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1. 1977 - 1999 : La Génèse de l'UE
 
Cet article, écrit par Rich Handley, est paru dans le Star Wars Insider #66 sous le nom de "L'Univers Etendu : des novélisations au Nouvel Ordre Jedi".

Il récapitule l'histoire des récits Star Wars depuis 1976 et dévoile des éléments croustillants sur l'élaboration du Nouvel Ordre Jedi de la bouche des trois instigatrices de la saga:

  • Shelly Shapiro, Directrice éditoriale, Del Rey ;

  • Lucy Autrey Wilson, Directrice éditoriale, Lucas Licensing ;

  • Sue Rostoni, Directrice Générale des éditions, Lucas Licensing.

    1. "Il y a bien longtemps, dans une Galaxie lointaine, très lointaine..."

    Par ces mots, l'écrivain Alan Dean Foster introduisit non seulement la novélisation du film Star Wars en 1976 mais aussi tout un univers de récits sous licence Lucasfilm. Au cours de la décennie suivante, que ce soit sous forme de comic strips dans les journaux, d'histoires diffusées à la radio, de BDs, de dessins animés, de téléfilms, ou bien évidemment de romans, les histoires Star Wars ne manquèrent jamais à l'appel.



    En revanche, le souci de cohérence entre les divers médias était loin d'être aussi strict qu'aujourd'hui. Peu de liens réunissaient les différents travaux. Par exemple, les cassettes audio de Rebel Mission to Ord Mantell entraient en contradiction directe avec des comic strips parus dans les journaux, tandis que Splinter of the Mind's Eye et la saga de comics Marvel furent tous deux dénoncés comme s'opposant au scénario de L'Empire Contre-Attaque.

    Cette période des histoires Star Wars connut plusieurs récits contradictoires de la rencontre avec des chasseurs de primes sur Ord Mantell, l'évacuation de la base de Yavin pour celle de la planète Hoth, et le premier face-à-face entre Luke et Vador. La maîtrise de la Force de Luke ainsi que la relation entre Yan et Leia variaient aussi énormément d'une histoire à l'autre. En fin de compte, même si ces histoires "anciennes" restent amusantes à lire, certaines ont cependant beaucoup de difficultés à s'intégrer dans le schéma global de l'Univers Étendu.

    En 1986, l'attention portée à Star Wars déclina après la sortie du Retour du Jedi, qu'on pensait alors être le dernier film. Pendant les cinq ans qui suivirent, les seuls éditeurs à publier des récits Star Wars furent la société West End Games, qui débuta son Jeu de Rôle Star Wars en 1987, et les comics Blackthorne, avec trois parutions de comics en 3D. Ces deux exceptions mises à part, les publications Star Wars quittèrent progressivement les étalages ; les comics Marvel n'étaient plus vendus qu'en lots bradés à bas prix et seules les librairies d'occasion fournissaient des exemplaires des trilogies classiques de Del Rey sur Han Solo et Lando Calrissian.



    2. La renaissance

    En 1991, tout changea avec la parution d'un roman Star Wars de Timothy Zahn intitulé L'Héritier de l'Empire et d'une série de six comics de Tom Veitch et Cam Kennedy: L'Empire des Ténèbres. Dans un succès tonitruant, les travaux de Zahn et du duo Veitch/Kennedy signèrent le début d'une nouvelle ère prolifique pour les récits Star Wars. Les éditions Bantam et Dark Horse ajoutèrent un bon nombre de nouveaux titres estampillés Star Wars et participèrent à l'édification de ce que nous connaissons aujourd'hui comme l'Univers Étendu.

    Avec ces nouvelles histoires vinrent de nouvelles règles ainsi que de profonds changements pour les personnages de Star Wars. En se mariant avec Leia, Yan Solo devint bien plus que le contrebandier sans foi ni loi que nous connaissions à l'écran. Bientôt père de famille, Yan Solo eut trois enfants avec Leia : les jumeaux Jacen et Jaina, ainsi qu'Anakin, le benjamin, chacun ayant droit à sa propre série de romans d'aventure. Pendant ce temps, déterminé à rétablir le prestige perdu des Chevaliers Jedi, Luke Skywalker sillonna la galaxie à la recherche d'étudiants ayant les capacités d'entrer dans son Académie Jedi. Il eut aussi une idylle avec Callista, Gaeriel Captison, et d'autres encore, avant de trouver le véritable amour en la personne de Mara Jade, la Main de l'Empereur, la femme chargée de le tuer quelques années plus tôt. Des ruines de l'Empire naquit la Nouvelle République, promettant de restaurer la liberté dans toute la galaxie.

    Les séries Bantam introduisirent un certain nombre de nouveaux personnages et développèrent des héros qu'on ne voyait que quelques secondes à l'écran. Wedge Antilles et les pilotes de l'Escadron Rogue, héros des romans et des comics X-Wings, devinrent des personnages à part entière. Les habitués de la cantina de Mos Eisley et ceux du palais de Jabba furent dotés de personnalités et d'histoires fascinantes. Des auteurs décrivirent les vies et les motivations des chasseurs de primes de l'Empire Contre-Attaque, parfois de manière inattendue. Et de nombreux Seigneurs de Guerre de l'Empire et personnages du Côté Obscur firent leur apparition pour suivre les traces de l'Empereur Palpatine et dominer la Galaxie. Mais on leur rappela inexorablement que dans l'univers de Star Wars, le Bien triomphe toujours sur le Mal.

    D'autres éditeurs entrèrent dans la famille : Scholastic, Berkley Books, Dorling Kindersley, et Ballantine. Le poids de Star Wars dans le commerce du livre grandit de plus en plus. En fait, au cours des dix ans suivant la "renaissance" de Star Wars, le nombre de romans adultes et juniors dépassa la centaine, tandis que la barre ahurissante de cinq cent comics fut dépassée.



    3. Succès et soucis

    Le rôle de Lucy Autrey Wilson, Directrice éditoriale chez Lucas Licensing, fut incontournable lors de la résurgence des récits Star Wars:

    "En 1989, quand nous décidâmes de créer de nouvelles histoires Star Wars, notre plan fut établi dès le début afin de pouvoir développer de nouveaux récits tout en maintenant une forte cohésion avec les films et les histoires radiophoniques.
    "Au départ, il n'y eut aucun effort réel pour relier les nouveaux récits aux anciens comme les BD Marvel ou les comic strips dans les journaux. Ainsi, bon nombre de romans Bantam sont en contradiction avec les histoires plus anciennes. Mais cette politique a changé depuis. Maintenant, nous avons le bonheur de posséder une base de données appelée l'Holocron, grâce à notre spécialiste maison Leland Chee et à Wizards of the Coast. L'Holocron nous a permis de revenir sur les anciens récits pour essayer de tous les intégrer."


    L'univers de Star Wars était déjà gigantesque, et s'élargissait mois après mois :

    "La période suivant Le Retour du Jedi était un terrain inexploré et sans frontières. De nouveaux auteurs furent invités à développer leurs histoires à l'endroit de leur choix dans la chronologie, entre un et vingt-cinq ans après les films."

    Sue Rostoni, Directrice Générale des éditions chez Lucas Licensing ajoute :

    "Nous n'avons donné que les grandes lignes aux auteurs de Bantam. Ils ne pouvaient écrire que dans la période suivant Le Retour du Jedi ; devaient à tout prix respecter la personnalité des héros et conserver l'émotion si particulière à Star Wars. Nous ne permettions jamais aux auteurs d'éliminer des personnages principaux, mis à part ceux qu'ils avaient créés.

    Hormis ces conditions, les auteurs des Bantam avaient énormément de liberté pour développer leurs scénarios. Mais la confusion apparut avec la popularité croissante des livres car les parutions ne suivaient pas l'ordre chronologique :

    "Alors que le programme de parution chez Bantam progressait, dit Mme Wilson, nous nous sommes aperçus que le public avait des problèmes pour tout remettre dans l'ordre et avoir un schéma global de l'Univers Etendu. On a donc ajouté des listes chronologiques dans les livres et les comics. Mais, vers la fin du contrat avec Bantam, les auteurs trouvèrent trop énorme la quantité d'histoires à lire pour pouvoir être parfaitement intégrés dans la chronologie et ce, non seulement pour les évènements passés mais aussi pour les évènements futurs, dans les romans déjà publiés. Il devint bientôt très difficile de faire évoluer les personnages convenablement. On prit alors la décision de développer une seule histoire, solide et continue, pour notre prochaine aventure dans l'édition d'ouvrages Star Wars."

    Par conséquent, en 1999, quand la licence Star Wars passa de Bantam à Ballantine/Del Rey, le changement fut assez profond. Au lieu de faire paraître des trilogies et des livres individuels placés au hasard dans la chronologie, on demanda à Del Rey et LucasBooks d'établir une ligne continue de plusieurs romans sous le même nom. Le scénario devait contenir une nouvelle menace pour la galaxie ainsi qu'un nouveau panel de personnages rejoignant les héros déjà créés tout en s'assurant que la chronologie serait maintenant claire aux yeux des lecteurs. Ainsi fut créé le Nouvel Ordre Jedi.
  • 2. 1999 - 2003 : Le Nouvel Ordre Jedi
     
    1. Dans la lignée des films

    "Les livres du Nouvel Ordre Jedi de Del Rey, nous explique Mme Wilson, sont écrits et publiés dans l'ordre chronologique. La série s'étale sur cinq années. Le risque était énorme, car nous n'étions pas certains de pouvoir tenir les lecteurs en haleine sur une aussi longue période."

    La fin du Nouvel Ordre Jedi étant proche, Mme Wilson précise :

    "La série a gardé le même suspense du début à la fin et Le Nouvel Ordre Jedi prend de l'ampleur de volume en volume. En tant qu'éditeurs, il était plus simple d'assurer ainsi la continuité de l'histoire et les lecteurs semblent ravis de voir sortir les livres dans l'ordre chronologique. Quand les auteurs écrivent des romans individuels, ils ont tendance à tuer les personnages pourtant intéressants qu'ils inventent (NDT : car nous avons vu qu'ils ne peuvent disposer des héros des films). Par conséquent, les romans Bantam contenaient beaucoup d'ennemis différents. En établissant un programme de cinq ans dans Le Nouvel Ordre Jedi, nous contournions ce problème."

    Comme à l'époque de Bantam, la reprise du contrat par Del Rey amena beaucoup de changements dans la galaxie Star Wars, comme le mariage de Luke et Mara (dans les comics Dark Horse Union) et la naissance de leur fils Ben.

    "Chacun des auteurs du Nouvel Ordre Jedi sait précisément quand commence et se termine son roman et quels éléments majeurs doivent y être inclus, affirme Sue Rostoni. Mais malgré ces points incontournables, la marge de liberté est l'élément primordial. Des situations crédibles, la continuité dans la série et dans l'Univers Etendu ainsi que l'intégrité des personnages sont importants, de même que la création de nouvelles intrigues. L'équipe éditoriale de Lucasfilm juge le scénario pour donner son accord et ce, en proche partenariat avec les éditeurs de Del Rey."

    Shelly Shapiro, directrice éditoriale chez Del Rey, s'occupe des histoires Star Wars. Elle fut de celles qui développèrent le concept du Nouvel Ordre Jedi :

    "Nous voulions contrôler d'un peu plus près l'évolution des évènements dans la galaxie, afin de mieux traiter le développement de la personnalité de nos héros. De là vint l'idée d'une seule grande série. Au début, nous souhaitions surtout que l'on ressente la présence d'une grande trame se déroulant pendant toute la série. Un scénario aussi linéaire qu'il est devenu aujourd'hui n'était pas dans nos projets initiaux car nous avions prévu un tas d'histoires parallèles devant se dérouler dans les livres de poche, mais ceci fut abandonné. En plus, un certain nombre d'entre nous en avait assez de l'Empire déjà bien trop ressuscité."

    Après les défaites du Grand Amiral Thrawn dans L'Héritier de l'Empire et du clone de l'Empereur dans L’Empire des Ténèbres, les livres contenaient une longue liste d'impériaux éphémères voulant reconquérir la galaxie. Ce fut un élément que voulaient à tout prix éviter Mme Shapiro et ses collègues :

    "Franchement, j'ai toujours considéré comme une erreur le retour de l'Empereur, même en passant par un clone. Je sentais ainsi s'évaporer la magie des trois premiers films car ce retour minimisait tous les efforts que Luke, Leia, et Yan avaient dépensé pour le vaincre. De mon point de vue, il était temps pour la galaxie d'affronter une nouvelle menace."

    2. L'invasion Yuuzhan Vong

    La création des Yuuzhan Vong fut le résultat d'un travail collectif. Les comics Dark Horse avaient déjà évoqué l'éclaireur de l'invasion Vong : Nom Anor, dans L'Empire Écarlate II - Héritage. Dans ce comic, Anor manipulait le parvenu Impérial Xandel Carivus qui souhaitait dominer les Vestiges de l'Empire.

    Mike Richardson et Randy Stradley y définirent leur vision de l'espèce de Nom Anor : venant d'une autre galaxie, leur forme était totalement non-humaine mais ils portaient des costumes blindés de forme humanoïde quand ils devaient prendre contact avec des membres de 'notre' galaxie. Le concept des Yuuzhan Vong non-humanoïdes fut modifié plus tard, pour un certain nombre de raisons, et l'idée de l'invasion trans-galactique évolua de par l'imagination des autres écrivains.

    "En travaillant avec Ballantine et les premiers auteurs de la nouvelle série, rappelle Sue Rostoni, nous avions créé une histoire de fond pour l'espèce Vong et quelques caractères généraux. Nous voulions une espèce dont la technologie serait de type organique et qui considèrerait toute machine comme un sacrilège. L'équipe initiale ajouta un aspect religieux fanatique aux Yuuzhan Vong, ainsi qu'un penchant pour la guerre et les sacrifices. Ils décidèrent que les envahisseurs avaient progressivement détruit leur propre galaxie avec leur biotechnologie et que le besoin d'un nouveau foyer devenait urgent. Tous les détails ne furent pas établis dès le départ et les auteurs suivants apportèrent leurs propres innovations sur les Yuuzhan Vong."

    En fait, le concept original fut surtout modifié sur un point selon Shelly Shapiro :

    "Dans nos premières séances, les Yuuzhan Vong étaient des utilisateurs du Côté Obscur venant d'une autre galaxie. Mais ceci fut refusé par notre hiérarchie. Alors on décida de les exclure de la Force. Ce changement renversa la position par rapport aux premiers films ; dans la trilogie classique, un point intéressant ressortait : les méchants étaient ultra-modernes. Les Stormtroopers portaient des armures, il y avait aussi l'Etoile Noire etc... tandis que les héros semblaient plus 'villageois', moins portés sur la technologie, à l'exception des Ailes-X. Mais à l'époque du Nouvel Ordre Jedi, la Nouvelle République est plutôt moderne. En fait, quand j'ai lu mon premier Bantam, j'ai été surprise par le côté science-fiction du roman, bien plus présent que dans les films à mon avis."

    Evidemment, ces éléments visaient à reproduire le contraste présent dans les films mais vu à l'envers : les héros high-tech et les méchants plus 'nature'. En riant, Shelly Shapiro nous précise :

    "A partir de là, ce sujet fut développé de plus en plus, jusqu'à l'invention de certaines créatures Yuuzhan Vong que j'aurais préféré laisser de côté, mais je n'irai pas jusqu'à les citer!"

    3. Incontournables morts

    ATTENTION! LE PARAGRAPHE SUIVANT CONTIENT D'ENORMES SPOILERS!
    A vos risques et périls...

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    En 1977, l'étonnement et l'innocence de Luke Skywalker reflétaient l'insouciance du monde de l'époque. En 1991, le public était déjà moins insouciant mais gardait toujours espoir en l'avenir. Pour suivre l'air du temps, les premiers romans Bantam étaient plus sombres que les films mais les héros triomphaient toujours.

    De nos jours, le monde est devenu un endroit plus effrayant et personne ne peut assurer que les héros vaincront à chaque fois. Il est intéressant de remarquer que l'état actuel de l'univers Star Wars est devenu le même : la mortalité étant devenue une possibilité dans les romans Del Rey, même pour un des personnages principaux. Mme Shapiro considère naturelle l'influence de notre monde sur l'ambiance de l'univers Star Wars, car les changements du monde touchent les auteurs des histoires :

    "Les auteurs et les éditeurs ont une vision différente du monde actuel et je pense que les lecteurs ont des attentes différentes dans leurs loisirs. Par exemple, comparons les films de SF récents à Un Nouvel Espoir : le Star Wars paraîtra plutôt lent. De nos jours, grâce à la télévision, les amateurs de cinéma recherchent plus de rythme et veulent être éblouis à chaque scène."

    Malgré cela, la mort inattendue de personnages centraux et appréciés des lecteurs dans Vecteur Prime de R.A. Salvatore et dans Etoile Après Etoile de Troy Denning surprit certains fans à l'extrême.

    "L'idée d'éliminer quelques-uns des personnages importants de Star Wars, dit Shelly Shapiro, provenait du sentiment de stagnation planant au-dessus des romans précédents. Rien de crucial ne s'y produisait jamais. Le développement des personnages était totalement bloqué. Personne ne savait plus quoi faire de Yan, qui n'était plus contrebandier ni militaire ; Luke était intouchable car tout puissant et Leia perdait toute vigueur en devenant une diplomate trop sûre d'elle."

    L'objectif de Shelly Shapiro : bousculer les personnages, pour qu'ils ne soient pas assurés de survivre à toutes les situations. Dans une réunion entre les éditeurs de Del Rey, de Dark Horse et les auteurs, un coup d'essai fut proposé : la mort de Luke dans un des prochains romans. Cette suggestion fut refusée par George Lucas en personne. Néanmoins, Del Rey et Lucasfilm sentaient toujours que la mort d'un des personnages principaux était nécessaire pour convaincre les lecteurs qu'ils ne pourraient plus compter sur une éternelle stabilité.

    "Chacun était convaincu que seule la mort de Luke saurait secouer suffisamment le public, annonce l'éditeur Randy Stradley de chez Dark Horse, mais l'autre solution me sautait aux yeux. J'ai fait remarquer qu'il y avait un personnage qui profiterait plus au scénario de par l'impact de sa mort que de par sa présence continue dans l'histoire. J'ai dit 'Tuez Chewie, tuez le chien de garde de la famille !' Bien sûr, je n'imaginais pas encore à quel point j'avais vu juste !"
    "La perte de Chewie transperça Yan jusqu'au plus profond de son être tout en affectant les autres personnages, explique Mme Shapiro. Et le suspense augmenta chez les lecteurs. Je pense que les victoires d'un personnage sont bien plus valorisées quand sa vie est véritablement en danger. Mais tout le monde n'est pas de mon avis, admet-elle. De nombreux lecteurs se sont plaints qu'une telle mort rendait la galaxie Star Wars trop sombre et trop triste."

    Toutefois, la colère des lecteurs à la mort d'Anakin Solo étonna Mme Shapiro :

    "Il est amusant de constater que tant de gens semblaient détester les enfants Solo. Je pensais donc que personne ne se soucierait de la mort d'Anakin. Mais de par ces réactions, je suppose que nous avons finalement réussi à construire une identité solide au personnage d'Anakin Solo, car certaines personnes nous en ont voulu en apprenant la mort du jeune Jedi."
    "Le choc de la mort d'Anakin, dit Sue Rostoni, n'a peut-être pas été aussi gigantesque que celui du décès de Chewie, mais beaucoup de lecteurs ont eu des réactions semblables. Anakin était apprécié et manifestement le protégé de Luke. Le public était indigné de voir qu'on ne s'était pas arrêté après la mort de Chewie. Non seulement nous avions tué un autre personnage principal mais en plus un de ceux que les lecteurs adoraient. Certaines personnes recherchent en Star Wars une échappatoire à la réalité, aux évènements internationaux qui leur soulèvent le coeur et ils furent très en colère envers nous qui avions détruit ce havre de paix dans lequel ils se réfugiaient. La mort d'un personnage principal – de tout personnage, d'ailleurs – est une décision difficile et celle de Chewie fut une des plus dures à prendre, reconnaît Mme Rostoni. A l'époque des Bantam, les lecteurs se sentaient rassurés en sachant que quelque soit l'ampleur de la crise, seul le nombre de pages les séparait du 'happy-end'."


    Donc, dans l'élaboration du Nouvel Ordre Jedi, il était important pour Mme Rostoni que les romans Star Wars regagnent cette dimension perdue de réalisme et de suspense :

    "La réalité de la guerre, c'est que les gens meurent, y compris ceux que l'on aime. La mort, tout comme la vie, a une signification et des conséquences profondes et nous ne prenons pas ces décisions à la légère."

    Malgré les réactions négatives de certains lecteurs, Mmes Rostoni et Wilson ne regrettent pas leur décision et affirment sans le moindre doute qu'elle "renforcera les personnages et apportera espoir à nos lecteurs dans les moments de détresse." Star Wars est basé avant tout sur la victoire du Bien contre le Mal, insistent-elles, et ce concept est toujours vrai et bien entretenu dans les éditions Star Wars.

    "Certains lecteurs seront probablement surpris par la fin inattendue de la série du Nouvel Ordre Jedi," nous glisse Lucy Autrey Wilson.
    3. Présentation des auteurs du cycle
     
    R. A. Salvatore (né en 1959)
    Auteur de Vecteur Prime.

    Il est l’auteur ayant eu l’idée que les Yuuzhan Vong n’utilisent que des armes biologiques. Vecteur Prime est son premier au sein de la franchise dont le succès commercial et littéraire lui attirera les faveurs de Lucasbooks pour être l’auteur de la novélisation de l’Episode II: L’Attaque des Clones.

    Ses personnages préférés : inconnus.
    Ses créations NOJ : Pwoe, Nom Anor, Yomin Carr, Danni Quee et Fyor Rodan.

    M. A. Stackpole (né en 1957)
    Auteur de La Marée des Ténèbres I et II.

    Avant de se lancer dans l’aventure du Nouvel Ordre Jedi, Michael Stackpole avait écrit pour Bantam et Dark Horse, chaque fois pour mettre en scène ses héros favoris Wedge Antilles et les Rogue, têtes brûlées du célèbre escadron de chasse de l’Alliance Rebelle formé par Luke Skywalker. Stackpole est l’un des auteurs ayant eu le plus d’influence (avec Timothy Zahn) sur la période post-Retour du Jedi. Wedge Antilles lui doit sa célébrité et il est le père de personnages comme Corran Horn, Booster et Mirax Terrik, Gavin Darklighter ou encore Iella Wessiri.

    Ses personnages préférés : Wedge Antilles et les Rogue, la famille Fel.
    Ses créations NOJ : Shedao Shai, les Chazrach, Kral Nevil, Ganner Rhysode et Viqi Shesh.

    J. Luceno (né en 1947)
    Auteur des Agents du Chaos I et II ainsi que de La Force Unifiée.

    Contrairement à Stackpole, James Luceno n’a pas connu la période Bantam, mais cet auteur désormais très apprécié de Del Rey est réputé pour connaître l’Univers Etendu sur le bout des doigts. Après un essai dans Les Agents du Chaos (où cette hyper-connaissance de l’UE était trop exacerbée pour certains), Luceno a su se transcender avec La Force Unifiée en nous gratifiant d’un final grandiose.

    Ses personnages préférés : inconnus.
    Ses créations NOJ : Droma le Ryn, Shimrra Jaamane, Nas Choka et Harrar.

    K. Tyers (née en 1952)
    Auteur de Point d'Equilibre

    Première auteur féminin de la série et de Star Wars en général, Kathy Tyers est connue pour avoir écrit Trêve à Bakura (la séquelle directe à la bataille d’Endor) et ses impitoyables Ssi-Ruuks. Ce roman de la période Bantam a toujours été accueilli assez favorablement par les fans lecteurs et Del Rey décida de faire appel à Kathy Tyers pour le Nouvel Ordre Jedi. Étonnamment, Kathy Tyers ne fera pas intervenir ses créations (Bakura, la famille Captison-Thanas et les Ssi-Ruuks) dans ce roman. Mais le Nouvel Ordre Jediest une longue série...

    Ses personnages préférés : les Bakurans, les Ssi-Ruuks, Tam et Daye Azur-Jamin.
    Ses créations NOJ : aucune.

    G. Keyes (né en 1963)
    Auteur de l’Aurore de la Victoire I et II, de l’Envoyé du Vide et de L'Ultime Prophétie.

    Greg Keyes est l’un des trois auteurs à n’avoir écrit que pour le cycle du Nouvel Ordre Jedi malgré les critiques très positives qu’a reçu sa duologie l’Aurore de la Victoire et son complément l’Envoyé du Vide. Même si L'Ultime Prophétie est d’une qualité moindre et fait plus office de prologue à La Force Unifiée que de développement de l’intrigue, Greg Keyes est l’auteur ayant le plus développé la culture des Yuuzhan Vong.

    Ses personnages préférés : Anakin Solo et Tahiri Veila.
    Ses créations NOJ : Vua Rapuung, Onimi, Numa Rar et Nen Yim.

    T. Denning (né en 1958)
    Auteur de Recovery et d'Etoile Après Etoile.

    Pour Troy Denning aussi, le Nouvel Ordre Jedi fut ses grands débuts. Et quels débuts! Etoile Après Etoile est sans doute le meilleur livre de la série, mais mieux vaut ne rien dévoiler ! L’écriture de Troy Denning et ses scénari ont divisé les fans et continuent à le faire, surtout depuis sa conclusion décevante au cycle du "Nouvel Ordre Jedi" intitulée Nid Obscur. Troy Denning écrit maintenant pour la période "Legacy" (notamment les séries Legacy of the Force et Fate of the Jedi, après un coup d’essai "Nouvelle République" intitulé Le Fantôme de Tatooine).

    Ses personnages préférés : Jaina Solo, Zekk et Alema Rar.
    Ses créations NOJ : Saba & Tesar Sebatyne et les CYV.

    E. Cunningham (née en 1957)
    Auteur de Sombre Voyage et de L'Apprentie.

    Deuxième auteur féminin, Elaine Cunningham a elle aussi écrit exclusivement pour le Nouvel Ordre Jedi. Sombre Voyage met en vedette son personnage préféré : Jaina Solo. C’est elle qui a remis le Consortium de Hapes et Tenel Ka au goût du jour, et les événements de ce roman influeront sur les séries suivantes. Comme Denning et Luceno avant elle, Elaine Cunningham a été récemment recontacée pour écrire Blood Oath, deuxième roman de transition entre L'Héritage de la Force et Fate of the Jedi après Millenium Falcon, malheureusement, ce roman fut annulé en 2009.

    Ses personnages préférés : Jag Fel, Jaina Solo, Tenel Ka et les Hapiens.
    Ses créations NOJ : aucune.

    A. Allston (né en 1960)
    Auteur de Derrière les Lignes Ennemies I et II.

    Aaron Allston est lui aussi un "survivant" de l’époque Bantam où on lui doit les romans X-Wing sur l’escadron Spectre. Allston est reconnu pour être l’auteur le plus drôle de Star Wars ! Dans une série aussi sombre que le Nouvel Ordre Jedi, force est de constater que l’auteur s’en est très bien sorti. Après avoir écrit pour L'Héritage de la Force, Allston fait partie du trio d’auteur de Fate of the Jedi.

    Ses personnages préférés : Wedge Antilles, Wes Janson, Garik Loran et les Spectres.
    Ses créations NOJ : aucune.

    M. Stover (né en 1962)
    Auteur de Le Traître.

    Le seul roman NOJ de Matthew Stover a fait l’effet d’une bombe outre-manche et sur nos rivages ! Les enseignements sur la Force de Vergere sont depuis lors une source de discussion intarissable entre ses détracteurs et ses supporters. Sa novélisation de l’Episode III est incontestablement la meilleure des six et il est devenu l’auteur préféré de nombreux fans.

    Ses personnages préférés : Inconnus.
    Ses créations NOJ : le Cerveau-Monde.

    W. J. Williams (né en 1953)
    Auteur de La Voie du Destin et Ylesia.

    Walter Jon Williams n’a écrit que pour le Nouvel Ordre Jedi. Son roman est le tournant de la guerre.

    Ses personnages préférés : Inconnus.
    Ses créations NOJ : Aucune.



    S. Williams & S. Dix (nés en 1967 et 1964)
    Auteurs de L'Hérétique de la Force I, II et III et Ou Mourir en Essayant.

    Encore de nouveaux auteurs chez Del Rey, ce duo a officié uniquement sur le Nouvel Ordre Jedi mais Sean Williams (ci-contre) a par la suite écrit la novélisation de Le Pouvoir de la Force et participe à The Old Republic.

    Leurs personnages préférés : Inconnus.
    Leurs créations NOJ : Yu’Shaa.


    K. Traviss (née en 1967)
    Auteur de Boba Fett: A Practical Man.

    Karen Traviss n’est pas un auteur du Nouvel Ordre Jedi à proprement parler car elle ne faisait pas partie de l’équipe d’écriture originelle. Son e-book Boba Fett: A Practical Man n’est paru qu’en 2006 afin d’éclairer les circonstances de l’entrée en guerre des Mandaloriens menés par Boba Fett, un peuple et un homme sur lesquels elle apprécie écrire par-dessus tout. Après avoir participé à Legacy of the Force et écrit les Republic Commando, Traviss se concentre sur les romans Imperial Commando et le futur roman sur Boba Fett, prévu pour 2011 (finalement annulé).

    Ses personnages préférés : Boba Fett.
    Ses créations NOJ : Goran Beviin.
    4. Critiques et réactions
     
    Bien qu’étant une réussite financière, les réactions à la saga restèrent mitigées. Plusieurs auteurs affiliés à Lucasfilm se sont exprimés pour décrier le Nouvel Ordre Jedi. Timothy Zahn trouvait par exemple la série trop sombre et s’éloignant de l’esprit de Star Wars. Toutefois, les propos de Zahn sont à mettre en regard de la rumeur faisant état de son éviction en tant qu’auteur du Nouvel Ordre Jedi. Zahn était en effet pressenti pour écrire le dernier livre du Nouvel Ordre Jedi et fut finalement remplacé par James Luceno. Randy Stradley, quant à lui, clama que l’idée de Del Rey d’une nouvelle invasion était à l’origine celle de Dark Horse elle qu’elle prenait une direction qu’ils n’avaient pas prévu. Michael Stackpole, juste après la publication de sa minisérie La Marée des Ténèbres fut interrogé sur ce que contiendraient ses futurs romans BattleTech et répondit: "Une invasion alien? Non, mille fois non." Toutefois, l’auteur de comics John Ostrander a lu et apprécié la série.

    Dans l’interview publiée avec La Force Unifiée, Shelly Shapiro, le Directeur Editorial de Del Rey exprima quelques regrets sur l’aspect lugubre de la série et sur les Yuuzhan Vong eux-mêmes. Elle regrettait également le timing de publication d'Etoile Après Etoile, venu sans doute trop vite après les événements du 11 septembre 2001.
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