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Les Nouvelles SWU
Jagen Eripsa
1. Baroud d'honneur
1. Baroud d'honneur
 

Les ombres s’allongeaient sur Balmorra.

Dans le lointain, les usines de véhicules qui faisaient la fierté de la planète brillaient de mille feux. Bientôt, elles brilleraient plus encore, mais d’une lueur brûlante et glaciale à la fois ; brûlante comme les lasers qui s’abattraient sur le complexe, glaciale comme celle de la mort pâle fauchant à grands coups les vies des ouvriers pris entre deux feux.

Pourtant, Balmorra gagnerait.

Maximilian Veers n’était pas un idiot ; c’est ce qu’apprenaient vingt-huit années au service de l’Empire, passées sur les champs de bataille ou les terrains d’entraînement, à se battre ou à concevoir des engins qui le feraient à sa place. Il savait qu’il n’y avait qu’une seule et unique issue à la bataille qui allait bientôt faire rage.

La mort.

Il était sacrifié par son propre camp.

Un accès de colère s’empara de lui, mais il le maîtrisa bien assez vite. Non, ses états de service n’étaient pas en cause, pas plus d’ailleurs que la défection de son fils pour l’Alliance Rebelle, même si on avait invoqué ces deux raisons. Son seul tort avait été de servir le mauvais homme au mauvais moment.
Vador.
Il était général, autrefois. Commandant de la force de frappe la plus puissante de la Galaxie, celle qui avait infligé aux Rebelles la défaite de Hoth – même si l’incompétence d’Ozzel avait quelque peu terni la victoire. On l’avait élevé en héros.

La chute n’en fut que plus cruelle.

Il avait échappé au désastre d’Endor par un simple coup de chance, et avait finalement entendu parler du regroupement des forces impériales dans le Noyau Profond. Quel coup de chance pour un officier séparé de ses troupes – un nouveau commandement en perspective !

Erreur fatale.

La vérité, amère, il l’avait apprise quelques semaines après sa dégradation. L’Empereur n’était pas mort. Vador avait tenté de le détruire, mais n’y était pas parvenu. On le punissait uniquement parce qu’il avait suivi les ordres.

Ces mêmes ordres qui l’envoyaient aujourd’hui à la mort.

On aurait très bien pu l’exécuter sans remords et clore le dossier. Mais il restait influent, même s’il était passé de général à capitaine quand d’autres faisaient l’inverse. Lui offrir une mort au combat – n’est-ce pas là une meilleure façon d’en finir ?

Les usines étaient à quelques centaines de mètres, à présent. La vitesse était bien le seul avantage du speeder léger qu’il conduisait à présent. Il n’était pas encore familier du poste de pilotage, et il ne le serait sans doute jamais dans le court laps de temps qu’il lui restait à vivre. Quitte à mourir, il aurait préféré le faire aux commandes de Blizzard 1.

Aux côtés du speeder, quelques TR-TT avançaient de leur pas vif, forçant presque les stormtroopers à courir pour les suivre. Les droïdes de combat SD-9 qui suivaient n’avaient eux aucun mal à garder le rythme ; leur conception leur autorisait des vitesses bien supérieures sur de courtes distances.
Une explosion retentit devant eux. Maximilian reporta le regard sur son écran tactique. Le tir venait du camp impérial ; sans doute était-ce l’un des jeunes pilotes de TR-TT qui n’en pouvait plus d’attendre.
Il songeait sérieusement à signaler son matricule lorsqu’un grincement aigu brisa le rythme morne de l’avancée des impériaux vers le complexe de production.

Une énorme porte de duracier, qui pouvait sans doute laisser passer trois TB-TT de front, commença sa lente ascension. Des dizaines de droïdes de combat, assez semblables à ceux qu’ils utilisaient, jaillirent des entrailles de l’usine.

C’est alors que Veers se souvint que les SD-9 étaient un produit de Balmorra. Ils cherchent à retourner contre les créateurs d’armes leurs propres engins. Le capitaine s’interrompit un instant. « Ils ». Il n’avait pas pensé « Nous ». Non, il s’était inconsciemment dissocié de son nouveau commandement.
Cela ne lui était encore jamais arrivé, et à ce moment, Maximilian Veers prit conscience d’une chose.

Il n’appartenait plus à l’Empire.

Mais il restait prisonnier de ce commandement, et nul doute que ses pilotes l’abattraient directement en cas de tentative de fuite de sa part. Le commandement – Sedriss et les autres bras droits de l’Empereur – avaient sans doute donné des consignes strictes dans ce sens.

Il était donc coincé, là, au milieu du champ de bataille, au cœur d’un tourbillon de salves et de grenades que se lançaient les deux camps. Les stormtroopers s’écroulaient en masse, impuissants face aux droïdes blindés qui faisaient des ravages, y compris dans les rangs de leurs semblables. La puissance de feu des machines semblait illimitée.

Les minutes passèrent, et les premiers véhicules commencèrent à flancher. Sans qu’il leur en ait donné l’ordre, les pilotes du speeder entamèrent un repli progressif vers des positions mieux défendables. D’autres firent de même ; l’un d’eux était un TR-TT qui ne pouvait pas reculer aussi aisément qu’un véhicule sur répulseur. Il tenta un demi-tour, mais un contingent de droïdes l’arrosèrent de tirs et son blindage flancha. L’explosion brilla au fond des yeux de Veers, dont l’esprit était à présent ailleurs.

Est-ce pour cela que je me suis battu ? Avec ses pouvoirs, Sedriss aurait dû sentir qu’il s’agissait d’un piège. En fait…

Un bourdonnement sinistre domina un court instant le déluge de sons de blasters et d’explosions, suivi par de nouveaux ravages. D’autres droïdes, semblables à de petits chasseurs peints en noir à la visière rouge, se précipitaient contre les produits de Balmorra, détruisant sans distinction les uns et les autres.

En fait, le piège est du côté de l’Empire. Et c’est nous qui sommes l’appât.
Une telle stratégie le révulsa. Où en était-on si on se servait de légions entières pour attirer l’ennemi ? Si on sacrifiait des bataillons complets comme des pions sur un jeu de dejarik ?

Était-ce donc ça que l’Empire était devenu ? Un déchaînement de haine sauvage et de folie meurtrière détruisant tout sur son passage, alliés comme ennemis ?

Jamais, non, jamais Vador n’aurait fait une telle chose. Vador était de ceux qui allaient sur le front, arme au poing, et qui inspiraient le courage aux troupes. Sedriss, qui l’avait remplacé aux yeux de l’Empereur, attendait en sécurité à bord de l’Avenger, en orbite de la planète.

Veers dut se rendre à l’évidence : la civilisation pour laquelle il avait tout sacrifié n’était plus.
Instinctivement, il posa la main sur son holster et en tira son blaster. Une arme qu’il avait acquise le jour où on l’avait promu général.

Puis il la pointa sur le dos du pilote devant lui.

— Allez où je vous dis, ordonna-t-il sans se démonter.

L’homme était visiblement soulagé de l’entendre ordonner de quitter le champ de bataille. À l’extérieur, de nouveaux engins avaient fait leur apparition du côté balmoréen. Leurs bras détruisaient les chasseurs de Sedriss avec autant de facilité qu’on écrase un mynock.

Fort heureusement, leur retraite passait inaperçue, tant ils étaient nombreux à faire de même. La dernière stratégie de Veers était aussi la plus simple ; se rapprocher de plus en plus du bord du couloir d’invasion pour quitter le véhicule et rester à couvert. Ensuite, peut-être pourrait-il travailler pour Balmorra… Même s’ils ne semblaient pas avoir besoin de ses services.

Soudainement, tout bascula.

Il y eut une intense lumière verte, puis le choc et la chaleur brûlante. À travers la douleur qui survint instantanément, Maximilian Veers, capitaine de l’Empire, comprit que l’Avenger avait bombardé les rangs de sa propre armée pour punir sa fuite et sa défaite. Dans ses dernières secondes, il songea à son fils et à son épouse, et aux espoirs d’une galaxie en paix qu’il avait nourri pour eux.
Ses dernières pensées furent pour Vador. Le Seigneur Noir avait-il senti ce que l’Empire était devenu ? Avait-il compris la folie dévastatrice qui s’annonçait ?

Jusqu’au bout, Veers était resté un homme de Vador. Au final, ils avaient eu le même choix à prendre, et le capitaine savait que sa dernière décision était la bonne. 

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