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Rogue One
Fiche | Les critiques presses | Bonus | Galerie
Rogue One
 
  • Année et période -1 (Empire)
  • Groupe Star Wars Stories
  • Date de sortie (USA) 16/12/2016
  • Date de sortie (France) 14/12/2016
  • Réalisateur Gareth Edwards
  • Producteur(s) Kathleen Kennedy
  • Acteurs principaux Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Donnie Yen, Jiang Wen, Forest Whitaker, Mads Mikkelsen, Alan Tudyk, Riz Ahmed
  • Synopsis : Les Star Wars Stories sont dédiés à des personnages et à des évènements par-delà de la saga Star Wars centrale. Rogue One : A Star Wars Story est centré sur un groupe de résistants qui s'unissent pour une mission audacieuse de vol des plans de l'Etoile de la Mort, et pour apporter un nouvel espoir à la galaxie.
  • Note du staff SWU
     (86 % - 5 commentaires)
  • Note des internautes
     (84 % - 23 commentaires)
  • 13/12/2016
     (91 %)

    Rogue One : A Star Wars Story... Je ne sais pas si c’est utile mais je précise que mon visionnage du film s’est fait en IMAX 3D VOSTFR. 

    Préambule

    Je ne sais jamais vraiment comment critiquer un film, enfin si je sais mais si je voulais le faire j’écrirais littéralement un petit roman. Il faut parler de l’histoire, des acteurs, des décors, des costumes, des effets spéciaux, des CGI, de la réalisation et donc du réalisateur, et de la musique. Je vais donc éluder rapidement les quelques domaines que je ne maîtrise pas.

    Les acteurs sont tous très bons dans leur rôle, ils apportent tous un petit quelque chose. On a pour une fois l’impression que la galaxie est vaste et que même les humains qui y vivent sont différents les uns des autres, ils ont tous un accent particulier car finalement ils viennent de planètes différentes. J’ai toujours du mal à faire attention à la musique, mais de ce que j’ai retenu ce n’est pas la musique d’un Star Wars, ce qui tombe très bien car ce n’est pas un épisode numéroté de Star Wars. Il y a des échos aux grands thèmes mais aucun n’est repris dans son ensemble ou de manière trop bruyante : ils sont là mais en fond sonore très diffus. Les décors, costumes et effets spéciaux en tous genres sont excellents et ils le sont pour une bonne raison : ils donnent un côté « sale » au film ce qui colle parfaitement à son ambiance sombre, chaotique, triste et tragique. C’est même encore plus sale que dans la trilogie originale qui avait déjà un côté propre (encore plus présent dans la prélogie), Disney, bon enfant. On ne s’inquiétait jamais pour nos héros naïfs, courageux, idéalistes... Quand on fait la même chose, avec des héros tourmentés, ça change tout.

    La réalisation Gareth Edwards

    Depuis Monsters je suis un fervent défenseur et adorateur de Gareth Edwards. Lors de l’interview que nous avons faite de lui, il nous a parlé des décors à 360°, de la caméra à l’épaule, du côté documentaire et film de guerre ; aucun doute, son pari est réussi. Ce n’est pas un Star Wars classique qu’il nous livre, et c’est tant mieux : grâce à ça, on a le temps de se reposer entre deux productions aseptisées Disney, ce qui nous permettra d’aimer davantage l’Episode VIII. Edwards va au-devant de ses acteurs, on voit littéralement la caméra bouger, et on ne décèle presque jamais l’utilisation de trépied ou de grue. Bien qu'il utilise des décors grandioses, la réalisation est très intimiste, presque intrusive par moment. Il nous file la chair de poule et nous donne une empathie impressionnante pour certains personnages. Le tour de force c’est qu’on réalise qu’on éprouvait cette empathie alors qu’il est déjà trop tard.

    En allant au-devant de ses acteurs il nous signe donc un film documentaire de survie intimiste comme il l’avait fait pour Monsters pour finalement bifurquer sur le film de guerre comme il l’a fait pour Godzilla. D’ailleurs il faut noter que comme pour Godzilla et Monsters,on voit toujours la menace, la destruction et la mort de loin. Parfois, elles ne nous sont carrément pas montrées directement. Sur le coup, j'ai pensé que c’était le côté Disney, pour ne pas choquer, mais en y repensant je me rends compte que j’avais tort : ça peut aussi être ça, une approche plus subtile. Il nous montre ces événements à la fois du point de vue impérial, qui est indifférent et n’a cure des tueries de masse, mais aussi du point de vue d'un film de guerre et d’histoire. Dans les livres, il n’y a pas de photo de la destruction d’Hiroshima du point de vue d’Hiroshima, de la mort d’Hitler ou des chasseurs de Pearl Harbor. Cela nous a été relaté, ou cela a été vu de loin c’est donc reproduit ici. Pas pour éviter de suciter des sentiments chez nous, mais au contraire pour les accentuer en montrant que c’est un jour comme les autres au sein de l’Empire et que la petite bande de rebelles est insignifiante à leurs yeux. Les deux seules fois où il nous montrera de tels éléments de près, c’est parce qu’un autre personnage les vit et sera changé en les vivants ; c'est donc pour servir l’histoire. 

    C’est un tour de force audacieux auquel on adhère ou pas. Si vous aimez le film, parce qu'il est différent des autres Star Wars, sans doute apprécierez-vous cette technique. Le reste de votre approbation venant bien évidement de l’histoire …

    Rogue One, THE Star Wars Story

    Ne cherchez pas, vous ne devinerez pas comment se finit le film. Pour être franc, j’avais imaginé une fin légèrement comme celle-ci, avant de me dire « Non, y a aucun moyen que ça marche et que ce soit raccord avec l’Épisode IV »... Eh bien si ! Et pourtant on le savait :

    It is a period of civil war. Rebel spaceships, striking from a hidden base, have won their first victory against the evil Galactic Empire. During the battle, Rebel spies managed to steal secret plans to the Empire's ultimate weapon, the Death Star.

    Les mots-clés étaient là, mais on a refusé de le voir. Mais Lucasfilm, lui, les a vus et suit cette directive prophétique à la lettre ! Bon, avant d’arriver à la fin, il faut parler du thème du film qui est finalement le même que celui de la trilogie et de, je pense, la postlogie : la rédemption. Pour ça, aucun doute, nous sommes dans un Star Wars. Mais là où la saga principale s’attarde sur la rédemption de membres de la famille Skywalker/Solo, ici, chaque personnage, figurant ou non, doit racheter ses fautes ou ceux de son père. C’est en ça que le film est très sombre et tragique car chaque héros, du pilote impérial qui regrette sa loyauté à l’Empire au rebelle qui regrette ce qu’il a dû faire en tant qu’espion est tourmenté. Donc oui, avant le film, malgré le texte de l’Épisode IV, nous ne savions pas comment il finirait, et pendant le film, malgré le thème de celui-ci, on ne le devinait pas forcément plus, ou on le refusait.

    Dans son ensemble, le film est long à démarrer, mais c’est nécessaire vu le grand nombre de personnages à introduire. Edwards, comme il l’avait dit dans l’interview, a essayé de caser le plus de choses possible de ses films Star Wars préférés et ça se voit, il y a des allusions et des clins d’œil partout ! Des personnages qui reviennent juste en figurant, d’autre qui sont mentionnés dans un haut-parleur (Je ne sais pas encore ce que je dois penser de la grosse référence à Rebels…). Ça peut être lourd par moment, mais en réalité on ne peut pas lui en vouloir : à sa place on ferait exactement la même chose, on en ferait peut-être même plus. Et puis ici c’est fait de manière directe pas comme avec le Réveil de la Force qui le faisait de manière indirecte en copiant le schéma narratif de l’Épisode IV. Le seul problème étant : cela cause-t-il des incohérences ?

    Les défauts

    Il y en a peu, très peu. Personnellement j’ai noté deux incohérences, une avec le roman Tarkin qui peut trouver sans problème une explication et une autre liée au fait qu’Edwards a voulu mettre trop de clins d’œil. J’attends de revoir le film mais je vois déjà les haters s’appuyer sur ce problème pour critiquer le film alors qu’il s’agit de cinq secondes de film absolument pas représentatives de l’ensemble. Finalement, on apprécie davantage le roman Catalyst après visionnage. Je serais même tenté de réhausser ma note. J’avais raison dans ma critique dudit livre : des fois, en voyant des éléments dans le film, on pense : « ça je le savais déjà » ! Un dernier défaut, Edwards a décidé, comme dans tous les films de guerre, d’écrire le nom de la base et de la planète à chaque fois qu’il en introduit une nouvelle. À chaque fois ? Non, il y en a une dont on aimerait vraiment voir le nom pour être sûr que c’est celle à laquelle on pense mais il n’est pas renseigné… C’est frustrant car je crois qu’en plus c’est un bâtiment présent dans The Clone Wars, on attendra la novélisation vendredi pour en savoir plus.

    On pourrait dire que ces noms de planètes remplacent le texte défilant, bien que la petite phrase « Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine » soit présente. D’ailleurs, même là le film se démarque en jouant magnifiquement sur les codes, la scène d’ouverture du film se fait bien dans l’espace avec un triangle crevant l’écran, mais on est dans un spin-off donc il ne faut pas que ce soit le copycat des ouvertures des autres films. Le triangle n’en est pas un, bref vous verrez ;)

    Une fin : WHAOU !

    Je sais le paragraphe du dessus s’appelle défauts mais le plus gros défaut du film a sa place ici : un très grands nombre de scènes, et surtout des scènes finales, présentes dans le trailers, bande annonces, making-of ne sont pas présentes dans le film. C’est très frustrant car vu comment le film se déroule, en se souvenant de ces scènes, on a une idée de la fin, mais je vous rappelle que des reshots ont eu lieu et je pense que ces reshots ont radicalement changé la fin car deux scènes très marquantes des teasers sont absentes du film mais surtout ne peuvent s’y dérouler. Encore une fois les pistes sont brouillées pour pas qu’on ne devine rien, mais mon Dieu que c’est frustrant, moi qui voulait voir cette scène de Jyn courant au ralenti sur la plage ou celle de Krennic et des stomtroopers les pieds dans l’eau des Maldives je suis déçu ! Mais grâce à ça, on a un final auquel on ne s’attendait pas, grâce à ça on a LA bataille spatiale de Star Wars (bon Endor reste ma préférée), grâce à ça on assiste à l’acte stratégique le plus fou des films Star Wars et mon Dieu que c’est jouissif juste qu’à la dernière seconde sur Scarif (Que j'ai aimé la symbolique, résumant entièrement le film, de la dernière scène où apparaît Krennic !). 
    Et quand c’est fini et que la poussière et l’eau retombent, Rogue One passent le flambeau symbolique. La rédemption des uns devient celle déjà bien connue d'un autre dans les épisodes numérotés de Star Wars. Les dernières minutes du film n'appartiennent plus à Rogue One, mais au personnage masqué qui en fera la suite. 

    Finalement, dans la course haletante de fin de film, on est estomaqué en découvrant où l'on est, on se dit que la boucle est parfaitement bouclée et on vole après le chaos et la tragédie de ce film en direction d’Un Nouvel Espoir pour la galaxie. 

  • 15/12/2016
     (90 %)  •  Langue : VF
    C'est un très bon film, bien meilleur que TFA. Là où Disney (et JJ Abrams était parfait pour ça) a voulu faire avec TFA un film bien policé comme il faut, complètement lisse sans rien qui dépasse, juste pour faire plaisir aux fans (aux fans de tous bords, mon intention n'est pas de rentrer dans un débat prélo/trilo, j'aime tout), ils ont décidé cette fois-ci de lâcher la bride à Edwards, et de lui laisser faire ce qu'il voulait.

    Le pari est réussi, haut la main. Toujours à comparant avec TFA (qui va pour moins être de plus en plus pâle et insipide à côté de Rogue One), on a droit à du vrai Star Wars, avec une véritable innovation visuelle (qu'il aurait pourtant été plus facile de faire coller avec l'époque à lauqelle se déroule TFA) et de nouvelles planètes originales (que ce soit Scarif, Eadu ou encore la magnifique station Impériale dans un anneau planétaire au début), de nouveaux vaisseaux qui innovent (pas comme la vulgaire navette de Kylo Ren qui n'est qu'une repompée des navettes Impériales), et la liste serait longue (mais par exemple, le générateur de bouclier de Scarif).

    Les clins d'oeil à de nombreuses oeuvres font plaisir (et c'est très bien qu'il n'y en ait pas que pour les fans des films, ça leur montre qu'il y a autre chose^^) comme par exemple le Ghost, le "Capitaine Syndulla", le vaisseau Hammerhead (certes réintroduit par Rebels dans l'UEO mais créé à la base dans KotOR), et les petites allusions à l'UEL. Le caméo de R2 et 3PO fait un peu forcé, mais est sympathique, ceux des persos de la prélo ou de l'OT sont bien trouvés.

    Niveau scénario, j'avais très peur d'un effet Disney et d'une fin à l'eau de rose, avec une explication alambiquée pour expliquer la survie d'un ou plusieurs membres de l'équipe, et je suis hyper heureux de m'être complètement trompé ! Comme cela a été dit, les différentes morts sont très bien amenées, bravo !

    Enfin, pour finir sur les points positifs, quelle extase devant la dernière scène avec Vador ! On retrouve le Anakin impitoyable et froid de ROTS, ça fait plaisir ! Et je n'ai pas été gêné par les apparences de Tarkin et Leia, à vrai dire j'ai découvert qu'ils avaient été faits numériquement hier soir après le film :transpire:


    Au rang des points négatifs maintenant :
    - comme pour TFA, la BO ne m'a pas marquée après un seul visionnage. A réécouter donc...

    - le film souffre d'un gros problème de développement des personnages (problème dû à leur nombre) : seuls Galen, Jyn, Cassian et un peu Chirrut s'en sortent, les autres sont anonymes. Même Krennic n'arrive pas à montrer la froideur dont il est pourtant capable (cf ce que je dis en topic Litté sur Catalyst)

    - le début du film est à la fois rapide dans l'enchaînement des actions et long dans la mise en place, mais c'est un défaut mineur :neutre:


    Au final, c'est donc un très bon film, j'en redemande davantage comme ça, et j'espère que Disney laissera les équipes se débrider pour l'épisode VIII, et pas uniquement pour les spin-offs !
  • 21/12/2016
     (90 %)  •  Langue : VF
    Après un Réveil de la Force que j'avais trouvé franchement décevant car beaucoup trop copié d'Un nouvel espoir, voilà le premier spin-off de la franchise. Dire qu'il était attendu au tournant et que beaucoup de choses dépendent de son succès (ou non) seraient formuler des évidences. Je vais le dire d'entrée de jeu : le film réussit son pari, et d'une fort belle façon ! :oui:

    Rogue One réussit l'exploit d'être à la fois un film de la saga Star Wars, mais se détache à la fois visuellement et scénaristiquement des Épisodes classiques de la série. Visuellement d'abord : si on retrouve le « Il y a bien longtemps... » classique, l'absence de texte déroulant ou les noms et fonctions des planètes apparaissant à l'écran distinguent le dernier-né du studio Lucasfilm de ses prédécesseurs. Bien sûr, on retrouve l'environnement sonore, les vaisseaux, les planètes, le contexte, bref on est du Star Wars mais on sait, aussi, que ce n'est pas le Star Wars habituel. Bon point, donc.

    Scénaristiquement, ensuite. Le film est dur, très dur. Et sombre. L'humour est présent, certes, notamment par le biais du droïde K2-SO, mais globalement, il n'y a pas de personnages comme Han Solo, Finn ou Poe, des personnages pouvant être graves mais toujours adeptes du bon mot. L'ambiance est à la limite du désespoir, l'intrigue complexe, les personnages nombreux et fonctionnant bien ensembles. L'Empire est puissant, surpuissant, et on sent clairement la situation à la limite du désespoir que vivent les Rebelles lorsqu'ils apprennent l'existence de l’Étoile de la Mort. Du coup, cela justifie d'autant plus le titre du prochain film, Un nouvel Espoir. Un nouveau bon point. :oui:

    Justement, comment le film s'insère-t-il dans la chronologie de la série ? Là encore, Gareth Edwards et l'équipe du film ont bien travaillé sur le sujet : absolument tous les personnages connus de l'époque sont là. Qu'ils viennent de l’Épisode III ou de l’Épisode IV, le film est un festival de caméos, de guest-stars, de références à des personnages, jusqu'à la toute dernière scène, absolument parfaite et qui vient clore le film d'une façon exceptionnelle et qui ne donne qu'une envie : celle de revoir Un nouvel espoir, très vite !

    Les personnages qui donnent leur nom au film, à présent. Tous les personnages sont campés à la perfection, les acteurs font un très bon travail, notamment Felicity Jones – qui porte le film à bout de bras – et un superbe Diego Luna. Mais ils ne sont pas les seuls ! Que les acteurs soient connus ou non, ils se mettent tous au service de leur personnage – notamment Madds Mikkelsen ou Forest Whitaker, dont on oublie finalement qu'ils sont connus et qu'on les a vus dans d'innombrables autres films ou séries. Encore une réussite. :oui:

    La musique, enfin. Michael Giacchino s'est retrouvé aux commandes de la BO et n'a eu que quelques mois pour composer la musique... mais cela ne se ressent pas lors du visionnage du film. Si aucun thème ne reste en tête à la sortie du film (il n'y a pas de « hit » comme la Marche Impériale, Duel of the Fates ou le thème de Rey, par exemple), plusieurs morceaux sont superbes, émouvants, se basent parfois sur des variations de thèmes connus de la saga mais pas toujours. Giacchino réussit à donner envie d'écouter la BO, bravo !

    Alors bien sûr, le film n'est pas parfait, loin s'en faut.

    En effet, le long-métrage souffre de quelques erreurs de montage assez étonnantes :perplexe: (la première scène de Felicity Jones, notamment), certains caméos manquent réellement de subtilités et surtout, les nouveaux personnages. Les acteurs sont tous très bons mais les personnages, eux, au-delà des deux-trois traits qui les caractérisent, n'évoluent pas. C'est dommage... Saw Guerrera, également,dont on se demande finalement à quoi il sert : il n'apporte finalement pas grand-chose à l'intrigue, mais est excessivement présent. Son passé avec Jyn aurait mérité d'être davantage développé. Krennic, enfin, est un méchant finalement peu développé, et qui fait pâle figure, coincé entre Tarkin (tiens, curieux de voir si les effets spéciaux le concernant vont bien vieillir) et Vador... :neutre:

    Mais au milieu de tout cela surgit le dernier acte du film, situé sur Scarif. Et alors là, tout s'enchaîne, tout s'emballe, tout est là : une bataille à la fois spatiale et atmosphérique, au corps-à-corps, où la mort est partout et fauche les vies les unes après les autres, qu'elles soient Rebelles ou Impériales. Un dernier tiers du film absolument magistral, qui prend aux tripes, qui ne peut qu'émouvoir même les plus blasés d'entre nous. Et lorsqu'on croit que c'est terminé, qu'enfin les plans sont en sûreté, vient alors une scène qu'on a tous rêvé de voir, et qui se déroule enfin, là, sous nos yeux. Quel talent ! :love:

    Rogue One est donc une indéniable réussite. Si les quelques défauts que j'ai pu citer plus haut l'empêchent d'atteindre l'excellence, le long-métrage réussit l'exploit de compiler nouveautés et fidélité à la trilogie, à la prélogie, aux séries animées, et même à faire un clin d’œil à l'UE Légendes ainsi qu'aux premiers concept-arts du Retour du Jedi ! Si c'est pas beau, ça !

    Note : 90%
  • 23/12/2016
     (60 %)  •  Langue : VO
    Rogue One : Ce n'est pas ce Star Wars là que je recherche

    Impatience est un mot faible pour décrire ce que je ressentais dans l'attente de voir le film. Les premiers retours si enthousiastes n'ont fait qu’accroître tout cela, et le jeudi soir 18h paraissait bien loin. Cette fois c'est bon, on s'installe, les conditions sont optimales pour découvrir un nouveau Star Wars, VO, 2D, plein centre de la salle.

    L'ouverture du film se déroule, un prologue, un logo un peu moche, et tout s'enchaîne jusqu'à la bataille finale et cet épilogue... La générique s'enclenche. "Alors ?" "Je n'ai pas aimé".
    Je n'en reviens pas moi-même mais pour la première fois, un Star Wars m'a laissé complètement froid en sortant du film.

    Pourquoi ? Comment ? Difficile à décrire, j'ai mis du temps avant de vraiment mettre le doigt dessus, mais, en vrac les choses que je n'ai pas apprécié à la première vision :
    - Un prologue bien long et un peu cliché
    - Des clins d'oeils trop forcés (cantina)
    - Saw Gerrera, un personnage autour duquel on fait monter la pression jusqu'à sa première apparition, complètement ridicule. Je déteste l’interprétation de Forest Whitaker que je trouve surjoué à mort.
    - Une première apparition de Vador sans prestance. On dirait vraiment un cosplay :paf:
    - Le retour de Tarkin. CGI qui m'ont fait sortir du film à chaque apparition
    - Des idées/concepts sous-exploités (le compartiment des "AT-AT" pas illustré par ex.)
    - I'm One with the Force. The Force is with me. bonne idée, mais le côté prière frénétique m'a dérangé
    - bataille finale trop frénétique (pas le temps d'apprécier les chorégraphies)
    - Epilogue horrible avec Leia :paf:

    Je ne liste que les points négatifs parce que je n'ai retenu que ça en sortant du film. A mon grand regret. Pour cette raison j'ai attendu de le revoir. Je n'ai pas été transporté par cette épopée, et impossible de m'attacher aux personnages à part K-2, magistral.

    Et ensuite ?

    Rendez-vous au mk2 avec toute l'équipe SWU. On a discuté avec les concepteurs créatures et l'animateur de K-2 notamment. On a bien vécu toute la journée dans Star Wars. La salle est pleine, et on repart pour une séance. Mon état d'esprit est tout autre, et le mode d'ordre est "essaye de profiter".
    Le bilan est simple. J'ai passé un bon moment, les personnages ont plus de choses à dire que ce que je pensais, le rythme est rapide mais équilibré, et les CGI des revenants passent mieux (je soupçonne tout de même des réglages d'image légèrement différent de mon premier ciné).

    L'heure du bilan pour Rogue One ?

    C'est définitivement un spin-off, une histoire, un one-shot un peu bourrin. Si je ne l'ai pas apprécié la première fois, c'est simplement que malgré tous les ingrédients Star Wars, ce film ne correspond pas à l'image que je me fais de cette saga. L'impact émotionnel, l'aventure, le cheminement des personnages est trop éloigné de ce que j'aime dans ces films. Même si j'étais évidemment au courant que cela allait être différent, inconsciemment je m'attendais à retrouver tout cela. Erreur ?
    L'implication direct, "au coeur de l'action" vantée par les équipes de Lucasfilm ont eu tout l'effet inverse sur moi, j'ai vécu le film avec un détachement étrange. Pourtant la mise en scène est impeccable, la musique plutôt sympa, les personnages quand on s'y attarde sont bons (mais le film ne le permet peut-être pas assez)...
    Que les foudres s'abattent sur moi, mais je vois le film comme une pure réalisation de fan. Il y a toutes les ficelles "qu'on attendait", une bataille de fou, un Vador épique, des liens très forts avec le reste de la saga, de nouveaux environnements/vaisseaux/personnages, mais il manque la magie qui fait pour moi, tout la différence avec un épisode numéroté.
    Rogue One est indéniablement un bon film dans son genre. Mais il manque quelque chose pour que je le considère comme une complète réussite dans le cadre de Star Wars. Un bon amuse-bouche, mais qui manque un peu de saveur.
  • 06/01/2017
     (97 %)  •  Langue : VF

    Un film Star Wars, ce n’est pas rien. Ça porte des espoirs, des attentes, suscite des envies, des critiques, des rejets. Alors le premier film Star Wars non numéroté, réalisé par un jeune réalisateur ayant à peine fait ses preuves dans le monde des blockbusters et mettant en scène presqu’exclusivement des personnages inédits à l’écran ? Autant dire que Rogue One était attendu au tournant.

    Et Gareth Edwards a relevé le pari. Magistralement même, en mêlant force et finesse, sens épique et moments émouvants. En mêlant références subtiles à l’univers, inspirations historiques et souffle héroïque. Et sans grandiloquence ni manichéisme.

    I. L’aspect visuel

    Le Réveil de la Force voulait marquer le retour de la saga Star Wars à un style moins « propre », moins « numérique », à l’opposé de ce qui avait été (souvent injustement) l’une des principales critiques contre la prélogie. Rogue One poursuit sur cette lancée à travers une multitude de détails ajoutant du « réel ». L’effet est appréciable et renforce l’immersion dans le film.

    Au-delà de ces détails, Edwards réussit là où Abrams avait échoué l’an dernier : ses mondes apportent une touche bienvenue d’exotisme. On reste bien loin des bulbes floraux de Félucia, mais on sent bien qu’il n’y a pas grand-chose de terrestre. On voit aussi qu’il s’agit de nouvelles planètes, bien différenciées des anciennes. Et certains plans larges des paysages sont absolument superbes. La dernière partie du film n'est pas sans rappeler fortement certains passages de Rogue Squadron III - Rebel Strike. Coïncidence ? Inspiration ?

    Rogue One bat également Le Réveil de la Force sur un point où largement en défaveur du film d’Abrams : l’innovation. Nouveaux vaisseaux réussis, nouvelles armes, nouveaux uniformes : l’équipe d’Edwards parvient à mêler références à la trilogie, à la prélogie et même à la postlogie… Espérons de Rian Johnson, réalisateur de l’Épisode VIII, saura nous livrer une copie aussi impeccable visuellement parlant.

    Les effets numériques – et notamment ceux qui concernent les personnages – m’ont semblé de qualité. J’ai pu lire par endroits que certains les trouvaient trop visibles, mais personnellement cela ne m’a pas choqué.

    Rogue One : A Star Wars Symphony

    II. L’aspect audio

    Le son a toujours été un aspect bien maîtrisé dans la saga, et Rogue One ne fait pas exception. Les bruitages accompagnant les explosions, les vaisseaux ou les tirs s’intègrent parfaitement dans le film.

    On pouvait toutefois éprouver des craintes sur un point bien précis : la musique. Le départ surprise d’Alexandre Desplat au mois de septembre laissait craindre le pire, même si son remplaçant était déjà aguerri par son travail de qualité sur d’autres sagas. Et Michael Giacchino a assuré : sa partition est plus qu’honorable et largement au-dessus de la moyenne des blockbusters actuels. Elle s’intègre parfaitement à l’univers en reprenant quelques notes des thèmes de la saga, et d’autres qui rappellent les travaux antérieurs de Giacchino (Notamment le magnifique thème de la station Yorktown de Star Trek Beyond) ou celles de ses collègues ayant déjà travaillé sur les jeux vidéos Star Wars. Le niveau magistral des grandes heures de John Williams n’est pas atteint, mais, après tout, comment passer derrière l’inventeur de la Marche Impériale, sans doute le thème de film le plus iconique jamais créé ?

    III. Le scénario

    Rogue One ne s’attarde pas vraiment sur ses personnages. En un sens, c’est dommage car ils ne manquent pas d’intérêt (et seront sûrement exploités dans le nouvel Univers Étendu). Mais les raisons en sont simples : c’est un film de guerre, sur un fait de guerre où les hommes sont moins importants que les enjeux. Oui, comme j’ai pu le lire par endroits, Star Wars n’a jamais aussi bien porté son nom.  

    Le scénario du film se découpe en deux axes, l’un centré sur l’arme en elle-même et l’autre autour de ceux qui l’affrontent.

    I am become death, the destroyer of worlds.

    Je suis devenu la mort, le destructeur de mondes.

    - Robert J. Oppenheimer

    La création de l’Étoile de la Mort est évoquée mais n’occupe finalement pas une place centrale dans le film. Quelques détails sonneront familiers aux oreilles des puristes de la saga, qui apprécieront sans doute les relations entre les officiers impériaux, tellement typiques de l’univers Star Wars. Un point crucial des films, qui interroge depuis 1977, est aussi résolu. Et cette explication redonne du crédit, de la crédibilité à Un Nouvel Espoir, renforçant le rôle de préquel de Rogue One – un rôle que le film remplit parfaitement.

    L’Empire dans son ensemble est très bien exposé d’un bout à l’autre du film. Edwards s’est inspiré de la Seconde Guerre Mondiale, référence de Lucas lorsqu’il a créé les maléfiques antagonistes de sa première trilogie. L’an dernier, Le Réveil de la Force avait déjà marqué un retour vers ces inspirations, offrant ainsi des tableaux à la fois splendides et ridiculement grandiloquents. Ici, c’est plus subtil, plus touchant aussi. Les références historiques impériales ne sont pas qu’issues de l’Allemagne Nazie ; les États-Unis sont aussi critiqués. Ce qui n’est pas forcément ce qu’on attendait de la part d’un film produit par Disney.

    I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat.

    Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur.

    - Winston Churchill

    De nombreuses autres citations de Churchill auraient pu convenir pour introduire la Rébellion que l’on nous présente ici. La Rébellion idéalisée de la trilogie originelle a vécu ; place à celle, bien moins lumineuse, que Rogue One introduit. Désespoir, exécutions, assassinats même : les scénaristes ne nous épargnent rien.

    On est également loin de la Rébellion très optimiste que l'on découvrait dans la trilogie, celle de la princesse Leia. Le découragement est présent. Dans la conduite comme dans les actes, les Rebelles ne sont vraiment valorisés que dans la dernière partie du film.

    Un acte final qui offre par ailleurs de magnifiques morceaux de bravoure, qui m’ont fait frissonner comme je ne l’avais plus fait devant un Star Wars depuis 2005.

     

    Rogue One : A Star Wars Symphony

    Bilan : un essai réussi

    Rogue One était attendu. Les pires rumeurs ont circulé autour de ce film. On l’a dit raté, tourné à la hâte, on a craint le pire concernant la musique, le scénario, l’ambiance. On a dit pis que pendre de Disney et de cette obsession « bisounours » qu’on lui prête. Au final ? Un résultat plus qu’honorable, qui à mon avis n’est pas seulement un bon Star Wars : c’est un bon film, tout simplement, qui moyennant quelques petits ajustements aurait parfaitement pu être transposé dans notre univers.

    C’est à mon avis la première véritable victoire du Lucasfilm by Disney. Le Réveil de la Force avait un rôle difficile : relancer l’intérêt pour la saga, offrir une suite trente-deux ans après la trilogie originale mythifiée par la culture geek, et y inviter de nouveaux publics qui n’étaient pas encore familiers de la saga. Le premier film de la nouvelle ère a été encensé ou critiqué ; mais, faisant partie d’une trilogie, on ne pourra véritablement juger de sa valeur qu’en décembre 2019, quand sortira l’Épisode IX. Rogue One n’aura pas de suite directe (ou plutôt il en a déjà une, depuis quarante ans). On peut le juger sur pied. L’apprécier, le critiquer. Et, pour ma part, espérer qu’il aura des héritiers spirituels. 

    Jagen Eripsa.
     
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