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1. Préambule
 
Comme pour les autres parties, les interviews des auteurs recèlent de spoilers importants sur l’évolution de la série. SWU vous a classé ces interviews, ou extraits d’interviews dans l’ordre de publication des romans afin que vous puissiez les consulter à mesure que vous progresserez dans la lecture des romans.

Merci à l’ensemble des sites qui ont recueilli les propos des auteurs. Pour chaque interview, nous vous invitons à aller consulter la version originale (lorsqu’elle est encore en ligne).
2. Aaron Allston pour la sortie de Trahison
 
Pour les anglophobes affirmés, le Jedi SWU Harrar nous à fait le plaisir de traduire cet interview de Aaron Allston publié sur le site officiel à l’occasion de la sortie de Trahison (traduction initialement publiée sur SWU dans cette actualité).

Question : Quand se situe votre nouveau roman, Trahison, dans la chronologie Star Wars ?

Aaron Allston : Il se déroule plusieurs années après la fin de la série le Nouvel Ordre Jedi. Ben Skywalker, né pendant les évènements du NOJ, a 13 ans au début de la série L'Héritage de la Force. Chronologiquement, les derniers romans avant L'Héritage de la Force sont ceux de la trilogie le Nid Sombre, de Troy Denning, où il a préparé certains évènements de L'Héritage de la Force dans ses livres.

Q : Pouvez-vous nous présenter un petit peu la situation ?

AA : Bien sûr. Des années après la défaite des Yuuzhan Vongs, la galaxie est toujours en train de récupérer des batailles qui ont eu lieu en ces temps sombres. Maintenant, la guerre pourrait de nouveau éclater, cette fois-ci entre des planètes autrefois alliées, puisque Corellia défie l'Alliance Galactique.
Les plus grands héros de la galaxie – Luke, Leia, Han, Jaina, Jacen, et bien d'autres – vont se retrouver dans des camps opposés durant le conflit... et un danger du passé de Luke va forcer Jacen à faire un choix difficile s'il veut sauver les vies de ceux qu'il aime.

Q : S'agit-il du début d'une grande série, quelque chose comme le Nouvel Ordre Jedi, à laquelle de nombreux auteurs contribuent, ou est-ce plutôt une petite série entièrement écrite par vos soins ?

AA : C'est quelque part entre ces deux extrêmes. Il s'agit d'une grande série, aussi conséquente dans l'univers Star Wars que l'était le Nouvel Ordre Jedi, mais il n'y a que neuf livres, et écrits par seulement trois auteurs : moi-même, Karen Traviss et Troy Denning. Nous effectuons des rotations, ce qui signifie que j'écris le premier, Karen le deuxième, Troy le troisième, de nouveau moi pour le quatrième, et ainsi de suite.

L'une des raisons pour laquelle la série L'Héritage de la Force est intéressante est que nous avons beaucoup appris pendant le Nouvel Ordre Jedi : à propos de la coordination entre auteurs, comment mener les personnages et les intrigues secondaires, ce genre de choses. Il est amusant de pouvoir mettre en pratique ce que nous avons appris.

Q : Jacen Solo semble être au cœur de ce roman. Sans donner de spoilers, pouvez-vous nous dire comment vous voyez ce personnage, comment il a été transformé, en tant qu'humain et Jedi, par les évènements de son passé ?

AA : Il va être difficile de répondre à cette question sans donner de révélations. Dans sa manière de devenir un Jedi, Jacen a suivi un chemin comme aucun autre. Il a été exposé à plus de philosophies de la Force qu'aucun autre. Il s'agit de sa plus grande force, mais aussi de sa plus grande faiblesse. Il peut faire des choses qu'aucun autre ne peut faire, mais il a tant été habitué à penser d'abord par lui-même qu'il laisse tomber les traditions très, très rapidement. C'est comme s'il avait eu tant de prédécesseurs qu'il est prompt à ignorer les leçons de la plupart d'entre eux. Cette combinaisons de vertus et de défauts fait de lui quelqu'un de très intéressant à écrire.

Q : Comment voyez-vous la relation entre Jacen et Luke ? Il semble y avoir de la rivalité et du ressentiment, au moins de la part de Jacen.

AA : Jacen aime profondément son oncle. Mais à un tel point que je pense qu'il l'aime plus qu'il ne le respecte. Oui, il y a quelque ressentiment. Mais pas de rivalité : Jacen ne veut pas du travail de Luke, ni de son rôle spécifique dans l'histoire. Il souhaite simplement que Luke voie et comprenne ce que fait Jacen et prenne ses décisions avec une meilleure appréciation du point de vue de Jacen.

Q : Ben Skywalker joue aussi un rôle important dans le livre, et je suppose qu'au fur et à mesure de la série, cela va continuer dans ce sens.

AA : Bien sûr. Ben est un adolescent, avec sa curiosité typique, son désir de se frayer un chemin dans le monde, ses poussées hormonales, ses ressentiments, sa paranoïa, son potentiel extraordinaire, ses angoisses et ses drames… et il possède un héritage des plus forts dans cette galaxie lointaine, très lointaine. C'est un peut comme si on donnait à un adolescent de la dynamite. Saura-t-il l'utiliser de manière responsable ?

Q : Une partie importante de l'intrigue du roman tourne autour de la capacité des Jedi à utiliser la Force pour entrevoir des avenirs possibles. Quelles en sont les limites ? Il semble étrange pour des Jedi, qui sont entraînés à se concentrer sur l'instant présent, chercher à découvrir les éléments d'un futur plus ou moins prédéterminé.

AA : Il y a des limites, ne serait-ce que parce que le futur n'est pas encore fixé tant qu'il n'est pas encore devenu le présent. En supposant que l'on peut voir “le futur” de manière fiable et aussi claire que du cristal – et personne dans l'univers Star Wars n'est bon à ce point, pour autant que je sache – il reste toujours le fait que toujours en mouvement est l'avenir. Chaque action peut le modifier. Scruter l'avenir sous toutes ses formes peut donner aux Jedi des indications de motifs, de tendances, mais baser une décision sur l'un de ces futurs est un choix très risqué. C'est Charlie Brown qui suppose, une fois de plus, que Lucy va lui tenir le ballon pour qu’il puisse frapper dedans. Sauf que cette fois, ce sont des vies qui sont en jeu.

Avec ceci en tête, je suppose que le conseil stéréotypé des Jedi du genre “occupe-toi du présent”, en plus des “fais attention, arrête de rêver”, signifie aussi “ne base pas tes décisions sur ce que tu vois du présent – sinon, tu vas mal tourner.”

Q : Dans ce roman, vous entrez dans des aspects intrigants de la philosophie Sith. Je ne me rappelle pas les avoir vus évoqués avant. Comment avez-vous étendu ou approfondi la philosophie Sith ? Quelles restrictions, ou indications vous a-t-on données ? Et pensez-vous qu'un Jedi pourrait embrasser des aspects des croyances Sith et leurs techniques liées à la Force sans devenir mauvais ou plonger dans le Côté Obscur comme Anakin Skywalker ?

AA : En tant qu'auteur, je dois beaucoup réfléchir à l'éthique personnelle des “méchants” dans mes romans. Je n'aime pas tellement les fous à lier ni ceux qui embrassent volontairement la notion du mal. Ils sont, en un mot, mauvais. Donc les variations que j'ai fait sur la philosophie Sith émergent de ceci – je vois comme un besoin pour de nombreux Sith de créer une philosophie dans laquelle leurs actions sont acceptables, voire héroïques... d'un certain point de vue.

Avec les Sith, nous voyons un "chemin de carrière" qui les rend capables de crimes et d'atrocités toujours pires au fur et à mesure qu'ils progressent. Typiquement, la méthode humaine pour s'habituer aux atrocités est de s'y insensibiliser, d'en déshumaniser les victimes, et ainsi de suite. C'est normal, mais c'est une vieille technique, alors j'ai voulu quelque chose de différent pour les Sith – suggérer que ceux qui essaient de se placer dans cette éthique le font en se forçant à souffrir avec ceux qu'ils font souffrir, à aimer ce qu'ils détruisent, comme un moyen pour contrôler leurs propres excès.

J'ai aussi voulu suggérer quelques points communs entre les philosophies des Jedi et des Sith, pour mieux montrer leurs différences. Par exemple, si la version la plus extrême de la philosophie Sith implique une rage destructrice, l'abandon de soi à la passion destructrice, la version extrême de la philosophie Jedi serait distante, sans émotion, aurait tendance à se focaliser sur la loi sans faire preuve de compassion, et ce genre de choses… avec la notion que ce fut l'une des erreurs commises par le Conseil Jedi pendant la période prélogique. Je voulais suggérer que toute philosophie prise à son extrémité est destructrice, y compris une philosophie théoriquement héroïque et altruiste comme le Code Jedi.

Je n'ai eu que peu de restrictions. Sûrement parce que nous avons mis ce concept sur pieds en Novembre 2004, à Big Rock Ranch lors d'une réunion avec Lucasfilm, et donc chacun savait ce qui allait être exploré et que chacun allait s'en préoccuper.

Quant à la question de savoir si un Jedi peut embrasser des aspects de la philosophie Sith et rester bon – eh bien, je parie que la réponse est oui, tant que ce ne sont que quelques “aspects” et pas tout leur enseignement. Parfois, je me demande aussi si un non-humain pourrait devenir Sith sans devenir mauvais. Je ne crois pas que ce soit possible pour un humain, à causes des faiblesses de la nature humaine, mais peut-être qu'un alien y parviendrait.

Q : Vador n'était-il pas censé unifier les deux Côtés de la Force ? Il semblerait que cette prophétie ne se soit pas réalisée ?

AA : Les unifier... ou leur rendre l'équilibre ? Une grande part de la philosophie de la Force est basée sur la philosophie orientale de notre monde, qui place le yin et le yang à l'opposé l'un de l'autre, et en complémentarité. Apporter l'équilibre semblerait impliquer une influence équivalente pour les deux, plutôt que les mélanger en une sorte de bouillie.

Q : Votre écriture contient beaucoup de détails dans les descriptions du matériel militaire, l'armement, ... Cette accumulation de détails est-elle le secret pour décrire de manière convaincante des objets qui n'existent pas vraiment ?

AA : Je crois que vous êtes la première personne qui me dit ça. Ma tendance naturelle en tant qu'écrivain a toujours été de décrire assez peu l'environnement, si bien que j'ai eu besoin de repasser plusieurs fois sur chaque manuscrit avant d'être sûr que j'ai introduit suffisamment de détails sensoriels.

Mais, oui, j'ai essayé de me mettre à la place du lecteur et d'analyser chaque passage du livre, en me demandant s'il contient assez de détails pour que le lecteur puisse visualiser ce qu'il se passe. Il faut ajouter à ceci la tâche de décrire le matériel qui est déjà familier aux fans de l'univers Star Wars, comme les ailes X, mais qui doivent tout de même pouvoir être imaginées par ceux qui ne le sont pas. Où est le point magique d'équilibre entre les deux ? Je le cherche toujours.

Q : Qu'est-ce qui vous intéresse dans votre travail pour l'Univers Star Wars après tant de livres et d'années ?

AA : Eh bien, il s'agit d'un univers si vaste qu'il y a toujours une nouvelle partie à développer. Et la saga s'étend sur une telle période que nous pouvons étudier les personnages principaux à chaque étape de leur vie et trouver quelque chose d'intéressant.

Regardez Luke, par exemple. Nous avons l'adolescent qui découvre la Force. Luke à une vingtaine d'années, au sommet de sa carrière de pilote de chasse, qui fonde l'Escadron Rogue et l'une des pièces maîtresses de la Rébellion. Nous avons Luke en seul Maître Jedi, qui prend le fardeau de la recréation de l'Ordre Jedi. Luke apparemment condamné, avec une série d'aventures romantiques, à rester célibataire. Puis lorsqu'il trouve la femme de sa vie. Nous avons Luke en tant qu'époux. Luke en Maître d'un Ordre Jedi renaissant, en conflit avec d'autres Maîtres. Nous avons Luke qui lutte pour garder en vie sa famille malgré l'invasion d'aliens qui pourraient détruire la civilisation telle qu'il la connaît. Luke en tant que père. Et ainsi de suite. Chacun de ces Luke peut être le protagoniste d'un ou plusieurs romans explorant ces circonstances. Et ce n'est que pour un seul personnage.

En d'autres termes, il y a toujours du travail pour chaque auteur qui se plonge dedans.
3. Karen Traviss pour la sortie de Descendances
 
Traduction d’une interview de Karen Traviss publié par le site officiel lors de la sortie du roman Descendances.

Vous et les autres auteurs, avez-vous planifié l’histoire tous ensemble ? Quelles considérations ont conduit à vos choix, et quel a été l’ampleur du contrôle et de l’apport de LucasBooks ?

Karen Traviss : C’est un travail d’équipe classique. On s’installe dans une salle de réunion des bureaux de Lucasfilm au ranch de Californie pour une journée et on ne s’arrête pas avant d’avoir une histoire complète qui couvre les neuf romans. Tout le groupe participe au brainstorming – les gens du licensing, Del Rey, le auteurs – et les idées fusent : on les place sur un tableau blanc et on les découpe en neuf parties. Et j’ai supplié LFL de me laisser ramener Boba, j’étais folle de joie lorsqu’ils ont dit oui.

C’est exactement l’opposé de l’approche sur les romans Republic Commando où le terrain est vierge et je suis seule à écrire. J’aime cette variété dans mon travail. J’aime discuter des idées avec d’autres créatifs, et comme tout le monde le sait je suis une droguée du retcon (NdT : retcon signifie retoucher la continuité, réécrire ou utiliser des bouts d’histoire pour qu’ils correspondent).

A la fin du roman précédent, Trahison, Jacen Solo tue une Jedi de sang-froid et s’engage sur un chemin l’amenant à devenir un maître Sith sous la direction de Lumiya, une ancienne adversaire de Luke. Ca doit être une challenge fascinant pour vous d’offrir un portrait de la corruption d’un Jedi, spécialement avec Jacen persuadé qu’il fait uniquement ce qui est nécessaire pour ramener la paix et l’ordre dans la galaxie.

KT : Je ne recherche pas la sympathie ou l’antipathie en fait : je recherche la vraisemblance et même avec un personnage qui n’a pas été développé par moi – lorsque je crée un personnage, je développe intégralement son profil psychologique – je le laisse évoluer naturellement. Comment un homme sage, moralement éveillé s’engage sur le chemin que choisi Jacen ? En se faisant des illusions sur lui-même et en s'auto-justifiant. Jacen a déjà une haute opinion de ses pouvoirs et de son jugement, et il n’a pas tort : il est bon dans ce qu’il fait. Mais il se coupe du monde extérieur trop souvent et commence à considérer qu’il a pour mission de sauver la galaxie, et qu’il est le seul à pouvoir le faire… vous voyez le dérapage des bonnes intentions à ce qu’il considère comme un mal nécessaire pour justifier ses propres actions. Malheureusement, dans mes précédentes carrières – comme journaliste et plus tard comme rédacteur travaillant avec des politiciens – j’ai vu ce type de comportement à de multiples reprises. Et je peux le voir actuellement dans les politiciens de mon propre gouvernement britannique. Je ne vais pas la jouer trop politique, mais la capacité des gens au pouvoir de se convaincre de la pureté de leurs objectifs même lorsqu’il est évident pour leur entourage qu’ils tournent mal est à tomber à la renverse. Ils sont vraiment dans un monde parallèle qu’ils sont seuls à voir, et abandonnent toute décence à mesure qu’ils focalisent sur ce qu’ils ont envie de voir et d’entendre. Certains commencent corrompus et opportunistes, d’autres le deviennent.

Entrer dans la tête de Jacen Solo fut une des expériences les plus déplaisantes que j’ai jamais connues. Quand j’écris, j’utilise le point de vue très resserré d’un personnage à la troisième personne, il n’y a pas de narrateur. Ce sont les propres opinions des personnages, le lecteur voyant le monde comme ils le voient sans aide de ma part. Se laisser aller pour obtenir ça, c’est comme une méthode d’acteurs d’après ce que certains m’ont dit. Vous devenez le personnage pour quelques temps. Et c’est clair, c’était flippant de devenir Jacen. Tout semble logique et inévitable pour lui, et comme tous les gens qui font des choses terribles, il ne se rend pas compte de sa propre part de mal.

Un ami très sage m’a décrit cette bascule dans un enfer personnel fait d’illusions comme celui de Jacen en disant que c’est comme de croire que l’on est un point focal de l’univers autour duquel les destinés des gens évoluent. Et bien sûr, c’est exactement ce que croît Jacen : lui seul peut sauver la galaxie.

J’étais tellement flippée de me glisser dans sa tête que lorsque je passais sur le point de vue d’un autre personnage, je voulais me nettoyer le cerveau. C’était un piège très facile dans lequel se faire prendre. N’importe qui peut le faire dans les bonnes circonstances. C’est ce qui rend le mal – si on peut utiliser ce terme – si dangereux.

Vous semblez avoir une affinité particulière pour le personnage de Boba Fett.

KT : C’est un cadeau si vous aimez écrire des personnages déséquilibrés. Je n’écris pas des héros ou des vilains – je ne peux pas différencier les gens si clairement – et Boba a tant de fractures en lui que je pourrais travailler sur son profil psychologique durant des semaines sans me lasser.

Cet homme est à la fois un bordel et une inspiration. Son enfance a été un enfer. Il n’a pas de figure maternelle, et ne me dite pas que Taun We est une mère de substitution, une existence cloîtrée, un père qui, franchement, a pas mal de problèmes émotionnels lui-même, et enfin il voit Papa, le centre de sa vie, se faire tuer sous ses yeux. Appel pour M. Freud, s’il vous plaît M. Freud, décrochez… et pourtant il continue à gagner. Il ne se contente pas de survivre, il excelle. Il est perçu comme un vilain, mais il a un sens de l’honneur inamovible et un code moral rigide. Il est défini globalement par une chose : sa relation avec son père, qui s’est terminée avant l’heure. Même son désir d’exceller en tant que chasseur de prime est, j’en suis convaincu, un héritage de son besoin de plaire à son père et de répondre à ses attentes.

Ce qui nous fait un Boba de plus de 70 ans qui est un personnage fascinant à écrire. Il vénère Jango comme le parfait exemple de la paternité, et pourtant il a abandonné sa propre femme et son enfant, car aucun humain sans éducation ne pourrait réellement créer des liens, spécialement avec les femmes. Il a fait fortune (plus d’une fois) sans en avoir l’utilité. Il a l’habitude d’être le meilleur de la galaxie dans une profession très physique, mais la mortalité et l’âge sont en train de le rattraper. Comment gère-t-il cela ? Comment accepte-t-il l’héritage qu’il va laisser derrière lui, tel qu’il est ?

La seconde fascination est la manière dont il gère son rôle de Mandalore. J’ai fais pas mal de travail sur les mandaloriens, j’ai même développé la culture et un langage qui fonctionne pour LFL, et la variété des styles de leadership à travers les siècles est surprenante. Mais Boba ne parle pas mandalorien (je m’en tiens à la continuité ici), et en quelque sorte il est toujours chasseur de prime bien qu’occupant le siège. Cela vous en dit beaucoup sur lui, mais aussi sur les mandaloriens eux-mêmes.

C’est une mine d’or en termes de fiction pour moi. Je ne me lasse jamais de Boba et des mandaloriens.
4. Troy Denning pour la sortie de Tempête
 
Traduction d’une interview de Troy Denning publié sur le site de Random House pour la sortie du roman Tempest.

Mais avant cela, il est possible d’aller lire les propos que Denning avait offert à l’Insider pour son numéro 90 et que SWU avait synthétisé et traduit à l’époque dans cette actualité.

Question : Tempest est le troisième livre de la série L'Héritage de la Force. Comment ça se passe pour écrire une série de plusieurs livres avec deux autres auteurs ?

Troy Denning : Cela commence un dimanche soir quand Shelly m’a envoyé une note disant qu’elle et Sue cherchait des idées pour la prochaine série. J’ai synthétisé un truc que j’avais en tête lorsque j’écrivais Le Nid Obscur, et c’est devenu la source. Ensuite on s’est tous mis au vrai travail pour développer l’histoire de la série en équipe. Basiquement, on essaye de se réunir le plus souvent possible, à des conventions, pour développer les grandes idées de l’histoire.

Q : En plus de votre travail sur Star Wars, vous avez écrit des romans de fantasy. Vous considérez Star Wars comme de la fantasy ou de la science-fiction ? Y a-t-il une ligne bien claire séparant les deux genres ? Avez-vous une approche différente sur Star Wars et sur vos autres romans ?

TD : Je ne crois pas qu’il y ait une ligne claire séparant la fantasy de la science-fiction. La science-fiction traite du rapport de l’homme à sa technologie, alors que la fantasy traite de la relation de l’homme à son esprit. Star Wars, ce n’est aucun des deux. C’est du space opera. A l’échelle galactique, c’est la lutte de base du bien contre le mal, il y a une dimension romantique forte et les lois de la physique passent après les besoins de l’histoire.

Q: Tempest met en scène le retour d’Alema Rar, un personnage de votre trilogie Nid Obscur. Pouvez-vous expliquer aux lecteurs qui elle est et ce qui la rend si dangereuse ?

TD : […]Elle est plus morte que vivante, horriblement défigurée, et seule, d’une façon qu’elle n’a jamais connu avant. Elle arrive à rassembler les morceaux dans les années suivant Nid Obscur, mais pas tout à fait comme avant, et elle revient dans L'Héritage de la Force complètement barrée.

Q: J’ai été intrigué par la notion d’équilibre chez Alema, qui d’une manière tordue a du sens.

TD : Un vilain pense toujours qu’il agit correctement, c’est un de mes principes lorsque j’écris des « méchants ». Avec Alema, ça se traduit de manière difficile, mais elle y arrive. Elle a une perception déformée de la réalité, et il était naturel de baser cette perception sur son histoire avec les Jedi. Les Jedi l’ont sauvé d’une vie de misère dans les mines de ryyl de Kala’uun. Etre un Jedi est aussi ce qui lui a coûté sa soeur, et deux Jedi – Luke et Leia – ont pris à Alema sa beauté et sa grâce. Il y a un certain équilibre là-dedans, et c’est cet équilibre qu’elle utilise pour rationaliser ses actions.

Q : Un des thèmes majeurs de Tempest est la relation entre pères et fils. Il y a une dynamique entre Luke et Ben, et entre Jacen et Han, et d’une manière symbolique on dirait que ce thème est le centre de la série. Ca m’a fait penser à une réplique du film Superman : « Le fils devient le père, et le père devient le fils. » Vous en pensez quoi ?

TD : Je n’ai pas vu le nouveau Superman mais il y a définitivement une dynamique père-fils dans Tempest. Luke et Han désapprouvent les actions de leurs fils et ils agissent en conséquence.

Le fils de Luke, Ben, se bat pour être à la hauteur de la légende de son père. Il pense que la manière la plus rapide d’y parvenir est de rester avec Jacen et la Garde de l’Alliance Galactique. Mais Luke sait que la voie la plus rapide est aussi très périlleuse, et il lutte pour que Ben ouvre les yeux. D’une certaine manière, Luke commet le pêché universel des parents : croire que dans la vie, un enfant peut apprendre ses leçons les plus importantes d’après les expériences de ses parents.

Le fils de Han, Jacen, a déjà fait ses erreurs. Jacen est devenu ce que Han déteste le plus : une personnalité dure et qui abuse de son autorité. Instinctivement, Han reconnaît le danger et le mal dans ce comportement, et pourtant il aime toujours son fils, et il croit toujours que Jacen peut être sauvé.

Q : Le voyage de Jacen vers le côté obscur se poursuit et s’accélère dans Tempest. Pourtant, il semble que malgré les suspicions qu’ont les autres personnages, surtout Luke, tout le monde est très soucieux de ne pas l’accuser ouvertement. En fait, on dirait qu’ils sont tous complices, détournant le regard des preuves qui sont sous leurs yeux. Pourquoi ce comportement ? Est-ce une faiblesse inhérente à l’approche qu’ont les Jedi de la Force ?

TD : C’est une faiblesse propre à la nature humaine. Nous ne voulons jamais voir le mal dans les personnes que nous aimons, particulièrement nos enfants. Luke et Mara sont inquiet de voir le pire à propos de Jacen car ça nuirait à leur relation avec Han et Leia, et parce que Jacen est très important pour Ben. Conclure que Jacen est irrémédiablement mauvais les mettrait en conflit avec Ben, et cela remettrait en question leur jugement d’avoir laissé Jacen devenir son mentor. Et, plus important encore, l’expérience des Skywalker montre qu’une personne n’est qu’en partie irrémédiablement mauvaise, après tout Mara était l’assassin de Palpatine au début de sa vie, et même Luke est passé du côté obscur à un moment. Si quelqu’un comprend la possibilité de rédemption, c’est bien eux deux.

De leur côté, Han et Leia espèrent toujours une issue positive. Ils sont très loyaux, et ils ne vont pas tourner le dos à Jacen si facilement. Il se comporte mal et ils seront les premiers à lui dire, mais ils refusent d’abandonner leur fils. Ils veulent le voir faire des excuses et revenir dans le droit chemin.

Q : Il existe plusieurs chemins vers le côté obscur, mais celui de Jacen doit être un des plus insidieux, car il repose sur ses qualités les plus nobles et leur exagération et non pas leur subversion.

TD : C’est vrai. Jacen débute le NOJ comme l’un des plus purs et réfléchis jeunes Chevaliers Jedi, et il l’est toujours. Il est plus soucieux que n’importe qui d’amener la paix à la galaxie, même si ça doit être par la force. Peut-être parce qu’il a regardé plus intensément la partie sombre de la nature humaine que n’importe qui d’autre, et qu’il a été terrifié par ce qu’il a vu.

Jacen est ce qui se fait de pire comme vilain, un fondamentaliste et un fanatique. A cause de sa bonne nature, il pense que la galaxie devrait être d’une certaine manière : juste et paisible. Et à cause de ses expériences, il a atteint la conclusion que tous les moyens sont bons pour atteindre son but. C’est une très dangereuse combinaison, particulièrement lorsqu’un leader puissant perd pied avec la réalité.

Q: Lumiya demeure un ennemi fascinant. Il est difficile de la considérer comme seulement motivée par la revanche, même si c’est évidemment une grande part de ses actions. Comment voyez-vous le personnage ?

TD : Je ne vois pas Lumiya comme quelqu’un de motivé par la revanche, c’est juste un effet conjoint assez savoureux pour elle. Pour moi, c’est quelqu’un qui croît vraiment en la vision impériale, une galaxie unie sous une seule personne, et qui fut très déçu lorsque les faiblesses de Palpatine ont conduit à la destruction de son rêve. Par le passé, elle a exprimé son aigreur par des attaques contre Luke et sa famille, car ils étaient responsables de la destruction de l’Empire et de sa propre destruction à elle. Mais elle n’a jamais abandonné son rêve : elle est toujours à la recherche d’une nouvelle force capable d’unir la galaxie entre les mais d’un seule et très forte personne. De temps en temps, lorsqu’un candidat possible est apparu, elle a offert son aide. Mais désormais, après avoir vu Jacen, elle est convaincue d’avoir trouvé celui qu’elle cherchait durant toutes ces décades, et toute son énergie est dédiée à l’atteinte de cet objectif.
5. Aaron Allston, Karen Traviss et Troy Denning font le point à mi-chemin (avec du Zahn en bonus)
 
Lors de la sortie de Inferno, les auteurs du cycle L'Héritage de la Force se sont prêtés au jeu de l’interview de Random House (la maison d’édition). SWU vous en propose la traduction intégrale (originellement publiée dans une actualité du site) pour la sortie de Inferno.

Avec la participation des auteurs de Star Wars L'Héritage de la Force : Aaron Allston (Trahison, Exil, Fury) ; Karen Traviss (Descendances, Sacrifice, Revelation) ; et Troy Denning (Tempête, Inferno, Invincible).

Random House : Okay, allons droit au but : la mort de Mara Jade des mains de Jacen Solo. Qui a eu l’idée, et quelle fut la réaction dans les réunions d’écritures initiales ?

Troy Denning : C’est votre première question ? Vous nous faites passer pour un peloton d’exécution.

Aaron Allston : L’idée est sortie au cours de notre réunion de fin 2004 au Big Rock Ranch, mais je ne révélerai pas qui a amené l’idée en premier. Je ne vais pas dans cette direction là.

Karen Traviss : Je crains que ce ne soit moi qui ait suggéré que Jacen devait tuer quelqu’un qu’il aimait. Mais je suis la britannique du groupe, rapellez-vous. Nous sommes toujours les méchants.

AA : La réaction fut, si je me souviens bien, mitigée. Tout le monde reconnaissait les possibilités dramatiques apportées par la mort de Mara. Mais tout le monde n’était pas heureux de la voir partir.

TD : Mais il n’y a pas eu de bagarre, rien de comparable à la sanction d’un jury. Nous savions que la trame exigeait une crise qui frapperait Ben au cœur et l’obligerait à s’interroger sur ce qu’il était en train de devenir. Personne n’a tué Mara pour le plaisir.

KT : J’ai mentionné un test que les SS allemands (ou peut-être était ce la Gestapo) utilisaient : chaque apprenti recevait un chiot, un Berger Allemand je pense, et était encouragé à s’attacher à lui, concourir contre les chiens des autres cadets, et généralement l’aimer. Alors, une fois qu’ils étaient totalement dévoués aux chiens, on leur demandait de les étrangler. S’il ne pouvait obéir à l’ordre, ils étaient virés. J’ai dis que ce serait un test typique des Sith, d’être si loyal à l’idéal Sith que vous obéiriez aux ordres et tueriez quelqu’un que vous aimez pour prouver que le boulot passe en premier.

RH : Etant donné la réaction des fans aux morts de Chewbacca (Vecteur Prime) et Anakin (Etoile après Etoile), avez-vous ressenti une hésitation à tuer un autre personnage populaire ?

AA : Totalement. Pour cette raison et d’autres, c’est l’évènement que j’aurais attendu durant toute la série.

KT : Disons que personne ne vit pour toujours. Dans la fiction, c’est souvent mieux qu’il parte au faîte de leur gloire que sénile et incontinent dans la maison de retraite de Coruscant. Les lecteurs sont tristes de voir partir leurs personnages favoris, nous ne ferions par notre boulot correctement si ces morts ne les touchaient pas, mais peu d’entre eux ont recours aux menaces et abus.

TD : Les bonnes histoires sont faites de tragédies autant que de triomphes. Mon premier souci dans l’écriture est toujours de construire une histoire à la fois pleine de suspense et logique (ainsi je ne tue jamais un personnage arbitrairement). Au final, la réaction que j’ai reçue après avoir écrit la mort d’Anakin était bonne. Les gens étaient tristes (moi aussi), et quelques uns étaient en colère, mais la plupart des lecteurs admettaient que la mort d’Anakin était le genre de chose qui a fait du NOJ une histoire puissante et entraînante.

KT : La fiction devrait nous faire ressentir des émotions fortes. Elle nous permet en tant que lecteur de « digérer » des évènements difficiles émotionnellement dans un environnement sûr, donc les morts en fiction ont une vraie fonction dans la psychologie humaine. Et franchement, l’idée que les héros ne peuvent jamais mourir ne correspond pas à une bonne narration en ce qui me concerne. Si le lecteur sait que rien ne peut jamais leur arriver, où est le drame, et le risque ?

RH : Une objection que j’ai attendu à propos de la mort de personnages populaire est que si les lecteurs veulent du réalisme, ils vont chercher un roman de Updike (écrivain américain). Comment répondez-vous à ça ?

AA : Pas mal de fans ont cette réaction, et beaucoup ne l’ont pas. Ce n’est pas universel. Ceux qui s’opposent aux morts ont tendance à se faire plus entendre.

TD : Vous ne seriez pas en train de chercher un peu de controverse, non ?

AA : Je me remémore très bien, enfant, avoir lu un roman à propos de Robin des Bois dans lequel il meurt. J’étais choqué. « Robin des Bois ne peut pas mourir. L’histoire ne peut pas se terminer. » Mais la vérité est que, mettre les personnage en danger et ne jamais les tuer, ou du moins jamais les plus important, enlève toute tension à la série. Oh mon dieu, Luke est encore en danger, ho-hum.
Et bien sûr, nous pourrions avoir de la tension en menaçant de rendre les personnages malheureux sans aller jusqu’à les tuer. Mais notez que j’ai dit « les mettre en danger ». Le danger physique, le danger de la mort imminente, a fait partie de la série Star Wars depuis Un Nouvel Espoir. Donc soit nous avons des personnages en danger, et du danger qui a un sens, ou nous n’avons pas de danger du tout, ce qui est un changement majeur dans la manière dont l’univers est décrit.

KT : Star Wars est une grande église, et il y a déjà abondance d’histoires pour rêver que les gars peuvent lire s’ils le veulent, mais il y a aussi beaucoup beaucoup de lecteurs qui veulent quelque chose qui fait écho aux problèmes qu’ils affrontent dans la vraie vie. Comme Aaron le dit, il y a un moment où l’histoire s’évente si les protagonistes n’affrontent pas de menaces ou de risques sérieux.

RH : Quels étaient vos sentiments à propos du concours en ligne pour déterminer le nom de Sith de Jacen ?

TD : Je pense que le concours était une bonne idée, une surprise fun. Bien sûr, nous verrons bien à quel point les fans aiment le vainqueur qu’ils ont choisi.

RH : Luke est passé du Côté Obscur par le passé (Dark Empire). La mort de Mara va-t-elle le pousser dans cette direction de nouveau ?

TD : Vous devez savoir qu’on ne peut répondre à ça.

RH : Hey, vous ne pouvez pas nous reprocher d’essayer ! En parlant de ça, Han n’a pas très bien digéré la mort de Chewbacca non plus. Sachant que son fils est passé du Côté Obscur et est responsable du meurtre de la femme de son meilleur ami, c’est difficile d’imaginer même Leia le retenant après ça…

AA : C’est une perspective bizarre en fait. C’est le point de vue de quelqu’un pour qui Luke, un personnage canon originaire des films, est plus important que Jacen, un personnage de l’Univers Etendu. Mais cela n’a pas de sens du point de vue de Han. Luke est son meilleur ami. Jacen est son fils. Il les aime tous les deux et serait dévasté de perdre l’un ou l’autre. Au lieu de dégainer sans hésiter son blaster et se précipiter pour descendre son garçon, il se sentir horriblement partagé.

RH : Le passage du Côté Obscur de Jacen a-t-il été décidé seulement pour cette série, ou était ce un développement prévu depuis un moment ? Y a-t-il un « uber-plot » se prolongeant dans le futur ?

AA : Pour ce dont je me souviens, ce fut prévu pour cette série bien que ce fut déterminé suffisamment tôt pour que Troy puisse le laisser entrevoir dans la trilogie Nid Obscur.

TD : Oui, l’origine de l’idée m’est venue alors que j’écrivais la trilogie, essayant d’imaginer ce que Jacen avait pu découvrir durant son voyage pour en apprendre plus sur la Force. Lorsque j’ai appris que les éditeurs chez Lucasfilm et Del Rey recherchaient des idées pour la prochaine série, je leur ai dis ce à quoi je pensais et c’est devenu la source de L'Héritage de la Force.

AA : Je ne suis pas au courant d’un quelconque « uber-plot » sinon. Nous nous sommes coordonnés un petit peu avec Nid Obscur et le comic Legacy pour maintenir la continuité, mais nous n’avons pas prévu de récupérer leurs trames dans notre série.

RH : La manière dont Han et Leia ont élevé leurs enfants a-t-elle contribuée au passage de Jacen du Côté Obscur ? Portent-ils une part de responsabilité ?

KT : Je me demande si aucun des Skywalker/Solo n’a jamais eu une bonne éducation ? Si Coruscant avait un bon système social, ils les auraient tous pris en charge, les risques auxquels ils ont été exposés enfants étaient traumatisants. Ben a trouvé sa propre voie, ce qui n’est pas facile pour lui. Les rejetons de célébrités peuvent devenir cinglés à tenter d’égaler des parents légendaires, comme nous le voyons dans la réalité.

AA : C’est le fossé des générations, plus les sabrelasers.

TD : Jacen a été capturé par les Yuuzhan Vongs (Le Traître) et a subi le lavage de cerveau de Vergere, donc il a subi pas mal de choses qui n’ont rien à voir avec ses parents. Finalement, cependant, la seule personne responsable de ce que Jacen est devenu est Jacen lui-même.

KT : Vrai. Je suis d’accord que les expériences des Vongs avec Vergere l’ont rendu cinglé, et ont modifié sa perspective de sa propre fiabilité. Mais en fait, Jacen est juste un mec intelligent avec une opinion excessivement haute de lui-même. Comme la plupart des gens au pouvoir, spécialement les plus compétents, il se dirige dans la mauvaise direction un pas après l’autre. Et c’est si facile à faire, si facile à justifier. Il n’a pas commencé malade psychiatriquement parlant, mais le pouvoir corrompt et aveugle, et il n’y a aucun doute que le pouvoir peut changer – et pas qu'en bien - les gens. Mais tout cela n’est pas inéluctable : de nombreuses personnes qui subissent de terribles traumatismes ou des familles cauchemardesque ne finissent pas comme des tueurs en série, et parfois malgré les plus grands efforts, les parents les plus responsables du monde produisent des gosses effroyables. A la fin, la seule personne responsable de nos actions est nous-mêmes.

RH : Comment avez-vous décidé de l’ordre dans lequel seraient écrit les romans de la saga LOTF ?

AA : Nos éditeurs, Shelly Shapiro de Del Rey et Sue Rostoni de Lucas Licensing, ont décidé.

RH : De quelle manière sont impliquée Shelly et Sue ? Et en quoi les rôles de ces deux éditeurs sont différents ?

AA : Elles sont réellement impliquées, très informées de ce qui se passe dans la série. Et leurs rôles sont différents. Shelly est un petit peu plus focalisée sur la qualité d’écriture des romans, la coordination entre les auteurs, la logique interne des intrigues en dehors du contexte de l’Univers Etendu. Sue se concentre plus sur la continuité, les besoins de Lucasfilm, la prise en compte des attentes des fans et la fidélité des personnages. Mais si ces différentes responsabilités les mettent désaccord, hé bien, elles ne me l’ont jamais laissé voir.

KT : La fréquence de vos discussions avec les autres auteurs et la quantité de détails que vous planifiez (nous faisons quarante pages de synopsis pour chaque livre) n’ont pas d’importance, vous ne pouvez pas savoir la totalité de ce que les autres gars sont en train de faire. C’est pour ça que nous avons besoin de Shelly et Sue. Avoir deux personnes avec une vision générale un peu plus détachée, qui ne sont pas en train d’écrire et qui peuvent voir au-delà de l’arbre qui cache la forêt, est crucial.

TD : Elles sont l’huile dans les rouages et la colle qui fait tenir l’ensemble. Elles travaillent probablement très dur pour être sûres que toutes les différences d’interprétation mineurs-mais-inévitables de nos histoires initiales soient virées. Il serait difficile d’exagérer leur rôle dans la série.

RH : Avec quelle fréquence discutez-vous tous les trois ? Et communiquez-vous principalement par le téléphone ? Par e-mail ?

KT : E-mail. Je suis en Grande-Bretagne, dans un fuseau horaire totalement différent, donc les appels téléphoniques ne sont pas pratiques, et j’aime que les choses soient retrouvables, qu’on puisse les contrôler en somme. Nous avons des pics de communication puis c’est le silence pendant des semaines. Les livres doivent être écrits après tout.

RH : Comment faites-vous en cas de désaccord ?

TD : Par chance, on partage un cerveau pour trois, donc on est tous d’accord. Mais sérieusement, ça n’a pas été un problème.

KT : Chacun est concentré sur ce qu’il y a de mieux pour la série, pas sur des intérêts individuels.

RH : En quoi votre compréhension du Côté Lumineux et du Côté Obscur de la Force a-t-elle changé au cours de l’écriture de ces livres ?

KT : C’est plus la nature des utilisateurs de la Force que celle de la Force. Cela m’apparaît comme de plus ne plus sectaire tous les jours. Comme le dit Boba, c’est une petite guerre religieuse issue d’un schisme à l’intérieur d’une minuscule élite non élue qui entraîne des milliards de personnes. Le lecteur voit évidemment Star Wars du point de vue des Jedi, mais je parierais que le citoyen galactique moyen n’en sait pas plus sur le Conseil Jedi que la plupart des gens du monde réel n’en savent à propos de la Banque Mondiale.

TD : J’ai toujours pensé que lorsque Yoda enseigne à Luke le Côté Obscur et le Côté Lumineux, il parlait de l’ombre et de la lumière à l’intérieur de nous, et non de la Force elle-même.

RH : Les Jedi de l’époque de Yoda croyaient que les attachements sentimentaux et familiaux entre Jedi ne pouvaient conduire qu’au désastre. Ce point de vue n’a-t-il pas été largement confirmé par l’histoire de Dark Vador, de ses enfants et petits enfants ?

AA : Je pense que les Jedi de l’époque de la République croyaient que l’attachement conduisant au désastre était volontaire, mais j’espère que nous allons montrer que tous les rencontres amoureuses ne constituent pas cette sorte d’attachement. Mon avis est que n’importe quel Jedi peut se marier et avoir des enfants sans provoquer une tragédie. Je pense qu’une partie du problème est que la famille Skywalker est aussi importante que, et presque aussi chanceuse que, la maison Atrée de la mythologie grecque. Ce qui revient à dire qu’ils sont très importants… mais pas très chanceux.

KT : Non, j’ai tendance à penser que Yoda avait bon. Les Jedi ne devraient pas être autorisés à avoir une famille. Ces personnes sont des super-armes, et une fois qu’ils ont perdu la capacité à se détacher – quel que soit le déclin moral auquel ce détachement les a conduits à la fin de la République – alors leurs inimitiés familiales finissent par emporter la galaxie. La saga Legacy of the Force est techniquement une divergence familiale qui implique une ex ou deux qui provoque une guerre galactique. Voient-ils l’ironie ? Je ne sais pas. Mais comme toutes les personnes avec du pouvoir et un sens de l’héritage dynastique, ils perdent de vue le bien commun et – quoi qu’ils pensent faire – prennent des décisions basées sur ce qui est bien pour les personnes qu’ils aiment, plus pour la majorité. Ils ne sont qu’humains. Le danger est que leurs pouvoirs et leur influence ne le sont pas…

TD : N’oublions pas que beaucoup de bien vient de la lignée d’Anakin Skywalker : Luke, Leia, Anakin Solo, Jaina… Nous verrons bien pour Ben, mais même Jacen a mis fin à la guerre avec les Yuuzhan Vongs.

RH : Chacun de vous est connu pour avoir créé ou développé un personnage spécifique : Allston – Wedge Antilles ; Traviss – Boba Fett ; Denning – Alema Rar. Ce doit être une déchirure de ne pas pouvoir tous les impliquer dans la tapisserie multi-livres que représente Legacy ! Sont-ils vos personnages favoris à écrire ?

TD : J’aime écrire ces personnages. Si je peux entre dans leurs têtes et vraiment comprendre ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont prêts à faire pour l’obtenir, alors je peux me connecter à eux à un niveau subconscient, et ils deviennent vivants dans ma tête. Lorsque ceci arrive, n’importe quel personnage que j’écris à ce moment devient mon favori.

AA : Wedge est mon personnage favori, c’est vrai. J’ai dis dans d’autres interviews qu’il m’intéresse car il est un tueur éthique. La partie tueur n’est pas si intéressante – de ce point de vue, il est un mec qui a toujours un moyen, un motif, et une opportunité. Non, c’est l’éthique qui est intéressante, son combat pour faire de chaque décision de tuer la bonne solution, un choix qui n’amènera pas ceux qu’il dirige ou inspire sur une pente glissante. Comme celle que Jacen suit par exemple.
Mais j’aime écrire beaucoup de personnages, et je trouve ça effroyablement facile de me glisser dans le schéma de pensée de Jacen lorsque je l’écris. Nous ne sommes pas si différents, lui et moi. Excepté qu’il est beau gosse, qu’il a des super pouvoirs et qu’il est encore plus méchant.

KT : J’adore mettre en scène Boba, étendre son hideuse famille dysfonctionnelle et son aliénation totale de sa propre culture – et je trouve ça étonnant que cet homme soit encore sain étant donné son éducation. Tout cela est un vrai terrain de jeu pour moi. Boba est incroyablement complexe, et cela signifie qu’il y a quantité d’histoires à raconter à son propos. Mais j’adore cette folle d’Alema et Lumiya aussi – ce fut fascinant d’écrire leur scène commune dans Sacrifice, surtout sur leur manière différente de gérer leurs défigurations. J’aime le défi d’entrer dans des personnages que je ne connais pas si bien. Je crois que celui dont j’ai vraiment savouré l’écriture était l’Amiral Niathal, bien que – je ne sais pas pourquoi, mais lorsqu’un Amiral Mon Cal « faucon » (NdT : hawkish en anglais, en référence aux politiciens et conseillers pro-intervention armée au sein du gouvernement américain) fut mentionné dans le synopsis de Aaron pour Trahison, je fus captivée par l’idée et elle s’est juste déroulée sur la page.
Et aussi malsain que cela puisse paraître, j’adore écrire Jacen. Je me sens mieux de savoir que toutes ces années passées à travailler avec des politiciens ont finalement trouvé une utilité.

RH : Lumiya est d’abord apparue dans les comic-books Star Wars (série Marvel), puis a fait un bond vers les romans. Qui a eu l’idée de la ramener dans les romans ? De quelle manière le vieux matériel des comic-books s’intègre-t-il dans l’univers Star Wars officiel ? Mon impression est que au cours de cette première époque, il y avait beaucoup moins d’attention prêtée à la continuité chronologie et ce genre de choses.

AA : Avant que Lumiya soit choisie, nous avions défini un personnage, le mentor Sith de Jacen, auquel on faisait référence comme étant « le sorcier ». A un moment donné, quelqu’un a eu l’idée de faire de Lumiya le sorcier, et ça a plutôt bien collé.

KT : Je crois que c’était l’idée de Sue Rostoni, en fait.

AA : La présence de Lumiya ne signifie pas que tous les évènements des comics peuvent être considérés comme une partie de l’UE actuel. Tout ne collerait pas.

KT : La continuité est un challenge permanent dans une franchise vieille de trente ans, mais tant que les gens restent sensibles à ça, se rendent compte des contraintes et que ce ne sera jamais parfait, et en font une fiction et pas une religion, alors on peut tous s’amuser. Lorsque la continuité importera plus que les histoires et les thèmes, alors la saga sera finie.

RH : Je sais que vous ne pouvez pas révéler de spoilers, mais peut-être quelques indices sur ce qui nous attend dans les derniers romans de la série LOTF ?

AA : Des indices sans spoilers ? C’est audacieux. Pourquoi pas ça : « Il y aura des pages. Des tas et des tas de pages. La plupart d’entre elles seront couvertes de lettres, et la grande majorité de ces lettres proviendront de l’alphabet romain. »
Aah. Maintenant je me sens mieux.

TD : Vous verrez à coup sûr d’énormes batailles spatiales et les traditionnels duels au sabrelaser.

KT : Boba ne va pas se découvrir un cœur d’or… Je peux vous dire ça.

RH : En plus de Star Wars, chacun de vous a aussi son ou ses projets. Comment maintenez-vous l’équilibre ?

AA : En travaillant tout le temps !

KT : Sur toute l’année, je partage mon temps à 50/50 entre le travail en lien avec une franchise et mes propres romans.

TD : J’ai tendance à travailler comme un fou sur un projet, avant de ressortir prendre l’air et plonger sur le suivant. J’ai entendu parler d’écrivain travaillant sur deux, voire trois, romans à la fois. J’ai du mal à imaginer comment – lorsque je suis au milieu d’un projet, j’ai bien du mal à penser à autre chose. Les appels restent sans réponse, le courrier s’empile, mes cheveux poussent…

RH : Troy, les cheveux longs vous vont bien ! Merci à vous trois d’avoir pris du temps pour répondre à mes questions avec tellement de patience et d’humour – que la Force continue d’être avec vous !



Parallèlement, le créateur de Mara Jade, Timothy Zahn, réagit aux évènements de Sacrifice

Il y a quelques semaines, une fan de Star Wars et de Timothy Zahn qui écrit un blog a eu la chance de se rendre à un « groupe de travail » (vite devenu une séance de discussion d’après elle) en présence de Zahn et de John Vornholt, un autre écrivain de romans fantastiques. Au cours de l’après-midi, elle a eu l’opportunité d’aborder avec lui le cas « Mara Jade » comme elle l’avait fait préalablement avec Karen Traviss au cours de Celebration IV (à voir sur le même blog).

Il nous a semblé approprié de relayer les réactions de Timothy Zahn en comparaison avec ce qui est expliqué dans l’interview ci-dessus.

« Non, ils (Del Rey) ne me l’ont pas dit. Je l’ai découvert trois mois avant la publication du livre, et uniquement parce que je l’ai demandé à un éditeur directement. Et personnellement, je trouve que ce n’est pas une manière de nous traiter comme ça, moi et mon personnage, et ils savent comment je l’ai pris. Ils auraient pu me le dire plus tôt et au moins me laisser une chance de parler pour la défense de Mara. Je pense qu’elle était un personnage bien trop utile pour la tuer, et je ne suis pas en faveur de la mort des personnages principaux de toute façon, spécialement dans Star Wars. Je ne pense pas que ce soit dans la nature de Star Wars. Je n’apprécie toujours pas la mort de Chewie. »

Interrogé sur la possibilité de travailler à nouveau avec Del Rey, il a répondu « Eh bien Del Rey sait à quel point je suis agacé par le sujet, et je n’ai pas entendu parlé d’eux depuis. Il est tout à fait possible qu’ils ne souhaitent pas collaborer avec moi. »

Et sur la possibilité d’écrire un roman sur la famille Skywalker, Zahn a répondu : « J’aimerais beaucoup. Comme je l’ai dis, ils ne m’ont rien demandé dernièrement, mais si je le pouvais ça serait un plaisir. »

Le blog en question est ICI.



Plus récemment, Timothy Zahn est revenu sur le sujet au cours d’une interview donnée sur TFN. En voici un passage.

Question : Lors de la récente série L'Héritage de la Force, deux personnages que vous avez créés, dont Mara Jade, sont morts. Puis-je me permettre de vous demander votre réaction ?

Timothy Zahn : Tout d’abord, laissez-moi vous rappeler qu’aucun écrivain n’a de droit sur les choses qu’il créé pour Star Wars. LFL possède tout, et ils ont le droit de tuer n’importe quel personnage. Ceci, encore une fois, est le risque, et le prix, que nous avons tous accepté en arrivant.

Ceci dit, pour des raisons un peu plus philosophiques, je ne suis pas d’accord, en particulier avec la mort de Mara (et que personne n’aille croire que c’est parce qu’elle est mon personnage, j’ai les même problèmes avec la mort de Chewbacca dans le NJO).

Pour moi, Star Wars c’est une histoire à l’ancienne sur le bien contre le mal, avec des héros affrontant des défis impossibles, traçant leur chemin avec de la sueur, du courage et du sacrifice, et qui l’emportent à la fin. Un des éléments de cela, c’est que les chefs des gentils sont en vie à la fin pour voir leur victoire.

Je dirais que les films eux-mêmes supportent ce point de vue. Si Lucas avait voulu tuer des personnages majeurs, Lando comme Han auraient pu mourir facilement dans le Retour du Jedi (en fait, je crois que Harrison Ford a demandé une scène comme ça à Lucas qui lui a refusé).

Je comprends qu’il y ait des situations où les personnages ont besoin de mourir pour que le scénario fonctionne. Obi-Wan, dans Un Nouvel Espoir, en est l’exemple.

J’entends aussi souvent l’argument que tuer des personnages majeurs est plus réaliste que les voir toujours s’en sortir sans égratignures. Bien sûr. Mais personnellement, je ne souhaite pas que ma fiction soit nécessairement réaliste, je veux qu’elle soit divertissante. Pour moi, ça signifie permettre à des personnages auxquels je tiens de s’engager puis sortir de situations difficiles, travailler et réfléchir ensemble afin de battre les méchants. Tandis que certains auteurs (et lecteurs) aiment la tension liée à l’incertitude sur qui va vivre et qui va mourir, je préfère la tension de voir comment les héros vont se sortir de chaque situation difficile ou impossible dans laquelle ils se trouvent. Si je veux du réalisme et la mort de personnes à qui je tiens, je mets les infos.

Bien sûr, ça ne concerne que moi. Il se pourrait très bien que le lectorat ait changé au cours des années (le mot « maturité » est souvent objecté à ce moment là), et ne veuillent plus du genre de romans que j’écris. Si c’est le cas, ainsi soit-il. Ils continueront à acheter et lire les nouveaux romans Star Wars et les dinosaures comme moi disparaîtront tranquillement.

Je pense aussi qu’avec le background de Mara, elle était trop utile comme personnage pour être éliminée. Mais encore une fois, ce n’est peut-être que mon avis.

Vous avez parlé des choix d’écriture plusieurs fois. Avez-vous eu des contacts avec l’équipe de L'Héritage de la Force ? Je sais que par le passé, vous aviez une bonne relation de travail avec Mike Stackpole, et j’ai entendu que Kathy Tyers, qui a écrit Point d’Equilibre, vous a demandé de regarder ses scènes pour voir si elle avait bien cerné le personnage.

TZ : Je n’ai eu de contact avec personne. En fait, je ne savais même pas que Mara était condamnée à mort jusqu’à trois mois avant la sortie du livre, quand j’ai fini par poser la question directement à l’éditeur.

Mais oui, Mike Stackpole et Kathy Tyers étaient sympas de me laisser valider leur utilisation de mes personnages. C’est parfois difficile de bien cerner le personnage de quelqu’un d’autre, c’est pourquoi j’ai évité d’en utiliser d’autres excepté ceux de Mike, qu’il a aussi validé pour moi, et encore le plus souvent pour des caméos.

En présumant que les lecteurs n’aient pas changé (et je ne pense pas que ce soit le cas)... Y a-t-il des histoires Star Wars que vous aimeriez raconter ? Vous avez dit à un moment que vous aimeriez faire une histoire sur la famille Skywalker avec Luke, Mara et Ben.

Egalement, j’ai compris que vous aviez trouvé la storyline pré-planifiée du Nouvel Ordre Jedi un peu restrictive. Je crois que vous avez dit par le passé que vous aimeriez faire une histoire détaillant la guerre entre l’Empire de la Main et les Yuuzhan Vongs ?

Sur un point éventuellement en relation, je crois que vous avez une courte histoire sur le ré-engagement du Baron Fel avec l’Empire qui fut écrite il y a plusieurs années. Une chance qu’elle voit le jour ?


TZ : Il y a pas mal d’histoires Star Wars que j’aimerais raconter, y compris celle sur la famille Skywalker, un peu plus d’histoires du passé de Thrawn et Mara, et d’autres aventures sur les stormtroopers de l’Empire de la Main. Il y a aussi pas mal de points de détails que j’ai mis dans des romans et que je n’ai jamais exploité, comme Lando et Mara préparant le terrain pour la recherche de Car’das par Karrde auquel j’ai fais allusion dans Vision du Futur.

Pour l’histoire sur le ré-engagement du Baron Fel, Mike Stackpole et moi avons produit une histoire en six parties pour un comic-book, reformaté en quatre parties, et que l’on n’a finalement jamais pu vendre. Les deux versions attendent toujours dans nos disques durs respectifs cependant, donc un jour ça pourrait arriver.
6. Aaron Allston pour la sortie de Fury
 
Après la sortie de Fury, Aaron Allston a souhaité apporter quelques éclaircissements (sur le forum du site officiel) à certains passages de son dernier roman soulevant de nombreuses questions.

« On dirait qu’il y a pas mal de confusion par rapport au sort de Tycho à la fin de Fury, mais la réponse est bien là, à la fin de la page 350 : le Général Celchu est à l’unité médicale, récupérant d’une rafale paralysante. »

« Caedus a tué Tebut, non pas car il le trouvait incompétent ou parce qu’il pensait que c’était un traître, mais parce qu’il avait besoin de tuer quelqu’un pour évacuer sa rage. La question qui vient alors c’est : combien de personnes Caedus a besoin de tuer pour se calmer ? Son comportement ensuite, faisant des efforts pour retrouver son sang-froid, indique qu’il n’a pas été jusqu’à l’unité médicale s’en prendre à Tycho, et donc, bien que ce ne soit pas explicité ensuite, que Tycho est toujours vivant. »

« Certains fans semblent penser qu’il y avait deux points de vue, celui de Jacen et celui de Luke, alors qu’en réalité il y en avait un troisième : celui de Niathal. Tycho était en mission pour l’Alliance Galactique (et donc pour Niathal) et malgré ses liens avec Wedge et Luke, il devait accomplir sa mission, c’est ce qu’il a fait en tentant de prévenir l’Anakin Solo. Et vous pouvez être sûr que Wedge, lui aussi un vétéran, comprendrait cela, et qu’il n’y aura pas d’animosité la prochaine fois qu’ils se rencontreront. »

« La signification de la plupart des fanions est dérivée de déclarations faites par des Sith, ou à propos des Sith, dans les films ou l’UE tout au long des années. Fréquemment, leur formulation a été modifiée pour les rendre plus ambigus ou plus directement applicables à Jacen. Il est important cependant de ne pas leur donner trop d’importance. C’est une sorte de McGuffin comme on en trouve dans les films d’Hitchcock, un objet qui met en route l’action sans avoir d’autre but et qui peut donc disparaître et être oublié ensuite. Les fanions servent cet objectif avec Lumiya. L’objectif pour elle était de les utiliser pour décider si Jacen avait suffisamment d’éducation pour déterminer leur pertinence et comprendre, ou apprendre rapidement, leur signification. Dès lors que la réponse fut oui, Lumiya savait que Jacen était un bon candidat et les fanions pouvaient, et devaient, être oubliés. »
7. Troy Denning et Sue Rostoni pour la conclusion de LOTF
 
Troy Denning et Sue Rostoni se sont expliqué auprès des fans sur le forum du site officiel à propos de certains points de la conclusion de la série. Merci au blog Not many Bothans died to bring us this Blog... pour le super boulot de synthèse.

En préambule, Denning précise :
Troy Denning : Normalement, je laisse les histoires parler d’elles-mêmes, et je vais continuer. Cependant, j’ai noté qu’il y avait des réactions importantes à Invincible, donc je vais essayer d’apporter des explications.

Question : Pourquoi Invincible était si court ?

TD : Il ne m’a pas semblé court, il fait 105 000 mots, à peu près la même longueur que mes autres romans SW. Mais pour être franc, la taille du livre est la dernière chose à laquelle je pense. En fait, j’essaie de dire ce que j’ai à dire avec le moins de mots possibles, essayant ainsi de rendre le livre plus intense. Si j’avais inclus tout ce que j’ai coupé, le roman aurait été beaucoup plus long, je ne suis pas sûr que tout le monde m’aurait remercié pour ça. L’autre raison pour laquelle ça a l’air court, c’est le focus resserré de l’action. C’est à propos de Jaina chassant Jacen, et il est advenu que seulement 105 000 mots étaient nécessaires pour cette histoire.

TD : Très tôt dans le processus d’écriture, c’est devenu évident que j’avais des choix à faire : écrire quelque chose de très large couvrant l’intégralité de la guerre, ou écrire une histoire resserrée sur Jaina pourchassant son frère. C’était impossible de faire les deux, couvrir l’ensemble du conflit impliquait d’être fréquemment loin de Jaina et Jacen. Etant donné que toute la série tournait autour des relations entre Jacen et sa famille et que Revelation nous avait amené sur une histoire resserrée, pour moi le choix était clair.

Q : En tant que fan de longue date de Jacen et Jaina (j’ai grandi avec eux), je voulais une réunion dramatique et triste quelle que soit la conclusion de leur duel. Ce qui s’est passé dans le roman apparaît un peu plat.

Sue Rostoni : Oui, je suis d’accord, ce n’était pas rempli de pleurs. Jacen n’en était plus au stade où il était prêt à accepter la responsabilité de ses actions. Je ne pense pas qu’il était techniquement fou, mais son pouvoir avait altéré son raisonnement certainement. Je ne pense pas qu’il existait une possibilité pour qu’il s’assied, discute avec Jaina et reconnaisse s’être trompé.

TD : Ca me surprend que vous pensiez que le livre manque d’émotions. Cependant, la question est « pourquoi Jaina ne craque pas et pleure un bon coup durant et après le combat ? » La réponse est simple : parce que ça lui aurait coûté la vie. Assez simplement, elle ne pouvait pas se laisser aller tant que le boulot n’était pas fini, car laisser aller ses émotions signifiait hésiter et si elle hésite, elle se fait tuer. Je pensais que son état d’esprit était clair mais à la fin, quand Jag la trouve, pour moi elle est brisée.

Q : Pourquoi avoir coupé la réaction émotionnelle des principaux personnages ? Jacen est mort, on peut continuer et l’oublier ? Au final, on a quinze pages pour voir la réaction des personnages, la plupart passées avec Jaina.

SR : Il nous a semblé que la plupart des lecteurs n’avaient pas aimé la manière dont on avait géré les morts de Chewie et Anakin. On a donc décidé d’épargner les lecteurs. Et beaucoup de personnes aiment porter le deuil en privé.

Q : Les lecteurs ont besoin de se sentir proches des personnages, et c’est difficile avec un père qui perd son seul fils survivant et semble ne pas porter le deuil.

SR : Je comprends votre point de vue. On voit bien la douleur de Han, Leia et Jaina dans Legacy à partir du moment où Jacen devient Caedus. Ils portent le deuil depuis un moment lorsqu’ils perdent physiquement leur fils. Cependant, c’est noté et nous verrons ce que James Luceno peut faire dans Millenium Falcon.

Q : Pourquoi n’a-on pas plus de réactions des personnages aux évènements (Boba sur la nano-tueur, Tenel Ka sur l’abandon d’Allana) ?

TD : En premier lieu, c’est lié au focus sur Jacen et Jaina. Les seuls points de vue sont ceux de Jaina, Han et Ben. Donc ce n’était pas possible de montrer la réaction de Boba par exemple. Cependant, par l’intermédiaire de Jaina vous avez les réactions des autres personnages. Avec Han, vous voyez la réaction de Leia.

Q : J’ai l’impression que la conclusion de la série est venue sur le tard plutôt que d’avoir été planifiée longtemps à l’avance. Les thèmes et conflits qui ont attiré les lecteurs au départ ont été mis de côté au fur et à mesure.

SR :Il faut reconnaître que le processus d’écriture est mouvant et parfois, des possibilités apparaissent en cours de route, c’est une bonne chose.

Q : L’idée de Daala comme Chef d’Etat est-elle venu de l’équipe, ou Denning y a-t-il pensé seul ?

SR : C’est sorti d’une de nos conférences. La galaxie a besoin d’unité à ce moment, et Daala est la seule que toutes les factions accepteront. Elle est intelligente et s’est assouplie avec l’âge. Ce n’est pas une idée tirée par les cheveux et ça a du sens du point de vue des personnages.

TD : Je pense que la nomination de Daala aurait mérité plus de préparation ou un chapitre se concentrant sur les motivations des protagonistes par rapport à sa nomination (rappelons qu’elle n’est pas élue). Cependant, en écrivant, je ne voulais pas m’éloigner de l’action principale, maintenant je me dis qu’un petit détour par Daala aurait fonctionné aussi.

Q : Niathal, très présente pendant la série, est curieusement absente dans Invincible. Y a-t-il eu une partie du scénario coupée par l’éditeur ?

SR : Non, il n’y a pas eu de coupe. Elle n’a pas de rôle central, il y avait déjà beaucoup de choses à raconter et Niathal s’est retrouvé un peu en marge.

Q : Les Impériaux ont lâché un nano-tueur sur l’ADN du Clan Fett, comment cela va-t-il affecter les clones survivants du Clan Skirata et leurs descendants ?

TD : D’abord, tout ce que je vais dire est uniquement de la conjoncture. Quand ou si quelqu’un écrit une histoire post-Invincible là-dessus, ce seront ses choix qui prévaudront. Ceci dit, je pense que les clones eux-mêmes ont un risque puisque leur ADN est identique à celui de Fett. En revanche, leurs descendants n’ont pas de soucis puisque le nano-tueur est calibré sur l’ADN de Mirta qui intègre celui de sa mère, ce qui n’est pas le cas des enfants de clones.

Q : Pourquoi Jacen accepte l’utilisation du nano-tueur alors que même Vergere était contre Alpha-Red. Jacen est-il devenu pire que Vergere ?

TD : Je pense qu’Alpha-Red attaquait tout le monde sans discrimination alors que le nano-tueur est très ciblé.

Q : Pourquoi était-il nécessaire que Zekk soit perdu ? Ce n’est pas une critique mais je ne comprends pas de quelle manière ça sert l’histoire de LOTF ou le futur.

TD : Basiquement, chaque quête a besoin d’un grand sacrifice, et Zekk était le sacrifice de Jaina pour atteindre Caedus. Ensuite, je ne pouvais pas me résoudre à tuer Zekk, c’est un de mes personnages favoris. Ou alors, peut-être était-ce Sheely et Sue…

Q : J’ai bien aimé l’utilisation de la technique du point de rupture sur les objets. Jacen l’utilisant sur le beskar, c’était parfait. Comment vous ait venu l’idée ?

TD : Je suis un fan de Point de Rupture (le roman) et j’aimais bien l’idée qu’il y ait un point de rupture pour les situations impossibles. J’avais besoin d’une compétence comme celle-là et je ne voulais pas inventer un nouvel usage de la Force alors qu’un ancien fonctionnait. Il y aussi la question de savoir pourquoi Jaina apprend la technique alors qu’elle ne l’utilise pas. En fait, dans les premières versions, Jaina l’utilisait pour blesser Jacen sérieusement, mais ça faisait vraiment « point-de-rupture ex machina » donc je l’ai coupé.

Q : Avec des fils désormais morts en étant des Jedi, est ce que la relation entre deux amis de longue date peut changer ?

SR : Je pense que Han sait que ce qui s’est passé n’est pas à reprocher à Luke.
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