark Horse à Delcourt.

Interview réalisée en 2011 par Booster Terrik et xximus, avec le concours de Tawak (oui ça date un peu, mais c'est tout de même très intéressant).

---------------------------------------------------------------------------------------------

historique
Thierry Mornet ©Photo de Sibylline Desmazières, retouches de François Lecocq



Star Wars Universe : Comment fonctionne globalement le lien entre Delcourt et Dark Horse concernant Star Wars ?

Thierry Mornet : On peut commencer par ça, expliquer un peu le processus d'acquisition des droits ; on parle de Star Wars on est bien d'accord, pas de comics en général. Concernant Star Wars, c'est une démarche un peu particulière, puisqu’il s’agit d’un processus tripartite : tout d'abord on fait l'acquisition des droits et de la licence Star Wars elle-même auprès de Lucasfilm, notre interlocuteur principal. C'est avec eux qu'on négocie, par l'intermédiaire de leur agent, même si au fur et à mesure que les années passent on a développé des relations et des contacts en direct chez Lucasfilm. J'ai très fréquemment par mail Steve Sansweet et d’autres personnes qui sont un peu les « gardiens du temple » chez Lucasfilm, qui sont là depuis 30 ans. Ces personnes qui valident l'ensemble de nos rédactionnels à l'intérieur du magazine Star Wars par exemple, c'est Sue Rostoni, qui est également là depuis quasiment les origines. Tout ceci est donc un aspect plutôt sympa et intéressant. La négociation purement commerciale s'opère avec l'agent en France de Star Wars pour l'ensemble de la licence, que ça soit la licence publishing ou pour faire des chaussettes Clone Wars, pour faire développer des jeux Star Wars...

SWU : Tout passe ainsi par la même personne ?

T.M. : Exactement. En fait c'est toujours l'agent qui s’occupe de la négociation, seuls les processus de validation dépendent de Lucasfilm directement. Je parlais d'un accord tripartite, c'est Lucasfilm d'un côté, nous bien sûr intéressés par la licence et licenciés de Lucasfilm, et le troisième interlocuteur est Dark Horse : ce sont les gens auprès de qui nous achetons le matériel, les pages de bande dessinée réellement. Eux sont d'ores et déjà des licenciés auprès de Lucasfilm puisqu'ils ont acheté une licence globale qui leur permet aujourd'hui d'être les seuls à faire de la bande dessinée Star Wars, et on s'adresse à eux pour leur acheter les pages, pour leur acheter le matériel.

licence



Voilà c'est comme ça que ça se passe... Ça se passe super bien (rires), avec tout le monde, ils sont visiblement assez contents, ravis de poursuivre l'aventure déjà depuis une dizaine d'années avec Delcourt et plus particulièrement en ce qui me concerne depuis près de 6 ans maintenant. Voilà pour ce qui est de la partie purement négociation. Après ça on présente un programme de publication, à l'agent et à Lucasfilm qui généralement l'accepte sans aucun problème.

SWU : C’est donc Delcourt, toi en particulier, qui donne l’impulsion initiale sur ce programme ?

T.M. : Oui, on définit exactement ce qu'on va mettre dans les albums et dans chaque magazine, et voilà ; ça fait l'objet d'un accord quasiment tacite et ensuite on avance là-dessus, on commande le matériel. Une fois que cet accord est obtenu, que le programme vraiment éditorial est établi, je collabore avec tout un tas d'intervenants qui sont des traducteurs, des lettreurs, des gens qui font de la mise en page, et mon travail consiste entre autres à relire et adapter les traductions : c'est-à-dire que je retouche, complètement, de façon à ce qu'il n'y ait effectivement pas de voix dissonnantes. Quand on arrive à travailler avec deux ou trois traducteurs différents, il faut s’assurer d’avoir la même charte sur des terminologies bien précises, d’avoir des éléments qui soient justes cohérents et maîtrisés, c'est le boulot d'éditeur. Cela consiste à commander le matériel à temps, consiste à avoir les bons fichiers au bon format, consiste à driver les lettreurs, driver les gens qui font la mise en page, pour qu'au final soient publiés des albums qui tiennent la route, à la fois en librairie et pour les magazines en presse. C'est simple (rires) Dans les faits beaucoup d'énergie (rires)...

SWU : Dans ton travail, quel part occupent les activités liés à Star Wars ?

T.M. : Cela représente à ce jour maintenant un bon quart de mon travail et de mon temps.

SWU : Et est-ce majoritaire proportionnellement aux autres activités ?

T.M. : Oui bien sûr, en nombre de pages tout simplement. Après ça se décline en temps passé, entre le magazine que nous publions, entre le Star Wars Comics Collector, et les albums que nous publions de l'ordre de un à deux par mois aujourd'hui, et puis toute la communication qui entoure ça. Parce que le temps passé à parler de ça, ça fait aussi parti de mon job, c'est plutôt une partie plaisante (rires), mais ça en fait partie aussi. Cela veut dire également transmettre pas mal de visuels aux personnes qui ont besoin de communiquer là-dessus, les couvertures, les prévenir des programmes de publication… Je suis en lien avec pas mal de blogs, je me déplace sur des conventions de bande dessinée mais aussi sur Génération Star Wars par exemple

SWU : Pour revenir un petit peu en arrière : comment Delcourt est devenu l'éditeur Star Wars ? Puisqu'avant c'était Dark Horse France, certains contenus étaient également traités par Panini...

historique



T.M. : Oui, ça a été surtout Dark Horse France presque naturellement, puisque c’est à l’origine une émanation de Cryo Interactive, une société donc qui publiait assez logiquement un certain nombre de séries sorties aux États-Unis par Dark Horse. Ils ont ainsi fait Hellboy, ils ont fait Martha Washington, ils ont fait Star Wars, parce que cela faisait partie du matériel qui était publié chez Dark Horse aux États-Unis. Cette structure est tombée en déliquescence va-t-on dire, et les droits se sont retrouvés libres. Je sais que d'autres structures comme Soleil avaient été intéressées à l'époque mais Guy Delcourt, himself, qui est un fan invétéré de la première heure de Star Wars et de comics en général, a souhaité reprendre la licence. Il faut savoir qu'il a collaboré à l'Ecran Fantastique à une époque, et à Pilote Charlie chez Dargaud avant même qu'il crée sa propre structure. Il avait une activité de journaliste, et c'est à lui que l’on doit une des premières interviews d'Harrison Ford publiée en France, aussi bien pour son boulot sur Star Wars bien sûr que sur Indiana Jones. Donc tout cela ramène un peu Guy Delcourt chez Lucas/Spielberg et notamment sur Star Wars, ce qui fait que lorsque la licence s'est avérée dispo, alors qu'à l'époque personne n'en voulait en bande dessinée, lui s'est dit « je tiens à le faire ».

Guy Delcourt
©Delcourt



Ce qui fait qu'avant même mon arrivée, il y avait déjà un certain nombre, même si c'était un nombre réduit, d'albums présentés effectivement chez Delcourt ; moi mon boulot a consisté à amplifier le phénomène en m'appuyant sur le succès de l'épisode III notamment, j'ai eu la chance d'arriver environ un an avant sa sortie. Cela a été vraiment un catalyseur sur l'ensemble du catalogue, et entre le moment où je suis arrivé et où l’on a senti qu'il y avait une grosse impulsion à suivre, c'est du temps que j'ai utilisé pour dépoussiérer un peu le catalogue, Delcourt en général, au niveau comics : cela a donc été Hellboy, plein de choses comme ça, on a opéré pas mal de changements, on a remaquetté un certain nombre de séries qui avaient été initiées avant mon arrivée ; c'était le « Côté Obscur », c'était le cycle « Jedi » par exemple. Et après avoir dépoussiéré, j'ai mis ma patte en amenant pas mal de choses nouvelles, Guy a pigé que ça allait, que c'était entre de bonnes mains, il m'a laissé joué dans son bac à sable (rires), qui est devenu un peu le mien aussi… Et maintenant il est juste ravi, on a passé le cap de 100 albums Star Wars, ce qui est énorme. Je crois qu'il n’y a pas d'équivalent aujourd'hui en bande dessinée franco belge, d'une série qui connaît plus de cent albums. On en est loin sur Blueberry, on en est loin sur Spirou… Nous aujourd'hui on a plus de 100 albums pour Star Wars qui sont disponibles, et je ne parle pas effectivement des magazines aussi qui continuent à paraître, et à bien se comporter.

historique



SWU : Qu’en est-il de la répartition des histoires entre les albums et le magazine Star Wars la Saga en BD ? Est-ce que tu as une liberté totale dans la décision de le publier dans l’un ou l’autre des supports ?

T.M. : Oui absolument, complètement. J'ai la chance en fait aujourd'hui que de nombreuses séries en album soient des séries « à suivre », qui avaient déjà été initiées avant mon arrivée, l'exemple type étant « Le Côté Obscur ». La deuxième chance que j'ai c'est qu'il y a encore une quantité effectivement importante de matériel inédit en France, il y a un donc nombre de backlog comme on dit (il s’agît en fait de « l’arrière du catalogue » littéralement, c'est-à-dire les anciennes séries), de choses pas encore publiées, ou pas encore explorées de la bonne manière, et j'ai l'embarras du choix, ce qui est toujours nettement mieux que d'avoir l'embarras tout court quoi comme disait Coluche (Rires). Cela signifie que je peux tout à fait faire mon marché entre guillemets pour me dire « tiens tel type de récit, même s'il est à cheval sur plusieurs épisodes, plusieurs fascicules, pour moi c'est plus du matériel qui va être susceptible d'être publié en magazine, et puis tel autre type en album. De manière assez simple il y a des choses qui s'imposent d'elles-mêmes en magazine ou en album, c'est-à-dire que le démarrage d'une nouvelle série comme « Invasion » par exemple, c'est une nouvelle série d'albums parce qu’il y a des auteurs de renom dessus, comme Colin Wilson. Et puis ça a été une vraie nouveauté Star Wars au sens où c'est un nouvelle série, il n’y en a pas tous les mois, c'est clair, et elle aborde une période temporelle qui n’a pas du tout été explorée pour l'instant, ou quasiment pas, en comics.

SWU : Invasion figure désormais dans la chronologie des albums Star Wars publiés pas Delcourt. L’idée de mettre une frise chronologique au début de chaque album vient de toi ?

T.M. : (rires) oui je suis monsieur timeline, c'est vrai que c'est devenu une « joke » maintenant, j'ai fait une timeline dans Fallen, j'ai fait une timeline dans Hellboy,... Mais pourquoi, parce que c'est simplement un outil de cohérence. Cela nous aide à nous y retrouver éditorialement, et le lecteur aime bien avoir ce principe de cohérence qui lui est précisé, cela permet de s’y retrouver : alors c'est vrai qu'on s'est amusé à bâtir une timeline avec Hellboy, le fait de rendre cohérent son univers, et celui de BPRD (la série dérivée de Hellboy), et d'autres séries à venir pour 2010 c'était assez fun : on a une vraie chronologie qui s'inscrit depuis la nuit des temps jusqu'aux années 50 pendant la guerre au moment où Hellboy arrive sur Terre et ainsi de suite ; l'histoire de Star Wars c'est exactement la même chose en fait, on a aujourd'hui la vraie préhistoire de Star Wars jusqu'au futur qui est aujourd'hui en BD « Legacy ». Il y a maintenant pas mal de périodes intermédiaires, c'est notamment le cas avec Invasion, donc ça c'est du matériel qui clairement va s'imposer en série ; le pendant de tout cela est un certain nombre de récits courts, publiés en leur temps dans Dark Horse Presents, DHP, dans les Star Wars Tales. Même si c'est de l'Infinities (aventures hors continuité, voire des épisodes mettant en scène des réalités alternatives), tout cela représente du contenu qu'on peut utiliser pour nourrir tout le matériel périphérique.

SWU : la licence Star Wars a-t-elle un coût plus élevée en comparaison d’autres licences sur lesquelles travaille Delcourt ?

T.M. : Oui. Oui, c'est plus cher. Bien sûr. Les enjeux sont autres donc on ne travaille pas de la même manière que sur une série isolée. Parce que là il faut savoir qu'on est quand même sur des logiques de planning de publication annuelle, donc quand on achète une licence, c'est pour plusieurs années, ce sont des master agreements, c'est aussi parce que si c'est plus cher, c'est pour que personne ne vienne faire des propositions en cours de publication de nos albums. Tous ces phénomènes-là font que, et c'est propre au licensing en général, on n’achète pas un album, on achète effectivement les droits d'exploitation de l'ensemble du matériel Star Wars, pour une durée déterminée.

SWU : Et ce contrat se renouvelle à quelle fréquence ?

T.M. : On le renouvelle généralement tous les 2 à 3 ans, en moyenne.

SWU : Et cela se produit de quelle manière ? Un peu au feeling aussi ?

T.M. : De toute manière, c'est presque tacite, donc en fait nous tant que l’on gagne, on joue, c'est un peu le principe. Mais c'est surtout qu'il y a une relation de confiance, qui va dans les deux sens, qui s'opère aujourd'hui entre le Lucasfilm et les licenciés de manière générale. C'est particulièrement vrai avec Delcourt pour la bande dessinée, et ils n’ont absolument pas envie, je pense, aujourd'hui, d'aller chercher quelqu'un d'autre. Pourquoi ? Parce qu'ils sont satisfaits du travail qui est fait, et mon travail c'est de donner une grande satisfaction, de manière à ce qu'ils n'aient pas envie d'aller chercher un autre interlocuteur, c'est aussi simple que ça. Et puis, mais ce n’est pas mon principal travail, une grande partie est de rendre les fans satisfaits. Parce que si les fans sont satisfaits, l'information remontera et les gens de Lucasfilm finiront par le savoir. Parce que quelqu’un comme Steeve Sansweet, c'est un mec qui est très à l'écoute de tout cela, il sait le travail qui est fait sur le territoire, il se balade, il écoute. Parce qu'il y a un outil qui s'appelle Internet, et aujourd'hui, les gens parlent, sur les forums… Alors je ne dis pas que tout ce qu'on fait est bien, parfait, c'est toujours améliorable, et je reste toujours sur mes gardes. En revanche, je pense qu'on arrive à faire des choses suffisamment propres, peut-être plus propres que ce qui pouvait être fait encore auparavant, plus propres que ce qui est fait dans d'autres pays, et moi j'en tire une vraie fierté. On reçoit des courriers de lecteurs sur le forum, auxquels je m'amuse à répondre tous les jours, quasiment. Et la majorité des commentaires sont des commentaires dithyrambiques, on est plutôt ravis.

SWU : Pour revenir aux libertés dans les choix éditoriaux, par exemple quand tu as reçu Vector, c'était des design bien étudiés, avec 12 comics sur 4 séries en cours. Comment la décision a-t-elle été prise d’en faire 3 albums ?

T.M. : Prendre Vector c'est un bon exemple. Vector a été publié chez Dark Horse, certes en 12 fascicules qui ont été répartis sur 4 séries, qui étaient Kotor d'un côté, Dark Times et Rebellion ensuite, et qui finissait dans Legacy. J’ai de mon côté vraiment voulu créer une vraie trilogie. J'ai insisté pour qu'on ait une densité de publication qui soit importante, c'est-à-dire qu'on a publié les albums en 6 mois, à deux mois d'intervalle chacun. C’était important pour moi de le faire pour le lectorat français, important de le faire coïncider avec la sortie des autres albums : j'ai par exemple eu deux albums Kotor à deux/trois mois d'intervalle avant Vector 1, ça peut se comprendre dans la continuité de lecture pour les gens qui ne suivaient que Kotor, qui ne voulaient suivre que Kotor, ça me semblait important qu'il y ait une cohérence et un respect pour le lecteur.

Vector 1 Vector 2 Vector 3



J'ai discuté avec Randy Stradley, parce que je voulais savoir à l'avance comment ils envisageaient de les publier en albums, lui m'a dit qu'il les publierait sous forme de 2 TPB ; moi je ne trouvais pas ça cohérent, et j'ai pu en faire 3. En regroupant d'un côté le lointain passé, avec Kotor pour l'album 1, ensuite la période qui était Rise of the Empire avec à la fois un peu de Rebellion un peu de Dark Times pour le deuxième album, et enfin le futur avec l'album Legacy. Je me retrouve alors avec l'embarras du choix, puisque j'ai trois albums à faire et 12 couvertures à disposition. Là, je me suis amusé à aller chercher du Travis Charest pour le 1, et puis du Jan Duursema pour le 3, et Doug Weathley je crois pour le 2. En plus c'est un copain donc c'était fun de pouvoir le publier aussi. C'est un artiste talentueux, il dessine trop lentement c'est évident mais quel talent...

SWU : Est-ce que tu as la possibilité de faire des artworks originaux pour des couvertures françaises ? De faire faire produire tes propres couvertures, que ce soit par un artiste américain comme Doug ou un artiste français...

T.M. : Ça pourrait être le cas mais c'est un processus qui est un peu long et lourd. Et puis il faut être honnête, il y a des gens chez Dark Horse qui font très bien leur boulot, Randy y fait un excellent travail d'édition, et tu te retrouves avec l'embarras du choix, avec de la qualité. Oui, pour se faire plaisir on pourrait très bien éditer une couverture, c'est le genre de truc auquel on pense de toute évidence. Ainsi pour Benjamin Carré, faire du Star Wars c'est un de ses rêves d'artistes, voilà ça y est il le fait maintenant.

kotor Carre
Couverture de Benjamin Carré pour Kotor



SWU : Pour rester encore un peu dans les aspects techniques, comment fonctionnent les réimpressions ?

T.M. : aujourd'hui nous avons plus de 100 albums disponibles, et ils sont toujours disponibles. Parce qu'on a une politique systématique de réimpression ; bien qu’il ne s’agisse pas de rééditions, on réimprime en rectifiant deux ou trois petites erreurs, on corrige les fautes et coquilles quand il y en a, on actualise les publicités à la fin. Aujourd'hui c'est une vraie politique de garder l'ensemble des albums de la collection entièrement disponibles pour le lecteur. Quand un album va être en rupture cela va durer deux à trois semaines maximum, le temps technique de la réimpression.

SWU : Et vous avez donc des outils de suivi ?

T.M. : Ben un peu mon neveu ! On a 14 personnes en marketing qui sont entièrement dédiées à la vente pure, qui sont en relation avec notre diffuseur, et qui ont un œil quasi quotidien sur le montant des stocks. C'est ça qui permet de lancer le planning de réimpression systématique. Là par exemple pour la semaine prochaine je dois absolument boucler et faire partir chez l'imprimeur deux réimpressions sur Clone Wars 3 et Clone Wars 8, qui est pourtant une série ayant quelques années mais on l'a toujours là, comme c'est toujours le cas pour le cycle de Thrawn, c'est toujours le cas pour tous les albums. Cela me semble vraiment important en terme de respect pour le lecteur, qu'il n’y ait pas de trou.

SWU : Quelle série fonctionne le mieux au regard des ventes ?

T.M. : Legacy aujourd'hui.

SWU : Facilement ? De loin ?

T.M. : Hmm... Legacy. Oui ; suivi d'assez près par Kotor. Ce sont cependant des constats sur les mises en place récentes, si l’on se penche sur les cumuls de ventes, les meilleures restent épisode I, épisode III... les adaptations des films. La raison est qu’ils restent des points d'entrée pour les nouveaux lecteurs, pour les minots. On a également des bons retours, des bons résultats, sur les petits The Clone Wars Aventures.

xximus : Ah oui ça se vend... Oui, j'en ai acheté aussi...
Booster : T'en as achetés ?
xximus : Oui oui, malgré moi (rires)
Booster : Je suis pas du tout fan moi (rires).

T.M. : C’est marrant parce que, d'entendre ce débat, ou les fausses polémique je dirais autour de The Clone Wars, qui sont les mêmes qu'il y a pu avoir au moment de la prélogie. Celle-ci est devenue aujourd'hui quelque chose que les gens ont intégré, plus ou moins, même si on peut ne pas aimer les choix artistiques qui ont été faits. De même pour The Clone Wars, il y a quand même une espèce de fond plutôt sympa, et puis surtout il y a un intérêt qui était un des objectifs de cette série, à savoir d'amener effectivement de plus jeunes lecteurs, de plus jeunes fans.

SWU : Pour parler encore des aspects techniques : au sujet de la qualité du papier, des couvertures, est-ce que tu as des arbitrages à faire parfois au niveau du coût ? Est-ce que Lucasfilm intervient sur ces choix en fonction du prix ?

T.M. : Non. Disons que de manière générale, je suis de plus en plus en contact avec les auteurs eux-mêmes, je leur envoie les albums, je me fais un point d'honneur à envoyer à John Ostrander, Jan Duursema, à Jackson Miller, même aux coloristes de The Clone Wars qui peuvent me contacter et me dire : « - Est-ce que je peux avoir un album ? - Oui bien sûr je te l'envoie. » C'est la moindre des choses, et tous, tous, reviennent vers nous en nous disant « mais enfin c'est incroyable la qualité de production que vous pouvez avoir par rapport à la version originale ». C'est vrai en bande dessinée et en littérature en général, on a la chance d'avoir de très bons designers chez Delcourt, j'en bénéficie et en profite, et je suis ravi qu'ils soient capables de retravailler, de donner une charte, une ligne graphique différente. La charte française de Legacy par exemple n’a rien à voir avec la version US, cela lui donne une identité visuelle immédiate. Cela se définit donc sur les choix de papiers, le fait qu'on soit en Hard Cover, et le fait qu'on fasse des gardes avec une unité… Même la personne qui est responsable des droits chez Dark Horse, avec qui je travaille pour l'approvisionnement du matériel et à qui j'envoie systématiquement les magazines, les montre autour en disant voilà c'est ça qu'il faut faire.

SWU : Revenons pour finir sur la communication. Tu disais concrètement que tu avais des commentaires sur le forum Delcourt, que tu y répondais régulièrement, mais quels sont les autres niveaux de communication autour de Star Wars ?

T.M. : La communication se fait à plusieurs niveaux. En amont, avec les fournisseurs de droits, ce sont les gens de chez Lucas. J'évoquais Steeve Sansweet, j'évoquais Sue Rostoni principalement ou Carole Rhoder, qui sont des noms qu'on voit circuler pas mal aussi, et qui sont des gens avec qui je collabore de manière très régulière. Ensuite chez Dark Horse cela se fait à la fois avec Randy Stradley quand j'ai besoin d'une information purement éditoriale, avec les gens de la gestion des droits, quand j'ai besoin de matériel, ou d'autres types d'informations ; tout cela c'est en amont. Ensuite une fois que je me suis amusé à faire mon livre et qu'il est en vente, je communique directement avec le lecteur final, le fan, quand il veut écrire sur le forum Delcourt, où il y a beaucoup de questions sur Star Wars, et auxquelles je réponds.

SWU : Cela te prend on l’imagine un certain temps…

T.M. : Oui, mais j'accepte volontiers de prendre ce temps parce que le jour où je serai en déconnection avec ce que disent les lecteurs, je ferai mal mon boulot. Je considère ça comme ça. J'ai besoin d'être en relation avec les gens, de discuter avec eux, de les rencontrer sur les festivals et qu'ils viennent me dire ça c'est bien ça c'est pas bien. Ça ne veut pas dire que la parole de 5 personnes entendues va faire valeur de loi, simplement c'est une question d'écoute. Il faut être là pour écouter. Récemment j’avais relancé une sorte de débat sur comment devait-on envisager de publier Shadows of The Empire Evolution ; j'avais pensé initialement de publier cela dans les pages du magazine pour le feuilletonner, ça me semblait plus cohérent. Et sur les gens qui se sont exprimés sur ce sujet, j'en ai eu par exemple 10, dont 9 qui veulent l'album et 1 sans opinion.

SWU : c’est vrai que, de ce qui ressort sur nos forums, beaucoup penchaient pour voir ce contenu publié en album.

T.M. : Mais parce qu'ils ont leur logique, ils l'expriment c'est très bien. J'écoute, ça ne veut pas dire à chaque fois que je vais suivre, mais c'est important. Je suis plus à l'écoute, je ne suis pas là pour faire « ce qui me plaît » impérativement, je suis là pour faire ce que les gens veulent voir. Jusqu'à maintenant ce qu'ils voient semble leur plaire en majorité, du moins dans 51% des cas. C’est toujours ça mon boulot : faire en sorte dans 51% des cas de ne pas me planter. De réussir mon coup. Après si c'est plus tant mieux mais c'est ça l'idée. C'est parler avec vous, c'est parler avec les auteurs, et de plus en plus effectivement, comme d'avoir pu contacter Omar et d'échanger, ou Jan ou John Ostrander, ou Randy Stradley, qui est aussi un auteur écrivant pas mal de Star Wars. Voilà ce sont tous ces gens là, tous ces interlocuteurs qui à un moment donné vont avoir besoin d'informations qui tournent autour du travail que je fais. Ce sont des gens qui s’intéressent à mon boulot, donc le moins que je puisse faire c'est de leur répondre, pour leur relayer l'information.

---------------------------------------------------------------------------------------------

Cela signe la fin de cette rencontre, merci encore à Thierry Mornet pour sa disponibilité, sa passion communicative, et, on le redit, pour son travail sur Star Wars !

<< Page précédente
Publicité