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1. Le rétrogaming
 

Qu'est-ce que le rétrogaming ? C'est la nostalgie, c'est la madeleine de Proust, c'est le souvenir du vieux jeu qu'on a eu dans notre enfance et qui nous donne l'envie de nous y remettre, de relancer ce bon vieux Super Mario Bros et d'écraser à nouveau la tête de Bowser. Le rétrogaming est né d'abord de la disparition des anciennes consoles, alors que les nouvelles prenaient le pas. Même si les anciennes consoles étaient obsolètes et ne pouvaient décemment plus être fabriquées et vendues, les jeux eux-mêmes avaient encore des adeptes. Et les jeux devinrent plus importants que les consoles. On considère que le retrogaming est vraiment né au moment où les éditeurs se mirent à ressortir de vieux jeux sur les nouvelles consoles, parfois en les dépoussiérant, parfois à l'identique. L'exemple type est Super Mario All Stars sur SNES, qui reprenait quasiment sans changements les trois jeux sortis des années avant sur NES. Le rétrogaming était né. Aujourd'hui, on classe dans ce terme la pratique qui consiste non seulement à jouer mais aussi a collectionner les anciens jeux et les anciennes consoles, voire les bornes d'arcade.

Mais le rétrogaming, de plus en plus répandu avec l'essor d'Internet, présente une difficulté cruciale : non seulement les vieilles consoles en état de marche deviennent rares et (très) chères, mais les jeux eux-mêmes atteignent des prix exorbitants. Et les dépanneurs de consoles se frottent les mains ! Surfant sur cette vague, les éditeurs de consoles ont réédité ces dernières années des versions modernes des vieilles machines, là encore à des prix parfois énormes, intégrant les vieux jeux d'autrefois, à l'identique.

Il y a, par exemple, eu plusieurs générations de Atari Flashback, consoles intégrant de nombreux jeux vintages Atari 2600 et utilisant les technologies modernes. Une version portable a même été développée. Mais il faut bien reconnaître que les vieux jeux Atari manquent un peu d'intérêt, et on s'en lasse rapidement.

Trois versions de l'Atari Flashback

Nintendo n'est pas resté en retrait. Une NES mini, dotée des 20 jeux les plus populaires (il y a moyen d'en ajouter) est sortie en 2016. Ce fut une vraie réussite, tant les fans de retrogaming ne pouvaient pas passer à côté. La console se vend toujours à des prix allant jusqu'à 130 euros. Quelques temps plus tard, en 2017, est sortie la SuperNintendo Mini, également pleine des jeux les plus populaires, avec un design identique à la version d'origine. Là encore, carton plein, et revent à des prix parfois délirants.

La NES Mini et la SNES mini.

Dès lors, devant les prix pratiqués par les fabriquants qui surfent sur la nostagie des retrogamers, quelle solution reste-t-il à celui qui aimerait cèder à la nostalgie d'un Super Mario Kart sans (trop) bourse délier ? Cette solution, c'est l'émulation.

2. L'émulation
 

La solution pour le rétrogaming à moindre frais, c'est l'émulation.

L'émulation, basiquement, c'est reproduire le comportement d'une machine dans une autre. Par exemple, autrefois, il était possible d'émuler un minitel sur un PC ou sur un Atari ST, c'est-à-dire de faire croire à l'ordinateur qu'il était un minitel, en gros (vous allez dire "mais quel intérêt ?" Celui de faire, déjà à l'époque, du téléchargement, car le minitel intégrait un modem), ou d'émuler Windows sous Mac, ou encore d'imbriquer les émulateurs les uns dans les autres ! (voir illustration : Mac émulé dans un Windows émulé sous Mac !). Ça permet aussi de faire fonctionner des logiciels d'une machine généralement ancienne sur des machines plus récentes mais qui n'en connaissent pas le langage ni le système d'origine. La difficulté réside dans le fait que les ordinateurs/consoles évoluent beaucoup techniquement et que le hardware - les composants - sont très différents d'une machine à l'autre : chaque instruction doit ainsi être "traduite" pour que le résultat final soit le plus proche possible de l'original. D'autant que les consoles n'utilisent pas tout à fait la même architecture de processeur que les ordinateurs, d'où parfois de grandes difficultés d'adaptation. Ainsi, l'émulation permet de (re)découvrir d'anciens programmes ou jeux de nos ordinateurs ou consoles d'antan.

Aujourd'hui, il est possible d'émuler quasiment toutes les anciennes machines, que ce soit ordinateurs ou consoles, soit sur PC, soit sous Android, soit sous des systèmes exotiques dont nous parlerons plus loin, Recalbox ou Retropie.

Quelques émulateurs sous Windows : VisualBoyAdvance (GameBoy et GameBoy Advance), ZSNES et VirtuaNES.

Avant de continuer dans la lecture du dossier, voici quelques définitions qui vous seront utiles :

  • Emulateur : C'est le programme qui vous permettra d'émuler une machine donnée. C'est en quelque sorte le moteur.
  • BIOS : Acronyme de Basic Input Output System, il est stocké dans la mémoire de l'ordinateur et s'exécute au démarrage : il permet de déclarer les disques, de configurer les différents composants et de rechercher un système d'exploitation afin de le lancer. Il peut s'apparenter à la clé de contact.
  • ROM : Une ROM est un fichier informatique contenant l'équivalent du logiciel à émuler, stocké auparavant par exemple sur une cartouche de jeu ou une disquette. On peut ainsi faire l'analogie avec l'essence. Sans cela, un émulateur est inutile !
  • Abandonnware : Cette expression signifique d'une logiciel est abandonné par son éditeur (ancien jeu plus en vente par exemple) et passe donc dans le domaine public : il peut ainsi être téléchargé gratuitement et légalement. Ce terme est souvent confondu avec l'émulation, toutefois techniquement cela n'a rien à voir : En effet, un jeu en abandonware est distribué pour sa machine d'origine, généralement via Internet (voir le site Lost-Treasures pour plus de détails) alors qu'un jeu émulé nécessite...un émulateur ! (Y en a au moins 2 ou 3 au fond qui suivent, c'est bien ! )
3. Emulation et légalité
 

L'émulation et la légalité, un vaste débat...

Emulation et légalitéL'émulateur en lui-même peut être considéré comme légal. Encore que, les programmeurs ont dû pour le créer faire du reverse-engineering, l'équivalent de "démonter" une machine pour en comprendre son fonctionnement et créer un équivalent logiciel. Les industriels du jeu-vidéo n'apprécient pas des masses, vous imaginez bien : c'est la première étape de l'émulation d'une machine. Mais dans la mesure où il ne s'agit que d'un programme reproduisant le fonctionnement de base d'une machine donnée qui n'est plus commercialisée, ce n'est pas en soi illégal.

Souvent, pour que l'émulateur fonctionne, il faut lui adjoindre un BIOS. Ici on entre dans un terrain encore plus glissant. En effet, pour avoir le "droit" de posséder le BIOS de la machine émulée sous forme de logiciel (généralement un fichier de quelques kilo-octets), il faut posséder soi-même la machine. Un peu comme si vous vouliez télécharger un DivX alors que vous avez déjà le DVD. Vous commencez à voir le dilemne. Attendez, vous n'avez rien vu.

Dernier point pour que l'émulation commence, il faut les logiciels, c'est-à-dire les jeux en eux-mêmes ! Téléchargeables sous forme de ROM ou de fichiers ISO (copie conforme des CD des jeux en question), beaucoup invoque l'idée qu'il faut posséder le jeu original pour pouvoir l'utiliser sous cette forme. De nombreux sites - légaux ou non - proposent des ROMs de vieux jeux et le précisent dans leurs mentions légales : “vous devez possèder le jeu pour télécharger”.

Ceci dit, laissons parler un juriste sur la question : “Le juriste que je suis grimace (et sourit :D ) en lisant ça. [Qu'on puisse télécharger si on possède les jeux originaux] est peut-être une idée répandue sur le net, mais ça n'a absolument aucun fondement juridique..

Avant même de se préoccuper de savoir si on a le droit d'extraire le jeu de son support (et j'ai des doutes là-dessus) se pose la question de la mise à disposition des ROMs sans le consentement de l'auteur. Pour faire simple : à partir du moment où vous téléchargez une ROM sur Internet, vous êtes dans l'illégalité la plus totale, quand bien même vous possédez l'original, parce que la source est illégale. La source, c'est un type qui a mis à disposition du public une oeuvre (le jeu) sans autorisation de l'auteur, c'est donc de la contrefaçon.

La question de savoir si vous possédez ou pas l'original aurait de l'intérêt si on pouvait considérer que télécharger sur Internet relève de l'exception de copie privée, mais la jurisprudence à déjà eu de nombreuses fois l'occasion de dire que l'exercice de la copie privée ne pouvait pas se faire par le téléchargement en raison de l'illicéité de la source (je vous épargne les références des arrêts concernés...). En résumé : vous avez téléchargé Sgt Pepper des Beatles que vous avez déjà en CD depuis 15 ans, histoire de l'avoir en mp3, ben ça reste illégal.” (Merci Chasky pour cet avis éclairé)

Clairement, donc, posséder une œuvre ne permet pas de la télécharger de façon illégale. “Ce qui importe, c'est que le fichier que l'on télécharge soit une copie licite, ce qui n'est pas le cas sur [beaucoup de sites de téléchargement]”, explique Olivier Iteanu, avocat spécialisé dans le droit numérique. Ce n'est légal qu'a partir du moment où le téléchargement est fait depuis une copie licite de l'oeuvre, comme le téléchargement en AutoRip chez Amazon : vous achetez le CD, vous pouvez télécharger gratuitement (et légalement) le rip en mp3.

La plupart du temps, toutefois, l'industrie du jeu-vidéo laisse faire à partir du moment où les jeux ne sont plus exploités dans le commerce. Il arrive même parfois que le code source du jeu ou son moteur soit publié par les éditeurs eux-mêmes, à la manière d'ID Software avec la série des Quake... Mais malheureusement, tous les éditeurs ne sont pas aussi bienveillants avec les émulations. Et LucasArts, toujours près de ses sous, voyait d'un bien mauvais oeil l'exploitaion des ces titres sous cette forme, alors que certains jeux très anciens étaient encore vendus sur leur site !

Pour en savoir plus sur l'aspect juridique, je vous conseille ces divers articles :

4. Grandeur et décadence de l'émulation
 

Bleem, ou comment exploiter le monde de l'émulation pour en tirer un bon paquet de billets verts....L'émulation dans le domaine du jeu vidéo avait pour but, au départ, de faire fonctionner d'anciens jeux rares ou oubliés (Amstrad, Atari, Amiga, etc...) sur nos machines de guerre moderne, de faire, on l'a dit, ce qu'on appelle du retrogaming, surtout dans un élan de nostalgie très en vogue de nos jours (il n'y à qu'à avoir les nombreuses éditions DVD de mangas des 80's qui sortent en ce moment...). Quel bonheur de pouvoir de temps en temps profiter d'un bon vieux Arkanoïd ou Rick Dangerous.

Mais comme souvent, des personnes mal intentionnées ont gangréné cette communauté très active en dépassant les limites de la légalité : là où les constructeurs voyaient plutôt d'un oeil bienveillant la résurrection de leurs vieux jeux, d'autres ont ri jaune en découvrant l'existence d'émulateurs de machines encore en vente, notamment, au départ, avec les consoles comme la Playstation ou la Nintendo 64. On rentre bien sûr de plein pied dans le monde de l'illégalité, surtout quand ces émulateurs deviennent payants comme le très controversé Bleem, qui proposait sur Windows un émulateur qui offrait un rendu quasi-meilleur que la console originale ! Les constructeurs ne sont bien sûr pas restés les bras croisés : Sony a attaqué en justice et fait interdire Bleem. Par la suite, les développeurs du net ont évité de coder des émulateurs de consoles modernes, malgré le fait que la X-Box soit très proche de l'architecture d'un PC, et donc en théorie très facile à émuler.

Aujourd'hui encore, le phénomène demeure malgré tout. On peut aujourd'hui trouver des émulateurs pour les machines les plus récentes (à condition d'avoir le PC puissant qui va bien) comme la Wii U, la PS3 ou la 3DS. Comble de l'émulation, on est même capable aujourd'hui d'émuler une console sur une autre console ! Une PSP sur une PS Vita, par exemple, ou une SNES sur une PS Vita, ou encore une Game-cube sur une Wii... Et il est à parier que les choses ne s'arrêteront pas là. D'ailleurs Nintendo a déjà saisi la balle au bond, en proposant des tas de vieux jeux à télécharger et à jouer sur la Wii, comme Mario 64, créant ainsi une sorte de retrogaming émulé légal (et payant, bien entendu).

5. L'émulation sur Raspberry
 

Le système Raspberry Pi

Vers 2012, après des années de tâtonnements, fut commercialisé le Raspberry Pi, un nano-ordinateur pas plus grand qu'une carte de crédit, coûtant seulement quelques dizaines de dollars, vendu sous forme d'une carte mère nue intégrant tout sauf le système d'exploitation, qui peut donc varier considérablement en fonction des besoins. Les dernières versions du Raspberry intègrent une sortie HDMI, une sortie son, quatre entrées USB, un port de carte SD pour le système d'exploitation, une connexion Ethernet, et il intégre la gestion du Wifi et du Blutooth. Ce produit peut être utilisé de très nombreuses manières : comme navigateur Internet, comme Media Player, comme ordinateur basique (il existe même une version de Windows 10 tournant sous Raspberry !) pour faire du traitement de texte, puisqu'on peut y brancher souris et clavier. On peut le doter d'extentions diverses pour de la domotique, pour lui faire piloter un robot ou un drône, bref, le Raspberry a très peu de limites...

Aubaine pour les rétrogamers, le Raspberry permet aussi d'émuler, grâce à un système d'exploitation spécifique, la plupart des consoles allant de l'origine (Atari 2600) jusqu'à la PS, sans que ça semble devoir s'arrêter tant les versions des systèmes évoluent rapidement. Plus besoin de PC pour émuler, il suffit d'un Raspberry, d'une carte SD d'au moins 16 gigas correctement configurée et de manettes (jusqu'à 4) pour jouer à tous ces vieux jeux. Ce n'est pas parfait, toutefois, certains jeux ne fonctionnent pas bien ou pas du tout, mais la petite bête permet de jouer à Mario Kart 64 aussi bien que sur la console d'origine, par exemple, en prenant en charge les sticks analogiques de manettes de jeu X-box. L'un des systèmes d'émulation les plus utilisé est RecalboxOS, qui permet d'émuler la plupart des anciennes consoles, et qui est entièrement libre et gratuit, basé sur GNU/Linux. En outre, ce système permet de sauvegarder les jeux en cours, fonction qui faisait cruellement défaut dans la plupart des consoles, et de prendre des screenshots des jeux !

Aujourd'hui, on voit même resurgir des bornes d'arcade toutes neuves, fabriquées par des particuliers et équipées de Raspberry, qui permettent de jouer à des centaines de jeux anciens, tout comme autrefois.

L'interface de Recalbox, avec accès aux jeux disponibles sur CPC 464, par exemple.

Le système Recalbox est très simple d'utilisation, il gère clavier souris et la plupart des manettes de jeu USB (y compris les manettes X-box), et son interface graphique (qui vient, dans une version récente d'être remodelée) permet d'accèder à tous les jeux dont les roms figurent sur la carte SD dans les dossiers correspondants. Qui plus est, en branchant le Raspberry sur un box en Ethernet, non seulement on a accès à des services en ligne mais en plus on peut gêrer le contenu des dossiers de jeu depuis un PC branché sur la même box. Que dire de plus ?

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